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lundi 13 décembre 2021

10 astuces quand on invite des gens intolérants à manger

Nan nan il ne s'agit pas de l'oncle Robert qui fera des blagues racistes.

Il s'agit de vos bons amis chez qui il y a une intolérance alimentaire. Allez savoir pourquoi, je me sens super concernée par le sujet depuis l'arrivée de notre 3ème.

Or j'ai eu du pot, Boubinours étant né au début du 1er confinement, ses intolérances alimentaires ont été relativement faciles à supporter pendant longtemps : en effet, chez moi, elles ne me gênent que médiocrement. J'ai adapté ma cuisine et, dans les milliards de possibilités culinaires qui existent, je privilégie tout simplement celles qui sont compatibles avec le régime auquel les intolérances alimentaires de H. me soumettent tant que je l'allaite encore. 

Les intolérances alimentaires deviennent franchement plus relou quand on sort de chez soi, ce qui, curieusement, ne s'est guère produit la première année de vie du jeune homme, merci COVID. Mais depuis, j'ai repris une vie sociale, je suis ressortie au restaurant, et l'accumulation de moments frustrants + une discussion avec une de mes belles-sœurs cherchant à me régaler cet été, me conduisent à écrire ce billet.

En effet, pour quelqu'un qui comme moi n'a pas droit au gluten et aux produits laitiers, sortir devient vite énervant : on n'a le droit de rien manger. On en parle, d'un de mes derniers restau en date où la mousse au chocolat initialement annoncée comme sans produit laitier (oui, la mousse au chocolat demeure une excellente alternative si pas droit aux laitages ni au gluten) m'a été retirée in extremis par le serveur qui avait été vérifier une dernière fois auprès du chef ? (je suis très reconnaissante au serveur d'avoir fait gaffe, hein, mais franchement, le voir s'éloigner dans le soleil couchant en emportant une énorme coupe d'une mousse au chocolat bien noire.... ouin ouin ouin. M'en remettrai-je un jour?).

Je suis de plus en plus blasée et habituée à être privée de dessert au restau, et honnêtement, le coup du "je vous fais une salade de fruits", ben, non, zut, se contenter d'une salade de fruits quand tous les autres s'empiffrent de trucs gourmands, y a un moment (très vite arrivé pour ma part le moment) où on en a ras-le-bol.

Idem la maison d'hôtes où Monsieur Bout et moi sommes allés passer 3 jours en amoureux cet été. J'avais précisé à l'hôte mes soucis, du coup pour l'apéro il m'avait préparé une portion de la tartinade dans une cuiller à apéritif juste pour moi "pour éviter le pain". 

Bon point. 

Moins bon point : le repas prévu en table d'hôtes était un très beau tajine. Il n'avait manifestement pas fait le lien entre couscous et gluten.

Et comment lui en vouloir ? Je n'y connaissais rien non plus, avant.


Donc, si vous êtes dans mon cas d'avant (càd pas trop au courant), mais que vous avez malencontreusement 

  • 1. repris une vie sociale (quelle idée) 
  • 2. invité des gens souffrant d'intolérances alimentaires à dîner (vous cumulez) et que
  • 3. vous avez en plus envie de leur faire plaisir (là ça confine au masochisme), 
ce billet est pour vous : voici quelques petites informations / astuces / idées utiles pour les régaler sans les empoisonner

ATTENTION : procéder ainsi vous expose à un risque élevé de déluge de gratitude

L'intolérant alimentaire est tellement habitué à devoir renoncer à la moitié des trucs bons devant lui que le moindre effort des amis / du personnel de restauration déclenche des déclarations d'amour. (oui, j'ai dit "je vous aime" au chef d'un restau récent, quand il m'a appris fièrement que son fondant au chocolat ne contenait pas le moindre gramme de farine, et que donc, j'allais avoir droit à un desseeeeert).


Warnings supplémentaire :

  • Ces astuces sont totalement non exhaustives. Vous êtes vivement encouragés à partager vos meilleures astuces à vous en commentaires. Une seule condition : l'honnêteté. C'est différent de dire "vous pouvez remplacer ça par ci, le résultat est correct" ou "remplacez ça par ci, on ne voit absolument pas la différence" (gâteau au chocolat à la courgette, si tu m'entends...)
  • parmi les astuces suivantes, certaines sont valables généralement, d'autres sont liées étroitement à MES restrictions à moi (gluten et produits laitiers animaux sauf beurre), d'autres encore y sont liées mais j'élargis à d'autres restrictions.
  • Certaines de ces astuces coûtent relativement cher (c'est le cas des produits sans gluten), mais pas besoin de se ruiner non plus : si le surcoût est un problème, il existe largement assez d'alternatives disponibles à un coût normal pour permettre un ou plusieurs repas sympas dont votre PEL sortira indemne.

1. Poser des questions

"Qu'as tu le droit de manger" et "j'ai prévu ceci et cela, c'est OK pour toi ?" voire "Comment puis-je  rendre ce plat OK pour toi ?" sont des phrases magiques. Alors, oui, les questions 2 et 3 tuent la surprise mais honnêtement, quelqu'un qui a des intolérances alimentaires perd toute appétence pour les surprises parce que hélas, la plupart des surprises deviennent de mauvaises surprises.

Le truc important est d'être précis dans les questions / prévisions. Ma BS a adapté toute une recette pour moi en me demandant scrupuleusement comment remplacer chaque ingrédient problématique... en ayant oublié de spécifier un ingrédient qui a fait que bah raté ce plat là je n'ai finalement pas pu en manger une miette. Ouin ouin mutuel.


2. Poser des questions, bis

La gravité de l'intolérance varie énormément selon les personnes. Certaines personnes intolérantes au gluten peuvent quand même prendre certaines variétés d'épeautre, pour d'autres c'est un no-go. Pour certaines, manger du miel dans lequel s'est glissée une miette de pain "normal" parce que quelqu'un avait tartiné un peu vigoureusement son pain est déjà la cata.

L'impact varie aussi : il est bon de savoir si tel aliment cause des soucis digestifs relou ou expédie à l'hôpital.


3. Lire les étiquettes des produits

C'est très relou. Mais très instructif.

Bon à savoir : quand il y a écrit "a été fabriqué dans un atelier pouvant utiliser des œufs, ... etc" ou encore "peut contenir des traces d'œuf", cela signifie clairement qu'il n'y pas d'œufs dedans MAIS qu'il peut y avoir une trace. En gros, cette mention 

  • constitue une excellente nouvelle si vous allez régaler quelqu'un de simplement intolérant aux œufs (à vérifier avec la question 2), 
  • mais au contraire est un no-go pour quelqu'un de carrément allergique (qui ne peut pas prendre le 0,0001% de risque demeurant, sous peine de finir à l'hôpital, risque dont cette mention entend protéger le fabricant).


4. Remplacer les féculents "gluten" dans un plat de résistance

Intolérance au gluten = pas de blé ni ses cousins, donc pas de pain, pas de pâtes "normales", pas de semoule, pas de boulgour, pas d'épeautre, pas d'orge, pas de seigle...


Donc si on veut un féculent / accompagnement hors légumes, on peut prendre : 

  • pâtes sans gluten au "rayon sans gluten" : le goût est correct mais sans plus, franchement ce n'est pas ce que je conseille, on peut faire plus agréable pour tout le monde.
  • pâtes asiatiques à base de riz (attention ! les nouilles chinoises sont à base de blé, les nouilles thaïlandaises, ça dépend - si elles sont blanches y a des chances que ce soit au riz ; les étiquettes sont vos amies) ; c'est bon, ça, tout le monde trouvera ça original. Le mieux est d'en profiter pour faire une recette un peu décalée de d'habitude en mode wok : on fait revenir un truc avec ou sans sauce et on rajoute les pâtes dedans pour qu'elles s'en imbibent. Par exemple : des crevettes / de la viande hachée / des blancs de poulet en lanières + quelques légumes coupés menus (carottes / champignons / haricots mange-tout / brocolis / tomates en dés /... + quelques épices et zou ! 
  • des patates sous toutes leurs formes : frites, purée (attention à la composition de la purée si on a une autre allergie), à l'eau, à l'huile,... tant que ce n'est pas en gratin avec un déluge de crème et de fromage...
  • riz
  • polenta / maïs sous toutes ses formes, notamment grillé
  • quinoa
  • sarrasin

5. Remplacer la crème et le lait

Franchement, ça se fait super bien maintenant, merci les crèmes et laits végétaux.
  • Personnellement, la crème de riz est mon amie pour toutes mes sauces types carbonara. La crème d'avoine est assez neutre aussi. Depuis que j'ai de nouveau droit au beurre j'apprécie encore mieux car beurre + crème de riz = texture qui n'a presque rien à envier à de la crème liquide classique. Et du coup cela me permet d'excellentes béchamel (en remplaçant la farine par de la maïzena).
  • Pour les choses plus épicées (type curry), la crème de coco (à trouver au rayon asiatique du supermarché) apporte souvent un plus très apprécié ! 
En sucré, les laits végétaux viennent vraiment bien aider, on peut les choisir en fonction de la recette : pour des crêpes ou des gaufres par exemple le lait d'amande apporte une touche super sympa.
Certains fonctionnent au lait de soja mais moi j'en déteste le goût.
Les crèmes végétales restent également nos amies, j'ai fait des pana cotta délicieuses avec, et tout récemment j'ai même adapté avec succès ma pana cotta menthe-chocolat en faisant un mix crème de coco / crème de riz. 



6. Remplacer le beurre

Pour ceux qui n'y ont vraiment pas droit (j'ai fait 3 mois comme ça avant d'avoir le droit de le réintroduire, je m'étais plainte ici)...
Le beurre c'est la vie (pour moi), donc rien ne le remplace totalement, mais selon le besoin on peut aussi faire autrement et se régaler quand même
  • En salé : 
    • huile d'olive, évidemment, 
    • les autres huiles habituelles type tournesol colza etc
    • mais aussi graisse de canard / graisse d'oie (pour les non-végétariens of course) : sachez que c'est la seule graisse animale qui soit bonne pour la santé, que ça s'achète en conserve, ou en pot au rayon frais d'une grande surface, que ça se garde hyper bien, et que ça peut servir pour à peu près tout : les pommes de terre bien sûr, mais les légumes, le bœuf bourguignon ou les côtelettes d'agneau / le sauté de veau, le poulet au four, le risotto, tout.
  • en sucré : 
    • l'huile de tournesol (désodorisée, comme j'en ai fait l'expérience ici), 
    • ou plus original, l'huile de coco : cette dernière donnera un arrière-goût au plat, ce qui peut nuire ou au contraire être un atout. J'ai fait un crumble coco-kiwi à cause de ça, que c'en était à se rouler par terre. (ce que je n'ai pas fait car à l'époque COVID oblige on n'avait pas de femme de ménage)


7. Remplacer le pain

Pas indispensable pendant un repas, le pain... En revanche, c'est parfois pas très pratique de devoir faire sans pour un apéro / apéro dinatoire ! Sur quoi on va tartiner le foie gras / la tapenade ou poser le saumon fumé, hein ?
Bien évidemment, on peut acheter du pain sans gluten. De gros progrès ont été faits et maintenant ils en font du délicieux. Il faudra juste casser son PEL.
Moins chères et plus faciles à recaser après, les galettes de riz ou de maïs sont des copines envisageables : on les casse en petits bouts, on tartine, et miam. Franchement, saumon fumé sur galettes de maïs ça se défend hyper bien, depuis que j'avais découvert ça chez une copine je le faisais même parfois avant d'avoir des soucis d'intolérance. (c'est encore mieux si on peut rajouter une couche de chèvre frais avec mais ça...)
Les différents types de cracottes offrent aussi des possibilités.

A noter, à l'apéro : 
  • chips classiques OUI, 
  • pringles NON, 
  • nachos mexicaines (les machins triangulaires à base de maïs normalement) OUI. Le combiné Nachos guacamole est évidemment une valeur sûre (si on fait le guacamole soi-même ou en vérifie la composition...)
  • Bien évidemment si vous voulez vous la péter avec des chips de légumes faites maison, c'est le moment. #healthy #fashion.

Autres astuces apéros évitant pain et fromage : les petites brochettes bout de viande marinée + légume (type petite tomate ou poivron mariné ou olive). Des amis nous ont fait un pique-nique dans ce goût-là cet été, c'était à se rouler par terre.


8. Remplacer la farine de blé 

... parce que hein, en pâtisserie, on peut vite se sentir bloqué; mais non !!
Alors d'abord GAFFE : la farine de seigle et la plupart des sortes d'épeautre sont aussi interdites si intolérance au gluten.
En revanche il existe des alternatives dont la plupart vont quand même se révéler un peu coûteuses : 
  • investir dans de la farine siglée sans gluten
  • investir dans de la farine de riz et/ou de maïs. Sachant que le mieux est de mixer les 2 : chacune des deux a des propriétés complémentaires et ensemble elles imitent vraiment parfaitement la farine de blé. Mes crêpes faites à 50/50 avec n'ont (presque) rien à envier aux crêpes de blé, que ce soit en goût ou en tenue. Concernant mes gaufres, franchement, la différence devient infime.
  • Moins cher, la maïzena. Parfois on peut intégralement remplacer la farine par la maïzena et c'est le cas quand la farine n'est pas un élément central du machin (cf fondant au chocolat du chef cuistot du restau), dans le cas contraire souvent il vaut quand même mieux mixer : ainsi, on peut faire des crêpes juste à la maïzena, mais honnêtement elles seront meilleures si la proportion de maïzena ne dépasse pas les 30-40% et qu'on a pris farine de riz/maïs avec.
Il existe encore plein d'autres farines alternatives comme la farine de châtaigne mais je n'ai pas testé.
L'avantage des ingrédients mentionnés là est que, pour l'accueil ponctuel de quelqu'un, OK ça oblige à un achat inhabituel mais ça ne sort pas trop de la zone de confort, et ça se réutilisera facilement pour terminer le paquet. La farine de maïs pourra notamment utilement finir dans cette recette de gâteau absolument délicieuse.

On peut également varier un peu mais utiliser des trucs complètement "normaux" :
  • flocons d'avoine (attention, pour certaines personnes très allergiques l'avoine est aussi un no-go) : je fais pas mal de biscuits avec, et ça s'utilise très bien en crumble. Là encore, marier plusieurs choses ensemble peut donner d'excellents résultats : je fais parfois mon crumble juste avec flocons d'avoine - beurre - sucre mais la version flocons d'avoine - maïzena - (farine quelconque pas blé) - beurre - sucre est aussi très sympa
  • poudre d'amandes : ça c'est notamment top pour redonner de l'élasticité à une pâte à tarte sucrée. En fond de tarte à l'abricot ou à la poire c'est une tuerie (et ça s'utilise aussi très bien pour un crumble). C'est aussi top pour remplacer la farine dans un gâteau au chocolat, apporter du moelleux à des macarons (même "pas aux amandes" : il m'arrive d'en mettre dans mes biscuits à la noix de coco et personne ne s'en plaint ! Ils sont tous morts)

9. Faire gaffe aux trucs vicieux

Il y a des choses qui servent de cachette à des machins auxquels on n'a pas le droit.
Je citerai le boudin blanc : nous en avons fait l'expérience, le boudin blanc cache une énorme quantité de lait.
La sauce soja peut également, selon sa composition, cacher du gluten...
Bref, vigilance CONSTANTE ! (qui a la réf ?^^), et application rigoureuse de la règle n°3.


Boubinours, fasciné, à juste titre,
par un succulent
fondant chocolat marrons
10. Aller chercher des recettes complètement alternatives

Il existe des recettes où on ne remplace rien ou presque, mais où on mange tellement bien :
  • on m'a récemment régalée de burgers de butternut à l'agneau (dérivés de cette recette au canard)
  • J'use et j'abuse de gâteau au chocolat et crème de marrons
  • Niveau dessert lambda mais safe (si pas de soucis avec les œufs) : la mousse au chocolat et les meringues ! 
Et... c'est une catégorie que je me ferai un plaisir de voir augmentée de vos commentaires et trouvailles ^^


Bon fourbissage de menus et... bon appétit !

lundi 7 septembre 2020

Parentalité - quand notre "NON !" vient d'ailleurs...

Devenir parent nous réserve 1000 surprises. Pas toutes excellentes.
Parmi ces pas-très-excellentes-surprises, il y a la difficulté à tenir les "non", ou en tous cas, si on a appris à limiter l'utilisation du non, à assurer, au sein de la famille, le respect des règles et valeurs qui nous tiennent à cœur. 

Et, OUI cette difficulté est une surprise pour la quasi totalité d'entre nous. 
Parce qu'avant d'avoir des enfants, la quasi-totalité d'entre nous s'est dit, en observant les parents de son entourage en train de se dépatouiller tant bien que mal "Oh mais avec moi ce sera différent, ils ne s'y prennent pas de la bonne façon"
Ha. 
Ha. 
Ha.

Les raisons de cette difficultés sont nombreuses, la formulation peut en être une, le besoin d'autonomie de nos enfants une autre...
Penchons-nous aujourd'hui sur un autre facteur qui rend certains "non" difficiles à tenir / le respect des règles associées difficile à assurer.


J'ai nommé : le non extra-terrestre, le non… qui vient d'ailleurs



Anecdote à l'origine de ce billet.
Il y a quelques semaines mois (au vu du temps que j'ai mis à finaliser l'écriture de ce billet), je suis en train de cuisiner, le dîner est donc imminent. F. déboule dans la cuisine et se plaint 
"J'ai faim !". 
Il réclame un truc à manger… Je suis sur le point de répondre "Non !"
Puis je change d'avis et je dis "Tu peux t'éplucher une carotte".
 F. objecte  "Je voulais pas une carotte !" puis ouvre le frigo, épluche sa carotte et croque dedans avec un grand sourire.
En terminant ma cuisine, je redétricote ce qui s'est passé dans ma tète.

Niveau 1 : J'ai failli dire non parce que je ne veux pas que mes enfants mangent en dehors des repas.
Ahah.
Mais pourquoi ?

2 réponses

Niveau 2 : La première, celle qui m'a poussée à dire "non", c'est la plus ancrée. 
C'est celle qui me dit qu'on ne mange pas entre les repas-un-point-c'est-tout
Que ce sont les enfants mal élevés qui mangent entre les repas. 
Qu'un enfant à qui on permet de manger entre les repas ne saura jamais se maîtriser. (gourmand - insortable - sans sens de l'effort - marginal sans colonne vertébrale... la chaîne des causalités tragiques est infinie).

Mais ... est-ce vraiment MA réponse à MOI ? Nan. 
Je n'ai pas à chercher bien loin pour savoir à qui cette réponse appartient. C'est celle de ma mère. 

Niveau 3 : La deuxième, c'est celle qui m'a poussée à privilégier une autre réponse. 
Parce que j'ai soudainement réalisé que si MOI je préfère éviter que mes enfants mangent en dehors des repas, c'est à la fois 

  • pour éviter le côté self/ non convivial d'une organisation à la "chacun mange ce qu'il veut quand il veut" : valeur = convivialité, temps en commun ;
  • et pour éviter que des grignotages, très souvent sucrés, viennent diminuer l'appétit pour les aliments sains proposés au cours du repas ; double valeur : assurer une alimentation saine et équilibrée / santé dans l'assiette ; et respect pour moi et le travail investi dans la cuisine (c'est frustrant de cuisiner des choses qui sont boudées parce que les convives arrivent à table avec l'estomac déjà plein).

Et qu'en fait, du coup, entendre la faim dévorante de mon presque 7 ans après une demi-journée bien remplie, et lui donner la possibilité de l'atténuer un tout petit peu en anticipant son repas d'un aliment sain ne me demandant peu ou aucun travail supplémentaire, ça coche les cases de mes valeurs à moi.

Se poser la question de ce qu'on veut derrière ce qu'on ne veut pas...
Quel oui derrière notre non ?
C'est tellement, toujours, utile : nos peurs peuvent ne pas être les nôtres ! 
Et pourtant, qu'il est fort le mécanisme qui nous pousse à reprendre à notre compte celles qu'on nous a transmises.
Oui, plus que des valeurs, les peurs se transmettent, de manière insidieuse. Et trop souvent on laisse des schémas à la "si je fais ça cela entraînera forcément [catastrophe intersidérale]" gérer nos vies et nos choix sans les réinterroger. 
Les réinterroger nous rend libres, libres d'aller se poser la question, non pas ce qu'on nous a appris à ne pas vouloir, mais de ce que nous, nous voulons. De nos besoins à nous, nos désirs pour notre famille à nous. 

Une prise de recul salutaire dont j'ai apprécié les effets détendants à de très nombreuses reprises depuis. Plus de nœuds au cerveau dans ce genre de cas, a priori, je sais où j'en suis, mes enfants aussi, j'ai réalisé que ni moi, ni eux, n'avions besoin de ce contrôle là. Parce que la peur associée à ce  besoin de contrôle, je ne l'ai pas. 
Alors je me suis économisé les "non" associés. Non absolument pas rentables puisque ne servant ni mes besoins, ni ceux de mes enfants. 

Car c'est cela, le vrai lâcher-prise, et ce qui le différencie du laxisme : 
  • lâcher prise, c'est réaliser que quelque chose n'est au fond pas (si) important pour nous, et arrêter de faire des efforts (et d'en demander aux autres) pour ce machin. 
  • Le laxisme, c'est lâcher sur quelque chose qui est vraiment important pour nous, par peur du conflit, du temps et de l'énergie qu'il nous faudra pour cela, par 
    • manque de confiance en notre capacité / légitimité à le faire respecter, 
    • manque de confiance en l'autre et sa capacité à comprendre / apprendre / adhérer.


(Truc de ouf, ceci était : un nouveau billet de blog ! Je vous en promets d'autres. Ma vie est trépidante mais le blog me manque et j'ai tellement de trucs à vous dire...)

mardi 19 mai 2020

Incursions dans un monde plus vegan

J'ai pas mal cheminé sur ce blog, des évolutions imprévues (si on m'avait dit à l'ouverture de ce blog que 4 ans plus tard une grosse partie de ses billets traiteraient de parentalité positive !!), voire impensables (genre, quand j'ai osé prendre mon indépendance ménagère), y compris sur le plan culinaire (par exemple avec un scoop fenouillesque !).
Mais non, pour le moment, le tournant végétarien / vegan est loin de se faire. Oui, on a réduit la viande. Mais c'est tout.

Il n'empêche que, paf, de manière imprévue, me voici en train de m'aventurer sur des blogs de cuisine vegane.
Bicoz ce que je vous racontais dans mon dernier billet ne s'arrange pas : eh oui, je n'ai toujours pas terminé le billet sur "les aînés et l'arrivée d'un nouveau membre au club" (même si franchement, on y est preeesque)  parce que les problèmes digestifs de Bébounet vont de mal en pis. 
  • D'où nuits pas top, 
  • d'où journées passées avec un bébé dans les bras / intensification du recours au Mei-Tai
  • d'où montée en puissance de la prise en charge médicamenteuse, 
  • et d'où, également, puisque la thèse de l'intolérance / allergie aux protéines de lait de vache semble se confirmer, une double action
    • prise de rdv avec un pédiatre allergologue en cours
    • mise en place d'un régime d'éviction stricte des laits animaux dans le régime de la Gwen.

Rha punaise. 
  • 0 lait, 0 yaourt, ça ne me pèse pas trop. 
  • J'apprends (soupir…) à lire avec beeeaucoup de soin (et un chouilla de parano) TOUTES les étiquettes de composition des produits (ayant eu des surprises je crois que je ne serais bientôt plus étonnée si je découvrais que les courgettes du marché contiennent du lait de vache). 
  • Supprimer le fromage… hum, bon, j'y arrive pas trop mal en fait après m'en être baffrée toute ma grossesse dans le cadre de mon régime hyper protéiné anti-éclampsie. Disons que j'ai fait des stocks. Et que comme la saison des raclettes est finie, ça va. 
  • Mais alors faire sauter le beurre … je pleure ! Bon, au vu de l'extrême faiblesse de la teneur en protéines d'une plaquette de beurre, j'ai un petit espoir (que vous êtes priés de ne pas détruire merci) de pouvoir le réintroduire, au moins à petites doses, dans quelques semaines, quand mon système et celui du Bébounet auront évacué l'essentiel de ce qu'ils ont ingéré. Il n'empêche que d'ici là… Me voici en train de découvrir le fabuleux monde de la cuisine sans beurre (alors que, pour moi, le beurre, c'est la vie).

Merci à Bébounet, du coup, qui en plus de faire fonction de coach sportif mention port de charges, 
va jouer les rôles de coach en diététique et faciliter la récupération, par sa mère, d'une ligne à faire pâlir d'envie une canne à pêche.
#onycroit


Régime ou pas (mais plutôt ou pas, quand même), j'ai décidé de faire contre mauvaise fortune bon cœur et de profiter de ce que tout récemment Internet m'avait mis sous les yeux une recette d'amandier en 2 versions.




  • Une version lambda que j'avais testée aussitôt, et approuvée (approbation générale d'ailleurs. Figurez vous qu'aux courses suivantes Monsieur Bout a pensé tout seul, comme par hasard, à poser de la poudre d'amandes dans son caddie. Ca ne trompe pas). 
Composée de 6 œufs, 250g de sucre, 300g de poudre d'amande, 8 gouttes d'extrait d'amande et 150g de beurre
Avec 100 ml d'huile de tournesol, 200 ml de lait d'amande, 8 gouttes de machin, 150g de sucre en poudre et 40g de fécule de maïs.

Donc, j'ai tiré profit de mon Mei Tai (oui, c'est un ustensile de cuisine à part entière, à ce stade), pour tester la version végan sans poser le Bébounet.
Précision : j'ai un peu écorché l'aspect vegan de la chose puisque, moi, j'ai des œufs, et encore le droit de m'en servir, alors que je n'ai pas la fécule de maïs qui est sensée les remplacer.
Donc j'ai mis 3 œufs à la place.
Et donc j'ai utilisé sagement de l'huile de tournesol à la place du beurre.

Ben je suis désolée de dire que, OK, le résultat était correct… mais qu'on sentait quand même vachement l'huile de tournesol dedans, bref, le résultat n'était aucunement comparable à la version pas-végane-du-tout ! Bon, à la décharge de l'auteur de la recette, j'ai fait (les 2 fois) sans extrait d'amande amère, faute d'en avoir dans mes placards. Si cette omission ne gênait pas dans la version pas vegane, j'imagine qu'elle porte plus à conséquence dans l'autre version, puisque un goût plus fort en amande pourrait venir fort utilement camoufler un peu mieux le goût d'huile de tournesol.
J'vais ptet investir et retenter ma chance.

Mais d'ici là, hein, je sollicite votre expérience 
quelles recettes sucrées délicieuses avez-vous, en 0 lait de vache donc sans beurre
Je souligne que je compte sur vous et votre honnêteté : vraiment vraiment VRAIMENT délicieuses, hein, pas des recettes dont un ingrédient phare est 1 louche d'auto-persuasion qu'on ne sent pas l'arrière-goût bizarre de tel ou tel ingrédient plus ou moins folklorique.

Les gourmandes parlent aux gourmands !
A vous les studios.



mardi 19 décembre 2017

Forcer son enfant à finir son assiette: nos parents avaient de bonnes raisons!

Parmi les points sur lesquels les modes et conseils d'éducation ont beaucoup évolué, figure la question: faut-il ou non forcer les enfants à manger / finir leurs assiettes ?

Au sein de la famille Bout comme dans de nombreuses autres familles, il y a une grande différence entre ce qu'ont pratiqué nos parents envers nous, et ce que nous pratiquons à présent envers nos enfants.

"De mon temps", ça donnait globalement ça.

En ce qui nous concerne, nous n'obligeons pas les Bébous à terminer leurs assiettes
Généralement, nous les incitons à manger encore un peu, notamment lorsque nous avons l'impression que c'est simplement la hâte de passer à la suite qui les pousse à négliger ce qui est devant eux. Et quand ils demandent à être resservis, nous les poussons à s'interroger sur l'ampleur de leur faim afin que le "rab" soit dimensionné en fonction.
Mais hormis cela, une assiette non terminée est mise de côté sans commentaires, et nous passons à la suite (en revanche il n'est pas question qu'une quantité supplémentaire de cette suite vienne combler le trou laissé par une quantité moindre mangée au plat précédent).

Ce sont les options que nous avons choisies, par rapport à notre objectif: inciter nos enfants à écouter leur faim, et non à laisser des personnes extérieures à eux-mêmes déterminer les quantités qu'ils ingèrent. 
Nous aurions pu opter pour des variantes différentes: 
  • certains parents ne forceront pas leurs enfants à finir, mais déclareront que le repas est terminé. 
  • D'autres proposeront un plat alternatif, ou des menus avec options / en mode assiette à composer soi-même. 
Nos options à nous nous conviennent à nous, et c'est là l'essentiel.


Or c'est l'une des choses difficiles à vivre sur le chemin de la parentalité positive: ce chemin oblige à regarder en face l'éducation reçue, et la manière dont celle-ci a pu impacter notre manière de nous construire.

Qu'il est douloureux parfois d'accepter que nos parents nous ont blessés! Personnellement, la lecture du "Je t'en veux, je t'aime" d'Isabelle Filliozat m'a beaucoup aidée à avancer sur ce plan-là: 
  • m'autoriser à ressentir que j'avais été blessée, sans être freinée en cela par un sentiment de loyauté envers mes parents; 
  • et comprendre en même temps les raisons de leurs comportements: réaliser à quel point les manières de faire qui ont pu me blesser étaient dues aux souffrances et blessures vécues par mes parents. 
Cela m'a permis de développer peu à peu une posture pleine d'empathie
  • à la fois envers moi et l'enfant que j'ai été : oui, j'ai été blessée, et j'ai le droit de le ressentir comme tel
  • et à la fois envers mes parents : j'ai la chance (ce n'est pas forcément le cas de tout le monde), de pouvoir me dire qu'ils ont fait de leur mieux, en ayant toujours eu en tête notre bien, mais hélas, comme tout parent, avec les limitations qui étaient les leurs du fait de blessures non traitées.  
Une réflexion qui m'a aussi bien fait avancer dans mon positionnement en tant que mère, mais c'est un point que je développerai dans un prochain article.


Ce nouveau regard m'a donc bien aidée à faire la part des choses.
En revanche, cette manière de voir ne fonctionnait pas partout.
C'est le cas concernant le rapport à la nourriture: je n'arrivais pas trop à comprendre d'où pouvait venir l'injonction à finir son assiette, et les conflits monstrueux dont j'avais été témoin ou partie, dans ma famille ou ailleurs.
Et puis en réfléchissant j'ai trouvé une explication, que je partage avec vous, car elle m'a bien apaisée. Aussi pourra-t-elle peut-être vous servir aussi!

En effet maintenant, comprendre pourquoi il était logique que mes parents agissent ainsi, là encore, m'aide à
  • accepter que j'en aie souffert, et consoler mon "enfant intérieur"
  • définir une ligne d'action cohérente envers mes propres enfants, en me permettant de faire la part des choses entre mes souffrances d'enfant et mes objectifs de parents
  • regarder mes parents de manière plus apaisée, en comprenant les raisons de leur action
  • éventuellement, pouvoir également communiquer avec eux de manière plus apaisée, puisque cela me permet de sortir d'une spirale d'accusations / auto-justifications de leur part : il était logique qu'ils agissent ainsi, même si il aurait été souhaitable qu'ils fissent autrement!

D'où vient donc cette propension à vouloir à tout prix forcer un enfant à finir son assiette?
D'où?
Oh, pas loin.
Revenons quelques (dizaines de) milliers d'années en arrière.

Préhistoire.
Les Hommes fonctionnaient en mode survie
Que ce passait-il quand un mammouth était tué ? (ou un auroch, allez, puisque je ne suis toujours pas remise du choc ressenti le jour où j'ai lu que les hommes préhistoriques n'avaient probablement jamais vraiment chassé le mammouth)
On le bouffait! et le plus vite possible, s'il-vous-plait: n'ayant pas beaucoup de possibilités de conservation sous la main, et étant entourés de charognards pas forcément sympathiques, il s'agissait d'ingérer la plus grande quantité de viande possible avant que la décomposition avancée ou la concurrence d'autres carnivores ne viennent nous empêcher de terminer de consommer le fruit de la chasse.
Il était vital pour le clan que chacun de ses membres ingère un maximum de calories: qui savait quand on aurait à nouveau quelque chose de consistant à se mettre sous la dent? La vie était précaire, très précaire. 

Si un membre du clan, tenez, au hasard, un enfant, ne faisait pas de stocks assez gros, que risquait-il de se passer ? Si trop de temps s'écoulait avant qu'on ait de nouveau de quoi remplir vraiment les estomacs, 
  • il serait plus faible, et risquerait de mourir (or chaque mort affaiblit le clan), 
  • ou alors cela exigerait qu'un autre membre du clan (au hasard, sa mère), prélève sur sa maigre part de quoi compenser ce manque chez le "petit difficile". D'où affaiblissement de la mère. D'où affaiblissement du clan dans son ensemble.
Ce que je dis pour la viande vaut globalement pour un peu toute la nourriture. Manger fruits, graines, racines & Cie quand on les trouvait, sans faire la fine bouche : c'était essentiel et ce devait être la priorité de chacun!
Oui, en ces temps reculés, où le grand défi du quotidien était tout simplement de subsister, la faim ne pouvait pas être une affaire individuelle, de la responsabilité de chacun. La faim était une affaire collective, et la survie du clan dépendait effectivement, en partie, de la manière dont chacun absorbait au mieux, sans faire de chichi, les calories disponibles. Donc le clan / la mère s'ingéniait à ce que cela soit fait, et tous les moyens étaient bons.

La Préhistoire est loin.
Comme dans moult autres situations, l'enjeu de survie a pris une couverture: la politesse. De la même manière qu'en France il est "poli" de manger avec les deux mains posées sur la table (parce qu'à une certaine époque, cela permettait aux gens de manger ensemble sans se prendre un petit coup de pistolet discrètement tiré sous la table), il est "poli" de terminer son assiette, parce que cela évitera de gâcher la nourriture qui pourrait servir à la survie de son entourage.
Car, au fond, guerres, épidémies et aléas météorologiques (donc famines) aidant, la mentalité de subsistance a perduré, à juste titre, pendant des millénaires! Nos grands-parents ont encore connu les joies des tickets de rationnement.
Nos parents se sont retrouvés la génération charnière: passage d'une économie de subsistance, à une économie de la (sur)abondance.


Aujourd'hui, ce ne sont plus la famine et la mort qui guettent nos enfants (des enjeux collectifs), mais les troubles de l'alimentation: boulimie, anorexie, malbouffe (des enjeux individuels)
Aujourd'hui, il ne s'agit pas de se servir du corps de chaque individu comme d'un moyen de stocker des calories nécessaires à la survie du collectif, il s'agit de permettre à chaque individu de développer un rapport sain à la nourriture.
Les moyens pour ce faire sont évidemment très différents.
Mais c'est tout récent!
Alors oui, il est logique que nous adaptions notre rapport au nourrissage de nos enfants à ces nouveaux enjeux... comme il était bien compréhensible que nos parents aient un autre rapport à cette problématique, eux qui sortaient à peine d'une société dont les enjeux étaient tout autres.


samedi 6 mai 2017

Optimiser le budget alimentation : ptit déj, round n°1 - le porridge

Même si nos efforts d'optimisation de budget sont plus intenses (et généralisés) en ce moment, ayant toujours eu un petit côté radine certaines mesures remontent déjà à plus longtemps.
Ainsi, c'est il y a déjà quasiment un an que j'ai introduit le porridge comme base des petits-déjeuners chez nous.


Avantages du porridge
  • économique
    • J'achète mes flocons d'avoine bio au dm (magasin allemand) juste de l'autre côté de la frontière, à 2.25€ le paquet d'un kilo. Globalement, pour nourrir deux adultes et deux jeunes enfants, 4 paquets / mois gros maximum, c'est plié. 
    • A noter, nous faisons du '"vrai" porridge, avec la recette apprise lors de notre voyage de noces en Écosse :  flocons d'avoine + eau, on ne rajoute pas de lait. On peut rajouter une cuiller de crème, ou une noix de beurre, et/ou un truc sucrant, (ou du whisky, ,comme en Écosse...) à la fin. 
    • Face au pain ou aux céréales industrielles, l'avantage financier est clairement présent, surtout si on compare les prix du bio pour ces trois possibilités...
  • économique, encore : quasiment 0€ de budget d'accompagnement. Une noix de beurre et éventuellement une cuiller de sucre ou de confiture ou de quoi que ce soit, ça n'est rien en comparaison de ce qu'il faut pour tartiner une quantité aussi nourrissante de tartines. Grooosse économie sur le budget confitures ! Et ce d'autant plus que je n'ai (pas encore ?) appris à faire les miennes.
  • sain : flocons d'avoine bio, ch'est très bon pour la chanté cha. On y rajoute ce qu'on veut (des fruits frais ou secs, par exemple), mais on sait ce qu'on y rajoute. Ce qui n'est pas le cas des céréales industrielles, par exemple; ni toujours du pain, selon sa provenance / composition.
  • fini le gaspillage : en ce qui nous concerne, nous étions spécialistes de la collection de vieux quignons de pains devenus durs comme du bois; ce gaspillage m'énervait énormément, et a grandement contribué au passage en mode porridge. L'autre solution que nous avions trouvée étant le pain de mie, dont la composition ne fait malheureusement pas toujours rêver. De même que le goût.
  • fini les miettes : bon, OK, le porridge ça colle sur les chaises hautes, à ôter une fois sec c'est un peu relou... mais un coup de mini-pad vert juste après projection, et c'est bon ! Et ça ne répand pas des miettes partout sur le sol, le plan de travail, la table (voire : le soutien-gorge quand on petit-déjeune en allaitant...)
  • bon pour toute la famille : c'est un petit déj qui convient aussi à un bébé
    • E. a mis un certain temps à développer une dentition digne de ce nom, et la nourrir de pain au fur et à mesure qu'elle diminuait la quantité de lait bue au petit déjeuner pour augmenter la partie solides, n'était pas évident : certes les gencives sont capables de fournir un sacré travail de mastication, mais ceci prend du temps, beaucoup de temps, jusqu'à ce que le bébé soit rempli.
    • La consistance pâteuse du porridge est alors à la fois facile à ingérer, et adaptée aux compétences "en évolution" de cuillerage d'un grand bébé. 
  • plus rapide. Le temps de préparation est court : quelques minutes, et c'est prêt. Et tout le monde (F., notamment) mange cela plus rapidement que moult tartines (surtout qu'il faut les tartiner, ces tartines), ce qui vient alléger la routine matinale.


Bref, le pied total.



Ou pas tout à fait. 
Puisque j'ai titré "round n°1", vous vous doutez bien que j'ai un round n°2 en stock, qui peut-être viendra nuancer le tout 
(mais c'est quand même chouette le porridge !!)





dimanche 8 janvier 2017

Topinambour mon amour !

Parmi les grandes découvertes favorisées par notre système de paniers bio, figurent en bonne place les topinambours.

Je crois que je n'en avais jamais mangé auparavant.
En tant que telle, la découverte de leur saveur date de notre première commande de purées pour bébé Good Goût: dans le tas figurait un parmentier de bœuf aux topinambours, que j'avais pris en mode "autant lui faire goûter ainsi des aliments bizarres que je ne cuisinerai jamais"... si ce n'est que nous avions léché la cuiller. 
Et paf, reproche à peine voilé de Monsieur Bout : "mais tu ne fais JAMAIS de topinambours !"

Et puis bon, comme toujours, les aliments qu'on n'a jamais cuisinés se parent d'une aura de difficulté sans pareille, donc je n'avais jamais sauté le pas jusqu'à quelques semaines. D'autant que, soyons honnêtes : un topinambour, ce n'est pas non plus super décoratif, c'est même assez moche. On s'imagine manger du gnome.

Et pourtant : en l'espace de quelques semaines, j'en suis à mon 3ème panier bio avec gnomes topinambours, et je frémis de joie à chaque fois qu'ils sont proposés, car les topinambours, c'est très très bon, et pas compliqué à préparer en fait !

Oui, c'est bon, et même délicieux
C'est du reste en lisant des conseils de préparation sur Internet que j'ai compris pourquoi ça me plaisait autant : on y précisait que la saveur était proche de celle de l'artichaut, et j'adore l'artichaut !

Et oui, c'est simple de préparation
  • Il ne faut surtout pas l'éplucher cru, c'est la mort sinon.
  • Si on l'épluche cuit, hum, il faut avoir veillé à les cuire exactement la durée nécessaire, pas une seconde de plus, sinon ils sont trop mous et ça donne ça
    ( le résultat est en lui-même parfaitement mangeable mais en l'épluchant vous avez repeint votre cuisine, et vous ne marquerez pas un max de points niveau présentation, si vous les servez tels quels)
  • Mais en fait, sauf pour un tout jeune bébé, il n'y a pas besoin de s'embêter à les éplucher ! Bien les brosser sous l'eau, et zou !

Du coup, dorénavant, chez moi ils vont, brossés, dans le tamis du cuit-vapeur, et c'est tout.
En revanche, cuire du topinambour ne file certes pas beaucoup de boulot, mais ne s'improvise pas : il faut prévoir 20 à 30 minutes de cuisson selon leur taille et leur jeunesse. Une pointe de couteau doit s'enfoncer dedans mais il vaut mieux qu'ils aient gardé un peu de fermeté.

Cerise sur le gâteau, les topinambours figurent parmi les légumes les moins chers qui soient (dans mon panier bio, 3,75€ le kilo. Haha, je viens de voir que mon Leclerc Drive s'amuse à les facturer à 4.98€ le kilo, pour du non-bio!), et ceci sans aucune perte si vous ne les épluchez pas...
Et tant qu'à vous faire l'article, je mentionne que c'est un légume
  • fort peu calorique 
  • très riche en fibres (mais attention, il peut occasionner des flatulences chez certaines personnes, paraît-il; et serait à éviter pour les intestins fragiles), 
  • et qui favoriserait également l'équilibre de la flore intestinale.

Ensuite, ça se mange comme ça ou en purée, ou de mille autres manières (sautés dans du beurre, revenus dans de la crème, en gratins, etc...), mais la version purée (enrichie de quelques pommes de terre, mais ça fonctionne aussi très bien sans!) remportant tous les suffrages, je n'ai encore rien testé d'autre.

  • Vous auriez vu la Bébounette tendre son assiette et dire "encore" après l'avoir nettoyée jusque dans les moindres recoins (ce qui sur une assiette ronde, ne veut rien dire, mais chut!), et ceci alors même que ces derniers temps l'appétit de la miss a été pour le moins capricieux...
  • Vous auriez vu Monsieur Bout et son fils l'imiter....
Vous auriez fait comme moi : se maudire de ne pas en avoir pris plus.
Et commander triple dose (c'est souvent vendu par 500g) dans le panier bio de la semaine prochaine.

J'en salive déjà.

jeudi 22 septembre 2016

Comment j'ai dissocié Allaitement à la Demande et Education Positive (et pourquoi)

Je trouve toujours intéressant d'entendre et de lire des personnes parler de leur cheminement éducatif, des voies parfois tortueuses qui les ont amenées à changer de cap, à vouloir faire différemment.

Bon, fondamentalement, je crois que j'aime bien les histoires où les gens évoluent et changent d'avis.
 
J'aime ainsi beaucoup les "histoires" autour de l'orientation professionnelle, la manière dont les gens mûrissent leur projet, et aboutissent parfois à mille lieues de là où ils auraient pensé atterrir. 
D'ailleurs, en tant que recruteuse, ça me crispait les gens qui commençaient par "j'ai TOUJOURS voulu être vendeuse / ingénieur / roi du monde". Ou encore pire "j'ai toujours SU que je deviendrais..." Peu de place pour la remise en question et pour ce que, du temps où nous étions en procédure d'adoption, le jargon du milieu appelait si savamment "réactualisation du projet".
Et puis sans doute parce que moi-même, je passe mon temps à des endroits où je n'aurais jamais pensé me retrouver; le monde de l'IEF par exemple.
Alors me retrouver en compagnie de gens qui eux aussi sont encore tout ébahis de l'endroit où ils sont arrivés, ça me plaît, je me sens moins seule.

Bon, et puis encore plus fondamentalement, je crois que j'aime bien les histoires.

Bref.

Tout ça pour dire que rien ne me prédestinait forcément à m'intéresser à l'éducation positive, ni à en être suffisamment convaincue pour me palucher des centaines de pages de lectures à ce sujet (dont le fabuleux trio Faber & Malzlish - Haim Ginott - Jane Nelsen), et encore moins tenter d'appliquer, laborieusement, ce que j'en avais compris.

Notre premier pas dans cette direction s'est fait, avant même que nous ne devenions parents, par la lecture en couple de "Transmettre l'Amour", de P. Lemoine, sur les conseils de Clotilde.
Pourquoi lire ce bouquin sans être parents ?
Tout simplement parce que la parentitude était un concept assez brumeux pour Monsieur, qui du coup ne se sentait pas aussi pressé d'aborder ce continent que ne l'était sa tendre moitié.
Et que donc nous avions pensé bon, pour rendre les choses plus concrètes, de lire quelques petites choses sur le sujet.
(Oui, nous aurions pu aussi emprunter des enfants à droite à gauche mais
  • 1. nous étions très jeunes, les bébés ne pullulaient pas - encore - dans notre entourage immédiat
  • 2. les bébés, en fait, ça s'emprunte difficilement. Et c'était la petite enfance dont vraiment, Monsieur Bout n'avait aucune expérience, pas les enfants plus grands donc plus facilement empruntables 
  • 3. vous l'aurez compris, nous sommes d'affreux cérébraux; surtout Monsieur Bout ! C'est même comme cela qu'il m'avait été expliqué par son coloc, notre futur témoin de mariage, quand nous faisions encore tout juste connaissance).

Bref. Revenons à nos moutons, je vous assuuuuure que ça va finir par nous mener quelque part.
 
Qu'est-ce que cette lecture nous avait apporté ?
Beaucoup, et notamment des premiers éléments nous permettant de prendre du recul sur les éducations dont nous avions l'un et l'autre bénéficié.
  • Ne pas forcer un enfant à manger,
  • lui laisser un maximum de liberté pour explorer en limitant autant que possible les "non",
  • le laisser notamment participer à la vie quotidienne et en toucher les objets plutôt que de le cantonner à ses jouets, 
  • éviter les étiquettes négatives, éviter les négations en général (tu vas tomber / ne touche pas à ça),
  • éviter les étiquettes à la "tu es grand" (oooouh depuis ce temps-là je bondis quand quelqu'un de "bien intentionné", voulant "nous aider", se permet de féliciter ou d'inciter F. à faire quelque chose au nom de sa supposée granditude. "Ta gu....!", ai-je envie de beugler...)

Une fois devenus parents (avec un certain délai...), et pendant un certain temps, ce livre a globalement été notre Bible et nous ne sommes pas allés beaucoup plus loin sur le sujet, jusqu'à ce que, peu de temps après le début du chômage de Monsieur Bout, nous ne mettions à profit sa soudaine disponibilité pour passer du temps dans les bibliothèques de notre nouvelle ville.
Et pouf, alors que je fouine dans le rayon puériculture à la recherche de bouquins orientés Montessori (histoire de nourrir ma connaissance du sujet et nos débuts de réflexions sur l'IEF)...,

je tombe sur "Au cœur des émotions de l'enfant" de Filliozat, dont j'avais lu quelques points par le biais de ladite Clotilde.  
Cette première vraie sensibilisation aux émotions de l'enfant (et aux nôtres, par la même occasion...) tombait d'autant plus à pic que, la miss E. fraîchement débarquée, nous étions justement confrontés aux émotions suscitées par cette invasion chez le grand frère.

Là encore, nous avons suivi notre mode opératoire classique : bouquin lu et trouvé ô combien intéressant par la Gwen et ensuite relu et discuté en couple, chapitre par chapitre.
Un pas de plus !
Mais ce n'est pas cela qui causa le déclic "éducation positive".

Ce fut la lecture du "Pour une enfance heureuse" de Catherine Gueguen, bouquin dont j'avais entendu parler par une collègue 2 ans auparavant.
A l'époque, mes rapports avec ladite collègue étant souvent tendus, et la bibliothèque de notre ville normande de l'époque très mal achalandée, je ne m'étais pas autrement mise en frais pour le lire. Mais là, de nouveau, bibliothèque sous le coude, machin, hop.

Chouette bouquin en lui-même, il  y eut cependant un passage en particulier qui fit figure d'épiphanie chez la Gwen. Je vais même vous citer précisément le passage à la fin duquel j'ai relevé la tête et dit "ah mais oui, maintenant je peux creuser le sujet à fond, j'y vais, je fais confiance !"
[au sein du paragraphe intitulé "l'enfant pleure pour exprimer des besoins", p120 de l'édition de poche]
S'il pleure parfois, pour rappeler aux adultes qu'il est l'heure de son repas, beaucoup de parents pensent que les pleurs signifient toujours 'j'ai faim' et lui donnent à manger au moindre pleur. C'est un grand piège. Assimiler les pleurs au seul besoin de manger est très réducteur et perturbe l'enfant qui n'est pas compris dans toute la richesse de ses émotions et de ses besoins. Un conditionnement, une habitude s'installent entre émotion et alimentation : "quand j'éprouve des émotions désagréables, manger me calme."
C'est peut-être pas grand-chose pour vous,
mais pour moi ça veut dire beaucoup,
ça veut dire que j'étais liiibre...

libre de ne pas allaiter à la demaaaande...

(j'ai hésité à mettre "Libérée, Délivrée" à la place. J'ai opté pour autre chose. Remerciez-moi)

En effet, par ces quelques lignes, Catherine Gueguen venait de pulvériser le gros, l'énorme, le gigantesque obstacle qui m'avait empêchée de creuser plus avant la voie de l'éducation positive, le frein, la raison pour laquelle j'avais toujours regardé cette voie-là avec une certaine méfiance.
Elle venait de casser le mythe du package "Allaitement à la Demande + Éducation Positive".

Certes, les deux sont très souvent liés.
D'ailleurs mes tout premiers contacts avec le sujet éducation positive s'étaient justement faits, peu avant la naissance de F., dans un bouquin de la Leche League traitant d'allaitement, mais pas seulement. Pas mieux pour faire l'amalgame, puisque la tétée y était présentée comme le moyen à utiliser sans limite pour calmer l'enfant.
(NB: j'ai conscience que tout le monde ne pratique pas l'allaitement à la demande ainsi.
J'ai conscience que pour certaines cela se passe très bien. Qu'il y a de nombreux schémas possibles, et mon propos n'est pas de dire "faites paaaas comme ça !", ni de pondre un billet "anti".
Mais comme expliqué dans ce billet sur notre rythme à 3 tétées, pour nous ça ne convenait clairement pas, ça aurait été absolument contraire à nos besoins, ceux des enfants et les miens).

Et j'avais failli refermer "Au cœur des émotions de l'enfant" au premier chapitre, puisque celui-ci présentait l'allaitement à la demande et le cododo comme indispensables à la prise en compte des émotions de l'enfant ; ça commençait bien! Seul tout le bien que m'avait dit Clotilde du reste du livre m'avait incitée à tout de même poursuivre ma lecture.

Bref, cette idée de package avait été à deux doigts de me faire passer à côté d'un truc franchement cool.

Mais ...
il n'y pas de package.
  • plein de filles allaitent à la demande sans pour autant s'aventurer sur les voies de l'éducation positive
  • et, oui, il est possible d'éduquer son enfant en mode positif sans pour autant l'allaiter à la demande
Ouiiiiii !

Du reste, il n'y a pas non plus de package allaitement / accouchement sans péri / maman au foyer (à ce sujet, je viens de tomber sur ce sublime article d'Hélène, rha le régal!)  / éducation positive / couches lavables ou HNI / IEF / véganisme / whatever
Hihihi, pourtant...  je glousse.
Il n'y a pas si longtemps, autour de la naissance de F., un proche ayant appris que j'allais utiliser (ou que j'utilisais? je ne me souviens pas si F. était déjà né) des couches lavables pour mon premier-né, s'était exclamé :
"Ah bon, non, TOI, tu t'intéresses à ce genre de trucs ? Tu vas finir par faire l''école à la maison, c'est sûr"
Moi, superbe de conviction : "l'école à la maison ? MOUHAHAHA ! Tssss tssss... JA-MAIS !"
Huhuhu.
  • il y a une réflexion de base autour de l'éducation qui implique une certaine attention aux besoins de l'enfant, voire une réflexion plus large sur la place de l'enfant, voire la place de l'humain, dans la société, voire le monde.(voire - voire -voire ! c'est pas obligé ! et si on me disait que la condition pour faire l'IEF c'était AUSSI d'arrêter de bouffer de la viande, j'y réfléchirais à deux fois)
  • Mais, comme je le soulignais déjà dans ce billet récent, il y a ensuite plusieurs chemins très différents possibles, aucune obligation au "cumul des mandats", aucun passage obligé.

Alors,
  • aux filles à qui l'éducation positive semble un peu ésotérique et loin de leur réalité bicoz l'allaitement à la demande ça n'a pas été leur tasse de thé voire, ouuuuuh, elles n'ont pas allaité ou pas bien longtemps : vous avez quand même le droit d'y jeter un œil !
  • et aux filles qui veulent éduquer en mode positif mais dont l'allaitement à la demande se passe mal / pour qui celui-ci pourrait ne pas / plus convenir: vous pouvez éventuellement lâcher ce point-là, sans que cela vous barre le chemin de l'éducation que vous souhaitez donner à votre enfant. Encore une fois : l'allaitement à la demande n'est pas un pré-requis, une condition sine qua non pour une éducation positive !
Feel free !

mercredi 21 septembre 2016

Demi-Sevrage de la Bébounette

Un petit retour sur un point sur lequel je m'étais assez longuement interrogée concernant la Bébounette : la gestion "laitière" des (4) jours durant lesquels nous allions la laisser à mes parents cet été.

Pour mémoire, la Bébounette allait sur ses 15 mois,
  • elle a commencé à se diversifier vers 5 mois,
  • j'ai amorcé l'élimination des tétées de jour  (ou plutôt devrais-je dire de LA tétée de jour, puisque rythme à 3 repas) en février (9 mois), en remplaçant par des laitages (fromage et yaourts).
  • depuis, je continuais à assurer la totalité des apports en lait, par une bonne grosse tétée le matin, et une tétée de moins en moins copieuse incluse dans le dîner.

En son temps, le Bébou, lui, avait été sevré au début de l'été, juste avant ses 13 mois, en prévision justement du fait que nous allions le laisser 3 jours à mes parents pour notre premier temps en amoureux depuis sa naissance.
J'avais pris les devants et anticipé la séparation de plusieurs semaines de manière à ce que le sevrage soit "digéré" avant les bouleversements des vacances. La décision de procéder ainsi et de mettre fin à notre allaitement s'était imposée assez logiquement, bien qu'avec un pincement au cœur :
  • non seulement la constitution de stocks suffisants de lait, leur transport en pleines vacances, et le trimballage et usage d'un tire-lait pour stimuler pendant notre voyage en amoureux me rebutaient,
  • mais en plus de cela nous souhaitions mettre en route un numéro 2;
    • or je ne me sentais pas particulièrement motivée pour allaiter enceinte,
    • mais surtout : mon corps estimait visiblement qu'il était hors de question qu'il fabrique un bébé tant qu'il en nourrissait encore un.

N'ayant pas cette incitation particulière cette fois-ci;-), j'étais d'autant moins motivée pour sevrer la Bébounette avant nos vacances, et j'ai donc opté pour une approche différente :
  • introduire le lait de chèvre, qui remplacerait mon lait pendant mon absence, par petites touches les jours précédant notre départ, afin qu'elle s'habitue au goût, mais
  • continuer à l'allaiter jusqu'à notre départ, et
  • la remettre au sein dès mon retour.
    • Scénario 1 : la lactation allait vraiment se tarir dans l'intervalle, et/ou la Bébounette ne plus trouver grand intérêt à l'exercice, et au moins j'aurais poussé jusqu'au maximum,
    • Scénario 2 : lactation et Bébounette reprendraient et nous continuerions tranquillement.

Bien entendu, il m'aurait suffit d'emporter le tire-lait pour entretenir la lactation, en jetant le lait tiré au besoin, mais
  • 1. j'en avais ras-le-bol du tire-lait et souhaitais
    • partir à 2 avec Monsieur, pas à 3 avec Monsieur + le tire-lait,
    • passer mes soirées en terrasse avec Monsieur, pas dans ma chambre avec mon tire-lait ,
  • 2. la stimulation du tire-lait n'allait probablement plus être suffisante : en effet, si mon tire-lait a tous les avantages que je vous détaillais déjà ici, il s'avère à l'usage qu'il a plus de mal à gérer un "grand" bébé". En effet j'ai fait l'expérience, corroborée simultanément par ma sœurette, que, si notre modèle de tire-lait était tout à fait de taille à "imiter" un petit bébé, la force de succion de demoiselles de 12 mois était hors de sa portée : il tirait moins qu'elles, et bien plus laborieusement (comprendre : temps de tirage qui tendaient à s'allonger, pour des quantités sans rapport avec ce que tète la miss sur le repas correspondant)

J'étais donc un peu nostalgique en donnant à E. sa (potentielle toute dernière) tétée le matin de notre départ ... mais c'est le scénario n°2 qui a joué !
A noter toutefois que, comme m'en avait prévenue une copine sage-femme: la production de lait n'est pas revenue au niveau précédant notre escapade (seule une stimulation costaud avec tire-lait / mises au sein répétées aurait éventuellement pu permettre cela) : tétée du matin et du soir ont donc été complétées par du lait de chèvre, dans une proportion que j'estimerais moitié /moitié
Mais ça ne m'embête pas trop,
  • le lien allaitement reste,
  • l'effet immunitaire demeure,
  • et en plus c'est toujours rentable, au vu du prix du litre de lait de chèvre entier - 3,70€ et des poussières svp. Je suis bien contente de contribuer encore à en limiter la consommation...

Ces derniers jours, la tétée du soir a décru en importance et j'ai fini par l'abolir totalement, ce qui allège la gestion du dîner.
Demeure encore la tétée du matin, qui constitue le début du petit-déjeuner de la Bébounette, laquelle enchaîne ensuite sur un verre de lait de chèvre (verre car, comme pour le Bébou, lui ayant appris à boire au verre dès l'introduction des premières gorgées d'eau vers 6-7 mois, la "tétée" - d'un sein ou d'une tétine- reste réservée au lait maternel, si bien que l'introduction du lait "non maternel" coïncide avec la disparition du biberon) et une coupelle de porridge.

Voici pour ce petit partage, qui pourra être utile à l'une ou l'autre si elle se retrouve confrontée à des interrogations similaires.
Pour ma part, je suis bien contente de ce déroulé : l'allaitement touche à sa fin et cela me convient bien, mais avoir procédé ainsi permet une fin toute douce, très progressive, et non brusquée par la nécessité.

vendredi 5 août 2016

Point - progression en juillet 2016

Mois de juillet qui fut bien occupé ! Premier vrai mois à 50%, le rythme prend peu à peu, je viendrai en faire un premier bilan un de ces 4 [edit: iciiii].
 
 
La Bébounette
 
Encore un mois durant lequel la rapidité d'apprentissage de la Bébounette nous a soufflés.
 
  • E. a marché, marché, marché; elle est parfaitement à l'aise, très très stable, hyper rapide, fait preuve de beaucoup d'endurance et négocie à présent les petites marches et les dénivelés.
 
  • Autre gros progrès : la Bébounette a montré une grande détermination pour apprendre à manger seule, et, à notre grande surprise, y parvient.
    • A ses premiers succès, limités au départ aux textures bien pâteuses (purées, petits suisses), s'est, sur la fin du mois, ajoutée
    • la capacité à manger du solide à la cuiller : bien qu'ayant à disposition deux mains dont elle n'hésite pas à se servir directement, E. évite très souvent la facilité et fait au contraire preuve de beaucoup de volonté et de concentration pour "pelleter" morceaux de tomates ou bouts de mirabelles, et y parvient la majorité du temps ! Elle oublie parfois en chemin qu'elle a chargé la cuiller, et la brandit vers moi, ou se recoiffe avec, mais bon, c'est un détail ;-)
    • Cela va de pair avec une évolution favorisée par les réflexions et commentaires d'Hélène sur ce post, et me facilite bien la tâche : je fais confiance à ses deux dents pour gérer les morceaux, elle me prouve que cela fonctionne, et du coup je n'ai plus sorti mon mixer depuis une dizaine de jours, et il est bien confortable de pouvoir déposer son assiette devant elle sans avoir grand chose à faire d'autre (hormis... du nettoyage. Si peu!).
 
  • E. semble également chercher à s'habiller seule : tout bout de tissu, notamment si il a des ficelles, est empoigné pour être passé par la tête... sans grand succès puisqu'elle fait cela aussi bien avec des chapeaux que des ceintures, des serviettes, ou les slips de son frère. Si vous avez des conseils à me donner sur quoi lui proposer pour satisfaire son intérêt, donnez, donnez, à vot'bon coeur !
 
  • Enfin, encore des évolutions au niveau du langage... ce qui nous épate aussi, car le Bébou avait pris son temps pour formuler même un "maman" un tant soit peu reconnaissable.
    • Ici, nous avions déjà "maman", "papa" et "là"
    • Nous avons à présent un vrai premier mot : "balle",
    • mais aussi "pimpon" à chaque sirêne (non, on ne devinerait jamais qu'un fourguon de CRS est en permanence posté sous nos fenêtres - parlez-moi d'environnement favorable !! ;) ), et "ding" à chaque tintement (couvert contre timbale, tintement d'horloge, sonnette,...), ainsi que "boum" quand elle fait tomber quelque chose (ou juste avant de lancer sa peluche par terre, aussi...).
    • Enfin, nous avons aussi une Bébounette qui chope nos téléphones, les porte à son oreille et annonce clairement "Allô ?!".
 
Le tout chez un petit gabarit : ayant enfin retrouvé le chemin de mon pédiatre (mère indigne, toujours), cela nous donne une E. à tout juste 8 kg pour ses 14 mois. Pas bien épaisse, mais vu ce qu'elle dépense comme énergie, ce n'est pas si étonnant. (et j'aime mon pédiatre. Il m'a juste redemandé "combien de repas par jour?" "3", s'est informe de leur contenu, a conclu d'un court "ouh là, tout ça ?" puis a enchaîné sur autre chose)
 
 
Le Bébou n'est pas en reste non plus
 
  • Ce mois-ci a été le mois des Duplo, il y a passé des heures et produit des constructions très élaborées. Les vacances vont être appréciées, qui vont lui donner 3 semaines durant accès aux lots gigantesques de Duplo à disposition chez chacun des deux couples de grands-parents.
 
  • Parler est très in, il se montre très très très trèèèèèès bavard, et son vocabulaire devient toujours plus précis et châtié. Nous sourions en entendant ses phrases s'émailler de  
    • "généralement",
    • "ces temps-ci" (comme dans "ces temps-ci je n'aime pas les balançoires, ces temps-ci je préfère le toboggan") ou
    • "quoique" ("je vais prendre Mouton. Quoique, je vais d'abord finir le puzzle").
 
  • Compter demeure un centre d'intérêt, mais le 4 est souvent boudé... on arrive assez souvent à "1,2,3,5,7..." d'ailleurs !
 
  • Le graphisme commence à l'intéresser, cela se manifeste de diverses manières (suivre les formes et les traits des dessins lors de nos lectures, par exemple), mais s'est aussi vu lors d'une récente sortie Ikea destinée à meubler la salle de classe: il s'est longuement attardé sur le suivi des formes.
 
  • Côté vie pratique et motricité globale, le mois de juillet a vu F. se prendre de passion pour l'aspirateur.
    • Celui-ci intéressait le jeune homme de longue date, mais de manière très partielle : le bouton pour rembobiner le fil connaissait un grand succès, et F. aimait promener le manche partout... mais détaché du reste de l'appareil !
    • Mère indigne que je suis, je suis bien contente qu'à présent, F. cherche à aspirer avec l'aspirateur au complet, branché et allumé, et avec le souci d'imiter au maximum nos mouvements. Son enthousiasme le pousse à aspirer les rideaux, les murs, mais bon, vous savez, je suis sûre que ce pourrait être une mission de Flylady un de ces 4, alors, nous prenons juste de l'avance ;-)
 
  • Enfin, les avancées ont continué sur le front de la propreté:
    • il a de lui-même décidé de revenir aux couches la nuit, après 2-3 nuits sans, mais avec drap toujours mouillé,
    • mais maintient les siestes sans couches et nous n'avons eu qu'un ou deux épisodes nécessitant un changement de drap !
    • Surtout, sur la deuxième partie du mois les accidents en journée ont quasi disparu (sauf énorme colère),
    • ce qui m'a incitée à abolir la couche pour nos trajets de vacances. Le premier trajet a bien commencé, mais sur la seconde moitié il a oublié qu'il n'avait pas de couche. Les suivants se sont en revanche déroulés impeccablement, et augurent bien de la suite.
 
 
Et puis moi, j'ai bien travaillé aussi
 
Il ne vous aura pas échappé que le mois de juillet a été placé sous le signe de Flylady, cela m'a permis à la fois de
  • dézinguer une grosse partie du passif "bazar" axcumulé ici et là 
  • commencer à me mettre en ordre de marche pour la "rentrée"
  • reprendre de bonnes habitudes et me détendre, du coup
  • et tester un rythme de publication quotidien sur le blog : eh bien, c'est éreintant, je ne me verrais pas soutenir un tel rythme sur le long terme et suis bien contente de renouer avec moins "d'obligations" ! Ceci dit je me suis bien marrée et suis très contente de l'avoir fait.
 
Par ailleurs, avec sur ma table de chevet (bien que soigneusement déhotspottée) toute une série de bouquins faber&mazlishiens, ce mois-ci a aussi été l'occasion de progresser à petits pas (toujours, toujours!) sur la voie de l'éducation positive, et notamment d'expérimenter avec succès deux petits trucs qui ont bien pacifié certains moments avec F.
  • pour l'inciter à me suivre, lui montrer ma détermination à poursuivre mon chemin sans verser dans le "j'y vais ! J'y vais, euh !", le "tu me rejoins" fait des merveilles.
    • Il coïncide parfaitement avec l'actuel besoin d'une plus grande autonomie du Bébou qui apprécie par exemple d'emprunter une allée parallèle à la mienne quand nous traversons le parc.
    • Il lui laisse le temps nécessaire pour s'adapter en douceur,
    • et ne manque quasiment jamais sa cible (à dire vrai, le "quasiment" constitue une précaution oratoire, je n'ai pas de souvenir précis d'un moment où F. ne se soit pas rapidement mis en route après un "j'y vais, tu me rejoins"; mais bon...).
    • Seule limite : je ne me vois pas encore l'employer quand une route risque de se retrouver entre nous par exemple. Et pourtant... vu le peu de temps qu'il met en général à réagir, je ne prendrais peut-être pas un gros risque. A creuser !
    • Dans tous les cas, nos trajets, et notamment nos départs du parc, s'en sont retrouvés grandement facilités
  • la magie du "dès que" est également une découverte de ce mois-ci : beaucoup plus efficace que le "quand tu", "si tu", il incite bien davantage F. à coopérer et apaise de nombreuses frictions.
 
Enfin, un chantier sur lequel nous avons beaucoup du travailler ce mois-ci est l'expression de la colère de F. envers sa soeur. Mobile et bavarde, celle-ci se fait donc envahissante et nous avons fort à faire pour apprendre au grand frère à gérer ses sentiments d'animosité autrement qu'en la poussant ou la tapant...
Là-dessus, Faber & Mazlish (encore elles !) dont je suis en train de lire, pour la deuxième fois d'affilée, le "Jalousies et Rivalités entre frères et soeurs", nous aide bien, j'en parlerai bientôt j'espère (je compte profiter du calme relatif des vacances pour me mettre à jour sur quelques fiches de lecture actuellement en suspens).