dimanche 19 février 2017

Une Semaine en Parentalité Positive #2

Nous revoici pour cette deuxième édition, qui, pour mémoire, a vocation à
  • pour moi, me permettre un petit retour quotidien sur mes efforts parentalité positive de la journée, et notamment mes réussites, pour y puiser motivation
  • pour moi et pour vous, alimenter la bibliothèque d'exemples susceptibles de venir nous inspirer en situation
= ancrer la démarche, ressasser cette langue étrange ...

Samedi: 
I.
S'étant aventuré sur le balcon de sa chambre, F. jette ses jouets du 4ème étage dans la rue...
Je l'emmène les ramasser avec moi (réparation), et hésite : conséquence logique or not ? Je choisis la première option et lui précise donc que si il jette ses jouets, c'est qu'il n'en a pas besoin et que donc je les garderai.

Par ailleurs, F. manifestant une certaine attirance pour son balcon ces derniers temps, suite à cet épisode j'ai l'idée de lui proposer un temps dédié à thème : sur le balcon, où nous pourrions observer tout à loisir. Idée suggérée et discutée au moment du coucher, réponse très intéressée et long dialogue.

II.
Débriefing émotionnel du soir : le Bébou me laisse dire, me pose des questions en plus, reformule ce que je dis... et s'y met aussi !

Dimanche:
Journée difficile
I.
F. s'est levé plus tard mais a pillé le placard (en m'expliquant après coup que le beurre des cracottes était hors d'atteinte, un point sur lequel je saurai veiller dorénavant...)
Relou à la messe... Je finis par perdre patience et faire du chantage à l'aire de jeux (après la messe, nous passons du temps sur l'aire de jeux toute proche de l'église); et comme il ne se calme que momentanément, paf, pas d'aire de jeux. Ce qui n'est pas une solution optimale... [soupir]

II.
Énervé par cet épisode (?) ou tout à son jeu et ses éclats de rire avec sa sœur, rebelote : pendant que je prépare le déjeuner et que je crois Bébou et Bébounette en train de s'amuser auprès d'un Monsieur Bout étendant le linge, la moitié du baril de cubes est précipitée, un par un, du haut du balcon de leur chambre... 
Même solution que la veille : on explique, on va ramasser ensemble, et cette fois je garde le baril de cubes "puisqu'il n'en a pas besoin".

III.
Finir ma soirée sur ce blog anglophone, et y trouver l'inspiration pour pondre moi-même des réponses à la question "qu'aurais-je pu / que pourrais-je faire autrement
(je cherchais un truc sur Jane Nelsen et je suis arrivée sur ce blog; et ça me permet de réaliser un des gros points forts de Jane Nelsen sur d'autres bouquins d'éducation : ils sont réactualisés en permanence. Par exemple, la distinction qu'elle fait entre conséquence logique et naturelle, et les distances qu'elle prend vis-à-vis des premières, c'est assez nouveau, et notamment basé sur les très nombreuses études montrant les effets pernicieux des conséquences ayant une coloration punition; il y a vingt ans, elle disait autre chose)
  • m'occuper de ses sentiments
    • en lui demandant ce qu'il ressentait : fait, mais sans résultat
    • en supposant qu'il ressentait : hum, je suis partie bille en tête sur le fait que c'était des représailles, mais partir sur une base plus neutre et dire 
"tu t'amusais tellement avec E., tu n'as plus fait attention au fait que ce n'était pas une bonne chose à faire"
  • le faire réfléchir à des alternatives 
"tu avais très envie de t'amuser, qu'aurais-tu pu faire à la place qui soit très amusant ?"
  • le faire réfléchir à des stratégies face à la tentation 
"c'est vraiment compliqué parfois quand on a très envie de faire quelque chose mais qu'on sait qu'il ne faudrait pas; que pourrais-tu faire dans ces moments-là" (venir réclamer un câlin ? prendre vite un livre ? câliner Mouton ? sortir de la pièce en courant et aller faire un truc intéressant dans une autre pièce?)
  • le faire réfléchir aux conséquences par des questions de curiosité (au lieu de le sermonner sur les mêmes thèmes) :
"que peut-il se passer si un cube tombe sur : une personne, un animal, une voiture, la route, etc"

Lundi:
I.
Jet de jouets, 3ème épisode. Aaaaaargh !
Mais plus tard, suite à une remarque de Clotilde me disant que jeter peut aussi être une manière de chercher à appréhender l'espace : je me mets en mode solution et propose au Bébou d'emmener une balle au parc, pour la jeter à répétition du haut du toboggan. Enthousiasme, nous récidiverons les jours suivants.

II.
E. lui marche dessus alors qu'il est allongé par terre, je dis 
"ça fait mal aux gens quand on leur marche dessus"
lui complète en mode F&M, précisant la règle
"marcher c'est sur le sol"

III.
Je suis en train d'habiller E. avant de sortir au parc: assise sur le banc de l'entrée, les affaires d'E. posées à ma droite sur le banc. Pour enfiler ses bottes, F. semble viser la place prise par les affaires d'E. . 
Sans que je n'aie rien dit, il déplace une petite chaise, la pose à ma gauche, y transfère les affaires d'E. et grimpe sur le banc. (rhooooooo)
Occasion rêvée pour un compliment descriptif
"tu voulais être assis à côté de moi, et tu as pensé à mettre les affaires d'E. à ma portée, c'est ce que j'appelle de la prévenance"

Mardi:
Les enfants étant gardés de 10 à 15 le mardi, F. émerge de sa sieste alors que je suis déjà de retour et qu'après ma propre sieste (bonheeeeur), je pianote sur le clavier de l'ordinateur. Il grimpe à mes côtés sur le canapé, je le salue d'un sourire et d'un bisou, et lui dis
"Je termine d'écrire mon message, et je te fais un câlin.
Il attend, réclame après une minute :
- c'est quand mon câlin ?
- j'ai hâte d'avoir terminé, j'y suis presque"
Je termine mon message et m'extrais vigoureusement de l'ordi pour lui faire un gros câlin
"merci d'avoir attendu patiemment que j'aie fini, maintenant je suis toute disponible pour te faire un gros câlin"
Muscler sa capacité à attendre, et lui montrer que cela porte du fruit...


Mercredi:
I.
Énervement et presse du matin qui me conduit me montrer brusque et agressive envers les deux; mais je parviens à réaliser que cet énervement est avant tout dû à moi / des facteurs extérieurs aux enfants (la pression du timing pour les vaccins, mes propres doutes quant au bien-fondé desdits vaccins, mon agacement d'avoir accepté cet horaire là de RDV au lieu d'en solliciter un qui soit plus compatible avec un créneau IEF bien placé, ma fatigue et ma culpabilité d'avoir à nouveau été trèèès loin de Decent Hour).
A défaut de réussir à redescendre tout de suite, je mets des mots sur mon état d'esprit 
"je me sens très énervée pour plein de choses, j'ai peur d'agir d'une manière que je vais regretter, j'ai besoin qu'on m'aide en faisant ce qu'il faut pour avancer vite".

II.
Passage à la pharmacie pour chercher ces fichus vaccins: rappel des règles au préalable. 
Une fois là-bas, F. visite, touche un truc, mais respecte les limites. Le pharmacien lui offre une sucette ensuite. Sa première ! Trop fier.

Ce qui me permet de dresser le bilan que ces derniers temps, les visites de pharmacie deviennent de moins en moins dangereuses...

= une journée qui commençait maaaaal mais où la volonté de raisonner en termes de solutions permet d'éviter des spirales négatives et de passer ensuite sur un mode très positif et connectant.

Jeudi:
F. debout à 5h du mat'. 
Voix douce, gestes tendres, je le rejoins dans le salon où il semble disposé à construire son premier circuit de train de la journée, souligne l'heure qu'il est, rappelle la règle, et propose
"veux-tu que je te porte dans ton lit ?
- Non !
Veux tu venir dormir dans mon lit ?
- Non !
Petit câlin sans rien dire, je laisse passer un ange puis deux, puis je dégaine le choix
Préfères-tu aller dans ton lit ou venir dormir dans le mien ?
- Dans ton lit..."
Dodo. Pendant 1/4h pour moi, parce qu'ensuite c'est la Bébounette qui braillera pour une raison inconnue. 

Vendredi : 
F., fiévreux et patraque la veille (signes avant-coureurs d'une varicelle ? - espoââar) n'est pas davantage en grande forme ce jour-là. Pendant le créneau IEF, il sait venir prendre ce dont il a besoin et le verbalise notamment ainsi: 
"je ne me sens pas bien. J'ai besoin d'un câlin." 
Hop, gros câlin, puis F.retourne s'asseoir et poursuit son activité .

EDIT : petite question de Capucine par mail
En ce qui concerne ton blog et son article sur la parentalité positive est-ce que tu accepterais que tes lectrices (moi pour l'instant en l'occurence) en fasse une sorte de hotline de la parentalité positive. Allo ? vous faites quoi dans cette situation ? Je dis ça parce que parfois j'aurais bien besoin d'un coach... Et que souvent je trouve les astuces des autres absolument géniales !
REPONSE DE LA GWEN : "il te dira VOUI ! " (avec le ton de Rabbi Jacob)
Je suis la première à trouver les astuces des voisins vraiment top, donc je serai ravie que ces billets servent de plateforme à de la cogitation collective !
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jeudi 16 février 2017

5 points forts de nos ateliers Faber & Mazlish (1/2)

De novembre à janvier, Monsieur Bout et moi-même avons participé à une session d'ateliers Faber & Mazlish sur la base du livre "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent".


Voici venu le moment du débriefing, en trois parties... : puisque nous étions deux à y participer, je vous livrerai non seulement
  • mon point de vue (dans le présent billet ainsi qu'un deuxième car, ce n'est plus à prouver, je suis bavarde. Mais j'apprends, et notamment à découper mes billets en portions plus faciles à digérer), 
  • mais aussi celui de Monsieur Bout (dans un billet suivant)!


Bon, allez, zou, j'avoue tout : j'ai détesté.
Chaque minute.
C'était horrible, inutile, et décourageant.
Depuis, nous avons reconsidéré notre politique.
Nous élevons nos enfants à la schlague et tout le monde s'en porte mieux.

Hum ?


Plus précisément, voici 5 dimensions de nos ateliers que j'ai particulièrement appréciées
- 1. un espace pour approfondir et revisiter les choses
- 2. une approche globale
- 3. le soutien du groupe
- 4. le stage intensif
- 5. l'envie et le souffle pour continuer


1. Un espace pour approfondir et revisiter les choses

J'avais beau avoir lu et relu chacun des 3 Faber & Mazlish, ces ateliers m'ont vraiment permis d'aller plus loin que ces multiples lectures dans la mise en pratique.

Le fait de se focaliser sur un thème à la fois, de poser toutes les questions qui passent par la tête, d'en discuter, d'écouter, d'entendre diverses suggestions, puis de tester pendant une semaine, cela permet vraiment de perfectionner son approche en profondeur. Ainsi des nuances insignifiantes, des détails passés inaperçus, hop, d'un seul coup prennent du sens et cela change beaucoup de choses !

Ainsi, j'ai pu constater, lors de l'atelier n°3 ayant pour thème "remplacer la punition", que je n'avais pas tout à fait compris comment "exprimer mes sentiments avec vigueur".
  • Jusque là je pensais "avoir tout bon" avec 
    "je n'aime pas quand tu fais du bruit avec ta cuiller / me parles de cette manière / ... etc". 
  • C'est lors de l'atelier que j'ai réalisé qu'il fallait que je modifie mes formulations en 
    "je n'aime pas entendre ce bruit, je n'aime pas quand on me parle ainsi,..." : 
    = dépersonnaliser en ôtant le "tu"...

De la même manière, j'ai pu approfondir ma manière d'utiliser les choix, en automatisant ma pratique, et en l'étendant à des cas qui jusque là ne me semblaient pas pertinents.

Cela permet de sortir de tellement d'impasses!
Tout récemment encore, un F. tout endormi peine à s'extirper de sa torpeur post-sieste; câlin interminable au cour duquel il n'est pas loin de se rendormir, mais offre une résistance certaine à mes tentatives de passer à autre chose: j'ai proposé des guilis, j'ai proposé qu'on aille réveiller sa sœur (deux choses qu'il apprécie beaucoup). Niet.
OK.
Choix :
"Veux tu d'abord qu'aille réveiller E., ou qu'on fasse des guilis d'abord ?
- ....... . Guiiiiiliiiis...."

Mais j'avais tendance à m'en dispenser notamment quand je savais ce que l'enfant choisirait.
Or au cours de ces ateliers, j'ai saisi que l'habileté "offrir des choix" allait bien au-delà : au delà du choix lui-même, cette habileté favorise la coopération parce qu'elle permet de donner à l'enfant un peu de maîtrise sur sa vie, et de souligner, mettre en valeur, cette maîtrise.
Du coup, même si chaque matin, à la proposition
"d'abord brosser les dents, ou faire son lit ?"
F. choisit invariablement "brosser les dents", je ne me dispense pas de la question (je l'ai fait une fois pendant les ateliers, en disant "allez, brossage de dents", et, croyez-moi, j'ai vu la différence et galéré pour rétropédaler).

Par ailleurs, pas si prévisibles que ça les mômes ! On peut avoir des surprises.
Ainsi, récemment, face à un F. réticent à sortir du bain, je dégaine le choix
"c'est l'heure du sortir du bain. Je sors d'abord toi, ou E. ?".
J'étais sûre qu'il désignerait sa sœur, et c'était OK, cela lui permettait de gagner les quelques minutes nécessaires à faire de deuil de son bain anciennement moussant.Eh ben non :
"moi d'abord"
Je ne me le suis fait pas dire deux fois !

Perfectionner des habiletés déjà employées, mais aussi en mettre enfin en pratique, quand on s'était jusque là borné à approuver vigoureusement la théorie : ainsi, ces ateliers m'ont poussée à enfin mettre en place de vraies routines, formalisées de manière visuelle (aidée en cela par le témoignage de Capucine).

A les mettre en place... et à les faire évoluer très vite : en effet, durant l'atelier les échanges sur le sujet nous ont amenés à réfléchir sur l'utilité d'intercaler des étapes un peu sympa au milieu d'étapes moins sympa : si la routine du matin n'est qu'une longue succession de trucs rébarbatifs, il est plus difficile pour un enfant d'y adhérer.
Application et effets négligeables (!) chez nous :
  •  conflit systématique autour du débarrassage: pulvérisé
    • nous voulions que F. mette ses affaires dans l'évier après chaque repas, et c'était la guerre, avec un F. qui filait se cacher, tempêtait, machin. Bien énervée, il m'était même arrivé d'avoir recours à des menaces, en mode "pas de biscuit la prochaine fois" (après le déjeuner et le dîner, il a droit à piocher un biscuit / chocolat / machin dans la boîte où  nous stockons les douceurs qui lui sont destinées). 
    • Nous nous sommes contentés de changer l'ordre des choses : dessert puis débarrassage puis biscuit. Sans "conditionner" le biscuit au débarrassage, mais tout simplement "le biscuit, c'est après le débarrassage". En l'espace de quelques jours, c'était plié; depuis c'est intégré, automatisé, nous n'avons généralement plus rien à dire, voire F. débarrasse aussi les affaires de sa sœur, les nôtres, quand il ne fait pas un bout de vaisselle. Au point qu'il est extrêmement rare que le débarrassage du petit déj, repas pourtant exempt de biscuit, pose un problème!
  • démarrage du matin : ô combien facilité. 
    • nous avons changé totalement le positionnement des étapes "habillage" et " faire le lit": deux trucs qui trainaient en longueur et retardaient énormément le démarrage de notre IEF.  
    • F. adorant petit-déjeuner avec son père les matins, j'ai demandé à Monsieur Bout de prendre en charge l'habillage de F., et, globalement, que ce soit en semaine ou le week-end, la règle est devenue : on petit-déjeune habillé. Crise (monstrueuse) le premier matin, non-sujet depuis. 
    • Devant le succès de ce point-ci, j'ai appliqué le principe au point "faire le lit" : avant de finir son petit déjeuner avec moi, nous allions faire son lit (sachant qu'à l'époque, n'ayant pas jeté l'éponge sur la propreté de nuit, il s'agissait principalement de défaire un lit mouillé pour lancer la lessive de draps correspondante...). Je parle au passé, car sur ce point-ci, une fois que ce petit changement a permis de faire rentrer dans les habitudes de F. l'étape en question, nous avons pu revenir dessus, le choix évoqué plus haut "brossage de dents, avant ou après faire le lit?" faisant parfaitement l'affaire.

Les ateliers sont aussi venus confirmer une progression sur certains points, et l'encourager.
Ainsi, les échanges avec le groupe m'ont fourni l'occasion de mesurer à quel point j'ai cheminé ces derniers temps, notamment sur la question du rapport du force (je vous en parlais ici) : ne plus voir la négociation comme une preuve de faiblesse personnelle, mais comme une force dans la relation, quel pouvoir libérateur !
Or au cours de ces semaines j'ai l'impression que d'une adhésion intellectuelle, je suis passée à une adhésion plus profonde, qui me permet vraiment de me tenir à distance de cette logique. Je ne cherche plus à gagner, mais à ce que nous gagnions, à ce que notre relation sorte grandie de cette affaire, c'est-à-dire aussi à même d'offrir la base nécessaire pour faire grandir F..


2. La force d'une approche globale

Eh  bien oui, cela peut sembler un peu en contradiction, mais une des forces de la session d'ateliers Faber & Mazlish à laquelle nous avons participé, c'était justement de ne pas se contenter de pur Faber & Mazlish, mais d'aller au-delà.

En effet, et notamment lors de la première séance, à la pratique / habiletés F&M pur sucre étaient mêlées des notions plus théoriques issues notamment des avancées en neurosciences, mais aussi d'autres sources.
Parmi les points qui m'ont marquée / servi...

J'ai pu découvrir encore des choses sur le fonctionnement et l'évolution du cerveau jusqu'à 25-30 ans, que ce soit des trucs jamais lus auparavant, ou lus mais pas retenus.
  • L'image très parlante de la main ouverte ou fermée, symbolisant le cortex cérébral, en lien ou pas (si émotion forte) avec le cerveau archaïque, m'a ainsi bien aidée: je la visualise dans les moments de crise, et cela contribue et a contribué à ma capacité à donner la priorité à la reconnexion avant toute autre action éducative (dans une cohérence parfaite avec Jane Nelsen, comme c'est malheureux !)
  • ainsi les ateliers sont-ils venus m'accompagner et m'encourager dans mon cheminement sur la contention physique des colères de F. (élément avec lequel j'étais tout sauf à l'aise lorsque j'ai commencé à vous parler colère)
  • Le fonctionnement spécifique des petits garçons
    • non seulement chez tout enfant le lien entre hémisphères cérébraux droit et gauche est long à se faire de manière correcte, ce qui explique la difficulté à transformer ce qui est compris et verbalisé (un ordre, un interdit) en action (et se fait vers 6-7 ans oooooh tiens donc la voici l'explication scientifique derrière ce fameux "âge de raison" !), 
    • mais le développement de la partie langagière du cerveau étant plus longue à se faire chez un petit garçon (voire n'atteignant jamais le même degré), le recours au non-verbal est bien souvent plus efficace : depuis ce moment-là, il m'est plus facile de penser à
      • aller prendre sa main tout doucement pour l'emmener là où je le souhaite (= débarrasser, quitter le parc, dans la SDB), plutôt que de m'égosiller à appeler à distance, rappeler, et m'énerver...: la manière dont F. serre alors ma main et me suit tout docilement me permet d'ailleurs vraiment de percevoir l'absence de mauvaise volonté...
      • poser ma main sur son épaule, son bras, son cou, quand je lui demande quelque chose
      • assortir mes mots d'amour et mes paroles valorisantes de toucher, pour en assurer une meilleure réception

J'ai énormément apprécié une structuration intéressante des choses, fil rouge auquel nous avons régulièrement rattaché certaines des notions que nous voyions: la distinction entre le rôle de maman/papa d'un côté, et de mère/père de l'autre : nous sommes 50% l'un, 50% l'autre
  • la maman / le papa : veille sur les besoins de l'enfant, c'est l'aspect affectif, pour que l'enfant se sente aimé et aimable : lui enseigne le respect de soi-même
  • la mère / le père : gère les désirs de l'enfant, c'est l'aspect sociabilisation, pour que l'enfant devienne un être sociable : lui enseigne le respect des autres.
 Une clarification que j'ai beaucoup aimée, et qui s'inscrit à fond dans ce qui me plaît chez F&M, davantage que dans d'autres courants "bienveillants": cet équilibre entre besoins de l'enfant, et besoins des autres, y compris des parents !


Autre apport complémentaire intéressant : un bref passage sur les langages d'amour des enfants: je connais déjà bien le bouquin générique de Gary Chapman sur le sujet des langages d'amour, et c'est une perspective très enrichissante dans un atelier de ce genre. Du coup, cela m'a donné envie de creuser la version "enfants" un de ces quatre.


Je me suis également sentie bien soutenue et encouragée par des conseils fort judicieux de lectures complémentaires, pour enfants comme pour adultes, avec possibilité de les feuilleter voire de les emprunter
  • quand nous parlions de l'accueil des émotions, notre animatrice avait ainsi apporté des livres pour enfants sur le sujet; à un autre moment, elle avait avec elle le livre de méditation / pleine conscience "Calme et attentif comme une grenouille" et j'ai pu ainsi le lui emprunter afin de tester si F. s'y montrait réceptif ; 
  • et elle avait avec elles des bouquins de Gueguen, Rosenberg, celui d'Haïm Ginott, quelques magazines Kaizen, etc, que nous pouvions lui emprunter d'une séance à l'autre. 
J'ai énormément apprécié ce petit plus, cela permettait d'élargir et compléter.

Du fait de ces nombreux enrichissements notamment, comme on allait bien au-delà des bouquins, il n'y avait aucune impression de redite, même après avoir lus et relus ceux-ci plusieurs fois ! Et toute ces données venaient renforcer et conforter les habiletés Faber & Mazlish en permettant de mieux les comprendre, ou en donnant des moyens pour les appliquer.

C'est pourquoi, sur la base de cette expérience j'aurais tendance à dire que l'apport de tels ateliers peut être plus ou moins grand, selon le type d'animation et notre propre niveau de départ : si on a déjà potassé les bouquins à fond et que l'animatrice se contente de les dérouler sans aller au-delà, cela peut apporter moins de choses.... mais pas rien non plus, car les ateliers ont encore plus d'un tour dans leur sac que juste l'information. 
Suite au prochain numéro ....

mardi 14 février 2017

3 sentiments autour d'un goûter d'anniversaire (et : tuto déguisement sans couture !)

Grand moment dans la vie du Bébou ce samedi : sa première invitation à un goûter d'anniversaire !
La fille d'une copine IEF fêtait ses 5 ans.

Je dois dire que j'étais un peu némue car à mes yeux il s'agit d'une étape sociale, d'un moment un peu clé, d'un tournant... le début des goûters d'anniversaire!!
J'avoue en effet qu'à certains moments je me sens un peu prise de vertige vis-à-vis de l'IEF et de la manière dont celle-ci "anéantit" ce qui a constitué des repères un peu fondateurs dans nos enfances et dans celles de la plupart des autres enfants (la rentrée, la récré, le goûter dans le sac, les fournitures scolaires et le cahier de texte, les étiquettes sur les livres, le tableau, la sonnerie, que sais-je ?).
Bref, "privant" mon enfant de la partie scolaire du monde de l'enfance, je suis un peu contente de le voir faire ses premiers pas dans la partie "sociale", que dis-je, mondaine ;-)

Et puis j'étais pleine d'espoir car cet anniversaire représentait ZE occasion de lancer l'opération varicelle : le fils d'une copine de ma copine IEF (vous suivez?) ayant chopé la varicelle, ma copine avait couru coller ses gamins au petit malade, et cela avec succès, si bien que c'était : Varicelle Party ! 
Mon plan était donc que F. en profite pour se faire contaminer, à bientôt 4 ans il serait temps, et un mois de février s'y prête plutôt bien / mieux qu'un mois d'été! Et puis comme ça il pourrait la refiler à la Bébounette et zou, d'une pierre deux coups.
Verdict dans 15 jours, mais je n'ose trop espérer car n'étant pas le seul invité bien évidemment, F. n'a finalement passé que fort peu de temps à proximité immédiate de la reine de la fête.
Elle lui a donné un Smarties, de la main à la main, dites, ça peut suffire ?

Enfin, j'étais très fière car autre grande étape : anniversaire costumé oblige, je m'étais enfin lancée dans la confection du premier déguisement de F. !!!

OUI ! 
MOI, faire un déguisement MOI-MÊME ! 
Avec mes mains zà moi ! 
Celui confectionné par ma belle-sœur à mon neveu à Noël m'avait un peu donné envie, et là, hop, c'était aussi ZE occasion pour me jeter à l'eau.

Je vous avertis tout de suite : j'ai commencé light, avec un déguisement sans couture.
N'oubliez pas qu'ici, on avance petit bout par petit bout, et que chaque pas doit apporter un maximum de gratification pour un minimum d'efforts, afin d'inciter à faire le pas suivant.

J'ai donc opté pour un déguisement de chevalier, en polaire, avec motif au spray de peinture pour textile.

Fait en l'espace de 48h, d'ailleurs, car n'ayant pu trouver ce que je cherchais dans la boutique que je pensais, j'ai finalement tout commandé sur Butinette, ce qui évidemment s'est traduit par quelques délais d'acheminement (ce qui m'énerve, soit dit en passant, c'est que Butinette France est basé à Strasbourg, alors attendre et payer pour du port, pffff).


Petit retour / tuto en images


1. dans l'attente de mon colis, annoncé pour le mercredi soir, mais arrivé que le lendemain aux aurores, j'ai anticipé en préparant le pochoir prévu.

Dans ce que j'avais sous la main, donc vive les cracottes...





2. Découpage de la polaire après tracé approximatif à la craie, non sans peine car c'est relou à découper, la polaire !

Un long rectangle, puis plié en deux: un rond pour la tête. (j'ai vu trop large pour le rond; d'ailleurs un carré aurait pu être plus approprié)








3. Fixation du pochoir avec épingles et vaporisation de la peinture dorée en spray. J'avais fait un test sur une chute de la polaire et trouvé la couvrance fort moyenne... normal, il était spécifié "pour tissus avec max 20% de fibres synthétiques"... hum hum.
Donc j'ai fait 4 couches, ce qui a permis une couvrance correcte après passage au four selon instructions.

J'avais acheté des pierres thermocollantes pour en fixer à différents endroits mais finalement, faute de temps et de motivation, j'ai décidé que c'était plus joli (et moins risqué...) sans.

4. Confection d'une épée à l'aide d'une spatule en bois, d'un bout du carton d'emballage butinette, et de force papier aluminium.
Je vous passe le moment où Monsieur Bout, affairé à recouvrir de papier aluminium la lame de l'épée, chantait, avec autant de conviction que d'à-propos, le Nothung de Wagner (au secours j'ai épousé un nazi).







La tunique est maintenue avec un ceinturon acheté chez butinette aussi, dont la boucle dorée un peu travaillée (qu'on aperçoit à droite sur la 3ème photo) conviendra à mille choses, et fera notamment un ceinturon de pirate parfait.

Bilan
  • F. a adoré.
  • Je vais enfin mettre en place la caisse à déguisements projetée depuis ce billet...
  • Ce costume est plein d'imperfections
    • entre la tête trop large, le pochoir bavant un peu, le découpage parfois un peu brouillon de la polaire,....
    • J'avais prévu de faire un bouclier (à l'aide du rond de bois initialement prévu pour une synopte qui ne verra jamais le jour, soyons réalistes), mais je m'en suis souvenue 1/2h avant l'heure du fameux goûter d'anniversaire. Ce sera pour une autre fois ! 
Plein d'imperfections, il m'emplit cependant d'une immense fierté, et a pleinement rempli son rôle de premier Babystep: toute fière de cette première réalisation, point trop laborieuse malgré quelques menues mésaventures, je suis d'attaque pour d'autres aventures du même type
Pour vous dire, je me suis même fait re-montrer comment enfiler la bobine sur la machine à coudre qui dort au fond d'un placard : j'ai un vieux drap à transformer en cape, moi !! 


Quant à F., non seulement il a aimé son déguisement, mais il a bien retenu le point phare de la journée:
"un gâteau d'anniversaire Maman !" - j'ai juste du reprendre le couteau de ses mains et lui suggérer d'aller chercher un couteau de dinette à la place...

dimanche 12 février 2017

Une Semaine en Parentalité Positive #1

  • 1. L'envie de surfer sur la dynamique de nos ateliers Faber & Mazlish, hélas terminés depuis la mi-janvier (et au sujet desquels je vais trèèèès bientôt venir au rapport !)
  • 2. Un mail de Capucine, fidèle commentatrice de ce blog, mentionnant le soin qu'elle prend, ces temps-ci, de faire un bilan "parentalité positive" de sa journée
  • 3. La découverte d'un tout nouveau blog très très chouette, et de la fille qui se cache derrière : nous nous trouvons mille points communs du point de vue du cheminement (au hasard : elle adore Faber & Mazlish; elle est en train de tomber follement amoureuse de Jane Nelsen), et le bien que cela m'a fait d'y lire des mini-récits d'application de principes et trucs de parentalité positive au sein de sa famille.

Voici comment j'inaugure donc aujourd'hui la série "Une Semaine en Parentalité Positive", qui sera l'occasion pour moi de vous livrer 1, voire 2, brefs épisodes de parentalité positive pour chaque jour de la semaine écoulée.
Objectifs :
  • alimenter la fameuse bibliothèque d'exemples concrets dont je soulignais déjà l'intérêt il y a quelques temps, et que les points 2 et 3 sont venus me remettre en mémoire
  • opérer, pour moi, un retour quotidien sur la journée, sous cet angle : un outil précieux pour ancrer davantage la démarche, et consolider mes acquis, dans la lignée des points 1 et 2.

Je prévois donc, jusqu'à ce que mort s'ensuive pour un temps indéterminé, un billet hebdomadaire mais d'alimentation quotidienne, le but étant d'effectuer mon petit bilan personnel le soir (j'ai même rajouté une case "USEPP" dans ma routine du soir Flylady...), en prenant les notes correspondantes dans le brouillon de billet, pour mise en forme et publication de la rétrospective en fin de semaine.
J'évoquerai plutôt ici des moments où "ça marche", c'est-à-dire où je réussis à utiliser une habileté, ou que je vois les effets de notre "politique éducative" : je veux capitaliser sur ces petits succès de tous les jours pour y puiser enseignements et encouragements. Mais cela ne m'empêchera pas de partager de temps à autre un bon gros raté, car le but n'est pas non plus de donner une impression de tout-rose-cuicui-les-p'tits-oiseaux. D'autant que relire / analyser les bons gros ratés peut permettre d'en tirer des leçons.



Samedi: 
Expédition dans le plus grand parc de Strasbourg, trajet un peu long (15 à 20 bonnes minutes à pieds selon l'aire de jeux choisie), si bien que le retour avec enfant fatigué et affamé est souvent problématique : F. réclame à être porté, pleurniche, fait le zouave.
Ce matin-ci, Monsieur Bout balise le chemin avant: nous aimons y aller mais avons besoin que le retour se passe bien, il a donc le choix de se rendre à ce parc, ou de préférer une aire de jeux plus proche, mais dans le premier cas il faudra qu'il gère sa draisienne sans histoires au retour.
Aller impeccable, jeux, le retour s'amorce et tout de suite : "je veux la poussette". 
Excellente réaction de Monsieur Bout 
"qu'avons-nous décidé ensemble ce matin", 
il manque se rater en poursuivant
"nous avons..." 
Je l'interromps bien vite, ayant bien en tête Haim Ginott incitant à la brièveté et Jane Nelsen soulignant que ce genre de rappel doit impérativement rester tout nu et ne pas s'assortir d'un mini sermon : le but étant que le cerveau de l'enfant aille lui même se remémorer la conversation, se posant ainsi en acteur, et non ne subisse passivement une avalanche de mots.
Et effectivement, pendant que prestement je rafraîchis la mémoire de Monsieur Bout sur ce point, F., lui, s'est déjà remis en route . Nous aurons un autre épisode relou à mi-chemin (inclusive "je pénètre dans le jardin de parfaits inconnus"), là aussi un bref rappel que nous avions décidé certaines choses avant de partir suffira.


Dimanche :
Ayant gardé un bon souvenir de notre première visite, avec enfants, au Musée d'Art Moderne et Contemporain, nous récidivons, toujours en surfant sur la gratuité des premiers dimanches du mois. 
Encore une fois, nous prenons le soin de rappeler les règles avant (pas touche aux œuvres), et dès les premières salles nous soulignons le soin avec lequel F. coopère, d'un compliment descriptif 
"je vois un enfant qui tient ses mains derrière son dos". 


Lundi :
Au parc, je remarque que le portillon de l'aire de jeux est resté ouvert derrière F., et souhaite qu'il le referme, afin d'éviter que les plus petits (dont sa sœur) ne s'évadent:
1. Décrire le problème : "je vois un portillon ouvert" : rien
2. Donner des renseignements "le portillon doit rester fermé pour que les petits ne puissent pas s'en aller" : rien
3. Venir à lui, poser la main sur son bras doucement (aaah, la force du toucher!), et dire d'un mot "le portillon, F." :  banco !


Mardi :
I.
Un Bébou agité dès le matin, et ce d'autant plus qu'il est pressé d'aller réveiller le petit hôte que nous accueillons avec ses parents le temps de la vitrification de leur parquet.
  • Responsabiliser sur l'heure et donner des perspectives: quand il y aura un 8 puis un 1 sur l'horloge numérique du four, ils seront réveillés.
  • Réaliser qu'on a vu trop juste et que le petit hôte et sa mère n'auront pas émergé à temps. 
  • Faire diversion le temps que les 8h1? soient passées (profiter lâchement de ce que F ne maîtrise pas encore assez bien le mécanisme de l'heure pour réaliser que 8h2? vient après 8h1? ...)
  • Prendre acte de l'agitation de F.et plutôt que de me précipiter pour sortir E. de son lit afin de commencer à petit-déjeuner, proposer et prendre le temps d'une histoire seule avec F. afin de remplir son réservoir d'amour et de l'aider à sortir de la spirale d'excitation dans laquelle il s'enfermait depuis son lever.
MISSION : ACCOMPLIE.

II.
Pipi à côté de la cuvette, que j'admire en direct puisqu'il a voulu être accompagné.  Ça irait plus vite de faire moi-même...mais... petite description
"oh, c'est mouillé, là. Tu peux utiliser du papier-toilette
Puis renseignement :
Cela fonctionne mieux quand on appuie vraiment avec"
Et hop. 
N'empêche que vive le Swish'nSwipe. Son mode d'emploi devrait figurer parmi les trucs avec lesquels les mamans de bébés garçons sortent de la maternité.


Mercredi : 
Journée difficile, F. relou et maman peu patiente = langue maternelle qui reprend vite le dessus. La journée sera entrecoupée de moments pas super F&M...Néanmoins

I.
Ladite journée a commencé, chez le Bébou, par un lever trop tôt et du pillage de placard.  (le retour. snif)
Lever trop tôt redevenu récurrent ces dernières semaines, alors que disparu pendant les vacances, disparition qui s'était fort plaisamment prolongée les premiers jours de janvier. Je réfléchis et me rappelle que, de fait, début janvier, il est arrivé une fois ou deux que du coup F. ne soit pas réveillé avant le départ au boulot de son père, ratant ainsi leur petit déj entre hommes des jours de semaine (moi pendant ce temps je dors encore un peu, puis me prépare et effectue la première partie de ma routine Flylady; je ne prends le relais qu'au départ de Monsieur). 
Serait-ce l'inquiétude de rater ainsi son père qui le réveille aux aurores et le maintient sur le qui-vive, offrant ainsi un terrain favorable au pillage nocturne des placards?
Je discute du problème avec lui plus tard dans la journée
"J'ai l'impression que tu es inquiet à l'idée de rater le petit déjeuner avec Papa si tu dors trop longtemps le matin, et que du coup tu n'oses pas dormir le matin alors même que tu es fatigué. Aimerais-tu qu'on décide que, si tu dors au moment du petit-déjeuner de Papa, il vient te réveiller pour petit-déjeuner avec lui ?"
- Oui.
- Comme ça tu peux dormir tranquillement, en étant rassuré sur le fait que tu  ne rateras pas Papa."

II.
En fin d'après-midi, alors qu'il joue avec son circuit de train, F. repère de la poussière au fond du coffre contenant les rails. Il décrète "Il faut l'aspirer".
Je me contente de préciser que si il y a encore des petites pièces de train dans le coffre l'aspi les avalera, et zou : mise à l'abri des petites pièces, sortie de l'aspi, passage de l'aspi (j'en ai profité pour lui montrer d'autres recoins poussiéreux de notre salon, hé, maintenant ça ne rigole plus!), rangeage de l'aspi.


Jeudi :
I.
Le matin, il a à nouveau pillé les placards mais, après avoir renouvelé la discussion de la veille, il m'en reparle le soir au coucher, en me disant que si il a faim, il ira manger des cracottes (la solution préconisée la veille).

II.
Le Bébou, vite imité par sa sœur..., s'amuse à cracher sa nourriture au dîner (en faisant pffffffrrrrt, vous savez, le truc que toutes les mamans du monde adorent. Encore plus quand le menu du soir comporte de la quinoa !)
"Je n'aime pas ce que je vois - expression de la colère copyright F&M
la nourriture est faite pour être mangée, tu as le choix, tu peux manger la nourriture proprement ou arrêter ton repas
et j'enchaîne
Il y a de la quinoa par terre F.; tiens, voici le rond vert (le petit nom du minipad vert magiiiique)"
Et hop, je l'ai aidé à sa demande pour qu'il apprenne à bien rassembler tous les petits machins avant de les pincer avec le rond vert pour les mettre à la poubelle.
Et ce fut clos.


Vendredi:
I.
Il s'est levé le matin... pour aller manger des cracottes ;-)

II.
Fin d'après-midi pluvieuse au Vaisseau, file vers le secteur de l'eau, puis revient aussi sec avec dans une main deux tabliers, dans l'autre la main de sa sœur, pour que je les habille tous les deux.

III.
Le soir, il s'amuse subitement à balancer par terre tous les vêtements d'enfants entamés, entreposés sur un coffre de l'entrée (évidemment vite épaulé par sa sœur).
Cela irait plus vite de m'énerver puis de ramasser moi-même, à la place de quoi j'exprime mon mécontentement de manière claire mais pas agressive :
"ça me rend furieuse de voir l'entrée en bazar, je n'aime pas devoir reranger derrière vous"
et hop, ils s'y mettent tous les deux.

En définitive : une semaine un peu plus compliquée que celles de janvier au départ, mais de nouveau, décider de se mettre en mode constructif et non énervé/ répressif a permis de détendre les choses au fil des jours.

vendredi 10 février 2017

Comment je construis mon budget (+fichier à télécharger)

Les sous ont ceci de particulier qu'ils peuvent avoir une nette tendance à disparaître sans qu'on sache trop où (un peu comme un gamin dans une foule / un supermarché, au hasard).
Pour le gamin, chacun sa solution.
Pour les sous, la mienne, c'est ... de faire les comptes.
Whaou, ça alors ! Le SCOOP.
Plus précisément : pister nos sous au travers d'un joli petit fichier dans lequel j'établis notre budget, et reporte ensuite nos dépenses en regard.

Un outil que j'utilise énormément, car cela nous permet à la fois de piloter nos dépenses, et de prendre des décisions en incluant leur impact financier.

Une récente discussion avec une bonne copine IEF m'a rappelé à quel point l'établissement d'un outil "qui fonctionne" est compliqué, nous-mêmes nous avons tâtonné avant de produire quelque chose qui nous convienne :
  • offrir une vision claire de ce qui nous attend, y compris en termes de trésorerie : que les entrées et les sorties s'équilibrent sur l'année c'est bien, mais gérer la trésorerie en cours d'année compte aussi : identifier les risques de découvert...
  • suffisamment détaillé pour pouvoir identifier clairement les postes de dépenses qui sont dans le rouge, ceux où on peut faire des économies, ceux qui plombent le budget et sur lesquels une réflexion plus approfondie / un arbitrage est à envisager (typiquement, une catégorie "Divers" trop large engendre un espèce de trou noir dans lequel des sommes sont mystérieusement englouties)
  • mais suffisamment simple pour que le remplissage régulier soit faisable :  éviter l'usine à gaz (aux débuts de notre mariage, c'est Monsieur Bout qui tenait les comptes, il avait pondu un fichier Excel merveilleux, avec macros et je ne sais quoi d'autre, superbe ! Son remplissage prenait des siècles... sa complexité l'a évidemment condamné au délaissement); il s'agit par exemple de ne pas trop se retrouver à "découper" ses tickets de caisse pour les répartir entre 18 cases.
  • et justement : qui n'implique pas de garder les tickets de caisse !!  Je DÉTESTE ces petits papiers, un système qui supposerait que je les garde soigneusement jusqu'à leur intégration dans nos comptes serait voué à l'échec (ou plutôt : a existé, et a connu une fin misérable).


Ladite copine ayant apprécié l'outil dont nous nous servons maintenant, et ayant souhaité s'en inspirer, je me suis dit qu'elle n'était probablement pas seule dans ce cas, d'où ce billet, contenant 
  • un fichier à télécharger,
  • assorti d'un certain nombre d'explications sur ses principes de remplissage, le tout étant bien entendu à adapter à vos besoins à vous !
Je précise que, si les postes de dépenses sont bien ceux que j'utilise au quotidien, les chiffres sont pour beaucoup complètement fantaisistes ;-)

Donc, gérer les sous, chez nous, se décompose en deux étapes
  • créer un budget : combien allons-nous gagner, et combien allons-nous dépenser à quel poste ? (et accessoirement, est-ce que l'un permet l'autre...)
  • inscrire au fil de l'eau les dépenses effectuées dans chacun des postes, afin de pouvoir piloter: renoncer à un achat, en différer un autre, remplacer le magret de canard par des œufs au plat, la quinoa bio par des pâtes Lidl, le resto gastronomique par un MacDo.

Parlons d'abord de la création du budget

Vous trouverez la trame du fichier que j'utilise à télécharger ici et en fin d'article.

Vous le voyez, 
  • une colonne pour chaque mois, 
  • les revenus en haut, 
  • puis différentes catégories de dépenses ; 
  • je m'en sers également pour suivre les épargnes programmées.

Dépenses fixes 
ce sont celles dont le montant est connu d'avance :
Loyer, salaires, crédits, assurances etc, ne changent guère ou de manière un minimum prévisible (si je prévois un budget à plus de 12 mois dans lequel je souhaite prendre en compte ces variations, il m'arrive alors d'appliquer un coefficient multiplicateur au doigt mouillé, plus ou moins optimiste / pessimiste en fonction de ce que je cherche à évaluer) : je reporte fidèlement cette somme chaque mois.

Dépenses mensuelles
Deux modes de fonctionnements

  • soit le montant exact varie mais il s'agit d'une dépense régulière :
C'est le cas du budget courses (qui inclut chez moi l'alimentation, la droguerie, bref, tout le quotidien; au départ je m'étais amusée à dissocier et c'est là où on se retrouvait à s'arracher les cheveux) : selon les mois on dépensera un peu plus, un peu moins, mais globalement on peut se fixer une enveloppe
Enveloppe qu'il est d'ailleurs possible d'arrondir quand on sait que tel mois sera plus dépensier : 
  • on pourrait imaginer un budget bouffe plus important pour les Fêtes, par exemple. 
  • Et, en ce qui nous concerne, le budget essence est ainsi facilement doublé pour les mois qui nous lancent sur les routes (Fêtes et été), vers nos familles habitant à plusieurs centaines de km, de même que le budget transports (dans lequel je regroupe transports en commun strasbourgeois, éventuels trajets en train, mais aussi frais de stationnement et péages).

  • soit les occasions de dépenses seront fréquentes mais aléatoires

Je fixe alors un budget à l'année, que je divise en 12, en sachant que certains mois je le dépasserai, quand d'autres je ne dépenserai rien. 
C'est le cas des vêtements par exemple : pour faciliter les comptes je mets 50€/mois, mais dans les faits, les mois de soldes dévoreront probablement davantage que leur budget, et les autres moins. Idem: coiffeur, pressing & co (cela englobe le cordonnier ou l'esthéticienne par exemple, bref les dépenses d'entretien du corps et des vêtements), sont des dépenses pouvant varier, mais récurrentes, donc admissibles à un lissage.

Dépenses ponctuelles
 

Celles-ci se feront à une date précise et je reporte la somme concernée pile poil au mois qu'elle concernera : c'est le cas des impôts notamment (pour ceux qui, comme nous, ne sont pas mensualisés), je fais de même avec les cadeaux de mariage, etc.

Pour remplir ces cases

La première fois que je me suis lancée dans l'exercice, pour certains postes je n'avais aucune idée de ce qui était réaliste (ou en tous cas, de sérieux doutes sur le réalisme desdites idées): j'ai donc fait ce travail avec à côté de moi : 
  • mes relevés détaillés de compte bancaire du dernier mois à minima afin d'obtenir une moyenne des dépenses type courses, par exemple (des relevés sur 2-3 mois permettent d'établir une moyenne donc aboutissent à un calcul plus fiable mais cela prend plus de temps); 
  • et nos principaux contrats / assurances / loyers / crédits / etc.

Pour remplir les cases impôts sur le revenu et celles dépendant de la CAF, je m'amuse comme une folle avec les simulateurs concernés, cela permet d'avoir une idée quand même assez précise.
Dans le cas des impôts, je rajoute alors un petit commentaire sur la case concernée, dans lequel je détaille les hypothèses ayant abouti à ce résultat (puisque j'évalue notre revenu, nos frais de garde, nos dons déductibles... il est important que je sache sur la base de quelles sommes j'ai effectué mon calcul, de manière à penser à ajuster en cas de gros changement)

A noter : ligne NDF des Revenus : cela désigne les Notes de Frais. Tout simplement parce que celles-ci représentent autant de sorties d'argent que j'ai besoin d'expliquer, que cela me permet de comprendre éventuellement où est passé l'argent, et de savoir que celui-là va revenir, voire de rappeler aimablement à Monsieur Bout (maintenant qu'il est l'unique source de notes de frais) qu'il serait temps qu'il fisse le nécessaire pour que justement, lesdits soussous regagnent le bercail.
Les sorties (note d'hôtel, taxi, etc) sont donc précédées d'un signe "moins", les remboursements d'un signe "plus".
Fondamentalement, cette ligne pourrait figurer ailleurs que dans "ressources", j'ai choisi de la caler là car les derniers employeurs de Monsieur étant généreux dans leur système de notes de frais, dans les faits très souvent les remboursements sont un peu supérieurs aux sommes réellement déboursées. 
Par ailleurs il ne s'agit pas d'une dépense de notre fait, et nous n'avons pas de décision à prendre /arbitrage à opérer sur le sujet.


Toutes ces catégories sont ensuite liées par de bêtes sommes, qui aboutissent à deux lignes de totaux.

Un petit focus sur celles-ci.
  • SOLDE MOIS : désigne tout bêtement le différentiel entre les dépenses et les revenus du mois. Si il est en négatif, c'est un mois à pertes, sinon, on fait du bénef.
  • TOTAL EN COURS est le plus important : c'est le cumul de tout : il permet donc de savoir où on en est en termes de trésorerie, ce qu'on ne pourrait faire si on s'amusait à lisser dans le temps des grosses dépenses ponctuelles. On le voit à l'exemple du gros entretien de voiture que j'ai placé en février : même si l'année se terminera dans le positif, c'est ainsi que je repère les périodes de l'année où nous risquons de nous retrouver dans le rouge, aussi temporaire cela soit-il. Que ce soit pour le savoir / prévenir le banquier le cas échéant, ou différer certaines dépenses.
A noter également : dans la première case de total en cours, ma formule reprend le solde du premier mois, +100 : c'est ma manière de prendre en compte l'argent (ici, 100) que nous avons déjà en stock ailleurs au moment où on débute l'exercice.

Ce genre d'exercice est fréquent chez nous, et est à refaire dès que nous réfléchissons à des changements; il avait puissamment aidé à ce que Monsieur Bout réussisse à prendre la décision de rompre sa première période d'essai strasbourgeoise, j'y ai passé de longues heures quand je méditais sur l'opportunité de proposer ou non à mon employeur un passage à 50%, il nous accompagne actuellement dans diverses réflexions en cours concernant notre avenir.

Par ailleurs, le budget évolue au fil de l'eau des petites choses aussi : ainsi, si nous recevons une invitation à un mariage, je rajoute la somme correspondant au cadeau dans le budget, ainsi que les dépenses de transport/logement éventuelles (à la louche), dans la colonne du mois conservé.

Il s'agit donc d'un fichier qui vit !

Et ce d'autant plus qu'une fois qu'on a fixé la théorie de ce qu'on va dépenser, reste à mettre en pratique / contrôler ce qui se passe dans la réalité.

Pilotons les dépenses

Pour cela, dans la même feuille Excel (je copie parfois le budget initial sur une autre feuille pour mémoire), à chaque début de mois j'insère une nouvelle colonne à droite de la colonne budgétaire du mois concerné : elle s'intitule "Réel mois concerné". 
Cette colonne sera en police violette tout du long du mois, tout simplement parce que c'est bien visuel, et que j'ai pris cette habitude après avoir, à plusieurs reprises, passé de longs moments à renseigner ... une autre colonne que celle nécessaire. (argh!)
Quand un mois est terminé, et une fois ses comptes bouclés, je passe la colonne "budgétaire" en gris (c'était de la théorie, et n'a plus guère d'importance), et la colonne "réalisé" en noir.


Je modifie alors aussi la formule de la case "total en cours" du mois suivant: une fois janvier terminé, c'est le solde du mois de janvier RÉEL qui compte, plus celui budgété!

Plusieurs fois dans le mois, je prends notre fichier Excel, me connecte sur notre compte en ligne, et zou, je passe en revue chaque ligne de notre relevé de compte et vais attribuer la somme au bon endroit, avec une bête formule en " = xxxx +xxx +...etc": je me contente de la somme

  • Quand j'ai besoin de me rappeler d'un détail particulier 
(si dépense extraordinaire pouvant expliquer un dépassement, par exemple si nous passons chez un producteur de vin, poum, ça peut impacter le budget courses) je le note en commentaire

  • Quand il s'agit d'une rentrée d'argent
un remboursement Sécu / Mutuelle, une vente de fringues sur leboncoin, même chose, mais le chiffre est précédé du signe "moins".

  • Quand la dépense se fait en liquide,
je la note dans mon Bullet Journal et hop, idem : je l'ai avec moi au moment des comptes et je reporte toutes ces données dans mon Excel.

N'ayant en tout et pour tout qu'un seul compte courant, c'est assez facile; et Monsieur Bout est prié de m'informer des rares dépenses qu'il effectue en liquide.

C'est en fonctionnant ainsi que je réussis à m'affranchir de ces fichus tickets de caisse, qui chez moi en tous cas, représentaient un des principaux freins à une gestion efficace des comptes. 
Si vraiment la somme est à répartir entre deux postes (par exemple, achat de vêtements d'enfants dont une partie servira pour nous, l'autre est prévue pour des cadeaux de naissance), alors je divise le montant, mais de mémoire, au pifomètre et à la louche, le but n'est pas de sortir ma calculette pour un résultat au centime près. 
Je tâche de faire cela régulièrement, idéalement toutes les semaines, dans les faits 2 à 3 fois par mois, ... et à défaut, en cas de coup de mou, à la fin du mois (ou même au début du mois suivant, les données sont toujours là!). 
  • Dans les deux premiers cas, cela me permet un vrai pilotage en mode "ouh là, nous sommes à peine à la moitié du mois et j'ai déjà dépensé les deux tiers du budget bouffe, hum, et si je cuisinais des lentilles / quels plats bons mais low-cost puis-je envisager en lieu et place du magret de canard que je vais me dispenser d'aller chercher au marché samedi ?" ou inversement, "hoho, bien géré la Gwen, allez, hop, va pour un sauté d'agneau ce dimanche".
  • Dans le troisième cas, cela me permet au moins de savoir où nous en sommes, et d'en tirer des enseignements / ajuster ma ligne de conduite pour le mois suivant.
L'avantage de faire cela régulièrement est aussi que pour le coup, cela prend vraiment peu de temps.

Autres petites astuces complémentaires

Arbitrairement, je retiens comme date de dépense la date à laquelle l'argent est débité du compte
  • tout ce qui tombe jusqu'au 30/31 (28...) du mois est attribué au mois, 
  • ce qui n'est débité que le 1er passe sur le mois suivant, même si c'était une dépense qui dans les faits a été effectuée deux ou trois jours plus tôt. Je m'en tape, et cela me simplifie les choses puisque je n'ai pas à fournir le moindre effort de mémoire.
La date est en gras dans les relevés de compte, c'est visuel, c'est vite vu, c'est vite fait, et c'est tout ce que je demande.

En revanche, concernant les ressources
  • le salaire de Monsieur Bout (et le mien, jusqu'à peu), tombe autour du 26/27 du mois, là pour le coup c'est inscrit sur le mois suivant.
  • Car bien évidemment, j'inscris, dans le revenu du mois de janvier, le salaire gagné en décembre. En effet ce n'est pas ce qui tombe fin janvier qui va nous aider à manger en janvier... C'est un point important à prendre en compte, surtout en cas de vie pro qui bouge. 
  • En revanche, les allocs qui tombent le 5 du mois comptent bien pour le mois sur lequel elles sont versées, 
  • Mais de la même manière, mon complément de mode de garde, qui m'est versé en février par rapport aux heures payées en janvier: je le comptabilise quand même en février puisque c'est là qu'il va venir soulager ma trésorerie.

Quand je commence à enregistrer mes dépenses en cours de mois, j'ai besoin de savoir rapidement où je me suis arrêtée la dernière fois (histoire de ne pas enregistrer deux fois certaines dépenses, ou d'oublier d'en enregistrer "oh chouette on a de la marge ce mois-ci" - hum, ou pas...) : j'inscris donc la date du dernier jour enregistré en commentaire de la case "réel du mois en cours" : si j'ai inscrit tout ce qui était débité jusqu'au 23 janvier, eh bien j'écris "23/01", et zou, je ne passerai pas 50 ans à fouiller dans mes sommes pour retrouver mes moutons.


Revoici donc le fichier à télécharger.
Si ce machin vous aide, ou que vous avez des idées brillantes d'améliorations, ou des interrogations profondes à ce sujet, je serai ravie de vous lire en commentaires !

mardi 7 février 2017

J'ai (tenté de) tester pour vous: le livre-miracle pour endormir les enfants

Faire s'endormir son enfant, 
      là, maintenant, tout de suite?

                   En lui lisant un bouquin dont le préambule avertit l'adulte de ne pas lire ce bouquin à voix haute à côté de quelqu'un qui conduit?

MIAM MIAM ! 

Plus ou moins aucun parent n'échappe à des soirées pourries par un enfant peu motivé pour aller se coucher...et surtout, le rester, bon sang. Dans ce combat, tout est bon.

Il y a quelques temps, mes pérégrinations sur le web m'avaient confrontée, par hasard, au Graal potentiel: un bouquin pour enfants spécialement fait pour les amener à s'endormir, idéalement, pendant la lecture, ou dans les minutes qui suivent la fin de celle-ci.
  • Alliant PNL & techniques de relaxation pour aider notre progéniture à se détendre, lâcher prise et se laisser aller dans les bras de Morphée. 
  • Élaboré et testé en collaboration avec un panel de parents qui se sont servi de leur progéniture comme lapins de laboratoire.

Du coup, cela donne un bouquin un peu particulier,


  • long à lire (une trentaine de minutes), 
  • qu'on ne lit claaairement pas pour l'intérêt littéraire 
    • l'histoire n'est certainement pas captivante, voire pas toujours pleine de sens, 
    • certaines tournures de phrases sont répétées des dizaines de fois voire plus au fil du livre, - dont le fameux "dormir là, maintenant, tout de suite"  (je vous dis pas comment à chaque fois qu'on prononce ces mots on les peeeeense!) toujours dans une optique d'endormissement, 
    • quant aux illustrations, elles sont très peu nombreuses, et pas particulièrement soignées (eh, il ne s'agit pas d'inciter l'enfant à les regarder, mais à fermer les yeux !)  
  • mais pour la lecture duquel on est prié de suivre un certain nombre de recommandations : accentuer certains mots, prononcer certaines phrases tout doucement, inclure le nom de son enfant, bâiller...
Et on a instruction de lire ce livre à l'enfant couché.

Comme je suis curieuse, j'ai creusé le sujet
  • Des retours sur Amazon variés, 
  • mais beaucoup constatant que pouf, l'enfant s'endort effectivement à une rapidité inusitée. 
  • cependant, à 14€ le bouquin, hum, pas prête à ouvrir mon portefeuille pour tester.

Ceci dit, cela me titillait, alors j'ai regardé dans les catalogues de nos bibliothèques municipales.
Espoir !
                    Le 2ème volet du bouquin y figurait (devant le succès de l'histoire du lapin, l'auteur a encore retravaillé le concept et sorti une histoire d'éléphant).
Déception !
                     L'entrée figurait bien au catalogue, mais le bouquin n'était semble-t-il pas encore acheté, dans aucune des bibliothèques.
J'ai même réfléchi à le commander sur amazon, en vue de le tester, puis d'utiliser mon droit de rétractation en cas de flop total ; mais les frais de retour allaient rester à ma charge et je n'étais pas d'accord avec cela.

Et puis j'ai trouvé le texte sur Internet, pile poil au moment où les couchers de F. étaient justement redevenus un peu relous après quelques semaines d'accalmie post vacances.
Alors, comme je fais des choses folles,  je me suis dit qu'après tout, c'était l'occasion de tester sans frais, et que dans tous les cas, cela me ferait toujours de quoi vous faire rigoler.
J'ai chargé le texte sur mon IPhone, et un soir où j'étais seule à coucher les enfants, zou je me suis lancée avec F., en lui annonçant que pour cette fois nous ne lirions pas l'histoire du soir sur le canapé, mais couchés tous les deux dans son lit.
  • J'ai donné mon maximum, accentué les phrases à accentuer, murmuré là où il fallait, bâillé sur demande (mais dur dur franchement, de prononcer à chaque fois le nom de ce fichu lapin de la manière suivante  :"Rooooogeeeeer" et de l'assortir de deux bâillements !)...
  • Pleine d'espoir, j'ai noté avec intérêt les moments où F. semblait effectivement se détendre, laissait sa tête posée sur l'oreiller, voire portait son pouce à sa bouche. 
D'autant que franchement, j'ai trouvé les techniques utilisées pas idiotes, vraiment cette manière de suggérer à l'enfant des manières de se détendre, mais de manière un peu détournée, est à mon sens bien pensée !

Mais non.
  • D'abord rien que le fait de demander à l'enfant de rester couché tout au long de la lecture... Chez nous cela fut dur à obtenir, et à conserver ! J'ai du répéter des "recouche toi / reste couché" à qui mieux mieux.
  • Et les moments plus calmes finissaient toujours par être suivis de moments moins calmes.
  • Et une fois l'histoire terminée (je rêvais: "ils disent que ça fait effet aussi dans les minutes qui suivent, il va s'endormir tout paisiblement"), pouf, ce fut la java comme les soirs précédents. 
Autant investir trente grosses minutes dans l'histoire du soir ne m'embêtait pas du tout si c'était pour avoir ma soirée ensuite, autant là, après tous les efforts faits, je n'étais pas très heureuse de voir mon fiston danser la lambada !

Ceci dit :
  • je me demande si le fait de lire le machin sur Iphone ne compliquait pas un peu les choses : 
    • si F. se redressait régulièrement, c'était notamment parce qu'il voulait regarder l'écran, ce que je ne lui permettais bien évidemment pas. 
    • Aurais-je eu le même problème avec le support papier ? (et, oui, j'ai pensé à la solution d'imprimer le texte; mais il s'agit d'un pdf sur lequel le texte a été reporté en énormes caractères, donc sur 104 pages. Justement, j'imagine, pour éviter le hacking...)
  • l'auteur lui-même précise que, selon les enfants, il faut parfois plusieurs lectures (comprendre, plusieurs soirs à lire ce livre, hein, il ne s'agit pas d'enchaîner et de lire plusieurs fois d'affilée ce machin à son enfant - OSCOURS !) avant que cela ne fasse effet / les techniques de relaxation ne fassent leur chemin dans la tête du chérubin. De ce fait, du reste, à la lecture de commentaires amazon critiquant l'inefficacité du truc après une seule lecture, ma réaction avait été un peu condescendante "nan mais avant de critiquer faut suivre les instructions, et persévérer plusieurs soirs de suite"; jusqu'à que mon échec du premier soir m'ait tellement énervée que...

Moui ben je vous avouerai que je n'ai pas eu le courage de retenter l'expérience.
Ce qui est mal, très mal.
Du coup j'ai hésité à venir vous en parler, car moi je voulais venir en mode sauveuse, du style "oyez, oyez, parents désespérés, j'ai peut-être ZE solution ultime pour vous!". D'autant que, franchement, sur le papier, je trouve le bouquin très bien pensé, bref, ça devrait marcher, zut.

Complètement raté.

Mais en même temps,  
  • peut-être que pour vous cela fonctionnera mieux que pour moi ?
  • Et peut-être qu'un succès chez vous me motivera pour rééditer l'expérience chez moi ? (je l'avoue, je n'ai pas complètement perdu espoir : je surveille, du coin de l’œil, le catalogue des bibliothèques. Si un jour l'entrée sur l'éléphante est enfin renseignée d'un lieu où l'emprunter, je retenterai peut-être ma chance !)

Bref, si vous voulez tenter avec le lien, le voici (et puis vous pourrez toujours lire l'histoire et satisfaire votre curiosité dévorante)
Si vous avez envie de tester les livres, cherchez donc

  • Le lapin qui veut s'endormir, du Suédois Carl Johan Forssen Ehrlin
et/ou
  • La petite éléphante qui veut s'endormir, du même Suédois, qui doit, au passage, être devenu un sacré bon parti vu le volume des ventes atteint par le premier opus



Et si vous testez (ce que je vous incite vivement à faire, parce que je suis frustrée de ne pas l'avoir fait davantage, et que donc je cherche à le faire par procuration), je vous en conjuuuure, venez donc me raconter !

J'espère avoir suscité un max de vocations. 
(pas sûr)



dimanche 5 février 2017

Découverte de l'igname ! En galettes, s'il vous plaît.

Décidément, avec mon panier bio, je vais de découverte en découverte.
Ces temps-ci, cela s'emballe, et je me fais l'effet d'une aventurière dans ma cuisine ;-) [générique d'Indiana Jones en fond]

Alors cette semaine, je me suis non seulement retrouvée à cuisiner des épinards frais pour la toute première fois de ma vie (selon cette recette, délicieuse et très rapide), mais je me suis aussi frottée à un inconnu total : l'igname.

Inconnu total ? 
                     - Pas tout à fait !
J'avais déjà rencontré l'igname (et peut-être cela fera-t-il tilt dans la tête de certaines d'entre vous) .... dans les pages d'Autant en Emporte le Vent ! (Je crois que sa Mama lui en cuisine, ce qui est logique car c'est un légume exotique, africain d'origine, et volontiers mis à l'honneur dans la cuisine créole par exemple. D'ailleurs cet épisode culinaire m'a flanqué une belle envie de me replonger dans les aventures de Scarlett, d'autant que j'ai réalisé que je ne les avais lues qu'en français, celles-là.  Donc à voir si l'une de nos bibliothèque le propose en VO).

Bref, un tubercule paré d'un voile de romantisme ;-) [des violons succèdent à Indiana Jones]

Habillée d'une robe à crinoline, Je me suis donc lancée, et puisque mes sources webinesques soulignaient que toute recette de pommes de terre était grosso modo adaptable avec de l'igname, je nous ai préparé de sublimes 

galettes d'igname, sur la base des fameux röstis alsaciens.

1. Éplucher l'igname. 
  • Avantage par rapport à la pomme de terre: on a beaucoup moins de travail d'épluchage pour obtenir le même volume de tubercule, puisqu'il s'agit d'éplucher un bon gros machin à la forme régulière, plutôt qu'une foule de plus petits bidules aux formes parfois tarabiscotées. Mathématiquement, la surface à éplucher est bien moindre.
  • Inconvénient : un seul mot caractérise l'igname débarrassé de sa peau : GLUANT. Mais alors gluant ! Et très glissant. Une fois qu'on a débarrassé une partie du tubercule de sa peau et que donc on doit le tenir par sa partie épluchée pour finir le travail, on se retrouve à éplucher un gros, gros savon; et pas loin d'imiter le nain Simplet... C'est vraiment impressionnant. (mais ça m'a fait marrer toute seule dans ma cuisine parce que franchement j'avais l'air fine; donc romantique, hein, le tubercule, mais si vous comptez séduire pendant un atelier cuisine, je vous conseille de partir sur autre chose)

2. Râper (merci mon mixer)
Là aussi, surprise, je m'attendais à quelque chose d'assez ferme, et en fait le résultat est... gluant toujours, et d'aspect très bouillie.


3. Qu'à cela ne tienne, de toute manière il s'agit d'en faire une pâte à galettes, donc on n'y rajoute 
  • 2 oignons émincés très finement
  • 2 gousses d’ail tout aussi finement hachées
  • j'ai rajouté l'équivalent d'une grosse cuillère à soupe d'échalotes elles-aussi en tout petits morceaux
  • sel - poivre
  • puis 2 œufs battus (1 suffirait)
  • et 3 à 4 cuillers à soupe de farine (en l'ajoutant, je me suis dit que de la farine de maïs collerait probablement bien à la recette aussi, mais pour une première je tenais à goûter au "vrai goût" de l'igname sans interférence. Ce sera pour la prochaine fois !)

4. mélanger doucement 
La texture étant un peu ... gluante, j'ai testé et conclu que pour cet exercice, mon fouet en silicone était le mieux adapté : fourchette et cuiller en bois s'y engluent, fouet en métal souffre un peu.


5. puis faire frire les galettes dans un fond d'huile, à peu près 3 minutes de chaque côté à feu moyen/fort, en les faisant bien dorer.



6. Déposer sur du papier absorbant pour débarrasser de l'huile, puis consommer chaud.

Tout le monde s'est jeté dessus, la Bébounette plus que jamais en mode Gus.

Ce qui n'a pas empêché qu'il en reste, car c'est énorme un igname ! (le nôtre faisait quasiment la diagonale du bac à légumes).
Mais la bonne nouvelle, c'est que les galettes se congèlent très bien : dans un récipient, séparées par une couche de papier sulfurisé à chaque fois.

Je viens de voir que mon panier bio en repropose la semaine prochaine, je ne vais pas hésiter à en reprendre, d'autant que j'ai repéré d'autres recettes à tester !

Et que les avantages nutritionnels de l'igname sont fort nombreux; il paraîtrait que ça réduirait la tension artérielle, diminuerait les troubles cognitifs, et contribuerait à la régulation de ce fichu syndrome pré-menstruel qui nous transforme si facilement en Cruella.
Je ne sais pas si ça fait gagner au Loto, mais on peut toujours essayer; dans ce cas, ne m'oubliez pas...