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jeudi 14 novembre 2019

2 chouettes petits jeux de société à découvrir (et jouables en langue étrangère) !

Je profite de l'approche de Noël pour venir enfin vous pondre un petit article et faire coup double : vous inspirer pour Noël, et aborder un sujet cher à mon cœur : l'imprégnation linguistique de nos enfants, ou les stratégies les plus fourbes pour distiller savamment une langue étrangère dans leur quotidien.
Je précise que, si chez nous c'est de l'allemand qu'il s'agit, l'intégralité de l'article d'aujourd'hui s'applique pareillement à toute autre langue :
  • la logique d'imprégnation
  • les petits jeux en eux-mêmes peuvent être joués en n'importe quelle langue de notre choix puisqu'ils n'impliquent pas d'écrit. A l'adulte d'amorcer les choses en commençant à jouer dans la langue qu'il veut.

1. La logique, d'abord.

Comme depuis toujours chez nous, il s'agit de favoriser l'assimilation de la langue par le fait d'en caser des bribes le plus souvent possible. Tout est bon pour cela :
  • moments répétitifs de la vie quotidienne : les phrases simples de l'habillage, du petit-déjeuner..., sont très vite comprises, si elles sont utilisées très régulièrement, 
  • lecture d'albums simples (= d'un niveau de complexité inférieur à celui correspondant normalement à l'âge des enfants) : je vous ai notamment parlé de celui-là, et de ceux-ci
  • lecture d'imagiers : retournez donc voir cette pépite Usborne !
  • écoute de CDs
  • chez nous la Lunii est entrée également dans cette optique : nous l'avons achetée exprès, en version allemand, et il n'y a qu'un jeu d'histoires en allemand dedans, point. Ecouter ces histoires en boucle contribue également à la dynamique.
  • visionnage de courtes vidéos en allemand (le seul usage des écrans qui soit fait chez nous); la longueur et complexité (linguistique et/ou narrative) de ces petits films pouvant progresser avec l'âge et le niveau linguistique des enfants : des mini séquences de 3-4 minutes de nos débuts nous allons maintenant jusqu'à des épisodes de 25 minutes.

Un point commun à tous ces moyens : la répétitivité de phrases simples. On relit / entend / visionne souvent les mêmes histoires, on répète souvent les mêmes phrases.
C'est cela qui permet aux mots et, plus important, aux structures des phrases de s'ancrer peu à peu dans le cerveau : car si le vocabulaire est important, la possibilité d'articuler les mots entre eux est la condition pour se mettre véritablement à parler et comprendre une langue, et l'utilisation systématique de phrases très simples constitue un excellent moyen d'intégrer la manière dont une langue gère cette articulation. 
Une approche que j'avais découverte avec la pédagogie Charlotte Mason et la méthode d'apprentissage des langues associée : la méthode Gouin, et dont je ne cesse de constater le bien-fondé et l'efficacité (excellent article à lire sur le sujet sur ce blog-là)
Il s'agit en fait, par le biais de phrases du type sujet + verbe + complément, de répéter celles-ci avec de menues variations : le même verbe sera vu accompagné d'un complément puis d'un autre puis encore d'un autre. Ou alors c'est le verbe qui variera mais rien d'autre. Ou encore uniquement le sujet. On pourra enrichir le complément d'un adjectif, qui variera aussi.


Or c'est cette même logique qu'on peut poursuivre en jouant à certains jeux de société avec son enfant. Il s'agit bien, comme vous l'aurez compris, non pas de jeux conçus pour apprendre une langue, mais de jeux "normaux" qu'on jouera "en allemand", tout simplement.
Les moments de jeux peuvent en effet être également l'occasion, en mode "bénéfice collatéral" (le but premier reste bien de prendre plaisir, hein !), de répéter encore cette langue, d'autant qu'ils incitent également les enfants à manier la langue, et non seulement à l'entendre et la comprendre.

Nous avions donc très tôt pris l'habitude de jouer ainsi au très célèbre Verger de Haba : occasion rêvée 
  • d'introduire des mots simples, en nommant les couleurs et les fruits associés,
  • d'utiliser quelques petites phrases telles que "du bist dran / ich bin dran / wer ist dran" (c'est ton tour : et hop, le verbe être conjugué à 3 formes différentes), "ooooh der Rabe kommt !" (oh le corbeau arrive ) ou "wo ist der Würfel ?" (où est le dé) et toutes variantes autour de ce fichu dé ("oh nein, der Würfel ist gefallen / verschwunden / …" : oh non le dé est tombé, a disparu, etc).

Le Verger s'y prête donc très bien, et je profite de l'occasion pour vous présenter 2 petits jeux très chouettes dans l'absolu (donc intéressants sans l'aspect linguistique aussi), mais qui, en plus, se prêtent merveilleusement à un détournement linguistique si on le souhaite. 


2. Deux chouettes petits jeux découverts chez Ravensburger.


 Tempo, kleine Fische (vite, petits poissons)


  • Une variante de la Course aux Escargots : un dé avec des couleurs permet de faire avancer l'animal de même couleur (NB : biiiien évidemment, ladite course aux escargots aussi peut se jouer en n'importe quelle langue ...)
  • mais avec plusieurs "twists" intéressants : 
    • le plateau de jeu qui évolue physiquement au fur et à mesure de la partie (puisque la distance entre le bateau des pêcheurs et les poissons tend à se resserrer), 
    • et le fait que justement, au lieu de simplement faire la course entre eux, hop, les poissons se retrouvent en plus avec le risque de se faire manger. Du coup le jeu s'enrichit d'une dimension coopérative : le but est que le maximum de poissons arrivent dans la mer sans s'être faits rattraper par les pêcheurs.
    • boîte peu encombrante, plateau petit, mignon, et à construire à chaque fois (gros succès !), petits personnages en bois...


pour l'aspect linguistique, 
  • on utilisera toutes les phrases autour du dé, des couleurs, 
  • on comptera le nombre de poissons qu'il reste, ainsi que le nombre de segments de fleuve qui les séparent encore de la haute mer ou des pêcheurs, 
  • on s'exclamera volontiers qu'on a peur des pêcheurs "ich habe Angst !", et on dira "beeilt euch, kleine Fische!" (dépêchez vous, petits poissons)



Kuh and co (Vache et compagnie)

  • des images avec de 3 à 5 animaux dessus, qui peuvent être de type différents ou identiques
  • 5 dés avec sur chaque face à un des 6 types d'animaux possibles
  • on tire les dés et on a trois coups pour réussir à avoir les dés correspondants à notre image; sinon c'est au voisin de tenter sa chance.
  • Très vite accessible à un enfant, et très marrant pour l'adulte en fait (d'autant que les images sont mignonnes mais aussi souvent pleines d'humour), j'avoue que j'y joue très volontiers
  • peu encombrant également, facile à emporter partout !

sur le plan linguistique, on a 
  • le vocabulaire des 6 animaux, au singulier comme au pluriel, 
  • les chiffres jusqu'à 5, 
  • et un ensemble de phrases autour : "gibst du mir eine Karte bitte ?" "ich sehe 2 Kühe und ein Huhn", "ich brauche noch 2 Schafe" "Oh nein, mir fehlt noch ein Schwein" "ich möchte eine Katze !"(donne-moi une carte s'il te plaît … je vois … j'ai besoin de … oh non il me manque encore…. je voudrais ...); 
  • on peut également décrire "en passant" ce qu'on voit plus largement sur la carte : le chat court après le mouton, la vache saute, le cochon est assis à côté de…, sous… sur… Ces petites cartes titillent le sens de l'observation de tout le monde et permettent donc de complexifier peu à peu les échanges à leur sujet !

Cerise sur le gâteau pour terminer (parce que si on met la cerise au début, ça fait tout foirer) 

Cette manière de jouer et d'interagir avec son enfant n'exige pas de l'adulte un niveau interstellaire dans la langue qu'il veut transmettre. Un niveau de base suffit tout à fait, augmenté d'un peu de préparation si besoin (si on ne sait plus trop comment dire "vache" on va regarder rapidos sur un dictionnaire en ligne avant), et permet de faire cela très facilement… voire de s'améliorer aussi au passage, en même temps que nos enfants, par la répétition. 
Voici donc un exercice 
  • valable pour la majorité des familles désireuses d'insuffler siouxement une langue supplémentaire dans le quotidien de leurs enfants
  • et que je conseillerais vivement aux familles sur le point de s'expatrier, et dont notamment un conjoint ne maîtriserait pas trop la langue du pays de destination ! Il s'agit alors d'une excellente manière de se préparer en famille.

Je suis aussi open à des suggestions de cet ordre ! Pour nous aussi, Noël arrive… (ça c'est du scoop ^^)

mercredi 21 août 2019

Anniversaire F. : que d'adrénaline...

Mieux vaut tard que jamais : il est venu le moment de vous raconter l'anniversaire de F.
Sous 2 aspects :
Bon, d'abord : la fête.

Elément de contexte 1 : elle avait lieu la veille de mon décollage pour l'Asie. Timing parfait facilitant encore davantage l'organisation, dans une atmosphère de calme et de détente absolus.
Elément de contexte 2 : l'an dernier, notre première expérience d' "anniversaire avec invitation de petits copains" nous avait permis une conclusion. Un anniversaire d'enfants, c'est beaucoup mieux si on a en stock une grosse, grosse liste d'activités à proposer, car une demi-douzaine d'enfants, ça ne s'occupe pas tout seul… ou alors, d'une manière pas forcément souhaitée. Ouais, j'enfonce les portes ouvertes, sûrement, mais, bon, hein, à moi en tous cas il m'avait fallu me confronter à la réalité pour vraiment comprendre la dose d'anticipation nécessaire pour que chaque enfant passe un bel après-midi.
Elément de contexte 1 et 2 se télescopaient donc parfaitement…

Il n'empêche que je suis très très heureuse d'annoncer que cette fête était incroyablement bien organisée, timée, rythmée.



Grâce à 3 ressources
Il donnait toute une liste de petits jeux à faire : j'ai lu les premières pages, et me suis noté les idées qui m'inspiraient (et qui étaient faciles à mettre en œuvre). 
Moi qui au départ n'avais que 2 idées "à moi", je me suis retrouvée avec toute une liste bien pleine et bien moche, à partir de laquelle 
    • j'ai rapidement rassemblé les quelques ustensiles nécessaires aux petits jeux repérés, 
    • j'ai dessiné un âne sur le recto d'un A3 m'ayant servi à travailler le déroulé pédagogique de mon module de formation asiatique (réutilisation bonjour) et je l'ai plastifié, 
    • puis je me suis penchée sur cette liste et ai affublé d'un symbole les activités que j'estimais mieux adaptées à la période pré-gâteau / chasse au trésor, et un symbole différent à celles mieux adaptées à la deuxième partie. 
    • Et tout au long de l'après-midi, cette feuille, pliée en 4 dans ma poche, m'a servi d'antisèche à chaque fois qu'une activité touchait à son terme.







  • 2. Le soutien très apprécié de notre mamie-au-pair, G4, qui a l 'époque était avec nous depuis 1 mois. 
En effet, quelques jours avant, j'avais réalisé que Monsieur Bout avait un truc de prévu, pas amovible, sur ce fichu samedi après-midi. A l'idée de gérer cet anniversaire entièrement seule, j'ai failli en faire une syncope. 
Puis j'ai eu l'idée de solliciter notre G4 et j'en ai été ravie : je gérais l'animation, et elle, elle faisait tout le reste, de sa propre initiative ou sur de subtils signes de ma part (approvisionnements divers et variés en mets divers et variés, rassemblement des enfants pour une photo, consoler les victimes de drames, et même faire chanter tout le monde aux moments où je consultais mon antisèche d'un air perplexe). 
Bref, un duo de choc, sans lequel c'est en civière qu'on m'aurait amenée à l'aéroport le lendemain (cf petit point annexe que je mentionnerai plus bas dans ce billet)


  • 3. Une sacrée dose d'improvisation. 
Dès le départ, j'avais noté "chasse au trésor" sur ma petite liste d'idées. 
Et rappelons-le, j'avais bien réalisé qu'un anniversaire d'enfants, ça s'anticipe, ça se prépare. Oui mais l'Asie tout ça…
A 20 minutes de l'arrivée des petits invités, les trois mots "chasse au trésor" étaient toujours tout ce que j'avais pour la constituer. Un peu maigre !

Il n'empêche qu'à l'arrivée, les enfants ont eu droit à une super chasse au trésor du feu de Dieu, durant laquelle ils se sont donnés à fond, et qui est ce dont ils ont visiblement le plus parlé à leurs parents après. Par quel miracle ?! Ecoutez donc cette époustouflante histoire.

    • Etape 1 : H -20 minutes. Qui dit chasse au trésor dit trésor. Sur les deux sachets de friandises royalement accordés au Bébou pour égayer sa fête d'anniversaire, je prélève des sucettes et les place dans… je sais plus quoi. Je crois que j'ai déniché un machin ressemblant vaguement à un coffre. Acheté chez Action je crois…et vidé en 6-4-2 de ce qu'il contenait. = Trésor ultime : trouvé
    • Etape 2 : H-15 minutes. Je sais que 
      • a. Mon coffre susmentionné serait très difficile à cacher et pas très intéressant et puis que 
      • b. une bonne chasse au trésor propose une succession de plusieurs trucs tangibles à trouver histoire de 
        • 1. éviter de tourner court au bout de 1 minute parce qu'un enfant sera tombé par hasard sur la cachette extra qu'on avait trouvée 
        • 2. relancer sans cesse l'intérêt / éviter de lasser si au contraire on ne trouve rien pendant longtemps. 
      • Je fonce dans la salle de classe, où est entreposé tout le bazar matériel servant à la manipulation, mon œil scanne le bric à brac autour de moi mon environnement et EUREKA. Il se pose sur ma collection de bouchons de compotes Good Goût. Du jeune temps des Bébous (Snif. Tempus fugit. Et toussa) leurs compotes étaient mon alternative "goutue et saine" (et très chère mais pour cela il y a vente privée) aux compotes faites maison les jours de folie. Et à des fins d'IEF j'ai gardé une grosse quantité de leurs bouchons absolument sublimes. Avec, les Bébous ont fait du dénombrement, du tri par couleur, de l'enfilage sur de gros cordons, des mises en paires, ils ont dit "bbbb" en le posant sur la lettre rugueuse associée, et "zut" en tentant de les attraper avec une grosse pince dans des exercices de motricité fine… Bref, une affaire. 
      • Eh bien sur ma réserve de bouchons, j'en prélève 7 de 7 couleurs différentes, et je redescends comme une furie
    • Etape 3: H-10 minutes. J'erre (mais à vitesse grand V) dans nos 100 m² de jardin et y cache mes 7 bouchons en notant soigneusement l'emplacement retenu sur ma fameuse antisèche (point caaaapitaaaaal ! Sous l'effet du stress j'aurais sûrement oublié les 3/4 des cachettes sinon) 
    • Etape 4 : je fais d'autres trucs urgents et pouf H-0 : les invités débarquent ! La partie "trésor" est cochée, la partie "chasse", en revanche, est toujours inexistante. Toooout vaaaa bieeeeen.
    • Etape 5 : après quelques petits jeux d'introduction visant à attendre l'arrivée des retardataires, tous les enfants sont réunis par G4 sur la grande couverture de pique nique que j'ai étendue sur l'herbe. Je suis assise près d'eux. 6 paires d'yeux (fête = 1 enfant par année d'âge, F. compris; mais en fait 7, car E. était aussi de la partie. On s'en fout. L'important c'est que vous sentiez la pression) dévorant de curiosité me scrutent, galvanisées à l'idée de se mettre bientôt en quête d'un trésor (en fait, 8 paires d'yeux. Je crois que G4 était aussi assez curieuse de voir comment j'allais m'en tirer).
    • Etape 6 : j'inspire un grand coup puis… j'ouvre la bouche et j'invente en live. Un roi, une sale sorcière qui lui a piqué sa couronne, il a cherché partout, on a fini par retrouver la couronne mais les 7 pierres précieuses qui l'ornaient ont disparu. Du coup des chevaliers ont juré de les chercher partout. Devinez qui c'est les chevaliers ? C'est Bibi. Enfin Bibis numéros 1 à 7. Les Bibis Preux Chevaliers délirent d'enthousiasme. Les pierres précieuses n'ont qu'à bien se tenir ! Je les rappelle de justesse avant qu'ils ne se mettent à labourer mon jardin.
    • Etape 7 : Je commence par en rajouter des tonnes sur la difficulté de l'aventure, leur courage, la méchanceté de la sorcière, la beauté des pierres, etc pendant que mon cerveau mouline. Je leur dis qu'il faut commencer par je ne sais plus quelle couleur, j'en profite pour mentionner le nom de la pierre de cette couleur (so IEF, so coschooling), et… j'invente une épreuve associée. Les enfants se ruent sur l'épreuve, en sortent victorieux, en récompense de quoi je leur donne un indice, ils cherchent, et zou, une pierre de trouvée.
    • Etapes 8 et suiv : Opération réitérée 6 fois supplémentaires. Avec à chaque fois moulinage de cerveau en parallèle de la narration de l'histoire, et invention d'une épreuve ET du lien avec l'histoire en question. Par exemple, il leur faudra  traverser le précipice (très haut, très large, très dangereux, que nul n'a pu franchir, etc...) qui les sépare de la cachette d'une des pierres et pour cela…. (*moulinemoulinemouline* ) s'allonger tous par terre, les pieds de l'un touchant la tête de l'autre, pour faire une grande corde humaine d'un bout à l'autre du jardin.

Vous pensez que je vais vous fournir votre prochaine chasse au trésor en kit, là, maintenant, avec tout le kit narratif associé ?
Hein ?
Vous trépignez à l'idée de pouvoir reproduire un tel succès sous les yeux épatés de votre progéniture ?

J'en aurais été ravie.
A un toooout petit détail près.
Ces épreuves sortent tellement au dernier moment de mon cerveau en surchauffe que… elles n'y restent pas !
Eh oui, mea culpa, mea maxima culpa: je ne me souviens pas des autres épreuves inventées dans le feu de l'action.
Je sais qu'ils ont combattu un dragon mais je ne sais plus de quelle manière.
Je me demande si à un moment ils n'ont pas du faire un truc dans le genre du roi du silence pour passer devant sans le réveiller... Ah, et ils ont du faire une pyramide humaine pour atteindre une pierre située en haut d'une montagne, aussi.


Dans tous les cas : je l'avoue, hein, on peut critiquer le système français comme on veut. Il n'empêche que, ce jour-là,j'ai expérimenté à quel point mes études m'avaient bien préparée aux défis de ma vie future. L'improvisation, en live, d'exposés non faits devant une classe pleine (dont la moitié morte de rire car sachant que 
  • 1. les notes que je tiens entre mes mains ne sont pas de moi 
  • 2. je ne les ai même jamais lues 
  • 3. le voisin de banc qui me les a filées y a inclus beaucoup de références tellement personnelles qu'elles sont inutilisables sous peine de me faire repérer illico, ce que je réalise aussi en live), 
m'a en fait dotée de toutes les compétences dont j'ai eu besoin pour, ni vu ni connu, tenir une bonne demi-heure (au moins) de chasse au trésor improvisée. Que demander de plus ?
2 mois après cette prouesse, je m'applaudis toujours moi-même quand j'y pense. Joignez vous à moi !

Ch'tit bémol : la première partie de la fête s'est donc subliment bien passée. 
La 2ème, beaucoup moins. J'avais effectivement commis une erreur de taille dans le casting : inviter le meilleur copain d'école de F.. 
Ben quoi, me direz-vous ? 
Eh bien… j'avais déjà repéré que ce petit copain avait un comportement très agité, et j'avais souvent ouï dire que les 2 ensemble se montaient régulièrement le bourrichon au point de perturber la classe, mais je ne m'imaginais pas ne pas inviter ce petit garçon, quand même ! 
Comme quoi, chasse au trésor improvisée ou pas, je manque sérieusement d'imagination, parfois.

Bon, eh bien, j'ai compris une fois le petit camarade sorti du "cadre" bienfaisant de la chasse au trésor. 
Je n'ai cessé d'avoir à le recadrer, et à recadrer mon fils qui faisait n'importe quoi (y compris des trucs inédits), se calmait à mon intervention, mais repartait aussi sec à peine "récupéré". Ils partaient dans tous les sens et F. était totalement subjugué, ne jouant avec aucun de ses autres camarades présents. C'était impressionnant… et navrant
Bref, 
  • le reste de l'assemblée a bien profité de la 2ème partie, 
  • après coup, F. était aussi content, 
  • mais dans l'instant, moi, j'étais surtout très très frustrée de voir mon fils passer à côté de ce que j'avais préparé pour lui, et de devoir être sans cesse sur son dos en cette journée… et j'ai fini éreintée, juste à cause de cela, car sinon, vraiment, tout se passait merveilleusement bien.
Bilan : une fête magique d'un certain côté, mais parfois l'alchimie peut se révéler malheureuse. Ouin ouin ouin.



Parlons du cadeau, maintenant.

Toutes les idées récupérées grâce aux réactions sur le blog et sur sa page FB m'avaient réjouie ! Je comptais bien y trouver ZE machin me dispensant d'offrir une panoplie complète d'outils à mon fils. J'en avais même profité pour faire bénéficier F. d'un tuyau extra d'une valeureuse lectrice, concernant un atelier de bricolage de 2h tout près de chez nous. Je reviendrai vous en parler une autre fois mais c'était le pied.



J'ai donc longuement réfléchi, cliqué sur les liens gentiment fournis, comparé les différentes possiblités, etc. Et puis, une semaine avant la date fatidique (oui oui,rien n'était encore commandé, eh oh, on se rappelle que j'avais l'Asie à préparer, aussi ?!), le weekend a tout changé
  • samedi matin, pendant que nous tentions de grassmatiner, F.  s'est occupé très paisiblement. Il a démonté le dispositif de la porte-fenêtre de notre salle à manger, permettant d'ouvrir un battant mais de bloquer l'autre, et l'a remonté sur la fenêtre de sa chambre
  • dimanche, il a démonté la poignée de la porte de sa chambre. Courant d'air. Porte qui claque. F. enfermé. C'est MOI qui ai du empoigner un tournevis (un comble !) et démonter la poignée de la porte de sa sœur pour la remonter chez lui et pouvoir le libérer (et ensuite, hein, on remonte tout chez tout le monde).

J'ai craqué.
J'ai subitement admis que, l'IEF prenant fin chez nous pour le moment, au fond, on pourrait imaginer aménager un coin bricolage dans notre salle de classe qui va perdre un peu de son utilité.
J'ai regardé des références de boîtes à outils pour enfants avant de réaliser qu'il valait en fait tout simplement mieux investir dans de vrais outils, de dimensions les plus réduites possibles.
F. a reçu un bon correspondant (et Monsieur Bout a ensuite complété par un espèce d'établi réglable).
Puis après mon retour d'Asie, je suis allée avec lui chez Leroy Merlin choisir le matos.
Je ne sais pas combien de temps nous y avons passé car une fois le matos choisi, je me suis assise et j'ai lu un bouquin pendant que F. scrutait chaque rayon du magasin.
Par exemple, ça c'est F. au rayon salles de bains…








mardi 16 juillet 2019

7 supports solides et efficaces pour apprendre à lire

Dans la vie des enfants et de leurs parents, il y a certains seuils qui nous marquent particulièrement.
Ce sont des seuils pour les enfants, mais aussi et surtout pour les parents : dans le sens que, comme me l'avait dit une bonne copine lorsque F. franchissait le deuxième :

"Quand ils passent cette étape, whouhou, c'est la fête, t'as vraiment l'impression d'un bond en avant, qu'un truc est FAIT, ouf."

Parmi ces acquisitions qui se font à un âge variable et avec plus ou moins de facilités et d'angoisses, je vois
  • le sommeil : le bébé qui fait ses nuiiiiiiits. Bon, là, ça allait, j'ai plutôt été vernie
  • la propreté
et
  • la lecture.

Il y a un avant,
il y a un après,
et au milieu, il y a un chemin.

Qu'on ait scolarisé son enfant ou qu'on l'instruise soi-même, on suit toujours un peu de près l'apprentissage de la lecture. Il porte tellement à conséquences ! Savoir lire, savoir bien lire, aimer lire… cela conditionne tant de choses.

Ici, je me retrouve avec 2 enfants en plein milieu, en simultané, puisque ça a été le gros sujet pour F. (6 ans depuis peu) ainsi que pour E. (4 ans depuis peu aussi), depuis un bout de temps, certes, mais aussi de manière très intense depuis ce printemps.
  • depuis un bout de temps, puisque c'est un apprentissage qui se prépare bien avant de fourrer une lettre sous le nez de son bambin : langage, repérage dans l'espace, phonologie,...
  • puis on arrive à l'étape où on va introduire les lettres
  • et ensuite à l'étape de la combinatoire : quand l'enfant comprend que "mmmm" + "a" ça fait "ma"... GRAAAAND MOMENT !!! Et la lecture / composition des premiers mots phonétiques constitue le premier pas vers la lecture proprement dite.
Comme ce sujet suscite toujours beaucoup d'interrogations sur les meilleures manières d'accompagner cet apprentissage afin qu'il soit solide et donne à l'enfant les bases dont il aura besoin pour la suite de sa vie de lecteur, je prends aujourd'hui le temps d'un retour structuré sur les supports que j'ai pu tester avec mes deux enfants, et dont j'ai pu apprécier leur capacité, justement, à supporter efficacement cet apprentissage.

Deux précisions
  • je me limite volontairement aux activités vraiment spécifiques à la lecture. Pour toutes les activités dites "préparatoires", il en existe d'innombrables, et vous trouverez de l'inspiration ici
  • De la même manière, même si tout ce qui touche à la lecture a forcément des incidences, de près ou de loin, sur l'écriture, là je centre mon billet sur la lecture, et non l'écriture. Mais j'avais recensé, ici, les activités utilisées pour favoriser une bonne tenue du crayon.
Donc, à quoi peut on avoir recours une fois que l'enfant manifeste un intérêt pour ces espères de hiéroglyphes qu'on trouve partout et qu'on nomme des lettres ?
(dans l'ordre chronologique où cela a été utilisé chez nous)







1. Les lettres rugueuses


Ce support Montessori est extrêmement efficace pour permettre à l'enfant de relier le son à la lettre. J'avais détaillé les avantages du coffret choisi : le coffret Montessori des lettres rugueuses de Balthazar, dans un billet spécifique et, vraiment, après plus de 2 ans d'utilisation avec 2 enfants aux profils différents, je suis toujours ravie de mon choix et je n'imaginerais pas introduire autrement les lettres.
Les lettres rugueuses permettent de cumuler ouïe, toucher, tracé, visuel dans l'apprentissage, et les petites cartes associées offrent mille possibilités de répéter et répéter l'apprentissage par une multitude d'activités, sans lassitude. (et le tout se combine aussi très bien avec les objets du quotidien, des duplos, des playmobils, etc)


Elle se sont trouvées très adaptées aussi bien aux besoins de mon fils à 3-4 ans, qu'à ceux de ma fille à même pas 3 ans. (et des activités de ce genre ont été testées par ma belle-sœur en soutien scolaire d'une demoiselle allophone de 8 ans).
Je renforcerais encore l'importance de les choisir suffisamment épaisses et suffisamment grandes, ce que ne respectent pas tous les coffrets vendus dans le commerce. Donc : vigilance !


2. L'alphabet mobile

Ce jeu de lettres, chaque lettre étant individuelle, de grande taille, a constitué la 2ème étape dans l'apprentissage en pavant le chemin vers la combinatoire. L'enfant peut apprendre à composer des mots sans être bloqué par sa capacité (ou non) à former les lettres.
Nous avions acheté le nôtre, en bois, sur Au Bois Des Lettres, et c'est un très bel objet que mes enfants ont eu plaisir à manipuler. Il n'est pas gratuit… Même si je n'ai pas regretté une seconde cet investissement, je tiens à souligner qu'il n'est pas indispensable de tuer son banquier :  l'alphabet mobile gagne en sexytude sur un support bois, mais remplit son office aussi sur un support plastique / papier plastifié. 



3. La série rose Montessori

A utiliser en lien avec l'alphabet mobile : ces séries de petites images et de petits mots phonétiques à la difficulté croissante permettent à l'enfant de progresser peu à peu en combinatoire. Il va composer "sac" "lac" "vis"... puis plus tard "parasol" "lavabo" etc. On trouve images et petits mots sur internet.
Je précise qu'après cette série rose il existe des séries bleues et vertes, plus complexes, mais … je n'y ai jamais touché, nous avons fait autrement.


4. La méthode Boscher


En soutien de l'acquisition de la combinatoire, j'ai utilisé le très vieux manuel de la méthode Boscher, un pilier de la méthode syllabique. 
Son côté ultra systématique a en effet été très utile pour aider F. à ancrer les apprentissages. Pendant un temps, nous en faisions un peu chaque soir et cela a vraiment été très utile, permettant de varier avec ce qu'il faisait en salle de classe (que ce soit en école à la maison l'an dernier, ou à l'école Montessori cette année).

J'ai apprécié
  • la double lecture en cursif et script, permettant à un enfant de l'âge de F. de répéter les choses (et donc, d'ancrer), 
  • la  douceur des dessins.
  •  Le fait qu'il y avait des maths en bas de chaque page convenait également bien pour lui qui a toujours adoré ça, il adorait arriver à ce bas de page.
En bémol :
  • les mots présentés sont parfois vraiment périmés : "capeline"... On peut souhaiter des mots qui "parlent" plus aux enfants. 
  • Idem concernant les phrases : il y a du vieux jeu, avec papa qui tape toto ...

Ce manuel, si il a plutôt bien convenu à F. pendant un bon bout de temps, a très peu servi à E., beaucoup plus rapide, et qui a très vite dépassé ce stade. Elle était déjà tellement axée sur le sens de ce qu'elle lisait que la lecture de deux lignes de syllabes avant d'en arriver à de vrais mots l'a intéressée pendant une semaine à peine avant de la frustrer plus qu'autre chose… et très vite, la lecture de simples mots sans lien entre eux à eu le même effet : j'ai jeté l'éponge quand j'ai réalisé qu'elle cherchait à lier chacun de ces mots entre eux pour que "ça veuille dire quelque chose". Elle ne vivait que pour la toute petite phrase entière qui terminait la leçon !



Ce qui m'a amenée à basculer, pour les deux, sur le support numéro 6.

Mais avant d'en arriver là, nous avions commenté à utiliser, en parallèle, un support moins académique


5. Les BD des Schtroumpfs !


Je suis une grande fan des Schtroumpfs et ceux-ci ont fait l'objet d'un certain nombre de cadeaux de fête des mères de la part de Monsieur Bout si bien que nous en possédons la majorité des albums. Or les enfants les ont découverts ce printemps et depuis nous les lisons en boucle.
Ignoble et sournoise comme à mon habitude, j'ai exploité ce grand intérêt pour, d'abord, développer la lecture des mots phonétiques : très vite, les enfants ont été investis de la mission de lire eux mêmes toutes les onomatopées
  • D'abord celles vraiment phonétiques le "PAF" de toutes les fois où le Schtroumpf à Lunettes s'en prend une, notamment, ou les TOC TOC à la porte du Grand Schtroumpf, ...etc. 
  • Plus tard le PLOUF est venu, en temps utile, aider à ancrer que O + U = OU, de la même manière que, plus tard encore, j'ai délégué la lecture des "NON".
A noter qu'aujourd'hui, après le passage par le support numéro 6, les Schtroumpfs continuent à  intervenir, par le biais d'une lecture à deux voix (ou plutôt, 3) :  je fais lire certaines bulles courtes, et je lis les autres. Plus ça va, plus la part lue par eux grossit. Huhuhu.


6. Les livres de la collection Mes premières lectures Montessori


Cette collection toute récente, que l'ont doit notamment à des mamans IEF, est fichtrement bien faite. Très progressive, elle se décompose en petits livres de différents niveaux :
  • le premier niveau contient des mots uniquement phonétiques, puis des e muets (les lettres muettes étant grisées), 
  • le deuxième niveau centre chaque livret sur une difficulté particulière, que ce soit l'introduction d'une syllabe plus complexe (par exemple "ett"), ou de premiers mots outils  (les, des, et, c'est, etc); syllabes complexes mises en valeur en rouge, et premiers mots outils surlignés en jaune. 
  • Chaque livre du troisième niveau est consacré à un graphème, et un seul : on aura un livre avec des tas de "on", un livre avec plein de mots en "an", etc (graphème mis en valeur en vert). 
  • Les livres du 4ème niveau combinent les difficultés du niveau 2 et celles du niveau 3.

Ces livres ont l'avantage de reprendre la progression Montessori type, d'une manière très alléchante pour l'enfant et très bien structurée. Les histoires sont plutôt de bonne qualité, le vocabulaire de bon niveau, et les dessins clairs viennent soutenir l'apprentissage.
Ils font partie des rares de ce type à être en écriture cursive, ce que j'apprécie vraiment. En effet vous aurez remarqué que, en ce qui me concerne, je suis restée fidèle aux conseils soulignant l'intérêt de commencer par introduire le cursif avant le script.
J'en ai vu, du reste, un des nombreux avantages avec E. ces derniers mois : là où son cerveau de même pas 4 ans voyait encore en symétrique et donc confondait encore b d p et q scripts il y a quelques mois, elle ne rencontrait pas ses difficultés (ou plutôt, en minoré, avec le q et le d parfois) en cursive et donc a pu avancer sans être bloquée par cela. Je remarque depuis quelques jours qu'elle a à présent suffisamment progressé pour se mettre tout naturellement à lire en script sans plus buter sur cette difficulté qui était pourtant systématique il y a 2 mois à peine.

Remarque : J'ai eu l'occasion de tester une autre collection similaire, mon beau-frère ayant offert à E. ce coffret. J'ai trouvé celui-ci chouette aussi. 
Je n'ai pas testé tous leurs niveaux donc j'ai du mal à faire une comparaison étayée mais avec ce niveau 3+ je remarque déjà une chose : j'ai moins de texte, par double page, qu'avec l'autre collection. Et ce à un niveau où l'enfant est déjà capable de lire davantage.
Or c'est une des subtilités très intelligentes des "premières lectures Montessori" : là où chaque page de niveau 1 contient entre 2 et 4 lignes de texte, la quantité de texte augmente avec le niveauet la fluidité de lecture du jeune lecteur. J'en remarque la pertinence avec E. qui, au stade où elle en est, ne se contente plus, depuis longtemps, de la page que je lisais avec elle chaque soir. Elle est passée à 2, puis 3, et maintenant c'est minimum un demi bouquin par soir que nous engloutissons. Alors du coup je trouve "les premières lectures Montessori" plus rentables … ;-)
Par ailleurs cette collection étant plus récente elle est pour le moment moins complète que l'autre qui contient déjà une vingtaine d'ouvrages… et doit elle même encore être complétée (il en sort plusieurs nouveaux livres par an).
Mais bon ça me va bien d'avoir les deux car certains des sons contenus dans ce 3+ (le ph, le oi, le eau) n'ont pas encore été couverts par ma collection de base.

Deuxième remarque : ma "méthode" pour gagner en fluidité de lecture pour l'un comme pour l'autre enfant a été d'introduire la lecture d'une page de ces petits livres dans le rituel du coucher. Moment facile à tenir
  • pour un enfant scolarisé (F.) Car j'ai fini par constater qu'il n'avait pas à l'école la stimulation dont il avait besoin sur ce plan-là, et donc j'ai admis qu'il fallait que je reprenne les choses en mains… mais je vous en reparlerai dans un futur billet intitulé "le mythe de l'école parfaite"
  • pour un enfant officiellement en IEF mais géré par une mère complètement débordée (E.)
cette page quotidienne a vraiment porté ses fruits !

En bonus : j'ai commencé à filmer les enfants avec mon smartphone, au départ pour envoyer cela à Monsieur Bout, à notre G1, à ma mère, voire en prévision de cet article… et je me suis aperçue qu'ils adoraient être filmés en train de lire, et pouvoir regarder la vidéo ensuite. J'ai systématisé le truc sans vergogne puisque
  • chouette effet incitatif
  • effet pédagogique intéressant : en regardant la vidéo, centrée sur les mots qu'ils lisent, ils répètent en fait ce qu'ils viennent de voir. Hin hin hin.
Ah, ce que la technologie ne permet pas…

Alors justement la technologie refuse de me permettre de rajouter quelques vidéos de démonstration dans le corps du billet donc je les ajouterai en commentaire sur le partage FB. Na. 


En tous cas ces livres se sont révélés ultra précieux pour vraiment ancrer et fluidifier. Je suis raaaavie de les avoir à disposition, et un certain nombre d'entre eux vont nous accompagner en vacances. (c'est l'avantage, hein, ils ne sont pas bien encombrants…)




C'est le pendant des lettres rugueuses, il permet d'introduire les sons complexes (A + N qui dont AN, etc) et je l'ai utilisé en complément des premières lectures Montessori de niveau 3. Même si, je l'avoue, de manière moins systématique / académique que les lettres rugueuses.
En effet
  • E. a vite montré qu'elle souhaitait avancer plus vite : du coup, hop, leçon en 3 temps puis "encore"... bon ben n'en voyons pas que 3 d'un coup alors, voyons en 5.
  • F. avançant moins vite que sa sœur j'ai d'abord voulu faire attendre E. puis j'ai fini par lâcher l'affaire et permettre à E. d'avancer à son rythme : du coup elle a appris chaque graphème avec le livre des premières lectures Montessori de niveau 3 correspondant, et F. intègre peu à peu certains graphèmes avec les schtroumpfs…

J'ai néanmoins trouvé ce coffret encore très bien fait, avec juste un ou deux regrets mineurs du style : une des images illustrant le "ou" est un "hibou". Et E. l'a tout d'abord nommé "chouette": le "ou" étant moins perceptible ainsi, elle est allée le caser… avec le "ch".



Moralité, et pour vous donner une idée de la manière dont cette progression s'est déroulée chez nous : l'avantage c'est qu'ayant deux enfants aux rythmes bien différents, j'espère que cela pourra permettre à d'autres parents de voir que c'est vraiment très personnel ;-)
  • F. n'a montré aucun intérêt pour les lettres jusqu'à peu avant ses 4 ans (2 mois avant) puis a appris la majorité des lettres rugueuses à ce moment-là; E. a été très vite intéressée par le sujet : 2 ans et quelques déjà. Elle les a apprises sur mes genoux quand son frère les révisait, et les connaissait toutes autour de son 3ème anniversaire
  • le déclic "combinatoire", F. l'a eu un an après son initiation aux lettres rugueuses, quelques semaines avant ses 5 ans, donc. Puis il y a eu une période de stagnation, et j'ai repris les choses en mains une petite année après, ce printemps. E. a eu le déclic combinatoire… euh… cet automne, je crois, vers 3 ans et 1/2. Mais j'ai été disponible de manière plus ou moins variable pour nourrir son intérêt pourtant dévorant. Elle a donc bénéficié de la reprise en mains du sujet pour son frère, au printemps.

Depuis, énormes progrès pour les deux.

Depuis quelques jours en particulier, E. lit tout ce qu'elle trouve
  • une phrase du bouquin que je lis, 
  • quelques mots que je tape sur mon ordinateur dans le cadre de mon boulot, 
  • les étiquettes de bouteille, 
  • et bien entendu, les livres qu'elle a en main : quelques bulles de Schtroumpf, quelques mots de Babar, une phrase d'un Petit Ours Brun… ou d'un prospectus. 
  • Elle empoigne volontiers ses "premières lectures Montessori" et on l'entend les lire dans sa chambre, une fois couchée. 
Ce weekend, elle a même tenté… de lire les noms des colonnes du fichier Excel de comptes que je remplissais : "A-Q, A-R, A-S, A-T, A-U... O ! Maman y a "O", là !". Gros fou rire.



F. déchiffre volontiers quelques mots par ci par là, et se laisse prendre au jeu en fonction des moments / incitations (les Schtroumpfs étant ce qu'il y a de plus sexy).

Et moi, je m'éclate à observer et accompagner.


Ah, Ah, Ah oui vraiment, 
L'apprentissage de la lecture c'est bien marrant 
(à chanter sur l'air du refrain de Cadet Rousselle - OK je sors)