Affichage des articles dont le libellé est IEF Année 1 : PS. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est IEF Année 1 : PS. Afficher tous les articles

mercredi 18 octobre 2017

Mode de garde en IEF: bilan 2016-2017

Lorsque je me suis retrouvée pour la première fois de ma vie au chômage, pour une durée indéterminée certes, mais avec peu de perspectives que celle-ci soit brève, j'ai gardé ma nounou à domicile, en réduisant ses heures. J'avais expliqué mes raisons ici.


Bilan des courses
  • Les raisons susmentionnées sont toujours valables : cette respiration s'est montrée indispensable. A certains moments un peu compliqués, pouvoir "déposer" mes responsabilités maternelles pendant quelques heures a permis le bol d'air nécessaire pour pouvoir ensuite les reprendre sans qu'un câble ne lâche quelque part (d'aucunes âmes médisantes prétendront que, si, des câbles ont manifestement lâché, ou que, comme disent si bien les Allemands, je n'ai "pas toutes mes tasses dans l'armoire", mais... chut).
  • Ces pauses m'ont permis de faire un tas de choses : un max de déjeuners avec des copines, quelques uns avec Monsieur Bout, beaucoup de piscine, du shopping, des formalités et démarches sanzenfandanlépatt..., j'ai rarement été en peine d'occupations ;-), autant de moments précieux qui ont fait de cette année une chouette année.
Ces heures de garde ont donc beaucoup contribué à mon équilibre et mon épanouissement cette année, et je ne me verrais pas y renoncer! Trop dangereux.
J'ai toujours en tête l'image de la reine des abeilles, utilisée par Faber et Mazlish dans leur sublime "Parents Épanouis, Enfants Épanouis", pour me rappeler qu'investir du temps et de l'argent dans ce qui me permet, à moi, de fonctionner, c'est un investissement utile à toute la famille.
Que refuser cet investissement, c'est mettre en péril ladite famille.
Donc :  pas touche!


4 points moins positifs dans ce bilan
  • 1. le passage par une agence : ils ont très bien géré, aucun souci. 
    • Mais ça veut tout de même dire que notre Madame O2 était payée au SMIC quand l'heure m'était facturée 23€ : salaire identique pour les petites étudiantes employées par l'agence, que pour elle, EJE diplômée avec 20 ans d'expérience!
    • Et surtout, au fur et à mesure, j'ai pu réaliser la précarité de sa situation : certes ce sont des CDI, blablabla, mais sans nombre d'heures assuré. 
      • Donc, autant pour quelqu'un qui n'a besoin que d'un revenu complémentaire (étudiant, activité de complément avec un conjoint assurant les arrières, complément de retraite), le sous-emploi constant (comment cumuler 35h / semaine quand l'essentiel de l'activité se concentre après 15h30?) ne constitue pas un gros problème, autant pour la mienne, maman solo dont c'était la seule source de revenu, le bouclage de fins de mois constituait une source d'angoisse constante... 
      • d'autant que ces revenus-là sont non seulement faibles mais fluctuants: en période de vacances scolaires, beaucoup d'heures "sautent". Donc septembre paie correctement, octobre accuse une baisse, novembre va mieux, décembre c'est la cata, janvier c'est OK, février c'est l'horreur, et ainsi de suite...
    • Moralité, peu de stabilité du personnel, en tous cas dans les grandes villes (le fait que Clotilde ait la même personne depuis 6 ans me fait rêver!): dès que celui-ci peut trouver autre chose, il le fait. Notre départ a ainsi poussé la nôtre à chercher autre chose, car j'étais son plus gros contrat, et le plus stable, qui lui maintenait la tête hors de l'eau. Elle a trouvé, ouf!
Bref, le passage par une agence présente de nombreux avantages, notamment en termes de gestion mais aussi sur le plan financier quand il s'agit d'un faible volume horaire, mais ce n'est pas la panacée et je suis ressortie de cette année assez décidée à explorer en priorité d'autres possibilités, pour ne me rabattre sur cette solution qu'en dernier recours.

  • 2. pas évident de trouver quelqu'un branché éducation positive. 
Notre madame O2 était vraiment adorable, aux petits soins avec les enfants, je lui ai fait lire "Parents Épanouis Enfants Épanouis", mais même sympa, même ouverte a priori.... la culture éducative, ça imprègne
Ce n'est qu'un exemple parmi beaucoup d'autres, mais cela fait de longues semaines que je travaille à faire perdre à F. l'habitude de s'exclamer "j'ai pas fait exprès" quand il cause du tort à quelqu'un. A cette réaction centrée sur la culpabilité, je préfère de loin un "pardon", qui développe davantage l'empathie en focalisant sur le tort ressenti par la personne. 
Idem pour les "c'est pas grave" et autres "ne pleure pas" dont je sais que les Bébous en ont entendu un certain nombre... Idem également  pour les "si..., alors..." que j'ai entendu fleurir dans la bouche de F. .
On ne peut s'assurer quelqu'un qui fasse 100% comme nous, mais tout de même, je rêverais que la parentalité positive soit plus répandue et non encore un truc d'extra-terrestres, histoire que l'écart soit moins grand!

  • 3. L'inconvénient d'une nounou à domicile, c'est que vos enfants sont gardés à votre domicile. 
(Ouais, j'ai fait de très longues études pour arriver à ce constat). 
    • Plus précisément, cela a signifié que la majorité du temps, il me fallait sortir de chez moi, alors que j'aurais bien aimé profiter de ce temps pour faire des choses chez moi aussi:  
      • ranger / Flyladyser, préparer des machins pour l'IEF, bloguer... Les enfants l'adorant, ils ne me collaient pas si je prétendais rester, mais de là à ranger en leur présence (notamment leurs affaires!), j'avais moins de liberté d'action. Et même en restant chez moi le temps qu'elle sorte les enfants au parc,  c'était tout de même bref et à certains moments j'ai vraiment trouvé cela gênant. 
      • Faire des choses, oui, mais aussi ne rien faire: ça aussi c'était plus difficile à envisager, et pourtant y a des fois je serais bien restée juste à buller / dormir chez moi. Pas possible!
    • Autre dommage collatéral dont je n'avais pas envisagé l'impact: mon organisation m'obligeait à déjeuner hors de chez moi 2 fois par semaine. 
      • J'avais pensé à l'aspect "compagnie", et cela n'a pas été un souci: j'en ai rarement été en peine. En revanche, ce petit côté SDF, dans les faits, s'est traduit par un fameux surcoût: certes il m'est arrivé d'aller déjeuner chez une copine, cependant la grande majorité du temps je déjeunais à l'extérieur. 
      • Très sympa, hein, ces petits restaus entre filles... Néanmoins, et même en privilégiant des lieux "pas chers", le budget sorties s'en est mécaniquement retrouvé dépassé, et de beaucoup. Quand nous réfléchissions au passage à 80% de Monsieur, et que je triturais le budget correspondant, ce point-là constituait une vraie préoccupation, alourdissant le poids financier de la garde (car je tenais en même temps à continuer autant que possible à confier mes enfants sur l'horaire des déjeuners: les repas, chaque maman le sait, peuvent être le théâtre de conflits, et le fait d'en déléguer certains m'aide à gérer les autres de manière plus détendue).

  • 4. Rythme avec l'IEF pas évident à trouver :  
    • au départ je la faisais venir dès le matin, concentrant les créneaux IEF sur les autres jours, mais très vite j'ai vu que cela ne me convenait pas. J'avais besoin de plus de régularité dans les créneaux IEF, et donc j'ai décalé ses horaires, de manière à ce que sur l'un de ses deux jours il y ait "école". 
    • Cela allait pour une année de PS (pression "scolaire" pas bien grosse!) mais même avant que notre déménagement ne rebatte les cartes, je prévoyais de faire autrement en 2017-2018; en effet si une matinée d'IEF saute systématiquement pour cause de garde, cela signifie moins de souplesse pour en faire sauter d'autres pour des sorties ou autres activités. Or, un enseignement que je tire de cette première année d'IEF est que, en tous cas pour notre famille, la fréquence des créneaux IEF est importante pour favoriser une bonne mise au travail. Toujours pour des raisons de routine, favorisant la paix des foyers avec jeunes enfants...

Voici pour ce bilan.
Autant de points d'analyse qui m'ont bien servi pour ajuster mon organisation 2017-2018, que je reviens vous présenter sous peu, et dont je suis, ma foi, assez fière...

samedi 2 septembre 2017

Point - progression en Juin-Juillet-Août 2017

Actualité mouvementée oblige, voici une récap trimestrielle et non mensuelle pour notre progression!
Le mois de juin a été marqué par nos vacances normandes et beaucoup de suspense, de rebondissements et de réflexions concernant notre avenir, juillet et août ont été partagés entre rythme de vacances et formalités et préparatifs divers concernant notre déménagement/achat de maison/etc...

Du coup, le Bébou

Dans les faits dès juin l'actualité chargée s'est traduite par une diminution du temps consacré aux apprentissages formels (puis j'ai décrété les vacances officielles à partir du 11 juillet). Par ailleurs j'avais également, moi, moins de disponibilité pour tenir un rythme et préparer des nouvelles choses pour F.
Et puis, F. étant de toute manière très investi dans l'apprentissage des lettres, nos séances IEF ont naturellement été centrées dessus ce qui ne me demandait pas une grande préparation. Aux lettres déjà maîtrisées se sont ajoutés le j, n, v.
J'ai fini par décider que nous resterions en "vacances" jusqu'au déménagement, donc je ne ferai notre rentrée qu'autour de la mi-octobre. Ça y est, la salle de classe est en cartons, mais j'ai laissé quelques petites choses dehors : d'ailleurs F. a terminé le mois d'août en demandant quelques séances avec notre alphabet mobile.


En parallèle de ces aspects formels, j'ai également remarqué une évolution concernant

L'audace motrice : F. manifeste vraiment une excellente coordination, et s'est approprié des équipements jusque là délaissés dans nos aires des jeux habituelles. Par ailleurs il file sur son vélo et s'amuse à lâcher une main; son but (il a vu un adulte faire) est apparemment d'apprendre à faire sans les mains...
Développement des jeux, notamment de société : jeux de carte, bataille ; un léger regain d'intérêt pour les puzzles : il s'en était désintéressé il y a déjà un an et était donc "resté" sur des puzzles de 12 à 15 pièces, Clotilde m'a soufflé de lui en proposer des plus compliqués, et donc il a daigné en faire quelques uns d'une trentaine de pièces; mais sans non plus y rester longtemps.

Tout un ensemble d'habitudes se prend :
  • débarrasser, 
  • politesse, 
  • rangement, 
  • douche... 
J'ai le sentiment que ce que j'ai semé toute cette année commence à lever!
Le plus agréable en ce moment : l'intégration impeccable des règles de sécurité dehors. Nous pouvons partir à pied à travers Strasbourg avec lui sur son vélo, il est infatigable mais surtout, peu importe qu'il suive devant à son rythme, nous savons pouvoir compter sur le fait qu'il s'arrêtera et attendra pour traverser, ni n'ira zigzaguer sur la route, etc.
J'avoue qu'il est doublement agréable d'avoir atteint ce stade:
  • cela permet moult expéditions dans la plus parfaite sérénité, 
  • et le fait que cela se soit fait sans hurler ni balancer de tapes ni quoi que ce soit du genre (avez-vous déjà entendu l'argument "c'est une fois que je lui ai filé une bonne fessée après qu'il ait couru devant une voiture que ça a réglé le problème"? Moi oui, plus d'une fois.) constitue encore un encouragement sur la voie que nous avons choisie.

La Bébounette

Le langage toujours, elle mène à présent de vraies conversations, et de longs raisonnements (qui tournent en boucle : "j'ai fait ça parce que... je voulais faire ça parce que... et puis parce que je voulais faire ça j'ai fait." Aha.). Bon, en tous cas, je vous assure que nous rigolons bien en l'écoutant. Rigolons, ou fondons...

Elle a beaucoup développé son autonomie :
  • mettre et ôter une culotte, 
  • ouvrir les portes, 
  • se laver les mains, 
  • commencer à ôter son T-Shirt; 
  • elle se met également à débarrasser ses affaires.
Niveau motricité globale, l'été a été marqué par une rapide appropriation de la draisienne : là où en juin  E. poussait la draisienne plus qu'elle ne roulait avec, puisqu'elle marchait devant la selle, elle s'est soudain mise à avancer les fesses posées sur la selle. A peine quelques jours plus tard elle a levé les pieds, ce qu'elle fait maintenant sur de longues distances, en conservant un très bon équilibre. C'est vraiment chouette, une draisienne !

Mais le développement le plus conséquent, et assez inattendu: E. est continente de jour, ou presque!
Elle qui ne montrait que peu d'intérêt pour le pot, ou un intérêt très éphémère et peu accompagné de résultats, s'est soudain passionnée pour le concept. 
Nous avons donc pris le soin de le lui proposer plus régulièrement en juillet, et de la laisser fesses un peu nues un peu plus souvent. Et puis paf, sur la fin août, en quelques jours, c'est fait. Au point que nous pouvons même sortir sans couches sans accident aucun, gérer des trajets en voiture (2h pour aller chez Hélène cette semaine!), et que depuis 3 jours les couches de sieste sont sèches.
Les selles sont un petit peu plus aléatoires, mais c'est de mieux en mieux.

Ce qui provoque chez moi de grandes interrogations existentielles ! Faut-il la sortir du lit à barreaux car elle serait prête à être sèche la nuit, pour peu qu'on lui laisse un pot à disposition, pour les besoins du petit matin ? Mais alors, en la remettant dans la même chambre que son frère ou pas ?
Que de bouleversements, que je n'avais pas anticipés !
  • J'ai encore en mémoire les soucis que nous avions eus avec F. lors de la sortie du lit à barreaux... 
  • Et puis je crains également de possibles régressions / agitations liées au déménagement, alors je me voyais bien ne me confronter à tout cela qu'une fois les chamboulements annoncés derrière nous. 
  • Et puis je sais d'autant moins comment procéder que 1. elle a fonctionné totalement différemment de F. sur ce point 2. je ne suis pas du tout certaine d'avoir "bien fait" avec F.,  qui du reste risque d'atteindre la continence de nuit après sa sœur si on continue ainsi...
M'enfin bon, hein, faites des plans avec vos enfants !



Pour les deux : de très beaux progrès en allemand.
J'ai vraiment mesuré à quel point j'ai bien fait de me cramponner à du saupoudrage quotidien: celui-ci a permis de créer un terreau fertile, un terrain favorable qui produit du fruit à la première occasion.
Et en effet: cet été, quelques jours chez mes beaux-parents avec la présence de ma belle-mère ont servi de catalyseurs à un regain d'intérêt, notamment encouragé aussi par une conjonction favorable entre le bouquin du petit poisson blanc et le prêt d'un "stylo qui parle" dont il faudra que je vienne vous parler, justement.
A noter : celle qui est le plus au taquet, c'est E.! Elle répète à l'envi tous les mots qu'elle connaît, en demande d'autres... Ah cette période sensible du langage! Son existence est réellement flagrante chez elle. Du coup, cela entraîne son frère. Sur le trajet retour des vacances, nous étions morts de rire à les entendre s'entraîner à prononcer "Eichhörnchen" (écureuil, mot à la prononciation compliquée d'autant qu'il contient un h aspiré en plein milieu), chacun le répétant à son tour, pendant plusieurs minutes...

Concernant la Gwen
Des mois très riches, en kilomètres, en rencontres, en billets et réflexions bloguesques, en lectures, et en réflexions sur ce que je souhaite pour moi dans notre nouvelle vie. 
En fait j'ai l'impression d'avoir beaucoup construit cette année, et je me demande comment cela va se transférer ailleurs. Beaucoup d'interrogations sur ce que notre changement de lieu de vie va impliquer! (hormis une expertise accrue en faisage-défaisage de cartons ;-) )

Allez, il s'agit de survivre au mois de septembre, tout en essayant de profiter au maximum de Strasbourg tant que ça dure!

mardi 15 août 2017

Activité extra-scolaire du Bébou : bilan 2016-2017 et perspectives 2017-2018

Parmi les points qui me tenaient à cœur dans cette première année d'IEF, figurait la possibilité pour le Bébou de participer à une activité dite "extra-scolaire". J'avais exposé l'intérêt que j'y voyais ici, et finalement, c'est sur un cours d'éveil musical que mon choix s'est porté.

On m'en avait dit du bien (mais le "on" étant une maman avec qui je n'avais jamais eu de discussion profonde sur des sujets d'éducation, je ne pouvais pas être sûre que ses critères du bien et les miens se rejoindraient à 100%) et que c'était tellement bien qu'il fallait être à l'ouverture le matin des inscriptions pour s'assurer d'avoir une place pour son gamin.
J'avoue que ledit samedi matin, c'est en grinçant doublement des dents que je m'acheminai vers le centre socio-culturel offrant ces cours.
  • Devoir me lever tôt et me dépêcher un samedi matin, hein. 
  • Et ensuite, avec cette histoire de cours hyper couru je craignais la course à la performance et je me demandais si je n'étais pas en train de mettre le doigt dans un engrenage à la parent japonais ou coréens (je ne sais plus, mais durant quelques minutes j'ai eu cette impression), qui inscrivent leurs enfants dans les meilleures écoles dès leur naissance afin de pouvoir leur permettre ensuite l'accès aux meilleures universités.

Heureusement, j'ai été vite rassurée par la conversation que j'ai pu avoir avec le monsieur animant ces cours d'éveil
  • 10 enfants maximum (je m'attendais à un effectif plus proche de celui d'une classe de maternelle)
  • un fonctionnement assez libre, mêlant écoute d'instruments et d'extraits de morceaux de musique, coloriage des instruments en question, apprentissage du rythme sur batterie et djembé,...
  • un animateur masculin (j'ai trouvé ça chouette!) et à la personnalité détendue, sachant se faire entendre sans rentrer dans le rapport de forces
  • et surtout : la possibilité d'une acclimatation en douceur

C'est surtout ce dernier point qui a illuminé mes yeux de maman IEF n'ayant à l'époque jamais mis son enfant en collectivité: je craignais de devoir le "larguer" dans son cours, comme ça, sans qu'il ait le temps d'y prendre ses marques. Cela a été d'ailleurs l'expérience simultanée d'une de mes copines IEF, qui a inscrit sa fille à un cours analogue dans un autre centre socio-culturel, sans être autorisée à rester, et dont la fille a, au bout de 3 séances, refusé d'y retourner.
Mais non. L'animateur laissait toute liberté (tout en soulignant que pour que l'enfant ait "son" moment à lui il valait tout de même mieux viser l'absence des parents en résultat final. Mais un petit garçon n'a jamais voulu que sa mère s'éloigne et celle-ci a passé l'année au fond de la salle) pour permettre à la séparation de se faire au rythme de l'enfant.
Ainsi ai-je passé 
  • les deux premiers cours dans la salle, 
  • le 3ème dehors, assise à côté de la porte ouverte, 
  • le 4ème et le 5ème dehors, assise à côté de la porte fermée. 
  • Ensuite c'était les vacances de la Toussaint, et un cours où ce fut Monsieur Bout, en congé ce jour-là, qui l'accompagna.
Et au retour des vacances de la Toussaint, je pus lâcher mon fils
"J'ai une course à faire à la pharmacie mais je serai de retour pour venir te chercher.
- j'aimerais que tu restes.
- je sais mon chéri, tu aimerais que je reste; j'ai quelque chose à aller chercher à la pharmacie et je serai de retour avant la fin"
Gros bisous, et aucun souci.

Un détachement tout en douceur que j'ai énormément apprécié, ayant longtemps pensé que les pleurs déchirants accompagnant l'entrée en maternelle n'avaient pas d'alternative.
Ce détachement a d'ailleurs représenté un palier idéal, qui a sans doute contribué à la manière dont F. s'est si bien acclimaté au jardin d'enfants franco-allemand en avril. 

Bref, si je reprends les attentes définies dans mon billet de préparation, nous avons
  • l'ouverture sur autre chose,: CHECK ! Monsieur Bout en a profité pour réécouter avec lui des morceaux entendus durant ces séances, ça faisait un point d'ancrage, c'était chouette
  • dans un environnement plus riche en stimulations : CHECK! La batterie l'a captivé, il a beaucoup utilisé mes casseroles de ce fait... et incontestablement : nous avons noté que son sens du rythme évoluait vraiment!
  • l'introduction d'un référent autre que moi-même / un membre de la famille : ça c'était chouette aussi !
  • et une confrontation à une forme de collectivité, un groupe, avec ses règles, ses repères, mais à dose homéopathique : gros gros CHECK ...
  • Éventuellement, l'opportunité d'élargir encore notre/son champ de connaissances en rencontrant d'autres enfants et leurs familles : ça pour le coup, pas du tout : chacun apportait son môme, et venait le chercher, sans gros bavardages (bon, euh, j'avoue, j'étais souvent limite en retard / la dernière à venir le chercher, ça n'aide pas... mère indigne, toujours)

En point négatif, l'horaire de ce cours était vraiment peu pratique : 15h-16h, ça me zigouillait la sieste de F. et me mettait une pression de fous pour faire déjeuner les enfants assez tôt pour que F. ait tout de même 1h  à passer allongé. Quand il tardait à se coucher, c'était la fête...
Hasard ? Les mercredis matin étaient des moments facilement tendus... susceptibles de dériver loin des rivages faber&mazlishiens...

Néanmoins, F. a adoré y aller, et pendant longtemps j'ai donc prévu de le réinscrire pour 2017-2018. Et puis il s'est tellement plu au jardin d'enfants franco-allemand que, après discussion avec Monsieur Bout, nous avons décidé qu'en 2017-2018 il irait plutôt passer tous ses mercredis après-midis au centre de loisir dudit jardin d'enfants: 
  • de la collectivité qu'il apprécie, dans un cadre de rêve
  • de l'allemand, 
  • et une logistique ô combien simplifiée puisque il allait y passer toute l’après-midi, donc pas de zigouillage de sieste, ni pour lui, ni pour moi...
Et que nous nous mettrions en quête d'une activité extra scolaire supplémentaire pour lui un autre jour de la semaine.
J'étais RAVIE de cette solution... Jusqu'à ce que la nouvelle de notre déménagement ne vienne réduire à néant le fruit de 3 mois de triturage de méninges (oui j'ai quand même beaucoup hésité entre l'éveil musical et le jardin d'enfants).
Maintenant, je pleeeeure la perte de ce jardin d'enfants sublime, et je regarde ce que nous pourrions trouver près de notre futur chez-nous... démarche compliquée par le fait que nous arriverons après le début de l'année scolaire!

Idéalement, j'aimerais qu'il ait deux activités (c'est l'avantage d'un emploi du temps d'IEF: nous en avons, du temps),  
  • sachant que j'ai obtenu une place dans l'éveil à l'allemand dispensé par l'école Montessori qui est proche de chez nous. 
  • Reste donc à choisir la seconde. Il grimpe partout et bien mais je n'ai trouvé aucun club d'escalade accueillant les moins de 6 ans, en revanche des cours de natation sont proposés, et des cours d'éveil aux sports permettant de toucher diverses disciplines. Mais à distance, difficile de laisser trainer mes oreilles pour glaner des retours!
  • Par ailleurs, pour compenser la dimension linguistique de la perte du jardin d'enfants, je suis aussi en train de voir pour récupérer une nounou ou une baby-sitter de langue germanique, et j'ai de bonnes pistes!

En conclusion : une première expérience très enrichissante, qui m'a en même temps confortée dans l'idée qu'un choix attentif de l'activité extrascolaire est primordial pour que cela se passe bien.
Nous sommes bien tombés, espérant que cela se poursuive ainsi...

jeudi 27 juillet 2017

Alphabet mobile en police Danièle Dumont

F. ayant démarré les lettres rugueuses en avril, j'avais à cœur de trouver rapidement un alphabet mobile, afin de l'avoir sous la main dès que ce serait le moment.
Rappelons-le, le but de l'alphabet mobile est de permettre à l'enfant de rentrer dans l'écriture des mots (assemblages des lettres formant les sons du mot) sans être dépendant, pour cela, de sa capacité à les tracer. L'usage d'un alphabet mobile permet ainsi de dissocier deux compétences, l'une phonologique, l'autre graphique.

Cela faisait longtemps que j'avais repéré ceux fabriqués par Au Bois des Lettres. Et puis paf, voilà qu'au moment de finaliser ma commande, je traîne sur Internet et un post Facebook attire mon attention sur le fait que ladite entreprise est en cours de finalisation d'un alphabet mobile reprenant la police d'écriture développée par Danièle Dumont (si je vous parle chinois, vous pouvez aller lire un article très complet ici).
Du coup, je n'ai fait ni une ni deux, j'ai stoppé ma commande et j'ai attendu, telle un vautour sur sa branche, avant de fondre dessus tel un faucon, sitôt les commandes ouvertes.


La première série a eu des problèmes de fabrication si bien que certaines lettres sont arrivées endommagées, mais le service client est très réactif et m'a renvoyé tout ce que je lui ai demandé (ben oui, je n'ai pas repéré toutes les lettres endommagées du premier coup. Et ensuite La Poste a malmené un des envois...)

J'avais un tout petit peu hésité, apeurée par le fait que les alphabets d'Au Bois des Lettres sont vendus non peints. Mes compétences restreintes en travaux manuels ne sont plus à démontrer... je craignais donc un peu qu'une fois passé par mes mains maladroites l'alphabet n'ait plus un aspect si joli.
J'ai vite été rassurée, et en profite pour vous rassurer au passage: le conseil d'avoir recours à des marqueurs Posca est excellent. Ces machins sont magiques,
  • c'est facile, ça sèche en un clin d'œil, 
  • ça ne bave pas, 
  • et on n'a pas non plus à veiller à passer le mème nombre de couchées partout pour un résultat uniforme. Par défaut on n'a besoin que d'une couche, mais si on passe 4 fois quelque part et une fois à côté, ça ne fait aucune différence visible à l'œil nu. 
Vraiment pas la mer à boire!
Un peu plus fastidieux : le coloriage des accents mais surtout des points (i, j, trémas): c'est tout petit et très énervant.
Autre question que je m'étais posée : un unique feutre bleu suffit-il pour toutes les consonnes ? (puisque j'avais choisi de privilégier la variante consonnes en bleu / voyelles en rouge, que je trouve moins agressive visuellement). La réponse est oui.

Cet alphabet mobile a eu beaucoup de succès auprès de F. .
Pour le moment il n'est pas encore passé en mode décomposition des mots / écriture spontanée, mais la manipulation des lettres en bois est venue soutenir leur apprentissage sur les lettres rugueuses, et par ailleurs, l'utilisation sur tapis ligné a favorisé l'apprentissage du bon positionnement, en ligne, de gauche à droite, des lettres.
 
Et personnellement, je trouve qu'il s'agit là d'un matériel vraiment beau, j'ai plaisir à le sortir et suis bien contente de constater que je ne suis pas la seule.

mardi 4 juillet 2017

11 bons côtés de l'IEF

Fin d'année, l'heure des bilans... or ici nous ne terminons pas n'importe quelle année, mais notre première année d'IEF
C'est donc  aussi l'occasion de prendre du recul sur ce qu'instruire en famille comporte en termes d'inconvénients (j'ai critiqué ici et relativisé ), et d'avantages.

Voici donc pour vous les 11 points que j'apprécie particulièrement au terme de cette année, et qui en ont fait une année certes difficile souvent, mais heureuse !

Un mot-clé de l'IEF, pour moi, d'abord, c'est l'adaptation...

1. L'adaptation aux intérêts de l'enfant

C'était une des principales raisons de notre choix d'IEF au départ : pouvoir suivre les périodes sensibles de F., en lui apportant les connaissances qui l'intéressent, au moment où il est le mieux disposé à les intégrer.
Et je l'ai clairement vu à l’œuvre cette année : 
  • surfer sur ce gros intérêt pour les chiffres qui a pris le Bébou à partir de novembre, 
  • attendre en revanche avril avant de présenter les lettres... 
  • idem, nourrir à fond son intérêt pour la géographie quand celui-ci s'est manifesté. 
Je suis bien contente qu'il n'y ait pas eu à "forcer" l'intérêt pour les lettres, le graphisme, ou quoi que ce soit ne l'intéressant pas, au nom d'un programme à respecter. Et c'est bien plus gratifiant de nourrir un intérêt que de tenter de faire rentrer dans la caboche de son enfant des machins dont il n'a cure.


2. L'adaptation au fonctionnement de l'enfant

Choisir quand présenter quoi, mais aussi choisir comment !
J'ai bien aimé pouvoir m'appuyer sur du Montessori autant que je le souhaitais (et/ou dans la mesure de mes moyens et de mes connaissances bien lacunaires), mais pouvoir aussi mixer cela avec tout support susceptible d'intéresser le jeune homme.

Les cahiers Usborne ont ainsi puissamment aidé à l'intégration de la numération par F., mais aussi au développement de sa tenue du crayon à 3 doigts, du fait de l'intérêt du sieur Bébou pour les exercices de repassage de pointillés. 
Cet exercice, certes pas Dumont-politiquement-correct, s'est cependant révélé source d'une grande motivation pour tenir le stylo correctement. 

De la même manière, je me suis permise de surfer sur cet intérêt pour le repassage de lignes dans l'apprentissage des lettres : F. a ainsi à disposition (en dehors de la salle de classe, comme c'est le cas chez nous de tout support "hérétique": je veux bien m'en servir, mais pas que ça vienne empiéter sur le peu de temps passé en salle de classe) des fiches plastifiées sur lesquelles il peut repasser les lettres cursives vues ensemble. Mon but là dedans n'étant pas tant de l'entraîner au tracé des lettres, que de fournir une occasion supplémentaire de lire ces lettres 
"ah tu veux tracer des...?
- Euh... ffffff !"
Les possibilités de faire à sa sauce en IEF: miam !


3. L'adaptation au rythme de l'enfant 
F. a besoin de bouger
Je frémis parfois quand je me dis qu'il pourrait être vissé sur une chaise pendant 6h, et que peut-être, si il avait des difficultés à le faire, il se retrouverait dès maintenant affublé d'une étiquette d'enfant turbulent. Dans notre salle de classe, point de souci pour satisfaire un besoin de mouvement et lui permettre ainsi de regagner en concentration... 
De la même manière : F. est un gros dormeur et a toujours besoin de sa sieste
Quand il la saute, surtout si c'est deux jours de suite, tout le monde en souffre. Je suis bien contente que la "rentrée" prochaine, qu'il aurait faite en MS, ne signe pas de manière arbitraire la fin des siestes.


L'IEF, pour moi, c'est aussi synonyme de temps...


4. Le temps pour éduquer

Un point que j'ai énormément apprécié cette année notamment à partir du moment où j'ai eu fini de travailler et cela combiné avec le début de nos ateliers Faber et Mazlish: l'IEF signifie qu'on a beaucoup de temps pour éduquer son enfant
  • Pas de crise supplémentaire causée par les horaires / la hâte (les chaussettes c'est MAINTENAAAANT!!!)
  • Moins de crises gérées de manière approximative du fait de la pression de ces mêmes horaires: 
    • difficile, de prendre le temps d"écouter les sentiments quand le tic tac de l'horloge nous presse. 
    • tentant, de "céder" / faire soi-même ou quoi que ce soit de pas top niveau éducatif quand enseigner une valeur (en mode Jane Nelsen) à ce moment nécessiterait de précieuses minutes qui manquent cruellement à cet instant
  • Et en général, beaucoup de temps avec les enfants, cela signifie une dose de présence parentale bien utile pour favoriser les bons comportements.
 
5. Le temps pour développer l'autonomie

C'est en lien avec le point précédent, mais à mes yeux cet aspect particulier de l'éducation constitue vraiment un énorme plus de l'IEF. D'ailleurs c'est une considération qui avait pesé à l'époque dans le choix de l'IEF, et qui se vérifie au quotidien. Je craignais que la pression des horaires d'école m'amène à faire beaucoup de choses à la place de F., quand il aurait pu les faire lui-même si il avait disposé de davantage de temps pour cela.
Et en effet : F. a mis du temps à développer une bonne autonomie pour l'habillage, par exemple, et il est clair à mes yeux que si j'avais du l'amener à l'école à une heure précise, j'aurais probablement jeté l'éponge sur la période où le moindre bouton lui prenait 2 minutes, et finir par faire à sa place.
De la même manière, lui faire éponger ce qu'il renverse prend plus de temps que le faire moi-même, de même que le développement de ses compétences ménagères: c'est grâce à la latitude laissée par l'IEF que je me permets de "m'amuser" à l'impliquer dans ma gestion du ménage.


6. Le temps pour jouer

F. passe tellement peu de temps dans la salle de classe ! Et ne consacre pas une minute à se mettre en rang, attendre que les autres se mettent en rang, attendre que trente autres gamins aillent aux WC ou se lavent les mains... 
En 1h, 4 fois par semaine, il expédie la partie la plus scolaire de son quotidien.
Et cela lui laisse tellement de temps pour jouer avec son circuit, glisser sur un toboggan, pédaler sur un vélo...


7. Le temps pour le développement de la relation fraternelle

Oh, tout n'est pas rose sur ce plan-là, certes... (en ce moment surtout [soupir] d'ailleurs je sais avoir promis il y a déjà longtemps d'écrire sur le sujet mais... pour le moment, voyez-vous, je n'écris pas sur le sujet, je me dépatouille, point. Edit: voici enfin le billet sur la relation dans la fratrie!) mais que de moments complices l'IEF permet à F. et E.! Souvent je me dis que si F. était à l'école, E. se sentirait bien seule en journée. Évidemment, une partie de ces moments complices se fait à mes dépens (de quelle inventivité deux petites têtes blondes réunies peuvent faire preuve ! [re-soupir] ), et je pourrais aussi me dire que si F. était à l'école, ce serait plus calme... ;-)
Il n'empêche que l'IEF permet à F. et E. de jouer avant tout tous les deux ensemble, et j'en suis bien contente.

Enfin, last but not least, une dernière catégorie : l'IEF, c'est aussi des petits bonheurs pour la maman en tant que telle

8. L'IEF, c'est du temps et des sorties avec des copines

J'ai eu ce grand bonheur de rencontrer des mamans IEF sur Strasbourg, et que dans le tas, il y en ait deux avec qui rapidement la relation a pu progresser bien au-delà d'une "Zweckbeziehung" (mot allemand pour la relation utilitaire) : oh bien sûr, officiellement, il s'agit de permettre à nos enfants de se rencontrer... et ça tombe bien, ils adorent se voir. 
Mais alors, celles qui adorent se retrouver, aussi, ce sont nous les mamans ! 
  • Un jour de pluie pouvoir textoter "Vaisseau?" et se réjouir ensuite de quelques heures à discuter de sujets passionnants, IEF et non IEF, avec une super copine, pendant que nos enfants s'amusent comme des petits fous... 
  • un jour de canicule, organiser une sortie piscine pour le même résultat...
  • aller cueillir de l’ail des ours ou rendre des bouquins à la bibliothèque ...
Au point d'ailleurs que parfois, nous abandonnons complètement le prétexte IEF et confions les enfants, à leurs pères par exemple, pour se faire un restau entre filles ;-)


9. L'IEF, c'est des sorties à temps et à contre-temps

Plein de temps au parc, des pique-nique quand tout le monde bosse/est assis sur un banc... Je n'ai jamais passé autant de temps dehors et ce sont des moments bien agréables dont je profite à fond (mes jambes sont bien plus bronzées que les années précédentes... Oui voilà, le bronzage, argument pro-IEF ultime)


10. L'IEF, justement, c'est une appréciable souplesse d'organisation au quotidien 

En ces temps de canicule, quel plaisir de ne pas avoir d'horaires de coucher-parce-que-demain-y-a-école, et pouvoir ainsi profiter du parc à la fraîche, jusqu'à 22h... 
Quel plaisir de pouvoir avoir le Vaisseau à nous en semaine, et non avec plusieurs centaines d'autres personnes en weekend et vacances scolaires...

Du reste, cette souplesse d'organisation ne concerne pas que le quotidien: pouvoir organiser des voyages comme nos expéditions dans l'ouest, ou, en ce moment, envisager un déménagement
  • quand nous cherchions sur Strasbourg, il n'y avait pas l'ennui du changement de quartier en cours d'année, rendant les trajets d'école compliqués. 
  • Et à présent que nous déménageons finalement d'un peu plus que quelques rues..., l'absence d'école nous permettra de rester en famille jusqu'à ce que Monsieur Bout puisse quitter son futur-ex job (fin septembre), sans devoir le précéder en région parisienne pour ne pas y rater la rentrée scolaire (et je n'ai pas à courir partout pour dénicher une bonne école)

11. L'IEF, enfin, aussi, c'est une certaine sérénité quant à l'avenir

J'ai réalisé cela récemment, concernant deux inquiétudes possibles
  • dénicher une bonne école, disais-je ?
    • notre déménagement à venir risque de ne pas être le dernier [sooooupir]. Eh bien pouvoir compter sur le recours à l'IEF me permet d'envisager avec zénitude le côté scolaire de la chose :
    • point d'inquiétude à avoir sur la qualité de ce que proposerait notre point de chute sur ce plan-là: je ne suis pas dépendante de la qualité des écoles d'une nouvelle destination.
  • évolution du système scolaire français : je l'ai ressenti durant cette période d'élection. 
    • Mmmh, moui, le nom du Ministère de l’Éducation Nationale, et ses convictions, m'intéressent... mais ne m'angoissent plus ! Je suis préoccupée par sa position vis-à-vis de l'IEF, un éventuel durcissement des contrôles, etc, mais je suis moins angoissée par les réformes et contre-réformes qu'il pourrait sortir de son chapeau, ni n'ai à repenser toute mon organisation parce qu'on fait un pas en avant, un pas en arrière sur la semaine de 4 jours.
    • Je me réjouis de ce qui va dans le bon sens, mais je me sens protégée de ce qui va dans l'autre sens (une protection relative, hein, toutefois, car ce qui affecte l’Éducation Nationale affecte la société toute entière, et donc celle dans laquelle évolueront mes enfants...il n'empêche !), et cela m'évite de m'énerver.


Alors oui, décidément, cette année d'IEF a vraiment été une chouette année, et je suis ravie de rempiler.
Mais j'ai terminé ce billet avec un peu de vague à l'âme: je vais laisser certains de ces points positifs derrière moi d'ici quelques semaines, et... SNIF.




vendredi 2 juin 2017

Point - progression en Mai 2017

Joli mois de mai derrière nous. Passé si vite ! Entre visites (familiales), visites (immobilières), et excursions et piques-niques divers afin de profiter du beau temps.


La Bébounette se développe toujours à grands pas.

Bien entendu, le développement langagier se poursuit, son vocabulaire s'enrichit, sa structure de phrases aussi (l'entendre dire "oh, j'ai trébuché", ou interroger les voisins de pelouse au parc "toi aussi tu mets crème solaire?".... rhooooo), mais peu à peu je crois que nous nous blasons ;-) 
 Nous nous sommes habitués à ce niveau d'expression!

Elle continue à s'autonomiser,
  • a appris à dénouer sa serviette seule,
  • profite de ce que ses sandales pour l'été ont de petits scratchs pour les ôter seule (à temps... et à contre-temps: pas un trajet en voiture aussi court soit-il où je ne me retrouve pas à devoir les lui renfiler, grrrr!)

au niveau motricité fine, la grande nouveauté est sa maîtrise grandissante des boutons pressions: elle a encore du mal avec ceux de notre cadre d'habillage, qui sont assez durs, mais boutonne et déboutonne avec passion les culottes de protection de ses couches (ce qui m'occasionne des fuites...)

Enfin, elle a fêté ses deux ans et notamment reçu sa première poupée. Énorme succès, elle s'entraîne donc à l'habiller et la déshabiller.



Cependant, c'est, ce mois-ci, chez le Bébou que j'ai perçu le plus d'évolutions.

Sur le plan "scolaire",
L'intérêt pour la géographie demeure : 
  • planisphère & puzzle de l'Europe, sont régulièrement à la fête. 
  • De plus en plus de pays européens sont connus, et F. commence à loucher sur les drapeaux. 
  • Par ailleurs, les fois où j'ai déniché des livres de type atlas à la bibliothèque, ceux-ci ont été lus, relus, et rererelus avec un plaisir manifeste.

La découverte des lettres rugueuses se poursuit: 
  • aux a, b, c, e, f, i, m, o, et s du mois dernier sont venues peu à peu s'ajouter : d, g, l, p, r, t et u. Et surtout, parmi ces lettres la plupart sont maintenant bien maîtrisées; seules le d et le b font fréquemment encore un gros bide.
  • F. commence à chercher à repérer les lettres qu'il connaît dans nos lectures, je m'efforce donc, en ce moment, d'avoir toujours un album de Babar à disposition, puisque ceux-ci sont écrits en lettres cursives et passionnent le fils comme ils ont captivé la mère...
  • enfin, il a fait quelques tentatives pour reproduire les tracés.
  • Par ailleurs, sur la toute fin du mois, j'ai profité de l'arrivée tant attendue de notre alphabet mobile pour le présenter au Bébou qui en est absolument ravi! Je reviendrai en parler dans un court billet prochain.

Les chiffres ont toujours la côte, F. compte à longueur de journée (du coup nous entendons aussi E. se raconter des histoires: "dix-huit, dix-neuf, cinq, sept,..."). 
La suite numérique et le dénombrement jusqu'à 20 sont désormais acquis, jusqu'à 30 c'est encore un peu fragile mais ça vient.


Sur un plan moins scolaire, 
le mois de mai a été marqué par de grands progrès vers l'autonomie
  • F. enfile désormais ses chaussures seul, 
  • se sert de l'eau (avec notre énorme carafe pas du tout montessorienne, et plus ou moins de dégâts aquatiques selon les fois), 
  • se douche de plus en plus souvent en autonomie.
Par ailleurs, mai a également beaucoup développé son implication dans le fonctionnement de la maison et notamment ses compétences en matière de rangement des espaces de jeux. Là aussi j'aimerais bien faire un petit billet sur le sujet, histoire que les leçons apprises dans l'aventure puissent éventuellement servir à d'autres.
L'intégration de certaines règles de la vie sociale progresse également : les bonjour et au revoir se font plus fréquents, notamment.


La Gwen est allée à 100 à l'heure tout le mois, elle a lu, parentalité-positivé, visité, calculé, et ... le mois de juin s'annonce dense ...
Avec une particularité toutefois : ayant bien apprécié l'Odyssée dans l'ouest de l'an dernier, je récidive. Nous partons donc demain pour une douzaine de jours. Mon activité bloguesque en sera probablement impactée, même si cette fois, au vu de l'actualité trépidante qui est la nôtre, je pars avec le PC sous le bras ;-) Je tâcherai cependant de venir livrer quelques billets tout de même.
A bientôôôt

(les bagages ne sont pas prêts, bien entendu!)

mardi 30 mai 2017

Routines de fin de première année d'IEF

En début d'année, j'avais travaillé sur nos routines.
Celles-ci ont vécu, évolué en fonction de nos besoins, voici donc le moment de fixer celles qui sont les nôtres depuis maintenant un bout de temps.

Routine quotidienne

7h30 
  • mon réveil sonne : routine du matin (douche + routine Flylady du lever) 
  • Monsieur Bout est déjà en train de petit-déjeuner avec F. dont il a géré l'habillage. 
  • E. est au lit.
 8h
  • je reprends la main concernant F., en lui faisant faire / défaire son lit (selon si draps secs ou pas)
8h15
  • petit-déjeuner avec E., et F. qui termine ce qu'il a entamé avec son père
  • débarrassage, vidage de lave-vaisselle, rangement de la cuisine
  • brossage de dents avec F. .
  • Suite de la routine Flylady : 
    • Swish'nSwipe, notamment, 
    • et gestion de lessive (pliage, rangement de la lessive de la veille, étendage de la lessive du jour) à ce moment et/ou durant la préparation du déjeuner, selon les jours; 
    • voire aussi, moment "ménage".
  • habillage d'E.
Petit jeu: une scène de ménage se cache sur cette image. Saurez-vous la trouver ? ;-)
10h - 11h
  • IEF pendant 1h dans la salle de classe. 
  • E. peut y être avec nous, mais généralement elle est plutôt en train de jouer dans l'appartement.
11h 
  • rangement, 
  • lancement de ce qui s'anticipe dans la préparation du déjeuner, 
  • préparation pour sortir au parc
11h15 - 12h15
  • parc
puis 
  • préparation du déjeuner, déjeuner, rangement, mise à la sieste des enfants
14h - 16h
  • sieste des enfants ; 
  • fin de rangement de la cuisine, éventuelle fin de gestion du linge, 
  • puis Gwen blogue, fait des trucs utiles (style IEF), dort, lit...
à partir de 16h
  • réveils des enfants, rhabilllage, 
  • jeux et sortie au parc ou ballade ou expédition quelconque
autour de 18h45 (c'est très variable)
  • retour au bercail, 
  • bain ou pas, rangement ou pas, 
  • préparation du dîner
19h30 
  • dîner
début du rituel du coucher vers 20h15 - 20h30, si tout va bien on est tranquilles avant 21h, sinon...

Cette routine vaut pour les jours où je ne les fais pas garder : lundi, mercredi, vendredi, sachant que le mercredi après-midi il faut insérer l'activité extra scolaire de F. (de 15h à 16h) qui oblige à avancer un peu la matinée pour une mise à la sieste à 13h30 afin de pouvoir le réveiller peu après 14h30 (le rythme est un peu plus chaud du coup !)

Les mardis et les jeudis, j'ai ma nounou à domicile.
Les horaires ont eux aussi un peu évolué au fil du temps, elle vient à présent
  • le mardi, de 9h30 à 15h : 
    • quand elle arrive elle prend en charge lessive et habillage de la Bébounette et F. et moi filons dans la salle de classe. Cela permet un créneau IEF qui commence plus tôt, et sans aucune diversion par la Bébounette, ce que j'apprécie. 
    • Vers 10h30-11h nous en avons terminé, et je suis libre (soit de rester ranger mon appartement pendant que la nounou emmène les enfants au parc, soit de me diriger vers la piscine); je reviens pendant que les enfants dorment, et j'ai encore une bonne heure de leur sieste pour moi.
  • le jeudi, de 10h à 16h15 : c'est le jour sans IEF, je file directement (ou reste d'abord ranger, et c'est elle qui part au parc), je reviens après leur sortie de sieste. C'est ce jour-là que je récupère mon panier bio, ainsi que mon Drive.

Cela donne donc 4 créneaux IEF par semaine, ce que je préfère au rythme initial (3), dont j'avais ressenti qu'il n'était pas favorable à la prise de bonnes habitudes. Et ce d'autant plus qu'il arrive facilement qu'un créneau puisse sauter si une activité particulière vient s'intercaler. Avoir 4 créneaux IEF prévus m'en assure donc un minimum de 3 effectifs et je me sens plus sûre de moi ainsi.

Les horaires sont souples, nous sommes facilement en retard sur le timing le matin, mais mes enfants supportant très bien de déjeuner un peu plus tard (rythme à 3 repas aidant), je ne m'embête pas outre mesure. A voir en revanche avec l'arrivée des grosses chaleurs, car en ce moment à partir de midi le parc devient un peu plus difficile à supporter !

Comme activités régulières, nous avons, en plus de l'activité extra-scolaire du mercredi, 
  • des promenades vers des parcs plus éloignés, 
  • des sorties au Vaisseau
  • des ateliers chez Alexandra (soit en créneau "IEF" certains matins, soit en fin de journée après la sieste), 
  • la bibliothèque, 
  • et, en ce moment... des visites d'appartements quand je n'ai pas réussi à les caser sur mes moments sans enfants! Quand l'appartement à visiter est vide c'est assez chouette, en fait, les enfants sont aux anges, ils courent partout, testent les escaliers (j'ai ainsi pu éliminer une maison en voyant que F. lui-même avait peur de redescendre des escaliers il est vrai franchement raides. Gênant, quand c'est celui qui mène aux chambres d'enfants) et F. peut tester tous les volets...
Toutes ces activités étant pratiquées, soit seuls, soit avec des familles amies, IEF ou pas.


Routine IEF

Huhuhu, pour mémoire, voici quelles étaient mes ambitions de départ.
Bon, eh bien, la lecture offerte est tombée aux oubliettes depuis longtemps, quant au reste il n'a jamais été vraiment introduit, donc la routine IEF c'est tout simplement : activités Montessori puis rangement de la salle de classe. Un point c'est tout.

A noter, concernant la durée du créneau IEF.
A l'origine, je laissais F. la déterminer : quand il en avait marre, on s'arrêtait. Cela fonctionnait merveilleusement bien les premières semaines, car de lui-même il allongeait de plus en plus la durée des séances, et les séances courtes étaient vraiment très rares.
Puis sont apparues des perturbations (problème de volet dans la salle de classe puis problème de chauffage) qui ont conduit à un abandon momentané du créneau IEF, cela sur plusieurs semaines. 
Quand nous avons repris, la dynamique n'était plus du tout la même, donc au bout de plusieurs séances à interrompre le travail au bout d'à peine 20 minutes, 20 minutes pendant lesquelles il avait de surcroit traîné les pieds à chaque instant, j'ai tranché en disant : c'est une heure dans la salle de classe, point.
Source de gros conflits les premiers jours après son introduction, cette règle a ensuite permis de ramener un cadre dans le travail de F. et d'apaiser les choses, si bien qu'en ce moment nous allons même assez fréquemment au-delà de l'heure prévue (quand il est plongé dans un exercice autour de ses lettres rugueuses).

A noter, un certain nombre d'activités à caractère pédagogique sont stockées et pratiquées en dehors de la salle de classe. 
C'est notamment le cas des travaux "non pédagogiquement corrects" : cahiers Usborne et autres supports contenant des exercices de graphisme avec du repassage de points, tout particulièrement. F. adore cela, j'utilise cet intérêt pour renforcer certains apprentissages, mais je refuse d'y sacrifier du temps de classe. F. s'y adonne donc de lui-même, quand il en a envie.




Ces routines fonctionnent globalement pas mal.
Bien entendu, quand je lis d'autres blogs, j'ai parfois l'impression que les journées de mes enfants sont bien pauvres comparées à celles d'autres enfants IEF.
Mais j'apprends à me calmer. Après tout, F. progresse tranquillement, alors certes il n'en saura ptet pas autant, appris de manière aussi judicieuse, etc, que d'autres, mais zut il a 4 ans, et du temps devant lui, la formule reste tout de même très correcte, et le mieux est l'ennemi du bien, na!



mercredi 24 mai 2017

La pince à 3 doigts: notre chemin laborieux, en 6 points.

La tenue du stylo/crayon à 3 doigts constitue une préoccupation pour de nombreux parents... 
Personnellement, je bavais d'envie sur ceux qui avaient des enfants pour qui "bah.. ça c'est fait tout seul... Nan très tôt, hop, il/elle s'est mis à ..." : cet hiver, F., du haut de ses 3 ans et demie bien tassés, en était encore à 1000 lieues ! 
Malgré des frémissements prometteurs dans cette direction, frémissements qui m'avaient remplie d'enthousiasme et d'espoir mais n'avaient pas connu de lendemain, 99,5% de son temps de gribouillage / coloriage le voyait tenir ses crayons à pleine main.

Aujourd'hui, en revanche, les choses ont bien changé!

Passage en revue des points qui ont contribué à cette évolution chez nous.


1. Proposer moult activités de poinçonnage

Globalement, il s'agit de favoriser les activités qui musclent les doigts
  • usage des pinces à linge, par exemple. J'ai ainsi surfé sur l'intérêt de F. pour les chiffres pour faire d'une pierre deux coups: des cartes à pince (trouvées ici) sont venues à la fois développer ses compétences en dénombrement, et solliciter la musculature de ses petits doigts.
  • Ou encore, le transvasement de haricots à l'aide d'une petite cuiller tenue à trois doigts.

Mais ensuite, pour préparer à une bonne tenue du stylo, le poinçonnage nous a été très utile : en effet, F. était réticent à tout conseil de tenue de stylo venant chambouler ses petites habitudes. En revanche, l'introduction d'un nouvel outil a représenté l'occasion idéale de partir sur de bonnes bases : "un poinçon, ça se tient comme ça". Un point c'est tout...
F. apprécie beaucoup les activités de poinçonnage, et ce même si il ne s'y consacre généralement que durant quelques minutes avant de souhaiter passer à autre chose. C'est une activité qu'il choisit fréquemment, donc l'effet d'entraînement est bien présent dans la durée.
Ce détour par le poinçon lui a donc permis de prendre peu à peu des habitudes différentes, et de se familiariser avec la tenue à trois doigts.


2. M'essayer maladroitement à la méthode Dumont

La méthode développée par Danièle Dumont vise à la prise de bonnes habitudes dès le départ. Je trouve le travail effectué par Danièle Dumont impressionnant de pédagogie et de finesse, mais
  • 1. je n'ai probablement pas encore investi suffisamment (de temps, voire d'argent: acheter le bouquin par exemple) dans son approfondissement : la connaissance que j'en ai ne repose pour le moment que sur des lectures de blogs
  • 2. typiquement, ma nullité profonde niveau comptines et chansons de doigts fait que mes enfants y ont été très peu confrontés. Moralité, mes tentatives d'introduire des comptines visant à faire se toucher la pulpe du majeur et celle du pouce se sont soldées par des flops monumentaux.
  • 3. je n'ai pas investi dans les cahiers d'écriture pour le moment, car l'intérêt de F. pour les cahiers est assez fluctuant (pour le moins), par ailleurs il ne se montre pas toujours prêt à suivre les consignes de ce genre d'exercices. 
Néanmoins, mes recherches de ce côté m'auront au moins permis de visualiser ce qu'est une bonne tenue du crayon... car je ne pouvais pas me prendre moi-même comme modèle : j'ai toujours tenu les miens à 4 doigts (ce que je corrige dorénavant quand je suis en classe avec F.)


3. Éliminer les feutres.

Ce conseil m'avait été donné en premier lieu par une copine actuellement en formation à Institut Libre de Formation des Maîtres (formation pour des instits hors contrat), et m'avait fait réfléchir... mais j'hésitais encore à retirer à F. ses feutres adorés, seuls ustensiles avec lesquels il daignait faire un peu de coloriage.
En rediscuter avec Alexandra m'a permis d'approfondir ma compréhension de la question.
  • les feutres nuisent à une bonne latéralisation : pour ôter le capuchon, l'enfant aura souvent tendance à tenir le feutre de la main gauche afin de tirer sur le capuchon de la main droite, ce qui l'amène facilement à garder le feutre dans la main gauche pour dessiner ensuite. Ce souci-là ne s'est pas vérifié chez F., mais serait apparemment assez répandu.
  • les feutres nuisent à une bonne tenue : quel que soit l'angle avec lequel ils sont tenus, ils tracent. C'est très gratifiant, mais n'incite pas à bien positionner la main. Cela se vérifiait tout à fait chez nous: pas de hasard dans le fait que F. passait son temps avec ses feutres et négligeait tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un crayon, moins prompt à laisser une trace claire et nette.

J'ai pris mon courage à deux mains, mais me suis également fendue d'un petit travail de réflexion au préalable, afin d'être en mesure d'expliquer sereinement à F. le pourquoi de la disparition de ses feutres.
Je les ai rangés devant lui, en expliquant "pour apprendre à écrire, il faut muscler la main, or avec un feutre, la main ne se muscle pas. Quand ta main sera suffisamment musclée et que tu sauras tenir tes stylos et écrire avec, nous ressortirons les feutres." et j'ai rangé tous les feutres hors de portée et de vue. Je n'ai fait exception que pour les feutres effaçables de ses chers cahiers Usborne.

Mais j'ai attendu, pour supprimer lesdits feutres, d'avoir une alternative sexy à proposer, qui m'a permis d'enchaîner sur un "en revanche, regarde, maintenant pour dessiner tu peux aussi utiliser cela."


j'ai pris une palette étendue
4. Introduire les crayons cailloux

La même copine m'avait parlé des crayons cailloux, ces crayons au design étudiés par des ergothérapeutes et conçu pour favoriser la tenue à trois doigts et muscler les doigts concernés.
Les couleurs sont hyper jolies et intenses, ce qui permet d'obtenir un résultat d'une intensité plus proche des feutres, donc plus gratifiant pour un enfant qui ne tire d'un crayon de couleur lambda qu'un trait assez insignifiant à ses yeux. F. les a adoptés avec plaisir, de même que E., du reste.
Pendant que j'y étais, j'ai aussi fait gaffe à ne proposer que des crayons triangulaires : j'ai pris chez Giotto et je m'en félicite, ils supportent admirablement bien les chocs causés par des chutes répétées.


5. Miser sur des activités de graphisme qu'il apprécie

F. ne dessine tout simplement pas (pas le moindre bonhomme à l'horizon), et a longtemps été assez peu intéressé par le coloriage, avec des hauts et des bas toutefois.
Mais même dans les "bas", un coloriage est toujours resté in : celui du planisphère Montessori. Qu'à cela ne tienne, nous avons surfé sur son intérêt pour la géographie, et donc colorié un certain nombre de planisphères. Il en a déjà 4 ou 5 à son actif.

De la même manière, autant il a mis beaucoup de temps à daigner témoigner un minimum d'intérêt à mes cahiers Kumon, autant il s'est passionné pour les cahiers "Je trace, j'efface" d'Usborne, et notamment celui sur les chiffres (je prévois d'ailleurs de vous pondre un billet comparant Kumon et Usborne).
En particulier: il adore repasser des tracés en pointillés. J'ai longuement ruminé le fait que, selon Dumont notamment, ce genre d'activité n'est pas méthodologiquement optimale, mais...il s'en délecte, en réclame, peut y passer un temps fou, et peu à peu, a modifié sa manière de tenir son crayon durant ces exercices.

En revanche, j'ai gardé cette activité de graphisme non-orthodoxe hors de la salle de classe : les cahiers Usborne sont stockés dans la salle à manger, c'est sur la petite table d'enfants qui y est disposée qu'il s'installe pour y travailler, en dehors de l'horaire de classe.


6. Mixer subtilement détente et incitations

Je me suis détendue en me disant qu'il avait le temps,
je me suis détendue en me disant que si repasser sur des pointillés le motivait, eh bien soit.
J'ai imposé que les crayons tenus en salle de classe le soient à 3 doigts, en reprenant plusieurs fois sa tenue.
Mais je me suis détendue en imposant une prise à 3 doigts, point : celle-ci était au départ loin d'être correcte, mais si je faisais mine de la reprendre davantage F. se braquait instantanément et c'était fichu.

Moralité, F. a commencé à tenir son crayon à 3 doigts, dans la salle de classe, en rechignant et en le tenant mal.
Puis il a pris le pli de positionner automatiquement ses doigts pour le tenir à 3 doigts, où qu'il soit (le voir rectifier sa position !!)
Et puis la position s'est peu à peu corrigée d'elle-même.
Le poignet n'est toujours pas très souple, pas forcément posé sur la feuille, et les doigts ne font pas encore tout leur travail de guidage, mais je détecte de plus en plus souvent des petits trucs qui vont dans ce sens.



En conclusion : ce sujet que je trouvais délicat, et qui m'inquiétait un peu, a trouvé sa solution peu à peu, ou est en train de la trouver.
Un peu cahin-caha, pas toujours de manière très orthodoxe, mais cela me semble caractéristique de l'IEF... Et de ce fait, cela contribue à me donner confiance dans nos capacités, à F. et moi, à lui permettre d'acquérir, d'une manière ou d'une autre, les compétences qu'une instruction doit être en mesure de lui transmettre.
Par ailleurs, effet collatéral intéressant : observer son frère positionner avec attention ses crayons entre ses trois doigts a incité E. à faire de même. De ce fait, sa tenue du crayon à elle est déjà souvent proche de l'objectif visé ! (selon la taille du crayon : les crayons trop épais pour ses tout petits doigts sont tenus à 4 doigts). 
Cela aussi vient illustrer un point que je mentionnais dans le passage en revue des inconvénients que je trouve à l'IEF : les efforts investis dans l'apprentissage de l'aîné sont certes importants, mais servent aux suivants ...

vendredi 19 mai 2017

L'IEF, un choix imparfait (en 9 points) - partie 2

Ainsi, durant cette année d'IEF, nous sommes passés par des hauts et des bas, car tout n'est pas rose dans le monde de l'IEF.
Le souci, c'est que globalement, dans la vie, y a pas grand chose qui soit vraiment complètement rose une fois la barbe à papa dévorée et donc hors-jeu.

Ainsi ai-je du creuser davantage les 9 points négatifs qui m'ont embêtée sur cette année d'IEF, et regarder la réalité en face.


1. L'IEF diminue la quantité de contacts avec d'autres enfants ?
OUI mais ... Pour le meilleur ou pour le pire ?

Hum. Certes.
Mais il y a quantité et qualité.
Des discussions avec Alexandra, notamment, qui se référait à son vécu d'institutrice de maternelle, m'ont permis d'avoir une meilleure idée de ce que peuvent être ces contacts dans un groupe de 30 (!) enfants. Et j'ai notamment fait gloups quand elle m'a parlé d'un toboggan pour 3 classes. 
100 enfants à se partager un malheureux toboggan sur un temps très restreint... Des contacts qui peuvent donc être facilement plus emprunts d'une bonne dose de brutalité.

Rien à voir avec le contexte ultra doux du jardin d'enfants, et ses 3 éducateurs pour maximum 24 enfants. Je me borne donc à profiter au maximum de cette dernière possibilité. !

Par ailleurs, la possibilité de contacts avec des enfants d'âges différents comme on les rencontre au parc ou en IEF constitue aussi un plus qui vient encore atténuer le sentiment de perte.


2. L'IEF fait peser une sacrée pression sur le parent IEFeur ?
OUI mais en fait... c'est supportable.


Certes. A moi revient le choix cornélien des outils pédagogiques et tout ce qu'il y a autour.
Mais au moins... je ne m'énerve pas sur des choix de l'école que je trouverais absurdes, voire ne me mets pas de pression à vouloir compenser les insuffisances de l'école.
Par ailleurs, même si cette pression demeure, au fur et à mesure que je négocie certains écueils, surmonte certains obstacles, vois F. progresser et apprendre, je prends confiance en moi... et en lui!
Et enfin, je vois bien que l'investissement paie : si je dois défricher et m'aventurer en terre inconnue pour F., je suis déjà plus sereine pour E., car j'ai l'avantage de peu à peu savoir un peu mieux où je vais.


3. L'IEF implique qu'on conserve le monopole des conflits ?
OUI ... Mais ce n'est peut-être pas plus mal.

En effet ! Mais comme le faisait remarquer Capucine en commentaire du billet n°1, cela évite aussi la concentration des conflits, en mode décharge, sur les moments hors-école.
Ni concentration, ni importation : je n'ai pas à gérer les effets collatéraux d'une gestion des conflits qui ne me plairait pas, de la part de la maîtresse ou de tout autre membre du personnel de l'école.


4. L'IEF empêche d'être porté par le groupe ?
OUI, même si ça se travaille.

Hmpf. C'est indéniable. Même si le groupe peut aussi déconcentrer, et faire prendre de mauvaises habitudes.
Ceci dit, nuançons tout de même :
  • je développe des stratégies "de portage" / mise au travail alternatives (j'ai un billet en gestation là-dessus)
  • je recherche le groupe quand je peux (ateliers Montessori chez Alexandra, notamment), 
  • et surtout je vois bien que les efforts faits pour porter un aîné dans ses apprentissages constituent un investissement utile pour la suite de la fratrie : je n'ai pas les mêmes problèmes avec la Bébounette, qui réclame à corps et à cris de se mettre au boulot !


5. L'IEF est chronophage?
100 fois OUI.
Ah, ça, rien à faire. Oui, l'IEF prend du temps. 
Je peux nuancer en évoquant les temps de trajets, les horaires de classe qui impliquent qu'à peine ses chérubins déposés il faudrait repartir les chercher, mais...
Ceci dit, et c'est là l'essentiel: ce que je fais sur ce temps m'intéresse !


6. L'IEF fait rater un maximum de choses à notre enfant ?
Ben pas franchement.

  • Matériel et compétences : ouaip, ça il faut s'y résoudre. 
On n'est pas bien, là ?
Ceci dit, j'ai aussi d'autres chouettes choses à disposition.  
Ce n'est qu'un exemple parmi taaant d'autres, mais: parlons du Vaisseau. Cette annéed, F. aura eu le temps d'y passer moult longues heures, profitant un maximum d'une infrastructure déserte ou presque (les après-midis de semaine en période scolaire... les dernières classes quittent le navire -huhuhu- au plus tard à 14h30, et ensuite on a comme l'impression bizarre d'avoir privatisé le lieu. Trèèèès désagréable. :D)

  • Perte de temps : hum, justement, l'observation des classes en sortie en Vaisseau m'a permis de relativiser énormément cet aspect : que de temps perdu à gérer la collectivité ! (attendre que tooooout le monde enfile ou ôte son manteau, attendre que tooout le monde aille aux WC, se lave les mains, se mette en rang,...). En 1h d'IEF quotidienne, nous avançons finalement pas mal...

Je m'aperçois ainsi que cette impression de perte de temps ne concerne finalement pas vraiment l'école "standard" : mes complexes sur ce plan proviennent davantage de la comparaison, soit avec des écoles Montessori, soit avec des blogs de mamans IEF. J'ai l'impression de faire moins bien sur tellement d'aspects : point d'activités méga sensorielles chez moi, point de longues heures à jardiner ou remplir un cahier d'observation de la nature. Bref... face à la richesse de ce que la toile me met sous le nez à travers 1000 vies en IEF, me résigner à ce qui rentre dans notre unique vie en IEF à nous.



7. L'IEF est très nuisible au maintien d'une activité professionnelle?
Incontestablement oui. 

Ceci dit nos réflexions financières et immobilières me poussent à me montrer inventive et à trouver d'autres voies pour maintenir tout de même un semblant d'activité, et un petit revenu.
Cela me semble néanmoins plus ardu à mettre en œuvre que ce que j'avais anticipé quand j'y avais réfléchi avant de me lancer.


8. L'IEF a un coût?
Tout aussi incontestablement OUI.

Bien sûr, l'IEF évite aussi des dépenses (l'école est gratuite, ses périphériques en revanche...), mais je crains que les dépenses évitées ne suffisent pas à compenser les coûts additionnels !


9. L'IEF nous prive de l'allemand sans peine?
Ne nous emballons pas !

Une discussion avec une bonne copine au degré de germanité familiale proche du nôtre (voire même légèrement supérieur) m'a permis de bien relativiser l'apport d'une classe bilingue : de ce qu'elle m'en a dit,  cela entraîne un peu l'oreille, mais guère davantage. Ses enfants persistent à s'exprimer en français, y compris dans le cadre privé, et ne sont pas capables de soutenir une conversation avec la partie germanisante de la famille.


Moralité, nous repartons bel et bien sur une année d'IEF ;-)
Ce n'est pas tout rose, certes, mais hélas c'est le cas de tout choix. 
Au stade où nous sommes, j'arrive bien mieux à m’accommoder des inconvénients de l'IEF que de ceux du non-IEF !

En revanche, si une chouette école alternative avec un projet très emprunt de bienveillance s'ouvrait tout près de chez nous, là, je regarderais de très près...

En l'absence d'un projet mûr et me convenant, je vais me contenter de continuer à travailler dur pour développer encore davantage mes stratégies de compensation
Et surtout, je vais continuer à apprécier les bons côtés de l'IEF...  dont je viendrai vous parler bientôt!