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jeudi 14 novembre 2019

2 chouettes petits jeux de société à découvrir (et jouables en langue étrangère) !

Je profite de l'approche de Noël pour venir enfin vous pondre un petit article et faire coup double : vous inspirer pour Noël, et aborder un sujet cher à mon cœur : l'imprégnation linguistique de nos enfants, ou les stratégies les plus fourbes pour distiller savamment une langue étrangère dans leur quotidien.
Je précise que, si chez nous c'est de l'allemand qu'il s'agit, l'intégralité de l'article d'aujourd'hui s'applique pareillement à toute autre langue :
  • la logique d'imprégnation
  • les petits jeux en eux-mêmes peuvent être joués en n'importe quelle langue de notre choix puisqu'ils n'impliquent pas d'écrit. A l'adulte d'amorcer les choses en commençant à jouer dans la langue qu'il veut.

1. La logique, d'abord.

Comme depuis toujours chez nous, il s'agit de favoriser l'assimilation de la langue par le fait d'en caser des bribes le plus souvent possible. Tout est bon pour cela :
  • moments répétitifs de la vie quotidienne : les phrases simples de l'habillage, du petit-déjeuner..., sont très vite comprises, si elles sont utilisées très régulièrement, 
  • lecture d'albums simples (= d'un niveau de complexité inférieur à celui correspondant normalement à l'âge des enfants) : je vous ai notamment parlé de celui-là, et de ceux-ci
  • lecture d'imagiers : retournez donc voir cette pépite Usborne !
  • écoute de CDs
  • chez nous la Lunii est entrée également dans cette optique : nous l'avons achetée exprès, en version allemand, et il n'y a qu'un jeu d'histoires en allemand dedans, point. Ecouter ces histoires en boucle contribue également à la dynamique.
  • visionnage de courtes vidéos en allemand (le seul usage des écrans qui soit fait chez nous); la longueur et complexité (linguistique et/ou narrative) de ces petits films pouvant progresser avec l'âge et le niveau linguistique des enfants : des mini séquences de 3-4 minutes de nos débuts nous allons maintenant jusqu'à des épisodes de 25 minutes.

Un point commun à tous ces moyens : la répétitivité de phrases simples. On relit / entend / visionne souvent les mêmes histoires, on répète souvent les mêmes phrases.
C'est cela qui permet aux mots et, plus important, aux structures des phrases de s'ancrer peu à peu dans le cerveau : car si le vocabulaire est important, la possibilité d'articuler les mots entre eux est la condition pour se mettre véritablement à parler et comprendre une langue, et l'utilisation systématique de phrases très simples constitue un excellent moyen d'intégrer la manière dont une langue gère cette articulation. 
Une approche que j'avais découverte avec la pédagogie Charlotte Mason et la méthode d'apprentissage des langues associée : la méthode Gouin, et dont je ne cesse de constater le bien-fondé et l'efficacité (excellent article à lire sur le sujet sur ce blog-là)
Il s'agit en fait, par le biais de phrases du type sujet + verbe + complément, de répéter celles-ci avec de menues variations : le même verbe sera vu accompagné d'un complément puis d'un autre puis encore d'un autre. Ou alors c'est le verbe qui variera mais rien d'autre. Ou encore uniquement le sujet. On pourra enrichir le complément d'un adjectif, qui variera aussi.


Or c'est cette même logique qu'on peut poursuivre en jouant à certains jeux de société avec son enfant. Il s'agit bien, comme vous l'aurez compris, non pas de jeux conçus pour apprendre une langue, mais de jeux "normaux" qu'on jouera "en allemand", tout simplement.
Les moments de jeux peuvent en effet être également l'occasion, en mode "bénéfice collatéral" (le but premier reste bien de prendre plaisir, hein !), de répéter encore cette langue, d'autant qu'ils incitent également les enfants à manier la langue, et non seulement à l'entendre et la comprendre.

Nous avions donc très tôt pris l'habitude de jouer ainsi au très célèbre Verger de Haba : occasion rêvée 
  • d'introduire des mots simples, en nommant les couleurs et les fruits associés,
  • d'utiliser quelques petites phrases telles que "du bist dran / ich bin dran / wer ist dran" (c'est ton tour : et hop, le verbe être conjugué à 3 formes différentes), "ooooh der Rabe kommt !" (oh le corbeau arrive ) ou "wo ist der Würfel ?" (où est le dé) et toutes variantes autour de ce fichu dé ("oh nein, der Würfel ist gefallen / verschwunden / …" : oh non le dé est tombé, a disparu, etc).

Le Verger s'y prête donc très bien, et je profite de l'occasion pour vous présenter 2 petits jeux très chouettes dans l'absolu (donc intéressants sans l'aspect linguistique aussi), mais qui, en plus, se prêtent merveilleusement à un détournement linguistique si on le souhaite. 


2. Deux chouettes petits jeux découverts chez Ravensburger.


 Tempo, kleine Fische (vite, petits poissons)


  • Une variante de la Course aux Escargots : un dé avec des couleurs permet de faire avancer l'animal de même couleur (NB : biiiien évidemment, ladite course aux escargots aussi peut se jouer en n'importe quelle langue ...)
  • mais avec plusieurs "twists" intéressants : 
    • le plateau de jeu qui évolue physiquement au fur et à mesure de la partie (puisque la distance entre le bateau des pêcheurs et les poissons tend à se resserrer), 
    • et le fait que justement, au lieu de simplement faire la course entre eux, hop, les poissons se retrouvent en plus avec le risque de se faire manger. Du coup le jeu s'enrichit d'une dimension coopérative : le but est que le maximum de poissons arrivent dans la mer sans s'être faits rattraper par les pêcheurs.
    • boîte peu encombrante, plateau petit, mignon, et à construire à chaque fois (gros succès !), petits personnages en bois...


pour l'aspect linguistique, 
  • on utilisera toutes les phrases autour du dé, des couleurs, 
  • on comptera le nombre de poissons qu'il reste, ainsi que le nombre de segments de fleuve qui les séparent encore de la haute mer ou des pêcheurs, 
  • on s'exclamera volontiers qu'on a peur des pêcheurs "ich habe Angst !", et on dira "beeilt euch, kleine Fische!" (dépêchez vous, petits poissons)



Kuh and co (Vache et compagnie)

  • des images avec de 3 à 5 animaux dessus, qui peuvent être de type différents ou identiques
  • 5 dés avec sur chaque face à un des 6 types d'animaux possibles
  • on tire les dés et on a trois coups pour réussir à avoir les dés correspondants à notre image; sinon c'est au voisin de tenter sa chance.
  • Très vite accessible à un enfant, et très marrant pour l'adulte en fait (d'autant que les images sont mignonnes mais aussi souvent pleines d'humour), j'avoue que j'y joue très volontiers
  • peu encombrant également, facile à emporter partout !

sur le plan linguistique, on a 
  • le vocabulaire des 6 animaux, au singulier comme au pluriel, 
  • les chiffres jusqu'à 5, 
  • et un ensemble de phrases autour : "gibst du mir eine Karte bitte ?" "ich sehe 2 Kühe und ein Huhn", "ich brauche noch 2 Schafe" "Oh nein, mir fehlt noch ein Schwein" "ich möchte eine Katze !"(donne-moi une carte s'il te plaît … je vois … j'ai besoin de … oh non il me manque encore…. je voudrais ...); 
  • on peut également décrire "en passant" ce qu'on voit plus largement sur la carte : le chat court après le mouton, la vache saute, le cochon est assis à côté de…, sous… sur… Ces petites cartes titillent le sens de l'observation de tout le monde et permettent donc de complexifier peu à peu les échanges à leur sujet !

Cerise sur le gâteau pour terminer (parce que si on met la cerise au début, ça fait tout foirer) 

Cette manière de jouer et d'interagir avec son enfant n'exige pas de l'adulte un niveau interstellaire dans la langue qu'il veut transmettre. Un niveau de base suffit tout à fait, augmenté d'un peu de préparation si besoin (si on ne sait plus trop comment dire "vache" on va regarder rapidos sur un dictionnaire en ligne avant), et permet de faire cela très facilement… voire de s'améliorer aussi au passage, en même temps que nos enfants, par la répétition. 
Voici donc un exercice 
  • valable pour la majorité des familles désireuses d'insuffler siouxement une langue supplémentaire dans le quotidien de leurs enfants
  • et que je conseillerais vivement aux familles sur le point de s'expatrier, et dont notamment un conjoint ne maîtriserait pas trop la langue du pays de destination ! Il s'agit alors d'une excellente manière de se préparer en famille.

Je suis aussi open à des suggestions de cet ordre ! Pour nous aussi, Noël arrive… (ça c'est du scoop ^^)

mardi 16 juillet 2019

7 supports solides et efficaces pour apprendre à lire

Dans la vie des enfants et de leurs parents, il y a certains seuils qui nous marquent particulièrement.
Ce sont des seuils pour les enfants, mais aussi et surtout pour les parents : dans le sens que, comme me l'avait dit une bonne copine lorsque F. franchissait le deuxième :

"Quand ils passent cette étape, whouhou, c'est la fête, t'as vraiment l'impression d'un bond en avant, qu'un truc est FAIT, ouf."

Parmi ces acquisitions qui se font à un âge variable et avec plus ou moins de facilités et d'angoisses, je vois
  • le sommeil : le bébé qui fait ses nuiiiiiiits. Bon, là, ça allait, j'ai plutôt été vernie
  • la propreté
et
  • la lecture.

Il y a un avant,
il y a un après,
et au milieu, il y a un chemin.

Qu'on ait scolarisé son enfant ou qu'on l'instruise soi-même, on suit toujours un peu de près l'apprentissage de la lecture. Il porte tellement à conséquences ! Savoir lire, savoir bien lire, aimer lire… cela conditionne tant de choses.

Ici, je me retrouve avec 2 enfants en plein milieu, en simultané, puisque ça a été le gros sujet pour F. (6 ans depuis peu) ainsi que pour E. (4 ans depuis peu aussi), depuis un bout de temps, certes, mais aussi de manière très intense depuis ce printemps.
  • depuis un bout de temps, puisque c'est un apprentissage qui se prépare bien avant de fourrer une lettre sous le nez de son bambin : langage, repérage dans l'espace, phonologie,...
  • puis on arrive à l'étape où on va introduire les lettres
  • et ensuite à l'étape de la combinatoire : quand l'enfant comprend que "mmmm" + "a" ça fait "ma"... GRAAAAND MOMENT !!! Et la lecture / composition des premiers mots phonétiques constitue le premier pas vers la lecture proprement dite.
Comme ce sujet suscite toujours beaucoup d'interrogations sur les meilleures manières d'accompagner cet apprentissage afin qu'il soit solide et donne à l'enfant les bases dont il aura besoin pour la suite de sa vie de lecteur, je prends aujourd'hui le temps d'un retour structuré sur les supports que j'ai pu tester avec mes deux enfants, et dont j'ai pu apprécier leur capacité, justement, à supporter efficacement cet apprentissage.

Deux précisions
  • je me limite volontairement aux activités vraiment spécifiques à la lecture. Pour toutes les activités dites "préparatoires", il en existe d'innombrables, et vous trouverez de l'inspiration ici
  • De la même manière, même si tout ce qui touche à la lecture a forcément des incidences, de près ou de loin, sur l'écriture, là je centre mon billet sur la lecture, et non l'écriture. Mais j'avais recensé, ici, les activités utilisées pour favoriser une bonne tenue du crayon.
Donc, à quoi peut on avoir recours une fois que l'enfant manifeste un intérêt pour ces espères de hiéroglyphes qu'on trouve partout et qu'on nomme des lettres ?
(dans l'ordre chronologique où cela a été utilisé chez nous)







1. Les lettres rugueuses


Ce support Montessori est extrêmement efficace pour permettre à l'enfant de relier le son à la lettre. J'avais détaillé les avantages du coffret choisi : le coffret Montessori des lettres rugueuses de Balthazar, dans un billet spécifique et, vraiment, après plus de 2 ans d'utilisation avec 2 enfants aux profils différents, je suis toujours ravie de mon choix et je n'imaginerais pas introduire autrement les lettres.
Les lettres rugueuses permettent de cumuler ouïe, toucher, tracé, visuel dans l'apprentissage, et les petites cartes associées offrent mille possibilités de répéter et répéter l'apprentissage par une multitude d'activités, sans lassitude. (et le tout se combine aussi très bien avec les objets du quotidien, des duplos, des playmobils, etc)


Elle se sont trouvées très adaptées aussi bien aux besoins de mon fils à 3-4 ans, qu'à ceux de ma fille à même pas 3 ans. (et des activités de ce genre ont été testées par ma belle-sœur en soutien scolaire d'une demoiselle allophone de 8 ans).
Je renforcerais encore l'importance de les choisir suffisamment épaisses et suffisamment grandes, ce que ne respectent pas tous les coffrets vendus dans le commerce. Donc : vigilance !


2. L'alphabet mobile

Ce jeu de lettres, chaque lettre étant individuelle, de grande taille, a constitué la 2ème étape dans l'apprentissage en pavant le chemin vers la combinatoire. L'enfant peut apprendre à composer des mots sans être bloqué par sa capacité (ou non) à former les lettres.
Nous avions acheté le nôtre, en bois, sur Au Bois Des Lettres, et c'est un très bel objet que mes enfants ont eu plaisir à manipuler. Il n'est pas gratuit… Même si je n'ai pas regretté une seconde cet investissement, je tiens à souligner qu'il n'est pas indispensable de tuer son banquier :  l'alphabet mobile gagne en sexytude sur un support bois, mais remplit son office aussi sur un support plastique / papier plastifié. 



3. La série rose Montessori

A utiliser en lien avec l'alphabet mobile : ces séries de petites images et de petits mots phonétiques à la difficulté croissante permettent à l'enfant de progresser peu à peu en combinatoire. Il va composer "sac" "lac" "vis"... puis plus tard "parasol" "lavabo" etc. On trouve images et petits mots sur internet.
Je précise qu'après cette série rose il existe des séries bleues et vertes, plus complexes, mais … je n'y ai jamais touché, nous avons fait autrement.


4. La méthode Boscher


En soutien de l'acquisition de la combinatoire, j'ai utilisé le très vieux manuel de la méthode Boscher, un pilier de la méthode syllabique. 
Son côté ultra systématique a en effet été très utile pour aider F. à ancrer les apprentissages. Pendant un temps, nous en faisions un peu chaque soir et cela a vraiment été très utile, permettant de varier avec ce qu'il faisait en salle de classe (que ce soit en école à la maison l'an dernier, ou à l'école Montessori cette année).

J'ai apprécié
  • la double lecture en cursif et script, permettant à un enfant de l'âge de F. de répéter les choses (et donc, d'ancrer), 
  • la  douceur des dessins.
  •  Le fait qu'il y avait des maths en bas de chaque page convenait également bien pour lui qui a toujours adoré ça, il adorait arriver à ce bas de page.
En bémol :
  • les mots présentés sont parfois vraiment périmés : "capeline"... On peut souhaiter des mots qui "parlent" plus aux enfants. 
  • Idem concernant les phrases : il y a du vieux jeu, avec papa qui tape toto ...

Ce manuel, si il a plutôt bien convenu à F. pendant un bon bout de temps, a très peu servi à E., beaucoup plus rapide, et qui a très vite dépassé ce stade. Elle était déjà tellement axée sur le sens de ce qu'elle lisait que la lecture de deux lignes de syllabes avant d'en arriver à de vrais mots l'a intéressée pendant une semaine à peine avant de la frustrer plus qu'autre chose… et très vite, la lecture de simples mots sans lien entre eux à eu le même effet : j'ai jeté l'éponge quand j'ai réalisé qu'elle cherchait à lier chacun de ces mots entre eux pour que "ça veuille dire quelque chose". Elle ne vivait que pour la toute petite phrase entière qui terminait la leçon !



Ce qui m'a amenée à basculer, pour les deux, sur le support numéro 6.

Mais avant d'en arriver là, nous avions commenté à utiliser, en parallèle, un support moins académique


5. Les BD des Schtroumpfs !


Je suis une grande fan des Schtroumpfs et ceux-ci ont fait l'objet d'un certain nombre de cadeaux de fête des mères de la part de Monsieur Bout si bien que nous en possédons la majorité des albums. Or les enfants les ont découverts ce printemps et depuis nous les lisons en boucle.
Ignoble et sournoise comme à mon habitude, j'ai exploité ce grand intérêt pour, d'abord, développer la lecture des mots phonétiques : très vite, les enfants ont été investis de la mission de lire eux mêmes toutes les onomatopées
  • D'abord celles vraiment phonétiques le "PAF" de toutes les fois où le Schtroumpf à Lunettes s'en prend une, notamment, ou les TOC TOC à la porte du Grand Schtroumpf, ...etc. 
  • Plus tard le PLOUF est venu, en temps utile, aider à ancrer que O + U = OU, de la même manière que, plus tard encore, j'ai délégué la lecture des "NON".
A noter qu'aujourd'hui, après le passage par le support numéro 6, les Schtroumpfs continuent à  intervenir, par le biais d'une lecture à deux voix (ou plutôt, 3) :  je fais lire certaines bulles courtes, et je lis les autres. Plus ça va, plus la part lue par eux grossit. Huhuhu.


6. Les livres de la collection Mes premières lectures Montessori


Cette collection toute récente, que l'ont doit notamment à des mamans IEF, est fichtrement bien faite. Très progressive, elle se décompose en petits livres de différents niveaux :
  • le premier niveau contient des mots uniquement phonétiques, puis des e muets (les lettres muettes étant grisées), 
  • le deuxième niveau centre chaque livret sur une difficulté particulière, que ce soit l'introduction d'une syllabe plus complexe (par exemple "ett"), ou de premiers mots outils  (les, des, et, c'est, etc); syllabes complexes mises en valeur en rouge, et premiers mots outils surlignés en jaune. 
  • Chaque livre du troisième niveau est consacré à un graphème, et un seul : on aura un livre avec des tas de "on", un livre avec plein de mots en "an", etc (graphème mis en valeur en vert). 
  • Les livres du 4ème niveau combinent les difficultés du niveau 2 et celles du niveau 3.

Ces livres ont l'avantage de reprendre la progression Montessori type, d'une manière très alléchante pour l'enfant et très bien structurée. Les histoires sont plutôt de bonne qualité, le vocabulaire de bon niveau, et les dessins clairs viennent soutenir l'apprentissage.
Ils font partie des rares de ce type à être en écriture cursive, ce que j'apprécie vraiment. En effet vous aurez remarqué que, en ce qui me concerne, je suis restée fidèle aux conseils soulignant l'intérêt de commencer par introduire le cursif avant le script.
J'en ai vu, du reste, un des nombreux avantages avec E. ces derniers mois : là où son cerveau de même pas 4 ans voyait encore en symétrique et donc confondait encore b d p et q scripts il y a quelques mois, elle ne rencontrait pas ses difficultés (ou plutôt, en minoré, avec le q et le d parfois) en cursive et donc a pu avancer sans être bloquée par cela. Je remarque depuis quelques jours qu'elle a à présent suffisamment progressé pour se mettre tout naturellement à lire en script sans plus buter sur cette difficulté qui était pourtant systématique il y a 2 mois à peine.

Remarque : J'ai eu l'occasion de tester une autre collection similaire, mon beau-frère ayant offert à E. ce coffret. J'ai trouvé celui-ci chouette aussi. 
Je n'ai pas testé tous leurs niveaux donc j'ai du mal à faire une comparaison étayée mais avec ce niveau 3+ je remarque déjà une chose : j'ai moins de texte, par double page, qu'avec l'autre collection. Et ce à un niveau où l'enfant est déjà capable de lire davantage.
Or c'est une des subtilités très intelligentes des "premières lectures Montessori" : là où chaque page de niveau 1 contient entre 2 et 4 lignes de texte, la quantité de texte augmente avec le niveauet la fluidité de lecture du jeune lecteur. J'en remarque la pertinence avec E. qui, au stade où elle en est, ne se contente plus, depuis longtemps, de la page que je lisais avec elle chaque soir. Elle est passée à 2, puis 3, et maintenant c'est minimum un demi bouquin par soir que nous engloutissons. Alors du coup je trouve "les premières lectures Montessori" plus rentables … ;-)
Par ailleurs cette collection étant plus récente elle est pour le moment moins complète que l'autre qui contient déjà une vingtaine d'ouvrages… et doit elle même encore être complétée (il en sort plusieurs nouveaux livres par an).
Mais bon ça me va bien d'avoir les deux car certains des sons contenus dans ce 3+ (le ph, le oi, le eau) n'ont pas encore été couverts par ma collection de base.

Deuxième remarque : ma "méthode" pour gagner en fluidité de lecture pour l'un comme pour l'autre enfant a été d'introduire la lecture d'une page de ces petits livres dans le rituel du coucher. Moment facile à tenir
  • pour un enfant scolarisé (F.) Car j'ai fini par constater qu'il n'avait pas à l'école la stimulation dont il avait besoin sur ce plan-là, et donc j'ai admis qu'il fallait que je reprenne les choses en mains… mais je vous en reparlerai dans un futur billet intitulé "le mythe de l'école parfaite"
  • pour un enfant officiellement en IEF mais géré par une mère complètement débordée (E.)
cette page quotidienne a vraiment porté ses fruits !

En bonus : j'ai commencé à filmer les enfants avec mon smartphone, au départ pour envoyer cela à Monsieur Bout, à notre G1, à ma mère, voire en prévision de cet article… et je me suis aperçue qu'ils adoraient être filmés en train de lire, et pouvoir regarder la vidéo ensuite. J'ai systématisé le truc sans vergogne puisque
  • chouette effet incitatif
  • effet pédagogique intéressant : en regardant la vidéo, centrée sur les mots qu'ils lisent, ils répètent en fait ce qu'ils viennent de voir. Hin hin hin.
Ah, ce que la technologie ne permet pas…

Alors justement la technologie refuse de me permettre de rajouter quelques vidéos de démonstration dans le corps du billet donc je les ajouterai en commentaire sur le partage FB. Na. 


En tous cas ces livres se sont révélés ultra précieux pour vraiment ancrer et fluidifier. Je suis raaaavie de les avoir à disposition, et un certain nombre d'entre eux vont nous accompagner en vacances. (c'est l'avantage, hein, ils ne sont pas bien encombrants…)




C'est le pendant des lettres rugueuses, il permet d'introduire les sons complexes (A + N qui dont AN, etc) et je l'ai utilisé en complément des premières lectures Montessori de niveau 3. Même si, je l'avoue, de manière moins systématique / académique que les lettres rugueuses.
En effet
  • E. a vite montré qu'elle souhaitait avancer plus vite : du coup, hop, leçon en 3 temps puis "encore"... bon ben n'en voyons pas que 3 d'un coup alors, voyons en 5.
  • F. avançant moins vite que sa sœur j'ai d'abord voulu faire attendre E. puis j'ai fini par lâcher l'affaire et permettre à E. d'avancer à son rythme : du coup elle a appris chaque graphème avec le livre des premières lectures Montessori de niveau 3 correspondant, et F. intègre peu à peu certains graphèmes avec les schtroumpfs…

J'ai néanmoins trouvé ce coffret encore très bien fait, avec juste un ou deux regrets mineurs du style : une des images illustrant le "ou" est un "hibou". Et E. l'a tout d'abord nommé "chouette": le "ou" étant moins perceptible ainsi, elle est allée le caser… avec le "ch".



Moralité, et pour vous donner une idée de la manière dont cette progression s'est déroulée chez nous : l'avantage c'est qu'ayant deux enfants aux rythmes bien différents, j'espère que cela pourra permettre à d'autres parents de voir que c'est vraiment très personnel ;-)
  • F. n'a montré aucun intérêt pour les lettres jusqu'à peu avant ses 4 ans (2 mois avant) puis a appris la majorité des lettres rugueuses à ce moment-là; E. a été très vite intéressée par le sujet : 2 ans et quelques déjà. Elle les a apprises sur mes genoux quand son frère les révisait, et les connaissait toutes autour de son 3ème anniversaire
  • le déclic "combinatoire", F. l'a eu un an après son initiation aux lettres rugueuses, quelques semaines avant ses 5 ans, donc. Puis il y a eu une période de stagnation, et j'ai repris les choses en mains une petite année après, ce printemps. E. a eu le déclic combinatoire… euh… cet automne, je crois, vers 3 ans et 1/2. Mais j'ai été disponible de manière plus ou moins variable pour nourrir son intérêt pourtant dévorant. Elle a donc bénéficié de la reprise en mains du sujet pour son frère, au printemps.

Depuis, énormes progrès pour les deux.

Depuis quelques jours en particulier, E. lit tout ce qu'elle trouve
  • une phrase du bouquin que je lis, 
  • quelques mots que je tape sur mon ordinateur dans le cadre de mon boulot, 
  • les étiquettes de bouteille, 
  • et bien entendu, les livres qu'elle a en main : quelques bulles de Schtroumpf, quelques mots de Babar, une phrase d'un Petit Ours Brun… ou d'un prospectus. 
  • Elle empoigne volontiers ses "premières lectures Montessori" et on l'entend les lire dans sa chambre, une fois couchée. 
Ce weekend, elle a même tenté… de lire les noms des colonnes du fichier Excel de comptes que je remplissais : "A-Q, A-R, A-S, A-T, A-U... O ! Maman y a "O", là !". Gros fou rire.



F. déchiffre volontiers quelques mots par ci par là, et se laisse prendre au jeu en fonction des moments / incitations (les Schtroumpfs étant ce qu'il y a de plus sexy).

Et moi, je m'éclate à observer et accompagner.


Ah, Ah, Ah oui vraiment, 
L'apprentissage de la lecture c'est bien marrant 
(à chanter sur l'air du refrain de Cadet Rousselle - OK je sors)



lundi 13 mai 2019

Point - progression janvier à avril 2019

Ces derniers mois ont été tellement intenses que la publication de ma chronique bimensuelle des progrès des enfants se s'est retrouvée décalée à plusieurs reprises… bon, du coup, voici une rétrospective des 4 derniers mois ! 2, 4, hein, quelle différence …?


Chez la Bébounette, le premier tiers de 2019 aura donc été marqué par

  • une varicelle 
La miss a été bien plus impactée que son frère, et bien patraque. La varicelle aura donc entrainé
  • un regain de vie sociale pour cause de tentatives de contamination d'autres enfants dont les mamans souhaitaient les confronter à la varicelle pour différentes raisons
  • le grand retour du Mei Tai et de la veste de portage : E. ne voulait que les bras, et moi j'avais besoin de faire autre chose, le Mei Tai a donc permis à E. de faire le bébé koala pendant 48h, et à moi, d'avancer quand même dans ma vie. Ces moments m'ont rappelé ceux, strasbourgeois, où je me servais de ce chouette Mei-Tai pour neutraliser un F. grognon en fin de journée. Aaaah, le portage... un instrument pour remplir un réservoir d'amour sans les mains, en quelque sorte.

  • Une série de constats qui m'aura permis de finalement mettre des mots sur certaines caractéristiques / modes de fonctionnement étonnant chez la miss : la zébritude. Bon, ben maintenant qu'on sait, on s'adapte.
  • Parmi ces constats : d'épatants progrès en lecture.
Elle a entamé la série rose Montessori et ses décompositions, s'est mise à écrire toute seule son prénom en en énonçant les sons (et son prénom n'est pas franchement court), et cela s'est étendu au fur et à mesure.
Les vrais débuts de la lecture datent d'avril : ça a commencé par les onomatopées des BD de Schtroumpfs (grande découverte des Bébous ce printemps : je suis priée de les leur lire à longueur de journée), et maintenant, ce sont les premières vraies histoires, à base de mots phonétiques, qui défilent. Je prépare un  billet un peu détaillé sur les outils dont je me suis servie, tant avec F. qu'avec E., pour leur permettre d'avancer peu à peu vers la lecture, donc je vous en reparle bientôt ! 


  • Autre de ces constats : la maturité émotionnelle impressionnante dont elle fait souvent preuve. 
Face à un Monsieur Bout très énervé et rouspétant, on a ainsi pu voir ce petit bout de fille arriver, munie d'un chameau Schleich 


"Tiens, voilà un chameau pour te calmer. Regarde, il t'embrasse. Tu te sens mieux ?"
  • Ces mois-là ont vu des progrès en allemand impressionnants 
A force de passer minimum 2 jours / semaines en tête à tête avec notre mamie-au-pair, ça a payé : E. comprend maintenant énooooormément de choses et tient pas mal de conversations en allemand. C'est ce qui nous a permis d'évoluer vers plus de complexité dans les livres en allemand lus aux enfants.

  • Notons également de timides débuts à vélo ("de grand")
F. avait fait les siens bien plus tôt, mais c'était à Strasbourg. Dans notre nouveau chez-nous, nous nous sommes heurtés à un obstacle de taille : le relief. Chez nous, c'est vallonné, bien loin des longues allées parfaitement planes des parcs strasbourgeois. Pas du tout idéal pour apprendre le vélo ! Ca fait peur à E., et aussi à ses parents. Mais nous avons quand même travaillé le schmilblick, notamment à la faveur d'un passage à Strasbourg, si bien que la miss sait à présent pédaler seule sur de bonnes distances… mais ne gère pas encore démarrage et arrêt.

Dernière évolution : notre E., au tempérament globalement plutôt conciliant, a montré une bonne capacité à se montrer plus relou


Le Bébou


  • A perdu sa première dent !!! 
(caractéristique de cette période : je n'étais… pas là, bien évidemment !). 
Je ne m'y attendais pas car, ayant vu ses dents apparaître très tard (la première est sortie à 13 mois), je pensais qu'elles "dureraient" plus longtemps… Qu'il est étrange de voir tomber cette première quenotte dont on a surveillé attentivement la sortie, en son temps… #ausecoursmonbébégrandit


  • Sa passion pour le graphisme, déclenchée par le travail fait l'an dernier sur les réflexes archaïques, s'est poursuivie. 
Il écrit partout, souvent, et ceci se confirme aussi dans l'intérêt qu'il porte aux cahiers d'activité (qui n'avaient excité que peu d'intérêt chez lui au départ).
D'ailleurs je devrais ressortir celui, sublime, offert à l'époque par Crapaud Chameau : il ne correspondait pas à son intérêt du moment mais… ce n'est plus le cas !
Notre G1 a même eu droit à une déclaration d'amour écrite en phonétique (que j'avais photographiée  mais… mon téléphone étant mort j'ai perdu la photo évidemment).

  • L'intérêt pour la lecture est là. 
Très discret au départ : comme un escargot ses antennes, il les rentre dès qu'on y montre trop d'intérêt. J'ai cependant un peu plus stimulé ces derniers temps, en en faisant une partie intégrante, comme une introduction, de nos moments particuliers, et du coup, des automatismes se prennent… (F. et E. sont donc globalement au même niveau sur ce plan-là).

  • Sa passion pour les travaux manuels se confirme 
Abonné depuis peu au magazine pour enfant Olalar (dont je reviendrai vous parler, tiens, à l'occasion), il est ravi de faire les petits bricolages. 
Il s'empare volontiers de la colle et des ciseaux et de canson de couleur (merci Action pour les prix bas) pour confectionner des choses .. quand ce n'est pas des lattes de son lit... et c'est ce qui m'a poussée à venir solliciter vos idées de cadeaux-pour-petit-bricoleur en vue de son anniversaire prochain. Les suggestions n'ont pas manqué et je suis en train de les explorer… Merci !

  • Bricoleur né de parents non-bricoleurs, F. est aussi vraiment très sportif (pourtant né de parents vraiment pas…). 
Quand je le vois monter à vélo la plupart des pentes autour de chez nous j'ai mal aux cuisses je suis impressionnée. Ca aussi, ça alimente des réflexions sur les propositions que je pourrais lui faire.

  • Des évolutions très nettes sur le plan émotionnel. 
Le suivi dont il bénéficie depuis cet automne porte du fruit, même si… il est toujours difficile d'être patient et d'accepter les hauts et les bas / le temps nécessaire à ces évolutions pour se faire et/ ou se consolider.
Signe très clair aussi : les relations avec sa sœur ont énormément évolué, et dans un sens qui nous réjouit. Ouf !


La Gwen
  • passe par des hauts et des bas émotionnels qui correspondent pas mal à ceux de son fils, hasard.
  • A vécu la fin de la période en mode "Augen zu und durch" : on ferme les yeux et on traverse.
    • une période très dense professionnellement, familialement… 
    • Plein de trucs passionnants, hein, mais… trop c'est trop ,-).. e<
    • t puis, aussi, hein, avec un bébé en route ! J'ai la joie de vous dire que le texte "officiel" du livre est enfin parti chez l'éditeur à Pâques. Ne manquent plus que… des choix cornéliens concernant la couverture (mais ça avance); les corrections à venir, la maquette.
Au four et au moulin (et à l'usine et aux champs et aux courses et aux…) : l'épuisement guette.

mardi 26 mars 2019

IEF ou école ? Le cas Bébounette 2019-2020

Après le suspens haletant autour de la question de l'école qui accueillera F. en septembre 2019, l'énigme de ouf autour d'une fameuse annonce bébéesque, voici un autre mystère d'éclairci : la question angoissante du mode d'instruction de la Bébounette pour l'année 2019-2020 : poursuivre en instruction en famille ou scolariser ?

Contrairement à ma vile tendance à vous infliger une moitié d'article haletante avant d'enfin cracher le morceau, je casse le mystère tout de suite : je crois que ça va être la fin de l’IEF pour elle aussi, en septembre.

Ca me rend très mélancolique, disons-le 
  • j’apprécie sa présence, 
  • à l’idée d’avoir une maison vide d’enfants pendant la journée (pour la première fois depuis 6 ans) je me sens toute bizarre, 
  • je reste convaincue qu’à un âge aussi jeune la possibilité de passer de loooongs moments à jouer, courir, lire, bref s’occuper librement est un trésor. 
  • Je déplore aussi qu’elle ne soit plus comme ça exposée 2 jours par semaine à autant d’allemand non stop -dont nous voyons en ce moment les effets !- en étant gardée toute la journée par une mamie au pair
  • J’apprécie aussi énormément la différence actuelle de rythme entre mes deux Bébous
    • je peux être avec elle pendant que F. est à l’école, et me consacrer plus à F. une fois qu’il est rentré. 
    • Idem, les mercredis matin, elle va aux activités du mercredi de l’école, et j’ai une matinée seule avec son frère. (je nuance toutefois : quand je dis que j’apprécie de cumuler IEF et école, ce n’est pas le cas sur tous les plans : par exemple, je suis frustrée que les horaires d’école de F. limitent énormément ma capacité à faire des sorties IEF avec E. Cette belle liberté que j’appréciais tant s’en trouve vraiment rognée)



mais

Avec ma reprise de travail, très clairement, je ne suis pas franchement (et de moins en moins) au RDV côté IEF :

  • Oh, certes, une partie de moi-même a essayé de me dire de me détendre, me susurrant qu’au fond, ce n’est pas bien grave, Charlotte Mason dit : rien de formel avant la 6ème année, machin. 
Oui, c’est chouette, cela me permet de prendre les choses avec un détachement relatif en ce moment. Mais ces temps-ci, quand même, la zébritude d’E. crève les yeux ; elle progresse à une vitesse phénoménale et j’ai la sensation très claire de la sous-nourrir. Clairement, elle serait preneuse de plus si je pouvais lui proposer plus, ce que je ne peux pas.

  • Je peux d’autant moins que, zébritude / progression-rapide-machin obligent : la Bébounette a plus ou moins atteint le niveau qu’avait son frère en fin d’IEF. 
Ce qui implique que, pour l’accompagner dans la suite de ses apprentissages, je ne vais plus pouvoir faire comme j’ai fait depuis septembre : me reposer sur « mes acquis », en déroulant pour E., avec tout juste quelques petites adaptations, les activités préparées à l’époque pour F. Non, il me faudrait explorer la suite, donc réinvestir du temps dans le travail de préparation.
  • Réinvestir du temps… que je n’ai pas, clairement : je suis partout, mais sûrement pas là.
  • Réinvestir du temps… et de l’intérêt ! Et c’est aussi là que le bât blesse. 
Oui, je suis une dame très occupée (très, très, au point que je vous dévoilais récemment mon secret pour tout faire). Mais comment se fait-il que, quand je me retrouve avec des choix à faire dans ma to-do list à rallonge, ces choix ne me conduisent jamais à faire un truc en rapport avec l’IEF ? 
Il est en temps de me l’avouer : je me retrouve à présent dans le même cas de figure que Maman’dala dans son billet chez moi en fin d’été dernier. En ce moment, mon intérêt personnel va beaucoup moins vers des questions de pédagogies / apprentissages et cie, que vers d’autres sujets. 
  • Ce n’était pas du tout le cas à Strasbourg, et je perçois vraiment la différence. A Strasbourg, j’étais à fond. 
  • Depuis, d’autres thématiques sont venus capter mon intérêt. Si bien que ledit intérêt ne va plus tellement à la prise en charge totale de l’instruction de mon enfant, aussi gratifiante soit-elle.
Car franchement, hein, avec E., je le soulignais déjà cet automne, c’est particulièrement gratifiant l’IEF, elle est tellement preneuse, les progrès sont immédiats, c’est chouette ! Mais même cela ne suffit pas.


Je me retrouve donc à me citer moi-même, dans le billet écrit il y a déjà fort longtemps, au démarrage de notre aventure IEF, quand je listais les raisons pour lesquelles nous prenions la décision de nous lancer dans cette aventure.
Parmi ces raisons, il y en avait deux en particulier
  • Nous voulions une instruction adaptée au rythme de l’enfant : ben, clairement, là, je ne suis plus capable de le suivre, ce rythme. Être instruite par moi ralentit E. C’est également une raison pour laquelle la scolariser en école « lambda » serait compliqué à mon sens : elle courrait le risque de s’ennuyer ferme
  • Nous voulions que nos enfants soient instruits par des personnes ayant vraiment envie de le faire. 
    • Tant que j’étais dans cette catégorie-là, l’IEF était le mode d’instruction présentant le plus de garanties à cet écart : 
      • 100% de chances d’un côté, : une Gwen à foooond ! 
      • une part d’inconnu de l’autre, puisque cela dépendait, justement, d’un(e) inconnu(e) et de son degré de motivation. 
    • Mais aujourd’hui où c’est mon degré de motivation à moi qui n’est pas au top, la probabilité qu’une autre personne remplisse mieux ce critère que moi est bien plus forte.

Incontestablement, ces deux points là sont très influencés par ma reprise de boulot / la création de ma micro-entreprise, et le fait que, bien qu'au départ j’aie créé cette micro-entreprise pour pouvoir bosser « un peu », et que mon objectif premier était que ce soit compatible avec l’IEF, à l’arrivée je bosse bien plus que « un peu », et cela nuit à l’IEF. 
Certes, une solution aurait pu être, maintenant que l’activité est lancée, de la réduire. J’aurais ainsi plus de temps, et puis du coup, ayant l’esprit moins occupé par ce pa- là de ma vie, je pourrais peut-être retrouver plus d’intérêt à la dimension IEF. Ou pas.

Mais là n’est pas la question, car plutôt que de réduire mon activité, il va plutôt s’agir, à la rentrée, de l’augmenter encore un peu. Les réflexions pro actuelles de Monsieur Bout le nécessitent : au vu des changements probables, la Gwen a besoin de 
1. générer du cash histoire de constituer des réserves financières 
2. Préparer une montée en puissance progressive.

Beaucoup de choses ont changé, depuis Strasbourg. Notre équilibre familial n’est plus le même, les envies et les besoins des membres de la famille ont évolué… Une page se tourne !


Pas complètement, cependant, car de ces années d'IEF il restera toujours un certain nombre de choses
  • la ferme envie de procéder ainsi pour un éventuel numéro 3 : entre une scolarisation à 3 ans et une à 4, je trouve que la différence est déjà très appréciable !
  • une bonne quantité de matériel Montessori : je vais revendre une partie de ce que j'avais acheté, mais conserver ce qui, de mon expérience, est sûr de resservir dans quelques années, si les vents nous sont favorables
  • une envie de m'impliquer, quand même, dans cette instruction, une sensibilisation aux différentes pédagogies, et l'habitude, pour les enfants, de partager cela avec moi. Même scolarisé, F. réclame toujours des moments dans notre salle de classe et même si je serai probablement amenée à réaménager un peu cet espace, je pense que de gros zestes de co-schooling demeureront
  • la ferme intention de se reposer la question, chaque année, pour chacun de nos enfants, du mode d'instruction le mieux adapté à ses besoins et à ceux des autres membres de la famille. Nos perspectives actuelles ne semblent pas laisser beaucoup de place à un retour à l'IEF dans les années prochaines, mais… depuis 3 ans 1/2 que ce blog existe, j'ai eu suffisamment d'occasions de constater qu'entre les perspectives que j'entrevois à un instant T et ce qui se passe véritablement à T+1, T+2, etc... il y a facilement un monde [soupir]. Laissons-nous surprendre...



La décision de la scolarisation de la Bébounette s’étant lentement dessinée en filigrane des derniers mois, s’est également posée la question du choix de l’école qui l’accueillerait.
  • Exit l’école publique du coin, à la fois pour des raisons éducatives, mais surtout au vu du « niveau » de la miss qui risquerait de s’ennuyer ferme dans une maternelle lambda. (par ailleurs, mon activité pro actuelle permettant de financer deux scolarités Montessori, cela facilite les choses. Il en aurait été autrement si nous n’avions vraiment pu qu’en financer une)
Restaient donc en lice
  • Ecole Montessori actuelle de F.
  • Future école Montessori de F.

J’ai pas mal hésité, évidemment sur le plan logistique il serait plus simple d’avoir les deux au même endroit. Cependant les deux écoles n’étant qu’à 10 minutes l’une de l’autre, le détour impliqué n’est pas non plus ingérable : un circuit triangulaire de 30 minutes, et zou je suis de retour chez moi.

Ce qui aura finalement fait peser la balance est l’aspect linguistique : E. ira dans l’école Montessori actuelle de F. afin d’y profiter de l’allemand. Ses progrès sur ce plan sont tellement énormes ces temps-ci que j’ai vraiment à cœur de continuer à surfer sur la vague. 
Nous ne savons pas encore si nous continuerons à fonctionner avec une mamie-au-pair l’an prochain (avec une implication réduite par rapport à cette année : environ 2 sorties d'école par semaine + le babysitting du soir en cas de sortie) : la décision dépendra de l’évolution de F. et notamment de la manière dont ça se passera avec notre prochain modèle, dont l’arrivée est attendue mi-mai, une fois notre G1 partie.

Si finalement nous décidons d’arrêter, au moins momentanément, le recours à ce système ô combien pratique pour la garde d’enfants + la transmission linguistique, ce ne sera pas sans regrets, alors autant minimiser autant que possible la perte sur le plan linguistique.


Autres facteurs qui ont joué dans la décision
  • Le prix : la future école de F. est sensiblement plus chère que l’actuelle
Mais surtout
  • La minimisation du risque : la future école de F. représente quand même un pari, nous ne savons pas précisément ce que nous y attend, alors que nous connaissons déjà l’actuelle, avec ses qualités et ses défauts. Si la future école de F. devait finalement nous décevoir (en écrivant cela je ne me contente pas de toucher du bois, non, je m’allonge de tout mon long sur la table de salle à manger – en bois), au moins le problème ne concernerait « que » un enfant.


Voilà donc deux décisions supplémentaires de prises. Même si parfois des regrets me viennent encore concernant la première, je suis tellement sous l’eau en ce moment que je n’ai aucun doute sur le fait que c’est la seule solution viable ; dans les circonstances actuelles en tous cas. La vie est longue et qui sait ce qu’elle nous réserve ?

Du coup, ça tombe bien, ça me laisse de l’espace de triturage de cerveau pour d’autres décisions.

mardi 1 janvier 2019

Point - progression en octobre-novembre-décembre 2018

Octobre, novembre et décembre ont filé à toute vitesse, personne n’a chômé.


Côté Bébou
Beaucoup de choses à signaler, favorisées par les péripéties scolaires que je vous racontais récemment.

Enormes développements autour du graphisme
  • Ça se voit sur le plan du dessin
un F. qui dessinait très peu et peu de choses jusqu’au mois de mai (non seulement je dois venir vous en parler mais, tenez-vous bien : le billet promis de longue date est écrit ! publication imminente) s’était mis à dessiner ensuite, mais ne dessinait en tout et pour tout que des maisons (avec volets et fenêtres, hein, fidèle à lui-même !)
Ces dernières semaines, nous avons vu ses dessins se complexifier et se diversifier au niveau des sujets.
A la fois sous l’influence de petits livres type pas à pas, décomposant la difficulté pour dessiner des véhicules, et, je le suppose, sous l’influence de l’école et notamment de la découverte du monde / botanique : les maisons se sont vu ajouter des jardins, ceux-ci plantés d’arbres, de vigne (ça c’est la nôtre) et de fleurs, et nous avons même, de temps en temps, des choses qui commencent sous la forme de « smiley » et finissent par ressembler fichtrement à des bonshommes.

  • Ça se voit sur le plan de l’écriture
Sur cette période, F. s'est mis à faire des efforts de plus en plus fréquents pour écrire quelques lettres, tout récemment il m’a demandé à écrire Maman, les lettres plastifiées sont de retour en force. C'était modeste au départ, F. se contentant de quelques lettres à la fois, mais… ça revient fréquemment. Et ça s'intensifie : il maîtrise à présent l'écriture de son prénom, par exemple, et le tague partout y compris... sur ses jouets. 
Il cherche également à composer d'autres mots et j'ai ainsi récemment retrouvé des papiers où le prénom de sa sœur était reconstitué en phonétique (4 syllabes, quand même !). 
Quant à l’écriture des chiffres, c’est plutôt pas mal non plus.

En parallèle, l’intérêt pour les lettres se voit aussi sur le plan de la lecture : F. avait fait de grands pas dans ce sens en mai-juin, et nous avions travaillé sur la série rose Montessori, puis il s’était refusé à continuer.
Très clairement, l’exemple des grands de sa classe contribue à refaire naître l’envie et c’est fréquemment qu’il cherche à reconnaître des lettres. D’ailleurs je me suis fait rappeler à l’ordre quand j’ai expliqué « oh regarde, F., là c’est une auto-école ; elle aussi, comme les taxis, elle a quelque chose sur le toit mais là c’est écrit auto-école »
 « meuh non pas du tout, y a un A au début, pas un O » 
(il a refusé de me croire quand j’ai expliqué que A+U faisaient O ; il m’avait crue plus volontiers quand, demandant comment s’écrivait le an de maman après avoir lui-même décomposé m-a-m, j’avais expliqué que c’était A + N.)
Juste avant les vacances encore, ayant attrapé un Tom-Tom et Nana dans une salle d’attente, il a volontiers déchiffré ces deux noms célèbres de nos enfances. En parallèle, les efforts de composition des mots s'intensifient, sur tous supports ! Bref, ça bouge, et c’est fort mignon !

Il est toujours très habile de ses mains, et cela s'est vu dans sa manière d'investir les travaux manuels proposés certains jours de notre calendrier de l'Avent.

Il chante aussi de plus en plus souvent, dans les 3 langues.


Passionné par les bougies, il a appris à les allumer, d'abord avec des allumettes (j'ai même fait un plateau dédié en salle de classe), puis il a profité des vacances de Noël chez les grands-parents pour apprendre à manier un briquet.



Par ailleurs je voulais aussi tracer un constat que j’ai partagé avec mes participants en atelier en mode message d’espoir : oui, F. est relou, souvent, oui, ce n’est pas tous les jours faciles et oui, en éducation il faut souvent répéter, répéter, et répéter, mais OUI, communiquer en mode Faber et Mazlish porte vraiment du fruit et responsabilise / autonomise vraiment nos enfants. 
Ces temps-ci, je le constate vraiment, malgré des comportements soboptimaux par ailleurs. Tellement souvent, maintenant, F. remarque tout seul son pyjama trainant par terre, ses chaussures pas rangées, son slip pas mis au sale. Et récemment encore, il a allègrement découpé tout le pourtour de son dessin, sous mes yeux, couvrant le sol de petits bouts de papier. Je n’ai rien dit (Maître Zen force 3), je l’ai laissé terminer, et… il a posé son dessin, regardé le sol, et tout ramassé.

Depuis quelques temps, du reste, il semble traverser une nouvelle période sensible de l'ordre : ranger sa chambre lui plaît, en vacances il tenait à plier son pyjama avant de le placer sous son oreiller…

On voit également que ça bouge côté mathématiques 
Ainsi, notamment, il a bien reculé la limite jusqu’à laquelle il peut compter (mais ça oscille entre 40 et 60 selon le degré de motivation), mais surtout, l’intérêt pour le mécanisme de l’addition est là !

Niveau comportemental / gestion des émotions, après la période très difficile de cet automne / nos déboires mamie-au-pairesques, les choses se calment peu à peu : moins d’explosions, moins fortes, et aussi moins d’agressivité envers sa sœur. (nota : j’ai écrit « moins ». Pas du tout « plus de… ») Cela fait plusieurs semaines que nous notons une amélioration constante sur ces plans-là et nous nous en réjouissons fortement !
Un développement qui se voit aussi sur le plan de son autonomie (cela a permis sa première soirée pyjama chez une petite copine), et l'a même poussé à revouloir tenter, de lui-même, une période sans couches-la-nuit.

N'oublions pas aussi une étape importante : le Bébou est en pleine varicelle !


La Bébounette…


… devrait enchaîner, niveau varicelle. J'attends l'apparition des premiers symptômes.

Grooos progrès en mathématiques 
Là où début octobre elle dénombrait plus ou moins jusqu’à 4, en ayant parfois encore du mal à reconnaître les chiffres correspondants, elle dénombre maintenant jusqu’à 8 ou 10 sans problème, voire, il me semble, un peu plus ces derniers jours… et reconnaît les chiffres jusqu’à 9 hormis justement le 6 et le 9 entre lesquels la confusion est plutôt la règle que l’exception.
Compter est d’ailleurs devenu une passion, et on ne lit aucun livre sans compter les fleurs, les oiseaux, les bonshommes, etc, présents sur les illustrations. Elle compte indifféremment dans les deux langues.
Par ailleurs l'intérêt de son frère pour les additions l'intrigue, et elle commence à additionner sur ses doigts (donc jusqu'à 10).

Enorme intérêt pour le graphisme et le dessin
Enorme intérêt un peu saoulant car celui-ci ne se contente pas de papier : jambes, mains, murs et meubles sont la cible de graffitis opiniâtres. Je fais nettoyer, mais c’est plus fort que la demoiselle. Deux motifs sont répétés en boucle : en dessin, les bonshommes sont produits à la chaîne. Et l’intérêt pour l’écriture se manifeste par des séries de e cursifs (comme dans « E. ! », maman), qui ont la particularité d’être tracés, sans exception, à l’envers : la tête en bas.

La plupart des lettres sont acquises, et de premiers efforts d'écriture spontanée ont été faits, mais de manière sporadique pour le moment.


Sur les créneaux de classe, nous avons également entamé la géographie. Là, hop, j’ai surfé sur la facilité qu’il y a, pour une maman IEF, à avoir un 2ème enfant : on a déjà fait une fois ! J’ai donc ressorti la progression Montessori utilisée il y a presque 2 ans pour F. . Les continents sont déjà en partie acquis, nous passerons ensuite aux océans.

Evolution importante : nous sortons de l’ère de la sieste. E. s’endormait de pluuuus en plus tard le soir (23h facilement) mais nous avions maintenu la sieste à la fois parce que ça m’arrangeait bien, et puis parce que sans, vraiment, elle devenait trop grognon à partir de 18h. 
Mais là, ces dernières semaines, il semble que nous soyions en train de passer le cap. Je maintiens un temps calme, mais sans fermer les volets, et elle ne s’y endort plus. Elle reste encore assez fatiguée sur la toute fin de journée, mais dans des proportions acceptables, et l’endormissement du soir se fait plus tot (alors qu’avant, même les jours où nous faisions sauter la sieste cela avait plutôt comme conséquence qu’elle était tellement fatiguée qu’elle ne trouvait pas le sommeil).

Nous voici donc avec deux enfants sans sieste (mais avec temps calme si pas d’autre chose de prévu). C’est étrange, après 5 ans ½ d’un fonctionnement différent….


Vous noterez en tous cas la convergence des centres d’intérêt actuels des deux Bébous. Du coup, il est assez marrant d’observer comment, autant les fameux « cahiers d’activité » ne rencontraient pas grand succès chez nous auparavant, autant tout ce que j’ai qui y ressemble, que ce soit dans mes stocks Usborne, ou offert par les grands-parents, est utilisé avec passion en ce moment.

Par ailleurs ils passent un temps fou à colorier et dessiner ensemble à leur petite table.

Quant à la Gwen, elle reviendra vers le bilan de cette première demi-année en tant qu’ « indépendante », mais disons qu’après la tourmente mamie au pairesque, elle s’apaise, essaie d’apaiser autour d’elle, et… ça fait du bien. Elle fait des choses qui lui plaisent (en majorité), s'éclate en ateliers, bref, y a pire, non ?
Avec des journées tout de même bien (trop) chargées, mais bon, on fait avec.