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lundi 2 mai 2016

Travailler pour...? - Les sous : l'indépendance

Dans les deux premiers volets (et 1, et 2) de ce sujet sur les sous, les sous gagnés rejoignent un pot commun, et la question de l'équilibre pro / perso est regardée sous l'angle de l'interdépendance entre les deux membres du couple.

Cependant, gagner des sous peut aussi répondre à un besoin d'indépendance : gagner des sous, mais surtout gagner SES sous.

Ce besoin d'indépendance peut être lié à différents facteurs.

Premier point, le besoin d'avoir ses sous à soi, à disposition, au quotidien. Travailler permet de dépenser ses sous.

  • De ce que j'observe autour de moi, cela concerne surtout les couples où chacun a son compte en banque. Le fait de ne pas travailler oblige alors à des virements d'un compte vers un autre, ce qui peut être mal vécu : 
    • "on me file de l'argent de poche
    • "je me sens obligée de justifier / réclamer pour chaque dépense". 
  • Ceci dit, même quand le salaire principal arrive sur un compte commun, cela n'empêche pas certaines d'avoir le sentiment qu'elles ne dépensent pas leur argent, mais qu'elles vivent aux crochets de leur conjoint.

J'avoue que c'est une considération dont je suis assez éloignée : 
  • Monsieur Bout et moi-même percevons l'argent que nous avons sur notre compte commun (seul compte que nous ayons) comme nôtre, quelle que soit sa provenance, et l'utilisation de nos revenus est discutée à deux. Cela ne nous empêche pas de nous offrir quelques petites choses, sans ressentir non plus le besoin de demander la permission à l'autre. 
  • Je pars en outre du principe que dépenser l'argent revêt autant d'importance que le gagner, dans le sens que, dans le cas d'un couple où l'un travaille, c'est certes celui-là qui "ramène l'argent", mais c'est généralement l'autre qui s'arrange pour "transformer" cet argent en un quotidien agréable; les efforts de choix, d'optimisation, représentent une responsabilité aussi importante que le gain propre.

Dans ce premier cas de figure, j'ai donc tendance à penser qu'il peut être bon de se détacher de ce besoin en travaillant à améliorer la communication du couple sur l'aspect financier : prêter attention à la valorisation du travail accompli pour dépenser l'argent (plutôt que demander des comptes), définir ensemble des priorités, construire une confiance dans la gestion commune des sous... un sacré chantier, mais qui il me semble vaudrait la peine! (mais c'est bien facile à écrire pour moi, puisque chez nous ce point est plutôt acquis).


Les 2ème et 3ème facteurs sont plus lugubres: ayant généralement fait nos enfants à deux, nous partons du principe que nous les élèverons à deux. Que donc on gérera toujours à deux les nuits, les bêtises, les gastro, les questions sur "comment on fait les bébés", mais aussi et justement, finances et questions d'équilibre pro / perso.


Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas : 
  • un décès, 
  • un divorce / séparation
et nous voilà privée de notre co-binôme.

La prise en compte de ces deux risques peut inciter à vouloir conserver une indépendance financière, afin de ne pas se retrouver le bec dans l'eau à devoir subitement reprendre le chemin du travail après 15 ans passés à la maison, et le statut, ô combien sexy pour un employeur, de mère célibataire.

Des alternatives ?
  • Veiller à conserver son employabilité, en ayant recours aux stratégies évoquées dans mon billet précédent, représente déjà une possibilité, dans les deux cas
  • Développer des sources de revenus alternatives ou vivre économiquement pour constituer une épargne solide pourront atténuer le problème en cas de veuvage; il s'agit encore de réfléchir alors au placement de l'épargne, afin que celle-ci revienne en priorité au conjoint survivant plutôt qu'aux enfants.

Le cas du divorce est plus compliqué.
J'avoue que c'est une possibilité vis-à-vis de laquelle Monsieur Bout et moi refusons par principe d'anticiper. 
Non parce que nous nous croyons "au-dessus de cela", mais plutôt parce que nous sommes tellement conscients de la fragilité d'un couple que nous sommes déterminés à investir la totalité de nos efforts, au quotidien, dans le fait de renforcer le nôtre. De cela il découle que nous n'en mettons aucun dans le fait de prévoir "lekazou"
Nous faisons le choix de mettre absolument tous nos œufs dans le même panier, en espérant que le poids de ces œufs soit suffisant pour maintenir le panier (oui la métaphore est pourrie mais c'est mon blog, zut). C'est un choix, mais... il est très personnel et je ne me verrais pas le présenter comme LE conseil à suivre.

Au fil de mes lectures et rencontres j'ai repéré certaines des stratégies mises en œuvre pour sécuriser le conjoint ne travaillant pas ou moins :
  • épargne "inégale" : chaque mois une somme est versée sur deux assurances-vies au nom de chacun des conjoints, mais avec une somme plus élevée sur l'assurance-vie du conjoint sans activité pro, en compensation du risque pris
  • clause de contrats de mariage  & choix du régime matrimonial (mais je ne saurais être plus précise je n'y connais rien !)
  • investissement immobilier fait en son nom seul
  • ...


Terminer cette trilogie en évoquant le veuvage et le divorce illustre bien la complexité des implications financières des choix pro. Tant d'éléments sous-jacents, de projections, d'angoisses, profondément inscrits dans notre mode de fonctionnement, viennent influencer notre positionnement! 
On se retrouve à réfléchir, à essayer, à balbutier... avec ce qu'on est.

2 commentaires:

  1. C'est un sujet que nous abordons souvent ici ... perdre son indépendance financière n'est pas simple mais ici aussi c'est un peu comme chez vous, on a toujours fait pot commun même avec les différences de salaire et on mise sur notre force pour ne pas succomber à une séparation un jour , mais nous discutons très régulièrement de ça depuis que j'ai fait le choix de faire une pause!! Après, perso j'ai la carte de la sécurité , je peux reprendre quand je le souhaite donc ça simplifie la prise de risque , la seule chose que je perds c'est mon lieu de travail mais en cette fin d'année je ne le regrette pas du tout ;-)

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    1. comme je te comprends pour le lieu de travail...
      Et c'est vrai qu'au moins à qqch malheur est bon, tu as cette possibilité de pouvoir facilement reprendre au cas oùu. Mais le grand saut peut être intimidant.

      Je réalise en en discutant autour de moi récemment à quel point ce fameux pot commun n'est pas une évidence pour beaucoup...
      Ce qui nous a peut-être aidés aussi au début c'est que
      1. nous avons commencé à bosser en étant déjà mariés, donc nous n'avions pas pris l'habitude de disposer de nos salaires à notre guise. C'est ptet plus dur sinon ?
      2. les différences de salaire n'ont pas toujours été dans le même sens : au début de notre mariage c'est moi qui gagnais davantage par exemple.

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