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lundi 25 mars 2024

Qui Veut Être Mon Associé ? - Version fait-maison

Certains billets ici et là vous l'auront probablement appris : la Gwen et l'administratif, ce n'est pas franchement l'amour fou.

Certains billets l'ont évoqué : dans sa relation tumultueuse à l'administratif, la Gwen a réalisé 

  • l'existence d'un grand méchant tapi dans un coin : son TDA (trouble de l'attention), rendant l'administratif particulièrement teigneux et difficile à combattre
  • l'existence d' une baguette presque magique : la méthode Flylady, ou comment découper l'Hydre du Mal de l'Administratif en rondelles digérables.


Hélas hélas, ces dernières années l'administratif a gagné du terrain

  • d'abord, le perso a cru (ben oui, plus une famille grandit, plus cela génère de papiers. On en parle, des dossiers d'inscription en école, collège, colo, camp scout, activités extra scolaires- rayez les mentions inutiles mais vous n'allez pas user votre stylo y a rien à rayer trois fois hélas - ? ). Et encore, j'ai du pot, Monsieur Bout en a récupéré peu à peu la part du lion.
  • ensuite le pro a cru lui aussi : d'une petite micro-entreprise occupant la Gwen 2 j / semaine, l'activité d'indépendante de ladite Gwen est devenue une belle et grande SARL avec les beaucoup trop moult activités administratives associées (malgré l'aide d'un valeureux cabinet de comptable).
    • L'Urssaf, la DGFIP, tout le monde me réclame des sous et des papiers, 
    • le volume de factures à envoyer a bien augmenté (bon ça c'est pas mal en théorie) 
    • et je me suis également mise à beaucoup me déplacer (ces temps-ci par exemple Lyon et Luxembourg m'accueillent régulièrement), ce qui engendre de fréquents frais de déplacement à comptabiliser avec soin et à refacturer avec non moins de soin (sous peine d'en être de ma poche).
Tout ça pour dire que clairement, d'un petit à-côté déplaisant que j'arrivais à gérer bon an mal an avec un coup de Flyladyx, l'administratif professionnel s'est peu à peu mué en un gros monstre étendant ses tentacules sournoises un peu partout.

Déclencheur externe aidant (vous vous rappelez ?), il m'a fallu plusieurs pichenettes pour finalement passer à l'action et admettre l'évidence : l'heure était grave, plus question de prétendre que j'allais y arriver seule. Il me fallait de l'aide (ou plutôt : de l'aiiiiiiiiiiideuh !).
Il me fallait sous-traiter cette partie là de mon activité à quelqu'un qui le ferait bien.
  • Pichenette n°1 : une copine vue pour le Nouvel An se posait de grandes questions sur son avenir pro
Elle a évoqué la possibilité de devenir assistante administrative à distance, et là, subitement, je me suis dit que si elle proposait ses services, ben... avec elle, oui, je me voyais bien me lancer, parce qu'elle cochait les 2 cases indispensables à mes yeux : 
    • rigueur absolue (je déteste l'administratif alors si je dois vérifier souvent... et trouver des erreurs, là, le stressomètre va encore plus s'envoler), 
    • et confidentialité à toute épreuve (je ne vends pas des pommes de terre).
Je me suis imaginée être sa première cliente et cette image avait du chien. Bon, finalement, pour tout un tas de raisons ça n'a pas pu se faire avec elle, mais les conversations qu'on a eues m'ont amenée à me projeter dans un monde où mes notes de frais ne seraient plus gérées par moi, et.... c'était assez difficile de quitter ce monde.

  • Pichenette n°2 : compte en banque dans le rouge
Eh oui, fin janvier, notre compte a pris une sale tournure. Mon business tourne pourtant allègrement bien !? Ben oui, mais quand en novembre-décembre on ne consacre pas le temps nécessaire à facturer ses clients pour le travail fait, eh bien en janvier-février on ne reçoit pas les soussous correspondants (bicoz délais de règlement). Gloups.
(Rassurez-vous, on a trouvé une solution : manger les enfants. Coup double : moins de bouches à nourrir, et un estomac bien plein pour nous. En plus, c'est du bio, du local = #healthy)

  • Pichenette n°3 : mon superviseur
Il m'a fourbement fait observer qu'avec les perspectives de chiffre d'affaires que j'avais pour 2024, il allait falloir revoir mon organisation, puisque j'allais flirter avec le seuil où, dans une entreprise de mon genre, on réfléchit sérieusement à embaucher. 

  • Pichenette n°4 : mon procrastinomètre a explosé
Les premières semaines de 2024, j'ai observé un phénomène pas-sion-nant (et navrant). Là où auparavant, je procrastinais l'administratif puis étais très inefficace dedans donc mettais 3 plombes à faire le moindre truc.... j'ai constaté que j'étais en fait passée à un stade autrement préoccupant : le fait même d'inscrire une tâche administrative sur ma to-do list, disons, en 3ème position, suffisait à diviser par 4 mon efficacité sur l'ensemble de la to-do list (et donc de la journée) : je me mettais à procrastiner aussi la tâche 1 et la tâche 2, toutes gentilles qu'elles fussent, du simple fait qu'une fois qu'elles seraient terminées, il me faudrait me coltiner la fameuse Grande Méchante Tâche 3. Alors que, hein, vous comprenez, tant que tâche 1 et tâche 2 n'étaient pas terminées, je ne pouvais légitimement pas passer à la tâche 3, quel dommaaach... !
Bref, l'administratif s'était mis à gangréner le reste. Aleeeerte rouge !

Ah.

Pichenette complémentaire (oui c'est comme le tiercé quinté plus)
Petit appel de vœux avec une ancienne cliente dont le cœur de métier la confronte à ce genre de problématique : pouf, sous le coup d'une inspiration, en fin de conversation, je lui demande si elle ne connaîtrait pas quelqu'un qu'elle me recommanderait les yeux fermés, et paf, ben si, elle connaît.


Donc, la Gwen embauche.


La personne recommandée ?

Eh, non, ce serait trop simple.
Voyons, évidemment qu'étant l'employeur le plus select des Yvelines (tellement select que je n'employais personne !), j'ai attiré les candidatures !!

Enfin, surtout une.

Monsieur Bout.
Monsieur Bout est rentré du Super U le samedi matin qui a suivi la pichenette complémentaire, en me disant qu'il avait eu une idée très bête.
Après quasiment 16 ans de mariage, quand mon mari me dit ça avec un regard en coin, un demi-sourire, et une teinte de peau légèrement rosée, je m'attends à tout.

Mais pas à ça.

Effet de surprise absolument total !

Une fois que j'ai été sûre que mes oreilles elles comprenaient bien (quialaréf?) nous avons longuement discuté, car franchement j'avais pas mal les jetons que ça puisse ne pas convenir à l'un ou l'autre de nous deux (voire aux deux simultanément, eh, pour faire bien). Nous avons mis nos attentes sur la table, et Monsieur Bout a su pitcher, euh, pu exprimer que, même si il n'aimait pas énooormément l'administratif, clairement
  • il était loin de le vivre comme aussi pénible et terrifiant que moi je le vis
  • pouvoir le concentrer à un moment de la semaine, le faire régulièrement, et ne faire que ça serait beaucoup plus efficace et moins relou que mon mode de fonctionnement actuel (caser ça par ci par là quand je peux, soit un tout petit machin, soit pleeeein de machins à rattraper)
  • il en avait marre de s'interroger sur ce qu'il voulait faire de sa vie pro et du coup là il aurait une vie pro officielle et moins de pression pour trouver enfin dans quelle voie s'engager : "rôle social" et trimestres de retraite = dans la poche ; il pourrait donc allègrement continuer ses activités annexes à côté sans se dire qu'il devrait investir son temps dans qqch de rentable
  • ça le déstresserait d'avoir de la visibilité et de l'influence sur nos rentrées d'argent (jusqu'à présent je lui disais régulièrement quand je partais sur une nouvelle mission, quand ça se passait bien avec un client, etc, mais il n'avait pas droit à de belles présentations Corporate avec des graphiques, des tableaux excel et des échéanciers. Scandale)
  • ça aurait beaucoup de sens de me soutenir et de contribuer encore de cette manière au développement de mon business, et que ça devienne plus clairement un business commun.

De l'idée d'une microentreprise qui me refacturerait sa prestation, les conseils de ma comptable nous ont fait évoluer vers une embauche en tant que salarié à temps partiel, et donc, ça y est, "Monsieur Bout, je te veux dans ma team", zou !

Le temps de passation n'a pas été sans heurts, hein, rangez les paillettes et les arcs-en-ciel
  • j'en étais arrivée à une telle saturation qu'au fond je n'avais qu'une envie : lui jeter le bazar et partir très vite en courant pour ne plus jamais en entendre parler. Ce qui, paraît-il, n'est pas optimal pour une passation. J'ai donc du accepter de ne pas juste lui montrer en 5 minutes "dépatouille toi", mais d'investir du temps avec lui, de remettre le nez dedans une dernière fois avant de recueillir le fruit de mes efforts : de belles factures et formalités réalisées pas par moi....
  • j'ai aussi du accepter qu'il ne fasse pas comme moi : il a commencé par passer du temps à créer des fichiers excel de suivi, très élaborés. (au lieu de, cf point précédent, se jeter sur ma pile de trucs en retard et la dézinguer !). Humpf. J'ai ensuite intégré que si je ne voulais plus le faire, il fallait que j'accepte que ce soit fait d'une autre manière, par ailleurs la mienne n'étant clairement pas optimale peut-être qu'un peu plus de structure ne serait pas superflu. Moralité les fichiers excel de Monsieur fonctionnent du feu de Dieu et lui permettant effectivement de suivre de près tout ce qui se passe et de tenir la baraque avec rigueur.
  • nous avons aussi du, à plusieurs reprises déjà, clarifier ce qui rentrait ou pas dans ses attributions, notre vision des choses pouvant différer...

Bref, pas de cuicui les petits oiseaux, mais encore un chantier que nous aurons à revisiter régulièrement. Le gros avantage, c'est que nous savons l'un et l'autre 
  • que nous bossons avec quelqu'un dont fondamentalement les intentions sont bonnes, 
  • que nous visons la même chose, 
  • et que la plupart du temps, même si ça ne vient pas direct, nous finissons par trouver un moyen de nous comprendre.

Moralité, maintenant que ça roule, j'ai forwardé mes factures d'hôtel de Luxembourg avec délectation dans le TGV du retour ce jeudi, et déposé mes tickets de restaurant avec légèreté dans la bannette prévue à cet effet ce weekend.

Cœur sur mon associé.

Deux petites observations pour terminer
  • Ironie de la situation : ce n'est pas d'hier que Monsieur Bout contribue, par sa prise en charge de l'arrière-boutique familiale, au développement de mon business. De manière totalement invisible aux yeux du monde; mais là, parce qu'il va rajouter un poil d'administratif, il obtient enfin reconnaissance sociale et administrative de sa contribution. C'est-y-pas malheureux.
  • Effet secondaire intéressant : du coup, notre mariage devient franchement indissoluble, en tous cas de mon côté, parce que moi, quelqu'un qui fait mes factures à ma place ...eh bien je l'avoue sans fard : il se pare d'une aura de sexytude infinie et éternelle !

lundi 8 novembre 2021

10 réflexions autour de la participation des enfants aux tâches ménagères

La participation des enfants aux tâches ménagères est un sacré sujet, qui peut diviser les foules (qui bien entendu lisent mon blog), ou à plus modeste échelle, les familles (qui font pareil). Comme un certain nombre de sujets éducatifs, notre recul sur le sujet est rendu compliqué par notre vécu d'enfant (que ce soit dans la reproduction automatique du vécu, ou le souhait de l'éviter à tout prix), et notre fatigue de parent (parce que la maison ne s'autoentretient pas, le linge ne va pas tout seul dans la machine sur ses petites pattes, et les assiettes ont le front de ne pas se laver d'elles-mêmes, mais que tout ça nécessite de l'huile de coude, et le bidon d'huile de coude ça coûte cher).

Voici donc quelques réflexions & partages d'expériences sur le sujet, histoire de peut-être faciliter cette prise de recul et aider à trouver quelque chose de pertinent pour sa famille à soi.


1. La participation des enfants aux tâches ménagères leur est utile et précieuse

Ca, c'est un point essentiel qui m'a bien aidée à prendre du recul et regarder le sujet d'une manière apaisée. Certes, confier des tâches ménagères à nos enfants peut bien nous arranger en tant que parent (ou pas, cf point numéro 3), mais surtout, c'est très important pour nos enfants, et c'est en lisant Jane Nelsen ainsi que Faber & Mazlish que j'en ai pris conscience 
  • ils développent des compétences essentielles pour leur future vie d'adulte
    • la perspective de quitter papa-maman est tout de même plus facile à envisager quand on a une idée concrète de comment gérer un certain nombre de tâches. 
    • C'est d'autant plus important pour nos garçons, si nous voulons les équiper pour une éventuelle vie de couple où ils seront en mesure de porter leur part du fonctionnement du foyer. (c'est la nana qui a épousé un gars ne sachant au départ pas se faire cuire des pâtes qui vous parle). A nous de ne pas fabriquer des incompétents pouvant nourrir la tentation de devenir des incompétents stratégiques ("Aaaah ben faut que tu fasses je sais pas faire / tu fais ça tellement mieux que moaaah")
    • Je suppose que c'est la même chose pour nos filles et les tâches de la maison traditionnellement plus masculines (type bricolage). Seulement, je ne peux pas en parler parce que ni Monsieur Bout ni moi-même ne sommes vraiment équipés pour transmettre des tas de compétences manuelles à E. . Celles que détient et développe F., il ne les doit vraiment qu'à son enthousiasme aussi époustouflant qu'inépuisable pour le sujet. Il n'empêche qu'en écrivant ces lignes je me dis que maintenant que c'est moi qui assume la tonte du gazon à la maison (enfin, de nos quelques m² de pseudo herbe, plutôt), je pourrais impliquer E. dedans à un moment. Quand ses épaules atteindront la hauteur nécessaire pour pousser la tondeuse...
  • cela nourrit des besoins importants pour eux 
    • l'estime de soi : c'est bien joli de faire des compliments à nos enfants, mais l'estime de soi s'enracine en particulier dans l'expérience, faite et renouvelée, de nos capacités. Et donc, permettre à nos enfants de faire l'expérience de leur capacité à faire, à se prendre en charge, plutôt que de leur dépendance à notre égard pour toutes les petites et grandes choses de la vie, c'est une brique essentielle dans leur construction de leur estime d'eux. 
    • le besoin de contribuer / se sentir utile. Ca aussi c'est quelque chose d'essentiel chez l'être humain, petit ou grand : contribuer au fonctionnement de la communauté, y avoir sa place de membre utile.

2. La participation des enfants peut se faire dès le plus jeune âge, et gagne à être favorisée dès le plus jeune âge.

J'y suis à nouveau confrontée en ce moment avec H. qui a fêté ses 18 mois. Quelle application, quelle fierté il met dans le fait de nettoyer sa chaise haute après le repas, d'aller remettre ses chaussures à leur place, ou d'aller replacer un livre ou un jouet sur l'étagère adaptée ! Pour lui, cela contribue à lui donner un début de sentiment de maîtrise de son environnement, c'est donc un facteur de sécurisation. Pour nous adultes, c'est un premier pas sur un long chemin, qui prépare les pas suivants.
En atelier Faber & Mazlish, le moment où chaque parent s'interroge sur les choses qu'il fait à la place de son enfant et qu'il pourrait dorénavant lui confier (au besoin en procédant par étapes) est toujours riche en découvertes. Parce que c'est aussi une occasion, pour le parent, de voir son enfant d'un nouvel œil !


3. La participation des enfants est relou

Eh oui, après les 2 premiers points cuicui les petits oiseaux, revenons sur terre. 
Ce n'est pas un hasard si la participation des enfants aux tâches ménagères relève plus souvent du vœu pieux que de la réalité des familles : celle-ci est vraiment relou à mettre en place et surtout à tenir dans la durée. 
Les enfants ne font pas toujours bien les choses, ils ne les font pas toujours, on a souvent tendance à faire à leur place parce que rien qu'à penser à l'énergie qu'il va falloir déployer pour leur apprendre, leur rappeler, contrôler que c'est fait, rectifier ce qui ne va pas, entendre leurs jérémiades et devoir se justifier face à leurs "mais pourquoi c'est moi et pas Frangin(e)" .....aaaah-aaaah-aaaargh [râle d'un parent agonisant, allongé sur le sol de sa cuisine, achevé par son 37ème rappel que le couvert a besoin d'être mis]

Ce qui est très logique car espérer que nos enfants vont être ravis d'avoir à vider le lave vaisselle au quotidien est utopique. Qui ici se lève en se disant "youpi, aujourd'hui je vais vider un lave vaisselle, trop trop hâte" ?

Ménage en famille chez les Bout - document d'archives

4. La participation des enfants n'est pas automatique

A relier au point 3. 
C'est un sujet dont nous avons abondamment discuté avec Monsieur Bout il y a quelques mois. 
Celui-ci était très frustré de devoir sans cesse répéter certaines choses, et une partie de sa frustration venait du fait qu'il partait du principe que ça n'aurait pas du être nécessaire. Comme dit Epictète (oui, nous avons de la culture ici), et comme souvent, c'est moins la situation qui nous pose problème que l'idée que nous nous en faisons. Si nous considérons que nos enfants devraient normalement y penser tout seuls, et le faire en chantonnant, alors c'est très grave qu'ils ne le fassent pas, et chaque rappel que nous faisons est mal vécu puisque il est le signe de notre échec parental et de l'avenir sombre qui se dessine pour nos enfants, irresponsables et feignants.
J'ai gagné en zenitude sur le sujet en lisant Jane Nelsen qui rappelle que toute sa vie de mère, elle a du remettre le sujet sur la table, revoir l'organisation avec eux, et achève avec un truc en mode "Certaines choses ne seront véritablement acquises qu'une fois que les enfants auront quitté le foyer familial, voire, seront devenus eux-mêmes parents". Et puis, hein, disons-le : personnellement, quand je vois le chemin que j'ai suivi en termes d'acquisition de compétences en rangement, je vois très très bien ce qu'elle veut dire.
Donc oui, devoir investir de l'énergie pour que nos enfants fassent les choses est normal, une gestion des tâches ménagères en mode automatique-paillettes-zéro conflits et cœur sur tout le monde en permanence n'est pas réaliste. Du coup, pas besoin de perdre de l'énergie et du moral à se désespérer que cela ne soit pas le cas. 

Devoir consacrer du temps à faire faire plutôt qu'à faire soi-même est donc quelque chose de normal et surtout d'indispensable, un investissement rentable à long terme, pas quelque chose qui se fait à fonds perdus.


5. ....Mais on peut mettre des choses en place pour limiter l'investissement en énergie nécessaire

Yep, ce ne sera jamais automatique et complètement fluide, mais il existe quand même des manières de faire pour alléger notre boulot de rappel. La mise en place de routines, et/ou leur formalisation visuelle par le biais de listes à cocher, par exemple, sont autant de moyens qui permettent de réduire. 
Un simple "Où en es-tu de ta liste ?" est souvent préférable au 37ème rappel que y a un couvert à mettre : il responsabilise l'enfant, diminue le poids des ordres pour lui, et le volume de salive utilisée, pour le parent.
Idem, les choses qui nous semblent si simples pour nous ne le sont pas pour nos enfants. Donc prendre le temps de montrer, de faire avec, de détailler étape par étape, pour arriver à une autonomie graduelle, constitue un investissement coûteux sur le moment mais rentable à long terme.


6. Tout (enfin, beaucoup) est dans le choix des mots

Trèèèès important ça. 
  • Il y a ce qu'on apprend en Faber et Mazlish : une description de problème, un rappel en un mot, porteront toujours plus de fruit (à la fois sur le problème en lui-même, mais bien entendu aussi et surtout dans la relation à l'enfant, et dans sa relation à lui-même et aux tâches concernées) qu'un ordre bien sec, un reproche, ou une culpabilisation plus ou moins subtile.
  • Il y a ce qu'on apprend aussi, sur le côté humour : "la table est toute nuuuuuuuuuue".
  • Il y a ce qu'on apprend en Faber et Mazlish aussi, sur la valorisation des tâches : non, ce que nous demandons à nos enfants n'est pas "facile", "pas grand chose". C'est une contribution appréciée, révélatrice de compétences réelles, permise par des efforts dont on ne va surtout pas minimiser l'importance.
Et perso, j'ai remarqué que mes enfants préfèrent dire qu'ils ont "fait tel plat avec moi" plutôt que "aidé Maman à faire tel plat".

Il y a aussi d'autres choses. Par exemple, la manière dont on évoque / justifie ces tâches.
  • Parfois, si on s'écoute, on peut s'entendre parler de "ma maison" qui est en bazar ? Ou de "notre maison"... Nos enfants sont-ils des invités dans la maison des adultes, ou des personnes qui y habitent et donc participent logiquement à son fonctionnement ? 
  • Très souvent, aussi, on va formuler ce qu'on ne veut pas : "J'en ai maaaarre de vivre dans un salon en bordel". (toute ressemblance avec des phrases réellement prononcées dans la famille Bout serait vraiment fortuite); il est beaucoup, beaucoup plus mobilisateur de formuler ce qu'on veut. L'être humain, et ce dès tout petit, réussit bien mieux à s'engager pour une représentation positive, parce que "j'ai envie d'un beau salon en ordre !", que pour éviter du négatif.
  • Croisement des deux : on pourra préférer, à "je ne suis pas la bonne, m !", un "dans une maison, tout le monde participe !"

7. L'aménagement de l'environnement est un aspect essentiel (stratégie & champ de bataille, toussa)

Au fond, ceci est une implication pratique du fait que notre maison est notre maison, et non "ma maison" : il s'agit de regarder ladite maison, et son aménagement, non seulement avec nos yeux, mais avec ceux de nos enfants; y compris en se mettant à leur hauteur, par exemple.

Pêle-mêle, chez nous, ça veut dire
  • positionner le nécessaire à couvert à des emplacements atteignables
  • charger le lave vaisselle d'une manière qui leur permette de le vider sans risquer de se faire embrocher par les couteaux de cuisine
  • ranger différemment leurs vêtements de ce que nous aurions fait spontanément. 
    • Ca, il m'a fallu un certain nombre de fois à m'énerver sur le placard d'E. avant de réaliser que mon mode spontané de rangement de ses vêtements ne lui correspondait pas, et que donc si je voulais qu'elle range correctement ses vêtements / soit en mesure de se servir sans pulvériser "mon" ordre, eh bien... j'allais devoir faire autrement que ce que j'aurais fait sinon. 
    • Idem sur la technique de pliage. Si je veux des piles qui se tiennent, j'ai intérêt à lui apprendre une technique de pliage qui lui convienne vraiment, et à l'adopter moi-même.
  • fixer les patères de leur chambre à une hauteur ridicule pour moi
  • investir dans des panières si ils rangent mieux dans des panières, des boîtes si ils préfèrent des boîtes...
  • et même, au besoin, craquer pour l'objet sexy (E. a une poubelle La Reine des Neiges #honte)
  • positionner l'aspirateur à un endroit atteignable pour eux, pas seulement pratique pour nous ; idem la balayette
  • réfléchir au positionnement du panier à linge sale : plus proche il est de leurs chambres, meilleures sont nos chances d'y voir atterrir leurs vêtements. Un point bonus si il est sur le trajet entre la sdb et leurs chambres.
  • investir dans 2 paniers à linge sale : un pour le foncé, un pour le clair. Ca permet de leur confier l'étape du tri. Et vous savez quoi ? Au départ, on en avait un vert et un bleu. Tout a changé quand j'ai remplacé le bleu par un blanc. En tous cas, je me suis rapidement économisé l'équivalent du Lac Léman en volume de salive : les "ça va où le linge clair Maman déjà ?" ont rapidement décru, par la magie d'une réponse en mode exercice à trou "le linge foncé dans le bac foncé, le linge clair dans le bac.... ?" . (mais, oui, il a fallu investir un peu de temps dans la définition et la démonstration par l'exemple de ce qui est clair, et de ce qui est foncé - polos à rayures marine et blanches, vous finirez en Enfer)
  • jouer les Flylady et réaliser que nos enfants, au moins autant que nous, feront plus facilement les choses si tout le nécessaire est sous leur nez
    • Par exemple, j'ai admis qu'il était vain d'espérer qu'E. et F. se brossent les dents sans mettre du dentifrice dans le lavabo ni asperger copieusement le miroir de la salle de bain. J'ai également mesuré l'agacement que cela me procurait (enfin, j'ai pas pu, j'avais pas de mètre assez long). J'ai donc positionné un rond vert et un petit chiffon bleu Jemako qsur le plan de travail de la sdb où ils se lavent les dents, et j'ai souligné qu'après chaque lavage de dents, hop, petit coup de rond vert sur et autour du lavabo, et zou, petit coup de chiffon sur les éclaboussures du miroir. Bien évidemment, ce n'est pas parfaitement fait, bien évidemment, j'ai régulièrement besoin d'opérer un rappel ("E., y a un petit rond vert qui n'a pas travaillé !!"), mais ça évite la sédimentation de couches successives de dentifrice, et celle, parallèle, de couches successives de ras-le-bol. 
    • Idem, depuis qu'une serpillière est à demeure à côté de la baignoire, pour usage immédiat en cas de sdb-piscine, les bains débordent moins, et mon énervement itou.

8. Moins ils participent,... moins ils participent

Ah, ça, ça a été un constat impitoyable de la fin de l'année scolaire. 
Pressé, Monsieur Bout avait pris de plus en plus l'habitude de mettre le couvert lui-même, en faisant la cuisine. De reranger les chaussures éparpillées dans l'entrée, plutôt que de s'embêter à faire redescendre leurs propriétaires de leurs chambres. De débarrasser l'assiette ou le bol oublié sur la table de la cuisine, plutôt que d'inviter la personne concernée à rectifier son oubli. (Et Madame dans tout ça, me diront ceux qui suivent ? oh ben Madame, elle était déjà bien trop occupée pour perdre le peu de temps qu'elle passait avec ses enfants à gérer des sujets aussi triviaux)

Et au fond, hein, pourquoi pas ? Après tout, si il s'agit d'apprendre à nos enfants à rendre service, il est bon aussi que nous le leur apprenions en leur rendant service, n'est-ce-pas ?
Ben... pas forcément. Nous avons en effet constaté, pour notre part, que du coup
  • les enfants perdaient l'habitude de considérer ces tâches comme une contribution normale, (et non le boulot des parents que ceux-ci essaient fourbement de leur refourguer) et du fait de cette déresponsabilisation, perdaient donc à la fois 
    • l'automatisme : oublis de plus en plus fréquents
    • et la disponibilité : râleries X100 quand on osait leur demander de le faire, délais entre la demande et l'exécution X1000
  • les parents perdaient beaucoup d'énergie à faire des choses que leurs enfants auraient pu faire, au détriment de choses pour lesquelles leurs enfants avaient vraiment besoin d'eux 
    • = moindre disponibilité (y compris mentale / affective, au vu de la rancœur accumulée) pour leur rendre vraiment service. (que ce soit pour un "moment particulier", ou pour recoller un jouet cassé, aider à préparer un cadeau pour un petit copain, etc). 
    • Ce qui illustre un des intérêts fondamentaux à confier suffisamment de tâches ménagères à nos enfants : "tout faire pour eux", c'est s'exposer à pourrir dangereusement le climat familial (sur fond d'autopiétinage de ses limites, rancœur et culpabilisation) à long terme, bien davantage, au fond, que va ne le pourrir la répétition de certaines demandes à court terme (pour peu qu'on apprenne à formuler lesdites demandes d'une manière respectueuse cf point 6). Bicoz tout faire pour eux, c'est imprudemment vider notre réservoir et se rendre ainsi incapable de remplir le leur (vous savez, cette histoire de découvert).

En conséquence de quoi, nous avons opéré un virage à 180°C pendant l'été. Nous avons employé notre temps à reréclamer tout le support précédemment attendu, augmenté de nouvelles choses.
Nous n'avons pas juste réintroduit la routine du couvert, nous avons rajouté le vidage du lave-vaisselle, par exemple.
Rouspèteries pendant une semaine, puis hop, c'était intégré. Le taux de conflictualité lié au sujet a été divisé par 50.
Autant vous dire que Monsieur et Madame y font vachement plus attention, maintenant !


9. Participer, (si) ça a de chouettes conséquences

Cf le point 6 : si nous voulons développer l'implication de nos enfants à la maison, leur motivation à faire les choses, il est bon qu'ils perçoivent les conséquences de leurs efforts.

  • Parfois, cela se fera sur le mode négatif. 
    • Constater qu'on ne peut pas mettre la jolie robe qu'on voulait à un anniversaire, parce que celle-ci est restée tâchée, chiffonnée dans un coin, au lieu d'être mise au sale. 
    • Ne pas avoir la cuiller préférée parce que c'est son frangin qui a mis le couvert seul et que donc il se l'est légitimement appropriée. 
    • Ne pas pouvoir inviter un petit voisin à jouer à la maison parce que la règle est que on invite quelqu'un dans une chambre rangée. 
    • Me voir m'arrêter de cuisiner parce que personne ne vient mettre le couvert et que donc je n'ai pas envie de faire les choses seule. 
Mais à long terme, nos enfants tireront surtout profit de ce qui leur permettra de voir le sens des tâches ménagères, le bénéfice réel à les accomplir / y participer (ce qui est du reste assez intéressant dans le développement de leurs capacités à assumer ses tâches sans nous, dans leur future vie d'adulte). Pour cela, on peut prendre le temps 
  • d'admirer longuement, en décrivant, la chambre rangée. 
  • De remercier pour la table mise. 
  • De s'exclamer "quel salon agréable !" après que tous les duplo aient regagné leur boîte. 
  • De regarder avec intérêt la pelouse domestiquée par la tondeuse (maniée avec passion par F.)
Et surtout, un gros intérêt à prendre sa part dans le travail de la maison, c'est que ça libère du temps à tout le monde. Il s'agit donc de transformer le temps pas passé à ranger tout seul en temps passé en famille. 
Là dessus, le plus beau exemple m'a été fourni en ateliers Faber et Mazlish, par un maman solo de 4 ados. Suite à notre séance, elle a expliqué à ses enfants que leur maison à tous devait fonctionner, et qu'elle aimerait passer plus de temps avec eux. Quelques soirs plus tard, elle a eu la surprise de rentrer un soir dans un appartement rangé et aspiré de fond en comble, avec le dîner déjà préparé, et ses ados l'attendant pour lui sauter dessus "bon, eh bien ce soir on fait quoi de beau ensemble puisqu'on est dispo tous les 5 ?"
Bref, ça me demande un effort conscient souvent, mais autant que possible, je me bouge les fesses : "cool, le couvert est déjà mis, ça veut dire qu'on n'a plus rien à faire alors qu'il y a encore 5 minutes avant le repas : pendant que ça finit de cuire, on peut faire une partie de 1000 bornes"


10. La résolution de problèmes spécial tâchés ménagères (ou pas)

On peut goupiller pas mal de ces points pour en faire un sujet de discussion familiale.
On choisira les mots avec soin, pour souligner l'intérêt de partager la charge "pour que nous ayons du temps ensemble, et que la maison fonctionne bien, il est important que tout le monde participe. Qu'y a-t-il à faire dans notre maison ? Que peut faire chacun ? De quoi a-t-il besoin pour cela ?".

J'ai mis "ou pas", parce que le mieux étant l'ennemi du bien, c'est précisément dans l'attente d'une discussion de ce genre que nous avons laissé les choses aller à vau-l'eau l'an dernier. Et finalement, c'est une décision unilatérale qui nous a permis d'en sortir ;-)

Ceci dit, l'écriture de ce billet, et quelques discussions avec les enfants, ont fait que nous avons prévu d'en reparler avec eux dans les prochains jours. Nous sentons que eux comme nous sommes prêts pour rebattre un certain nombre de cartes / transférer certaines tâches supplémentaires (préparation d'un repas simple par semaine, étendage d'une lessive,...)
Affaire à suivre !

lundi 11 octobre 2021

2 ans de Papa au foyer : bilan et perspectives

Cela fera 2 ans à la fin du mois que Monsieur Bout, suite à sa rupture conventionnelle, est à la maison

L'occasion d'un petit retour / témoignage.

(yep, ce n'est encore pas un article éducation à proprement parler. Mais je rame à l'écrire, cet article, et du coup, eh bien je regarde la situation en face et j'applique l'astuce HPI / TDA correspondante : je contourne la difficulté en écrivant qqch qui coule plus facilement)


Quand le parent jusque là investi principalement de la casquette "faire bouillir la marmite" passe au foyer, ce n'est pas évident !

6 constats.

1. Chez nous, cela a d'abord demandé des ajustements de part et d'autre

Ainsi, dans les premiers temps, il m'a fallu notamment admettre que pour que Monsieur Bout prenne sa place, ... j'allais surtout devoir m'effacer / me taire

Ainsi, les premiers matins où Monsieur Bout a géré le lever des enfants pour les emmener à l'école, je me suis levée avec lui, et j'ai "corrigé" sa manière de gérer le petit déj et la préparation des lunchbox des enfants : "mais non en fait le matin on fait comme ci et comme ça". 

"on fait"... ben oui mais ... "je faisais"... et Monsieur Bout m'a fait remarquer qu'il allait faire différemment. Au bout de 2-3 épisodes de ce genre, j'ai trouvé une parade parfaite :  je ne me suis plus levée les matins, ce qui lui laissait le champ libre, la possibilité de trouver / se constituer ses repères et faire à sa guise, sans la lourdeur de mon regard. Ca m'a demandé un effort, mais vite récompensé : non seulement Monsieur Bout a ainsi très vite pris ses marques mais moi, je me suis très bien habituée à me lever plus tard (d'autant plus facilement que je terminais mon premier trimestre de grossesse et que quand on me voit enceinte, on ne se dit pas tout de suite que je suis l'incarnation de la grossesse épanouie et dynamique). 2 ans plus tard, ce fonctionnement est resté.

Ces ajustements ont du se faire dans les deux sens

Ainsi, au bout de 3 semaines à la maison, Monsieur Bout s'est senti prêt à rajouter une nouvelle responsabilité à celles qu'il avait déjà récupérées : la gestion du linge, qui avait toujours été chez moi (dans le sens que, oui, il lui arrivait régulièrement de me filer un coup de main et étendant ou rangeant une lessive, mais la gestion de la routine du linge, le remplissage-lancement de machine, la responsabilité / charge mentale associée, c'était Bibi). Monsieur Bout n'avait jamais lancé de machine. Il est donc arrivé avec son bloc-notes, m'a demandé comment ça fonctionnait, a ensuite tapé tout ça sur Word et patafixé le mode opératoire ainsi obtenu à côté du lave-linge. 

Top. Au bout de quelques semaines, cependant, j'ai du souligner que la manière dont il étendait le linge ne convenait vraiment pas : j'ai tergiversé avant de le faire, car, machin, "ses marques", "sa manière de faire", mais là, grumpf, l'impact me dérangeait trop. Je l'ai donc alerté sur l'importance de bien défroisser les vêtements, bicoz sinon après c'était immettable (je rappelle que chez nous, le fer à repasser n'est pas menacé par la surchauffe). Il a bien entendu commencé par se vexer, puis fait des efforts. (mais tout récemment j'ai du en remettre une couche en lui demandant de faire sécher mes robes sur cintres; idem, j'ai tardé avant de le faire, mais franchement, une robe qui a séché sur un étendoir à linge et qui est ensuite pliée hâtivement en 4 et vaguement empilée dans un placard, ben, c'est difficilement mettable dans un contexte pro).

Quelques semaines après sa montée en puissance, Monsieur Bout s'est senti suffisamment sûr de lui dans sa gestion du linge pour innover. En estimant que le tri des couleurs, franchement, c'était superflu. A mes premières protestations, il a fait la sourde oreille. Mais quand un petit-haut-de-Gwen anciennement d'un joli vert anis est ressorti d'une couleur difficilement décrivable autrement qu'avec un adjectif de l'ordre du "pisseux", la Gwen a vu rouge, et lui a mis le T shirt sous le nez, comme preuve que, non, le tri entre "blanc/"clair et "foncé" n'était pas une lubie de psychorigide. 

Monsieur Bout a protesté puis réintégré le tri des couleurs à sa routine (de mémoire, on a fait un truc pour faciliter les choses sur ce plan-là mais je ne sais plus quoi). Les choses se passant toujours dans l'harmonie et la douceur la plus totale comme dans tout couple qui se respecte (quoi, pas chez vous ? C'est très étrange !), il n'est pas impossible que dans les échanges (complètement CNV évidemment) que nous avons eus sur le sujet, je sois allée jusqu'à utiliser l'argument massue "Sinon, autant que je le fasse moi-même !" (argument massue du fait de mon tour de taille de l'époque. "argument-baleine" n'existe pas)


2. Tout au long de ces 2 ans, des ajustements dans notre organisation ont aussi du se faire, et notamment à partir du moment où il a vraiment été acté que Monsieur Bout allait rester durablement au foyer.

Nous avions tout prévu merveilleusement bien, et je vous avais détaillé nos plans organisationnels sublimes dans ce post

J'avais eu plein de compliments dessus, et vous pouvez à juste titre baver sur tout ce qui était prévu.

Surprise : moi aussi je bave dessus en relisant ce post (ou alors je pouffe). Car la réalité en a été assez éloignée. ("assez" étant une litote, en l'occurrence). Les confinements numéro 2, 3, et 8000 ont évidemment joué leur rôle de trouble-fêtes, mais aussi les études entamées par Monsieur Bout qui se sont révélées bien plus chronophages que prévues. Et moi en parallèle, mon activité pro aussi a été très soutenue, avec pour couronner le tout, le rajout de ma formation au coaching professionnel. Bref, il y a eu pas mal de tensions, et un gros besoin de nombreuses discussions pour réajuster en continu notre manière de répartir les choses au sein du foyer, puisque nous nous retrouvions plus ou moins en compétition permanente pour ce Graal ultime : avoir du temps pour avancer nos trucs.


Dans la manière dont nous avons géré, globalement, un constat est clair : j'ai conservé un certain nombre de responsabilités

  • Ainsi, la préparation des repas repose plutôt sur moi. Sauf évidemment en mon absence (scoop), ou quand je rentre un peu tard le soir et que me laisser cuisiner impliquerait un dîner trop en décalé. Dans l'absolu, c'est quelque chose qui me convient plutôt. Je n'aime guère rangement et ménage, je n'ai pas du tout pleuré l'abandon de la machine à laver, mais la cuisine est probablement la seule tâche ménagère qui me plaise vraiment. Certes, elle me pèse parfois, mais la plupart du temps j'y prends plaisir. Et même si Monsieur Bout a fait de gros progrès en cuisine, il y a quand même une différence assez claire entre sa production et la mienne, différence à laquelle nous sommes tous les deux sensibles.
  • Parmi les points que j'ai conservés avec moins de plaisir, il y a la gestion des RDV médicaux. J'en assume encore l'écrasante majorité (notamment concernant notre Boubinours III), et je vous avoue que ça, je m'en passerais bien.


3. Ces ajustements / tensions ont également été l'occasion de faire remonter de vieux dossiers.

En effet, Monsieur Bout a rapidement exprimé avec force son besoin de davantage de soutien, soulignant que devoir quasi tout gérer c'était lourd, demandant à ce que je rentre plus tôt (si je bossais à l'extérieur), ou descende plus tôt de la pièce où je bossais (en cas de boulot à la maison), ou attendant avec impatience mon arrivée pour me demander de prendre en charge 1000 trucs / pouvoir lâcher un peu...

Ca a été assez difficile pour moi, car plus d'une fois, des sentiments très forts sont remontés en moi, en mode "Eh ben tiens, plains toi, maintenant tu sais ce que c'est". Il a donc fallu pour moi identifier et verbaliser la rancune accumulée au fil des dernières années, verbaliser à quel point je m'étais sentie seule et peu écoutée à certains moments, en constatant à quel point ce passif m'empêchait d'être à l'écoute de Monsieur Bout, et entretenait une attitude revancharde. 

Pour Monsieur Bout comme pour moi, la remontée de ces sentiments enfouis a été assez violente. Ces discussions difficiles ont cependant été très salutaires, en permettant de purger ces abcès, notamment parce que Monsieur Bout a finalement aussi été en mesure de réaliser pleinement ce que j'avais vécu, à une époque où ma conscience que ses soucis professionnels le rendaient en grande partie aveugle au reste l'excusait, certes, mais n'allégeait pas le fardeau que je portais. A plusieurs reprises (il a fallu plusieurs reprises, car les remontées se faisaient par bouffées), le fait qu'il écoute, exprime sa compréhension, associé à la demande de pardon correspondante, ont pu nous permettre de sortir de situations de blocage.

Ces discussions psycho-logistiques ont été d'autant plus fréquentes que nous avons du opérer de nombreux réajustements, au cours de l'année du fait d'évolutions à la fois par rapport au GwenBusiness, mais aussi dans les projets de Monsieur Bout.


4. En effet, être à la maison a aussi confronté Monsieur Bout à des trucs enterrés. Le contact quotidien des enfants lui a permis d'expérimenter énormément de choses avec eux, certaines très positives (suivre de près toutes les étapes de développement d'un bébé), d'autres moins : colère, lassitude face au fait de devoir répéter sans cesse les mêmes choses et les mêmes tâches, manque de reconnaissance...

Tout ceci est venu appuyer sur des points assez douloureux, si bien que Monsieur Bout a fini par regarder en face son besoin d'aide et s'est lancé dans une thérapie. Autant vous dire que ladite thérapie a déménagé / déménage toujours, et a conduit à de nombreuses évolutions dans ses projets, en le conduisant à remettre en question beaucoup de modes de fonctionnement bien ancrés : pression de la performance, souci de reconnaissance, impératifs de loyauté, questions identitaires... tout y est passé / y passe. Il n'a ainsi donc pas poursuivi les études entamées au delà du premier semestre, et a au cours de l'année, maintes fois remodelé son emploi du temps personnel. Peu à peu, au delà de son temps, c'est son esprit qu'il a libéré. Il a appris à se recentrer sur lui, et ses besoins propres. Il avance dans la construction de projets futurs, c'est très intéressant... (et en même temps un feuilleton digne de Dallas)


5. Autre aspect : au cours de ces 2 ans, Monsieur Bout a aussi appris à ne pas gagner d'argent.

Ca aussi, c'est une sacrée évolution. Selon les moments, cela a pu se traduire par une certaine dose d'angoisses, de grosses inquiétudes devant des sorties d'argent, ou au contraire une désinvolture proche du déni. Là dessus, deux choses ont pu aider : 

  • d'une part, rebalayer ensemble notre fidèle fichier Excel de budget, pour permettre à Monsieur Bout d'avoir précisément en tête les tenants et aboutissants de notre situation financière, et à nous deux, de reconsidérer ensemble certaines dépenses, soit pour les confirmer, soit pour les réduire. 
  • D'autre part, une communication étroite sur mon business : quand j'ai un nouveau prospect en vue, quand je récupère une nouvelle affaire, quand une journée de mission s'est particulièrement bien passée, partager tout cela permet vraiment à Monsieur Bout de se percevoir comme membre d'une équipe qui gagne : il est partie prenante de mon Business, son sponsor principal et au fond, chaque euro que je fais rentrer dans les caisses, c'est aussi lui qui en est à l'origine. Car une chose est sûre : développer une entreprise en ayant tout qui est géré à la maison, c'est très très précieux. Mes semaines sont très remplies, leur programme peut varier très vite, et sans Monsieur Bout qui assure les arrières, il me serait difficile de m'investir aussi efficacement dans le développement de mon activité. Mon succès, c'est le sien.

Par ailleurs, je m'efforce aussi de valoriser ce qu'il fait, et lui même a peu à peu investi la partie de son boulot qui gagne de l'argent. C'est par exemple lui qui gère les courses, et qui maintenant, est vigilant pour profiter des promotions. Ou encore, c'est lui qui a enfin fait les formalités nécessaires à l'obtention de nos Cartes Famille Nombreuse, grâce auxquelles je suis toute contente de payer mes tickets de transport moitié prix maintenant.

Ce dernier point n'est pas toujours facile, mais nous considérer comme une équipe aide vraiment. Comme j'ai pu le verbaliser récemment : avant, notre famille était une entité à l'équilibre financièrement, mais en gros déficit émotionnel puisque la source principale de revenu générait ledit revenu au mépris de sa santé psychologique, et que cela avait des répercussions émotionnelles sur toute la famille. A présent, l'entité FamilleBout est non seulement à l'équilibre financièrement, mais surtout profitable émotionnellement, puisque sa source de revenu est certes fatigante, mais également enthousiasmante.


6. Un parent trop au foyer, ... et l'autre qui ne l'est pas assez

Monsieur Bout sature parfois d'avoir tout le foyer à gérer, et du temps que cela lui prend. Il est notamment assez clair sur le fait que, même si il voit l'intérêt d'instruire encore F à la maison cette année, il n'entend pas repartir pour un tour l'année prochaine. Nous avons donc un an pour préparer la rescolarisation, ce qui va notamment nous demander d'étudier de plus près son TDA, afin de mettre en place toute la remédiation nécessaire. En parallèle, Monsieur Bout développe des activités lui permettant de sortir davantage de la maison.

De mon côté, je m'éclate au travail, mais un peu trop... Mon temps mais aussi mon cerveau, mon intérêt, sont captés par un boulot prenant et passionnant, source d'une énorme stimulation à la fois intellectuelle et émotionnelle. Revers de la médaille : je me suis souvent sentie déconnectée de la maison et de la famille cette année, et pourtant, fondamentalement, pour nous le Covid est bien tombé ! Grâce au 2ème confinement, j'ai pu travailler comme une tarée l'automne et l'hiver dernier tout en poursuivant l'allaitement du Boubinours, allaitement d'autant plus contraignant que perturbé et renforcé par les soucis d'intolérances alimentaires et de sommeil dudit Boubinours. Toutes mes missions ayant basculé en télétravail pendant de longs mois, l'absence de trajets a été déterminante dans le fait de réussir tant bien que mal à tout mener de front.

  • J'ai constaté cette déconnexion à de nombreuses reprises les mercredis : quelque part, je ne savais plus trop comment gérer mes enfants seule une journée
    • Enfin, les gérer, si, plus ou moins : certes il y a H., mais c'était un bébé (ce n'en est presque plus un, il a 18 mois, mange tout seul et va bientôt nous réclamer une mobylette !). Avec F. et E;  nous sommes clairement sortis des "petites années", ils peuvent passer de longs moments en auto-gestion sans que ce soit synonyme de "en fait pendant ce calme on a repeint la sdb avec ton rouge à lèvres". 
    • Me connecter à eux véritablement... beaucoup plus compliqué ! Les mercredis ont souvent été frustrants pour eux comme pour moi, de ce point de vue là : beaucoup d'attentes, pas beaucoup de résultat.
  • Et cet été, les premières semaines ont été plutôt éprouvantes, avec en plus les soucis de main de Monsieur Bout qui m'ont propulsée en première ligne, voire en unique pourvoyeuse de soins pour le Boubinours pendant une période conséquente (Monsieur Bout ne pouvant absolument pas le porter / soulever / changer / etc): je me suis vite retrouvée à saturation. Heureusement, nous avons réussi à saisir l'opportunité de 3 jours à deux sans enfants au milieu des vacances, et ça m'a fait beaucoup de bien. La deuxième partie des vacances a été beaucoup plus facile : j'avais retrouvé mes marques avec les enfants, et Monsieur Bout, l'usage de sa main.

En tous cas, cette expérience m'aura sensibilisée à ce que vivent de nombreux pères de famille, et qu'avait vécu Monsieur Bout à plusieurs reprises : oui, en deçà d'un certain seuil de présence et d'investissement dans le quotidien familial, le parent-qui-bosse-à-l'extérieur se retrouve facilement "à côté de la plaque" dans sa propre maison, à ne plus trop maîtriser les codes pour entrer en relation avec les autochtones (ET téléphone maison...)

Cette année, le rythme est toujours soutenu, mais plus gérable

  • je n'ai plus ma formation, et la différence est palpable ! (enfin, si, je vais quand même suivre quelques jours de formation cette année, mais rien d'aussi énorme)
  • j'ai progressé dans ma gestion du temps / évaluation du temps / vente de mon temps au juste prix

Plus gérable, mais tout de même bien dense. Il est clair pour moi que dans l'idéal, j'aimerais être davantage présente (aussi bien physiquement que psychologiquement) auprès des enfants. Et eux sont très très clairs aussi sur le fait qu'ils ne voient pas assez Maman. Ils le disent, le redisent, et demandent régulièrement pourquoi Papa ne pourrait pas aller travailler à la place de Maman, hein, zut.

Pour le moment, je sais que ce n'est pas possible autrement, mais je suis bien déterminée à ce que ce soit provisoire. Indépendamment d'une reprise pro pour Monsieur Bout, mon désir d'être plus présente m'incite à profiter du fait que ma formation au coaching m'a permis de me positionner sur des activités encore plus passionnantes.... et à plus haute valeur ajoutée 

  • Mon objectif cette année : travailler assez pour financer notre famille. 
  • Mon objectif pour l'année prochaine : amplifier ce repositionnement de manière à ... travailler moins pour gagner plus.


A l'arrivée, donc, un bilan pas tout rose : notre situation actuelle est sans conteste le meilleur déséquilibre possible (cf ce que j'écrivais il y a déjà longtemps sur ce mythe du "bon équilibre" vie pro vie familiale), mais l'année qui vient de s'écouler a été assez costaud (le contexte Covid y aura bien entendu contribué), et Monsieur Bout commence à avoir envie de nouvelles perspectives. Heureusement, comme celles-ci commencent à s'esquisser, nous savons d'ores et déjà que nous avons encore de fréquents chamboulements d'organisation et d'équilibre devant nous...

Ceci dit, l'année actuelle commence sur des bases déjà bien plus stables / assainies, nous sommes un peu moins dans le brouillard, bref : tous les espoirs sont permis ! Papa ne restera pas au foyer éternellement, mais il développe sa capacité à profiter de ce que le foyer offre dans le moment présent.


jeudi 15 juillet 2021

Jeu de mains...

La fin de l'année semblait un peu trop facile à négocier, entre boulot à fond pour la Gwen depuis sa certification de coaching (ben oui, j'avais décalé des trucs pour "quand ce sera plus calme une fois la formation terminée" arf arf), fins d'années scolaires des deux grands Bouts, menues maladies du plus petit Bout, préparatifs pour l'année prochaine, préparatifs de vacances, bref.
Du coup, ce weekend Monsieur Bout a décidé de vider un lave-vaisselle et de terminer cette activité, anodine en apparence, par un bain de sang. Avec la complicité d'un verre Ikea (ouais, ça dénonce un max ici).

Suture d'un tendon, d'un nerf et d'une artère. 
A la main droite, of course !

Voilà de quoi corser les prochaines semaines  
(capacité de Monsieur Bout à conduire : 0 ; à gérer un bébé de 15 mois : 0, dès qu'il s'agit de le porter ; à charger ou décharger une voiture pour un départ en vacances : 0; ce modèle de Papa au foyer est-il encore intéressant ? Je pose la question)

Comme le lui a dit le chirurgien : "Quelle idée de vider un lave-vaisselle. Laissez donc cette activité aux femmes".

Ou pas.



jeudi 21 janvier 2021

Maman & Micro-entrepreneuse : l'idéal pour la conciliation vie pro / vie perso ?! (ou paaaaaaas)

Ce blog est fouillis.
Ce blog recouvre un max de thèmes puisqu'il sert d'exutoire à pas mal de questions qui saturent mon cerveau.
Et donc, parmi les graaands sujets de ce blog, il y a, il y a eu, il y aura toujours : comment qu'on concilie, quand on est maman (parent), le fait d'avoir des enfants, de s'en occuper (parce que c'est vrai que je pourrais les sous-traiter H24 et jet-setter à travers le monde. Mais je n'ai pas choisi cette option - et cette option ne m'a pas choisie non plus, comme ça tombe bien), mais aussi d'avoir la vie pro qu'on souhaite ?

Je souligne "la vie pro qu'on souhaite" : il ne s'agit pas d'avoir la vie pro que les gens estiment qu'on devrait avoir et/ou souhaiter, mais bel et bien celle qui nous épanouit, qui cadre le mieux avec nos souhaits. Souhaits pas toujours évidents à discerner, d'où ma réflexion sur les différents besoins que peut couvrir une activité pro; d'où il s'ensuit qu'avoir "la vie pro qu'on souhaite" peut signifier : avoir zéro vie pro, si zéro est la quantité qui nous convient, à tel ou tel moment de notre vie.

Bref. Ma manière de concilier vie pro et vie perso a évolué dans le temps et sur le blog. Depuis que je suis maman, j'ai été 
  • pro à 80% avec un enfant et un mari à 100%, 
  • à la maison pour cause de congé maladie /grossesse prolongé, 
  • de nouveau pro à 80% avec 2 enfants et un mari au chômage, 
  • pro à 80% avec 2 enfants en bas âge et un mari à 120% (la mort), 
  • pro à 50% ,
  • maman à 100% bicoz chômage… 
  • puis j'ai créé ma micro entreprise.

Bientôt 3 ans après, voici un petit bilan des + et des -

Commençons par les PLUS

1. Le point essentiel pour moi : la capacité à mener de front charge de boulot et enfants. 
Etre à son compte permet souvent bien plus de souplesse (selon son secteur d'activité) et c'est le cas pour moi.
  • je peux moduler mon temps de travail et gérer mes contraintes perso sans devoir rendre compte à qui que ce soit. Mes clients n'ont pas besoin que je me justifie (en tous cas, c'est à moi de ne pas le faire) : si je ne suis pas dispo pour eux, peu importe que ce soit parce que je bosse pour un autre client, ou que je gère ma famille. Donc ce n'est pas retraduit en termes de "elle n'est pas impliquée" comme c'est trop souvent le cas dans le monde salarié.
  • Je peux m'organiser à ma guise pour être dispo pour mes enfants quand ils sont dispo pour moi, et caser du boulot à des endroits qui ne me "coûtent" pas de temps-enfants : 
    • retravailler le soir, 
    • profiter de 20 minutes de calme pour finaliser un mail, 
    • avancer sur un dossier ou caser une conférence téléphonique sur les 40 minutes qui s'écoulent entre le moment où on a déposé l'aîné à son RDV psy et le moment où on doit l'y récupérer, 
    • gérer de front un appel pro pas trop prenant et la cuisson de ses confitures.
Etre à son compte permet donc de faire effectivement beaucoup, beaucoup de choses...mais ça peut avoir un prix : l'épuisement. Nous en reparlerons.


2. Ratio temps de travail / fric très positif pour ma part. 
Et notamment le fait que, si je bosse plus, je gagne plus (pour peu que je sache bien border mes contrats - ce qui est une autre histoire et invite à se poser la question de la juste valeur de son travail, de la juste valeur de l'argent, en se débarrassant au passage d'éventuelles inhibitions). 
Ca me change de mon ancienne vie de cadre au forfait jours et donc aux horaires extensibles sans autre contrepartie financière qu'une éventuelle augmentation ou une royale petite prime...

Reprendre mon PC le soir pour finaliser un truc se vit quand même différemment quand c'est quelque chose qui se traduira par des espèces sonnantes et trébuchantes. 

Je l'ai particulièrement ressenti il y a 18 mois, quand je suis partie 1 semaine en Asie animer des ateliers de communication multiculturelle. J'ai bossé comme une tarée avant et pendant, mais après, ça a été un weekend en amoureux à nous vautrer dans le luxe d'un Spa 4 étoiles, et, vraiment, j'ai énormément apprécié ce lien direct entre investissement et récompense, et ce weekend en avait une saveur particulière.
De la même manière, j'ai bossé comme une tarée en novembre et décembre, et du coup, même si janvier est plus calme et qu'une partie de moi est tentée de dire "euh, faudrait remplir un peu plus quand même", je suis aussi capable de me dire "pas la peine, tu as encaissé largement au dessus du budget prévisionnel le mois dernier, détends-toi et profite un peu".
Idem la gestion des mails : quel cadre (et beaucoup de non-cadres) ne souffre pas du syndrome de la boite-mail-qui-dégueule avec ses 574 mails non lus ? Je vais vous faire fantasmer : je n'ai pour ainsi dire plus de mails pro non-lus. Parce qu'autant, en entreprise, l'envoi et la mise en copie de mails semblent relever du sport national, autant, quand on est indépendant, les clients nous spamment avec beaucoup, beaucoup plus de discernement puisqu'ils savent bien que le temps que nous passons à lire leur prose n'est pas gratos (pour peu, encore une fois qu'on ait été claire sur le sujet)

3. Capacité à maximiser l'intérêt du temps passé au travail 
Quand j'anime des formations sur la gestion de la motivation, je souligne qu'on a tous, dans nos boulots, une part de choses qu'on n'aime pas. L'important est de respecter un certain ratio : 
  • 80/20 est qqch de sain, 
  • au delà de 70/30 on risque l'épuisement, voire à long terme le burn out, puisque trop de nos ressources vont dans des choses qui ne nous ressourcent pas, justement. 
Très clairement, depuis que je suis indépendante, l'intérêt de mon job a été dopé; je l'aimais à la base, mais je n'avais pas anticipé le constat indéniable que je fais maintenant. En tant qu'indépendante, j'ai la liberté de mes missions, de mes clients, et, du coup le sens de ce que je fais n'a cessé d'augmenter. Si bien qu'à présent j'évaluerais mon ratio à 90/10 voire même 95/5... Je n'ai plus ou moins gardé de mon job que les aspects qui ont le plus de sens pour moi. C'est ... KIFFANT.

4. Capacité, bis : être indépendante me permet également de répartir mon temps de manière à inclure une activité pro annexe pleine de sens
Si 95% de mon chiffre d'affaires repose sur mon activité RH, et que c'est là dessus que je compte pour nourrir la famille, ma micro entreprise me permet également d'"abriter" les ateliers et conférences Faber et Mazlish que j'anime, et c'est particulièrement réjouissant. 
Avec un bémol : le temps passé à Faber & Mazlisher étant très substantiellement moins rémunérateur que le temps passé à RHer, je peux libérer du temps RH (faire moins) pour Faber et Mazlisher, mais pas trop non plus sinon, pas de beurre dans les épinards (remarquez, en ce moment, IPLV de Mister H. aidant, j'ai moins droit au beurre, alors on s'en fout?), voire pas d'épinards du tout maintenant que nous avons complètement revu l'équilibre budgétaire de notre famille et que celui-ci repose sur moi, moi, et remoi.

5. Capacité du coup à développer encore cet intérêt ! 
Je suis libre du choix de mes clients, et ne manquant jamais de business, je peux me permettre de refuser ce qui ne me va pas, et privilégier ce qui m'intéresse davantage, que ce soit en terme de missions (thématiques), ou de clients : je n'ai plus à bosser avec des gens relous, à supporter des réunions récurrentes avec quelqu'un de mal embouché, à faire avec le despotisme de gens toxiques. 
  • Si je ne "sens pas" mon prospect, je ne le transforme pas en client, c'est tout. 
  • Un client me plaît ? Que ce soit un grand groupe ou une petite start-up, c'est à moi de voir avec lui dans quelle mesure nous pouvons encore élargir notre collaboration. 
A moi cependant de faire gaffe et de choisir avec soin.... Il m'est déjà arrivé de m'être maudite d'avoir accepté telle ou telle mission ;-) Mais c'est une leçon très formatrice. Et comme il s'agit de missions, l'embêtement est d'assez courte durée, et la leçon, elle, pour le long terme.
Dans tous les cas c'est ainsi que peu à peu, la partie formation managériale et/ou multiculturelle de mon activité s'est développée, puis la partie coaching pro. Des thématiques qui me font baver d'enthousiasme. Or comme on est toujours meilleur dans ce qui nous transporte, le cercle vertueux fait que mon efficacité au boulot augmente aussi, donc plus de clients dans ces domaines, donc plus de succès, donc ....etc. 
Autre aspect : moi qui aime la diversité, je suis servie. Je ne suis pas limitée par une définition de poste, je vais faire un peu de généraliste là, un peu de formation ici, de l'outplacement, ... uniquement ce que j'aime, mais tout ce que j'aime, sans avoir à choisir. Du coup je reste compétente dans tous ces domaines, et ce que j'apprends dans l'un enrichit ce que je fais dans l'autre.

TOP du top, hein ?


Avec quelques MOINS néanmoins.

1. En grand un, cette fameuse charge mentale 
Etre maman et à son compte, c'est
  • gérer les enfants, les repas, les courses, les habits (changer de taille de saison, approvisionner, laver, ranger), 
  • mais aussi leur garde : que d'énergie dévouée à bricoler une solution en fonction de son planning en constante évolution ! Les mamies au pair ont pu aider sur ce plan-là... sauf quand les relations délicates avec elles venaient encore alourdir la charge mentale. (mais celles avec qui c'était fluide, c'était le pied !!).
  • Et parfois, incompréhension du conjoint quand on le sollicite en dernier recours bicoz foirage des plans A B C et D et nécessité absolue de caser les enfants. (ça, ça a été très dur à gérer du temps où Monsieur Bout avait encore une vie pro, et la source de tensions aigües... et donc d'un surcroît de charge mentale)
cf le point suivant.

A cela s'ajoute un planning en constante évolution donc aucune routine sur laquelle se reposer
Idem sur le mercredi : conduites diverses, RDV, passer du temps avec les enfants, Shiva bonjour !
Et en tant qu'indépendante, en couple avec quelqu'un de non-indépendant, on est la personne qui reste dispo pour les histoires de plombier, gère les livraisons de bois de chauffage, les factures, les RDV médecins ou les interactions ultra fun avec la Sécu.

2. Une activité indépendante est souvent "invisible", moins vue par l'extérieur. 
Ca n'est pas considéré pareil, puisque sans horaires officiels. 
Et en particulier, c'est souvent moins réalisé par l'autre partie du couple : on est à la maison, non ? 
Ou on rentre avant le conjoint donc c'est tout comme. 
Le fait que peut-être l'heure qui a précédé son retour à lui a pu être consacrée en priorité à la gestion des enfants (logistique : douche, préparation du repas par exemple; et affective : câlins, jeux) et non à la gestion de la maison (ranger la maison, faire ranger les chambres …) échappe facilement à son attention (avec parfois la petite remarque qui fait plaisir merci).

3. Travailler en indépendant, c'est gérer son planning soi-même, mais aussi ses incertitudes de planning et de charge 
En ce qui me concerne, en tous cas, ma visibilité sur mon business est réduite, ma charge fluctue, et je ne sais jamais trop quelle tête auront les semaines et mois à venir. 
On a le stress d'être en sous-charge alors on se démène pour dégoter des affaires et puis pouf, tous les prospects se transforment simultanément en clients et on se voit mal les refuser. L'affaire part sur tant de jours et pouf, elle enfle. Ou inversement, on se croit full, puis pouf, un projet est divisé par 2, un autre est annulé, un 3ème est reculé.
Bon personnellement, à l'arrivée, cette dynamique chez moi cause plutôt une surcharge qu'une sous-charge: hormis mon tout début de business, puis mon tout début de retour en congé maternité, j'ai passé mon temps à me dire que "c'était la mort le planning mais d'ici quelques semaines ce serait le bout du tunnel"; tunnel magique se prolongeant à chaque fois que je m'approchais de sa fin. (c'est pas pour rien que ce billet de blog est le premier depuis aussi longtemps)

4. Et lié à ça, il y a aussi l'incertitude financière / trésorerie
  • Vais-je rapporter assez ? (même si dans les faits j'ai toujours trop de business, je ne suis jamais sûre que ce sera toujours le cas, eh) 
  • Quand vais-je être payée ? Un point que j'avais totalement sous-estimé à mes débuts, mais que j'ai vite réalisé quand mon premier client m'a réglée plus de 3 mois après le début de prestation. 
Autant dire que pour pouvoir gérer cet aspect là, il faut 
1. des nerfs d'acier ou 
2. ne pas être dépendant de ce revenu pour payer les factures immédiates ou 
3. s'en être rendu moins dépendant en constituant un très gros matelas financier immédiatement disponible (ce qui est typiquement ce à quoi nous travaillons maintenant que nous n'avons plus le salaire de Monsieur Bout pour tabler sur le point 2).
Faute de tout ça, bonjour à un surcroît de charge mentale quand le compte en banque s'orne de jolis chiffres rouges.

A ces aspects standard de la vie micro-entreprise se sont rajoutés chez moi d'autres éléments
  • l'écriture d'un bouquin n'a pas amélioré le truc pendant mes premiers moments d'indépendante.
  • la charge mentale des interrogations existentielles du mari sur sa vie pro
  • le poids des finances liées avec les perspectives qui se dessinaient d'une rupture de cette vie pro
  • plus les inquiétudes autour du bien-être de l'aîné (y compris, serrer les fesses en allant chercher son fils à l'école car on sait qu'on risque de se prendre des retours négatifs après l'école, et qu'on ne sait pas dans quel état on va retrouver un fiston; proba : survolté)

Bref, tout ça, ça m'a menée pas loin du burn-out il y a 18 mois.
Heureusement, nous avons pu réajuster peu à peu pas mal d'aspects, le premier étant que Monsieur Bout prenne conscience de tous les aspects cachés de l'activité, le second étant que je baisse mon propre niveau d'exigence.
Ce qui est drôle d'ailleurs, c'est que ça m'a rappelé le début de fatigue connu quand j'étais à 50 % : le piège du 50%, le piège de l'indépendante, c'est qu'on a tendance à se coller et à nous coller les exigences de la "femme active professionnellement" ET de la "maman au foyer" : bosser ET avoir une vie sociale ET faire de la bonne cuisine ET...et.et.
C'est pourquoi si ce billet devait avoir un titre alternatif, ce serait : Maman & micro-entrepreneuse... le dangereux mythe de l'ubiquité.




Mon bilan reste donc positif : hors de question pour moi, à l'heure actuelle, de repasser dans le salariat. Mais j'ai mesuré certains des points potentiellement dangereux, et je me suis dit que ce retour d'expérience pourrait servir à d'autres. Si vous avez des partages complémentaires à apporter, ce sera avec joie !

Aujourd'hui, c'est encore un autre rythme que nous avons : car clairement, être maman et micro-entrepreneuse, c'est une tout autre manche avec un mari au foyer

Mais ça ne se traduit pas par beaucoup de temps libre non plus, comme vous aurez pu le constater au délai indécent qui s'est écoulé sans le moindre billet sur le blog. 
Je suis cependant pleine de bonnes résolutions (et surtout d'une furieuse envie de vous blablater), avec notamment, en théorie, un billet sur le sommeil des bébés et un autre orienté... fashion, à sortir bientôt 
(Ouais : je suis une fashion victim. 
Je vais me réinventer en blogueuse mode. 
Comptez-dessus. 
OU PAS.)


lundi 5 octobre 2020

L'emploi du temps de la famille Bout - révélations exclusives !

Bon, suite à mon billet de rentrée, il paraît que la manière précise dont nous nous sommes organisés pourrait intéresser les foules avides de mon lectorat.

Alors, comme c'est pas dur à expliquer et que je cherche la facilité, hop, voici un petit billet rapide de derrière les fagots.

Eléments de base (qui sont ceux sur lesquels nous avons basé notre réflexion au moment de la décision de rebasculer F. en école à la maison)

  • F. doit faire IEF 4 matinées par semaine 
  • il doit avoir un créneau long et régulier sans nous en collectivité
  • E. est à l'école 4 jours par semaine de 8h30 à 16h
  • H. va chez sa nounou les mardis, et les lundis en option
  • La Gwen bosse de manière irrégulière, parfois à la maison, parfois pas
  • La Gwen veut animer des ateliers de parents Faber et Mazlish en plus
  • Monsieur Bout a besoin de 20h par semaine de travail personnel pour suivre sa licence à distance


Organisation initialement prévue lors de ladite décision

  • 4 jours par semaine, Monsieur Bout gère les enfants
    • trajet d'école d'E. , puis IEF avec F. de 9h à 12h30, puis déj. 
    • Il a ensuite 2h de travail perso de 13h45 à 15h45, 
    • il va ensuite chercher E. puis emmène les enfants au parc ou les gère jusque 18h où il rentre préparer le dîner. Il case la gestion du linge dans les temps morts, et s'occupe de H. en parallèle les jours où celui-ci est présent.
  • La Gwen ne prévoit jamais (sauf exception absolue) de bosser les mercredis : le mercredi est un jour OFF pour Monsieur Bout, qui le passe intégralement sur ses études
  • 3 soirs par semaine, Monsieur et Madame Bout font quelque chose ensemble, au choix : 
    • un truc tous les 2 à la maison (genre regarder enfin Downton Abbey, jouer, ou même, parler !),
    •  un truc tous les 2 en dehors si moyen de faire garder les enfants, 
    • ou un truc social : recevoir ou être reçus
  • Les autres soirs, chacun fait ce qu'il veut : du blog, du téléphone, de l'animation d'ateliers pour la Gwen, du travail pour sa licence pour Monsieur Bout
  • Le weekend, c'est liiiibre, on passe du temps ensemble


Petits grains de sable dans l'organisation prévue :

  • F. est plus long à bosser que ne le pensait Monsieur Bout; 

Du coup ce qui était prévu "au départ" ne colle plus car Monsieur Bout envisage de récupérer 1h certaines après-midis. Personnellement, ça m'embête, mais c'est à la personne qui prend en charge l'IEF de décider de son organisation; et il se trouve que cette fois-ci, cette personne n'est pas moi...

  • Le créneau "F. en collectivité", pressenti le mercredi au départ, tombe les lundis en fait 

Le hasard m'a mis sous le nez une possibilité, que j'ai saisie au bond, et donc j'ai monté, avec un animateur, un créneau d'activité IEF : 1 lundi sur 2, les enfants IEF du coin sont en forêt toute la journée, encadrés par des animateurs, pour des jeux, découvertes, constructions de cabanes et vélo. Je suis MEGA fière d'avoir réussi à coordonner ça et F. KIFFE.

Mais surtout

  • on a rajouté la "petite" formation suivie par la Gwen, qui l'occupe donc un certain nombre de vendredi-samedi en plus, et lui remplit ses temps morts et ses soirées de lectures passionnantes mais ô combien prenantes (mais passionnantes - mais prenantes - mais...)

et surtout surtout

  • Le rythme de H. n'est en fait pas du tout calé
Haha, après 2 bébés ayant fait leurs nuits ridiculement tôt on n'avait paaas du toooout anticipé ça. 

Donc non seulement il ne fait pas nos nuits, mais il ne fait pas nos soirées, ce qui implique que tout ce que nous avions prévu pour nos soirées est ... pas gagné. Et son rythme en journée est imprévisible encore. 

Le coup du "Monsieur Bout étudie pendant la sieste du Boubinours" : haha; 

idem celui "Gwen anime un atelier pendant que Monsieur Bout bosse ses cours et que tout le petit monde dort" : Pffffrttt pour le moment. 

Ne parlons pas des moments tranquilles à 2 : il y en a; mais de là à les prévoir...


Donc on a rebeloté : 

  • Monsieur Bout ne compte plus sur les après-midi des jeudis et vendredis (jours où il a H. à la maison à gérer) pour avancer dans ses chères études : il prévoit de gérer un peu d'école de F., et de gérer la maison avec H. en porte-bébé si besoin (ce qui est réaliste, alors qu'apprendre des machins ou rédiger des bidules avec un bébé pas très calme ne le serait clairement pas, et source de grandes frustrations chez chacun des 2 protagonistes)
  • En revanche, il a toujours ses 2h le mardi après midi, et 1 lundi après-midi sur 2 (celui où pas de sport), et il a un lundi entier sur 2 pour lui (les lundis où F. est en forêt), puisque nous mettons H. chez sa nounou à ces moments là.
  • Et du coup, le weekend, nous lui avons réservé, soit le samedi après midi, soit le dimanche après-midi (si c'est une semaine avec une Gwen qui a cours les samedis) à lui pour bosser : je gère les enfants à ce moment. L'autre après-midi c'est truc en famille.
  • Les soirs, ben, pour le moment on se répartit, en attendant des jours / nuits meilleur(e)s.

Trucs importants qui aident à la détente de part et d'autre

  • nous n'avions pas inclus, dans notre calcul, l'éventuel support qui serait apporté par la présence épisodique de nos mamies au pair (Oui, ça fait 18 mois que je dois venir vous raconter notre nouvelle organisation sur ce plan. Alors, hein, 1 ou 2 mois de plus ou de moins...). Nous nous étions dit que ce serait tout simplement du "plus" bienvenu mais que notre organisation devait tenir sans. Ce en quoi nous avons fichtrement bien fait puisqu'avec l'intensification des restrictions COVID c'est raté pour la venue de nos mamies au pair
  • même quand je suis à la maison, je suis censée être au travail donc je ne suis pas sollicitée (pour une sortie d'école par exemple); sauf pour les tétées, et si et seulement si je ne suis pas au téléphone / visio avec des clients. Grâce à cela, je suis sereine : j'ai toute ma journée devant moi et je peux avancer
  • les études de Monsieur Bout sont considérées comme du vrai boulot : ce point l'inquiétait beaucoup et cette inquiétude a été source d'un bon paquet de tensions : il avait peur d'être la variable d'ajustement, et donc le fait qu'on rebelote l'organisation pour assurer qu'il ait effectivement son comptant d'heures l'a beaucoup aidé
  • les heures d'études de Monsieur ne sont jamais positionnées entre la sortie d'école et le dîner
    • Ca crispait beaucoup les soirées, l'an dernier, quand après le retour de l'école le parent sensé s'occuper de F. et E. essayait de faire autre chose. Là, niet, on s'arrange autrement. 
    • Ces derniers jours, la tentation a été grande pour lui de quand même en profiter pour vite fait... Mais je lui suis rentrée dans le lard car j'ai trop conscience de ce que nous risquons ainsi. Et il a lui-même admis que même si c'était compliqué et tentant, il valait en effet mieux qu'il se tienne à ce qui était prévu plutôt que chercher à grapiller.
  • bêtement pratique mais ...: un tiroir de notre nouveau congélateur est rempli de trucs "faciles et rapides à cuisiner" : soit des machins TooGoodToGo, soit des plats cuisinés exprès en double et congelés. Ca permet de fluidifier, pour Monsieur Bout, la gestion des déjeuners de semaine : il a plus ou moins juste des trucs à réchauffer, donc il branche F. sur un exercice, descend de la salle de classe lancer la cuisson, remonte, et redescend pour le déjeuner.
  • Idem, là, cette semaine, j'ai refait une commande Good Goût : je vais certes tâcher de cuisiner autant que possible maison les purées du Boubinours, mais la semaine qui vient de s'écouler m'a déjà montré qu'il fallait quand même que je prévoie de quoi me délester parce que clairement, à certains moments ça risque d'être la goutte de purée qui fait déborder le vase
  • enfin, vous aurez remarqué que je n'ai prévu aucune activité "extra-scolaire" les mercredis : 
    • F. a son VTT /forêt un lundi sur 2, plus d'occasionnels évènements et sorties avec le réseau IEF ou en fonction des visites que nous avons (famille etc); il était question qu'il continue le tennis avec son ancienne école, hélas le planning de l'école a changé et ledit tennis tombe aussi les lundis d'où télescopage avec le VTT. Et finalement il ne réclame pas plus que ça.
    • quant à E., j'ai estimé que ses 4 journées d'école étaient suffisamment riches pour ne rien rajouter. Elle avait beaucoup réclamé, l'an dernier, de faire de la danse classique; mais renseignements pris, les cours dispensés pas loin ont la réputation d'être gérés "sévèrement", et comme mon objectif n'est pas qu'E. termine à l'Opéra de Paris, je ne vois pas l'intérêt de l'exposer à ce genre d'interactions.
    • ça nous permet d'avoir nos mercredis à nous, tranquilles, SANS CONDUITES, et d'en profiter pour faire des trucs ensemble (je m'efforce autant que possible que nous soyons en dehors de la maison pour que Monsieur Bout puisse étudier au calme), voir des amis, etc.




Est-ce que ça tient ?

Pour le moment, oui.

Mais pour le moment, j'ai encore assez peu souvent du boulot m'obligeant à quitter la maison, en dehors des journées de ma formation, durant lesquelles je m'absente alors 12h d'affilée. Mon rythme de travail externe va peu à peu s'intensifier dans les prochaines semaines, et ça va être très drôle.

D'autant plus drôle que pour le moment, les nuits suivant mes journées de formation, H. est pendu à moi, ce qui augure splendidement bien de l'avenir. 

On va voir c'qu'on va voir...


(comme le formulait si subtilement un tweet lu récemment : 

je n'ai pas besoin de faire du sport, je cours déjà à ma perte)