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lundi 1 juillet 2024

Le retour de l'Allemand, round 1 - Duolingo

Non seulement c'est le retour de l'Allemand (et là : vous imaginez un cowboy aux longs cheveux blonds filasses, se découpant dans le soleil couchant; aux pieds, des sandales avec des chaussettes remplacent les trop traditionnelles bottes poussiéreuses), mais c'est aussi le retour du blog ! Après quelques mois de folies, une ou quelques nouveautés dans ma vie me permettent de m'y recoller, probablement assez durablement de surcroît. Nouveauté(s) que je viendrai vous présenter en temps utile, car ça pourra vous inspirer, peut-être ...


L'Allemand, donc. Il n'est jamais vraiment parti, mais franchement, autant tout ce que nous avons fait pour transmettre leur langue grand-maternelle aux enfants a porté un max de fruits pour E., maintenant en section allemande d'une école internationale, autant F. avait fini par faire un rejet assez caractérisé, notamment à partir du moment où il est devenu manifeste qu'E. l'avait largement dépassé : il avait préféré lâcher l'affaire.

Nous avions fait de notre mieux, essayé notamment de profiter de sa période école à la maison en CE1 et CE2 pour booster d'une manière ou d'une autre (notamment avec des demis-journées régulières chez une ancienne baby-sitter autrichienne), mais succès quasi nul. 

Tant pis, nous ne souhaitions pas mettre trop de pression non plus ce qui aurait probablement braqué F. Nous avons donc laissé le sujet Allemand en sommeil et focalisé notre attention sur un retour réussi à l'école.

Et puis, quelques mois plus tard, durant les vacances de Noel et notre visite chez les parents de Monsieur Bout, j'ai eu la surprise d'entendre F. verbaliser 

"pfff, c'est nul, je parle pas allemand, j'aimerais bien savoir".

Là, devant un appel du pied pareil, le lâcher-prise n'était plus de mise. Je l'ai donc prestement rangé au placard et à la place j'ai sorti les grands moyens: à savoir, le recours aux écrans. Ca faisait longtemps que j'avais entendu parler de l'appli de langues Duolingo, très répandue dans les milieux IEF, mais je n'avais jamais sauté le pas, cherchant à garder le plus possible nos enfants loin des écrans. Foin de mes principes, là, j'ai décidé que tout était bon pour soutenir F. dans ce souhait.

Réussite sur toute la ligne.

Cela fait 18 mois (depuis début janvier 2023) que F. fait, quasiment tous les jours sauf exceptions (la plupart desdites exceptions étant dues à des absences à moi), a minima quelques minutes d'allemand sur Duolingo

  • c'est fait sur mon téléphone
  • c'est la plupart du temps fait le soir
  • c'est fait avec moi : c'est à dire que ça fait partie du précieux "petit moment" de F., au moment du coucher le soir, et que donc il ne fait pas ça loin de moi, mais collé à moi, en mode câlin - remplissage du réservoir d'amour. Combo gagnant apprentissage + affectif !
  • la séance est plus ou moins longue, selon la motivation du jeune homme, celle de sa mère, l'heure qu'il est et la force du vent (entre autres facteurs). Parfois juste 2 minutes, parfois jusqu'à une trentaine. L'été dernier notamment F. était au taquet car il y avait une espèce de compétition en ligne, et donc, c'était facilement une demi-heure, voire 1 petite séance en plus à un autre moment de la journée.

Ce n'est pas avec Duolingo qu'on va devenir bilingue. Les phrases sont basiques, le rythme de progression lent (heureusement, ça permet à F. 1. d'être fier de lui 2. de consolider ses acquis car ses debuts d'anglais à l'école confirment que les langues ne sont pas un domaine dans lequel il a beaucoup d'aisance.)

Mais il est incontestable que c'est 
  • bigrement ludique : la gamification joue à plein, on gagne des gemmes, on fait des quêtes, on ... et ça F. y est très sensible, les chiens ne font pas des chats ! (et encore, justement, je ne vous ai pas encore raconté ma dernière découverte en date sur ce plan huhuhu)
  • très incitatif : c'est mignon, ça donne envie de continuer, il y a le souhait de garder sa "série" (nombre de jours sans interruption), il y a des petits personnages trognons notamment un dans lequel F. a tout de suite reconnu son petit frère et donc il jubile à chaque fois que c'est celui-ci qui l'applaudit à la fin d'un exercice. C'est F. qui réclame sa séance,  pas moi qui pousse !
  • et surtout bigrement efficace. F. a d'abord fait des progrès sur l'appli, et peu à peu mémorisé pas mal de choses. Et surtout, point capital, les progrès constatés sur l'appli se sont effectivement vus hors appli : il a été plus facile pour lui de parler à ses arrières-grands parents lors de notre habituelle semaine à Berlin durant les vacances d'été par exemple. La construction de petites phrases notamment a été un progrès visible : là où F. préférait la plupart du temps communiquer par mots ou, au mieux, groupes de mots, il s'est mis à oser faire des phrases complètes.
Pour info, nous avons fini par prendre la version payante de l'appli, mais nous avions fait les 6 premiers mois avec la version gratuite et ça aurait tout à fait suffi. (aveu : j'ai profité de leur "semaine de test de la version payante offerte" et pis, hein, ben j'ai oublié de résilier à la fin de la semaine; et je me suis dit que vu l'utilité que nous trouvions à l'application - et la gratitude que je leur voue pour leur efficacité - j'étais OK pour leur filer quelques euros)
  • La version payante permet d'avoir accès à toute une série d'entraînements personnalisés et de faire des séances aussi longues que l'on veut malgré les erreurs 
  • dans la version gratuite, les erreurs font perdre des vies (qu'on récupère à raison d'1 toutes les 20 ou 30 minutes, je ne sais plus); 
  • d'un autre côté avoir cette petite pression du nombre de vies était aussi un aiguillon intéressant pour F., donc franchement, les avantages des 2 s'équilibrent assez bien.
(en revanche je crois qu'il faut la version payante pour pouvoir cumuler l'apprentissage de plusieurs langues... mais je n'en suis pas sûre !)

Bref, de réels progrès, et je me suis amplement applaudie d'avoir sauté le pas !
D'autant que ça a préparé le terrain pour une 2ème étape Germanisante, comme le sous-entend le titre de ce billet.
Je reviens vous en parler prestement hihihi. 
(oui, ces billets visent avant tout à m'autocongratuler de mon génie - parce que sur cette 2ème étape, je me suis encore plus applaudie bien fort de ma rouerie sans nom, mon ingéniosité sans bornes, ainsi que  ma finesse de spaghetti)

Bien à vous,

Gwen-la-Stratège


mercredi 6 septembre 2023

7 rentrées

Et de 1 ! = c'est la rentrée sur le blog. Après un loooong silence. 

Eh bien oui. Cet hiver, j'ai voulu vous écrire quelque chose d'important, mais la charge émotionnelle liée à l'évènement déclencheur m'a empêchée de le faire tout de suite, et ensuite, eh ben, ça passait pas, ça voulait pas passer. D'autant que j'étais bien occupée par ailleurs. Je vous l'écrirai un jour, et dans tous les cas, je reprends du service bloguesque. Nanmaisoh!

Rentrée numéro 2 : première rentrée du dernier Bébou. H. se retrouve ainsi à être le premier de mes enfants à être scolarisé dès l'âge de 3 ans. Ca n'a pas été facile à accepter pour moi : j'ai beaucoup aimé pouvoir offrir une (pour E.) ou deux (pour F.) années supplémentaires à la maison à mes enfants, et je comptais fermement faire de même avec H., bien déterminée à ne pas me laisser freiner par les nouveaux tracas administratifs liés aux changements légaux sur ce point. 

Si ce n'est que Monsieur Bout n'était pas du tout motivé pour reprendre du service en Instruction En Famille. 

  • Le comment faire était flou à ses yeux (et je n'ai pas assez pris le temps pour retracer pour lui le chemin que j'avais suivi pour nos aînés = formaliser le mode d'emploi), 
  • et il avait très envie de davantage de temps pour lui. 
Du coup, de nouveau, les principes de discernement qui avaient éclairé nos choix précédents ont servi, bien malgré moi je vous l'avoue : l'IEF c'est une bonne idée si le parent concerné en a envie. Et là... ben non.

L'école Montessori qui avait accueilli E. avec succès ayant fermé depuis pour des soucis de bail, nous avons heureusement pu compter sur une nouvelle possibilité : une école Montessori qui a ouvert entre temps et repris une partie du personnel de l'ancienne. Ca nous sécurise ! Seul bémol : pas d'allemand dans cette école, contrairement à l'ancienne.

H. y a donc fait sa rentrée, avec énormément d'aisance. Lui n'a pas versé une larme. Je ne peux pas en dire autant.

Rentrée numéro 3 : E., toujours au même endroit, en CM1, et avec bonheur

Rentrée numéro 4 : F. Sa rescolarisation de l'an dernier ayant été un franc succès, il attendait sa nouvelle rentrée avec hâte. Lui (et nous, du coup) a rapidement dépassé les premières déceptions (zut, dans une classe double niveau; zut, pas avec ses copains), pour considérer dès la fin de sa journée que sa rentrée était "hyper méga bien". J'avoue que ça rassure. Nous sommes ravis que son CM1 se soit bien passé, qu'aucune de nos multiiiiiples craintes accompagnant sa resco ne se soit concrétisée, et sommes vigilants à lui offrir un CM2 le rendant bien solide pour affronter la rentrée en 6ème l'année prochaine (de l'inquiétude à ce niveau chez les parents ? Noooon, ou si peu...)

Rentrée numéro 5 : Monsieur Bout. Il poursuit à peu près sur sa lancée de l'an dernier. Si ce n'est qu'en fait, hein, il y a encore du suspense : le plan avant les vacances était de mettre un de ses deux Diplômes Universitaires en pause pour se dégager du temps pour autre chose, mais depuis 3 jours il hésite, donc je ne sais pas encore trop à quelle sauce il va décider de se manger lui-même. Il rajoute un engagement associatif, et sinon, fait sa rentrée de Papa au foyer, rangement de fond en comble de la maison (merci à lui !) et étiquetage des fournitures de toute la smala compris.

Rentrée numéro 6 : la mienne. J'avais

  • pris de longues vacances (5 semaines et demie. C'est bon ça) et réussi à ne pas travailler pendant. Yeah
  • programmé une reprise pas trop intensive. Bon, elle s'est remplie au dernier moment, mais pas trop quand même
  • cette reprise a vu une première : la dernière semaine des vacances scolaires = ma semaine de reprise, pour la première fois depuis que nous sommes parents, nous avons été seuls à la maison sans enfants. (jusqu'à présent, quand nous avons été sans enfants, ça a toujours été pour partir de notre côté). Eh ben... c'est un concept hyper intéressant. Je vous laisse imaginer toutes les choses croustillantes que cela nous a permis de faire (Spoiler : ranger les vêtements des enfants de fond en comble en fait partie; y compris écarter enfin les vêtements trois tailles trop petits)


La reprise s'est bien passée, je repars sur des perspectives bien sympa, avec une activité qui va probablement tourner à 70-75% de coaching, dont une majorité de dirigeants, et 25-30% de formation. Miam !


Rentrée numéro 7: ben, qui ?

Ma plus jeune sœur, celle qui m'a filé tant de coups de main précieux, par exemple lors d'un fameux naufrage-mamie-au-pair.

Ayant réussi l'agrég cet été (bravooooo ! ouiiiiiii ! hystériiiiiie dans les chaumières !), elle a fait sa rentrée de professeur stagiaire ... dans un lycée proche de chez nous ! Du coup, nous allons la voir souvent. Et j'ai passé mon dimanche après-midi à l'initier à la construction de budget, à l'aide de mon fidèle fichier Excel

Trèèèès instructif : ça m'a permis de constater de première main à quel point, avec les salaires mirobolaaaants offerts par notre Education Nationale, équilibrer un budget, c'est du sport ! Surtout en IDF. Moyennant quoi ma sœurette a non seulement pu développer des compétences en constitution de budget, mais, immédiatement ensuite, passer avec succès le module complémentaire "coupes budgétaires". 

Après tout, quelle importance cela a-t-il que nos jeunes professeurs aient à arbitrer entre 

  • un esprit sain (séances de psy), 
  • un corps sain (la pratique d'un sport) 
  • et des relations saines (billets de train pour aller voir la famille) ?
Des pâtes à tous les repas, un café en salle des profs, un forfait navigo, et un toit sur la tête, c'est bien suffisant, non ?

Nonobstant cela, nous suivons cette rentrée avec beaucoup d'intérêt.


A bientôt...



vendredi 2 septembre 2022

Rentrées !

 Avec ce titre, je décroche l'Oscar de l'originalité.

c'est la rentrée scolaire, et cette année, pas de non-rentrée

  • E. rentre en CE2 après, suite à saut de classe, une super première année de CE1 en classe internationale allemand dans une adorable école publique. 
  • Et... F aussi la rejoint dans cette école (sans l'option internationale car il n'en a malheureusement pas démontré le niveau) ! Fin de l'IEF pour lui : après 2 ans, il a manifesté le souhait de retourner à l'école, a démontré de multiples manières qu'il était prêt, et... cela tombait fort bien, car Monsieur Bout commençait à fatiguer. C'est donc dans un accord parfait que le process de rescolarisation en CM1 a été engagé (à la grande surprise de l'inspectrice auprès de laquelle le contrôle a eu lieu en mai, et qui avait terminé par un "bon, et du coup, vous continuez l'année prochaine, on se reverra ?" et ne s'attendait pas à entendre une réponse négative), et F. a attendu avec impatience la fin de l'été. Il était prêt plus d'un quart d'heure avant l'horaire du départ jeudi matin et m'a sauté dessus au retour du boulot : "c'était trop bieeeen !". (j'avoue sans peine avoir ressenti un sentiment d'intense soulagement face au grand sourire de mon fiston.)

Pâtisserie post 1ere sortie d'école 

lundi 13 septembre 2021

Non-Rentrée (des) classes, saut de classe, classements...


 Allez, c'est la rentrée partout, y compris sur le blog !


Alors, en attendant que je vienne vous raconter des tas de choses passionnantes, un petit aperçu de la manière dont l'année s'amorce


  • F. continue en IEF avec son père (CE2)
Il a bien progressé à la maison tout au long de son année de CE1, a notamment formidablement récupéré côté mathématiques, qui sont de nouveau sa matière forte là où il avait perdu toute confiance en lui. Sur le plan social et émotionnel, il a beaucoup mûri. 

Une 2ème année à la maison nous a donc semblé intéressante afin de permettre de stabiliser tout cela. Ce qui nous laisse quelques mois pour réfléchir à la meilleure solution si nous décidons effectivement de le rescolariser pour son CM1.


  • E. a terminé son école Montessori 3-6 et les interrogations concernant la meilleure solution pour elle nous ont pas mal occupés cet hiver. 
Nous avons longuement réfléchi aux différentes options pour elle, avec trois grands aspects en tête 

  1. dimension non négligeable de nos moyens financiers : avec juste moi qui fais bouillir la marmite, continuer à payer du hors-contrat / Montessori n'est pas chose facile à envisager. 
  2. souhait très fort de lui permettre de continuer à progresser en allemand : elle a fait d'énormes progrès et atteint un niveau appréciable, et même si dans le même temps elle a aussi énormément développé ses compétences en anglais, nous priorisons l'allemand sur l'anglais. (or, par exemple, l'école Montessori dans laquelle F. a fait son CP est "juste" français-anglais).
  3. grosse hésitation entre, d'une part, le constat qu'il fallait impérativement stimuler E. bicoz en bonne petite zébrette elle prenait trèèèès clairement l'habitude de la facilité, ce qui se traduisait par une attitude d'évitement systématique de l'effort ; et le souci de ne pas non plus la faire sortir du lot, voire éviter de la mettre en difficulté non plus.

Les 2 premiers points nous ont amenés à nous pencher sur la section allemande du Lycée international qui est à 15 minutes de chez nous. Du public donc gratuit (ou presque; bonjour les frais annexes !), et de l'allemand à hauteur de 2 demi-journées par semaine consacrées à faire le programme habituel d'allemand d'un écolier allemand (le programme français est concentré sur les 3 autres jours). Le tout au sein d'une structure à l'excellente réputation concernant le rapport à l'enfant.

Le 3ème point nous a incités à envisager le saut de classe mais sans trop savoir si c'était la bonne solution. Monsieur Bout en particulier était plein d'inquiétudes et de doutes à ce sujet, alors j'ai tout bonnement proposé que nous prenions RDV avec les éducatrices d'E. histoire d'avoir leur avis sur la question. Inspiration divine, puisque l'avis a eu le mérite d'être clair, et même plutôt catégorique ; "il ne faut surtout pas qu'E. fasse de CP" répété en boucle sous diverses formes tout au long de l'entretien. 

Donc nous avons sollicité une entrée directe en CE1. Qui nous a été refusée opiniâtrement jusqu'à ce que je mentionne que c'était l'éducatrice d'E. qui l'estimait nécessaire. Le directeur connaissant ladite éducatrice, en une phrase nous sommes passés de "Non non et nooooon" à "Ah bah ok pas de problème alors". Je me suis sentie comme une nana prête à enfoncer une porte qu'on lui ouvre soudain toute grande. Un test de niveau en allemand plus tard et hop, on nous a confirmé que c'était ok, avec juste un point d'alerte sur ses capacités d'écriture. (4 mois plus tard, il n'y a plus d'inquiétudes à avoir. E. écrit fichtrement bien)

E. a donc fait sa rentrée en CE1 et elle comme nous en sommes ravis. (seul hic pour moi : la masse de devoirs qu'elle ramène; heureusement qu'elle est rapide. Et doublement heureusement que c'est Monsieur Bout qui gère cet aspect). Elle semble bien s'ajuster au fonctionnement différent d'un environnement Montessori, et l'intégration en classe se passe bien.


  • H. repart sur un temps de garde réparti entre son père, 2j par semaine avec une ass mat au top, et les mercredis avec moi (mercredi étant le "jour off" de Monsieur Bout).

Il se développe vitesse grand V et nous épate notamment par sa motricité fine. Il est rentré de vacances en ne sachant plus faire de nuits complètes ni s'endormir seul (après tant d'efforts pour l'accompagner sur ce chemiiiin). Heureusement, nous avons pu mettre à profit la fin du mois d'août pour l'aider à retrouver des habitudes plus saines pour tout le monde, et je vous avoue que je kiffe doublement les moments de coucher maintenant : pouvoir le poser tranquillement, lui faire des sourires et des câlins, et s'éclipser ensuite dans la joie et la bonne humeur, ça s'apprécie d'autant plus ! (une petite voix en moi me susurre que je ne serai pas pressée de le mettre dans un lit "de grand" ; après tout le mal qu'on a eu à le faire dormir, j'ai pas hâte de remettre ce calme en question. On verra... quand il aura 8-10 ans peut-être ?). Maintenant que cet aspect est réglé, le prochain chantier est : tests de réintroduction du lait animal. Ca promet.


Mais cette rentrée s'est aussi faite dans un cadre légèrement différent.

Nos vacances nous ont donné l'occasion, à Monsieur Bout et moi, d'un double constat :

  • cela va faire 4 ans que nous sommes dans notre maison actuelle ! C'est-à-dire qu'en fait c'est l'endroit où nous avons habité le plus longtemps depuis notre mariage. Bigre. Si nous étions restés sur le même rythme que ce que nous avons connu depuis le départ, nous aurions déjà déménagé. Ca ne nous manque pas, quoique....
  • Quoique justement, notre maison nous énervait un peu, et en particulier moi. Ayant passé une année sur les chapeaux de roue, le rangement n'a pas été ma priorité, et du bazar s'est accumulé un peu partout. Bref, je ne me sentais pas super bien dans ladite maison, qui ne s'était pas vraiment adaptée, ni à nos changements de rythme pro, ni à l'arrivée d'un nouveau petit résident. Nous avons évoqué la possibilité de pousser les murs d'entreprendre des travaux mais cela nous a semblé assez peu prudent. Nous avons donc passé une partie des km des trajets du retour à réfléchir à comment faire au mieux avec ce que nous avions.

Moralité, à défaut d'un réel déménagement, nous avons tout de même joué aux déménageurs et profité de nos derniers jours avant la reprise pour ranger et réaménager la maison de fond en combles. Nous l'avons secouée, bougé des meubles, bazardé certains, investi dans d'autres, évacué des sacs et des sacs de machins et de choses, et qu'est ce que ça fait du bien ! Ce désencombrement musclé a apporté une bouffée d'air phénoménale. 

Nos discussions de trajet nous ayant aussi permis de prendre du recul sur l'utilisation des différentes pièces dans une optique d'optimisation de l'espace, nous avons notamment 

  • admis que mon mode de travail actuel nécessite un endroit adapté, et procédé enfin à l'aménagement d'un coin bureau rien que pour moi
  • recentralisé toutes les affaires de H., et H., dans un seul et même endroit.

Cette aventure m'a permis d'apprécier la force de frappe phénoménale de Monsieur Bout sur ce plan; il a réalisé au bas mot les 2/3 du travail (aussi bien de réflexion que de rangement / déménagement), et c'est venu encore alléger ma charge mentale en me montrant que je ne suis plus la personne sur qui doit reposer la responsabilité du désencombrement.

Pour le moment, je suis encore surprise à chaque fois que je franchis la porte de notre maison, le salon étant une des pièces qui a le plus bénéficié de nos efforts; mon cerveau, pas encore habitué à la nouvelle disposition, marque à chaque fois un bref temps d'arrêt (où suis-je ?) avant de réajuster ses repères.


En ce qui me concerne, ma rentrée boulotesque s'est merveilleusement bien passée, et je compte bien être un peu plus présente sur le blog cette année. Pour les semaines à venir, je vous promets un article publicitaire (si si) sur un jouet trop cool, je vous parlerai bouffe, aussi, éducation, toujours, et puis, ... ben on verra bien !

Photo de la partie berlinoise de nos vacances et qui n'a pas grand chose à voir avec le schmilblick hormis montrer que nos enfants sont en de bonnes main. ou pas !


mercredi 7 octobre 2020

Courrier du cœur

Ce lundi, j'ai bossé de la maison, comme encore assez souvent pour le moment.

Bossé, c'est vite dit. J'ai fait quelques petites choses absolument indispensables, j'ai clôturé les comptes du mois de septembre (sur un déficit abyssal. Vous ai-je dit que je n'ai toujours pas perçu un centime de mon congé maternité ? Le déroulement des démarches et échanges avec la CPAM me rappellent mes démêlés d'il y a 4 ans avec la CAF), puis j'ai fini par admettre que me mettre au boulot allait être compliqué.

Alors à la place, j'ai écrit à notre députée au sujet des annonces Macron concernant le projet d'interdiction de l'Instruction en Famille

Je ne sais pas si ça servira à grand chose, d'autant qu'elle est LREM, mais même les députés LREM ont besoin de réaliser que la loi qu'on va leur demander de voter pose un problème qui dépasse de loin le microcosme de quelques doux illuminés, et que les arguments avancés pour la défendre ne reflètent en rien la réalité. 

J'ai été inspirée, c'est sorti très vite, tout seul. C'est sorti du cœur ... Alors j'ai ensuite copié-collé, avec quelques modifications, à destination de 2 sénateurs LR. Et enfin, j'ai pu me mettre au boulot.

Je précise que

  1. Est ce que ça sert, on ne sait pas, mais en tous cas hors de question que chaque élu ne soit pas interpelé sur le sujet
  2. J'ai cherché à donner un témoignage personnel à même de venir contrer les clichés sur l'IEF, ou, en tous cas, montrer que la réalité de l'IEF est bien plus riche et ne saurait se résumer à un type de familles, et peut être pratiqué par des gens que les destinataires de mes courriers, avec tous leurs éventuels préjugés, pourraient considérer comme "normaux". Non que je ne cautionne leurs préjugés (qu'est ce que la normalité ? être "parfaitement" intégré dans la société, est-ce signe/gage de santé mentale ? JOKER^^); mais là, je vais à l'utile, ce qui m'importe c'est que cette loi ne puisse pas passer, point.
  3. Si on envoie une lettre, celle-ci a intérêt à être personnalisée : on peut s'inspirer de ce qu'ont écrit d'autres, mais les copiés collés sont assimilés à des pétitions. Pour la pétition officielle, derrière laquelle se regroupent les principaux acteurs de l'IEF, c'est par ici !
  4. L'objet de mes courriers a été "Demande de RDV", car c'est ce que je veux, un RDV, afin de pouvoir approfondir les échanges
  5. Je n'ai pas forcément cherché à respecter toutes les formulations protocolaires. Plus j'avance et moins je suis à l'aise avec certaines conventions sur le sujet. Je suis une personne et je m'adresse à une autre personne, qui se trouve avoir le mandat de me représenter. (je crois que là-dedans, transparaît aussi tout ce que je suis en train d'ingurgiter, pour ma formation, autour de l'Analyse Transactionnelle. Relation Adulte - Adulte, toussa...)

 

Bonjour Madame

Suite aux annonces du Président de la République concernant son intention de mettre fin au droit à l'instruction en famille, je souhaiterais en discuter avec vous. 

En effet les arguments avancés témoignent d'une méconnaissance terrible de ce qu'est l'instruction en famille, des familles qui la pratiquent et des raisons pour lesquelles elles font ce choix.


Chez nous c'est mon mari qui gère l'instruction de notre fils aîné, 7 ans. Celui-ci a beaucoup de mal à gérer les interactions en groupe. Retarder sa scolarisation (il est allé à l'école à 5 ans) lui a permis de mieux gérer la transition. Il a lui même demandé à revenir en instruction en famille au bout de 2 ans d'école. J'avoue que je suis tombée de ma chaise car ça ne cadrait absolument pas avec mes projets et l'organisation personnelle et professionnelle que nous avions mise en place.

Mais, peu à l'aise en groupe, devoir gérer ces interactions 4 jours par semaine est source d'énorme stress pour notre fils, cela lui coûte émotionnellement et le rend indisponible aux apprentissages. En étant instruit à la maison, il se solidifie émotionnellement et peut progresser au niveau social en ayant des interactions plus individuelles d'une part, et en étant confronté au groupe de manière régulière (activités extra scolaires) mais à une dose "digérable" pour lui d'autre part.

Bref, pas grand chose à voir avec un quelconque radicalisme religieux, mais tout à voir avec le souhait de répondre à des besoins individuels en respectant la différence. D'ailleurs aucun des terroristes français n'est issu d'une famille ayant pratiqué l'ief. Ils sortent tous de l'école de la République et pourtant personne ne songerait à interdire celle-ci au motif qu'elle serait le terreau du terrorisme.


Je serai ravie de pouvoir en discuter davantage avec vous afin que vous puissiez être en mesure de réaliser à quel point le droit a l'instruction en famille est une richesse pour la République et n'ote rien a l'école mais au contraire la renforce en lui permettant de mieux accueillir ceux qu'elle a en son sein

Vous êtes députée, vous avez ce pouvoir et cette responsabilité de dire haut et fort votre opposition à ce projet de loi afin de permettre à des enfants de grandir dans un environnement qui les protège et réponde à leurs besoins.

Merci par avance de votre réponse, et des actions que vous pourrez entreprendre pour faire bénéficier vos collègues d'informations fiables sur la réalité de l'instruction en famille.


Bien à vous




mardi 15 septembre 2020

Rentrées en pagaille chez la famille Bout

Qui veut de la rentrée ? Elle est beelllle ma rentrée !! Y en a pour tous les goûts, n'hésitez plus !

  • 1. E. a fait sa rentrée 
dans la même école et la même classe Montessori que l'an dernier. 
Quelques petits changements quand même puisque notamment elle n'y a pas retrouvé sa cousine du même âge, déménagée à l'autre bout du globe (SNIF. Ayez des sœurs globe-trotters...), mais une E. toute heureuse tout de même, et dont le retour en classe se caractérise instantanément par la réapparition de petites comptines en anglais chantonnées dans son bain. Et des couchers plus tôt, la fatigue de journées bien remplies aidant. 
Une petite fille à sa place.

Le rythme "école à la maison" se prend, il apprécie le temps passé avec son père, rouspète aussi bien sûr (on n'est pas au pays des Bisounours), et profite du fait que je suis encore beaucoup à la maison pour savourer quelques instants avec son honorable mère durant les moments de pause. 
Il est bien évidemment encore tôt pour tirer un bilan, mais, franchement, le jeune homme aussi semble être à sa place.

  • 3. H. aussi a fait sa rentrée ! 
Il m'a accompagnée pour le déplacement à Strasbourg qui a constitué mon premier jour officiel de travail (animation de formation), en profitant de ce que son parrain y habite

Boubinours malheureux comme les pierres chez son parrain pendant que Maman bosse à la mine - ZOLA, le retour

Et ensuite, il a commencé l'adaptation chez la chouette ass mat qui l'accueillera 1 à 2 jours par semaine en fonction des besoins de Monsieur Bout, cette année. 
Le choix de l'ass mat en question a été uuuultra difficile : c'est tout simplement celle qui s'est occupée des enfants de Claire, illustratrice des 200 moments de parentalité positive, et dont le déménagement a laissé un grand vide dans mon cœur … mais également des places vacantes chez ladite nounou, niark niark (qui se trouve, pour ne rien gâter, à exactement 2 minutes à pied de chez moi. Dur dur). 
Cette nounou est top, elle est ravie d'avoir un bébé allaité et couche-lavablé à gérer, bref, je me retrouve dans la position enviable de la nana qui, quand elle fait garder son fiston, peut le faire en chantonnant. H. y est à sa place, très souvent dans mon Mei-Tai (dont elle s'est emparée avec enthousiasme) et/ou en train de faire des sourires.

  • 4. Du coup, celui qui a fait son grand retour  / sa rentrée également, c'est le tire-lait. 
J'ai repris le même modèle que du temps d'E., et la lactation va toujours aussi bien, donc le tiroir du congél dédié à ma production se remplit. Bon, hein, y a toujours plus glamour, mais ça fait le job. 
Sachant que je monte d'un cran encore en niveau de complexité : 
    • Bébou 1 = salariée ayant son bureau à elle, pratique pour tirer, 
    • Bébou 2 : salariée en open space, squattant des salles de réunion pour tirer, 
    • Bébou 3 : indépendante ne bossant jamais au même endroit, à l'affût d'un endroit et d'un moment pour tirer (rha que je bénis la fonction "batterie" de cette machine !!). Avec toutefois l'avantage d'avoir, en tous cas pour le moment, une part non négligeable de jours de travail from home, ce qui allège quand même la charge. 
Bref, un tire-lait à sa place, pas loin de ma sacoche d'ordinateur.

  • 5. Monsieur Bout a fait sa rentrée de papa au foyer IEFeur
Je vous promets (les promesses n'engagent que ceux qui y croient) un billet sur les supports et l'organisation qu'il a choisis pour cette année d'IEF avec F. (je prévois de l'interviewer, un peu sur le modèle de ce que j'avais fait en bilan de nos ateliers Faber et Mazlish). J'avoue que je ne suis pas au courant de tout, puisqu'un effort que j'ai du faire, MOAH, c'est que puisque ce n'est pas moi qui fais IEF, ce n'est pas moi qui détermine comment l'IEF est faite. Ha. Ouais c'est pas facile. 
En tous cas, ce que je peux vous dire, c'est que cet été au moment du choix desdits supports on aurait dit que Monsieur Bout faisait sa liste au Père Noël, il était tout fou content (sur le plan financier, même effet qu'une liste au père Noël aussi.). 
Il a un peu craint de ne pas trouver de rythme, entre la gestion de la maison, du Boubinours, de l'IEF, et du point suivant, si bien que nous avons du réviser aussi certains aspects d'organisation (ce qui s'est fait après pas mal de grincements de part et d'autre dans l'amour, le dialogue et l'harmonie la plus totale - qui a dit "ou pas ?")... mais chacun trouve sa place.

  • 6. Monsieur Bout a également fait une autre rentrée : sa rentrée étudiante ! 
Le principe de cette année étant qu'il démarre une licence à distance. 
Il a donc fièrement reçu sa carte étudiante, est ravi de savoir qu'il aurait théoriquement le droit de profiter de la gastronomie du CROUS, et profite des créneaux que nous lui avons ménagés dans la semaine pour avancer. Il est juste ravi de son statut d'étudiant.

  1. 7. J'ai fait ma rentrée professionnelle officielle 
(après plusieurs semaines à bosser dans l'ombre pour la préparer... merci le statut d'indépendante qui fait que le boulot ne m'attend pas tout prêt au retour d'un congé maternité, et merci le COVID qui fait que les missions alignées pour mon retour avant mon congé maternité ont toutes disparu), et ... franchement, ben, c'est cool, parce que 
1. J'aime ce que je fais
2. J'adore ce que je fais, en fait
3. Bosser avec un conjoint qui gère le quotidien c'est juuuuste le pied. Petit clin d'œil à celles de mes lectrices qui assurent à la maison pendant que Monsieur ramène le fric : je ne sais pas si il réalise la chance qu'il a, et la différence que ça fait en termes de sérénité, mais moi, hein, je vous le dis : je le réalise, et je l'apprécie doublement, c'est ENORME.
Bref, je suis bien à ma place hors de la maison parce que je sais que la place à la maison est bien occupée.

avec le lancement d'un cycle Parler pour que les enfants écoutent, un cycle Frères et Sœurs sans rivalité (qui s'adressera en priorité aux anciens de mes groupes "Parler pour que", donc je me réjouis doublement puisque ce sera l'occasion de reprendre une relation passionnée et passionnelle avec eux), et pour faire bon poids, je rajouterai une ou deux soirées piqûre de rappel, notamment à destination de ceux des anciens qui ne participeront pas au cycle Frères et Sœurs .
Restent à vérifier un peu les aspects sanitaires, j'avoue qu'à l'idée d'animer des machins avec masques je suis un peu chagrine, car les animations de conf / formations que j'ai pu faire avec masque ces dernières semaines,... ben, c'est horrible de parler à plein de gens sans voir leurs expressions.
Une rentrée pas évidente à organiser, surtout, car dur de leur trouver des places dans mon agenda ! Le plus raisonnable serait évidemment de ne pas en tenir, mais... qui a prétendu que j'étais raisonnable ??

  • 9. Rentrée et retour dans les transports en commun, du coup, 
dans lesquels je n'avais pas mis les pieds depuis 6 mois. 
Vous m'croyez, vous m'croyez pas, ça, ça ne m'avait pas manqué. En revanche, pour le moment, les trajets et horaires dont j'ai eu besoin ne m'ont pas posé de problème de place, c'est toujours ça. (Mais LES PUBS ! Je réalise que je ne supporte plus les messages subliminaux qu'elles envoient. Bref. C'est pas le sujet. Mais quand même. Grumpf).

  • 10. Héhé, celui qui avec tout ça a fait sa grande rentrée, c'est... mon Bullet Journal !! 
Lui qui avait été délaissé pendant de longs mois a fait son grand retour, il est de retour, en fanfare ! 
Ce machin m'est juste indispensable pour gérer de front, et encore une fois, encore une fois, encoooore une fois, j'aaaaaime son effet "aide à la concentration / "aide à l'action" et "délestage de cerveau". D'ailleurs j'y ai inauguré une nouvelle catégorie intitulée "Vide cerveau - to do list de septembre": à chaque fois qu'un "il faut que" me traverse l'esprit, je le dépose là, charge de venir y piocher ultérieurement.
Le Bullet Journal a repris donc toute sa place, en permanence à moins d'1m de la Gwen. Je le remplis le soir pour le lendemain, le complète au fur et à mesure de la journée, et je l'aime.

10 rentrées achetées, une offerte !
De manière imprévue, je m'en suis rajouté une en last minute, ayant sans doute trop de temps et trop d'argent à disposition

  • 11. J'ai repris une formation !
Une formation au coaching professionnel en entreprise : de plus en plus, mes fonctions m'amènent à en faire, mais je me voilais un peu la face sur ce point. 
Et puis, pouf, un dîner, quelqu'un qui vient appuyer pile poil là ça fait mal, et en quelques heures, des pièces de puzzle qui s'assemblent et m'amènent à admettre que, si, je ressens le besoin d'approfondir cet aspect, pour avoir une approche plus systématique et plus solide, et développer ce domaine, et que le moment, c'est maintenant. 
J'ai commencé la semaine dernière (22 jours dans l'année, répartis sur 11 lots de vendredi-samedi... sans compter bien entendu 2 coachings complets à avoir terminé d'ici la fin de l'année, un mémoire à écrire plus pas mal de travail perso annexe dont une coquette bibliographie à digérer. Doigts dans le nez !), je dégouline d'enthousiasme. J'ai pris la décision en 8 jours, mais une chose est sûre : OUI, j'y suis à ma place !!


Moralité : globalement, tout est à sa place, tout trouve sa place, même... les trucs dans notre maison !! Si ! Je vous assure ! Car le truc de ouf, c'est que notre maison est rangée ! Les efforts que j'ai faits en fin de grossesse et en post partum ont été plus que complétés par l'énergie foudroyante qu'a déployée Monsieur Bout une fois qu'il a été acquis qu'il allait passer l'année à la maison. Il a profité de l'été pour pulvériser tout ce qui restait de bazar à la maison, c'est fou ce que ça fait du bien.

Donc des rentrées 2020 en pagaille , mais sans pagaille.

Cf mon amie Flylady : chaque chose à sa place, une place pour chaque chose...

jeudi 2 juillet 2020

Les raisons de notre retour à l'IEF

Dans mon annonce fracassante concernant le retour en école à la maison de F. à la rentrée prochaine, j'avais inclus les liens vers les billets retraçant nos différentes décisions (débuts en IEF, scolarisation de F., puis scolarisation d'E.), et donc j'ai relu la phrase selon laquelle 

Dès le départ, nous sommes partis sur le principe de réévaluer chaque année l'opportunité de faire IEF ou non, pour chaque enfant. Ce principe reste et restera valable, la question continuera à se poser chaque année.
Dixit La Gwen, Œuvres Complètes  

Décidément, ce n'est pas juste rhétorique / de l'affichage.
Zut. Il y a dans ma tête une petite voix qui maugrée que, quand même, ce serait plus simple si j'affichais cette intention mais que je m'abstenais de joindre le geste à la parole, franchement.

Maintenant, donc, revenons sur les éléments qui ont conduit à ce revirement de situation.

A l'origine, il y a une envie et une demande : 
  • demande de F., qui, peu de temps avant le confinement, avait commencé à dire "J'aimerais bien refaire l'école à la maison" sans qu'on le prenne trop au sérieux, et sans insister beaucoup non plus. Il avait été servi, du coup, par l'irruption du COVID sur le devant de la scène. Et même si F. a ensuite, dès le 11 mai, retrouvé le chemin de l'école avec plaisir, nous avons constaté que cet enthousiasme s'attenuait peu à peu, que la joie qu'il éprouvait à aller à l'école avant le confinement n'était plus franchement là, tandis que tous les matins, il disait à son père le déposant à l'école "moi, j'ai envie d'apprendre avec toi".



  • Et envie de Monsieur Bout, à la fois parce qu'il a le sentiment que c'est ce qui serait le mieux pour F., mais aussi parce qu'il adore transmettre et qu'il a aimé pouvoir accompagner F. dans ses apprentissages durant les 2 mois de confinement total. Or l'envie de l'instructeur, c'était déjà un point qui avait pesé lourd dans nos décisions, que ce soit d'IEF ou d'arrêt de l'IEF, et donc j'y ai également été sensible cette fois malgré mes réticences de départ. Après tout, si on accorde beaucoup de poids à l'envie et l'opinion du parent instructeur, il est logique de continuer à le faire aussi quand ce n'est plus moi, ce parent instructeur. (flûte)
Donc, une fois cette idée saugrenue d'un retour à l'IEF sortie du chapeau de Monsieur Bout, nous avons consacré quelques soirées (d'où absence de billet de blog sur la période) à analyser point par point les différents aspects de la décision, en prenant certaines choses en note pour nous aider à structurer notre réflexion et à vérifier que nous ne passions à côté de rien d'important.

Point 1 : Quel impact sur F. ?
Point 2 : Quid des perspectives d'avenir notamment l'impact financier ?
Point 3 : Quel impact sur Monsieur Bout ?


Point 1. Concernant l'impact sur F, nous avons découpé la réflexion en 2 parties : développement académique / intellectuel, et développement émotionnel / social

Sur le plan académique nous avons mis en balance
  • le surcroit de structure et d'exigence que Monsieur Bout a apporté pendant le confinement. Le dernier point tout particulièrement nous tient à cœur, car en étant plus exigeant avec F., Monsieur Bout a vu qu'il était non seulement capable de plus/mieux, mais surtout à quel point il était fier de réussir plus/mieux. Un effet positif sur l'estime de soi qui nous est d'autant moins indifférent au vu de la fragilité de ce point chez F.
  • la possibilité de lui apporter davantage de points chers à Monsieur Bout : plus de classiques, plus d'Histoire, et de l'allemand de manière plus structurée
  • la possibilité de faire à notre sauce tout en s'appuyant notamment sur l'expérience de Clotilde, qui a déjà 2 fois le CE1 à son actif (en plus de son propre CE1 qui remonte à... à peine plus longtemps n'est-ce pas ^^) notamment pour le choix des supports
avec la multitude de choses apportées par l'école, et notamment
  • anglais : Monsieur Bout prévoit tout de même de poursuivre, même si ça n'apportera pas autant qu'une éducatrice parlant uniquement anglais bien entendu
  • piscine une fois tous les 15 jours et tennis hebdomadaire en périscolaire : 
    • pour la piscine nous avons convenu que, même si ça ne vaudrait pas les séances en classe qui lui ont permis de faire de beaux progrès cette année, c'est moi (Monsieur Bout n'étant pas un animal aquatique) qui emmènerait régulièrement F., et nous verrons éventuellement pour un stage sur les vacances; 
    • tennis : nous avons eu de bons échos du club de tennis local (= bienveillant, davantage attentif à promouvoir le plaisir de jouer que de fabriquer des petits champions) et creuserons cette piste.

Sur le plan social / émotionnel,
  • nous avons pris en compte le fait que F. n'est pas un animal de groupe, et que, contrairement à sa sœur, il apprend beaucoup seul / recherche peu à apprendre AVEC un autre enfant. Dans l'apprentissage il est pour le moment beaucoup plus dans la recherche du soutien de l'adulte, et à 7 ans, ça nous semble OK.
  • idem, sur la fin de l'année F. a semblé se retirer un peu des interactions, restait souvent à l'intérieur à la récré, sans que nous n'ayons trouvé d'explication à cela
  • enfin, point très important, je parlais ici de l'instabilité des écoles hors contrat, et c'est précisément ce point qui a déclenché la réflexion retour-à-l'IEF : l'éducateur auquel F. était le plus attaché, et nombre de ses petits camarades, quittent l'école l'an prochain, et donc de toute manière, il y aurait un gros changement, sans qu'on puisse évidemment savoir à l'avance dans quel sens.
du coup nous veillerons plutôt à
  • aménager des moments pour des relations duelles / en petit groupe qui lui correspondent mieux, notamment en favorisant des rapprochements avec certains petits copains, dans et hors de notre résidence, par le biais d'invitations
  • Si possible bien entendu, quelques sorties / rencontres dans le cadre du réseau IEF
  • Par ailleurs pile poil au début de nos réflexions une pub FB m'a mis sous le nez une activité jeux et découverte ou VTT en forêt, F. a testé la semaine dernière et a adoré, donc nous partons là dessus, ce qui permet de cocher une autre case : du temps passé loin de notre regard, un "jardin secret" que F. perd en quittant l'école.
Enfin, sur le plan émotionnel comme social, nous pensons qu'une année avec des parents plus présents pour accompagner pourra être précieuse, et du coup Monsieur Bout entend se replonger dans F&M pour développer sa capacité à l'accompagner plus efficacement sur ce point (car nous avons tous les 2 convenu que ces temps-ci, parfois, ses souvenirs des ateliers suivis ensemble remontent à un peu loin)


Point 2 : impact financier


J'ai encore encore encore ressorti le fichier Excel de budget, c'est ma vie celui-là...
Bicoz le hic d'un retour en IEF, c'est que l'équilibre financier budgété au moment de la rupture conventionnelle de Monsieur Bout l'automne dernier ne fonctionne plus : à la place, ce sera une année plus ou moins off pour lui (plus ou moins car si certaines des missions qu'il devait démarrer au moment où le confinement a tout fait sauter refont surface, nous gérerons pour qu'il puisse les mener à bien). 
Dans un nouvel onglet, intitulé "budget si IEF", j'ai donc mis à 0 les revenus initialement budgétés comme devant provenir de sa microentreprise, et j'ai en contrepartie un peu augmenté mes prévisions de chiffre d'affaires à moi, mais c'est bien évidemment loin de compenser.
Ensuite 
  • Bien entendu le retour de F. à l'IEF permet une économie substantielle : les frais de scolarité liés à une école Montessori francilienne
  • en revanche j'ai augmenté certains budgets et notamment le budget activités, important pour permettre à F. de garder une vie hors de la maison, et à Monsieur Bout et F. de profiter de cette IEF pour faire certaines sorties culturelles.

L'avantage d'avoir pris le temps de cette mise à plat, ce que nous avons pu tout de suite arriver à un constat bien clair : le budget tient sur la première année, mais pas si nous allons au-delà.

Ce qui nous laisse une année pour réfléchir à la suite :
  • rescolarisation et remise au travail de Monsieur Bout ? 
    • si oui, dans quelle école pour F.? Celle qu'il a quittée et dont le projet nous convient fondamentalement, et dont certains défauts auront peut-être été corrigés avec un peu plus de maturité, ou une autre, à déterminer ?
  • ou poursuite de l'IEF 
    • pour 1 ? pour 2 enfants ? E. n'ayant plus qu'une année devant elle dans son école actuelle. 
    • Et si pas IEF pour E., quelle école ? Lui faire rejoindre le système allemand nous tenterait… 
    • et dans ce cas il faut trouver une autre manière de réduire significativement nos dépenses (ou une banque mal protégée…) et opérer des choix lourds de conséquences pour cela.
Haha. 
Bref, avec tout ça, une chose est sûre pour 2021, c'est que justement rien n'est sûr ! 
2021 aussi aura son lot de questionnements existentiels,  de révélations stupéfiantes (sauf si on choisit la piste de la banque, auquel cas il vaudra sans doute mieux rester discrets), et de changements importants. On n'est pas sortis de l'auberge...


Point 3 : l'équilibre du parent IEFeur, Monsieur Bout, et de la famille en général


C'était une grosse inquiétude chez moi : est-ce que ça allait plaire à Monsieur Bout ? Est-ce que autant de temps consacré aux enfants lui conviendrait ? 
Durant nos discussions j'ai bien souligné que je me sentais capable de gérer psychologiquement le fait que nos finances reposent sur moi, mais uniquement si je n'avais pas en plus la charge mentale liée à un conjoint frustré rouspétant sur tout le monde.
Mais Monsieur Bout est enthousiaste, Monsieur Bout a envie de transmettre, et ça, c'est important.
(je précise que suite à nos diverses discussions nous en avons eu une nouvelle avec F., pour valider le projet avec lui. Dans la mesure où pour nous il n'y avait pas "cas de force majeure" à nous pousser à le rebasculer en IEF, il était important à nos yeux de valider avec lui qu'il était effectivement partant pour concrétiser le projet).


Nous avons aussi évoqué le regard des autres : Monsieur Bout va donc avoir un statut d'homme au foyer, et ça, hein, c'est quand même assez rare encore. Mais un point qui l'a pas mal rassuré est que mon regard à moi est tout à fait appréciateur. Eh, je suis bien placée pour savoir qu'être au foyer, et en plus faire l'IEF, c'est un sacré boulot.

Une fois ces grands principes passés en revue, nous avons pris le soin d'aller dans le concret en découpant une semaine type, la grande question étant : quelle place y aura-t-il dedans pour l'autre grand objectif de Monsieur Bout cette année : suivre une première année de Licence de Lettres Classiques à distance ? 

Comprendre : y a t il assez de place pour que tout le monde s'y retrouve sans que personne ne se sente négligé ? (ça a notamment été l'occasion de revoir ensemble comment nous passons nos soirées, étant tous les deux conscients que ça fait un bout de temps que trop peu de soirées sont passées à 2. Or notre couple est une personne à part entière dans la famille, et lui non plus ne doit pas être négligé)
J'avoue que j'étais assez peu confiante sur notre capacité à dessiner un truc qui tienne la route, et qui comporte assez de "mou" pour que le premier imprévu venu ne vienne faire basculer l'un ou l'autre protagoniste dans la frustration la plus profonde (vous savez, une obscure histoire de découvert…).

Eh bien j'ai été surprise. Nous avons réussi à 
  • faire tout rentrer, IEF, tâches ménagères, temps non scolaire avec F., temps avec E. et F., soins du Boubinours, et 20h de travail perso pour Monsieur Bout, sur les 5 jours de semaine (ce qui laisse donc le weekend complètement libre pour du temps en famille), et cela
  • sans même prendre en compte la présence, de temps à autre, d'une de nos mamies au pair chéries, qui viendra automatiquement alléger les semaines de Monsieur Bout dans ces périodes-là.
  • et en ne prenant pas non plus en compte qu'en théorie, non seulement je ne bosserai pas les mercredis (qui sera le "jour off" de Monsieur Bout, et tout entier consacré à sa Licence), mais je devrais avoir 1/2 voire 1 jour (voire un chouilla plus) off en plus
  • Et inclus, sur les 7 jours, 3 soirées "en couple", que ce soit juste tous les 2 dans le salon à discuter ou jouer à quelque chose, en sortant à 2, ou en ayant une vie sociale (recevoir ou être reçus). Nous prévoyons de faire le point chaque semaine pour affiner le planning de la semaine suivante et notamment "réserver" les 3 soirs, conscients que nous sommes que si nous ne les marquons pas au fer rouge, ils auront vite tendance à disparaître sous l'effet du célèbre "tu faisais un truc alors j'ai commencé un machin" ou encore du non moins fameux "j'attendais que tu donnes le signal"
Moi qui m'attendais à ce que fassions le constat que ça ne rentrait pas, et que ça fasse capoter le projet...
A l'arrivée, cette mise à plat m'a bien soulagée, et remplie de confiance pour cette année qui arrive. 
Evidemment, cela va être toute une gymnastique, mais repartir ainsi des besoins et des attentes de chacun fait du bien, et je pense que chaque membre de la famille va pouvoir s'y retrouver… avec des couacs de temps à autre évidemment hum hum...


Ca n'empêche pas que je vois cette année scolaire se terminer avec une certaine mélancolie, et que j'ai bien apprécié le confort de cette année avec 2 enfants scolarisés !

vendredi 26 juin 2020

IEF / ecole à la maison : le comeback...

Vous ne vous y attendiez pas, hein, à celle-là ?!

Pour tout vous dire : moi non plus.

Et, je vous l'avoue, je suis un toooout petit peu fatiguée de cette impression de vivre dans un feuilleton géré par un scénariste bien déterminé à faire de l'audimat / à l'imagination hyperactive suscitant de nouveaux rebondissements à un rythme difficile à suivre (nan mais il s'arrête jamais celui-là ?!).
Le dernier rebondissement c'était ma grossesse (bon ça j'avais rien contre), je l'étais énormément (rebondie), merci, je le suis encore un chouilla, je pouvais me passer de ça.

#JeSuisDingodossier - plus dingue que dossier, peut-être


Bref, pourquoi, POURQUOI le retour de l'IEF dans la vie des Bouts ? 
Ou plutôt, pourquoi maintenant ?
Car retour de l'IEF il y aurait, c'était à peu près certain (enfin, quoique je ne regarde plus grand chose comme certain dans ma vie, hormis le fait que Monsieur Bout et moi-même soyons bien déterminés à rester ensemble et à ne vendre aucun de nos enfants sur leboncoin). En effet a priori un début en IEF est ce qui est prévu pour au moins la première année d'école de H., notre Bébounet qui risque de se faire rebaptiser en Boubinours au vu de ses cuissots et bras grassouillets. Mais ça, c'est dans longtemps.

Alors que le/ce changement, c'est maintenant.
Ou plutôt en septembre, qui verra le grand retour de F. à la maison.
Avec une petite nuance quand même par rapport à notre expérience passée d'IEF : le parent IEFeur ne sera pas moi, mais Monsieur Bout.

Je précise qu'E. va continuer pour sa dernière année de 3-6 ans dans l'école Montessori franco-germano-anglaise qui lui va si bien cette année.
Même si elle rouspète certains matins,
  • elle est heureuse là-bas, 
  • elle apprend et progresse à une vitesse phénoménale dans 3 langues en simultané, 
  • elle s'épanouit avec le groupe, est entraînée par lui et l'entraîne, 
  • ses éducatrices l'adorent et savent la stimuler / cadrer là où c'est nécessaire avec la plus grande bienveillance, 
  • et cerise sur le gâteau, elles ont commencé à lui faire faire le programme 6-9 et ont sollicité notre accord pour continuer là-dessus toute l'année prochaine (j'ai VACHEMENT hésité à donner cet accord, vous l'imaginez). 
Cette école permet donc à E. de rester avec ses pairs en âge tout en bénéficiant d'une progression adaptée à son niveau, ce qui est un peu la quadrature du cercle : être à sa place au niveau émotionnel/social et au niveau intellectuel alors même qu'il y a un décalage énorme entre les deux au départ. Que demande le peuple ?
Ne me demandez en revanche pas ce que nous ferons pour elle après cette année. C'est bien évidemment l'objet d'un grand questionnement … (gningningnin [soupir] )

Nous sommes très très contents de l'année scolaire de F. également. L'école dans laquelle il a passé l'année était vraiment ce qu'il lui fallait, elle a débloqué les apprentissages, lui a fait énormément de bien au niveau social et émotionnel en complémentarité de ce que nous faisons à la maison, bref, c'est très chouette.
Mais du coup les besoins de F. à l'été 2020 sont différents de ce qu'ils étaient en septembre 2019, et la meilleure manière d'y répondre, également.
Et les ressources de la Famille Bout, pareil.
Mais ça, je n'y avais pas trop pensé, et j'étais assez contente à la perspective d'une rentrée qui allait, pour une fois, se faire en terrain connu pour chacun de nos 2 enfants.
Ne pas me poser de questions, pour une fois, c'était assez confortable.

Haha.

C'était sans compter avec Monsieur Bout, qui, après avoir géré F. pendant tout le confinement, a finalement émis cette idée d'un retour à l'IEF au moment de finaliser son dossier de réinscription. Autant vous dire que je suis tombée de ma chaise et que j'ai commencé par émettre toute une série d'objections. Mais bon, après une huitaine de jours à analyser le sujet sous tous ses angles, la décision a été prise.

Après vous avoir révélé ce scoop, je reviens lundi détailler un peu cette réflexion car je sais que tout parent qui se pose la question de l'IEF est friand de comprendre les raisons qui en ont poussé d'autres à faire ce choix, histoire de pouvoir nourrir sa propre réflexion. 
  • Pour mémoire, les raisons de notre premier choix d'IEF, en 2016, sont à retrouver ici
  • les raisons de la scolarisation de F. en 2018 dans ce billet
  • et celles de la scolarisation de la Bébounette en 2019 dans celui-ci.

Allez… j'ai du pain sur la planche moi.

Il est où l'abonnement à Vie Tranquille ?


lundi 30 mars 2020

3 phrases utiles pour encourager notre enfant quand il rate / peine

Aujourd'hui, petit billet rapide en mode "courrier des lecteurs".

Car vous aurez remarqué que j'ai bien négligé le blog ces dernières semaines.
J'en profite donc pour vous dire que je suis toujours vivante, mais cette grossesse est compliquée, éprouvante, et ces dernières semaines, j'ai consacré mon énergie à
  • mes derniers jours de boulot (ayant reculé mon départ en congé maternité, ce que j'ai regretté point de vue fatigue, mais dont je me suis bénie point de vue finances, car bon, hein, disons-le, la combinaison passage tout frais de Monsieur Bout en indépendant / coronavirus et la crise économique qu'on nous annonce derrière, ben, euh, tout stock fait n'est plus à faire)
  • mes enfants, ou plutôt leur remplissage de réservoir affectif (le reste, et notamment la logistique, et tout particulièrement la gestion école à la maison de F., étant dévolu à Monsieur Bout)
  • et, depuis que j'ai terminé le boulot, cochage laborieux, chaque jour, de l'un ou l'autre point figurant sur ma to-do list administrativo-médicale : moult RDV, envois et paiement de factures, etc.
  • Tout ça sur fond de douleurs (ouiiiiiinnn plus moyen d'avoir accès à un osthéo), de pics de tension angoissants, de "pas sûr que les papas aient le droit d'être là à l'accouchement" et de "je vais mourir pourquoi j'ai une maison sur 3 niveaux moi".

Eh oui, 
douleurs de partout, remontées acides de la mort, envie terrible d'être une sorcière dans le monde de Harry Potter quand je fais tomber un truc par terre (un bête "Accio bout de haricot" serait siiiii simple), chevilles de tatie Germaine, 10 minutes pour m'habiller le matin, 10 pour me déshabiller le soir, insomnies….
= Je suis l'emblème de la grossesse épanouie, au point que cela fait des semaines que Monsieur Bout répète environ 5 fois par jour que "c'est le DERNIER, hein".
Par ailleurs cet enfant 
  • n'a toujours pas de prénom, 
  • son coin est au degré 0 de préparation, 
  • l'endroit où nous pensons le caser pour les premiers temps est dans un bazar sans nom, 
  • ses habits… ben y en a quelques uns de lavés juste parce que ce sont ceux que j'ai prêtés à ma sœur pour ma nièce toute neuve (coeur cœur) âgée de 1 mois, les autres n'en parlons pas, 
  • ses couches aussi doivent être lavées parce que, quand même, ça fait un bail que mes adorables XS n'ont pas servi (cœur cœur aussi. J'avoue que les retrouvailles imminentes avec mes mini couches lavables me réjouissent).
Dans un mois max il est avec nous : tout baigne !

Voilà, ça c'était le petit bilan / news.

Mais en cette période de confinement, il y a de chouettes moments aussi. 
Et notamment, de jolis échanges puisque c'est l'occasion pour pas mal de gens d'avancer dans la lecture de leur pile à lire, et du coup, parfois, quand ils sont dedans, de mes 200 moments de parentalité positive.


Ce qui me permet donc le billet d'aujourd'hui : une maman en pleine lecture m'ayant contactée pour me partager une interrogation suite à la lecture d'un des 200 moments, et je me suis dit que notre échangé intéresserait un plus large public.
Etant en mode "Flylady / pas de perfectionnisme / mal fait vaut mieux que non fait" ce billet n'a aucune, mais alors aucune prétention à l'exhaustivité sur la question; d'autant que certains autres outils liés à cette problématique sont illustrés dans d'autres extraits du livre et que donc nous n'avons pas eu besoin de revenir dessus avec mon interlocutrice.

Mais voici :

La question
Il y a une histoire de vélo dans un ascenseur où vous vous contentez de dire "tu es en train d'y arriver" Que ce serait-il passé si il n'avait pas réussi ? A quel moment faut-il décider d'intervenir et avec quel mot ?  
Souvent je dis à mon fils ce genre de phrase mais au final il n'arrive quand même pas ce qu'il entreprend et si je n'agis pas vite il finit par s'énerver.. Alors je sais bien gérer la crise de frustration/peine qui suit c'est pas le souci, mais je voudrais savoir quel est le bon moment pour venir aider pour éviter le drame et quel mot employer pour que l'enfant ne le ressente pas comme un échec.


Ma réponse


Ah question intéressante ! Alors je dirais (mais c'est mon point de vue à moi)
  • 1.  déjà, garder en tête que si drame ce n'est pas la catastrophe en soi (même si c'est relou)! 
Accueillir le sentiment de frustration permet à l'enfant d'en tirer quelque chose pour l'avenir 
"Aaah c'est vraiment énervant de voir que malgré tous tes efforts ça n'a pas fonctionné CETTE FOIS" (le "cette fois" est clé). 
Avec éventuellement une question de curiosité en plus : 
"à ton avis qu'est ce qui bloquait ?"


  • 2. en préventif : accueil des sentiments + choix
"Ah ça t'énerve vraiment. Veux tu continuer à essayer ou est-ce-que pour cette fois tu aimerais de l'aide ?"


On peut rajouter la notion D'ENTRAÎNEMENT (continuer de t'entraîner) que je trouve très très utile dans la gestion des échecs et erreurs de nos enfants : ils ne ratent pas juste, ils sont en train d'apprendre et donc s'entraînent pour réussir (à faire leurs lacets mais aussi à respecter les règles de sécurité ou à se tenir calme dans un lieu qui le demande)

  • 3. et du coup pour aider l'enfant à ne pas s'énerver, décrire la situation sous l'angle de l'entraînement aide aussi souvent je trouve : 
Quand il s'agite, dire "Ah dis donc tu t'entraînes fort à xxxx, tu essayes différentes solutions / tu fais travailler tes muscles,.. et du coup tu es en train d'apprendre"



Et la réponse de ma lectrice du jour contient des éléments d'analyse supplémentaires tout à fait intéressants / potentiellement utiles


  • Alors, accueillir la frustration par les phrases type "je comprends c'est agaçant que malgré tous les effort ça ne fonctionne pas" ça c'est OK. En général j'ajoutais "tu y arriveras la prochaine fois"... "Ça n'a pas fonctionné cette fois" est bien plus pertinent car ma phrase peut sous entendre qu'il y aura d'autres échecs et être démoralisant avant même que la situation ne se produise. 
  • Très bonne idée de laisser le choix "continuer ou être aider".. Moi je me contentais d'un : "tu veux de l'aide", ce qui indirectement lui retire l'option de continuer à essayer.
  • Et le coup de l'entraînement c'est top parce qu'en plus ça valorise.. "Tu t'entraines fort".



En espérant que ça vous inspire ! Notamment en cette période où tout parent se retrouve confronté au découragement de ses enfants face à ses travaux scolaires, au hasard...
Je vous dis à bientôt… (l'espoir fait vivre - mais il va bientôt sortir ce bébé, hein, hein, hein. Siiiii dites moi qu'il sortiraaaaa)

Ah et je précise suite à questions que si vous êtes frustrés de ne pas trouver les 200 moments ni bien entendu chez votre libraire, ni sur amazon (ce qui est logique puisque amazon ne livre plus les trucs non prioritaires, et mon livre ne se mange pas; moralité le stock qu'ils ont reste tranquille chez eux - en espérant que des souris ne vont pas estimer qu'en fait si, il se mange), et que vous n'êtes pas en état d'attendre pour sauter sur votre libraire après le confinement, non seulement l'Instant présent est ok pour vous l'envoyer si c'est urgent, mais la fnac en a, à date, encore quelques uns à livrer...