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mardi 6 mai 2025

Consécration absolue - la parentalité rentable.

Il n'en fallait pas moins pour exhumer ce blog après quelques mois de négligence. 
(en plus, j'ai écrit des trucs ! mais pas au point de les publier. Bref)

Mais là, là, vraiment, les évènements de cette fin de vacances de Pâques requéraient un billet de blog, au profit des membres de mon lectorat qui me suivent depuis longtemps, principalement.
Et qui donc, par exemple, auront lu, voire même commenté, ce billet de 2019.

Très chers parents, le billet d'aujourd'hui est pour vous. Même si je l'enverrais bien à ma voisine, vous savez, celle-là (oui, bientôt 8 ans après, je pense encore à elle, parfois), qui m'avait prédit qu'à 15 ans mon fils finirait en maison de correction. 

Alors entendons-nous bien : le temps passant à la même vitesse chez moi que chez vous, F. n'a pas encore atteint l'âge de 15 ans. Nous fêterons ses 12 ans dans un gros mois. Dans l'absolu, la maison de correction a donc encore ses chances.

Mais, mais, mais, franchement, on a tous besoin en tant que parent de réaliser à certains moments que ça valait le coup d'investir autant d'efforts dans l'éducation de ses enfants.

Eh bien, chez nous, ça y est.
Il y a une douzaine de jours, nous avons profité de nos derniers jours de vacances pour faire une virée chez Ikea, et sommes rentrés avec 3 meubles (2 pour la chambre de F., 1 pour la chambre des 2 plus jeunes).
Dés le soir, 1 meuble et demi était fait. 
Le lendemain, tout était fini. 
Sans que Monsieur Bout ni moi n'ayons donné un seul coup de marteau !

F. a tout monté tout seul (y compris un meuble avec tiroirs). Du début jusqu'à la fin. En mode 
"Euh, je peux monter un meuble ? - OK..... 
C'est fait, je peux monter le suivant ? - OK..."


La Liberté vissant le peuple

 

Pour nous qui haïssons le bricolage, c'est, oui, vraiment, une consécration
Contre toute attente, nous avons fait pousser un bricoleur, et ça y est, nos efforts éducatifs ont atteint un premier seuil de rentabilité : les nuits difficiles  ? (pas nombreuses nous avions été vernis) Les crises? (nombreuses, elles) Le temps passé ? L'argent utilisé pour le nourrir (punaise qu'est-ce qu'il mange maintenant !?), l'habiller ? RENTABILISE : de la gnognotte si cela peut nous épargner du bricolage.

Et du coup, pour le moment, notre fiston ne se destine pas à la maison de correction, mais trouve que monteur de meubles chez Ikea ça pourrait être sympa.
Il fera ce qu'il voudra, mais une chose est sûre : il devient trèèèès facile d'envisager des virées Ikea maintenant qu'on sait que ça ne veut plus dire se farcir le bricolage derrière.
La quille.

(alors, oui, normalement c'est d'une sculpture dentelée sur chêne centenaire réalisée avec une fourchette et un cure-dents que F. aurait du s'acquitter, ça aurait fait tellement mieux sur les réseaux. 
Meuble Ikea, c'est peu glamour, pas exigeant, machin. 
Hypothèse 1 : Nous n'avions pas de chêne centenaire sous la main.
Hypothèse 2 : Monsieur Bout et moi avons le bonheur facile.
Vous tirerez vos propres conclusions.)

HABEMUS BRICOLAM !

lundi 2 décembre 2024

Rotation des Jouets : le retour

Il y a de cela fort, fort longtemps, j'avais eu recours, pour mon tout jeune F., (E. était alors un tout jeune bébé et H. encore bien loin) au système de la rotation des jouets. Comprendre : 

  • ne pas laisser l'intégralité des jouets correspondant peu ou prou à sa tranche d'âge / ses capacités du moment à sa disposition, mais les répartir en petits lots et en disposer un seul à la fois dans sa chambre. 
  • Renouveler (sortir un nouveau lot, rentrer l'ancien) à courts intervalles (selon la taille du lot, tous les jours, toutes les semaines,...)

Objectifs de la démarche :

  • faciliter le rangement
  • renouveler l'intérêt des jouets.

J'avais énormément apprécié le résultat.

Nous voici quasiment dix ans après... et D'Artagnan la Rotation des Jouets fait son retour.

Depuis 3 ans, H. et E. partagent la même chambre. Ils forment un duo superbe, jouent des heures ensemble, s'emmènent mutuellement dans des univers passionnants, et... partagent également une passion commune pour le non-rangement

Alors, pour information : l'astuce exposée dans ce sublime billet s'avère toujours très régulièrement utile, mais, tout de même, elle ne suffit pas forcément toute seule. D'autant que, si E. l'a adoptée comme une manière efficace d'affronter l'épreuve du rangement, H. y est beaucoup moins sensible. Si bien qu'à l'arrivée, quand E. s'en sert pour coopérer, c'est elle qui se retrouve à tout ranger, et ce n'est pas très juste.

A la fin de l'été, j'ai donc fait le constat

  1. besoin de faciliter le rangement ? Check : parce que franchement, devoir ranger simultanément playmobils, duplo, animaux Schleich, livres, ... même moi cette perspective m'effrayait.
  2. besoin de renouveler l'intérêt pour les jouets ? Recheck, certains ne sortaient plus guère
  3. à cela se rajoutait l'effet "3ème enfant" : au bout de 3 enfants, même en essayant d'adopter une démarche rationnelle quant à l'acquisition de jeux et jouets, le constat était sans appel : notre maison débordait de jouets. cf point numéro 1 du coup.

Avec un tel diagnostic, il s'agissait de ressortir un bon vieux remède.

J'ai donc profité des derniers jours d'aout pour faire deux choses

  • un grand tri des jouets qui n'étaient plus de l'âge de H.. Emotionnellement pas évidente, cette étape, puisqu'elle vient me confronter à la forte probabilité que H. soit notre dernier enfant. 3 tas ont vu le jour : 
    • un moyen proposé à des membres de ma famille, 
    • un gros donné à l'extérieur,
    • un petit tas avec ceux auxquels nous sommes tellement attachés que nous tenons à les garder. 4ème folie ou petits-enfants, la raison d'être de ce petit tas reste floue. Mais la raison n'a rien à voir dans le schmilblick.
  • une répartition des jouets restant en lots, pour réintroduire la rotation des jouets dans un milieu qui en avait très besoin.

Dans cette répartition, j'ai distingué 2 catégories d'abord

  • "les grands jouets encombrants" / construction : Duplo, Chalets JeuJura, Playmobils, Cubes, circuit de train en bois, etc
  • et les petits jouets type puzzle, jeux de bricolage / filage etc,...

Concernant la 2nde catégorie, celle des petits jouets, j'ai

  • pris 4 grandes caisses, IKEA, transparentes, à couvercles transparents
  • réparti la catégorie en 4 lots à peu près équivalents (pouf, un grand puzzle à support en bois dans la caisse numéro 1, un du même style dans la 2, tiens, un qui ressemble un peu dans la 3... et hop, si je mets ici un jeu de bricolage en bois, alors là un jeu de vissage en plastique, etc.)
  • numéroté les 4 caisses
  • écrit le contenu de chacune sur une feuille plastifiée puis patafixée sous le couvercle de la boîte correspondante de telle manière qu'on puisse la lire à travers ledit couvercle
  • empilé les 4 caisses dans un coin de l'ancienne salle de classe, au 2ème étage. Celle-ci sert de stock de jouets et livres pour enfants, petite salle d'activité (nous y avons disposé ce que nous avons gardé de matériel Montessori après l'arrêt de l'Instruction en Famille), bureau pour Monsieur Bout.

Et rangé, dans certains placards de ladite salle, les "grands jouets encombrants" de la catégorie 1.


Puis j'ai dégainé Habitica et rajouté une Daily qui, tous les dimanches, me propose d'opérer une rotation. Tous les dimanches, donc, je 

  • remplace une des 4 caisses par une autre (et je note dans Habitica les numéros des caisses sorties comme ça je sais lesquelles sont passées, et à qui le tour),
  • sors également un "grand jouet encombrant" pour en rentrer un autre. 
  • dispose le tout dans la partie du coin salon qui fait office de salle de jeux au quotidien, avec la mise en valeur de l'un d'entre eux sur un petit guéridon suédois.
  • (ou alors, après consultation des troupes, je ne fais rien, laisse la rotation en place et coche allègrement la première case. paf)


J'avoue qu'en cours de process, j'ai hésité quelques minutes : serait-ce nuire terriblement à la créativité de mes enfants que d'adopter une organisation qui, de facto, empêche que les Duplo soient de sortie en même temps que les playmobils? (et donc que les playmobils aillent habiter dans une maison Duplo, par exemple ! #crisedulogement) J'ai assez vite tranché en estimant qu'il était plus dangereux pour tout le monde de nuire à notre santé mentale, à Monsieur Bout et à moi, que de nuire à la créativité de nos enfants. Au pilori la Gwen !


A noter que sont restés hors rotation les jouets stationnés dans leur chambre :

  • les animaux Schleich. Eux ne passent pas une journée sans être utilisés, en toute saison. Il serait absurdissime d'en sevrer le duo E+H.
  • la caisse de déguisements
  • la dinette
  • les poupées et les 2 Barbies que E. a fini par recevoir à une fête d'anniversaire.


Et que dans le salon, restent également toujours à disposition

  • le fameux toboggan à boules qui ne démérite pas après plus de 8 ans de présence chez nous
  • des petits jeux de société rangés dans un meuble (type mille bornes, petits chevaux, batawaf, etc)


Résultats des courses 

  • Redécouverte en pleine action : attrimaths négligés
    depuis de longs mois, subitement passionnants !
    rho oui oui oui le rangement est tellement simplifié, notre salon est à la fois moins encombré en état rangé, et moins dérangé dans tous les cas.
  • l'effet redécouverte joue de nouveau à plein, c'est régulièrement Noël à peu de frais.
  • et l'organisation telle que nous l'avons conçue est, à l'usage, assez légère en "coûts de fonctionnement" pour la maintenir. Surtout avec des enfants capables de réclamer l'arrivée de la prochaine rotation : ils servent de déclencheurs, et de déclencheurs aidants, c'est-à-dire qui contribuent au process en rangeant, portant, montant, descendant des caisses. (donc Déclencheurs et Facilitateurs; et c'est eux qui fournissent l'Envie. Diablement #atomichabits tout ça, héhéhé).

D'autant que j'ai siouxement positionné le jour de changement de rotation sur le jour de ménage : double bénéfice

  • les enfants sont paaaarticulièrement motivés à ranger le salon avant le ménage puisque ils savent qu'une fois tous les jouets de la rotation retournés dans leurs caisses, de nouvelles caisses apparaîtront
  • ça facilite encore le ménage : on remonte les caisses en haut avant, on redescend les nouvelles après.

3 mois que c'est en place, 3 mois que je m'applaudis. Joignez-vous à moi (pour m'applaudir, a minima. Pour faire une rotation des jouets chez vous, si cela vous inspire !)







lundi 7 octobre 2024

Atomic Habits - une bombe de bouquin

Dans les rayons de librairie "développement personnel", c'est comme dans les rayons éducation

  • les bouquins ne manquent pas
  • 90 % peuvent être de la bonne grosse daube
  • un certain nombre peuvent être aidants sur au moins quelques points, mais leur intérêt est à peser au ratio du nombre de pages à lire.
  • et certains (le mien, par exemple !) sont extraordinaires.

Selon quels critères ?

Voici les miens :

  • apporter un angle de vue vraiment aidant
  • solide sur le plan théorique
  • mais surtout assimilable sur le plan pratique : avec des pistes concrètes, facilitant autant que possible la mise en œuvre 
  • et adaptable : un discours nuancé, sans injonctions, sans culpabilisation, prenant en compte et incitant à l'adaptation aux besoins et modes de fonctionnement personnels
  • et surtout, découlant de tout ça : un effet important sur ma vie. Des lectures qui créent un changement. Je me mets à agir différemment. Et cette différence apporte quelque chose de significatif, un mieux palpable, durable.

En éducation, les livres qui ont eu cet effet là chez moi sont clairement en tout premier lieu ces chers Faber & Mazlish. Je ne m'en suis jamais remise et ne cherche d'ailleurs pas franchement à me soigner. Je vous ai aussi livré d'autres pépites, comme celle-ci, celles-ci, celle-là ou encore celle-ci.


En développement personnel, eh bien, aujourd'hui j'en ai un fameux à vous présenter, qui coche laaargement les critères susmentionnés, et m'a tant apporté ces derniers mois que si vous n'en récupérez ne serait-ce que 10% des bénéfices que j'en ai tirés, ben, franchement... ce sera déjà significatif. Et puis, surtout, pas de raison que vous restiez limité(e)s à ces 10% : la mécanique est implacable, vous aurez faim, envie et capacité pour plus ! D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que j'ai entamé ma 4ème lecture : je soupçonne que je suis moi-même looooin d'avoir encore tout tiré de ce livre. Quel dommage.

Il s'agit du livre 

"Atomic Habits" de James Clear, 

dont le titre français "Un rien peut tout changer" fait penser à un roman de Guillaume Musso, mais... non.

Comme tout bouquin américain de développement personnel, ce bouquin commence évidemment par un 3615mylife de l'auteur, expliquant comme il est passé d'une situation effectivement pas très enviable à bien mieux. OK. Mais derrière... on a quelque chose qui en vaut la peine.

James Clear s'ingénie en fait à repérer des leviers permettant de prendre les habitudes qu'on souhaite prendre, et perdre celles qui nous embêtent. Par petites touches. Petit bout par petit bout ! Mince alors. Parce que, comme il le souligne, si tous les jours on avance d'un tout petit pas, le temps travaille avec nous. Si tous les jours on recule d'un mini pas, le temps travaille contre nous. Donc chaque petite habitude compte, dans un sens, ou dans l'autre.

Il décompose admirablement bien la mécanique, sous forme de 4 lois claires et utilisables. Et non content de livrer ces 4 lois assez intéressantes en elles-mêmes, avec chaque chapitre il détaille celles-ci de manière bien concrète, de manière à alimenter une réflexion personnelle ... et de l'action : 

"Eh, mais, ça, je pourrais l'appliquer de telle manière à tel aspect que j'aimerais renforcer dans ma vie!"
.

J'en ai trouvé des résumés sur le web au départ (comme celui-ci par exemple) et rien que leur lecture a causé beaucoup de tilts chez moi. Puis la lecture du bouquin, parce qu'il est vraiment pétri de trucs intéressants et non un bouquin "je monte en mayonnaise 2-3 idées intéressantes puis je délaye la sauce sur 250 pages", a causé un nombre encore plus important de tilts, au point que, comme dit, j'en suis à ma 4ème lecture, ce qui est vraiment gênant, puisqu'à chaque lecture, je change encore un point ici, un point là, dans ma vie. 


Alors, zou, je vous emmène dans ma lecture : points clés du bouquin illustrés par des exemples de mises en œuvre chez moi.


James Cleare détaille le fonctionnement de l'action, à traves une boucle composée de 4 éléments, et associe une loi à chaque élément.

En gros, le cycle de l'action comporte 4 éléments :

  1. Déclencheur / Signal: exemple, je vois une gaufrette autrichienne (Mannerschnitte. Au secours, ma maison en est pleine, car notre mamie au pair G5 chérie est revenue passer le mois de septembre chez nous)
  2. Désir : oh mais j'ai bien envie d'un truc sucré croustillant moi
  3. Réponse : je m'empare de la gaufrette
  4. Récompense : hum cette bonne sensation de sucré


Et pour activer les 4 éléments et favoriser un comportement (ou l'inhiber, hinhinhin), on a donc 4 lois :

  1. - Make it Obvious : le rendre évident / flagrant = poster le Déclencheur
  2. - Make it Attractive : le rendre attirant = créer / attiser le Désir
  3. - Make it Easy : le rendre facile = faciliter la Réponse
  4. - Make it Rewarding : le rendre gratifiant = assurer / augmenter la Récompense


Regardons chaque loi de plus près : 

Que dit-elle ? 

Que peut-on en faire ? 

Qu'est ce que le On-Gwen en a fait jusque là ?


1. Make it Obvious : poster des Déclencheurs.

Si on a des bonbons sous la main, on réfléchit même pas que hop, on se retrouve avec un bonbon dans la main. Inversement, si ce sont des pommes qu'on a mises en évidence sur la table de la cuisine ou à portée de main dans la pièce où l'on se tient / un lieu de passage, c'est bien plus souvent une pomme qu'on va avoir à la main. Le bonbon, la pomme, est un déclencheur. 

Il s'agit de poster ceux qui vont dans le sens de ce que nous voulons.

AtomicHabits décline cette loi en plusieurs options, parmi lesquelles

  • l'aménagement ciblé de l'environnement 

(oh, c'est curieux, un truc typique Faber et Mazlish... eh ben oui, ça marche merveilleusement bien pour guider la volonté d'un enfant dans le bon sens, même effet sur la volonté d'un adulte !)

On pense plus facilement à faire du sport si on a sous les yeux son matos de sport, plus facilement à envoyer des cartes d'anniversaire si on a un stock de cartes dans son champ de vision, etc. 

    • Par exemple, depuis que j'ai mes vieilles cartes de visite à portée de main / sous les yeux pour laisser des petits mots aux enfants avant de partir en déplacement pro... ben... j'en écris plus souvent.
    • Pour mieux manger, hop, avoir des crudités faciles à attraper qui me sautent presque dans les bras dès que j'ouvre le frigo. 
    • Et... ne pas acheter de chocolat. Si pas de chocolat dans la maison, c'est plus dur de craquer. (du coup, justement, quand j'ai vu G5 revenir chez nous avec un panier énorme de Mannerschnitten, je me suis dit ouille en même temps que miam)

James Clear souligne que la discipline et la volonté sont en stock limité, donc, pour les économiser, il vaut avant tout mieux se prévoir un environnement pauvre en tentations et riches en incitations passives à aller dans le bon sens. Une approche à la fois déculpabilisante et très pragmatique (du coup, curieusement, efficace !) que j'avais déjà évoquée dans mon billet Smartphone/TDA.

  • Le positionnement précis et réfléchi de l'action dans le temps, voire dans l'espace 

Notre ami James mentionne des études qui ont montré une différence énorme (facteur 3) entre par exemple un groupe qui aurait pour objectif de faire du sport 3 fois par semaine, et un autre groupe avec le même objectif, mais à qui on aurait en plus dit de décider à l'avance du positionnement de ces 3 séances dans la semaine, et de les caler dans leur agenda. 

    • Et effectivement, depuis qu'Habitica m'a incitée à le faire, j'ai par exemple positionné 5 minutes d'épilation sur 2 matins précis, et du coup, au lieu d'avoir à me demander chaque matin si, hein, ptet que faudrait, oh bah non, oh bah si, ...c'est déjà décidé, je ne me pose pas de question, je fais bêtement ce que j'ai dit que je faisais, quand ça apparaît dans mes Dailies.

Il est donc recommandé d'utiliser l'agenda pour qu'il joue ce rôle de déclencheur qui nous épargne d'avoir à réfléchir "Qu'est ce que je fais maintenant". C'est la force des routines dont je soulignais déjà l'effet "économie d'énergie mentale" il y a plusieurs années.

    • Trèèèès utile : je programme mes séances de sport  dans mon agenda pro Outlook (a minima le dimanche pour la semaine à venir; souvent plus), pas besoin de réfléchir, pouf, je sais ce que je fais quand.

Des post-it de rappel à certains endroits peuvent jouer le même rôle.

Et niveau espace déterminé, même chose : notre banc à chaussures accueille beaucoup plus souvent les chaussures des enfants (= celles-ci sont donc moins en vrac par terre) depuis que... j'ai mis une étiquette mentionnant le nom d'un enfant sur 3 portions dédiées dudit banc. Ce sont pourtant les mêmes chaussures, le même banc, les mêmes enfants. 3 étiquettes font la différence.



2. Make it Attractive : il s'agit de rendre quelque chose Attirant : créer ou attiser le Désir

Là aussi, plusieurs options (eh oui, ce billet ne sera pas exhaustif : il y a beaucoup trop de bonnes choses dans ce bouquin pour que je les énumère toutes... ce sont 250 pages bien employées !)

  • Bien s'entourer 

On est, par exemple, naturellement porté à imiter notre entourage, et c'est par exemple plus difficile de s'arrêter de fumer si on continue à traîner avec la même bande de potes tous fumeurs invétérés.

    • Bon, eh bien, je ne fais pas ça pour ça, mais à l'arrivée, je fais un constat similaire. Il se trouve que je bosse de plus en plus souvent en binôme, avec quasi toujours la même binôme : une nana extra avec qui on fait de super choses. Or ça tombe bien à plus d'un titre:
      •  non seulement nous sommes hyper efficaces et nous tirons vers le haut sur le plan purement professionnel, 
      • mais en plus nous avons une influence positive l'une sur l'autre ne serait-ce que parce que nous cherchons toutes les 2 à mener une vie un tant soi peu saine, tout en rigolant. Donc, quand nous passons une journée ensemble pour préparer une intervention commune, cette journée va dans le bon sens : 
        • nous mangeons bien et sainement, 
        • nous prenons le temps d'aller marcher après le déjeuner, 
        • et nous n'arrêtons pas de rigoler de la journée, le tout contribuant à rendre ces journées merveilleusement productives.


  • Mettre en place ce qu'il appelle temptation bundling : un package de tentations

Il s'agit de lier 2 choses que l'on veut faire, avec idéalement au moins l'une agréable. L'attrait des 2 se conjugue : 

    • c'est en fait...ce que j'avais fait en liant marche et petit moment des enfants
    • Fondamentalement, c'est aussi un des effets bénéfiques d'aller à la messe à pied : je fais d'une pierre 2 coups (marche + messe) donc ça augmente ma motivation pour les 2.
Et à la 2ème lecture je crois, je me suis posé la question de comment appliquer cela à une habitude à laquelle je travaillais depuis fin mai - début juin : enchaîner 3 x 1 minute de planche, chaque matin. (c'est pas pour me vanter mais vous verriez mes abdos maintenant !) 

C'est loooooong, une minute de planche ! Jusqu'à ce que je me pose la question de comment rendre cette minute plus agréable. 

    • 1ère idée : trouver des vidéos Youtube qui durent une minute, comme ça, hop, je dois tenir le temps de la vidéo. Ca aidait bien, mais les vidéos que j'avais trouvées étaient certes marrantes, mais d'un intérêt limité à la longue.
    • Au bout de quelques jours, j'ai donc perfectionné le truc : toujours sur Youtube j'ai découvert des conférences très intéressantes sur la dopamine, le sommeil, les habitudes, bref, différents thèmes dont je suis friande actuellement, en anglais de surcroît donc hop, bénéfice additionnel au passage. Et maintenant, du coup, c'est mon feuilleton du matin, je reprends la conf à l'endroit où je me suis arrêtée la veille, je lance mon minuteur, et je les écoute par tranches d'environ 5 petites minutes par jour (en incluant les pauses entre mes 3 planches). Si bien que... 

      • je sens moins la minute de planche passer / elle me semble moins longue
      • je me retrouve à avoir hâte de faire ma planche puisque j'ai hâte d'entendre la suite.


  • Rendre le truc plus attirant, ça peut aussi se faire avec du matériel 

C'est à ça que peut servir la tenue de sport sympa par exemple. 

    • Et sur le plan professionnel, c'est aussi à cela que contribue un luxe que je m'offre : j'ai un cahier par client de coaching, sur lequel je vais prendre les notes de chaque séance le concernant, et ce sont des cahiers Moleskine. J'aime beaucoup leur aspect, la sensation d'écriture dessus, et donc ça contribue à l'agrément de mon boulot. C'est précieux !


3. Make it Easy : rendre l'action Facile

Aaaah, rendre facile, punaise ! C'est tellement clé !

  • Il s'agit par exemple de diminuer la complexité d'un truc, ce qu'il appelle la "friction" 

Tout ce qui est obstacle et complique. Par exemple, si pour ranger ses chaussures, on a 4, 5, 6 étapes à accomplir, il y a bien plus de chances qu'elles restent en vrac dans l'entrée, que si il n'y en a que 2. 

Ce que Monsieur Bout a récemment intégré me concernant : là où jusqu'à présent mes chaussures à moi se rangeaient toutes dans le cagibi sous l'escalier = 

  1. saisir chaussures, 
  2. ouvrir porte du cagibi, 
  3. allumer lumière du cagibi, 
  4. aller au fond du cagibi, 
  5. poser chaussures, 
  6. ressortir du cagibi 
  7. [éteindre la lumière ou oublier]
il a profité de notre grand rangement de rentrée pour m'aménager un petit coin sur le banc à chaussures de notre entrée (jusque là squatté entièrement par les chaussures des enfants), pour y déposer les 2 ou 3 paires que je mets le plus souvent. Les autres restent hébergées dans le cagibi, mais comme je les mets moins souvent, l'effet "A quoi bon les ranger je vais les remettre dans 10 min / 2h / dès demain matin" est beaucoup moins fort ; et moins fréquent en volume, de toute manière. Cette redisposition transforme donc l'action en : 

  1. saisir chaussures
  2. poser sur le banc. 
Ca, j'arrive à faire.

  • Du coup, l'aménagement de l'environnement revêt pour cette loi aussi beaucoup d'importance : 

pour faire du sport, il vaut mieux que le matos de sport soit à portée de main. 

    • Je prépare mes vêtements de sport la veille au soir. 

Si je veux manger des légumes, il y a des chances que ce soit plus facile si j'en achète des faciles à préparer que des options qui demandent des plombes d'épluchage. 

    • Et pour choisir plus facilement de grignoter des crudités que du saucisson, ça m'aide d'avoir pris l'habitude de découper un gros légume comme un chou rouge par exemple. Emincés à l'avance dans un de mes fidèles pots Glasslock (oui, ils sont toujours là ! Ils résistent ! Enfin, la plupart, car certains se sont quand même fracassés sur le sol au fil des ans), les morceaux de chou rouge me demandent 0 effort quand je cherche quelque chose à grignoter en cuisinant. 

Ce qui nous amène à une autre manière de faciliter les choses : 


  • Pré-bloquer le machin / dissocier le moment de la décision du moment de l'action, ou encore couper la difficulté en 2. 


En effet, m'habiller le matin cumule : je dois non seulement me secouer pour sortir de mon pyjama douillet et m'habiller, mais, avant cela, surmonter l'obstacle du Terrible "Keeeeskejmééééé". 2 épreuves d'un coup ! Argh ! Quelle force surhumaine, quel mental d'acier ça demande ! C'est plus facile de rassembler l'énergie pour combattre le Keskejmé sans la perspective d'en plus devoir m'habiller derrière (et en plus sans être pressée), donc le soir ; et puis le matin, de m'habiller sans avoir à me poser de questions.

    • J'ai également découvert comme utiliser ce découpage / dissociation du moment Décision du moment Action, avec mon appli de blocage StayFocused
  1. avoir la discipline de ne pas perdre du temps sur mon téléphone les matins ? Difficile  !
  2. Lancer un blocage de mon téléphone pour la prochaine heure, dès mon lever ? Moins difficile, mais il faut avoir suffisamment de volonté tout de suite, là, direct. Pas gagné.
  3. Créer plusieurs paramétrages limitant la plupart des appli (combinées, en plus) à 6 minutes / heures pendant les 2 heures suivant mon horaire de lever ? Hum; intéressant... mais selon les moments, je ne vais pas me lever à la même heure, donc il faudrait adapter...
  4. Choisir la plage horaire de blocage au moment où je règle mon réveil càd détermine mon horaire de lever du lendemain, et donc en cohérence avec elle, la veille au soir ? Oh oh, bien plus efficace! Ca va être à la fois adapté à l'enjeu du moment, mais pré-déterminé à un moment où j'ai encore de la volonté, puisque c'est pour "plus tard". Dans les faits, j'ai des paramétrages fixes, déterminés pour la semaine (plage 6h-8h les lundi mardi jeudi vendredi, plage 7h-9h les mercredis, plage 8h-10h les samedis dimanche), mais tous les soirs j'ai Habitica qui me rappelle de me poser la question et d'aller modifier si nécessaire, afin de prendre en compte une éventuelle déviation de planning (par exemple un jour férié, un tgv m'obligeant à me lever aux aurores, ou une réunion parents-profs tôt le samedi matin)


    • Idem, quand grâce à tout ça j'ai pu reprendre l'habitude de lire le soir avant de me coucher, au lieu de scroller, c'était bien chouette. 
Si ce n'est que.. j'ai autant de mal à me mettre des barrières face à un bon livre que face à un téléphone (enfin, presque. Sans la lumière bleue du téléphone, je peux finir par m'endormir la tête sur mon bouquin. Ce n'est pas idéal non plus même si ça limite la casse). AtomicHabits m'a poussée à me poser la question de comment, comme il le dit, "pré-verrouiller" la décision. Eh bien, je contrôle beaucoup mieux le phénomène du "encore un chapitre" depuis que, avant de me mettre à lire, je choisis  où je vais m'arrêter et y positionne mon marque-page. Je lis puis paf, je tombe sur le signal de m'arrêter. Ce n'est pas parfait mais efficace dans 90% des cas quand même. (vous aurez remarqué comment cette astuce combine subtilement la loi numéro 1 et la loi numéro 3 : je décide à l'avance le moment de l'arrêt ET dispose le signal qui y correspond).


Ah, mais surtout, n'oublions pas l'essentiel : rendre facile, ça passe aussi par le découpage de l'habitude en micro-habitudes

Poussé au max, c'est ce que James Clear appelle la Règle des Deux Minutes : avoir une version ras-des-pâquerettes / dégradée, et commencer par elle, de toute habitude. 

2 minutes, si vous suivez ce blog depuis de longues années, ça vous dit forcément quelque chose. Le minuteur des 2 minutes anti HotSpot de Flylady ! Mais oui ! En lisant AtomicHabits, j'ai compris encore plus clairement de nombreux ressorts du l'efficacité du système Flylady : Flylady est un système éminément atomique (comme l'expliquent les 2 définitions d'atomique présentes en début du bouquin: atomique, c'est à la fois tout petit... et avec un effet énorme). Et effectivement, faire commencer du rangement par juste 2 minutes, ça, je peux en témoigner, c'est diablement efficace sur quelqu'un qui déteeeeste ça.

    • J'ai réintroduit la lecture de bouquins pro sous la forme de "2 pages minimum" tous les soirs. 
Du coup, c'est comme ça que j'ai lu AtomicHabits plusieurs fois, et d'autres bouquins très utiles encore.


    • Et ça m'a bien fait rigoler de réaliser que ma mise au sportil y a un peu plus de 2 ans maintenant, a en fait incarné le plus pur style MakeItEasy! 
Comme Monsieur Jourdain, à ce moment, j'ai fait de la prose du AtomicHabits sans le savoir. J'ai commencé par quelque chose de tellement facile que je m'y tenais : 

      • 4 minutes de sport, seulement.
      • Chez moi = pas de friction pour aller quelque part
      • Au lever du lit en sous-vêtements = pas de friction habillage. 

Et d'ailleurs, vous savez, mes projets d'aquagym de la rentrée dernière ? Ben raté; j'ai réussi à y aller un certain nombre de fois au départ, j'aimais bien mais .... trop difficile à caser dans mon quotidien, trop de friction : y aller, à un horaire pas méga pratique, alors que j'étais souvent en déplacement, devoir me changer, devoir affronter le frooooid pendant les mois d'hiver. BEAUCOUP trop de friction.

En revanche... lire AtomicHabits m'a incitée à inclure un nouveau point dans les Habitudes de mon appli de productivité Habitica : Enfiler tenue de Sport. Ben oui. J'ai des points rien que pour avoir enfilé ma tenue de sport. Tout simplement parce qu'une fois que c'est fait, la probabilité pour que j'enchaine sur une séance de sport est de quasi 100%. Donc je fais ce que James Clear dit et que je reformule ainsi : bétonner le premier maillon de la chaîne. Une fois le premier maillon passé, le reste suit.

James Clear lie d'ailleurs cette notion de version dégradée à 2 autres mantra intéressants.

  • Le 1er : don't put up a 0. Ne fais pas zéro. 

En gros, même quand on a déjà upgradé son habitude à davantage, eh bien, les jours compliqués, on évite de lâcher, on fait juste le minimum, voire même moins que le minimum : une ébauche de l'habitude

    • Les jours où je ne peux pas faire mes séances habituelles de sport qui durent 15 minutes minimum maintenant, eh bien, je fais 2 minutes. Ou juste 10 squats. Ou 5, ou 3, on s'en fout : évidemment que ça ne va pas me muscler les cuisses. Oh non, ça muscle tout autre chose = le cerveau. Car l'intérêt est que ca renforce / maintient le câblage neuronal de l'habitude.
    • Idem les jours où je suis trop à la bourre pour faire mes 3 x 1 minutes de planche en plus de ma séance de sport (ou que j'ai trop la flemme); j'en fais juste 1. Ou même que 30 secondes. 
    • Si je suis trop fatiguée pour lire un chapitre entier de livre avec E.... on lit une page. 
    • Si j'ai la flemme de lire une page des sublimes bouquins d'apprentissage de lecture avec H... on lit un mot. 
    • J'ai du mal à faire un truc pour le boulot ? Allez, j'en fais un minuscule morceau.

2 options possibles

    • Soit je ne fais que ça, et hop, c'est bon, j'ai au moins 
      • 1. grignoté le truc 
      • 2. maintenu le câblage neuronal.
    • Soit avoir commencé, amorcé le machin, me permet de surfer dessus : c'est beaucoup plus facile, pour un cerveau, de continuer sur le circuit habituel, que de démarrer, et donc, hop, en ayant découpé la difficulté ainsi (mettre le paquet sur le démarrage - faire passer l'effort complet en second plan), je me retrouve finalement souvent avec ce qu'il faut d'énergie et de discipline pour continuer sur ma lancée.

Dans tous les cas, je suis gagnante.

C'est d'ailleurs ce que j'avais en fait appliqué, 8 mois après ma mise au sport :j'avais eu un gros coup de fatigue pendant les vacances de février (d'autant que les endroits où nous étions étaient peu favorables à mes séances de sport). Mais au lieu de tout lâcher, j'avais juste lâché mes vidéos, repris mon appli, et fait, pendant 10 à 15 jours, des mini séances, de 2 à 10 minutes par jour, toutes douces. Ca avait permis de garder tout le fruit du câblage neuronal de l'habitude, puis une remontée en puissance très fluide une fois mon énergie récupérée. Un point vraiment important : quand la motivation n'est pas là, utiliser la discipline pour maintenir l'habitude, au besoin à son niveau minimum.

Là, à quelques heures de la publication de ce sublime billet, je viens de me tordre superbement la cheville. Je ne sais pas quelle tête elle aura demain (pour le moment : elle est MOCHE), mais ce qui est sûr,  c'est que si elle ne me permet pas de faire la séance initialement prévue demain, je remplacerai celle-ci par une séance au tapis, sans appui sur les chevilles. (et je ferai mon challenge planche sur les genoux. Na !) (je vous avoue être très, très vexée par cette trahison chevillière)


Cette loi du Make It Easy, je l'ai d'ailleurs appliquée également pour faciliter la tenue des habitudes liées à des minuteurs : les 2 minutes de rangement de Hot Spot, les 5 minutes de rangement, mais aussi les 25 minutes de Pomodoro. 

    • J'ai admis que les minuteurs physiques que j'utilisais il y a plusieurs années ne sont plus pertinents =1. ils ont largement succombé à force de "soins" par mes enfants, 2. dans ma maison sur 3 étages, le survivant n'est par définition jamais à l'endroit où j'en aurais besoin. Si je dois commencer par aller le chercher / le retrouver, paf, déjà trop de friction.
    • J'ai également constaté que régler mon minuteur de téléphone à chaque fois constituait en soi une étape, donc un truc susceptible de rajouter de la friction.
    • Donc, j'ai pré-réglé des minuteurs dans la fonction Minuteur de mon téléphone, en leur donnant les petits noms adaptés. Je gagne quelques précieuses secondes pour les lancer, et surtout, plus que le temps réel économisé, je m'épargne l'effort mental associé. Et ça, ça aide !


Ce même principe du découpage en truc facile est d'ailleurs ce qui a permis au blog de ressusciter : décider que je n'allais pas me fixer un objectif de publier un article; mais juste une habitude de 5 minutes de blog / jour.

Cela se conjugue d'ailleurs avec un autre aspect souligné par notre ami James : la vitesse de prise d'une habitude a moins à voir avec le nombre de jours passés à la tenir qu'avec le nombre de fois où on l'a mobilisée : si on mobilise un comportement plus d'une fois par jour, ou au moins 1 fois par jour, il se "solidifie" plus rapidement qu'un comportement qu'on ne mobilise qu'une fois tous les 3 ou 6 jours.

Là aussi, j'ai réalisé après coup que cet aspect "Nombre de répétitions" avait aussi aidé à ma mise au sport : au départ je faisais 2 à 3 mini séances de 2 à 5 minutes pendant les vacances. En faisant cela, j'ai en fait appris à démarrer une séance de sport, à m'y mettre. Une fois le démarrage maîtrisé, la suite s'enchaîne avec vachement plus de facilité. La tentation d'arrêter une séance une fois qu'on est dedans est significativement moins forte que celle de ne juste pas se bouger.


  • 2ème mantra intéressant du coup : Never miss twice. Ne jamais louper 2 fois (d'affilée). 

Ca, c'est très utile pour venir limiter les effets de la culpabilité, vous savez, quand on n'a pas tenu son habitude. James Clear part du principe que rater une fois, c'est pas grave. Mais qu'il est important de ne pas sauter 2 fois d'affilée (toujours une histoire de câblage neuronal). Donc si hier on n'a pas fait X, on priorise le fait de le faire le jour suivant. 

    • Du coup, par exemple, quand les matins je suis un peu à la bourre, si un matin j'ai fait sauter mon créneau Planche, et que le lendemain, je suis tentée de faire pareil, tututut ! Je priorise la planche, éventuellement en faisant sauter mon créneau HotSpot (qui sera priorisé le lendemain, du coup). 
Cet aspect assez équilibré, moins "absolu", me semble être un gage de longévité assez sympa. Et je conjugue volontiers les 2 mantras entre eux : si je n'ai pas fait de créneau planche en J1, et que j'ai quand même du mal à l'inclure en J2, eh bien, au pire, en J2, j'en fais une version dégradée.


Parmi les autres leviers mentionnés par l'ami James pour Make it Easy, il mentionne des achats one shot : un investissement une fois, un retour sur investissement répété. C'est un de ces achats que le Challenge Sommeil suivi sur Habitica m'a poussée à faire : acheter des lunettes anti-lumière bleue pour diminuer l'impact du regardage de téléphone le soir, sur le sommeil / sa qualité. Je les mets après le dîner, elles me font un look d'enfer (Monsieur Bout rigole, mais je lui en ai pris une paire aussi donc on a tous les 2 des tronches de Télétubbies), et ont permis d'améliorer la qualité de mon sommeil.


Evidemment, du coup, si on veut perdre une habitude, eh bien, il s'agit d'AUGMENTER la friction. Rendre l'habitude plus compliquée. Mettre la télécommande dans une autre pièce par exemple, si on a une télé qui prend trop de place dans notre journée. Ou alors... devoir demander un mot de passe à son mari pour pouvoir déverrouiller l'accès à son appli de verrouillage de tél.


4. Make it Satisfying : rendre le machin Gratifiant, augmenter / assurer / rapprocher la Récompense.

Aaaaah celle-là est puissante aussi. 

AtomicHabits souligne que le problème de la plupart des bonnes habitudes, c'est qu'elles sont un poil désagréables dans le présent, et contiennent leur récompense dans le futur. Alors que les mauvaises, elles, ont leur récompenses immédiates, et leurs désagréments dans l'avenir. Si je m'empiffre de Manner, j'ai le plaisir immédiat. L'effet sur ma santé et/ou ma capacité à rentrer dans mon pantalon vient en différé. Et notre cerveau est ainsi câblé qu'il privilégie énoooormément l'immédiat sur le long terme. C'est bien ce qui pêche dans nos comportements vis-à-vis des enjeux environnementaux.

Du coup, pour assurer qu'on va répéter un comportement, il est bon d'agir sur la récompense, pour que celle-ci se rapproche, qu'on en touche ne serait-ce qu'un échantillon dès qu'on fait l'action souhaitée, afin de boucler la boucle d'apprentissage du cerveau en mode "Ah, c'est cool ça, je vais refaire".

Un truc que nous avons a mis en place par exemple avec Monsieur Bout, sur le plan de nos finances : nous avons le souhait, à pas trop long terme, de passer dans une maison plus grande. Ce qui suppose de faire des économies. Ce qui n'est pas très gratifiant, n'est-ce pas : y a rien de gratifiant à ne pas dépenser.

    • Pour cela, nous avons déjà agi sur la loi 3, en programmant des virements automatiques vers des comptes bloqués. 
    • Mais nous avons aussi pris l'habitude de virer de l'argent sur un livret A spécifiquement dédié à cela, pour toute dépense non faite : nous sommes au resto, hésitons à prendre un dessert ? Hop, si nous hésitons, la satisfaction peut être en fait plus grande à économiser la somme qu'à savourer ce que ce prix nous apporterait. Sauf que dans l'instant, un tout petit peu de plaisir de mousse au chocolat même sur un ventre déjà bien plein > ne rien faire. Donc, nous rééquilibrons en faisant quelque chose de palpable : nous virons les 9€ de mousse au chocolat non commandée, et donc, là où il y a peu de récompense à ne pas commander, ne pas manger, il y en a à virer immédiatement l'argent sur un compte dont le chiffre grossit instantanément sous nos yeux.

Monsieur Bout, qui aimerait lui-même se remettre au sport, réfléchit actuellement à aussi virer de l'argent pour toute petite séance de sport faite;: ce serait rendre palpable l'investissement qu'il fait pour sa santé. (il n'est pas encore passé à l'action parce que lui, c'est déclencheur de motivation interne, et avec Monsieur Bout nous avons un modèle de déclencheur avec une looooooongue mèche d'allumage).

Dans les récompenses, James Clear inclut pas mal d'autres options... Il souligne notamment l'intérêt d'un 

  • système de suivi / tracking : le fameux cochage de liste, par exemple.

Cocher les habitudes, suivre, c'est associer un geste palpable à l'action, avoir un résultat visible immédiat, même si ce n'est qu'une case noircie. Une habitude tenue pendant une semaine, c'est une jolie série de cases ininterrompues. C'était déjà quelque chose qui contribuait au succès du Bullet Journal, à l'époque.

Et c'est cette partie du bouquin qui m'a précipitée tout droit dans les bras de l'appli de productivité qui a fait l'objet des 2 derniers billets. Au moment où j'ai découvert AtomicHabits, j'utilisais depuis peu une appli initialement destinée à un autre usage, mais que j'avais commencé à détourner pour suivre les nouvelles habitudes alimentaires que je cherchais à prendre suite à une autre chouette lecture (oui. Vous avez bien compris : avec ce billet que vous avez sous les yeux, qui clôt le teasing sur un bouquin, je commence à l'instant un nouveau teasing pour un autre bouquin. Quelle traîtresse !). Or j'avais constaté que ça m'aidait bien et... j'avais commencé à utiliser/détourner une autre fonctionnalité pour, justement, reprendre l'habitude des 2 minutes de rangement de HotSpot. Je constatais que suivre cela sur l'appli m'aidait bien à m'y tenir. 

La lecture d'AtomicHabits est venue mettre des mots sur ce que j'étais en train de vivre, et du coup, m'est venue la question à 1000 dollars : 

"Si cette appli, pas désignée pour au départ, me permet déjà d'avoir des résultats appréciables, ... quels effets aurait une appli faite exprès pour ?" 

=> Gwen va dans son PlayStore, y tape "habit tracker", télécharge les 3 ou 4 applis qui lui semblent les plus appétissantes, les teste, en supprime certaines direct, en garde d'autres quelques jours, et dans le tas, tombe sous le charme d'Habitica qui demeure seule, et grande, gagnante.


Habitica, punaise, eh bien, chez moi, ça soutient chacune des 4 règles

  • comme les choses sont notées, ça les rend OBVIOUS : chaque coup d'oeil dans l'appli m'expose aux Déclencheurs que j'y ai soigneusement placés (et en plus, je peux même faire des rappels qui m'envoient une notif)
  • ça rend ATTRACTIVE, car c'est joli, ludique
  • ça soutient énormément le côté FACILITER, puisque ça se prête merveilleusement bien au découpage de gros trucs en petits machins : 
    • je veux lire plus ? J'ai à la fois un truc qui m'incite à lire au moins 2 pages de bouquin pro avant de me coucher, et un autre truc qui découpe la lecture par tranche de 5 minutes. J'ai découpé l'épilation ainsi aussi, et ... à peu près tout en fait. 
    • Je ne fais que 5 minutes de blog, je coche déjà une fois. J'en fais plus ? Je coche 2, 3, 4... fois.
  • Et évidemment, c'est méga, méga efficace sur le plan RECOMPENSE, pour assortir, à tous ces trucs de long terme, une récompense immédiate. 
    • J'ai des points à chaque fois que je fais l'effort de parler allemand à H., par exemple. 
    • Et dans un commentaire, une lectrice vient de réaliser le potentiel qu'il y a à, enfin, être récompensée pour tous les efforts invisibles qu'elle fait dans la journée : faire l'effort de coller un enfant en plein apprentissage de la propreté sur le pot par exemple. 


Bref, autant vous dire que mon avenir n'a qu'à bien se tenir, car me voici bien armée : dans une main, les principes de réflexion avec Atomic Habits, dans l'autre, une appli qui se révèle souvent être un outil très adapté à la mise en musique de la réflexion enclenchée avec le bouquin.

Un espèce de cercle vertueux MONSTRUEUX, je rebondis de l'un à l'autre, et je vous quitte en vous chantant : "Aller plus haaaaaaut, aller plus hauhauhauhaaaaaaut".

(remerciez moi pas pour le Ohrwurm, c'est cadeau !)

jeudi 12 septembre 2024

Mon petit bonheur "matos organisationnel tout simple trop pratique" du moment

Hop, rapide billet au milieu de ceux de ma série en cours "domptage de smartphone".

Pour vous pousser dans des abîmes de dépenses. Ou pas.

Depuis quelques semaines, j'ai refait ma déco. Enfin, non, de toute manière, moi la déco c'est pas trop trop mon fort. Disons plutôt que j'ai acquis un matériel qui peut avoir des avantages décoratifs mais qui, surtout, a des avantages pratiques monstrueux pour noter et afficher tout ce qu'on peut avoir besoin d'avoir sur une/toute surface verticale

Au départ, tout a commencé avec le décès de notre frigo. Celui-ci, dans la joie de nous revoir au bout de 6 semaines de vacances, a rendu l'âme après moult années de loyaux services, et j'en ai profité pour changer de modèle afin d'en prendre un qui ait le compartiment congélateur en bas et non en haut. Parce que c'est tellement plus confortable, me l'avait rappelé l'appart en location dans lequel nous avons passé une semaine en Bavière cet été. Si ce n'est que comme la hauteur de frigo disponible est limitée par l'agencement de notre cuisine (il y a des placards au-dessus), le choix était restreint et donc LE modèle qui nous convenait n'existait qu'en gris alors que l'ensemble de notre cuisine est en blanc et bois.

Ca faisait tâche. J'ai pensé à chercher de la peinture blanche pour surface métallisée m'enfin, hein, nos chances de faire quelque chose de propre de nos petites mains étaient quand même assez faibles.... Mais c'est là qu'a germé une idée, ou plutôt: que je me suis souvenu de quelque chose que j'ai découvert en animation chez des clients, au départ, et qui allait pouvoir recouvrir le gris en un tournemain. Mais... pas que.

Car j'ai une confession à vous faire : quand dans le cadre de ma vie pro je suis en animation collective, je suis une fétichiste des paperboards. Selon le type d'intervention, j'en réclame parfois jusqu'à 4, de manière à pouvoir faire réfléchir les pauvres participants, noter des choses, faire des schémas, rebondir et faire des liens entre ce qui est noté sur l'un et ce qui est noté sur un deuxième, bref. Une fétichiste.

Du coup, l'un de mes clients a investi dans l'arme absolue : du papier électrostatique, qu'il sort à chaque fois que je viens.

C'est quoi du papier électrostatique ?

Ce sont de grandes feuilles blanches qui vont se coller toutes seules sur n'importe quelle surface lisse :

  • porte de frigo
  • mur / cloison (si il est assez lisse)
  • porte ou cloison de placard
  • fenêtre (trèèèès pratique chez ledit client)
  • porte tout court

Elles vont se coller toutes seules. Sans rien. on les caresse et boum. On les caresse un peu plus fort si on tient à ôter d'éventuels plis disgracieux. Elles tiennent super bien. Et se décollent tout aussi bien, puisque... y a pas de colle, c'est juste l'électrostatique, donc on chope un coin, on tire et zou, c'est fait. Puis on les recolle ailleurs si on veut. Et on les décolle. C'est absolument kiffant.

Que fait-on avec ces feuilles blanches ? Mais ce qu'on veut, ma bonne dame !

  • soit on utilise des feutres effaçables lambda (ou mes fameux Woody, mais il faudra appuyer davantage pour effacer), et c'est effaçable et réutilisable à gogo. La bonne nouvelle c'est que ça ne s'efface pas non plus trop facilement, il faut un minimum appuyer, donc si on l'a mis dans un lieu de passage et qu'on effleure de son épaule en passant, ça va :
    • on ne récupère pas de feutre sur sa robe de bal, 
    • ni n'efface le code secret de la bombe.
  • soit on utilise des feutres non effaçables et c'est très bien aussi, mais du coup, ben, la même feuille durera moins longtemps. Mais pas mal de temps quand même parce que l'effet électrostatique est valable des 2 côtés donc une fois que vous avez taggué tout un côté, hop, vous pouvez retourner la feuille et repartir à 0. C'est-y pas merveilleux.

Mais ce n'est pas tout ! Je ne l'avais pas réalisé en animation, mais je l'ai constaté par hasard lors de mes premières utilisations à la maison: l'effet électrostatique étant contagieux, tout papier que vous plaquerez sur votre feuille y tiendra sagement sans le moindre aimant (vous savez, ceux qui se font happer par votre houppelande au passage - celle que vous portez sur vos robes de bal -, qui tombent et glissent sous le frigo, ou disparaissent dans les poches du petit dernier), ni punaise, patafix, scotch. Sans effort, vous plaquerez vos papiers, sans le moindre geste superflu, vous les retirerez. C'est absolument magique.

Les feuilles sont très grandes, donc une seule a permis d'aller recouvrir la porte du frigo. Mais... elles se découpent, donc j'en ai mis ailleurs, en découpant 1 même feuille en supports de dimensions adaptées aux surfaces concernées. 

Du coup, voyez-vous, chez moi, nous avons :

  • sur la feuille qui transforme de facto notre frigo gris en frigo blanc, une liste avec, enfin, le contenu des tiroirs de congélateurs. Je n'en pouvais pluuuus de faire de la spéléo parce que je ne savais jamais où était quoi et ce que j'avais en stocks. 
    • L'espace restant sert pour des notes / rappels de courses, des petits graffitis des enfants, et un pan de la gestion des tâches ménagères des enfants. Sur ce dernier point, héhé, j'ai un billet en préparation (pour actualiser celui qui avait eu temps de succès), mais déjà, l'innovation, c'est, pour ne plus se demander à qui c'est le tour de vider le lave-vaisselle (c''est un jour sur 2 entre F et E, mais "euh... c'était qui hier ?") ben on a 2 cases, 1 notée F, 1 notée E, et on bouge un aimant de l'une à l'autre chaque jour. Efforts neuronaux divisés par 32000.
    • Vous noterez que nous l'avons subtilement combiné avec une porte-stylo aimanté acheté lors d'un voyage en Suède (la Suède qui est à 20 minutes de chez nous), very pratique.
  • sur la porte du congélateur en-dessous, le bout de feuille coupé sur mesure sert à faire adhérer 2-3 des feuilles A4 pré-imprimées dont je me sers pour planifier mes menus de la semaine. Ce petit stock d'avance encombrait généralement la corbeille à pain, jusque là. Maintenant, il attend à portée de main sans plus gêner personne.

Sur les feuilles plaquées sur la cloison de placard à côté, recoupé aux bonnes dimensions, nous avons

  • En haut, les plannings de menus des semaines en cours
  • En bas, 
    • la liste des dates à se rappeler pour les semaines à venir, mais qui ne rentrent pas encore sur le calendrier de la semaine en cours que nous utilisons depuis plusieurs années : réunions parents-profs, invitations aux anniversaires, RDV de coiffeur ou de garagistes, "penser à la cagnotte leetchi de bidule", horaires de tgv. 
    • Il reste de la place pour y plaquer 
      • la pub avec le code réduction picard, le ticket de caisse avec bon de réduction Super U, 
      • l'invitation à laquelle il faut répondre, 
      • sans oublier, à hauteur de yeux d'enfant, le papier sur lequel est écrit la "recette" de ce que E. a maintenant pour mission de préparer tous les soirs pour les petits déj du lendemain (ah mais je vous spoile presque mon futur billet sur les tâches ménagères des enfants !).


Je n'ai pas encore pris le temps de découper une autre feuille pour aller la coller sur le pan de mur à côté de mon bureau. Histoire d'y noter des trucs rapidos ET d'y coller le papier-que-je-vais-chercher-partout-après (vous savez ? le fameux !). Ca ne tardera plus, car c'est tellement l'éclate ce truc !


Voilà voilà, c'est tout simple mais c'est absolument magique et ça se prête à plein de détournements; évidemment que du temps où nos murs étaient régulièrement victimes des talents artistiques de la petite E., ça nous aurait épargnés bien des misères avec une facilité déconcertante. Si vous succombez, venez raconter tous les usages merveilleux que vous aurez trouvé à ces bijoux.

Voici celles que j'ai prises, elles arrivent sous forme d'un rouleau de 20 qui se glisse n'importe où dans un coin, amusez-vous bien, 20 feuilles, a priori, ça vous dure jusqu'à la retraite si vous utilisez de l'effaçable. 


Evidemment, si en fait de votre côté, vous utilisez ça depuis des lustres, vous avez tout à fait le droit de me toiser d'un air dédaigneux. 

M'en fiche, moi, j'ai un nouveau jouet.

Et puis j'ai sur
le feu 
le prochain billet, celui sur mon appli-de-malade n°2, alors rien ne peut m'atteindre.

lundi 9 septembre 2024

Reprendre le contrôle de son Smart Phone avec 1 appli : Stay Focused

Il est difficile de résister à cet espèce de gigantesque aimant qu'est un smartphone. Très difficile pour moi en tous cas. (si vous vous sentez concernés, hop, la suite est pour vous. Sinon, vous pouvez quand même la lire, parfois ça fait du bien de confortablement regarder d'autres se débattre dans un problème, que, pour une fois, on n'a pas).

Et j'ai fini par admettre que l'énergie que ça me prend 

  • soit d'y résister
  • soit de ne pas y résister (= temps perdu à rattraper)

gagnerait vraiment à être investie ailleurs. Vraiment. Vraiment vraiment. Au point qu'il devenait rentable de mettre de l'énergie dans une réflexion sur le comment.


Du coup, à un moment, je suis tombée sur l'idée des appli de blocage et ça m'a semblé pouvoir représenter une solution efficace. En effet, avec un bloqueur d'appli, à qui on dit quand et combien de temps nous donner (ou pas) accès à notre téléphone / certaines applis, on a recours à l'aménagement de notre environnement (ici, de notre smartphone), pour que celui-ci favorise ce qu'on veut faire / empêche ce qu'on veut limiter, sans utiliser notre volonté

Laquelle se retrouve donc disponible pour autre chose, tant mieux ! Les occasions ne manquent pas qui nécessitent de la volonté, et l'enjeu pour moi est d'en conserver des stocks, plutôt que de les épuiser à contrer les assauts répétés de mon smartphone.


Le souci, c'est que les premiers bloqueurs que j'ai testés n'ont pas forcément été efficaces.

  • trop mous : si un bouton "désactiver" ou encore "5 minutes en plus" est accessible, zut, là encore ça vient me demander de la volonté de ne pas appuyer dessus, et, hasard, coïncidence, ma volonté suffit pour une fois, pour deux... puis... bah raté, retour à la case départ.
  • trop durs
    • bloquer tout le téléphone pendant X temps, par exemple: j'ai fait. 
      • Eh mais zut comment je fais si j'ai un appel important à passer ? (quand je bosse par exemple). 
      • Limiter le temps max passé par jour sur le téléphone ? euh... ben oui, mais ça veut rien dire, si j'ai utilisé mon téléphone 2h en GPS un jour, c'est pas ça le souci ! Idem si c'est pour des appels pro. 
    • Et même pour les bloqueurs qui permettent de faire des réglages appli par appli (donc autoriser le GPS et le passage d'appels, mais limiter Facebook, au hasard), ça s'est révélé souvent trop rigide
      • il y a des moments où c'est en effet inutile voire nuisible pour moi d'avoir accès à tel truc, 
      • mais des fois où non. 
      • Et des fois où un peu mais pas trop quand même...
    • Le manque de souplesse/finesse de paramétrage des bloqueurs que j'ai rencontrés et testés faisait que du coup
      • oui, au départ ils m'aidaient, 
      • mais très vite l'effet s'estompait car leur côté tranchant / sans concession finissait par me frustrer tellement... que je les désactivais / n'y avais que très peu recours, ou plutôt, de moins en moins . 
      • Effet bonus : un cerveau très doué pour justifier cela, puisqu'il pouvait s'appuyer sur les manques de l'appli "Nan mais là ma pauv'Gwen c'est pas POSSIBLE, tu en as vraiment besoin pour [insérer truc légitime]". Retour à la case départ, again.
Jusqu'à ce que, au détour d'un article internet consacré à la question je crois (du style "les 5 meilleures applis pour gérer votre téléphone"), je tombe sur celui, Stay Focused, qui m'accompagne maintenant depuis au moins un an et demie, avec bonheur. 


Qu'est-ce que mon petit chéri a de si irrésistible ?

1. Il est FIN, très fin

Il propose une myriade de paramétrages différents, par exemple, pour une même appli (ou un site internet, on peut paramétrer les 2. on peut d'ailleurs aussi faire un blocage par mots-clés mais je n'ai jamais fait) je peux définir : 
  • Des intervalles no-go:  minuit à 8h du matin, 0 accès. De 8h du matin à 10h, accès. De 10h à 12h12 (oui, on peut programmer à la minute), 0 accès, 
  • Puis de 12h12 à 13h47, un temps maximum, disons, hop de 7 minutes par heure = quand j'ai fait 7 minutes sur l'heure entre 12h et 13h, pouf, plus accès à cette appli jusque 13h où je pourrai de nouveau y passer un maximum de 7 minutes. 
  • Je peux aussi dire : "au bout de [x] minutes passé sur l'appli, bloque là pendant [x temps]". Ces 2 manières de faire sont très efficaces contre le scrolling prolongé
  • On peut même conditionner l'accès à une appli par le fait d'avoir passé du temps sur une autre : j'ai ouï dire que c'est utilisé par exemple par des usagers de Duolingo. Par exemple, devoir d'abord faire 30 minutes de Duolingo pour avoir accès à ses réseaux sociaux. 
  • Une autre limite possible est de limiter le nombre d'ouvertures de l'appli / du site (par heure ou par jour). Je ne l'utilise pas en ce moment mais elle m'a été trèèès utile lors de la sortie en poche de mon bouquin : les premières semaines, je passais mon temps à aller surveiller le niveau des stocks sur amazon (qui ne bougeait pas siiii vite que ça, hein, mais ... cherchez pas la logique, elle est partie), ce qui me prenait fort peu de temps (donc une limite de temps n'aurait eu aucun sens), mais interrompait splendidement ma concentration donc impliquait une perte de temps monstre, derrière, pour me reconcentrer... jusqu'à ce que je ne limite le nombre de fois, par heure, où je pouvais ouvrir la page concernée. 
Notons que, dans les paramétrages, la notion de jour de la semaine est également présente : je peux mettre une règle valable tel jour de la semaine, une autre pour un autre jour, encore une autre pour les weekends. Finesse, je vous dis ! Assez utile pour moi : 
  • je n'ai pas forcément pris les mêmes réglages pour mes jours de boulot que pour mes mercredis, ou encore mes weekends.
  • ça permet de prendre en compte les cas les plus courants d'exception : par exemple, mes limites Instagram et Facebook sont un peu différentes les lundis, pour prendre en compte le temps nécessaire au partage d'un éventuel billet de blog, puisque le lundi est généralement le jour sur lequel je vais publier. Je peux donc limiter de manière différenciée, donc adaptée, donc... ça tient.

2. 2ème caractéristique extrêmement sympathique : il a différents niveaux de sévérité.

Dans le sens que, au premier niveau, 
  • hop, on peut régler tout ce qu'on veut joliment, 
  • mais on a aussi à tout moment la possibilité de retourner dans l'appli et de changer le paramètre qui nous gratouille au mauvais endroit, ou de mettre la limite sur pause "Là, juste, parce que hein franchement il faut ABSOLUMENT que je termine ce post VITAL sur Facebook, jeleferaipluspromisensuite". Moui moui moui. 
  • Dans un premier temps, effet lune de miel oblige, je ne suis pas allée triturer l'appli dans le mauvais sens (euh, serait-ce aussi voire même surtout parce que la fonctionnalité "pause" était assez bien cachée, que j'ai mis un peu de temps à la découvrir ? Ce n'est pas impossible...), puis, je l'ai fait une fois, puis un peu plus, puis zut.
Et c'est là que, à deux doigts de faire le constat "Flûte, cette appli était mieux que les autres car plus fine, mais raté elle ne me suffit quand même pas à me cadrer moi-même"... je suis allée recourir au 2ème niveau, nommé "Mode verrouillé" 

  • dans le 2ème niveau, le changement des paramètres de l'appli / l'activation du mode pause-limite est verrouillé par un mot de passe à 6 chiffres. Et moi, je suis tout simplement allée demander à Monsieur Bout de rentrer ledit mot de passe, que je ne connais donc pas. Et paf.
  • Alors, je suis une grande fille: Monsieur Bout n'est pas là pour contrôler ce que je fais, donc quand je lui demande de rentrer le mot de passe, il se saisit du téléphone que je lui tends et le fait sans me poser de question ni faire de commentaires, ce serait insupportable sinon. 
  • Mais dans les faits, c'est parfaitement suffisant : en cas de crise de smartphonîte aigüe, aller demander à Monsieur Bout constitue un obstacle adapté, je ne le fais pas. En effet ça complique juste suffisamment les choses (sur le plan pratique et psychologique) pour que céder à l'impulsion ne soit finalement pas la voie la plus facile. Je ne lui demande que quand vraiment c'est nécessaire :
    • quand oui, cette fois-ci, tel paramétrage m'empêche vraiment de faire qqch de légitime. Autant vous dire : tous les 36 du mois, et encore. 
    • ou quand je viens de mettre en place une nouvelle limite et qu'à l'usage, je vois que j'ai mal évalué un truc. Exemple, tout récemment j'ai introduit un mode sommeil, qui, de 23h à 6h du matin, ne me laisse accès qu'à une petite liste blanche d'applis et limite toutes les autres à un temps total combiné de 5 minutes par heure. Au bout de 3 jours (et avant de m'être retrouvée bloquée, heureusement), j'ai réalisé que j'avais oublié d'inclure, dans cette courte liste... Uber, dont je me sers à l'occasion quand je rentre très tard de déplacement pro (= après 23h justement, hum hum).
Ce niveau de difficulté constitue le coup de pouce de pile poil la bonne taille pour ma volonté chancelante. Keur sur lui.

Il existe un niveau 3, "mode strict", où on verrouille encore plus de choses, comme par exemple l'installation ou désinstallation d'applis, voire davantage encore, mais le niveau 2 suffisant amplement à mon bonheur, je ne saurais vous en dire plus.


Surtout que, en plus de ces 2 éléments de base qui font l'efficacité intrinsèque de l'appli, voici 
3 éléments annexes / manières dont je m'en sers qui contribuent / ont contribué à en tirer une puissance maximale

1. Monter progressivement l'exigence 

Quand j'ai démarré avec Stay Focused, je l'ai testé en bloquant certaines des appli les plus clairement chronophages pour moi, comme Facebook. 
  • D'abord la nuit, par exemple, pour m'empêcher d'y être, allons, entre 1h et 6h du matin ("Parce que tu comprends parfois je me lève très tôt et c'est pas mal de pouvoir scroller un peu en allant prendre un TGV aux aurores" - tout ceci, hein, ce sont les petites voix vicieuses et geignardes de la partie addict de la Gwen, expertes en trouvage de prétexte pour ne pas encadrer l'utilisation de son smartphone). 
  • Puis peu à peu, hop, j'ai ajouté d'autres créneaux ("Tiens, on va aussi bloquer les matins, entre 10h et 11h30" petit petit peeetit) 
  • puis élargi un créneau : 
    • le 1h-6h s'est mué en minuit 30-6h30, 
    • puis le 10h-11h30 en 10h-12h, 
    • puis augmenté la limite d'un quart d'heure par-ci, une demi-heure par là, 
  • puis décidé que le créneau entre 12h et 14h, resté libre, eh bien, dommage pour lui, il n'allait plus être open-bar, mais être soumis à une limite de temps ("maxi 30 minutes"), 
  • limite de temps que j'ai ensuite sournoisement rabotée : 30 minutes ? Passons à 20...-15... 
Et ainsi de suite. 
J'ai grignoté mon temps d'écran de manière subtile.

PRO-GRES-SI-VI-TE : les limites que je respecte maintenant sans problème, auraient provoqué une réaction de rejet / rébellion assez rapide si j'avais tenté de démarrer avec elles. Là, j'ai fait comme pour les fameuses grenouilles : j'ai fait chauffer l'eau tout doucement, pour m'habituer. Petit bout par petit bout, encore une fois ? Punaise, me suis de nouveau faite avoir.

Notons que là-dessus, la fonctionnalité "niveau 2" susmentionnée est admirablement bien fichue : je n'ai besoin de solliciter Monsieur Bout pour rentrer le fameux mot de passe que pour alléger un paramètre / faire sauter une limite. On me laisse en revanche tooooute liberté pour durcir un paramètre : par exemple, 
  • si j'ai une limite à 5 minutes / heure sur instagram, le compteur est bloqué, je ne peux pas la passer à 6 minutes par heure sans le fameux Sésame, 
  • en revanche réduire à 4 minutes, 3 minutes, 2 minutes ? Mais tout de suite ma bonne dame ! En revanche une fois que c'est descendu à 4 minutes, eh, c'est sur la nouvelle limite que le verrouillage s'applique désormais, hein, donc faudra le mot de passe pour remonter ! Bien attrapée. 
J'ai donc pu gérer cette progressivité tout à mon rythme, tranquillement, dès que je me sentais capable ou que le besoin s'en faisait sentir. Et je continue à le faire (soutenue en cela, d'ailleurs, par la 2ème appli annoncée - teasing)

2. Opérer un Blocus total 

Une de mes bêtes noires pendant un long moment a été un jeu au potentiel vidage de tête extrêmement puissant et particulièrement attirant aux périodes émotionnellement et intellectuellement très chargées qui ont émaillé mes 3 dernières années. 
  • J'avais notamment identifié que la force d'attraction de ce jeu était amplifiée par le fait qu'il ne me stressait pas du tout (parce que franchement les jeux où on a une contrainte de temps / un minuteur pour réussir à faire des choses ça me tue puisque ça me rajoute un stress dans une vie qui n'en manque pas, merci.) Ce jeu, lui, était tout gentil : il me laissait tout le temps du monde pour arriver à mes objectifs; et bien lui en faisait puisque du coup j'y passais effectivement tout le temps du monde. Flûte. 
  • 0 pression, 0 danger. Le paradis... artificiel, hélas.
Après moult tergiversations, j'avais finalement décidé la désinstallation du jeu, pour couper le mal à la racine. Solution extrêmement efficace.... jusqu'à ce que quelques mois plus tard, je me dise "Oh mais Gwen, tu t'es bien désintoxiquée, tu peux le réinstaller et avec l'aide de Stay Focused cette fois-ci ça ira très bien."  Ben non.
Volonté = 0 sur ce plan, Stay Focused aidait, mais c'était tout de même source de frustration énorme (car passer 10 minutes par jour sur ce jeu ne mène nulle part, mais passer plus mène à ma perdition).
Donc après plusieurs allers-retours en mode 
  1. j'installe avec limite Stay Focused, 
  2. je fais sauter la limite / l'élargis trop (oui, ce sont quasiment les seules fois où j'ai eu recours au mot de passe de Monsieur Bout), 
  3. je désinstalle, 
  4. et rebelote, 
j'ai changé mon fusil d'épaule. J'ai eu recours à une autre ruse : j'ai laissé le jeu installé, oh oui. Mais son blocage est paramétré ainsi : 7J/7, de 0h à 24h. Eh. Blocage total. 
  • Qu'il m'est plus facile de respecter qu'un blocage partiel (puisque désintox), 
  • et qu'il m'est plus difficile de faire sauter sur un coup de tête (puisque mot de passe) que ce que demanderait une réinstallation après désinstallation. Notez que je pourrais bloquer l'installation d'applis avec Stay Foused, mais c'est un paramètre auquel je n'ai pas recours car il m'empêcherait de faire des choses utiles, parfois. Par exemple, installer l'autre appli au sujet de laquelle je vous ai déjà annoncé monts et merveilles, et j'en rajoute une couche.
Libérée, délivrée !

3. Sexyfier un peu le truc.

Après pas mal de temps d'utilisation, j'ai fini par réaliser que je négligeais complètement  un paramètre de l'appli qui pouvait pourtant augmenter encore son efficacité : la possibilité de personnaliser l'écran qui s'affiche quand on se heurte à une limite, à la fois dans son aspect (couleurs, image), et dans le message qui s'inscrit (texte et recours aux emoji). Parce qu'en fait :
  • un écran sympa, ben ça m'aide, c'est joli, ça adoucit la limite
  • un message bien rédigé, c'est motivant : j'y inclus généralement deux éléments : 
    • un rappel du sens de la limite, 
    • et une redirection vers des activités à privilégier. Par exemple, mes limites du soir me rappellent que je serai mieux à dormir, d'autres limites vont plutôt me suggérer d'aller me promener, lire qqch, passer du temps avec mes enfants ou appeler une copine.

Je suis pleine de gratitude pour cette appli, qui m'a permis de reprendre le contrôle de mon téléphone, et me permet de le faire de mieux en mieux, puisque je continue à grignoter régulièrement. Amélioration continue, toussa.

  • J'en ai d'abord testé la version gratuite, qui permet de bloquer jusqu'à 5 applis, et m'a permis de vérifier qu'il était véritablement efficace sur les applis qu'il bloquait, 
  • puis j'ai investi dans la version payante.
Mais pour tant de bienfaits, me direz-vous, je casse probablement ma tirelire / démolis mon PEL ? 
Que nenni.
8,49 euros / an, vu 
  • le temps que ça me fait gagner
  • la charge mentale en moins (énergie mentale à m'empêcher de ...)
  • la culpabilité économisée ?
C'est une affaire de fous, y a pas à tortiller.

Je précise que cette appli que j'aime d'amour
  • fonctionne, il me semble, aussi sur PC, ce qui peut être très utile. Ma capacité à perdre du temps sur Internet est surtout favorisée par mon téléphone, donc je n'ai pas testé la version PC, mais je crois que ma plus jeune sœur y a recours.
  • fonctionne sous Android, donc, si vous avez une pépite équivalente pour Apple, les commentaires, et leurs lecteurs subjugués, accueilleront vos recommandations circonstanciées avec beaucoup de considération !
Et si vous utilisez ou vous mettez à utiliser ce petit bijou, je lirai vos retours avec intérêt ! (poke à une certaine E.)