PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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jeudi 16 juillet 2020

Do it presque yourself : le déo ZD ... ET efficace

Disclaimer : ce billet est un do it presque yourself parce que, même si j'aurais pu le faire myself, le déodorant dont je vais vous vanter les charmes et l'intelligence n'a pas été fabriqué par mes petites mimines, mais par celles de ma plus jeune sœur (elle aussi active en mode Zéro Déchet).
Elle m'avait proposé un cadeau ZD pour Noël, me disant qu'elle avait trouvé une chouette recette de crème anti-vergetures. J'ai refusé (bêtement, diraient certains, en louchant sur les splendides zébrures qui s'étalent effrontément sur mes cuisses et mes hanches à présent), parce que j'avais la flemme d'étaler ça sur un aussi gros volume (oui, j'ai dit que ce refus était bête; lâchez-moi !), mais j'ai sauté sur sa proposition alternative d'un, je cite "déodorant efficace et compatible grossesse et allaitement".


J'avais déjà tenté d'abandonner le déodorant-pas-bio-du-tout qui était mon fidèle compagnon depuis des lustres, au profit d'un déodorant bio gentil tout plein. Gentil, bio, bien sous tous rapports, mais … pas efficace, si bien que j'étais vite revenue à mon déodorant initial, son efficacité prouvée, et sa liste d'ingrédients longue comme le bras d'un poulpe influent.

Mais ça me chagrinait, alors j'ai saisi cette opportunité, puisque cela me permettait un test "sans engagement", c'est-à-dire sans avoir besoin d'y investir, ni efforts, ni soussous dans l'achat d'ingrédients qui me seraient restés sur les bras ensuite en cas de flop.

Mais : pas de flop.
Ca fait depuis cet hiver que ce déodorant m'accompagne et j'en suis ravie. 
  • Il a fait le job cet hiver, 
  • il le fait cet été, 
  • il a accompagné les premiers jours du post-partum y compris ceux à la maternité où la combinaison hormones + chauffage à fond l'a bien mis à l'épreuve, et franchement, je l'ai kiffé. Notamment le 2è jour après la naissance de H., quand à 14h je n'avais toujours pas eu le temps de me doucher, que je ne pouvais plus me sentir (ou plutôt, si, beaucoup trop), et qu'y avoir recours a instantanément permis de me ramener du côté humain de la Force (et non du côté putois) et de pouvoir patienter plus sereinement jusqu'au moment où j'ai pu, enfin, prendre la douche convoitée.

Que dire de plus ?
  • Très ponctuellement, un 2è passage à 17h a pu se révéler intéressant. Mais sinon, il dure bien toute la journée.
  • Sa texture à base d'huile de coco me semblait collante ; le fait de devoir l'étaler avec les doigts me faisait craindre de me balader ensuite avec une désagréable impression de doigts poisseux. Que nenni. Même sans aller se rincer les doigts, je constate que l'huile de coco en pénètre rapidement la peau et hop, on ne "poisse" plus.
  • Ma sœur me l'a offert dans un pot en verre avec un bouchon qui se visse bien, sage précaution puisque ce déodorant est plus ou moins solide selon les températures. Du coup même devenu liquide il n'a jamais fui nulle part ce dont je lui suis grandement reconnaissante. Et meme à l'état liquide il s'utilise très bien.
  • Il ne semble pas laisser de traces sur les vêtements...


Bref, il est gentil tout plein. 
Gentil ET efficace, en tous cas sur moi (une autre de mes sœurs a reçu le même cadeau mais hélas sans succès. Il est à noter que c'est celle de la fratrie dont la sudation est de très loin la plus coriace; il n'empêche que si vous jouez dans la même catégorie que ladite frangine, peut-être serez-vous moins satisfaite que moi).

La bonne nouvelle pour moi c'est que la recette (trouvable ici puisque non ce n'est pas ma sœur qui l'a inventée penchée sur son chaudron par une nuit de pleine lune) 
  • est vraiment facile à faire donc à ma portée (or le niveau dans le pot offert par ma sœur a bien baissé) : remuer des ingrédients, ça va !
  • est d'une composition très simple et encore plus maintenant que son ingrédient principal, l'huile de coco, a fait son entrée triomphale dans notre cuisine grâce à l'intolérance aux protéines de lait de vache du Boubinours.

Me voici bien contente d'avoir pu faire ce petit pas supplémentaire à si peu de frais, et en plus à un moment si opportun car au moins quand les petites mains du Boubinours vont me chatouiller sous les bras je n'ai pas d'inquiétude sur ce qu'il y récupère.


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lundi 13 juillet 2020

Il pleure dans mon coeur...

...
bon il ne pleut pas sur la ville mais il pleure dans mon cœur quand même, car ce matin, j'ai dit au revoir à Claire
Claire, l'illustratrice des 200 moments de parentalité positive, et ma voisine depuis quasiment 3 ans que nous sommes venus nous installer en région parisienne.
Mais les années où je ne m'amuse pas à déménager, ce sont les gens que j'aime qui s'en chargent.

Ca avait commencé en mode coup de foudre, dès le départ, et très vite y a eu 
  • des tas de journées passées dans sa maison vide (bicoz Claire au boulot)
    pour avancer le bouquin, pendant que mes enfants étaient gardés à mon domicile par une de nos nounous germanophones
  • sa participation à mes premiers ateliers Faber et Mazlish
  • un instant où l'une de nous (nous ne savons plus trop laquelle) a émis l'idée folle que Claire illustre ledit bouquin
  • de gros moments de délires inspirationnels autour desdites illustrations
  • des congratulations mutuelles sur le succès de notre bébé
Parce que grâce à Claire ce bébé est juste très beau. Si je n'avais aucune idée préconçue, en l'écrivant, de la tête qu'il aurait fini, maintenant je n'arrive plus à l'imaginer autrement qu'avec celle que ses doigts de fée et son côté un peu chtarbé il faut le reconnaître lui ont donnée.
Et parce grâce à Claire, ce qui était "mon" projet est devenu "le nôtre", un projet partagé, et que du coup, tous les retours positifs que nous recevons sont deux fois plus savoureux : le bonheur, ça se goûte tellement mieux partagé...

et mais maintenant c'est fini les
- fins d'après-midi en mode coopérative de gestion de mômes
- verres de cidres et virjin (ou pas virjin, hein) mojitos
- 5 minutes de papotage quand on se croisait, qui très souvent dégénéraient en … cf points précédents
- appels désespérés pour partager un coup du sort ou une interaction mal vécue en mode "il faut que je te le raconte parce que sinon j'explose", avec accueil des sentiments assuré et décorticage soigneux de la situation / reformulation CNV / résolution de problème si nécessaire
- échanges de soirées de babysitting pour permettre de prendre soin de nos Sims respectifs
- trocs TGTG, refilages de fonds de frigo avant les vacances, extorsion d'œufs ou autres ingrédients manquants indispensaaaaaables à la réalisation de la recette entamée

OUIIIIIIN
Bon, ok, elle ne part qu'à 30 minutes de bagnole de chez nous, mais qu'est-ce que c'est loin par rapport à 30 secondes à pied.

Claire. I. LOVE. YOU.

jeudi 2 juillet 2020

Les raisons de notre retour à l'IEF

Dans mon annonce fracassante concernant le retour en école à la maison de F. à la rentrée prochaine, j'avais inclus les liens vers les billets retraçant nos différentes décisions (débuts en IEF, scolarisation de F., puis scolarisation d'E.), et donc j'ai relu la phrase selon laquelle 

Dès le départ, nous sommes partis sur le principe de réévaluer chaque année l'opportunité de faire IEF ou non, pour chaque enfant. Ce principe reste et restera valable, la question continuera à se poser chaque année.
Dixit La Gwen, Œuvres Complètes  

Décidément, ce n'est pas juste rhétorique / de l'affichage.
Zut. Il y a dans ma tête une petite voix qui maugrée que, quand même, ce serait plus simple si j'affichais cette intention mais que je m'abstenais de joindre le geste à la parole, franchement.

Maintenant, donc, revenons sur les éléments qui ont conduit à ce revirement de situation.

A l'origine, il y a une envie et une demande : 
  • demande de F., qui, peu de temps avant le confinement, avait commencé à dire "J'aimerais bien refaire l'école à la maison" sans qu'on le prenne trop au sérieux, et sans insister beaucoup non plus. Il avait été servi, du coup, par l'irruption du COVID sur le devant de la scène. Et même si F. a ensuite, dès le 11 mai, retrouvé le chemin de l'école avec plaisir, nous avons constaté que cet enthousiasme s'attenuait peu à peu, que la joie qu'il éprouvait à aller à l'école avant le confinement n'était plus franchement là, tandis que tous les matins, il disait à son père le déposant à l'école "moi, j'ai envie d'apprendre avec toi".



  • Et envie de Monsieur Bout, à la fois parce qu'il a le sentiment que c'est ce qui serait le mieux pour F., mais aussi parce qu'il adore transmettre et qu'il a aimé pouvoir accompagner F. dans ses apprentissages durant les 2 mois de confinement total. Or l'envie de l'instructeur, c'était déjà un point qui avait pesé lourd dans nos décisions, que ce soit d'IEF ou d'arrêt de l'IEF, et donc j'y ai également été sensible cette fois malgré mes réticences de départ. Après tout, si on accorde beaucoup de poids à l'envie et l'opinion du parent instructeur, il est logique de continuer à le faire aussi quand ce n'est plus moi, ce parent instructeur. (flûte)
Donc, une fois cette idée saugrenue d'un retour à l'IEF sortie du chapeau de Monsieur Bout, nous avons consacré quelques soirées (d'où absence de billet de blog sur la période) à analyser point par point les différents aspects de la décision, en prenant certaines choses en note pour nous aider à structurer notre réflexion et à vérifier que nous ne passions à côté de rien d'important.

Point 1 : Quel impact sur F. ?
Point 2 : Quid des perspectives d'avenir notamment l'impact financier ?
Point 3 : Quel impact sur Monsieur Bout ?


Point 1. Concernant l'impact sur F, nous avons découpé la réflexion en 2 parties : développement académique / intellectuel, et développement émotionnel / social

Sur le plan académique nous avons mis en balance
  • le surcroit de structure et d'exigence que Monsieur Bout a apporté pendant le confinement. Le dernier point tout particulièrement nous tient à cœur, car en étant plus exigeant avec F., Monsieur Bout a vu qu'il était non seulement capable de plus/mieux, mais surtout à quel point il était fier de réussir plus/mieux. Un effet positif sur l'estime de soi qui nous est d'autant moins indifférent au vu de la fragilité de ce point chez F.
  • la possibilité de lui apporter davantage de points chers à Monsieur Bout : plus de classiques, plus d'Histoire, et de l'allemand de manière plus structurée
  • la possibilité de faire à notre sauce tout en s'appuyant notamment sur l'expérience de Clotilde, qui a déjà 2 fois le CE1 à son actif (en plus de son propre CE1 qui remonte à... à peine plus longtemps n'est-ce pas ^^) notamment pour le choix des supports
avec la multitude de choses apportées par l'école, et notamment
  • anglais : Monsieur Bout prévoit tout de même de poursuivre, même si ça n'apportera pas autant qu'une éducatrice parlant uniquement anglais bien entendu
  • piscine une fois tous les 15 jours et tennis hebdomadaire en périscolaire : 
    • pour la piscine nous avons convenu que, même si ça ne vaudrait pas les séances en classe qui lui ont permis de faire de beaux progrès cette année, c'est moi (Monsieur Bout n'étant pas un animal aquatique) qui emmènerait régulièrement F., et nous verrons éventuellement pour un stage sur les vacances; 
    • tennis : nous avons eu de bons échos du club de tennis local (= bienveillant, davantage attentif à promouvoir le plaisir de jouer que de fabriquer des petits champions) et creuserons cette piste.

Sur le plan social / émotionnel,
  • nous avons pris en compte le fait que F. n'est pas un animal de groupe, et que, contrairement à sa sœur, il apprend beaucoup seul / recherche peu à apprendre AVEC un autre enfant. Dans l'apprentissage il est pour le moment beaucoup plus dans la recherche du soutien de l'adulte, et à 7 ans, ça nous semble OK.
  • idem, sur la fin de l'année F. a semblé se retirer un peu des interactions, restait souvent à l'intérieur à la récré, sans que nous n'ayons trouvé d'explication à cela
  • enfin, point très important, je parlais ici de l'instabilité des écoles hors contrat, et c'est précisément ce point qui a déclenché la réflexion retour-à-l'IEF : l'éducateur auquel F. était le plus attaché, et nombre de ses petits camarades, quittent l'école l'an prochain, et donc de toute manière, il y aurait un gros changement, sans qu'on puisse évidemment savoir à l'avance dans quel sens.
du coup nous veillerons plutôt à
  • aménager des moments pour des relations duelles / en petit groupe qui lui correspondent mieux, notamment en favorisant des rapprochements avec certains petits copains, dans et hors de notre résidence, par le biais d'invitations
  • Si possible bien entendu, quelques sorties / rencontres dans le cadre du réseau IEF
  • Par ailleurs pile poil au début de nos réflexions une pub FB m'a mis sous le nez une activité jeux et découverte ou VTT en forêt, F. a testé la semaine dernière et a adoré, donc nous partons là dessus, ce qui permet de cocher une autre case : du temps passé loin de notre regard, un "jardin secret" que F. perd en quittant l'école.
Enfin, sur le plan émotionnel comme social, nous pensons qu'une année avec des parents plus présents pour accompagner pourra être précieuse, et du coup Monsieur Bout entend se replonger dans F&M pour développer sa capacité à l'accompagner plus efficacement sur ce point (car nous avons tous les 2 convenu que ces temps-ci, parfois, ses souvenirs des ateliers suivis ensemble remontent à un peu loin)


Point 2 : impact financier


J'ai encore encore encore ressorti le fichier Excel de budget, c'est ma vie celui-là...
Bicoz le hic d'un retour en IEF, c'est que l'équilibre financier budgété au moment de la rupture conventionnelle de Monsieur Bout l'automne dernier ne fonctionne plus : à la place, ce sera une année plus ou moins off pour lui (plus ou moins car si certaines des missions qu'il devait démarrer au moment où le confinement a tout fait sauter refont surface, nous gérerons pour qu'il puisse les mener à bien). 
Dans un nouvel onglet, intitulé "budget si IEF", j'ai donc mis à 0 les revenus initialement budgétés comme devant provenir de sa microentreprise, et j'ai en contrepartie un peu augmenté mes prévisions de chiffre d'affaires à moi, mais c'est bien évidemment loin de compenser.
Ensuite 
  • Bien entendu le retour de F. à l'IEF permet une économie substantielle : les frais de scolarité liés à une école Montessori francilienne
  • en revanche j'ai augmenté certains budgets et notamment le budget activités, important pour permettre à F. de garder une vie hors de la maison, et à Monsieur Bout et F. de profiter de cette IEF pour faire certaines sorties culturelles.

L'avantage d'avoir pris le temps de cette mise à plat, ce que nous avons pu tout de suite arriver à un constat bien clair : le budget tient sur la première année, mais pas si nous allons au-delà.

Ce qui nous laisse une année pour réfléchir à la suite :
  • rescolarisation et remise au travail de Monsieur Bout ? 
    • si oui, dans quelle école pour F.? Celle qu'il a quittée et dont le projet nous convient fondamentalement, et dont certains défauts auront peut-être été corrigés avec un peu plus de maturité, ou une autre, à déterminer ?
  • ou poursuite de l'IEF 
    • pour 1 ? pour 2 enfants ? E. n'ayant plus qu'une année devant elle dans son école actuelle. 
    • Et si pas IEF pour E., quelle école ? Lui faire rejoindre le système allemand nous tenterait… 
    • et dans ce cas il faut trouver une autre manière de réduire significativement nos dépenses (ou une banque mal protégée…) et opérer des choix lourds de conséquences pour cela.
Haha. 
Bref, avec tout ça, une chose est sûre pour 2021, c'est que justement rien n'est sûr ! 
2021 aussi aura son lot de questionnements existentiels,  de révélations stupéfiantes (sauf si on choisit la piste de la banque, auquel cas il vaudra sans doute mieux rester discrets), et de changements importants. On n'est pas sortis de l'auberge...


Point 3 : l'équilibre du parent IEFeur, Monsieur Bout, et de la famille en général


C'était une grosse inquiétude chez moi : est-ce que ça allait plaire à Monsieur Bout ? Est-ce que autant de temps consacré aux enfants lui conviendrait ? 
Durant nos discussions j'ai bien souligné que je me sentais capable de gérer psychologiquement le fait que nos finances reposent sur moi, mais uniquement si je n'avais pas en plus la charge mentale liée à un conjoint frustré rouspétant sur tout le monde.
Mais Monsieur Bout est enthousiaste, Monsieur Bout a envie de transmettre, et ça, c'est important.
(je précise que suite à nos diverses discussions nous en avons eu une nouvelle avec F., pour valider le projet avec lui. Dans la mesure où pour nous il n'y avait pas "cas de force majeure" à nous pousser à le rebasculer en IEF, il était important à nos yeux de valider avec lui qu'il était effectivement partant pour concrétiser le projet).


Nous avons aussi évoqué le regard des autres : Monsieur Bout va donc avoir un statut d'homme au foyer, et ça, hein, c'est quand même assez rare encore. Mais un point qui l'a pas mal rassuré est que mon regard à moi est tout à fait appréciateur. Eh, je suis bien placée pour savoir qu'être au foyer, et en plus faire l'IEF, c'est un sacré boulot.

Une fois ces grands principes passés en revue, nous avons pris le soin d'aller dans le concret en découpant une semaine type, la grande question étant : quelle place y aura-t-il dedans pour l'autre grand objectif de Monsieur Bout cette année : suivre une première année de Licence de Lettres Classiques à distance ? 

Comprendre : y a t il assez de place pour que tout le monde s'y retrouve sans que personne ne se sente négligé ? (ça a notamment été l'occasion de revoir ensemble comment nous passons nos soirées, étant tous les deux conscients que ça fait un bout de temps que trop peu de soirées sont passées à 2. Or notre couple est une personne à part entière dans la famille, et lui non plus ne doit pas être négligé)
J'avoue que j'étais assez peu confiante sur notre capacité à dessiner un truc qui tienne la route, et qui comporte assez de "mou" pour que le premier imprévu venu ne vienne faire basculer l'un ou l'autre protagoniste dans la frustration la plus profonde (vous savez, une obscure histoire de découvert…).

Eh bien j'ai été surprise. Nous avons réussi à 
  • faire tout rentrer, IEF, tâches ménagères, temps non scolaire avec F., temps avec E. et F., soins du Boubinours, et 20h de travail perso pour Monsieur Bout, sur les 5 jours de semaine (ce qui laisse donc le weekend complètement libre pour du temps en famille), et cela
  • sans même prendre en compte la présence, de temps à autre, d'une de nos mamies au pair chéries, qui viendra automatiquement alléger les semaines de Monsieur Bout dans ces périodes-là.
  • et en ne prenant pas non plus en compte qu'en théorie, non seulement je ne bosserai pas les mercredis (qui sera le "jour off" de Monsieur Bout, et tout entier consacré à sa Licence), mais je devrais avoir 1/2 voire 1 jour (voire un chouilla plus) off en plus
  • Et inclus, sur les 7 jours, 3 soirées "en couple", que ce soit juste tous les 2 dans le salon à discuter ou jouer à quelque chose, en sortant à 2, ou en ayant une vie sociale (recevoir ou être reçus). Nous prévoyons de faire le point chaque semaine pour affiner le planning de la semaine suivante et notamment "réserver" les 3 soirs, conscients que nous sommes que si nous ne les marquons pas au fer rouge, ils auront vite tendance à disparaître sous l'effet du célèbre "tu faisais un truc alors j'ai commencé un machin" ou encore du non moins fameux "j'attendais que tu donnes le signal"
Moi qui m'attendais à ce que fassions le constat que ça ne rentrait pas, et que ça fasse capoter le projet...
A l'arrivée, cette mise à plat m'a bien soulagée, et remplie de confiance pour cette année qui arrive. 
Evidemment, cela va être toute une gymnastique, mais repartir ainsi des besoins et des attentes de chacun fait du bien, et je pense que chaque membre de la famille va pouvoir s'y retrouver… avec des couacs de temps à autre évidemment hum hum...


Ca n'empêche pas que je vois cette année scolaire se terminer avec une certaine mélancolie, et que j'ai bien apprécié le confort de cette année avec 2 enfants scolarisés !

vendredi 26 juin 2020

IEF / ecole à la maison : le comeback...

Vous ne vous y attendiez pas, hein, à celle-là ?!

Pour tout vous dire : moi non plus.

Et, je vous l'avoue, je suis un toooout petit peu fatiguée de cette impression de vivre dans un feuilleton géré par un scénariste bien déterminé à faire de l'audimat / à l'imagination hyperactive suscitant de nouveaux rebondissements à un rythme difficile à suivre (nan mais il s'arrête jamais celui-là ?!).
Le dernier rebondissement c'était ma grossesse (bon ça j'avais rien contre), je l'étais énormément (rebondie), merci, je le suis encore un chouilla, je pouvais me passer de ça.

#JeSuisDingodossier - plus dingue que dossier, peut-être


Bref, pourquoi, POURQUOI le retour de l'IEF dans la vie des Bouts ? 
Ou plutôt, pourquoi maintenant ?
Car retour de l'IEF il y aurait, c'était à peu près certain (enfin, quoique je ne regarde plus grand chose comme certain dans ma vie, hormis le fait que Monsieur Bout et moi-même soyons bien déterminés à rester ensemble et à ne vendre aucun de nos enfants sur leboncoin). En effet a priori un début en IEF est ce qui est prévu pour au moins la première année d'école de H., notre Bébounet qui risque de se faire rebaptiser en Boubinours au vu de ses cuissots et bras grassouillets. Mais ça, c'est dans longtemps.

Alors que le/ce changement, c'est maintenant.
Ou plutôt en septembre, qui verra le grand retour de F. à la maison.
Avec une petite nuance quand même par rapport à notre expérience passée d'IEF : le parent IEFeur ne sera pas moi, mais Monsieur Bout.

Je précise qu'E. va continuer pour sa dernière année de 3-6 ans dans l'école Montessori franco-germano-anglaise qui lui va si bien cette année.
Même si elle rouspète certains matins,
  • elle est heureuse là-bas, 
  • elle apprend et progresse à une vitesse phénoménale dans 3 langues en simultané, 
  • elle s'épanouit avec le groupe, est entraînée par lui et l'entraîne, 
  • ses éducatrices l'adorent et savent la stimuler / cadrer là où c'est nécessaire avec la plus grande bienveillance, 
  • et cerise sur le gâteau, elles ont commencé à lui faire faire le programme 6-9 et ont sollicité notre accord pour continuer là-dessus toute l'année prochaine (j'ai VACHEMENT hésité à donner cet accord, vous l'imaginez). 
Cette école permet donc à E. de rester avec ses pairs en âge tout en bénéficiant d'une progression adaptée à son niveau, ce qui est un peu la quadrature du cercle : être à sa place au niveau émotionnel/social et au niveau intellectuel alors même qu'il y a un décalage énorme entre les deux au départ. Que demande le peuple ?
Ne me demandez en revanche pas ce que nous ferons pour elle après cette année. C'est bien évidemment l'objet d'un grand questionnement … (gningningnin [soupir] )

Nous sommes très très contents de l'année scolaire de F. également. L'école dans laquelle il a passé l'année était vraiment ce qu'il lui fallait, elle a débloqué les apprentissages, lui a fait énormément de bien au niveau social et émotionnel en complémentarité de ce que nous faisons à la maison, bref, c'est très chouette.
Mais du coup les besoins de F. à l'été 2020 sont différents de ce qu'ils étaient en septembre 2019, et la meilleure manière d'y répondre, également.
Et les ressources de la Famille Bout, pareil.
Mais ça, je n'y avais pas trop pensé, et j'étais assez contente à la perspective d'une rentrée qui allait, pour une fois, se faire en terrain connu pour chacun de nos 2 enfants.
Ne pas me poser de questions, pour une fois, c'était assez confortable.

Haha.

C'était sans compter avec Monsieur Bout, qui, après avoir géré F. pendant tout le confinement, a finalement émis cette idée d'un retour à l'IEF au moment de finaliser son dossier de réinscription. Autant vous dire que je suis tombée de ma chaise et que j'ai commencé par émettre toute une série d'objections. Mais bon, après une huitaine de jours à analyser le sujet sous tous ses angles, la décision a été prise.

Après vous avoir révélé ce scoop, je reviens lundi détailler un peu cette réflexion car je sais que tout parent qui se pose la question de l'IEF est friand de comprendre les raisons qui en ont poussé d'autres à faire ce choix, histoire de pouvoir nourrir sa propre réflexion. 
  • Pour mémoire, les raisons de notre premier choix d'IEF, en 2016, sont à retrouver ici
  • les raisons de la scolarisation de F. en 2018 dans ce billet
  • et celles de la scolarisation de la Bébounette en 2019 dans celui-ci.

Allez… j'ai du pain sur la planche moi.

Il est où l'abonnement à Vie Tranquille ?


lundi 8 juin 2020

La parentalité positive est une belle arnaque

La parentalité positive, ça marche ?
  • Y en a qui vous diront que non.
  • Y en a qui vous diront que oui.

Moi je vais vous dire : la parentalité positive, surtout faites gaffe, c'est une arnaque !

Je le dis. 
Et je le prouve !

Que recherchent la plupart des parents qui s'intéressent à la parentalité positive ?

En 1er lieu : à améliorer l'ambiance à la maison. A ce que ça tourne sans crier. A diminuer les conflits à la maison.

Y  a qu'à voir le nombre de formations, bouquins etc qui grosso modo tournent autour de ce thème-là : "se faire obéir sans crier". 
Bref, le but est d'influencer le comportement de l'enfant. (un point très justement souligné par le très percutant "Aimer nos enfants inconditionnellement" d'Alfie Kohn, un bouquin dont je vous ai déjà commenté un extrait mais que j'aimerais, un jour, venir vous présenter plus globalement)
C'est le niveau 1 : changer le comportement de l'enfant. Régler le problème chez l'enfant. Tout bouquin d'éducation peut commencer à être lu ainsi; le mien y compris, d'ailleurs.
Dans tous les cas, c'est quand même chouette, hein, parce que c'est souvent ça qui met les parents en mouvement, les incite à mettre le doigt dans la parentalité positive. 
Les malheureux ! Si ils savaient !
Mais, pauvres agneaux blancs, à ce stade, nous ne nous doutons de rien...
Et une chose est sûre : certaines choses, en parentalité positive, influent véritablement sur le comportement de l'enfant. Et dans les premiers temps, on est tout encouragé par les améliorations qu'on constate.

Très vite cependant, on se retrouve confronté à un premier changement : pour diminuer les conflits à la maison, on a bien vu qu'on doit changer notre manière de communiquer, ce qui déjà commence à nous faire prendre une part de responsabilité dans le problème. Et peu à peu, en fait, on voit que c'est la relation à notre enfant qu'on doit changer. (parfois d'ailleurs on prend le train directement là, c'est déjà avec ce souhait qu'on arrive). C'est un des points que j'ai expérimentés moi-même, comme je le dis en conclusion de mon best-seller: en changeant les mots, j'ai commencé à changer de lunettes, et après… c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres madame !
C'est le niveau 2 : repositionner notre relation, notre rôle de parent. Par exemple en acceptant qu'être parent ce n'est pas tout décider pour notre enfant; que ce n'est pas tout savoir non plus; que…. 
Rha là là, la foule de croyances qu'il nous faut reconsidérer. Déjà nous n'étions pas venus pour ça. 
Et déjà, à ce niveau, parfois, ça coince. 
  • Soit complètement ; et on lâche la parentalité positive / le bouquin qu'on avait commencé à lire sur le sujet, puisque effectivement, si on change juste les mots sans changer la posture, très vite "ça ne marche pas", 
  • soit par moments, à chaque fois qu'une petite voix vient nous susurrer, en situation "Ah non un parent ne devrait pas accepter ça !" et autres "C'est un scandale, un enfant n'a pas à se comporter ainsi" ou encore "Je vais me faire bouffer", petite voix bien aidée, très souvent, par les voix de notre entourage qui nous assènent les mêmes choses (cf le fameux bingo des crises).
N'empêche que repositionner notre relation, notre rôle de parent, c'est déjà à la fois bien chouette, et ça porte déjà du fruit.
Mais on constate que les conflits demeurent ! C'est terrible !

Parce que oui, on s'est fait avoir : la parentalité positive ne s'arrête pas à ces 2 niveaux-là
Il y a une 3ème marche. On voulait changer notre enfant, on a vu qu'il fallait changer notre positionnement de parent / notre relation à notre enfant, et en fait… ça nous oblige aussi à changer autre chose : notre rapport à nous-même. 
En effet, la parentalité positive nous incite à gérer les conflits avec nos enfants autrement, et ce faisant, nous oblige à nous poser la question de nos limites et de nos besoins personnels (histoire d'être en mesure de les exprimer à notre enfant plutôt que d'attaquer l'enfant). 
Eh oui : pour remplacer "Vous êtes feignants et irresponsables ! Je suis pas la bonne ici !" par "Quand je vois des assiettes laissées en plan sur la table toute sale je me sens furieuse ! J'ai besoin de soutien ! Je m'attends à ce que chacun contribue dans notre maison !", encore faut-il avoir admis son droit à être fatigué / furieux, pris conscience de son besoin de soutien, et mis des mots sur son souhait de gérer la maison en collectif. 
Or tout cela c'est, très souvent, un exercice qui nous est étranger. Qui suis-je ? Quels sont mes besoins, mes limites ? 
Autant de questions que la plupart d'entre nous n'a pas appris à se poser, tout occupé à s'en poser d'autres "Comment faire pour qu'on m'aime ? Ai-je le droit de …?". 

Remplacer sa boussole externe par une boussole interne, apprendre à s'écouter (alors que "s'écouter", ça a toujours eu une connotation négative…), c'est un sacré travail...
Le gros hic, c'est que si on zappe ce travail, si on ne s'aventure pas sur cette marche, ça foire : 
  • pas moyen d'exprimer posément nos limites à nos enfants; 
  • accueillir leurs sentiments nous demande des efforts surhumains tant qu'on refuse d'écouter les nôtres 
Alors faute de savoir le faire, on explose, soit vers l'extérieur (explosion de colère) soit vers l'intérieur (sacrifice total, oubli de soi, incapacité à poser des limites, épuisement). Généralement, un joli mix des 2 selon les moments. 
D'autant que, comme nous ne regardons pas l'état de notre compte en banque, ni n'avons appris qu'il était légitime et indispensable de faire le nécessaire pour le remplir, c'est le découvert émotionnel assuré. Et vlan, encore une fois, "la parentalité positive ne marche pas", puisqu'elle nous épuise et/ou qu'on passe son temps à ne pas réussir à la vivre. 
A l'inverse, prendre conscience de ce réservoir et de la nécessité de le remplir, c'est revenir à la base de cette satanée bienveillance : la bientraitance envers soi-même.
Prendre soin de soi, s'aimer soi-même, vraiment, c'est un sacré défi, et c'était pas écrit sur le paquet à l'achat...

Ce processus, je l'ai vécu moi-même, et je l'observe autour de moi, notamment chez les parents que j'accompagne en ateliers Faber et Mazlish. C'est ce qui fait généralement le succès de la séance bonus que je propose de rajouter au bout des 3 premières soirées et avant de passer à la 2ème moitié du cycle : une séance entièrement dédiée à la culpabilité et à la colère du parent (basée sur ce que Faber et Mazlish en disent dans Parents épanouis, enfants épanouis). 
Là où tous les participants ne voyaient pas encore forcément l'intérêt du sujet en tout début de cycle, au bout de 3 séances ils sont ravis de la proposition car ils en constatent la nécessité absolue.

Et avec ça c'est bon ?
Eh bien non.


Parce que, caramba, figurez-vous qu'il y a une 4ème marche. M...!

Hélas, trois fois hélas (ou pas…), une fois qu'on commence à revoir sa relation à soi-même, ses besoins, ses limites, ça bouge ailleurs également. Environnement systémique, machin : il serait illusoire de croire qu'on peut bouger soi-même sans que les relations qui nous lient à d'autres personnes ne bougent aussi. 
Ainsi, en ce qui me concerne, 
  • apprendre d'autres manières de communiquer avec mes enfants m'a donné envie (et des clés pour le faire, aussi - c'est cool) de communiquer autrement avec d'autres personnes aussi (conjoint, amis, milieu professionnel, vagues connaissances ou parfaits inconnus), 
  • apprendre à mieux me connaître moi me l'a rendu indispensable. 
A la fois parce que plus de conscience de mes besoins et de mes limites, et à la fois parce que les efforts et avancées faites en parentalité positive ont modifié lesdits besoins et limites. 
L'énergie qu'on met à gérer nos enfants nous oblige à 
  • reconsidérer celles de nos relations qui nous coûtent le plus d'énergie : personnellement, cela m'a amenée à prendre mes distances avec certaines personnes, à arrêter d'investir de l'énergie dans l'entretien de la relation en réalisant qu'investir à perte était un luxe que je ne pouvais (occupée ailleurs) ni ne souhaitais plus (écoute et protection de moi-même, bientraitance) me permettre; sur ce plan, cela s'est fait dans la continuité du développement de ma capacité à dire non amorcé en étape 3...
  • assainir et embellir d'autres relations, pour plus d'authenticité, d'écoute, d'intimité et de soutien émotionnel. Et c'est là où l'on réalise à quel point développer sa capacité à dire non, c'est aussi développer sa capacité à dire oui, de vrais oui, pas des oui contraints. 

"Que votre oui soit oui, que votre non soit non"...

C'est une sacrée chance, mais ce n'est pas sans peine… Heureusement que le jeu en vaut carrément la chandelle !
En ateliers Faber et Mazlish, ça se traduit généralement par le fait que, peu à peu, les échanges ne sont plus uniquement centrés sur les enfants… parfois, que ce soit directement en ateliers, ou dans les conversations pré- ou post-séance, la question vient "Euh, ce serait quoi l'attitude Faber et Mazlish dans telle ou telle situation ?" (qui n'a rien à voir avec les enfants, mais avec les parents, les frères et sœurs, les collègues du participant). 

Et voilà comment on se fait bien arnaquer : on arrive pour changer des trucs autour de notre enfant et c'est notre vie entière qu'on est amené à reconsidérer. Et pas moyen de s'arrêter sur l'une des marches sans pousser jusqu'à la suivante, sinon, hop, constat impitoyable : ça ne marche pas !


Eh mais...

Est-ce que ça veut dire que pas moyen, au fond, de réussir à être un parent positif 
tant qu'on n'a pas fait 10 ans de thérapie pour se connaître, 
et réussi à construire un couple parfait et des relations méga saines?

Réussir à être ? Etre un parent positif ?

Ben voyons.
Tout à fait. 
C'est justement pour cela qu'être un parent positif parfait n'est pas possible. 
Nous sommes des êtres changeants, nous ne pouvons pas être quelque chose à part nous- même, un être changeant, dont les capacités sont en permanence influencées par ses perceptions, son niveau de fatigue, ses expériences passées, ses espoirs futurs, etc... Réussir à être n'a aucun sens. Et le club des Parents Positifs Parfaits est condamné à rester désespérément vide.
En revanche, agir en parent positif, ça c'est possible. Pas tout le temps. Mais à un instant. Et encore à un instant.  De la même manière qu'entretenir une relation de couple, des relations d'amitié parfaites n'est pas possible non plus. Mais on a la possibilité de poser de petits gestes, chaque jour, pour renforcer ces relations-là.

Prendre conscience de ces 4 marches, ce n'est pas regarder tout là-haut et se dire "J'y arriverai jamais !" ni même "Pour être bien je dois arriver là-haut" (plus insidieux, mais tout aussi destructeur); c'est réaliser que l'objectif est de se mettre en mouvement, que le but c'est le chemin, pas une pseudo ligne d'arrivée. 
Chaque mouvement qu'on fera sur l'un des niveaux aura un impact sur les autres niveaux, il s'agira d'accueillir cet impact avec toute la souplesse possible à ce moment, pour peu à peu, opérer de petits changements ici et là (vous savez, hein, petit bout par petit bout, machin - oooh c'qu'elle nous saoule celle-là). 
C'est réaliser que nos difficultés à vivre la parentalité positive sont parfaitement normales, car tout est tellement lié que c'est le cheminement de toute une vie.
Mais qu'elles valent sacrément la peine, car honnêtement, même si on ne peut être le parent parfait, dans un couple parfait, environné de relations parfaites, évoluer au quotidien dans un niveau d'intimité émotionnelle et de soutien de plus en plus grand avec ses enfants, son conjoint, son entourage, on va pas cracher dessus non plus, hein ?
(en plus cracher c'est interdit avec le COVID).


Allez, j'vous laisse, j'ai un tout petit pas à faire sur l'un ou l'autre de ces niveaux, moi (et parfois ça fait mal aux fesses l'alpinisme)

(bon, et après ce billet, je pense que plus personne ne pourra me demander
 si les sublimes illustrations du bouquin sont aussi de moi. 
Je crois que la différence avec Claire est assez visible, hein ?)

jeudi 4 juin 2020

"Un parent positif parle d'une voix douce" - vraiment ? - petit Moment de Parentalité Positive

Un court billet pour venir fixer un des moments réussis partagés sur le groupe Facebook destiné à cet effet.
Raconter celui-ci sur le groupe a provoqué chez moi quelques songeries complémentaires.


Ce qui m'amène à inaugurer une série de billets avec un tag particulier : phrase à la con.
Car aujourd'hui, nous allons parler d'une phrase à la con, ce genre de phrase que nous avons entendu, intégré, et qui constitue une croyance limitante.
C'est quoi une croyance limitante ? Ben un truc qui nous limite, qui limite notre capacité à être, à agir, à entrer en relation, à vivre. Qui est faux (croyance, pas vérité), mais a valeur de vérité car transmis par notre entourage, hérité de notre famille, inculqué pendant notre enfance, etc.
BOUH la méchante croyance limitante.
C'est une sœur jumelle de ces nains-là.
Et donc une seule chose à faire avec celles-là : les repérer et les dézinguer avec force et hémoglobine.


Donc, le moment partagé :

Retour de ballade avec les 3 enfants (bébé en porte-bébé) ; dans l'impasse privée de notre résidence j'ai la joie de tomber sur Claire (à qui nous devons les sublimes illustrations du bouquin). Confinement oblige, nous ne sommes guère vues ces dernières semaines, donc papote à 1m de distance (voire plus, afin de l'empêcher, à sa demande, de "manger le bébé"), pendant que nos enfants respectifs, aussi ravis de se retrouver que leurs mères, font de même.
Mais assez rapidement H. s'agite dans le porte-bébé : il n'a pas tété depuis longtemps…
Mes
"on rentre les enfants" 
"les enfants c'est le moment de rentrer"
"H. a faim il nous faut rentrer" passent visiblement complètement au-dessus de mes enfants, je me sens invisible. L'agitation de H. s'accentue, la mienne aussi... Je ne suis pas plus écoutée.
Ouille.
Et je me souviens juste à propos de l'exemple 10 de mon bouquin feuilleté la veille au soir pour les besoins du groupe.
Je me rapproche de F. et je pose ma main sur son épaule. Je dis d'une voix calme :
"J'ai répété vraiment beaucoup de fois que c'était le moment de rentrer. 
- E., on y va !"
Direction le jardin pour tout le monde.



Suite à ce moment, réflexion en 2 temps


1. "D'une voix calme, douce…", disais-je


Il ne s'agit pas là d'une douceur feinte, de cet écueil classique en parentalité positive, où l'on est victime du mythe / injonction
"en parentalité positive on parle toujours avec des paillettes et des fleurs dans la voix"
... au risque d'exploser encore plus fort juste après.


C'est un écueil, oui.
  • Oui, maîtriser le ton de sa voix se révèle souvent très utile pour ne pas rajouter du rapport de forces dans la voix.
  • Cependant… comme le dit Haïm Ginott
"on peut se montrer un peu plus gentil qu'on se sent, mais un peu seulement" 
(yep, encore une application de cette maxime ! A mettre à toutes les sauces ;-) ), et s'obliger à utiliser un ton eeeextrêmement doux quand on bout à l'intérieur nous force à un manque d'authenticité qui risque bien de se retourner contre tout le monde ensuite.
  • Adoucir légèrement sa voix : oui, pour ne pas donner TOUTE l'ampleur de notre colère à sentir à l'enfant, oui.
  • Parler doucement à un très jeune enfant parce qu'on perçoit qu'à un très jeune âge le non-verbal supplante tellement le verbal que c'est la seule chose qu'il peut comprendre : oui, encore.

Mais pas de fausses paillettes ni de fleurs en plastique !
Si on est en colère, gaspiller notre énergie à travestir notre ton de voix risque fort de ne pas nous laisser d'énergie pour ce qui compte vraiment : l'attention
  • 1. aux mots qui sont ainsi dits : quelle différence énorme il y a entre 
    • beuglement numéro 1 "Vous êtes INSUPPORTAAAABLES !!!" (attaque de l'enfant) et 
    • beuglement numéro 2 "Je suis FURIEUSE de voir le linge éparpillé partout !" (expression très vigoureuse de sentiments très très vigoureux) : le message passé est très très différent...
  • 2. à la brièveté : quelle différence énorme d'impact entre 
    • un bref cri "Les enfants LA PORTEEEEUH" et 
    • un looong hurlement "J'en peux plus j'en ai marre vous avez encore et puis la dernière fois etc et faudra pas venir vous plaindre et d'ailleurs vous pouvez toujours rêver de". (nan, regardez pas ailleurs, on l'a tous entendus de nos parents, et... on l'a tous reproduit aussi. Parce qu'une colère trop longtemps réprimée a cette fâcheuse tendance à ne plus pouvoir s'arrêter une fois que la valve de sécurité saute). Alors que s'astreindre à être le plus bref possible permet à la colère de sortir, ce qui est absolument nécessaire, mais sans dommage, ce qui nous tient tout autant à cœur. (cf l'extraordinaire chapitre consacré à la colère sans dommage dans le Parents Epanouis, Enfants Epanouis de Faber et Mazlish).

Se forcer à ne pas sortir sa colère, la réprimer, c'est hyper coûteux, et nuisible à la relation parent - enfant, au fond : comme le dit Haim Ginott : les enfants ont besoin d'authenticité.
La colère est une information utile, elle constitue un signal d'alerte, tant pour nous que vis à vis de nos enfants, et se forcer à ne pas l'exprimer
  • 1. nous épuise 
  • 2. nuit à nos sentiments positifs envers nos enfants : dans leur excellent Frères et sœurs sans rivalité, Faber et Mazlish (encore eux. M'enfin vous êtes habitués avec moi) disent "pour permettre aux sentiments positifs de rentrer, il faut laisser les sentiments négatifs sortir"; c'est valable dans les relations au sein de la fratrie… mais pas que !) 
  • 3. expose notre enfant à se prendre de plein fouet notre colère quand la cocotte minute explose 
  • 4. nous expose, nous, à nous engluer dans la culpabilité, culpabilité qui vient encore plus saper notre moral et donc notre capacité à mobiliser nos ressources pour faire différemment. 
Super bilan.


2. Ne pas adoucir artificiellement sa voix... mais adoucir effectivement ses sentiments ?

Nos sentiments ne peuvent ni ne doivent être réprimés, donc.
En revanche, ils peuvent être orientés par tout un tas de choses.
Par exemple, si on est fatigué, un verre renversé, un refus de notre enfant, ou une de ses colères, risque bien davantage de provoquer chez nous agacement, fureur ou détresse, que si on a notre content de sommeil. Alors que si on a pu veiller à notre jauge de sommeil, il y a plus de chance que les mêmes évènements n'aient pas du tout le même impact émotionnel.
Idem si on se sent stressé, seul, bref, c'est l'impact du découvert émotionnel, superbe concept exposé ici.
Se permettre d'exprimer sa colère comme vu en point 1, oui. En revanche si on constate qu'on passe son temps à devoir exprimer sa colère... c'est le signal que quelque chose ne va pas.
  • Ca peut être que notre enfant agit de manière particulièrement relou en ce moment, et ça risque fort d'être lié à un réservoir vide chez lui. 
  • Ou ça peut être que nous percevons notre enfant comme particulièrement relou en ce moment... et c'est le signe d'un réservoir d'amour vide chez nous !
Or notre compte en banque, il s'agit à la fois de veiller à ne pas trop le vider…. mais aussi et surtout de prendre le soin de le remplir ! Contrairement aux vrais sous, où trouver de nouvelles sources significatives de revenus s'avère souvent assez compliqué, sur le plan émotionnel aller chercher de nouvelles ressources est très souvent ZE truc à faire. On peut
  • 1. dresser une liste de tout ce qui nous fait du bien, nous remplit vraiment et 
  • 2. décider que cocher dans cette liste est une priorité... une fois qu'on met de côté la peur d'être égoïste.
Agir ainsi, renflouer ses finances de manière proactive nous donne beaucoup plus de ressources et oriente nos sentiments dans une direction tout autre.

Quel rapport entre ce laïus (passionnant par ailleurs) et le petit épisode en introduction de ce billet ?
Orienter nos sentiments, vous dites...
Et c'est là où cet épisode a attiré mon attention sur l'une des grandes forces du toucher.
  • Toucher notre enfant l'aide à coopérer, à connecter son cerveau et se connecter à nous et ainsi être en mesure d'entendre notre demande.
  • Mais toucher notre enfant nous aide aussi à être véritablement, nous aussi, dans une logique de coopération. Il connecte l'enfant à nous, il nous connecte également à notre enfant. Dans ce cas toucher F. a vraiment adouci mon état d'esprit, que la douceur de ma voix est donc venue refléter.
Ce qui m'a remis en mémoire un conseil de conseillers conjugaux : ils est recommandé, lors des disputes / discussions conflictuelles avec le conjoint, de mener celles-ci en tenant la main de son conjoint. Afin d'éviter des dérapages et de favoriser le maintien d'une bonne empathie, et donc un maximum de constructivité.

Bref, de la même manière que dans mon billet sur les Sims nous voyons 
  • qu'il existe des moyens pour orienter nos sentiments amoureux / les garder orientés / les réorienter vers notre conjoint, 
  • la nécessité d'y avoir recours en dézinguant la petite voix qui nous dit que "c'est du luxe" ou encore que "je néglige mon enfant quand je prends du temps avec mon conjoint", 
il s'agit ici de voir quelles ressources nous avons pour orienter nos sentiments vers notre enfant. Soit sur le long terme, soit directement en situation.
De voir, et de taper dedans sans complexe.


lundi 1 juin 2020

10 trucs à faire avec son bébé dans le porte-bébé

Avec un nouveau-né à la maison, le portage devient vite notre ami, le moyen de devenir Shiva (OK, pas 6 bras, mais 4 c'est déjà pas mal ! Et ça simplifie le tricotage des pulls).
Alors, on profite du portage pour câliner notre bébé, le sniffer, profiter de sa proximité et lui donner celle dont il a besoin. 
Mais… pas moyen non plus de rester "sans rien faire" longtemps (sauf à vivre dans un palais avec une foule de gens à son service mais hélas ce n'est pas - encore - mon cas). Alors, pour être à même de porter allègrement son bébé sans voir sa to-do list s'allonger dangereusement pendant ce temps, on découvre la foule de choses qu'on peut faire avec son bébé dans le porte-bébé (Mei-Tai chez nous). 
  • Certaines avec l'option "mouvement" activée de manière à apaiser rapidement un bébé furieux, 
  • d'autres, plus calmes, adaptées à un bébé déjà plus calme lui aussi, voire enfin endormi.

Sportives
  • OUI :  exercices de chaise
  • OUI avec option mouvement activée : du step. En utilisant l'escalier de sa maison, ou le léger décalage de niveau entre la terrasse et le coin de pelouse. Idéal pour récupérer la ligne (j'annonce la couleur : je suis à 17 kg perdus. Plus que… autant.)
  • NON : des squats. En tous cas moi ma musculature ne me le permet pas. Et je suppose que celles dont la musculature le permettrait n'en ont aucunement besoin.

Ménagères
  • OUI : nettoyer ses murs et ses portes
  • NON : nettoyer le bas des murs et des portes

Flyladyesques
  • OUI : faire du rangement / classement
  • OUI (option mouvement) : pulvériser ses Hot Spot en saisissant chaque objet un par un pour aller le replacer dans la pièce dont il n'aurait jamais du sortir
  • NON : allumer un minuteur à la sonnerie stridente pour ce faire

Lingères
  • OUI : étendre, détendre, plier son linge
  • OUI (option mouvement) : se balader dans toute la maison pour apporter les piles de linge aux endroits adaptés; le fait d'avoir oublié 2 slips lors du premier voyage devient même quelque chose de positif puisqu'il fournit un prétexte pour se repalucher le trajet à un rythme soutenu qui, n'en doutons pas, bercera efficacement le passager du porte-bébé.
  • NON : repasser (sauf à vouloir cuire son bébé à la vapeur)

Culinaires
  • OUI : pas mal de choses dont l'épluchage de légumes et des panacotta
  • OUI (option mouvement) : la cuisine à base de matières premières disséminées à plein d'endroits différents, si possible les plus éloignés les uns des autres
  • NON : 
    • des beignets impliquant de l'huile qui saute (sur le bébé…) ; 
    • les patates rangées tout en bas d'un meuble ; 
    • les recettes nécessitant l'usage du mixeur ou du batteur à blancs en neige (sauf pour les bébés que ce genre de bruit berce, il paraît qu'il y en a - pas chez moaaaah)

Ludiques
  • ouverture du TRESOOOOR
    OUI : jouer à un jeu de société avec un des aînés
  • OUI (option mouvement) : gérer un mini gouter d'anniversaire pour les 5 ans d'E..
  • NON : ramasser le fichu dé qui est tombé ; jouer avec un enfant ayant du mal à perdre et dont les hurlements… soupir.

Mondaines
  • OUI : prendre le thé avec sa copine / voisine illustratrice de chef d'œuvre Claire
  • OUI (option mouvement) : faire les 100 pas avec une copine au téléphone
  • NON : draguer un bel inconnu (zuuuut)

Hygiéniques:
  • OUI : se brosser les dents, les cheveux, se tartiner les vergetures de crème, mettre ses lentilles de contact
  • OUI (option mouvement) : les mêmes que précédemment, en bougeant un maximum ; hormis les lentilles, quand même
  • NON : s'épiler, se couper les ongles de pied

Professionnelles
  • OUI : visio-conférence
  • OUI (option mouvement) : appel pro / visio-conférence par téléphone sans besoin de prendre des notes
  • NON : démarchage de nouveaux prospects

Informatiques
  • OUI : écrire ce billet de blog
  • OUI (option mouvement): lancer des opérations de nettoyage / installation de logiciels
  • NON : construire une réponse à un appel d'offre histoire d'avoir du business à la fin de son congé mat 
Ou plutôt : OUIIIIII... mais en refilant bébé et porte-bébé au conjoint, histoire de pouvoir se concentrer à fond sur cette tâche relou ardue nécessitant un max de concentration.



E
n bonus :
  • se défaire le cou pour repérer si le bébé a les yeux ouverts ou fermés
ET
  • peser le pour et le contre : si yeux fermés, 
    • privilégier le statu quo et le garder contre soi aussi longtemps que possible (jusqu'à ses 18 ans si il dort aussi longtemps) ? 
    • ou se montrer joueuse et le déposer délicatement dans son lit pour pouvoir faire les trucs qui restent incompatibles avec le porte-bébé ?


Ah, ah, ah oui vraiment !
le Mei-Tai est mon nouvel amant
(à chanter sur l'air de Cadet Rousselle)