Affichage des articles dont le libellé est je réponds. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est je réponds. Afficher tous les articles

lundi 30 septembre 2024

Habitica : 9 ressorts efficaces de cette appli de productivité + 1 offert !

Me revoici ! Le mois de septembre est intense et je suis au maximum. Ce qui constitue une incitation supplémentaire à venir vous écrire ce billet car je mesure d'autant plus le soutien que m'apporte ce trésor d'appli de productivité qu'est Habitica : je suis au maximum, certes, mais un maximum optimisé. Je n'arrive pas à tout faire, mais ce qui me console, c'est que cette fois-ci la petite voix si énergivore qui me susure "Tu as perdu du temps, tu as procrastiné, tu t'es laissée distraire", eh bien, la pauvrette, elle se la FERME. Elle peut pas. Je sais que j'ai absolument fait de mon mieux. 

Et je l'ai fait d'une manière la moins énergivore pour moi, parce que je l'ai fait sans me battre contre moi-même de manière frontale, mais en me prenant de biais.

Donc me revoici, puisque, je me cite moi-même/mon dernier billet, j'en ai encore, des choses à vous révéler sur ce petit bijou !

J'aurais encore mille choses à vous dire sur cette appli, mais je vais terminer sur 2, avant un 2ème billet où je vous promets notamment de 

  • présenter des fonctionnalités additionnelles du jeu augmentant son efficacité
  • décortiquer les mécanismes qui font que ça fonctionne si bien chez moi / la manière dont je m'en suis servie pour arriver à de si beaux résultats, avec exemples à l'appui (vous comprendrez comment j'en suis venue à réserver mes vacances de février !)
  • revenir sur le Bullet Journal / mon passage de l'un à l'autre
  • et répondre à vos questions si vous en avez, aussi !

Incontestablement, donc, je suis terriblement contente d'avoir trouvé un moyen efficace de hacker mon propre cerveau.


Décortiquons un peu les leviers de cette réussite :

1. La récompense à l'accomplissement

ça évidemment, c'est très bon. Les trucs gagnés, un petit jingle, tout cela me procure de la dopamine et me donne le petit coup de pouce nécessaire pour passer à l'action, me sortant des affres piégeuses la procrastination. 

Ca a boosté ma motivation sur le travail (allez, j'envoie encore ces 2 mails), aussi bien que sur les tâches quotidiennes.

Et par exemple, Habitica constitue une aide psychologique MONUMENTALE pour gérer le tunnel du soir : je le vis complètement différemment maintenant que cette longue liste de choses à faire de mon retour au boulot jusqu'au coucher des enfants se transforme en succession d'opportunités EN OR d'empocher des points. Je regarde mon score, je me dis "Ouh là, j'aimerais plus", et puis, je souris : j'ai devant moi 2h30 de scoring quasi non-stop. 

  • Préparer le repas, 
  • demander de mettre le couvert, 
  • ranger des choses, 
  • faire ranger des chambres, 
  • surveiller des bains, 
  • superviser du brossage de dents, 
  • lire des histoires, 
tout cela va me rendre RICHE et PUISSANTE. J'aurai un bonus si je leur coupe les ongles et des millions si je m'aventure à laver des cheveux. Le tunnel du soir devient une gigantesque machine à sous.

Et c'est d'autant plus puissant que cette récompense à l'accomplissement se combine avec

2. La récompense à l'écriture.

En effet, cela fait belle lurette que j'ai constaté que 

  • écrire ce que je dois faire m'aide à passer à l'action, et 
  • cocher ce que je fais m'aide à me récompenser. 
Avec un mais : pour bénéficier de cet effet et cocher, il faut... il faut... 

il faut noter, eh ben oui. 

Or, quand j'avais ma routine Bullet Journal bien établie, c'était bon, mais sinon, très souvent, c'est déjà là que le bât blesse; si avoir noté la chose à faire augmente de 50% les chances qu'elle soit faite, c'est bien dommage qu'en fait la fameuse FDN (Flemme De Noter) vienne entraver ce système en l'étouffant dans l'œuf.

Or, avec Habitica, l'incitation à noter est double

  • D'abord, je sais que si je n'ai pas noté la tâche, et que je la fais finalement, je n'aurai pas ma petite récompense. Ouin ouin ouin ! Donc au cas où, hein, ça m'incite à noter.
  • Mais surtout: à la création du profil, sont déjà présentes quelques "habits" (habitudes), qu'on est libre de supprimer ou modifier. Et parmi les 4 ou 5 qui étaient là, il y avait "Ajouté une tâche dans Habitica". J'ai trouvé ça curieux, mais ne l'ai pas supprimée tout de suite. 

Autant vous dire que je n'ai pas supprimée DU TOUT : c'est elle qui m'incite à noter. Puisque noter me rapporte des points immédiatement... je note. Et du coup, hop, j'ai déjà enclenché le mécanisme qui va m'entraîner à passer à l'action. Je suis poussée à mettre le doigt dans l'engrenage (qui me réussit si bien), et je me fais avoir, encore, et encore, et tous ces petits engrenages me mènent gentiment, avec le moins d'énergie possible, vers ce que je veux vraiment.


3. l'effet pense-bête : une remise sur rails facilitée

Comme j'ai été incité à mettre un max de choses dedans, eh bien, à tout moment, je me retrouve avec sous les yeux ce pense-bête hyper performant

"Ah tiens oui mes vitamines ! 
Ah mais oui je voulais ranger. 
Ah c'est vrai je voulais appeler Untel. 
Oh oh ne serait-il pas temps de couper les ongles des enfants ?". 

C'est beaucoup, beaucoup moins fatigant pour mon cerveau, et ça vient alléger énormément l'effet des sorties de route perpétuelles liées au TDA : autant de gentils rails qui me ramènent sur les voies avec un effort minimal de ma part. 

Cette notion d'effort minimal est vraiment appréciable : un peu comme si au lieu d'avoir à pousser un lourd caddie (celui avec les roues qui bloquent et une roue qui part toujours de travers), j'avais un wagonnet aux roulements à billes de compèt, sur des rails huilés, qu'une pichenette suffit à faire avancer. Pousser le caddie, souvent, c'est trop dur, ça demande de s'arcbouter, et à la longue ça épuise, puisque c'est de manière répétée. Donner une pichenette à un wagonnet, ça : j'arrive, et même plusieurs fois, plein de fois, autant de fois que nécessaire. Quel soulagement !

C'est aussi bien le cas pour les Habits / Dailies de mon quotidien, que pour la to-do list : je me mets subitement à penser à tout, ou en tous cas à bien plus de choses. Et quand un "Ouh mais y a ça" me traverse l'esprit, je sais dégainer instantanément mon téléphone, et la peur d'oublier disparaît. Charge mentale divisée par 100.

Cet effet-là, je l'avais en grande partie connu du temps de l'Âge d'Or de mon Bullet Journal. Et le constat que je fais est tout simplement une évolution de mes besoins depuis cet âge d'or: 


4. Zoom // Comparatif Bullet Journal

A l'époque de cet âge d'or, j'étais principalement à la maison, ou au boulot dans un endroit bien identifié. 

  • Notamment, mon logement n'est plus le même (je suis passée d'un appartement avec les pièces réparties plutôt en étoile autour de l'entrée, à une maison sur 3 niveaux) donc mon Bullet journal n'est plus tout le temps à 2 mètres de moi. C'est implacable : n'étant plus à portée de main immédiate, l'utiliser demande un effort supplémentaire, et c'est l'effort de trop. Au fil des ans, je l'ai moins utilisé, son usage avait évolué pour servir de to-do list professionnelle roulante : j'y avais une page par semaine pour tout ce que j'espérais réussir à faire dans la semaine. Ca m'aidait, mais c'était loin d'avoir cet effet incitatif ni l'envergure qu'avait le Bullet journal à mes débuts, ou qu'a Habitica maintenant. 
  • Mon téléphone, en revanche, est toujours avec moi (notamment depuis que je l'utilise pour compter mes pas - hors de question d'en louper eh !): puisqu'il est dans ma poche si j'en ai une, dans ma ceinture si je suis chez moi sans poche, dans mon sac à main si je suis hors de chez moi dans les 1000 lieux différents où m'amène mon activité pro.


Par ailleurs, Habitica a l'avantage de me permettre de gagner du temps sur le listage du récurrent : 

  • mes tâches récurrentes se réactualisent toutes seules sans que j'ai besoin de faire l'effort de les relister après avoir rempli la liste précédente (ou la page du mois précédent si je faisais un tableau)
  • et surtout comme on peut paramétrer finement les dailies, magie magie, le mercredi, aux tâches quotidiennes, se rajoutent les tâches spécifiques du mercredi : 
    • filer mes tickets de caisse et facture pro des 6 derniers jours à Monsieur Bout pour qu'il les intègre à la compta de notre entreprise, 
    • passer 5 minutes en tête à tête avec mon épilateur, 
    • faire les menus jusqu'au weekend, 
    • passer 1 de nos 3 WC au vinaigre blanc ou au bicarbonate, ... 
  • idem pour les tâches spécifiques au samedi, dimanche, etc.
  • Et je commence à utiliser cette fonctionnalité pour des échéances plus éloignées : les trucs à penser tous les trimestres, tous les 36 du mois... Je me suis déjà mis quelque chose pour notre départ en vacances de juillet 2025, je suis contente de savoir que ça ressortira pour venir me titiller le cerveau pile au moment opportun.


5. Un effet durable dans le temps ?

Comme dit dans le billet n°1, je me suis interrogée sur la fugacité ou non de l'effet. Est-ce que ça allait "fonctionner" pendant quelques semaines, et puis plus vraiment ? A l'époque je m'étais dit que ce serait toujours ce temps-là de pris et de bien employé. 

Mes constats après bientôt 4 mois d'utilisation

  • si le coup des récompenses et des animaux nous motive (c'est un peu la condition à ce que ça fonctionne; ce n'est pas le cas pour tout le monde, et je le vois bien quand j'en parle autour de moi : pour certains une lueur s'allume dans les yeux, pour d'autres, ça tombe à plat), on a de quoi voir venir, déjà, avec les animaux standards, et un ensemble de quêtes achetables avec des pièces d'or, qui titille l'intérêt.
  • si on prend un abonnement / a accès (par différents moyens cf plus bas) à moult quêtes, alors, on en a pour looongtemps avant d'avoir, par leur biais, rempli ses étables à ras-bord de caméléons, dauphins, jaguars et autres tricératops de différentes couleurs. Au pire, on peut même utiliser une fonctionnalité qui permet de libérer tous ses animaux et de recommencer l'élevage du début. J'avoue qu'à ce stade cette perspective me fait frémir : mes nanimaux chériiiiis. Mais peut-être que j'en serai ravie à un moment donné, fort lointain.
  • L'effet "économie d'énergie" d'Habitica est tel chez moi que je n'oserais plus m'en passer, donc je compte bien m'y accrocher si d'aventure j'avais une baisse de régime. Oui, ça me demande un peu de temps au quotidien, mais clairement, ce temps est un investissement indispensable au regard du temps et de l'énergie ainsi libérés. Ce cadre fonctionne merveilleusement bien pour moi, donc j'en arrive à une conclusion en ligne avec ce que je disais dans mon billet sur les astuces qui m'aident à gérer mon Trouble de l'Attention : il est crucial d'investir la petite énergie nécessaire à l'entretien de ce cadre, puisque c'est lui qui conditionne tout derrière.

Et tout récemment, j'ai pu confirmer que oui, j'en avais vraiment pour des années : ayant atteint le niveau Mage 144, certains trucs devenaient un peu trop faciles, et ça m'inquiétait; j'ai besoin d'un peu de challenge. Or, si je pouvais ratatiner des monstres trop rapidement :

  1. J'allais perdre un peu de ma motivation dans la journée : on ne peut ratatiner que 1 monstre par jour. Donc une fois qu'on l'a démoli, tout ce qu'on va faire en plus dans sa journée nous ramènera certes encore des points, mais ne causera plus de dommage à qui ce soit. Snif. (Là, à l'instant où je vous écris, j'ai un écureuil qui résiste, à qui il faut encore infliger un certain nombre de points de dommage pour réussir à l'exterminer avant le soir, et donc... et donc eh bien je viens de faire 2 trucs que j'avais à faire depuis plusieurs jours, histoire d'avoir toutes les chances de lui régler son compte avant de me coucher)
  2. Peut-être allais-je arriver au bout des quêtes existantes un peu vite / avoir tous les animaux associés au bout de 2-3 ans (quoique, il semble qu'après une pause ils aient recommencé à en créer)
J'ai donc testé la fonctionnalité qui permet le changement de classe : je suis "re-née" (farpaitement) et j'ai continué le jeu où je l'avais laissé, avec mes habitudes et tout, mais en Voleur (ouais, enfin, ma vraie identité!) de niveau 0. Ca a remis la dose de challenge nécessaire et j'ai réalisé que c'est ce que faisaient les "anciens" de l'appli : changer de classe régulièrement, pour garder un niveau de difficulté challengeant. Entretemps, me voici Voleuse de niveau 99, et je me réjouis à l'idée de, d'ici 1 ou 2 mois, aller peut-être repasser au niveau 0, et tester ce que ça donne quand on est une Guerrière. Après, je me reconvertirai en Guérisseuse, et puis plus tard, je verrai si je redeviens Mage ou si une autre Classe a ma préférence. La classe.

6. L'effet social 1 - Le soutien

Comme expliqué, il est possible de se mettre en groupe (avec des inconnus ou des copains) pour mener des quêtes. (NB : on peut aussi créer son groupe de 1). 

Quand on est en pleine quête, les tâches cochées, 

  • en plus de nous rapporter les bénéfices habituels (or, expérience, etc) 
  • viennent aussi taper sur un monstre (chaque tâche lui retire des points de vie jusqu'à ce que mort s'ensuive), 
    • monstre qu'on démolit à plusieurs, 
    • et qui finit par succomber en nous filant son trésor (la plupart, du temps, 3 œufs d'un animal rare). 

Rejoindre un groupe avec des inconnus allait à l'encontre de mon objectif (employer mon temps à ce qui est vraiment important pour moi) puisque rejoindre un tel groupe suppose un minimum d'interactions avec ses membres au quotidien. Et socialiser avec des inconnus par internet ne fait pas partie de mes objectifs actuels (euh... pourquoi j'écris ce blog alors ? on peut se poser la question).

En revanche, j'ai allègrement contaminé 2 de mes sœurs, si bien que nous avons notre petit groupe à toutes les 3 et nous nous y soutenons allègrement.  Sachant que personne ne voit les tâches précises qu'un autre membre du groupe s'est fixées, hein, cela reste confidentiel, mais on voit la personne monter en XP et donc on peut l'applaudir très fort, ou encore venir encourager "Eh les filles y a encore du taf pour tuer le monstre d'ici ce soir, z'auriez pas un truc à faire quelque part ? C'est le moment de se bouger mesdames".

Cet aspect social peut cependant se révéler précieux même sans fratrie à entraîner dans l'aventure : 

  • certains cherchent à créer des équipes d'inconnus avec des objectifs / contraintes communs (jeunes parents ; aspirants écrivains ; développeurs; TDAH) et dans l'espace de chat propre à l'équipe, ils s'encouragent, confient leur défi du moment, se boostent voire demandent, et reçoivent, les coups de pieds aux fesses demandés "Eh, t'en es où de tel objectif que tu nous avais confié?". 
  • De ce que je vois, pour pas mal d'anciens le soutien de l'équipe devient un facteur de persévérance et une incitation à l'effort supplémentaire. Ah oui, parce que j'ai oublié un détail : quand on fait partie d'une équipe et qu'on ne coche pas un de ses Daily (vous savez, les tâches qu'on a définies comme obligatoires), eh bien : chacun des membres de l'équipe perd les points de vie associés. Pour certains, "ne pas nuire à l'équipe" est l'aiguillon suprême, qui va les pousser à faire l'effort supplémentaire un jour de flemme.

Notons que ce fonctionnement en équipe constitue aussi une manière de bénéficier de fonctionnalités payantes du jeu sans débourser un radis : principalement, l'achat des quêtes (= combat contre un monstre) permettant de gagner des œufs d'animaux plus exotiques ( (les fameux caméléons, tricératops etc) que les animaux de base. Si on rejoint une équipe, il suffit qu'une seule personne ait des diamants (payants) pour lancer une quête et hop tout le reste de l'équipe participe à la quête (et en récolte les bénéfices) sans avoir rien à payer; ce que font mes sœurs à mes frais, par exemple.

 

7. L'effet social 2 - L'inspiration

Autre aspect social sympathique du jeu : la possibilité de créer et participer à des challenges.

N'importe qui peut créer un challenge avec une récompense (1 ou plusieurs diamants attribués selon des règles à déterminer) et des tâches à faire, à réaliser sur une certaine durée. Ces tâches viennent donc s'insérer dans notre liste à nous, et à l'issue du challenge un gagnant est désigné selon les règles annoncées à l'avance par l'organisateur du challenge : la plupart du temps, avoir coché un certain nombre ou un max de trucs, puis tirage au sort. C'est assez sympa, et ça tire vers le haut.

Par exemple, le premier auquel j'ai participé s'intitulait "Support your Current et Future Self".

Pendant un mois, tous les jours il fallait cocher deux choses (en Daily)

  • J'ai fait quelque chose qui est bon pour le moi d'aujourd'hui
  • J'ai fait quelque chose qui est bon pour mon moi futur.

Et en to-do, il fallait prendre des notes, au fur et à mesure, sur ce qu'on observait et découvrait ainsi.

Ca m'a 

  • fait pas mal réfléchir, 
  • poussée à me coocooner un peu, 
  • et à aussi faire des choses qui investissent dans mon avenir : par exemple, 
    • ENFIN prendre un RDV pour dans plusieurs mois, pour aller m'occuper de mes réflexes archaïques à moi ; 
    • ou décider, et mettre en œuvre la décision, d'arrêter de travailler avec un client qui ne colle plus avec mes objectifs et envies ; 
    • ou passer du temps à lire un bouquin pro que j'avais depuis longtemps et qui me servirait pour plus tard. Hasard, coïncidence, il m'a servi plus tôt que tard.
Que d'effets regrettables !

Là, je suis en plein challenge sur le sommeil. Il en existe plusieurs sur Habitica, il y en a pour tous les goûts, et celui que j'ai choisi est hyper bien fichu, 

  • avec des taches à accomplir la première semaine : une série de lectures d'articles très informatifs sur le sommeil, son fonctionnement, ce qui influe dessus, etc
  • puis au bout de cette première semaine de lecture, il fallait se créer une routine de pré-sommeil et une routine de réveil prenant en compte les informations qu'on estimait pertinentes par rapport à soi. 
  • Puis, la cocher fidèlement chaque jour. 
Moralité, sur ces 3 dernières semaines, je me suis couchée plus souvent à VINGT-TROIS HEURES (inimaginable!) que sur la totalité des 2 ans qui précèdent (et encore, 2 ans, je suis prudente, je pourrais facilement dire 3 ou 4 je le crains).


Le mois dernier, il y avait un challenge qui poussait à mieux utiliser le système de récompenses de l'appli : comme dit en réponse à un commentaire du billet 1, avec les pièces d'or gagnées, on peut acheter des récompenses virtuelles (une épée superpuissante par exemple), mais aussi prévoir des récompenses réelles: par exemple, 

  • déterminer soi-même qu'on s'offrira un ciné avec une copine contre, allez, disons 100 pièces, 
  • ou un rdv coiffeur avec 500 pièces, 
  • ou un épisode de série télé au bout de 125 pièces. 
A faire entièrement sur-mesure. Ca m'a bien fait réfléchir, et permis de voir que j'avais encore beaucoup de potentiel sur le sujet. 

Mais l'un des premiers fruits de cette réflexion a été de me donner la clé pour affronter le challenge sommeil susmentionné. En effet, me donner juste des points pour me coucher tôt avait eu un petit effet, largement insuffisant hélas. J'ai sorti l'artillerie lourde : 

  • j'ai relié chaque coucher réussi à 23h à l'achat d'un diamant supplémentaire (vous savez, la monnaie payante qui permet d'acheter des quêtes marrantes). 
  • Pendant que j'y étais, j'ai aussi tarifé de la même manière le fait d'emmener tout le monde à la messe du dimanche, un défi pour lequel mon niveau de fatigue a du mal à se montrer à la hauteur. 
  • Grâce à cela, j'ai empoché une quête à oeufs de raton laveur, une à écureuils, une à crabes et une à jaguars ces dernières semaines. (pour un budget total supplémentaire de 4€. Qqch me dit que des horaires de couchers sains valent largement cette somme).


En ce moment, j'ai aussi en cours un challenge qui m'encourage à continuer mes efforts Flylady en désencombrant un peu tous les jours.


Et cet été j'avais repéré un challenge "Décrasse ton frigo" qui tombait à pic et sur lequel je comptais allègrement m'appuyer pour attaquer la bête au retour des vacances : on gagnait des points par étagère nettoyée (brillant, de découper le frigo en morceaux !!). Si ce n'est que notre frigo est mort donc frigo tout neuf tout propre donc ... pas cette fois.

Il y en a pour tous les goûts, des challenges de lecture (démolir sa Pile A Lire), des challenges d'écriture, des challenges de prière, des challenges de crochet, des challenges Flylady ou Marie Kondo... ca vient stimuler, inspirer, tirer vers le haut, ça me plaît bien !


Au point que je vous avouerai que je réfléchis à lancer mon propre challenge sur l'appli : car tout récemment j'ai soudainement réalisé que ce système se prêterait magnifiquement à de la découverte ou reboostage Faber et Mazlish. M'imaginer gagner des points à chaque fois que j'ai "décrit un problème à la place de donner un ordre" ou "accueilli un sentiment" , en ajoutant peu à peu les différentes habiletés au rythme des chapitres, ... Ce serait une manière 

  • de rester connectée à mes objectifs profonds, 
  • de m'inciter à pratiquer, et à lire/relire
  • ça me motive bien, 
  • et ce serait l'occasion de soutenir et/ou faire découvrir à d'autres familles. 
Je me tâte encore car je pense que ça me fera du boulot, alors si c'est de nature à vous intéresser, faites-le moi savoir, ça peut peser dans la balance ! 


7. des petits trucs techniques sympas

Cette appli existe depuis longtemps en fait, donc elle a eu le temps d'être bien développée, et donc il existe tout plein de petits trucs sympas.

  • Comme dit dans le billet 1, j'ai mis du temps à aller explorer la version PC, alors qu'aujourd'hui j'apprécie beaucoup de pouvoir passer de mon téléphone au PC selon les moments
  • Notifs de rappel : quand on crée une daily ou une To-Do, on peut rajouter un ou plusieurs "reminder" : au moment choisi, pouf, une petite notif apparaîtra sur notre écran pour nous y faire penser. Très efficace; à cela près que je, alors que certains reminders apparaissent avec une fiabilité sans faille, pour certains, ce n'est pas le cas. Je me demande si j'ai fait une boulette en les paramétrant.
  • Dans les to-do et dans les daily, il est possible de créer des sous-listes : ça permet de découper un gros machin en plusieurs morceaux, on vient cocher les sous-tâches, puis à la fin, zou, on empoche tout. 
    • Effet top : le fait qu'il y ait plusieurs points de sous-tâches décuple la taille des récompenses associées. Miam ! 
    • Effet moins top : tant qu'on n'a pas tout coché, on n'a pas de récompense, ce qui peut être frustrant et pouvait me poser problème à certains moments. 
    • Dans ces cas, quand la difficulté à m'y mettre est particulièrement forte et que j'ai besoin d'avoir une carotte plus proche, j'ai pris l'habitude d'utiliser la double comptabilité mentionnée en point suivant.
  • J'ai tout récemment découvert l'existence de widgets, (vous savez, ces petits machins directement présents sur notre écran), donc j'utilise celui qui me permet d'avoir ma liste de Daily sous les yeux. J'y repère 3 bénéfices
    • L'effet prompteur est encore plus fort puisque paf cette liste me saute aux yeux dès que j'allume mon téléphone. 
    • Chaque point en devient encore plus facilement cochable, donc incitation encore plus forte / frein amoindri à l'utiliser
    • et ça diminue le temps nécessaire et le temps passé sur l'appli en tant que telle donc améliore encore le ratio "investissement sur l'appli / bénéfice retiré".
  • Il y a tellement d'astuces qu'un wiki spécial a été rédigé par les fans et je m'en sers régulièrement.
  • Le propre fondateur a écrit des trucs assez inspirants sur sa manière d'utiliser Habitica, avec par exemple des éléments pour déterminer quelle Classe (Voleur, Mage, Guerrier, Guérisseur) est la plus susceptible de nous convenir selon le fonctionnement de notre motivation. Je ne l'ai découvert qu'après plusieurs semaines, mais le petit test à réaliser est tombé parfaitement juste.  C'est ici.
  • Quand on crée une tâche elle se met automatiquement en haut de la liste, mais on peut ensuite la déplacer pour la mettre dans le bon ordre. Sur le wiki, pour aider à mieux ordonner ses Habits, ils conseillent de créer des Habits vides qui apparaissent en gris et font fonction d'intercalaires, ou encore d'utiliser des smileys, et effectivement ça aide beaucoup


8. Tricher avec l'appli ?

Alors, comme quelqu'un me l'a demandé "Mais, tu ne te retrouves pas à tout cocher pour empocher des points même si tu n'as rien fait ?". 

Dans les faits, non : ce n'est pas comme si les points ouvraient à qqch de tellement formidable que tu as envie de les avoir tout seuls, pour eux-mêmes. Les points sont tops justement parce qu'ils reflètent qqch de la vraie vie, c'est ça qui leur donne le sens. 

En revanche, tricher par ailleurs, c'est génial. Parfois des nouveaux s'interrogent : j'ai mis un truc à la fois en Daily et en Habit donc ça me rapporte doubles points quand c'est fait, est-ce tricher ?

Ben... oui et non. On s'en fiche, de gagner plus de points que le voisin, puisqu'il n'y a pas de compétition. En revanche, si les doubles points aident à faire la chose, eh bien, c'est précieux, c'est une "triche" qui va dans le bon sens. Il s'agit de tricher son propre cerveau !

Prenons deux exemples chez moi

  • Aller à la messe, c'est souvent qqch que je coche 3 fois : je le mets en To do, c'est dans ma liste de daily du dimanche, et c'est dans mes Habits. L'appli est à mon service, et je fais les règles qui m'aident dans mon quotidien, pas l'inverse. Et je les modifie quand mes besoins évoluent.
  • Pour le travail, sur des projets un peu de longue haleine, j'ai souvent recours à une double comptabilisation dans la to-do : je crée
    • une tâche liée au résultat en lui-même (ex : finir support séminaire Client X) et 
    • toute une série de tâches liées aux moyens nécessaires : 
      • Travailler 15 ou 25 minutes (selon mon degré de trainage de pieds) sur support client X - 1, travailler 15 minutes sur support client X - 2.
      •  Ces to-do minutées ont le même effet que le minuteur Flylady : la carotte est proche ! Et de carotte en carotte, je touche la carotte finale. 
      • Alors, oui, quand j'ai un gros truc à faire et vraiment du mal à m'y mettre, à la fin, je me retrouve avec plein de points : c'est logique, puisque la récompense est à la mesure de la difficulté du truc pour moi. Personne n'est lésé, et la personne qui en bénéficie, c'est moi : j'ai réussi à venir à bout d'un truc de la manière la plus simple et gratifiante pour moi.

Parfois même, c'est une triple comptabilisation

  • j'ai récemment rajouté une Habit "Pomodoro" = le système qui nous fait travailler par tranches de 25 minutes, j'en parlais déjà et l'ai redécouvert sur Habitica. Redécouverte opérée grâce à... un challenge où le but est d'arriver le plus vite possible à 9999 Pomodori collectivement. 
  • Je la coche quand j'ai bossé 25 minutes sur un truc. Parfois, je n'utilise que ça, sans créer de to-do spécifique. Parfois, je combine les 2, encore une fois, selon le degré de motivation qui me fait défaut. Je me retrouve donc, à avoir en perspective, pour 25 minutes de boulot sur l'intervention X :
    • les points liés à la pomodoro générique (= passer 25 minutes sur un truc)
    • les points liés à la tâche de to-do spécifique"passer 25 minutes sur Client X"
    • les points additionnels que procurera cette sous-tâche une fois la tâche globale "Préparer Intervention Client X" cochée. De manière intéressante, ce système m'a enfin permis de mieux visualiser le temps que je passe réellement sur la préparation de telle ou telle intervention.
    • Curieusement, avec ce système, des choses de longue haleine ont progressé étonnamment vite. 
  • Ca m'aide par exemple énormément à tirer le maximum de mes trajets en TGV. C'est tout ce que je leur demande, et si cette triple compta me permet de profiter à fond de mes enfants une fois de retour chez moi, grâce à la manière dont j'ai employé mes heures de transport pour ôter de mon chemin tout ce qui pourrait m'empêcher de leur consacrer du temps : vive la triple compta ! Longue vie à elle !!


9. Quelques exemples d'utilisation totâââlement inefficace

Je m'en sers pour 

  • me booster sur des choses que j'ai du mal à faire / n'aime pas faire et que je néglige.

Par exemple, j'ai mis une Habit "cirer des chaussures": depuis, j'en ai entretenu plusieurs paires; pas de contraintes, mais une incitation. Je n'hésite pas, cf point précédent, à cumuler avec une to-do spécifique.

Et, bien évidemment, une des premières choses que j'ai incluses dans Habitica, ça a été Flylady : ça s'y prête meeeerveilleusement bien puisqu'il s'agit de rajouter des petites choses quotidiennes dans sa liste. HotSpot quotidiens, le retour !  

  • tester de nouvelles choses. 

C'est ainsi que j'ai, enfin, enfin, commencé à utiliser du fil dentaire. Je n'avais jamais entendu parler de ce truc (ah, si, sauf dans une scène du film Pretty Woman restée longtemps assez cryptique pour moi, du coup^^) jusqu'à ce que la nana spécialisée en micro-nutrition que j'ai consultée il y a 2 ans au moment de ma mise au sport me suggère d'en utiliser. Recommandation soigneusement notée. Et jamais mise en œuvre. Là, elle m'est revenue et du coup, j'ai procédé en plusieurs étapes :

    • 1. en to-do : acheter du fil dentaire, en deux sous-tâches : 
      • regarder sur google ce que c'était (pour savoir quoi chercher dans mon supermarché), 
      • puis l'acheter lors des prochaines courses
    • 2. autre to-do : regarder sur Youtube comment s'en servir 
    • 3. nouvelle to-do : l'utiliser pour la première fois
    • 4. puis j'ai créé l'habit correspondante, en prenant l'habitude de découper / répartir le boulot : dents du bas, le matin dents du haut le soir
    • 5. puis après plusieurs semaines de ce régime, j'ai "upgradé" cette habit : l'un des 2 rdv "fil dentaire" est passé en daily. Donc, si je n'utilise pas de fil dentaire de la journée, je perds des points. 

  • mettre les priorités au bon endroit 

je reviendrai, dans un prochain billet, sur ce que j'ai récemment mis en place pour associer de mieux en mieux mes enfants à la gestion des tâches ménagères, avec, entre autres, toutes les manières dont je me suis appuyée et m'appuie sur Habitica pour cela, mais en voici déjà une : j'ai créé deux habits spécifiques : 

    • l'une : je la coche quand j'effectue une tâche ménagère
      • C'est une particularité de notre mode de vie actuel. Il y a quelques années, j'aurais probablement décomposé et créé des habits voire des dailies distinctes et spécifiques : vider le lave-vaiselle, gérer le linge. 
      • Dans notre configuration actuelle, ça n'a pas de sens : certains jours je ne fais absolument aucune tâche ménagère car je ne suis juste pas là, ou pas là de 7h à 22h, ou alors je ne fais que préparer le repas. D'autres, j'en fais davantage. Donc j'en ai juste une globalisée, que je coche dès que je fais un truc pour la maison
    • l'autre s'intitule "tâche ménagère enfant". Je la coche dès que je fais faire quelque chose à un enfant : faire mettre le couvert, faire vider le lave-vaisselle, faire ranger une chambre, etc.

et j'ai tarifé la 2nde plus cher que la 1ère, histoire de contrebalancer la tentation du "j'aurai plus vite fait de le faire moi-même" qui constitue un des pièges dans lequel on tombe si souvent sur le chemin de la responsabilisation de ses enfants. J'ai donc plus d'intérêt à m'embêter à rappeler un enfant pour ranger un truc qu'à soupirer et le faire à sa place.


  • anticiper des trucs au lieu de m'y prendre à la dernière minute, en jalonnant le chemin. 

Prenons l'exemple de cette fameuse réservation des vacances de février MI AOUT.

J'ai

  • 1. créé une to-do "avoir une conversation de planning des prochaines vacances", positionnée pendant les 6 jours en amoureux que Monsieur Bout et moi-même avons passés ensemble fin juillet. Et utilisé l'espace notes et sous-tâches pour y établir une check-list des points à vérifier au fur et à mesure qu'ils me venaient. J'ai donc eu des points pour le simple de démarrer cette discussion, nécessaire à toute la suite
  • 2. créé, au fil de ladite discussion, une to-do par vacances, avec en notes le programme décidé.
  • 3. Pour les vacances de février, du coup, créé une to-do avec des sous-tâches, contenant tout ce qu'il fallait réserver. 
  • 4. Et réservé chaque truc en empochant des points. Mi août.
  • 5. J'ai maintenant créé une 2ème check-list pour les petites choses qui restent à faire d'ici là.


10. faire des combo gagnants avec d'autres applis : StayFocused + Habitica = Gros gros cœur 

J'utilise Habitica pour m'inciter à corser de plus en plus les choses avec StayFocused / m'appuyer toujours plus dessus. Inclure des points pour "serrer la vis" ou encore utiliser ponctuellement la fonctionnalité de "blocage total", par exemple, m'a poussée à encore davantage explorer les fonctionnalités de l'appli afin d'en tirer encore davantage parti.

Les deux applis se marient donc merveilleusement bien : 

  • StayFocused empêche mon cerveau d'utiliser le smartphone pour vagabonder, et 
  • Habitica oriente mon cerveau ainsi libéré des tentations vers des trucs constructifs, y compris... encore mieux utiliser StayFocused.

Quelle dynamique pourrie !


C'est crétin, mais ça marche. Donc, je ne négocie pas, je fais ce qui marche. Pas plus tard que ce weekend, grosse flemme et envie de rester en pyjama à rien faire: ben je me suis douchée pour avoir mes points, et j'ai attaqué ma journée. Ce qui vous vaut ce billet, en fin de course, bicoz finalisation de sa rédaction = COCHE !


lundi 18 décembre 2023

Front parental : "Ne jamais reprendre son conjoint devant les enfants" - Ben si.

Tout récemment une discussion Facebook m'a rappelé une autre de ces grandes croyances si répandues dans nos têtes de parents, et qu'il est tellement difficile de remettre en question... et tellement important car bénéfique pourtant : j'ai nommé...

La nécessité de "faire front" devant les enfants 

= se montrer d'accord avec son conjoint sur les décisions concernant les enfants, y compris le soutenir devant eux / ne pas le contredire ou contrecarrer quand il agit d'une manière qui nous semble pourtant pas ajustée voire franchement nocive.

En l'occurrence il s'agissait d'un conjoint ayant recours à des mots très blessants envers les enfants ("tu es nul"), et des mesures humiliantes, à des fins de discipline. 


Les échanges Facebook m'ayant amenée à approfondir / détailler un peu ma réflexion sur le sujet, j'ai réalisé que je tenais là une de ces fameuses #phrasàlacon, un de ces mantras dont on hérite et reprend si facilement comme une vérité de base, inquestionnable. 

Et en fait... sans l'avoir fait consciemment, je m'aperçois que, alors que c'était très clairement quelque chose dont j'étais persuadée avant d'avoir des enfants, je m'en suis bien détachée.

Alors, des fois que ça puisse vous servir, questionnons ensemble : 

En quoi est-il excellent de contredire son conjoint dans ce genre de situations ?


1. Déjà, il y a là un signal important : il est essentiel pour rassurer l'enfant, restaurer ce qui est blessé ainsi dans son intégrité

Aucun parent ne se comporte toujours parfaitement envers son enfant (sauf moi, bien évidemment... hum hum), nous blessons donc nos enfants régulièrement. Pas moyen de l'éviter totalement. 

Mais quand un parent débloque, soit par exception, ou encore davantage quand c'est régulièrement, il est très précieux que l'enfant puisse avoir la confirmation, par la réaction de son autre adulte de référence, que ce qui se passe n'est pas "normal", acceptable, et encore moins mérité.

Cela permet d'atténuer considérablement l'impact des mots / actes du parent-qui-débloque, en augmentant les chances que l'enfant puisse davantage les catégoriser comme tels, et non comme des vérités intangibles. 


Ca, c'était mon premier niveau de réponse, celui qui est sorti le plus spontanément. Et puis en fait... d'autres me sont apparus. 

En contredisant son conjoint devant ses enfants, on les protège dans l'instant, eux, et dans l'avenir (en leur montrant que personne n'a le droit de leur dire des trucs pareils)... et ...


2. On leur transmet également des messages forts et ô combien précieux sur le couple, et l'amour en général :

  • droit de penser /ressentir différemment dans un couple
  • droit de se disputer: ce n'est pas la fin du couple
  • les adultes peuvent avoir tort 
  • et on peut estimer que quelqu'un a tort et continuer à l'aimer

Droit de penser / ressentir différemment : pour être un couple, pas besoin de nier son identité, on peut ne pas être d'accord. A l'inverse de cette citation de Woody Allen (eh, je me cultive en vous écrivant : jusqu'à ce que j'aille vérifier je pensais que c'était Sacha Guitry, mais Google m'a appris le contraire).
Le mariage, c'est quand un homme et une femme ne font plus qu'un. Le plus difficile, c'est de savoir lequel.
C'est tellement important de réaliser qu'être amoureux ne signifie pas abdiquer son identité et ses ressentis propres ! Y compris dans nos petites et grandes limites personnelles : les 3 Bouts savent par exemple très bien que mon niveau de tolérance au bruit n'est pas le même que celui de Monsieur Bout, et que donc, les "règles" autour du bruit ne sont pas les mêmes selon si ce sont mes oreilles uniquement qui sont impliquées, ou celles de leur père.


Droit de se disputer : oui, en prenant le contrepied de notre conjoint devant nos enfants, on leur montre qu'un couple qui s'aime se dispute aussi. Si nos disputes n'ont jamais lieu devant eux, comment pourraient-ils vivre leurs propres disputes de couple futures comme quelque chose de normal ? 
J'ai en mémoire l'une des mes colocs autrichiennes dont les premiers mois de relation avec son petit copain ont été ponctués de plusieurs quasi-ruptures : à chaque dispute, ledit petit copain voulait rompre car à ses yeux, se disputer était le signe qu'on n'était pas faits pour être ensemble. C'est embêtant, puisque un couple, ça se construit aussi sur sa capacité à surmonter les crises, pas juste à les éviter.


Les adultes peuvent avoir tort 
Trèèèès important ça. Essentiel à l'auto-préservation de nos enfants.

On peut estimer que quelqu'un a tort et  continuer à l'aimer 
Là c'est le pompom, puisqu'il vient toucher à un des mécanismes psychologiques les plus délicats qui soient : la capacité à se remettre en cause, c'es-à-dire à repérer / reconnaître qu'on a eu tort.
Se remettre en cause est un sport extrêmement compliqué à pratiquer, qui réveille des mécanismes défensifs d'une force inouïe. Et pourtant TELLEMENT essentiel. (c'est du reste une dimension que je testais systématiquement quand je recrutais. Travailler avec / manager quelqu'un qui ne peut accepter d'avoir tort, c'est l'horreur)
Or cette difficulté à se remettre en cause est souvent bien ancrée, car liée à une croyance bien forte "quelqu'un qui se trompe, qui a tort, n'est pas digne d'être aimé" / "pour être aimé, je dois être parfait". Plutôt crever que d'admettre qu'on n'est pas parfait, alors ! 

Alors que là, en montrant à notre enfant qu'on peut estimer que notre conjoint a franchement tort et continuer à l'aimer :
  • on lui montre que lui-même peut avoir tort et continuer à être aimé... et donc profiter des ressources formidables liées à la remise en cause ! Citons notamment : 
    • apprendre de ses erreurs
    • oser faire des trucs (puisque c'est pas la mort de se tromper / ne pas y arriver)
    • pardonner et demander pardon
  • on lui montre qu'il peut considérer que son père a tort et continuer à l'aimer, plutôt que d'avoir le choix entre nier son ressenti d'enfant, ou considérer que son père est un gros c**. Dilemme qui contribue grandement à 
    • la violence des crises d'adolescence, si elles ont lieu, 
    • la difficulté à établir des relations adulte-adulte avec ses parents
    • la difficulté à remettre en cause des schémas familiaux / styles d'éducation : comment décider d'éduquer autrement mes enfants que je ne l'ai été, puisque ce serait implicitement ou explicitement, exprimer que mes parents ont eu au moins un peu tort d'agir comme ils l'ont fait avec moi, alors que j'ai intégré que je ne peux les aimer si ils ont tort ?
Et voilà comment je me retrouve devant un choix silencieux bien pourri : aimer mieux (= plus efficacement) mes enfants, ou continuer à aimer mes parents ? 
Il s'agit donc de ne pas définir la loyauté comme quelque chose qui m'empêche de penser/exprimer que l'autre a tort (une croyance bien nocive qu'on retrouve partout, jusque dans les CODIR dont je m'occupe), mais de démontrer le contraire, en live.

La vérité vous rendra libres, il paraît.

Cerise sur le gâteau : si on arrive à se disputer de manière constructive, à soigner un peu sa manière de s'exprimer à ce moment-là, nos enfants peuvent même en retirer des compétences en la matière : "Exprimer vigoureusement son désaccord sans attaquer l'autre"... des leçons étrangement similaires à l'apprentissage de l'expression de notre colère envers eux, guidé par Faber et Mazlish....

Je dis ça, j'dis rien !

Par Rundvald — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=123316058 



jeudi 4 mars 2021

Proposition indécente : téléphone rose / ateliers visio

Parmi mes multiples casquettes (nan, mes multiples capelines, c'est plus élégant), j'ai la chance d'animer depuis un bout de temps maintenant des ateliers de parentalité positive en mode Faber et Mazlish, et même si ce n'est qu'une annexe de ma vie pro bien remplie par ailleurs, c'est une annexe pleine de sens et que j'adore : accompagner des parents en leur ouvrant leur carte du monde dans une atmosphère de confiance, de soutien mutuel et de rigolade (parce que vous me connaissez, j'ai un peu du mal à faire les choses sans de vrais morceaux de rigolade dedans).
Cet automne j'étais donc repartie comme d'habitude sur une session en présentiel... vite interrompue par le confinement. Ce qui finalement n'est pas si mal tombé puisque novembre-décembre ont été horriblement pleins.
Vue la tournure des évènements, je réalise que mes chances d'animer des ateliers en présentiel cette année sont proches de zéro...

Et une gentille lectrice est venue me lancer avant Noël (j'ai dit "noooooon je meurs"), et me relancer en début de semaine pour me demander si je ne serais pas partante pour proposer une session en visio aux lecteurs du blog.

Bon, la visio, ça me saoule d'un côté... mais de l'autre c'est aussi un moyen bien précieux de se connecter avec des personnes ayant un même objectif, et puis je pratique tellement pour mes formations au management que j'ai développé une certaine capacité à rendre ça quand même bien fun et interactif.
Et en fait à la perspective de rencontrer des lecteurs / lectrices mon cœur frétille...
J'en ai parlé à Monsieur Bout (puisque c'est à lui d'assurer la logistique derrière) et il a dit OK.

Donc donc donc j'ai la joie de vous proposer une grande première !

session d'ateliers Faber et Mazlish avec moi
en visio (je dois encore choisir entre Zoom et Teams)


Renseignements pratiques

QUAND
  • 8 lundis soirs : une session d'ateliers Faber et Mazlish c'est normalement sur 7 soirs mais j'ai pris l'habitude d'insérer une session spéciale "colère du parent" entre le 3ème et le 4ème soir, un hit absolu à chaque fois, allez savoir pourquoi
  • dates prévues : 15 jours entre chaque soir sauf 2 fois (parce que faut boucler avant les vacances), démarrage (si suffisamment d'inscrits), le 22 mars, ce qui nous donne
  1. lundi 22 mars - accueil des sentiments
  2. lundi 29 mars (donc dès la semaine suivante, comme ça on est bien chauds) - développer la coopération
  3. lundi 12 avril
  4. lundi 26 avril
  5. lundi 3 mai (donc là aussi, session 4 - celle consacrée à la colère - suivie une semaine après de cette 5ème session sur l'autonomie)
  6. lundi 17 mai
  7. lundi 31 mai
  8. pour finir en beauté lundi 14 juin
  •  Horaires prévisionnels : 20h30 - 22h45 (possibilité de décaler de + ou moins 30 minutes si consensus au sein du groupe.... on n'a pas de trajets à prévoir hinhinhin)

POUR QUI ?
Je ne vais pas faire beaucoup de com dessus, et ne le proposerai qu'aux lecteurs du blog (ou à leur entourage immédiat, hein, si votre belle-sœur en rêve vous pouvez lui transmettre - elle aura juste obligation de lire l'intégralité des 500 billets du blog avant le début de la session - ou pas) ainsi qu'aux participants de ma session interrompue de l'automne
  • Pour des parents / adultes (j'ai déjà eu des grands-parents, des profs, des sages-femmes) ayant envie de gérer leur relation aux enfants sur la base respectueuse de l'enfant et de l'adulte que constitue l'approche Faber et Mazlish. 
  • Condition : avoir sous la main, de manière régulière, au moins un enfant âgé de plus de 18 mois. (pour pouvoir s'entrainer entre les sessions)
  • Qu'ils aient lu les livres ou pas
  • Seul ou en couple 
  • max 12 participants (mini 5)

QUOI ?
Des ateliers basés sur l'approche Faber et Mazlish, interactifs, où on découvre en groupe des outils par rapport au thème du soir, on s'entraine à les tester, et où on débriefe la fois suivante du résultat de nos tests "in vivo" : pour que les outils si beaux en théorie ne le restent pas, de la théorie !
Le principe étant que les expériences, questions et tests des autres participants viennent enrichir d'autant l'apprentissage de chacun.

INSCRIPTIONS : figurez-vous que l'adresse mail du blog a choisi de bugger, donc en attendant que je trouve ce qui cloche, vous pouvez me contacter en MP FB/Insta, ou sur mon adresse gmail.com : prénom.nom. 

TARIF : 
  • 220€ pour l'ensemble du cycle pour une personne seule, 260€ pour un couple 
  • + prévoir 12€ / personne pour le cahier d'exercices, indispensable au bon fonctionnement
  • (payables par virement; j'accepte aussi les lingots d'or mais c'est plus compliqué à envoyer par La Poste)
  • Arrhes de 50€ pour bloquer votre place

PRECAUTIONS 
Suivre un atelier en visio, c'est top et bien pratique, à quelques conditions toutefois : je vous invite à y réfléchir afin de vous assurer que vous serez dans de bonnes conditions pour en profiter
  • une pièce isolée phoniquement du reste de la famille et en particulier des enfants : pour pouvoir parler librement loin de leurs oreilles 
  • l'assurance de ne pas être dérangé 42 fois par un enfant au cours de nos soirées : pour pouvoir se concentrer sur nos échanges et profiter pleinement du ressourcement entre adultes (seule exception : les nourrissons au sein, pas encore doués de parole, ça se gère; il n'est pas exclu que H. soit d'ailleurs "branché" certains soirs)
  • une connexion internet suffisamment stable
  • si participation en couple, un support informatique par couple (une session zoom ou autre chacun) : indispensable pour pouvoir faire les exercices

Voili voilou, dites-moi si ça vous branche, et aussi venez poser vos questions si vous en avez avant de prendre votre décision !

(héhé, cet article est plus rapide à écrire que celui sur le sommeil...)





lundi 5 octobre 2020

L'emploi du temps de la famille Bout - révélations exclusives !

Bon, suite à mon billet de rentrée, il paraît que la manière précise dont nous nous sommes organisés pourrait intéresser les foules avides de mon lectorat.

Alors, comme c'est pas dur à expliquer et que je cherche la facilité, hop, voici un petit billet rapide de derrière les fagots.

Eléments de base (qui sont ceux sur lesquels nous avons basé notre réflexion au moment de la décision de rebasculer F. en école à la maison)

  • F. doit faire IEF 4 matinées par semaine 
  • il doit avoir un créneau long et régulier sans nous en collectivité
  • E. est à l'école 4 jours par semaine de 8h30 à 16h
  • H. va chez sa nounou les mardis, et les lundis en option
  • La Gwen bosse de manière irrégulière, parfois à la maison, parfois pas
  • La Gwen veut animer des ateliers de parents Faber et Mazlish en plus
  • Monsieur Bout a besoin de 20h par semaine de travail personnel pour suivre sa licence à distance


Organisation initialement prévue lors de ladite décision

  • 4 jours par semaine, Monsieur Bout gère les enfants
    • trajet d'école d'E. , puis IEF avec F. de 9h à 12h30, puis déj. 
    • Il a ensuite 2h de travail perso de 13h45 à 15h45, 
    • il va ensuite chercher E. puis emmène les enfants au parc ou les gère jusque 18h où il rentre préparer le dîner. Il case la gestion du linge dans les temps morts, et s'occupe de H. en parallèle les jours où celui-ci est présent.
  • La Gwen ne prévoit jamais (sauf exception absolue) de bosser les mercredis : le mercredi est un jour OFF pour Monsieur Bout, qui le passe intégralement sur ses études
  • 3 soirs par semaine, Monsieur et Madame Bout font quelque chose ensemble, au choix : 
    • un truc tous les 2 à la maison (genre regarder enfin Downton Abbey, jouer, ou même, parler !),
    •  un truc tous les 2 en dehors si moyen de faire garder les enfants, 
    • ou un truc social : recevoir ou être reçus
  • Les autres soirs, chacun fait ce qu'il veut : du blog, du téléphone, de l'animation d'ateliers pour la Gwen, du travail pour sa licence pour Monsieur Bout
  • Le weekend, c'est liiiibre, on passe du temps ensemble


Petits grains de sable dans l'organisation prévue :

  • F. est plus long à bosser que ne le pensait Monsieur Bout; 

Du coup ce qui était prévu "au départ" ne colle plus car Monsieur Bout envisage de récupérer 1h certaines après-midis. Personnellement, ça m'embête, mais c'est à la personne qui prend en charge l'IEF de décider de son organisation; et il se trouve que cette fois-ci, cette personne n'est pas moi...

  • Le créneau "F. en collectivité", pressenti le mercredi au départ, tombe les lundis en fait 

Le hasard m'a mis sous le nez une possibilité, que j'ai saisie au bond, et donc j'ai monté, avec un animateur, un créneau d'activité IEF : 1 lundi sur 2, les enfants IEF du coin sont en forêt toute la journée, encadrés par des animateurs, pour des jeux, découvertes, constructions de cabanes et vélo. Je suis MEGA fière d'avoir réussi à coordonner ça et F. KIFFE.

Mais surtout

  • on a rajouté la "petite" formation suivie par la Gwen, qui l'occupe donc un certain nombre de vendredi-samedi en plus, et lui remplit ses temps morts et ses soirées de lectures passionnantes mais ô combien prenantes (mais passionnantes - mais prenantes - mais...)

et surtout surtout

  • Le rythme de H. n'est en fait pas du tout calé
Haha, après 2 bébés ayant fait leurs nuits ridiculement tôt on n'avait paaas du toooout anticipé ça. 

Donc non seulement il ne fait pas nos nuits, mais il ne fait pas nos soirées, ce qui implique que tout ce que nous avions prévu pour nos soirées est ... pas gagné. Et son rythme en journée est imprévisible encore. 

Le coup du "Monsieur Bout étudie pendant la sieste du Boubinours" : haha; 

idem celui "Gwen anime un atelier pendant que Monsieur Bout bosse ses cours et que tout le petit monde dort" : Pffffrttt pour le moment. 

Ne parlons pas des moments tranquilles à 2 : il y en a; mais de là à les prévoir...


Donc on a rebeloté : 

  • Monsieur Bout ne compte plus sur les après-midi des jeudis et vendredis (jours où il a H. à la maison à gérer) pour avancer dans ses chères études : il prévoit de gérer un peu d'école de F., et de gérer la maison avec H. en porte-bébé si besoin (ce qui est réaliste, alors qu'apprendre des machins ou rédiger des bidules avec un bébé pas très calme ne le serait clairement pas, et source de grandes frustrations chez chacun des 2 protagonistes)
  • En revanche, il a toujours ses 2h le mardi après midi, et 1 lundi après-midi sur 2 (celui où pas de sport), et il a un lundi entier sur 2 pour lui (les lundis où F. est en forêt), puisque nous mettons H. chez sa nounou à ces moments là.
  • Et du coup, le weekend, nous lui avons réservé, soit le samedi après midi, soit le dimanche après-midi (si c'est une semaine avec une Gwen qui a cours les samedis) à lui pour bosser : je gère les enfants à ce moment. L'autre après-midi c'est truc en famille.
  • Les soirs, ben, pour le moment on se répartit, en attendant des jours / nuits meilleur(e)s.

Trucs importants qui aident à la détente de part et d'autre

  • nous n'avions pas inclus, dans notre calcul, l'éventuel support qui serait apporté par la présence épisodique de nos mamies au pair (Oui, ça fait 18 mois que je dois venir vous raconter notre nouvelle organisation sur ce plan. Alors, hein, 1 ou 2 mois de plus ou de moins...). Nous nous étions dit que ce serait tout simplement du "plus" bienvenu mais que notre organisation devait tenir sans. Ce en quoi nous avons fichtrement bien fait puisqu'avec l'intensification des restrictions COVID c'est raté pour la venue de nos mamies au pair
  • même quand je suis à la maison, je suis censée être au travail donc je ne suis pas sollicitée (pour une sortie d'école par exemple); sauf pour les tétées, et si et seulement si je ne suis pas au téléphone / visio avec des clients. Grâce à cela, je suis sereine : j'ai toute ma journée devant moi et je peux avancer
  • les études de Monsieur Bout sont considérées comme du vrai boulot : ce point l'inquiétait beaucoup et cette inquiétude a été source d'un bon paquet de tensions : il avait peur d'être la variable d'ajustement, et donc le fait qu'on rebelote l'organisation pour assurer qu'il ait effectivement son comptant d'heures l'a beaucoup aidé
  • les heures d'études de Monsieur ne sont jamais positionnées entre la sortie d'école et le dîner
    • Ca crispait beaucoup les soirées, l'an dernier, quand après le retour de l'école le parent sensé s'occuper de F. et E. essayait de faire autre chose. Là, niet, on s'arrange autrement. 
    • Ces derniers jours, la tentation a été grande pour lui de quand même en profiter pour vite fait... Mais je lui suis rentrée dans le lard car j'ai trop conscience de ce que nous risquons ainsi. Et il a lui-même admis que même si c'était compliqué et tentant, il valait en effet mieux qu'il se tienne à ce qui était prévu plutôt que chercher à grapiller.
  • bêtement pratique mais ...: un tiroir de notre nouveau congélateur est rempli de trucs "faciles et rapides à cuisiner" : soit des machins TooGoodToGo, soit des plats cuisinés exprès en double et congelés. Ca permet de fluidifier, pour Monsieur Bout, la gestion des déjeuners de semaine : il a plus ou moins juste des trucs à réchauffer, donc il branche F. sur un exercice, descend de la salle de classe lancer la cuisson, remonte, et redescend pour le déjeuner.
  • Idem, là, cette semaine, j'ai refait une commande Good Goût : je vais certes tâcher de cuisiner autant que possible maison les purées du Boubinours, mais la semaine qui vient de s'écouler m'a déjà montré qu'il fallait quand même que je prévoie de quoi me délester parce que clairement, à certains moments ça risque d'être la goutte de purée qui fait déborder le vase
  • enfin, vous aurez remarqué que je n'ai prévu aucune activité "extra-scolaire" les mercredis : 
    • F. a son VTT /forêt un lundi sur 2, plus d'occasionnels évènements et sorties avec le réseau IEF ou en fonction des visites que nous avons (famille etc); il était question qu'il continue le tennis avec son ancienne école, hélas le planning de l'école a changé et ledit tennis tombe aussi les lundis d'où télescopage avec le VTT. Et finalement il ne réclame pas plus que ça.
    • quant à E., j'ai estimé que ses 4 journées d'école étaient suffisamment riches pour ne rien rajouter. Elle avait beaucoup réclamé, l'an dernier, de faire de la danse classique; mais renseignements pris, les cours dispensés pas loin ont la réputation d'être gérés "sévèrement", et comme mon objectif n'est pas qu'E. termine à l'Opéra de Paris, je ne vois pas l'intérêt de l'exposer à ce genre d'interactions.
    • ça nous permet d'avoir nos mercredis à nous, tranquilles, SANS CONDUITES, et d'en profiter pour faire des trucs ensemble (je m'efforce autant que possible que nous soyons en dehors de la maison pour que Monsieur Bout puisse étudier au calme), voir des amis, etc.




Est-ce que ça tient ?

Pour le moment, oui.

Mais pour le moment, j'ai encore assez peu souvent du boulot m'obligeant à quitter la maison, en dehors des journées de ma formation, durant lesquelles je m'absente alors 12h d'affilée. Mon rythme de travail externe va peu à peu s'intensifier dans les prochaines semaines, et ça va être très drôle.

D'autant plus drôle que pour le moment, les nuits suivant mes journées de formation, H. est pendu à moi, ce qui augure splendidement bien de l'avenir. 

On va voir c'qu'on va voir...


(comme le formulait si subtilement un tweet lu récemment : 

je n'ai pas besoin de faire du sport, je cours déjà à ma perte)

lundi 28 septembre 2020

Quand notre enfant se mure dans l'opposition...

Le groupe Facebook des "Moments de parentalité positive" grandit, c'est très chouette, les échanges s'y intensifient, c'est encore plus chouette, même si ces temps-ci j'y suis beaucoup moins présente qu'au début (c'est moins chouette), pour cause de légère surcharge de l'emploi du temps - journées qui ne font que 24h - bébé en parasitant un certain nombre ... 
Mais je garde un œil dessus et me réjouis que le groupe ait suffisamment grossi pour que les questions reçoivent la plupart du temps moult pistes de réponses intéressantes sans que je n'aie besoin de venir mettre mon grain de sel.
Récemment, y a été posée une question pas si simple nécessitant de ce fait une réponse pas si simple... et justifiant un partage plus large : je parie plein de fric à qui veut (qui veut ? Quiiii veeeeut ? Autant faire du bénèf au passage) que c'est un sujet qui parlera à de nombreux parents, donc paf, 2 en 1, je réponds et j'en fais un billet de blog (Yé souis à fond dans l'optimisacheune, questionne di sourvi).


La publication initiale

mon fils de 4 ans est de plus en plus souvent dans l'opposition, en nous parlant franchement mal. Il discute tout, n'écoute aucune explication ni quand on le prévient de ce qu'il va se passer. Je ne le comprend plus.
Mon mari répond par le rapport de force et la contrainte, mais je ne veux pas rentrer la dedans, ce n'est pas une solution d'autres moi d'autant plus que je ne serait pas longtemps plus forte que lui. 
Sauf que je ne sais plus quoi faire. J'ai l'impression de ne pas être assez ferme et de me laisser marcher dessus. Je veux qu'il me respecte, respecte les règles et les limites, mais aussi qu'il puisse s'exprimer et qu'il sache qu'il a la droit de ne pas être d'accord.
Ce matin par exemple ça s'est terminé en larmes des deux côtés, moi partant au marché sans lui parce qu'il était trop long a se préparer. Dis comme ça ça a l'air d'une conséquence logique sauf que je m'en veux parce que j'ai traîné a appliquer la conséquence et je l'ai fait sous le coup de la colère en le laissant pleurer avec son papa. Et ça partait mal dès le départ parce qu'on n'avait pas joué avant de se préparer, ou plutôt j'étais là, disponible, mais il a préféré jouer seul.

Voilà, je suis au fond du trou et je ne sais plus si je dois être stricte, sévère, et dire en gros "c'est comme ça point" ou faire autrement mais comment ?



Aaaah l'enfant qui semble se murer dans l'opposition ! 
Que d'interrogations existentielles il suscite ! 
Pourquoi, pourquoi lui, pourquoi nous, 
ô rage ô désespoir, ne me suis-je blanchie, dans les travaux parentaux, 
que pour voir en un jour fleurir tant de râteaux ? 
Qu'est-ce qui cloche ? Faut-il changer quelque chose ? 
(nan, être parent n'est pas du tout prise de tête. JA-MAIS. D'ailleurs vous avez sûrement une bonne âme auprès de vous pour vous l'assurer : "tu te poses trop de questions, élever un enfant c'est SIMPLE".)

Ce qui me plaît, moi, dans la parentalité positive, c'est l'éventail des pistes et outils possibles
Ce n'est pas comme dans les bons vieux bouquins d'éducation qui, à chaque problème, vous assènent une solution unique. Partir d'une unique interprétation psychanalysante qui se résume en "L'enfant cherche à exercer sa toute-puissance" aboutit à un unique conseil, déclinaison pratique d'un principe d'action universel "Il faut lui montrer qui est le plus fort". 
Au contraire, se mettre à chercher à comprendre le point de vue de l'enfant, ses sentiments et besoins, permet d'aboutir à une série de pistes, dans laquelle on peut piocher en fonction de ce qui fait sens pour nous, pour notre enfant, pour la situation précise.

Regardons donc ce que nous avons en stock face à cette question de l'opposition.





1. Le besoin d'affection et de connexion


Eh oui, bien souvent, nos enfants se montrent relou et se murent dans l'opposition parce qu'ils veulent notre attention. "Vouloir notre attention" n'est pas un crime, c'est un besoin légitime (ce qui ne signifie pas qu'on n'a pas le droit de ne pas déborder à toute heure d'envie de la leur donner). 
C'est le phénomène dit "des frites froides" : imaginons qu'on adore les frites par dessus tout. Si on ne nous en donne pas de bonnes croustillantes, à défaut, on s'arrange quand même pour en avoir, mêmes froides et molles. Notre attention, c'est pareil : l'enfant adore tellement ça qu'à défaut d'avoir de l'attention agréable, il fait ce qu'il peut pour en avoir un dérivé moins agréable, et quoi de plus efficace, pour attirer l'attention de son parent, qu'un bon gros conflit ?
C'est la notion de réservoir d'amour / découvert émotionnel, cruciale pour la survie de tout le monde, et que je détaille dans ce sublime billet.

Mais tout ça, tu le sais, et tu l'as justement identifié : tu précises que sur le coup il n'y avait pas eu de jeu.
Et c'est doublement rageant, car en plus, tu aurais été dispo pour jouer avec lui, mais il n'en manifestait pas l'intérêt. Autrement dit, il n'a pas jugé bon de venir se fournir en frites chaudes, et il débarque ensuite pour provoquer une ration de frites froides ! Grrrr.

3 options
  • Préventive : en ce qui me concerne, dans les moments où mon F. a été le plus opposant, j'ai réalisé que le plus possible, il était nécessaire que j'aille le chercher presque manu militari pour lui remplir son réservoir d'amour. Parce qu'effectivement, il ne savait pas forcément venir réclamer de manière constructive, donc que c'était à moi d'anticiper. C'est ce qui m'a amenée, par exemple, à systématiser pendant un temps les jeux d'attachement du type "attraper". Cerise on ze gateau : à force de remplir ainsi le réservoir, F. a appris à plus solliciter de lui-même du remplissage. Donc 1ère piste : aller provoquer le jeu quand c'est un bon créneau pour nous. On se peut se jeter sur notre enfant en lui disant "j'en peux pluussss il faut que je joue avec toi / te câline / t'attrape /..." et surjouer le tout en mode soupirant éploré, un peu dans le goût de ce billet-là.
  • Just in Time : au moment où le conflit s'annonce, tu réussis à bifurquer de justesse en réalisant que tu vas probablement perdre plus de temps dans le conflit que tu n'aurais besoin d'en investir en donnant là où il y a un besoin. Un truc qui m'aide là-dessus, quand je peux ,est de trouver le moyen de refuser ce que l'enfant demande en lui donnant ce dont il a besoin : refuser par le jeu, notamment. Une idée par rapport à ta situation aurait pu être de se saisir d'un des vêtements que ton fils tardait tant à enfiler et de lui faire couiner à quel point il avait faim et de courser l'enfant/le repas partout dans l'appartement avec un slip surexcité piaillant des "Je veux manger des petites fesses ! miam ! miam !". Tu vois le tableau ?
  • Philosophique : tu n'es pas en capacité (pas le temps, pas les ressources car ton réservoir à toi est vide, etc) de bifurquer juste avant le mur, donc hop effectivement, paf, conflit relou à vivre pour tout le monde. Bon. Ben c'est la vie. Mais la conscience que tu as de l'origine conjoncturelle du conflit peut servir : ce conflit-là est du à un problème ponctuel (pas assez joué ce matin, c'est ballot), pas à un souci d'éducation chez toi; ça peut aider à prendre du recul, puisque tu n'as pas besoin de remettre en question tous tes choix éducatifs, ni te poser mille questions existentielles, ce que nous avons déjà tellement tendance à faire et qui, même si souvent ça nous apporte beaucoup, souvent aussi, nous épuise juste.


2. Le besoin de contrôle / pouvoir

Eh oui, ça, c'est un besoin chez chacun d'entre nous, dès l'enfance : se sentir en contrôle de sa propre vie. Et pour nos enfants, hinhin ouin ouin ouin, la capacité à contrôler leur propre vie est encore très limitée, alors ça coince, ça frotte, ça grince, ça fait du conflit.

Là dessus, encore plusieurs options
  • le jeu, là encore : 
    • de nombreux jeux d'attachement permettent de donner du pouvoir à l'enfant et de lui permettre de vivre ce pouvoir de manière dérivée ; 
    • dans mon bouquin et sur le blog j'évoque aussi cette manière détournée de vivre les règles autrement
  • mais aussi la mise en œuvre d'outils de parentalité positive : donner des choix là où c'est possible, faire des résolutions de problème, décrire la situation et laisser l'enfant trouver ce qu'il peut faire, etc : tout cela contribue à donner du pouvoir à l'enfant, à développer la maîtrise de sa propre vie.
Là dessus, il y a une phrase que j'adore, qui a fait tilt quand je l'ai lue chez Faber et Mazlish, et que j'utilise volontiers quand l'un de mes enfants a fait un truc vraiment pas top "parce qu'il en avait trop envie" : 
"Je m'attends à ce que saches te dire non à toi-même"
Quelle meilleure formulation de ce à quoi nous aspirons ?!
  • Notre objectif n'est pas de fabriquer des adultes soumis à d'autres personnes (nous, puis d'autres), 
  • notre objectif n'est pas non plus d'en faire des espèces de gros rebelles égocentriques gouvernés par leurs instincts et envies, 
notre objectif est de leur permettre de développer l'auto-discipline, la capacité à dire non à certaines parties d'eux (des envies, des désirs) pour dire oui à d'autres (besoin de contribuer, de se dépasser, ...) et donc à l'Autre.

Alors, justement, cet Autre, qui est-il ?
Ben, toi, d'abord.


3. Le besoin de limites 

Ouuuuh le mot interdiiiiit.
Mais oui, un enfant dans l'opposition, ça déstabilise, parce que souvent ça vient appuyer là où ça fait mal : nos limites. Nous sentons-nous légitimes à avoir nos propres besoins, les considérons-nous véritablement comme dignes d'être respectés ? Un point faible chez nombre d'entre nous, et le passage que j'ai préféré dans la préface écrite pour les "200 moments de parentalité positive (ou pas)" par Olivier Maurel est précisément celui dans lequel il pointe cela si finement :
"Un autre héritage malheureux de l'éducation traditionnelle est le manque de confiance en soi. C'est souvent il me semble pour cette raison que certains parents, faute d'oser, quand il le faut, dire clairement non à leur enfant, les laissent adopter un mode de relation difficilement supportable dans la vie familiale"
(c'est-y-pas joliment dit ?)
C'est un aspect qui m'a fait vraiment toucher du doigt pourquoi, pour un parent positif, c'est parfois si difficile de ne pas basculer dans du laxisme / laisser-faire / épuisement.
Encore imprégné d'une logique de relation dans laquelle il y avait un gagnant et un perdant (enfant, on était le perdant), on ne veut plus d'une logique parentale dans laquelle le parent domine l'enfant. Mais du coup à ne pas vouloir dominer on se retrouve dominé, parce que le schéma d'une relation équilibrée, dans laquelle il y a de la place pour les besoins des DEUX personnes, et qui est au fond ZE principe de base de la parentalité positive, eh bien, il est très beau, mais il ne nous est vraiment pas naturel. 
Donc on retombe très facilement dans une relation inéquitable (je souligne que j'utilise le mot inéquitable et non inégalitaire: il ne s'agit pas que chacun ait ou pas la même chose, mais que chacun ait ou pas selon ses besoins), en reprenant le rôle qu'on a si bien internalisé enfant : le rôle du perdant, de celui dont les sentiments et besoins sont sans grande importance. La seule différence étant que le "dominant", lui, a changé : ce n'est plus notre parent, c'est, bien malgré lui, notre enfant.

Bien malgré lui, car ce n'est pas ce dont notre enfant a besoin. 
Les mots de Haïm Ginott (dans "Entre parent et enfant"), qui souligne que l'enfant a besoin d'être en relation avec un vrai parent, une vraie personne, avec ses besoins, ses sentiments, ses limites, m'ont énoooormément touchée. 
Je m'en souviens quand l'un de mes enfants vient "me tester" = tester que je suis bien une vraie personne, et qu'une vraie personne a bien des besoins, des sentiments, des limites. 
Car de qui dépend-il, sinon de nous, pour savoir ce qu'est qu'une vraie personne ? Pouvons-nous oser lui donner une fausse notion de ce que c'est, être une vraie personne
Je m'en souviens aussi quand mes actions sont suboptimales. Car mon enfant a besoin d'avoir affaire à une vraie personne, pas à un robot-agissant-parfaitement-à-tout-moment / manuel-du-parfait-parent-positif. Ca tombe bien, puisque je suis effectivement souvent loin de la perfection, oui merci.

Ce qui tombe bien aussi, parce que si la source du problème d'opposition est là, sa résolution représente un sacré job
  • apprendre à dire non, 
  • apprendre à dire nos besoins, (j'en parle ici
  • apprendre aussi à les dire à d'autres parce que bien souvent nos enfants trinquent aussi pour des besoins qui ne les concernent pas 
    • je craque en traitant mon enfant d'ingrat parce que je manque de reconnaissance au boulot, voire parce que j'ai effectivement trop fait pour lui en espérant que sa reconnaissance me dédommagerait de toute celle que je n'ai pas par ailleurs, 
    • je suis trop occupée / crevée pour jouer avec mon enfant parce que je me tape toutes les tâches ménagères, etc.
    • Nan regardez pas ailleurs ça nous arrive à tous. 
Fichu principe des vases communicants, qui explique pourquoi si souvent "la parentalité positive ne marche pas". La bonne nouvelle c'est que, les vases communiquant dans les 2 sens, si on prend soin de nos besoins non liés à nos enfants, notre relation à nos enfants aussi en bénéficiera.


Apprendre, donc logique d'apprentissage, donc logique d'approximation aussi parfois. 
Là, tu regrettes d'avoir "traîné à appliquer la conséquence". Eh oui, ce n'est pas optimal car du coup, à ton intention de respect de toi-même (je fais ce que j'ai à faire, j'ai le respect de mon temps) se mêle un chouilla de rétorsion. 
MAIS c'est déjà un pas. Un très beau pas ! 
Cette réalisation te permettra peut-être, dans la situation similaire suivante (puisque, hein, n'oublions pas qu'il y en aura des taaas, des situations similaires suivantes. Soupir), de prendre plus vite soin de toi et d'agir plus vite pour te protéger.
You can do it ! Et apprendre à prendre soin de toi et de nos limites, en plus de tout le bien que ça nous fait, est un excellent exemple à mettre sous les yeux de nos enfants. J'dis ça, j'dis rien.


4. Le besoin d'aide

En plus de ces 3 aspects-là, une opposition systématique dans la durée peut témoigner d'un gros truc à digérer (chez nous, angoisse de séparation liée à une naissance et des premiers jours de vie traumatisants).
Dans ce cas, aller consulter une bonne psy (je souligne le "bonne"... et c'est tout l'enjeu. Un point de repère déjà : une bonne psy ne juge pas les parents de l'enfant qu'elle est sensée aider) peut être un élément nécessaire. En particulier quand on en arrive à un point d'épuisement tel que combler le réservoir d'amour de l'enfant tout en offrant un cadre respectueux à notre enfant (c'est-à-dire en fait les 3 premiers points) nous pompe toute notre énergie... voire plus. 
Alors, partager cette charge avec un tiers, demander à un tiers de venir boucher quelques fuites dans ledit réservoir, ce n'est pas du luxe, c'est s'offrir le soulagement nécessaire pour que tout le monde puisse repartir sur une meilleure dynamique.
Parfois, d'ailleurs, le regard de cette psy servira juste à nous rassurer sur le fait que nous sommes en fait dans la catégorie 1 ou 2, et nous permettra de vivre les oppositions avec plus de sérénité : un épisode conjoncturel ou une étape normale du développement, c'est quand même beaucoup moins générateur d'angoisses pour l'avenir qu'un mal-être profond et/ou un cul-de-sac éducatif. 
Parfois ce regard pourra nous amener aussi (avec douceur, on peut le souhaiter) à se poser la question de la catégorie 3. L'occasion d'apprendre un peu plus à s'aimer et à prendre soin de soi...

Allez, bon maniement de truelle !

(ben oui, si il est dans un mur...)
mais au moins tu n'es pas seule #AmicaledesMaçons