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lundi 21 juin 2021

Sommeil des bébés - 2 : accompagner le bébé qui n'a pas appris à dormir

Premier truc à retenir, de mon premier billet sur le sommeil, c'est qu'un bébé qui ne dort pas a de fortes chances d'avoir de bonnes raisons pour cela. Des douleurs, par exemple, et chez moi on a testé plutôt les aspects gastriques. Mais ça peut avoir aussi d'autres origines (une copine a réalisé après des mois que sa fille avait en fait une hanche bloquée.)

Et quand je dis un bébé, je précise que ce n'est pas juste le petit bébé qui est concerné, car ces douleurs gastriques sont plus ou moins facilement identifiables. Ainsi, j'ai mentionné dans mon premier billet le RGO et l'intolérance aux protéines de lait de vache de notre petit H. 

  • Eh bien, figurez-vous qu'au bout d'un an nous avons réalisé qu'il est en fait aussi intolérant au gluten (youpi !) Une intolérance qui était au départ moins flagrante que celle aux PLV, mais qui nous a quand même valu, par exemple, des pleurs quasi non stop de 2 à 5h la veille du diagnostic officiel (après une purée contenant du boulgour. Evidemment je n'ai fait le lien qu'après.)
  • Entre 2 et 5h du matin j'ai eu le temps de bieeen penser à un couple d'amis à nous dont le numéro 3 s'est réveillé quasi toutes les nuits jusqu'à l'âge de 3 ans ; ils ont tenté mille choses, sont même allés voir une psychologue spécialisée en angoisse de séparation, avant de... réaliser que c'était le gluten le problème. Disparition du gluten, disparition des réveils. 


Bon, maintenant qu'on a dit ça, nous voici donc avec un bébé du type de H., qui a eu d'excellentes raisons pour ne pas réussir à dormir durant les premiers mois de sa vie, et qui donc a raté le processus naturel qui permet à de nombreux bébés d'apprendre peu à peu à dormir sereinement.


Que fait-on de ce bébé, une fois que le "ça va venir tout seul" semble compromis ?

Encore une fois, je sais qu'il est à la mode, dans les milieux bienveillants, de rester sur un "ça va venir tout seul" mais étalé sur un laps de temps beaucoup plus laaaaarge. Idéalement assorti d'un témoignage 

"à 3 ans il s'est mis à s'endormir seul / elle a fait ses nuits à 4 ans et depuis c'est une excellente dormeuse / il a 5 ans et maintenant il ne nous réveille plus qu'une nuit sur 2, on constate une vraie évolution c'est top".

OK. 

Ou pas. 

Parce que ça veut dire des années pendant lesquels les parents n'ont pas leur content de sommeil. 

Pas juste quelques mois inévitables. Des années. Et accessoirement, des années pendant lesquels le bébé concerné

  • n'a probablement pas son content de sommeil non plus
  • est géré par des parents n'ayant pas leur content de sommeil, ce qui a inévitablement des conséquences sur leur niveau d'entrain, de patience, etc.


En ce qui nous concerne, en tous cas, le constat que j'ai fait peu avant les 6 mois était sans appel :

  • H. était fatigué. Il était capable de montrer beaucoup d'entrain mais se montrait aussi très souvent grognon. Pas seulement pour cause de souffrances gastriques, mais surtout parce qu'il était fatigué. Les fois où, par exemple, il s'endormait brièvement, pour se réveiller 30 minutes plus tard, le manque de sommeil était souvent palpable : il restait fébrile, grognait, n'avait au fond qu'une envie, dormir, mais c'était une envie que nous étions impuissants à satisfaire
  • Monsieur Bout et moi étions épuisés. Et encore ! Nous avions des circonstances aidantes
    • Un Monsieur Bout au foyer
    • le COVID 19 c'est-à-dire une Gwen travaillant pour l'essentiel de son temps en télétravail, permettant de décaler les débuts de journée pour récupérer du sommeil entre 6 et 9h du matin.
    • Malgré tout, nos pensées tournaient autour du sommeil de H., et les couchers éveillaient chez nous impuissance et angoisse.
  • Et cerise sur le gâteau, la fratrie faisait aussi les frais de ces soucis de sommeil
    • A la fois parce que le manque de patience et d'entrain des parents avaient évidemment un impact sur la Faber & Mazlishitude de nos interactions, ou même plus prosaïquement sur notre capacité à préférer une grande ballade à une sieste. 
    • Mais aussi parce que du coup le sommeil de H. et tout ce qui pouvait le favoriser / gêner était devenu un sujet bien trop central et pesant beaucoup trop lourdement sur leurs épaules "chuuuuuut les enfants bon sang !". Quand une dispute éclatait entre les 2 c'était bien moins la dispute qui m'embêtait qu'une envie de meurtre liée aux couinements perçants qu'E. pousse en cas de conflit fraternel.


Il était temps de faire quelque chose, pour nous, pour H., pour notre famille.

J'ai donc sorti ma CB et acheté un camion citerne de sommeil en promo.

Ah non

Un bouquin dont j'avais déjà entendu parler, d'un auteur que j'avais déjà apprécié sur un autre sujet

Aletha Solter, Pleurs et Colères des bébés et des enfants.


Cette lecture m'a fait un bien immense sur plusieurs points, et notamment un absolument essentiel.

Il m'a permis de boucler la boucle sur mon positionnement de parent par rapport aux émotions difficiles de nos enfants, et à leur expression favorite : les pleurs.

Une boucle déjà évoquée en commentaire de ce billet-là sur les crises des enfants, ... mais j'avais urgemment besoin de clarifier cela, je ne vais pas dire "une bonne fois pour toutes", mais, bref, d'arriver à un nouvel âge réminiscent sur le sujet.

Je vous incite vivement à lire le bouquin, mais déjà : ce qui moi m'a frappée, c'est vraiment la nécessité de réhabiliter les pleurs comme quelque chose de normal, de sain

en restant loin 

  • du traditionnel : ça lui fera les poumons, il doit apprendre la frustration, voire "il veut te manipuler" et "si tu cèdes à ses pleurs, il saura qu'il peut t'avoir comme ça" : ou comment mettre du rapport de forces dans la relation à un être à peine éclos.
  • de l'actuel : les pleurs sont quelque chose de terrible, si un bébé pleure il grille ses neurones, et la compétence et le dévouement du parent se mesurent à sa capacité à prévenir ou stopper les pleurs de son enfant. D'où double peine en cas de pleurs persistants : 
    • non seulement on a un bébé qui nous hurle dans les oreilles, 
    • mais en plus ces pleurs sont la marque que nous sommes de mauvais parents. 
A noter l'expression très souvent utilisée "soulager les pleurs" : que de choses sont implicitement véhiculées par cette expression. Les pleurs seraient donc une douleur, à arrêter au plus vite ....

En lisant Aletha Solter, j'ai découvert une manière différente de voir les pleurs. Les pleurs comme quelque chose de positif : un vecteur de décharge émotionnelle essentiel. Essentiel au sens de bénéfique. 

Dans son bouquin elle fait la comparaison avec les autres fluides émis par le corps : ils ont tous une mission d'évacuation et les bloquer exposerait à un empoisonnement. Il semble que ce soit la même chose pour les pleurs; j'ai été frappée de lire que la composition chimique des larmes n'est ainsi pas la même si ce sont des larmes d'irritation physique (au secours, des oignons), ou des larmes de tristesse : on ne trouve des hormones de stress que dans les secondes, et donc sans ces larmes, les hormones de stress resteraient bien gentiment à l'intérieur. Ainsi, une hypothèse formulée pour expliquer la différence de longévité entre femmes et hommes et le fait que ces derniers, notamment, ont le cœur plus fragile, pourrait être que les femmes pleurent davantage, donc évacuent plus efficacement ce qui, sinon, peut continuer à empoisonner à l'intérieur.

Elle souligne à quel point on peut taper à côté de la plaque en voulant à tout prix apaiser les pleurs d'un bébé, et que ceux-ci ont besoin de sortir, mais qu'il y a une différence énorme entre laisser pleurer un bébé longuement, seul, et accompagner les pleurs d'un bébé.


Impressionnée par ce point de vue, j'ai donc changé mon approche 

Au lieu de calmer bébé en le berçant, en marchant avec lui dans les bras ou le porte-bébé, j'ai fait l'expérience de le prendre dans mes bras, de m'asseoir, et de le regarder dans les yeux en lui disant "pleure". Puis je l'ai tenu dans mes bras longuement, sans chercher à calmer ses pleurs, mais en lui caressant la tête de temps en temps, et en l'encourageant à sortir ce qu'il avait à sortir. Je me suis d'ailleurs vite retrouvée à formuler des phrases d'accueil des sentiments du plus pur style Faber et Mazlish... et j'ai été frappée de la cohérence entre les 2 approches : les émotions de chacun, tout-petit ou plus grand, ont avant tout besoin de pouvoir s'exprimer et rencontrer l'acceptation

Une fois qu'on a pu s'assurer qu'un besoin physique n'était pas à l'origine des pleurs d'un bébé, alors on peut admettre l'origine émotionnelle de ceux-ci et leur offrir la voie de sortie dont ils ont besoin. 

Comme annoncé par A. Solter, les pleurs ont duré longtemps.... longtemps.... puis H. s'est endormi dans mes bras, sans avoir été bercé, et tout détendu. Contrairement à ce qui était devenu quasiment systématique à ce moment, il n'a pas bronché quand je l'ai déposé, et a dormi bien plus longtemps que les fois précédentes.

Autre effet impressionnant : l'effet sur nous les parents. Je l'ai senti instantanément, et Monsieur Bout l'a formulé aussi. 

"C'est fou, maintenant que tu m'as dit qu'en fait il avait besoin de pleurer et que notre rôle n'était pas de le calmer, ses pleurs me stressent beaucoup moins". 

Ce qui, du coup, rend nettement plus disponible pour les accueillir.


2ème étape 

Les nuits étaient très hâchées, et souvent à partir de 2 ou 3h du matin H. réclamait toutes les heures ou heures et demies. Tétouillait et se rendormait. Il passait d'ailleurs souvent la 2ème partie de la nuit dans notre lit, du coup, et c'était de pire en pire, puisque ma proximité, l'odeur du lait, favorisaient les réveils. Sortir son berceau de notre chambre avait un peu réduit la casse en évitant que nos bruits ne le réveillent et réciproquement, mais...

Clairement, je sentais qu'il devenait de plus en plus dépendant de la tétée pour s'endormir et se rendormir, et en même temps, étant crevée, c'était bien pratique pout moi de pouvoir compter là-dessus... même si cela signifiait plusieurs réveils nocturnes et/ou un sommeil de piètre qualité.

C'est plus ou moins simultanément avec la lecture d'A. Solter que, soudain, en pleine nuit, j'ai réalisé que ça y était : le changement, c'était maintenant. Non, clairement, H. n'avait plus besoin de manger la nuit; il avait besoin de réassurance, mais pas de manger. Et moi je n'étais plus prête à l'allaiter la nuit.  Le bénéfice que je trouvais à le rassurer ainsi (rendormissement assez rapide) était soudain devenu moins grand que les inconvénients (interruptions fréquentes et dépendance) : j'étais donc prête à lui apporter cette réassurance autrement que par la tétée, même si au départ c'était moins confortable pour moi que de dégainer le sein. (déclic qui s'est vraiment fait d'un coup. La veille, je voyais les choses différemment. Et c'est OK comme ça.) 

Pour faciliter la transition pour lui comme pour moi, j'ai donc défini une fenêtre "sans tétée" : les réveils entre minuit et 6h du matin seraient accueillis autrement qu'avec le sein.

  • J'ai donc béééééniiiii le fait d'habiter dans une maison, sans voisins gênés par les pleurs, puisque du coup, cette nuit-là, à 2h du matin, j'ai accepté d'accueillir les pleurs de nuit de H. à la mode Aletha Solter : je me suis assise dans l'escalier de notre étage, et hop, session de pleurs pour lui (pour ceux qui se posent la question : ni F. ni E. n'ont rien capté; quant à Monsieur Bout, il a même fini par se rendormir, crevé). Longue session. Et 5h de sommeil d'affilée derrière.
  • Le lendemain, idem.
  • Le surlendemain... dodo non stop de minuit à 5h30 du matin.

Bon, je vous rassure, ça n'a pas été définitif, mais clairement, des embryons de nuits complètes ont pu commencer à apparaître, puis devenir de plus en plus fréquents, à partir de ce moment-là.

Concernant cette étape-là, je dirais que le point clé, c'est notre sentiment de maman. Si on doute, si on n'est pas vraiment prête à arrêter d'allaiter la nuit, il vaut mieux s'écouter. Car comment envoyer un message clair à son enfant si les choses ne sont en fait pas déjà claires pour nous ? Dans ce cas, autant nous laisser le temps nécessaire pour les clarifier. D'où l'inutilité totale du "décide que tu ne l'allaites plus la nuit" plein de bonnes intentions de notre entourage. 

La conviction que c'est une bonne décision à un instant T ne peut venir que de nous, de notre for interne, pas nous être imposée de l'extérieur. Elle peut être facilitée par une discussion ouverte avec quelqu'un dans l'écoute et le soutien, mais en définitive, c'est nous qui pouvons savoir. Une telle discussion ne saurait avoir pour intérêt que de permettre à ce que nous savons déjà au fond de nous d'émerger, pas de nous l'inculquer parce-que-c'est-mieux-comme-ça. Pour l'une, ce sentiment viendra à 5 ou 6 mois (c'était l'âge de H. à cette étape). Pour une autre, à un tout autre moment. L'important, c'est d'écouter ce qui se passe en nous, ce qui se passe avec notre bébé, pas ce que les voisins prétendent qu'ils devraient se passer, que ce soit dans un sens ("allaiter la nuit à un an, c'est totalement superflu") ou dans l'autre ("sevrer son enfant la nuit, c'est lui imposer un truc terrible").

3ème étape. (H. avait 8-9 mois)

J'ai aussi admis que le fait de ne pas s'endormir dans son lit en journée nuisait à la capacité de H. à s'y rendormir en cas de micro-réveil. 

 Nous l'avions conditionné à s'endormir d'une certaine manière notamment en journée (dans le porte-bébé, et notamment en faisant du step dans les escaliers), et effectivement, passé les premiers mois où un nourrisson ne prend pas de mauvaises habitudes en soi, là, H. avait passé le cap et était devenu dépendant des manières de s'endormir auxquelles nous l'avions accoutumé. A moi de l'accompagner pour en intégrer d'autres, plus propices à son repos et aux nôtres.




Le truc drôle, c'est que pour cette étape c'est une lecture sur un blog suggéré (pour un autre thème) par une lectrice de blog qui m'a permis de prendre du recul sur ce point-là. C'est en anglais, ça diffère très clairement, sur certains points, de ce qui est considéré comme indiscutable par certaines écoles, et ... ça m'a beaucoup aidée à me former, moi, ma propre opinion en confrontant ces différents postulats avec ce que j'observais de notre situation.

J'ai donc commencé par l'emmener dans la chambre où nous avions déplacé son berceau (chambre habituellement dédiée à l'accueil de nos mamies-au-pair, mais le COVID nous privant de cette ressource autant profiter de cet espace, qui est donc, en ce moment, à la fois l'endroit où dort H., et mon espace de travail à la maison), et entrepris de le familiariser avec son lit.

J'ai

  • parlé avec lui et expliqué ce que j'allais faire
  • repéré les moments où il était fatigué (frottage d'yeux. Moments angoissants jusqu'à présent puisque c'était le moment où nous repérions qu'il était fatigué tout en étant conscients qu'il avait peu de chances de trouver le sommeil dont il avait besoin)
  • câliné H, en l'emportant vers son berceau, en le lui montrant, en prenant le temps de tirer les rideaux avec lui dans les bras, et en lui expliquant qu'il allait s'y reposer en sécurité
  • posé H. dans son berceau, assis la Gwen à côté, tenu la main de H. en le regardant dans les yeux

Je suis restée présente avec lui pendant qu'il déchargeait... et j'ai vu se répéter, en plus court, le schéma des pleurs "à la Aletha Solter".

Dès le lendemain, nous repérions déjà une différence : endormissement (toujours en ma présence) plus rapide, et H. plus zen et plus vif le reste du temps.

48h après, j'ai eu la joie de voir H., au moment où j'allais le coucher pour sa sieste de l'après-midi, tendre les bras vers son berceau en mode "je sais ce que je vais y faire et j'en ai bien envie". Premier endormissement sans aucun pleur, en quelques minutes de ma présence.

(je précise que, passées les toutes premières fois, ma présence s'est faite plus "distraite" : j'avais mon téléphone ou un bouquin dans une main, l'autre restant dans la mimine de H.)

L'amélioration s'est poursuivie assez rapidement : la plupart du temps, H. couinait pendant à peine 1 minute, ma main dans la sienne, et paf, 5 minutes après, j'étais dehors. Et du coup, s'étant endormi dans son berceau, il réussissait à y enchaîner un 2ème cycle de sommeil, là où jusqu'à présent les siestes entamées et suivies d'une dépose ultra délicate dans le berceau ne duraient (siiii le transfert avait réussi) que les 45 minutes d'un cycle de sommeil.

Au bout de 15 jours environ, que dalle : pleurs qui duraient... et j'ai réalisé qu'en fait, ça y était, H. était arrivé à un stade où il avait suffisamment apprivoisé son berceau et l'endormissement pour que ma présence devienne subitement plus un perturbateur qu'une aide. 

J'ai donc de nouveau expliqué ce que j'allais faire, et la fois suivante, je l'ai déposé, caressé, et me suis esquivée. Et là aussi, pleurs courts, pleurs de transition et non de détresse, et dodo.

Il y a parfois eu des rechutes (notamment lié à un gros rhume), des retours en arrière, et surtout, la dernière étape, pour nous, ce qui a permis la stabilisation définitive, a été... cette découverte que non seulement H. était intolérant aux protéines de lait de vache, mais qu'il avait aussi des soucis avec le gluten. Depuis l'éviction totale du gluten de son alimentation et de la mienne, le sommeil est complètement stabilisé. 


Noel, noël !!

En conclusion, j'en retiens que vraiment, au niveau du sommeil comme sur de nombreux thèmes éducatifs, il est délicat de trouver sa voie entre les poncifs de l'éducation traditionnelle, et les recommandations actuelles. On peut avoir l'impression d'un choix fermé entre deux positions à l'opposé l'une de l'autre, comme c'est le cas en éducation où le choix nous est souvent présenté de manière binaire "laxisme ou éducation traditionnelle" / "éducation à la schlague ou priorité absolue aux besoins / demandes de l'enfant". Et pourtant, il existe une multitude de voies intermédiaires et différentes, qui dépendront de nous, de notre environnement et... de notre bébé, cet être unique, unique jusque dans ses besoins. 

Non, on n'a pas juste le choix entre "Je laisse pleurer mon nourrisson comme ça il apprend à dormir" et "il ne s'endort qu'avec, grâce et par moi jusque l'âge de 4 ans". 

Un nourrisson a avant tout besoin de notre proximité, un bébé plus âgé a toujours besoin de proximité mais celle-ci peut prendre des formes différentes d'autant que ledit bébé développe aussi un besoin de diversifier ses sources de sécurité, par exemple. 

Le but de ce témoignage n'est donc pas de dire "faites comme ci, pas comme ça". Mais, encore une fois, d'élargir la carte du monde, en augmentant le nombre de possibilités dans lesquelles vous pouvez envisager de taper, voire vous autoriser à construire la vôtre en prenant un morceau là, un morceau ici, sans vous sentir obligés de coller totalement à un schéma unique et présenté comme la seule voie possible. Parce que, oui, encore et toujours, flûte, il n'y pas de package obligatoire!


Petit teasing bonus : depuis la lecture d'Aletha Solter, je gère aussi différemment les pleurs / chouinements d'E. ! Mais, bon hein, comme d'hab, je vais vous promettre ça pour un autre billet qui paraîtra dans 107 ans. (ou un peu avant, parce que ça devrait quand même être plus court à écrire que ce pavé-ci)


jeudi 4 février 2021

Le sommeil des petits Bébous

Voici un billet commencé il y a... 4 ans (je pouffe)


Le but de ce billet est d'analyser un peu ce qui peut aider un bébé à dormir

Sujet épineux, polémique, même ! Alors je précise tout de suite qu'il s'agit de MON expérience avec MES bébés à moi. D'où il s'ensuit

  • Que ce billet retrace un cheminement pas parfait (je ne suis pas parfaite ! Oh my God ! J'ai fait des grosses bourdes trucs pas optimaux avec mes enfants ! Et j'en ferai d'autres)
    • Le but n'est pas de dire "faites les mêmes erreurs que moi" 
    • le but n'est même pas de dire "ne faites surtout pas les mêmes erreurs que moi", 
    • le but est juste de témoigner d'un chemin possible.
  • Que ce billet ne doit SURTOUT PAS viser à culpabiliser, à dire que faire autrement signifie être une mauvaise mère, ni même à dire à quel point je suis une mère excellente. Ce billet est comme le reste du blog : c'est un retour d'expérience, qui peut ouvrir des perspectives à une lectrice, et ne pas parler du tout à son voisin. 

Il peut inciter à se poser des questions, et le truc cool dans une vraie question, c'est qu'on a le choix de la réponse. 

Donc si ce billet vous incite à vous poser la question de "Et si je testais tel truc qu'a l'air de bien fonctionner chez Gwen ?", c'est cool ! A une seule condition : que vous vous autorisiez à répondre à cette question par OUI... ou par NON. Voire aussi par NON à un moment, et OUI à un autre moment, ou l'inverse, parce que dans la vie, bien peu de questions méritent qu'on ne change jamais de réponse à leur sujet.

Voilà, c'était la petite précaution oratoire.


Pour mémoire, avec nos deux premiers, nous avons été des vernis du sommeil bébéesque

  • F. a fait ses nuits à 6 semaines (alors qu'il était né prématuré d'un mois); 
  • E. a fait sa première nuit à 4 jours de vie (j'ai frôlé l'engorgement, merci), et à 15 jours faisait déjà 1 nuit sur 2 ou 1 nuit sur 3.

Nous pensions qu'il en serait de même avec un numéro 3.

Spoiler : ben non.


Alors, qu'est-ce qui aide un bébé à acquérir le sommeil ?

Rien que cette question sent le soufre.

Car oui, je sais que le sommeil de bébé est un sujet qui divise

  • qu'il existe énormément de points de vue sur le sujet, et que parfois, prétendre vouloir dormir, pour un parent, est taxé de VEO par d'autres parents. (VEO = Violences Educatives Ordinaires pour les intimes; un terme avec lequel je prends certaines distances, puisque du constat extrêmement éclairant et juste du "un tas de choses sont faites aux enfants qui sont socialement complètement acceptées, mais en fait violentes", j'observe et déplore que s'opère souvent une bascule vers le "tout ce que l'adulte fait dans le but de veiller sur lui-même et qui est contraire à la volonté, supposée ou avérée, de l'enfant" )
  • Que la seule réponse donnée à un parent épuisé est parfois "Oh mais le sommeil ne s'acquiert que vers 6 ans" - Débrouille-toi avec ça. 
Je vous le dis tout de suite : je ne suis pas de cette école. Et je le suis encore moins après avoir fait l'expérience de numéro trois et donc du bébé qui ne dort pas. On ne peut pas forcer un bébé à dormir / à dormir seul, en revanche, on peut le favoriser si on le souhaite. L'accent étant sur le "si on le souhaite".

Et franchement, si on le souhaite, ça vaut le coup, ce n'est pas une ignoble manipulation de notre bébé ni le faire aller contre sa nature, mais quelque chose qui peut être bénéfique à tout le monde. J'y reviendrai.


Enseignement numéro 1 :  un tout jeune bébé a une super capacité à dormir selon ses propres besoins, pour peu que rien ne l'en empêche. 

Pour peu....

C'est en tous cas ce qui s'est vérifié pour chacun de mes enfants.

Le premier point à gérer, là dessus, c'est d'assurer le bien-être physique de notre bébé. Sacré paire de manches, puisque ces petits êtres ont le culot de naître sans jauge visible (ce ne sont pas des Siiiiiims) ni écran de bord high-tech signalant un réservoir vide ou une couche pleine. Ils n'ont que leurs pleurs pour communiquer, et ces pleurs ont le don de nous mettre facilement dans tous nos états, brouillant potentiellement encore davantage notre capacité à comprendre notre bébé et ses besoins.

Chez mes bébés à moi, comme chez pas mal d'autres bébés, l'ennemi numéro 1 : les douleurs gastriques de tous ordres. Chez nous, il a fallu donc veiller à 

  • éviter des repas trop rapprochés 
J'en parle dans ce billet sur les bébés à 3 tétées par jour, mais effectivement F. comme E. se sont avérés totalement imperméables à ce qui est généralement présenté sous le nom d'allaitement à la demande. Des tétées trop rapprochées les faisaient hurler de douleur (et se jeter sur le sein pour se soulager, alimentant ainsi un cercle vicieux parfait), pour cause d'estomacs ayant besoin de temps entre chaque repas. Par ailleurs les micro-repas ne leur remplissaient qu'à moitié le bide et renforçaient du coup ce cercle vicieux

Nous avons mis du temps pour le comprendre pour F. mis nous avons décidé de tester, "juste 24h" ce que ça donnerait si nous respections un délai de minimum 3h entre chaque tétée (en continuant à répondre à ses pleurs, hein, mais autrement qu'avec le sein : câlin, promenade, portage, bain,...), tout en le stimulant un peu si il venait à s'endormir au milieu de ce repas (hop, change au milieu, ou guilis sur les pieds). Alors, la radicalité du changement observé sur ces 24h ne nous a pas laissé beaucoup de doutes sur le fait que nous avions mis le doigt sur son vrai besoin, même si celui-ci ne cadrait pas avec la littérature que nous avions lue sur le sujet. Nous avons choisi d'écouter notre fils.

Nous avons suivi le même principe pour E.

Dans les 2 cas, nous avons constaté un effet merveilleux : dès que l'estomac n'était plus perturbé par des tétées trop rapprochées, non seulement la dose de pleurs journalière baissait énormément, mais les tétées s'allongeaient, se faisaient plus nourricières, et donc notre bébé espaçait de lui-même encore davantage ses repas : de 3h entre chaque on passait assez vite à 4, voire plus. Or la capacité à espacer des repas aide bien évidemment puissamment à la capacité à dormir longuement sans interruption. Merci et cœur sur elle.


  • détecter des douleurs pas normales et agir promptement pour y remédier. 

Dans le cas de nos 3 enfants, nous avons eu droit à un RGO (reflux gastro-œsophagien). Quel bonheur ! Le RGO est bien évidemment l'ennemi absolu du bien-être de l'enfant, et donc du sommeil de toute la famille. 

Un bébé RGO a notamment cela de fabuleux qu'on peut en confondre certains symptômes avec ses besoins affectifs de nourrisson tout fraichement éclos : évidemment qu'un bébé tout frais adore dormir au contact de ses parents, et que ça lui est bénéfique. Mais un bébé RGO ne va dormir quasiment que comme ça, en position plutôt verticale, souvent en écharpe, et va se réveiller dès qu'on aura voulu le déposer dans son lit, puisque les acides digestifs seront venus chatouiller son œsophage sitôt remis en position horizontale. Le top. (d'ailleurs quand je vois sur certains groupes FB des mamans parler de leur bébé "BABI", bébé à besoins intenses, je me demande, à la lecture de ce qu'elles décrivent, si sous cette appellation ne se cache pas en fait un bébé qui souffre de maux non détectés. En tous cas ça ressemble).

Nous avons observé ce schéma fooormidaaable pour chacun des 3 Bébous. 

    • Pour F., nous étions novices, nous avons donc mis au moins 15 jours à comprendre le truc. Heureusement notre médecin nous a écoutés, orientés, et nous sommes devenus potes avec le Gaviscon. 
    • E. a bénéficié de sa place de numéro 2 : 48h d'observation des mêmes symptômes m'ont permis de débarquer direct chez le pédiatre en sachant ce que je voulais. 
    • Pour H., même problème, même action, j'étais toute fière en mode "héhé, je gère".

Si ce n'est que : pas du tout. Les sources de douleur d'un nourrisson sont de diverses natures, et pour H., nous avons pu explorer le monde merveilleux de l'intolérance aux protéines de lait de vache. Un autre niveau de douleur physique, et de complexité des solutions pour la soulager.


La leçon que je tire en tous cas de ces 3 maternités c'est que c'est une chance de pouvoir compter sur un entourage et un corps médical informés et à l'écoute

Que de jeunes parents de mon entourage entendent leurs plaintes balayées d'un "Oh mais c'est normal un bébé ça pleure beaucoup", que ce soit en mode vieille école "C'est pour te manipuler / ne le gâte pas / laisse le pleurer ça lui fera les poumons", ou dans sa version plus moderne "C'est normal un bébé ça doit rester collé à son parent H24 pour bien se développer". 

Chacune de ces 2 attitudes peut alors empêcher le parent de percevoir que non, ce n'est pas normal, qu'il y a un problème, et du coup, c'est parti pour des mois de galère avant que finalement, un test de Gaviscon ou d'autre chose n'aboutisse subitement à un bébé apaisé et qui dooooort. 

A noter : les "vieux" du corps médical sous-estiment très souvent les possibilités du RGO, tout simplement parce que celui-ci était moins répandu "dans leur jeune temps" : du temps où on faisait dormir les bébés sur le ventre. C'est une des raisons pour lesquelles un bébé RGO dormira souvent bien mieux sur le ventre...


2. un bébé peut apprendre assez naturellement à dormir dans son lit, si on l'accompagne


Le cododo, parfois, c'est la vie. 

Révélation / Scandale : j'ai failli tuer la nana qui a déboulé dans ma chambre d'hôpital, ma 2è nuit avec H, juste après 2h du matin, alors que ledit minuscule H m'avait tenue éveillée de ses pleurs depuis 22h, tétouillant sans arrêt (ben oui, il avait une montée de lait à stimuler, hein, et il prenait les choses au sérieux), et que du coup c'est finalement en le couchant à côté de moi sur notre lit d'hôpital que nous venions EEEEENFFFFFIIIIIIIN de trouver le sommeil tous les 2. 

"Ah mais non madame ce n'est pas autorisé c'est beaucoup trop dangereux !". Graou. (je l'ai repris dans mon lit dès qu'elle a eu le dos tourné. Nanméoh)

Le cododo, parfois, c'est la vie, mais parfois, ça ne nous correspond pas, ou plus, ou ça nuit à la qualité de notre sommeil à nous, ou à celui du bébé. 

Idem le portage. Qu'est ce que c'est précieux pour satisfaire le besoin de contact de notre bébé tout en faisant fonctionner la maisonnée en même temps ! Mais devoir systématiquement endormir et/ou faire dormir son bébé en écharpe devient vite lourd (au sens propre comme au figuré). 

Avec mes bébés en tous cas, j'ai expérimenté que m'efforcer de les faire dormir, chaque fois que possible, dans leur lit, avait un effet de malade : ils s'habituaient à leur lit comme à un endroit sûr, connu, où on peut dormir tranquillement. Il ne s'agit pas de prétendre qu'on va donner des mauvaises habitudes à son bébé en dormant avec lui au tout début, en l'endormant en écharpe, ou en le faisant plus tard quand c'est nécessaire. Mais en ce qui me concerne j'ai trouvé que veiller à ce que bébé dorme régulièrement dans son lit permettait cet apprivoisement bien utile sur le long terme. Pour E., par exemple, nous avons veillé à la coucher toujours dans son berceau le soir, tout en étant parfaitement open à la reprendre avec nous en cours de nuit si c'était nécessaire.

Apprivoiser son lit en dormant la majorité du temps dedans, c'est ce que F. et E. ont pu faire et c'était cool. 

C'est ce que H. faisait jusqu'à ce que son intolérance se déclare et que le poser devienne impossible pendant une longue période, suffisante pour qu'il désaprenne et ait perdu cette habitude une fois la douleur soulagée.


3. Un bébé peut apprendre à dormir de longs moments, pour peu qu'on respecte son rythme

Les cycles du sommeil d'un bébé sont différents de ceux d'un adulte, et un bébé a besoin d'apprendre à s'endormir mais aussi à enchainer les cycles de sommeil : rester endormi, ou en tous cas qu'un micro-réveil ne vienne pas signaler un vrai réveil.

Là- dessus j'ai trouvé que si l'écharpe et la poussette pouvaient être de vrais copains pour pouvoir faire un max de trucs avec le bébé, faire un max de trucs avec le jeune bébé pouvait être bien agréable et facile sur le coup, mais synonyme d'un bon gros tirage de balle dans le pied pour l'avenir. 

Pour F., puis pour E. j'ai préféré, les 3 premières mois, m'arranger autant que possible pour ne pas avoir  à interrompre leur sommeil, et, si possible, pour que ce sommeil ait lieu chez nous. Ca m'a notamment amenée à refuser de partir en vacances avec eux. Ainsi, l'été qui a suivi chacune de ces deux naissances, nous avons eu un discours clairs vis-à-vis de nos familles : nous ne ferions pas les plusieurs centaines de km qui nous séparent d'eux , mais resterions chez nous, en mode "nous intégrons le nouvel arrivant au calme", car

  • au niveau respect du rythme du bébé, un long trajet, c'est la mort
  • être "chez les autres" ne permet pas cette même attention à ce rythme : c'est par exemple assez délicat de décaler au dernier moment le déjeuner de toute une maisonnée si bébé manifeste soudain l'envie de manger (et qu'il se laisserait distraire si la tétée avait lieu en public), ou de décider au dernier moment que là c'est le bon moment pour lui pour une sortie, pas avant, pas après.

Pour F., comme pour E., nous n'avons assoupli cette discipline qu'une fois leurs 3 mois passés : à 3 mois, ils faisaient leurs nuits, avaient acquis un rythme stable de sommeil et de tétées. Du coup, à la fois, ils toléraient mieux de petites entorses, mais surtout, comme c'était prévisible, c'était plus facile de prévoir plein de trucs mais de manière compatible avec un rythme identifié et stable.

Procéder ainsi pour E. a été facilité par le fait que F. avait à peine 2 ans à sa naissance : un rythme calme de bébé n'était pas encore trop en décalage avec ses besoins de bambin (il faisait encore de grosses siestes par exemple), et, Monsieur Bout étant au chômage à cette époque, nous pouvions au besoin nous séparer pour que l'un aille au parc avec le grand frère pendant que l'autre veillerait sur le sommeil de la petite sœur.


Bref, vraiment, pour F et E., faire attention à ces 3 points avait vraiment été la clé, et avait permis à tout le monde de passer des premiers mois agréables : nous avons pu les observer 

  • réguler peu à peu leur sommeil, 
  • allonger d'eux-mêmes leur plages de dodo sans que nous ayons à intervenir pour cela, 
  • et profiter de l'énergie de ce sommeil réparateur pour se montrer pleins de vie et sereins dans leurs plages d'éveil. 
Nous, parents, reposés à la fois par des nuits plutôt vite bonnes, et par un rythme de journée prévisible, étions à même de bien rester à l'écoute des besoins de nos nourrissons : nous remplissions à fond leurs réservoirs d'amour sur leurs temps d'éveil, et ça permettait un sommeil serein pour tout le monde. Top.

C'est pourquoi... nous n'avons pas suivi tout ceci pour H. : 

  • non seulement nous nous sommes pris l'intolérance aux protéines de lait de vache qui a pulvérisé le point 1, 
  • mais la fatigue et les pleurs liés au point 1 nous ont compliqué la prise en compte du point 2, 
  • et en plus, nous avons complètement zigouillé le point 3 : parents de 2 enfants plus grands, le rythme de bébé est passé un peu derrière pas mal de choses : 
    • les horaires d'école, de sorties, obligeant à trimballer un bébé à droite à gauche; 
    • idem nous n'avons pas souhaité nous/les priver de plein de choses pendant les vacances, et donc, en termes de "rester à la maison", haha, nous sommes partis QUATRE fois durant les 2 mois d'été, vu plein de gens, avec des ruptures de rythme perpétuelles, et avec un max de km ne permettant pas toujours de réaliser les tétées au moment le plus opportun pour H, ni de le câliner autant qu'il aurait fallu. 
    • Hasard, coïncidence ? H., qui manifestait, juste avant le premier de ces départs, de très fortes velléités de faire ses nuits (il en avait même fait 2 complètes, d'affilée, début juillet, espoir espoir), s'est promptement ravisé.

Ouin ouin ouin.


Ce qui nous amène, justement (Admirez la transition !!!), à un 4ème point crucial : la gestion des pleurs.

(vous avez vu le lien, hein. J'ai dit "ouin ouin". A ce niveau de subtilité je m'attends à ce que vous vous prosterniez. Au moins. C'est drôle hein).  

Sur le point de la gestion des pleurs, nous avons pas mal tâtonné.


Nous étions clairs dès le début sur le fait que les pleurs de bébé n'étaient pas d'immondes tentatives pour dominer le monde / manipuler le parent, et signes d'un tempérament dominateur qui nous en ferait voir de belles à l'adolescence si nous ne montrions pas tout de suite qui était le plus fort.

Nous avions lu, et vite vérifié, que certains pleurs peuvent être mal interprétés : typiquement, les pleurs d'un bébé qu'on vient de déposer dans son berceau ne signifient pas forcément qu'il faut à tout prix l'en sortir. 

Ce sont bien souvent des pleurs de transition, "eh, ça change, c'est bizarre", vite remplacés par un soupir de contentement, et un sommeil détendu et réparateur. Ayant assez tôt repéré qu'en réalité parfois nous intervenions trop vite auprès de F., et qu'en fait attendre 1 minute ou 2 lui permettait de terminer tranquillement de s'ajuster à la nouvelle situation, sans lui demander de ressources qu'il n'avait pas, mais justement en lui laissant le temps de les mobiliser, hop, ça ça a été simple, passé les premiers couacs. (je crois que c'est une fois où j'étais bloquée aux WC - confidence glamour bonjour - qui m'a permis de constater vraiment par moi-même que le bébé sur lequel je voulais me jeter pour le sauver de son berceau avait en fait juste besoin d'un délai de 2 minutes pour s'endormir)

Là où nous avons plus tâtonné, c'est sur la gestion des pleurs du soir 

  • Au départ nous avions lu qqch sur le fait qu'ils étaient des décharges émotionnelles.  
Mais du coup, nous avions interprété ça comme le fait que nous n'y pouvions rien : nous croyions donc bien faire en laissant F. pleurer dans son berceau quand c'était l'heure des pleurs du soir (là où, sinon, le reste du temps nous intervenions), et en venant juste régulièrement lui prodiguer quelques caresses. Avec le recul, c'est quelque chose que nous avons beaucoup regretté, car ca n'a probablement pas aidé à la stabilisation affective d'un F. ayant quand même vécu des tout premiers jours sur Terre difficiles, difficulté qui expliquait probablement au moins en partie la vigueur de ces pleurs du soir.

  • Pour E., nous avions déjà un peu évolué : la laisser pleurer longuement à ce moment nous gênait déjà plus.
En même temps, les premiers jours de pleurs du soir, nous avions constaté que si nous calmions ces pleurs en la mettant directement dans le Mei Tai dès leur démarrage vers 18h,  c'était ultra efficace... stop immédiat... si ce n'est que ces mêmes pleurs revenaient alors à 1h du matin, en mode incalmable, et en plus, évidemment à une heure où nous étions beaucoup moins d'attaque pour les gérer (et les voisins, potentiellement moins indulgents). 

Nous avons donc trouvé une solution intermédiaire : lors des pleurs de 18h, la déposer dans son lit pendant 10 minutes, en venant régulièrement la voir, puis au bout de ces 10 minutes de pleurs, hop, Mei Tai. Visiblement ces 10 minutes lui permettaient la décharge dont elle avait besoin, et assuraient une soirée/nuit paisible. Nous n'étions pas encore complètement certains de nous, mais c'était une solution qui fonctionnait faute de mieux, et que nous n'avons pas eue à appliquer fréquemment, E. ayant une période de pleurs du soirs beaucoup plus courte et beaucoup moins systématique que son frère.


Pour H., nous avons commencé tranquillement... Nous avons vite appris à identifier ses petits pleurs d'endormissement et à ne pas venir perturber le process qu'ils signalaient, et les premières semaines ont été cools.

Puis l'intolérance aux PLV s'est manifestée, et avec elle les pleurs ont pris une toute autre dimension. Et nous, ça a été la cata : nous sommes bien logiquement devenus ultra sensibles au moindre pleur puisque celui-ci était potentiellement le signe d'une souffrance physique vicieuse que nous ne savions trop comment combattre. Au pire du pire, H. a ainsi passé 36h d'affilée dans nos bras / le Mei Tai (heureusement que nous étions 2 parents à la maison, à pouvoir nous relayer !). Ayant identifié que la meilleure manière de l'endormir était de faire du step dans l'escalier, nous n'avons plus tenté de l'endormir autrement, puisque ça fonctionnait si bien, et sommes devenus des adeptes de step. (Vraiment top, en combinaison avec l'éviction des PLV, pour retrouver la ligne après la grossesse...cf ce billet si drôle)

Les premiers mois, ça ne nous posait pas trop de problèmes. D'autant qu'une fois l'intolérance aux PLV à peu près sous contrôle, nous observions tout de même quelques progrès dans la manière dont H. gérait son sommeil : des plages de sommeil qui s'allongeaient, par exemple. Seulement 1 réveil par nuit... Nous pouvions voir le processus d'apprentissage du sommeil se faire...

Sauf que nos différents déplacements de l'été sabordaient le truc, et qu'une réintroduction trop précoce des PLV conseillée par la première allergo vue (C'est bizarre mais figurez-vous que j'ai changé d'allergo ensuite) n'a pas aidé non plus.

Et du coup... autour des 4 mois, ces progrès ont disparu et la situation a peu à peu empiré : de plus en plus de temps nécessaire pour endormir bébé, un sommeil de plus en plus fragile (que de réveils sitôt déposé), des nuits de plus en plus hâchées,... avec un cercle vicieux puisque moins H. dormait dans son berceau moins il y dormait : pour Monsieur Bout par exemple, il était plus simple de gérer l'IEF de F., ou ses propres études, avec un bébé endormi contre lui dans le Mei-Tai, que de se risquer à aller le déposer et à le voir se réveiller.


Moralité : 

  • un bébé de plus en plus grognon : que de fois on voyait qu'il était fatigué, mais ne savait comment trouver le sommeil / avait dormi trop peu longtemps avant qu'un micro-réveil ne sonne la fin prématurée d'une pause régénératrice.
  • des parents de plus en plus fatigués et grognons
  • des grands frères et sœurs trouvant ça vraiment pesant (y compris nos exclamations "chuuttttttt bon sang il dooooooort / dormaaaaait") d'autant que les parents fatigués n'étaient évidemment pas au mieux de leur forme pour passer du temps de qualité avec eux, ni ... pour puiser dans la caisse à outils du parent positif.


Une nuit, vers 6 mois, j'ai soudain réalisé que je n'étais plus prête à allaiter H. la nuit

Et quelques jours plus tard, j'ai investi dans le bouquin "Pleurs et colères des enfants et des bébés" d'Aletha Solter (yes, celle qui a aussi écrit l'excellent "Développer le lien parent-enfant par le jeu", dont je vous ai dit le plus grand bien).


Mais ces 2 points, je vous les raconterai ... dans un autre billet, celui-là est déjà largement assez long.

(ouais c'est moche)

mardi 15 septembre 2020

Rentrées en pagaille chez la famille Bout

Qui veut de la rentrée ? Elle est beelllle ma rentrée !! Y en a pour tous les goûts, n'hésitez plus !

  • 1. E. a fait sa rentrée 
dans la même école et la même classe Montessori que l'an dernier. 
Quelques petits changements quand même puisque notamment elle n'y a pas retrouvé sa cousine du même âge, déménagée à l'autre bout du globe (SNIF. Ayez des sœurs globe-trotters...), mais une E. toute heureuse tout de même, et dont le retour en classe se caractérise instantanément par la réapparition de petites comptines en anglais chantonnées dans son bain. Et des couchers plus tôt, la fatigue de journées bien remplies aidant. 
Une petite fille à sa place.

Le rythme "école à la maison" se prend, il apprécie le temps passé avec son père, rouspète aussi bien sûr (on n'est pas au pays des Bisounours), et profite du fait que je suis encore beaucoup à la maison pour savourer quelques instants avec son honorable mère durant les moments de pause. 
Il est bien évidemment encore tôt pour tirer un bilan, mais, franchement, le jeune homme aussi semble être à sa place.

  • 3. H. aussi a fait sa rentrée ! 
Il m'a accompagnée pour le déplacement à Strasbourg qui a constitué mon premier jour officiel de travail (animation de formation), en profitant de ce que son parrain y habite

Boubinours malheureux comme les pierres chez son parrain pendant que Maman bosse à la mine - ZOLA, le retour

Et ensuite, il a commencé l'adaptation chez la chouette ass mat qui l'accueillera 1 à 2 jours par semaine en fonction des besoins de Monsieur Bout, cette année. 
Le choix de l'ass mat en question a été uuuultra difficile : c'est tout simplement celle qui s'est occupée des enfants de Claire, illustratrice des 200 moments de parentalité positive, et dont le déménagement a laissé un grand vide dans mon cœur … mais également des places vacantes chez ladite nounou, niark niark (qui se trouve, pour ne rien gâter, à exactement 2 minutes à pied de chez moi. Dur dur). 
Cette nounou est top, elle est ravie d'avoir un bébé allaité et couche-lavablé à gérer, bref, je me retrouve dans la position enviable de la nana qui, quand elle fait garder son fiston, peut le faire en chantonnant. H. y est à sa place, très souvent dans mon Mei-Tai (dont elle s'est emparée avec enthousiasme) et/ou en train de faire des sourires.

  • 4. Du coup, celui qui a fait son grand retour  / sa rentrée également, c'est le tire-lait. 
J'ai repris le même modèle que du temps d'E., et la lactation va toujours aussi bien, donc le tiroir du congél dédié à ma production se remplit. Bon, hein, y a toujours plus glamour, mais ça fait le job. 
Sachant que je monte d'un cran encore en niveau de complexité : 
    • Bébou 1 = salariée ayant son bureau à elle, pratique pour tirer, 
    • Bébou 2 : salariée en open space, squattant des salles de réunion pour tirer, 
    • Bébou 3 : indépendante ne bossant jamais au même endroit, à l'affût d'un endroit et d'un moment pour tirer (rha que je bénis la fonction "batterie" de cette machine !!). Avec toutefois l'avantage d'avoir, en tous cas pour le moment, une part non négligeable de jours de travail from home, ce qui allège quand même la charge. 
Bref, un tire-lait à sa place, pas loin de ma sacoche d'ordinateur.

  • 5. Monsieur Bout a fait sa rentrée de papa au foyer IEFeur
Je vous promets (les promesses n'engagent que ceux qui y croient) un billet sur les supports et l'organisation qu'il a choisis pour cette année d'IEF avec F. (je prévois de l'interviewer, un peu sur le modèle de ce que j'avais fait en bilan de nos ateliers Faber et Mazlish). J'avoue que je ne suis pas au courant de tout, puisqu'un effort que j'ai du faire, MOAH, c'est que puisque ce n'est pas moi qui fais IEF, ce n'est pas moi qui détermine comment l'IEF est faite. Ha. Ouais c'est pas facile. 
En tous cas, ce que je peux vous dire, c'est que cet été au moment du choix desdits supports on aurait dit que Monsieur Bout faisait sa liste au Père Noël, il était tout fou content (sur le plan financier, même effet qu'une liste au père Noël aussi.). 
Il a un peu craint de ne pas trouver de rythme, entre la gestion de la maison, du Boubinours, de l'IEF, et du point suivant, si bien que nous avons du réviser aussi certains aspects d'organisation (ce qui s'est fait après pas mal de grincements de part et d'autre dans l'amour, le dialogue et l'harmonie la plus totale - qui a dit "ou pas ?")... mais chacun trouve sa place.

  • 6. Monsieur Bout a également fait une autre rentrée : sa rentrée étudiante ! 
Le principe de cette année étant qu'il démarre une licence à distance. 
Il a donc fièrement reçu sa carte étudiante, est ravi de savoir qu'il aurait théoriquement le droit de profiter de la gastronomie du CROUS, et profite des créneaux que nous lui avons ménagés dans la semaine pour avancer. Il est juste ravi de son statut d'étudiant.

  1. 7. J'ai fait ma rentrée professionnelle officielle 
(après plusieurs semaines à bosser dans l'ombre pour la préparer... merci le statut d'indépendante qui fait que le boulot ne m'attend pas tout prêt au retour d'un congé maternité, et merci le COVID qui fait que les missions alignées pour mon retour avant mon congé maternité ont toutes disparu), et ... franchement, ben, c'est cool, parce que 
1. J'aime ce que je fais
2. J'adore ce que je fais, en fait
3. Bosser avec un conjoint qui gère le quotidien c'est juuuuste le pied. Petit clin d'œil à celles de mes lectrices qui assurent à la maison pendant que Monsieur ramène le fric : je ne sais pas si il réalise la chance qu'il a, et la différence que ça fait en termes de sérénité, mais moi, hein, je vous le dis : je le réalise, et je l'apprécie doublement, c'est ENORME.
Bref, je suis bien à ma place hors de la maison parce que je sais que la place à la maison est bien occupée.

avec le lancement d'un cycle Parler pour que les enfants écoutent, un cycle Frères et Sœurs sans rivalité (qui s'adressera en priorité aux anciens de mes groupes "Parler pour que", donc je me réjouis doublement puisque ce sera l'occasion de reprendre une relation passionnée et passionnelle avec eux), et pour faire bon poids, je rajouterai une ou deux soirées piqûre de rappel, notamment à destination de ceux des anciens qui ne participeront pas au cycle Frères et Sœurs .
Restent à vérifier un peu les aspects sanitaires, j'avoue qu'à l'idée d'animer des machins avec masques je suis un peu chagrine, car les animations de conf / formations que j'ai pu faire avec masque ces dernières semaines,... ben, c'est horrible de parler à plein de gens sans voir leurs expressions.
Une rentrée pas évidente à organiser, surtout, car dur de leur trouver des places dans mon agenda ! Le plus raisonnable serait évidemment de ne pas en tenir, mais... qui a prétendu que j'étais raisonnable ??

  • 9. Rentrée et retour dans les transports en commun, du coup, 
dans lesquels je n'avais pas mis les pieds depuis 6 mois. 
Vous m'croyez, vous m'croyez pas, ça, ça ne m'avait pas manqué. En revanche, pour le moment, les trajets et horaires dont j'ai eu besoin ne m'ont pas posé de problème de place, c'est toujours ça. (Mais LES PUBS ! Je réalise que je ne supporte plus les messages subliminaux qu'elles envoient. Bref. C'est pas le sujet. Mais quand même. Grumpf).

  • 10. Héhé, celui qui avec tout ça a fait sa grande rentrée, c'est... mon Bullet Journal !! 
Lui qui avait été délaissé pendant de longs mois a fait son grand retour, il est de retour, en fanfare ! 
Ce machin m'est juste indispensable pour gérer de front, et encore une fois, encore une fois, encoooore une fois, j'aaaaaime son effet "aide à la concentration / "aide à l'action" et "délestage de cerveau". D'ailleurs j'y ai inauguré une nouvelle catégorie intitulée "Vide cerveau - to do list de septembre": à chaque fois qu'un "il faut que" me traverse l'esprit, je le dépose là, charge de venir y piocher ultérieurement.
Le Bullet Journal a repris donc toute sa place, en permanence à moins d'1m de la Gwen. Je le remplis le soir pour le lendemain, le complète au fur et à mesure de la journée, et je l'aime.

10 rentrées achetées, une offerte !
De manière imprévue, je m'en suis rajouté une en last minute, ayant sans doute trop de temps et trop d'argent à disposition

  • 11. J'ai repris une formation !
Une formation au coaching professionnel en entreprise : de plus en plus, mes fonctions m'amènent à en faire, mais je me voilais un peu la face sur ce point. 
Et puis, pouf, un dîner, quelqu'un qui vient appuyer pile poil là ça fait mal, et en quelques heures, des pièces de puzzle qui s'assemblent et m'amènent à admettre que, si, je ressens le besoin d'approfondir cet aspect, pour avoir une approche plus systématique et plus solide, et développer ce domaine, et que le moment, c'est maintenant. 
J'ai commencé la semaine dernière (22 jours dans l'année, répartis sur 11 lots de vendredi-samedi... sans compter bien entendu 2 coachings complets à avoir terminé d'ici la fin de l'année, un mémoire à écrire plus pas mal de travail perso annexe dont une coquette bibliographie à digérer. Doigts dans le nez !), je dégouline d'enthousiasme. J'ai pris la décision en 8 jours, mais une chose est sûre : OUI, j'y suis à ma place !!


Moralité : globalement, tout est à sa place, tout trouve sa place, même... les trucs dans notre maison !! Si ! Je vous assure ! Car le truc de ouf, c'est que notre maison est rangée ! Les efforts que j'ai faits en fin de grossesse et en post partum ont été plus que complétés par l'énergie foudroyante qu'a déployée Monsieur Bout une fois qu'il a été acquis qu'il allait passer l'année à la maison. Il a profité de l'été pour pulvériser tout ce qui restait de bazar à la maison, c'est fou ce que ça fait du bien.

Donc des rentrées 2020 en pagaille , mais sans pagaille.

Cf mon amie Flylady : chaque chose à sa place, une place pour chaque chose...

lundi 1 juin 2020

10 trucs à faire avec son bébé dans le porte-bébé

Avec un nouveau-né à la maison, le portage devient vite notre ami, le moyen de devenir Shiva (OK, pas 6 bras, mais 4 c'est déjà pas mal ! Et ça simplifie le tricotage des pulls).
Alors, on profite du portage pour câliner notre bébé, le sniffer, profiter de sa proximité et lui donner celle dont il a besoin. 
Mais… pas moyen non plus de rester "sans rien faire" longtemps (sauf à vivre dans un palais avec une foule de gens à son service mais hélas ce n'est pas - encore - mon cas). Alors, pour être à même de porter allègrement son bébé sans voir sa to-do list s'allonger dangereusement pendant ce temps, on découvre la foule de choses qu'on peut faire avec son bébé dans le porte-bébé (Mei-Tai chez nous). 
  • Certaines avec l'option "mouvement" activée de manière à apaiser rapidement un bébé furieux, 
  • d'autres, plus calmes, adaptées à un bébé déjà plus calme lui aussi, voire enfin endormi.

Sportives
  • OUI :  exercices de chaise
  • OUI avec option mouvement activée : du step. En utilisant l'escalier de sa maison, ou le léger décalage de niveau entre la terrasse et le coin de pelouse. Idéal pour récupérer la ligne (j'annonce la couleur : je suis à 17 kg perdus. Plus que… autant.)
  • NON : des squats. En tous cas moi ma musculature ne me le permet pas. Et je suppose que celles dont la musculature le permettrait n'en ont aucunement besoin.

Ménagères
  • OUI : nettoyer ses murs et ses portes
  • NON : nettoyer le bas des murs et des portes

Flyladyesques
  • OUI : faire du rangement / classement
  • OUI (option mouvement) : pulvériser ses Hot Spot en saisissant chaque objet un par un pour aller le replacer dans la pièce dont il n'aurait jamais du sortir
  • NON : allumer un minuteur à la sonnerie stridente pour ce faire

Lingères
  • OUI : étendre, détendre, plier son linge
  • OUI (option mouvement) : se balader dans toute la maison pour apporter les piles de linge aux endroits adaptés; le fait d'avoir oublié 2 slips lors du premier voyage devient même quelque chose de positif puisqu'il fournit un prétexte pour se repalucher le trajet à un rythme soutenu qui, n'en doutons pas, bercera efficacement le passager du porte-bébé.
  • NON : repasser (sauf à vouloir cuire son bébé à la vapeur)

Culinaires
  • OUI : pas mal de choses dont l'épluchage de légumes et des panacotta
  • OUI (option mouvement) : la cuisine à base de matières premières disséminées à plein d'endroits différents, si possible les plus éloignés les uns des autres
  • NON : 
    • des beignets impliquant de l'huile qui saute (sur le bébé…) ; 
    • les patates rangées tout en bas d'un meuble ; 
    • les recettes nécessitant l'usage du mixeur ou du batteur à blancs en neige (sauf pour les bébés que ce genre de bruit berce, il paraît qu'il y en a - pas chez moaaaah)

Ludiques
  • ouverture du TRESOOOOR
    OUI : jouer à un jeu de société avec un des aînés
  • OUI (option mouvement) : gérer un mini gouter d'anniversaire pour les 5 ans d'E..
  • NON : ramasser le fichu dé qui est tombé ; jouer avec un enfant ayant du mal à perdre et dont les hurlements… soupir.

Mondaines
  • OUI : prendre le thé avec sa copine / voisine illustratrice de chef d'œuvre Claire
  • OUI (option mouvement) : faire les 100 pas avec une copine au téléphone
  • NON : draguer un bel inconnu (zuuuut)

Hygiéniques:
  • OUI : se brosser les dents, les cheveux, se tartiner les vergetures de crème, mettre ses lentilles de contact
  • OUI (option mouvement) : les mêmes que précédemment, en bougeant un maximum ; hormis les lentilles, quand même
  • NON : s'épiler, se couper les ongles de pied

Professionnelles
  • OUI : visio-conférence
  • OUI (option mouvement) : appel pro / visio-conférence par téléphone sans besoin de prendre des notes
  • NON : démarchage de nouveaux prospects

Informatiques
  • OUI : écrire ce billet de blog
  • OUI (option mouvement): lancer des opérations de nettoyage / installation de logiciels
  • NON : construire une réponse à un appel d'offre histoire d'avoir du business à la fin de son congé mat 
Ou plutôt : OUIIIIII... mais en refilant bébé et porte-bébé au conjoint, histoire de pouvoir se concentrer à fond sur cette tâche relou ardue nécessitant un max de concentration.



E
n bonus :
  • se défaire le cou pour repérer si le bébé a les yeux ouverts ou fermés
ET
  • peser le pour et le contre : si yeux fermés, 
    • privilégier le statu quo et le garder contre soi aussi longtemps que possible (jusqu'à ses 18 ans si il dort aussi longtemps) ? 
    • ou se montrer joueuse et le déposer délicatement dans son lit pour pouvoir faire les trucs qui restent incompatibles avec le porte-bébé ?


Ah, ah, ah oui vraiment !
le Mei-Tai est mon nouvel amant
(à chanter sur l'air de Cadet Rousselle)

mercredi 13 mai 2020

10 (types de) questions existentielles à 2h du mat

10. Classique
Ô rage ô désespoir ô vieillesse ennemie, n'ai je donc tant vécu que pour cette infamie ?

9. Hors Sujet mais portant les traces de 2 mois à enseigner les rudiments de la grammaire à F : 
D'où vient le genre des mots ? Pourquoi on dit un tabouret et une chaise ?

8. Mathématique
Un aller-retour devant notre pied de lit c'est 4 pas. Du coup combien pour faire les 100 pas ?

7. Douloureux mais rhétorique
QUI a laissé traîner cette caisse de vêtements dans le chemin ?

6. Sportif
Port long et fréquent d un bébé dans les bras : ça remplace le maniement de haltères en termes d'effets raffermissant sur les biscottos ? En plus comme le bébé prend du poids au fur et à mesure on est bon là, niveau progressivité des exercices, non ?

5. Niaiseux
Rhooo mais comment fait-il pour être si mignon même à cette heure ?

4. Observateur
Il a les yeux fermés depuis bien une minute là, non ?

3. Scientifique
Les phases de sommeil pendant lesquelles il risque le moins de se réveiller pendant que je m'allonge et le mets en position centrale sur ma poitrine, c'est combien de temps après la fermeture des yeux ?

2. Stratégique :
Alors, on y va ? Est-ce le moment de nous migrer vers le lit sans que ça ne le réveille? Ou vaut-il mieux prolonger un peu ? C'est quoi le rapport coût efficacité de potentiellement une minute de sommeil de plus … ou de moins ?

1. Fataliste
Pourquoi a t il fallu que monsieur Bout nous fasse des pâtes au bleu à midi ?


Et enfin, QUESTION BONUS
Ranger le Saint Agur au rayon des bleus alors que ce fromage qui a le goût du bleu et l'aspect du bleu est en fait à base de lait de vache : complot ?

APLV / IPLV, un vrai bonheur !


lundi 11 mai 2020

Portage : Mei-Tai je t'aime

En théorie je devais sortir le billet promis sur "aider les aînés à digérer l'arrivée d'un nouveau membre au club". C'était ma grande ambition de la semaine (en plus de 1. aider les aînés dans la vraie vie, pas juste dans le billet, 1 ex aequo. gérer le nouveau membre en question 3. avancer encore un peu le chantier Flylady dont je dois, d'ailleurs, aussi revenir vous parler). 
Hélas le constat est clair : ce billet est bien avancé, mais pas prêt à sortir.
Du coup, à la place, je redirige mes efforts sur un rapide billet et, ce n'est que justice, ce billet traite du truc avec lequel je passe ma vie, en lieu et place de la passer à l'ordinateur à vous écrire le billet sur la fratrie 
(je sais pas si vous suivez. Si non, c'est normal, relisez ça 3 fois en inspirant entre chaque).

Bon, déjà, le "truc" ne désigne pas mon fils.
Il désigne ce dans quoi je mets mon fils.
Bicoz si j'ai si peu de temps pour bloguer, en ce moment, c'est notamment que, Petit Bout III, suit les traces de Petit Bout I et II, avec une super production : RGO - le retour (tadaaaaaa).
Option forte intolérance aux PLV / lactose / whatever qui passe dans le lait de maman, en plus.
Depuis son retour de la maternité la maman en question a mangé
  • une chantilly maison, 
  • des lasagnes industrielles avec 3 tonnes de béchamel, 
  • et du boudin blanc (oui sachez-le, le boudin blanc c'est plus de 40% de lait; vous l'ignoriez ? Moi aussi, jusqu'à très récemment. Je ne risque plus de l'oublier maintenant, merci)
Chacun de ces crimes a valu au Bébounet 48h de souffrances, et le 3ème épisode semble même plus long (je suppose que l'œsophage n'en peut plus et met plus de temps à se remettre).

Le seul moyen de calmer les souffrances du Bébounet étant de l'avoir dans nos bras, c'est l'occasion de vivre une relation torride et fusionnelle avec notre solution de portage, solution de portage hélas seulement partiellement compatible avec le tapage sur ordinateur. (mais partiellement quand même, et je le prouve)

Donc, autant venir vous la présenter.

Contexte : pour F., nous avions fonctionné avec une écharpe de portage tissée de chez Amazonas. Nous en étions très contents et elle a beaucoup servi, à moi, mais également à Monsieur Bout.
3 inconvénients m'ont cependant amenée à chercher autre chose durant la grossesse d'E.
  • nous avions changé de région et donc de climat : autant en Basse Normandie, oui, il fait toujours beau et on ne prétend le contraire que pour faire fuir les touristes, mais quand même avoir 5m de tissu enroulés autour de soi et du bébé ne posait pas de souci, autant à Strasbourg, option canicule de 2015 activée, euh, ben, non merci.
  • je n'avais jamais réussi à maîtriser le portage dos : bien sûr j'aurais du solliciter une monitrice de portage, mais m'étant contentée de tuto YouTube, le résultat n'était pas brillant. Des fois ça marchait, mais c'était sur un malentendu, jamais je n'arrivais à reproduire cet exploit la fois suivante. Ce qui du coup a fait que le début de la grossesse d'E. s'est soldé par un abandon du portage par moi. Monsieur Bout a continué un peu (sur les petits sentiers côtiers normands, y a vraiment que ça de vrai), puis une fois sur les trottoirs de Strasbourg, la poussette a pris le relais. D'où souhait d'une solution plus simple pour E, pour faire mieux.
  • Et justement, souhait d'une solution plus facile à utiliser, parce que quand même, 5 m d'écharpe c'est un peu long à nouer, un peu encombrant, si bien que pour F. je l'avais surtout utilisée pour les vraies balades, mais pas pour "1/4h de câlins pendant que j'étends ma lessive" : trop compliqué. Idem à emporter "au cas où" c'était pas pratique, puisque même roulée elle était encombrante et lourde.

Je me suis donc mise en quête du Graal : un machin
  • léger, 
  • rapide à nouer, 
  • adaptable à toutes les morphologies (sans devoir changer des réglages - un aspect très apprécié avec notre écharpe, qui a notamment servi lors d'un voyage en Finlande chez ma sœur, où F., 14 mois à l'époque, avait pu être porté successivement par son père, sa mère, sa tante et son oncle), 
  • fait-pour-les-nuls-du-nouage-dos
  • et ne coûtant pas un bras (entretemps j'avais découvert les merveilles telles celles produites par Oscha mais, nan, j'aurais eu trop mauvaise conscience de mettre autant... ou plutôt, je me permettais déjà d'autres folies - du côté des couches lavables brodées, au hasard)

J'ai louché sur des slings, j'en ai même acheté un, que j'ai revendu plus tard parce que, croyez-le ou pas, mais je suis trop stupide pour en utiliser un correctement. Toujours mal positionné, avec un bébé prêt à sa casser la gueule et/ou un anneau en train de me cisailler l'une ou l'autre partie du corps.

J'ai donc investi dans un Mei Tai, qui m'a semblé le juste milieu : facile à nouer, peu de tissu, pas d'armatures, ni de boucles ni rien, donc plus souple et adaptable qu'une solution à la Manduca.
Mon premier achat fut un Mei Tai de la marque Amazonas, mais je ne l'ai pas utilisé longtemps, bicoz pas optimal (notamment, des bretelles rembourrées non déployables assez inconfortables une fois que le bébé prend du poids; et une assise pas réglable donc trop large pour un nourrisson, et un peu juste pour un bébé ayant bien grandi)
Finalement, j'ai trouvé mon grand amour. (oui, à ce stade, vous êtes en droit de penser que j'aurais mieux fait d'investir toute cette thune dans un cours de portage…)



Réglable, aux bretelles déployables, tissu léger mais ultra résistant, facile à rouler en boule et à emporter dans un sac "au cas où" puisque pas encombrant.
  • Il est officiellement sensé n'accueillir les bébés qu'à partir de 6 Kg mais je vous avouerai sans honte que je l'utilise allègrement pour H. et ses 3 kg et quelques (maintenant que je l'ai bien engraissé) ; OK, la position des cuisses n'est peut-être pas encore optimum, mais la sécurité est là, et si il y a bien un mantra que j'ai retenu, c'est "mieux vaut un portage pas parfait que pas de portage du tout". Ayant ainsi victorieusement défoncé le nain du perfectionnisme-en-portage, je suis libre de vaquer à mes occupations, mon fiston bien confortablement lové contre ma poitrine. Fiston dont le calme olympien au bout de 2 minutes dans cet ustensile-pas-parfait montre bien qu'il n'en a que faire, de la perfection.
  • J'ai porté E. avec pour de longues balades jusque 3 ans passés, en profitant justement de cette fameuse position dos que j'ai pu pratiquer avec succès, na !
  • Et même au delà, il m'avait également servi pour F. jusque l'âge de 4-5 ans (bon, mes gosses ne sont jamais bien gros hein) : en portage dos, pour 15 minutes de câlin-mise au calme-remplissage de réservoir affectif express à une heure où je suis sensée m'affairer en cuisine : 2 en 1, youpi ! (héhé, comme quoi vous avez quand même un truc "gestion de fratrie" dans ce billet. Car autant on pense souvent à mettre le petit dans l'écharpe pour s'occuper du grand, autant la combinaison inverse peut nous être moins naturelle... mais offre aussi de sacrées possibilités). Grand enfant ravi, maman opérationnelle et sans mal de dos. C'est vous dire la résistance du machin.
  • Monsieur Bout l'utilise aussi très volontiers. Même si je précise que pour le moment c'est moi qui le lui noue. Cependant, vu la simplicité de la bête je n'ai aucun doute sur sa capacité à apprendre à gérer en autonomie quand ce sera nécessaire. Il gagne ainsi, dans ses sorties avec les 3 enfants, un maximum de points de popularité avec les vieilles dames croisées en route, bien entendu. (et en même temps, eh, avantage de l'époque covid : même lesdites vieilles dames, habituellement championnes du postillonnage-sur-nourrisson et autres caressage-intempestif, conservent une distance respectueuse pour admirer notre petite merveille !)


Bref ; ce Mei Tai, je l'aime, il a abondamment servi, et en ce moment, nous aide ééééénormément.
Donc si vous êtes à la recherche d'une solution, à vous de voir si ça peut coller (de toute manière, je n'ai pas de pourcentages. Snif.)



(NB : mon cerveau me rappelle que mon projet de faire un billet à la gloire du Mei Tai remonte aux temps...
 de son utilisation intensive avec la Bébounette; 
comme quoi tout arrive, il ne faut jamais désespérer)