mardi 28 mars 2017

C'est quoi Flylady en fait ?

J'ai déjà pondu moult billets sur Flylady, cependant une copine me faisait récemment la remarque  que, si j'en traitais à chaque fois un aspect, jamais je ne m'étais fendue d'un billet un peu structuré expliquant de manière synthétique de quoi il s'agit.

Or, pour certaines qui prennent le train blog en marche, une courte synthèse pourrait aider à s'y retrouver, et à décider de l'opportunité d'aller, ou non, approfondir ensuite avec l'un ou l'autre de mes billets plus détaillés.
D'autant qu'il se trouve qu'en ce moment j'ai justement 2-3 articles traitant de Flylady sur le feu, à paraître prochainement, et que donc de telles explications, données au préalable, permettront peut-être à ces billets d'être plus compréhensibles.



Voici donc en trois points, ce que l'on peut dire de Flylady.

1. Flylady, c'est un système d'organisation personnelle, qui a vocation à s'appliquer 
  • à toute la maison, du ménage aux courses, à l'administratif, 
  • mais aussi par extension à toute la personne : projets personnels, entretien physique, relations interpersonnelles et vie familiale; avec des implications possibles jusque dans la vie pro

2. Il repose sur 3 grands principes
  • c'est de la recherche de la perfection que nait le bordélisme : on ne fait rien parce qu'on attend de pouvoir le faire parfaitement. (cf ce billet-ci
    • Avec Flylady, on va s'attacher à faire les choses, mal, par petits morceaux, mais on va les faire.
  • c'est du trop-plein de choses que se nourrissent le désordre, la saleté et l'inaction. 
    • Avec Flylady, on commencera par désencombrer son intérieur afin de se dégager du temps, de l'espace et de l'énergie.
  • la routine constitue non pas un carcan, mais une manière de combattre son bazar (dans un premier temps) et s'aménager un intérieur agréable à vivre (dans un second temps) de manière machinale, sans fatigue (cf ce billet-là)
    • Avec Flylady, on va peu à peu construire des routines quotidiennes, hebdomadaires, mensuelles, annuelles.


3. Et comme les routines, à l'instar de toute habitude, ça se construit dans le temps, de manière très progressive: Flylady a mis en place un programme d'accompagnement en 31 jours, pour aider à commencer à prendre de bonnes habitudes. Il s'agit là des fameux Babysteps. J'en explique la magie ici, et je me (re)lance dedans en les détaillant ensuite un par un : c'est l'aventure Flylady 2.0.

3 bis. (yes, je triche) Il existe un bouquin écrit par Madame Flylady en personne, une Américaine : "Entretiens avec mon évier". Je ne l'ai même pas lu. De ce que j'ai pu glaner comme retours, ce livre peut se révéler très inspirant. En revanche, il ne contient pas les Babysteps, dont le côté accompagnement concret dans la mise en place peut manquer.


Voilà qui est dit.

Bien entendu, aucun système ne vaut à 100% pour 100% des personnes, et on peut reprocher un tas de choses à celui de Flylady (par exemple ces points-là).
Néanmoins, moi, je lui dois beaucoup, beaucoup, et encore bien davantage. De ne plus avoir peur de mon chez-moi, entre autres!
Surtout que, oui, il est tout à fait possible de butiner du Flylady, sans importer toute la machine chez soi.
J'aurais donc tendance à inciter quiconque est intéressé, à regarder de plus près. Ça ne coûte rien (en tous cas si vous savez résister au marketing agressif de la Dame de l’Évier - pas aussi glamour que Dame du Lac mais manque de bol pour elle 1. c'était déjà pris 2. récurer son lac ça n'est pas à la portée de tout le monde, pour le coup).

Ce n'est pas facile, loin de là, et je ne suis pas la seule à avoir peiné.
Mais rappelons-le : c'est de la recherche de perfection que naît le bordélisme, donc le secret, avec Flylady, c'est d'accepter que Flylady, aussi, sera imparfait, et fait de manière imparfaite.

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dimanche 26 mars 2017

Une Semaine en Parentalité Positive #7

7, un chiffre maudit ?
Hum.

Samedi:
Alors que les levers et pillages de placards nocturnes ont totalement cessé en semaine depuis que F. est assuré que son père viendra le réveiller, les matins de weekends sont encore aléatoires.
Pillage de placard ce matin, j'interviens, exprime mon mécontentement et ma déception, et sors F. de la cuisine.
Pas content, il fait irruption dans notre chambre quelques minutes plus tard en m'annonçant, un peu narquois, qu'il a fait "caca dans la cooouche" (alors que depuis que nous sommes retournés aux couches la nuit, le deal est que, si besoin de faire une selle, il l'ôte / nous demande de l'ôter puis de la remettre si nécessaire).
Ma première réaction à chaud :
"Bon, dans ce cas, plus de couche la nuit [Na!]" et j'annonce que je le nettoierai, mais tout à l'heure.
F; n'est pas très content.
Et moi furieuse.
Je me calme en faisant d'autres choses et en laissant Monsieur Bout préparer le petit-déjeuner avec son fils, puis, plus calme, je reviens vers ledit fils et lui propose qu'on aille ôter sa couche.
Hop, dans la baignoire, je dépressionne la couche et
"Du coup, il va falloir que tu nettoies la couche.
- non, c'est à toi de le faire.
Je n'aime pas nettoyer des couches pleines de caca, tu le sais. A toi de m'aider.
- non."
Je m'occupe autrement, laisse passer une minute, puis
"Nous allons le faire ensemble, regarde, tu la tiens là, et tu frottes comme ça."
Il s'y met, fait ça plutôt bien, nous rinçons ce truc immonde dans la baignoire (les couches lavables, c'est chouette, mais PAS pour des selles de gamin de presque 4 ans, j'vous jure)... et F. fait preuve d'une grande application, voire d'un certain enthousiasme (besoin d'appartenance et d'utilité, tu disais, Jane Nelsen?), et nous discutons au passage des règles (prévenir si besoin de...).
M'enfin, avec un tel enthousiasme sur la fin, j'espère qu'il ne va pas récidiver juste pour le plaisir de nettoyer sa couche dans la baignoire, hein, dites !?

Dimanche:
I.
Au square après la messe: je réalise d'un coup que mon bébéééé est en train d'escalader toute seule la paroi qui mène au toboggan. Whaou!
Plus qu'une barre à grimper, la Bébounette s'arrête, hésite, se retourne à moitié vers moi en mode "et si je demandais de l'aide ?"
Je ne bouge pas d'un poil, elle continue à hésiter, alors j'ose un
"Comment tu fais pour monter ?"
E. se retourne, gravit le dernier échelon, et zou, c'est dans la poche. Un exploit qu'elle reproduira à la chaîne dans la demi-heure qui suivra.
Quand je pense que, la première fois que j'ai lu le paragraphe de Jane Nelsen sur les questions de curiosité, je n'ai pas trouvé ça extraordinaire. Que j'ai même failli ne pas les mentionner dans mon billet sur les outils...
Arf arf.

II.
Le soir, F. est un peu agité une fois couché, il finit par venir signaler qu'il a besoin de faire une selle.
Je l'invite à baisser lui-même son bas de pyjama (entreprise rendue plus compliquée par la grosse couche) mais il souhaite que je l'aide. Encore toute imbue de mes succès avec les questions de curiosité, je compte bien surfer sur la vague pour continuer à l'inciter à l'autonomie:
"Comment tu fais pour ôter ton bas de pyjama?
- non c'est toi !"
je ne lâche pas l'affaire, déterminée à capitaliser sur mes réussites... si bien que F. se braque et finit par annoncer qu'en fait il n'a pas envie d'aller aux WC. Il complète en précisant qu'au besoin, il fera dans la couche, car il aime bien nettoyer (aaaaah!).
Je m'énerve... et, en désespoir de cause, file passer le relais à Monsieur Bout, qui mettra 10 minutes à ce que son fils veuille enfin aller aux WC.

Lundi :
I.
E. s'est amusée à crayonner (avec des crayons à la cire) sur sa petite chaise ainsi que sur la vitre...  mais j'ai bien entendu qu'elle avait agi sous les encouragements vigoureux de son grand frère.
Je ramène deux ronds verts, mon pschitt au vinaigre, et zou, supplément de ménage improvisé.
"mais, c'est E.!" objecte F.
"hum, je crois que tu l'as encouragée, donc tout le monde nettoie"
Et voyez-vous, c'est en vous écrivant que je réalise que j'ai loupé une très belle occasion de recaser une citation de F&M : "je me fiche de savoir qui l'a fait, ce que je vois, c'est que la chaise et la fenêtre sont sales, et que..." 
Ceci dit, il n'empêche que F. a fait cela avec beaucoup d'application, au point qu'il a aussi voulu aller astiquer les vitres de sa chambre. Tant mieux ça m'avance. Magie du pschitt....

II.
J'aperçois la tour rose après que F. l'ait manipulée puis rangée à sa place dans la salle de classe. Ah, il a inversé deux cubes.
"Oh, regarde la tour rose !
F. y jette un œil et grogne
- Noooooon...
Oui, tu as vu le problème."
Oh que oui: d'ailleurs, il s'emploie à le résoudre direct.

III.
De retour du grand parc; avant notre départ j'avais fait répéter les règles en prenant le soin d'y inclure un petit rappel sur le fait qu'on roule sur le trottoir.
Arrivé sur le tronçon de route fatidique, F. fait mine de rester sur la route après que nous l'ayons traversée.
"La route c'est pour les ... ?
- Voitures !"
F. reste encore en arrêt quelques secondes, puis dirige lentement sa draisienne vers le trottoir et commence à rouler dessus.
100 m plus loin, rebelote, incursion sur le caniveau.
"Les petits vélos roulent sur ... ?
De nouveau, quelques secondes de latence, puis retour sur le trottoir.
Mais pour les derniers mètres
"Là ça y est, nous sommes arrivés, donc ce n'est plus dangereux" décrète le cycliste.
Et zou, avant que je n'aie eu le temps de dire ouf, F. effectue les derniers mètres en roulant sur la route.
Scrogneugneu !

Mardi:
I.
C'est l'heure du bain tant attendu par mes rejetons
"Avant, il faut encore ranger les picots qui sont par terre."
F. s'insurge
"Nan c'est pas moi, c'est E. qui les a jetés" (ce qui, au demeurant, est tout à fait exact)
Ah mais la voilà l'occasion de recaser du F&M : rien n'est jamais perdu !
"Ça ne m'intéresse pas de savoir qui l'a fait. Dans cette famille on aide à ranger même quand le désordre vient des autres, moi aussi je t'aide quand il faut ranger tes affaires."
Et j'enchaîne sur une brève description.
"Tiens y en a un rouge là par terre"
Et c'est à trois que nous ramassons ces maudits picots.

II.
Bain moussant, donc : F. et E. s'en donnent à cœur joie pendant que je fignole leur dîner. 
Ambiance joyeuse, soudainement troublée par des pleurs de Bébounette : F. vient de lui barbouiller le visage de mousse, ce qu'elle n'a pas apprécié du tout. Elle réclame à sortir, ce qui n'arrange guère mes affaires car je suis bien contente de ce moment de répit où les deux se détendent au chaud pendant que moi je m'affaire efficacement. 
J'exprime mon mécontentement
« E. n'aime pas qu'on lui mette de la mousse sur le visage.  J'ai besoin que le bain soit un bon moment pour tous les deux : si je dois sortir un enfant je sors les deux car sinon ce n'est pas pratique pour moi.
- OK, je comprends maintenant, je vais faire attention. »
F. saisit un livre de bain, et commence à le lire à sa sœur de sa voix la plus tendre et la plus joyeuse possible. Fin des pleurs.

Mercredi:
Petit-déjeuner : F. regarde les quartiers d'orange préparés par son père et me demande
"Tu me les coupes en morceaux ?
- tu voudrais que je te les coupe en morceaux ? ... [et je rajoute bêtement, sans bien enregistrer ce que mes yeux voient pourtant] C'est toi qui le fais ou c'est moi ?"
F s'arrête alors qu'il avait déjà le couteau en main et dit
"c'est toi"
Comme quoi j'aurais mieux fait de me taire et de laisser un peu de temps passer !
Bon, ceci dit, ce n'est rien à côté du reste de la journée qui fut fort réjouissante et au cours de laquelle je mis un point d'honneur à faire semblant d'avoir tout oublié des habiletés nouvellement acquises. Demain, demain, demain... est un autre jour, Dieu merci.

Jeudi:
I.
En pleins jeux sur une aire de jeux du grand parc, F. a une envie pressante nécessitant des toilettes; las, pour atteindre les plus proches, 7 marches à gravir. Je m'apprête donc à hisser la poussette.
F. intervient "attends, je sais!", pose sa draisienne, saisit le marchepied de la poussette, et contribue à hisser celle-ci en haut des marches. Certes, une contribution assez symbolique, mais je suis fière de son initiative et je veille à lui laisser le champ libre.

II.
Dans lesdits toilettes, une chasse d'eau bruyante, et un sèche-mains. Deux dispositifs dont les bruits effraient généralement F. si bien qu'il refuse systématiquement de s'en servir.
Et là, F. prend ma main, et dit "tu fais avec moi ?", pour tirer la chasse d'eau, puis pour lancer le sèche-main...

Vendredi:
I.
Les dernières 48h ont été difficiles, et le matin ne commence pas sous de meilleurs auspices : au petit-déjeuner, F. se montre très agité, tape sur la vaisselle et la table avec sa cuiller, crie, postillonne... et asticote sa sœur qui piaille en retour.
En plein dans la lecture du Jane Nelsen sur la tranche 3-6 ans, je décide vite d'agir sans mots: je déplace la chaise haute d'E. pour me placer entre les deux.
Énorme colère de F., qui se déchaîne, hurle et tape. Je me sens bouillir, je réalise que je touche à mes limites, et le verbalise en m'inspirant de SMS échangés avec Clotilde pas plus tard que la veille...
"F., je me sens très en colère, tellement en colère que j'ai très envie de taper. Je ne veux pas taper, mais je ne peux pas rester près de toi quand tu agis comme ça donc je vais nous séparer pour pouvoir me calmer."
Et je l'isole dans sa chambre avant de retourner dans la cuisine, porte fermée également.
Je devrai recommencer cela plusieurs fois avant que les deux colères (celle de F., la mienne), ne retombent un peu.
"Je n'aime pas ce genre de situations. C'est difficile de se sentir comme cela, n'est-ce pas? Je crois que nous avons besoin d'un gros câlin pour aller mieux tous les deux".

II.
Au parc en fin de journée, je mesure ce que ça donne, quand se combinent période de l'ordre et le fait d'inciter les enfants à se sentir responsables de leur environnement :
"Poubelle, poubelle !" claironne la Bébounette, très affairée. 
"Moi aussi !", se précipite F.
F. et E. s'emploient à nettoyer la pelouse des bouteilles et emballages laissés par des pique-niqueurs peu consciencieux. 
Avec un bel exemple de coopération spontanée en prime : parce que, même hissée sur la pointe de ses petits pieds, E. ne parvient pas à atteindre l'embouchure de la poubelle, c'est à F. qu'elle tend les produits de sa collecte...




Une semaine plus difficile... 
  • probablement due en partie à moi, du reste, car Monsieur Bout me le renvoie "hum, ces derniers jours je t'ai trouvée plus cassante, bam, tu fonçais direct" (avec probablement deux facteurs n'aidant pas : 
    • mes inquiétudes sous-jacentes sur nos perspectives financières, 
    • et le fait que la semaine a été émaillée de plusieurs épisodes de très Indecent Hours, générant un déficit de sommeil assez conséquent).
  • Et puis, prenant le mieux pour acquis, j'ai aussi été moins vigilante : à quand remontent nos dernières parties de guilis, par exemple ?

Quoi qu'il en soit :
Pas très agréable, cette sensation de régresser!

Régression, régression...? 
Je relativise tout de même : certes, quand j'ai le nez dedans, je me dis "aaargh, je perds tout ce que j'ai acquis", mais en fait : cette semaine a été plus conflictuelle que celles qui l'ont précédées, mais moins que ne l'étaient nos semaines en automne. 
Seulement, certains des points positifs sont devenues tellement naturels que je ne les perçois plus. Frange d'or / Nuage noir, toussa...



vendredi 24 mars 2017

Gestion de colère et perfection

La gestion de sa colère en tant que parent constitue une sacrée problématique.
D'abord, il y a différentes écoles, et il m'a fallu du temps pour trouver la mienne.
Ensuite, eh bien une fois qu'on a trouvé le chemin sur lequel on veut marcher, encore faut-il réussir à le suivre. Point toujours facile, et j'avais abordé le sujet ici et .

Mais ça bouge, ça bouge, ça a bien bougé, et ça bouge encore.

Revenons un peu en arrière.

Le besoin que j'avais de me renforcer encore pour mieux gérer cet aspect là n'avait pas été pour rien dans mon insistance pour que nous participions dès l'automne à des ateliers Faber & Mazlish.
Puisque j'avais mis le doigt sur le fait que me sentir mieux outillée permettrait de prévenir beaucoup de conflits donc de tuer dans l’œuf beaucoup d'occasions de colère, je comptais beaucoup sur ces ateliers pour m'aider dans cette voie. Il s'agissait d'une urgence vitale à mes yeux !

Ateliers débutés fin novembre....
et mois de décembre, vraiment, vraiment difficile.
Je crois qu'un des pires moments fut un jeudi matin, c'est-à-dire quelques heures à peine après l'un de nos ateliers, où, paf rebelote.
Oui, paf.
Paf, comme dans "je sors à peine d'un atelier F&M que mon gamin s'en prend une".

En fait, je venais de dérouler toute une série d'outils, et notamment, de sortir enfin les fameuses routines imagées sensées devoir nous offrir des lendemains qui chantent matins plus sereins et efficaces, et tous mes efforts... se traduisaient par un flop total, tout ce matin n'avait été qu'un long et pénible enchaînement de conflits et d'efforts vains de ma part pour en sortir par le haut.
Mes outils tout neufs ! Sur lesquels j'avais tant compté! J'avais espéré un déroulement parfait, un enchaînement fluide, et je me suis retrouvée soudain complètement impuissante. A poil.
D'où : paf !
Désespoir total.

Puis vinrent les vacances de Noël, et avec elles, deux choses
  • un temps plus calme, moins de confrontation directe avec F. puisque présence de Monsieur Bout en continu, voyage dans les familles, maisons pleines, éventuels cousins pour jouer, bref, atmosphère favorable à ce que les esprits se calment
  • et surtout : lecture de Jane Nelsen, relecture de Jane Nelsen, rerelecture de Jane Nelsen, digestion de Jane Nelsen et ponte des 3 billets subséquents (1, 2, 3... soleil! OK je sors).

Chez Jane Nelsen, j'ai lu cette citation du psychologue A. Dreikurs 
"un enfant qui se comporte de manière inappropriée est bien souvent un enfant découragé. Il en va de même pour les adultes."
Et en effet : à l'origine de beaucoup de mes colères, on trouve (trouvait ? les choses ont tellement évolué  justement!) un sentiment d'impuissance terrible.

Ce fameux jeudi en était un exemple éclatant.

Mais justement, il se trouve que chez moi, la lecture de Jane Nelsen a entraîné une espèce d'érosion de ce sentiment d'impuissance, jusqu'à sa plus ou moins complète disparition.
Je parle d'érosion car cela s'est fait graduellement : à mesure que je m'imprégnais des mots de cette chère Jane, et que je faisais mienne sa vision des choses.

En effet, chez notre amie Jane, la disparition du sentiment d'impuissance du parent est permise par le fait que le travail sur le comportement inapproprié de l'enfant vise moins à faire disparaître ledit comportement dans l'instant qu'à favoriser le développement de compétences sociales sur le long terme.
C'est énorme, ça !
Cela me redonne un sentiment de puissance monstrueux puisque en tant que parent, hein, je peux (souvent) être impuissant à obtenir un effet immédiat ... alors qu'au fond, je suis toujours en capacité de faire en sorte que cet épisode nous fasse aller dans la bonne direction, qu'il soit utile à long terme : m'éloigner de la perfection dans le présent (le gosse sage comme une image) pour aller vers une maturation dans le futur.
Les leviers sont très différents, puisque
  • dans le premier cas, la balle se retrouve quasi tout de suite dans le camp de mon enfant, lequel peut très bien choisir de ne pas la renvoyer (et ne s'en prive pas); 
  • dans le deuxième cas, c'est mon comportement qui est déterminant, et ce comportement-là, je le maîtrise davantage...

Quelle sérénité j'ai gagné !
La lecture de Jane Nelsen m'aura ainsi permis de mettre le doigt sur une incohérence fondamentale de l'éducation traditionnelle, incohérence cependant tellement répandue que je l'avais reprise à mon compte sans même m'en apercevoir
En effet, que se passe-t-il dans un cerveau de parent lambda (ou, en tous cas, dans le mien), et en général dans les yeux de la société, en cas de mauvais comportement du gosse ?
  • on lie le mauvais comportement à des enjeux long terme, en le généralisant : argh mon enfant n'est pas obéissant, si il continue comme ça il va finir en prison
  • et on emploie des solutions court terme, visant à se rassurer, à sortir de cette angoisse intolérable par le stoppage tout net du comportement concerné... solutions qui peuvent (ou pas) fonctionner à court terme, mais seront nuisibles à long terme.

Jane Nelsen offre quelque chose de tout à fait opposé..
  • il s'agit de considérer le comportement dans son contexte comme l'expression d'un problème dans l'instant (si l'enfant tape, il n'est pas violent fondamentalement, il tape à ce moment précis car à ce moment précis il est frustré, en colère, en demande d'attention)
  • et d'employer des solutions qui vont porter du fruit à long terme.

Cela a changé beaucoup de choses chez moi
  • Plus de sérénité, plus de calme, plus de hauteur de vue
  • Mais aussi un comportement différent, car dorénavant j'accepte mieux d'investir.

Car voilà : 
oui, quand je me laisse la colère s'emparer de moi, c'est le découragement qui parle. 
Et oui oui oui, si je sais que j'ai une marge de manœuvre, je peux être moins découragée.
En revanche, comme il est répété plusieurs fois chez Jane Nelsen, puis-je exiger de mon enfant de savoir mieux maîtriser sa colère / les effets de son découragement que moi ? 
Non. 
Dans le sens que je ne peux exiger un résultat parfait. 
Ni de lui, ni de moi. 
Mais des deux, je peux exiger des efforts dans le bon sens.


D'où il s'ensuit que, face à un comportement relou, je visualise le choix de manière plus claire :
  • agir dans l'instant, que ce soit en surréagissant, ou en n'agissant pas. A noter, ne pas agir, cela peut se faire sous deux formes : 
    • fermer entièrement les yeux en mode permissif (piétiner sa propre limite), 
    • ou laisser le mauvais comportement perdurer en se disant "J'm'en fous, il en gèrera les conséquences / tout truc se rapprochant de la punition, il ne perd rien pour attendre, grrr."
  • ou investir dans l'avenir : prendre le temps d'enseigner.



Un exemple: le pillage de placards nocturne. Je vous en avais parlé ici, en ayant changé notre manière de réagir et mis différentes choses en place nous avons connu, avant et après Noël, plusieurs semaines tranquilles qui me rendaient très optimistes. Et puis c'est revenu.
  • Variante A: je suis furieuse d'être réveillée en pleine nuit / aux aurores / juste 30 minutes avant l'heure de mon réveil bon sang ! par des bruits suspects dans la cuisine, 
    • c'est un scandale, je vais lui montrer de quel bois je me chauffe et lui faire percevoir une bonne fois pour toutes que ce n'est pas OK : 
    • furibarde je fais irruption dans la cuisine, morigène mon fils, crise, pleurs, cris, la journée commence bien.
  • Variante B:  je suis tout aussi furieuse mais la fatigue vainc, 
    • hors de question que je sorte de mon lit, donc j'y reste en me raccrochant mentalement au fait que de toute manière les jours suivant les nuits de pillage, le biscuit/chocolat habituel de fin de repas saute. 
    • Ce qui est une conséquence logique tout à fait acceptable dans de nombreux cas, et notamment si c'est appliqué de manière très calme en mode "tu as déjà eu ta part"; mais là dans mon cerveau, ce n'est pas calme, c'est "et paf!", ce qui en fait une punition plus ou moins déguisée. Qui s'assortit, au matin, d'un petit sermon.
  • Variante C: je suis furieuse mais je me lève dès que j'entends le moindre bruit, 
    • je réoriente son comportement en lui demandant quelle est la règle ("on ne se lève pas avant que le premier chiffre ne soit un 7", "on peut prendre des cracottes et/ou une banane", etc), 
    • j'accueille ses sentiments "tu aurais très envie de...", 
    • et je lui offre des choix : 
      • "est-ce moi qui remets la boite dans le placard ou est-ce toi ?" 
      • "Préfères tu être porté pour remettre dans le placard ou le faire tout seul ?" "
      • "préfères-tu être porté pour retourner dans ton lit ou est-ce que nous marchons ensemble ?"
    • en rajoutant si nécessaire un "c'est difficile pour toi de ne pas..., il faudra que nous en rediscutions pour trouver des idées qui t'aident", annonçant une future démarche de résolution de problème.
    • Et si nouveaux bruits bizarres plus tard, rebelote. Y compris si il agit parfaitement dans les règles (cracottes) : il s'agit de l'accompagner face à la tentation, et d'en profiter pour valoriser son comportement à l'aide de compliments descriptifs "je vois que tu es soigneusement allé vérifier l'heure, et là tu as vu qu'il était seulement 6h (gningningniiiiin)"
    • Compliments descriptifs que je m'efforce d''utiliser aussi quand il est à moitié dans les clous : il  lui est bien plus facile, d'ailleurs, de reposer les cracottes à 5h du mat' une fois que j'ai souligné qu'il avait pensé à prendre ce dont nous étions convenus, et qu'il avait juste oublié de regarder l'heure.

Prendre le temps d'enseigner... c'est vraiment un point sur lequel j'ai énormément travaillé, et dont j'ai l'impression que je m'imprègne chaque jour davantage. Un point qui contribue grandement, je crois, à cette sérénité dont j'ai également l'impression qu'elle se fait de plus en plus profonde.
A une bonne copine au téléphone tout récemment, qui me demandait de mes nouvelles, je disais à un moment que ça allait vraiment bien (mieux) avec les enfants, et j'ajoutais "oh bien sûr il y a toujours des moments de désespoir, mais..." et puis je me suis corrigée direct : non, il n'y a plus de moments de désespoir, en fait. 
Des moments de solitude, des moments d'énervement, des moments de crise, oui! 
Mais je ne désespère plus: le plus ou moins gros grain de sable ne me fait plus vaciller, moi, sur mes bases. Je manque peut-être d'inspiration pour bien gérer le moment présent, mais je ne doute plus de mes capacités à gérer, globalement, l'éducation de mes enfants, ni des résultats que mes choix éducatifs vont produire.

Des résultats pas parfaits, non plus ! 
Mais je ne l'exige plus de nous.




mercredi 22 mars 2017

Tout petit pas Zéro Déchet : à la poubelle les Kleenex!

Décidément, entre IEF, parentalité positive, Flylady et apprentissage du ménage, réflexions pro de Monsieur et donc financières du couple (oui, je veux venir vous en parler; oui, je le ferai ; oui, un jour), il y a de la progression et du changement un peu partout chez la Gwen.
Un peu partout ? Non ! Car un village peuplé d'irr... : je manque toujours de bande passante pour introduire du changement dans un autre domaine dans lequel j'aimerais pourtant bien avancer : le Zéro Déchet.
Cela viendra, cela viendra...

Ceci dit, j'ai trouvé un récent billet d'une MamanKo assez inspirant, et je me suis dit que j'avais quand même un tooout petit pas à venir partager. (et même, je vais bientôt en avoir un 2ème !! Bientôt bientôt ! Je piaffe !!!)

Ayant été pas mal enrhumée cet hiver (plus que de coutume en tous cas), j'ai eu l'occasion de travailler sur l'éradication des Kleenex.

Facile, en théorie ?
Pas pour moi en tous cas : revenir aux bons vieux mouchoirs en tissu de mon enfance ... hum, j'y avais pensé, mais j'étais rebutée par la manière dont ceux-ci, tout fins, se détrempent instantanément, et donc laissent le choix entre
  • manipuler et se remoucher dans un machin très très humide (beurk) 
  • ou se balader avec 200 mouchoirs en tissu (100 propres à droite, 100 sales à gauche) dans ses poches en période de crise.
Très peu pour moi.


Et puis voilà, Gwen enrhumée,au parc, hop, dégoulinade qui menace : mes mains cherchent fiévreusement un Kleenex dans mes diverses poches, n'y trouvent rien, mais tombent sur une lingette lavable casée là au cas où, pour nettoyer des petites mains pleines de sable ou éponger une balançoire ayant pris la pluie. Advienne que pourra !

Et en fait: l'essayer, c'est l'adopter ;-)
  • il s'agit de lingettes lavables (de la marque britannique Close, qui produit les chouettes couches lavables Pop In) en bambou, assez épaisses, et bien absorbantes, donc résistant bien mieux aux chutes du Niagara : on évite ainsi l'effet détrempe haï chez les mouchoirs en tissu!
  • bien absorbantes, comme je disais, donc en période de rhume cela réduit le nombre de trucs éparpillés partout puisqu'elles sont facilement réutilisables plusieurs fois (et mieux que des mouchoirs en papier)
  • elles sont assez grandes : 20 X 14 cm disent les sites marchands; bon, après moult lavages je pense que les miennes sont de dimensions légèrement plus réduites, mais c'est en tous cas bien mieux adapté à la fonction mouchage que mon autre série de lingettes lavables, en 10 X 10.
  • elles sont doooouces (bicoz bambou) : bien davantage que ladite autre série de lingettes lavables, réalisée dans du coton déco + vieille serviette-éponge. Et ça, un nez irrité par de fréquents mouchages appréciera.
  • elles sont mignonnes : moi j'en ai plusieurs séries pastel, c'est agréable à voir
  • ça sert à tout, cf plus haut : serpillère, débarbouillette (et même insert supplémentaire dans couche lavable si on veut que celle-ci tienne un peu plus longtemps), du coup, il est toujours rentable d'en avoir sur soi au cas où
  • c'est du solide : autant se balader avec un Kleenex sans son paquet au fond d'un sac à main, c'est s'exposer à extraire de la charpie de Kleenex dudit fond de sac à main le jour où on en aurait besoin, autant on peut caser une lingette toute seule dans un coin et l'y retrouver longtemps plus tard prête à servir
  • j'en ai un certain nombre
  • et leur entretien est du tout cuit : elles rejoignent les autres lingettes et les couches dans le seau à couches et sont lavées deux fois par semaine à 60°C.


Dans les faits, je continue quand même à avoir recours aux Kleenex
  • Monsieur Bout n'a pas encore sauté le pas
  • je n'en ai pas toujours sous la main / fondamentalement, il m'en faudrait probablement quelques unes supplémentaires pour pouvoir tourner de manière fiable avec
mais j'y ai déjà nettement moins recours, et cela s'est vu au dernier rhume : pas de poubelle débordant au bout de 24h ! (ce qui est ma foi bien agréable. Et sera susceptible d'encourager Monsieur Bout à sauter le pas lors de son prochain gros rhume, puisque c'est lui qui vide les poubelles)

Bref : peut-être pas ZÉRO Kleenex, mais MOINS DE Kleenex, et c'est déjà ça.


Et à la prochaine vente privée de produits Close,
j'aurai un prétexte pour m'en racheter de nouvelles.
(rho zuuuut).

lundi 20 mars 2017

Une Semaine en Parentalité Positive #6

Une semaine de plus !
L'impression d'un indiscutable mieux perdure et c'est bien agréable, même si cela n'exclut pas des moments plus compliqués, bien entendu.

Un signe qui ne trompe pas : j'ai réalisé que ces dernières semaines, F. n'a que très peu regardé de petits films en allemand
Cet automne j'avais presque (pourquoi dis-je "presque" ? "franchement" serait plus honnête...) hâte que ce soit l'heure de préparer les repas et donc de caser F. devant Youtube. Actuellement, je n'ai plus ce besoin de mettre F. "KO par TV" : le créneau pré-repas est occupé autrement la plupart du temps (ce qui n'arrange pas mes affaires germaniques par ailleurs, car F. est de nouveau assez réticent à blablater teuton; mais bon, ça reviendra...), et ce sans catastrophe.

Samedi:
E., qui s'éclate à présent tout autant que son frère dans la montée du garage, tombe (en la montant à reculons).
A quatre pattes sans bouger, elle m'appelle.
Je me tourne vers elle, mais reste à une certaine distance.
"Ouille, tu es tombée. Comment peux-tu faire pour te relever ?", assorti d'un sourire encourageant.
Et voici la demoiselle qui s'appuie sur ses mains, pointe son petit derrière en l'air, et zou, en position debout: on est repartis comme en 40.
Ou comment les questions de curiosité, ça porte du fruit dès avant l'âge de 2 ans.

Dimanche:
Promenade de fin de journée pour aller dans une aire de jeux plus éloignée de chez nous.
Passant devant un portail, F. commence à jouer à l'ouvrir et le fermer.
"F., le portail doit rester fermé." Rien
"F., les personnes préfèrent fermer elles-mêmes leur portail." F. continue à le fermer puis à le réouvrir.
"Comment tu fais pour refermer le portail ?"
Hop, le portail est fermé.
Ah, ces questions de curiosité alors !

Lundi:
I.
Retour d'une sortie, je suis encombrée, et la Bébounette a choisi de m'échapper pour courir partout dans le garage.
F. : "je vais la chercher
- Oui, prends la par la main"
Et hop, il va la cueillir dans la montée du garage, prend sa main tout doucement, l'aide à descendre les marches une à une, et l'amène en trottinant jusqu'à la porte de l'ascenseur.
Toute attendrie, je peaufine un peu ma réaction
"Tu as vu qu'elle tardait, tu es allé la chercher avec douceur, tu as tenu sa main avec soin. Je me sens très contente de la manière attentionnée avec laquelle tu m'as aidée."
II.
En me couchant la veille au soir, j'ai repéré que F. avait joué avec le tube contenant les petits confettis dorés qui ont servi à la confection de ses bouteilles de retour au calme: un certain nombre desdits confettis sont disséminés par terre à proximité du panier où le tube est entreposé. 
Je jure (intérieurement), puis me retiens d'y toucher et vais me coucher.
Au retour de notre sortie du matin, nous avons quelques minutes avant le déjeuner. C'est à ce moment que je choisis de remarquer et décrire le problème :
"Ah, des paillettes par terre. Il nous faut l'aspirateur. Tu règles le problème ?"
F. va sortir l'aspirateur, aspire les confettis, range l'aspirateur.

Mardi:
I.
En débarrassant son petit-déjeuner, F. dépose trop brutalement son verre dans l'évier, en dépit du fait que nous l'avertissions régulièrement du risque : et voilà, l'assiette à dessert qui a "récolté" le verre succombe au choc.
Je hisse F. pour qu'il puisse voir le résultat, et j'exprime mes sentiments :
"je suis triste, c'était un cadeau de ma grand-mère et maintenant elle est cassée"
puis j'enchaîne sur une question de curiosité
"Comment c'est arrivé ?
- J'ai posé le verre pas doucement.
Qu'est-ce qu'il aurait fallu faire pour éviter ?
- Faire attention et poser le verre doucement"
II.
Retour d'une longue ballade au vaste parc situé à 15 minutes de chez nous : trajet impeccable, mais sur le dernier tronçon bordant une route, F. s'amuse à rouler sur la route et non sur le trottoir malgré mes injonctions. (heureusement, une route très peu passante, mais quand même !)
J'exprime mes sentiments et je rappelle les règles:
"je suis très mécontente que tu aies roulé sur la route. La route, c'est pour les voitures ; les piétons et les petits vélos vont sur le trottoir. Quand je vois que tu ne respectes pas les règles je n'ai pas envie de retourner au grand parc avec toi."
Me souvenant des conseils de Jane Nelsen ("faites passer le message d'amour"), je rebascule ensuite sur l'expression de mes sentiments :
"Rouler sur la route peut être dangereux, j'ai peur pour toi car je t'aime"
Au retour de son père, F. claironne
"J'ai roulé sur la route !
je complète
- Oui, et nous avons dit qu'il ne fallait pas.
Oui, mais on peut rouler partout dans le parc !"

Mercredi:
I.
Dans la salle de classe pour le réveil de la Bébounette: F. en a profité pour sortir toutes les barres rouges et les deux s'amusent bruyamment avec, sans beaucoup d'égard pour ce matériel.
Hop, l'occasion de travailler l'expression de la colère:
"Je n'aime pas qu'on joue avec le matériel de classe. J'attends de toi que tu ranges, maintenant."
Héhé, au passage, ça le fait manipuler, car bien évidemment elles se rangent dans l'ordre...

II.
Petit-déjeuner; du haut de sa chaise haute, E. fait tomber son gobelet contenant un reste de lait. Youpi.
"Oh, du lait. Il faut essuyer."
Je la descends de sa chaise haute. Après quelques instants de latence, à observer la flaque et le rond vert, elle s'attèle à la tâche.
Je l'entends alors imiter la manière dont je guide F. dans ce genre de cas:
"Ici... là.... là et là... et là" (en joignant le geste à la parole, ce qui aboutit à une flaque essuyée avec une rigueur qui m'épate pour une enfant de 22 mois)

III.
De l'intérêt de se focaliser sur le problème et sa résolution, et non sur un "fautif" et sa faute : aujourd'hui, et hier : deux renversages malencontreux de verres plein d'eau, dont je me suis aperçue... en voyant que F. s'était déjà emparé du rond vert et s'appliquait à remédier à ce qu'il avait provoqué.

Jeudi:
E. détecte et ramasse un noyau de datte tombé par terre (vestige du Nutella fabriqué la veille), me le montre, j'indique :
"Le noyau de datte va à la poubelle".
Elle ouvre le placard de la poubelle, tire ladite poubelle, et zou, c'est fait. Mais elle part sans avoir refermé la porte du placard de la poubelle.
Machinalement, je décris la situation : 
"E., la porte de la poubelle est ouverte"
Elle se retourne, me regarde d'un air interloqué, et continue son petit bonhomme de chemin.
Et c'est là où je prends conscience que, même pour une enfant qui parle très bien, 22 mois c'est trop jeune pour la description de problème.
"E., il faut refermer la porte" : lueur de compréhension dans son regard et hop.

II.
Retour à la maison en début de soirée: un sac, reliquat du Drive déballé en vitesse plus tôt dans la journée, traîne sur le banc de l'entrée. 
F., un brin excité, s'en saisit et le jette à travers la pièce avant de grimper sur le banc ôter ses chaussures.
"Je n'aime pas ça. Le sac doit être rangé."
F. saute du banc, récupère le sac... et va l'accrocher à la poignée de la porte d'entrée, c'est-à-dire là où MOI j'aurais du ranger ce fichu sac au lieu de le laisser traîner.

Vendredi:
Au parc en fin de matinée, F. inspecte les travaux de rénovation en cours sur l'une des 2 aires de jeux. Un gros tas de sciure de bois toute fraîche embellit par ailleurs l'araignée qui n'est pas directement concernée par lesdits travaux, et constitue donc encore le seul jeu accessible. 
F. s'amuse à faire s'écrouler le tas en dehors de son contenant et à en jeter partout, j'interviens sous différentes formes :
"La sciure doit rester dans le bac de l'araignée.
Les ouvriers auront besoin de la sciure pour finir les travaux, cela leur fera du travail de la ramasser si tu la jettes.
Tu as le choix : rester ici en laissant la sciure là où elle est, ou changer d'aire de jeux
- Nan, pas laisser la sciure, pas changer d'aire de jeux.
Et zou, de la sciure vole à nouveau.
"J'ai l'impression que tu as choisi de changer d'aire de jeux"
Je me dirige vers lui.
Il s'échappe, et dit
"Nan, je vais laisser la sciure"
mais 2 minutes après rebelote.
2 ou 3 fois... Je finis par repenser à Jane Nelsen et à ses conseils, réalise que là mes tergiversations ne servent pas à grand chose, au contraire, et j'y mets un terme en allant prendre F. par la main... euh, à bras le corps puisqu'il se débat, et nous changeons d'aire de jeux.


samedi 18 mars 2017

Faire son Nutella soi-même !

En plein Carême, un petit billet de circonstance.

Oui oui: 
  • Pour ceux qui se sont engagés à laisser le pot dans son placard pendant 40 jours: remerciez-moi, voici de quoi craquer sur le fond sans rien céder sur la forme - oooouh la vile tentatrice! 
  • Pour les autres, voici une raison de plus d'attendre Pâques avec impatience...

Du Nutella
  • Fait maison
  • Sans aucun des composants quand même pas top de la recette industrielle
  • 4 ingrédients uniquement, tous très sains, et pas non plus introuvables / impossibles à recaser ailleurs: dattes, sirop d'agave, purée de noisettes, cacao
  • Encore meilleur que le Nutella car dépourvu de l'aspect graisseux qui peut quand finir par écœurer (oui bon OK : ceci n'est peut-être pas à lister dans les points positifs, puisque cela signifie qu'on n'a plus aucune raison d'arrêter de piocher dans le pot à la cuiller)
  • Réalisé en un tournemain
  • Qui se garde au frigo un mois (J'avoue : ça c'est de la blague, le genre d'information invérifiable... à moins de le produire par bidon de 3kg - ou de disposer des pièges à loups autour du frigo -  je ne vois pas comment le machin peut survivre un mois...)

C'estunetueriec'estunetueriec'estunetuerie.
En revanche, je ne peux pas prétendre "économique " car les ingrédients susnommés ne sont pas non plus donnés, mais bon au moins l'argent est injecté ailleurs...

La recette provient en droite ligne de ce blog et m'a été dévoilée par une copine IEF à qui j'en serai éternellement reconnaissante (ou pas, selon l'évolution subséquente de ma silhouette).
Suivez-la aveuglément (mais en la lisant quand même avec vos yeux. J'ai failli tuer mon mixer et longuement pesté sur cette fichue recette avant de finir par aller la relire et m'apercevoir que j'avais juste oublié l'étape numéro 1: la réhydratation des dattes. Hum hum.)



Voilà, je vous laisse, j'ai une banane Nutella qui m'attend.

(Vous remarquerez que le billet de blog contient deux autres recettes non encore testées par votre humble servante, 
si vous vous y aventurez racontez moaaaaah)

jeudi 16 mars 2017

Travailler pour...? - Avoir un cadre

(me revoici pour un nouvel épisode de la série "Travailler pour.." par le biais de laquelle je cherche à explorer les différents apports d'une vie professionnelle à prendre en considération dans la recherche d'un bon équilibre vie pro / vie familiale, y compris et surtout si on réfléchit à s'éloigner quelque temps, voire davantage, du monde du travail. 
J'ai eu tant à faire, tant à écrire, que cet épisode est resté longtemps sur le feu, ce qui m'a bien frustrée car cette série est chère à mon cœur - et à mon cerveau. Mais le voici ! Les précédents sont regroupés ici, et je précise que j'en ai encore au moins deux en gestation).

Parmi les bénéfices collatéraux du travail auxquels on ne pense pas toujours (... en tous cas jusqu'au jour où l'absence d'activité professionnelle nous y confronte plus ou moins brutalement) figure en bonne place le cadre qu'une activité professionnelle donne à nos journées.
En effet, une vie professionnelle introduit dans nos journées un rythme, une structure, une prévisibilité.

C'est l'envers positif de la sujétion si souvent récriée :
  • oui, le travail, étymologie tripalium, instrument de torture et patati et patata, nous astreint à une discipline, nous oblige à faire autre chose que ce que nous aurions fait, nous empêche ainsi de gambader librement dans les bois en tressant des couronnes de fleurs, représente une contrainte, etc, c'est un scandale... 
  • mais être obligée de faire (quelque) autre chose, devoir se plier à un rythme, c'est parfois bien confortable !

En effet, je l'écrivais il y a déjà quelque temps, la routine a quelque chose de reposant, de rassurant, l'être humain est un être d'habitudes. 
Or la vie professionnelle en est justement toute cousue, de routines et d'habitudes. Il y a
  • la succession des jours de la semaine, la distinction entre semaine de travail et weekend, par exemple, 
  • la routine quotidienne entre temps passé à la maison et temps passé au boulot, 
  • et la routine de la journée de travail elle-même, avec ses RDV, ses réunions, ses coups de fil, ses clients qui rentrent et fournisseurs qui passent, ses pauses cafés... 
Autant de repères structurants qui "tiennent tout seuls", donc pour lesquels nous n'avons pas à porter de responsabilité.

Au contraire, dans la vie d'une maman au foyer, la structure de la journée n'est pas toujours aisée à établir ou maintenir : toute maman d'un jeune bébé par exemple, rigolera (un peu jaune) si on lui parle "prévisibilité", en particulier si elle est partisane de l'allaitement à la demande ! Et puis, il est bien connu que c'est quand on a prévu une sortie au parc qu'il pleut, ou quand on est prêt pour cette sortie que bébé fait une fuite de selles monumentale ravageant tout sur son passage, ou l'aîné une colère tout aussi monstrueuse...
En proie à une multitudes d'injonctions simultanées (tenir la maison - mais gardez-vous à droite - la SDB est à faire peur, gardez-vous à gauche - la cuisine a l'air d'un champ de bataille, passer du temps avec l'aîné, gérer les frustrations du deuxième, calmer les pleurs du dernier,...), nombreuses sont les mères au foyer à souffrir de ce sentiment de courir partout, d'être en permanence sur le qui-vive, à réagir et non agir, sans arriver au bout de rien.

Se lever et avoir toooute la journée devant soi, ce peut être la source d'un grand sentiment de liberté... ou d'une angoisse sans nom !
Qui sait quel drame ces heures encore vierges vont pouvoir héberger...
et : comment s'assurer de ne pas "perdre" sa journée ?

La responsabilité de cette journée ne repose que sur soi, sur sa propre capacité à s'organiser, anticiper, planifier ... et retomber sur ses pattes après chacun des moult imprévus qui jalonneront la journée. Être une maman au foyer un minimum bien dans ses baskets, cela nécessite déjà une dose d'autodiscipline que l'on n'a pas forcément (encore développée).


En ce qui me concerne, d'ailleurs, mon premier congé parental (les 3 mois pris après le congé maternité de F.) était riche en projets (j'avais notamment prévu d'apprendre à me servir de ma machine à coudre. Comme vous pouvez vous en douter à la lecture de ce billet, la réalisation de ce projet a du foirer quelque part); mais je n'ai pas fait grand chose, à l'arrivée !
  • J'ai davantage cuisiné, j'ai réussi à voir quelques copines, et je me souviens avec délices d'une cueillette de mûres avec l'une d'elles, par une journée d’octobre ensoleillée, à tout juste quelques centaines de mètres de mon lieu de travail habituel..., mais ce fut tout !
  • L'administratif était toujours une catastrophe,  la maison n'était pas mieux tenue (alors que je faisais toujours beaucoup appel à ma femme de ménage....)
  • Ah, si, le linge était mieux géré... fonctionnant en couches lavables, j'étais obligée d'être rigoureuse pour ne pas me retrouver en rade, et donc j'avais renoué une relation étroite avec mon lave-linge. Eh mais dites-moi donc, n'était-ce pas tout simplement une ébauche de routine qui produisait du résultat ? Hasard ?
  • J'ai passé du temps avec mon bébé, OK. Mais honnêtement, F. était un bébé assez sympa et aux horaires assez réguliers en plus de ça, donc je ne peux pas prétendre que c'était le temps passé à soulager ses pleurs qui m’empêchait de m'investir dans autre chose.

En revanche, je me souviens parfaitement de ma première soirée post-retour au boulot : je me suis retrouvée à jouer sur le tapis avec lui, toute à lui, et j'ai réalisé que cela ne m'était pas forcément souvent arrivé les mois précédents : toujours disponible pour bébé "en théorie", on ne se rend pas forcément disponible, dans les faits : que ce soit physiquement (je faisais souvent quelque chose à côté), ou mentalement : je pensais souvent à autre chose...


L'effet discipline du boulot se voit en effet sur deux niveaux :
  • d'un côté, le boulot nous aide à nous discipliner durant le temps que nous y passons, il structure nos journées de travail
    • là encore, évidemment, l'apport d'une vie pro en termes de cadre dépendra énormément du type d'activité pro et d'environnement : plus le degré d'autonomie est élevé, plus la responsabilité de s'organiser repose alors sur nos épaules ; le summum étant atteint avec un statut d'auto-entrepreneur travaillant de chez soi ;-)
  • mais il structure aussi notre temps hors travail : celui-ci étant plus restreint, et la manière dont nous l'utilisons devant nous permettre de retourner au boulot, en plus, cette perspective d'une journée de travail à affronter le lendemain contribue à structurer la soirée, par exemple. 
Une copine me confiait ainsi :
"quand je bosse, une fois à la maison, je me bouge, je cuisine plus, je me montre plus disponible pour mon mari, mes enfants. Alors que sinon, je procrastine les trucs les plus chiants, je ne fais rien d'intéressant puisque je prévois de me mettre d'abord aux trucs chiants, et à la fin de la journée je n'ai rien comme bilan que mon immense culpabilité, et la conscience d'un gros gâchis".
Plus "bêtement", aussi, parmi les impératifs de travail qui nous aident à éviter ou limiter la procrastination, on trouvera la nécessité de porter des vêtements présentables : il est plus difficile de remettre sans cesse à plus tard le lancement d'une lessive ou la corvée de repassage, quand on sait devoir se présenter devant des regards un peu plus intimidants que ceux, indifférents aux tâches (qu'ils auront eux-mêmes provoquées...) de nos enfants ou celui, distrait, de la boulangère.



Travailler, ça peut donc permettre de donner du corps au vide, de ne pas se retrouver face à une liberté très angoissante du fait de la responsabilité qu'elle fait peser sur nos épaules : une activité professionnelle peut ainsi avoir un aspect reposant, du fait que les contraintes du travail permettent de diminuer l'effort de discipline, de le partager, en quelque sorte.
Ordonner le temps demande en effet de l'énergie !

Quoi qu'il en soit, ce cadre, il est cependant, bien entendu, possible de se le construire soi-même chez soi.
Possible, mais pas évident... et puis cela s'apprend ! Petit à petit, souvent.
Personnellement, autant ma première période à la maison aura ainsi été plutôt chaotique, autant les suivantes (fin de grossesse et congé mat d'E. ; mon chômage actuel) offrent un visage fort différent.

Parmi les points qui peuvent aider

  • repérer et éliminer / atténuer les facteurs qui contribuent à la déstabilisation.
Internet est bien évidemment un coupable idéal et fréquent !
Ainsi, en ce qui me concerne, dès mon premier congé parental, j'avais tout de même fini par (accepter de) reconnaître que les journées où j'allumais l'ordinateur dès le matin étaient plus chaotiques et "vides" que les autres. Autant que possible, par la suite, je me suis efforcée de restreindre mes envies d'aller "vite voir mes mails", qui se traduisaient par une Gwen encore en pyjama à 11h du matin.
J'avais notamment fait quelques efforts allant dans le sens d'une meilleure anticipation : de quel renseignement INDISPENSABLE pourrais-je avoir besoin dès le lendemain matin (coordonnées pour prendre un RDV ou envoyer un courrier) ? Cette information étant bien entendu susceptible de se muer en un prétexte parfait pour une dérogation à la règle / allumage matinal de l'ordinateur, j'avais donc essayé, en prévention, d’anticiper cela en allant la chercher et noter la veille au soir.

Autre exemple personnel : une fois à la maison après notre déménagement à Strasbourg il y eut un temps où je faisais déjeuner le Bébou, le couchais pour la sieste, puis déjeunais moi-même. Puis je m'aperçus qu'il valait mieux que je déjeune plus tôt, même de manière moins calme, qu'ainsi en décalé, et ce pour deux raisons : je perdais du temps ainsi, et surtout cette attente du repas me fatiguait tellement qu'ensuite je n'étais plus bonne à grand chose durant le créneau de sieste qui restait.

  • établir un cadre de manière économique
de manière économique ? Il s'agit d'économiser notre énergie. En effet, un des aspects rendant un cadre compliqué à construire et établir, c'est l'énergie que cela demande.
C'est là où Flylady est venu m'apprendre la force d'un cadre basé sur la routine, et à quel point un tel cadre peut être reposant. J'ai déjà évoqué le côté libérateur de la routine, et j'en fais l'expérience en ce moment de nouveau : le cadre donné par des routines permet de baliser les journées et d'assurer que celles-ci soient rentables, sans devoir fournir de gros effort d'organisation pour cela. De la même manière qu'on suit le rythme de l'entreprise au travail, on suit un programme établi sans se creuser les méninges.
Certaines construiront leurs propres routines toutes seules, mais pour d'autres, justement moins avancées niveau discipline / organisation, se fixer soi-même ses propres règles, s'inventer soi-même une routine, est déjà hors de portée.
C'est mon cas !
Cela ne condamne pas nécessairement au chaos ou au travail ;-), mais oblige à trouver des substituts / béquilles. Ainsi j'ai eu besoin des Babysteps de Flylady pour constituer une première base, me fournir un programme "imposé" de l'extérieur. Je remarque d'ailleurs avec intérêt (et un brin de fierté, aussi!) que, si j'ai eu besoin de Flylady pour m'aider à donner une ossature à mes journées, j'ai à présent progressé suffisamment pour enrichir cette ossature par des points qui me sont plus personnels.  (mais je l'ai déjà promis, et je finirai par tenir parole : je sortirai un billet sur la manière dont je vole en ce moment, bientôt !).

L'établissement de routines, que celui-ci se fasse de manière autonome, ou d'une manière aidée (suivre Flylady, reprendre le planning d'une copine ou celui trouvé dans un bouquin ou sur un blog consacré à l'organisation), permet ainsi de donner un cadre favorable à la prise en charge des tâches... de routine, justement.

  • Gérer l'inhabituel sans dérailler
Pour les tâches plus exceptionnelles, on aura souvent recours à la To-do list. Celle-ci peut cependant vite devenir tentaculaire et d'autant plus angoissante, c'est pourquoi en ce qui me concerne je considère le Bullet Journal comme l'ami idéal de la femme au foyer : me poser la veille au soir et me fixer mes objectifs pour la journée, actualiser ceux-ci en cours de journée, avoir sous la main, toujours, un seul guide auquel me référer quand je suis sur le point de perdre le fil / me laisser gentiment entraîner vers autre chose...


En conclusion, en l'absence d'une vie pro et de la structure naturelle qu'elle donne à notre temps, oui, il est vraiment possible de s'améliorer niveau autodiscipline, et qu'il existe un tas d'outils pour.
Cependant, là encore, deux facteurs essentiels joueront : le temps (on peut ne pas encore être mûr pour cela), et la motivation !
Je le vois en ce moment : c'est parce que être à la maison m'intéresse, en ce moment, parce que je trouve beaucoup d'épanouissement à faire ce que j'y fais, que je suis motivée pour utiliser à plein les outils nécessaires pour que cela se passe bien ! Motivée, donc capable de mobiliser l'énergie nécessaire.
Car s'organiser, c'est (pour moi) au départ quelque chose de rébarbatif, donc si je devais m'atteler à quelque chose de rébarbatif (mon organisation) pour gérer des choses tout aussi rébarbatives (plus de temps avec mes enfants que ce que je suis capable de donner, une IEF pas vraiment choisie, des tâches ménagères faites à contre-cœur,...)... la dynamique serait bien différente, les résultats, aussi.


Il y a quelques années, me passer d'une activité pro de manière prolongée aurait vraiment été dangereux à cet égard : j'étais foncièrement incapable de mettre en place un substitut valable au cadre que mon boulot m'offrait, et j'aurais sombré dans le chaos le plus total.
C'est là encore un point qui vient renforcer ma conviction que la notion d'équilibre vie pro / vie perso varie dans le temps, et que donc, il vaut mieux ne pas trop me casser la tête sur des plans à 10 ans, car je n'ai aucun moyen de savoir quels seront mes besoins et mes capacités une fois ces dix années écoulées.