PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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vendredi 13 septembre 2019

BOUQUIN : en partance !! A L'ASSAUT !

Il est nééé le divin enfaaaant,
Jouez hautboaaaas résonnez museeetteuh...

bon, il n'est pas tout à fait né, mais quand même, le bébé-bouquin est parti ce mercredi chez l'imprimeur, ce qui, avouons-le, sent très fort la naissance. Toute l'équipe de l'Instant Présent, ainsi que votre servante, y avons survécu : victoire !!!

Ladite naissance = parution en librairie est prévue le 18 octobre.

C'est dans beaucoup trop longtemps n'est-ce pas !?!?

3 bonnes raisons, donc, de sauter sur les précommandes ouvertes sur le site des Editions l'Instant Présent.
  • L'appât du gain (aaah, j'ai toute votre attention, là, hein !) : le bouquin étant finalement plus épais que prévu (oh si peu, on lui a juste rajouté 70 pages), le prix a été revu à la hausse…. SAUF pour les précommandes qui bénéficient du prix initialement envisagé : 21€ au lieu de 23 ensuite
  • L'impatience : vous avez des chances, selon là où vous habitez, de l'avoir dans vos boîtes aux lettres avant tout le monde, dès le 17 octobre (et à coup sûr le 18)
  • L'envie d'en avoir toujours plus : en commandant en ce moment chez l'Instant Présent, c'est le moment de craquer, tant qu'à faire, pour un autre de leurs bouquins puisque cela vous permettra de 
    • 1. faire sauter les frais de port 
    • 2. bénéficier de 6 mois d'abonnement au chouette magazine Grandir Autrement. 
Si c'est pas des offres alléchantes ça ! (genre il y a le bouquin de Flylady… des bouquins de John Holt pour les familles IEF... des bouquins d'Alfie Kohn - moui je vous reparlerai de ce monsieur - pour l'aspect éducatif)


Bref, comme vous le voyez, cette précommande sollicite vos plus bas instincts. Hin hin hin.

Et si pour patienter, vous souhaitez en savoir un peu plus sur la génèse du livre vue côté éditeur, allez donc lire leur article de blog à eux sur le sujet...
Je vous en reparlerai côté auteur !

Ah et… au cas où : figurez-vous que le Bon à Tirer (= premier exemplaire papier, test) du livre sera présent au Festival de l'Ecole de la Vie à Montpellier le weekend prochain. Histoire que des mains curieuses puissent le feuilleter, et des yeux tout aussi curieux en parcourir quelques pages.
Le BAT… mais aussi l'éditeur (puisque c'est lui qui l'apporte, évidemment)… et puis aussi…  l'auteur ! 
A bientôt peut-être ?

Vous aviez aussi beaucoup aimé cette illustration de Claire et finalement elle introduit la partie 5 !




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mercredi 4 septembre 2019

Ces choix cornéliens pour un bébé / bouquin

Quand on couve un bébé on a 9 mois pour se poser un maximum de questions existentielles, qui occupent de longs moments avec son cher et tendre, cogéniteur du bébé : 
on se prend la tête sur 
  • le(s) prénom(s), 
  • le duo parrain-marraine, 
  • la future chambre, 
  • la marque de la poussette, le mode de portage et le modèle du siège auto, 
  • les petits vêtements (surtout si c'est un premier) 
  • et la tronche du faire part 
  • (liste absolument pas limitative).
Bien entendu ces questions terribles ne font qu'annoncer celles qui suivront la naissance
  • j'allaite ou pas ? 
  • Combien de temps et comment ? 
  • J'ai opté pour une reprise d'activité pro à tel moment (ou non), était ce une bonne idée ? 
  • Mince on me dit ci et ça est-ce que je ferais fausse route ? 
On se prend de passion pour tout plein de sujets insoupçonnés jusque là et on élargit son vocabulaire (érythème, DME, motricité libre,...)

Ben un bouquin c'est pareil : on a un certain nombre de mois avec son éditeur, à triturer dans tous les sens
  • le texte, 
  • les mots utilisés, 
  • la ponctuation, 
  • le titre bien sûr, 
puis on se pose des questions sur 
  • la mise en page, 
  • les illustrations, 
  • la couverture, 
  • les marges, 
  • la police, et au passage on apprend aussi des mots: moi perso avant, l' "empattement d'une police" ça ne me disait rien. (je vous rassure ça ne me dit toujours rien mais j'ai compris que ça comptait dans mon bouquin parce que ça influençait 1.la lisibilité de ma prose 2.le nombre de mots que je peux infliger à mes lecteurs caser sur une page).
Et bien sûr tout ça n'empêchera pas les questions terribles après la naissance parution : 
  • est ce que ça va attirer ? 
  • Est-ce que les gens attirés ça leur plaît? 
  • Est-ce que ça leur sert ? 
  • Est-ce que ça change quelque chose pour eux ?
  • Est-ce que j'aurais pas du faire plus ci, moins ça, et surtout choisir un empattement de police différent ?

Heureusement on peut toujours demander des avis sur tous ces sujets qui monopolisent nos pensées. Des avis nous plongeant éventuellement dans une perplexité encore plus profonde qu'avant d'avoir osé lancer une consultation nationale... Mais c'est le jeu Simone !

Alors aujourd'hui j'en profite et profitez-en aussi : je vous reparle de la couverture !

Mais avant cela... le moment est aussi venu de vous en dévoiler un peu plus sur ce qu'il y a sous la couverture !

Que pourra-t-on trouver dans ces
"200 moments de parentalité positive (ou pas)"?
  • beaucoup d'exemples pratiques (100% de vécu... mais paaas forcément 100% de réussis ;-) )
  • assaisonnés de l'analyse nécessaire pour transplanter ce qui inspire le lecteur dans son vécu bien à soi
  • des références précises pour aller plus loin
  • une bonne dose d'humour 
  • et de la déculpabilisation !
 Sortie en librairie prévue dans 6 semaines
Et précommandes possibles dès la semaine prochaine a priori !

Pour ce faire, il nous reste quelques broutilles à finaliser, dont justement cette fameuse couverture.
Sur le principe elle est restée proche de celle que je vous avais présentée initialement mais elle a évolué quand même, et surtout grandi en âge et en beauté.
Mais ceci ne nous empêche pas de nous prendre le chou sur quelques menus détails... Que voici ! Sur ces 4 couvertures je vous facilite le jeu des 7 différences.
  • Y en n'a pas 7
  • Y a une variation sur le 200
  • Et des variations concernent la manière dont la très chouette boîte à outils qui termine le bouquin est annoncée.

Alors, qu'en dites-vous ?
Que préférez-vous, qu'est-ce-qui vous donne une envie irrésistible de vous jeter sur le livre pour le dévorer et l'offrir à tous vos potes ?

AVERTISSEMENT- POUR VOTRE SÉCURITÉ
si tout le concept de la couverture ne vous plaît pas, faisez gaffe (oui oui) (comme on fait gaffe face à ce que nous inspire un choix de prénom malheureux : "ah, Isidore-Gontran? Hummmm.... Intéressant. Dans l'autre sens ça ferait GI en initiales").

A ce stade
  • Mes hormones de grossesse publication (si si ça existe) me rendent sensible voire d'aucuns diraient susceptible (c'est de la médisance). Certains iraient jusqu'à sous-entendre dangereuse mais... PAF. C'est curieux ils ont disparu subitement. D'autant que
  • Mon Pc a rendu l'âme (sans sauvegarde) il y a quelques heures. Gnnnnnn.

Après ces quelques précautions d'usage, je vous laisse découvrir les options possibles, et je lirai vos commentaires avec joie !

(bon, et vous savez quoi ? 
Un livre, c'est vraiment comme un bébé :
 dans ces toutes dernières semaines de compte à rebours, on a hâte qu'il sorte, 
et en même temps, quand il sera sorti, il ne nous appartiendra plus. 
Chaque livre avancera seul dans le vaste monde.
Snif.
Mais : Whaouuuuuu !!!)









mardi 3 septembre 2019

Faire la paix avec l’école – Un an après [un nouveau billet de Maman'dala]

Je viens de déposer F. et E. à l'école … mais étant dans la dernière ligne droite de peaufinage du bébé bouquin je ne publierai le billet "le mythe de l'école parfaite" que… plus tard, quoi. (en revanche puisqu'on parle de bébé bouquin, repassez donc demain ;-) )
Ce qui tombe bien car aujourd'hui c'est à Maman'dala que je peux laisser la plume, puisque ELLE, elle a écrit des trucs. (et elle embrasse celles de ses anciennes lectrices qui la retrouveront ici)


« Ça nous fait des bonnes journées, tu vois
La vie d'écolier, ce n'est pas ce qu'on croit
Joie, liberté, rires et nirvana
La vie d'écolier, non c'est pas ça »






Bonjour tout le monde,

Moi, c’est Hëlëne, ex-alias Maman’dala. J’ai blogué pendant 5 ans pour partager mon parcours et mon vécu de jeune maman en chemin sur l’éducation bienveillante. L’an dernier, je suis revenue à mon clavier pour écrire un petit billet sur mon rapport à l’école  à la veille de la première année de primaire de ma fille (et que l’amie Gwen a gentiment publié puisque je suis devenue SBF).
J’y ai exposé la confiance et la sérénité (la foi presque!) qui m’avaient habitée, prenant la place de quelques années d’anxiété.
Un an après, qu’en est-il ?

Dingodossiers, tome 2

Bon, autant le dire tout de suite à la veille de la rentrée : ça y est, c’est officiel : ma fille n’aime pas franchement l’école, et elle n’est pas ravie à l’idée d’y retourner Malgré les copines, malgré tout.

Mais diantre, comment est-ce arrivé ?

1. Un décalage entre les centres d’intérêt de Minimog et ce qu’elle apprenait en classe.

A commencer par… La lecture !
Ce n’était pas tellement une surprise, ma fille n’avait pas plus envie d’apprendre à lire que l’an dernier. En effet, elle n’avait jamais montré un intérêt particulier pour les lettres, et s’avérait assez nulle en phonologie.
Perso, ça ne m’a jamais affolée…

Sauf qu’en CP la lecture, c’est le GRAAL. 
LE truc dont tout le monde parle, LA chose à maîtriser. 
CP = LECTURE.

Et dans la tête de Minimog c’est devenu école = lecture.

Quelle que soit la méthode utilisée (globale ou syllabique) notre fille s’est EM****DEE à mourir avec ses exercices de lecture quotidiens.
Je voyais bien qu’elle n’avait pas franchement envie (je dirais même plus : franchement pas envie) et qu’on se dirigeait lentement mais sûrement vers un dégoût définitif. Du coup, alors même que tout le corps enseignant nous poussait à la faire lire en toute occasion, on a pris le parti inverse : on a zappé littéralement les devoirs de lecture pendant les 3/4 de l’année.
On a préféré orienter ce qu’on faisait à la maison sur ses centres d’intérêt (les maths, l’histoire, le dessin et autres arts plastiques).

De manière générale, Minimog était très frustrée de ne pas pouvoir étudier ce qui lui faisait envie quand elle en avait envie. Il faut dire qu’elle sortait d’une maternelle où les maîtresses s’inspiraient principalement de Montessori et Freinet et que le choix des activités était assez libre. Du coup le passage à un CP où seule la maîtresse décide de ce qu’on fait a été super frustrant.

Les seuls moments qu’elle appréciait étaient les APC, parce qu’ elle « apprenait en faisant des jeux ». Ben oui. Le jeu c’est fait pour ça, pour apprendre avec plaisir.

Solution envisagée :
En dehors de cela Minimog n’a rencontré aucun problème particulier. Ses résultats étaient suffisamment satisfaisants pour que la maîtresse n’ait rien à redire. Elle a fini par avoir le déclic pour la lecture à un mois de la fin d’année (nous donnant à voir la grande différence entre quelque chose que l’on apprend sous la contrainte et ce que l’on apprend avec envie). En un mois, elle avait rattrapé son retard de l’année. Donc on n'a rien poussé et on l’a laissée gérer.
J’ai aussi pris le temps de lui faire comprendre la différence entre la lecture et le fait qu’en classe elle lit sous la contrainte. En lui évoquant le fait que personnellement, je lisais rarement avec enthousiasme les livres proposés par les enseignants au collège et lycée alors qu’à côté je lisais énormément des livres qui me passionnaient.

2. Le rythme et les horaires.

Deuxième élément qui a bien pourri l’année : les %&*¤£ de réveils tôt le matin !
C’est un fait, nos enfants (comme beaucoup d’autres gens) n’ont pas pour rythme naturel de se lever tôt et se coucher tôt. Depuis qu’ils sont bébés. C’est même plutôt l’inverse et franchement, toute la famille en a plus que marre de ce décalage permanent :
  • les enfants parce que leurs enquiquineurs de parents les forcent à se coucher à une heure où eux ils commenceraient presque leur journée à en croire l’énergie qui déploient.
  • les parents parce qu’ils en ont marre de devoir se battre tous les soirs pour que les enfants dorment à une heure décente et de réveiller des cadavres d’enfants crevés tous les matins.
Je vous jure que nous attendions les grandes vacances autant que nos enfants juste pour arrêter d’avoir à vivre cette angoisse quotidienne ! Et nos enfants étaient dans un état d’épuisement bien avancé.
Bon, ça, ce n’est pas propre au CP, ça fait longtemps queça dure

Solution envisagée :
On cherche encore….

3. Des parents qui n’ont pas aidé.

Pour être honnête, on n'a pas été exemplaires, son père et moi, dès le début. On s’était promis de faire équipe avec la maîtresse, d’être un soutien, une source de confiance et puis…

Et puis dans un premier temps on s’est heurté à quelques méthodes qui nous ont fait grincer des dents : 
  • le coup des images récompense, 
  • le coup des fleurs de comportement : à faire signer par les parents ET affichées dans toute la classe, histoire que tout le monde puisse voir celui qui est en rouge, 
  • sans parler des premières lectures en méthode globale qui nous ont totalement abasourdis.

J’avoue que du coup ma fille a commencé avec des
(version maman) : « ben là ma puce, je sais pas trop quoi faire parce que franchement pour moi, là, tu lis pas, tu ressors un truc appris par cœur… du coup... ça sert à quoi au juste ? «
et des (version papa) « Mais c’est quoi cette méthode de teubé là ! Kimamila, c’est quoi ce truc ? En plus c’est débile, elle va confondre avec « qui m’a mis là », c’est de l’apprentissage de lecture pour SMS ou quoi ? ».

Et puis, de manière générale, on n’arrive plus à faire semblant. Semblant de s’enthousiasmer pour un système et des méthodes qui ne nous parlent plus.

Et pour parachever le tout, dans l’idée qu’elle ne fasse pas d’amalgame entre « l’école c’est nul » et « apprendre c’est nul », j’ai veillé à ce qu’elle comprenne que l’école n’est PAS la seule source d’apprentissage. C’en est une. Une grosse source d’apprentissage, quoiqu’on en dise. Mais on apprend pas QU’à l’école et on apprend pas forcément au même rythme que les programmes scolaires. Histoire de bien désacraliser l’institution. ;-)

Solution envisagée :
A part les commentaires pas très vendeurs mentionnés ci-dessus. On s’efforce de ne rien dire pour le reste et d’attendre de voir comment notre fille le vit vraiment. Les images/bons points par exemple, elle adore. Et bien que je n’aime pas trop le système (ce que je n’ai pas pu m’empêcher de dire...), elle, elle le vit très bien.
Mais je dois dire qu’il est plus dur que je ne pensais de ne pas communiquer notre avis sur les choses qui nous rebutent.
On apprend à tourner notre langue dans notre bouche. ;-) Cette année je me suis promis de rester vigilante à ne pas projeter mon rejet de l’école sur elle. Me rappeler, comme l’an dernier, que c’est un choix.


4 . Des relations parents/profs : inexistantes

Je vais être honnête, je n’ai rien contre la maîtresse de ma fille… Mais rien qui m’enthousiasme particulièrement non plus.

Ça avait démarré fort puisque mon mari avait fini par aller discuter avec elle au bout de deux semaines de Kimamila pour qu’on se fasse expliquer l’intérêt de la chose.
Ladite maîtresse s’est montrée tout à fait compréhensive sur nos inquiétudes et lui a expliqué son procédé.

La fois suivante fut moins encourageante.
Un peu avant Noël, la maîtresse avait beaucoup crié sur les élèves et ça avait heurté ma fille. Je l’ai donc accompagnée pour qu’elle en parle à la maîtresse. J’avoue que la réaction de la maîtresse ne m’a pas aidée. Je m’attendais à ce qu’elle entende les émotions de ma fille et à la place elle a répondu : 
« Et pourquoi est-ce que j’ai crié ? Parce que vous aviez fait du bazar ! »
(ouch!). 
J’ai tâché d’arrondir les angles en entendant – moi - les émotions de ma fille et en ouvrant sur les émotions de la maîtresse : 
« je crois que Mme X était vraiment à bout de jour-là. Mais tu as bien fait de lui parler, maintenant elle sait ce que tu as ressenti ». 
Et Minimog n’a plus jamais reparlé de la maitresse qui criait. Est-ce un jour particulier ? La maîtresse a-t-elle entendu ? Minimog n’a t-elle plus osé en parler…. Mystère. 

Quant à la réaction de la maîtresse : je ne la juge pas. Déjà, si la vie ne m’avait pas mis sur la piste de l’écoute active et de la CNV, j’aurais sûrement moi-même réagi comme elle et puis, je fréquente assez d’enseignants pour savoir qu’ils sont sans cesse remis en question et obligés de se justifier. Je comprends qu’elle en vienne à des « réflexes défensifs », surtout quand on en parle à l’entrée de la cour de récré avec du monde autour ce qui, après réflexion, n’était sûrement pas le meilleur contexte. C’est un peu mon ressenti global avec elle d’ailleurs : je ne la juge pas, mais ne me sens pas sur la même longueur d’ondes pour autant.

Ensuite, ce fut le désert. A cause de nous. Par étourderie, nous avons raté les deux rencontres programmées dans l’année au moment de la remise des bulletins. Certes, Minimog oubliait régulièrement (entre autres choses) de nous donner les retours de la maîtresse ; mais si nous en avions fait une priorité, je suis certaine qu’on aurait rattrapé le coup.
Je pense que, plus encore que les méthodes utilisées, l’enseignant fait énormément. Notre ressenti global fut à l’image de ce que nous inspirait la maîtresse : neutre, sans vague, RAS.

Solution envisagée :
A mes yeux, c’est vraiment la chose que l’on doit rectifier cette année. Avoir des relations avec l’enseignant, ça humanise beaucoup l’école. Là où l’on voit un système, on peut y voir des personnes. Là où il y a des personnes, le dialogue et la compréhension ont leur place. Et ça change tout.
Comme le dit très justement Elsa « L'école n'existe pas. Ce qui existe, ce sont des équipes concrètes d'hommes et de femmes - enseignants, encadrants, intervenants. » .

Conclusion :

On s’est dirigés au fils des semaines vers une scission assez nette entre l’école et la maison.

Nous n’avons pas essayé de faire comme si l’école n’existait pas. Mais vraiment, l’école est devenue un truc qui commence avec la sonnerie du matin et disparaît dès que la barrière est passée. Hormis quelques poésies à apprendre et quelques dictées à préparer pour donner le change, elle n’apparaissait que peu dans le quotidien familial. Les « alors tu as fait quoi à l’école aujourd’hui ? » ont vite laissé la place à « Salut, ça va ? ». Ramener l’école à la maison, ça nous semblait contre-productif.

Aucune surprise en fait pour ce bilan : le primaire s’est avéré être ce que j’en attendais. Ce ne fut ni une catastrophe, ni une bonne surprise.

Minimog n’a montré aucun souci ni difficulté particulière, mais nous avons quand même dû faire face aux réticences de plus en plus affichées de Minimog d’aller en classe. Ce à quoi je répondais que dès lors que nous l’avions inscrite, nous nous étions engagés à ce qu’elle y aille tous les jours sauf maladie, que nous n’avions pas pour l’instant les moyens de lui laisser le choix de son instruction mais qu’on y travaille. Puis je l’invitais à mettre en exergue tout ce qu’elle appréciait à l’école pour lui faire voir que quand même, tout n’est pas repoussant.
Ce n’était peut-être pas diplomatique, je ne sais pas. Mais au moins c’était honnête.

Le seul souci finalement, mais pour moi il est important : c’est qu’elle ne prend pas de plaisir à y aller. C’est un lieu d’apprentissage mais visiblement pour elle, ça ne semble pas être un lieu d’épanouissement. 

De mon côté j’ai veillé à suivre son parcours et ses acquisitions.
Bon les bulletins… C’est pas ma priorité. Mais ça nous permet de situer les choses. Y a-t-il un souci ou pas.
Je prenais le temps regarder les cahiers qu’elle rapportait chaque semaine en discutant parfois avec elle ce qu’elle avait fait, sans jugement (c’était assez rare ceci dit, le sujet ne semblait pas l’intéresser plus que ça). Et bien sûr, savoir quelles sont les connaissances qu’elle a acquises ou à tout le moins travaillé à l’école nous aide à les ré-utiliser dans le quotidien.

Nous tâchons aussi de rester vigilants quant aux ressentis de Minimog.  Finalement, le fait que l’école reste loin, c’est le signe qu’il n’y a rien de dramatique. C’est un espace de vie pour ma fille, à l’image de ce que peut être la vie : bien et pas bien, et on y trouve sa place. Si possible sans l’intervention de papa et maman et ça, c’est une bonne chose à mes yeux. Mais nous restons présents en cas de besoin.

Bref, je m’attends à ce qu’on continue ainsi.
Jusqu’à ce qu’on puisse faire mieux. ;-)

Si vous souhaitez lire un article écrit par une personne beaucoup plus raisonnable et avisée que moi, je vous invite à lire l’articled’Elsa de Coquelipop.
Encore que je m’aperçois qu’à part sur la gestion des devoirs, je me retrouve pas mal dans ce qu’elle dit.

Et si vous voulez du rêve (à condition que ça ne vous mine pas le moral), voici deux interviews de Bernard Collot que j’ai adoré voir et entendre :

Bonne rentrée à vos enfants.

lundi 26 août 2019

Gérer la maman débordée / découragée par la parentalité positive

A toi, 
Très chère maman débordée et découragée par la parentalité positive


Si tu fréquentes des groupes Facebook orientés parentalité positive, tu viens de sortir une publication en mode
"Aaah j 'en ai trop marre qu'ils ne m'écoutent pas, c'est de plus en plus difficile, alors tant pis j'ai craqué, j'ai puni" 
ou
"Je vais les punir, y a rien qui marche"

Si tu fréquentes des vrais parents (si si, les parents existent aussi ailleurs que sur la Toile !), tu auras dit, à moi ou à une de tes connaissances plutôt branchée parentalité positive :
"Pffff ça marche pas, alors tant pis, f*** la parentalité positive, j'ai fait / je vais faire [tel ou tel truc plutôt pas du tout en adéquation avec les principes de la parentalité positive]"
voire, à la place du (ou juste avant) "f*** la parentalité positive", un
"ça me désole de renoncer à mes idéaux, mais faut être réaliste donc…"


Du coup, moi, adepte de la parentalité positive, je me retrouve face à un choix.


Choix entre différents scénarios

Option A : je peux focaliser mon regard sur le principe théorique auquel tu contreviens
(NB je parle de mamans parce que dans 95% des cas ce sont elles qu'on va retrouver sur ce genre de groupes, ou sur notre canapé / banc du parc en train de vider leur sac; mais bien évidemment c'est tout à fait valable avec un papa… y compris et surtout si, hasard, ledit papa est notre conjoint, lui même un peu découragé)

Ce que tu dis me fait me rappeler tout ce que j'ai lu et vu sur le sujet, qui montre bien à quel point tu fais fausse route. Donc je peux
  • partir dans un long argumentaire théorique  (version longue) 
  • ou
  • te dire que ça va vraiment pas  (version courte).  
Quelle horreur ! c'est super pas bienveillant ! Nan mais c'est n'importe quoi ! Ca déresponsabilise / casse la connexion / apprend la violence à ton enfant /… au choix selon la situation.


Option B : je peux focaliser mon regard sur l'enfant concerné (ton enfant), faire preuve d'empathie envers lui 

Nan mais c'est hyper violent envers lui ! Il peut pas comprendre ! Il va pas comprendre ! Le pauvre !
Ce qui aboutit peu ou prou aux mêmes réactions que le scénario A.

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Mais c'est très vrai tout ça ! J'ai parfaitement raison.
(dans le monde des parents positifs en tous cas) OUI.

Et en même temps je suis à côté de la plaque.
Prenons un peu de recul.


Commençons par prendre l'option C : je vais faire preuve d'empathie… envers moi-même.

Qu'y a-t-il dans ma réaction ?
  • Oui, il y a l'aspect "théorique" qui me heurte, 
  • oui il y a l'empathie que je peux ressentir pour ton enfant, 
mais... pas seulement.

Au fond, quand on est en train de cheminer en parentalité positive, c'est vraiment compliqué de lire ce genre de trucs. C'est en contradiction complète avec ce qu'on essaye de vivre soi-même, ça met toutes nos sirènes d'alarme en alerte… et notre réaction peut être d'autant plus virulente que la situation vient titiller en nous la voix du découragement.

Chère maman découragée, c'est difficile de lire ton découragement, parce que
  • Moi aussi, parfois (voire plus souvent que parfois), je trouve ça compliqué,
  • moi aussi, parfois, j'aimerais, même juste l'espace d'une seconde, envoyer tout balader (et en plus, parfois je le fais, et après je m'en veux)
Alors ma réaction virulente, le "NON CA VA PAS LA TETE" spontané qui risque de sortir, il s'adresserait au moins autant à toi qu'à… moi, à la partie de moi-même qui craint la contagion :
Si toi aussi tu abandonnes le navire, est-ce que ça veut dire qu'en fait c'est vraiment impossible ? 
Je vais me retrouver toute seule !   
NORMALEMENT l'humanité est en train d'avancer "dans le bon sens" mais là on ferait machine arrière ?
Vais-je même finir par faire pareil et lâcher…?

1er constat : quand je te vois qui lâches, j'ai peur que ça m'incite à lâcher, moi aussi.

Maintenant, 2ème étape avant d'être prête à l'option D ; "je te vois qui lâches"....?
Prenons un peu de recul par rapport à ton discours
  • la situation telle qu'elle apparaît au premier regard c'est : une maman qui veut tout envoyer balader et faire quelque chose de paaas bieeeen
et EN PLUS, tu viens narguer d'autres parents sur un groupe de parentalité positive, ou m'en parler, à moi, fervente partisane de ce mode d'interaction avec les enfants ! Tu te fiches de nous, hein. Si tu crois qu'on va t'applaudir et te soutenir dans ton projet, ou valider ta décision d'une quelconque manière : tu te mets les doigts dans l'œil.
Et si je pars de ce principe là, je risque de te le dire tout net :
Ah ben t'es pas à la bonne adresse, là
et de fermer la discussion (en ayant peut être rajouté toute une série de trucs issus du scénario A et/ou B). Mais l'important c'est que la discussion serait fermée.


Mais en fait, chère maman-découragée, je vais t'avouer un truc : quand je lis ta publication, ou quand tu me dis un truc du genre (ce qui n'est pas rare, notamment, mais pas seulement, au cours des ateliers Faber et Mazlish que j'anime), je suis
      Admirative.
             Hyper touchée.
                       Ravie.
Je trouve cela très très beau.

  • Parce que la situation telle qu'elle m'apparaît c'est : une maman tentée de tout envoyer balader mais qui vient pleurer dans les jupes de gens orientés parentalité positive.
Tu aurais pu faire ça toute seule dans son coin.
Tu aurais pu aller sur un groupe FB généraliste, ou en parler à Tatie Germaine, et tu y aurais récupéré tout plein de conseils sur "les punitions qui marchent" et autres remarques à la
"Oh ben oui tu sais la parentalité positive c'est des bêtises, le mieux c'est une bonne paire de claques, y a que ça d'vrai ma bonn'dame".
Mais non.
Non non non.
Tu es venue en parler à des gens orientés parentalité positive.

"C'est peut être un détail pour vous,
Mais pour moi ça veut dire beaucoup,
Ca veut dire [que tu es] libre, libre de…" 
aller chercher les conseils et le soutien dont tu as vraiment besoin.


C'est énorme ça !

En fait dans ce genre de cas j'ai mes souvenirs de cours de philo de Terminale qui remontent 
(NON non : ne partez pas tout de suite !!!).
Un truc qui m'avait marquée dans mon cours sur la liberté, était (je crois que ça venait de Sartre) que même et surtout quand on demandait un conseil, on exerçait déjà notre liberté.
Parce que

le choix de la personne à qui on va demander conseil, 
c'est déjà un pas de fait dans une certaine direction.


Bien sûr, on peut avoir des surprises 
D'ailleurs certaines de ces mamans vivent de belles surprises, et peut-être que ce sera ton cas : tu pourras enfin t'entendre dire que tu as raison de penser à toi et de ne pas piétiner tes propres limites - même si il y a manière et manière de le faire, hein -, là où tu avais l'impression que parentalité positive était synonyme de sacrifice total et souriant (SVP) sur l'autel des désirs de tes bambins.

Mais plus globalement, toi, une maman désespérée qui vient dire qu'elle abandonne sur un groupe de parentalité positive, c'est juste merveilleux !

Tu es une maman qui vient appeler à l'aide.

Peu importent les mots que tu utilises, peu importe la véhémence avec laquelle tu affirmes que "c'est pourri, je lâche", ce qui en dit plus long que tes mots, c'est ta présence au sein du groupe ce jour-là.
Tu dis peut-être que tu lâches, mais au moment où tu écris / dis cela, en fait, tu as encore une main sur la bouée. A moi de ne pas taper sur cette main, ta main, qui a déjà assez morflé merci.

Maintenant qu'on a fait un détour par le scénario C et par mes cours de philo de Terminale, regardons un peu ce que permet le scénario D.


Option D : je peux focaliser mon regard sur toi, la maman, faire preuve d'empathie envers toi.

Je viens d'écrire "ce qui en dit plus long que tes mots, c'est ta présence et patati et patata". Il ne s'agit pas d'oublier tes mots, hein ! Tes mots ils en disent long.
Ils disent une maman fatiguée,
ils disent une maman découragée,
ils disent une maman perdue.

alors cette maman là,
  • elle n'a paaaas du tout besoin du A : elle le sait, que ce qu'elle va faire est pas top; elle ne voit juste plus comment faire autrement. Elle culpabilise déjà à mort, même sans le dire; assez souvent d'ailleurs elle le dit. Qu'elle le dise ou non, de toute manière, elle ploie sous le poids de la culpabilité, elle s'est déjà collé l'étiquette "pire mère du siècle" sur la tronche, et vous savez ce qu'on dit du pouvoir des étiquettes sur nos enfants ? Eh bien chez nous c'est pareil : encore plus difficile de sortir de la situation. Donc vraiment pas besoin qu'on lui recolle ladite étiquette à la superglu

  • elle n'a paaas besoin du B non plus : sa capacité d'empathie réelle avec son enfant est HS ! Même si théoriquement elle est capable de comprendre que l'effet sur son enfant serait pas top, émotionnellement elle est à sec, elle n'est pas capable de prendre en compte cet aspect, là, juste maintenant. Les besoins émotionnels de son gamin, qui d'ordinaire lui tiennent à cœur, là elle s'en fiche ! Elle est en mode survie sur ses besoins émotionnels à elle.

  • Bien entendu, il ne faut pas nous attendre non plus à ce qu'elle soit en mesure de faire valoir l'option C. 
Dis-moi si j'ai tort, maman découragée, mais au stade où tu en es, tu es totalement hermétique à nos besoins émotionnels à nous, qui auraient nécessité que tu dises ou écrives doucettement 
"j'ai quelques difficultés avec le coucher de mon fils et je me demandais si vous auriez de petites astuces bienveillantes pour que ça se passe mieux" (avec des fleurs et des smileys)  
plutôt que  
"mon gamin me gave à se relever 36000 fois le soir, il me pourrit mes soirées, j'ai décidé que demain ce serait la fessée dès le premier pied mis en dehors de sa chambre",   
Cf point précédent : tes besoins émotionnels à toi sont dans le rouge, alors ta capacité d'empathie est à zéro. 

Si nous mêmes nous réagissons en mode émotionnel, ça part au clash, et dans tous les cas… tu es encore plus seule et démunie qu'avant.


Alors que ce dont tu as besoin, toi, maman découragée-mais-qui-justement-vient-crier-son-desespoir-à-des-parents-sensés-être-orientés-parentalité-positive, est-ce que ce ne serait pas tout simplement qu'on t'applique ces principes de parentalité positive, à toi ?
  • on accueille tes sentiments, on te dit que c'est dur, on reconnaît ce que tu vis bordel
  • on te fait un câlin; un 2ème, un 3ème. Ou on te met des smileys cœur. Moins efficace mais… Si présente physiquement, je pourrais aussi te tendre une tisane ou un biscuit (voire un mojito). Sinon il y a un smiley tisane et biscuit, ou barre de chocolat. Bref on s'occupe en priorité du remplissage de ton réservoir d'amour à toi. Qui en a bien besoin, d'être rempli.
  • on te demande de parler de ton problème, on souligne qu'on voit que ça franchit tes limites, on reconnaît ton angoisse : parce que si tu en es là, c'est que tu as l'impression de faire fausse route, tu es paniquée à l'idée de ce que va devenir ton enfant, ta relation à lui, toi,-dans-tout-ça, tu veux bien faire mais tu doutes et le doute c'est l'angoisse.
  • et ensuite seulement, on réoriente le comportement, on voit avec toi le côté concret des solutions alternatives. 

Bien entendu, parfois ton problème est "juste" lié au développement de l'enfant : il faaaaait pas seeeees nuiiiiits parce qu'il a 4 mois.
  • Oui, beaucoup de bébés ne font pas leurs nuits à 4 mois. 
  • CA N'EMPECHE PAS de trouver ça dur en tant que parent. 
Donc on compatit longuement puis on voit ce qu'on aurait en stock comme idée pour gérer le besoin de l'enfant mais aussi ton besoin à toi de parent : conjoint qui prend la relève; tester le cododo; arrêter le cododo pendant 2 nuits, 2 semaines ou plus si affinités ; grand-mère, tante ou copine compatissante prête à gérer une nuit ; la même, prête à gérer une journée passée à dormir, et à faire le ménage dans le même temps pour qu'on puisse vraiment dormir….

Idem sur l'enfant qui met 3 plombes à se préparer (j'ai un billet en cours sur ce sujet) :
  • oui le jeune enfant est dans un autre rapport au temps, 
  • mais te dire juste ça, ça va pas t'aider pas a gérer ton stress de personne qui vit dans une société avec des horaires, des RDV, et accessoirement, ressent l'envie de ne pas passer la moitié de sa matinée à superviser de l'enfilage de chaussures (quelle envie étrange). 
Donc on reconnaît que c'est dur, et on voit ensemble comment, quand même, limiter les débordements temporels.

Bref, maman-désespérée, je voudrais te dire que j'ai le choix, et je veux faire le choix, de voir notre interaction comme l'occasion pour toi de déballer ton sac, de recharger tes batteries, voire d'avoir un espace pour faire le point sur la manière dont tu as positionné le curseur entre tes besoins à toi et ceux de tes enfants.
Car cette maman prête à punir / taper / vendre sa progéniture sur leboncoin, il y a 99% de chances pour qu'elle ait eu tendance à trop sacrifier de choses importantes à ses enfants, d'où épuisement chez elle, et rancœur envers lesdits enfants. Tu crois pas ?

Enfin, et surtout, surtout, je m'engage à une chose : quelles que soient les pistes qu'on abordera ensemble, je te promets que je ne prétendrai pas que "normalement avec ces conseils tout devrait parfaitement se passer"; ce n'est pas vrai.
Toute publication estampillée parentalité positive affirmant ce genre de trucs devrait être brûlée en place publique.
Appliquer ces 1000 conseils, ce n'est pas la garantie d'une vie sans heurts. C'est juste un moyen pour une vie avec beaucoup moins de heurts. Qui soit, le plus souvent, du côté du supportable, voire du sympa. Mais qui de temps en temps fait quand même quelques incursions du côté de l'insupportable.
Parce que l'éducation de petits êtres humains, de mensch, comme dit Haïm Ginott, parfois, c'est juste beaucoup. Voire trop.

Et à ce moment, tu as bien besoin (j'ai bien besoin / il/elle a bien besoin / nous avons bien besoin /…) qu'on ressorte le scénario D. Autant de fois que nécessaire.

(PS / quand on s'auto-diagnostique en maman débordée / découragée par la parentalité positive, et qu'on ne sait plus se gérer : on a le DROIT d'aller réclamer un coup de scénario D. C'est même vivement conseillé.)

(PS 2 / Et encore une fois le scénario D est aussi valable pour un papa découragé ;-) )


mercredi 21 août 2019

Anniversaire F. : que d'adrénaline...

Mieux vaut tard que jamais : il est venu le moment de vous raconter l'anniversaire de F.
Sous 2 aspects :
Bon, d'abord : la fête.

Elément de contexte 1 : elle avait lieu la veille de mon décollage pour l'Asie. Timing parfait facilitant encore davantage l'organisation, dans une atmosphère de calme et de détente absolus.
Elément de contexte 2 : l'an dernier, notre première expérience d' "anniversaire avec invitation de petits copains" nous avait permis une conclusion. Un anniversaire d'enfants, c'est beaucoup mieux si on a en stock une grosse, grosse liste d'activités à proposer, car une demi-douzaine d'enfants, ça ne s'occupe pas tout seul… ou alors, d'une manière pas forcément souhaitée. Ouais, j'enfonce les portes ouvertes, sûrement, mais, bon, hein, à moi en tous cas il m'avait fallu me confronter à la réalité pour vraiment comprendre la dose d'anticipation nécessaire pour que chaque enfant passe un bel après-midi.
Elément de contexte 1 et 2 se télescopaient donc parfaitement…

Il n'empêche que je suis très très heureuse d'annoncer que cette fête était incroyablement bien organisée, timée, rythmée.



Grâce à 3 ressources
Il donnait toute une liste de petits jeux à faire : j'ai lu les premières pages, et me suis noté les idées qui m'inspiraient (et qui étaient faciles à mettre en œuvre). 
Moi qui au départ n'avais que 2 idées "à moi", je me suis retrouvée avec toute une liste bien pleine et bien moche, à partir de laquelle 
    • j'ai rapidement rassemblé les quelques ustensiles nécessaires aux petits jeux repérés, 
    • j'ai dessiné un âne sur le recto d'un A3 m'ayant servi à travailler le déroulé pédagogique de mon module de formation asiatique (réutilisation bonjour) et je l'ai plastifié, 
    • puis je me suis penchée sur cette liste et ai affublé d'un symbole les activités que j'estimais mieux adaptées à la période pré-gâteau / chasse au trésor, et un symbole différent à celles mieux adaptées à la deuxième partie. 
    • Et tout au long de l'après-midi, cette feuille, pliée en 4 dans ma poche, m'a servi d'antisèche à chaque fois qu'une activité touchait à son terme.







  • 2. Le soutien très apprécié de notre mamie-au-pair, G4, qui a l 'époque était avec nous depuis 1 mois. 
En effet, quelques jours avant, j'avais réalisé que Monsieur Bout avait un truc de prévu, pas amovible, sur ce fichu samedi après-midi. A l'idée de gérer cet anniversaire entièrement seule, j'ai failli en faire une syncope. 
Puis j'ai eu l'idée de solliciter notre G4 et j'en ai été ravie : je gérais l'animation, et elle, elle faisait tout le reste, de sa propre initiative ou sur de subtils signes de ma part (approvisionnements divers et variés en mets divers et variés, rassemblement des enfants pour une photo, consoler les victimes de drames, et même faire chanter tout le monde aux moments où je consultais mon antisèche d'un air perplexe). 
Bref, un duo de choc, sans lequel c'est en civière qu'on m'aurait amenée à l'aéroport le lendemain (cf petit point annexe que je mentionnerai plus bas dans ce billet)


  • 3. Une sacrée dose d'improvisation. 
Dès le départ, j'avais noté "chasse au trésor" sur ma petite liste d'idées. 
Et rappelons-le, j'avais bien réalisé qu'un anniversaire d'enfants, ça s'anticipe, ça se prépare. Oui mais l'Asie tout ça…
A 20 minutes de l'arrivée des petits invités, les trois mots "chasse au trésor" étaient toujours tout ce que j'avais pour la constituer. Un peu maigre !

Il n'empêche qu'à l'arrivée, les enfants ont eu droit à une super chasse au trésor du feu de Dieu, durant laquelle ils se sont donnés à fond, et qui est ce dont ils ont visiblement le plus parlé à leurs parents après. Par quel miracle ?! Ecoutez donc cette époustouflante histoire.

    • Etape 1 : H -20 minutes. Qui dit chasse au trésor dit trésor. Sur les deux sachets de friandises royalement accordés au Bébou pour égayer sa fête d'anniversaire, je prélève des sucettes et les place dans… je sais plus quoi. Je crois que j'ai déniché un machin ressemblant vaguement à un coffre. Acheté chez Action je crois…et vidé en 6-4-2 de ce qu'il contenait. = Trésor ultime : trouvé
    • Etape 2 : H-15 minutes. Je sais que 
      • a. Mon coffre susmentionné serait très difficile à cacher et pas très intéressant et puis que 
      • b. une bonne chasse au trésor propose une succession de plusieurs trucs tangibles à trouver histoire de 
        • 1. éviter de tourner court au bout de 1 minute parce qu'un enfant sera tombé par hasard sur la cachette extra qu'on avait trouvée 
        • 2. relancer sans cesse l'intérêt / éviter de lasser si au contraire on ne trouve rien pendant longtemps. 
      • Je fonce dans la salle de classe, où est entreposé tout le bazar matériel servant à la manipulation, mon œil scanne le bric à brac autour de moi mon environnement et EUREKA. Il se pose sur ma collection de bouchons de compotes Good Goût. Du jeune temps des Bébous (Snif. Tempus fugit. Et toussa) leurs compotes étaient mon alternative "goutue et saine" (et très chère mais pour cela il y a vente privée) aux compotes faites maison les jours de folie. Et à des fins d'IEF j'ai gardé une grosse quantité de leurs bouchons absolument sublimes. Avec, les Bébous ont fait du dénombrement, du tri par couleur, de l'enfilage sur de gros cordons, des mises en paires, ils ont dit "bbbb" en le posant sur la lettre rugueuse associée, et "zut" en tentant de les attraper avec une grosse pince dans des exercices de motricité fine… Bref, une affaire. 
      • Eh bien sur ma réserve de bouchons, j'en prélève 7 de 7 couleurs différentes, et je redescends comme une furie
    • Etape 3: H-10 minutes. J'erre (mais à vitesse grand V) dans nos 100 m² de jardin et y cache mes 7 bouchons en notant soigneusement l'emplacement retenu sur ma fameuse antisèche (point caaaapitaaaaal ! Sous l'effet du stress j'aurais sûrement oublié les 3/4 des cachettes sinon) 
    • Etape 4 : je fais d'autres trucs urgents et pouf H-0 : les invités débarquent ! La partie "trésor" est cochée, la partie "chasse", en revanche, est toujours inexistante. Toooout vaaaa bieeeeen.
    • Etape 5 : après quelques petits jeux d'introduction visant à attendre l'arrivée des retardataires, tous les enfants sont réunis par G4 sur la grande couverture de pique nique que j'ai étendue sur l'herbe. Je suis assise près d'eux. 6 paires d'yeux (fête = 1 enfant par année d'âge, F. compris; mais en fait 7, car E. était aussi de la partie. On s'en fout. L'important c'est que vous sentiez la pression) dévorant de curiosité me scrutent, galvanisées à l'idée de se mettre bientôt en quête d'un trésor (en fait, 8 paires d'yeux. Je crois que G4 était aussi assez curieuse de voir comment j'allais m'en tirer).
    • Etape 6 : j'inspire un grand coup puis… j'ouvre la bouche et j'invente en live. Un roi, une sale sorcière qui lui a piqué sa couronne, il a cherché partout, on a fini par retrouver la couronne mais les 7 pierres précieuses qui l'ornaient ont disparu. Du coup des chevaliers ont juré de les chercher partout. Devinez qui c'est les chevaliers ? C'est Bibi. Enfin Bibis numéros 1 à 7. Les Bibis Preux Chevaliers délirent d'enthousiasme. Les pierres précieuses n'ont qu'à bien se tenir ! Je les rappelle de justesse avant qu'ils ne se mettent à labourer mon jardin.
    • Etape 7 : Je commence par en rajouter des tonnes sur la difficulté de l'aventure, leur courage, la méchanceté de la sorcière, la beauté des pierres, etc pendant que mon cerveau mouline. Je leur dis qu'il faut commencer par je ne sais plus quelle couleur, j'en profite pour mentionner le nom de la pierre de cette couleur (so IEF, so coschooling), et… j'invente une épreuve associée. Les enfants se ruent sur l'épreuve, en sortent victorieux, en récompense de quoi je leur donne un indice, ils cherchent, et zou, une pierre de trouvée.
    • Etapes 8 et suiv : Opération réitérée 6 fois supplémentaires. Avec à chaque fois moulinage de cerveau en parallèle de la narration de l'histoire, et invention d'une épreuve ET du lien avec l'histoire en question. Par exemple, il leur faudra  traverser le précipice (très haut, très large, très dangereux, que nul n'a pu franchir, etc...) qui les sépare de la cachette d'une des pierres et pour cela…. (*moulinemoulinemouline* ) s'allonger tous par terre, les pieds de l'un touchant la tête de l'autre, pour faire une grande corde humaine d'un bout à l'autre du jardin.

Vous pensez que je vais vous fournir votre prochaine chasse au trésor en kit, là, maintenant, avec tout le kit narratif associé ?
Hein ?
Vous trépignez à l'idée de pouvoir reproduire un tel succès sous les yeux épatés de votre progéniture ?

J'en aurais été ravie.
A un toooout petit détail près.
Ces épreuves sortent tellement au dernier moment de mon cerveau en surchauffe que… elles n'y restent pas !
Eh oui, mea culpa, mea maxima culpa: je ne me souviens pas des autres épreuves inventées dans le feu de l'action.
Je sais qu'ils ont combattu un dragon mais je ne sais plus de quelle manière.
Je me demande si à un moment ils n'ont pas du faire un truc dans le genre du roi du silence pour passer devant sans le réveiller... Ah, et ils ont du faire une pyramide humaine pour atteindre une pierre située en haut d'une montagne, aussi.


Dans tous les cas : je l'avoue, hein, on peut critiquer le système français comme on veut. Il n'empêche que, ce jour-là,j'ai expérimenté à quel point mes études m'avaient bien préparée aux défis de ma vie future. L'improvisation, en live, d'exposés non faits devant une classe pleine (dont la moitié morte de rire car sachant que 
  • 1. les notes que je tiens entre mes mains ne sont pas de moi 
  • 2. je ne les ai même jamais lues 
  • 3. le voisin de banc qui me les a filées y a inclus beaucoup de références tellement personnelles qu'elles sont inutilisables sous peine de me faire repérer illico, ce que je réalise aussi en live), 
m'a en fait dotée de toutes les compétences dont j'ai eu besoin pour, ni vu ni connu, tenir une bonne demi-heure (au moins) de chasse au trésor improvisée. Que demander de plus ?
2 mois après cette prouesse, je m'applaudis toujours moi-même quand j'y pense. Joignez vous à moi !

Ch'tit bémol : la première partie de la fête s'est donc subliment bien passée. 
La 2ème, beaucoup moins. J'avais effectivement commis une erreur de taille dans le casting : inviter le meilleur copain d'école de F.. 
Ben quoi, me direz-vous ? 
Eh bien… j'avais déjà repéré que ce petit copain avait un comportement très agité, et j'avais souvent ouï dire que les 2 ensemble se montaient régulièrement le bourrichon au point de perturber la classe, mais je ne m'imaginais pas ne pas inviter ce petit garçon, quand même ! 
Comme quoi, chasse au trésor improvisée ou pas, je manque sérieusement d'imagination, parfois.

Bon, eh bien, j'ai compris une fois le petit camarade sorti du "cadre" bienfaisant de la chasse au trésor. 
Je n'ai cessé d'avoir à le recadrer, et à recadrer mon fils qui faisait n'importe quoi (y compris des trucs inédits), se calmait à mon intervention, mais repartait aussi sec à peine "récupéré". Ils partaient dans tous les sens et F. était totalement subjugué, ne jouant avec aucun de ses autres camarades présents. C'était impressionnant… et navrant
Bref, 
  • le reste de l'assemblée a bien profité de la 2ème partie, 
  • après coup, F. était aussi content, 
  • mais dans l'instant, moi, j'étais surtout très très frustrée de voir mon fils passer à côté de ce que j'avais préparé pour lui, et de devoir être sans cesse sur son dos en cette journée… et j'ai fini éreintée, juste à cause de cela, car sinon, vraiment, tout se passait merveilleusement bien.
Bilan : une fête magique d'un certain côté, mais parfois l'alchimie peut se révéler malheureuse. Ouin ouin ouin.



Parlons du cadeau, maintenant.

Toutes les idées récupérées grâce aux réactions sur le blog et sur sa page FB m'avaient réjouie ! Je comptais bien y trouver ZE machin me dispensant d'offrir une panoplie complète d'outils à mon fils. J'en avais même profité pour faire bénéficier F. d'un tuyau extra d'une valeureuse lectrice, concernant un atelier de bricolage de 2h tout près de chez nous. Je reviendrai vous en parler une autre fois mais c'était le pied.



J'ai donc longuement réfléchi, cliqué sur les liens gentiment fournis, comparé les différentes possiblités, etc. Et puis, une semaine avant la date fatidique (oui oui,rien n'était encore commandé, eh oh, on se rappelle que j'avais l'Asie à préparer, aussi ?!), le weekend a tout changé
  • samedi matin, pendant que nous tentions de grassmatiner, F.  s'est occupé très paisiblement. Il a démonté le dispositif de la porte-fenêtre de notre salle à manger, permettant d'ouvrir un battant mais de bloquer l'autre, et l'a remonté sur la fenêtre de sa chambre
  • dimanche, il a démonté la poignée de la porte de sa chambre. Courant d'air. Porte qui claque. F. enfermé. C'est MOI qui ai du empoigner un tournevis (un comble !) et démonter la poignée de la porte de sa sœur pour la remonter chez lui et pouvoir le libérer (et ensuite, hein, on remonte tout chez tout le monde).

J'ai craqué.
J'ai subitement admis que, l'IEF prenant fin chez nous pour le moment, au fond, on pourrait imaginer aménager un coin bricolage dans notre salle de classe qui va perdre un peu de son utilité.
J'ai regardé des références de boîtes à outils pour enfants avant de réaliser qu'il valait en fait tout simplement mieux investir dans de vrais outils, de dimensions les plus réduites possibles.
F. a reçu un bon correspondant (et Monsieur Bout a ensuite complété par un espèce d'établi réglable).
Puis après mon retour d'Asie, je suis allée avec lui chez Leroy Merlin choisir le matos.
Je ne sais pas combien de temps nous y avons passé car une fois le matos choisi, je me suis assise et j'ai lu un bouquin pendant que F. scrutait chaque rayon du magasin.
Par exemple, ça c'est F. au rayon salles de bains…