PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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mercredi 2 mars 2016

Ma période sensible de l'Ordre : facteurs déclenchants

Longtemps j'ai pris mon plumeau pour une épée euh, été une indécrottable bordélique. 

Je ne rangeais ni ne nettoyais vraiment derrière moi, et partais du principe que je n'avais pas besoin d'un environnement en ordre pour être heureuse, que j'étais au-dessus de tout cela.

Monsieur Bout était fait d'un autre bois, mais pas au point de se réjouir de ranger derrière sa tendre moitié, ni de se coltiner le ménage. Par ailleurs il avait vite perçu qu'endosser le rôle du Père-Fouettard / personne enjoignant à la Gwen de nettoyer n'allait ni être très drôle pour lui, ni forcément représenter une bonne idée pour la longévité de notre couple.

Par conséquent, après un an de mariage dans un bazar monstre, nous avions vite abouti à une solution permettant de limiter les dégâts : une femme de ménage. Sa visite hebdomadaire, en plus de nous offrir un logement propre, constituait également une incitation à un minimum de rangement puisque ladite personne ne pouvait légitimement nettoyer que des surfaces un tant soit peu dégagées.

L'augmentation des charges ménagères (maison plus grande, enfant) s'était tout simplement traduite pour l'augmentation du nombre d'heures de ménage financées. En Normandie nous avions en effet trouvé une véritable maniaque fée du logis qui traitait notre maison comme la sienne.
C'était donc elle qui avait défait de nombreux derniers cartons de déménagement, il y eut un temps (ma première grossesse) où elle avait pris en charge la gestion de la majeure partie des lessives, et quoiqu'il en soit elle assumait une grande partie du rangement, selon ses critères si bien que le dialogue "Sais-tu où est passé ce bidule ? - Aucune idée, faudra demander à G." était devenu un  grand classique...
Cela permettait de huiler notre quotidien... hormis sur les points que nous ne pouvions pas lui déléguer : oui, c'était même elle qui se chargeait d'aller jeter nos verres et boites de conserves dans les containers appropriés, en revanche, la gestion des papiers administratifs restait à notre charge, autrement dit : en souffrance.

Bref, ces quelques lignes de 3615mylife vous auront permis de réaliser à quel point j'étais un cas désespéré de ménage-propreté-gestion de maison.


Mais comment en suis-je venue à écrire "étais" ?


1. Accompagner F. dans sa période sensible


J'en avais parlé ici : ma découverte de Montessori m'a permis d'apprivoiser la notion de période sensible, notamment à travers les manifestations claires de la période sensible de l'ordre. et ainsi de réaliser l'importance que l'environnement que nous offrions au Bébou allait avoir sur sa capacité à développer ou non certaines compétences. 
Remarquer son intérêt pour l'ordre, l'observer en train de remettre ses affaires à leur place = premier coup de pouce m'incitant à revoir ma manière de faire, et à suivre l'exemple de mon fils.

2. Vendre ma maison chériiiiiie


L'ayant achetée sur leboncoin, nous l'avons vendue par le même biais. A nous donc la prise de photos sympas, et l'organisation des visites.

Double claque !
  • Difficile de faire des photos sympas quand, quel que soit l'angle de vue, une pile de bazar disgracieux vient défigurer votre cliché
  • Et pas très vendeur, les visites de souk.

Chaque visite fut donc précédée de séances de rangement, auxquels nous dûmes nous soumettre contraints et forcés.
Les visites s'enchaînant sans résultat nous fîmes de plus en plus d'efforts : là où nous nous contentions de cacher un peu la misère au départ, après quelques temps ce furent des actions plus approfondies, qui firent exploser des nids à bazar pourtant bien installés et perçus comme inamovibles.

Double leçon !
  • certains nids à bazar, qui perduraient depuis 2 ans, n'avaient finalement demandé que quelques minutes de notre précieux temps pour disparaître à tout jamais
  • et sans ces nids à bazar, eh bien.... notre maison était VRAIMENT plus agréable à vivre. Quel dommage de le découvrir alors que nous la quittions....

3. Déménager


Nous ne vendions pas notre maison pour le fun (ou alors, sens de l'humour particulier et ne reculant devant rien ! Avoir acheté en 2012 pour vendre en 2015 ne représentant pas exactement l'affaire du siècle), mais pour déménager 800 km plus loin. 
Qui dit déménagement dit cartons.
     Faire des cartons m'obligea à aller farfouiller dans des coins que j'avais soigneusement évités depuis longtemps.
               Occasion de se confronter à la réalité
                         Occasion de réaliser par là à quel point nous nous encombrions de choses inutiles.

Je retrouvais ainsi des cartons jamais ouverts depuis notre emménagement 3 ans auparavant. Ce n'était donc pas leur utilité, à ces choses dont nous n'avions pas eu besoin en 3 ans, qui pouvait justifier l'encombrement subi du fait de leur présence.
Non, la seule et unique responsable de cet encombrement était moi-même, et le fait que j'avais toujours procrastiné le moment d'aller mettre mon gros nez dans ces cartons.

4. Déménager enceinte


Ledit déménagement tombait à mi-grossesse, or il se trouve que si un gynéco put dire à mon honorable maman "madame vous êtes faite pour être enceinte" parce qu'un truc bizarre se déclenchait chez elle dès les fatigues des première semaines passées, et qu'elle pétait le feu ensuite jusqu'à la naissance, il faudrait vraiment être très très très très stupide pour me dire la même chose, vu mon historique médical.
En théorie j'aurais même du être arrêtée dès la fin du premier trimestre, mais ayant des trucs passionnants à terminer dans mon poste adoré, j'avais profité de l'incompétence crasse la distraction de ma gynéco pour lui arracher le fait de ne m'arrêter qu'à partir du déménagement. C'était parfait pour me permettre de profiter jusqu’au bout de mon taf, mais évidemment au prix d'un épuisement total.
Préparer un déménagement / faire du tri / remplir des cartons, dans ces conditions, n'était pas forcément quelque chose pour laquelle j'avais encore beaucoup d'énergie disponible.
Et voilà. Voilà comment, enfin, 10 ans (ça ne nous rajeunit pas ma bonne dame) après m'être intéressée pour la première fois à la méthodologie Flylady, je me retrouvai enfin à en tester un premier principe (parce que, j'avais beau avoir passé pas mal de temps à lire le site, à l'époque c'était surtout de la curiosité intellectuelle, hein, parce que rappelez-vous, mon désordre ne me gênait officiellement pas le moins du monde)

You can do anything in 15 minutes

Vous pouvez tout faire en 15 minutes


= la Gwen enceinte ne prévoit pas de faire 1, 2 ou 10 cartons cet après-midi, la Gwen enceinte empoigne son portable, règle la minuterie sur 15 minutes et va faire du tri / remplir un carton jusqu'à ce que le portable sonne, moment précis auquel elle va tout laisser tomber et retourner s'enfoncer dans son canapé.
  • c'est plus facile de se bouger les fesses quand on sait que c'est juste pour 15 minutes
  • et.... ça permet de réaliser qu'en effet, c'est fou ce qu'on accomplit en 15 minutes, en fait.
Et le constat est encore pire quand on finit, peu à peu, par aligner un certain nombre de séances effectives de 15 minutes plutôt qu'une séance fictive, à venir, "un jour mon prince viendraaa", de x heures.


5. Déménager dans plus petit... et payer soi-même son déménagement

Au change nous perdions du m². Et notamment, en passant d'une maison à un appartement, nous passions de plus de 100m² de sous-sol à ... 6 malheureux m² de cave. L'angoisse !

Par ailleurs, comme nous bougions dans le cadre d'un changement d'employeur pour Monsieur Bout, les frais de déménagement restaient à notre charge.
Réception des premiers devis : gloups...
Nous renégociâmes donc en nous engageant sur un cubage sensiblement inférieur à celui initialement évalué par les prestataires; il s'agissait donc de le tenir... Du coup cela constituait un incitatif puissant à ne surtout pas tout mettre en cartons (voire même laisser en cartons ce qui y était resté pendant 3 ans...) car à quoi bon payer le transports d'objets qui n'auraient pas de place dans notre futur logement ?
D'où la nécessité d'aller vraiment mettre le nez  dans tout ce que nous avions accumulé à droite et à gauche pour opérer des choix douloureux... ou salvateurs.
Ainsi, à la poubelle, nos cours d'étudiants-soigneusement-gardés-mais-jamais-relus-depuis-l'obtention-de-nos-diplômes. J'ai regardé la réalité en face et estimé à 0 nos chances de jamais prendre le temps de les relire. Quand Monsieur Bout dut sortir le sac poubelle (resté ouvert) contenant mes meilleures copies d'hypokhâgne, il prit le temps de les lire (soupir) puis tenta l'argument ultime "mais, ptet que F. sera content de lire tes dissert à 18 ans". Oui bien sûr....

Voilà qui me permit une première expérience de "Decluttering", un autre concept Flylady : le désencombrement.

Cette expérience libératrice me permit de prendre vraiment conscience, en le vivant, d'à quel point l'encombrement causé par les objets que nous accumulons autour de nous n'est pas pas seulement une histoire de place physique, mais constitue une charge mentale, d'autant plus lourde qu'insidieuse.


6. Emménager dans un nouveau logement

Qui dit défaisage de cartons dans un nouvel environnement dit opportunité de donner une place à chaque chose, de partir sur un bon pied. Coup de pouce qui tombait à pic, vu ma forme olympique ma chère maman avait débarqué le lendemain de notre arrivée pour 4 jours intensifs de déballage de cartons.
J'avais donc pour alliée de choix pour me soutenir et commencer à établir une base saine : une reine du rangement rompue par de multiples déménagements à trouver en un clin d’œil la solution optimale à l'équation dimensions / fréquence d'usage de l'objet.


7. Pérenniser, ancrer dans le quotidien avec Flylady

Les 6 premiers points m'avaient permis de regarder la réalité en face : (commencer à) prendre la mesure de l'énergie mentale dépensée dans le fait de ne pas prêter attention au bazar environnant, de ne pas faire les choses.... énergie en fait bien supérieure à celle véritablement requise pour éliminer le bazar / faire les choses.
Grâce à ces 6 points, j'admettais enfin que j'avais un problème.
J'étais donc mûre pour me préoccuper d'une solution : pour moi, ce fut Flylady.... je vous détaille tout cela davantage bientôt ! [ici]

11 commentaires:

  1. Je suis en plein dedans... Bon je commence par les trucs faciles, dehors les tupperware prêtés-par-BM-jamais-rendus-dont-je-ne-me-sers-pas... Parce que ma collection de cartes postales, CA c'est vital :-)
    C'est duuuur !

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    1. looool; oui moi au moment du déménagement ça a aussi été un des premiers pas les plus faciles : bazarder tout le matos reçu de ma BM sans que j'aie osé dire qu'en fait je n'en avais pas vraiment l'utilité.
      Hihihi pour ta collection de cartes postales. Ca va venir.... il y avait l'incitation du cubage déménagement, mais ça n'a pas empêché un 2ème round d'élimination au déballage: entretemps j'avais eu le temps de mûrir un peu mes adieux à certaines choses. Le tout est de garder la dynamique!
      Sur mon forum allemand, il y a un fil de discussion où les participantes viennent chaque jour annoncer le nom d'un objet dont elles se séparent. Un à un, ça va lentement... mais ça va loin !

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  2. La solution très simple est d’avoir peu de choses à ranger finalement, la vente de notre grande maison et de tout son intérieur nous a donné envie d’envisager notre prochaine vie d’une façon complètement différente et nous allons viser un certain minimalisme... sauf pour les bouquins mais bon ça... ;-)

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    1. Ah mais tout à fait ! (tu feras un billet sur le minimalisme chez vous ?) D'ailleurs cette première expérience de désencombrement m'a rendu plus "sélective" pour faire rentrer des choses dans la maison : quand on voit le mal qu'on a ensuite à les faire ressortir... Mais si pour nos affaires j'y arrive assez bien, j'ai encore du mal à me limiter pour les enfants.
      Et je te rejoins sur les bouquins, nous avons le même problème... au moment du déménagement je n'ai su nous débarrasser que des quelques bouquins vraiment nuls (ou en double).

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    2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  3. Pour l’instant nous sommes hébergés (et tous nos biens tiennent dans deux chambres!) mais dès que nous serons dans notre nouvel environnement je présenterai en effet notre nouvelle organisation...
    Pour les enfants nous achetons surtout des bouquins, ils ont bien moins de jouets et de vêtements qu’avant (après tout en IEF les besoins ne sont pas aussi important, les tenues confortables sont privilégiées et elles ne s’usent pas aussi vite que pour les enfants allant à l’école tous les jours...). :-)

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    1. chouette chouette je lirai cela avec intérêt.
      Et tu dis que les vetements s'usent moins en IEF ? Tiens j'aurais pas pensé à cet aspect.... Bicoz pas de chutes dans la cour de récréation c'est ça ?

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    2. Oui entre autre, mais c’est surtout qu’une journée est plutôt calme en général et peu salissante, une même tenue peut-être mise 3 à 4 fois par semaine (à l’école certains élèves se moqueraient de celui ou celle qui porte toujours la même tenue, c’est pour cela que je trouve que la blouse pour tout le monde était une bonne idée, elle effaçait les inégalités sociales): les jours de “formel” ma fille aime mettre un caleçon ou un pantalon en jersey de coton avec un tee-shirt, elle est à l’aise, elle met un vieux pull troué qu’elle adore et dans lequel elle se sent bien. Elle se change pour sortir et dans ce cas met une plus jolie tenue (robe collants...), les chaussures même combat, ils sont souvent pieds-nus ou en chausson, pas besoin d’avoir plusieurs paires de chaussures (1 paire de chaussure sport, 1 paire de botte de pluie, 1 paire de croc, 1 jolie paire de chaussure ou sandales selon les saisons...). Au début je jouais à la barbie (comme toute maman coquette pour sa fille) mais je me suis aperçue que la moitié des affaires n’était pas portée alors...
      Pour cet été je lui ai acheté deux petites robes en coton H&M (4 euros pièce, elles sont supers!) et une très belle robe Jacadi, elle va vivre en robe et en maillot de bain, en tongs et pieds-nus, l’enfant IEF est libre! Je privilégie des cotons de bonne qualité (chez nous pas de matières synthétiques) et j’achète seulement quand c’est usé ou trop petit et crois-moi notre dépense vestimentaire s’est considérablement réduite... Je ferai peut-être un petit article “mode” à ce sujet pour l’été, c’est intéressant de constater que pendant longtemps nous avons dépensé beaucoup trop d’argent dans un tas de choses futiles! ;-)

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    3. Merci de tes explications ! Je ne pensais pas à l’aspect “mettre plusieurs fois la meme tenue”, ni à l’aspect “présentable / regard des autres”, c’est très pertinent en effet.
      Idem l’usure des chaussures !
      Bon après je pense que l’économie réalisée est aussi fonction de l’âge de l’enfant : les miens se salissent encore énormément rien qu’en mangeant donc bon, je fais aller au bout de la journée avec le vêtement, mais ensuite c’est ma machine qui intervient ce qui nécessite un stock pour tourner. A l’inverse si on a des ados, d’un côté les manifestations de la puberté nécessitent des changes plus réguliers, de l’autre on limite encore plus efficacement l’incitation à investir dans les trucs à la mode / marques.

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  4. Bon question rangement ça va... question sport pas du tout mais je me demande si je ne suis pas dans une période "sensible" et si ce système des 15 mn ne pourrait pas être appliqué... Bonne journée Gwen !

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    1. Merci Isa, bonne journée à toi
      Et je confirme que le principe des 15 minutes s’applique à énormément de choses…. Aveu : quand mes jambes commencent à trop ressembler à des jambes de gazelles (longues, fines…et poilues), je m’y attaque aussi par tranche de 5 ou 15 minutes : beaucoup plus facile à rajoute dans ma routine « douche », et en quelques jours j’ai de nouveau des jambes présentables.
      mais chuuuut c'est un secret ;-)

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