PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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dimanche 8 octobre 2017

Réintroduction de la prière familiale

Parmi les résolutions prises avec Monsieur Bout lors de notre retraite à Paray-le-Monial cet été, figurait en bonne place la réintroduction de la prière familiale. 
Autour des 2-3 ans de F. nous avions eu une bonne période à ce niveau, puis l'habitude s'était reperdue, et nous avions d'autant moins réussi à la réintroduire que les quelques faibles efforts faits dans ce sens avaient rencontré chez F. une réticence très appuyée et assez décourageante il faut l'avouer.
Tout ce que j'avais réussi à faire ces derniers mois, c'était prendre l'habitude de quelques mots de prière avec E. au moment du coucher de celle-ci, une E. du reste bien plus réceptive à cela que son frère.

Il s'agissait donc de repartir à l'assaut en en faisant une priorité. Pour cela, nous avons réfléchi à notre stratégie en amont, en axant l'opération autour de 4 points

  • (1) La régularité
Encore une fois, comme pour tout, la régularité, la routine, sont souvent la clé de nombreuses oppositions avec nos enfants. Le fait pour nous adulte, de ne pas se permettre d'exception, constitue un signal important à nos enfants, et évite de présenter l'étape concernée comme optionnelle. Du coup, passés les premiers temps où il s'agit de tester la solidité du repère ainsi établi, il y a beaucoup moins de discussions et tergiversations! 
La seule exception concerne nos absences (si nous sortons avant l'heure de la prière), et les voyages. Et encore, dans le premier cas, souvent les enfants réclament la prière à la baby-sitter ;-)

  • (2) Le réalisme 
En réfléchissant ensemble au déroulé de la prière, nous avons adopté une approche réaliste, en tenant compte des possibles facteurs perturbateurs. 
Par exemple, nous avons décidé de "faire sans" la bougie qui faisait partie intégrante de nos premiers épisodes de prière familiale : celle-ci constituait en fait une source de conflit trop fréquente, et une source de diversion également (qui l'allume, qui l'éteint, s'amuser à souffler dessus pendant la prière, l'éteindre, demander à ce qu'elle soit rallumée). 
J'ai eu du mal à m'en détacher, je tenais à cette petite flamme, j'aime fixer mes yeux dessus, mais j'ai du me rendre aux arguments imparables de Monsieur Bout : pour le moment, cette petite flamme crée plus de problèmes qu'elle n'apporte.

  • (3) La brièveté
Dans la lignée du point précédent, plutôt que de partir sur un long programme dont la perspective nous aurait déjà épuisés, et qu'il aurait été difficile de tenir dans la durée, nous avons opté pour commencer par une prière peu ambitieuse mais tenable au quotidien : 3 étapes seulement:
    • une courte prière lue dans un livre de Maïté Roche, 
    • une série de "merci" pour les belles choses de la journée, 
    • un chant (ou même plutôt : le refrain d'un chant)


  • (4) Une gestion du temps stratégique 
Nous avons avancé l'heure de la prière. Au lieu de la positionner, comme auparavant, au moment du coucher, nous l'avons positionnée directement après le dîner : sitôt le dessert avalé, nous filons dans notre chambre. Plusieurs avantages à cela : 
    • nous parents sommes encore relativement frais et dispo, pas encore fatigués par la gestion de la soirée (jeux histoires pyjamas etc), donc moins tentés de lâcher l'affaire / précipiter le coucher en zappant l'étape prière
    • les enfants n'ont pas eu le temps de s'éparpiller dans l'appartement et/ou de s'absorber dans un jeu, la prière ne vient donc pas jouer les troubles-fête et rencontre ainsi moins de résistance 
    • la perspective d'un coucher immédiat derrière ne vient pas troubler ce moment, ni inciter à le perturber dans l'espoir de retarder éventuellement ledit coucher. Au contraire, après la prière il y a des choses agréables, ce qui incite davantage à contribuer à un déroulé fluide.


Nous étions également conscients d'être à un âge propice pour la Bébounette: celle-ci se montre vraiment sensible et motivée, du coup nous souhaitions surfer sur cette vague.
Et effectivement l'effet d'entraînement sur F. s'est bien fait sentir: quand E. est au taquet, chante, choisit ou commente un texte, dit merci, F. est plutôt tenté de la rejoindre.
Cet effet d'entraînement, ainsi que notre stratégie globale exposée ci-dessus, ont demandé quelques jours pour porter du fruit, jours pendant lesquels il nous a fallu faire preuve de persévérance et détermination face au manque de coopération des enfants (surtout de F.) et au chahut appuyé. Mais ensuite nous avons constaté une évolution positive qui nous a bien réjouis (même si évidemment il y a toujours des jours avec, et des jours sans!)
Cette évolution s'est également vue au niveau de la manière dont les enfants ont investi le support proposé : afin d'impliquer les enfants, c'est alternativement à l'un, ou à l'autre, de choisir le texte de prière, et le chant de fin. Les quinze premiers jours, ce fut systématiquement la même prière, et toujours la même chanson.
Puis hop, un jour, l'un d'eux a choisi un autre texte, et à présent c'est le petit livre en entier qui est investi. Nous avons même eu droit à un "moi je les aime TOUTES" de F. (gros contraste avec son "elles sont toutes nulles" du début !)

Moralité, cela fait deux mois que la prière familiale a été réintroduite chez nous, et cela tient.
Cela tient si bien que nous avons même pu introduire un ou deux changements.
Et notamment: nous avons allongé la prière en introduisant la lecture d'une histoire de la Bible tirée du livre en photo ci-contre.
Notre objectif étant de permettre à F. de peu à peu s'imprégner du sens de ce qu'il fait.
Et il s'avère que le fait de débuter la prière ainsi, en mode "racontage d'histoire", a eu un effet très positif sur le calme pendant la prière : au lieu de gigoter, F. s'assied tranquillement, écoute, et ce calme demeure ensuite pour les étapes qui suivent cette lecture d'introduction. (en revanche, E. se montre plus dissipée car elle commente les images du livre : "lune, lune !"; "pourquoi il est là le moutooooon?" ; "Oh c'est Abraham, eh regarde Papa, Abraham. Abraham, Abraham [rire de farfadet]"

Voici où nous en sommes: c'est modeste mais ça tient, cela permet vraiment d'insuffler du religieux dans le quotidien des enfants, et nous en sommes bien contents.
Pour la suite, je nous verrais bien introduire quelques intentions de prières, et cet article d'un blog anglophone m'inspire, par exemple, mais nous verrons.
Allons-y mollo, peeeetit bout par peeeeetit bout!



4 commentaires:

  1. Bravo !

    Ca me donne l'idée de repenser au moment... pour l'instant, c'est après le brossage de dents (avant le coucher de S, et la lecture des filles) mais c'est vrai que la fatigue parentale n'aide pas à prendre le temps de ramener au calme. Ces derniers temps, nous étions plutôt contents qd S continuait à jouer dans sa chambre, mais ce n'est pas une bonne habitude...

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  2. Ici aussi on fait court... Et on tient le coup! Pour les deux petits, j'entends... Plus d'un an qu'on a réintroduit la prière familiale le soir au moment du coucher : quelle joie! Un temps pour dire merci, un temps pour dire pardon, un temps pour confier la journée du lendemain... Un Notre Père et on finit en chantant le Je Vous Salue Marie... Et de temps en temps une litanie des Saints de notre famille pour confier tous ceux qui nous sont chers... Un petit moment de grâce au milieu de la folie de nos vies.

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  3. C'est chouette que le spirituel est une place quotidienne dans votre vie !
    Chez nous, c'est le papa qui se charge de la prière du dodo. Il dit une prière qui reprend les préoccupations du moment des enfants, et qui remercie pour les bons moments de la journée. Puis il termine par la lecture d'une petite portion de la Bible (souvent un chapitre), dont il en explique le sens.
    Il a commencé par les évangiles, c'est plus facile à comprendre pour mes petits. Maintenant, ils aiment tellement ça que c'est un argument pour aller au lit, genre "mes poussins, si vous ne mettez pas tout de suite vos pyjamas, papa n'aura pas le temps de vous faire une longue lecture !"
    Et je suis épatée de voir mes enfants (3 et 7 ans), ressortirent dans la journée des raisonnements de la Bible vus la veille. Notre but, c'est qu'ils acquièrent l'habitude de lire la Bible tous les jours pour qu'ils continuent une fois grands et tissent une relation personnelle avec Dieu. Tout un programme !

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  4. Merci pour ces encouragements !
    Raf, ce que tu écris me fait songer: effectivement nous nous demandons avec Monsieur si nous n'aurions pas mieux fait de commencer par l'autre tome, sur les Evangiles, justement... à voir à voir si nous n'opérons pas une substitution.

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