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mercredi 17 octobre 2018

(3) Aides matérielles à la transmission de la Foi

- AVERTISSEMENT - Ce billet contient du contenu explicite pouvant choquer : du contenu explicitement religieux, s'entend. 
Si cela n'est vraiment pas votre tasse de thé, n'hésitez pas à aller relire d'autres excellents billets pondus sur ce blog (celui sur les ratés en éducation positive par exemple ; ou alors c'est le moment de vous lancer dans Flylady, tenez ; ou de prendre du recul sur votre équilibre vie pro - vie perso) en attendant le billet de la semaine prochaine ;-)


Pour les familles concernées, y a pas à dire, transmettre une foi religieuse ce n'est pas de la tarte.
Comment transmettre connaissance et Amour de Dieu à ses tout-petits ? Comment les intégrer et leur faire découvrir une vie de Foi ? Comment, même, les empêcher de trop nuire à la nôtre ? (quand la messe devient un moment redouté…).

Pas mal de points peuvent aider, tout dépend aussi, bien évidemment, de notre sensibilité en tant que croyants, et de notre sensibilité en tant que parents. Mais au fil de ces dernières années, j'ai constaté que l'aspect purement "matériel" n'était pas à négliger : certains types de "matos", loin d'être de viles béquilles, suppôts du matérialisme, avatars du consumérisme se glissant jusque dans l'exercice d'une religion, se sont révélés être de fidèles serviteurs de la Cause : la transmission de l'Amour de Dieu
Parce que nous sommes des êtres de chair et d'esprit, et qu'à ce titre nos sens nous aident (et aident nos petits) à se tourner vers Dieu.


J'ai sélectionné 3 types de matos, très différents. Bien évidemment ce billet (et donc cette mini-liste) n'est paaaaas du tout exhaustif et n'a aucune vocation à l'être. En revanche, les commentaires seront absolument ra-vis de s'enrichir de vos expériences et astuces testées et approuvées en la matière.



1. Les livres religieux pour enfants


Ho ho, j'ai inventé l'eau tiède ! Les livres religieux pour enfants (par exemple ces références que sont ceux, aux textes simples mais porteurs, et au graphisme doux et lumineux, de Maïté Roche), des aides utiles ?!?! 
Ben ça valait bien la peine de commencer à lire ce billet.


Non, soyons plus clairs : il s'agit de l'intérêt d'avoir
  • A. uniquement ces livres là à la messe. 
Car en ce qui nous concerne, au départ, avec nos bébés nous emmenions une petite série de petits jouets et livres dont le critère essentiel de sélection était maximum d'occupation pour zéro bruit. Quand le bébé grandissait, nous zappions les jouets et nous concentrions sur les livres… quitte, parfois, à passer les 3/4 de la messe à en tourner les pages.
Et justement, quitte à y passer les 3/4 de la messe, il y a une énorme différence, pour l'enfant ET pour le parent, entre tourner les pages d'un Tchoupi, et tourner celle d'une Bible pour enfant ou assimilé.
    • L'enfant s'imprègne, mine de rien, des images et des quelques mots et explications dont nous les accompagnons. 
    • Et l'adulte nourrit nettement moins de rancœur devant ses messes saccagées, il se demande moins "à quoi bon tous ces efforts : lire Tchoupi dans les murs d'une église ce n'est pas très différent de le lire chez nous !" (hormis, c'est ça le plus drôle en plus, le fait que chez soi on n'est pas gêné si la lecture provoque chez notre chérubin de bruyants, teeeellement bruyants, gloussements de joie). Non, il y a un sens, il y a une saveur particulière à accompagner son enfant dans la découverte de ces livres. Si on pourrait souhaiter ne pas en avoir besoin, il n'empêche que tant qu'à faire, on profite quand même de cette heure pour rapprocher notre enfant de Dieu, voire, nous aussi, dialoguer, bien que différemment, avec Lui.
Donc en ce qui nous concerne, la leçon est apprise. Dorénavant, et ce sera le cas pour number 3 si number 3 il y a un jour (j'ai même repéré que certaines mamans douées de leurs mains en fabriquent en tissu…), dans le sac en tissu dit "de messe", il n'y a que des livres dits "religieux". 

Ce qui nous amène au point numéro 2 

  • B. beaucoup, beaucoup de livres religieux pour enfants.
Un seul mot clé : investissez ! 

Au départ, j'avais été assez chiche. Je cherchais "les mieux". Et puis tiens, zut, on m'offrait une Bible pour les enfants alors que j'en avais déjà une ! Même si ce n'était pas le même éditeur, à mes yeux, ça faisait doublon.
C'est le hasard qui m'a fait changer d'avis : je recherchais une ou deux références précises sur leboncoin et suis tombée sur un gros lot vendu vraiment pas cher, qui les contenait. Donc j'ai pris le lot en entier tout en pensant en donner / revendre les 3/4.

Eeeeh non. Je les ai tous gardés. Car finalement, à l'usage, il s'avère que mes enfants réussissent bien mieux à se tenir à la messe si ils ont un peu de diversité, différents livres auxquels recourir, et pas toujours les mêmes
  • pas toujours les mêmes : j'en ai profité pour mettre en place une rotation spécifique livres de messe ! pas aussi organisée que celle mise en place pour les jouets il fut un temps, mais tout de même : du sac de messe, qui contient une grosse demi-douzaine de référence, régulièrement, hop, je retire 2-3 livres et les remplace par un nombre équivalent de livres pas sortis depuis longtemps. 
    • Et j'y ai en particulier recours en anticipation d'une messe plus délicate / longue que les autres : je m'appuie sans vergogne sur l'intérêt de la nouveauté ! (et j'ai bien raison. Si je vous dis que tout récemment, mes enfants, lors d'une célébration particulière, ont réussi à passer 2h30 dans l'église en se comportant d'une manière tellement acceptable que nos voisins de banc nous ont félicités ?! Bon OK, à ce stade-là, hein, je considère que c'est une grande grâce et que je ne peux m'en attribuer le mérite, mais tout de même, je me suis trouvée très sioux d'être allée en vitesse enrichir le sac de quelques livres supplémentaires). 
    • Le lot susmentionné contenant un nombre non négligeable de livres tournant autour de la Nativité, j'ai même un assortiment "spécial période de l'Avent" 
  • ne sont pas du tout lassés par le fait de lire à peu près toujours "la même histoire" (par exemple, la Bible, ou un bout d'Evangile), sous des présentations différentes : ils terminent de lire une Bible, ils sont ravis de feuilleter la suivante ! Et au fond, cela se comprend, et a même son intérêt
    • différences de présentation matérielle : nous en avons avec rabats (très très chouette), d'autres sans, en BD, en dessin, plus ou moins détaillées
    • différences d'angles de vue : finalement, puisque de toute manière ces Bibles pour enfants ne présentent que rarement les textes d'origine, c'est une richesse que de leur présenter l'histoire de plusieurs manières ! L'accent n'est pas toujours mis sur les mêmes choses, et cela permet à leur esprit de finalement se focaliser sur l'esprit, justement, du texte / de l'histoire, et non de se figer sur une représentation perçue comme LA vérité de l'histoire.

Bref, l'intérêt de tous ces livres, c'est qu'ils fixent l'attention de nos enfants sur des sujets religieux. Qu'ils nous offrent la possibilité, en plus de leur donner déjà un début de culture religieuse, de faire des liens ensuite avec ce qui se passe. Il est d'ailleurs assez marrant de constater comment les Bébous, peu à peu, font d'eux-mêmes ces liens, en repérant peu à peu des choses qu'ils connaissent dans la célébration :
"Eh Maman, il a dit Moïse, EH MAMAN !" (chhhhuuuuuuut mais oui tu as bien entendu il a dit Moïse).
Et c'est comme ça que nous nous sommes aperçus un beau jour que F. était en mesure de réciter le Notre Père. Et quelques temps plus tard, même découverte concernant le Je vous salue Marie.
A force de les voir et de se les entendre dire et lire sous un packaging divers mais attrayant, il s'est imprégné des mots…

Et comme dit, hein, leboncoin peut permettre de fournir sa bibliothèque spi à peu de frais… J'dis ça, j'dis rien !




J'en profite pour ajouter que nous avons suivi la même logique en investissant dans des livrets de coloriage spécial messe. Là encore, c'est pour les enfants l'occasion d'avoir sous les yeux des scènes qui, par des chemins détournés, les ramènent à Dieu. Ils colorient, ils colorient, et leurs yeux enregistrent :
"je me mets à genoux comme Marie dans le dessin, maman !"


2. De petites figurines en bois pour le coin prière


depuis quelques années, c'est la mode des Peg Dolls : de toutes petites quilles en bois peintes voire parées d'éléments complémentaires (tissu, bâtons, paillettes, etc). Il en existe de très jolies.

L'an dernier, j'avais finalement succombé en investissant dans une très jolie crèche faite sur ce principe par Valérie, maman IEF. Ses personnages étaient venus s'ajouter aux "moments chouettes" à découvrir dans le Calendrier de l'Avent de l'an dernier, et avaient rencontré un vif succès.

Et puis Pâques approcha, et mon fil de discussion Facebook me mit sous les yeux la tentation ultime : des Peg Dolls ravissantes mettant en scène de manière très vivante, les principales scènes de la Passion du Christ. 
J'ai bavé dessus. 
J'ai résisté.
Jusqu'à ce qu'à la veille des Rameaux, la page FB de la Dame de Bois ne brade sa dernière "Montée vers Pâques" à qui réagirait le plus vite, en promettant une arrivée à temps pour les Jours Saints. Je ne pouvais pas passer à coté d'une bonne affaire, vous comprenez ?
J'ai bondi telle une panthère.
Scènes du Vendredi Saint : Jésus devant Ponce Pilate, avec Sainte Véronique, puis crucifié
Je n'ai pas regretté. 
  • effet de malade sur la prière familiale, que je peinais à réintroduire depuis le déménagement : 
    • effet sexy +++, ça les a captivés, et c'est à ce moment qu'ils se sont mis à la réclamer. Je ne peux qu'observer comment pouvoir diriger leurs yeux sur un support attrayant les aide à orienter leurs âmes… 
    • Un effet qui dure dans le temps : Pâques remonte déjà à plusieurs mois, la dynamique demeure ...
  • un bond dans la compréhension des histoires & mystères auxquels ces figurines se rattachent. C'est devenu subitement beaucoup plus "réel" et compréhensible pour eux : ils ont été pleins d'inquiétude pour les souffrances de Jésus portant sa croix par exemple. Pouvoir visualiser la réalité de la Résurrection aussi, avec ce tombeau vide, et Jésus en dehors du tombeau…
  • là encore, des liens qui se font ensuite : ils se sont mis à faire le lien entre l'histoire de la Passion et ses représentations dans l'église, par exemple. Cet intermédiaire a servi de pont.

Bref, succès sur toute la ligne, au point que 
  • j'ai investi dans une commande des Saint Patrons de notre petite famille (personnalisée et réalisée avec soin par Karine)
  • j'ai eu comme idée de me servir du même support pour rendre plus perceptibles les temps liturgiques au fil de l'année, en ayant l'idée de commander à Karine une série de prêtres en habits adaptés
  • j'ai complété en commandant les apôtres pour la Pentecôte. Là encore, succès fou / même bond dans la compréhension du mystère et l'intérêt qui lui a été porté. 
    • (effet bonus : les apôtres me permettront une reconstitution plus précise de la Cène, et resservent aussi à l'occasion pour l'illustration de l'un ou l'autre passage d'Evangile ; 
    • effet bonus supplémentaire : c'est le moment où le concept d'apôtres a fait mouche chez les enfants)
  • j'ai vivement louché sur les sublimes crèches proposées (oui, on en a déjà 1, mais elle est dans le salon, alors, hein, 1 dans le coin prière ce serait bien, hein ?!) Seuls les chiffres rouges ornant notre compte en banque ont pu m'en dissuader. (mais du coup, je mets en péril le vôtre hin hin hin)
  • le compte en banque devant se rétablir dans le courant de l'hiver, rien ne nous empêchera d'investir dans une petite montée vers Pâques pour la filleule de Monsieur Bout.

Bref, je trouve cette tendance au renouveau de l'art religieux absolument chouette, c'est une vraie chance pour nous parents, et j'avoue que c'est le genre de cadeaux / investissement qui me semble le plus avoir de sens : amener nos enfants à Dieu par le Beau.



3. des galettes IKEA


What ? 
Ouais, je fais moins rêver qu'avec mon point numéro 2, là.
En même temps, à 1€ la galette de tissu, c'est aussi moins dangereux pour les finances.

J'explique : pas facile de faire tenir en place les enfants à la prière. 
Chez nous, celle-ci ne se passe pas forcément à genoux, et nous avions affaire à des enfants "nomades", hésitant entre s'asseoir ici, s'asseoir là, se blottir sur les genoux de tel parent, etc. et n'hésitant pas à changer d'avis en cours de route. Tout changement choisi par l'un provoquant l'envie de l'autre et donc des réactions en chaîne.

Depuis que j'ai investi dans 4 galettes Ikea (que j'ai prises de 4 couleurs différentes; nous n'avons pas trop de débats sur qui a quelle couleur, finalement, mais je réalise après coup que c'était franchement risqué !), nous avons pu fixer nos enfants sur leurs galettes.
Chacun a son coin et y reste, sauf à décider en début de prière de venir passer l'intégralité de la prière sur les genoux d'un parent lui-même sagement assis sur sa galette à lui. Le débat étant clos, la concentration sur ce qui se passe réellement à la prière peut venir.
C'est tout bête, mais ça a bien aidé à l'établissement d'une atmosphère plus propice au recueillement.



Voilà donc pour nous, 3 manières de mettre le matériel au service du spirituel ;-)
Je suis toute ouïe concernant les vôtres !!

mercredi 22 novembre 2017

Des enfants sages (ou pas) à la messe

Vous aimeriez lire ici mes 32 astuces époustouflantes (et bien évidemment efficaces) pour m'assurer des messes en famille avec têtes blondes admirables de silence, de sagesse, voire même, hein, de recueillement?


Ce ne sera pas pour aujourd'hui.
Disons le tout de suite, nos messes à nous ne sont pas toujours un modèle de recueillement.
Voire même, à certains moments, nous en sommes venus à les redouter.
Je ne vais même pas vous confier qu'en ce moment, il semble que ça s'améliore, car je craindrais de conjurer le sort ainsi. Donc mettons que je n'aie rien dit.

Non. En revanche, je vais vous raconter deux jolies choses à ce sujet, parce qu'elles m'ont émues.

La première, c'est que l'un des points par lequel se distinguait le curé de notre paroisse à Strasbourg, c'était justement son attitude vis-à-vis de ce point-là.


Quand F. (c'était souvent F.) s'était fait remarquer durant la messe, il nous alpaguait à la sortie.
La toute première fois, cela a donné à peu près ce dialogue:
- C'était un peu dur aujourd'hui, hein?
- Oui..... [Monsieur et Madame Bout, rouges de confusion, regrettant que le sol du parvis de l'église soit pavé car c'est pô très pas pratique pour s'enfoncer sous terre]
et là... paf:
- J'espère que personne ne vous a fait de remarque, hein, au moins ?!  Si quelqu'un ose vous regarder de travers, dites-le moi tout de suite: j'irai mettre les choses au clair. Les familles sont bienvenues ici et la place des enfants, c'est à la messe! Le bruit, c'est normal, ils apprennent!

Autant vous dire que cela nous a puissamment aidés et encouragés à venir, inlassablement, avec nos enfants.  Et c'est ainsi que quand nous avons lancé, suite à notre séjour à Paray, le programme "Enfants sages à la messe", nous avons même osé nous mettre à nous asseoir au premier rang afin de permettre à nos remuants bambins d'être aux premières loges et de se sensibiliser à ce qu'il se passait.


Nous étions donc un peu inquiets,  concernant l'accueil qui nous serait réservé dans notre nouvelle paroisse
Et effectivement, nous nous sommes pris quelques remarques, coups d’œil très désapprobateurs, personnes se retournant ostensiblement pour fixer nos enfants des yeux, invitations appuyées à aller passer la messe dans un espace prévu pour cela, situé tout au fond de l'église et séparé par une vitre.

Et puis ce weekend, nous étions conviés au dîner des nouveaux arrivants de la paroisse, très sympa. 
Dîner à la fin duquel nous avons discuté un peu avec le jeune diacre attaché à ladite paroisse, très sympa aussi. 
Et dans la conversation (Euh, je crois que je lui ai même sorti "tenez, vous qui allez finir prêtre sous peu...") j'en suis venue à lui raconter la petite particularité de notre curé strasbourgeois, et à quel point celle-ci nous avait aidés, nous parents, à oser venir à la messe malgré les difficultés.
Notre nouveau curé lui-même causait à quelques pas.

Ce qui nous amène à ma deuxième jolie chose.

Le lendemain, messe dominicale. 

Au moment du mot de la fin, deux longues minutes prises par le curé pour attirer l'attention de l'assemblée sur le fait que les enfants ont leur place à la messe et que même une petite remarque, qu'on ne pense pas méchante, se révèle très dure à vivre pour des parents faisant de toute manière de leur mieux. 
Et que ce serait dommage de dégoûter ainsi des parents qui déjà font beaucoup d'efforts pour venir avec tout leur petit monde.

Silence.

Vague d'applaudissements.

A la sortie j'ai remercié un curé encore tout rougissant de l'accueil qui avait été réservé à ses mots. Avec un petit sourire confus de héros-malgré-lui, il m'a confié:
"Euh, du coup j'ai l'impression que c'était attendu depuis longtemps. Ça valait le coup, même si je dois me faire sonner les cloches par quelques personnes."

Alors un grand merci à toutes ces personnes, prêtres, et membres de l'assemblée, dont la capacité à accueillir encourage à ce qu'il y ait, sages ou pas: des enfants à la messe!

(c) Maïté Roche

mardi 10 octobre 2017

Livres - "Dieu est mon Meilleur Ami"

Lors de nos derniers jours en Alsace, nous avions réussi à voler quelques heures aux préparatifs du déménagement : confier les enfants pour aller passer une demi-journée en amoureux au Mont-Sainte-Odile.
Brillantissime idée de Monsieur que d'aller ainsi "prendre congé" de la Sainte patronne de l'Alsace!
  • Déjeuner au restaurant du monastère, 
  • promenade jusqu'à la source miraculeuse que Sainte Odile fit jadis jaillir d'un coup de bâton afin d'abreuver un infirme trouvé au bord du chemin, 
  • revisite de la partie la plus ancienne du monastère ("re", car ce n'était pas notre première fois chez Saint Odile),
  • messe puis... 
  • léger détour par la boutique du monastère, et découverte d'un chouette bouquin que je viens vous présenter aujourd'hui.

"Dieu est mon Meilleur Ami", 
aux Éditions du Signe



Il fait partie d'une collection visant à expliquer aux enfants différentes notions avec des mots et des métaphores qui leur parlent (cette collection aborde ainsi les thèmes de la colère - je suis également répartie avec - mais aussi de la peur, du deuil, etc.)

J'ai beaucoup aimé
  • Les mots simples et les images parlantes
  • La bienveillance avec laquelle le sujet est traité : 
    • je suis parfois bien embêtée dans mes recherches quand le bouquin que j'ai en main insiste lourdement sur les notions d' "enfant sage", "obéir", "ne pas faire de caprices".... 
    • ici point de tout cela : les comportements inappropriés sont évoqués sous l'angle de leur impact sur les autres. Développer l'empathie et non la culpabilité, ça me va !!
  • Une structure divisée en doubles pages: un texte / une illustration. Cela permet de lire par petits morceaux et c'est un aspect que nous exploitons dans notre prière familiale depuis sa réintroduction 
  • Une manière simple et adaptée d'introduire différents thèmes: prière, bonnes et mauvaises actions, messe, beauté de la création, miséricorde...
  • Des dessins plutôt jolis

 

À regarder de plus près, donc, si vous tombez dessus !

dimanche 8 octobre 2017

Réintroduction de la prière familiale

Parmi les résolutions prises avec Monsieur Bout lors de notre retraite à Paray-le-Monial cet été, figurait en bonne place la réintroduction de la prière familiale. 
Autour des 2-3 ans de F. nous avions eu une bonne période à ce niveau, puis l'habitude s'était reperdue, et nous avions d'autant moins réussi à la réintroduire que les quelques faibles efforts faits dans ce sens avaient rencontré chez F. une réticence très appuyée et assez décourageante il faut l'avouer.
Tout ce que j'avais réussi à faire ces derniers mois, c'était prendre l'habitude de quelques mots de prière avec E. au moment du coucher de celle-ci, une E. du reste bien plus réceptive à cela que son frère.

Il s'agissait donc de repartir à l'assaut en en faisant une priorité. Pour cela, nous avons réfléchi à notre stratégie en amont, en axant l'opération autour de 4 points

  • (1) La régularité
Encore une fois, comme pour tout, la régularité, la routine, sont souvent la clé de nombreuses oppositions avec nos enfants. Le fait pour nous adulte, de ne pas se permettre d'exception, constitue un signal important à nos enfants, et évite de présenter l'étape concernée comme optionnelle. Du coup, passés les premiers temps où il s'agit de tester la solidité du repère ainsi établi, il y a beaucoup moins de discussions et tergiversations! 
La seule exception concerne nos absences (si nous sortons avant l'heure de la prière), et les voyages. Et encore, dans le premier cas, souvent les enfants réclament la prière à la baby-sitter ;-)

  • (2) Le réalisme 
En réfléchissant ensemble au déroulé de la prière, nous avons adopté une approche réaliste, en tenant compte des possibles facteurs perturbateurs. 
Par exemple, nous avons décidé de "faire sans" la bougie qui faisait partie intégrante de nos premiers épisodes de prière familiale : celle-ci constituait en fait une source de conflit trop fréquente, et une source de diversion également (qui l'allume, qui l'éteint, s'amuser à souffler dessus pendant la prière, l'éteindre, demander à ce qu'elle soit rallumée). 
J'ai eu du mal à m'en détacher, je tenais à cette petite flamme, j'aime fixer mes yeux dessus, mais j'ai du me rendre aux arguments imparables de Monsieur Bout : pour le moment, cette petite flamme crée plus de problèmes qu'elle n'apporte.

  • (3) La brièveté
Dans la lignée du point précédent, plutôt que de partir sur un long programme dont la perspective nous aurait déjà épuisés, et qu'il aurait été difficile de tenir dans la durée, nous avons opté pour commencer par une prière peu ambitieuse mais tenable au quotidien : 3 étapes seulement:
    • une courte prière lue dans un livre de Maïté Roche, 
    • une série de "merci" pour les belles choses de la journée, 
    • un chant (ou même plutôt : le refrain d'un chant)


  • (4) Une gestion du temps stratégique 
Nous avons avancé l'heure de la prière. Au lieu de la positionner, comme auparavant, au moment du coucher, nous l'avons positionnée directement après le dîner : sitôt le dessert avalé, nous filons dans notre chambre. Plusieurs avantages à cela : 
    • nous parents sommes encore relativement frais et dispo, pas encore fatigués par la gestion de la soirée (jeux histoires pyjamas etc), donc moins tentés de lâcher l'affaire / précipiter le coucher en zappant l'étape prière
    • les enfants n'ont pas eu le temps de s'éparpiller dans l'appartement et/ou de s'absorber dans un jeu, la prière ne vient donc pas jouer les troubles-fête et rencontre ainsi moins de résistance 
    • la perspective d'un coucher immédiat derrière ne vient pas troubler ce moment, ni inciter à le perturber dans l'espoir de retarder éventuellement ledit coucher. Au contraire, après la prière il y a des choses agréables, ce qui incite davantage à contribuer à un déroulé fluide.


Nous étions également conscients d'être à un âge propice pour la Bébounette: celle-ci se montre vraiment sensible et motivée, du coup nous souhaitions surfer sur cette vague.
Et effectivement l'effet d'entraînement sur F. s'est bien fait sentir: quand E. est au taquet, chante, choisit ou commente un texte, dit merci, F. est plutôt tenté de la rejoindre.
Cet effet d'entraînement, ainsi que notre stratégie globale exposée ci-dessus, ont demandé quelques jours pour porter du fruit, jours pendant lesquels il nous a fallu faire preuve de persévérance et détermination face au manque de coopération des enfants (surtout de F.) et au chahut appuyé. Mais ensuite nous avons constaté une évolution positive qui nous a bien réjouis (même si évidemment il y a toujours des jours avec, et des jours sans!)
Cette évolution s'est également vue au niveau de la manière dont les enfants ont investi le support proposé : afin d'impliquer les enfants, c'est alternativement à l'un, ou à l'autre, de choisir le texte de prière, et le chant de fin. Les quinze premiers jours, ce fut systématiquement la même prière, et toujours la même chanson.
Puis hop, un jour, l'un d'eux a choisi un autre texte, et à présent c'est le petit livre en entier qui est investi. Nous avons même eu droit à un "moi je les aime TOUTES" de F. (gros contraste avec son "elles sont toutes nulles" du début !)

Moralité, cela fait deux mois que la prière familiale a été réintroduite chez nous, et cela tient.
Cela tient si bien que nous avons même pu introduire un ou deux changements.
Et notamment: nous avons allongé la prière en introduisant la lecture d'une histoire de la Bible tirée du livre en photo ci-contre.
Notre objectif étant de permettre à F. de peu à peu s'imprégner du sens de ce qu'il fait.
Et il s'avère que le fait de débuter la prière ainsi, en mode "racontage d'histoire", a eu un effet très positif sur le calme pendant la prière : au lieu de gigoter, F. s'assied tranquillement, écoute, et ce calme demeure ensuite pour les étapes qui suivent cette lecture d'introduction. (en revanche, E. se montre plus dissipée car elle commente les images du livre : "lune, lune !"; "pourquoi il est là le moutooooon?" ; "Oh c'est Abraham, eh regarde Papa, Abraham. Abraham, Abraham [rire de farfadet]"

Voici où nous en sommes: c'est modeste mais ça tient, cela permet vraiment d'insuffler du religieux dans le quotidien des enfants, et nous en sommes bien contents.
Pour la suite, je nous verrais bien introduire quelques intentions de prières, et cet article d'un blog anglophone m'inspire, par exemple, mais nous verrons.
Allons-y mollo, peeeetit bout par peeeeetit bout!



jeudi 31 août 2017

Concilier don de soi et respect de ses limites (3/3): à la lumière de la Foi

Il y a quelques jours j'avais initié une réflexion sur la compatibilité, pour un parent, entre le fait de se donner et le fait de veiller sur ses propres limites et besoins. Contradiction, compatibilité, lien étroit et nécessaire ? Vous trouverez la partie 1 ici, la partie 2 .
Je me suis beaucoup appuyée, dans cette réflexion, sur les mots libérateurs de Haim Ginott, notamment ceux rapportés par ces chères Faber & Mazlish dans "Parents Épanouis, Enfants Épanouis".

Aujourd'hui j'aimerais creuser davantage cette question en la considérant d'un point de vue chrétien. La Foi incite à se donner radicalement, alors, si je regarde tout cela sous l'angle de la foi, est-ce que ça change quelque chose?

Non, pas du tout !
Et oui, énormément !

1. Veiller sur nos propres limites, nos besoins ?
Oui!

L'amour sacrificiel est bien joli, mais il ne peut exister tout seul, nous rappelle l'encyclique "Deus Caritas est" : pour donner, il faut recevoir.
"l’homme ne peut pas non plus vivre exclusivement dans l’amour oblatif, descendant. Il ne peut pas toujours seulement donner, il doit aussi recevoir. Celui qui veut donner de l’amour doit lui aussi le recevoir comme un don."
On peut voir cela comme en contradiction avec le fameux grain de blé qui, si il veut porter du fruit, doit mourir... Au pied de la lettre, hum, il est bon de se rappeler que les humains ne se multiplient pas par les mêmes canaux que les grains de blé, et que si la maman qui se prend pour un grain de blé crève, les bébés grains de blé sont mal partis...
Personnellement, je crois qu'en étant parent, on meurt toujours un peu, mais différemment :  on mue, on se détache de certaines besoins, on devient plus soi-même, on s'élève... Ce fameux temps libre dont je parlais dans ma toute première partie est partiellement remplacé par des choses qui ont bien davantage de sens. Ainsi le vois-je bien :
  • nos weekends de jeune couple sans enfants, nous les passions facilement à lézarder dans notre appartement, en mode couch potato (j'aime beaucoup cette expression anglo saxonne : pomme de terre de canapé, l'image en dit long); maintenant, nous passons bien davantage de temps dehors: la nécessité de sortir les enfants nous oblige à nous aérer, à prendre mieux soin de nous, finalement ! 
  • Idem pour la nourriture: nous mangeons bien mieux depuis que je dois aussi veiller à l'équilibre alimentaire des Bébous. 
  • Et enfin, dernier exemple: j'ai passé les dernières semaines de grossesse de F. allongée sur notre lit, à jouer à Age of Empires et aux Sims. C'était une époque!  Parfois je vois les CD rangés sur leur étagère et je me dis "ah je me ferais bien..." mais au fond, maintenant, les Sims ont été remplacés par des choses bien plus profondes et épanouissantes (genre écrire des billets de blog à rallonge).
Bref, être parent, c'est bien une vocation: un chemin qui nous rapproche du Seigneur, pas à pas, nous changeant petit bout par petit bout... nous reprogrammant, en quelque sorte ! Là où nous allions avoir besoin de nous divertir avec un spectacle humoristique, les mots craquants de nos zouaves deviendront une nouvelle source de rires, sans fin, et gratuite...


2. Se donner pour apprendre à notre enfant, et notamment lui apprendre à se passer de nous ?
Oh que oui!

Et c'est assez délicat.
D'un côté, il y a notre amour, qui doit être un signe de l'amour du Seigneur pour notre enfant... on le verrait bien sans limite, cet amour, à l'image de l'amour du Seigneur pour nous.
Mais de l'autre, l'autonomie de notre enfant demeure toujours une de nos premières missions de parents : nous lui donnons pour qu'il soit capable de nous quitter, "il quittera son père et sa mère...". A nous de donner d'une manière qui le rende libre, et non qui tisse des liens d'autant plus difficiles à rompre qu'ils seront invisibles.

J'irai même plus loin. 
"Je te comblerai au delà des désirs de ton cœur", nous promet le Seigneur. 
Que cette phrase est douce à nos oreilles! 
Mais ça, c'est le taf du Seigneur. Cette envie d'être comblé totalement, et d'être celui qui comble totalement un autre, vient de cette soif d'absolu qui nous pousse vers Dieu, elle ne doit pas nous en détourner / détourner nos enfants de Dieu.
Je m'efforce donc de garder en tête qu'On ne m'en demande pas tant, même si on me demande d'être le signe de l'amour de Dieu, et le vecteur de sa grâce. Durant la grossesse, oui, je comble plus ou moins totalement mon enfant, mais ensuite, c'est le début de sa marche autonome vers Dieu, vers un absolu qui le dépasse et dépasse mes faibles capacités.


3. Donner pour lui apprendre à vivre en société ?
Toujours, mais...

Il s'agit de bien davantage: en tant que parents chrétiens, notre mission n'est plus simplement de faire de nos enfants des individus biens dans leurs bottes et capables d'une vie harmonieuse avec leurs semblables. Non, la barre est placée un chouilla plus haut : faire de nos enfants des saints. Ouch.

Plusieurs interprétations possibles, du reste
  • je peux dire: ah ben tiens, vlam, voilà mes limites, comme ça tu apprendras très tôt à te sacrifier pour les autres
Pas très probant, si on part du principe que les enfants apprennent avant tout d'un modèle
  • alors, allons-y, hop, sacrifions-nous, donnons-nous à fond, comme cela ils auront un modèle sous les yeux
Hum, oui, mais quel modèle ?

Car les enfants ont envie d'imiter un modèle si celui-ci représente une voie perçue comme enviable....
Parmi les Saints "modernes" qui ont pu, à moi, me donner envie de la Sainteté, je pense à Mère Térésa. Sans blague, Mère Térésa, elle a un sourire jusqu'aux oreilles! Elle irradie de joie. Elle donne sans compter, mais elle donne d'une manière qui ne dégoûte pas de donner: quand on la voie, on a envie de faire pareil.
Dans le même ordre d'idées : parmi les bouquins dit "d'éducation" qui ont pavé mon chemin vers la parentalité positive, a figuré le "Transmettre l'amour" de Paul Lemoine... 
Transmettre l'amour, n'est-ce pas en effet le premier objectif de mon éducation ? Aimer mon enfant, lui apprendre à aimer.... Mais quel amour veux-je transmettre à mon enfant ? Je ne veux pas transmettre l' "amour souffrant" dont parle Haïm Ginott, je veux lui transmettre un amour joyeux.
  • Alors je peux souffrir en me collant un sourire jusqu'aux oreilles, mais non: nos enfants aspirent à nous connaître et à entrer en relation avec nous dans ce que nous sommes, pas à travers un masque.
  • En revanche, je peux donner beaucoup en me branchant sur la source de tout don, et témoigner ainsi à mon enfant de la source de ma joie.
Me brancher sur le Seigneur par la prière, pour pouvoir me donner ensuite...
Si on reprend la phrase de Haim Ginott : 
"on peut se montrer un peu plus gentil qu'on se sent, mais pas beaucoup plus".
Celle-ci demeure valable. Ce qui change, du fait du branchement sur le Seigneur, c'est le positionnement du curseur ... ceci dit, je me demande si ce n'est pas moins l'écart qui grandit (entre la manière dont je me sens, et le comportement que je suis en mesure d'adopter) que la manière dont je me sens qui change...


4. Me donner alors... d'une manière qui rend mon enfant libre, qui ne soit pas culpabilisante pour lui.

Me donner en vérité, avec mes faiblesses : comme vu dans la seconde partie, il s'agit de chercher à discerner là où je dois donner, comment je dois donner, quels moyens sont bons, lesquels sont mauvais. C'est une sacrée responsabilité! 
Et une responsabilité sacrée.
A ce sujet je suis vraiment heureuse d'avoir "rencontré" l'approche éducative qu'est la parentalité positive : j'apprécie énormément la manière dont elle reprend, pour moi, les valeurs de base de l'enseignement du Christ. A Paray, entendre au détour d'une conférence qu'on ne peut poursuivre une fin bonne par un moyen qui ne le soit pas, ça m'a parlé!  (un grand sourire pour la personne qui me retrouvera la citation exacte, j'ai omis de dégainer mon Bullet Journal à temps...). Cette exigence nous oblige effectivement à prendre un sacré recul sur notre éducation et les moyens que nous employons.

Une telle exigence implique beaucoup de travail.
Et c'est là où, par exemple, peut venir intervenir l'injonction de Jean-Paul II à exercer une paternité / maternité responsable, y compris dans le choix du nombre d'enfants.
C'est une vraie question, ça... si j'éduque mes enfants d'une manière qui entraîne chez moi une implication, un don accru de ma personne, peut-être y a-t-il bien une limite au nombre d'enfants que je suis capable d'éduquer ainsi, et peut-être ce nombre peut-il se révéler inférieur à ce que j'ai vu autour de moi, dans des familles à l'approche éducative différente.
Cette limite 
  • peut être provisoire : pour le moment, je suis occupée à grandir en tant que parent, et mes capacités me permettent tout juste d'être à l'écoute des besoins des enfants que j'ai, 
  • ou peut finir par devenir définitive. Non pas parce que je déciderais que "ça suffit, il est hors de question qu'on m'en demande plus, j'arrête de grandir dans ma capacité à donner", mais parce que ce n'est pas seulement la croissance du nombre d'enfants qui vient solliciter la croissance de ma capacité à me donner : il y a la croissance des enfants eux-mêmes (miam miam l'adolescence), il y a ma croissance / maturation / vieillissement à moi...

Une telle exigence implique nécessairement des erreurs.
Elles sont inévitables celles-là !  
En ce qui me concerne je trouve que l'éducation est un domaine dans lequel je suis amenée à faire l'expérience concrète de ce qu'est le péché originel, qui se transmet de génération en génération. Ainsi ai-je réalisé tout récemment que certaines émotions vécues pendant la grossesse de F. l'avaient probablement fortement impacté alors même qu'elles n'avaient rien à voir avec lui. Mais voilà, mes blessures d'adultes ont quand même réussi à se faufiler jusqu'à mon enfant, jusque dans mon sein, pourtant sensé être l'abri ultime.
Et même sans parler de grossesse : parce que, comme tout enfant, j'ai été blessée par mon éducation, je ne peux, malgré tous mes efforts, éviter de blesser mon enfant. Tel comportement normal de sa part mais me renvoyant à mes blessures suscitera une réaction disproportionnée chez moi et provoquera une blessure chez lui... qu'il transmettra d'une manière ou d'une autre à ses propres enfants.
Et pourtant, là encore, par mes erreurs, j'entraîne mon enfant sur le chemin de la sainteté: un chemin sur lequel on tombe et on se relève, ou plutôt, on tombe, on demande pardon, et on est relevé.

Donner avec la vérité de ce que je suis, un être limité et qui fait des erreurs, sans verser dans l'angélisme (noooon ça ne me dérange paaaas), c'est cela : la liberté vous rendra libres !
A mes yeux, il s'agit d'une sorte d'écologie de l'éducation : je plaide pour une réintroduction des limites parentales dans leur milieu naturel. Une réintroduction faite avec infiniment de patience et de miséricorde, les yeux toujours fixés sur notre Père à tous.

mardi 25 juillet 2017

11 choses que je rapporte de Paray-le-Monial

Nous rentrons tout juste d'une superbe retraite spi à Paray-le-Monial.

La tête, le cœur, l'âme et les bagages bien pleins...

Que rapporte-je donc de cette première fois à Paray?

1. Une chouette devise
"si le destin est contre nous, tant pis pour lui"
Évoquée dans un des topos de la session, la devise m'a fait sourire, d'abord. Et puis franchement, quoi de plus pertinent dans un monde où trop souvent la loi des déterminismes voudrait nous laisser mariner dans l'immobilisme ?
Eh ben non, il est toujours possible de faire différemment, de changer au moins quelque chose. Na.

2. Un moment Zéro Déchet
Assurer les repas de 2000 personnes (c'était une "petite" session, paraît-il...) dans des installations pas-en-dur, ce n'est guère évident. 
Et j'ai réalisé que tout de même, à défaut d'avoir révolutionné mon mode de vie, ma tête a déjà parcouru du chemin : dès le premier repas j'ai tiqué en voyant la vaisselle et couverts jetables. Du coup avec ma sœurette, membre de la Communauté de l'Emmanuel, et qui bascule aussi dans le ZD en ce moment, nous avons gambergé jusqu'à trouver une solution à proposer aux responsables : demander à chaque famille de se prévoir ses couverts en métal et d'en assurer le nettoyage après chaque repas. Ce serait déjà un grand pas de fait, et compatible avec les contraintes règlementaires.

3. Un amour renouvelé pour les couches lavables
Faute de machine à laver, et au vu des températures élevées, pour la première fois de ma vie j'ai acheté un paquet de couches jetables pour nous faire la durée de la session (nuits du Bébou, et Bébounette 24h/24). 
Eh bien y a pas à dire, les couches lavables présentent certes des inconvénients, mais je supporte ceux-ci bien mieux que ceux des couches jetables! 
  • Ça pue mille fois plus (sur l'enfant, ET dans la poubelle ensuite), 
  • ça se détache fort à propos de l'enfant (surtout une fois rempli de selles - et j'y ai eu droit plusieurs fois), 
  • ça fuite, 
  • ça absorbe moins (jamais eu de couche de nuit trop pleine en version lavable...), 
  • et en plus, qu'est-ce que c'est moche sous les petites robes de la Bébounette! 
Un point partagé avec Monsieur Bout, qui a autant rouspété que moi sur "ces fichues jetables".

4. Un coup de cœur pour leur philosophie de garde d'enfants
Afin de permettre aux parents de profiter des moments forts de la session dans des conditions acceptables, les enfants sont pris en charge toute la matinée, puis une partie de l'après-midi. 
J'avais entendu beaucoup de bien de ce qui est organisé pour les enfants un peu grands, mais j'étais un peu anxieuse concernant les plus petits. Je m'imaginais un truc se rapprochant d'une "consigne à bébés", en mode "posez votre bébé là, au milieu des 50 autres, et nous allons gérer", permettant aux enfants de survivre en sécurité quelques heures, un point c'est tout.

Et non. Les enfants de 0 à 36 mois étaient gardés dans un grand lieu, moitié intérieur, moitié extérieur, avec un max de jouets et d'équipements de toute sorte (la Bébounette s'est éclatée à pousser des poussettes, des trotteurs, des petits vélos à longueur de matinée), mais surtout : à chaque "serviteur" (= participant aux sessions, volontaire pour offrir une de ses matinées. Il est demandé notamment à chaque parent, si possible, de participer une fois) est attribué, pour la demi-journée concernée, 1 à 3 enfants attitrés
On sait à qui on remet son enfant, on a rempli une petite fiche contenant notamment la question "comment votre enfant est-il accompagné dans les pleurs" (quand je l'ai vue, celle-là, mes yeux se sont illuminés), et c'est cette personne là qui nous racontera comment s'est passée la journée.
Je n'avais pas d'énormes inquiétudes concernant la Bébounette au vu de sa grande indépendance (qui a du reste été remarquée par tout le monde), mais à présent je m'imagine très bien revenir avec un bébé plus jeune, ce qui n'était pas le cas auparavant: je me disais plutôt "profitons que cette année nous n'avons que deux enfants déjà un peu grands".
Par ailleurs, je me suis du coup sentie très à l'aise quand est venu le moment de mon service à moi : certes, gérer deux enfants de 14 mois et un de 7 mois, c'était un peu sportif, mais j'étais bien mieux dans mes baskets ainsi que si j'avais du gérer un "collectif". Nous étions tous là avec nos mômes, à les porter, les pousser, leur lire des machins, ceux qui avaient eu du mal à se séparer étaient câlinés, bercés, c'était une chouette atmosphère et j'ai aimé y contribuer !

5. La confirmation que j'avais eu la bonne intuition (mode auto-congratulation) 
Nous partions en famille élargie puisqu'il s'agissait d'un cadeau offert par mes parents à tous leurs enfants + valeurs ajoutées. Lorsqu'ils avaient proposé cela, je m'étais déclarée partante à une seule condition : qu'on emmène une baby-sitter avec nous, afin d'aider à gérer les enfants.
Bien nous en a pris! 
En plus de balader la dernière née de mon frère, dont la date de production récente ne permettait pas vraiment la prise en charge par le système de garde lambda, ladite baby-sitter a pu gérer les siestes des enfants, ainsi que la surveillance de leur sommeil pendant que nous assistions aux veillées du soir.
Et nous avons aussi pu davantage profiter des possibilités offertes tout au long de la session (petites conférences annexes, mais aussi et surtout adoration, confessions, etc).

6. Une bonne bouffée d'air spirituel (ben oui, quand même!)
Depuis l'arrivée des enfants, je vivotais un peu, situation dont il était d’autant moins aisé de sortir que le comportement  des enfants (enfin, surtout de F.) durant nos messes dominicales n'est pas toujours très propice au recueillement. 
Avoir cinq jours devant moi pour me reconnecter un peu, ainsi qu'une ribambelles de prêtres très chouettes pour faire un peu de nettoyage, le tout entourée d'un tas de gens remplis de joie pour me la transmettre, ça m'a fait le plus grand bien.

7. Un max de bouquins
Sous une des grandes tentes est abritée une sublime librairie, nous y avons passé quelque temps et n'en sommes pas ressortis les mains vides. 
Je suis ravie d'avoir pu prendre le temps d'y trouver de quoi accompagner nos enfants dans leur éveil à la foi. Il y avait un choix monstre et pouvoir ainsi trouver précisément la référence qui nous parlera, c'est vraiment très précieux.
Oublions l'aspect budgétaire...


8. Une belle rencontre orientée parentalité positive
Dans ladite librairie, justement, j'ai eu la joie de voir les Faber & Mazlish proposés! (donc oui évidemment elle est sublime). Je suis toujours comme une gamine quand je vois que ça se répand, ils m'apportent tellement que je voudrais convertir tout le monde (nan ça se voit pas sur le blog...).
Mais en fait, c'est Monsieur Bout qui a attiré mon attention sur leur présence, et une jeune femme les regardait aussi, du coup nous avons commencé à discuter en mode "ah c'est trop cool qu'ils soient présents ici aussi" "Je me disais la même chose", et pof nous étions parties pour vingt minutes de discussion.
Psy pour enfant, mais pas encore maman elle-même, elle était ravie de causer avec un parent "pratiquant", et moi enchantée de m'entretenir avec une professionnelle au fait du sujet. Elle bosse dans l'ouest parisien, nous pensons nous arranger pour que nos chemins se recroisent!

9. Le recul donné par des moments en couple
Parmi les thèmes au choix proposés sur 3 après-midis, nous avons choisi un Parcours orienté "couple": des topos / témoignages, puis des partages, en groupe et / ou en couple, sur un certain nombre de questions. L'occasion pour nous de mesurer le chemin parcouru en 9 ans de mariage (les topos ne nous ont pas apporté beaucoup), mais aussi de prendre ensuite le temps de discuter sur la base des quelques questions fournies en fin de topo. 
Et pour le coup, ces questions ont permis de chouettes discussions, et nous ont donné l'occasion de mettre à plat un certain nombre de choses. Je ne donne pas plus de détails mais si vous êtes intéressés par les questions fournies, histoire d'inspirer une soirée à deux, dites-moi donc.

En annexe, je préciserais que nous étions aussi tout heureux de voir qu'il était proposé, parmi les parcours, un thème dédié aux couples en espérance d'enfant. De notre expérience d'infertilité, nous gardons le souvenir douloureux du sentiment d'isolement que nous avions vécu au milieu de cette Église valorisant la famille et remplie de jeunes enfants et de femmes enceintes.
Voir se développer ce genre de préoccupations nous fait chaud au cœur.

10. Une feuille de route prometteuse
Au cours de ces discussions notamment, nous avons pu définir un certain nombre d'actions à mettre en place, touchant à divers domaines de nos vies personnelles, conjugale et familiale.
Figurent ainsi, entre autres, au programme des prochaines semaines:
  • un bon gros projet "Decent Hour" (nous avons le même problème, Monsieur Bout et moi; à ceci près que je me couche encore plus tard que lui, mais que je me lève un peu moins tôt), 
  • de la résolution de problèmes sur le comportement à la messe
  • la réintroduction de la prière familiale.
Nous avons également rediscuté de nos objectifs de temps en couple réguliers (soirées, journées, mini-voyages).

Enfin, last but not least : 
11. L'envie... d'y revenir ;-)


vendredi 30 juin 2017

Se méfier de Saint Joseph

Traditionnellement, on conseille volontiers, dans les soucis immobiliers ou professionnels, d' invoquer Saint Joseph.

Nous avions entendu cela pour la première fois au moment du chômage de Monsieur Bout : 3 mois et demie n'avaient apporté qu'une demie piste vite avortée, et sinon, calme plat.
3 jours après que Monsieur Bout ait commencé à solliciter Saint Joseph, s'ouvrait une semaine de folie à l'issue de laquelle il avait QUATRE pistes en cours, dont celle qui finalement déboucha, et qui était vraiment sortie de nulle part (tombée du ciel, dites-vous?)

Avec cet historique en tête, c'est pleine de confiance qu'il y a quelques semaines de cela, alors que nous nous préparions à faire notre offre ridiculement basse sur notre appart de rêve à Strasbourg, je me suis tournée vers Saint Joseph. On  m'avait dit "sois précise", je fus donc très précise en indiquant même l'adresse du bien.
Cela n'empêcha pas notre offre de recevoir un bon gros râteau.
L'espoir faisant vivre, je ne désespérais pas d'avoir le vendeur à l'usure, d'autant qu'en torturant notre banquier notre fichier Excel de budget j'avais réussi à identifier une toute petite marge pour revenir vers lui avec une offre un poil plus haute. En parallèle, j'ai continué à visiter d'autres appartements, l'un d'entre eux prenant peu à peu la tête du classement, mais en étant loin de cocher toutes les cases.


Et voilà comment Saint Joseph, faute de réussir à nous trouver un logement strasbourgeois à la fois conforme à nos souhaits et compatible avec les nouvelles orientations pro de Monsieur, est tout simplement venu bousculer ces dernières (oh, si peu) histoire de nous trouver un logement francilien pluuus que conforme auxdits souhaits. 
  • une maison ! 
  • 4 chambres PLUS la salle de classe quand je voulais 4 chambres DONT la salle de classe ! 
  • Jardin ! 
  • proximité immédiate avec un [tout petit] centre-ville ! 
  • proximité quasi immédiate avec un immense espace vert ! 
  • et même, par dessus le marché, une cheminée, une jolie cuisine, un environnement voisinal qui semble extrêmement sympa, ...
Une maison dont le premier compromis avait explosé faute de prêt, et pour laquelle deux autres pistes étaient à deux pas d'aboutir, mais en stand-by dans l'attente de la finalisation d'un divorce pour l'une, de la vente du logement précédent pour l'autre... Bref, un joli concours de circonstances qui nous aura permis, à nous, d'arriver au bon moment pour emporter le morceau.

Saint Joseph ne s'arrête pas là.
Mon chef normand m'a rappelée cette semaine : il aurait ptet même un job pour moi !! Mon chef préféré ! Dans l'environnement pro dans lequel je me suis le plus épanouie de toute ma vie pro ! (et ce serait ok pour du temps partiel !)

N'en jetez plus !

Moralité : oui, Saint Joseph est efficace.
MAIS faites gaffe: il ne manque ni d'imagination, ni d'humour, et ceci peut préparer quelques menues surprises au passage.


J'y réfléchirais à deux fois, si j'étais vous...