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lundi 7 novembre 2022

"Les enfants c'est QUE DU BONHEUR" - Ou pas.

Mon emploi du temps croule / a croulé, de la même manière que l'année dernière, et j'ai du prendre des mesures de rationalisation parce que pas moyen que je refasse un année comme celle qui est derrière moi.
A l'arrivée, même si le presque cramage n'est pas agréable, c'est positif, puisque ça m'oblige à me poser, et me permet un recentrage express en accélérant une évolution que je pensais possible seulement à moyen terme : travailler moins (pour gagner plus, spécial dédicace Sarko).

Dans le cadre de ce recentrage, j'ai squizzé différentes activités, selon
  • un premier critère absolu : leur niveau d'intérêt pour moi : "Ai-je méga envie de faire ça ?" / "A quel point cela me nourrit-il?"; je pourrais appeler ça la rentabilité énergétique ^^. Mes centres d'intérêt ayant évolué sur mes quelques années de BusinessGwen, il est temps pour moi d'adapter mon activité, et de dire adieu à ce qui m'a plu un temps, mais ne me correspond plus tant que ça maintenant.
  • et un 2ème critère relatif : la rentabilité financière. Je dis "relatif" car j'ai inclus, dans mes plans, un peu de place pour du "peu rémunérateur mais haut niveau d'intérêt". Place que j'ai décidé de consacrer exclusivement à l'animation d'ateliers de parents Faber et Mazlish cette année : j'ai donc, par exemple, arrêté de donner les cours de RH que je donnais depuis quelques années.

Je m'apprête donc à démarrer un cycle "Frères et Sœurs sans rivalité", et j'ai également pu déjà animer une première soirée Piqûre de Rappel en octobre. 
Pour mémoire, le principe de ces soirées est de réunir des parents des différents groupes ayant suivi les ateliers "Parler pour que les enfants apprennent" au fil des ans avec moi, et d'aborder avec eux leurs questions, leurs problèmes actuels, en mode requinquage / approfondissement / rafraichissement de mémoire / reprise de réflexes voire même souvent aussi raccrochage de wagons.

Super soirée, supers échanges et c'est l'un de ces échanges qui suscite l'article du jour.
La soirée regroupant par hasard deux mamans de jumeaux, dont l'une bien occupée avec sa paire de jumeaux en bas âge, la maman en question a été  rassurée d'entendre que ce serait plus facile après. Jusqu'à ce que la maman de jumeaux plus âgés lui dise 
"Oui, maintenant, c'est que du bonheur".
Là, elle a tiqué. 
Moi aussi.
Nous avons donc passé quelques instants à dézinguer cette phrase, qui fait bien évidemment partie des "phrases à la con" de la parentalité.

Nan, les enfants, c'est pas que du bonheur
Jamais. 
Et dire cela, c'est faux, archifaux, et surtout archinuisible, car comme l'ont si bien exprimé d'autres participants à cette soirée 
"Je me suis toujours demandé ce qui clochait chez moi, puisque franchement, non, jamais j'ai trouvé qu'avoir mes enfants n'était que du bonheur".
Petit Bout par Petit Bout détruisant le mythe - Allégorie



Eh bien oui.
Entendons-nous bien : nos enfants peuvent être la source de moments de bonheur inouïs et différents de tout autre forme de bonheur. 
  • Les voir endormis le soir, complètement abandonnés (et ENDORMIS, en plus !). On peut être pris d'une vague d'amour tellement folle, tellement forte, qu'on les en réveillerait presque pour les embrasser et les noyer de mots d'amour (complètement absurde évidemment après tout le mal qu'on a eu à les endormir), 
  • sniffer leurs cheveux, 
  • écouter leurs mots d'enfant, 
  • entendre leurs je t'aime, 
  • les regarder lire,... 
  • Plus grands, partager un jeu de société, un bon film, un puzzle...
Mais à aucun moment les enfants ne sont que ça. 
Disons-le clairement : avoir des enfants ne se fait pas par confort. Si on regarde d'un angle purement rationnel, il est complètement irrationnel et contreproductif d'avoir des gosses
  • on pulvérise son propre confort, 
  • on remplace sa liberté par une série de contraintes, 
  • on dynamite son sommeil, 
  • on divise par 10 ou 100 son temps libre, 
  • par 4 son revenu disponible. 
Sur le plan psychologique, les enfants sont, essentiellement, la source d'un certain nombre de questions inconfortables, d'angoisses, de frustrations, de découvertes pas super agréables sur soi-même, de prises de tête avec son conjoint, et d'une fatigue de ouf. 
Les enfants n'ont pas vocation à nous propulser sur une mer de nuages roses et AUCUN parent ne vit sur cette mer (ou alors, il en fume de la bonne). 

Alors oui, à certains moments les éléments de la première catégorie tendent à justifier et nous faire oublier quasi entièrement les éléments de la deuxième, si bien qu'on en viendrait à dire "Ces difficultés ne sont rien en regard". 
Oui ! 
Et NOOOOOON. 
Ce n'est pas rien du tout, et c'est même tout quand on est en plein dedans, c'est énorme, c'est épuisant.
Et une phrase comme "c'est que du bonheur"
  • nie nos sentiments, 
  • alourdit le sentiment de difficulté, 
  • et lui rajoute en plus celui angoissant de notre inadéquation, puisque comme exprimé durant cette soirée, visiblement, nous, si on trouve pas que c'est que du bonheur, c'est, au mieux, qu'on fait qqch de travers, ou, au pire, qu'on est soi-même tordu. 

Cette ambivalence de sentiments est à la racine de la parentalité. Or, comme le dit Haim Ginott, ce sont les sentiments ambivalents qui ont presque le plus besoin d'être accueillis comme tels. Car "si quelqu'un comprend mes sentiments confus, peut-être ne le sont-ils pas tant que ça". 
Je le mesure encore ces jours-ci, au téléphone avec celle de mes sœurs qui vient d'accoucher de son tout premier bébé et qui se retrouve embarquée dans cette ambivalence de malade, et les montages russes émotionnelles associées, en mode "Notre toute petite fille est tellement géniaaaaale on l'aime on l'aime on l'aime c'est fooooou / Au secours on va mourir on a dormi qu'1h30 cette nuit et allaiter ça fait maaaaal".

Ce dont a besoin ma sœurette d'amour, ce n'est pas d'un "Un bébé, c'est que du bonheur", ni même d'un "Après, ce sera que du bonheur" (publicité mensongère bonsoaââr), c'est d'écoute, d'accueil, de.... de quoi au juste ?
Tenez, si ça vous parle, je veux bien entendre vos témoignages des phrases qui vous ont le plus aidé(e)s dans vos premières galères semaines de parents.

Du côté de notre soirée, nous avons tous convenu de rattraper très vite cette phrase si par ailleurs elle venait à nous échapper ;-)


mardi 18 mai 2021

Trouble de l'attention chez l'adulte HPI : stratégies de gestion

La question du haut potentiel intellectuel est longtemps restée assez absente de ce blog, hormis dans les commentaires de certains lecteurs plus perspicaces que la Gwen. L'observation de nos enfants a fait qu'elle (la question, pas la Gwen) a peu à peu gagné du terrain, notamment avec ce billet spécial "Astuces Parentalité positive pour zèbres", et tout récemment j'ai mentionné en passant que nous nous étions lancés dans une démarche de tests pour mieux comprendre F. 

Tests très intéressants qui ont permis de mettre des mots sur les contradictions que nous remarquions chez F., et qui se faisaient d'autant plus visibles avec le retour dudit F. en école à la maison et donc son observation quotidienne en situation d'apprentissage. TDA avec suspicion HP : 2 acronymes signifiant haut potentiel et trouble de l'attention. Le TDA de F. faisant baisser certains scores de telle manière qu'il est officiellement difficile de conclure formellement au HP. Ce qui au fond nous est assez égal car ça nous a surtout été utile pour mieux comprendre notre fiston, adapter nos attentes et surtout adapter nos manières de les communiquer / le soutien fourni à F. pour qu'il puisse y répondre.

Etant d'un naturel fourbe, j'ai non seulement profité de cette démarche pour acquérir des clés de compréhension et d'action avec notre aîné, mais je me suis aussi siouxement servi de cet aîné comme ballon d'essai : ce passage de tests pour lui m'a permis de me familiariser avec la démarche, de tâter un peu le terrain avec la psy... avant de me jeter également à l'eau, et de les passer à mon tour, ces fichus tests. Encouragée que j'étais par mon propre développement de coach professionnel (Hasard / pas de hasard, le HP est une particularité que j'ai tendance à retrouver chez mes clients... et qu'il devenait donc urgent d'éclaircir chez moi pour que mes propres interrogations sur le sujet ne viennent pas polluer mon écoute / la qualité de mon accompagnement).

Je suis donc allée passer ces tests pour valider l'aspect HP. Autant dire que je ne m'attendais pas à ce qui est finalement ressorti (même si une observation faite pendant les tests eux-mêmes m'avait posé brièvement question).

Un verdict assez proche de celui de mon fils : HP avec suspicion de TDA car score très hétérogène avec plus de 40 points d'écart entre les dimensions non impactées par l'attention et celles qui le sont.

Moment de sidération. La découverte du TDA a totalement occulté chez moi la confirmation du HP.

Puis j'ai interrogé la psy : "Mais euh, je dois faire quoi pour gérer du coup ?"

Sa réponse a été très éclairante et elle est à l'origine de ce billet :

"Madame, très visiblement, vu ce que vous avez été capable de faire déjà dans votre vie, vous savez déjà le gérer. Ce dont vous avez besoin maintenant, c'est de réfléchir à ce que vous avez mis en place pour gérer votre TDA, rendre cela conscient, le systématiser, l'étendre peut-être ou l'adapter à des pans de votre vie pour lesquels cela pourrait être pertinent, maintenant que vous disposez de cette clé de lecture."

Ah ben oui. 

Je me suis attelée à la tâche, et j'ai donc passé les dernières semaines à plusieurs dans ma tête (enfin, je suis toujours nombreuse dans ma tête, mais là, encore plus) : la Gwen a observé la Gwen TDA à l'œuvre.

Et, tant qu'à répertorier les stratégies de gestion que j'ai observées chez moi, je me suis dit que j'allais les partager avec vous, des fois qu'elles puissent aussi servir à d'autres qu'à moi : car prendre conscience de nos mécanismes de réussite / schématiser le chemin qui peut nous y mener, c'est déjà la moitié du chemin de fait !

Bien évidemment, ces stratégies me sont personnelles, elles pourront

  • tout à fait convenir à quelqu'un qui n'est pas HP / TDA
  • tout à fait ne pas convenir à quelqu'un qui l'est.

Mais si ce partage peut vous permettre de tester quelque chose de nouveau ou de réaliser l'intérêt de quelque chose que vous faites déjà, ou même de reconsidérer / adapter un truc qui ne marchait pas mais qui en fait pourrait marcher si vous changiez un paramètre, ce billet aura rempli son objectif.





Ben oui ! J'ai tout de suite réalisé à quel point Flylady, ce fameux sysètme de gestion de maison, c'est vraiment un truc de TDA ! Diminuer l'effort de mise en route par l'établissement de routines, utiliser un minuteur pour tronçonner la difficulté et faciliter la concentration sur un laps de temps court et déterminé, c'est tellement, tellement en ligne avec un fonctionnement de TDA ! J'ai subitement compris pourquoi Flylady a à ce point fonctionné chez moi

Ce qui m'a permis de faire la constatation suivante : savoir qu'on a dans ses bagages un TDA, et identifier une stratégie qui fonctionne pour le gérer, c'est réaliser que cette stratégie n'est pas une gentille option qu'on peut négliger à loisir. Il devient crucial d'investir l'énergie nécessaire pour emprunter ce chemin, puisqu'on sait dorénavant que sinon, on est sûr de dérailler.

Si je veux gérer ma maison au quotidien, je suis maintenant consciente que pour moi, Flylady ne va pas relever du nice-to-have dont je peux tout à fait me passer, mais du must-have. Réaliser cela m'a permis aussi de regarder les choses en face : en ce moment, ça tombe bien, je ne gère pas grand chose à la maison puisque Monsieur Bout est aux commandes du foyer. L'essentiel de mon énergie est focalisé sur la sphère professionnelle, ainsi que sur la finalisation de ma certification au coaching (ce qui explique d'ailleurs ma rareté sur le blog : ces temps-ci, le gros de mes capacités rédactionnelles est requis par la pondaison de mon mémoire de certification). 

Donc, la prise de conscience des raisons pour lesquelles la gestion de ma maison peut se révéler si coûteuse en énergie me permet de faire preuve de réalisme et de me dire que oui, je veux reprendre Flylady (histoire de quand même soutenir un peu plus mon cher mari / gérer plus efficacement ce qui est encore dans mon domaine de responsabilités), mais que je vais attendre cette fameuse certification et ensuite réallouer l'énergie redevenue disponible.

D'autant que, le hasard faisant bien les choses, d'ici là j'aurai reçu les 2 toooout nouveaux bouquins de Flylady dont la traduction est en train de sortir aux Editions de l'Instant Présent. Je trouve que ça tombe sacrément bien, surtout que l'un des 2 bouquins est consacré aux Babysteps, que c'est la première fois que ces Babysteps sont sous une autre forme qu'une série de pages web, et qu'un livre dédié au sujet, qu'on a sous la main à tout moment (sans avoir besoin d'allumer un écran source de distractions) me semble être une format trèèèès intéressant pour accompagner une (re)montée en puissance / (re)prise de bonnes habitudes. Miam miam miam.


  • 2ème truc cousin de Flylady : le pomodoro

J'en avais parlé il y a... 5 ans sur le blog (oui, j'avoue que maintenant je vois tous mes billets "organisation" et Flylady sous un nouveau jour) : la technique du pomodoro m'avait beaucoup aidée à mieux gérer des tâches professionnelles peu motivantes. Cette technique repose de nouveau sur l'usage d'un minuteur, et en effet, allouer à des tâches une durée précise permet de faciliter à la fois la mise en route, et la tenue de route derrière : faire la course avec son minuteur, ça peut apporter précisément le zeste de stimulation qui manque !


  • 3ème truc : Le Bullet Journal !!

Avoir des to-do list concrètes, par jour, avec la gratification de cocher mes petites cases, des pense-bêtes tous au même endroit, condensés avec son agenda, mais qu'eeeeest-ce que c'est bien fichu pour un TDA. Depuis 5 ans que j'utilise mon Bullet Journal avec des pauses, je comprends maintenant le pourquoi de la différence abyssale d'efficacité qu'il y a entre les périodes où je l'utilise vraiment, et les périodes où il part à vau-l'eau (et ma capacité à faire les choses, avec).

Alors, oui, de nouveau, utiliser mon Bullet Journal me demande un effort de discipline qu'il m'est parfois difficile de fournir. Mais je sais maintenant à quel point cet effort initial est fondamental, et quel effet levier il me permet d'obtenir : petit effort, gros résultat. Pas de petit effort, Berezina.

Autant vous dire que maintenant, quand une journée commence ou avance mal, je sais qu'un des moyens de la rerouter est de prendre mon Bullet Journal. Or avoir ainsi des réflexes pour gérer les sorties de route, c'est précisément un besoin absolu du TDA. Puisque par définition, le TDA est sûr d'être confronté à mille sorties de routes dans sa journée.

Je précise que j'ai réalisé que chez moi, l'aspect "papier" du Bullet Journal est un facteur essentiel de son efficacité. Pour au moins 3 raisons

    • le fait d'écrire me centre 
    • le plaisir physique de remplir mes petites cases quand j'ai fait un truc : oui, je ne me contente pas de les cocher, je les colorie entièrement. J'ai remarqué que ça augmentait la satisfaction que j'en tirais, alors je fais feu de tout bois !
    • gérer mes to-do list en utilisant des appli fort bien faites comme cela m'a été suggéré impliquerait l'usage d'un appareil électronique. Avec le risque énorme de dispersion qui y est lié : j'y vais pour regarder mes listes et oh un papillon euh un mail / message. En ce qui me concerne, il est très bon que ce qui vise à me recentrer sur ce que j'ai à faire soit bien distinct de mon téléphone et de son infini potentiel de décentrage.


  • 4ème truc : orienter ma vie professionnelle de manière à ce qu'elle contienne un maximum de trucs qui 1. me plaisent 2. ont du sens

Suite aux résultats des tests je me suis retrouvé dans un film en mode "je repasse toute ma vie en revue" (option "au moment où je passe sous un camion" heureusement désactivée). J'ai mieux compris certains moments hyper difficiles notamment en début de carrière, où j'avais eu le sentiment d'être nulle car je n'arrivais pas à faire ce que j'avais à faire, qui était pourtant siiiii simple. Au point de penser un temps que j'étais "pas faite pour bosser". 

Heureusement que j'ai eu la chance (en fait) de ne pas tomber enceinte à ce moment et d'avoir l'occasion de faire l'expérience d'un poste me plaisant beaucoup. J'ai pu alors constater la différence monstrueuse de performance de la Gwen entre boulot qui lui plaît et boulot qui ne lui plaît pas. 

Je comprends beaucoup mieux maintenant les raisons de cette différence. 

    • Toute personne humaine est, dans la durée, beaucoup plus efficace dans ce qui lui plaît que dans ce qui ne lui plait pas. C'est d'ailleurs un des points qui fait à mes yeux le sens de mon boulot de RH : l'intérêt de l'entreprise et l'intérêt de l'humain se retrouvent très alignés. 
    • Chez le HP, la nécessité d'avoir du sens est exacerbée ; 
    • chez le TDA, la difficulté attentionnelle est exacerbée en cas de manque de sens / intérêt. 

Tout cela combiné... ça fait de l'aspect "intérêt du job" la variable la plus puissante de mon efficacité au travail. De nouveau, veiller à l'intérêt n'est pas une option, mais une priorité absolue.


  • 5ème truc : bosser à mon compte, sur des missions extrêmement diversifiées

Je réalise du coup, 3 bonnes années après m'être mise à mon compte, une des raisons pour lesquelles ça me convient si bien : 

    • bosser pour moi a beaucoup plus de sens 
J'évoquais d'ailleurs dans mon billet sur ma vie de micro-entrepreneuse à quel point c'est différent de faire de gros horaires "pour la princesse" ou de pouvoir observer une corrélation directe entre la charge de travail que j'assume et la somme d'argent qui atterrit sur mon compte en banque. Bosser pour moi, pour ma famille, pour notre liberté de choix (que Monsieur Bout puisse rester à la maison, par exemple), c'est très motivant ! Donc, ça m'aide à rester concentrée. 

D'autant que n'ayant pas d'horaires de travail, si je suis ultra productive et que je mets moins de temps que prévu à accoucher du travail prévu, c'est à moi que ça bénéficie !


    • à mon compte, j'ai la liberté de prendre des missions ultra diversifiées, d'utiliser toute la palette de mes compétences, là où un poste RH en entreprise me cantonnerait forcément davantage.

J'ai des clients très variés, de toutes tailles et tous secteurs, qui font appel à moi pour des missions d'une grande variété, et pour lesquels je suis amenée à endosser des rôles très divers. Aucune mission n'est identique à la précédente (ce qui n'est pas en soi obligatoirement le cas, elles pourraient être très similaires et c'est le cas de beaucoup de mes homologues mais... hasard ? Coïncidence ? Pas chez moi) Du coup, je passe mon temps à élargir mes compétences, affiner, améliorer, utiliser chez un client ce que j'ai développé chez un autre en le modifiant, le perfectionnant, et souvent beaucoup, innover, créer quelque chose à partir de pas grand chose. Stimulation intellectuelle permanente, ennui zéro

Ce n'est d'ailleurs pas non plus un hasard si j'ai dégouliné d'enthousiasme tout le long de cette année passée à me former au coaching professionel. Me retrouver à présent, en tant que coach, avec une obligation déontologique de formation continue ? Miam ! Je suis déjà en train de loucher sur ce que je vais faire l'an prochain (même si j'ai évidemment promis à Monsieur Bout que promis-promis-promis je prends une formation beaucoup plus light que celle effectuée cette année, bien entendu!)


    • Et toutes ces missions ont énormément d'utilité

Là où dans un grand groupe on peut se retrouver à faire des trucs qui ne servent pas à grand chose, des "bullshit présentations" ou des process-à-la-c**, ce n'est pas mon cas : 

1. mes clients me paient, cher ; je leur facture mon temps ; ils ont donc un tout autre respect pour ce temps dont chaque minute leur est précieuse ... au sens propre du terme ^^. Ils attendent donc de moi un retour sur investissement, bref, que je fasse des trucs qui leur soient directement utiles 

2.. des clients peuvent avoir des sous à perdre mais je ne prends pas le genre de missions où on attend  des trucs convenus et du power point à gogo. 

J'ai donc toujours l'aiguillon de savoir que tout ce que je fais est véritablement utile, a du sens. Et ça, c'est précieux pour garder mon TDA sous contrôle.


  • 6ème stratégie : choisir mes missions d'indépendantes avec soin

En tant qu'indépendante, les missions sur lesquelles je peux me positionner sont très variées, disais-je. Et leur niveau d'intérêt aussi. Régulièrement, il m'arrive d'en décliner parce qu'elles ne me semblent pas assez intéressantes (notamment si elles contiennent une partie administrative un peu conséquente). Jusque là, régulièrement aussi, je me demandais si je ne faisais pas un peu ma princesse. Si la personne qui me proposait la mission insistait un peu, je pouvais me retrouver tentée d'accepter.

Maintenant, je n'ai plus de scrupules. J'ai enfin pleinement conscience de mon fonctionnement, du pourquoi du comment des missions pas intéressantes pourraient se transformer en sables mouvants engloutissant toute mon énergie, et je suis donc bien déterminée à les refuser avec la meilleure conscience du monde : je ne fais pas ma princesse, je préserve ma capacité à faire bien, voire très bien, les choses.

Et ce n'est pas un hasard si, plus je refuse de missions pas en ligne avec mon fonctionnement, plus des missions en ligne avec ledit fonctionnement se présentent à moi, et plus la manière dont je les gère renforce ensuite cette dynamique ô combien positive.


  • Astuce n°7 : gérer les coups de mou / tâches rébarbatives par le biais de la double tâche.

Choisir des trucs sympas, c'est top, mais ça ne suffit pas : tout truc sympa comporte sa part de rébarbatif, et je n'arrive pas à m'y mettre, ou n'arrive pas à rester concentrée. J'avance pas, je m'enlise, je souffre, c'est l'horreur.

La première fois que cela m'est arrivé, post-débriefing avec la psy, c'était un vendredi après-midi, j'avais un document à envoyer absolument à un client avant 18h, et... ça voulait pas. Ca voulait vraiment pas.

Et il s'est passé un ensemble de choses intéressantes

I. j'ai identifié le truc assez vite, au lieu de perdre un temps et une énergie mentale fous à combattre frontalement le phénomène d'évitement qui était en train de se produire. Au lieu de me dire que "c'était pas compliqué, j'avais qu' à m'y mettre bon sang, et j'allais le faire dans 5 minutes d'ailleurs", j'ai admis que c'était compliqué, et mal parti

II. au lieu de le combattre frontalement, donc, j'ai cherché à comment le siouxer. Et je me suis rappelé un vieux souvenir datant des mon Master RH. A l'époque, un des cours était tellement inintéressant que je le suivais en ... jouant au Tetris. 20% de mon cerveau restait ainsi disponible pour écouter le cours, qui n'en méritait pas davantage.

C'est ce qu'on appelle la double tâche, et qui se retrouve dans la version je repasse en regardant une série télé, je fais la vaisselle en écoutant un pod cast, je fais le ménage au téléphone, etc : distraire une partie du cerveau d'une tâche rébarbative en lui adjoignant en simultané la gratification d'une tâche plaisante mais ne nécessitant pas toute la bande passante. Certes, dans l'absolu, on peut être moins efficace sur la tâche relou que si on lui consacrait la totalité de sa bande passante et c'est souvent ce qui nous dissuade d'y avoir recours : "Nan faut que je me concentre dessus comme ça ça passera vite".

Ha ha ha : argument aussi théorique que fallacieux, puisque justement, on se trouve dans une situation où dans les faits on n'arrive pas à lui consacrer de la bande passante, à cette %£$§ tâche. Le principe est donc que efficacité de double tâche 

  • < efficacité théorique sans double tache 
  • mais > (et de loin) efficacité réelle sans double tâche.

Alors, vaut-il mieux beaucoup d'efficacité théorique, ou un peu d'efficacité réelle ? Je crois que la question, elle est vite répondue.

III. En ce qui me concerne, j'ai donc ouvert un onglet Youtube, trouvé une playlist années 80 un peu gnangnan, et de fil en aiguille j'ai pondu mon document avec Leonard Cohen en fond.

Autant vous dire que quand quelques jours plus tard je me suis retrouvée dans un cas de figure similaire, je n'ai pas perdu beaucoup de temps avant de rouvrir un onglet Youtube. En commençant par cette chanson (tapez-paaaas !) puis en réalisant en 10s que, non, fallait pas pousser, pas moyen de bosser le moins du monde avec ça en fond. J'ai remplacé par Pierre Bachelet. Je précise que selon les moments (et notamment, la langue dans laquelle je travaille), la langue de ce que j'écoute aura une influence : parfois il vaut mieux éviter l'anglais /le français, ou l'inverse.

Autant vous dire également que depuis que j'ai le diag, 

  • mon efficacité travaillesque a connu une hausse notable.
  • mon niveau de stress ce faisant, une baisse considérable

mon TDA n'est plus une bête sournoise tapie quelque part, qui ne dit pas son nom, et dont l'existence masquée est susceptible à tout moment de venir me pourrir la vie. Il est identifié, et je suis outillée pour l'affronter, ou peux m'outiller pour le faire


  • Astuce numéro 8 : bouffer du chocolat

elle est bien comme astuce, hein ?

Mais oui : j'ai réalisé qu'en fait, m'appâter et me motiver avec du chocolat, eh bien, ça faut aussi partie de mes stratégies. C'est plus ou moins bénéfique et recommandable selon les moments, mais l'avoir en tête me permet d'en optimiser l'utilisation :

    • prendre un carreau mais uniquement au moment de m'y mettre, pas 5 minutes avant. Commencer par passer aux toilettes, donc. 
    • Me fixer un petit objectif - au besoin en mode minuteur - et y lier mon prochain carreau, 
    • ou en tout cas... me goinfrer en parfaite bonne conscience, ce qui n'a pas de prix !

Constat intéressant : depuis le diag, mes fringales de chocolat / ma consommation ont en fait considérablement décru. Je suspecte un lien avec la quasi disparition des moments de désespoir-parce-que-c'est-terrible-j'arrive-pas-à-m'y-mettre.

A coup de 2€ la tablette de bon chocolat, au bout de combien de temps les frais de bilan psychologique HP seront-ils ainsi amortis? (si vous voulez complexifier le problème vous pouvez mettre une virgule au prix de la tablette. Ne me remerciez pas)


  • Astuce numéro 9 : dormir suffisamment

Haha, elle est bien bonne celle-là. 

N'empêche que j'ai réalisé que quelques efforts supplémentaires dans ce sens pouvaient se justifier particulièrement, parce que clairement, une Gwen fatiguée, c'est un boulevard ouvert à son TDA pour y faire n'importe quoi.

Concrètement, ça veut dire que depuis le diagnostic

    • je culpabilise moins de grappiller le sommeil que je peux le matin, quand je peux. Au lieu de me dire que je devrais me lever plus tôt pour faire plus de choses / commencer plus tôt. J'ai même osé décaler un RDV impliquant 2h de TGV, en préférant rentrer après le dîner que partir à l'aube.
    • j'ai fait plus d'efforts pour me coucher à une heure décente le soir. C'est pas gagné, hein, mais c'est toujours un pas dans le bon sens, alors on m'applaudit !!


  • Astuce numéro 10 : prendre des notes en entretien

Ca, c'est un truc que je fais depuis toujours, depuis ma formation de recruteuse : en entretien de recrutement, je note quasiment tout, charge à moi d'analyser cette masse d'informations après coup pour en tirer les conclusions dont j'ai besoin.

C'est un mode de fonctionnement que j'ai repris et gardé dans mes activités de conseil: en entretien clientèle, par exemple, ou dans des entretiens de diagnostic avec différents salariés d'une entreprise, je vais prendre beaucoup de notes.

En coaching... j'ai hésité, car ce n'est pas la pratique. Si ce n'est qu'avec le diagnostic TDA j'ai réalisé que cette prise de notes était loin d'être une option pour moi : c'est vraiment une béquille trèèèès importante pour m'aider à me concentrer sur ce qui se passe. Me concentrer dans l'instant, et l'exploiter en différé : car si je n'ai pas noté, je ne me souviens plus de grand chose, moi, derrière. Donc maintenant je scribe en parfaite bonne conscience, là où au départ je m'étais fait de sacrés nœuds au cerveau quant à l'impact supposé d'une prise de notes excessive sur ma capacité d'écoute. 

Ben en fait, ma capacité d'écoute, sans prise de notes, elle peut vite disparaître, donc...

Donc au lieu de lutter contre mon besoin de prendre des notes, je 1. l'admets, 2. l'exploite. C'est fou, par exemple, ce que ça peut faire avancer quelqu'un, quand on est en mesure de lui refléter mot pour mot ce qu'il a dit 1, 10 minutes, ou 2 séances plus tôt.


  • Astuce numéro 11 : du découpage de saucisson

pour gérer les trucs que j'ai à faire, j'ai besoin d'une récompense immédiate ou rapide. Donc, je soigne mes to-do list / mes objectifs. Je découpe ce que j'ai à faire en petites tranches. Chacune d'entre elles me procurera la satisfaction du devoir accompli. 

Si je n'arrive pas à faire quelque chose... eh bien, c'est comme le fameux morceau de steak qu'on n'arrive pas à mâcher car trop gros :je le redécoupe en plus petit.


  • Astuce numéro 12 : faire ce dont j'ai envie

Là aussi, la diversité de mes missions, côté boulot, est une chance : si j'ai du mal à me mettre au boulot sur une tâche précise, il peut être indiqué de me mettre au boulot sur autre chose... et hop, une fois que j'ai pris de l'élan, j'aborde ce que je n'arrivais pas à entamer d'entrée de jeu : j'avance en crabe.

Plus généralement, je constate que souvent, répondre à une sollicitation quand elle se présente, à une envie quand elle est là, est une stratégie bien plus rentable que de décider que "ce n'est pas la priorité", car je risque sinon de devoir mobiliser bien davantage d'énergie pour me remotiver à faire cette même chose un peu plus tard.

Typiquement, cela fait des semaines que je dois écrire la deuxième partie de mon billet sur le sommeil des bébés. Je sais que certaines l'attendent avec impatience depuis trop longtemps, et je m'en excuse bien platement, mais elle est compliquée à écrire, cette partie, c'est laaaaboooorieux, franchement, pfff, dans un contexte d'écriture de mémoire par ailleurs, j'en ai pas super envie. Alors, parfois, hop, j'avance par petits morceaux. 

En revanche, j'avais surtout bien envie d'écrire ce billet sur les stratégies TDA/HP, parce que son sujet est au cœur de mes préoccupations actuelles, et qu'écrire ce billet contribue à faire avancer mes réflexions. Alors plutôt que de me fouetter pour "pondre d'abord le billet sommeil depuis le temps que je le promets", j'ai utilisé mon énergie toute disponible pour écrire le magnifique billet que vous avez sous les yeux.


En conclusion, autant j'ai longuement tergiversé avant d'aller faire ces tests, autant je suis très soulagée d'avoir fini par me jeter à l'eau. Bon, je n'y ai pas trouvé ce que j'allais y chercher, puisque comme chez Ikea je venais prendre une identification HP simple et je suis repartie avec tout autre chose que ce que j'avais prévu.

Mais ce que ce billet illustre, ce sont les différents fruits de cette prise de conscience:

  1. arrêter de foncer dans le mur en prétendant qu'il ne devrait pas être là. A la place, j'accepte la présence du mur et je compose avec : je passe dessus, dessous, je le contourne, je le recouvre / l'amortis. 
  2. Je comprends que toutes ces stratégies ne sont pas "une option" ; j'occis le "on ne devrait pas en avoir besoin"
  3. une libération. Libération de la charge mentale et de la culpabilité : plus de jugement moral à porter sur soi. Accepter un machin du type TDA, ce n'est pas équivalent à de la complaisance :"je suis comme ça, j'y peux rien, je ne fais plus rien", se défausser "c'est pas ma faute à moaaaah", c'est avoir l'esprit serein pour aménager ses exigences et orienter ses efforts sur les aménagements nécessaires plutôt que sur une injonction à la "tu devrais réussir à"
  4. une meilleure compréhension de mon fils, maintenant que j'arrive à repérer chez lui des choses auxquelles j'étais aveugle chez moi
  5. une meilleure appréhension de mon côté HP : c'était d'autant plus difficile à admettre chez moi que parfois je me sentais trop bête de ne pas réussir sur certaines tâches; je comprends à présent la difficulté qu'elles représentent pour moi. 
  6. un apaisement.
  7. une relecture de ma vie...
(et accessoirement, Monsieur Bout comprend mieux nos niveaux si diamétralement opposés de rangement...)

jeudi 21 janvier 2021

Maman & Micro-entrepreneuse : l'idéal pour la conciliation vie pro / vie perso ?! (ou paaaaaaas)

Ce blog est fouillis.
Ce blog recouvre un max de thèmes puisqu'il sert d'exutoire à pas mal de questions qui saturent mon cerveau.
Et donc, parmi les graaands sujets de ce blog, il y a, il y a eu, il y aura toujours : comment qu'on concilie, quand on est maman (parent), le fait d'avoir des enfants, de s'en occuper (parce que c'est vrai que je pourrais les sous-traiter H24 et jet-setter à travers le monde. Mais je n'ai pas choisi cette option - et cette option ne m'a pas choisie non plus, comme ça tombe bien), mais aussi d'avoir la vie pro qu'on souhaite ?

Je souligne "la vie pro qu'on souhaite" : il ne s'agit pas d'avoir la vie pro que les gens estiment qu'on devrait avoir et/ou souhaiter, mais bel et bien celle qui nous épanouit, qui cadre le mieux avec nos souhaits. Souhaits pas toujours évidents à discerner, d'où ma réflexion sur les différents besoins que peut couvrir une activité pro; d'où il s'ensuit qu'avoir "la vie pro qu'on souhaite" peut signifier : avoir zéro vie pro, si zéro est la quantité qui nous convient, à tel ou tel moment de notre vie.

Bref. Ma manière de concilier vie pro et vie perso a évolué dans le temps et sur le blog. Depuis que je suis maman, j'ai été 
  • pro à 80% avec un enfant et un mari à 100%, 
  • à la maison pour cause de congé maladie /grossesse prolongé, 
  • de nouveau pro à 80% avec 2 enfants et un mari au chômage, 
  • pro à 80% avec 2 enfants en bas âge et un mari à 120% (la mort), 
  • pro à 50% ,
  • maman à 100% bicoz chômage… 
  • puis j'ai créé ma micro entreprise.

Bientôt 3 ans après, voici un petit bilan des + et des -

Commençons par les PLUS

1. Le point essentiel pour moi : la capacité à mener de front charge de boulot et enfants. 
Etre à son compte permet souvent bien plus de souplesse (selon son secteur d'activité) et c'est le cas pour moi.
  • je peux moduler mon temps de travail et gérer mes contraintes perso sans devoir rendre compte à qui que ce soit. Mes clients n'ont pas besoin que je me justifie (en tous cas, c'est à moi de ne pas le faire) : si je ne suis pas dispo pour eux, peu importe que ce soit parce que je bosse pour un autre client, ou que je gère ma famille. Donc ce n'est pas retraduit en termes de "elle n'est pas impliquée" comme c'est trop souvent le cas dans le monde salarié.
  • Je peux m'organiser à ma guise pour être dispo pour mes enfants quand ils sont dispo pour moi, et caser du boulot à des endroits qui ne me "coûtent" pas de temps-enfants : 
    • retravailler le soir, 
    • profiter de 20 minutes de calme pour finaliser un mail, 
    • avancer sur un dossier ou caser une conférence téléphonique sur les 40 minutes qui s'écoulent entre le moment où on a déposé l'aîné à son RDV psy et le moment où on doit l'y récupérer, 
    • gérer de front un appel pro pas trop prenant et la cuisson de ses confitures.
Etre à son compte permet donc de faire effectivement beaucoup, beaucoup de choses...mais ça peut avoir un prix : l'épuisement. Nous en reparlerons.


2. Ratio temps de travail / fric très positif pour ma part. 
Et notamment le fait que, si je bosse plus, je gagne plus (pour peu que je sache bien border mes contrats - ce qui est une autre histoire et invite à se poser la question de la juste valeur de son travail, de la juste valeur de l'argent, en se débarrassant au passage d'éventuelles inhibitions). 
Ca me change de mon ancienne vie de cadre au forfait jours et donc aux horaires extensibles sans autre contrepartie financière qu'une éventuelle augmentation ou une royale petite prime...

Reprendre mon PC le soir pour finaliser un truc se vit quand même différemment quand c'est quelque chose qui se traduira par des espèces sonnantes et trébuchantes. 

Je l'ai particulièrement ressenti il y a 18 mois, quand je suis partie 1 semaine en Asie animer des ateliers de communication multiculturelle. J'ai bossé comme une tarée avant et pendant, mais après, ça a été un weekend en amoureux à nous vautrer dans le luxe d'un Spa 4 étoiles, et, vraiment, j'ai énormément apprécié ce lien direct entre investissement et récompense, et ce weekend en avait une saveur particulière.
De la même manière, j'ai bossé comme une tarée en novembre et décembre, et du coup, même si janvier est plus calme et qu'une partie de moi est tentée de dire "euh, faudrait remplir un peu plus quand même", je suis aussi capable de me dire "pas la peine, tu as encaissé largement au dessus du budget prévisionnel le mois dernier, détends-toi et profite un peu".
Idem la gestion des mails : quel cadre (et beaucoup de non-cadres) ne souffre pas du syndrome de la boite-mail-qui-dégueule avec ses 574 mails non lus ? Je vais vous faire fantasmer : je n'ai pour ainsi dire plus de mails pro non-lus. Parce qu'autant, en entreprise, l'envoi et la mise en copie de mails semblent relever du sport national, autant, quand on est indépendant, les clients nous spamment avec beaucoup, beaucoup plus de discernement puisqu'ils savent bien que le temps que nous passons à lire leur prose n'est pas gratos (pour peu, encore une fois qu'on ait été claire sur le sujet)

3. Capacité à maximiser l'intérêt du temps passé au travail 
Quand j'anime des formations sur la gestion de la motivation, je souligne qu'on a tous, dans nos boulots, une part de choses qu'on n'aime pas. L'important est de respecter un certain ratio : 
  • 80/20 est qqch de sain, 
  • au delà de 70/30 on risque l'épuisement, voire à long terme le burn out, puisque trop de nos ressources vont dans des choses qui ne nous ressourcent pas, justement. 
Très clairement, depuis que je suis indépendante, l'intérêt de mon job a été dopé; je l'aimais à la base, mais je n'avais pas anticipé le constat indéniable que je fais maintenant. En tant qu'indépendante, j'ai la liberté de mes missions, de mes clients, et, du coup le sens de ce que je fais n'a cessé d'augmenter. Si bien qu'à présent j'évaluerais mon ratio à 90/10 voire même 95/5... Je n'ai plus ou moins gardé de mon job que les aspects qui ont le plus de sens pour moi. C'est ... KIFFANT.

4. Capacité, bis : être indépendante me permet également de répartir mon temps de manière à inclure une activité pro annexe pleine de sens
Si 95% de mon chiffre d'affaires repose sur mon activité RH, et que c'est là dessus que je compte pour nourrir la famille, ma micro entreprise me permet également d'"abriter" les ateliers et conférences Faber et Mazlish que j'anime, et c'est particulièrement réjouissant. 
Avec un bémol : le temps passé à Faber & Mazlisher étant très substantiellement moins rémunérateur que le temps passé à RHer, je peux libérer du temps RH (faire moins) pour Faber et Mazlisher, mais pas trop non plus sinon, pas de beurre dans les épinards (remarquez, en ce moment, IPLV de Mister H. aidant, j'ai moins droit au beurre, alors on s'en fout?), voire pas d'épinards du tout maintenant que nous avons complètement revu l'équilibre budgétaire de notre famille et que celui-ci repose sur moi, moi, et remoi.

5. Capacité du coup à développer encore cet intérêt ! 
Je suis libre du choix de mes clients, et ne manquant jamais de business, je peux me permettre de refuser ce qui ne me va pas, et privilégier ce qui m'intéresse davantage, que ce soit en terme de missions (thématiques), ou de clients : je n'ai plus à bosser avec des gens relous, à supporter des réunions récurrentes avec quelqu'un de mal embouché, à faire avec le despotisme de gens toxiques. 
  • Si je ne "sens pas" mon prospect, je ne le transforme pas en client, c'est tout. 
  • Un client me plaît ? Que ce soit un grand groupe ou une petite start-up, c'est à moi de voir avec lui dans quelle mesure nous pouvons encore élargir notre collaboration. 
A moi cependant de faire gaffe et de choisir avec soin.... Il m'est déjà arrivé de m'être maudite d'avoir accepté telle ou telle mission ;-) Mais c'est une leçon très formatrice. Et comme il s'agit de missions, l'embêtement est d'assez courte durée, et la leçon, elle, pour le long terme.
Dans tous les cas c'est ainsi que peu à peu, la partie formation managériale et/ou multiculturelle de mon activité s'est développée, puis la partie coaching pro. Des thématiques qui me font baver d'enthousiasme. Or comme on est toujours meilleur dans ce qui nous transporte, le cercle vertueux fait que mon efficacité au boulot augmente aussi, donc plus de clients dans ces domaines, donc plus de succès, donc ....etc. 
Autre aspect : moi qui aime la diversité, je suis servie. Je ne suis pas limitée par une définition de poste, je vais faire un peu de généraliste là, un peu de formation ici, de l'outplacement, ... uniquement ce que j'aime, mais tout ce que j'aime, sans avoir à choisir. Du coup je reste compétente dans tous ces domaines, et ce que j'apprends dans l'un enrichit ce que je fais dans l'autre.

TOP du top, hein ?


Avec quelques MOINS néanmoins.

1. En grand un, cette fameuse charge mentale 
Etre maman et à son compte, c'est
  • gérer les enfants, les repas, les courses, les habits (changer de taille de saison, approvisionner, laver, ranger), 
  • mais aussi leur garde : que d'énergie dévouée à bricoler une solution en fonction de son planning en constante évolution ! Les mamies au pair ont pu aider sur ce plan-là... sauf quand les relations délicates avec elles venaient encore alourdir la charge mentale. (mais celles avec qui c'était fluide, c'était le pied !!).
  • Et parfois, incompréhension du conjoint quand on le sollicite en dernier recours bicoz foirage des plans A B C et D et nécessité absolue de caser les enfants. (ça, ça a été très dur à gérer du temps où Monsieur Bout avait encore une vie pro, et la source de tensions aigües... et donc d'un surcroît de charge mentale)
cf le point suivant.

A cela s'ajoute un planning en constante évolution donc aucune routine sur laquelle se reposer
Idem sur le mercredi : conduites diverses, RDV, passer du temps avec les enfants, Shiva bonjour !
Et en tant qu'indépendante, en couple avec quelqu'un de non-indépendant, on est la personne qui reste dispo pour les histoires de plombier, gère les livraisons de bois de chauffage, les factures, les RDV médecins ou les interactions ultra fun avec la Sécu.

2. Une activité indépendante est souvent "invisible", moins vue par l'extérieur. 
Ca n'est pas considéré pareil, puisque sans horaires officiels. 
Et en particulier, c'est souvent moins réalisé par l'autre partie du couple : on est à la maison, non ? 
Ou on rentre avant le conjoint donc c'est tout comme. 
Le fait que peut-être l'heure qui a précédé son retour à lui a pu être consacrée en priorité à la gestion des enfants (logistique : douche, préparation du repas par exemple; et affective : câlins, jeux) et non à la gestion de la maison (ranger la maison, faire ranger les chambres …) échappe facilement à son attention (avec parfois la petite remarque qui fait plaisir merci).

3. Travailler en indépendant, c'est gérer son planning soi-même, mais aussi ses incertitudes de planning et de charge 
En ce qui me concerne, en tous cas, ma visibilité sur mon business est réduite, ma charge fluctue, et je ne sais jamais trop quelle tête auront les semaines et mois à venir. 
On a le stress d'être en sous-charge alors on se démène pour dégoter des affaires et puis pouf, tous les prospects se transforment simultanément en clients et on se voit mal les refuser. L'affaire part sur tant de jours et pouf, elle enfle. Ou inversement, on se croit full, puis pouf, un projet est divisé par 2, un autre est annulé, un 3ème est reculé.
Bon personnellement, à l'arrivée, cette dynamique chez moi cause plutôt une surcharge qu'une sous-charge: hormis mon tout début de business, puis mon tout début de retour en congé maternité, j'ai passé mon temps à me dire que "c'était la mort le planning mais d'ici quelques semaines ce serait le bout du tunnel"; tunnel magique se prolongeant à chaque fois que je m'approchais de sa fin. (c'est pas pour rien que ce billet de blog est le premier depuis aussi longtemps)

4. Et lié à ça, il y a aussi l'incertitude financière / trésorerie
  • Vais-je rapporter assez ? (même si dans les faits j'ai toujours trop de business, je ne suis jamais sûre que ce sera toujours le cas, eh) 
  • Quand vais-je être payée ? Un point que j'avais totalement sous-estimé à mes débuts, mais que j'ai vite réalisé quand mon premier client m'a réglée plus de 3 mois après le début de prestation. 
Autant dire que pour pouvoir gérer cet aspect là, il faut 
1. des nerfs d'acier ou 
2. ne pas être dépendant de ce revenu pour payer les factures immédiates ou 
3. s'en être rendu moins dépendant en constituant un très gros matelas financier immédiatement disponible (ce qui est typiquement ce à quoi nous travaillons maintenant que nous n'avons plus le salaire de Monsieur Bout pour tabler sur le point 2).
Faute de tout ça, bonjour à un surcroît de charge mentale quand le compte en banque s'orne de jolis chiffres rouges.

A ces aspects standard de la vie micro-entreprise se sont rajoutés chez moi d'autres éléments
  • l'écriture d'un bouquin n'a pas amélioré le truc pendant mes premiers moments d'indépendante.
  • la charge mentale des interrogations existentielles du mari sur sa vie pro
  • le poids des finances liées avec les perspectives qui se dessinaient d'une rupture de cette vie pro
  • plus les inquiétudes autour du bien-être de l'aîné (y compris, serrer les fesses en allant chercher son fils à l'école car on sait qu'on risque de se prendre des retours négatifs après l'école, et qu'on ne sait pas dans quel état on va retrouver un fiston; proba : survolté)

Bref, tout ça, ça m'a menée pas loin du burn-out il y a 18 mois.
Heureusement, nous avons pu réajuster peu à peu pas mal d'aspects, le premier étant que Monsieur Bout prenne conscience de tous les aspects cachés de l'activité, le second étant que je baisse mon propre niveau d'exigence.
Ce qui est drôle d'ailleurs, c'est que ça m'a rappelé le début de fatigue connu quand j'étais à 50 % : le piège du 50%, le piège de l'indépendante, c'est qu'on a tendance à se coller et à nous coller les exigences de la "femme active professionnellement" ET de la "maman au foyer" : bosser ET avoir une vie sociale ET faire de la bonne cuisine ET...et.et.
C'est pourquoi si ce billet devait avoir un titre alternatif, ce serait : Maman & micro-entrepreneuse... le dangereux mythe de l'ubiquité.




Mon bilan reste donc positif : hors de question pour moi, à l'heure actuelle, de repasser dans le salariat. Mais j'ai mesuré certains des points potentiellement dangereux, et je me suis dit que ce retour d'expérience pourrait servir à d'autres. Si vous avez des partages complémentaires à apporter, ce sera avec joie !

Aujourd'hui, c'est encore un autre rythme que nous avons : car clairement, être maman et micro-entrepreneuse, c'est une tout autre manche avec un mari au foyer

Mais ça ne se traduit pas par beaucoup de temps libre non plus, comme vous aurez pu le constater au délai indécent qui s'est écoulé sans le moindre billet sur le blog. 
Je suis cependant pleine de bonnes résolutions (et surtout d'une furieuse envie de vous blablater), avec notamment, en théorie, un billet sur le sommeil des bébés et un autre orienté... fashion, à sortir bientôt 
(Ouais : je suis une fashion victim. 
Je vais me réinventer en blogueuse mode. 
Comptez-dessus. 
OU PAS.)


lundi 4 novembre 2019

Une nouvelle vie pour Monsieur Bout !

… et pour un peu toute la famille, en fait

Ce fut long ; ce fut laborieux ; ce fut douloureux. 
C’est, toujours, un peu beaucoup flippant.


Mais la décision a fini par être prise ; 
les démarches correspondantes ont été entreprises ; 
les RDV nécessaires pris ; 
- le calendrier initialement prévu bousculé, tout avancé de 3 mois en l'espace de 3 jours - 
les papiers signés ; 
les jours restant jusqu’à la date fatidique, comptés un à un.

Après de longs mois. Après un énorme travail de discernement de part et d’autre, des calculs tous azimuts, des discussions, rediscussions, mises en question et remises en question...
En septembre, Monsieur Bout a signé une rupture conventionnelle avec l’entreprise qui nous avait ramenés en région parisienne il y a deux ans
Depuis quelques jours (le temps des délais légaux), il est donc libéré d’un job et d’un contexte professionnel dont la toxicité ne faisait qu’empirer. 

Mais il en a fallu du temps pour discerner et oser passer le pas : il a fallu se libérer de nombreux liens, de nombreuses peurs, se recentrer sur nos vraies priorités et nous dépouiller de celles que nous avions « intégrées » sans y penser. 
Pour Monsieur Bout, il a fallu remettre en question sa conception de son utilité, de sa valeur, de la « réussite ». Il aura fallu une grosse dose, de courage mais aussi de moments si compliqués que, quelque part, nous sommes « allés au bout du système », pour être capable de lâcher une situation confortable, enviable, symbole de succès aux yeux du monde, pour l’inconnu.


Avec cette décision, c’est tout notre équilibre familial que nous allons revoir. 

Ces dernières années, 
  • l’arrivée des enfants d’un côté = souhait partagé qu’ils soient élevés principalement par nous, 
  • la progression professionnelle (et salariale) de Monsieur Bout de l’autre = activité pro de Monsieur beaucoup plus rentable financièrement que celle de Madame malgré, au départ, un diplôme identique
avaient peu à peu placé celui-ci en position de principal voire unique pourvoyeur aux besoins matériels de la famille, pendant que j’assumais l’essentiel des besoins non financiers de la famille (présence, logistique).
Un équilibre qui m’a très bien convenu un temps (je me suis éclatée à la maison à Strasbourg), mais qui pesait de plus en plus à Monsieur Bout.
Un équilibre que notre déménagement en région parisienne a de toute manière fait voler en éclats, en cumulant
  • Quotidien à la maison beaucoup moins sympa puisque perte de mes repères
  • Charge mentale de la Gwen décuplée par les soucis causés par les difficultés vécues par F.
  • Nouvelle opportunité, pour la Gwen, de remonter en selle auniveau pro. Devenir « freelance » m’aura permis de faire cela d’une manière plus compatible avec une grosse dose de présence pour les enfants… mais aussi à la fois bien plus intéressante et bien plus rémunératrice qu’auparavant
  • Quotidien pro de Monsieur Bout rapidement invivable, source d’un stress et d’un mal-être énormes et inévitablement répercutés à la maison
  • Charge mentale de Gwen encore augmentée de ce fait (ainsi qu’une charge logistique accrue du fait de la disponibilité inexistante moindre de Monsieur Bout). 
Du coup tout a commencé par la gestion des états d’âme de Monsieur Bout, puis rapidement j’ai vu s’accumuler tous les signes d’un burn-out approchant (l’avantage d’être RH, c’est qu’on les connaît, ces signes, pour les avoir si souvent vus… chez les autres), l’entendre chaque jour de son mois de vacances d’été 2018 me dire qu’il avait peur de retourner au boulot, tirer sans cesse la sonnette d’alarme pour que Monsieur Bout s’arrête à temps, mais sans succès, et me résigner à guetter l’écroulement final en ayant conscience de ne rien pouvoir faire pour l’éviter.

Rien, hormis capituler et pousser (plutôt que freiner, paniquée – ce que je faisais au départ : on avait quitté Strasbourg pour ce job bordel !) Monsieur Bout à explorer toutes les pistes les plus folles qu’il me sortait certains soirs en mode « j’irais bien élever des chèvres dans le Larzac ».

Capitulé, j’ai. Je me suis déclarée prête à soutenir, supporter, endosser avec lui toutes les conséquences d’un éventuel changement de voie, aussi radical fût-il.

Une seule garantie, j’ai demandé : que ce choix soit fait de manière accompagnée, car 
« en ce moment nous sommes plutôt riches, et tu es malheureux. Je suis OK pour le schéma : pas riche du tout, toi heureux. Mais si c’est pour qu’un souci d’orientation nous amène à la case pas riche du tout, toi malheureux… Là ça bloque. ». 

Monsieur Bout avait déjà eu recours à un coach quelques mois auparavant, mais ces quelques séances ne l’avaient pas mené bien loin. Il nous fallait donc un accompagnement plus musclé : à lui, pour l’aider, à moi, pour pouvoir le soutenir dans la voie choisie en ayant un minimum confiance qu’elle ne nous mènerait pas au casse-pipe.
La « garantie » de bon discernement à laquelle nous avons eu recours a été de se tourner, pour Monsieur Bout, vers un accompagnement proposé par une association spécialisée depuis 30 ans dans la gestion de groupes de réflexion : intégrer un collectif de 12 personnes remettant à plat réussites, compétences, goûts et projets professionnels, selon une méthodologie extrêmement structurée et extrêmement exigeante (en termes de travail personnel fourni).
Des mois de boulot.

Résultat : nous rééquilibrons.

L’objectif premier étant de revoir l’équilibre vie pro / vie perso de Monsieur Bout, et de booster au passage l’intérêt de l’aspect pro, Monsieur Bout va lui aussi se lancer dans l’aventure de l’indépendance. Depuis une grosse année, je m’éclate, moi, profitant à fond de la liberté dont je dispose pour ne faire, dans mon boulot de RH, que les choses qui ont du sens, dont je ressens et perçois profondément l’utilité. Ca a donné envie à Monsieur Bout… et devenir indépendant va lui permettre de gérer lui-même son temps, accédant ainsi au temps partiel, un Graal vraiment peu répandu dans les grands groupes français… et encore moins quand c’est un homme qui prétend y accéder.

D’un modèle 
  • Monsieur Bout gère l’essentiel de la charge financière / 
  • Gwen gère l’essentiel de la charge familialo-maisonnesque, 
nous passons donc à un modèle 40 / 60 : la Gwen récupère une grosse moitié de la charge financière, et bascule une grosse partie de la maison / famille sur les épaules de Monsieur Bout.

Le plan est donc que j’augmente ma charge de travail, pour bosser l’équivalent d’un 60%, et que Monsieur Bout bosse un petit 50%, et consacre le reste de son temps à la poursuite d'activités épanouissantes ainsi qu'au soin des enfants et de la maison. Bien entendu, cette estimation de notre temps de travail est approximative : tout dépend du prix auquel nous réussirons finalement à vendre notre travail, et de la masse de travail annexe que nous devrons fournir pour, justement, trouver et gérer nos clients. 
En théorie cependant, si on en croit notre tableau Excel, cette organisation doit nous permettre, moyennant quelques ajustements de ci de là, et une gestion prudente des comptes, de continuer à assumer les 2 grosses charges de notre budget : 
  • garder notre maison, et 
  • garder nos enfants dans les écoles Montessori qui, pour le moment, nous conviennent si bien.
Nous allons donc partir là-dessus. Si finalement notre équilibre budgétaire ne se réalise pas tel que nous l’avons si joliment simulé, il sera toujours temps de prendre d’autres décisions plus radicales.


Corollaire de cette décision : un facteur nous permettant de nous lancer dans l’aventure de la double-freelancitude après des années de sécurité de double-salaritude-dans de-grands-groupes est notre capacité à pouvoir compter sur un volume suffisant de clients pour assurer à notre famille 
  • un revenu suffisant dans l’absolu, 
  • un revenu suffisamment stable, 
  • et une activité suffisamment intéressante (= où nous pouvons choisir nos missions / clients, plutôt que de prendre ce qui vient pour faire bouillir la marmite). 
Cette capacité est, très clairement, grandement liée à notre présence en région parisienne. Le dynamisme économique et la position centrale de Paris nous assurent un potentiel de volume d’affaires inégalé ailleurs en France. Donc, tant que nous resterons sur ce schéma-là, il ne sera a priori (je dis a priori, hein…. Je sais trop ce qui m’arrive quand je me montre trop certaine dans mes plans…) pas trop question d’un nouveau déménagement. Ouais, je sais, pour tous les tenants de la thèse du retour surprise à Strasbourg : c’est mort. C’est bien triste, car franchement la vie en IDF ne nous séduit toujours pas plus que ça, mais c’est le prix à payer pour pouvoir mener une vie qui nous convienne sur d’autres plans. Donc c’est un sacrifice que nous faisons volontiers, puisqu’il conditionne notre capacité à faire des choix autrement plus cruciaux à nos yeux.

Voili voilou. C'était donc le fameux changement-mystère évoqué ici. Et c'est un des facteurs qui a, également, conduit à la fin, au moins provisoire, de l'instruction en famille chez nous.
D’où il s’ensuit que
  • Je vais pouvoir un peu me délester de pas mal de points de ma to do list dans les temps à venir
  • Nous allons, en parallèle, être pas mal occupés par l’intégration de nos nouveaux rôles ;
  • Bébé number 3 aura la chance de profiter d’un papa bien plus présent ; et, nous l’espérons, bien mieux dans ses pompes.
Une nouvelle aventure commence !
(ta taaa tataaaa tatata tataaaaa … - si vous n'avez pas reconnu = musique de Christophe Colomb, voyons !)

Je vous savais avides de découvrir le joli minois blond de Monsieur Bout; Le bleu lui va à ravir, hein ?!

dimanche 3 juin 2018

Une journée dans la vie d'une maman pro en IEF

Ce mardi :

Lever 8h.
  • Routine Flylady du matin. Je profite notamment de mes 2 minutes de Hot Spot pour accomplir quelque chose que je procrastine depuis longtemps : recoller une petite tablette de la 3ème boîte de couleurs Montessori.
  • Une fois prête, je descends réveiller les enfants : habillage, puis hop, on descend encore d'un étage pour petit-déjeuner.
  • Ils jouent 10 minutes dehors pendant que je range quelques petites choses puis notre mamie au pair termine de ranger la cuisine pendant que je rassemble mon petit monde et le remonte au 2ème étage.
  • Temps d'école : ils trient des boutons, E. travaille les lettres rugueuses sous l’œil vigilant de son grand frère, ledit grand frère continue à progresser dans la série rose, et avance un coloriage de planisphère Montessori. Moi, je supervise, j'avance dans le découpage de la suite de la série rose, et je finalise ma to-do list du jour dans mon Bullet Journal.

Ensuite, je les laisse à la mamie au pair, j'opère un discret ravalement de façade (anti-cernes et mascara), je sélectionne deux paires de chaussures (une pour me la péter faire pro, l'autre pour marcher / conduire), et je file à mon RDV / déjeuner pro
Sur la route, je suis en haut-parleur avec une copine, j'en profite pour rattraper mon retard d'échange de news

  • Déjeuner-pro avec une de mes anciennes chefs : nous échangeons des nouvelles (6 ans sans nous être vues) et nous parlons business : 
    • il y a de fortes chances qu'ils me confient des missions, youpi. Mais avant l'été ? Pas gagné. Moins youpi ! Notre budget aurait cruellement besoin que je sois en mesure de facturer quelques jours de travail RH au plus vite. 
    • Serais-je OK pour aller animer des formations de 2-3 jours en Chine ? Je dis OK sur le principe : après tout, notre organisation toute neuve en mode mamie-au-pair rend cela tout à fait possible. 
    • Nous terminons le déjeuner sur ma proposition de résumer d'un mail nos échanges et les domaines dans lesquels je serais susceptible de leur venir en aide.
  • Retour vers chez moi : j'atterris pour 2h chez une de mes charmantes voisines, en mode co-working (Ah, les joies du "village" !)
    • Nous commençons par un thé-bavassage (j'en profite pour lui exposer mes doutes concernant mon choix de mamie-au-pair), puis hop, au boulot, chacune à un bout de sa table de salle à manger. 
    • Je rédige et envoie le mail promis lors du déjeuner. 
    • Puis je passe un coup de fil à la bibliothèque d'une ville pleine de familles, à 20 minutes de chez moi, en vue de décrocher un RDV pour leur présenter l'approche Faber et Mazlish. Mon objectif : y tenir une conférence. La personne compétente étant en réunion, je récupère son numéro de ligne directe et l'indication de l'horaire à laquelle je pourrai la joindre le lendemain.

Je file ensuite, chargée d'un sac plein de livres Faber et Mazlish. J'ai justement RDV avec le personnel de la bibliothèque de ma ville à moi, avec un objectif similaire. 
  • Discussion très sympa avec deux jeunes femmes très intéressées par le sujet. Elles me fileront un créneau de conférence un jeudi soir en novembre. 
  • Je termine en raflant quelques livres pour enfants dans la section jeunesse, et les tragédies complètes d'Euripide demandées par mon honorable mari, puis je file chez moi.
  • Chez-moi vide d'enfants et de mamie-au-pair : j'en profite pour consulter rapidement mes mails et voir que, par le biais de mon réseau commercial, une nouvelle proposition de mission RH vient de tomber. Rapide coup de fil à la personne qui le propose pour demander des précisions et me porter candidate. 

Puis j'appelle la mamie au pair et vais la récupérer, à sa demande, à la ludothèque. Le bilan qu'elle me dresse de la journée ne fait qu'amplifier mes doutes. Les quelques mots glissés par la copine également présente aussi. J'ai vraiment très mal choisi.
Nous rentrons, je lis une histoire, puis lance le dîner, Monsieur Bout arrive et nous dînons tous les 5. J'écourte le dîner pour charger la voiture avec le matos nécessaire, j'embrasse mon petit monde et je repars : atelier N°2 pour mon deuxième groupe Faber et Mazlish.

  • Quelques minutes de conversation avec la sage-femme qui héberge ces ateliers dans son cabinet, au sujet de la session que nous venons de programmer pour septembre, et des suivantes que nous envisageons. 
  • Puis les participants arrivent. L'impression laissée par mon premier atelier avec ce groupe se confirme : ils sont au taquet ! Les échanges sur les expériences vécues depuis la première séance sont riches, de même que ceux concernant ce qu'ils retirent des lectures complémentaires suggérées. 
  • La séance avance, les exercices mêlent émotion et rires, les questions fusent, zut, c'est fini !
Je range et ferme le cabinet.

Retour à la maison, Monsieur Bout m'accueille, nous débriefons de la journée, puis routine Flylady du soir, et dodo.

Je ne m'ennuie pas, c'est sûr.
Et je m'éclate : cette reprise pro me fait un bien fou.
Ce n'est que maintenant que je suis dedans que je mesure à quel point j'en avais probablement besoin.




Un seul point noir demeure : le mode de garde des enfants constitue un point à améliorer... Pas moyen pour moi d'avoir l'esprit vraiment libre quand des doutes quant à la manière dont les choses se passent en mon absence viennent parasiter mon esprit.
(et en effet : d'un commun accord, notre mamie au pair repartira chez elle vendredi. Me voilà donc en rade car mes chances d'en dégoter une convenable avant l'été sont proches de 0. Il va falloir jongler pour m'assurer tout de même le temps libre nécessaire pour gérer un minimum le côté pro)


lundi 28 mai 2018

Poursuite de l'IEF ou école Montessori : le verdict

Rappel de l'épisode précédent : contre toute attente, F., qui tous les mercredis, se rend à l'école Montessori située à 10 minutes en voiture de chez nous, s'est vu offrir la possibilité d'y aller "à temps plein" (4 jours par semaine) à la rentrée prochaine.

Gloups.

C'était une possibilité sur laquelle j'avais, un temps, fondé beaucoup d'espoirs : quand c'était la cata à la maison. Mais de nettes améliorations de la situation m'avait permis de décider, assez sereinement, de continuer à instruire F. à la maison, et mon année 2018-2019 s'organisait doucettement de cette manière.

Y a pas de hasard : 
  • Que, cette année, à peu près au même moment, tous mes plans soient à nouveau bousculés, cette fois-ci en venant titiller l'aspect "école à la maison" desdits plans, ne devrait pas me surprendre.
  • Si donc, au printemps prochain, vous me voyez publier des billets concernant mes projets pour l'année suivante : ne les lisez pas
    • Nul doute qu'il arrivera quelque chose pour les rendre totalement caducs. 
    • Peut-être m'abstiendrai-je d'ailleurs de pondre des billets-planification. Ou même de faire des plans (mouais, pas très réaliste, je ne peux m'en empêcheeeeeer). 
    • Il serait probablement plus judicieux de remplacer ces billets par un petit jeu dans le style des paris à l'anglaise, pour déterminer quelle sera la variable concernée / la cause du bouleversement de tous les plans qui auraient pu oser germer dans la tête de la Gwen. Tant qu'à faire, autant rigoler un coup.

Bref.

Je ne vous cacherai pas que j'ai passé une très sale fin de semaine.
Cette question m'a vraiment retourné le cœur.

Vous noterez d'ailleurs que, alors que j'avais au départ 48h tout juste pour communiquer notre décision, je suis allée réclamer un délai de réflexion supplémentaire histoire de prolonger la torture.
Y pas d'mal à se faire du bien mal.

Mais ça y est, j'ai profité de l'horaire de la sieste pour envoyer un petit mail.


  • F. prendra le chemin de ladite école Montessori, 4 jours par semaine, en septembre 2018
  • Il connaîtra sa première vraie rentrée scolaire.
  • Pas de non-rentrée un peu narquoise cette année pour nous.
Enfin, si, pour sa sœur, E., dont nous venons de fêter les 3 ans, et que je n'envisage pas du tout de scolariser pour le moment (m'enfin, vous savez, hein, c'que j'en dis... cf le paragraphe sur les plans... Gwen blasée inside)

Pourquoi tant de haine ?

  • J'ai appelé la psy de F. pour avoir son avis. 
Elle a pensé qu'il était prêt pour cette séparation, et qu'elle pourrait même l'encourager, l'aider à prendre confiance en lui
Et qu'un quotidien plus réglé lui serait peut-être plus profitable qu'une alternance plus ou moins aléatoire entre jours IEF et  jours moins structurés gérés par une mamie au pair

  • J'en ai parlé à G1, notre ex mamie au pair, dont j'avais apprécié la finesse d'esprit et de perception, notamment concernant F. et son fonctionnement, justement. 
Elle avait déjà émis la supposition qu'elle avait l'impression que F. s'ennuyait, notamment dans les journées sans créneaux IEF( = les journées avec elle), qu'il manquait alors de stimulation. Aussi parce que, même si E. est un sacré petit bout de femme, et très avancée, elle a tout de même 2 ans de moins que lui et ne saurait suffire à le tirer vers le haut.

  • J'en ai causé avec ma chère Clotilde, dont les remarques et les questionnements m'ont bien aidée à avancer également. 
Et m'ont justement permis de pousser encore ma réflexion sur ce qu'impliquaient mes perspectives de reprise pro : un, mais probablement aussi deux jours pleins où F. serait confié à une mamie au pair, qui s'en occuperait certes avec beaucoup de soin, mais dont je ne pouvais garantir la capacité à apporter à mon fils une stimulation suffisante.

  • L'une de mes voisines, dont les garçons jouent régulièrement avec F., a même apporté sa petite pierre à l'édifice en me rapportant que F. aurait dit à ses fils qu'il avait envie d'aller à l'école. 
Ça vaut ce que ça vaut, mais cela vient tout de même nuancer la réaction pas enthousiaste de F. à l'allusion que j'avais tentée cette semaine.

Sublime billet, dont tous les paragraphes devraient être largués sous forme de flyers au-dessus des lignes ennemies dans les villages et les villes de France et de Navarre, et que je ne la remercierai jamais assez d'avoir écrit. 
Mais en l’occurrence, c'est le paragraphe intitulé "nos envies pour eux et leurs envies à eux" qui s'est trouvé être terriblement d'actualité. Allez donc le relire, et relisez tout le billet pendant que vous y êtes !


Or j'ai ruminé, longuement, mais il me semble que le besoin de contacts sociaux de F., et de stimulation par ses pairs, est actuellement très fort et sera mieux comblé par cette école-ci que par moi. 

Mais cette décision est dure à prendre, car aux inquiétudes pour mon fils (sera-t-il vraiment bien ? Aura-t-il sa dose de Maman suffisante ? Ne perdra-t-il pas en liberté, en capacité à faire mille activités et jeux dans sa semaine ?) s'est mêlée la douleur d'un deuil à faire.

F. a, peut-être envie, probablement besoin, d'aller à l'école, mais MOI je n'ai pas PAS DU TOUT envie qu'il y aille.


Oui, c'est difficile pour moi d'abandonner (partiellement ! L'IEF restera d'actualité avec E., 3 ans tout frais; mais nous devrons dorénavant composer avec les contraintes horaires du grand frère scolarisé) ma vie de maman IEF.
  • Cette liberté
  • Cette vie un peu hors du temps... à la fois dans l'absolu, et concrètement : je ne suis pas une pro de la ponctualité
  • Les mille possibilités de contacts et d'activités : je m'économise, par exemple, le billet projeté au sujet des moult activités extra-scolaires projetées pour mon duo l'an prochain. Emploi du temps plus chargé oblige, nous allons réduire la voilure sur ce point.
  • La position de première accompagnatrice des apprentissages de mon Bébou. En particulier maintenant, où il rentre dans la lecture : avoir assisté à cela a été une expérience merveilleuse (pas toujours facile,  hein, mais merveilleuse). Ultra gratifiante. Et je vais renoncer à cette gratification, à la joie d’être la première spectatrice des progrès de mon fiston, du moment où ça fait "clic" dans son cerveau. Même, je vais vous faire un aveu : ça m'énerve profondément de "lâcher l'affaire" au moment où il rentre dans la lecture, justement. C'est balbutiant pour le moment, ce sera maîtrisé l'an prochain. Et tout le mérite en reviendra à l'école, et ça, ça chiffonne mon amour-propre. Or comme je n'aime pas repasser, je n'aime pas qu'on chiffonne.
  • Ces matinées à 3 dans notre salle de classe. Nous y serons toujours, mais à 2...
  • ...

Mais c'est ainsi.
Peut-être l'arbitrage aurait-il été différent si je n'avais pas du tout envisagé de reprendre une vie pro. Mais je fais plus que l'envisager, j'y tiens, c'est devenu important pour moi, et il ne sert à rien d'en nier les impacts potentiels sur mes enfants.

En définitive, ce qui m'aura finalement aidée à finaliser la décision, cela aurait été de me poser la question du "pire qui pourrait arriver" pour chacun des deux scénarios.

Si je refuse cette place, mais que finalement F. a  vraiment du mal cette année, s'ennuie, est en mode conflictuel, rebelle : je n'aurai que peu de marge de manœuvre. 
Il faudra attendre la rentrée suivante pour l'envoyer rejoindre l'ambiance 6-9 ans de l'école Montessori en question. Cela aura fait un an compliqué pour tout le monde, et un an c'est très long, à 5 ans. C'est riche de possibilités, un an, et donc aussi potentiellement riche de possibilités non exploitées.

Si j'accepte cette place, mais que finalement F. a vraiment du mal, j'aurai plusieurs pistes à explorer 
  • réduire mon implication professionnelle de telle manière que je puisse plus souvent venir le chercher à la sortie de l'école (la psy de F. trouvait assez moyen le fait que, si je bosse 2 jours / semaine, la sortie de l'école sera assumée par quelqu'un d'autre que moi ces deux jours). Avec deux variables : moins de boulot RH, et/ou moins d'animation d'ateliers Faber et Mazlish
  • Une autre piste, pas forcément facile à mobiliser, mais existant tout de même : l'implication du papa / ses horaires
  • Et il n'est pas exclu (je ne perds pas espoir !) qu'une grossesse m'invite de toute manière à passer plus de temps à la maison à un moment ou l'autre de l'année. Non seulement cela viendra régler pour un temps le souci des sorties d'école, mais la disponibilité ainsi regagnée sera d'autant moins théorique (= je suis physiquement là mais pas en mesure de m'occuper vraiment de toi) que je pourrai plus facilement me reposer pendant que F. sera à l'école : mon besoin de repos ne sera pas nécessairement constamment en conflit avec son besoin d'activité.
  • Et au besoin, le retrait de l'école : nous y laisserons quelques plumes au niveau financier, mais...

Alors voilà, j'ai vraiment passé de sales journées, je sais que j'en passerai encore des pas très sympas, et que certaines interrogations seront promptes à remonter lors de moments difficiles. 
Je parie un million sur le fait que j'aurai tendance à surinterpréter chacun de ses comportements inappropriés en "c'est parce que je lui maaanque / le rythme est trop soutenu / il sature de voir tant de gens / il aurait besoin de plus de temps dehors".

Mais quand nous nous sommes lancés dans l'IEF, c'était aussi parce que je savais que si je ne le faisais pas, je n'allais pas être capable de gérer les insatisfactions que générerait l'école
"en IEF ça aurait été mieux !"
Là, après 2 ans d'IEF, en ayant observé mon fils, en sachant mieux identifier ses besoins et ce qui permet de les combler, l'approche est différente. Plus réaliste. Non, tout en IEF n'est pas forcément "mieux", toujours, pour tout le monde.

La tendance s'est inversée, au moins cette année : si je ne scolarise pas F., je risque de vivre chaque difficulté de l'année IEF en mode 
"si je l'avais scolarisé cela aurait été mieux!".

Alors je ravale un peu mes larmes, et je vais tâcher de faire de cette année une année la plus épanouissante possible pour F.
Et nous verrons pour la suite. 
Dès le départ, nous sommes partis sur le principe de réévaluer chaque année l'opportunité de faire IEF ou non, pour chaque enfant. Ce principe reste et restera valable, la question continuera à se poser chaque année. Or une question n'est une vraie question qu'à condition d'avoir a minima deux réponses possibles. 
Le moment est venu d'explorer ce que donne la 2ème réponse.