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lundi 11 novembre 2024

Habitica X Faber et Mazlish : le crossover !

Peut-être avez-vous lu mes derniers billets sur Habitica, l'appli de productivité qui me dope/préserve ma santé mentale depuis 5 mois. Si ce n'est pas le cas, courez-y vite! 

Accessoirement, je viens de tester l'efficacité en période adverse : elle m'a bien aidée à limiter les sorties de route / reprendre du poil de la bête durant ces semaines d'entorse et de vacances, circonstances pourtant parfaites pour chambouler les bonnes habitudes et perdre tout rythme.

Aujourd'hui, voici la mise en œuvre d'une idée qui m'était venue en vous écrivant lesdits billets : utiliser le système de challenges collectifs existant sur l'appli pour à la fois


J'ai donc créé un challenge sur Habitica. Si cela vous fait envie, voici le lien.

https://habitica.com/challenges/f2ab8f33-ec6e-4840-969a-212af767f89e

Pour rappel

  • Habitica est une appli (smartphone, ordi) gratuit, vous pouvez y filer profiter du challenge sans rien débourser
  • Une fois que vous cliquez sur "rejoindre le challenge", les tâches correspondantes viennent rejoindre votre liste de tâches et y resteront tout le long de votre participation au challenge : venant donc servir de déclencheur idéal (cf loi 1 de Atomic Habits), au quotidien, pour vous inciter à agir, par petites touches, dans le sens qui vous tient à cœur

par ailleurs

  • ce challenge sera structuré de la même manière que des ateliers Faber et Mazlish : en 7 parties, chacune correspondant à un chapitre du bouquin phare "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent".
  • Je lancerai un challenge (= 1 partie) tous les 15 jours environ (ce sera plus espacé autour de Noël) : on est donc partis pour 3 gros mois ensemble.
  • Je le publie à chaque fois en mode bilingue : anglais et français.
  • ça démarre le 16 novembre, il est bien évidemment possible de s'y rajouter en cours de route.
  • y a moyen de bien se marrer je pense.

Au plaisir de peut-être vous y retrouver !





jeudi 25 juillet 2024

Marcher à fond / 10 000 pas par jour

Mon public adoré (que je néglige mais qui m'adore quand même en retour) n'est pas sans savoir que la Gwen est devenue une grande sportive. Je me suis d'ailleurs préparée d'arrache-pied aux JO. Si si! (pour les éviter ; franchement, je n'ai jamais été aussi contente de me résolution d'indépendante prise il y a 2-3 ans de m'offrir 6 semaines de vacances chaque été!)

Cela demeure très vrai. Pour la première fois de ma vie, quand on appuie sur certains endroits de mon ventre, y a des endroits durs. (rectificatif : à 3 périodes dans ma vie, cela a été le cas : quand mon ventre était habité et qu'on appuyait sur le crane du bébé; je crois que ça ... compte pas du coup. Zut.), car pour la première fois, j'ai des abdos. Avec du gras autour, hein, je vous rassure; mais le gras n'est plus tout seul ! Il partage l'espace ! Il est même tenu par le muscle. Bigre.

Et je ne me suis pas arrêtée là. J'ai commencé à marcher plus. Au départ simplement pour soutenir ma perte de poids / remise en forme par des activités complémentaires au sport de compét'.

Puis... déclencheur externe toussa....

  1. une étude absolument époustouflante m'est tombée sous les yeux, mettant en valeur l'effet dopant de la marche sur tout le corps, et la santé, certes, à court moyen et long terme... mais aussi l'effet instantané que celle-ci a sur le cerveau.
  2. cet automne, je me suis équipée d'une nouvelle appli de comptage de pas. Car celle que j'avais initialement était bien sympa MAIS il y avait un mais : en une petite année j'avais fini par rafler toutes les récompenses / trophées / objectifs à atteindre dedans, du coup, plus de carotte virtuelle, or moi, je fonctionne beaucoup à la carotte, virtuelle ou non. 
Le jeu, le défi, c'est ma came.

Cette nouvelle appli s'est révélée parfaitement adaptée à mon mode d'action, et m'a bien poussée à l'action puisqu'elle 

  • distribue des points (nommés Wards, il s'agit de l'appli WeWards, je vous laisse apprécier le subtil jeu de mots ; nonobstant cette utilisation de l'anglais, l'appli en question est française, cocorico) en fonction des pas faits. Donc ça pousse tous les jours, à marcher le plus possible puisqu'on peut choper des points en plus
  • transforme ces points en sous. Si si ! 
    • Bon je casse le mythe tout de suite, le "taux de change" des Wards n'est pas mirobolant, n'abandonnez pas votre job pour partir sur les chemins ça va être compliqué. 
    • Mais c'est toujours de petites sommes au bout d'un long moment; sommes qu'on peut se faire virer, ou dont on peut faire don à une asso, soit dit en passant
  • on peut se relier, si on le veut, avec des copains / membres de la famille, du coup Monsieur Bout et certaines de mes sœurs sont dessus, on s'applaudit mutuellement. Ce côté social peut être un encouragement supplémentaire.
  • mais surtout, surtout, point le plus important pour la Gwen et son tempérament joueur : des challenges sont proposés
    • Certains sont tout le temps là jusqu'à ce qu'on les ait réussis, ils permettent de monter en niveau, par exemple : faites 10 000 pas en un jour. ou encore faites 100 000 pas en 15 jours; 
    • d'autres sont "éphémères" :ils sont dispos pendant une période donnée puis disparaissent et donc se renouvellent régulièrement : ça va être "faites 3000 pas avant 9h du matin", ou "faites 8000 pas / jours 8 jours de suite", idéal pour moi / renouveler mon intérêt, me pousser en permanence.
Et justement, par exemple, cet automne un des challenges éphémères m'a très efficacement boostée et permis de passer un cap pour vraiment mieux intégrer la marche à mon quotidien. Il s'agissait d'accumuler 480000 pas durant la coupe du monde de Rugby, ce qui était un challenge d'autant plus challengeant pour moi que la fin de la période coïncidant avec mon voyage en Thaïlande: il fallait que j'en ai fait le maximum avant de décoller car là-bas je ne savais pas trop ce qu'il me serait possible de faire. 
Je me suis donc retrouvée à me fixer un objectif de mini 12 000 pas / jour, c'était costaud.

Alors, cher public, voici mes astuces si vous voulez
  • devenir riches avec WeWard
  • et surtout : veiller sur votre santé mentale et physique au quotidien en marchant un maximum.



1. Lier la marche et le téléphone
Celle-ci a été un des points les plus efficaces, en mode : comment marcher plus dans un quotidien déjà très très rempli ? J'ai donc cherché en priorité à coupler la marche avec quelque chose d'autre. 
Et donc maintenant, téléphoner, c'est en marchant. Soit dans la maison soit dehors (je ne peux malheureusement pas faire de tours de pâté de maison au téléphone car les rues juste à côté ont un réseau pourri). 
Quand je travaille je distingue donc 
  • les appels où je vais devoir prendre des notes tout du long : je reste assise; 
  • ceux où il y a une probabilité de prise de note / consultation d'agendas : je fais les 100 pas à un étage de la maison, prête à rejoindre mon poste de travail et un bloc-notes au moment où la discussion l'exige, 
  • et ceux où c'est peu probable : je descends m'aérer en faisant les 100 pas dans la partie de la résidence où le réseau passe bien. Si c'est un appel What'sApp (ma sœur à l'autre bout du monde par exemple), je me cantonne aux abords immédiats de la maison de manière à bénéficier encore de notre wifi

Hyyyyper efficace. Tout à fait valable pour les appels non pro, du reste, et absolument génial pour les appels qui durent : parfois, après une looongue conversation téléphonique, j'étais un peu partagée en mode 

"Contente de cette longue discussion mais zut le temps a filé". 

Là, la balance penche plus facilement du côté "contente" car s'y rajoute le 

"Ha, le temps a filé mais le compteur de pas AUSSI !

Niark niark.

Tellement efficace que Monsieur Bout lui-même, qui se plaignait de ne pas réussir à caser d'activité physique dans son quotidien très rempli aussi, a fini par adopter ce combo. Et ne passe pas 3 jours sans me dire à quel point il est efficace et lui a changé la vie. 

D'autant que pour lui qui est d'un naturel moins sociable que moi, le lien téléphone-marche a des bénéfices dans les 2 sens : il passe beaucoup plus de temps qu'avant à parler à des gens ! (ce qui manque un peu, hein, dans son quotidien de papa au foyer. Ce n'est pas comme si sa reprise d'une activité pro s'était traduite par un boost de vie sociale...)

Ce mode d'intégration de la marche dans son quotidien lui fait un bien fou, et au bout de quelques semaines il a commencé à réaliser à quel point cet exercice physique doux quotidien lui était devenu nécessaire, son corps et son cerveau le réclament et il a a donc conquis le rang de top priorité dans ses journées bien chargées.


2ème combo-gagnant (puisque une des meilleures manières d'incorporer une nouvelle habitude dans son quotidien est de la lier subtilement à un autre truc du quotidien. 2-en1, parce que je le vaux bien, toussa).

Marcher avec les enfants. 

Eh ? 

Je m'explique : dans ce cas, j'ai subtilement lié la marche au "petit moment de qualité": le principe est que je vais marcher quelques minutes avec un enfant juste après le dîner, en tête à tête. Gros succès ! 

  • Ressortir après le dîner plaît énormément aux enfants, c'est l'occasion de parler, on se tient la main, on se tient la taille, c'est un gros moment de bien-être ET selon l'heure, la météo, et la motivation des parties prenantes je m'enfile 2000 à 4000 pas supplémentaires. 
    • Nous avons la chance de vivre dans un mignon petit centre-ville avec quelques petites rues quasi piétonnes très agréables à parcourir, donc ces juste quelques minutes à déambuler sont faciles à caser. 
    • Au besoin juste 1 tour de pâté de maison, petit vaut mieux que pas !
  • Je propose à un enfant alternativement chaque soir 
    • = si la fois d'avant je suis sortie avec F., alors le soir suivant c'est le tour de sa sœur. 
    • H. n'est pas encore vraiment intégré au système, je commence à le faire ponctuellement, mais alors plutôt en mode bonus : 
      • parfois avant le dîner si ça se présente (par exemple si tout est prêt, et que ne manquent que quelques minutes de cuisson pour lesquelles ma présence est superflue), 
      • ou dans l'après-midi des jours off (mercredi - weekend) quand ses frères et sœurs sont occupés autrement et que j'ai quelques minutes devant moi. 

Le système a super bien pris à l'automne; il a été suivi très en pointillés cet hiver

  • à la fois parce que quand la météo est moche c'est quand même moins incitatif (en revanche, le raccourcissement des jours rend le système limite encore plus attractif : se balader de nuit c'est encore plus sexy pour les enfants !), 
  • mais aussi en raison de mon rythme de boulot : si je rentre tard et que le diner a lieu tard, c'est pas évident (surtout conjugué avec l'effet météo : là en été, ressortir à 21h30 est agréable. En janvier, la différence entre une balade à 20h et une à 21h30 est nettement plus désagréable); et évidemment quand j'enchaîne les déplacements / sorties ou RDV le soir ça n'arrange rien ! 
  • Certaines semaines de cet hiver, je n'ai parfois pu caser qu'une seule de ces ballades nocturnes, mais j'ai remonté le rythme avec application dès le printemps. Et une ballade nocturne en tête à tête par semaine, c'est toujours mieux que 0, aussi bien pour la santé que pour les enfants.


3. Utiliser (mieux) mon temps off avec les enfants 

Avoir décidé de plus marcher, c'est aussi me motiver les week-ends et mercredis même si ils jouent tranquilles et que je pourrais m'affaler sur le canapé : 

  • plus de promenades, 
  • plus de visites à la bibliothèque (à pied).


4. Prévoir en fonction: anticiper ces temps off.

Comme je sais que je vais vouloir marcher, ça m'a obligée à plus structurer mes journées avec eux, en y pensant à l'avance.


5. Anticiper, bis : 

Avoir en tête un certain objectif de pas dans la journée m'a poussée à planifier différemment mes trajets: mes journées étant toutes différentes, j'ai pris l'habitude de regarder mes trajets à l'avance. Pour ceux que je vais faire en transports en commun, j'évalue si la somme des bouts de trajets à pied (aller prendre mon train de banlieue, faire un changement, marcher du métro jusqu'à mon lieu de rdv, etc) sera suffisante, et si nécessaire, je prends le soin, selon possibilité, de prévoir 

  • un détour ou une version plus marchante (aller prendre telle ligne plutôt que telle autre), 
  • ou encore descendre un arrêt avant, 
  • ou décider de ne pas faire le dernier changement.


6. Déambuler

Plutôt que d'attendre mes trains / métros / RER (je n'inclus pas le bus tout simplement parce que je ne le prends jamais) debout ou assise, à lire, pianoter sur mon téléphone ou mon ordinateur, j'ai pris l'habitude de faire les 100 pas sur le quai

OK, je passe peut-être pour quelqu'un de bizarre (je suggère, si le regard des autres vous intimide, de combiner alors cela avec l'astuce téléphone, ça semble beaucoup moins bizarre aux gens ; au besoin, j'imagine qu'il est même possible de faire semblant de téléphoner, huhuhu), mais ça permet de faire passer l'attente différemment

Constat marrant : j'ai observé que certains jours où je sais ne pas encore avoir atteint le quota visé pour la journée, rater un train de banlieue à 1 minute près n'est finalement pas si mal vécu : j'y vois tout de suite le côté positif. 10 minutes à déambuler sur un quai, ça va me faire au moins 1000 pas en plus, na !


7. Faire des pauses régulières quand je travaille à la maison 

Ultra puissant ! Et tellement efficace pour le cerveau.

J'ai pu tester un matin où j'étais particulièrement sous pression puisque je devais finir de préparer une intervention en visio pour l'après-midi même. M'arrêter toutes les heures pour aller marcher juste 5 minutes dehors était contre-intuitif, mais j'ai fait l'effort, et... j'ai vu l'effet sur mon cerveau ! J'ai pondu une très belle intervention, en étant en fait largement plus productive sur les tranches de 55 minutes de boulot que j'avais à dispo une fois mes mini-pauses déduites, que je ne l'aurais été sur l'heure entière. 

Astuce complémentaire : Se prévoir des prétextes vis à vis des voisins pour lesdites 5 minutes. Ca, c'est quand je ne veux pas m'aventurer hors de la résidence, ce qui est particulièrement le cas si 

  • j'ai vraiment maxi 5 minutes et/ou 
  • la météo est si maussade que la condition psychologique (= ce que je dois me promettre pour convaincre mon cerveau d'y aller) pour m'aventurer dehors est de pouvoir rentrer me mettre à l'abri illico, si le besoin s'en fait sentir. 

Pour ne pas faire d'aller-retours bêtes, j'ai recours à un alibi : j apporte nos déchets cartons dans le local poubelle de notre résidence.... mais, pour maximiser le nombre de pas, je fais cela quasi 1 à 1 : 1 aller retour avec une boîte d'œufs à chaque main, 1 autre avec 1 bouteille vide dans l'une 1 emballage dans l'autre... hop 400 pas.

Astuce complémentaire bis : se constituer des mini circuits autour de la maison : j'ai repéré que, quand je veux passer tant de minutes/ pas, je peux faire telle ou telle boucle, telle autre si j'ai 5 minutes de plus devant moi. 

Anodin ? Point du tout: cela me permet de calibrer mon effort

Et donc, de le faire vraiment, en faisant taire la partie de mon cerveau qui surévalue le temps que ça va me prendre. Ce crétin de cerveau serait bien content de souligner qu'il avait bien raison, si effectivement je me mettais en retard dans mon planning par une balade un chouilla plus longue que le temps que je lui avais annoncé (à mon cerveau. Qui est très relou, vous l'aurez compris, et notamment très compétent en "discours-multiples-me-poussant-à-l'immobilisme")


8. Me bouger dans la maison. 

Une autre conception de l'optimisation des déplacements ! Là où dans mes débuts Flylady, j'avais appris à optimiser mes déplacements en repérant l'objet qui avait besoin de sortir de la pièce et d'aller à ma destination, eh bien, maintenant, je fais volontiers le contraire : je le repère, oh ça oui, mais je le laisse à sa place pour pouvoir revenir ensuite le chercher 1 ou 10 minutes plus tard : je me crée à moi-même des obligations de déplacement.


9. Remplacer la voiture là où j'hésiterais 

Pour les déplacements de boulot, volontiers, déjà si je peux

  • m'épargner l'angoisse d'avoir à me garer #prodescréneaux
  • gagner un peu de temps de boulot puisque mes temps de trajet de transports en communs sont généramement rentabilisés et passés à travailler; ou à lire, "au pire".
alors merci les transports autres que la voiture, qui donc forcément se traduisent par plus de marche puisqu'il faut aller à la gare, etc.

Mais bien entendu, il y a les déplacements locaux : prévoir un peu plus de temps et laisser la voiture à la maison pour la remplacer par Très Beaux Pieds, modèle éprouvé, qui a survécu au contrôle technique. 

  • Et là on va dire MERCI les réunions de parents, de rentrée pour le kt, les scouts. 
  • Je me suis également mise à me rendre systématiquement à mes ateliers Faber et Mazlish à pied après pas mal d'ateliers animés en voiture. 

Remerciements spéciaux aux pénuries d'essence de l'an dernier qui m'ont fait franchir le pas : c'est le niveau très bas de notre niveau de carburant, un soir d'ateliers, et les doutes sur notre capacité à le remplir prochainement, qui m'a poussée à m'en passer un soir... et permis de constater qu'en fait me rendre sur le lieu où j'anime mes ateliers Faber et Mazlish se fait en fait en 18 minutes, donc assez bien, avec le bonus additionnel de m'épargner le stress d'avoir à me garer dans une zone où les places sont rares. Cet hiver, j'ai parfois coupé la poire en deux

  • j'y allais à pied, à 20h j'arrivais plus facilement à me motiver, 
  • mais une gentille participante se trouvait toujours ok pour faire un léger détour et me ramener, quand passées 23h la promenade dans le froid et la nuit perdait de son sex-appeal.


Au quotidien, je mixe allègrement toutes ces astuces, pour atteindre autant que possible un minimum de 7000 pas / jour (qui est la recommandation scientifique, même si les études montrent que déjà, des paliers à 3000, puis 5000 pas au quotidien, font déjà une grande différence sur la santé). Cependant l'essentiel du temps j'essaie de franchir les 10000, et je me drape avec plaisir dans ma gloire quand j'ai l'occasion de dépasser, plus ou moins largement, ce chiffre. 

Lors d'un weekend en amoureux avec Monsieur Bout en février, j'ai réussi le challenge des 30 000 pas sur un jour, vous auriez vu mes chevilles !


Chevilles qui, soit dit en passant, vont beaucoup mieux

Moi qui, avant de me mettre au sport il y a deux ans, avais de plus en plus de problèmes de circulation / rétention d'eau à leur niveau (depuis mes grossesses, merci l'éclampsie), je n'ai plus les chevilles de Tatie Germaine en fin de journée; elles ont retrouvé un diamètre normal la plupart du temps (sauf évidemment quand je me vante dans un billet de blog - ou ailleurs), ou ne gonflent plus que très légèrement. 

C'est bien agréable, car avoir des chevilles démentant mon jeune âge (25 ans, n'est-il-pas), ça me chagrinait ! Le combi sport - marche - alimentation revue a clairement eu des effets très appréciés sur ce plan. 

(je réalise, du reste, que je ne vous ai pas encore parlé du volet alimentation; 

n'ayez crainte, mes biquets, c'est en préparation)


lundi 18 mars 2024

Brèves d'ateliers Faber et Mazlish #3 : Quand le parent met en priorité le fait de s'économiser,... et fait bosser des post-it à sa place

En fait, celle qui met en priorité le fait de s'économiser, c'est d'abord moi. 
Le billet "Gwen en mode émission TV" annoncé la dernière fois attendra (hihihi) : aujourd'hui, je me vautre dans la facilité (oui, parfois, la Gwen est une femme facile). Je n'écris rien ou presque, j'édite à peine : je vous partage les What's App d'une participante à ma session d'ateliers de communication adulte-enfants Faber et Mazlish 2024 (en présentiel, à 2 pas de chez moi dans le 78). Session que j'ai organisée, d'ailleurs, sous l'impulsion de la participante en question, qui l'attendait avec impatience. 

Eléments de contexte (oh mince du coup j'écris quand même. Arnaque)

  • T. est maman de 4 garçons, dont 2 ados (M. et N.)à fonctionnements particuliers, et une paire de jumeaux de 3 ans (S. et U.).Ce qui, soit dit en passant, peut constituer un élément de réponse à la question fréquemment posée (et sur laquelle j'avais prévu un article de blog mais bon hein) : "la parentalité positive, c'est faisable avec une famille nombreuse ?". Notons que T. est également enseignante en collège.
  • Mardi dernier, c'était la séance 3bis. C'est-à-dire la séance que je rajoute de mon propre chef aux cycles F&M que j'anime, et qui comportent en théorie 6 thèmes + 1 soirée de clôture. Le thème de cette séance 3bis (qui intervient donc après la séance 3, pour ceux qui suivent) est PAS-DU-TOUT quelque chose qui parle aux parents : "colère et culpabilité du parent"
  • Durant cette soirée (au cours de laquelle on aborde tout une série de choses dont des notions qu'on retrouve dans ce billet-ci et dans celui-là), T. a réagi à la notion de "économiser son énergie de parent" en partageant au groupe une prise de conscience : elle parlait trop, avec 2 effets majeurs : 
    • ça ne laissait pas à ses enfants le temps de réagir, 
    • et ça l'épuisait, elle. Elle est donc repartie fermement décidée à faire de la semaine en cours une semaine écologique pour elle.


Vendredi, alors que je suis en réunion chez un client, tombe un message What's App de sa part. 

Et donc, hop, la parole est à T., notre testeuse inspirante du jour !


Mes réussites FABER


Tout a commencé par un post it : JOUR 1 ESSAI 1. 

N. me dit : 

"Maman je peux faire un peu de Wii j'ai super bien bossé et demain pas d'école". 

Je lui dis ok mais 20min. Il commence son jeu. Je suis.un peu sous l'eau ce soir car Monsieur rentre tard. Je me lance dans l'écriture de mon premier post it, ma première note.

J'inscris :

 "SVP quand timer terminé :

- débarrasser le lave vaisselle

- mettre la table

- ranger ses affaires

Signe Maman qui t'aime."

Je lui mets le timer sous les yeux avec le post it collé dessus et je m'en vais chercher les petits à la crèche.  

Je reviens et je constate que tout ce que j'ai demandé a été fait. Je suis tellement fière et excitée de voir si N. va me faire une remarque. Je n'ai pas eu besoin d'attendre longtemps car il guettait mon retour : 

"Au fait maman, il m'a fait trop rire ton post it. T'inquiète pas j'ai tout fait. Mais c'était trop drôle". 

Je fais "mmmm, ahhh, chouette", sans plus. 

Je pars à ma soirée copine.


JOUR 1 ESSAIS 2,3,4,5

 En rentrant à la maison, c'est le b.... Je reste zen et je dégaine ma nouvelle habileté préférée... La note, enfin, le post it. Et je ne m'arrête plus ....une série de posts it pour les sacs en vrac, le manteau pas rangé, la table pas débarrassée, les chaussures qui traînent par terre. Un post it par problématique/ avec humour et maman qui t'aime


JOUR 2

Mon réveil sonne...je me lève du lit, j'entends M. qui accourt dans les escaliers en les montant 4 à 4 et me hurle de joie : 

"Maman j'ai bien vu tous tes post-it. Ne t'inquiètes pas j'ai tout fait. Et le post it du manteau tu sais ce que j'ai fait ? Je l'ai mis sur le manteau de papa car il n'était pas rangé non plus. Mon but ça va être de redistribuer tes post it".


JOUR 2 ESSAI 6 ET 7

La saga des post-it continue. 

Ce soir mon mari (à qui j'ai mis un post it sur ses tongs "Tongs en vue"... Oui j'en peux plus de me prendre les pieds dans ses tongs tous les jours) : 

"Je range mes tongs .... Et mon sweat (post it reattribue par M.) pour ne pas avoir à te faire faire d'autres post-it"...

La soirée se poursuit. S. mange comme un cochon : il met ses doigts dans le yaourt recrache ce qu'il met dans sa bouche. 

Je me lève et j'écris un post it (sur mes nouveaux post it super sticky) : 

"Table et dîner réservés aux enfants qui mangent proprement".

Je colle le post it sur la carafe d'eau histoire qu'il soit bien visible et je lis méticuleusement ma note. S. continue à mettre ses doigts dans le yaourt et à patouiller.

U. agacé lui dit : 

"S., y'a écrit pro-pre-ment, regarde là" (Je jubile intérieurement sans rien dire). 

S. fait comme s'il n'avait rien entendu, échec, il continue. Je réfléchis sans rire dire et j'essaie d'utiliser une autre habileté : "la réparation". Toujours sans rien dire, je lui tends une lavette humide. 

Il me répond : 

"Non merci maman pas besoin je vais aller à la douche pour me laver". 

La je suis sciée en 2.... Il me trouve sa réparation maximale tout seul (il n'aime pas la douche il faut le préciser pour comprendre mon état d'esprit du moment).

Je suis en train de devenir une serial post-iteuse.

"La femme qui postitait à l'oreille des ados" 😁

 

JOUR 3 ESSAI...je ne les compte plus. 

J'ai demandé aux enfants de coller les post its traités sur la porte du placard de l'entrée. Je jubile à chaque moment car les post its servent encore et encore. Je les colle et les recolle à volonté. J'économise ma salive et mon énergie. 

Au moment de passer à table, je dis aux petits d'aller se laver les mains. S. me dit : " Maman c'est écrit où dans les règles ?". Je lui dis : "ah c'est vrai ce n'est pas écrit". Je lui tends le bloc de post-it et un stylo. Il dessine quelque chose avec beaucoup d'application et va le coller à côté de son tableau de routine avec un petit air fier : "voilà maman". (Bon je ne vous raconte pas la suite et la crise de colère pour écrire mille autres post-its...).




Alors, ça vous inspire ? Parce que si oui, il semble que T soit déterminée à fournir d'autres exemples d'application pour les prochains temps, dans le plus pur style des bons vieux billets "Une Semaine en Parentalité Positive" (genre la réussite sur la réparation qu'elle mentionne en fin de WA).

lundi 18 décembre 2023

Front parental : "Ne jamais reprendre son conjoint devant les enfants" - Ben si.

Tout récemment une discussion Facebook m'a rappelé une autre de ces grandes croyances si répandues dans nos têtes de parents, et qu'il est tellement difficile de remettre en question... et tellement important car bénéfique pourtant : j'ai nommé...

La nécessité de "faire front" devant les enfants 

= se montrer d'accord avec son conjoint sur les décisions concernant les enfants, y compris le soutenir devant eux / ne pas le contredire ou contrecarrer quand il agit d'une manière qui nous semble pourtant pas ajustée voire franchement nocive.

En l'occurrence il s'agissait d'un conjoint ayant recours à des mots très blessants envers les enfants ("tu es nul"), et des mesures humiliantes, à des fins de discipline. 


Les échanges Facebook m'ayant amenée à approfondir / détailler un peu ma réflexion sur le sujet, j'ai réalisé que je tenais là une de ces fameuses #phrasàlacon, un de ces mantras dont on hérite et reprend si facilement comme une vérité de base, inquestionnable. 

Et en fait... sans l'avoir fait consciemment, je m'aperçois que, alors que c'était très clairement quelque chose dont j'étais persuadée avant d'avoir des enfants, je m'en suis bien détachée.

Alors, des fois que ça puisse vous servir, questionnons ensemble : 

En quoi est-il excellent de contredire son conjoint dans ce genre de situations ?


1. Déjà, il y a là un signal important : il est essentiel pour rassurer l'enfant, restaurer ce qui est blessé ainsi dans son intégrité

Aucun parent ne se comporte toujours parfaitement envers son enfant (sauf moi, bien évidemment... hum hum), nous blessons donc nos enfants régulièrement. Pas moyen de l'éviter totalement. 

Mais quand un parent débloque, soit par exception, ou encore davantage quand c'est régulièrement, il est très précieux que l'enfant puisse avoir la confirmation, par la réaction de son autre adulte de référence, que ce qui se passe n'est pas "normal", acceptable, et encore moins mérité.

Cela permet d'atténuer considérablement l'impact des mots / actes du parent-qui-débloque, en augmentant les chances que l'enfant puisse davantage les catégoriser comme tels, et non comme des vérités intangibles. 


Ca, c'était mon premier niveau de réponse, celui qui est sorti le plus spontanément. Et puis en fait... d'autres me sont apparus. 

En contredisant son conjoint devant ses enfants, on les protège dans l'instant, eux, et dans l'avenir (en leur montrant que personne n'a le droit de leur dire des trucs pareils)... et ...


2. On leur transmet également des messages forts et ô combien précieux sur le couple, et l'amour en général :

  • droit de penser /ressentir différemment dans un couple
  • droit de se disputer: ce n'est pas la fin du couple
  • les adultes peuvent avoir tort 
  • et on peut estimer que quelqu'un a tort et continuer à l'aimer

Droit de penser / ressentir différemment : pour être un couple, pas besoin de nier son identité, on peut ne pas être d'accord. A l'inverse de cette citation de Woody Allen (eh, je me cultive en vous écrivant : jusqu'à ce que j'aille vérifier je pensais que c'était Sacha Guitry, mais Google m'a appris le contraire).
Le mariage, c'est quand un homme et une femme ne font plus qu'un. Le plus difficile, c'est de savoir lequel.
C'est tellement important de réaliser qu'être amoureux ne signifie pas abdiquer son identité et ses ressentis propres ! Y compris dans nos petites et grandes limites personnelles : les 3 Bouts savent par exemple très bien que mon niveau de tolérance au bruit n'est pas le même que celui de Monsieur Bout, et que donc, les "règles" autour du bruit ne sont pas les mêmes selon si ce sont mes oreilles uniquement qui sont impliquées, ou celles de leur père.


Droit de se disputer : oui, en prenant le contrepied de notre conjoint devant nos enfants, on leur montre qu'un couple qui s'aime se dispute aussi. Si nos disputes n'ont jamais lieu devant eux, comment pourraient-ils vivre leurs propres disputes de couple futures comme quelque chose de normal ? 
J'ai en mémoire l'une des mes colocs autrichiennes dont les premiers mois de relation avec son petit copain ont été ponctués de plusieurs quasi-ruptures : à chaque dispute, ledit petit copain voulait rompre car à ses yeux, se disputer était le signe qu'on n'était pas faits pour être ensemble. C'est embêtant, puisque un couple, ça se construit aussi sur sa capacité à surmonter les crises, pas juste à les éviter.


Les adultes peuvent avoir tort 
Trèèèès important ça. Essentiel à l'auto-préservation de nos enfants.

On peut estimer que quelqu'un a tort et  continuer à l'aimer 
Là c'est le pompom, puisqu'il vient toucher à un des mécanismes psychologiques les plus délicats qui soient : la capacité à se remettre en cause, c'es-à-dire à repérer / reconnaître qu'on a eu tort.
Se remettre en cause est un sport extrêmement compliqué à pratiquer, qui réveille des mécanismes défensifs d'une force inouïe. Et pourtant TELLEMENT essentiel. (c'est du reste une dimension que je testais systématiquement quand je recrutais. Travailler avec / manager quelqu'un qui ne peut accepter d'avoir tort, c'est l'horreur)
Or cette difficulté à se remettre en cause est souvent bien ancrée, car liée à une croyance bien forte "quelqu'un qui se trompe, qui a tort, n'est pas digne d'être aimé" / "pour être aimé, je dois être parfait". Plutôt crever que d'admettre qu'on n'est pas parfait, alors ! 

Alors que là, en montrant à notre enfant qu'on peut estimer que notre conjoint a franchement tort et continuer à l'aimer :
  • on lui montre que lui-même peut avoir tort et continuer à être aimé... et donc profiter des ressources formidables liées à la remise en cause ! Citons notamment : 
    • apprendre de ses erreurs
    • oser faire des trucs (puisque c'est pas la mort de se tromper / ne pas y arriver)
    • pardonner et demander pardon
  • on lui montre qu'il peut considérer que son père a tort et continuer à l'aimer, plutôt que d'avoir le choix entre nier son ressenti d'enfant, ou considérer que son père est un gros c**. Dilemme qui contribue grandement à 
    • la violence des crises d'adolescence, si elles ont lieu, 
    • la difficulté à établir des relations adulte-adulte avec ses parents
    • la difficulté à remettre en cause des schémas familiaux / styles d'éducation : comment décider d'éduquer autrement mes enfants que je ne l'ai été, puisque ce serait implicitement ou explicitement, exprimer que mes parents ont eu au moins un peu tort d'agir comme ils l'ont fait avec moi, alors que j'ai intégré que je ne peux les aimer si ils ont tort ?
Et voilà comment je me retrouve devant un choix silencieux bien pourri : aimer mieux (= plus efficacement) mes enfants, ou continuer à aimer mes parents ? 
Il s'agit donc de ne pas définir la loyauté comme quelque chose qui m'empêche de penser/exprimer que l'autre a tort (une croyance bien nocive qu'on retrouve partout, jusque dans les CODIR dont je m'occupe), mais de démontrer le contraire, en live.

La vérité vous rendra libres, il paraît.

Cerise sur le gâteau : si on arrive à se disputer de manière constructive, à soigner un peu sa manière de s'exprimer à ce moment-là, nos enfants peuvent même en retirer des compétences en la matière : "Exprimer vigoureusement son désaccord sans attaquer l'autre"... des leçons étrangement similaires à l'apprentissage de l'expression de notre colère envers eux, guidé par Faber et Mazlish....

Je dis ça, j'dis rien !

Par Rundvald — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=123316058 



jeudi 2 février 2023

Cycle Faber et Mazlish en visio spécial blog, 2ème édition : ouverture des inscriptions !

Il y a deux ans, le contexte COVID machin toussa m'avait incitée à innover en proposant pour la première fois un cycle d'ateliers Faber et Mazlish en visio, à destination d'un public trèèès privilégié : le lectorat du blog.

Je me régale à animer les ateliers en présentiel, j'avais mes réserves quant au format visio... mais vous, moins, puisque la session s'était remplie très vite ! Puis son déroulé s'est chargé de faire sauter mes réserves à moi. 

Visiblement, personne ne s'est ennuyé.

Suite à la préconsultation du peuple opérée semaine dernière par moyen bloguesque, j'ai la joie de vous proposer une réédition :


session d'ateliers Faber et Mazlish animée par votre humble servante
sur Zoom


(toujours sur le cycle 1, "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent" ; des manœuvres ont lieu en sous-main pour m'inciter à proposer un cycle 2, "Frères et Sœurs sans rivalité" en visio l'an prochain, et, ma foi... comment, frêle agnelle que je suis, pourrais-je résister à ces influences occultes ? je vous le demande. Affaire à suivre, donc. Je précise que si ce cycle voit le jour il sera destiné à un public ayant déjà suivi le cycle 1. Avec moi ou quelqu'un d'autre, je ne suis pas sectaire :D).

Renseignements pratiques 
(je réutilise, avec les modifications pertinentes, le texte du billet d'il y a deux ans, y compris certaines petites blagues. Eh oui, ici, c'est un blog vert - ça se voit, non ? - donc on recycle, on fait de la blague durable, multi-usages, farpaitement ! on est aussi très flemmard)

QUAND

  • 8 soirs : un cycle d'ateliers "Parler pour que" c'est normalement sur 7 soirs, mais j'ai pris l'habitude d'insérer une session spéciale "colère du parent" entre le 3ème et le 4ème soir. Un hit absolu à chaque fois, allez savoir pourquoi...
  • après consultation d'un calendrier et de mon agenda pro, je reste sur des lundis soirs 
  • dates prévues : 15 jours entre chaque soir sauf 2 fois (je cherche à boucler avant que la saison des kermesses et galas de danse ne démarre), démarrage (si suffisamment d'inscrits), le 13 mars, ce qui nous donne
  1. lundi 13 mars - accueil des sentiments
  2. lundi 20 mars (donc dès la semaine suivante, comme ça on est bien chauds) - développer la coopération
  3. lundi 03 avril - la punition et ses alternatives
  4. lundi 17 avril - session spéciale "colère du parent"
  5. lundi 24 avril (donc là aussi, session 4 - celle consacrée à la colère - suivie une semaine après de cette 5ème session sur l'autonomie)
  6. lundi 08 mai (possibilité si les participants le souhaitent, de décaler cette session au lendemain 9 mai) - compliments et estime de soi
  7. lundi 22 mai - sortir nos enfants des rôles dans lesquels ils sont enfermés
  8. pour finir en beauté lundi 05 juin
  •  Horaires prévisionnels : 20h30 - 22h45 (possibilité de décaler de 30 minutes pour un démarrage à 21h si consensus au sein du groupe.... pas de trajets à prévoir hinhinhin)

POUR QUI ?

Cette fois encore, je ne vais pas faire beaucoup de com dessus, et ne le proposerai qu'aux lecteurs du blog (ou à leur entourage immédiat : si votre belle-sœur en rêve vous pouvez lui transmettre ; elle aura juste obligation de lire l'intégralité des 500 billets du blog avant le début de la session - ou pas) 
  • Pour des parents / adultes (j'ai déjà eu des grands-parents, des profs, des sages-femmes) ayant envie de gérer leur relation aux enfants sur la base respectueuse de l'enfant et de l'adulte que constitue l'approche Faber et Mazlish. 
  • Condition : avoir sous la main, de manière régulière, au moins un enfant âgé de plus de 18 mois. (pour pouvoir s'entrainer entre les sessions)
  • Qu'ils aient lu les livres ou pas
  • Seul ou en couple 
  • max 12 participants (mini 5)

QUOI ?

Des ateliers basés sur l'approche Faber et Mazlish, interactifs, où on découvre en groupe des outils par rapport au thème du soir, on s'entraine à les tester, et où on débriefe la fois suivante du résultat de nos tests "in vivo" : pour que les outils si beaux en théorie ne le restent pas, de la théorie !
Le principe étant que les expériences, questions et tests des autres participants viennent enrichir d'autant l'apprentissage de chacun.


INSCRIPTIONS 

Figurez-vous que je n'ai toujours pas résolu le bug affectant l'adresse mail du blog, donc en attendant que je trouve ce qui cloche, vous pouvez me contacter en MP FB/Insta, ou sur mon adresse gmail.com : prénom.nom.
Je vous invite à me faire signe le plus vite possible, non seulement pour griller la priorité à votre voisin, mais aussi parce que je vais bloquer ces dates sur mon agenda pro en provisoire, et que savoir au plus tôt si je confirme ou non leur blocage m'arrangera bien. 

TARIFS 

  • 240€ TTC (=200 € HT) pour l'ensemble du cycle pour une personne seule, 285€ TTC pour un couple 
  • + prévoir 12€ / personne pour le cahier d'exercices, indispensable au bon fonctionnement
  • (payables par virement; j'accepte aussi les lingots d'or mais c'est plus compliqué à envoyer par La Poste)
  • Arrhes de 50€ pour bloquer votre place. 
  • Je précise qu'étant une entreprise, j'émets de toute manière une facture, que je peux donc vous transmettre si votre CE ou une quelconque bonne âme est susceptible de prendre en charge tout ou partie des frais sur justificatif.

PRECAUTIONS 

Suivre un atelier en visio, c'est top et bien pratique, à quelques conditions toutefois : je vous invite à y réfléchir afin de vous assurer que vous serez dans de bonnes conditions pour en profiter
  • une pièce isolée phoniquement du reste de la famille et en particulier des enfants : pour pouvoir parler librement loin de leurs oreilles 
  • l'assurance de ne pas être dérangé 42 fois par un enfant au cours de nos soirées : pour pouvoir se concentrer sur nos échanges et profiter pleinement du ressourcement entre adultes (seule exception : les nourrissons au sein, pas encore doués de parole, ça se gère)
  • une connexion internet suffisamment stable
  • si participation en couple, un support informatique par couple (une session zoom chacun) : indispensable pour pouvoir faire les exercices

Voili voilou, dites-moi si ça vous branche, venez poser vos questions si vous en avez avant de prendre votre décision, et ensuite, hop hop, faites prestement : ce blog est un monde de chacals assoiffés de sang - et de places en ateliers F&M.
Challenge - accepted : j'ai fait plus moche

mardi 24 janvier 2023

Dilemme et consultation du peuple (vous) - ateliers visio

Depuis novembre, je m'éclate à animer (enfiiiiin, après moult délais et péripéties) mon premier cycle d'ateliers Faber et Mazlish "Frères et Soeurs sans rivalités".

C'est tellement riche que ça me file de l'énergie au point que j'en viens à remettre en question ce que j'avais initialement clamé : un seul cycle cette année ça suffiraaaaaa.

Donc, je caresse le projet de lancer un cycle "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent".

Et j'ai deux options

  • soit je le propose comme d'hab en présentiel, dans le 78
  • soit je réédite ce qui avait eu tant de succès au premier round, il y a 2 ans, et propose une session spéciale lectorat du blog, en distanciel


Je vous avoue que 

  • ce qui me fait pencher pour l'option 1, c'est le charme du présentiel; 
  • ce qui me fait pencher pour l'option 2, c'est le plaisir de se retrouver avec des gens un minimum connus (dans le sens que même si parfois moi je ne vous ai pas repérés, vous si) ET sans gros effort de communication à fournir pour remplir (en tous cas si ça se remplit comme la dernière fois).


Bref: qui viendrait remplir, stimuler ainsi ma flemme, et faire de ce fait pencher la balance ?

A vous les studios.


On partirait sur 8 soirs, probablement de mars à fin juin / tout début juillet. Probablement du 20h30 - 23h. Et .... soir à choisir entre le lundi, mardi ou jeudi, ceux qui couineraient le plus vite et le plus fort l'emporteraient.

Si ça se fait, je ferai un billet de blog supplémentaire avec les détails pratiques, conditions financières, petits caractères à lire attentivement etc.

je crois que j'ai rarement fait plus moche comme illustration d'un article.

PS: si d'aventure vous vouliez réagir à ce billet par un mail : 
N UTILISEZ PAS L'ADRESSE MAIL DU BLOG ! 
Je n'y ai en fait plus accès depuis des lustres, et je ne me suis pas encore penchée dessus (du coup, si vous m'avez envoyé un mail par ce biais ces euh... 2 dernières années je crois, je vous ai pas répondu mais j'ai un PRETEXTE EN OR). 
Il faut que je m'en occupe et mobilise mes compétences techniques dont l'étendue n'égale que la célébrité. Bref c'est pas demain la veille.

mardi 3 janvier 2023

Un petit frère dans la poche !!

Et revoilà une annonce de naissance pourrie : un nouveau petit frère chez les Bout ! 

Pour découvrir l'intégrale des annonces de naissance pourries, c'est ici  

PetitBou(t)ParPetitBou(t): Naissance chez les Bout ! (petitbout-petitbout.blogspot.com)

PetitBou(t)ParPetitBou(t): Bébé-surprise (petitbout-petitbout.blogspot.com)

PetitBou(t)ParPetitBou(t): Couverture de Bébé (petitbout-petitbout.blogspot.com)

PetitBou(t)ParPetitBou(t): Quand un ventre s'arrondit (petitbout-petitbout.blogspot.com)

PetitBou(t)ParPetitBou(t): Encore une naissance ! Un espace pour échanger et s'entraider autour de la Parentalité Positive (petitbout-petitbout.blogspot.com) ;  

PetitBou(t)ParPetitBou(t): Confinement : la Gwen en cuisine (petitbout-petitbout.blogspot.com)


Mais pas un petit frère pour H. (qui va très bien, merci, et est affreusement trognon. Je crois que nous en profitons d'autant plus que toutes les étapes de développement qui nous ont insécurisés chez ses aînés nous semblent globalement assez lisibles, et donc navigables, pour ce numéro 3).

Non, pas de petit frère pour H, mais un petit frère pour les "200 moments de parentalité positive (ou pas)", que j'ai eu le bonheur de publier il y a 3 ans maintenant. 

Alors, je vous arrête tout de suite, évidemment que je n'ai aucunement eu le temps d'écrire un nouveau bouquin. Vous l'aurez compris au rythme de publication de ce blog, et au contenu des rares billets que je parviens à pondre : j'ai laaaargement de quoi m'occuper, et pour le moment, je me borne surtout à faire ma princesse. En cela que je me jette comme un chacal sur les missions qui me plaisent énormément, et refuse les autres / les réoriente vers des personnes de confiance.

  • Cependant lesdits 200 moments ont eu, malgré le COVID qui aura flanqué un coup d'arrêt monumental à des ventes qui s'envolaient, un certain succès tout de même. Un certain nombre de critiques très positives ont été écrites dessus y compris sur des blogs influents tels que Papa Positive et Apprendre à Eduquer, les retours de lecteurs ont été chouettes, et je me suis réjouie de savoir que ces éléments vécus et concrets venaient apporter à tout plein de familles le soutien espéré.
  • Du coup, ce succès a incité la Féé Hachette à se pencher sur le berceau, et à en acquérir les droits pour la publication poche.


MORALITE: la version poche sort chez Marabout (une des maisons de Hachette) demain mercredi 4 janvier !!

et j'ai reçu mes exemplaires auteur hier. Ils sont très beaux !

Voici donc les 200 moments

  • en format méga compact, léger, facile à glisser dans un sac à main ou la sacoche d'ordinateur de votre conjoint... et toujours aussi facile à caser aux WC, puisque je me suis laissé dire que c'est là qu'il est feuilleté par de nombreuses personnes, tirant parti du fait qu'il se lit très facilement par tranches
  • avec une mise en page plus ramassée, mais ma foi fort réussie !
  • avec un titre légèrement modifié : 200 situations de parentalité positive (ou pas)
  • hélas, format poche oblige, sans les dessins de Claire à l'intérieur, qui ont eu tant de succès et vous ont beaucoup parlé et fait rire
  • MAIS avec une couverture qui est toujours de sa main, et ça, je vous l'avoue : c'est une grande joie, que mon bouquin, même en changeant de couverture, conserve cette touche qui lui va si bien!


Le grand format reste disponible chez les Editions l'Instant Présent, et se prête toujours aussi bien à un joli cadeau ^^


Alors, go, go, lisez-le relisez-le, offrez le, envoyez le lien à votre voisine ou votre grand-oncle, et aussi : si vous l'avez apprécié, des étoiles ou un commentaire sur amazon (ou un autre site en ligne, même si amazon est le plus lu) : c'est une excellente manière de communiquer utilement votre avis à des parents curieux de savoir ce qu'ils pourront (ou pas) trouver dans ses pages !


Ah et puis, hein, quand même : bonne année !! Je nous souhaite du caaaaalme. (I had a dream)

lundi 12 décembre 2022

Parentalité positive = manipulation ?

Décidément, la parentalité positive ne manque pas de détracteurs

  • d'un côté, elle est vue comme une espèce de lubie laxiste / tout laisser faire à son enfant
  • d'un autre côté, elle est parfois présentée comme une hypocrisie manipulatrice. Parce que vouloir amener notre enfant à faire quelque chose qu'il n'avait pas prévu au départ, ce serait mal, contraire à sa liberté, bref, une immonde manipulation, l'exercice d'un pouvoir déguisé.

Ennemi classique sur ce plan-là, la fameuse technique du faux-choix =  contourner la résistance de l'enfant à enfiler un pantalon, par un choix subtil du style "Tu veux mettre le pantalon rouge ou le pantalon gris ?". Cette astuce occupe une place de ... choix (huhuhu) dans les articles / formations éducation aux titres accrocheurs du style "se faire obéir sans crier", et ce n'est pas un hasard.


Prenons donc cette fameuse "technique" en exemple de ce que peut être, ou pas, notre rôle de parent.

Cette fameuse technique du faux-choix illustre déjà très bien ce que je développais dans mon sublime billet sur l'arnaque qu'est la parentalité positive

  • Oui, la parentalité positive, réduite à un ensemble de techniques destinées à amener nos enfants à faire ce que nous voulons qu'ils fassent, est vouée à l'échec.
  • Et oui, si on voit la parentalité positive comme une mouvance d'éducation qui vise à amener nos enfants à faire ce que nous voulons, mais de manière douce, nous ne sommes pas sortis de l'auberge, puisque nous nous heurterons fatalement au fait que
    • nos enfants s'obstinent quand même souvent à ne pas faire ce que nous voulons, sales rebelles, et ne manqueront pas de nous montrer assez vite qu'ils ne seront pas dupes plus longtemps de nos petits subterfuges
    • nous-mêmes nous n'arrivons pas à parvenir à nos fins en maintenant en permanence une bulle de douceur, de paillettes et de pets de licornes dans nos interactions avec notre charmante progéniture. Ooooouuuuuhhhh, paaas bieeeen.


Du coup, je vous le dis tout net, chez moi, je me suis définitivement séparée de ces 2 attentes

  • non, mes enfants ne feront pas exactement ce que je veux qu'ils fassent et je ne mesure pas ma compétence parentale à ma capacité à leur faire faire des trucs
  • non, mon action parentale et notamment le développement de la responsabilité de mes enfants ne se fera pas toujours dans la joie et la bonne humeur, et donc ma compétence parentale n'est pas immédiatement à nier si hélas le ton de voix, soit de la Gwen, soit de sa progéniture, s'élève. Et pourquoi "soit", d'ailleurs. C'est pas forcément du "ou", hein, disons-le, ça peut être du "et". Sur ce plan-là je me dis que notre petit H., du fait de sa position de 3ème en arrière-garde, eh bien, euh, il développe son accoutumance au bruit. Cf ce que je disais sur le thème de la contribution de ma progéniture aux tâches ménagères, par exemple.


Oui, un de mes buts premiers est de faire de mes enfants des êtres libres. Mais libres de quoi ? Libres de toute contrainte ? Hum, c'est mort. La vie est pleine de contraintes. Si je m'efforce de prétendre qu'il en est autrement

  1. Je vais m'épuiser à gommer toutes les contraintes existant, et c'est l'amer constat que font tant de parents pleins de bonne volonté. Le souci de rendre leurs enfants heureux en les libérant d'un maximum de contraintes les conduit à ployer sous le poids des contraintes qu'ils endossent, eux, de ce fait. Et tant de parents pleins de bonnes intentions, mais hélas biberonnés à une version biaisée de la parentalité positive, crament / se dégoutent du truc en s'évertuant à cela.
  2. Je vais faire grandir mon enfant dans un mensonge gigantesque : n'ayant connu de la vie qu'une version très édulcorée, la confrontation à la réalité risque d'être costaud.
Attention, il ne s'agit pas de reprendre ici l'argument qui est souvent donné par les détracteurs de la parentalité positive en mode 

"Le monde est méchant, autant qu'il y soit confronté direct"

  • Le monde n'est par essence ni méchant, ni gentil, il est ce que les hommes qui l'habitent en font, au quotidien, à chaque instant : il peut être l'un ou l'autre selon les actes que chacun de nous pose. Il n'est donc pas de notre responsabilité d'apprendre à nos enfants à composer avec la méchanceté, mais de notre responsabilité d'apprendre à nos enfants à agir de manière à ce que ce monde soit, au quotidien, un peu meilleur du fait de notre action.  
  • En revanche, oui, le monde est par essence plein de contraintes, et nécessite des efforts pour la gérer: par essence on ne peut y faire ce qu'on veut. C'est pourquoi, apprendre à composer avec ça, avec la contrainte, est sacrément utile, et gommer la contrainte, c'est empêcher nos enfants de faire cet apprentissage.

Et comme je l'écrivais il y a déjà très longtemps sur le fait de "tout donner" à son enfant, les contraintes les plus importantes que toute personne doit intégrer, sont celles liées aux limites personnelles des personnes qui l'environnent. Apprendre à respecter ces limites ( = celles de ses voisins), apprendre à respecter ses limites (les siennes), apprendre à les exprimer respectueusement. 


Donc, si notre boulot devient d'apprendre à notre enfant à gérer la contrainte,... ça change pas mal de choses en éducation.

  • On peut rester sur une vision traditionnelle de l'éducation : paf, contrainte, vas-y, hop, ça fait mal, ben c'est comme ça et te plains pas. Voire je t'en rajoute pour que tu t'y entraines
Là, personnellement, je fais tout de suite le lien avec mes billets récents sur le miracle qui m'a fait me mettre au sport

    • Si on m'avait balancé direct plein de sport dans la figure (ou plutôt : avant, toute ma vie, quand on m'a contrainte d'office à une bonne dose de sport...), ça n'aurait jamais fonctionné. 
    • Mais les contraintes liées au sport ont été aménagées, adoucies, le niveau d'exigence a monté très progressivement, j'ai "déguisé" la contrainte, introduit des éléments fun, je me suis musclée, ma volonté s'est musclée, et de "couch potato" invétérée, comme disent les anglo-saxons (pomme de terre de canapé pour les non-anglophones; métaphore éloquente n'est-ce pas ? ^^) je suis maintenant en lice pour les JO. (si si, jvouzassur).


Eh bien la contrainte, c'est pareil. Comparons-la à un mur. 

Le mur est là, on ne le nie pas, mais apprendre à quelqu'un à le gérer, ce n'est pas forcément le prendre par les épaules et lui cogner la tête dedans en mode "eh, oui, tu vois, y a un mur, c'est dur, c'est froid, c'est comme ça habitue-toi, et maintenant, escalade-le à la force de tes poignets. Et plus vite que ça !".

Ce mur, je peux 

  • l'aménager : par exemple, poser une échelle, ou même, construire un escalier qui y est adossé, et gravir peu à peu chaque marche, une à la fois, 
  • le contourner : arriver au même objectif mais par un autre chemin; y compris creuser en dessous
  • l'amortir : plus facile de passer au-dessus d'un mur sur lequel il y a un coussin, plutôt que m'érafler à ses arêtes tranchantes ; 
  • Le décorer : ça peut être plus fun à grimper, et même me filer des repères sympas (par exemple mettre de mini cibles là où je devrais poser mes mains). Dans tous les cas mon mur en Technicolor m'effraiera moins.
  • je peux muscler les poignets et les chevilles de mon enfant par de petits exercices avant de l'envoyer escalader 2 mètres de mur...;

Et en faisant tout cela, je peux montrer à l'enfant ce que je suis en train de faire, c'est-à-dire lui permettre de développer ses propres stratégies de gestion de la contrainte. 

C'est d'ailleurs avec cela qu'il coopère ! 

Un exemple très parlant est ce que je vous racontais sur ce qui a permis qu'E. range enfiiiiiiin sa chambre. 

En disant à E. que je ne voulais PAS qu'elle range sa chambre, l'ai-je manipulée de manière immonde ? Non, j'ai analysé la composition du mur et repéré que celui-ci était composé d'au moins 2 trucs : 

  • la pénibilité de la tâche de rangement, 
  • et l'embêtement lié au fait de devoir obéir, c'est-à-dire, un besoin d'autonomie. 
J'ai donc adouci le mur en ôtant, du rangement de chambre, l'élément "j'obéis donc je m'assieds sur mon besoin d'autonomie". Au contraire, ranger sa chambre est devenu une manière d'affirmer son autonomie, puisque ça se fait "contre" ma demande.

E. l'a très bien repéré, et s'en rend encore régulièrement complice en venant me solliciter, les fois où ranger sa chambre lui semble vraiment trop relou : "eh, Maman, tu ne veux pas que je range ma chambre, n'est-ce pas ?". Elle a admis l'existence de la contrainte, constate que franchement elle a du mal à s'y confronter, a repéré une ressource qui lui facilite la tâche, et vient donc la mobiliser. Elle s'auto-manipule. 

Ce processus de repérage des ressources qui nous aident à gérer une contrainte est exactement le principe du billet que j'ai moi-même écrit sur mes stratégies de gestion de mon trouble de l'attention. Je m'automanipule parfois à mettre de la musique sur une tâche rébarbative. Bravo moi !


Avec cela, oui, le pouvoir est toujours présent dans la relation. Tant mieux !

Car contrairement à ce qu'on peut craindre, ce n'est pas un problème . Le pouvoir n'est pas un problème, le pouvoir n'est pas à jeter ! Le pouvoir est là, le pouvoir est une ressource. Le tout est de savoir ce qu'on en fait.

Et là, on passe 

  • d'un pouvoir sur... : j'utilise les ressources à ma disposition pour te faire faire quelque chose qui m'est profitable
  • à un pouvoir pour... : j'utilise les ressources à ma disposition pour t'amener à avancer dans une direction qui t'est profitable.

(c'est une distinction qui est la racine du coaching, et qui fait qu'en cours de coaching pro, je vais parfois être assez confrontante sur certains aspects, mais après avoir défini avec mes clients les objectifs qu'ils souhaitent atteindre pour ce coaching : j'ai ainsi l'autorisation d'utiliser mon pouvoir pour les aider à avancer vers les objectifs qui sont les leurs... 

Par exemple, cette semaine, je vais probablement aller mettre le nez d'un de mes clients dans le fait qu'il n'a pas communiqué sur un point important vis-à-vis de son chef - ce que je sais car j'ai reçu un mail dudit chef me posant une question sur ce point. Mail que j'ai laissé sans réponse puisque ce n'est pas à moi de communiquer sur le sujet. - or c'est un peu embêtant, pour quelqu'un en position de leadership et dont un objectif de coaching est de gagner en impact au sein de son entreprise, de négliger une ressource essentielle pour avoir de l'impact : la relation à son chef...) 


Pour terminer, reprenons l'exemple du faux choix : 

  • si le vrai besoin de l'enfant qui pique une crise quand on lui dit d'enfiler le pantalon déjà préparé à son intention, est la liberté, le pouvoir, le faux choix vient y répondre parfaitement : il va pouvoir décider de quelque chose, exercer un pouvoir dans un cadre compatible avec sa santé, l'état des lessives, etc.
  • si le vrai besoin est effectivement de ne pas porter de pantalon (nous avions le cas récemment en piqûre de rappel d'ateliers de parents Faber et Mazlish)... le faux choix n'y fera rien. Ce sera très frustrant pour nous, mais aussi l'occasion de faire un pas de plus et de s'interroger sur ce qui se passe. Car c'est quoi, un besoin de ne pas porter de pantalon ? 
    • Besoin de confort ? (on a plus de liberté de mouvement en short... on peut alors privilégier l'achat de pantalons dans des matières souples pour la mauvaise saison) 
    • Besoin d'attention ? (on va enfiler le pantalon sur les genoux du parent... et coupler habillage et câlin).
    • Besoin de s'individualiser ? (Là, c'est en ateliers "Frères et sœurs sans rivalité" que nous avons été amenés, pas plus tard que la semaine dernière, à parler de la manière dont les enfants peuvent s'emparer de leur garde-robe comme d'un moyen de différenciation du grand frère / grande sœur)


Et voici comment on se retrouve, nous-mêmes, avec toute une série de ressources à utiliser pour le bien de tous, c'est à dire pour réconcilier les différents besoins en présence : 

  • respecter notre besoin de parent : assurer la sécurité / santé de notre enfant ; respecter certains codes vestimentaires pour certains lieux ; ...
  • respecter le besoin court-terme de l'enfant, en l'ayant bien identifié ! puisqu'il est souvent caché derrière une demande véhémente mais trompeuse, 
  • et respecter un autre besoin, long-terme, de l'enfant : grandir et apprendre à se gérer dans un monde fait en partie de contraintes.


C'est un peu comme le bon et le mauvais chasseur chez les Inconnus, au fond
Il y a la bonne et la mauvaise manipulation
  • la mauvaise manipulation, c'est : "faire/dire ce truc te fait agir dans ce sens, donc je l'utilise"
  • la bonne manipulation, c'est : "faire/dire ce truc te fait agir dans ce sens, donc je l'utilise"... parce que c'est important pour toi aussi de savoir agir dans ce sens... et si ce truc ne "marche" pas, je prendrai cette information pour comprendre ce dont tu as vraiment besoin / le truc important pour toi mais que je n'ai pas perçu dans cette situation.

La mauvaise manipulation reste en surface, la bonne nous oblige à nous confronter à la personne qu'est notre enfant, à la comprendre, à la découvrir, à respecter son mode de fonctionnement et ses besoins.

Et... à faire le même job vis-à-vis de nous. Ouais. C'est vraiment l'arnaque car c'est fa-ti-gant tout ça.

Car la mauvaise nous met non seulement à distance de notre enfant mais aussi de nous-même: parfois, on est tellement occupés à vouloir imposer sa volonté qu'on a même oublié "pourquoi" on veut ça, voire on ne réalise même pas que ce qui "veut", ce n'est pas nous, mais la petite voix de notre mère qui nous a dit qu'un enfant bien élevé, ça [insérer comportement souhaité]).

La bonne, elle, nous incite à nous reconnecter à notre enfant et à nous-même et à être ensuite créatifs dans la manière de gérer la difficulté / d'atteindre nos objectifs profonds (et non à les lâcher, ce qui serait le coup avec du laxisme).


lundi 7 novembre 2022

"Les enfants c'est QUE DU BONHEUR" - Ou pas.

Mon emploi du temps croule / a croulé, de la même manière que l'année dernière, et j'ai du prendre des mesures de rationalisation parce que pas moyen que je refasse un année comme celle qui est derrière moi.
A l'arrivée, même si le presque cramage n'est pas agréable, c'est positif, puisque ça m'oblige à me poser, et me permet un recentrage express en accélérant une évolution que je pensais possible seulement à moyen terme : travailler moins (pour gagner plus, spécial dédicace Sarko).

Dans le cadre de ce recentrage, j'ai squizzé différentes activités, selon
  • un premier critère absolu : leur niveau d'intérêt pour moi : "Ai-je méga envie de faire ça ?" / "A quel point cela me nourrit-il?"; je pourrais appeler ça la rentabilité énergétique ^^. Mes centres d'intérêt ayant évolué sur mes quelques années de BusinessGwen, il est temps pour moi d'adapter mon activité, et de dire adieu à ce qui m'a plu un temps, mais ne me correspond plus tant que ça maintenant.
  • et un 2ème critère relatif : la rentabilité financière. Je dis "relatif" car j'ai inclus, dans mes plans, un peu de place pour du "peu rémunérateur mais haut niveau d'intérêt". Place que j'ai décidé de consacrer exclusivement à l'animation d'ateliers de parents Faber et Mazlish cette année : j'ai donc, par exemple, arrêté de donner les cours de RH que je donnais depuis quelques années.

Je m'apprête donc à démarrer un cycle "Frères et Sœurs sans rivalité", et j'ai également pu déjà animer une première soirée Piqûre de Rappel en octobre. 
Pour mémoire, le principe de ces soirées est de réunir des parents des différents groupes ayant suivi les ateliers "Parler pour que les enfants apprennent" au fil des ans avec moi, et d'aborder avec eux leurs questions, leurs problèmes actuels, en mode requinquage / approfondissement / rafraichissement de mémoire / reprise de réflexes voire même souvent aussi raccrochage de wagons.

Super soirée, supers échanges et c'est l'un de ces échanges qui suscite l'article du jour.
La soirée regroupant par hasard deux mamans de jumeaux, dont l'une bien occupée avec sa paire de jumeaux en bas âge, la maman en question a été  rassurée d'entendre que ce serait plus facile après. Jusqu'à ce que la maman de jumeaux plus âgés lui dise 
"Oui, maintenant, c'est que du bonheur".
Là, elle a tiqué. 
Moi aussi.
Nous avons donc passé quelques instants à dézinguer cette phrase, qui fait bien évidemment partie des "phrases à la con" de la parentalité.

Nan, les enfants, c'est pas que du bonheur
Jamais. 
Et dire cela, c'est faux, archifaux, et surtout archinuisible, car comme l'ont si bien exprimé d'autres participants à cette soirée 
"Je me suis toujours demandé ce qui clochait chez moi, puisque franchement, non, jamais j'ai trouvé qu'avoir mes enfants n'était que du bonheur".
Petit Bout par Petit Bout détruisant le mythe - Allégorie



Eh bien oui.
Entendons-nous bien : nos enfants peuvent être la source de moments de bonheur inouïs et différents de tout autre forme de bonheur. 
  • Les voir endormis le soir, complètement abandonnés (et ENDORMIS, en plus !). On peut être pris d'une vague d'amour tellement folle, tellement forte, qu'on les en réveillerait presque pour les embrasser et les noyer de mots d'amour (complètement absurde évidemment après tout le mal qu'on a eu à les endormir), 
  • sniffer leurs cheveux, 
  • écouter leurs mots d'enfant, 
  • entendre leurs je t'aime, 
  • les regarder lire,... 
  • Plus grands, partager un jeu de société, un bon film, un puzzle...
Mais à aucun moment les enfants ne sont que ça. 
Disons-le clairement : avoir des enfants ne se fait pas par confort. Si on regarde d'un angle purement rationnel, il est complètement irrationnel et contreproductif d'avoir des gosses
  • on pulvérise son propre confort, 
  • on remplace sa liberté par une série de contraintes, 
  • on dynamite son sommeil, 
  • on divise par 10 ou 100 son temps libre, 
  • par 4 son revenu disponible. 
Sur le plan psychologique, les enfants sont, essentiellement, la source d'un certain nombre de questions inconfortables, d'angoisses, de frustrations, de découvertes pas super agréables sur soi-même, de prises de tête avec son conjoint, et d'une fatigue de ouf. 
Les enfants n'ont pas vocation à nous propulser sur une mer de nuages roses et AUCUN parent ne vit sur cette mer (ou alors, il en fume de la bonne). 

Alors oui, à certains moments les éléments de la première catégorie tendent à justifier et nous faire oublier quasi entièrement les éléments de la deuxième, si bien qu'on en viendrait à dire "Ces difficultés ne sont rien en regard". 
Oui ! 
Et NOOOOOON. 
Ce n'est pas rien du tout, et c'est même tout quand on est en plein dedans, c'est énorme, c'est épuisant.
Et une phrase comme "c'est que du bonheur"
  • nie nos sentiments, 
  • alourdit le sentiment de difficulté, 
  • et lui rajoute en plus celui angoissant de notre inadéquation, puisque comme exprimé durant cette soirée, visiblement, nous, si on trouve pas que c'est que du bonheur, c'est, au mieux, qu'on fait qqch de travers, ou, au pire, qu'on est soi-même tordu. 

Cette ambivalence de sentiments est à la racine de la parentalité. Or, comme le dit Haim Ginott, ce sont les sentiments ambivalents qui ont presque le plus besoin d'être accueillis comme tels. Car "si quelqu'un comprend mes sentiments confus, peut-être ne le sont-ils pas tant que ça". 
Je le mesure encore ces jours-ci, au téléphone avec celle de mes sœurs qui vient d'accoucher de son tout premier bébé et qui se retrouve embarquée dans cette ambivalence de malade, et les montages russes émotionnelles associées, en mode "Notre toute petite fille est tellement géniaaaaale on l'aime on l'aime on l'aime c'est fooooou / Au secours on va mourir on a dormi qu'1h30 cette nuit et allaiter ça fait maaaaal".

Ce dont a besoin ma sœurette d'amour, ce n'est pas d'un "Un bébé, c'est que du bonheur", ni même d'un "Après, ce sera que du bonheur" (publicité mensongère bonsoaââr), c'est d'écoute, d'accueil, de.... de quoi au juste ?
Tenez, si ça vous parle, je veux bien entendre vos témoignages des phrases qui vous ont le plus aidé(e)s dans vos premières galères semaines de parents.

Du côté de notre soirée, nous avons tous convenu de rattraper très vite cette phrase si par ailleurs elle venait à nous échapper ;-)