PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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samedi 12 mars 2016

Arrête de me saouler

"Arrête de me saouler", entends-je ce vendredi matin dans la bouche de F. (en train de faire je ne sais plus quoi...)
Interloquée, je tends l'oreille.
"Arrête de me saouler", réitère F. quelques instants plus tard. La prononciation est distincte (ah, ces progrès de langage...), il n'y pas à s'y méprendre.
Je prends le temps de la réflexion. 
  • Est-ce une expression que Monsieur Bout ou moi utilisons ? 
  • Envers lui ? 
  • Envers quelqu'un / quelque chose d'autre ? (certains appareils relous, l'ordinateur pas toujours coopératif, que sais-je...)
Notre expression n'est pas toujours des plus châtiée, mais non. Si ce n'est pas nous...?

"Arrête de me saouler", réentends-je au moment de la sieste, alors que je suis en train de changer une E., qui se tortille, avant de la coucher.
"qui c'est qui dit ça ?"
"Lili, parce que je mets les mains quand elle met la couche". 
Ah... il me revient que ce matin aussi, c'était en plein change de la Bébounette.

   Oui, Lili (il s'agit de notre assistante maternelle, vous l'aurez peut-être compris) est joyeuse, je l'ai choisie sur ce critère, globalement douce, c'était aussi un critère, et plutôt patiente, idem.
   Alors, oui, le Bébou n'est pas toujours un modèle de coopération quand il s'agit de lui enfiler ses couches de dodo.  Puisque il est propre - avec accidents en ce moment, malheureusement - depuis la naissance de sa sœur environ, mais sur ses temps d'éveil uniquement; je ne sais d'ailleurs trop comment je veux m'y prendre pour les temps de sommeil, et si je décide de prendre une initiative je sais avant tout qu'il est hors de question que je lance ce chantier avant la fin mai.
   Alors, oui, moi-même malgré tous mes efforts il m'arrive de perdre mon calme face à ses colères / refus. Nous sortons d'ailleurs d'un mois de février agité à ce niveau-là. J'ai commencé par me calmer moi, curieusement il s'est calmé lui....
Mais il n'empêche que ce n'est pas ainsi que je veux qu'elle s'adresse à mon fils.
Auprès de qui, du reste, il faudra que je réaborde le sujet à la première occasion, car au vu de l'air tout sérieux, voire même perplexe, avec lequel F. rejouait la scène, celle-ci le préoccupait visiblement; il aura probablement besoin que nous l'accompagnions pour savoir dans quelle catégorie la classer.

Ce soir, discussion avec Monsieur Bout : sa réaction résume bien le problème.
"Ouille. Et puis si elle dit ça, que dit-elle / fait-elle d'autre?" (assorti quelque minutes plus tard d'un "quand même, faut reconnaître que c'est un souci qu'on s'épargne quand l'un est au foyer..." eh oui... rha ce que ça vient simplifier ma vie et mes choix, ça! Allez, ONZE SEMAINES, ONZE)

Je suis bonne pour une petite mise au point lundi, chouette.... Initialement je pensais partir de ce que j'avais entendu, mais la discussion avec Monsieur Bout m'incite à aborder le sujet plus largement au départ : comment réagit-elle aux colères / résistances du Bébou, reclarifier nos souhaits à ce niveau, et ensuite seulement cet épisode précis. Monsieur Bout sortira très tôt de manière à pouvoir être présent, et notamment occuper le Bébou pour que je puisse discuter tranquille.


Plus profondément, cela relance mes interrogations. Je suis encore en pleins calculs et réflexions concernant le choix optimal du mode de garde si je bosse encore à 50% l'an prochain. Je penchais pour une garde à domicile, mais je n'étais pas encore vraiment décidée à faire une croix sur notre assistante maternelle
  • l'intérêt d'avoir les enfants gardés chez soi est grand, l'envers du décor c'est que 
    • si à certains moments on veut être tranquille chez soi sans enfants, c'est plus compliqué (même si cela s'arrange bien sûr pour une durée limitée de temps, on peut envoyer la personne sortir les enfants, par exemple)
    • on a quelqu'un dans son chez-soi, comme ça, toute la journée. A mon niveau ce n'est pas une question de confiance, le ménage a toujours été fait en notre absence (sauf évidemment mes périodes au foyer) et la confiance n'est pas un problème. L'intimité, si.
  • je trouvais aussi attirante la perspective de ne pas imposer une (nouvelle, pour F. . Il a déjà "perdu" sa nounou de Normandie) rupture affective aux enfants
  • et enfin, on sait ce qu'on perd, on ne sait pas ce qu'on gagne.

C'est la grande question que remue l'épisode d'aujourd'hui : trouverai-je plus, ou moins, coopératif en termes d'éducation bienveillante / communication non-violente ?

Après notre déménagement, et pendant que je m'arrondissais autour de la Bébounette, c'était au bout de quelques semaines que la dame qui fait le ménage chez nous m'avait avoué "je ne comprenais pas trop votre manière d'éduquer votre fils, je n'ai jamais vu ça. [son ça = je ne crie pas - sauf exceptions/perte de contrôle -, je le laisse toucher à beaucoup de choses, mais je le fais aussi essuyer, ramasser, etc, quand il occasionne des dégâts + utilisation d'une barrière à la porte de sa chambre quand je souhaitais qu'il puisse vaquer à ses occupations et moi aux miennes] Mais en fait, vous avez trop raison, à l'usage je vois le résultat, il est tout zen votre fils, et très autonome. J'aurais du faire comme ça avec les miens".
Ce genre de cri du cœur, fait chaud... au cœur. Mais si il faut plusieurs semaines d'observation de notre fonctionnement familial pour comprendre son intérêt, comment s'assurer cette compréhension chez une personne avec qui on aura simplement quelques entretiens ?

Mmpf...

9 commentaires:

  1. Quelqu'un a le numéro de Mary Poppins ? C'est pour une urgence !
    Cette semaine à la bibliothèque, j'étais stupéfaite d'entendre une petite de 7 ans dire "ferme-la" à sa sœur de 5 ans.

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    1. yep... comme si les enfants apprenaient ça tout seul. Tu me fais rêver avec Mary Poppins. Bon, de toute manière on va déjà voir comment se passe notre conversation de lundi, nous aviserons ensuite. Mais je n'en mène pas large.

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  2. Aie!!! Oui ça peut amener à réfléchir ce genres d'incidents!
    Pas facile de peser le pour et le contre, les avantages, les inconvénients (Euhhh moi aussi , je passe la plupart de mon temps à réfléchir aux avantages et inconvénients de tout ce qui tourne autour de l'éducation de mes filles depuis 2 ans!!)
    Bon courage pour vos choix ... je finis par réaliser que les portes s'ouvrent d'elles mêmes et les réponses finissent par venir à moi naturellement! Et puis comme tu le disais dans un article précédent, un choix n'est pas définitif.
    Je me lance ds la garde à la maison et l'IEF l'an prochain sans être complètement convaincue et je laisse venir les choses ... au jour d'aujourd'hui, je rêve d'uns structure alternative répondant à mes critères , mais comme il n'y a rien qui me satisfasse, je teste cette option. L'école va me manquer, vais je tenir avec ma fille toute une année? Les ateliers vont ils subvenir à nos besoins? Vais je avoir l'énergie de me lancer dans un projet alternatif ... les questions sont toujours aussi présentes mais on teste et on verra vers où le chemin nous mène!

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    1. je te comprends tellement ! d'ailleurs dès que j'ai un peu plus de temps ça te dirait pas qu'on se cale un RDV ? Pour se raconter nos malheurs et nos grandes interrogations ;-)

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    2. ça marche ;-) on est bookés jusqu'à début avril mais ensuite...

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  3. Bonne réaction de ta part d'essayer de comprendre pourquoi l'assistante maternelle a dit ça même si moi aussi je m'interrogerais. Elle manque peut-être seulement de patience dans ses propos. Si c'est récurrent, c'est plus ennuyeux, des enfant peu coopératifs, il y en a un certain nombre... J'ai été assistante maternelle, j'ai gardé une pitchoune qui sentait très très fort (la maman préparait le repas du midi et il y avait beaucoup de légumes odorants) mais la pitchoune aimait aussi retenir la couche alors imagine en apnée devant l'objet à retirer en urgence... A un moment donné je lui ai dit que c'était pénible et puis je lui ai expliqué que sa couche ne sentait pas bon, que ce n'était pas agréable pour elle et pour nounou, qu'il fallait qu'elle me laisse agir vite pour nous en débarrasser et la pitchoune a arrêté ! Peut-être que la nounou pourrait parler avec lui pour comprendre pourquoi il met sa main et trouver une solution ensemble :peut-être un jeu pour l'occuper ? Certains enfants ont juste besoin de toucher quelque chose. Ou bien besoin de coopérer : avec un bout de chou nous avions un pacte, il enlevait les scratchs, il était ravi!
    Trouver la perle rare, ce n'est pas évident, elle aura forcément des idées un peu différentes mais elle peut s'adapter à vous sur l'essentiel. :)
    Quant à la choisir : le sourire, pas sûre que ça suffise... Mais tu peux la faire parler de sa conception de l'éducation sans avoir parlé de la vôtre avant, tu verras si vous êtes sur la même longueur d'onde, l'observer prendre tes enfants dans les bras et bonne nouvelle : ton "petit bout" sera assez grand pour dire si ça ne va pas. :)

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  4. Aie aie aie... je penserai à vous ce soir !
    Heureusement que F est assez grand pour en parler, et que vous puissiez l'accompagner... il sera toujours confronté à des paroles/actes qu'on aurait voulu éviter, mais le plus tard serait le mieux !

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  5. Merci les filles ;-)
    bon ça s'est bien passé, elle a bien réagi et a tout de suite vu où était le problème, en soulignant que ça lui était arrivé parce qu'elle était patraque (elle avait la crève en fin de semaine) et que vraiment ce n'était pas ce qu'elle voulait.
    Et quelque part c'est même caractéristique de son souci de vouloir bien faire : en fait le différend avec F. venait du fait que la puéricultrice lui ayant dit que "c mieux si chaque enfant a droit à son intimité pendant le change", elle voulait interdire à F. de monter sur le lit à côté d'elle pour regarder sa soeur (ce qu'il adore faire), et ça la stressait d' "échouer" à préserver cette intimité.

    J'en ai profité pour reparler de plein de sujets connexes / éducation bienveillante et j'en suis ressortie assez rassurée par ses réactions puisqu'elle même réagissait en analysant ce qu'elle avait observé "ah oui j'ai bien vu que vous disiez les choses de telle manière à F., que vous faisiez machin et truc", bref c'était pas juste du "oui oui oui" / cause toujours.

    Et oui Isa, le sourire ne suffit pas toujours, et en entretien j'avais abordé pas mal de sujets, mais ... à cette époque nous commencions à peine à nous intéresser de plus près à certains sujets (notamment l'éducation bienveillante) et donc la conception de l'éducation que nous avons a bien évolué depuis.

    bon, en tous cas je me sens mieux, et nous allons voir pour la suite !

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