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lundi 11 novembre 2024

Habitica X Faber et Mazlish : le crossover !

Peut-être avez-vous lu mes derniers billets sur Habitica, l'appli de productivité qui me dope/préserve ma santé mentale depuis 5 mois. Si ce n'est pas le cas, courez-y vite! 

Accessoirement, je viens de tester l'efficacité en période adverse : elle m'a bien aidée à limiter les sorties de route / reprendre du poil de la bête durant ces semaines d'entorse et de vacances, circonstances pourtant parfaites pour chambouler les bonnes habitudes et perdre tout rythme.

Aujourd'hui, voici la mise en œuvre d'une idée qui m'était venue en vous écrivant lesdits billets : utiliser le système de challenges collectifs existant sur l'appli pour à la fois


J'ai donc créé un challenge sur Habitica. Si cela vous fait envie, voici le lien.

https://habitica.com/challenges/f2ab8f33-ec6e-4840-969a-212af767f89e

Pour rappel

  • Habitica est une appli (smartphone, ordi) gratuit, vous pouvez y filer profiter du challenge sans rien débourser
  • Une fois que vous cliquez sur "rejoindre le challenge", les tâches correspondantes viennent rejoindre votre liste de tâches et y resteront tout le long de votre participation au challenge : venant donc servir de déclencheur idéal (cf loi 1 de Atomic Habits), au quotidien, pour vous inciter à agir, par petites touches, dans le sens qui vous tient à cœur

par ailleurs

  • ce challenge sera structuré de la même manière que des ateliers Faber et Mazlish : en 7 parties, chacune correspondant à un chapitre du bouquin phare "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent".
  • Je lancerai un challenge (= 1 partie) tous les 15 jours environ (ce sera plus espacé autour de Noël) : on est donc partis pour 3 gros mois ensemble.
  • Je le publie à chaque fois en mode bilingue : anglais et français.
  • ça démarre le 16 novembre, il est bien évidemment possible de s'y rajouter en cours de route.
  • y a moyen de bien se marrer je pense.

Au plaisir de peut-être vous y retrouver !





lundi 18 mars 2024

Brèves d'ateliers Faber et Mazlish #3 : Quand le parent met en priorité le fait de s'économiser,... et fait bosser des post-it à sa place

En fait, celle qui met en priorité le fait de s'économiser, c'est d'abord moi. 
Le billet "Gwen en mode émission TV" annoncé la dernière fois attendra (hihihi) : aujourd'hui, je me vautre dans la facilité (oui, parfois, la Gwen est une femme facile). Je n'écris rien ou presque, j'édite à peine : je vous partage les What's App d'une participante à ma session d'ateliers de communication adulte-enfants Faber et Mazlish 2024 (en présentiel, à 2 pas de chez moi dans le 78). Session que j'ai organisée, d'ailleurs, sous l'impulsion de la participante en question, qui l'attendait avec impatience. 

Eléments de contexte (oh mince du coup j'écris quand même. Arnaque)

  • T. est maman de 4 garçons, dont 2 ados (M. et N.)à fonctionnements particuliers, et une paire de jumeaux de 3 ans (S. et U.).Ce qui, soit dit en passant, peut constituer un élément de réponse à la question fréquemment posée (et sur laquelle j'avais prévu un article de blog mais bon hein) : "la parentalité positive, c'est faisable avec une famille nombreuse ?". Notons que T. est également enseignante en collège.
  • Mardi dernier, c'était la séance 3bis. C'est-à-dire la séance que je rajoute de mon propre chef aux cycles F&M que j'anime, et qui comportent en théorie 6 thèmes + 1 soirée de clôture. Le thème de cette séance 3bis (qui intervient donc après la séance 3, pour ceux qui suivent) est PAS-DU-TOUT quelque chose qui parle aux parents : "colère et culpabilité du parent"
  • Durant cette soirée (au cours de laquelle on aborde tout une série de choses dont des notions qu'on retrouve dans ce billet-ci et dans celui-là), T. a réagi à la notion de "économiser son énergie de parent" en partageant au groupe une prise de conscience : elle parlait trop, avec 2 effets majeurs : 
    • ça ne laissait pas à ses enfants le temps de réagir, 
    • et ça l'épuisait, elle. Elle est donc repartie fermement décidée à faire de la semaine en cours une semaine écologique pour elle.


Vendredi, alors que je suis en réunion chez un client, tombe un message What's App de sa part. 

Et donc, hop, la parole est à T., notre testeuse inspirante du jour !


Mes réussites FABER


Tout a commencé par un post it : JOUR 1 ESSAI 1. 

N. me dit : 

"Maman je peux faire un peu de Wii j'ai super bien bossé et demain pas d'école". 

Je lui dis ok mais 20min. Il commence son jeu. Je suis.un peu sous l'eau ce soir car Monsieur rentre tard. Je me lance dans l'écriture de mon premier post it, ma première note.

J'inscris :

 "SVP quand timer terminé :

- débarrasser le lave vaisselle

- mettre la table

- ranger ses affaires

Signe Maman qui t'aime."

Je lui mets le timer sous les yeux avec le post it collé dessus et je m'en vais chercher les petits à la crèche.  

Je reviens et je constate que tout ce que j'ai demandé a été fait. Je suis tellement fière et excitée de voir si N. va me faire une remarque. Je n'ai pas eu besoin d'attendre longtemps car il guettait mon retour : 

"Au fait maman, il m'a fait trop rire ton post it. T'inquiète pas j'ai tout fait. Mais c'était trop drôle". 

Je fais "mmmm, ahhh, chouette", sans plus. 

Je pars à ma soirée copine.


JOUR 1 ESSAIS 2,3,4,5

 En rentrant à la maison, c'est le b.... Je reste zen et je dégaine ma nouvelle habileté préférée... La note, enfin, le post it. Et je ne m'arrête plus ....une série de posts it pour les sacs en vrac, le manteau pas rangé, la table pas débarrassée, les chaussures qui traînent par terre. Un post it par problématique/ avec humour et maman qui t'aime


JOUR 2

Mon réveil sonne...je me lève du lit, j'entends M. qui accourt dans les escaliers en les montant 4 à 4 et me hurle de joie : 

"Maman j'ai bien vu tous tes post-it. Ne t'inquiètes pas j'ai tout fait. Et le post it du manteau tu sais ce que j'ai fait ? Je l'ai mis sur le manteau de papa car il n'était pas rangé non plus. Mon but ça va être de redistribuer tes post it".


JOUR 2 ESSAI 6 ET 7

La saga des post-it continue. 

Ce soir mon mari (à qui j'ai mis un post it sur ses tongs "Tongs en vue"... Oui j'en peux plus de me prendre les pieds dans ses tongs tous les jours) : 

"Je range mes tongs .... Et mon sweat (post it reattribue par M.) pour ne pas avoir à te faire faire d'autres post-it"...

La soirée se poursuit. S. mange comme un cochon : il met ses doigts dans le yaourt recrache ce qu'il met dans sa bouche. 

Je me lève et j'écris un post it (sur mes nouveaux post it super sticky) : 

"Table et dîner réservés aux enfants qui mangent proprement".

Je colle le post it sur la carafe d'eau histoire qu'il soit bien visible et je lis méticuleusement ma note. S. continue à mettre ses doigts dans le yaourt et à patouiller.

U. agacé lui dit : 

"S., y'a écrit pro-pre-ment, regarde là" (Je jubile intérieurement sans rien dire). 

S. fait comme s'il n'avait rien entendu, échec, il continue. Je réfléchis sans rire dire et j'essaie d'utiliser une autre habileté : "la réparation". Toujours sans rien dire, je lui tends une lavette humide. 

Il me répond : 

"Non merci maman pas besoin je vais aller à la douche pour me laver". 

La je suis sciée en 2.... Il me trouve sa réparation maximale tout seul (il n'aime pas la douche il faut le préciser pour comprendre mon état d'esprit du moment).

Je suis en train de devenir une serial post-iteuse.

"La femme qui postitait à l'oreille des ados" 😁

 

JOUR 3 ESSAI...je ne les compte plus. 

J'ai demandé aux enfants de coller les post its traités sur la porte du placard de l'entrée. Je jubile à chaque moment car les post its servent encore et encore. Je les colle et les recolle à volonté. J'économise ma salive et mon énergie. 

Au moment de passer à table, je dis aux petits d'aller se laver les mains. S. me dit : " Maman c'est écrit où dans les règles ?". Je lui dis : "ah c'est vrai ce n'est pas écrit". Je lui tends le bloc de post-it et un stylo. Il dessine quelque chose avec beaucoup d'application et va le coller à côté de son tableau de routine avec un petit air fier : "voilà maman". (Bon je ne vous raconte pas la suite et la crise de colère pour écrire mille autres post-its...).




Alors, ça vous inspire ? Parce que si oui, il semble que T soit déterminée à fournir d'autres exemples d'application pour les prochains temps, dans le plus pur style des bons vieux billets "Une Semaine en Parentalité Positive" (genre la réussite sur la réparation qu'elle mentionne en fin de WA).

lundi 18 décembre 2023

Front parental : "Ne jamais reprendre son conjoint devant les enfants" - Ben si.

Tout récemment une discussion Facebook m'a rappelé une autre de ces grandes croyances si répandues dans nos têtes de parents, et qu'il est tellement difficile de remettre en question... et tellement important car bénéfique pourtant : j'ai nommé...

La nécessité de "faire front" devant les enfants 

= se montrer d'accord avec son conjoint sur les décisions concernant les enfants, y compris le soutenir devant eux / ne pas le contredire ou contrecarrer quand il agit d'une manière qui nous semble pourtant pas ajustée voire franchement nocive.

En l'occurrence il s'agissait d'un conjoint ayant recours à des mots très blessants envers les enfants ("tu es nul"), et des mesures humiliantes, à des fins de discipline. 


Les échanges Facebook m'ayant amenée à approfondir / détailler un peu ma réflexion sur le sujet, j'ai réalisé que je tenais là une de ces fameuses #phrasàlacon, un de ces mantras dont on hérite et reprend si facilement comme une vérité de base, inquestionnable. 

Et en fait... sans l'avoir fait consciemment, je m'aperçois que, alors que c'était très clairement quelque chose dont j'étais persuadée avant d'avoir des enfants, je m'en suis bien détachée.

Alors, des fois que ça puisse vous servir, questionnons ensemble : 

En quoi est-il excellent de contredire son conjoint dans ce genre de situations ?


1. Déjà, il y a là un signal important : il est essentiel pour rassurer l'enfant, restaurer ce qui est blessé ainsi dans son intégrité

Aucun parent ne se comporte toujours parfaitement envers son enfant (sauf moi, bien évidemment... hum hum), nous blessons donc nos enfants régulièrement. Pas moyen de l'éviter totalement. 

Mais quand un parent débloque, soit par exception, ou encore davantage quand c'est régulièrement, il est très précieux que l'enfant puisse avoir la confirmation, par la réaction de son autre adulte de référence, que ce qui se passe n'est pas "normal", acceptable, et encore moins mérité.

Cela permet d'atténuer considérablement l'impact des mots / actes du parent-qui-débloque, en augmentant les chances que l'enfant puisse davantage les catégoriser comme tels, et non comme des vérités intangibles. 


Ca, c'était mon premier niveau de réponse, celui qui est sorti le plus spontanément. Et puis en fait... d'autres me sont apparus. 

En contredisant son conjoint devant ses enfants, on les protège dans l'instant, eux, et dans l'avenir (en leur montrant que personne n'a le droit de leur dire des trucs pareils)... et ...


2. On leur transmet également des messages forts et ô combien précieux sur le couple, et l'amour en général :

  • droit de penser /ressentir différemment dans un couple
  • droit de se disputer: ce n'est pas la fin du couple
  • les adultes peuvent avoir tort 
  • et on peut estimer que quelqu'un a tort et continuer à l'aimer

Droit de penser / ressentir différemment : pour être un couple, pas besoin de nier son identité, on peut ne pas être d'accord. A l'inverse de cette citation de Woody Allen (eh, je me cultive en vous écrivant : jusqu'à ce que j'aille vérifier je pensais que c'était Sacha Guitry, mais Google m'a appris le contraire).
Le mariage, c'est quand un homme et une femme ne font plus qu'un. Le plus difficile, c'est de savoir lequel.
C'est tellement important de réaliser qu'être amoureux ne signifie pas abdiquer son identité et ses ressentis propres ! Y compris dans nos petites et grandes limites personnelles : les 3 Bouts savent par exemple très bien que mon niveau de tolérance au bruit n'est pas le même que celui de Monsieur Bout, et que donc, les "règles" autour du bruit ne sont pas les mêmes selon si ce sont mes oreilles uniquement qui sont impliquées, ou celles de leur père.


Droit de se disputer : oui, en prenant le contrepied de notre conjoint devant nos enfants, on leur montre qu'un couple qui s'aime se dispute aussi. Si nos disputes n'ont jamais lieu devant eux, comment pourraient-ils vivre leurs propres disputes de couple futures comme quelque chose de normal ? 
J'ai en mémoire l'une des mes colocs autrichiennes dont les premiers mois de relation avec son petit copain ont été ponctués de plusieurs quasi-ruptures : à chaque dispute, ledit petit copain voulait rompre car à ses yeux, se disputer était le signe qu'on n'était pas faits pour être ensemble. C'est embêtant, puisque un couple, ça se construit aussi sur sa capacité à surmonter les crises, pas juste à les éviter.


Les adultes peuvent avoir tort 
Trèèèès important ça. Essentiel à l'auto-préservation de nos enfants.

On peut estimer que quelqu'un a tort et  continuer à l'aimer 
Là c'est le pompom, puisqu'il vient toucher à un des mécanismes psychologiques les plus délicats qui soient : la capacité à se remettre en cause, c'es-à-dire à repérer / reconnaître qu'on a eu tort.
Se remettre en cause est un sport extrêmement compliqué à pratiquer, qui réveille des mécanismes défensifs d'une force inouïe. Et pourtant TELLEMENT essentiel. (c'est du reste une dimension que je testais systématiquement quand je recrutais. Travailler avec / manager quelqu'un qui ne peut accepter d'avoir tort, c'est l'horreur)
Or cette difficulté à se remettre en cause est souvent bien ancrée, car liée à une croyance bien forte "quelqu'un qui se trompe, qui a tort, n'est pas digne d'être aimé" / "pour être aimé, je dois être parfait". Plutôt crever que d'admettre qu'on n'est pas parfait, alors ! 

Alors que là, en montrant à notre enfant qu'on peut estimer que notre conjoint a franchement tort et continuer à l'aimer :
  • on lui montre que lui-même peut avoir tort et continuer à être aimé... et donc profiter des ressources formidables liées à la remise en cause ! Citons notamment : 
    • apprendre de ses erreurs
    • oser faire des trucs (puisque c'est pas la mort de se tromper / ne pas y arriver)
    • pardonner et demander pardon
  • on lui montre qu'il peut considérer que son père a tort et continuer à l'aimer, plutôt que d'avoir le choix entre nier son ressenti d'enfant, ou considérer que son père est un gros c**. Dilemme qui contribue grandement à 
    • la violence des crises d'adolescence, si elles ont lieu, 
    • la difficulté à établir des relations adulte-adulte avec ses parents
    • la difficulté à remettre en cause des schémas familiaux / styles d'éducation : comment décider d'éduquer autrement mes enfants que je ne l'ai été, puisque ce serait implicitement ou explicitement, exprimer que mes parents ont eu au moins un peu tort d'agir comme ils l'ont fait avec moi, alors que j'ai intégré que je ne peux les aimer si ils ont tort ?
Et voilà comment je me retrouve devant un choix silencieux bien pourri : aimer mieux (= plus efficacement) mes enfants, ou continuer à aimer mes parents ? 
Il s'agit donc de ne pas définir la loyauté comme quelque chose qui m'empêche de penser/exprimer que l'autre a tort (une croyance bien nocive qu'on retrouve partout, jusque dans les CODIR dont je m'occupe), mais de démontrer le contraire, en live.

La vérité vous rendra libres, il paraît.

Cerise sur le gâteau : si on arrive à se disputer de manière constructive, à soigner un peu sa manière de s'exprimer à ce moment-là, nos enfants peuvent même en retirer des compétences en la matière : "Exprimer vigoureusement son désaccord sans attaquer l'autre"... des leçons étrangement similaires à l'apprentissage de l'expression de notre colère envers eux, guidé par Faber et Mazlish....

Je dis ça, j'dis rien !

Par Rundvald — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=123316058 



jeudi 2 février 2023

Cycle Faber et Mazlish en visio spécial blog, 2ème édition : ouverture des inscriptions !

Il y a deux ans, le contexte COVID machin toussa m'avait incitée à innover en proposant pour la première fois un cycle d'ateliers Faber et Mazlish en visio, à destination d'un public trèèès privilégié : le lectorat du blog.

Je me régale à animer les ateliers en présentiel, j'avais mes réserves quant au format visio... mais vous, moins, puisque la session s'était remplie très vite ! Puis son déroulé s'est chargé de faire sauter mes réserves à moi. 

Visiblement, personne ne s'est ennuyé.

Suite à la préconsultation du peuple opérée semaine dernière par moyen bloguesque, j'ai la joie de vous proposer une réédition :


session d'ateliers Faber et Mazlish animée par votre humble servante
sur Zoom


(toujours sur le cycle 1, "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent" ; des manœuvres ont lieu en sous-main pour m'inciter à proposer un cycle 2, "Frères et Sœurs sans rivalité" en visio l'an prochain, et, ma foi... comment, frêle agnelle que je suis, pourrais-je résister à ces influences occultes ? je vous le demande. Affaire à suivre, donc. Je précise que si ce cycle voit le jour il sera destiné à un public ayant déjà suivi le cycle 1. Avec moi ou quelqu'un d'autre, je ne suis pas sectaire :D).

Renseignements pratiques 
(je réutilise, avec les modifications pertinentes, le texte du billet d'il y a deux ans, y compris certaines petites blagues. Eh oui, ici, c'est un blog vert - ça se voit, non ? - donc on recycle, on fait de la blague durable, multi-usages, farpaitement ! on est aussi très flemmard)

QUAND

  • 8 soirs : un cycle d'ateliers "Parler pour que" c'est normalement sur 7 soirs, mais j'ai pris l'habitude d'insérer une session spéciale "colère du parent" entre le 3ème et le 4ème soir. Un hit absolu à chaque fois, allez savoir pourquoi...
  • après consultation d'un calendrier et de mon agenda pro, je reste sur des lundis soirs 
  • dates prévues : 15 jours entre chaque soir sauf 2 fois (je cherche à boucler avant que la saison des kermesses et galas de danse ne démarre), démarrage (si suffisamment d'inscrits), le 13 mars, ce qui nous donne
  1. lundi 13 mars - accueil des sentiments
  2. lundi 20 mars (donc dès la semaine suivante, comme ça on est bien chauds) - développer la coopération
  3. lundi 03 avril - la punition et ses alternatives
  4. lundi 17 avril - session spéciale "colère du parent"
  5. lundi 24 avril (donc là aussi, session 4 - celle consacrée à la colère - suivie une semaine après de cette 5ème session sur l'autonomie)
  6. lundi 08 mai (possibilité si les participants le souhaitent, de décaler cette session au lendemain 9 mai) - compliments et estime de soi
  7. lundi 22 mai - sortir nos enfants des rôles dans lesquels ils sont enfermés
  8. pour finir en beauté lundi 05 juin
  •  Horaires prévisionnels : 20h30 - 22h45 (possibilité de décaler de 30 minutes pour un démarrage à 21h si consensus au sein du groupe.... pas de trajets à prévoir hinhinhin)

POUR QUI ?

Cette fois encore, je ne vais pas faire beaucoup de com dessus, et ne le proposerai qu'aux lecteurs du blog (ou à leur entourage immédiat : si votre belle-sœur en rêve vous pouvez lui transmettre ; elle aura juste obligation de lire l'intégralité des 500 billets du blog avant le début de la session - ou pas) 
  • Pour des parents / adultes (j'ai déjà eu des grands-parents, des profs, des sages-femmes) ayant envie de gérer leur relation aux enfants sur la base respectueuse de l'enfant et de l'adulte que constitue l'approche Faber et Mazlish. 
  • Condition : avoir sous la main, de manière régulière, au moins un enfant âgé de plus de 18 mois. (pour pouvoir s'entrainer entre les sessions)
  • Qu'ils aient lu les livres ou pas
  • Seul ou en couple 
  • max 12 participants (mini 5)

QUOI ?

Des ateliers basés sur l'approche Faber et Mazlish, interactifs, où on découvre en groupe des outils par rapport au thème du soir, on s'entraine à les tester, et où on débriefe la fois suivante du résultat de nos tests "in vivo" : pour que les outils si beaux en théorie ne le restent pas, de la théorie !
Le principe étant que les expériences, questions et tests des autres participants viennent enrichir d'autant l'apprentissage de chacun.


INSCRIPTIONS 

Figurez-vous que je n'ai toujours pas résolu le bug affectant l'adresse mail du blog, donc en attendant que je trouve ce qui cloche, vous pouvez me contacter en MP FB/Insta, ou sur mon adresse gmail.com : prénom.nom.
Je vous invite à me faire signe le plus vite possible, non seulement pour griller la priorité à votre voisin, mais aussi parce que je vais bloquer ces dates sur mon agenda pro en provisoire, et que savoir au plus tôt si je confirme ou non leur blocage m'arrangera bien. 

TARIFS 

  • 240€ TTC (=200 € HT) pour l'ensemble du cycle pour une personne seule, 285€ TTC pour un couple 
  • + prévoir 12€ / personne pour le cahier d'exercices, indispensable au bon fonctionnement
  • (payables par virement; j'accepte aussi les lingots d'or mais c'est plus compliqué à envoyer par La Poste)
  • Arrhes de 50€ pour bloquer votre place. 
  • Je précise qu'étant une entreprise, j'émets de toute manière une facture, que je peux donc vous transmettre si votre CE ou une quelconque bonne âme est susceptible de prendre en charge tout ou partie des frais sur justificatif.

PRECAUTIONS 

Suivre un atelier en visio, c'est top et bien pratique, à quelques conditions toutefois : je vous invite à y réfléchir afin de vous assurer que vous serez dans de bonnes conditions pour en profiter
  • une pièce isolée phoniquement du reste de la famille et en particulier des enfants : pour pouvoir parler librement loin de leurs oreilles 
  • l'assurance de ne pas être dérangé 42 fois par un enfant au cours de nos soirées : pour pouvoir se concentrer sur nos échanges et profiter pleinement du ressourcement entre adultes (seule exception : les nourrissons au sein, pas encore doués de parole, ça se gère)
  • une connexion internet suffisamment stable
  • si participation en couple, un support informatique par couple (une session zoom chacun) : indispensable pour pouvoir faire les exercices

Voili voilou, dites-moi si ça vous branche, venez poser vos questions si vous en avez avant de prendre votre décision, et ensuite, hop hop, faites prestement : ce blog est un monde de chacals assoiffés de sang - et de places en ateliers F&M.
Challenge - accepted : j'ai fait plus moche

mardi 24 janvier 2023

Dilemme et consultation du peuple (vous) - ateliers visio

Depuis novembre, je m'éclate à animer (enfiiiiin, après moult délais et péripéties) mon premier cycle d'ateliers Faber et Mazlish "Frères et Soeurs sans rivalités".

C'est tellement riche que ça me file de l'énergie au point que j'en viens à remettre en question ce que j'avais initialement clamé : un seul cycle cette année ça suffiraaaaaa.

Donc, je caresse le projet de lancer un cycle "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent".

Et j'ai deux options

  • soit je le propose comme d'hab en présentiel, dans le 78
  • soit je réédite ce qui avait eu tant de succès au premier round, il y a 2 ans, et propose une session spéciale lectorat du blog, en distanciel


Je vous avoue que 

  • ce qui me fait pencher pour l'option 1, c'est le charme du présentiel; 
  • ce qui me fait pencher pour l'option 2, c'est le plaisir de se retrouver avec des gens un minimum connus (dans le sens que même si parfois moi je ne vous ai pas repérés, vous si) ET sans gros effort de communication à fournir pour remplir (en tous cas si ça se remplit comme la dernière fois).


Bref: qui viendrait remplir, stimuler ainsi ma flemme, et faire de ce fait pencher la balance ?

A vous les studios.


On partirait sur 8 soirs, probablement de mars à fin juin / tout début juillet. Probablement du 20h30 - 23h. Et .... soir à choisir entre le lundi, mardi ou jeudi, ceux qui couineraient le plus vite et le plus fort l'emporteraient.

Si ça se fait, je ferai un billet de blog supplémentaire avec les détails pratiques, conditions financières, petits caractères à lire attentivement etc.

je crois que j'ai rarement fait plus moche comme illustration d'un article.

PS: si d'aventure vous vouliez réagir à ce billet par un mail : 
N UTILISEZ PAS L'ADRESSE MAIL DU BLOG ! 
Je n'y ai en fait plus accès depuis des lustres, et je ne me suis pas encore penchée dessus (du coup, si vous m'avez envoyé un mail par ce biais ces euh... 2 dernières années je crois, je vous ai pas répondu mais j'ai un PRETEXTE EN OR). 
Il faut que je m'en occupe et mobilise mes compétences techniques dont l'étendue n'égale que la célébrité. Bref c'est pas demain la veille.

lundi 12 décembre 2022

Parentalité positive = manipulation ?

Décidément, la parentalité positive ne manque pas de détracteurs

  • d'un côté, elle est vue comme une espèce de lubie laxiste / tout laisser faire à son enfant
  • d'un autre côté, elle est parfois présentée comme une hypocrisie manipulatrice. Parce que vouloir amener notre enfant à faire quelque chose qu'il n'avait pas prévu au départ, ce serait mal, contraire à sa liberté, bref, une immonde manipulation, l'exercice d'un pouvoir déguisé.

Ennemi classique sur ce plan-là, la fameuse technique du faux-choix =  contourner la résistance de l'enfant à enfiler un pantalon, par un choix subtil du style "Tu veux mettre le pantalon rouge ou le pantalon gris ?". Cette astuce occupe une place de ... choix (huhuhu) dans les articles / formations éducation aux titres accrocheurs du style "se faire obéir sans crier", et ce n'est pas un hasard.


Prenons donc cette fameuse "technique" en exemple de ce que peut être, ou pas, notre rôle de parent.

Cette fameuse technique du faux-choix illustre déjà très bien ce que je développais dans mon sublime billet sur l'arnaque qu'est la parentalité positive

  • Oui, la parentalité positive, réduite à un ensemble de techniques destinées à amener nos enfants à faire ce que nous voulons qu'ils fassent, est vouée à l'échec.
  • Et oui, si on voit la parentalité positive comme une mouvance d'éducation qui vise à amener nos enfants à faire ce que nous voulons, mais de manière douce, nous ne sommes pas sortis de l'auberge, puisque nous nous heurterons fatalement au fait que
    • nos enfants s'obstinent quand même souvent à ne pas faire ce que nous voulons, sales rebelles, et ne manqueront pas de nous montrer assez vite qu'ils ne seront pas dupes plus longtemps de nos petits subterfuges
    • nous-mêmes nous n'arrivons pas à parvenir à nos fins en maintenant en permanence une bulle de douceur, de paillettes et de pets de licornes dans nos interactions avec notre charmante progéniture. Ooooouuuuuhhhh, paaas bieeeen.


Du coup, je vous le dis tout net, chez moi, je me suis définitivement séparée de ces 2 attentes

  • non, mes enfants ne feront pas exactement ce que je veux qu'ils fassent et je ne mesure pas ma compétence parentale à ma capacité à leur faire faire des trucs
  • non, mon action parentale et notamment le développement de la responsabilité de mes enfants ne se fera pas toujours dans la joie et la bonne humeur, et donc ma compétence parentale n'est pas immédiatement à nier si hélas le ton de voix, soit de la Gwen, soit de sa progéniture, s'élève. Et pourquoi "soit", d'ailleurs. C'est pas forcément du "ou", hein, disons-le, ça peut être du "et". Sur ce plan-là je me dis que notre petit H., du fait de sa position de 3ème en arrière-garde, eh bien, euh, il développe son accoutumance au bruit. Cf ce que je disais sur le thème de la contribution de ma progéniture aux tâches ménagères, par exemple.


Oui, un de mes buts premiers est de faire de mes enfants des êtres libres. Mais libres de quoi ? Libres de toute contrainte ? Hum, c'est mort. La vie est pleine de contraintes. Si je m'efforce de prétendre qu'il en est autrement

  1. Je vais m'épuiser à gommer toutes les contraintes existant, et c'est l'amer constat que font tant de parents pleins de bonne volonté. Le souci de rendre leurs enfants heureux en les libérant d'un maximum de contraintes les conduit à ployer sous le poids des contraintes qu'ils endossent, eux, de ce fait. Et tant de parents pleins de bonnes intentions, mais hélas biberonnés à une version biaisée de la parentalité positive, crament / se dégoutent du truc en s'évertuant à cela.
  2. Je vais faire grandir mon enfant dans un mensonge gigantesque : n'ayant connu de la vie qu'une version très édulcorée, la confrontation à la réalité risque d'être costaud.
Attention, il ne s'agit pas de reprendre ici l'argument qui est souvent donné par les détracteurs de la parentalité positive en mode 

"Le monde est méchant, autant qu'il y soit confronté direct"

  • Le monde n'est par essence ni méchant, ni gentil, il est ce que les hommes qui l'habitent en font, au quotidien, à chaque instant : il peut être l'un ou l'autre selon les actes que chacun de nous pose. Il n'est donc pas de notre responsabilité d'apprendre à nos enfants à composer avec la méchanceté, mais de notre responsabilité d'apprendre à nos enfants à agir de manière à ce que ce monde soit, au quotidien, un peu meilleur du fait de notre action.  
  • En revanche, oui, le monde est par essence plein de contraintes, et nécessite des efforts pour la gérer: par essence on ne peut y faire ce qu'on veut. C'est pourquoi, apprendre à composer avec ça, avec la contrainte, est sacrément utile, et gommer la contrainte, c'est empêcher nos enfants de faire cet apprentissage.

Et comme je l'écrivais il y a déjà très longtemps sur le fait de "tout donner" à son enfant, les contraintes les plus importantes que toute personne doit intégrer, sont celles liées aux limites personnelles des personnes qui l'environnent. Apprendre à respecter ces limites ( = celles de ses voisins), apprendre à respecter ses limites (les siennes), apprendre à les exprimer respectueusement. 


Donc, si notre boulot devient d'apprendre à notre enfant à gérer la contrainte,... ça change pas mal de choses en éducation.

  • On peut rester sur une vision traditionnelle de l'éducation : paf, contrainte, vas-y, hop, ça fait mal, ben c'est comme ça et te plains pas. Voire je t'en rajoute pour que tu t'y entraines
Là, personnellement, je fais tout de suite le lien avec mes billets récents sur le miracle qui m'a fait me mettre au sport

    • Si on m'avait balancé direct plein de sport dans la figure (ou plutôt : avant, toute ma vie, quand on m'a contrainte d'office à une bonne dose de sport...), ça n'aurait jamais fonctionné. 
    • Mais les contraintes liées au sport ont été aménagées, adoucies, le niveau d'exigence a monté très progressivement, j'ai "déguisé" la contrainte, introduit des éléments fun, je me suis musclée, ma volonté s'est musclée, et de "couch potato" invétérée, comme disent les anglo-saxons (pomme de terre de canapé pour les non-anglophones; métaphore éloquente n'est-ce pas ? ^^) je suis maintenant en lice pour les JO. (si si, jvouzassur).


Eh bien la contrainte, c'est pareil. Comparons-la à un mur. 

Le mur est là, on ne le nie pas, mais apprendre à quelqu'un à le gérer, ce n'est pas forcément le prendre par les épaules et lui cogner la tête dedans en mode "eh, oui, tu vois, y a un mur, c'est dur, c'est froid, c'est comme ça habitue-toi, et maintenant, escalade-le à la force de tes poignets. Et plus vite que ça !".

Ce mur, je peux 

  • l'aménager : par exemple, poser une échelle, ou même, construire un escalier qui y est adossé, et gravir peu à peu chaque marche, une à la fois, 
  • le contourner : arriver au même objectif mais par un autre chemin; y compris creuser en dessous
  • l'amortir : plus facile de passer au-dessus d'un mur sur lequel il y a un coussin, plutôt que m'érafler à ses arêtes tranchantes ; 
  • Le décorer : ça peut être plus fun à grimper, et même me filer des repères sympas (par exemple mettre de mini cibles là où je devrais poser mes mains). Dans tous les cas mon mur en Technicolor m'effraiera moins.
  • je peux muscler les poignets et les chevilles de mon enfant par de petits exercices avant de l'envoyer escalader 2 mètres de mur...;

Et en faisant tout cela, je peux montrer à l'enfant ce que je suis en train de faire, c'est-à-dire lui permettre de développer ses propres stratégies de gestion de la contrainte. 

C'est d'ailleurs avec cela qu'il coopère ! 

Un exemple très parlant est ce que je vous racontais sur ce qui a permis qu'E. range enfiiiiiiin sa chambre. 

En disant à E. que je ne voulais PAS qu'elle range sa chambre, l'ai-je manipulée de manière immonde ? Non, j'ai analysé la composition du mur et repéré que celui-ci était composé d'au moins 2 trucs : 

  • la pénibilité de la tâche de rangement, 
  • et l'embêtement lié au fait de devoir obéir, c'est-à-dire, un besoin d'autonomie. 
J'ai donc adouci le mur en ôtant, du rangement de chambre, l'élément "j'obéis donc je m'assieds sur mon besoin d'autonomie". Au contraire, ranger sa chambre est devenu une manière d'affirmer son autonomie, puisque ça se fait "contre" ma demande.

E. l'a très bien repéré, et s'en rend encore régulièrement complice en venant me solliciter, les fois où ranger sa chambre lui semble vraiment trop relou : "eh, Maman, tu ne veux pas que je range ma chambre, n'est-ce pas ?". Elle a admis l'existence de la contrainte, constate que franchement elle a du mal à s'y confronter, a repéré une ressource qui lui facilite la tâche, et vient donc la mobiliser. Elle s'auto-manipule. 

Ce processus de repérage des ressources qui nous aident à gérer une contrainte est exactement le principe du billet que j'ai moi-même écrit sur mes stratégies de gestion de mon trouble de l'attention. Je m'automanipule parfois à mettre de la musique sur une tâche rébarbative. Bravo moi !


Avec cela, oui, le pouvoir est toujours présent dans la relation. Tant mieux !

Car contrairement à ce qu'on peut craindre, ce n'est pas un problème . Le pouvoir n'est pas un problème, le pouvoir n'est pas à jeter ! Le pouvoir est là, le pouvoir est une ressource. Le tout est de savoir ce qu'on en fait.

Et là, on passe 

  • d'un pouvoir sur... : j'utilise les ressources à ma disposition pour te faire faire quelque chose qui m'est profitable
  • à un pouvoir pour... : j'utilise les ressources à ma disposition pour t'amener à avancer dans une direction qui t'est profitable.

(c'est une distinction qui est la racine du coaching, et qui fait qu'en cours de coaching pro, je vais parfois être assez confrontante sur certains aspects, mais après avoir défini avec mes clients les objectifs qu'ils souhaitent atteindre pour ce coaching : j'ai ainsi l'autorisation d'utiliser mon pouvoir pour les aider à avancer vers les objectifs qui sont les leurs... 

Par exemple, cette semaine, je vais probablement aller mettre le nez d'un de mes clients dans le fait qu'il n'a pas communiqué sur un point important vis-à-vis de son chef - ce que je sais car j'ai reçu un mail dudit chef me posant une question sur ce point. Mail que j'ai laissé sans réponse puisque ce n'est pas à moi de communiquer sur le sujet. - or c'est un peu embêtant, pour quelqu'un en position de leadership et dont un objectif de coaching est de gagner en impact au sein de son entreprise, de négliger une ressource essentielle pour avoir de l'impact : la relation à son chef...) 


Pour terminer, reprenons l'exemple du faux choix : 

  • si le vrai besoin de l'enfant qui pique une crise quand on lui dit d'enfiler le pantalon déjà préparé à son intention, est la liberté, le pouvoir, le faux choix vient y répondre parfaitement : il va pouvoir décider de quelque chose, exercer un pouvoir dans un cadre compatible avec sa santé, l'état des lessives, etc.
  • si le vrai besoin est effectivement de ne pas porter de pantalon (nous avions le cas récemment en piqûre de rappel d'ateliers de parents Faber et Mazlish)... le faux choix n'y fera rien. Ce sera très frustrant pour nous, mais aussi l'occasion de faire un pas de plus et de s'interroger sur ce qui se passe. Car c'est quoi, un besoin de ne pas porter de pantalon ? 
    • Besoin de confort ? (on a plus de liberté de mouvement en short... on peut alors privilégier l'achat de pantalons dans des matières souples pour la mauvaise saison) 
    • Besoin d'attention ? (on va enfiler le pantalon sur les genoux du parent... et coupler habillage et câlin).
    • Besoin de s'individualiser ? (Là, c'est en ateliers "Frères et sœurs sans rivalité" que nous avons été amenés, pas plus tard que la semaine dernière, à parler de la manière dont les enfants peuvent s'emparer de leur garde-robe comme d'un moyen de différenciation du grand frère / grande sœur)


Et voici comment on se retrouve, nous-mêmes, avec toute une série de ressources à utiliser pour le bien de tous, c'est à dire pour réconcilier les différents besoins en présence : 

  • respecter notre besoin de parent : assurer la sécurité / santé de notre enfant ; respecter certains codes vestimentaires pour certains lieux ; ...
  • respecter le besoin court-terme de l'enfant, en l'ayant bien identifié ! puisqu'il est souvent caché derrière une demande véhémente mais trompeuse, 
  • et respecter un autre besoin, long-terme, de l'enfant : grandir et apprendre à se gérer dans un monde fait en partie de contraintes.


C'est un peu comme le bon et le mauvais chasseur chez les Inconnus, au fond
Il y a la bonne et la mauvaise manipulation
  • la mauvaise manipulation, c'est : "faire/dire ce truc te fait agir dans ce sens, donc je l'utilise"
  • la bonne manipulation, c'est : "faire/dire ce truc te fait agir dans ce sens, donc je l'utilise"... parce que c'est important pour toi aussi de savoir agir dans ce sens... et si ce truc ne "marche" pas, je prendrai cette information pour comprendre ce dont tu as vraiment besoin / le truc important pour toi mais que je n'ai pas perçu dans cette situation.

La mauvaise manipulation reste en surface, la bonne nous oblige à nous confronter à la personne qu'est notre enfant, à la comprendre, à la découvrir, à respecter son mode de fonctionnement et ses besoins.

Et... à faire le même job vis-à-vis de nous. Ouais. C'est vraiment l'arnaque car c'est fa-ti-gant tout ça.

Car la mauvaise nous met non seulement à distance de notre enfant mais aussi de nous-même: parfois, on est tellement occupés à vouloir imposer sa volonté qu'on a même oublié "pourquoi" on veut ça, voire on ne réalise même pas que ce qui "veut", ce n'est pas nous, mais la petite voix de notre mère qui nous a dit qu'un enfant bien élevé, ça [insérer comportement souhaité]).

La bonne, elle, nous incite à nous reconnecter à notre enfant et à nous-même et à être ensuite créatifs dans la manière de gérer la difficulté / d'atteindre nos objectifs profonds (et non à les lâcher, ce qui serait le coup avec du laxisme).


lundi 7 novembre 2022

"Les enfants c'est QUE DU BONHEUR" - Ou pas.

Mon emploi du temps croule / a croulé, de la même manière que l'année dernière, et j'ai du prendre des mesures de rationalisation parce que pas moyen que je refasse un année comme celle qui est derrière moi.
A l'arrivée, même si le presque cramage n'est pas agréable, c'est positif, puisque ça m'oblige à me poser, et me permet un recentrage express en accélérant une évolution que je pensais possible seulement à moyen terme : travailler moins (pour gagner plus, spécial dédicace Sarko).

Dans le cadre de ce recentrage, j'ai squizzé différentes activités, selon
  • un premier critère absolu : leur niveau d'intérêt pour moi : "Ai-je méga envie de faire ça ?" / "A quel point cela me nourrit-il?"; je pourrais appeler ça la rentabilité énergétique ^^. Mes centres d'intérêt ayant évolué sur mes quelques années de BusinessGwen, il est temps pour moi d'adapter mon activité, et de dire adieu à ce qui m'a plu un temps, mais ne me correspond plus tant que ça maintenant.
  • et un 2ème critère relatif : la rentabilité financière. Je dis "relatif" car j'ai inclus, dans mes plans, un peu de place pour du "peu rémunérateur mais haut niveau d'intérêt". Place que j'ai décidé de consacrer exclusivement à l'animation d'ateliers de parents Faber et Mazlish cette année : j'ai donc, par exemple, arrêté de donner les cours de RH que je donnais depuis quelques années.

Je m'apprête donc à démarrer un cycle "Frères et Sœurs sans rivalité", et j'ai également pu déjà animer une première soirée Piqûre de Rappel en octobre. 
Pour mémoire, le principe de ces soirées est de réunir des parents des différents groupes ayant suivi les ateliers "Parler pour que les enfants apprennent" au fil des ans avec moi, et d'aborder avec eux leurs questions, leurs problèmes actuels, en mode requinquage / approfondissement / rafraichissement de mémoire / reprise de réflexes voire même souvent aussi raccrochage de wagons.

Super soirée, supers échanges et c'est l'un de ces échanges qui suscite l'article du jour.
La soirée regroupant par hasard deux mamans de jumeaux, dont l'une bien occupée avec sa paire de jumeaux en bas âge, la maman en question a été  rassurée d'entendre que ce serait plus facile après. Jusqu'à ce que la maman de jumeaux plus âgés lui dise 
"Oui, maintenant, c'est que du bonheur".
Là, elle a tiqué. 
Moi aussi.
Nous avons donc passé quelques instants à dézinguer cette phrase, qui fait bien évidemment partie des "phrases à la con" de la parentalité.

Nan, les enfants, c'est pas que du bonheur
Jamais. 
Et dire cela, c'est faux, archifaux, et surtout archinuisible, car comme l'ont si bien exprimé d'autres participants à cette soirée 
"Je me suis toujours demandé ce qui clochait chez moi, puisque franchement, non, jamais j'ai trouvé qu'avoir mes enfants n'était que du bonheur".
Petit Bout par Petit Bout détruisant le mythe - Allégorie



Eh bien oui.
Entendons-nous bien : nos enfants peuvent être la source de moments de bonheur inouïs et différents de tout autre forme de bonheur. 
  • Les voir endormis le soir, complètement abandonnés (et ENDORMIS, en plus !). On peut être pris d'une vague d'amour tellement folle, tellement forte, qu'on les en réveillerait presque pour les embrasser et les noyer de mots d'amour (complètement absurde évidemment après tout le mal qu'on a eu à les endormir), 
  • sniffer leurs cheveux, 
  • écouter leurs mots d'enfant, 
  • entendre leurs je t'aime, 
  • les regarder lire,... 
  • Plus grands, partager un jeu de société, un bon film, un puzzle...
Mais à aucun moment les enfants ne sont que ça. 
Disons-le clairement : avoir des enfants ne se fait pas par confort. Si on regarde d'un angle purement rationnel, il est complètement irrationnel et contreproductif d'avoir des gosses
  • on pulvérise son propre confort, 
  • on remplace sa liberté par une série de contraintes, 
  • on dynamite son sommeil, 
  • on divise par 10 ou 100 son temps libre, 
  • par 4 son revenu disponible. 
Sur le plan psychologique, les enfants sont, essentiellement, la source d'un certain nombre de questions inconfortables, d'angoisses, de frustrations, de découvertes pas super agréables sur soi-même, de prises de tête avec son conjoint, et d'une fatigue de ouf. 
Les enfants n'ont pas vocation à nous propulser sur une mer de nuages roses et AUCUN parent ne vit sur cette mer (ou alors, il en fume de la bonne). 

Alors oui, à certains moments les éléments de la première catégorie tendent à justifier et nous faire oublier quasi entièrement les éléments de la deuxième, si bien qu'on en viendrait à dire "Ces difficultés ne sont rien en regard". 
Oui ! 
Et NOOOOOON. 
Ce n'est pas rien du tout, et c'est même tout quand on est en plein dedans, c'est énorme, c'est épuisant.
Et une phrase comme "c'est que du bonheur"
  • nie nos sentiments, 
  • alourdit le sentiment de difficulté, 
  • et lui rajoute en plus celui angoissant de notre inadéquation, puisque comme exprimé durant cette soirée, visiblement, nous, si on trouve pas que c'est que du bonheur, c'est, au mieux, qu'on fait qqch de travers, ou, au pire, qu'on est soi-même tordu. 

Cette ambivalence de sentiments est à la racine de la parentalité. Or, comme le dit Haim Ginott, ce sont les sentiments ambivalents qui ont presque le plus besoin d'être accueillis comme tels. Car "si quelqu'un comprend mes sentiments confus, peut-être ne le sont-ils pas tant que ça". 
Je le mesure encore ces jours-ci, au téléphone avec celle de mes sœurs qui vient d'accoucher de son tout premier bébé et qui se retrouve embarquée dans cette ambivalence de malade, et les montages russes émotionnelles associées, en mode "Notre toute petite fille est tellement géniaaaaale on l'aime on l'aime on l'aime c'est fooooou / Au secours on va mourir on a dormi qu'1h30 cette nuit et allaiter ça fait maaaaal".

Ce dont a besoin ma sœurette d'amour, ce n'est pas d'un "Un bébé, c'est que du bonheur", ni même d'un "Après, ce sera que du bonheur" (publicité mensongère bonsoaââr), c'est d'écoute, d'accueil, de.... de quoi au juste ?
Tenez, si ça vous parle, je veux bien entendre vos témoignages des phrases qui vous ont le plus aidé(e)s dans vos premières galères semaines de parents.

Du côté de notre soirée, nous avons tous convenu de rattraper très vite cette phrase si par ailleurs elle venait à nous échapper ;-)


lundi 16 mai 2022

"oublier les conseils invitant à éviter d'isoler l'enfant en cas de colère" - Petit Bout de "200 moments de parentalité positive (ou pas)"

La semaine passée, ce sont les ateliers de communication parents-enfants Faber et Mazlish dont j'ai réussi (en forçant mon agenda surchargé) à redémarrer un cycle au printemps, qui m'ont fourni l'objet du billet d'aujourd'hui, en m'amenant à revenir sur un extrait de mon propre bouquin : "200 moments de parentalité positive (ou pas)"

Citation : 

"Gérer sa colère de parent, c'est toute une histoire ! [...] Dans ce cadre, j'ai réalisé que je dois parfois "oublier" les conseils invitant à éviter d'isoler l'enfant en cas de colère."

issue de cet extrait 


En cause : la séance précédente avait été notamment consacrée à la colère du parent et à l'approche extraordinaire de Faber et Mazlish sur le sujet. Une approche dont la singularité et la justesse m'ont touchée au cœur, en ce qu'elle vise, non à supprimer l'expression de la colère, mais à en permettre l'expression sans dommage.

Une participante partageait son sentiment de culpabilité : quelques jours auparavant, face à la colère bruyante et prolongée de sa fille de 5 ans et des brouettes en pleine douche, elle s'était retrouvée, à un moment, à un degré de saturation tel qu'elle n'avait pu trouver d'autre solution que d'éteindre le robinet, dire à sa fille qu'elle ne pouvait plus, et quitter les lieux.

M'est revenu alors l'exemple en objet en tête, et, prise d'une inspiration subite, s'y est rajoutée une comparaison qui a beaucoup parlé au groupe, et vous parlera peut-être : oui, idéalement, un jeune enfant a besoin de notre présence pour se calmer de sa colère, et une séparation à ce moment-là peut être mal vécue. De la même manière qu'un bébé a besoin de nous pour accompagner ses pleurs, et qu'on déconseille fortement de laisser pleurer longuement un nourrisson dans son lit

Pourtant, de plus en plus, concernant ces derniers, des conseils plus nuancés se multiplient

  • on admet et on prévient les jeunes parents que des pleurs de bébés prolongés peuvent vraiment les amener au bout de leurs forces. 
  • Pour éviter d'en arriver à des bébés secoués, on invite les parents, si ils se sentent à bout, à déposer le bébé en lieu sûr dans son lit, si possible avec une phrase d'accompagnement, et à quitter la pièce au plus vite pour aller se mettre eux-mêmes en situation de recouvrer leurs moyens. 
  • Tant pis si le bébé pleure longuement seul à ce moment-là.


Eh bien, au fond, n'est-ce pas la même chose avec des colères d'enfants un peu plus grands ? 

  • Elles aussi peuvent amener les parents au bout de leurs forces, et les mettre en situation de causer du dommage à leurs enfants par leurs paroles ou par leurs actes. 
  • A ce moment-là, là aussi, il est bon que le parent puisse s'autoriser à s'extraire de la situation avant qu'elle ne lui échappe totalement, et aller d'abord "redescendre" lui, pour ensuite seulement être en mesure de revenir accompagner son enfant. 
  • Là aussi, une phrase d'accompagnement peut être utile, du style 

"Je t'aime, là c'est trop dur pour moi, je vais m'occuper de moi et je reviens".


Dans les deux cas, des injonctions au départ bien intentionnées mais vite radicalisées "ne laissez jamais pleurer votre bébé/enfant seul, ça crame son cerveau / le traumatise" empêchent souvent les parents de parer au plus urgent. 

  • Il ne s'agit pas de rester sur les vieilles méthodes et d'affirmer que, par défaut, la solution à un bébé qui pleure beaucoup ou un jeune enfant en pleine colère est de coller le premier dans son lit, le 2ème dans sa chambre. 

Cette logique du noir / blanc nuit à tout le monde.

  • Il s'agit de dire que, parfois, en cas de saturation du parent, l'utilisation ponctuelle de ce recours sera la solution la plus sûre pour tout le monde


Utilisée ponctuellement, non comme une méthode éducative (dirigée vers l'enfant), mais comme une solution de préservation (protégeant l'intégrité du parent et de l'enfant), elle ne laissera pas de traces, autres que celle d'un enseignement finalement ô combien précieux pour notre enfant : l'autorisation à se mettre à l'abri d'une situation dangereuse.

Un peu comme sur les autoroutes : par défaut on on ne roule pas sur la Bande d'Arrêt d'Urgence / elle ne va pas être notre manière standard de court-circuiter un bouchon, mais bon sang, on s'y positionne dare-dare en cas de pépin !


(et si vous avez besoin d'y avoir recours souvent, me direz-vous ? 

Que ce n'est plus ponctuel du tout ? 

Eh bien, il y a des chances que cela soit tout simplement une alerte : si on constate qu'on arrive très vite à ses limites, c'est bien possiblement le signe qu'un ou plusieurs comptes en banque émotionnels sont bloqués dans le rouge et... Spoiler : ce n'est pas en supprimant l'alerte que le problème se règlera). 

Donc 1. on sollicite la Bande d'Arrêt d'Urgence aussi souvent que nécessaire en attendant (pas trop longtemps) de 2. passer au garage reprendre les choses en profondeur.)

lundi 31 janvier 2022

Petit Bout à la radio !

Petite sortie du sous-marin : rythme pro ultra intensif qui ne me laisse guère de temps pour souffler, encore moins pour blogger : une fois la partie pro de ma journée (qui a dit "et de mes soirées" ?) achevée, mon cerveau n'est plus en état d'aligner deux mots, et la perspective de rallumer mon ordinateur me flanque des boutons.
(en vous l'écrivant, là, je réalise l'ampleur du désastre et me dis donc que je vais siouxer et me lancer dans une série de billets hyper courts - challenge !!!! - parce que sinon on se reparle en 2024)

Or là, héhé, trop facile : suite à l'immeeeeeense succès de mon billet sur les tâches ménagères et les enfants du fait de sa mise en lumière par Slate, j'ai eu l'opportunité d'une interview radio très sympa sur le sujet.
Si donc, à défaut de me lire, vous voulez m'entendre glousser et gloser : c'est par ici !

Allez, à la revoyure !

Vous avez remarqué ? J'ai changé de coiffure !




lundi 8 novembre 2021

10 réflexions autour de la participation des enfants aux tâches ménagères

La participation des enfants aux tâches ménagères est un sacré sujet, qui peut diviser les foules (qui bien entendu lisent mon blog), ou à plus modeste échelle, les familles (qui font pareil). Comme un certain nombre de sujets éducatifs, notre recul sur le sujet est rendu compliqué par notre vécu d'enfant (que ce soit dans la reproduction automatique du vécu, ou le souhait de l'éviter à tout prix), et notre fatigue de parent (parce que la maison ne s'autoentretient pas, le linge ne va pas tout seul dans la machine sur ses petites pattes, et les assiettes ont le front de ne pas se laver d'elles-mêmes, mais que tout ça nécessite de l'huile de coude, et le bidon d'huile de coude ça coûte cher).

Voici donc quelques réflexions & partages d'expériences sur le sujet, histoire de peut-être faciliter cette prise de recul et aider à trouver quelque chose de pertinent pour sa famille à soi.


1. La participation des enfants aux tâches ménagères leur est utile et précieuse

Ca, c'est un point essentiel qui m'a bien aidée à prendre du recul et regarder le sujet d'une manière apaisée. Certes, confier des tâches ménagères à nos enfants peut bien nous arranger en tant que parent (ou pas, cf point numéro 3), mais surtout, c'est très important pour nos enfants, et c'est en lisant Jane Nelsen ainsi que Faber & Mazlish que j'en ai pris conscience 
  • ils développent des compétences essentielles pour leur future vie d'adulte
    • la perspective de quitter papa-maman est tout de même plus facile à envisager quand on a une idée concrète de comment gérer un certain nombre de tâches. 
    • C'est d'autant plus important pour nos garçons, si nous voulons les équiper pour une éventuelle vie de couple où ils seront en mesure de porter leur part du fonctionnement du foyer. (c'est la nana qui a épousé un gars ne sachant au départ pas se faire cuire des pâtes qui vous parle). A nous de ne pas fabriquer des incompétents pouvant nourrir la tentation de devenir des incompétents stratégiques ("Aaaah ben faut que tu fasses je sais pas faire / tu fais ça tellement mieux que moaaah")
    • Je suppose que c'est la même chose pour nos filles et les tâches de la maison traditionnellement plus masculines (type bricolage). Seulement, je ne peux pas en parler parce que ni Monsieur Bout ni moi-même ne sommes vraiment équipés pour transmettre des tas de compétences manuelles à E. . Celles que détient et développe F., il ne les doit vraiment qu'à son enthousiasme aussi époustouflant qu'inépuisable pour le sujet. Il n'empêche qu'en écrivant ces lignes je me dis que maintenant que c'est moi qui assume la tonte du gazon à la maison (enfin, de nos quelques m² de pseudo herbe, plutôt), je pourrais impliquer E. dedans à un moment. Quand ses épaules atteindront la hauteur nécessaire pour pousser la tondeuse...
  • cela nourrit des besoins importants pour eux 
    • l'estime de soi : c'est bien joli de faire des compliments à nos enfants, mais l'estime de soi s'enracine en particulier dans l'expérience, faite et renouvelée, de nos capacités. Et donc, permettre à nos enfants de faire l'expérience de leur capacité à faire, à se prendre en charge, plutôt que de leur dépendance à notre égard pour toutes les petites et grandes choses de la vie, c'est une brique essentielle dans leur construction de leur estime d'eux. 
    • le besoin de contribuer / se sentir utile. Ca aussi c'est quelque chose d'essentiel chez l'être humain, petit ou grand : contribuer au fonctionnement de la communauté, y avoir sa place de membre utile.

2. La participation des enfants peut se faire dès le plus jeune âge, et gagne à être favorisée dès le plus jeune âge.

J'y suis à nouveau confrontée en ce moment avec H. qui a fêté ses 18 mois. Quelle application, quelle fierté il met dans le fait de nettoyer sa chaise haute après le repas, d'aller remettre ses chaussures à leur place, ou d'aller replacer un livre ou un jouet sur l'étagère adaptée ! Pour lui, cela contribue à lui donner un début de sentiment de maîtrise de son environnement, c'est donc un facteur de sécurisation. Pour nous adultes, c'est un premier pas sur un long chemin, qui prépare les pas suivants.
En atelier Faber & Mazlish, le moment où chaque parent s'interroge sur les choses qu'il fait à la place de son enfant et qu'il pourrait dorénavant lui confier (au besoin en procédant par étapes) est toujours riche en découvertes. Parce que c'est aussi une occasion, pour le parent, de voir son enfant d'un nouvel œil !


3. La participation des enfants est relou

Eh oui, après les 2 premiers points cuicui les petits oiseaux, revenons sur terre. 
Ce n'est pas un hasard si la participation des enfants aux tâches ménagères relève plus souvent du vœu pieux que de la réalité des familles : celle-ci est vraiment relou à mettre en place et surtout à tenir dans la durée. 
Les enfants ne font pas toujours bien les choses, ils ne les font pas toujours, on a souvent tendance à faire à leur place parce que rien qu'à penser à l'énergie qu'il va falloir déployer pour leur apprendre, leur rappeler, contrôler que c'est fait, rectifier ce qui ne va pas, entendre leurs jérémiades et devoir se justifier face à leurs "mais pourquoi c'est moi et pas Frangin(e)" .....aaaah-aaaah-aaaargh [râle d'un parent agonisant, allongé sur le sol de sa cuisine, achevé par son 37ème rappel que le couvert a besoin d'être mis]

Ce qui est très logique car espérer que nos enfants vont être ravis d'avoir à vider le lave vaisselle au quotidien est utopique. Qui ici se lève en se disant "youpi, aujourd'hui je vais vider un lave vaisselle, trop trop hâte" ?

Ménage en famille chez les Bout - document d'archives

4. La participation des enfants n'est pas automatique

A relier au point 3. 
C'est un sujet dont nous avons abondamment discuté avec Monsieur Bout il y a quelques mois. 
Celui-ci était très frustré de devoir sans cesse répéter certaines choses, et une partie de sa frustration venait du fait qu'il partait du principe que ça n'aurait pas du être nécessaire. Comme dit Epictète (oui, nous avons de la culture ici), et comme souvent, c'est moins la situation qui nous pose problème que l'idée que nous nous en faisons. Si nous considérons que nos enfants devraient normalement y penser tout seuls, et le faire en chantonnant, alors c'est très grave qu'ils ne le fassent pas, et chaque rappel que nous faisons est mal vécu puisque il est le signe de notre échec parental et de l'avenir sombre qui se dessine pour nos enfants, irresponsables et feignants.
J'ai gagné en zenitude sur le sujet en lisant Jane Nelsen qui rappelle que toute sa vie de mère, elle a du remettre le sujet sur la table, revoir l'organisation avec eux, et achève avec un truc en mode "Certaines choses ne seront véritablement acquises qu'une fois que les enfants auront quitté le foyer familial, voire, seront devenus eux-mêmes parents". Et puis, hein, disons-le : personnellement, quand je vois le chemin que j'ai suivi en termes d'acquisition de compétences en rangement, je vois très très bien ce qu'elle veut dire.
Donc oui, devoir investir de l'énergie pour que nos enfants fassent les choses est normal, une gestion des tâches ménagères en mode automatique-paillettes-zéro conflits et cœur sur tout le monde en permanence n'est pas réaliste. Du coup, pas besoin de perdre de l'énergie et du moral à se désespérer que cela ne soit pas le cas. 

Devoir consacrer du temps à faire faire plutôt qu'à faire soi-même est donc quelque chose de normal et surtout d'indispensable, un investissement rentable à long terme, pas quelque chose qui se fait à fonds perdus.


5. ....Mais on peut mettre des choses en place pour limiter l'investissement en énergie nécessaire

Yep, ce ne sera jamais automatique et complètement fluide, mais il existe quand même des manières de faire pour alléger notre boulot de rappel. La mise en place de routines, et/ou leur formalisation visuelle par le biais de listes à cocher, par exemple, sont autant de moyens qui permettent de réduire. 
Un simple "Où en es-tu de ta liste ?" est souvent préférable au 37ème rappel que y a un couvert à mettre : il responsabilise l'enfant, diminue le poids des ordres pour lui, et le volume de salive utilisée, pour le parent.
Idem, les choses qui nous semblent si simples pour nous ne le sont pas pour nos enfants. Donc prendre le temps de montrer, de faire avec, de détailler étape par étape, pour arriver à une autonomie graduelle, constitue un investissement coûteux sur le moment mais rentable à long terme.


6. Tout (enfin, beaucoup) est dans le choix des mots

Trèèèès important ça. 
  • Il y a ce qu'on apprend en Faber et Mazlish : une description de problème, un rappel en un mot, porteront toujours plus de fruit (à la fois sur le problème en lui-même, mais bien entendu aussi et surtout dans la relation à l'enfant, et dans sa relation à lui-même et aux tâches concernées) qu'un ordre bien sec, un reproche, ou une culpabilisation plus ou moins subtile.
  • Il y a ce qu'on apprend aussi, sur le côté humour : "la table est toute nuuuuuuuuuue".
  • Il y a ce qu'on apprend en Faber et Mazlish aussi, sur la valorisation des tâches : non, ce que nous demandons à nos enfants n'est pas "facile", "pas grand chose". C'est une contribution appréciée, révélatrice de compétences réelles, permise par des efforts dont on ne va surtout pas minimiser l'importance.
Et perso, j'ai remarqué que mes enfants préfèrent dire qu'ils ont "fait tel plat avec moi" plutôt que "aidé Maman à faire tel plat".

Il y a aussi d'autres choses. Par exemple, la manière dont on évoque / justifie ces tâches.
  • Parfois, si on s'écoute, on peut s'entendre parler de "ma maison" qui est en bazar ? Ou de "notre maison"... Nos enfants sont-ils des invités dans la maison des adultes, ou des personnes qui y habitent et donc participent logiquement à son fonctionnement ? 
  • Très souvent, aussi, on va formuler ce qu'on ne veut pas : "J'en ai maaaarre de vivre dans un salon en bordel". (toute ressemblance avec des phrases réellement prononcées dans la famille Bout serait vraiment fortuite); il est beaucoup, beaucoup plus mobilisateur de formuler ce qu'on veut. L'être humain, et ce dès tout petit, réussit bien mieux à s'engager pour une représentation positive, parce que "j'ai envie d'un beau salon en ordre !", que pour éviter du négatif.
  • Croisement des deux : on pourra préférer, à "je ne suis pas la bonne, m !", un "dans une maison, tout le monde participe !"

7. L'aménagement de l'environnement est un aspect essentiel (stratégie & champ de bataille, toussa)

Au fond, ceci est une implication pratique du fait que notre maison est notre maison, et non "ma maison" : il s'agit de regarder ladite maison, et son aménagement, non seulement avec nos yeux, mais avec ceux de nos enfants; y compris en se mettant à leur hauteur, par exemple.

Pêle-mêle, chez nous, ça veut dire
  • positionner le nécessaire à couvert à des emplacements atteignables
  • charger le lave vaisselle d'une manière qui leur permette de le vider sans risquer de se faire embrocher par les couteaux de cuisine
  • ranger différemment leurs vêtements de ce que nous aurions fait spontanément. 
    • Ca, il m'a fallu un certain nombre de fois à m'énerver sur le placard d'E. avant de réaliser que mon mode spontané de rangement de ses vêtements ne lui correspondait pas, et que donc si je voulais qu'elle range correctement ses vêtements / soit en mesure de se servir sans pulvériser "mon" ordre, eh bien... j'allais devoir faire autrement que ce que j'aurais fait sinon. 
    • Idem sur la technique de pliage. Si je veux des piles qui se tiennent, j'ai intérêt à lui apprendre une technique de pliage qui lui convienne vraiment, et à l'adopter moi-même.
  • fixer les patères de leur chambre à une hauteur ridicule pour moi
  • investir dans des panières si ils rangent mieux dans des panières, des boîtes si ils préfèrent des boîtes...
  • et même, au besoin, craquer pour l'objet sexy (E. a une poubelle La Reine des Neiges #honte)
  • positionner l'aspirateur à un endroit atteignable pour eux, pas seulement pratique pour nous ; idem la balayette
  • réfléchir au positionnement du panier à linge sale : plus proche il est de leurs chambres, meilleures sont nos chances d'y voir atterrir leurs vêtements. Un point bonus si il est sur le trajet entre la sdb et leurs chambres.
  • investir dans 2 paniers à linge sale : un pour le foncé, un pour le clair. Ca permet de leur confier l'étape du tri. Et vous savez quoi ? Au départ, on en avait un vert et un bleu. Tout a changé quand j'ai remplacé le bleu par un blanc. En tous cas, je me suis rapidement économisé l'équivalent du Lac Léman en volume de salive : les "ça va où le linge clair Maman déjà ?" ont rapidement décru, par la magie d'une réponse en mode exercice à trou "le linge foncé dans le bac foncé, le linge clair dans le bac.... ?" . (mais, oui, il a fallu investir un peu de temps dans la définition et la démonstration par l'exemple de ce qui est clair, et de ce qui est foncé - polos à rayures marine et blanches, vous finirez en Enfer)
  • jouer les Flylady et réaliser que nos enfants, au moins autant que nous, feront plus facilement les choses si tout le nécessaire est sous leur nez
    • Par exemple, j'ai admis qu'il était vain d'espérer qu'E. et F. se brossent les dents sans mettre du dentifrice dans le lavabo ni asperger copieusement le miroir de la salle de bain. J'ai également mesuré l'agacement que cela me procurait (enfin, j'ai pas pu, j'avais pas de mètre assez long). J'ai donc positionné un rond vert et un petit chiffon bleu Jemako qsur le plan de travail de la sdb où ils se lavent les dents, et j'ai souligné qu'après chaque lavage de dents, hop, petit coup de rond vert sur et autour du lavabo, et zou, petit coup de chiffon sur les éclaboussures du miroir. Bien évidemment, ce n'est pas parfaitement fait, bien évidemment, j'ai régulièrement besoin d'opérer un rappel ("E., y a un petit rond vert qui n'a pas travaillé !!"), mais ça évite la sédimentation de couches successives de dentifrice, et celle, parallèle, de couches successives de ras-le-bol. 
    • Idem, depuis qu'une serpillière est à demeure à côté de la baignoire, pour usage immédiat en cas de sdb-piscine, les bains débordent moins, et mon énervement itou.

8. Moins ils participent,... moins ils participent

Ah, ça, ça a été un constat impitoyable de la fin de l'année scolaire. 
Pressé, Monsieur Bout avait pris de plus en plus l'habitude de mettre le couvert lui-même, en faisant la cuisine. De reranger les chaussures éparpillées dans l'entrée, plutôt que de s'embêter à faire redescendre leurs propriétaires de leurs chambres. De débarrasser l'assiette ou le bol oublié sur la table de la cuisine, plutôt que d'inviter la personne concernée à rectifier son oubli. (Et Madame dans tout ça, me diront ceux qui suivent ? oh ben Madame, elle était déjà bien trop occupée pour perdre le peu de temps qu'elle passait avec ses enfants à gérer des sujets aussi triviaux)

Et au fond, hein, pourquoi pas ? Après tout, si il s'agit d'apprendre à nos enfants à rendre service, il est bon aussi que nous le leur apprenions en leur rendant service, n'est-ce-pas ?
Ben... pas forcément. Nous avons en effet constaté, pour notre part, que du coup
  • les enfants perdaient l'habitude de considérer ces tâches comme une contribution normale, (et non le boulot des parents que ceux-ci essaient fourbement de leur refourguer) et du fait de cette déresponsabilisation, perdaient donc à la fois 
    • l'automatisme : oublis de plus en plus fréquents
    • et la disponibilité : râleries X100 quand on osait leur demander de le faire, délais entre la demande et l'exécution X1000
  • les parents perdaient beaucoup d'énergie à faire des choses que leurs enfants auraient pu faire, au détriment de choses pour lesquelles leurs enfants avaient vraiment besoin d'eux 
    • = moindre disponibilité (y compris mentale / affective, au vu de la rancœur accumulée) pour leur rendre vraiment service. (que ce soit pour un "moment particulier", ou pour recoller un jouet cassé, aider à préparer un cadeau pour un petit copain, etc). 
    • Ce qui illustre un des intérêts fondamentaux à confier suffisamment de tâches ménagères à nos enfants : "tout faire pour eux", c'est s'exposer à pourrir dangereusement le climat familial (sur fond d'autopiétinage de ses limites, rancœur et culpabilisation) à long terme, bien davantage, au fond, que va ne le pourrir la répétition de certaines demandes à court terme (pour peu qu'on apprenne à formuler lesdites demandes d'une manière respectueuse cf point 6). Bicoz tout faire pour eux, c'est imprudemment vider notre réservoir et se rendre ainsi incapable de remplir le leur (vous savez, cette histoire de découvert).

En conséquence de quoi, nous avons opéré un virage à 180°C pendant l'été. Nous avons employé notre temps à reréclamer tout le support précédemment attendu, augmenté de nouvelles choses.
Nous n'avons pas juste réintroduit la routine du couvert, nous avons rajouté le vidage du lave-vaisselle, par exemple.
Rouspèteries pendant une semaine, puis hop, c'était intégré. Le taux de conflictualité lié au sujet a été divisé par 50.
Autant vous dire que Monsieur et Madame y font vachement plus attention, maintenant !


9. Participer, (si) ça a de chouettes conséquences

Cf le point 6 : si nous voulons développer l'implication de nos enfants à la maison, leur motivation à faire les choses, il est bon qu'ils perçoivent les conséquences de leurs efforts.

  • Parfois, cela se fera sur le mode négatif. 
    • Constater qu'on ne peut pas mettre la jolie robe qu'on voulait à un anniversaire, parce que celle-ci est restée tâchée, chiffonnée dans un coin, au lieu d'être mise au sale. 
    • Ne pas avoir la cuiller préférée parce que c'est son frangin qui a mis le couvert seul et que donc il se l'est légitimement appropriée. 
    • Ne pas pouvoir inviter un petit voisin à jouer à la maison parce que la règle est que on invite quelqu'un dans une chambre rangée. 
    • Me voir m'arrêter de cuisiner parce que personne ne vient mettre le couvert et que donc je n'ai pas envie de faire les choses seule. 
Mais à long terme, nos enfants tireront surtout profit de ce qui leur permettra de voir le sens des tâches ménagères, le bénéfice réel à les accomplir / y participer (ce qui est du reste assez intéressant dans le développement de leurs capacités à assumer ses tâches sans nous, dans leur future vie d'adulte). Pour cela, on peut prendre le temps 
  • d'admirer longuement, en décrivant, la chambre rangée. 
  • De remercier pour la table mise. 
  • De s'exclamer "quel salon agréable !" après que tous les duplo aient regagné leur boîte. 
  • De regarder avec intérêt la pelouse domestiquée par la tondeuse (maniée avec passion par F.)
Et surtout, un gros intérêt à prendre sa part dans le travail de la maison, c'est que ça libère du temps à tout le monde. Il s'agit donc de transformer le temps pas passé à ranger tout seul en temps passé en famille. 
Là dessus, le plus beau exemple m'a été fourni en ateliers Faber et Mazlish, par un maman solo de 4 ados. Suite à notre séance, elle a expliqué à ses enfants que leur maison à tous devait fonctionner, et qu'elle aimerait passer plus de temps avec eux. Quelques soirs plus tard, elle a eu la surprise de rentrer un soir dans un appartement rangé et aspiré de fond en comble, avec le dîner déjà préparé, et ses ados l'attendant pour lui sauter dessus "bon, eh bien ce soir on fait quoi de beau ensemble puisqu'on est dispo tous les 5 ?"
Bref, ça me demande un effort conscient souvent, mais autant que possible, je me bouge les fesses : "cool, le couvert est déjà mis, ça veut dire qu'on n'a plus rien à faire alors qu'il y a encore 5 minutes avant le repas : pendant que ça finit de cuire, on peut faire une partie de 1000 bornes"


10. La résolution de problèmes spécial tâchés ménagères (ou pas)

On peut goupiller pas mal de ces points pour en faire un sujet de discussion familiale.
On choisira les mots avec soin, pour souligner l'intérêt de partager la charge "pour que nous ayons du temps ensemble, et que la maison fonctionne bien, il est important que tout le monde participe. Qu'y a-t-il à faire dans notre maison ? Que peut faire chacun ? De quoi a-t-il besoin pour cela ?".

J'ai mis "ou pas", parce que le mieux étant l'ennemi du bien, c'est précisément dans l'attente d'une discussion de ce genre que nous avons laissé les choses aller à vau-l'eau l'an dernier. Et finalement, c'est une décision unilatérale qui nous a permis d'en sortir ;-)

Ceci dit, l'écriture de ce billet, et quelques discussions avec les enfants, ont fait que nous avons prévu d'en reparler avec eux dans les prochains jours. Nous sentons que eux comme nous sommes prêts pour rebattre un certain nombre de cartes / transférer certaines tâches supplémentaires (préparation d'un repas simple par semaine, étendage d'une lessive,...)
Affaire à suivre !