PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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lundi 26 août 2019

Gérer la maman débordée / découragée par la parentalité positive

A toi, 
Très chère maman débordée et découragée par la parentalité positive


Si tu fréquentes des groupes Facebook orientés parentalité positive, tu viens de sortir une publication en mode
"Aaah j 'en ai trop marre qu'ils ne m'écoutent pas, c'est de plus en plus difficile, alors tant pis j'ai craqué, j'ai puni" 
ou
"Je vais les punir, y a rien qui marche"

Si tu fréquentes des vrais parents (si si, les parents existent aussi ailleurs que sur la Toile !), tu auras dit, à moi ou à une de tes connaissances plutôt branchée parentalité positive :
"Pffff ça marche pas, alors tant pis, f*** la parentalité positive, j'ai fait / je vais faire [tel ou tel truc plutôt pas du tout en adéquation avec les principes de la parentalité positive]"
voire, à la place du (ou juste avant) "f*** la parentalité positive", un
"ça me désole de renoncer à mes idéaux, mais faut être réaliste donc…"


Du coup, moi, adepte de la parentalité positive, je me retrouve face à un choix.


Choix entre différents scénarios

Option A : je peux focaliser mon regard sur le principe théorique auquel tu contreviens
(NB je parle de mamans parce que dans 95% des cas ce sont elles qu'on va retrouver sur ce genre de groupes, ou sur notre canapé / banc du parc en train de vider leur sac; mais bien évidemment c'est tout à fait valable avec un papa… y compris et surtout si, hasard, ledit papa est notre conjoint, lui même un peu découragé)

Ce que tu dis me fait me rappeler tout ce que j'ai lu et vu sur le sujet, qui montre bien à quel point tu fais fausse route. Donc je peux
  • partir dans un long argumentaire théorique  (version longue) 
  • ou
  • te dire que ça va vraiment pas  (version courte).  
Quelle horreur ! c'est super pas bienveillant ! Nan mais c'est n'importe quoi ! Ca déresponsabilise / casse la connexion / apprend la violence à ton enfant /… au choix selon la situation.


Option B : je peux focaliser mon regard sur l'enfant concerné (ton enfant), faire preuve d'empathie envers lui 

Nan mais c'est hyper violent envers lui ! Il peut pas comprendre ! Il va pas comprendre ! Le pauvre !
Ce qui aboutit peu ou prou aux mêmes réactions que le scénario A.

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Mais c'est très vrai tout ça ! J'ai parfaitement raison.
(dans le monde des parents positifs en tous cas) OUI.

Et en même temps je suis à côté de la plaque.
Prenons un peu de recul.


Commençons par prendre l'option C : je vais faire preuve d'empathie… envers moi-même.

Qu'y a-t-il dans ma réaction ?
  • Oui, il y a l'aspect "théorique" qui me heurte, 
  • oui il y a l'empathie que je peux ressentir pour ton enfant, 
mais... pas seulement.

Au fond, quand on est en train de cheminer en parentalité positive, c'est vraiment compliqué de lire ce genre de trucs. C'est en contradiction complète avec ce qu'on essaye de vivre soi-même, ça met toutes nos sirènes d'alarme en alerte… et notre réaction peut être d'autant plus virulente que la situation vient titiller en nous la voix du découragement.

Chère maman découragée, c'est difficile de lire ton découragement, parce que
  • Moi aussi, parfois (voire plus souvent que parfois), je trouve ça compliqué,
  • moi aussi, parfois, j'aimerais, même juste l'espace d'une seconde, envoyer tout balader (et en plus, parfois je le fais, et après je m'en veux)
Alors ma réaction virulente, le "NON CA VA PAS LA TETE" spontané qui risque de sortir, il s'adresserait au moins autant à toi qu'à… moi, à la partie de moi-même qui craint la contagion :
Si toi aussi tu abandonnes le navire, est-ce que ça veut dire qu'en fait c'est vraiment impossible ? 
Je vais me retrouver toute seule !   
NORMALEMENT l'humanité est en train d'avancer "dans le bon sens" mais là on ferait machine arrière ?
Vais-je même finir par faire pareil et lâcher…?

1er constat : quand je te vois qui lâches, j'ai peur que ça m'incite à lâcher, moi aussi.

Maintenant, 2ème étape avant d'être prête à l'option D ; "je te vois qui lâches"....?
Prenons un peu de recul par rapport à ton discours
  • la situation telle qu'elle apparaît au premier regard c'est : une maman qui veut tout envoyer balader et faire quelque chose de paaas bieeeen
et EN PLUS, tu viens narguer d'autres parents sur un groupe de parentalité positive, ou m'en parler, à moi, fervente partisane de ce mode d'interaction avec les enfants ! Tu te fiches de nous, hein. Si tu crois qu'on va t'applaudir et te soutenir dans ton projet, ou valider ta décision d'une quelconque manière : tu te mets les doigts dans l'œil.
Et si je pars de ce principe là, je risque de te le dire tout net :
Ah ben t'es pas à la bonne adresse, là
et de fermer la discussion (en ayant peut être rajouté toute une série de trucs issus du scénario A et/ou B). Mais l'important c'est que la discussion serait fermée.


Mais en fait, chère maman-découragée, je vais t'avouer un truc : quand je lis ta publication, ou quand tu me dis un truc du genre (ce qui n'est pas rare, notamment, mais pas seulement, au cours des ateliers Faber et Mazlish que j'anime), je suis
      Admirative.
             Hyper touchée.
                       Ravie.
Je trouve cela très très beau.

  • Parce que la situation telle qu'elle m'apparaît c'est : une maman tentée de tout envoyer balader mais qui vient pleurer dans les jupes de gens orientés parentalité positive.
Tu aurais pu faire ça toute seule dans son coin.
Tu aurais pu aller sur un groupe FB généraliste, ou en parler à Tatie Germaine, et tu y aurais récupéré tout plein de conseils sur "les punitions qui marchent" et autres remarques à la
"Oh ben oui tu sais la parentalité positive c'est des bêtises, le mieux c'est une bonne paire de claques, y a que ça d'vrai ma bonn'dame".
Mais non.
Non non non.
Tu es venue en parler à des gens orientés parentalité positive.

"C'est peut être un détail pour vous,
Mais pour moi ça veut dire beaucoup,
Ca veut dire [que tu es] libre, libre de…" 
aller chercher les conseils et le soutien dont tu as vraiment besoin.


C'est énorme ça !

En fait dans ce genre de cas j'ai mes souvenirs de cours de philo de Terminale qui remontent 
(NON non : ne partez pas tout de suite !!!).
Un truc qui m'avait marquée dans mon cours sur la liberté, était (je crois que ça venait de Sartre) que même et surtout quand on demandait un conseil, on exerçait déjà notre liberté.
Parce que

le choix de la personne à qui on va demander conseil, 
c'est déjà un pas de fait dans une certaine direction.


Bien sûr, on peut avoir des surprises 
D'ailleurs certaines de ces mamans vivent de belles surprises, et peut-être que ce sera ton cas : tu pourras enfin t'entendre dire que tu as raison de penser à toi et de ne pas piétiner tes propres limites - même si il y a manière et manière de le faire, hein -, là où tu avais l'impression que parentalité positive était synonyme de sacrifice total et souriant (SVP) sur l'autel des désirs de tes bambins.

Mais plus globalement, toi, une maman désespérée qui vient dire qu'elle abandonne sur un groupe de parentalité positive, c'est juste merveilleux !

Tu es une maman qui vient appeler à l'aide.

Peu importent les mots que tu utilises, peu importe la véhémence avec laquelle tu affirmes que "c'est pourri, je lâche", ce qui en dit plus long que tes mots, c'est ta présence au sein du groupe ce jour-là.
Tu dis peut-être que tu lâches, mais au moment où tu écris / dis cela, en fait, tu as encore une main sur la bouée. A moi de ne pas taper sur cette main, ta main, qui a déjà assez morflé merci.

Maintenant qu'on a fait un détour par le scénario C et par mes cours de philo de Terminale, regardons un peu ce que permet le scénario D.


Option D : je peux focaliser mon regard sur toi, la maman, faire preuve d'empathie envers toi.

Je viens d'écrire "ce qui en dit plus long que tes mots, c'est ta présence et patati et patata". Il ne s'agit pas d'oublier tes mots, hein ! Tes mots ils en disent long.
Ils disent une maman fatiguée,
ils disent une maman découragée,
ils disent une maman perdue.

alors cette maman là,
  • elle n'a paaaas du tout besoin du A : elle le sait, que ce qu'elle va faire est pas top; elle ne voit juste plus comment faire autrement. Elle culpabilise déjà à mort, même sans le dire; assez souvent d'ailleurs elle le dit. Qu'elle le dise ou non, de toute manière, elle ploie sous le poids de la culpabilité, elle s'est déjà collé l'étiquette "pire mère du siècle" sur la tronche, et vous savez ce qu'on dit du pouvoir des étiquettes sur nos enfants ? Eh bien chez nous c'est pareil : encore plus difficile de sortir de la situation. Donc vraiment pas besoin qu'on lui recolle ladite étiquette à la superglu

  • elle n'a paaas besoin du B non plus : sa capacité d'empathie réelle avec son enfant est HS ! Même si théoriquement elle est capable de comprendre que l'effet sur son enfant serait pas top, émotionnellement elle est à sec, elle n'est pas capable de prendre en compte cet aspect, là, juste maintenant. Les besoins émotionnels de son gamin, qui d'ordinaire lui tiennent à cœur, là elle s'en fiche ! Elle est en mode survie sur ses besoins émotionnels à elle.

  • Bien entendu, il ne faut pas nous attendre non plus à ce qu'elle soit en mesure de faire valoir l'option C. 
Dis-moi si j'ai tort, maman découragée, mais au stade où tu en es, tu es totalement hermétique à nos besoins émotionnels à nous, qui auraient nécessité que tu dises ou écrives doucettement 
"j'ai quelques difficultés avec le coucher de mon fils et je me demandais si vous auriez de petites astuces bienveillantes pour que ça se passe mieux" (avec des fleurs et des smileys)  
plutôt que  
"mon gamin me gave à se relever 36000 fois le soir, il me pourrit mes soirées, j'ai décidé que demain ce serait la fessée dès le premier pied mis en dehors de sa chambre",   
Cf point précédent : tes besoins émotionnels à toi sont dans le rouge, alors ta capacité d'empathie est à zéro. 

Si nous mêmes nous réagissons en mode émotionnel, ça part au clash, et dans tous les cas… tu es encore plus seule et démunie qu'avant.


Alors que ce dont tu as besoin, toi, maman découragée-mais-qui-justement-vient-crier-son-desespoir-à-des-parents-sensés-être-orientés-parentalité-positive, est-ce que ce ne serait pas tout simplement qu'on t'applique ces principes de parentalité positive, à toi ?
  • on accueille tes sentiments, on te dit que c'est dur, on reconnaît ce que tu vis bordel
  • on te fait un câlin; un 2ème, un 3ème. Ou on te met des smileys cœur. Moins efficace mais… Si présente physiquement, je pourrais aussi te tendre une tisane ou un biscuit (voire un mojito). Sinon il y a un smiley tisane et biscuit, ou barre de chocolat. Bref on s'occupe en priorité du remplissage de ton réservoir d'amour à toi. Qui en a bien besoin, d'être rempli.
  • on te demande de parler de ton problème, on souligne qu'on voit que ça franchit tes limites, on reconnaît ton angoisse : parce que si tu en es là, c'est que tu as l'impression de faire fausse route, tu es paniquée à l'idée de ce que va devenir ton enfant, ta relation à lui, toi,-dans-tout-ça, tu veux bien faire mais tu doutes et le doute c'est l'angoisse.
  • et ensuite seulement, on réoriente le comportement, on voit avec toi le côté concret des solutions alternatives. 

Bien entendu, parfois ton problème est "juste" lié au développement de l'enfant : il faaaaait pas seeeees nuiiiiits parce qu'il a 4 mois.
  • Oui, beaucoup de bébés ne font pas leurs nuits à 4 mois. 
  • CA N'EMPECHE PAS de trouver ça dur en tant que parent. 
Donc on compatit longuement puis on voit ce qu'on aurait en stock comme idée pour gérer le besoin de l'enfant mais aussi ton besoin à toi de parent : conjoint qui prend la relève; tester le cododo; arrêter le cododo pendant 2 nuits, 2 semaines ou plus si affinités ; grand-mère, tante ou copine compatissante prête à gérer une nuit ; la même, prête à gérer une journée passée à dormir, et à faire le ménage dans le même temps pour qu'on puisse vraiment dormir….

Idem sur l'enfant qui met 3 plombes à se préparer (j'ai un billet en cours sur ce sujet) :
  • oui le jeune enfant est dans un autre rapport au temps, 
  • mais te dire juste ça, ça va pas t'aider pas a gérer ton stress de personne qui vit dans une société avec des horaires, des RDV, et accessoirement, ressent l'envie de ne pas passer la moitié de sa matinée à superviser de l'enfilage de chaussures (quelle envie étrange). 
Donc on reconnaît que c'est dur, et on voit ensemble comment, quand même, limiter les débordements temporels.

Bref, maman-désespérée, je voudrais te dire que j'ai le choix, et je veux faire le choix, de voir notre interaction comme l'occasion pour toi de déballer ton sac, de recharger tes batteries, voire d'avoir un espace pour faire le point sur la manière dont tu as positionné le curseur entre tes besoins à toi et ceux de tes enfants.
Car cette maman prête à punir / taper / vendre sa progéniture sur leboncoin, il y a 99% de chances pour qu'elle ait eu tendance à trop sacrifier de choses importantes à ses enfants, d'où épuisement chez elle, et rancœur envers lesdits enfants. Tu crois pas ?

Enfin, et surtout, surtout, je m'engage à une chose : quelles que soient les pistes qu'on abordera ensemble, je te promets que je ne prétendrai pas que "normalement avec ces conseils tout devrait parfaitement se passer"; ce n'est pas vrai.
Toute publication estampillée parentalité positive affirmant ce genre de trucs devrait être brûlée en place publique.
Appliquer ces 1000 conseils, ce n'est pas la garantie d'une vie sans heurts. C'est juste un moyen pour une vie avec beaucoup moins de heurts. Qui soit, le plus souvent, du côté du supportable, voire du sympa. Mais qui de temps en temps fait quand même quelques incursions du côté de l'insupportable.
Parce que l'éducation de petits êtres humains, de mensch, comme dit Haïm Ginott, parfois, c'est juste beaucoup. Voire trop.

Et à ce moment, tu as bien besoin (j'ai bien besoin / il/elle a bien besoin / nous avons bien besoin /…) qu'on ressorte le scénario D. Autant de fois que nécessaire.

(PS / quand on s'auto-diagnostique en maman débordée / découragée par la parentalité positive, et qu'on ne sait plus se gérer : on a le DROIT d'aller réclamer un coup de scénario D. C'est même vivement conseillé.)

(PS 2 / Et encore une fois le scénario D est aussi valable pour un papa découragé ;-) )


mercredi 21 août 2019

Anniversaire F. : que d'adrénaline...

Mieux vaut tard que jamais : il est venu le moment de vous raconter l'anniversaire de F.
Sous 2 aspects :
Bon, d'abord : la fête.

Elément de contexte 1 : elle avait lieu la veille de mon décollage pour l'Asie. Timing parfait facilitant encore davantage l'organisation, dans une atmosphère de calme et de détente absolus.
Elément de contexte 2 : l'an dernier, notre première expérience d' "anniversaire avec invitation de petits copains" nous avait permis une conclusion. Un anniversaire d'enfants, c'est beaucoup mieux si on a en stock une grosse, grosse liste d'activités à proposer, car une demi-douzaine d'enfants, ça ne s'occupe pas tout seul… ou alors, d'une manière pas forcément souhaitée. Ouais, j'enfonce les portes ouvertes, sûrement, mais, bon, hein, à moi en tous cas il m'avait fallu me confronter à la réalité pour vraiment comprendre la dose d'anticipation nécessaire pour que chaque enfant passe un bel après-midi.
Elément de contexte 1 et 2 se télescopaient donc parfaitement…

Il n'empêche que je suis très très heureuse d'annoncer que cette fête était incroyablement bien organisée, timée, rythmée.



Grâce à 3 ressources
Il donnait toute une liste de petits jeux à faire : j'ai lu les premières pages, et me suis noté les idées qui m'inspiraient (et qui étaient faciles à mettre en œuvre). 
Moi qui au départ n'avais que 2 idées "à moi", je me suis retrouvée avec toute une liste bien pleine et bien moche, à partir de laquelle 
    • j'ai rapidement rassemblé les quelques ustensiles nécessaires aux petits jeux repérés, 
    • j'ai dessiné un âne sur le recto d'un A3 m'ayant servi à travailler le déroulé pédagogique de mon module de formation asiatique (réutilisation bonjour) et je l'ai plastifié, 
    • puis je me suis penchée sur cette liste et ai affublé d'un symbole les activités que j'estimais mieux adaptées à la période pré-gâteau / chasse au trésor, et un symbole différent à celles mieux adaptées à la deuxième partie. 
    • Et tout au long de l'après-midi, cette feuille, pliée en 4 dans ma poche, m'a servi d'antisèche à chaque fois qu'une activité touchait à son terme.







  • 2. Le soutien très apprécié de notre mamie-au-pair, G4, qui a l 'époque était avec nous depuis 1 mois. 
En effet, quelques jours avant, j'avais réalisé que Monsieur Bout avait un truc de prévu, pas amovible, sur ce fichu samedi après-midi. A l'idée de gérer cet anniversaire entièrement seule, j'ai failli en faire une syncope. 
Puis j'ai eu l'idée de solliciter notre G4 et j'en ai été ravie : je gérais l'animation, et elle, elle faisait tout le reste, de sa propre initiative ou sur de subtils signes de ma part (approvisionnements divers et variés en mets divers et variés, rassemblement des enfants pour une photo, consoler les victimes de drames, et même faire chanter tout le monde aux moments où je consultais mon antisèche d'un air perplexe). 
Bref, un duo de choc, sans lequel c'est en civière qu'on m'aurait amenée à l'aéroport le lendemain (cf petit point annexe que je mentionnerai plus bas dans ce billet)


  • 3. Une sacrée dose d'improvisation. 
Dès le départ, j'avais noté "chasse au trésor" sur ma petite liste d'idées. 
Et rappelons-le, j'avais bien réalisé qu'un anniversaire d'enfants, ça s'anticipe, ça se prépare. Oui mais l'Asie tout ça…
A 20 minutes de l'arrivée des petits invités, les trois mots "chasse au trésor" étaient toujours tout ce que j'avais pour la constituer. Un peu maigre !

Il n'empêche qu'à l'arrivée, les enfants ont eu droit à une super chasse au trésor du feu de Dieu, durant laquelle ils se sont donnés à fond, et qui est ce dont ils ont visiblement le plus parlé à leurs parents après. Par quel miracle ?! Ecoutez donc cette époustouflante histoire.

    • Etape 1 : H -20 minutes. Qui dit chasse au trésor dit trésor. Sur les deux sachets de friandises royalement accordés au Bébou pour égayer sa fête d'anniversaire, je prélève des sucettes et les place dans… je sais plus quoi. Je crois que j'ai déniché un machin ressemblant vaguement à un coffre. Acheté chez Action je crois…et vidé en 6-4-2 de ce qu'il contenait. = Trésor ultime : trouvé
    • Etape 2 : H-15 minutes. Je sais que 
      • a. Mon coffre susmentionné serait très difficile à cacher et pas très intéressant et puis que 
      • b. une bonne chasse au trésor propose une succession de plusieurs trucs tangibles à trouver histoire de 
        • 1. éviter de tourner court au bout de 1 minute parce qu'un enfant sera tombé par hasard sur la cachette extra qu'on avait trouvée 
        • 2. relancer sans cesse l'intérêt / éviter de lasser si au contraire on ne trouve rien pendant longtemps. 
      • Je fonce dans la salle de classe, où est entreposé tout le bazar matériel servant à la manipulation, mon œil scanne le bric à brac autour de moi mon environnement et EUREKA. Il se pose sur ma collection de bouchons de compotes Good Goût. Du jeune temps des Bébous (Snif. Tempus fugit. Et toussa) leurs compotes étaient mon alternative "goutue et saine" (et très chère mais pour cela il y a vente privée) aux compotes faites maison les jours de folie. Et à des fins d'IEF j'ai gardé une grosse quantité de leurs bouchons absolument sublimes. Avec, les Bébous ont fait du dénombrement, du tri par couleur, de l'enfilage sur de gros cordons, des mises en paires, ils ont dit "bbbb" en le posant sur la lettre rugueuse associée, et "zut" en tentant de les attraper avec une grosse pince dans des exercices de motricité fine… Bref, une affaire. 
      • Eh bien sur ma réserve de bouchons, j'en prélève 7 de 7 couleurs différentes, et je redescends comme une furie
    • Etape 3: H-10 minutes. J'erre (mais à vitesse grand V) dans nos 100 m² de jardin et y cache mes 7 bouchons en notant soigneusement l'emplacement retenu sur ma fameuse antisèche (point caaaapitaaaaal ! Sous l'effet du stress j'aurais sûrement oublié les 3/4 des cachettes sinon) 
    • Etape 4 : je fais d'autres trucs urgents et pouf H-0 : les invités débarquent ! La partie "trésor" est cochée, la partie "chasse", en revanche, est toujours inexistante. Toooout vaaaa bieeeeen.
    • Etape 5 : après quelques petits jeux d'introduction visant à attendre l'arrivée des retardataires, tous les enfants sont réunis par G4 sur la grande couverture de pique nique que j'ai étendue sur l'herbe. Je suis assise près d'eux. 6 paires d'yeux (fête = 1 enfant par année d'âge, F. compris; mais en fait 7, car E. était aussi de la partie. On s'en fout. L'important c'est que vous sentiez la pression) dévorant de curiosité me scrutent, galvanisées à l'idée de se mettre bientôt en quête d'un trésor (en fait, 8 paires d'yeux. Je crois que G4 était aussi assez curieuse de voir comment j'allais m'en tirer).
    • Etape 6 : j'inspire un grand coup puis… j'ouvre la bouche et j'invente en live. Un roi, une sale sorcière qui lui a piqué sa couronne, il a cherché partout, on a fini par retrouver la couronne mais les 7 pierres précieuses qui l'ornaient ont disparu. Du coup des chevaliers ont juré de les chercher partout. Devinez qui c'est les chevaliers ? C'est Bibi. Enfin Bibis numéros 1 à 7. Les Bibis Preux Chevaliers délirent d'enthousiasme. Les pierres précieuses n'ont qu'à bien se tenir ! Je les rappelle de justesse avant qu'ils ne se mettent à labourer mon jardin.
    • Etape 7 : Je commence par en rajouter des tonnes sur la difficulté de l'aventure, leur courage, la méchanceté de la sorcière, la beauté des pierres, etc pendant que mon cerveau mouline. Je leur dis qu'il faut commencer par je ne sais plus quelle couleur, j'en profite pour mentionner le nom de la pierre de cette couleur (so IEF, so coschooling), et… j'invente une épreuve associée. Les enfants se ruent sur l'épreuve, en sortent victorieux, en récompense de quoi je leur donne un indice, ils cherchent, et zou, une pierre de trouvée.
    • Etapes 8 et suiv : Opération réitérée 6 fois supplémentaires. Avec à chaque fois moulinage de cerveau en parallèle de la narration de l'histoire, et invention d'une épreuve ET du lien avec l'histoire en question. Par exemple, il leur faudra  traverser le précipice (très haut, très large, très dangereux, que nul n'a pu franchir, etc...) qui les sépare de la cachette d'une des pierres et pour cela…. (*moulinemoulinemouline* ) s'allonger tous par terre, les pieds de l'un touchant la tête de l'autre, pour faire une grande corde humaine d'un bout à l'autre du jardin.

Vous pensez que je vais vous fournir votre prochaine chasse au trésor en kit, là, maintenant, avec tout le kit narratif associé ?
Hein ?
Vous trépignez à l'idée de pouvoir reproduire un tel succès sous les yeux épatés de votre progéniture ?

J'en aurais été ravie.
A un toooout petit détail près.
Ces épreuves sortent tellement au dernier moment de mon cerveau en surchauffe que… elles n'y restent pas !
Eh oui, mea culpa, mea maxima culpa: je ne me souviens pas des autres épreuves inventées dans le feu de l'action.
Je sais qu'ils ont combattu un dragon mais je ne sais plus de quelle manière.
Je me demande si à un moment ils n'ont pas du faire un truc dans le genre du roi du silence pour passer devant sans le réveiller... Ah, et ils ont du faire une pyramide humaine pour atteindre une pierre située en haut d'une montagne, aussi.


Dans tous les cas : je l'avoue, hein, on peut critiquer le système français comme on veut. Il n'empêche que, ce jour-là,j'ai expérimenté à quel point mes études m'avaient bien préparée aux défis de ma vie future. L'improvisation, en live, d'exposés non faits devant une classe pleine (dont la moitié morte de rire car sachant que 
  • 1. les notes que je tiens entre mes mains ne sont pas de moi 
  • 2. je ne les ai même jamais lues 
  • 3. le voisin de banc qui me les a filées y a inclus beaucoup de références tellement personnelles qu'elles sont inutilisables sous peine de me faire repérer illico, ce que je réalise aussi en live), 
m'a en fait dotée de toutes les compétences dont j'ai eu besoin pour, ni vu ni connu, tenir une bonne demi-heure (au moins) de chasse au trésor improvisée. Que demander de plus ?
2 mois après cette prouesse, je m'applaudis toujours moi-même quand j'y pense. Joignez vous à moi !

Ch'tit bémol : la première partie de la fête s'est donc subliment bien passée. 
La 2ème, beaucoup moins. J'avais effectivement commis une erreur de taille dans le casting : inviter le meilleur copain d'école de F.. 
Ben quoi, me direz-vous ? 
Eh bien… j'avais déjà repéré que ce petit copain avait un comportement très agité, et j'avais souvent ouï dire que les 2 ensemble se montaient régulièrement le bourrichon au point de perturber la classe, mais je ne m'imaginais pas ne pas inviter ce petit garçon, quand même ! 
Comme quoi, chasse au trésor improvisée ou pas, je manque sérieusement d'imagination, parfois.

Bon, eh bien, j'ai compris une fois le petit camarade sorti du "cadre" bienfaisant de la chasse au trésor. 
Je n'ai cessé d'avoir à le recadrer, et à recadrer mon fils qui faisait n'importe quoi (y compris des trucs inédits), se calmait à mon intervention, mais repartait aussi sec à peine "récupéré". Ils partaient dans tous les sens et F. était totalement subjugué, ne jouant avec aucun de ses autres camarades présents. C'était impressionnant… et navrant
Bref, 
  • le reste de l'assemblée a bien profité de la 2ème partie, 
  • après coup, F. était aussi content, 
  • mais dans l'instant, moi, j'étais surtout très très frustrée de voir mon fils passer à côté de ce que j'avais préparé pour lui, et de devoir être sans cesse sur son dos en cette journée… et j'ai fini éreintée, juste à cause de cela, car sinon, vraiment, tout se passait merveilleusement bien.
Bilan : une fête magique d'un certain côté, mais parfois l'alchimie peut se révéler malheureuse. Ouin ouin ouin.



Parlons du cadeau, maintenant.

Toutes les idées récupérées grâce aux réactions sur le blog et sur sa page FB m'avaient réjouie ! Je comptais bien y trouver ZE machin me dispensant d'offrir une panoplie complète d'outils à mon fils. J'en avais même profité pour faire bénéficier F. d'un tuyau extra d'une valeureuse lectrice, concernant un atelier de bricolage de 2h tout près de chez nous. Je reviendrai vous en parler une autre fois mais c'était le pied.



J'ai donc longuement réfléchi, cliqué sur les liens gentiment fournis, comparé les différentes possiblités, etc. Et puis, une semaine avant la date fatidique (oui oui,rien n'était encore commandé, eh oh, on se rappelle que j'avais l'Asie à préparer, aussi ?!), le weekend a tout changé
  • samedi matin, pendant que nous tentions de grassmatiner, F.  s'est occupé très paisiblement. Il a démonté le dispositif de la porte-fenêtre de notre salle à manger, permettant d'ouvrir un battant mais de bloquer l'autre, et l'a remonté sur la fenêtre de sa chambre
  • dimanche, il a démonté la poignée de la porte de sa chambre. Courant d'air. Porte qui claque. F. enfermé. C'est MOI qui ai du empoigner un tournevis (un comble !) et démonter la poignée de la porte de sa sœur pour la remonter chez lui et pouvoir le libérer (et ensuite, hein, on remonte tout chez tout le monde).

J'ai craqué.
J'ai subitement admis que, l'IEF prenant fin chez nous pour le moment, au fond, on pourrait imaginer aménager un coin bricolage dans notre salle de classe qui va perdre un peu de son utilité.
J'ai regardé des références de boîtes à outils pour enfants avant de réaliser qu'il valait en fait tout simplement mieux investir dans de vrais outils, de dimensions les plus réduites possibles.
F. a reçu un bon correspondant (et Monsieur Bout a ensuite complété par un espèce d'établi réglable).
Puis après mon retour d'Asie, je suis allée avec lui chez Leroy Merlin choisir le matos.
Je ne sais pas combien de temps nous y avons passé car une fois le matos choisi, je me suis assise et j'ai lu un bouquin pendant que F. scrutait chaque rayon du magasin.
Par exemple, ça c'est F. au rayon salles de bains…








jeudi 8 août 2019

"l'entente future entre les frères et soeurs dépend ..." - Petit Bout de Daniel SIEGEL, Le Cerveau de votre Enfant

Je vous ai rapidement dit tout le bien que je pensais des 3 derniers arrivés dans ma bibliothèque "parentalité positive", voici maintenant un petit billet sur l'un des nombreux points que je retiens de ces lectures. 
Histoire de les digérer par petits bouts, comme je l'avais fait avec l'excellent mais très très (trop ?) riche Qui veut jouer avec moi ?


Les conflits frères-sœurs sont un des points qui peuvent le plus facilement désespérer des parents.
Il y a 
  • leur récurrence
  • le volume sonore qui fait souffrir nos oreilles à longueur de journée
  • la violence que nos enfants sont capables de démontrer au cours de ces moments
  • l'inquiétude que nous avons quant à ce que ça pourrait préfigurer de leurs capacités relationnelles futures, en général.
  • et la déception et l'inquiétude que nous avons quant à la qualité de leurs relations fraternelles : nous avons tous en tête cette image d'une fratrie soudée
    • nous fondons littéralement devant les gestes d'entraide et les marques d'affection que nos enfants se dispensent (Rhaaa F. qui garde un bonbon d'un anniversaire pour E. !!!), 
    • mais devenons fous quand nous les voyons se jalouser, se disputer, se faire du mal. (Rhaaa F. qui….)

Du coup, j'ai beaucoup, beaucoup aimé lire cette citation dans "le Cerveau de votre enfant" de Daniel Siegel & Tina Payne

"l'entente future entre les frères et sœurs dépend de leur degré d'amusement pendant l'enfance. Peu importe que les conflits soient fréquents, du moment qu'ils soient compensés par le jeu et le rire."


issue du paragraphe suivant :
Le cerveau de votre enfant, D. Siegel, p. 246


Effectivement, déjà, dans mes observations précédentes des relations entre le Bébou et la Bébounette, j'avais retiré un enseignement semblable. Il y avait eu des périodes avec beaucoup de conflits… mais certaines contenaient, en même temps, beaucoup de complicité, d'autres non, et je percevais bien la différence. 
Quel soulagement de lire cette confirmation !
En effet, 
  • réduire les conflits n'est pas toujours dans nos possibilités : c'est leur relation à eux, entre deux êtres libres avec leurs sentiments bien à eux
  • aider à leur résolution la plus pacifique possible est possible mais prend 
    • du temps, aussi bien sur le moment: il faut être disponible et avoir l'énergie de le faire ; que dans la durée : les fruits se voient à la looooongue 
    • et des compétences : le bouquin propose d'ailleurs pas mal de choses sur ce point mais justement...
offrir des moments de plaisir et de rires partagés est nettement plus dans nos cordes, immédiatement à notre portée !


D'où mon choix de ce premier petit bout, particulièrement adapté, je trouve, à une période de vacances.
Il ne s'agit pas de claquer une somme monstrueuse dans une super activité sensée souder la fratrie à tout jamais (au risque d'être bien déçus si l'activité tourne un peu à l'aigre ne serait-ce qu'en raison de la fatigue ou de la surexcitation - je pense par exemple aux fameuses sorties en parc d'attractions) mais plutôt de parsemer le quotidien des vacances de moments de joie commune
  • bataille de pistolets à eau contre nous, bataille d'eau dans la piscine, cache-cache, batailles de guilis, 
  • bricolage, cueillette, cuisine en commun
  • observation d'animaux divers (chhhhhhuuuuuuuutttt) en commun également
  • jeux de construction, creusage de trous et châteaux de sable, jeux de rôles (marchande et compagnie : il est à combien vôt' pâté d'sable ?)
Autant de moments qu'on peut favoriser, notamment en étant présent en filigrane, voire en s'y mêlant exprès. En effet, et notamment dans la première catégorie, vous remarquerez que l'adulte prend le rôle du méchant / incite les enfants à faire front commun contre lui : c'est lui qu'on arrose, qu'on coule, qu'on chatouille / à qui on veut échapper. On retrouve ici une dimension vue dans un petit bout de Lawrence Cohen : en s'incrustant dans ce genre de jeux et en prenant résolument le rôle de la victime, du nul, du méchant, l'adulte permet aux enfants de se retrouver tranquillement ensemble de l'autre côté…

C'est l'une des raisons qui font que je serai ravie de me retrouver en période de l'Avent. 
Les chouettes moments qui font notre calendrier de l'Avent immatériel marquent visiblement mes enfants (ils attendent déjà impatiemment son arrivée, et m'en parlent régulièrement), et je vois comment ces instants partagés contribuent à la construction de souvenirs positifs communs. Un grand hit est d'ailleurs la nuit "tous ensemble sur le tapis du salon devant la cheminée allumée", et je réfléchis à introduire des traditions similaires à d'autres moments de l'année.
Nuit sous la tente dans le jardin pour fêter l'arrivée de l'été / le début des vacances d'été par exemple ?

Bref, c'est à notre portée, mais il s'agit parfois juste d'y réfléchir un peu et de, sciemment, privilégier ce qui "marche" sur ce plan-là, au détriment de ce qui ne marche pas (si toute partie de Monopoly dégénère instantanément en pugilat, on pourra considérer qu'une partie de Monopoly ne rentre pas dans la catégorie "je favorise la complicité" mais dans la catégorie "moment à risque, pouvant servir d'apprentissage mais uniquement si je suis en forme et motivé pour cela"... et ça fera l'objet d'un autre petit bout ;-) )

Et vous, quels sont vos moyens, vos habitudes, vos rituels favorisant de beaux moments de complicité entre vos enfants, au quotidien ou de manière plus exceptionnelle ?
Je prends tooooutes les suggestions ! (et à mon avis je ne serai pas la seule …)






vendredi 2 août 2019

3 raisons de se jeter sur les livres de Daniel Siegel sur le cerveau des enfants

Depuis ma dernière fiche de lecture vous chantant les louanges du très beau et très utile Développer le lien parent-enfant par le jeu d'Aletha Solter, ma table de nuit n'est pas restée vide de lectures "parentalité positive" :
Mais là je viens de dévorer 3 livres écrit par un même auteur et je suis ZOBLIGEE de venir vous en parler. Parce que si vous ne savez pas quoi lire cet été ben vous pouvez y aller.
Et si vous savez quoi lire vous pouvez éventuellement revoir vos priorités aussi. Nanméoh.


Car très honnêtement de toutes mes lectures parentalité positive c'est l'une de celles qui m'ont le plus plu. Bon OK mes Faber et Mazlish chéris conservent leur première place, mais, par exemple, je crois bien que les bouquins de Daniel pourraient détrôner Jane Nelsen de la 2ème place qu'elle occupait depuis que je l'avais découverte. C'est dire !

Les 3 bouquins en question ont pour titres
- 2. La discipline sans drame(tout un programme, hein ?!)


On peut lire ces 3 livres séparément les uns des autres et pour tout vous dire j'ai même commencé par le 3ème avant de lire le 2ème puis enfin le premier. La faute à Coralie qui m'a mis ledit numéro 3 sous le nez lors d'une journée chez elle et qui en parle notamment dans cette vidéo. A l'arrivée je conseillerais tout de même de commencer par le premier mais…
Et non il n'est pas non plus obligatoire de se taper les TROIS livres… mais il est fort probable qu'une fois que vous aurez lu le premier vous aurez aussi envie de lire les suivants (après une petite pause digestion peut-être ;-) ). Z'êtes prévenus !

Certains des apports de ces livres feront très certainement l'objet de billets supplémentaires plus détaillés mais voici, déjà, 3 bonnes raisons de faire de la place à l'un ou l'autre de ces bouquins dans votre bibliothèque (tout en y laissant encore l'espace nécessaire pour accueillir le mien cet automne, hein ! J'dis ça en passant…)


1. Un combiné sciences / éducation très clair, concret et abordable.


Ces livres ont été co-écrits par un spécialiste du cerveau et une psychologue pour enfants et ils ont énormément travaillé sur la meilleure manière d'expliquer le fonctionnement du cerveau de manière simple. Et le pari est indubitablement réussi.

J'avais beaucoup aimé le "Pour une enfance heureuse" de Catherine Gueguen mais je dois quand même reconnaître qu'il a une nette tendance à nous perdre dans ses explications scientifiques, et peut sembler aride, voire inaccessible : j'avoue que j'avais survolé certains passages ;-)
Cet écueil du "trop scientifique" est un écueil que ces 3 livres réussissent formidablement bien à éviter. Les explications sont claires, simples sans être simplistes, et l'usage de certaines métaphores / images permettent de vraiment bien comprendre et retenir. Il y a juste ce qu'il faut d'explications pour 
  • 1. trouver ça passionnant (quelle machinerie de malade ce cerveau !) 
et 
  • 2. saisir exactement ce que ça implique au niveau éducatif et donc avoir une ligne de conduite cohérente.

Car ces livres n'en restent pas à la théorie autour du cerveau et de grandes lignes directrices éducatives, mais proposent toute une série de choses très concrètes pour mettre en pratique et aider au quotidien à la maturation du cerveau.



Exemple concret :
Parmi tous les trucs chouettes lus dans le numéro 1, on nous y explique l'importance de muscler la capacité de nos enfants à traiter leurs souvenirs (en nous exposant les chouettes effets que ça a sur leur cerveau en général et leur équilibre émotionnel en particulier - ça vous donne envie ? :-)). Or pour muscler, il faut entraîner.
Hélas. Je vous avoue que pour le moment si je pouvais muscler mes abdos sans les entrainer ce serait bien chouette… ça m'éviterait E., il y a quelques jours, affirmant péremptoirement : 
"Maman, t'as un bébé dans ton ventre !
- Non ma chérie.
- Ben si il est grooooos."
Merki ma fille.

Il s'agit donc d' inciter nos enfants à raconter leur vécu. Y compris de manière anodine, en les invitant à raconter leur journée. Hélas, en lectrice assidue de Faber et Mazlish je sais bien que l'interrogatoire en mode Gestapo n'est pas toujours une excellente manière de procéder sur ce plan. (Ach, Tommach')
J'ai donc trouvé très chouette la suggestion de faire cela en mode marrant 
"Raconte moi trois trucs qui te sont arrivés aujourd'hui : deux trucs vrais et un truc inventé, je dois deviner lequel tu as inventé". 
C'est cool non ?

(Comme je m'efforce d'être honnête avec vous je vais vous avouer que la - pour le moment seule - fois où j'ai testé cette suggestion superbe sur F., ça a... foiré. J'ai vu une lueur d'intérêt s'allumer dans son regard, j'ai cru que … mais non. Ce n'était pas le bon moment. 
Et mon fils reste un être libre, zuuuuut. 
Ca ne m'empêche pas de trouver la suggestion brillante et de compter la réutiliser à un moment plus opportun. Voire en la retournant : je pourrais commencer par raconter 3 trucs dont l'un inventé, et le laisser avoir envie de faire de même.)


2. Ils mêlent du nouveau et du pas nouveau


C'est bien l'embêtant quand on commence à avoir pas mal lu de trucs en parentalité positive : au bout d'un moment certaines choses semblent juste des redites. 
Ce n'est pas d'ailleurs pas forcément une mauvaise chose : lire une même proposition / explication sous un angle différent peut permettre à celle-cide faire tilt, ou à nous de la voir sous un nouvel angle, ou de se la rappeler autrement.
Mais parfois, ce n'est pas le cas, et on a l'impression de perdre son temps.

En ce qui me concerne j'ai trouvé que ces 3 livres étaient un mélange très réussi
  • j'avais déjà été familiarisée avec certains des concepts vus, mais la manière dont ils étaient présentés m'a permis de les assimiler autrement et mieux : l'intérêt fondamental de la reconnexion émotionnelle, par exemple
  • et j'ai trouvé aussi beaucoup de choses un peu ou carrément nouvelles, ou approfondissant un aspect de manière inédite.
Ce sentiment de fournir encore davantage sa boîte à outils est vraiment chouette ! Et le dernier point n'y est pas pour rien, puisqu'il vient rajouter un outil de taille...

3. Ils sont aussi pensés pour les enfants


Ca c'est vraiment un point génial et qui est, à l'origine, ce qui m'a frappée dans le livre feuilleté chez Coralie et m'a incitée à investir. Et je n'ai pas été déçue.
  • La plupart des livres parentalité positive nous donnent des clés pour communiquer et interagir plus efficacement avec nos enfants. En nous fournissant des connaissances plus ou moins fouillées sur leur psychologie etc. Charge à nous de les utiliser, de les mettre en pratique dans notre quotidien avec nos enfants.
  • Ici, ces livres contiennent également des clés à donner aux enfants pour leur permettre une meilleure compréhension d'eux-mêmes. Et donc leur donner explicitement les moyens de mieux maîtriser cet organe si complexe qu'est leur cerveau, au lieu d'en être le jouet = ils ne sont plus seulement les personnes avec qui nous utilisons des connaissances que nous possédons nous, mais ils deviennent acteurs, se mettent à utiliser eux-mêmes ces connaissances.


Ainsi, de nombreuses notions clés sont d'abord développées à l'usage de l'adulte, mais ces explications sont suivies de quelques lignes (ou, souvent, d'une courte BD), destinées à nous permettre d'expliquer à notre enfant comment il fonctionne... Et à leur donner des stratégies, des suggestions concrètes de manières dont ils peuvent peu à peu prendre en main leur propre cerveau. 

Je trouve cela d'un bon sens stupéfiant ! Rendre ces connaissances accessibles à l'enfant renforce encore la dynamique coopérative en permettant à l'adulte et à l'enfant de tirer dans le même sens de manière parfaitement consciente. J'ai tout juste commencé à expliquer certaines choses à F. mais j'ai été ébahie de la rapidité à laquelle , suite à mes explications, lui, aussi bien que sa sœur d'ailleurs, ont accroché à mes

"ouh là, c'est ton cerveau du bas qui parle !
ou autres alertes à la

"Cerveau du bas, cerveau du bas !! Comment trouver l'escalier ?".
Lesdites explications sont vraiment très bien faites, très parlantes et j'avoue que je me réjouis de pouvoir peu à peu donner à mes enfants de telles informations : "Connais-toi toi même" ! Quelles choses précieuses à transmettre ...
E. y fait d'ailleurs déjà référence de temps en temps 
"Euh, là c'était le cerveau du baaaas" (après une dispute / échange de tapes entre les enfants) 
ou 
"C'est le cerveau du bas, ça ?". 
Je vois déjà tout l'intérêt de les outiller ainsi pour une telle prise de recul, et je sens bien que ce n'est que le début.



Raison bonus : ces livres sont très bienveillants envers les parents. 


Contrairement à certaines interprétations des avancées des neurosciences qui peuvent vite faire culpabiliser les parents en mode "aaaaah quand je fais ça je le marque à vie, je le traumatise, aaaaah !!!!", ils n'ont de cesse de souligner l'extrême plasticité du cerveau et le fait que l'important, c'est de répéter autant que possible des expériences allant dans le bon sens. Ils n'ont de cesse de souligner que des erreurs fréquentes sont normales, et consacrent du temps à expliquer la meilleure manière de les exploiter, au contraire !
Bref, tout à fait dans la lignée de mon billet sur le sujet :
Et j'aime bien quand on est d'accord avec moi. Mpf.


Moralité


Je vous les conseille vivement. Je les pense également adaptés (notamment les deux premiers) à une initiation à la parentalité positive. Simplicité d'accès + côté rassurant pour ceux qui craindraient de sombrer dans le laxisme = excellente entrée en matière !

Je les trouve si réussis que le numéro 1 va faire l'objet d'une lecture en couple sur le modèle de celle-ci : ce mélange d'informations scientifiques, pratiques, concrètes, sans culpabilisation, me semble devoir plaire beaucoup à Monsieur Bout ! (dont la description que je lui en ai faite a effectivement éveillé l'intérêt).

Je me réjouis à l'idée de
  • pouvoir redigérer plus lentement ces livres que j'ai dévorés
  • mettre en pratique peu à peu la myriade de machins intéressants repérés
  • m'aider, dans cette digestion, du blog : en vous débitant certains de ces machins en tranches mêlant la théorie lue et les effets de la mise en pratique chez nous, sur le même principe des Petits Bouts de "Qui veut jouer avec moi" qui avaient eu tant de succès il y a 2 ans. Car ces bouquins sont vraiment du genre qu'on lit, relit, et assimile progressivement.
A BIENTOT :-)

Je précise que le cerveau de l'enfant concerne les enfants de 0 à 12 ans… et qu'il existe ensuite le cerveau de l'adolescent sur le même principe ! Appétissant, hein ?!. Mais à chaque jour suffit sa peine, je ne suis pas encore directement concernée (même si j'irai tot ou tard fouiner dedans, ne serait-ce que pour le bénéfice des parents d'ados qui participent parfois à mes ateliers)