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lundi 25 mars 2024

Qui Veut Être Mon Associé ? - Version fait-maison

Certains billets ici et là vous l'auront probablement appris : la Gwen et l'administratif, ce n'est pas franchement l'amour fou.

Certains billets l'ont évoqué : dans sa relation tumultueuse à l'administratif, la Gwen a réalisé 

  • l'existence d'un grand méchant tapi dans un coin : son TDA (trouble de l'attention), rendant l'administratif particulièrement teigneux et difficile à combattre
  • l'existence d' une baguette presque magique : la méthode Flylady, ou comment découper l'Hydre du Mal de l'Administratif en rondelles digérables.


Hélas hélas, ces dernières années l'administratif a gagné du terrain

  • d'abord, le perso a cru (ben oui, plus une famille grandit, plus cela génère de papiers. On en parle, des dossiers d'inscription en école, collège, colo, camp scout, activités extra scolaires- rayez les mentions inutiles mais vous n'allez pas user votre stylo y a rien à rayer trois fois hélas - ? ). Et encore, j'ai du pot, Monsieur Bout en a récupéré peu à peu la part du lion.
  • ensuite le pro a cru lui aussi : d'une petite micro-entreprise occupant la Gwen 2 j / semaine, l'activité d'indépendante de ladite Gwen est devenue une belle et grande SARL avec les beaucoup trop moult activités administratives associées (malgré l'aide d'un valeureux cabinet de comptable).
    • L'Urssaf, la DGFIP, tout le monde me réclame des sous et des papiers, 
    • le volume de factures à envoyer a bien augmenté (bon ça c'est pas mal en théorie) 
    • et je me suis également mise à beaucoup me déplacer (ces temps-ci par exemple Lyon et Luxembourg m'accueillent régulièrement), ce qui engendre de fréquents frais de déplacement à comptabiliser avec soin et à refacturer avec non moins de soin (sous peine d'en être de ma poche).
Tout ça pour dire que clairement, d'un petit à-côté déplaisant que j'arrivais à gérer bon an mal an avec un coup de Flyladyx, l'administratif professionnel s'est peu à peu mué en un gros monstre étendant ses tentacules sournoises un peu partout.

Déclencheur externe aidant (vous vous rappelez ?), il m'a fallu plusieurs pichenettes pour finalement passer à l'action et admettre l'évidence : l'heure était grave, plus question de prétendre que j'allais y arriver seule. Il me fallait de l'aide (ou plutôt : de l'aiiiiiiiiiiideuh !).
Il me fallait sous-traiter cette partie là de mon activité à quelqu'un qui le ferait bien.
  • Pichenette n°1 : une copine vue pour le Nouvel An se posait de grandes questions sur son avenir pro
Elle a évoqué la possibilité de devenir assistante administrative à distance, et là, subitement, je me suis dit que si elle proposait ses services, ben... avec elle, oui, je me voyais bien me lancer, parce qu'elle cochait les 2 cases indispensables à mes yeux : 
    • rigueur absolue (je déteste l'administratif alors si je dois vérifier souvent... et trouver des erreurs, là, le stressomètre va encore plus s'envoler), 
    • et confidentialité à toute épreuve (je ne vends pas des pommes de terre).
Je me suis imaginée être sa première cliente et cette image avait du chien. Bon, finalement, pour tout un tas de raisons ça n'a pas pu se faire avec elle, mais les conversations qu'on a eues m'ont amenée à me projeter dans un monde où mes notes de frais ne seraient plus gérées par moi, et.... c'était assez difficile de quitter ce monde.

  • Pichenette n°2 : compte en banque dans le rouge
Eh oui, fin janvier, notre compte a pris une sale tournure. Mon business tourne pourtant allègrement bien !? Ben oui, mais quand en novembre-décembre on ne consacre pas le temps nécessaire à facturer ses clients pour le travail fait, eh bien en janvier-février on ne reçoit pas les soussous correspondants (bicoz délais de règlement). Gloups.
(Rassurez-vous, on a trouvé une solution : manger les enfants. Coup double : moins de bouches à nourrir, et un estomac bien plein pour nous. En plus, c'est du bio, du local = #healthy)

  • Pichenette n°3 : mon superviseur
Il m'a fourbement fait observer qu'avec les perspectives de chiffre d'affaires que j'avais pour 2024, il allait falloir revoir mon organisation, puisque j'allais flirter avec le seuil où, dans une entreprise de mon genre, on réfléchit sérieusement à embaucher. 

  • Pichenette n°4 : mon procrastinomètre a explosé
Les premières semaines de 2024, j'ai observé un phénomène pas-sion-nant (et navrant). Là où auparavant, je procrastinais l'administratif puis étais très inefficace dedans donc mettais 3 plombes à faire le moindre truc.... j'ai constaté que j'étais en fait passée à un stade autrement préoccupant : le fait même d'inscrire une tâche administrative sur ma to-do list, disons, en 3ème position, suffisait à diviser par 4 mon efficacité sur l'ensemble de la to-do list (et donc de la journée) : je me mettais à procrastiner aussi la tâche 1 et la tâche 2, toutes gentilles qu'elles fussent, du simple fait qu'une fois qu'elles seraient terminées, il me faudrait me coltiner la fameuse Grande Méchante Tâche 3. Alors que, hein, vous comprenez, tant que tâche 1 et tâche 2 n'étaient pas terminées, je ne pouvais légitimement pas passer à la tâche 3, quel dommaaach... !
Bref, l'administratif s'était mis à gangréner le reste. Aleeeerte rouge !

Ah.

Pichenette complémentaire (oui c'est comme le tiercé quinté plus)
Petit appel de vœux avec une ancienne cliente dont le cœur de métier la confronte à ce genre de problématique : pouf, sous le coup d'une inspiration, en fin de conversation, je lui demande si elle ne connaîtrait pas quelqu'un qu'elle me recommanderait les yeux fermés, et paf, ben si, elle connaît.


Donc, la Gwen embauche.


La personne recommandée ?

Eh, non, ce serait trop simple.
Voyons, évidemment qu'étant l'employeur le plus select des Yvelines (tellement select que je n'employais personne !), j'ai attiré les candidatures !!

Enfin, surtout une.

Monsieur Bout.
Monsieur Bout est rentré du Super U le samedi matin qui a suivi la pichenette complémentaire, en me disant qu'il avait eu une idée très bête.
Après quasiment 16 ans de mariage, quand mon mari me dit ça avec un regard en coin, un demi-sourire, et une teinte de peau légèrement rosée, je m'attends à tout.

Mais pas à ça.

Effet de surprise absolument total !

Une fois que j'ai été sûre que mes oreilles elles comprenaient bien (quialaréf?) nous avons longuement discuté, car franchement j'avais pas mal les jetons que ça puisse ne pas convenir à l'un ou l'autre de nous deux (voire aux deux simultanément, eh, pour faire bien). Nous avons mis nos attentes sur la table, et Monsieur Bout a su pitcher, euh, pu exprimer que, même si il n'aimait pas énooormément l'administratif, clairement
  • il était loin de le vivre comme aussi pénible et terrifiant que moi je le vis
  • pouvoir le concentrer à un moment de la semaine, le faire régulièrement, et ne faire que ça serait beaucoup plus efficace et moins relou que mon mode de fonctionnement actuel (caser ça par ci par là quand je peux, soit un tout petit machin, soit pleeeein de machins à rattraper)
  • il en avait marre de s'interroger sur ce qu'il voulait faire de sa vie pro et du coup là il aurait une vie pro officielle et moins de pression pour trouver enfin dans quelle voie s'engager : "rôle social" et trimestres de retraite = dans la poche ; il pourrait donc allègrement continuer ses activités annexes à côté sans se dire qu'il devrait investir son temps dans qqch de rentable
  • ça le déstresserait d'avoir de la visibilité et de l'influence sur nos rentrées d'argent (jusqu'à présent je lui disais régulièrement quand je partais sur une nouvelle mission, quand ça se passait bien avec un client, etc, mais il n'avait pas droit à de belles présentations Corporate avec des graphiques, des tableaux excel et des échéanciers. Scandale)
  • ça aurait beaucoup de sens de me soutenir et de contribuer encore de cette manière au développement de mon business, et que ça devienne plus clairement un business commun.

De l'idée d'une microentreprise qui me refacturerait sa prestation, les conseils de ma comptable nous ont fait évoluer vers une embauche en tant que salarié à temps partiel, et donc, ça y est, "Monsieur Bout, je te veux dans ma team", zou !

Le temps de passation n'a pas été sans heurts, hein, rangez les paillettes et les arcs-en-ciel
  • j'en étais arrivée à une telle saturation qu'au fond je n'avais qu'une envie : lui jeter le bazar et partir très vite en courant pour ne plus jamais en entendre parler. Ce qui, paraît-il, n'est pas optimal pour une passation. J'ai donc du accepter de ne pas juste lui montrer en 5 minutes "dépatouille toi", mais d'investir du temps avec lui, de remettre le nez dedans une dernière fois avant de recueillir le fruit de mes efforts : de belles factures et formalités réalisées pas par moi....
  • j'ai aussi du accepter qu'il ne fasse pas comme moi : il a commencé par passer du temps à créer des fichiers excel de suivi, très élaborés. (au lieu de, cf point précédent, se jeter sur ma pile de trucs en retard et la dézinguer !). Humpf. J'ai ensuite intégré que si je ne voulais plus le faire, il fallait que j'accepte que ce soit fait d'une autre manière, par ailleurs la mienne n'étant clairement pas optimale peut-être qu'un peu plus de structure ne serait pas superflu. Moralité les fichiers excel de Monsieur fonctionnent du feu de Dieu et lui permettant effectivement de suivre de près tout ce qui se passe et de tenir la baraque avec rigueur.
  • nous avons aussi du, à plusieurs reprises déjà, clarifier ce qui rentrait ou pas dans ses attributions, notre vision des choses pouvant différer...

Bref, pas de cuicui les petits oiseaux, mais encore un chantier que nous aurons à revisiter régulièrement. Le gros avantage, c'est que nous savons l'un et l'autre 
  • que nous bossons avec quelqu'un dont fondamentalement les intentions sont bonnes, 
  • que nous visons la même chose, 
  • et que la plupart du temps, même si ça ne vient pas direct, nous finissons par trouver un moyen de nous comprendre.

Moralité, maintenant que ça roule, j'ai forwardé mes factures d'hôtel de Luxembourg avec délectation dans le TGV du retour ce jeudi, et déposé mes tickets de restaurant avec légèreté dans la bannette prévue à cet effet ce weekend.

Cœur sur mon associé.

Deux petites observations pour terminer
  • Ironie de la situation : ce n'est pas d'hier que Monsieur Bout contribue, par sa prise en charge de l'arrière-boutique familiale, au développement de mon business. De manière totalement invisible aux yeux du monde; mais là, parce qu'il va rajouter un poil d'administratif, il obtient enfin reconnaissance sociale et administrative de sa contribution. C'est-y-pas malheureux.
  • Effet secondaire intéressant : du coup, notre mariage devient franchement indissoluble, en tous cas de mon côté, parce que moi, quelqu'un qui fait mes factures à ma place ...eh bien je l'avoue sans fard : il se pare d'une aura de sexytude infinie et éternelle !

lundi 12 septembre 2022

La motivation chez l'adulte : déclencheur interne ou externe ?

 Hop, un petit billet psy, aujourd'hui, pour vous parler d'un aspect pas du tout important dans la manière dont nos vies se déroulent : la motivation. (motivaïcheune pour les internationaux) Et plus exactement, la différence entre déclencheur de motivation interne et externe.

STOP STOP STOP. Si vous êtes comme moi avant de découvrir ce concept, vous aurez vite lu le machin et vous serez dit que vous connaissez le sujet : il s'agirait de cette fameuse différence entre 

  • motivation intrinsèque = je fais la chose pour elle-même, elle m'intéresse profondément : je bosse car mon job me plaît, et mon enfant rend service car cela a du sens pour lui, il cherche à se rendre util
  • et extrinsèque = je fais la chose pour une raison externe à cette chose, un avantage distinct de l'intérêt profond de cette chose : en fait non je bosse juste pour le fric, ou ce que j'aime dans ce job c'est que le titre en jette dans les conversations, et mon gosse apprend à l'école dans l'espoir d'une récompense/note, pas parce que le sujet l'intéresse ou qu'il est conscient de son utilité future. 
En éducation, un truc essentiel est de chercher à booster la motivation intrinsèque de nos enfants, qui est justement minée par la motivation extrinsèque (si je m'habitue à ne voir dans le fait de vider le lave vaisselle que l'occasion de gagner 15 min de jeux vidéos, j'aurai beaucoup de mal à développer ma fierté et mon envie de contribuer au fonctionnement de la maison).
En management, la motivation extrinsèque a sa place (l'argent c'est bien utile), mais on a tout intérêt à veiller à l'intérêt profond du job.

Mais... tout ça on s'en fout aujourd'hui, car, non, les termes utilisés sont différents, et nous allons parler aujourd'hui de la différence entre déclencheur de motivation externe et interne. Pourquoi ? Parce qu'environ 35% de la population (adulte) répond principalement au premier, 65% au second, ... qu'il n'y a pas de levier meilleur que l'autre, mais que réaliser à quel levier on est sensible, c'est assez utile, puisque ça nous permet de nous alimenter à un carburant qui fonctionne pour nous plutôt que de s'obstiner à vouloir se brancher sur une source d'énergie qui fonctionne pour le voisin, mais pas pour nous.

Pour illustrer mon propos, prenons une personne au hasard...

 tenez, une que je connais bien et qui ne m'en voudra pas de vous raconter sa vie sur le net : la Gwen.

La Gwen, quand elle a découvert ce concept (en lisant un bouquin de Process Com), ça a fait ting dans sa tête. Parce que la Gwen, tooooute sa vie est un gigantesque exemple de nana qui fonctionne à fond sur un déclencheur externe de motivation. C'est à dire que la Gwen, contrairement aux gens avec un déclencheur interne, ne construit pas un projet à l'intérieur d'elle-même qu'elle va ensuite chercher à concrétiser. Que dalle. La Gwen ne fait aucun projet. Elle se ballade et pouf, un truc qu'elle repère à l'extérieur attire son attention et fait soudain résonner un truc à l'intérieur dont elle n'avait aucune conscience avant. Et c'est ça qui la met en mouvement. Ce truc extérieur.

Exemples :

  • la Gwen a choisi les mêmes études que sa sœur, pour faire au départ le même métier 
  • une fois arrivée dans lesdites études, elle a tout de suite réalisé que le métier en question n'allait en fait pas lui plaire. Qu'à cela ne tienne, elle a identifié une autre voie et le master associé ...parce que celui qui allait devenir Monsieur Bout, qui y réfléchissait lui-même, lui en a parlé.
  • quand il s'agissait de trouver un apprentissage pour ledit master dont la 2è année s'effectuait en alternance et donc d'identifier des types d'entreprise cibles, la Gwen n'avait aucune idée du type d'entreprises / secteur d'activité qui pourrait lui plaire. Elle voyait ses petits camarades affirmer avec certitude que eux visaient tel type de boîte et se demandait pourquoi, elle, elle était incapable de se positionner ainsi. Puis dans le cadre de son master 1 elle a mis, pour la première fois de sa vie, les pieds sur une usine. Coup de foudre instantané : début de son grand amour pour l'industrie, qui la poursuit encore aujourd'hui.
  • la Gwen n'avait pas du tout prévu d'écrire un bouquin; elle avait d'ailleurs discuté du sujet bouquin avec plusieurs personnes qui lui disaient "vu comment tu t'éclates sur ton blog, tu devrais écrire un livre" et répondu "noooooooon jamais". La Gwen a commencé à écrire un bête article de blog, un de plus, une après-midi. Et c'est ce bête article de blog qui a pris la tournure d'un truc impubliable sur un blog mais très publiable dans un bouquin. Ah ben tiens.
  • la Gwen n'avait pas du tout prévu de se mettre à son compte. Ah ça non ! Jamais (huhuhu). Pis elle a déménagé en IDF, rencontré une voisine indépendante, et verbalisé en l'espace de quelques heures tous les obstacles inconscients à une mutation vers l'indépendance... au fur et à mesure que les échanges de cette journée venaient dynamiter lesdits obstacles dont elle n'avait pas vraiment conscience avant.
  • la Gwen n'avait pas du tout prévu de faire évoluer son activité pro d'indépendante vers du coaching professionnel. (Jamais) Pour le coup, elle était consciente de l'image assez ambivalente qu'elle avait du coaching vu la manière très extensive dont le mot est utilisé / dévoyé. Pis bon, elle est allée à un dîner. A rencontré un coach. A causé avec lui. A réalisé que la manière dont lui pratiquait le coaching professionnel, oh ça oui ! 
  • du coup, la Gwen n'a évidemment pas, contrairement à quelqu'un en mode déclencheur interne, longuement étudié mille options de formation au coaching afin de construire son projet. C'est sa conversation avec le coach qui lui a mis sous le nez une formation présentant toutes les garanties de sérieux (dont elle ne savait pas 1h avant qu'elles lui manquaient), et paf, c'est cette formation qu'elle a choisie.
  • ...
  • ce qui explique d'ailleurs, par exemple, comment la session d'ateliers Faber et Mazlish en ligne proposée aux lecteurs du blog avait vu le jour l'an dernier : sous la pression très motivée d'une lectrice. Idem ce printemps : ce sont les relances opiniâtres d'une participante motivée qui m'ont poussée à finir par caler des dates pour une session en présentiel : on est venu lourdement chatouiller mon déclencheur à chaque fois ^^
Voili voilou. Alors, vous vous reconnaissez dans quoi ? Ce qui vous met en mouvement, c'est à l'intérieur de vous, ou c'est une réponse intérieure à quelque chose d'extérieur ? Et qu'est ce qui favorise ce déclencheur, cette mise en action ?
Très utile, ça. Parce que voyez-vous, moi, je suis mariée à quelqu'un qui fonctionne en mode déclencheur interne. Et lui, pour agir, il lui faut du temps pour réfléchir, des itérations, du temps pour lui. Ca fait germer lentement un truc qui finit par voir le jour. Le voir évoluer m'a longtemps laissée perplexe: j'avais le sentiment d'avoir zéro projet, zéro conviction, zéro stratégie. 
Puis j'ai découvert ce concept de déclencheur (concept issu de la Process Communication (c)) et d'un seul coup, j'ai tout compris. Et j'ai aussi, en analysant mon chemin, réalisé qu'il était très important, si je voulais alimenter ma dynamique personnelle, de m'exposer à de nombreux contacts, relations, puisque c'est d'eux que viendrait tôt ou tard ma prochaine impulsion. Post confinement, ça m'a bien poussée à reprendre une vie sociale en ayant réalisé l'importance que celle-ci avait, de manière totalement fortuite à chaque fois, sur mon évolution.

D'où l'intérêt de vous poser cette triple question. 
  1. A quoi réagissez-vous ? (oh punaise. Voyez comme ma question elle-même est biaisée par mon mode de fonctionnement, réactif à fond. Une meilleure question serait : qu'est-ce qui vous fait agir ?)
  2. Qu'est-ce qui influence positivement, chez vous, cette dynamique ? 
  3. Que pouvez-vous mettre en place dans votre vie pour favoriser ce processus ?

Repérer le bouton pour pouvoir appuyer dessus...



Hihihi.
Et bien évidemment, la toute dernière nouveauté dans ma vie est TYPIQUE de cette logique de déclencheur externe. 
Je vais venir vous en parler dans un prochain billet, j'en rigole déjà (et croyez que ceux qui me connaissent et en ont eu vent sont tombés de leur chaise). 
Mais avant de vous dévoiler cela, hein, devinette pour le fun : à votre avis, de quoi s'agit-il ?

Indice : c'est un thème que je n'ai jamais, jamais, oh jamais abordé sur le blog. 
Evidemment, puisqu'il ne m'intéressait pas et ne m'intéresserait... jamais.  

(spoiler : la Gwen n'ose plus dire "jamais")
Arf arf.

lundi 11 octobre 2021

2 ans de Papa au foyer : bilan et perspectives

Cela fera 2 ans à la fin du mois que Monsieur Bout, suite à sa rupture conventionnelle, est à la maison

L'occasion d'un petit retour / témoignage.

(yep, ce n'est encore pas un article éducation à proprement parler. Mais je rame à l'écrire, cet article, et du coup, eh bien je regarde la situation en face et j'applique l'astuce HPI / TDA correspondante : je contourne la difficulté en écrivant qqch qui coule plus facilement)


Quand le parent jusque là investi principalement de la casquette "faire bouillir la marmite" passe au foyer, ce n'est pas évident !

6 constats.

1. Chez nous, cela a d'abord demandé des ajustements de part et d'autre

Ainsi, dans les premiers temps, il m'a fallu notamment admettre que pour que Monsieur Bout prenne sa place, ... j'allais surtout devoir m'effacer / me taire

Ainsi, les premiers matins où Monsieur Bout a géré le lever des enfants pour les emmener à l'école, je me suis levée avec lui, et j'ai "corrigé" sa manière de gérer le petit déj et la préparation des lunchbox des enfants : "mais non en fait le matin on fait comme ci et comme ça". 

"on fait"... ben oui mais ... "je faisais"... et Monsieur Bout m'a fait remarquer qu'il allait faire différemment. Au bout de 2-3 épisodes de ce genre, j'ai trouvé une parade parfaite :  je ne me suis plus levée les matins, ce qui lui laissait le champ libre, la possibilité de trouver / se constituer ses repères et faire à sa guise, sans la lourdeur de mon regard. Ca m'a demandé un effort, mais vite récompensé : non seulement Monsieur Bout a ainsi très vite pris ses marques mais moi, je me suis très bien habituée à me lever plus tard (d'autant plus facilement que je terminais mon premier trimestre de grossesse et que quand on me voit enceinte, on ne se dit pas tout de suite que je suis l'incarnation de la grossesse épanouie et dynamique). 2 ans plus tard, ce fonctionnement est resté.

Ces ajustements ont du se faire dans les deux sens

Ainsi, au bout de 3 semaines à la maison, Monsieur Bout s'est senti prêt à rajouter une nouvelle responsabilité à celles qu'il avait déjà récupérées : la gestion du linge, qui avait toujours été chez moi (dans le sens que, oui, il lui arrivait régulièrement de me filer un coup de main et étendant ou rangeant une lessive, mais la gestion de la routine du linge, le remplissage-lancement de machine, la responsabilité / charge mentale associée, c'était Bibi). Monsieur Bout n'avait jamais lancé de machine. Il est donc arrivé avec son bloc-notes, m'a demandé comment ça fonctionnait, a ensuite tapé tout ça sur Word et patafixé le mode opératoire ainsi obtenu à côté du lave-linge. 

Top. Au bout de quelques semaines, cependant, j'ai du souligner que la manière dont il étendait le linge ne convenait vraiment pas : j'ai tergiversé avant de le faire, car, machin, "ses marques", "sa manière de faire", mais là, grumpf, l'impact me dérangeait trop. Je l'ai donc alerté sur l'importance de bien défroisser les vêtements, bicoz sinon après c'était immettable (je rappelle que chez nous, le fer à repasser n'est pas menacé par la surchauffe). Il a bien entendu commencé par se vexer, puis fait des efforts. (mais tout récemment j'ai du en remettre une couche en lui demandant de faire sécher mes robes sur cintres; idem, j'ai tardé avant de le faire, mais franchement, une robe qui a séché sur un étendoir à linge et qui est ensuite pliée hâtivement en 4 et vaguement empilée dans un placard, ben, c'est difficilement mettable dans un contexte pro).

Quelques semaines après sa montée en puissance, Monsieur Bout s'est senti suffisamment sûr de lui dans sa gestion du linge pour innover. En estimant que le tri des couleurs, franchement, c'était superflu. A mes premières protestations, il a fait la sourde oreille. Mais quand un petit-haut-de-Gwen anciennement d'un joli vert anis est ressorti d'une couleur difficilement décrivable autrement qu'avec un adjectif de l'ordre du "pisseux", la Gwen a vu rouge, et lui a mis le T shirt sous le nez, comme preuve que, non, le tri entre "blanc/"clair et "foncé" n'était pas une lubie de psychorigide. 

Monsieur Bout a protesté puis réintégré le tri des couleurs à sa routine (de mémoire, on a fait un truc pour faciliter les choses sur ce plan-là mais je ne sais plus quoi). Les choses se passant toujours dans l'harmonie et la douceur la plus totale comme dans tout couple qui se respecte (quoi, pas chez vous ? C'est très étrange !), il n'est pas impossible que dans les échanges (complètement CNV évidemment) que nous avons eus sur le sujet, je sois allée jusqu'à utiliser l'argument massue "Sinon, autant que je le fasse moi-même !" (argument massue du fait de mon tour de taille de l'époque. "argument-baleine" n'existe pas)


2. Tout au long de ces 2 ans, des ajustements dans notre organisation ont aussi du se faire, et notamment à partir du moment où il a vraiment été acté que Monsieur Bout allait rester durablement au foyer.

Nous avions tout prévu merveilleusement bien, et je vous avais détaillé nos plans organisationnels sublimes dans ce post

J'avais eu plein de compliments dessus, et vous pouvez à juste titre baver sur tout ce qui était prévu.

Surprise : moi aussi je bave dessus en relisant ce post (ou alors je pouffe). Car la réalité en a été assez éloignée. ("assez" étant une litote, en l'occurrence). Les confinements numéro 2, 3, et 8000 ont évidemment joué leur rôle de trouble-fêtes, mais aussi les études entamées par Monsieur Bout qui se sont révélées bien plus chronophages que prévues. Et moi en parallèle, mon activité pro aussi a été très soutenue, avec pour couronner le tout, le rajout de ma formation au coaching professionnel. Bref, il y a eu pas mal de tensions, et un gros besoin de nombreuses discussions pour réajuster en continu notre manière de répartir les choses au sein du foyer, puisque nous nous retrouvions plus ou moins en compétition permanente pour ce Graal ultime : avoir du temps pour avancer nos trucs.


Dans la manière dont nous avons géré, globalement, un constat est clair : j'ai conservé un certain nombre de responsabilités

  • Ainsi, la préparation des repas repose plutôt sur moi. Sauf évidemment en mon absence (scoop), ou quand je rentre un peu tard le soir et que me laisser cuisiner impliquerait un dîner trop en décalé. Dans l'absolu, c'est quelque chose qui me convient plutôt. Je n'aime guère rangement et ménage, je n'ai pas du tout pleuré l'abandon de la machine à laver, mais la cuisine est probablement la seule tâche ménagère qui me plaise vraiment. Certes, elle me pèse parfois, mais la plupart du temps j'y prends plaisir. Et même si Monsieur Bout a fait de gros progrès en cuisine, il y a quand même une différence assez claire entre sa production et la mienne, différence à laquelle nous sommes tous les deux sensibles.
  • Parmi les points que j'ai conservés avec moins de plaisir, il y a la gestion des RDV médicaux. J'en assume encore l'écrasante majorité (notamment concernant notre Boubinours III), et je vous avoue que ça, je m'en passerais bien.


3. Ces ajustements / tensions ont également été l'occasion de faire remonter de vieux dossiers.

En effet, Monsieur Bout a rapidement exprimé avec force son besoin de davantage de soutien, soulignant que devoir quasi tout gérer c'était lourd, demandant à ce que je rentre plus tôt (si je bossais à l'extérieur), ou descende plus tôt de la pièce où je bossais (en cas de boulot à la maison), ou attendant avec impatience mon arrivée pour me demander de prendre en charge 1000 trucs / pouvoir lâcher un peu...

Ca a été assez difficile pour moi, car plus d'une fois, des sentiments très forts sont remontés en moi, en mode "Eh ben tiens, plains toi, maintenant tu sais ce que c'est". Il a donc fallu pour moi identifier et verbaliser la rancune accumulée au fil des dernières années, verbaliser à quel point je m'étais sentie seule et peu écoutée à certains moments, en constatant à quel point ce passif m'empêchait d'être à l'écoute de Monsieur Bout, et entretenait une attitude revancharde. 

Pour Monsieur Bout comme pour moi, la remontée de ces sentiments enfouis a été assez violente. Ces discussions difficiles ont cependant été très salutaires, en permettant de purger ces abcès, notamment parce que Monsieur Bout a finalement aussi été en mesure de réaliser pleinement ce que j'avais vécu, à une époque où ma conscience que ses soucis professionnels le rendaient en grande partie aveugle au reste l'excusait, certes, mais n'allégeait pas le fardeau que je portais. A plusieurs reprises (il a fallu plusieurs reprises, car les remontées se faisaient par bouffées), le fait qu'il écoute, exprime sa compréhension, associé à la demande de pardon correspondante, ont pu nous permettre de sortir de situations de blocage.

Ces discussions psycho-logistiques ont été d'autant plus fréquentes que nous avons du opérer de nombreux réajustements, au cours de l'année du fait d'évolutions à la fois par rapport au GwenBusiness, mais aussi dans les projets de Monsieur Bout.


4. En effet, être à la maison a aussi confronté Monsieur Bout à des trucs enterrés. Le contact quotidien des enfants lui a permis d'expérimenter énormément de choses avec eux, certaines très positives (suivre de près toutes les étapes de développement d'un bébé), d'autres moins : colère, lassitude face au fait de devoir répéter sans cesse les mêmes choses et les mêmes tâches, manque de reconnaissance...

Tout ceci est venu appuyer sur des points assez douloureux, si bien que Monsieur Bout a fini par regarder en face son besoin d'aide et s'est lancé dans une thérapie. Autant vous dire que ladite thérapie a déménagé / déménage toujours, et a conduit à de nombreuses évolutions dans ses projets, en le conduisant à remettre en question beaucoup de modes de fonctionnement bien ancrés : pression de la performance, souci de reconnaissance, impératifs de loyauté, questions identitaires... tout y est passé / y passe. Il n'a ainsi donc pas poursuivi les études entamées au delà du premier semestre, et a au cours de l'année, maintes fois remodelé son emploi du temps personnel. Peu à peu, au delà de son temps, c'est son esprit qu'il a libéré. Il a appris à se recentrer sur lui, et ses besoins propres. Il avance dans la construction de projets futurs, c'est très intéressant... (et en même temps un feuilleton digne de Dallas)


5. Autre aspect : au cours de ces 2 ans, Monsieur Bout a aussi appris à ne pas gagner d'argent.

Ca aussi, c'est une sacrée évolution. Selon les moments, cela a pu se traduire par une certaine dose d'angoisses, de grosses inquiétudes devant des sorties d'argent, ou au contraire une désinvolture proche du déni. Là dessus, deux choses ont pu aider : 

  • d'une part, rebalayer ensemble notre fidèle fichier Excel de budget, pour permettre à Monsieur Bout d'avoir précisément en tête les tenants et aboutissants de notre situation financière, et à nous deux, de reconsidérer ensemble certaines dépenses, soit pour les confirmer, soit pour les réduire. 
  • D'autre part, une communication étroite sur mon business : quand j'ai un nouveau prospect en vue, quand je récupère une nouvelle affaire, quand une journée de mission s'est particulièrement bien passée, partager tout cela permet vraiment à Monsieur Bout de se percevoir comme membre d'une équipe qui gagne : il est partie prenante de mon Business, son sponsor principal et au fond, chaque euro que je fais rentrer dans les caisses, c'est aussi lui qui en est à l'origine. Car une chose est sûre : développer une entreprise en ayant tout qui est géré à la maison, c'est très très précieux. Mes semaines sont très remplies, leur programme peut varier très vite, et sans Monsieur Bout qui assure les arrières, il me serait difficile de m'investir aussi efficacement dans le développement de mon activité. Mon succès, c'est le sien.

Par ailleurs, je m'efforce aussi de valoriser ce qu'il fait, et lui même a peu à peu investi la partie de son boulot qui gagne de l'argent. C'est par exemple lui qui gère les courses, et qui maintenant, est vigilant pour profiter des promotions. Ou encore, c'est lui qui a enfin fait les formalités nécessaires à l'obtention de nos Cartes Famille Nombreuse, grâce auxquelles je suis toute contente de payer mes tickets de transport moitié prix maintenant.

Ce dernier point n'est pas toujours facile, mais nous considérer comme une équipe aide vraiment. Comme j'ai pu le verbaliser récemment : avant, notre famille était une entité à l'équilibre financièrement, mais en gros déficit émotionnel puisque la source principale de revenu générait ledit revenu au mépris de sa santé psychologique, et que cela avait des répercussions émotionnelles sur toute la famille. A présent, l'entité FamilleBout est non seulement à l'équilibre financièrement, mais surtout profitable émotionnellement, puisque sa source de revenu est certes fatigante, mais également enthousiasmante.


6. Un parent trop au foyer, ... et l'autre qui ne l'est pas assez

Monsieur Bout sature parfois d'avoir tout le foyer à gérer, et du temps que cela lui prend. Il est notamment assez clair sur le fait que, même si il voit l'intérêt d'instruire encore F à la maison cette année, il n'entend pas repartir pour un tour l'année prochaine. Nous avons donc un an pour préparer la rescolarisation, ce qui va notamment nous demander d'étudier de plus près son TDA, afin de mettre en place toute la remédiation nécessaire. En parallèle, Monsieur Bout développe des activités lui permettant de sortir davantage de la maison.

De mon côté, je m'éclate au travail, mais un peu trop... Mon temps mais aussi mon cerveau, mon intérêt, sont captés par un boulot prenant et passionnant, source d'une énorme stimulation à la fois intellectuelle et émotionnelle. Revers de la médaille : je me suis souvent sentie déconnectée de la maison et de la famille cette année, et pourtant, fondamentalement, pour nous le Covid est bien tombé ! Grâce au 2ème confinement, j'ai pu travailler comme une tarée l'automne et l'hiver dernier tout en poursuivant l'allaitement du Boubinours, allaitement d'autant plus contraignant que perturbé et renforcé par les soucis d'intolérances alimentaires et de sommeil dudit Boubinours. Toutes mes missions ayant basculé en télétravail pendant de longs mois, l'absence de trajets a été déterminante dans le fait de réussir tant bien que mal à tout mener de front.

  • J'ai constaté cette déconnexion à de nombreuses reprises les mercredis : quelque part, je ne savais plus trop comment gérer mes enfants seule une journée
    • Enfin, les gérer, si, plus ou moins : certes il y a H., mais c'était un bébé (ce n'en est presque plus un, il a 18 mois, mange tout seul et va bientôt nous réclamer une mobylette !). Avec F. et E;  nous sommes clairement sortis des "petites années", ils peuvent passer de longs moments en auto-gestion sans que ce soit synonyme de "en fait pendant ce calme on a repeint la sdb avec ton rouge à lèvres". 
    • Me connecter à eux véritablement... beaucoup plus compliqué ! Les mercredis ont souvent été frustrants pour eux comme pour moi, de ce point de vue là : beaucoup d'attentes, pas beaucoup de résultat.
  • Et cet été, les premières semaines ont été plutôt éprouvantes, avec en plus les soucis de main de Monsieur Bout qui m'ont propulsée en première ligne, voire en unique pourvoyeuse de soins pour le Boubinours pendant une période conséquente (Monsieur Bout ne pouvant absolument pas le porter / soulever / changer / etc): je me suis vite retrouvée à saturation. Heureusement, nous avons réussi à saisir l'opportunité de 3 jours à deux sans enfants au milieu des vacances, et ça m'a fait beaucoup de bien. La deuxième partie des vacances a été beaucoup plus facile : j'avais retrouvé mes marques avec les enfants, et Monsieur Bout, l'usage de sa main.

En tous cas, cette expérience m'aura sensibilisée à ce que vivent de nombreux pères de famille, et qu'avait vécu Monsieur Bout à plusieurs reprises : oui, en deçà d'un certain seuil de présence et d'investissement dans le quotidien familial, le parent-qui-bosse-à-l'extérieur se retrouve facilement "à côté de la plaque" dans sa propre maison, à ne plus trop maîtriser les codes pour entrer en relation avec les autochtones (ET téléphone maison...)

Cette année, le rythme est toujours soutenu, mais plus gérable

  • je n'ai plus ma formation, et la différence est palpable ! (enfin, si, je vais quand même suivre quelques jours de formation cette année, mais rien d'aussi énorme)
  • j'ai progressé dans ma gestion du temps / évaluation du temps / vente de mon temps au juste prix

Plus gérable, mais tout de même bien dense. Il est clair pour moi que dans l'idéal, j'aimerais être davantage présente (aussi bien physiquement que psychologiquement) auprès des enfants. Et eux sont très très clairs aussi sur le fait qu'ils ne voient pas assez Maman. Ils le disent, le redisent, et demandent régulièrement pourquoi Papa ne pourrait pas aller travailler à la place de Maman, hein, zut.

Pour le moment, je sais que ce n'est pas possible autrement, mais je suis bien déterminée à ce que ce soit provisoire. Indépendamment d'une reprise pro pour Monsieur Bout, mon désir d'être plus présente m'incite à profiter du fait que ma formation au coaching m'a permis de me positionner sur des activités encore plus passionnantes.... et à plus haute valeur ajoutée 

  • Mon objectif cette année : travailler assez pour financer notre famille. 
  • Mon objectif pour l'année prochaine : amplifier ce repositionnement de manière à ... travailler moins pour gagner plus.


A l'arrivée, donc, un bilan pas tout rose : notre situation actuelle est sans conteste le meilleur déséquilibre possible (cf ce que j'écrivais il y a déjà longtemps sur ce mythe du "bon équilibre" vie pro vie familiale), mais l'année qui vient de s'écouler a été assez costaud (le contexte Covid y aura bien entendu contribué), et Monsieur Bout commence à avoir envie de nouvelles perspectives. Heureusement, comme celles-ci commencent à s'esquisser, nous savons d'ores et déjà que nous avons encore de fréquents chamboulements d'organisation et d'équilibre devant nous...

Ceci dit, l'année actuelle commence sur des bases déjà bien plus stables / assainies, nous sommes un peu moins dans le brouillard, bref : tous les espoirs sont permis ! Papa ne restera pas au foyer éternellement, mais il développe sa capacité à profiter de ce que le foyer offre dans le moment présent.


jeudi 21 janvier 2021

Maman & Micro-entrepreneuse : l'idéal pour la conciliation vie pro / vie perso ?! (ou paaaaaaas)

Ce blog est fouillis.
Ce blog recouvre un max de thèmes puisqu'il sert d'exutoire à pas mal de questions qui saturent mon cerveau.
Et donc, parmi les graaands sujets de ce blog, il y a, il y a eu, il y aura toujours : comment qu'on concilie, quand on est maman (parent), le fait d'avoir des enfants, de s'en occuper (parce que c'est vrai que je pourrais les sous-traiter H24 et jet-setter à travers le monde. Mais je n'ai pas choisi cette option - et cette option ne m'a pas choisie non plus, comme ça tombe bien), mais aussi d'avoir la vie pro qu'on souhaite ?

Je souligne "la vie pro qu'on souhaite" : il ne s'agit pas d'avoir la vie pro que les gens estiment qu'on devrait avoir et/ou souhaiter, mais bel et bien celle qui nous épanouit, qui cadre le mieux avec nos souhaits. Souhaits pas toujours évidents à discerner, d'où ma réflexion sur les différents besoins que peut couvrir une activité pro; d'où il s'ensuit qu'avoir "la vie pro qu'on souhaite" peut signifier : avoir zéro vie pro, si zéro est la quantité qui nous convient, à tel ou tel moment de notre vie.

Bref. Ma manière de concilier vie pro et vie perso a évolué dans le temps et sur le blog. Depuis que je suis maman, j'ai été 
  • pro à 80% avec un enfant et un mari à 100%, 
  • à la maison pour cause de congé maladie /grossesse prolongé, 
  • de nouveau pro à 80% avec 2 enfants et un mari au chômage, 
  • pro à 80% avec 2 enfants en bas âge et un mari à 120% (la mort), 
  • pro à 50% ,
  • maman à 100% bicoz chômage… 
  • puis j'ai créé ma micro entreprise.

Bientôt 3 ans après, voici un petit bilan des + et des -

Commençons par les PLUS

1. Le point essentiel pour moi : la capacité à mener de front charge de boulot et enfants. 
Etre à son compte permet souvent bien plus de souplesse (selon son secteur d'activité) et c'est le cas pour moi.
  • je peux moduler mon temps de travail et gérer mes contraintes perso sans devoir rendre compte à qui que ce soit. Mes clients n'ont pas besoin que je me justifie (en tous cas, c'est à moi de ne pas le faire) : si je ne suis pas dispo pour eux, peu importe que ce soit parce que je bosse pour un autre client, ou que je gère ma famille. Donc ce n'est pas retraduit en termes de "elle n'est pas impliquée" comme c'est trop souvent le cas dans le monde salarié.
  • Je peux m'organiser à ma guise pour être dispo pour mes enfants quand ils sont dispo pour moi, et caser du boulot à des endroits qui ne me "coûtent" pas de temps-enfants : 
    • retravailler le soir, 
    • profiter de 20 minutes de calme pour finaliser un mail, 
    • avancer sur un dossier ou caser une conférence téléphonique sur les 40 minutes qui s'écoulent entre le moment où on a déposé l'aîné à son RDV psy et le moment où on doit l'y récupérer, 
    • gérer de front un appel pro pas trop prenant et la cuisson de ses confitures.
Etre à son compte permet donc de faire effectivement beaucoup, beaucoup de choses...mais ça peut avoir un prix : l'épuisement. Nous en reparlerons.


2. Ratio temps de travail / fric très positif pour ma part. 
Et notamment le fait que, si je bosse plus, je gagne plus (pour peu que je sache bien border mes contrats - ce qui est une autre histoire et invite à se poser la question de la juste valeur de son travail, de la juste valeur de l'argent, en se débarrassant au passage d'éventuelles inhibitions). 
Ca me change de mon ancienne vie de cadre au forfait jours et donc aux horaires extensibles sans autre contrepartie financière qu'une éventuelle augmentation ou une royale petite prime...

Reprendre mon PC le soir pour finaliser un truc se vit quand même différemment quand c'est quelque chose qui se traduira par des espèces sonnantes et trébuchantes. 

Je l'ai particulièrement ressenti il y a 18 mois, quand je suis partie 1 semaine en Asie animer des ateliers de communication multiculturelle. J'ai bossé comme une tarée avant et pendant, mais après, ça a été un weekend en amoureux à nous vautrer dans le luxe d'un Spa 4 étoiles, et, vraiment, j'ai énormément apprécié ce lien direct entre investissement et récompense, et ce weekend en avait une saveur particulière.
De la même manière, j'ai bossé comme une tarée en novembre et décembre, et du coup, même si janvier est plus calme et qu'une partie de moi est tentée de dire "euh, faudrait remplir un peu plus quand même", je suis aussi capable de me dire "pas la peine, tu as encaissé largement au dessus du budget prévisionnel le mois dernier, détends-toi et profite un peu".
Idem la gestion des mails : quel cadre (et beaucoup de non-cadres) ne souffre pas du syndrome de la boite-mail-qui-dégueule avec ses 574 mails non lus ? Je vais vous faire fantasmer : je n'ai pour ainsi dire plus de mails pro non-lus. Parce qu'autant, en entreprise, l'envoi et la mise en copie de mails semblent relever du sport national, autant, quand on est indépendant, les clients nous spamment avec beaucoup, beaucoup plus de discernement puisqu'ils savent bien que le temps que nous passons à lire leur prose n'est pas gratos (pour peu, encore une fois qu'on ait été claire sur le sujet)

3. Capacité à maximiser l'intérêt du temps passé au travail 
Quand j'anime des formations sur la gestion de la motivation, je souligne qu'on a tous, dans nos boulots, une part de choses qu'on n'aime pas. L'important est de respecter un certain ratio : 
  • 80/20 est qqch de sain, 
  • au delà de 70/30 on risque l'épuisement, voire à long terme le burn out, puisque trop de nos ressources vont dans des choses qui ne nous ressourcent pas, justement. 
Très clairement, depuis que je suis indépendante, l'intérêt de mon job a été dopé; je l'aimais à la base, mais je n'avais pas anticipé le constat indéniable que je fais maintenant. En tant qu'indépendante, j'ai la liberté de mes missions, de mes clients, et, du coup le sens de ce que je fais n'a cessé d'augmenter. Si bien qu'à présent j'évaluerais mon ratio à 90/10 voire même 95/5... Je n'ai plus ou moins gardé de mon job que les aspects qui ont le plus de sens pour moi. C'est ... KIFFANT.

4. Capacité, bis : être indépendante me permet également de répartir mon temps de manière à inclure une activité pro annexe pleine de sens
Si 95% de mon chiffre d'affaires repose sur mon activité RH, et que c'est là dessus que je compte pour nourrir la famille, ma micro entreprise me permet également d'"abriter" les ateliers et conférences Faber et Mazlish que j'anime, et c'est particulièrement réjouissant. 
Avec un bémol : le temps passé à Faber & Mazlisher étant très substantiellement moins rémunérateur que le temps passé à RHer, je peux libérer du temps RH (faire moins) pour Faber et Mazlisher, mais pas trop non plus sinon, pas de beurre dans les épinards (remarquez, en ce moment, IPLV de Mister H. aidant, j'ai moins droit au beurre, alors on s'en fout?), voire pas d'épinards du tout maintenant que nous avons complètement revu l'équilibre budgétaire de notre famille et que celui-ci repose sur moi, moi, et remoi.

5. Capacité du coup à développer encore cet intérêt ! 
Je suis libre du choix de mes clients, et ne manquant jamais de business, je peux me permettre de refuser ce qui ne me va pas, et privilégier ce qui m'intéresse davantage, que ce soit en terme de missions (thématiques), ou de clients : je n'ai plus à bosser avec des gens relous, à supporter des réunions récurrentes avec quelqu'un de mal embouché, à faire avec le despotisme de gens toxiques. 
  • Si je ne "sens pas" mon prospect, je ne le transforme pas en client, c'est tout. 
  • Un client me plaît ? Que ce soit un grand groupe ou une petite start-up, c'est à moi de voir avec lui dans quelle mesure nous pouvons encore élargir notre collaboration. 
A moi cependant de faire gaffe et de choisir avec soin.... Il m'est déjà arrivé de m'être maudite d'avoir accepté telle ou telle mission ;-) Mais c'est une leçon très formatrice. Et comme il s'agit de missions, l'embêtement est d'assez courte durée, et la leçon, elle, pour le long terme.
Dans tous les cas c'est ainsi que peu à peu, la partie formation managériale et/ou multiculturelle de mon activité s'est développée, puis la partie coaching pro. Des thématiques qui me font baver d'enthousiasme. Or comme on est toujours meilleur dans ce qui nous transporte, le cercle vertueux fait que mon efficacité au boulot augmente aussi, donc plus de clients dans ces domaines, donc plus de succès, donc ....etc. 
Autre aspect : moi qui aime la diversité, je suis servie. Je ne suis pas limitée par une définition de poste, je vais faire un peu de généraliste là, un peu de formation ici, de l'outplacement, ... uniquement ce que j'aime, mais tout ce que j'aime, sans avoir à choisir. Du coup je reste compétente dans tous ces domaines, et ce que j'apprends dans l'un enrichit ce que je fais dans l'autre.

TOP du top, hein ?


Avec quelques MOINS néanmoins.

1. En grand un, cette fameuse charge mentale 
Etre maman et à son compte, c'est
  • gérer les enfants, les repas, les courses, les habits (changer de taille de saison, approvisionner, laver, ranger), 
  • mais aussi leur garde : que d'énergie dévouée à bricoler une solution en fonction de son planning en constante évolution ! Les mamies au pair ont pu aider sur ce plan-là... sauf quand les relations délicates avec elles venaient encore alourdir la charge mentale. (mais celles avec qui c'était fluide, c'était le pied !!).
  • Et parfois, incompréhension du conjoint quand on le sollicite en dernier recours bicoz foirage des plans A B C et D et nécessité absolue de caser les enfants. (ça, ça a été très dur à gérer du temps où Monsieur Bout avait encore une vie pro, et la source de tensions aigües... et donc d'un surcroît de charge mentale)
cf le point suivant.

A cela s'ajoute un planning en constante évolution donc aucune routine sur laquelle se reposer
Idem sur le mercredi : conduites diverses, RDV, passer du temps avec les enfants, Shiva bonjour !
Et en tant qu'indépendante, en couple avec quelqu'un de non-indépendant, on est la personne qui reste dispo pour les histoires de plombier, gère les livraisons de bois de chauffage, les factures, les RDV médecins ou les interactions ultra fun avec la Sécu.

2. Une activité indépendante est souvent "invisible", moins vue par l'extérieur. 
Ca n'est pas considéré pareil, puisque sans horaires officiels. 
Et en particulier, c'est souvent moins réalisé par l'autre partie du couple : on est à la maison, non ? 
Ou on rentre avant le conjoint donc c'est tout comme. 
Le fait que peut-être l'heure qui a précédé son retour à lui a pu être consacrée en priorité à la gestion des enfants (logistique : douche, préparation du repas par exemple; et affective : câlins, jeux) et non à la gestion de la maison (ranger la maison, faire ranger les chambres …) échappe facilement à son attention (avec parfois la petite remarque qui fait plaisir merci).

3. Travailler en indépendant, c'est gérer son planning soi-même, mais aussi ses incertitudes de planning et de charge 
En ce qui me concerne, en tous cas, ma visibilité sur mon business est réduite, ma charge fluctue, et je ne sais jamais trop quelle tête auront les semaines et mois à venir. 
On a le stress d'être en sous-charge alors on se démène pour dégoter des affaires et puis pouf, tous les prospects se transforment simultanément en clients et on se voit mal les refuser. L'affaire part sur tant de jours et pouf, elle enfle. Ou inversement, on se croit full, puis pouf, un projet est divisé par 2, un autre est annulé, un 3ème est reculé.
Bon personnellement, à l'arrivée, cette dynamique chez moi cause plutôt une surcharge qu'une sous-charge: hormis mon tout début de business, puis mon tout début de retour en congé maternité, j'ai passé mon temps à me dire que "c'était la mort le planning mais d'ici quelques semaines ce serait le bout du tunnel"; tunnel magique se prolongeant à chaque fois que je m'approchais de sa fin. (c'est pas pour rien que ce billet de blog est le premier depuis aussi longtemps)

4. Et lié à ça, il y a aussi l'incertitude financière / trésorerie
  • Vais-je rapporter assez ? (même si dans les faits j'ai toujours trop de business, je ne suis jamais sûre que ce sera toujours le cas, eh) 
  • Quand vais-je être payée ? Un point que j'avais totalement sous-estimé à mes débuts, mais que j'ai vite réalisé quand mon premier client m'a réglée plus de 3 mois après le début de prestation. 
Autant dire que pour pouvoir gérer cet aspect là, il faut 
1. des nerfs d'acier ou 
2. ne pas être dépendant de ce revenu pour payer les factures immédiates ou 
3. s'en être rendu moins dépendant en constituant un très gros matelas financier immédiatement disponible (ce qui est typiquement ce à quoi nous travaillons maintenant que nous n'avons plus le salaire de Monsieur Bout pour tabler sur le point 2).
Faute de tout ça, bonjour à un surcroît de charge mentale quand le compte en banque s'orne de jolis chiffres rouges.

A ces aspects standard de la vie micro-entreprise se sont rajoutés chez moi d'autres éléments
  • l'écriture d'un bouquin n'a pas amélioré le truc pendant mes premiers moments d'indépendante.
  • la charge mentale des interrogations existentielles du mari sur sa vie pro
  • le poids des finances liées avec les perspectives qui se dessinaient d'une rupture de cette vie pro
  • plus les inquiétudes autour du bien-être de l'aîné (y compris, serrer les fesses en allant chercher son fils à l'école car on sait qu'on risque de se prendre des retours négatifs après l'école, et qu'on ne sait pas dans quel état on va retrouver un fiston; proba : survolté)

Bref, tout ça, ça m'a menée pas loin du burn-out il y a 18 mois.
Heureusement, nous avons pu réajuster peu à peu pas mal d'aspects, le premier étant que Monsieur Bout prenne conscience de tous les aspects cachés de l'activité, le second étant que je baisse mon propre niveau d'exigence.
Ce qui est drôle d'ailleurs, c'est que ça m'a rappelé le début de fatigue connu quand j'étais à 50 % : le piège du 50%, le piège de l'indépendante, c'est qu'on a tendance à se coller et à nous coller les exigences de la "femme active professionnellement" ET de la "maman au foyer" : bosser ET avoir une vie sociale ET faire de la bonne cuisine ET...et.et.
C'est pourquoi si ce billet devait avoir un titre alternatif, ce serait : Maman & micro-entrepreneuse... le dangereux mythe de l'ubiquité.




Mon bilan reste donc positif : hors de question pour moi, à l'heure actuelle, de repasser dans le salariat. Mais j'ai mesuré certains des points potentiellement dangereux, et je me suis dit que ce retour d'expérience pourrait servir à d'autres. Si vous avez des partages complémentaires à apporter, ce sera avec joie !

Aujourd'hui, c'est encore un autre rythme que nous avons : car clairement, être maman et micro-entrepreneuse, c'est une tout autre manche avec un mari au foyer

Mais ça ne se traduit pas par beaucoup de temps libre non plus, comme vous aurez pu le constater au délai indécent qui s'est écoulé sans le moindre billet sur le blog. 
Je suis cependant pleine de bonnes résolutions (et surtout d'une furieuse envie de vous blablater), avec notamment, en théorie, un billet sur le sommeil des bébés et un autre orienté... fashion, à sortir bientôt 
(Ouais : je suis une fashion victim. 
Je vais me réinventer en blogueuse mode. 
Comptez-dessus. 
OU PAS.)


lundi 5 octobre 2020

L'emploi du temps de la famille Bout - révélations exclusives !

Bon, suite à mon billet de rentrée, il paraît que la manière précise dont nous nous sommes organisés pourrait intéresser les foules avides de mon lectorat.

Alors, comme c'est pas dur à expliquer et que je cherche la facilité, hop, voici un petit billet rapide de derrière les fagots.

Eléments de base (qui sont ceux sur lesquels nous avons basé notre réflexion au moment de la décision de rebasculer F. en école à la maison)

  • F. doit faire IEF 4 matinées par semaine 
  • il doit avoir un créneau long et régulier sans nous en collectivité
  • E. est à l'école 4 jours par semaine de 8h30 à 16h
  • H. va chez sa nounou les mardis, et les lundis en option
  • La Gwen bosse de manière irrégulière, parfois à la maison, parfois pas
  • La Gwen veut animer des ateliers de parents Faber et Mazlish en plus
  • Monsieur Bout a besoin de 20h par semaine de travail personnel pour suivre sa licence à distance


Organisation initialement prévue lors de ladite décision

  • 4 jours par semaine, Monsieur Bout gère les enfants
    • trajet d'école d'E. , puis IEF avec F. de 9h à 12h30, puis déj. 
    • Il a ensuite 2h de travail perso de 13h45 à 15h45, 
    • il va ensuite chercher E. puis emmène les enfants au parc ou les gère jusque 18h où il rentre préparer le dîner. Il case la gestion du linge dans les temps morts, et s'occupe de H. en parallèle les jours où celui-ci est présent.
  • La Gwen ne prévoit jamais (sauf exception absolue) de bosser les mercredis : le mercredi est un jour OFF pour Monsieur Bout, qui le passe intégralement sur ses études
  • 3 soirs par semaine, Monsieur et Madame Bout font quelque chose ensemble, au choix : 
    • un truc tous les 2 à la maison (genre regarder enfin Downton Abbey, jouer, ou même, parler !),
    •  un truc tous les 2 en dehors si moyen de faire garder les enfants, 
    • ou un truc social : recevoir ou être reçus
  • Les autres soirs, chacun fait ce qu'il veut : du blog, du téléphone, de l'animation d'ateliers pour la Gwen, du travail pour sa licence pour Monsieur Bout
  • Le weekend, c'est liiiibre, on passe du temps ensemble


Petits grains de sable dans l'organisation prévue :

  • F. est plus long à bosser que ne le pensait Monsieur Bout; 

Du coup ce qui était prévu "au départ" ne colle plus car Monsieur Bout envisage de récupérer 1h certaines après-midis. Personnellement, ça m'embête, mais c'est à la personne qui prend en charge l'IEF de décider de son organisation; et il se trouve que cette fois-ci, cette personne n'est pas moi...

  • Le créneau "F. en collectivité", pressenti le mercredi au départ, tombe les lundis en fait 

Le hasard m'a mis sous le nez une possibilité, que j'ai saisie au bond, et donc j'ai monté, avec un animateur, un créneau d'activité IEF : 1 lundi sur 2, les enfants IEF du coin sont en forêt toute la journée, encadrés par des animateurs, pour des jeux, découvertes, constructions de cabanes et vélo. Je suis MEGA fière d'avoir réussi à coordonner ça et F. KIFFE.

Mais surtout

  • on a rajouté la "petite" formation suivie par la Gwen, qui l'occupe donc un certain nombre de vendredi-samedi en plus, et lui remplit ses temps morts et ses soirées de lectures passionnantes mais ô combien prenantes (mais passionnantes - mais prenantes - mais...)

et surtout surtout

  • Le rythme de H. n'est en fait pas du tout calé
Haha, après 2 bébés ayant fait leurs nuits ridiculement tôt on n'avait paaas du toooout anticipé ça. 

Donc non seulement il ne fait pas nos nuits, mais il ne fait pas nos soirées, ce qui implique que tout ce que nous avions prévu pour nos soirées est ... pas gagné. Et son rythme en journée est imprévisible encore. 

Le coup du "Monsieur Bout étudie pendant la sieste du Boubinours" : haha; 

idem celui "Gwen anime un atelier pendant que Monsieur Bout bosse ses cours et que tout le petit monde dort" : Pffffrttt pour le moment. 

Ne parlons pas des moments tranquilles à 2 : il y en a; mais de là à les prévoir...


Donc on a rebeloté : 

  • Monsieur Bout ne compte plus sur les après-midi des jeudis et vendredis (jours où il a H. à la maison à gérer) pour avancer dans ses chères études : il prévoit de gérer un peu d'école de F., et de gérer la maison avec H. en porte-bébé si besoin (ce qui est réaliste, alors qu'apprendre des machins ou rédiger des bidules avec un bébé pas très calme ne le serait clairement pas, et source de grandes frustrations chez chacun des 2 protagonistes)
  • En revanche, il a toujours ses 2h le mardi après midi, et 1 lundi après-midi sur 2 (celui où pas de sport), et il a un lundi entier sur 2 pour lui (les lundis où F. est en forêt), puisque nous mettons H. chez sa nounou à ces moments là.
  • Et du coup, le weekend, nous lui avons réservé, soit le samedi après midi, soit le dimanche après-midi (si c'est une semaine avec une Gwen qui a cours les samedis) à lui pour bosser : je gère les enfants à ce moment. L'autre après-midi c'est truc en famille.
  • Les soirs, ben, pour le moment on se répartit, en attendant des jours / nuits meilleur(e)s.

Trucs importants qui aident à la détente de part et d'autre

  • nous n'avions pas inclus, dans notre calcul, l'éventuel support qui serait apporté par la présence épisodique de nos mamies au pair (Oui, ça fait 18 mois que je dois venir vous raconter notre nouvelle organisation sur ce plan. Alors, hein, 1 ou 2 mois de plus ou de moins...). Nous nous étions dit que ce serait tout simplement du "plus" bienvenu mais que notre organisation devait tenir sans. Ce en quoi nous avons fichtrement bien fait puisqu'avec l'intensification des restrictions COVID c'est raté pour la venue de nos mamies au pair
  • même quand je suis à la maison, je suis censée être au travail donc je ne suis pas sollicitée (pour une sortie d'école par exemple); sauf pour les tétées, et si et seulement si je ne suis pas au téléphone / visio avec des clients. Grâce à cela, je suis sereine : j'ai toute ma journée devant moi et je peux avancer
  • les études de Monsieur Bout sont considérées comme du vrai boulot : ce point l'inquiétait beaucoup et cette inquiétude a été source d'un bon paquet de tensions : il avait peur d'être la variable d'ajustement, et donc le fait qu'on rebelote l'organisation pour assurer qu'il ait effectivement son comptant d'heures l'a beaucoup aidé
  • les heures d'études de Monsieur ne sont jamais positionnées entre la sortie d'école et le dîner
    • Ca crispait beaucoup les soirées, l'an dernier, quand après le retour de l'école le parent sensé s'occuper de F. et E. essayait de faire autre chose. Là, niet, on s'arrange autrement. 
    • Ces derniers jours, la tentation a été grande pour lui de quand même en profiter pour vite fait... Mais je lui suis rentrée dans le lard car j'ai trop conscience de ce que nous risquons ainsi. Et il a lui-même admis que même si c'était compliqué et tentant, il valait en effet mieux qu'il se tienne à ce qui était prévu plutôt que chercher à grapiller.
  • bêtement pratique mais ...: un tiroir de notre nouveau congélateur est rempli de trucs "faciles et rapides à cuisiner" : soit des machins TooGoodToGo, soit des plats cuisinés exprès en double et congelés. Ca permet de fluidifier, pour Monsieur Bout, la gestion des déjeuners de semaine : il a plus ou moins juste des trucs à réchauffer, donc il branche F. sur un exercice, descend de la salle de classe lancer la cuisson, remonte, et redescend pour le déjeuner.
  • Idem, là, cette semaine, j'ai refait une commande Good Goût : je vais certes tâcher de cuisiner autant que possible maison les purées du Boubinours, mais la semaine qui vient de s'écouler m'a déjà montré qu'il fallait quand même que je prévoie de quoi me délester parce que clairement, à certains moments ça risque d'être la goutte de purée qui fait déborder le vase
  • enfin, vous aurez remarqué que je n'ai prévu aucune activité "extra-scolaire" les mercredis : 
    • F. a son VTT /forêt un lundi sur 2, plus d'occasionnels évènements et sorties avec le réseau IEF ou en fonction des visites que nous avons (famille etc); il était question qu'il continue le tennis avec son ancienne école, hélas le planning de l'école a changé et ledit tennis tombe aussi les lundis d'où télescopage avec le VTT. Et finalement il ne réclame pas plus que ça.
    • quant à E., j'ai estimé que ses 4 journées d'école étaient suffisamment riches pour ne rien rajouter. Elle avait beaucoup réclamé, l'an dernier, de faire de la danse classique; mais renseignements pris, les cours dispensés pas loin ont la réputation d'être gérés "sévèrement", et comme mon objectif n'est pas qu'E. termine à l'Opéra de Paris, je ne vois pas l'intérêt de l'exposer à ce genre d'interactions.
    • ça nous permet d'avoir nos mercredis à nous, tranquilles, SANS CONDUITES, et d'en profiter pour faire des trucs ensemble (je m'efforce autant que possible que nous soyons en dehors de la maison pour que Monsieur Bout puisse étudier au calme), voir des amis, etc.




Est-ce que ça tient ?

Pour le moment, oui.

Mais pour le moment, j'ai encore assez peu souvent du boulot m'obligeant à quitter la maison, en dehors des journées de ma formation, durant lesquelles je m'absente alors 12h d'affilée. Mon rythme de travail externe va peu à peu s'intensifier dans les prochaines semaines, et ça va être très drôle.

D'autant plus drôle que pour le moment, les nuits suivant mes journées de formation, H. est pendu à moi, ce qui augure splendidement bien de l'avenir. 

On va voir c'qu'on va voir...


(comme le formulait si subtilement un tweet lu récemment : 

je n'ai pas besoin de faire du sport, je cours déjà à ma perte)

mardi 15 septembre 2020

Rentrées en pagaille chez la famille Bout

Qui veut de la rentrée ? Elle est beelllle ma rentrée !! Y en a pour tous les goûts, n'hésitez plus !

  • 1. E. a fait sa rentrée 
dans la même école et la même classe Montessori que l'an dernier. 
Quelques petits changements quand même puisque notamment elle n'y a pas retrouvé sa cousine du même âge, déménagée à l'autre bout du globe (SNIF. Ayez des sœurs globe-trotters...), mais une E. toute heureuse tout de même, et dont le retour en classe se caractérise instantanément par la réapparition de petites comptines en anglais chantonnées dans son bain. Et des couchers plus tôt, la fatigue de journées bien remplies aidant. 
Une petite fille à sa place.

Le rythme "école à la maison" se prend, il apprécie le temps passé avec son père, rouspète aussi bien sûr (on n'est pas au pays des Bisounours), et profite du fait que je suis encore beaucoup à la maison pour savourer quelques instants avec son honorable mère durant les moments de pause. 
Il est bien évidemment encore tôt pour tirer un bilan, mais, franchement, le jeune homme aussi semble être à sa place.

  • 3. H. aussi a fait sa rentrée ! 
Il m'a accompagnée pour le déplacement à Strasbourg qui a constitué mon premier jour officiel de travail (animation de formation), en profitant de ce que son parrain y habite

Boubinours malheureux comme les pierres chez son parrain pendant que Maman bosse à la mine - ZOLA, le retour

Et ensuite, il a commencé l'adaptation chez la chouette ass mat qui l'accueillera 1 à 2 jours par semaine en fonction des besoins de Monsieur Bout, cette année. 
Le choix de l'ass mat en question a été uuuultra difficile : c'est tout simplement celle qui s'est occupée des enfants de Claire, illustratrice des 200 moments de parentalité positive, et dont le déménagement a laissé un grand vide dans mon cœur … mais également des places vacantes chez ladite nounou, niark niark (qui se trouve, pour ne rien gâter, à exactement 2 minutes à pied de chez moi. Dur dur). 
Cette nounou est top, elle est ravie d'avoir un bébé allaité et couche-lavablé à gérer, bref, je me retrouve dans la position enviable de la nana qui, quand elle fait garder son fiston, peut le faire en chantonnant. H. y est à sa place, très souvent dans mon Mei-Tai (dont elle s'est emparée avec enthousiasme) et/ou en train de faire des sourires.

  • 4. Du coup, celui qui a fait son grand retour  / sa rentrée également, c'est le tire-lait. 
J'ai repris le même modèle que du temps d'E., et la lactation va toujours aussi bien, donc le tiroir du congél dédié à ma production se remplit. Bon, hein, y a toujours plus glamour, mais ça fait le job. 
Sachant que je monte d'un cran encore en niveau de complexité : 
    • Bébou 1 = salariée ayant son bureau à elle, pratique pour tirer, 
    • Bébou 2 : salariée en open space, squattant des salles de réunion pour tirer, 
    • Bébou 3 : indépendante ne bossant jamais au même endroit, à l'affût d'un endroit et d'un moment pour tirer (rha que je bénis la fonction "batterie" de cette machine !!). Avec toutefois l'avantage d'avoir, en tous cas pour le moment, une part non négligeable de jours de travail from home, ce qui allège quand même la charge. 
Bref, un tire-lait à sa place, pas loin de ma sacoche d'ordinateur.

  • 5. Monsieur Bout a fait sa rentrée de papa au foyer IEFeur
Je vous promets (les promesses n'engagent que ceux qui y croient) un billet sur les supports et l'organisation qu'il a choisis pour cette année d'IEF avec F. (je prévois de l'interviewer, un peu sur le modèle de ce que j'avais fait en bilan de nos ateliers Faber et Mazlish). J'avoue que je ne suis pas au courant de tout, puisqu'un effort que j'ai du faire, MOAH, c'est que puisque ce n'est pas moi qui fais IEF, ce n'est pas moi qui détermine comment l'IEF est faite. Ha. Ouais c'est pas facile. 
En tous cas, ce que je peux vous dire, c'est que cet été au moment du choix desdits supports on aurait dit que Monsieur Bout faisait sa liste au Père Noël, il était tout fou content (sur le plan financier, même effet qu'une liste au père Noël aussi.). 
Il a un peu craint de ne pas trouver de rythme, entre la gestion de la maison, du Boubinours, de l'IEF, et du point suivant, si bien que nous avons du réviser aussi certains aspects d'organisation (ce qui s'est fait après pas mal de grincements de part et d'autre dans l'amour, le dialogue et l'harmonie la plus totale - qui a dit "ou pas ?")... mais chacun trouve sa place.

  • 6. Monsieur Bout a également fait une autre rentrée : sa rentrée étudiante ! 
Le principe de cette année étant qu'il démarre une licence à distance. 
Il a donc fièrement reçu sa carte étudiante, est ravi de savoir qu'il aurait théoriquement le droit de profiter de la gastronomie du CROUS, et profite des créneaux que nous lui avons ménagés dans la semaine pour avancer. Il est juste ravi de son statut d'étudiant.

  1. 7. J'ai fait ma rentrée professionnelle officielle 
(après plusieurs semaines à bosser dans l'ombre pour la préparer... merci le statut d'indépendante qui fait que le boulot ne m'attend pas tout prêt au retour d'un congé maternité, et merci le COVID qui fait que les missions alignées pour mon retour avant mon congé maternité ont toutes disparu), et ... franchement, ben, c'est cool, parce que 
1. J'aime ce que je fais
2. J'adore ce que je fais, en fait
3. Bosser avec un conjoint qui gère le quotidien c'est juuuuste le pied. Petit clin d'œil à celles de mes lectrices qui assurent à la maison pendant que Monsieur ramène le fric : je ne sais pas si il réalise la chance qu'il a, et la différence que ça fait en termes de sérénité, mais moi, hein, je vous le dis : je le réalise, et je l'apprécie doublement, c'est ENORME.
Bref, je suis bien à ma place hors de la maison parce que je sais que la place à la maison est bien occupée.

avec le lancement d'un cycle Parler pour que les enfants écoutent, un cycle Frères et Sœurs sans rivalité (qui s'adressera en priorité aux anciens de mes groupes "Parler pour que", donc je me réjouis doublement puisque ce sera l'occasion de reprendre une relation passionnée et passionnelle avec eux), et pour faire bon poids, je rajouterai une ou deux soirées piqûre de rappel, notamment à destination de ceux des anciens qui ne participeront pas au cycle Frères et Sœurs .
Restent à vérifier un peu les aspects sanitaires, j'avoue qu'à l'idée d'animer des machins avec masques je suis un peu chagrine, car les animations de conf / formations que j'ai pu faire avec masque ces dernières semaines,... ben, c'est horrible de parler à plein de gens sans voir leurs expressions.
Une rentrée pas évidente à organiser, surtout, car dur de leur trouver des places dans mon agenda ! Le plus raisonnable serait évidemment de ne pas en tenir, mais... qui a prétendu que j'étais raisonnable ??

  • 9. Rentrée et retour dans les transports en commun, du coup, 
dans lesquels je n'avais pas mis les pieds depuis 6 mois. 
Vous m'croyez, vous m'croyez pas, ça, ça ne m'avait pas manqué. En revanche, pour le moment, les trajets et horaires dont j'ai eu besoin ne m'ont pas posé de problème de place, c'est toujours ça. (Mais LES PUBS ! Je réalise que je ne supporte plus les messages subliminaux qu'elles envoient. Bref. C'est pas le sujet. Mais quand même. Grumpf).

  • 10. Héhé, celui qui avec tout ça a fait sa grande rentrée, c'est... mon Bullet Journal !! 
Lui qui avait été délaissé pendant de longs mois a fait son grand retour, il est de retour, en fanfare ! 
Ce machin m'est juste indispensable pour gérer de front, et encore une fois, encore une fois, encoooore une fois, j'aaaaaime son effet "aide à la concentration / "aide à l'action" et "délestage de cerveau". D'ailleurs j'y ai inauguré une nouvelle catégorie intitulée "Vide cerveau - to do list de septembre": à chaque fois qu'un "il faut que" me traverse l'esprit, je le dépose là, charge de venir y piocher ultérieurement.
Le Bullet Journal a repris donc toute sa place, en permanence à moins d'1m de la Gwen. Je le remplis le soir pour le lendemain, le complète au fur et à mesure de la journée, et je l'aime.

10 rentrées achetées, une offerte !
De manière imprévue, je m'en suis rajouté une en last minute, ayant sans doute trop de temps et trop d'argent à disposition

  • 11. J'ai repris une formation !
Une formation au coaching professionnel en entreprise : de plus en plus, mes fonctions m'amènent à en faire, mais je me voilais un peu la face sur ce point. 
Et puis, pouf, un dîner, quelqu'un qui vient appuyer pile poil là ça fait mal, et en quelques heures, des pièces de puzzle qui s'assemblent et m'amènent à admettre que, si, je ressens le besoin d'approfondir cet aspect, pour avoir une approche plus systématique et plus solide, et développer ce domaine, et que le moment, c'est maintenant. 
J'ai commencé la semaine dernière (22 jours dans l'année, répartis sur 11 lots de vendredi-samedi... sans compter bien entendu 2 coachings complets à avoir terminé d'ici la fin de l'année, un mémoire à écrire plus pas mal de travail perso annexe dont une coquette bibliographie à digérer. Doigts dans le nez !), je dégouline d'enthousiasme. J'ai pris la décision en 8 jours, mais une chose est sûre : OUI, j'y suis à ma place !!


Moralité : globalement, tout est à sa place, tout trouve sa place, même... les trucs dans notre maison !! Si ! Je vous assure ! Car le truc de ouf, c'est que notre maison est rangée ! Les efforts que j'ai faits en fin de grossesse et en post partum ont été plus que complétés par l'énergie foudroyante qu'a déployée Monsieur Bout une fois qu'il a été acquis qu'il allait passer l'année à la maison. Il a profité de l'été pour pulvériser tout ce qui restait de bazar à la maison, c'est fou ce que ça fait du bien.

Donc des rentrées 2020 en pagaille , mais sans pagaille.

Cf mon amie Flylady : chaque chose à sa place, une place pour chaque chose...