mardi 26 janvier 2021

J'ai testé pour vous : la box de vêtements Lookiero

Vous noterez l'hypocrisie du titre : genre c'est pour vous que j'ai testé. 

Je me suis immolée pour vous permettre de découvrir le chemin vers le Style et donc, un peu, la Véritude.

En réalité : 

  • point 1: j'avais pris plus de 30 kg pendant la grossesse de H., et j'avais eu largement le temps, quand je les trimballais péniblement d'un point A à un point B (pas trop loin le point B pitiéééé), de me demander si ils repartiraient un jour, tous.
  • point 2 : H. étant intolérant aux protéines de lait de vache passant dans mon lait, il a réussi le tour de force de me mettre au régime. J'ai fait 3 mois complets sans beurre avant d'avoir droit de le réintroduire ; et pour le moment le fromage et tous les autres produits laitiers ne figurent, dans mon alimentation, qu'à l'état de fantasme. Ce qui est assez efficace niveau dégommage de calories.


C'est donc pour célébrer la récupération de mon corps (de rêve. On ne rit pas !) que j'ai succombé au mal absolu. 

Après 2-3 ans à ne m'être acheté que très peu de vêtements, et quasiment aucun vêtement neuf (j'ai fait dans le seconde main / vide dressing des copines), j'ai acheté du neuf, pas français, bref : le mal, je vous dis! 

Ce billet n'est donc pas un billet ZD, c'est un billet de la nana qui se réapproprie son corps et qui a eu envie d'un petit relooking, de se voir autrement, d'un rafraichissement de sa garde-robe, et ce d'une manière compatible avec le fait que les virées shopping ne font absolument plus partie de son quotidien, ni même de ses souhaits.

Quand j'ai commencé à redescendre dans les tailles de pantalon portées (42 grossesse ultra distendu ; 40 grossesse ; 40 pas grossesse ; 38 pas grossesse tout détendu), j'ai commencé à loucher sur les pubs que Facebook me mettait honteusement sous le nez, et quand 

  • 1. notre compte bancaire s'est enfin rempli suite au racket de la Sécu + au paiement de certains clients et 
  • 2. j'ai enfin enfilé un 38 pas grossesse pas détendu, entendu 4 "ah mais t'as vachement perdu c'est fou" en 24h, et réalisé que c'était le seul pantalon de cette catégorie qu'il me restait, 

j'ai cliqué sur une pub Lookiero. (pourquoi eux et pas une autre ? car ils ne sont pas les seuls à proposer ce système. Ben un peu au pif et beaucoup parce que eux ça fait un bail qu'ils le font, et qu'une copine avait déjà testé donc j'avais plutôt confiance)


Le principe de Lookiero

  • on s'inscrit et on remplit un profil très détaillé sur notre morphologie, notre style, ce qu'on aime, ce qu'on veut (ou ne veut pas), y compris le contexte (fringues pour le boulot, pour la maison, pour des occasions...). Pour les aider à nous cerner niveau budget, on doit notamment choisir entre 3 fourchettes de prix pour répondre à la question "combien mettez vous généralement pour une robe".
  • une personal shopper (trop la clâââsssss) lit tout ça et nous envoie 5 pièces correspondant généralement à 2 tenues dans un charmant carton
  • on essaie chez soi, et on renvoie ce qui ne nous plaît pas dans l'enveloppe prépayée contenue dans notre colis. Ce qu'on garde est alors débité de notre carte bancaire. Si on garde tout, on a moins 25% sur la totalité de la box, ce qui est assez incitatif.
  • c'est sans abonnement : on peut dire "envoyez moi une box tous les 1-2-3 mois" mais ce n'est pas obligatoire, et on peut changer d'avis à tout moment (parce qu'en fait ça ne joue pas sur les tarifs, il n'y pas de ristourne du style "si vous vous engagez pour 3 colis, -30%")


Mon expérience 

(je précise que ce billet n'est pas sponsorisé ou quoi que ce soit)

J'ai succombé début décembre

  • J'ai adoré remplir mon profil, ça a aussi contribué à me mettre dans une humeur "fille", ludique. Je ne dirais pas "vamp", mais en tous cas j'étais en mode "je prends soin de moi" et ça faisait du bien!
  • Ensuite, j'ai adoré attendre mon colis, je me suis sentie comme une gamine attendant le Père Noël, le suspense était à son comble.

On est livré chez soi et donc en rentrant d'un RDV pro mon colis m'attendait (j'avais eu le SMS comme quoi il arrivait ce jour là donc autant dire que je piaffais), il était boooo et bien emballé.

Le contenu : ca m'a déstabilisée

  • un jean très skinny; je n'en avais jamais porté. 
    • J'ai commencé par être pas contente, et Monsieur Bout était perturbé / pas super enthousiaste car chamboulé dans ses habitudes. Puis en me reregardant dans le miroir j'ai observé à quel point on voyait bien que mes kg de grossesse étaient partis en vacances sans moi, et ... 
    • ben en fait depuis qu'il est là je ne porte quasiment plus que lui. Il était parfaitement taillé pour moi (alors que j'ai souvent du mal à trouver des pantalons adaptés à ma morphologie), hyper confortable, m'a valu un paquet de compliments, et je ne l'aurais jamais, jamais essayé dans un magasin. Ou reposé direct.
  • un petit pull vert pâle : impeccable ! Celui-ci était à fond dans mes goûts, pas une seconde d'hésitation
  • un chemisier à motifs : différent de ce que j'aurais acheté, idem réaction un peu interloquée, puis ... oui ben il allait très bien avec le jean franchement ! 
    • Puis j'ai réalisé qu'il était en 100% viscose ce qui ne respectait pas ce que j'avais mentionné clairement dans mon profil : je ne voulais que des matières naturelles, surtout en haut. Cette non-prise en compte m'a un peu frustrée, mais bon, en même temps, ça m'a permis d'être raisonnable. 
    • Par ailleurs voir cette chemise m'a rappelé que j'en avais une d'un style un peu voisin quelque part (récup d'une copine), et je suis allée la rechercher au fin fond de mon placard, là où toute seule je n'aurais pas pensé à la conjuguer avec mon nouveau jean. Héhé.
  • une jupe à volants, un peu bohème, mi-mollet. Très à la mode mais je n'ai pas aimé du tout. Bon, ils avaient pris en compte le fait que j'avais spécifié que je ne voulais pas de jupe trop courte, mais à l'arrivée, j'ai trouvé que celle-ci faisait très mémé sur moi. Ratééééé
  • un gilet fin gris. Joli et doux. Mais en le mettant j'ai réalisé que j'avais déjà assez de gilets dans ces coloris / styles, donc j'ai un peu hésité avant de choisir d'être raisonnable.

J'ai donc gardé 2 vêtements sur 5, ce qui m'a coûté environ 80€, et renvoyé le reste. 

Renvoi hyper facile.  On met les vêtements dans l'enveloppe pré-affranchie et on dépose ça dans un Relais. 

Quand on renvoie, on doit remplir (en ligne) un petit questionnaire de retour sur chaque article pour dire ce qui nous a plu ou pas dedans... (ce qui va aider à aiguiller notre personal shopper en cas de nouvelle commande).

Et du coup, ma réaction à réception plus l'écriture du feedback de renvoi m'ont permis de réaliser avec plus de clarté ce dont j'avais envie.

Alors, hop...

Dès la fin décembre, j'ai relancé une commande.

  • Là encore, effet "lettre au père noël", puis "attente du père noël" très agréable
  • et là encore, arrivée du colis : déstabilisant.

Sur le coup, j'ai été même franchement déçue; dans ma 2ème demande j'avais réaffirmé mon aversion systématique pour les matières non naturelles en haut, et ça a été écouté cette fois, mais aussi très explicitement demandé "de la couleur pour mettre du peps dans ma garde robe" et j'ai eu

  • un jean skinny vert.... mais vert très foncé. Pour la couleur on repassera.
  • un pantalon bleu marine ample plutôt élégant; lui m'a perturbée. J'ai hésité. Il répondait aussi à un des desiderata annexes exprimé pour cette 2eme commande : "qqch avec une ceinture" et c'est par le biais d'un essayage What's App avec une copine que je l'ai finalement apprivoisé. Et mis derechef pour un RDV pro.
  • un petit haut blanc avec empiècements de dentelle : lui répondait à une demande explicite de ma part; je me suis rappelée que j'avais adoré un "haut avec dentelle" essayé qq part il y a... 3 ou 4 ans (mais BEAUCOUP trop cher) et donc je me suis dit que j'allais missionner Lookiero pour me trouver qqch de ce style. Ils ont donc très bien répondu à la demande, si ce n'est qu'à l'arrivée ce qu'ils m'ont trouvé ne m'a pas plu plus que ça. En tous cas pas au point de le payer.
  • un pull vert kaki : argh. Idem, bonjour la couleur... et la forme était confortable mais un peu ample... Raté pour le côté "je me réapproprie mon corps / je me sens séduisante".
  • un gilet court à grosse maille bleue. Forme très à la mode mais Monsieur Bout et moi avons eu le même verdict impitoyable : on dirait un gilet de mémé.

En synthèse 

  • L'aspect logistique, père noël, etc, est super bien géré, fluide, et très agréable
  • c'est peu risqué car pas d'obligation d'achat. A savoir : 
    • les frais de Personal Shopper sont de 10€, ils sont déduits des achats, ce qui signifie que dès qu'on garde un article du colis, hop, ils disparaissent. Mais que si on prend 0 article car rien ne nous plaît, les 10 € sont pour notre pomme. 
    • Sauf, justement, lors du premier achat car il y a toujours un code promo "spécial première commande" qui permet de faire sauter ces 10 euros là.
  • il est important de prendre le temps de spécifier ses souhaits... tout en sachant que parfois on se demande si c'est écouté..., et ça, ça peut être franchement frustrant !
  • La qualité est OK, il y a de tout niveau provenance : des marques connues et d'autres non, des pantalons en coton équitable bio, et des machins produits en Chine;
  • L'aspect vraiment chouette à mes yeux : ça peut vraiment permettre de découvrir des nouveaux trucs, tranquillement chez soi, qu'on a donc plus le temps d'apprivoiser que dans une cabine d'essayage. 
    • On a 5 jours pour faire son choix, donc par exemple j''ai essayé 3 fois certains articles de ma 2ème commande avant de me décider : le soir en la recevant, le lendemain matin à la lumière du jour, et le jour suivant. Ca évite à la fois de se décider à la va-vite pour un vêtement qu'on va regretter derrière, ou de rejeter à la va-vite aussi quelque chose d'un peu inhabituel
    • il faut compter avec l'effet de surprise : on n'est pas forcément ravie au déballage ! (et on a le droit de le rester après d'ailleurs) Le jean skinny de la première commande et le pantalon ample de la 2ème sont clairement des machins qui m'ont interloquée au départ ... et je suis ravie de les avoir à présent!


Tout ça pour dire qu'à l'arrivée, je ne suis pas "over enthousiaste" du concept, mais quand même plutôt contente, car j'ai pu me faire plaisir et découvrir de nouvelles choses d'une manière à ma portée de fille surbookée avec des mômes, un boulot, et l'envie de quand même se voir sous un jour différent.

Bon, voilà, j'attends qu'ils aient réceptionné mon retour du 2ème colis pour lancer la commande d'un 3ème (oups).

Car dans la série "ils écoutent pas toujours ce qu'on leur dit", le 2ème colis ne contenait hélas aucune jupe et j'aimerais bien explorer ça. Et puis comme j'ai bien réinsisté sur l'histoire des couleurs dans mon feedback de retour, je suis curieuse de voir ce qu'ils vont pouvoir me pondre ...

Bref, y a pas de hasard : je suis un peu accro au concept, et je peux faire le rapprochement avec ma passion pour TooGoodToGo : j'ai bien peur de beaucoup aimer les surprises.

Par ailleurs je vous avoue que je lorgne aussi sur certains de leurs concurrents. Je testerais bien "La Malle Française" par exemple, mais la gamme de prix est supérieure... Des retours parmi vous, peut-être ? ;-)

jeudi 21 janvier 2021

Maman & Micro-entrepreneuse : l'idéal pour la conciliation vie pro / vie perso ?! (ou paaaaaaas)

Ce blog est fouillis.
Ce blog recouvre un max de thèmes puisqu'il sert d'exutoire à pas mal de questions qui saturent mon cerveau.
Et donc, parmi les graaands sujets de ce blog, il y a, il y a eu, il y aura toujours : comment qu'on concilie, quand on est maman (parent), le fait d'avoir des enfants, de s'en occuper (parce que c'est vrai que je pourrais les sous-traiter H24 et jet-setter à travers le monde. Mais je n'ai pas choisi cette option - et cette option ne m'a pas choisie non plus, comme ça tombe bien), mais aussi d'avoir la vie pro qu'on souhaite ?

Je souligne "la vie pro qu'on souhaite" : il ne s'agit pas d'avoir la vie pro que les gens estiment qu'on devrait avoir et/ou souhaiter, mais bel et bien celle qui nous épanouit, qui cadre le mieux avec nos souhaits. Souhaits pas toujours évidents à discerner, d'où ma réflexion sur les différents besoins que peut couvrir une activité pro; d'où il s'ensuit qu'avoir "la vie pro qu'on souhaite" peut signifier : avoir zéro vie pro, si zéro est la quantité qui nous convient, à tel ou tel moment de notre vie.

Bref. Ma manière de concilier vie pro et vie perso a évolué dans le temps et sur le blog. Depuis que je suis maman, j'ai été 
  • pro à 80% avec un enfant et un mari à 100%, 
  • à la maison pour cause de congé maladie /grossesse prolongé, 
  • de nouveau pro à 80% avec 2 enfants et un mari au chômage, 
  • pro à 80% avec 2 enfants en bas âge et un mari à 120% (la mort), 
  • pro à 50% ,
  • maman à 100% bicoz chômage… 
  • puis j'ai créé ma micro entreprise.

Bientôt 3 ans après, voici un petit bilan des + et des -

Commençons par les PLUS

1. Le point essentiel pour moi : la capacité à mener de front charge de boulot et enfants. 
Etre à son compte permet souvent bien plus de souplesse (selon son secteur d'activité) et c'est le cas pour moi.
  • je peux moduler mon temps de travail et gérer mes contraintes perso sans devoir rendre compte à qui que ce soit. Mes clients n'ont pas besoin que je me justifie (en tous cas, c'est à moi de ne pas le faire) : si je ne suis pas dispo pour eux, peu importe que ce soit parce que je bosse pour un autre client, ou que je gère ma famille. Donc ce n'est pas retraduit en termes de "elle n'est pas impliquée" comme c'est trop souvent le cas dans le monde salarié.
  • Je peux m'organiser à ma guise pour être dispo pour mes enfants quand ils sont dispo pour moi, et caser du boulot à des endroits qui ne me "coûtent" pas de temps-enfants : 
    • retravailler le soir, 
    • profiter de 20 minutes de calme pour finaliser un mail, 
    • avancer sur un dossier ou caser une conférence téléphonique sur les 40 minutes qui s'écoulent entre le moment où on a déposé l'aîné à son RDV psy et le moment où on doit l'y récupérer, 
    • gérer de front un appel pro pas trop prenant et la cuisson de ses confitures.
Etre à son compte permet donc de faire effectivement beaucoup, beaucoup de choses...mais ça peut avoir un prix : l'épuisement. Nous en reparlerons.


2. Ratio temps de travail / fric très positif pour ma part. 
Et notamment le fait que, si je bosse plus, je gagne plus (pour peu que je sache bien border mes contrats - ce qui est une autre histoire et invite à se poser la question de la juste valeur de son travail, de la juste valeur de l'argent, en se débarrassant au passage d'éventuelles inhibitions). 
Ca me change de mon ancienne vie de cadre au forfait jours et donc aux horaires extensibles sans autre contrepartie financière qu'une éventuelle augmentation ou une royale petite prime...

Reprendre mon PC le soir pour finaliser un truc se vit quand même différemment quand c'est quelque chose qui se traduira par des espèces sonnantes et trébuchantes. 

Je l'ai particulièrement ressenti il y a 18 mois, quand je suis partie 1 semaine en Asie animer des ateliers de communication multiculturelle. J'ai bossé comme une tarée avant et pendant, mais après, ça a été un weekend en amoureux à nous vautrer dans le luxe d'un Spa 4 étoiles, et, vraiment, j'ai énormément apprécié ce lien direct entre investissement et récompense, et ce weekend en avait une saveur particulière.
De la même manière, j'ai bossé comme une tarée en novembre et décembre, et du coup, même si janvier est plus calme et qu'une partie de moi est tentée de dire "euh, faudrait remplir un peu plus quand même", je suis aussi capable de me dire "pas la peine, tu as encaissé largement au dessus du budget prévisionnel le mois dernier, détends-toi et profite un peu".
Idem la gestion des mails : quel cadre (et beaucoup de non-cadres) ne souffre pas du syndrome de la boite-mail-qui-dégueule avec ses 574 mails non lus ? Je vais vous faire fantasmer : je n'ai pour ainsi dire plus de mails pro non-lus. Parce qu'autant, en entreprise, l'envoi et la mise en copie de mails semblent relever du sport national, autant, quand on est indépendant, les clients nous spamment avec beaucoup, beaucoup plus de discernement puisqu'ils savent bien que le temps que nous passons à lire leur prose n'est pas gratos (pour peu, encore une fois qu'on ait été claire sur le sujet)

3. Capacité à maximiser l'intérêt du temps passé au travail 
Quand j'anime des formations sur la gestion de la motivation, je souligne qu'on a tous, dans nos boulots, une part de choses qu'on n'aime pas. L'important est de respecter un certain ratio : 
  • 80/20 est qqch de sain, 
  • au delà de 70/30 on risque l'épuisement, voire à long terme le burn out, puisque trop de nos ressources vont dans des choses qui ne nous ressourcent pas, justement. 
Très clairement, depuis que je suis indépendante, l'intérêt de mon job a été dopé; je l'aimais à la base, mais je n'avais pas anticipé le constat indéniable que je fais maintenant. En tant qu'indépendante, j'ai la liberté de mes missions, de mes clients, et, du coup le sens de ce que je fais n'a cessé d'augmenter. Si bien qu'à présent j'évaluerais mon ratio à 90/10 voire même 95/5... Je n'ai plus ou moins gardé de mon job que les aspects qui ont le plus de sens pour moi. C'est ... KIFFANT.

4. Capacité, bis : être indépendante me permet également de répartir mon temps de manière à inclure une activité pro annexe pleine de sens
Si 95% de mon chiffre d'affaires repose sur mon activité RH, et que c'est là dessus que je compte pour nourrir la famille, ma micro entreprise me permet également d'"abriter" les ateliers et conférences Faber et Mazlish que j'anime, et c'est particulièrement réjouissant. 
Avec un bémol : le temps passé à Faber & Mazlisher étant très substantiellement moins rémunérateur que le temps passé à RHer, je peux libérer du temps RH (faire moins) pour Faber et Mazlisher, mais pas trop non plus sinon, pas de beurre dans les épinards (remarquez, en ce moment, IPLV de Mister H. aidant, j'ai moins droit au beurre, alors on s'en fout?), voire pas d'épinards du tout maintenant que nous avons complètement revu l'équilibre budgétaire de notre famille et que celui-ci repose sur moi, moi, et remoi.

5. Capacité du coup à développer encore cet intérêt ! 
Je suis libre du choix de mes clients, et ne manquant jamais de business, je peux me permettre de refuser ce qui ne me va pas, et privilégier ce qui m'intéresse davantage, que ce soit en terme de missions (thématiques), ou de clients : je n'ai plus à bosser avec des gens relous, à supporter des réunions récurrentes avec quelqu'un de mal embouché, à faire avec le despotisme de gens toxiques. 
  • Si je ne "sens pas" mon prospect, je ne le transforme pas en client, c'est tout. 
  • Un client me plaît ? Que ce soit un grand groupe ou une petite start-up, c'est à moi de voir avec lui dans quelle mesure nous pouvons encore élargir notre collaboration. 
A moi cependant de faire gaffe et de choisir avec soin.... Il m'est déjà arrivé de m'être maudite d'avoir accepté telle ou telle mission ;-) Mais c'est une leçon très formatrice. Et comme il s'agit de missions, l'embêtement est d'assez courte durée, et la leçon, elle, pour le long terme.
Dans tous les cas c'est ainsi que peu à peu, la partie formation managériale et/ou multiculturelle de mon activité s'est développée, puis la partie coaching pro. Des thématiques qui me font baver d'enthousiasme. Or comme on est toujours meilleur dans ce qui nous transporte, le cercle vertueux fait que mon efficacité au boulot augmente aussi, donc plus de clients dans ces domaines, donc plus de succès, donc ....etc. 
Autre aspect : moi qui aime la diversité, je suis servie. Je ne suis pas limitée par une définition de poste, je vais faire un peu de généraliste là, un peu de formation ici, de l'outplacement, ... uniquement ce que j'aime, mais tout ce que j'aime, sans avoir à choisir. Du coup je reste compétente dans tous ces domaines, et ce que j'apprends dans l'un enrichit ce que je fais dans l'autre.

TOP du top, hein ?


Avec quelques MOINS néanmoins.

1. En grand un, cette fameuse charge mentale 
Etre maman et à son compte, c'est
  • gérer les enfants, les repas, les courses, les habits (changer de taille de saison, approvisionner, laver, ranger), 
  • mais aussi leur garde : que d'énergie dévouée à bricoler une solution en fonction de son planning en constante évolution ! Les mamies au pair ont pu aider sur ce plan-là... sauf quand les relations délicates avec elles venaient encore alourdir la charge mentale. (mais celles avec qui c'était fluide, c'était le pied !!).
  • Et parfois, incompréhension du conjoint quand on le sollicite en dernier recours bicoz foirage des plans A B C et D et nécessité absolue de caser les enfants. (ça, ça a été très dur à gérer du temps où Monsieur Bout avait encore une vie pro, et la source de tensions aigües... et donc d'un surcroît de charge mentale)
cf le point suivant.

A cela s'ajoute un planning en constante évolution donc aucune routine sur laquelle se reposer
Idem sur le mercredi : conduites diverses, RDV, passer du temps avec les enfants, Shiva bonjour !
Et en tant qu'indépendante, en couple avec quelqu'un de non-indépendant, on est la personne qui reste dispo pour les histoires de plombier, gère les livraisons de bois de chauffage, les factures, les RDV médecins ou les interactions ultra fun avec la Sécu.

2. Une activité indépendante est souvent "invisible", moins vue par l'extérieur. 
Ca n'est pas considéré pareil, puisque sans horaires officiels. 
Et en particulier, c'est souvent moins réalisé par l'autre partie du couple : on est à la maison, non ? 
Ou on rentre avant le conjoint donc c'est tout comme. 
Le fait que peut-être l'heure qui a précédé son retour à lui a pu être consacrée en priorité à la gestion des enfants (logistique : douche, préparation du repas par exemple; et affective : câlins, jeux) et non à la gestion de la maison (ranger la maison, faire ranger les chambres …) échappe facilement à son attention (avec parfois la petite remarque qui fait plaisir merci).

3. Travailler en indépendant, c'est gérer son planning soi-même, mais aussi ses incertitudes de planning et de charge 
En ce qui me concerne, en tous cas, ma visibilité sur mon business est réduite, ma charge fluctue, et je ne sais jamais trop quelle tête auront les semaines et mois à venir. 
On a le stress d'être en sous-charge alors on se démène pour dégoter des affaires et puis pouf, tous les prospects se transforment simultanément en clients et on se voit mal les refuser. L'affaire part sur tant de jours et pouf, elle enfle. Ou inversement, on se croit full, puis pouf, un projet est divisé par 2, un autre est annulé, un 3ème est reculé.
Bon personnellement, à l'arrivée, cette dynamique chez moi cause plutôt une surcharge qu'une sous-charge: hormis mon tout début de business, puis mon tout début de retour en congé maternité, j'ai passé mon temps à me dire que "c'était la mort le planning mais d'ici quelques semaines ce serait le bout du tunnel"; tunnel magique se prolongeant à chaque fois que je m'approchais de sa fin. (c'est pas pour rien que ce billet de blog est le premier depuis aussi longtemps)

4. Et lié à ça, il y a aussi l'incertitude financière / trésorerie
  • Vais-je rapporter assez ? (même si dans les faits j'ai toujours trop de business, je ne suis jamais sûre que ce sera toujours le cas, eh) 
  • Quand vais-je être payée ? Un point que j'avais totalement sous-estimé à mes débuts, mais que j'ai vite réalisé quand mon premier client m'a réglée plus de 3 mois après le début de prestation. 
Autant dire que pour pouvoir gérer cet aspect là, il faut 
1. des nerfs d'acier ou 
2. ne pas être dépendant de ce revenu pour payer les factures immédiates ou 
3. s'en être rendu moins dépendant en constituant un très gros matelas financier immédiatement disponible (ce qui est typiquement ce à quoi nous travaillons maintenant que nous n'avons plus le salaire de Monsieur Bout pour tabler sur le point 2).
Faute de tout ça, bonjour à un surcroît de charge mentale quand le compte en banque s'orne de jolis chiffres rouges.

A ces aspects standard de la vie micro-entreprise se sont rajoutés chez moi d'autres éléments
  • l'écriture d'un bouquin n'a pas amélioré le truc pendant mes premiers moments d'indépendante.
  • la charge mentale des interrogations existentielles du mari sur sa vie pro
  • le poids des finances liées avec les perspectives qui se dessinaient d'une rupture de cette vie pro
  • plus les inquiétudes autour du bien-être de l'aîné (y compris, serrer les fesses en allant chercher son fils à l'école car on sait qu'on risque de se prendre des retours négatifs après l'école, et qu'on ne sait pas dans quel état on va retrouver un fiston; proba : survolté)

Bref, tout ça, ça m'a menée pas loin du burn-out il y a 18 mois.
Heureusement, nous avons pu réajuster peu à peu pas mal d'aspects, le premier étant que Monsieur Bout prenne conscience de tous les aspects cachés de l'activité, le second étant que je baisse mon propre niveau d'exigence.
Ce qui est drôle d'ailleurs, c'est que ça m'a rappelé le début de fatigue connu quand j'étais à 50 % : le piège du 50%, le piège de l'indépendante, c'est qu'on a tendance à se coller et à nous coller les exigences de la "femme active professionnellement" ET de la "maman au foyer" : bosser ET avoir une vie sociale ET faire de la bonne cuisine ET...et.et.
C'est pourquoi si ce billet devait avoir un titre alternatif, ce serait : Maman & micro-entrepreneuse... le dangereux mythe de l'ubiquité.




Mon bilan reste donc positif : hors de question pour moi, à l'heure actuelle, de repasser dans le salariat. Mais j'ai mesuré certains des points potentiellement dangereux, et je me suis dit que ce retour d'expérience pourrait servir à d'autres. Si vous avez des partages complémentaires à apporter, ce sera avec joie !

Aujourd'hui, c'est encore un autre rythme que nous avons : car clairement, être maman et micro-entrepreneuse, c'est une tout autre manche avec un mari au foyer

Mais ça ne se traduit pas par beaucoup de temps libre non plus, comme vous aurez pu le constater au délai indécent qui s'est écoulé sans le moindre billet sur le blog. 
Je suis cependant pleine de bonnes résolutions (et surtout d'une furieuse envie de vous blablater), avec notamment, en théorie, un billet sur le sommeil des bébés et un autre orienté... fashion, à sortir bientôt 
(Ouais : je suis une fashion victim. 
Je vais me réinventer en blogueuse mode. 
Comptez-dessus. 
OU PAS.)