PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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jeudi 19 juillet 2018

Recycler son pain sec (Voire rassis. Voire en béton armé) : les Semmelknoedel, boulettes germaniques

Le pain sec a toujours été un de mes grands copains. En tous cas, à en juger par la manière dont il revenait sans cesse chez moi !
C'était d'ailleurs un des points qui me plaisait bien dans les petits-déjeuners porridge : exit le gaspillage de pain devenu rassis. Le pain ayant à ce moment plus ou moins disparu de chez nous (car nous en mangeons très peu sinon, tout au plus avec le fromage, et encore !): pas de pain, pas de pain sec.
Bon, mais, la conjonction TooGoodToGo + une certaine lassitude de certains membres de la famille vis-à-vis du porridge a fait que le pain a regagné du terrain chez nous, et son co-pain-sec (CLAPCLAPCLAP applaudissez le jeu de mots laid !) avec lui.

Qu'à cela ne tienne, j'ai ressorti une recette chermanique dont je vous avais déjà parlé, mais sans jamais vous la donner (hooooouuuuuuu !!!)

Les Semmelknödel
(prononciation phonétique : Zémeulkneudeul)

Grâce à cela, quand divers quignons de pain commencent à s'accumuler dans la panière à pain, je peux victorieusement repousser la culpabilité qui m'envahit, en sachant que, d'ici pas longtemps, je viendrai transformer ces machins en trucs bons à manger.

Cette recette se marie particulièrement bien avec des viandes en sauces, ou, surtout, des crèmes de légumes telles que celles suggérées dans mon billet sur les plats sans viande : champignons à la crème, poireaux à la crème, salsifis à la crème... mais surtout, surtout, une bonne crème aux champignons, par exemple aux pleurotes 
Hummm... les Semmelknödel se gorgent de sauce et nous, on s'empiffre.

Bon, maintenant qu'on a dit ça, je vais quand même vous la donner, cette recette.

pour faire des Semmelknödel, vous aurez besoin de
  • pain sec, réduit en morceaux, si possible assez petits (genre croutons pour soupe); je vous donne les proportions en partant du principe que vous avez un gros bol de croutons à "transformer", à vous d'adapter si en fait vous avez hold-upé une boulangerie entière / vous allez recevoir 40 personnes à manger (à vous de voir; des Knödel pour 40 personnes, c'est un challenge. Du riz, ce serait pas mal non ?)
  • 1 œuf
  • 1 tasse de lait (si on souhaite faire cela sans lait animal,  on peut utiliser du lait de riz. Dans ce cas, rajouter 1 œuf. Si on souhaite faire sans œuf, eh ben... je sais pas)
  • 50 g de beurre
  • 1 ou 2 oignons
  • du persil et/ ou de la ciboulette
  • 1 pincée de noix de muscade
  • sel, poivre
  • un peu de farine

Une fois le pain sec réduit en morceaux, verser dessus le lait bien chaud dans lequel on aura fait fondre la moitié du beurre. 
  • Remuer puis couvrir et laisser reposer au moins 15 minutes pour que le pain s'imbibe.
  • Pendant ce temps, faire bièvement suer les oignons détaillés en petits morceaux dans le beurre, rajouter sel et poivre
  • rajouter l’œuf au mélange pain + lait, puis rajouter les oignons, herbes, muscade, et une ou 2 cuillères à soupe de farine (pour la tenue: ça fait ciment)
  • A ce stade, ça donne une patouille engageante, et c'est le moment de régresser totalement : on y met les mains ! Donc, avec les mains qu'on a saupoudrées de farine, on se saisit de la pâte et on forme (en mode boule de neige) des boules d'une taille approximative (grosse balle de ping-pong / petite balle de tennis).

Deux options ensuite :
  • pour manger les Knödel tout de suite, on jette les boules ainsi obtenues dans de l'eau bouillante légèrement salée, on descend tout de suite le feu, on laisse cuire à tout petits bouillons pendant 2 minutes puis on descend le feu au max et on laisse cuire doucement pendant 10 minutes. On égoutte avec une écumoire, et on sert chaud en le recouvrant de la sauce. (comptez 2 boules pour un adulte)
  • pour manger les Knödel un autre jour, on les congèle crus (on les jettera directement dans l'eau bouillante en prévoyant 2-3 minutes de cuisson supplémentaires). Pour cela, la seule solution que j'aie pour le moment est d'envelopper chaque boule dans un morceau de papier cellophane, puis hop, au congél direct. Ce n'est pas du tout dans la lignée ZD, ça, et pour tout vous dire, depuis que j'ai mené ma guerre anti-papier-cellophane, la préparation de Knödel est demeurée l'unique moment où j'ai recours à ce suppôt de Satan au papier cellophane. Si vous avez une idée alternative, je suis toute ouïe. Petite précision : on ôte le papier cellophane AVANT de jeter le machin dans l'eau bouillante.


















Bon appétit !!
(ouais je sais, ça fait plutôt plat d'hiver. Mais... Winter's coming ! Je suis à l'avance sur mon temps, c'est tout)

DISCLAIMER. 
Veillez à ne pas faire cette recette pour la première fois devant des gens que vous voulez épater : 
si vous avez fait une pâte trop molle / pas assez compacté vos boules, il y a le risque que vos Knödel partent en cacahuètes dans la casserole pendant la cuisson.
Ce sera toujours bon, mais beaucoup moins esthétique. 
Laissez-vous donc un peu de temps pour ajuster...

Petit Bout par Petit Bout décline toute responsabilité pour radiation de l'émission Top Chef et autres dommages à votre réputation culinaire

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samedi 14 juillet 2018

Du soutien pour Maman #3 : 7 critères pour s'assurer une VRAIE détente quand les enfants sont gardés

Avoir des enfants c'est chouette.
S'en occuper, aussi.
Mais pour tenir la distance, pour gérer nos besoins d'adultes afin d'être en mesure de gérer leurs besoins d'enfants, il est souvent vital de s'aménager des créneaux sans enfants.

Chez moi, depuis plus de deux ans maintenant, c'est par le biais de la garde à domicile que je récupère de précieux moments "bien à moi". Je vous invite à aller relire ce billet sur le montage financier qui permet de limiter sérieusement les coûts.
Mais ces deux années ont été très différentes, à bien des égards, et notamment sur la manière dont faire garder mes enfants m'a aidée (ou pas) à conserver un semblant d'équilibre personnel (pour ne pas dire : mental).
Comme c'est une problématique d'utilité publique, je viens vous partager le fruit de mes observations sur le sujet : en effet, j'ai fait l'expérience d'à quel point l'efficacité de ces créneaux de garde sur le rechargement des batteries maternelles peut être variable.

Plus on passe de temps avec ses enfants, plus on a intérêt à s'organiser pour que les moments sans eux soient efficaces.
Voici donc 7 points à prendre en compte pour "faire garder ses enfants utile", c'est-à-dire, que le ressourcement soit bien au RDV.


1. Durée des créneaux

On fait évidemment avec les possibilités que l'on a, mais autant que possible, il est bon de veiller à ce qu'un de nos créneaux réguliers au moins soit "assez long" : n'oublions pas qu'en tant que maman, on met toujours un peu de temps à se déconnecter (au moins partiellement) de nos responsabilités de maman. Peu importe la manière dont on a prévu de passer le créneau, si on le fait dès le départ avec une horloge en tête / la perspective de retrouver nos mômes, ou si on est déjà en train de planifier ce qu'on va faire quand on les retrouvera, l'effet coupure en prend un sacré coup.
Quelle durée minimale ? 
Cela fluctue évidemment en fonction des contraintes (si on doit systématiquement prévoir 1/2h de route pour le moindre truc par exemple. Ou si à l'inverse on a un bébé allaité à gérer), mais en ce qui me concerne, j'ai vu qu'il me fallait au minimum 1 créneau / semaine d'au moins 4-5h. Si j'en ai 6, c'est encore mieux.
Bien entendu, c'est personnel, ça dépend des possibilités, mais c'est un point à avoir en tête / une variable à ajuster si on remarque que quelque chose cloche !


2. Stabilité et prévisibilité des créneaux

Oh punaise, là, typiquement, ça a été la différence énorme entre année IEF 1 et année IEF 2 chez nous :
  • L'an dernier, j'avais un seul mode de garde (hormis les petits babysittings du soir):  une personne, fournie par O2, avec des créneaux très fiables, réguliers dans le temps (mardi, jeudi).
  • Cette année j'ai jonglé entre différentes personnes, des personnes extérieures, des personnes au pair arrivant, repartant (certaines plus vite que prévu), des dépannages d'amis / famille, j'ai alterné des moments où j'avais plusieurs personnes à dispo, d'autres ou je n'avais persoooooooonne, bref, je n'ai pas eu de routine de garde. Une semaine c'était tels jours à tels horaires, celle d'après c'était différent, la suivante encore.
Dur dur !
  • beaucoup plus difficile de planifier son temps, et donc d'en profiter
    • à Strasbourg, je pouvais prévoir mes créneaux des semaines à l'avance, prendre des RDV en étant sûre d'être disponible (ou à l'inverse, prévoir une sortie avec les enfants sans me demander si, en fait ça n'allait pas tomber sur ZE jour où j'aurais pu les faire garder), et si j'avais envie de voir une copine overbookée je savais ce que je pouvais lui proposer, et nous finissions toujours par trouver une possibilité, avec 6 semaines de délais au besoin. 
    • Cette année... ben vous reprenez ma phrase précédente et vous rajoutez des "ne pas". Du coup il m'a été bien plus difficile de faire les choses auxquelles je tenais
  • charge mentale x10 puisque j'ai passé mon temps à envoyer des sms tous azimuts pour prévoir la semaine suivante; d'autant que, rappelons-le, la routine, c'est reposant...
  • stress constant : allais-je réussir à me trouver le temps nécessaire pour ce que j'avais à faire / pour moi ? Du coup, l'effet "je suis bien avec mes enfants car je sais que j'aurai des moments pour être bien sans eux" était beaucoup moins présent, une épée de Damoclès pesant en permanence sur ces moments "bien sans eux".

Bref, le critère de la stabilité est trèèès important dans le choix du mode de garde; et typiquement, si c'est votre maman qui doit faire partie de la solution, mais qu'elle craint d'avoir trop de contraintes, il vaut mieux insister pour un créneau régulier, même moins fréquent (une matinée tous les 15 jours ), que pour du "on voit spontanément", même potentiellement plus fréquent. Ou alors, compter sur quelqu'un d'autre pour assurer le minimum stable.


3. Une vraie séparation physique, notamment auditive

Celle-ci est automatiquement présente si on fait garder son enfant à l'extérieur : crèche, garderie, centre aéré, assistante maternelle, chez une copine ou un membre de la famille.
En revanche, c'est plus compliqué si on a recours à une babysitter / nounou à domicile.

En ce qui me concerne, je m'étais réjouie de ce que notre nouvelle maison, avec ses 3 niveaux, allait me le permettre facilement. J'ai vite changé d'avis : non, être tout en haut de sa maison, en train de se reposer / bosser / peu importe, mais avec les enfants "quelque part" tout près, ce n'est pas un bon plan pour déconnecter
Il ne s'agit même pas du fait qu'ils pourraient venir nous déranger / solliciter. Les miens ne le faisaient pas. Mais rien que les entendre, entendre leurs protestations, la manière dont la babysitter gère ou ne gère pas, etc : l'effet déconnexion est complètement perdu.

Une seule solution (enfin, en fait, 2. Mais la seconde fera l'objet du point suivant, donc 1. un peu de patience 2. un peu d'égards pour la structure de ce billet, merci)
Donc une seule solution-même-si-en-fait-deux : émigrer
  • Aller se poser à la bibliothèque, dans un Starbucks ou un salon de thé sympa, 
  • se faire inviter par une copine... 
Notre déménagement m'a, à ce niveau, ouvert des possibilités absolument extra. 
Non seulement j'ai la possibilité, avec le réseau commercial que j'ai rejoint pour la partie RH, de me rendre dans leurs locaux, en mode co-working, mais surtout, notre résidence s'est révélé être un espace riche en possibilités ! 
Je vais régulièrement passer la journée chez une de mes voisines : nous nous installons sur sa table de salle à manger, l'une en face de l'autre, elle gère ses trucs, moi les miens. Nos moments "studieux" sont régulièrement interrompus par des pauses papote, notamment au moment du déjeuner. Et celui-ci est soit concocté par elle (miammmm), soit j'y contribue en arrivant avec, sous mon bras, un tupperware (en verre, hein) de langue de bœuf faite-maison tout droit sorti de mon congélateur. 
  • Temps de trajet : 30 secondes. 
  • Difficulté à me garer : énooorme !
  • Cumul vie sociale et temps au calme pour avancer sur mes sujets : +1000.
Je faisais la même chose avec une autre de mes voisines pendant son congé maternité un peu prolongé. Depuis qu'elle a repris, j'ai les clés de sa maison, et l'autorisation de venir m'y réfugier quand je veux, mon PC et mon pique-nique sous le bras. Comme je le lui écrivais dans un SMS récemment : "j'ai fait 50m, je suis chez toi, y a pas mes enfants, c'est calme, c'est le bonheur".

Réciproquement, j'ai volontiers accordé asile à une copine-voisine ayant commencé à s'offrir quelques créneaux de garde sur ses fins de journée, mais ne sachant comment se reposer quand ses enfants étaient juste de l'autre côté de la porte de sa chambre (voire, y tambourinaient). 
Consciente de l'importance de cette séparation physique, je l'ai mise à l'aise : elle pouvait venir chez moi, et choisir entre causer avec moi, ou filer tout en haut s'isoler dans ma chambre et lire, passer des coups de fil, faire une sieste, n'importe ! (sans que je m'offusque ni ne dise du mal d'elle sur le blog, évidemment. C'est pour cela que j'écris si peu sur le blog en ce moment, en fait : j'ai plein de choses à dire mais comme c'est du mal au sujet de gens sur lesquels j'ai promis de ne pas médire, je me retrouve à court d'inspiration. Si si. J'vous jure. C'est l'explication)



4. La possibilité d'être tranquille, chez soi !

Eh oui, quand même, ça aussi, c'est un souci qu'on a quand on fait garder ses enfants à domicile : pouvoir passer du temps tranquille, seule, et chez soi. Car les solutions citées au point 3 impliquent toutes de laisser le terrain aux fauves, et ce n'est pas toujours propice à la détente :
  • Pour des raisons financières, d'abord : c'était ce qui me manquait l'an dernier, c'était chouette de retrouver des copines au resto, mais bon, pas très économique à la longue
  • pour des raisons logistiques, ensuite : y a des moments, on aimerait bien ne pas avoir ses gosses dans les pattes pour RANGER. (par exemple) Ranger TRANQUILLE!
  • pour des raisons de détente, enfin :  être seule chez soi; pouvoir, même, s'allonger sur son lit; faire une sieste, peut-être ?
  • Accessoirement, on pourrait aussi avoir envie d'inviter une copine à boire un café ou déjeuner, au lieu d'être l'éternelle squatteuse.

Donc, dans le choix du mode de garde, des horaires, et dans les réflexions logistiques, il est bon d'inclure la possibilité, au moins de temps à autre, d'expédier tout ce joli monde DEHORS, pour se retrouver seul maître chez soi
Au moins sur une partie du créneau : 
  • grande balade au parc ou dans les rues de la ville, 
  • à Strasbourg il y avait eu des journées au Vaisseau, il m'était même arrivé d'aller y déposer nounou et enfants le matin, pour aller les y chercher en fin de journée, quand le trajet s'annonçait trop compliqué pour leur permettre de le gérer de manière autonome.
  • ici ma grande amie est notre ludothèque chérie : à condition d'avoir une babysitter assez mature pour gérer le quart d'heure de trajet à pied dans les rues, hop, c'est plusieurs heures de calme chez moi.

Inclure la possibilité donc... et l'utiliser !


5. Le bon mix entre l'utile et l'agréable

Faire garder ses enfants, c'est très précieux, à la fois pour
  • se déstresser en faisant des choses sympa, qui nous détendent, des trucs qu'on aime
  • se déstresser en faisant des choses utiles, que le fait de pouvoir cocher sur notre to-do list contribue à notre détente / le maintien de notre stressomètre à un niveau acceptable, mais qui sont nettement plus compliquées à accomplir avec des enfants dans les pattes : administratifs, RDV relous, ménage, rangement,...

Bref, faire garder ses enfants utile, cela suppose de réussir à mixer les choses qui nous font nous sentir bien "pour nous", et les choses qui nous font nous sentir bien "dans notre vie", en nous aidant à avoir le sentiment de la maîtriser.

Quel est le mix idéal ? Haha, ne comptez pas sur moi pour vous donner la recette, hein : évidemment, il n'y en a pas, ça dépend, du vent, de l'âge du capitaine, de la personne en question, du moment, bref. 
Mais c'est juste à avoir en tête, histoire, de temps en temps, d'opérer un petit recentrage : 
  • "laisse béton le ménage, poulette, et offre toi une heure en tête à tête avec un roman" (et, par extension, communiquer cela au conjoint parce que si avoir agi ainsi expose à un "ben dis donc c'est crade ici" au retour du héros le soir, bonjour le moral. Une petite remise au point sur le pourquoi de ces heures de garde s'impose alors) 
  • ou à l'inverse "bon, quel est le truc sur ta to-do list qui te stresse sournoisement depuis longtemps, et que tu vas pulvériser lors de ton prochain créneau de libre"


6. Le refilage éhonté des moments relous

Dans la vie de parent, il y a des moments potentiellement plus conflictuels, donc plus usants que d'autre. Citons (liste non exhaustive...)
  • les couchers : coucheeeez-vous, reeeeestez couchés et ennnnndormez-vous bon sang
  • les repas :  restez assis, parlez moins fort, non pas par terre l'assiette, il te reste du yaourt,oui y a que ça à manger, la glace ce sera au goûter,  non postillonner la bouche pleine de purée n'est pas une bonne idée, étaler la purée dans les cheveux du frère non pluuuus, 
  • les bains, 
  • les sorties au parc... 
Chaque parent a ses moments "préférés". 

De mon expérience, il est particulièrement bénéfique à tout le monde de s'arranger pour que, dans le lot des heures où l'on confie son enfant à quelqu'un d'autre, figure l'un ou l'autre des moments un peu plus usants à gérer. Il est beaucoup, beaucoup plus facile de rester patient face à un repas un peu compliqué, quand on n'a pas la charge de 100% des repas. Beaucoup beaucoup plus facile de rester zen face à un coucher compliqué, quand ce n'est pas le centième coucher compliqué qu'on assume d'affilée. 
Pour la personne à qui on confie l'enfant, bon, eh bien, au pire, ça fait un moment un peu relou. Et encore : 
  • n'oublions pas qu'il y a bien des chances que ça se passe différemment avec cette personne, puisque nos enfants ont une sacrée tendance à nous réserver la majorité de leurs comportements agaçants (merci la figure d'attachement). 
  • Dans tous les cas, faisons-le sans scrupule : un diner un peu énervant, ça n'a pas du tout le même impact que la répétition des mêmes dîners un peu énervants chaque jour de la semaine. La babysitter / nounou, etc, elle, quand elle rentre chez elle, elle laisse nos enfants derrière elle. Sa journée avec eux est finie. La nôtre : jamais.
C'est ce que je disais récemment à une copine voisine dont nous avons gardé les enfants pour une soirée. Elle craignait de m'infliger le coucher compliqué de son Pas-encore-un-an : moui, ben, au pire, ça allait nous faire une soirée un peu égayée par un bébé en pleine forme nettoyant notre parquet en rampant dessus dans son Babygros. 
Ça n'allait pas nous faire grand mal, et surtout le désagrément éventuellement causé n'aurait rien à voir avec l'agrément d'une soirée, pour les parents-heureux-mais-un-peu-fatigués-quand-même, SANS ce même bébé Duracell. 
Accessoirement, Bébé Duracell s'est finalement endormi à 20h45 au bout d'un accompagnement au sommeil de maxi 10 minutes. 
Y a pas de justice je vous dis.

Donc voilà, il peut être bon de faire commencer le créneau de l'après-midi par le déjeuner, ou terminer celui du matin par un déjeuner. Ou faire un créneau 10h30-14h30 qui permet d'arriver à une heure où les enfants sont déjà à la sieste. N'importe quoi, pourvu qu'on puisse effectivement compter, dans sa semaine, sur quelqu'un d'autre pour nous décharger d'au moins un épisode un peu délicat. Ce n'est pas de la lâcheté, c'est de l'auto-conservation.

Pour ceux qui ont des enfants plus grands et scolarisés,  bien entendu, le refilage du créneau devoirs figure aussi parmi les priorités à envisager : imaginez, une fois par semaine, que ce soit quelqu'un d'autre qui s'y colle.  Ça fait rêver, hein ? Just do it.


7. La confiance dans le fait que ça se passe bien, et le lâcher-prise sur le fait que ce sera le cas

Eh oui. Pas toujours facile de trouver quelqu'un envers qui on aura assez confiance pour lui confier ses enfants pendant plusieurs heures, et pouvoir le faire le cœur tranquille.

J'en ai récemment fait l'expérience avec mes déboires mamie-au-pairesques : confier ses enfants quand on se demande avec angoisse commeeeeeent ça va se passer, c'est pas super détendant. 
A l'inverse, ma petite sœur vient de repartir après être venue me dépanner pendant 15 jours, et voir à quel point elle prenait soin des enfants, et veillait à rester en ligne avec notre fonctionnement éducatif, m'a permis de passer des temps "sans enfants" particulièrement efficaces à tous points de vue.

Il s'agit donc d'investir du temps dans la sélection, et d'oser être un peu difficile (je lisais récemment le témoignage d'une fille dont la belle-sœur insistait pour garder les enfants, mais prévenait bien qu'elle n'en ferait qu'à sa tête avec eux, c'est-à-dire en complète contradiction avec le mode de fonctionnement de la fille en question. ) : si c'est tellement loin de ce qu'on souhaite pour son enfant qu'on ne pourra pas profiter sereinement des heures de garde, on est légitime pour les refuser / chercher une autre solution ! 
A ce niveau, faire marcher le bouche-à-oreilles est très précieux : une des babysitters qui m'ont dépannée ces dernières semaines m'a été recommandée par une de mes voisines (oui, je sais, je fais que parler de mes voisines; mais elles sont chouettes, que voulez-vous que j'y fasse ? Pour vous aider à vous y retrouver, je pourrais ptet leur donner des numéros.... mais V1, V2, ça fait un peu missile...). Ladite voisine connaissant bien mes enfants, elle avait pu m'assurer que le courant passerait bien entre cette fille d'amis et mes rejetons, et elle ne s'est pas trompée !
Par ailleurs, oui, un peu de lâcher-prise : certaines choses peuvent ne pas se passer exactement comme on le souhaiterait, mais est-ce si embêtant au regard de ce que ces heures de liberté nous apportent / apportent aussi à nos enfants ? 
Il s'agit de peser le pour et le contre, en pensant bien, tout de même, que le contact avec un parent détendu aux batteries pas-trop-vides est un besoin de l'enfant aussi. Si être adulte, c'est être au bout du rouleau, est-ce que grandir vaut la peine ?



lundi 9 juillet 2018

Point - progression en mai - juin 2018

Allez, c'est la fin de l'année ! Je la termine sur les rotules, les dernières semaines ayant été particulièrement éprouvantes, avec beaucoup, beaucoup de choses à gérer et mes cafouillages mamie-au-pairesques pour fluidifier le tout.

Les enfants, en plus de souffler, l'une 3 bougies, l'autre 5, ont quand même réussi à apprendre des trucs. Étonnant, non ?;-)


Concernant la Bébounette, je note surtout 
  • de longues séances avec les lettres rugueuses
    • elle en maîtrise une bonne quinzaine au minimum, et gère les associations avec les images fournies dans notre coffret
    • Elle est à fond, se concentre volontiers, et j'avoue que je me dis que les séances d'IEF juste avec elle, l'an prochain, vont être bien faciles. (Vais-je déchanter ? Je m'en fous. Peut-être même auriez-vous une expérience de Numéro-2-super-simple-à-gérer-en-IEF-jusqu'à-la-scolarisation-de-l'aînê-et-là-ce-fut-l'enfer à partager ? Grand bien vous en fasse, mais surtout, surtout : gardez-la pour vous ! Pour le moment, j'ai besoin d'avoir des illusions)
  • été = sandales = la Bébounette sait désormais faire et défaire ses boucles de chaussures (c'est bien pratique). Notons que le Bébou ne sait pas en faire autant, mais que ses boucles à lui sont un poil plus dures et plus difficiles à atteindre.
  • Pour ses 3 ans, nous lui avons acheté un vélo-de-grande pour prendre la suite de la draisienne, mais pour le moment les progrès sont discrets. C'est aussi du au fait que l'environnement est moins favorable que du temps où nous entraînions son frère : exit les longues allées plates de notre parc strasbourgeois, notre impasse privée est en pente et cela complique les choses... (à la fois pour elle, et pour moi, parce que franchement, c'est crevant)


Concernant le Bébou
  • le plus remarquable est sans conteste : d'énormes progrès en motricité fine (qui ne se sont pas produits par hasard : je vous dois un billet sur les réflexes archaïques et leur intégration)
  • du coup, nous avons un F. qui, enfin, essaie et réussit à colorier "sans dépasser", qui a plus dessiné (et non gribouilllé) en 2 mois que les 2 années précédentes, et qui, même, a fait ses premières tentatives réelles d'écriture, et ce à plusieurs reprises : plusieurs proches ont ainsi reçu du courrier de sa part, avec leurs noms écrits (parfois en mode Picasso : des lettres en plusieurs exemplaires, un peu dans tous les sens)
  • en parallèle, nous avons avancé en lecture, sur la série rose.
  • lui que j'avais déjà remarqué très sensible aux couleurs, a fait preuve aussi d'une énorme persévérance pour trier l'intégralité d'un lot de boutons dans des teintes variables, acheté chez Action il y a longtemps. C'est une activité qu'il a fait à plusieurs reprises, et, moi qui au départ n'avait sorti qu'un petit tiers du sac, j'ai du, à sa demande, mettre à disposition la totalité ! 
  • Ah, et puis, si, au niveau spi : nous avons eu la surprise de constater, au cours d'une prière familiale du soir, que F. connaissait en fait déjà par cœur la prière du Notre Père (que nous sommes pourtant très loin de dire régulièrement).
Nous avons aussi fait quelques autres machins mais je vous avouerai qu'au fur et à mesure que les semaines ont passé les créneaux IEF ont décru : entre la perspective de sa scolarisation prochaine, et mon niveau de fatigue / sollicitation encore en hausse, j'ai souvent fait l'école buissonnière...



Concernant la Gwen :
elle est à demi morte, mais tant que c'est qu'à demi, c'est bon.
Beaucoup, beaucoup de sollicitations, beaucoup de stress sur de nombreux plans, mais, tout de même, un gros soulagement : elle a "rentré" son premier client RH à la fin du mois de juin !
Évidemment, ça n'a pas allégé ses semaines, mais au moins, cela allège le poids des interrogations financières: y aura de quoi payer les vacances et le jardinier (une condition posée par Monsieur Bout à l'achat de la maison) et puis du coup, elle investit du temps dans le service à ce fameux client plutôt que dans la chasse au client, justement.
Et honnêtement, ce retour au boulot lui fait du bien ! Le seul souci est que les autres pans de sa vie refusent obstinément de prendre moins de place...


lundi 2 juillet 2018

10 points à discuter en couple au moment de s'embarquer dans l'instruction en famille

Allez, zou, aujourd'hui, une tranche de courrier des lecteurs !

"maintenant que ma 2e fille est née et que je suis en congé de maternité, on se lance dans la grande aventure de l'IEF. On en parle depuis 2 ans avec mon homme (depuis que j'ai découvert que ça existait en fait), et on est dans une optique d'essayer et, comme vous en fait, de réévaluer chaque année si chaque membre de la famille y trouve son compte.
Bref, ma question est: quels sont les points à bien discuter en couple avant de se lancer. Genre une liste des sujets à aborder pour vérifier qu'on est bien sur la même longueur d'onde et qu'il n'y a pas de malentendu. Que ce soit niveau pécunier, niveau éducation, niveau instruction proprement dite, niveau vie sociale/relationnelle, etc."
Ch'est une bonne question, cha, car le choix d'instruire soi-même ses enfants (=Instruction En Famille = IEF pour les intimes) étant loin d'être un choix conventionnel, il peut être source d'un certain nombre d'angoisses : que vont devenir nos poussins sur ce chemin non balisé ???
Or, l'angoisse activant les zones de notre cerveau les plus archaïques, tout sujet angoissant se prête particulièrement bien aux prises de bec, notamment conjugales.

Voici donc un aperçu (vu de ma fenêtre), des points qu'il vaut mieux aborder de manière un peu détaillée avec son conjoint, au fur et à mesure que le projet d'IEF se dessine.




I. Autour de l'instruction en elle-même

  • 1. Le mode d'instruction 
Cela suppose de parler des raisons du choix de l'IEF, qui orienteront la manière dont on fait IEF. S'agit-il de laisser l'enfant suivre son rythme ? De lui éviter une collectivité violente ? D'éviter l'école du coin au niveau affligeant ? (à noter, on peut avoir des raisons très différentes de son conjoint pour choisir l'IEF. Ce n'est pas un problème en soi. Mais quelque chose qu'il faut avoir en tête car du coup, le "succès" de l'IEF ne se mesurera pas de la même manière pour l'un ou pour l'autre, et donc cela demandera plus de communication)
Du coup, quels objectifs se donne-t-on, que doit apprendre l'enfant ? Comment ? Quelles méthodes ? Typiquement, si une maman pratique le unschooling avec ses enfants et se retrouve dans le cas d'un enfant qui n'entre pas dans la lecture tôt, mais plutôt plus tard, y a intérêt à en avoir discuté avec le papa car cela peut générer pas mal d'angoisses et de tensions : "Euh, mais, euh, il apprend des choses ?"
A ce niveau, il peut être bon d'avoir discuté un peu de la manière dont on imagine une journée-type se dérouler. D'ailleurs, discuter de la manière dont une journée type dans l'éducation nationale se déroule, ainsi que des attendus de fin d'année / de cycle, peut aussi être utile pour permettre de mettre les deux en regard. (n'oublions pas que même si nous sommes tous plus ou moins passés par le système, nous avons quand même oublié l'essentiel de ce qui s'y passait, surtout pour les premières classes !)

  • 2. L'éducation 
Bon, de toute manière, c'est une discussion à laquelle on ne coupe pas, IEF ou pas. Mais, pour l'avoir vécu, à certains moments, l'IEF peut venir en rajouter une couche. Entendre le papa dire "mouais, à l'école, quand même, au moins il apprendrait le respect des règles", ça peut être un poil énervant.
En effet, avec l'IEF, on décuple le poids de notre style d'éducation sur nos enfants, au détriment de celui d'influences extérieures. Il faut donc être bien conscient que l'IEF/notre style d'éducation peut vite se retrouver dans la ligne de mire si l'enfant manifeste des soucis de comportement.


  • 3. Les alternatives à l'IEF
Quelles seraient, à vue de nez, les points qui nous feraient envisager une scolarisation ? Les conditions pour que cela soit envisageable ? C'est important, parce que cela conditionne aussi une partie des efforts / de ce qu'on est prêt à prendre sur soi. 
Ainsi, chez nous, tant que nous étions à Strasbourg aucune école ne me semblait pouvoir convenir à F., donc il aurait fallu beaucoup beaucoup de soucis avec l'IEF pour me faire lâcher le morceau.


  • 4. L'implication de l'autre parent 
Va t il prendre certains trucs en charge ? 
Quel degré d'information voudra t il avoir ? 
Quel soutien logistique lui sera demandé ? Par exemple, moi, je sollicite Monsieur Bout pour imprimer ce que j'ai à imprimer. Parfois, c'est un bon nombre de pages... 
Quelle liberté pédagogique /  respect des méthodes du parent instructeur ? 
"Naaan faut pas lui parler du Moyen age, j'ai prévu qu'il découvre tout ça par lui meme la semaine prochaine tu gâches tooooout" ou inversement "euh, t'amuses pas à lui donner le nom des lettres surtout, faut dire leur son ! C'est pas 'pé', c'est 'pppp'
  • 5. La place dans l'espace
Quel impact sur l'organisation du logement, la répartition des pièces ? 
Si le salon devient le lieu d'instruction, la "visibilité" de l'IEF est à discuter : tout le monde n'apprécie pas la déco "planisphère et poster de tables de multiplication".
Idem, si ce qui était la chambre d'amis / l'atelier bricolage / le bureau est transformé en salle de classe, l'impact est à discuter ensemble.
L'IEF a une certaine tendance à coloniser l'espace de manière rampante...



II. Autour des effets secondaires de l'IEF


  • 6. La fameuse sociabilisation 
Ah, ça, c'est un vrai sujet, une inquiétude, une question qui revient partout, et sur laquelle on ne peut pas faire l'impasse.
Donc, il s'agit de parler de l'impact sur la vie sociale de l'enfant : quelles rencontres, quelles sorties possibles, à quel prix.
Mais du coup, question annexe, car cette vie sociale peut notamment être reliée à la question du mode de locomotion. Si il n'y a qu'un seul véhicule dans la famille, et qu'il est nécessaire pour envisager un certain nombre de ces sorties, comment peut-on faire ? Se répartir la semaine de manière à ce que les sorties nécessitant un véhicule puisse se faire sur les jours où le conjoint se débrouille pour se rendre au boulot d'une autre manière ? 
Mais il faut également parler de l'impact sur la vie sociale de la maman : je l'ai vu chez nous, déjà que je suis, au départ, plus sociable que Monsieur, mais là, mon envie à moi de voir du monde, de faire voir du monde aux enfants, m'incite à vouloir également profiter des weekends pour cela, et cela a pu rentrer en friction avec l'envie de calme de Monsieur Bout. 


  • 7. L'organisation de l'année. 
Veut-on en profiter pour partir en dehors des vacances scolaires ? Faire de méga voyages ? Bosser en été mais partir hors saison au ski ? Passer 3 mois dans la ferme du voisin / cousin au moment des récoltes ? 
Le rythme de l'IEF étant potentiellement très déconnecté de celui de Monsieur et Madame Tout le Monde, il est bon d'y réfléchir: en effet, la déconnexion peut aussi se faire avec le conjoint, qui devient le seul à avoir des lundis, ou avoir un calendrier de congés qui n'a rien à voir avec le calendrier choisi pour l'IEF. 
Ce point là est sembler moins important en tant que tel, mais il ne faut pas sous-estimer le risque qu'il peut y avoir de creuser un fossé dans la famille.
Par ailleurs, discuter ce point permet de débusquer des aprioris, mais aussi, de découvrir des possibilités : quelles sont les choses, même un peu folles, que l'IEF nous permet d'envisager ? C'est alors aussi l'occasion, pou nous parents, de rêver un peu ensemble, même si on peut très bien décider, après avoir déliré pendant 1h sur le tour du monde en bateau, qu'on se contentera d'offrir aux enfants des stages de voile en début de saison, donc à un prix abordable. Rappelons-le, rêver ensemble, c'est bon pour le moral.
  • 8. L' équilibre de la maman / du parent instructeur
Trèèèèèès important !
Il s'agit que chacun soit conscient que l'IEF est une responsabilité supplémentaire, pas légère, et donc de discuter de la manière dont on va s'y prendre pour éviter que le parent instructeur ne croule sous la charge : avec deux aspects, notamment : 
    • répartition des autres tâches. Déjà qu'être parent au foyer, non, ce n'est pas passer sa journée peinard devant la télé, il est important que le conjoint réalise que parent IEF au foyer, c'est encore moins peinard, et que donc si on doit privilégier certaines choses (l'instruction de notre enfant) ça pourra être au détriment d'autres choses ("mais c'est le bazar ici !" "Rho mais tu aurais pu passer à la Poste quand même, non ?". Ben parfois, non.) 
    • L'IEF signifie passer beaucoup de temps avec son enfant, et ça peut vite devenir du 24h/24... donc réflexion à avoir sur les moyens de s'arranger pour donner du temps "off, kid-free", au parent-IEF : 
      • aménagement des horaires de l'autre parent ?  (et engagement à vraiment consacrer le temps libéré à la gestion des enfants, bien entendu...) 
      • Recours à une aide extérieure ? 
      • Inscription au centre aéré ?
Un point qui nous amène au suivant
  • 9. l'impact financier de l'IEF

Cela suppose de travailler sérieusement sur le budget
    • impact de la perte de salaire due à la disponibilité demandée par l'IEF, 
    • impact de l'éventuel mode de garde destiné à soulager le parent instructeur, 
    • impact du mode d'instruction choisi (Cours par correspondance ?), impact de l'achat de matériel (si Montessori, par exemple)
    • Coût des sorties, des activités
Le choix de l'IEF va peser sur le budget, et donc, impliquer des sacrifices, ou au moins, des choix. Il est donc crucial que chacun soit OK avec les choix faits, afin d'éviter le "ah ben dis donc pourquoi il aurait droit à un globe terrestre et moi pas à une nouvelle paire de chaussures?", ou l'inquiétude devant l'invasion de la maison par de nouveaux supports, de nouveaux supers jeux hyper éducatifs. Quand on est parent IEF, on peut vite être tenté tous azimuts, et cela peut inquiéter (notre conjoint, mais aussi nous-même)
Un autre aspect à discuter est le poids psychologique pour le conjoint ramenant les sous. J'en avais parlé plus généralement dans ce billet, mais en effet, du coup, non seulement le conjoint peut se retrouver seul à porter toute la famille, mais en plus, de sa capacité à ramener le bacon dépend dorénavant un choix de vie important en plus.
Personnellement, quand en janvier nous avons eu certaines discussions un peu houleuses avec Monsieur Bout autour de ce point, j'ai mesuré à quel point l'IEF grossissait l'enjeu : si Monsieur Bout faisait un choix ayant de lourdes implications financières, c'était tout un mode de vie qui était remis en cause. Difficile de garder la tête froide quand on voit son univers menacé !


  • 10. Last, but not least : le discours vis à vis de l'entourage

L'entourage posera un max de questions, et ne nous leurrons pas, les "Whaou, super, vous avez bien raison" risquent de ne pas compter dans les réactions majoritaires. Yep, l'IEF contient un super potentiel de prise de becs avec l'entourage, qui ne se privera pas d'essayer de repérer si, au sein du couple, il n'y aurait pas un "maillon faible" sur la question.
Donc : que voulez-vous dire ? Pourquoi ? Comment communiquez vous sur le sujet, et qui communique ? Car l'un peut ne pas aimer la manière dont l'autre défend les choix ("nan mais là tu tends le bâton pour te faire battre / tu cherches le conflit"), ou l'autre ne pas aimer la manière dont l'un ne défend pas les choix faits : hum, cette impression d'être seul face à la belle-famille un peu hostile au projet, par exemple..



Voilà de quoi occuper quelques soirées! Ceci dit, hein, disons le tout de suite :  le propos d'un tel billet, et le but de toutes les conversations qui pourraient avoir lieu en conséquence, ne peut être d'éviter toute friction au sujet de l'IEF avec le conjoint. Il y aura de toute manière des moments un peu tendus, car chacun évoluant, il y aura un besoin de réajustement régulier. Mais le fait d'avoir déjà abordé ces points pourra toujours aider à ce que les points de vue de départ de l'un et l'autre protagonistes soient tout de même moins éloignés.
Parmi les sujets qu'il ne sert à mon sens pas grand chose d'aborder, c'est l'avenir long terme. Bon, si, on peut toujours tâter le terrain et avoir la surprise de s'apercevoir qu'on est tous les deux partants pour faire cela jusqu'au bac. Mais globalement, vouloir faire des projets long-terme en IEF, c'est vraiment tracer des plans sur la comète.

Bon, et vous, voyez vous des points qui devraient venir compléter cette liste ? Y en a-t-il qui ont particulièrement pesé / posé de soucis entre vous ?

lundi 25 juin 2018

Maman pas bricoleuse ? 2 activités bricolage prêtes-à-l'emploi pour les enfants

Quand je me suis lancée dans l'instruction de mes enfants à la maison, il m'a fallu surmonter un gros obstacle : la honte terrible dans laquelle me plonge mon niveau abyssal en bricolage / travaux manuels
Cela rend toujours la partie DIY de ce blog assez drôle, mais bon, au quotidien, c'est assez dur à vivre.

Avec, notamment, la culpabilité monumentale que je ressens à l'idée de tout ce que je ne fais pas faire à mes enfants sur ce plan. Les fois où j'ai vraiment envie de verser dans l'autoflagellation, je vais faire un tour chez Coquelipop, ou sur d'autres blogs de mamans en mode "comment mes enfants de 2, 4 et 6 ans ont reconstitué la Tour Eiffel avec des allumettes" (ah non ça c'est un remake du Dîner de Cons, je confonds !), ou encore sur Pinterest.
Eh oui.

Même, j'ai du casser le mythe auprès d'une bonne copine chez qui je déjeunais pas plus tard que y a quelques jours : nan, chez moi, pas grand chose est fait en bricolage. Il m'a bien fallu admettre que ce serait un point sur lequel mes enfants seraient peut-être moins stimulés que la moyenne. (donc à ce stade, regardez-le, le point qui vous chiffonne chez vous. Et dites-vous que y en aurait un de toute manière. Ou deux. Ou dix.)

Oh, je triche compense où je peux, hein. La fille de ladite copine s'était éclatée chez moi avec des petits perforatrices "qui font des formes" : 0,99€ pièce chez Action. Faire des trous avec ces machins dans des feuilles de papier cartonné de couleur (également Action), ouh là, ça, c'est tout à fait mon niveau. Les jours de grande forme on s'amuse même à les coller sur d'autres feuilles. Ça vous épate, hein ?


Ceci dit, il existe, dans le vaste monde, des machins fichtrement bien faits pour faire bricoler les enfants sans faire bricoler les mamans.

Comme des gens bien intentionnés m'en ont offert (enfin, non, c'était offert à mes gosses, mais franchement, vu la joie que je ressens à voir mes enfants faire ce genre de trucs sans devoir m'y mêler, le cadeau est au moins autant pour moi!), donc, comme deux de ces machins ont été testés (et approuvés) à la maison, je vous les présente vite fait des fois que vous soyez dans le même cas que moi (ou que vous souhaitiez faire plaisir à une bonne copine affligée elle aussi de deux mains gauches et/ou d'une peur panique à l'idée de devoir s'en servir).


Le 1er a été offert à F. il y a un bout de temps déjà : juste avant notre déménagement. 

Je l'ai béni, ça a bien servi à occuper F. alors que je faisais peu à peu disparaître matos enfant, matos école, jouets, jeux, etc, dans mes 170 (enfin. 120 en théorie - soupir) cartons.
Il s'agit de déchirer des lambeaux de papier de soie de couleur, de les rouler en boulettes, et de coller les boulettes sur des dessins.
C'est
  • très simple, 
  • peu salissant, 
  • excellent pour la motricité fine / musculation des doigts (roulage de boulettes), 
  • ça prend très peu de place 
  • et ça donne facilement un résultat très mignon. 
  • En prime, vous pouvez vous joindre à votre enfant pour écraser rouler des boulettes et ainsi passer vos nerfs éprouvés par les cartons / vicissitudes du déménagement 

des bébés animaux
avec des emplacements destinés à accueillir


des petites boulettes
histoire d'améliorer la déco !



















 (l'exhumation de ces photos de notre ancien appart me rend un poil nostalgique...)


 
Le 2nd a été un des cadeaux reçus lors du tout premier goûter d'anniversaire organisé pour F.. il y a quelques jours (ouais; je suis passée du côté des parents-qui-ont-organisé-un-gouter-d'anniversaire; j'ai traversé l'épreuve du feu !).
Il s'agit d'un machin Usborne,

  • tout en feuillets détachables, 
  • pas besoin de ciseaux ni de colle : tout s'encastre par un système de languettes très bien fait. 
  • F. s'est jeté dessus et a monté chacun des éléments, fichtrement bien conçus, avec beaucoup de soin durant les jours qui ont suivi. Il en a fait une partie tout seul, une partie accompagnée (mais plus pour le plaisir que par nécessité). 
  • Petit bonus : une fois qu'on a terminé, on ôte les feuillets tout vides et la couverture du livret sert de plateau de jeu sur lequel disposer les différents éléments de la ferme. 
  • Simple, solide, joli, et efficace !
F. (et E.) y jouent avec plaisir depuis.
des éléments variés au graphisme mignon
faciles à détacher et assembler


avec un support



qui se prête ensuite bien à des heures de jeux !




























Ce dernier machin a tellement plu que, lors d'une toute récente vente privée Usborne (je crois qu'elle est encore en cours, je dis ça en passant hin hin hin), je n'ai pas trop hésité à mettre dans mon panier un truc permettant de construire des décorations de Noël selon le même principe. Je sais déjà que je pourrai l'inclure dans notre futur calendrier de l'Avent des chouettes moments à partager, et qu'il en sera un élément apprécié !
(j'anticipe Noël. En plein mois de juin, je remplis déjà mon calendrier de l'Avent. Dites-dites-dites, est-ce que ça fait de moi une maman ORGANISÉE ? Avec ça on oublie que j'ai ouvert un peu en catastrophe ma réserve à cadeaux, le jour des 5 ans de F., pour n'Y PAS trouver ce que je pensais y être, hein...)

Voilà, très chères mamans-pas-manuelles, vous pouvez me dire merci !


lundi 18 juin 2018

Tout pour rater le recrutement de sa mamie-au-pair (2/2)

Flylady incite à ne pas chercher à tout prix la perfection : plutôt que de chercher à faire bien les choses, les faire suffit.
Généralement, je n'ai maintenant plus trop de mal à suivre ce précepte, notamment pour le ménage (et ça me fait toujours rigoler quand dans un mail ou un commentaire, une lectrice me dit qu'elle pense à moi à chaque fois qu'elle passe son aspirateur n'importe comment). 
Mais pour le coup, quand il s'agit de rater le recrutement de ma mamie-au-pair, je n'ai rien voulu laisser au hasard. Et donc, en plus des 3 premières astuces, déjà très efficaces, que je vous ai détaillées dans le premier billet sur le sujet, j'ai bien bordé l'affaire en ayant encore recours à 4 moyens également assez fiables quand on veut rater un recrutement.

4. Laissez-vous convaincre / submerger par la tchatche de vos candidats / la candidate la plus tchatcheuse

Quel mot avais-je donc écrit, lors de l'entretien avec ma gagnante ? (cf mon point 1)
Bavarde.
Ouais.
C'était une litote.

  • Le problème d'un candidat tchatcheur, c'est qu'à la moindre de vos questions, il vous blablate à fond et il est vraiment très difficile d'avoir des faits, du concret
Il a souvent tout fait, tout vu, et dès que vous dites la moindre chose, par exemple (au hasard) 
"mon fils est très sensible, il faut faire attention à la manière dont on lui parle", 
il enchaîne sur 
"voui voui voui voui d'ailleurs moi-même blablabla et patati patata, et mon petit-fils... et d'ailleurs  le fils à la voisine.... et et et". 
Noyée sous le flot des paroles, vous n'arrivez plus à suivre, ni surtout à démêler entre ce qui relève des généralités, ou d'informations concrètes montrant que vous parlez effectivement de la même chose à moins que vous ne preniez consciencieusement des notes (au mépris de mon conseil n°1, pourtant ! Espèce de rebelle) auquel cas 1. vous aurez vite une crampe au poignet 2. c'est à la relecture de vos notes que la vérité vous sautera aux yeux : vous n'avez pas eu de vraies réponses à vos questions, donc rien qui vous permette de vous rassurer sur ces points. Et doute = stop.

Et puis dans tous les cas, cela réduit dans les faits votre capacité à avoir des informations exploitables, bicoz la moindre de vos questions déclenchant une logorrhée de 15 minutes, ben en 1h vous avez tout juste posé 4 questions (et encore, hein, rien  n'assure qu'au cours des 15 minutes, aient été prononcées des paroles répondant véritablement à vos questions). 
Comme il n'est pas d'usage de faire passer des entretiens de 4h30 (hormis au sein du KGB), dans les faits, on va s'asseoir sur un certain nombre des questions qu'on voulait poser. Mais comme, heureusement, on n'a pas pris de notes, on ne s'en apercevra qu'à moitié.

Attention, ceci peut être volontaire (3615 enfumage bonjour), ou juste la manière naturelle de communiquer de la personne.


  • Le problème d'un candidat tchatcheur, c'est aussi que, du coup, on peut aussi avoir des doutes sur ses capacités d'écoute. 
Tellement occupé à parler qu'il ne vous écoute pas ? Le soupçon est permis.
Or une personne qui manque de capacité d'écoute, ça peut poser problème. 

D'abord, en entretien, cela veut dire que le candidat / l'aspirante mamie au pair ne prend pas en compte, dans sa propre décision, les informations que vous lui susurrez pourtant à dessein : "enfant sensible" "liberté" "crises de colère possibles".... et tombe des nues quand il/elle s'y retrouve confronté(e) ensuite !

Puis, justement, cela complique les choses quand on essaie, une fois introduite chez nous, de revenir avec la mamie au pair sur les points qu'elle estime difficiles, mais qu'elle a surtout envie de ressasser les difficultés, sans arriver au stade où on discute ensemble des manières de les résoudre, et où on formule quelques suggestions.
Là-dessus, pour la petite histoire : c'est Monsieur Bout qui a finalement réussi à réorienter la discussion. Plus fin que sa tendre moitié, il a compris que sur le plan des mots / de la théorie, il n'y avait rien à faire, alors il a eu recours au matos, au concret : il a attrapé notre roue de la colère aimantée sur le frigo, et l'a mise entre les mains de notre malheureuse mamie-au-pair. 
Au contact d'un objet concret, magie !!! 
La discussion a subitement arrêté de tourner en rond, et nous avons pu, enfin, formuler des suggestions qui ont été écoutées et ont débouché sur la rédaction d'un pense-bête.
Antisèche F&M franco-allemande visant à donner quelques trucs pour communiquer plus paisiblement avec notre fiston
C'est ce pense-bête, du reste, qui a permis ensuite de prendre la décision d'un commun accord : notre mamie-au-pair est enfin allée regarder un peu sur internet ce qu'on pouvait y lire sur l'approche éducative dont nous disions nous inspirer, et elle a fini par conclure que c'était très intéressant, mais que, vu le travail que cela demandait pour se l'approprier, elle n'était peut-être pas en mesure de fournir ce genre d'efforts. 
Fair enough. 
Quel dommage qu'on n'ait pas pu arriver aux mêmes conclusions AVANT de faire affaire. (ah mais non, j'oubliais, le but était de toute manière de rater le recrutement !)


  • Le problème d'un candidat tchatcheur, c'est enfin que, très probablement, il s'agit d'une personne bavarde en général, dans la vraie vie, au quotidien.

Or, quand vous avez prévu de partager de laaaarges tranches de quotidien avec cette personne, ça devient assez compliqué.
Je ne suis pas une taiseuse, hein, vous vous en serez peut-être douté(e)s à force de me lire ici, mais alors, franchement, là, j'ai failli crever. 

Elle. Causait. Tout. Le. Temps.
Sans arrêt.
De tout et de rien.
Et surtout de rien ! (au point que je n'osais même plus lui poser de questions dont la réponse m'aurait pourtant intéressée. Trop peur des digressions phénoménales ET tout aussi phénoménalement inintéressantes que phénoménalement longues auxquelles cela pouvait m'exposer)

Quelques exemples au hasard :
    • 24h après son arrivée, je suis partie dans le Jura animer une conférence Faber et Mazlish. C'était un truc assez gros, une grosse centaine de personnes dans l'assemblée, machin. Je suis rentrée à la maison au milieu du dejeuner du lendemain, et comme c'était le weekend, j'ai retrouvé mon mari, mes enfants, ma mamie-au-pair. 
      • A quelle heure ai-je enfin réussi à commencer à raconter la conférence à mon mari? 
      • 16h. 
      • Et, NON, ce n'était pas la faute des gosses.
    • Au bout d'une semaine (après l'épisode mentionné en fin de première partie de ce billet), il était déjà impensable pour moi d'envisager lui confier les deux enfants plusieurs heures d'affilée. Mais j'avais un truc de boulot m'obligeant à quitter la maison toute une matinée. Donc Monsieur Bout a pris sa journée. Il a emmené les enfants faire des courses. 
      • Au retour, notre mamie-au-pair a commenté CHACUN des produits qu'il a sortis des sacs de courses. CHACUN. 
      • "Ah, ça c'est chouette moi-même je ... et d'ailleurs... et et et", 
      • ou encore "Ah, ça ? Oh non, moi je prends plutôt ça car machin bidule. D'ailleurs tu devrais..."
Eeeeeh oui : bavarde, et volontiers un peu (beaucoup) intrusive.
    • Par exemple (et ce n'est qu'un exemple parmi beaucoup), la première matinée durant laquelle elle a gardé les enfants pendant que je filais à un RDV pro, je m'étais donc déguisée en businessGwen. Au moment de partir je prends une paire de (hauts) talons dans mon placard et là : "Oh, mais c'est un peu haut, ça, non ?" J'en saisis une 2ème avec de petits talons (bicoz en bonne francilienne je me suis convertie à l'option "deux paires, une aux pieds, l'autre dans le sac à main" : une pour faire classe, l'autre pour gérer le trajet), et elle  m'approuve vigoureusement "Ah oui, celle-là, c'est beaucoup mieux hein". Nous sommes sur un blog poli entre gens de bonne compagnie mais... WTF ???
    • Eeeeh oui : notre mamie-au-pair avait indiscutablement un petit côté adjudant-chef. Qui m'a saoulée, moi, alors vous imaginez mes enfants, qui avaient droit à 100 injonctions à la minute.
Le trajet retour pour la ramener à Roissy m'a paru long.... C'est fou, mais j'étais physiquement soulagée de la déposer à l'aéroport. Je ne sais pas si 1h de conversation non-stop avec qui que ce soit m'avait déjà mise dans un tel état d'épuisement.
Et ça, c'est l'effet sur moi, pourtant, comme je vous le disais, d'un tempérament plutôt communicatif / extraverti.
Mais alors, Monsieur Bout, plutôt introverti... Je crois qu'il a cru mourir plusieurs fois.
Quant aux enfants, c'est simple : elle était littéralement en concurrence directe avec eux pour mon / notre attention : parfois, les 3 couinaient en même temps pour accaparer la parole... A devenir FOUS.


5. Ne prenez surtout pas de références !

Comme notre G2 avait déjà été mamie-au-pair plusieurs fois, je me suis dit que c'est que ça avait du plutôt bien se passer, et donc cela m'a servi de garantie. Je n'ai pas demandé les coordonnées d'une ou l'autre famille pour avoir des détails sur ce qu'elles avaient apprécié ou pas.

Ce n'est qu'une fois arrivée que nous avons discuté et qu'elle m'a raconté ce pan-là de sa vie (longuement, cf point précédent), et que je me suis aperçue que ce n'était pas forcément le cas. Que parfois le séjour avait été moyen. Que d'autres fois il s'était même arrêté de manière un peu ou très rapide.
La toute première fois qu'elle a évoqué une famille qui au bout de 5 jours l'avait remise dans l'avion en arguant du fait que si elle ne se sentait pas encore prête pour prendre la voiture pour conduire leur fille à ses activités, elle ne leur servait à rien, j'étais encore pleine d'a priori favorables.
J'ai donc trouvé cela un peu raide : elle était prête à conduire, dans l'absolu, mais souhaitait juste avoir le temps de se familiariser avec le trajet !  (dans un pays avec conduite à gauche, de surcroît).
Quelques jours plus tard, je commençais déjà à me douter que ce n'était en fait que le prétexte avancé par ladite famille, pour couvrir d'autres points plus sensibles qui commençaient justement, moi, à fichtrement m'agacer.

Concernant d'autres familles, où elle s'est même rendue plusieurs fois, discuter avec ces familles m'aurait sans doute permis de réaliser que nos exigences n'avaient tout simplement rien à voir. Quand on passe 70h/ semaine loin d'un enfant qu'on est, de surcroît, seule à élever, on n'a peut-être pas la même vision de l'enfant, ou même, plus simplement, les moyens de se passer de l'aide qu'on a sous la main.


6. Ne prenez pas en compte les aptitudes physiques !

Quand on recrute, dans l'entreprise, il y a un truc qui s'appelle la visite médicale d'embauche.
Ça permet de confronter l'état physique du candidat aux exigences spécifiques au poste.

Notre mamie au pair était très, très sensiblement plus âgée que la première que nous avions eue, mais j'ai allègrement sous-estimé cela, surtout qu'elle m'a assuré être en pleine forme, et qu'elle faisait effectivement des randos de 50 km en vélo.
Et oui...
Mais 50 km en vélo autour d'un lac (= terrain plat), ça ne dit rien sur la capacité à gérer quelques km à pied (voire en poussant une poussette avec une Bébounette fatiguée dedans), en terrain très vallonné...
Ce qui, tout de suite, tendait les promenades, car évidemment, une mamie-au-pair épuisée a d'autant plus de mal à accueillir favorablement les innombrables demandes de détour d'un F. ayant envie d'aller regarder de plus près un volet dans une rue adjacente, un rocher dans une courette, etc., monter-descendre deux fois tel escalier...


7. Négligez la période d'intégration !

Si par malheur vous n'avez pas pris en compte mes 6 premiers conseils, ou que par hasard, malgré tout, vous avez mis la main sur quelqu'un de pas complètement inadapté, ne craignez rien ! Il existe encore une manière de vous rattraper : un recrutement, ça se foire aussi après le recrutement. Bâclez la période d'intégration !
Par exemple, chez nous, je pense que les difficultés ont été également accrues par le fait que, en raison de la conférence mentionnée en point 4, j'ai du laisser les enfants seuls plusieurs heures avec notre mamie au pair moins de 24h après l'arrivée de celle-ci. C'est peu dire que de sous-entendre qu'une telle montée en puissance précipitée n'a pas favorisé une prise de contact douce et progressive, ni l'établissement de la base affective indispensable à la bonne coopération de F.
Il me semble par exemple assez évident que devoir ainsi, si vite, gérer des enfants inconnus, a stressé notre G2, et n'a pas du l'aider à se détendre / adopter un mode détendu de gestion des gosses. Ayant déjà tendance à être dans le contrôle, son stress n'aura fait qu'accroitre son penchant naturel.
C'est très compréhensible.

Alors que du temps de notre fabuleuse G1, nous y étions allées de manière bien plus progressive : 
  • des jeux dans la maison pendant que j'étais dans les parages, 
  • des ballades d'abord avec moi, puis sans moi, mais courtes, etc. 
  • 1h ou 2 en complète autonomie...


Voili voilou.... Quand on a dit ça ....

Il me faut tout de même souligner que notre mamie au pair avait quand même ses bons cotés ! 
Et que notamment, la manière dont la séparation s'est passée montre un avantage d'avoir recours à un tel système : nous avons fait cela d'un commun accord, sans animosité, et sans que ça se traduise par un "puisque c'est comme ça, hein, je fais plus rien et je boude" : au contraire, pendant les quelques jours entre la décision et l'avion (ben oui, nous avons tâché de lui éviter de payer trop cher l'avion du retour), elle a fait son maximum pour m'apporter tout de même une certaine aide : ranger, faire du ménage, s'occuper d'E. (très facile à gérer sans son frère). 
Elle était même disposée à garder un peu  F. pour m'offrir 1 ou 2h de concentration sur mes urgences, mais là pour le coup c'est moi qui ne pouvais plus du tout l'envisager.
Et elle a aussi tenu à faire les comptes entre nous de manière très réglo.

Bon, moralité
  • je suis repartie dans le recrutement d'une mamie au pair pour la rentrée. Pour uniquement 3 mois (jusque fin novembre), car l'excellente nouvelle de la semaine dernière, c'est que G1 revient (Jésus Gé-hé-1 revient, Gé-hé-1 revient, G1 revient parmi les sieeeens...), du 1er décembre jusqu'à au moins fin avril ! Youpi tagada.
  • évidemment, je me montre bien plus prudente dans le recrutement, notamment concernant les 7 points que je viens de mentionner. Rendue euphorique par la réussite de notre première expérience, j'y étais allée les mains dans les poches et les doigts dans le nez (ce qui est pourtant assez difficile à combiner, mais je ne recule devant rien !). Là, chat échaudé craint l'eau froide, je fais gaffe. Je serai particulièrement vigilante sur l'âge, car je pense qu'il y avait vraiment un problème de génération, à la fois sur le plan physique et le plan relationnel. G2 avait 20 ans de plus que notre G1 adorée... cela s'est senti!
  • de manière à être en mesure de gérer jusqu'à l'été (car ma vie pro se porte bien, oh que oui), j'ai bricolé, 
    • J'ai eu recours à Monsieur Bout, et fait jouer le village : beau-frère, voisines compatissantes... C'est vraiment chouette !
    • en assouplissant le critère "germanophone", mon leitmotiv étant : "faut surtout que ça se passe bien" ! Constater à quel point F. était à cran durant le séjour de notre fameuse G2 m'a fortement incitée à surtout privilégier la F.-compatibilité
    • J'ai décroché mon téléphone, appelé nos anciennes baby-sitters strasbourgeoises pour leur proposer de venir passer 8 ou 15 jours à la maison.  Mais chou blanc : fichus stages ! En revanche l'une d'elle pourra peut-être venir, à la fin de l'été, faire la jonction avec la future G3 selon la date d'arrivée de celle-ci.
    • Fin d'année universitaire oblige, j'ai cependant pu trouver deux charmantes jeunes filles des environs pour venir me dépanner, et avec qui le courant est instantanément passé.
    • J'ai complété en faisant appel à la plus jeune de mes sœurs, que mes enfants adorent. Elle viendra passer une douzaine de jours à la maison sitôt ses oraux de concours derrière elle, et, elle, se fera en plus une joie de leur causer un peu teuton.

Bref, ça va le faire.
Mais vraiment, je suis ravie d'avoir pimenté mon mois de juin ainsi !
(et puis, c'est pas si comme ce genre de solutions de dernière minute avaient un coût... d'autant qu'un bonheur n'arrivant jamais seul, QUI avait bugné une autre voiture en allant chercher la fameuse G2 à l'aéroport ?)

lundi 11 juin 2018

7 Astuces pour rater le recrutement de sa mamie-au-pair - Leçon de recrutement & Cas pratique (1/2)

Ces temps-ci je n'avais pas grand chose à faire, entre 
  • l'instruction à domicile de mes enfants (IEF pour les intimes), 
  • leur éducation en général, 
  • la gestion de la maison, 
  • et puis aussi, ho, broutille, la création de mon entreprise, et pendant que j'y étais, une entreprise avec une double activité impliquant, 
    • d'un côté, donc l'organisation, la communication autour, et l'animation d'ateliers de parentalité (Faber & Mazlish), 
    • et de l'autre, un certain travail de réseautage, prospection, etc, en vue de m'établir comme intervenante indépendante en RH.
C'est pourquoi pouvoir m'appuyer sur une personne expérimentée pour 
  • me garder mes enfants les jours et les soirs où mon activité pro me rend indisponible pour eux, 
  • me libérer du temps pour gérer des aspects pro "en back-office", 
  • me délester de quelques taches autour de la maison... 
bref, pouvoir m'appuyer sur une mamie-au-pair aussi top que la première que nous avions eue au début du printemps: c'était un peu trop me faciliter la tâche. Petite joueuse, va !

Comme j'avais tout de même choisi cette voie, il ne me restait pas 36 moyens de ne pas sombrer dans l'oisiveté la plus complète

Je n'ai donc pas hésité : j'ai consciencieusement raté le recrutement de la personne destinée à venir m'apporter une aide aussi inutile.
On appelle ça du sapotach' (oui, avec l'accent allemand, puisque, pour mémoire, je ne recrute que des personnes germanophones, la cerise sur le gâteau - ou le gâteau sous la cerise - étant que la fréquentation de cette personne doit contribuer à la teutonisation de ma progéniture)
Au point d'être allée redéposer ladite mamie-au-pair à l'aéroport ce vendredi, tout juste 15 jours après être allée l'y chercher.

Je vous dévoile tout, histoire que les masochistes parmi vous puissent m'imiter.
Si d'autres préfèrent utiliser mon expérience pour éviter de reproduire les mêmes bourdes, c'est leur affaire.

Moi, mon but, c'est de vous détailler point par point 
comment bien rater le recrutement 
d'une mamie-au-pair.

Suivez l'guide.




1. Faites des entretiens, OUI, mais surtout surtout surtout SANS PRENDRE DE NOTES !

Eh oui, le soir où mon entretien de recrutement principal (il y en a eu d'autres après, mais sur des points de détails) a eu lieu avec G2, Monsieur Bout était en rade de chemises repassées. 
Or depuis que j'ai repris mon indépendance-femme-de-ménagesque, et donc depuis que je repasse moi-même le (très) peu qui soit repassé dans cette maison, 99,9%% des chemises de Monsieur sont repassées pendant que je suis au téléphone : je programme une looongue conversation avec une copine (mot d'ordre "on se textote dès que nos gosses respectifs sont couchés"), et zou, je ne vois pas passer les chemises, occupée que je suis à bavasser. 
Fort heureusement, car si je vous dis que des conversations d'1h30 n'aboutissent généralement, au mieux du mieux, qu'à 10 chemises repassées, vous comprendriez bien que si je n'avais pas quelqu'un au bout du fil, je finirais par m'y prendre, au fil.

Donc voilà, 
  • moi qui ai des années de recrutement professionnel derrière moi, 
  • moi qui ai toujours noirci des pages et des pages de notes en entretien de recrutement, sachant 
    • à quel point la mémoire court-terme est traître
    • et à quel point relire ses notes à froid permet d'identifier des choses passées totalement inaperçues dans le feu de l'action, ou de venir confirmer ou au contraire infirmer des "impressions" :   
j'ai mené cet entretien le fer, et non le stylo, à la main, et donc je n'ai rien noté.

Hormis, juste après après avoir raccroché, 2 ou 3 mots. 
Que, pour faire bonne mesure, je n'ai pas pris en compte dans ma décision finale, comme nous le verrons un peu plus bas.

Ne pas prendre de notes, donc, pensez-y!

Une stratégie encore plus efficace si on la combine avec mon point numéro 2


2. Enchaînez les entretiens

Eh ben oui, ayant eu plusieurs candidates, j'ai proposé le même créneau téléphonique à 2 d'entre elles, pensant que l'une au moins ne serait pas dispo. Ça, encore, ce n'est en soi pas répréhensible : c'est même monnaie courante en recrutement. On est bien obligé de pratiquer une certaine forme de surbooking pour s'assurer de remplir tous ses créneaux, charge à nous, ensuite, de revenir vers l'un des deux en proposant de décaler la date initialement envisagée.
Mais pas si on veut bien rater !

Donc, quand les 2 se sont déclarées dispo, au lieu de prendre un peu de recul et de dire à l'une : "euh, demain finalement", j'ai raccroché avec la première et enchaîné avec la seconde.

Idéal !

A posteriori, je suis quasiment sûre d'avoir porté au crédit de G2 des expériences / points positifs / etc remarqués chez sa "rivale". On appelle ça se mélanger les pinceaux, et effectivement, autant en tant que recruteur on enchaine souvent les entretiens, autant on a la prise de notes pour nous éviter ce genre de confusion fâcheuse. 
Si en plus on prend en compte le fait que, chacun des entretiens ayant duré longtemps, l'heure était trèèèès avancée à la fin du second, il est évident que je n'étais décidément pas très fraîche. Ce qui pouvait nuire encore davantage, à la fois à ma mémoire, et à la fois à ma capacité de discernement. Deux accessoires pourtant utiles dans la prise de décision.

Mais quand on veut rater un recrutement, autant sortir l'artillerie lourde, que diable !


3. Confondez motivation générale et motivations spécifiques

(Gniiiiiiiin ? Ah, on  m'informe que j'ai perdu 47% de mon public)

La distinction entre motivation générale et motivations spécifiques est tout simplement une distinction fondamentale en recrutement (métier que j'ai exercé pendant plusieurs années, ne l'oublions pas, même si dans l'affaire qui nous occupe j'ai tout fait pour l'oublier, visiblement).
Pour faire simple :
  • Motivation générale = Je suis motivée à fond par ce que vous proposez, j'en ai super super enviiiiiiie !
  • Motivation spécifique = Moi, j'adore m'occuper d'enfants de tel âge, et de telle manière, et c'est ce que vous proposez : OUIIIIII.

C'est quoi la différence ? 
Eh bien, si on se fie surtout au degré de motivation générale, on risque de gros malentendus : entre 
  • ce qui est attendu du candidat dans le poste, 
  • et ce qui lui en perçoit / ce que lui s'imagine y faire, 
il peut y avoir un monde. 
Et donc quand quelqu'un délire d'enthousiasme pour un poste, cela ne dispense pas d'aller creuser exactement ce qu'il aime dans ce genre de fonctions, et de comparer cela avec la réalité qui l'attend. Il peut délirer d'enthousiasme pour quelque chose qui n'existe que dans son imagination. Ou ailleurs, mais pas chez nous.
Par exemple, une proposition intitulée "Assistant Super-Héros" : 
  • Je suis à fond, je m'imagine déjà habillée d'un justaucorps à la teinte à peine plus pâle que celui de mon chef, en train de voler avec lui à la rescousse des pauvres persécutés de ce monde ; 
  • manque de pot, en fait mon boulot consisterait surtout à envoyer des lettres de relance aux méchants du monde pour les prévenir de se tenir à carreau sinon ça va chauffer, et à envoyer le justaucorps du chef au pressing. 
  • Missions pour lesquelles les motivations spécifiques souhaitables sont le fait d'adorer le travail de bureautique et la rédaction de phrases type ultimatum-clair-et-sans-équivoque, et non le vol plané au-dessus des gratte-ciels - sans s ? avec ? ou ça ? euh buildings.

Il faut donc un questionnement précis pour aller creuser au delà de la motivation générale exprimée par le candidat !

Sauf, bien entendu, si on veut rater un recrutement.
Auquel cas, il faut procéder EXACTEMENT comme moi.
  • se laisser entraîner par l'enthousiasme de l'aspirante mamie-au-pair, tellement motivée qu'elle s'était réinscrite sur le site par lequel j'étais passée, à la simple lecture de mon profil
  • ne pas trop décortiquer ce qui lui plaisait dans ses expériences précédentes, ni la manière dont elle se projetait concrètement chez nous (bon, mes quelques tentatives de décorticage ont de toute manière avorté, cf un point que nous aborderons plus tard)

Comme cela, on s'aperçoit seulement après coup (mais assez rapidement pour le coup), que s'occuper d'enfants, elle aime bien, mais surtout en mode supervision : ni la relation à l'enfant, ni encore moins sa psychologie ne sont au centre de ses préoccupations.
  • Ainsi, faudrait quand même pas que ça exige trop d'efforts physiques, d'attention, de connexion émotionnelle : 
    • par exemple, un enfant qui, en ballade (donc sans impératif horaire, notons-le bien), a le toupet de vouloir s'arrêter fréquemment pour regarder les fourmis et les coccinelles, commenter les panneaux de circulation, souffler dans un pissenlit, et ne réagit pas à l'immédiat "viens, il faut avancer !" c'est un enfant qui "n'écoute pas / ne respecte pas les règles" (alors que moi, quand elle m'a rapporté cela à l'issue de leur première ballade, je me suis bêtement inquiétée en disant "ah, il a traversé les rues sans attendre ?" )

  • Et de la même manière, on ne réalise qu'avec un temps de retard qu'elle est bien davantage prête 
    • à consacrer du temps à vous parler de son programme de visites sur son temps perso, 
    • et à prendre de votre temps pour que vous l'aidiez à repérer la meilleure manière de se rendre à tel ou tel endroit, ou encore à réserver un billet d'entrée dans un musée, 
    • qu'à consacrer du temps à causer avec vous de la manière dont fonctionnent vos enfants, de comment réagir au mieux, la prochaine fois que se présentera tel ou tel problème qu'elle a rencontré aujourd'hui avec eux. 
    • Bref, plus motivée par le côté tourisme que par l'envie de connaître vos enfants en profondeur, et de se préoccuper un chouilla de psychologie enfantine.
  • Une exemple au hasard : un certain mercredi soir qui fut le dernier moment où j'ai pu oser lui confier les deux, elle devait les garder 2h (entre mon départ en ateliers F&M, et l'arrivée de Monsieur Bout) 2h qui furent l'horreur tant pour elle que pour les mômes. Elle s'en plaignit longuement auprès de Monsieur à son retour, puis lui prit encore 30 minutes de sa précieuse soirée pour l'aider à booker sa visite du lendemain. Le lendemain matin, elle me lança un rapide bonjour et fila prendra son train de banlieue, sans penser à ne perdre ne serait-ce qu'une minute à discuter des évènements de la veille.

Pourtant, il n'y avait pas grand chose à discuter, oh... 
En 2h, elle avait juste été suffisamment dépassée par les évènements, pour en arriver, dans l'espoir de faire obtempérer F., à le menacer de "lui piquer son Mouton et de le mettre à la poubelle" [sic]; et un peu plus tard, à perdre assez les pédales pour le frapper.
Le truc qui a le plus traumatisé F. (et sa sœur aussi, du reste) étant le premier. J'en ai entendu, des "mais pourquoi elle voulait le mettre à la poubelle ???!" perplexes, depuis !

Allez, déjà 3 grands secrets dévoilés, je reviens bientôt vous donner la suite de ces précieux conseils.
Car tant qu'à rater, autant faire les choses BIEN !