PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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mardi 5 avril 2016

Être une femme et OSER vouloir ! (2/2)

Regarder en face la réalité qui se cache derrière les idées reçues nous empêchant d'afficher notre volonté, comme j'ai incité ma manager à le faire, permet (dans tous les sens du terme, puisqu'il s'agit aussi de s'autoriser...) d'aller chercher un poste qui nous épanouisse vraiment.


Ces idées reçues sont aussi à combattre dans le cas de l'équilibre vie pro / vie privée


Là aussi, il est essentiel de montrer ce qu'on fait, d'être claire sur ce qu'on veut, et d'être confiante sur sa capacité à gérer quelque chose d'un peu différent.

Dans ma maturation personnelle sur ce plan, un moment fondateur est une conversation avec mon ancienne chef, du temps de mon job adoré en Normandie.
Un brin de contexte : elle savait déjà que nous quittions la région, et devait par ailleurs travailler sur une réorganisation de l'équipe, redéfinition des postes, machin. Elle avait notamment construit deux supers postes à méga responsabilités, qu'elle proposait donc à deux de mes collègues. Quand j'en avais discuté avec Monsieur Bout, celui-ci m'avait dit (il culpabilisait de nous entrainer à l'autre bout de la France) "oh punaise, en plus je suis sûr que, si nous étions restés, un de ces deux postes aurait été pour toi".

Cela me turlupinait alors j'avais tout bonnement abordé le sujet avec ma chef en lui demandant si c'était vraiment le cas.
Chef : "Ah mais carrément"
Gwen : - Oui mais, quand même, ce sont des gros postes, auraient-ils été compatibles avec un 80%?"
Chef : - Sûrement pas"
Gwen: -..... ??? Ben c'est sans regrets alors, jamais je n'aurais pu le prendre puisque il est inimaginable pour moi de repasser sur un temps plein."

La réponse de ma chef me résonne encore aux oreilles car c'est elle qui a décoincé beaucoup de choses dans ma petite tête :
"oui mais justement, comme il a toujours été clair pour moi que tu n'accepterais jamais un temps plein, et que vu ce que tu apportes j'aurais tenu à te garder dans l'équipe, si tu étais restée j'aurais construit mon organisation autrement, ça aurait valu la peine de faire du sur-mesure"

Première chose :
Cette phrase m'avait une nouvelle fois montré l'importance d'être claire avec soi-même et avec les autres sur ses priorités.
Dans un monde où je ne partais pas, que se serait-il passé si je n'avais pas plusieurs fois parlé de mon ambition de réduire mon temps de travail et signalé la priorité absolue que je donnais, dans mes choix pro, à mon 80%?
  • Ma chef aurait construit son organisation "normalement", c'est-à-dire en se basant sur la base lambda de postes à temps plein, en se disant que face à une proposition aussi intéressante, je serais sûrement prête à revoir mon organisation personnelle.
  • Et ce n'est qu'une fois que son organisation aurait été claire, claire dans sa tête mais aussi validée à différents niveaux donc d'autant moins susceptible d'être révisée, que pouf, elle m'aurait présenté une proposition déjà toute faite
  • J'aurais eu mon mot à dire, un maigre mot : "oui", ou "non". 
Ma "discrétion" aurait ainsi empêché la prise en compte de ma contrainte principale dans la réflexion en amont.

Deuxième chose : Mon travail vaudrait la peine de faire du sur-mesure.
De sortir des schémas classiques, de se montrer souple.
C'est à ce moment précisément que j'ai réalisé que j'avais des choses "à vendre" qui pouvaient donner l'envie à des gens de faire l'effort de me donner ce que je voulais. Du win-win était envisageable.
Et c'est à ce moment-là qu'une idée reçue bien installée chez moi, à savoir "un poste à 50% mais dont le contenu reste intéressant = impossible" , a pris un gros, gros, gros coup dans l'aile.
Eh ben si, c'est possible.


Alors oui bien sûr, hein, je vous rassure
Tout cela ne vous concerne pas, vous, c'est juste que je suis une déesse intersidérale sur le plan pro  
(sur les autres plans aussi, soit dit en passant).

Ou pas ?

Très honnêtement, et là encore c'est la RH qui vous parle, il est urgent de regarder votre travail sans fausse modestie.
L'expérience que vous avez acquise vaut quelque chose :
  • confiance de clients (internes ou externe), 
  • connaissance des rouages de l'entreprise, des produits, du marché, 
  • maîtrise des techniques et des processus, 
  • certitude de votre fiabilité, 
  • appréciation de votre caractère / relationnel ... et encore de nombreux points. En fait cet aspect à lui tout seul mériterait un article spécifique donc ... il l'aura! Na.

Pour le moment, retenez simplement que vous aussi, même si vous ne le réalisez pas encore, vous avez dans votre jeu un certain nombre d'atouts qui peuvent vous permettre d'obtenir un équilibre plus proche de vos souhaits. Encore faut-il que vous preniez la peine de mettre en valeur tous ces points-là, bien entendu... ;-) en vous "vantant".
C'est donc grâce à ma chef que j'ai osé négocier âprement mon 80% dans mon job actuel, en annonçant clairement la couleur : "je fais des supers choses à 80% et c'est ça ou rien".
Et, oui, plus vous aurez accumulé de l'expérience avant d'être au stade où vous proposez ce genre de marché, plus vous aurez de cartes en main. Ce qui peut rendre les choses un peu plus compliquées pour les très jeunes mamans. Plus compliquées... pas perdues d'avance !


Car ça marche


Le fameux mercredi matin dont je vous parlais en première partie, lors de l'entretien pour mon futur/potentiel/probable 50%, j’ai ainsi moi-même refait l’expérience d'à quel point prendre le contrepied de ces fichues idées reçues pouvait porter du fruit. J'y suis arrivée avec
  • un objectif défini : 
    • 50%, sur deux jours (mardi et jeudi) + 10% de télétravail, 
    • Continuer à m’occuper des gens que je gère actuellement, 
  • des exigences réfléchies et assumées
    • ce n’est pas un CDI que je veux, 
    • c’est pour maximum un an encore, et si ils ne prolongent que de 6 mois, il ne pourra y avoir de seconde prolongation car je me serai engagée ailleurs pour la suite ; 
    • réévaluation du salaire pour que cela reste rentable pour moi malgré les frais de garde.
  • un argumentaire clair sur ce que je leur apporte
    • accompagnement en profondeur sur des conflits compliqués - explication des choses déjà mises en place pour gérer les situations
    • coaching des managers - présentation power point d’une petite formation de mon cru sous la main 
    • gestion de problèmes de performance - énumération des quelques cas traités 

Clair, net et précis.
A l’heure où parfois je doute qu’il soit raisonnable de continuer, même à 50%, où je me dis que franchement ça va être fatigant de concilier IEF et vie pro, avoir identifié précisément les conditions auxquelles cela vaut tout de même le coup me donne une grande liberté, et une non moins grande force de conviction.

Car les réactions que je récolte, quand j’explique mes attentes, quelles sont-elles ? 
« tu sais ce que tu veux, c’est chouette »
« ah bah au moins c’est clair »
« on voit que tu as bien réfléchi à tout, c’est bien construit » ;
 et mon interlocutrice : « j’ai bien compris votre projet, et je pense avoir tous les éléments pour le défendre ».


Alors oui, osons vouloir, osons demander...

Concernant ma manager de mercredi, eh bien figurez-vous qu'en plus de lui programmer un RDV avec moi pour parler orientation et stratégie, j’ai profité des thèmes abordés ensemble pour lui conseiller la lecture de Filliozat, justement. (Monsieur Bout: "tu devrais avoir des pourcentages") Elle a énormément accroché à ce que je lui en ai dit et nous nous sommes promis d’en reparler quand elle aurait lu « Au cœur des émotions de l’enfant ».

Juste fin pour une conversation que nous avions commencée par 5 minutes de bavardage sur les couches lavables !

(et c’est dans des moments comme celui- là que j’ai vraiment, vraiment envie de continuer à bosser avec ces gens-là…)



2 commentaires:

  1. Réflexion que justement je poursuis... J'habite à la campagne, il a fallu consentir à des efforts pour mon travail et aujourd'hui la qualité de mon travail est reconnue, mieux encore des personnes sont prêtes à venir d'assez loin pour me voir lorsque j'explique mes propres impératifs... Je découvre que parfois parler peut permettre de tendre vers un meilleur équilibre...

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    1. Ah c’est chouette de lire ça ! Bravo à toi pour cette crédibilité que tu t’es construite…et pour le fait d’oser en recueilllir les fruits ;)

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