PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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mercredi 1 mars 2017

Ateliers Faber & Mazlish : le vécu de Monsieur

Participer aux ateliers Faber & Mazlish, c'est bien, y participer à deux, c'est pas mal du tout non plus.

Monsieur Bout ayant été de la partie, je l'ai soumis à un interrogatoire serré interviewé pour vos beaux yeux, interview auquel je rajouterai quelques compléments de ma part sur le sujet (parce que je ne suis pas fichue de me taire).

Je décline toute responsabilité pour les blagues foireuses, retransmises telles quelles.
C'est pas moi, c'est LUI !


Que pensais-tu au départ du fait de suivre ces ateliers, pour quelle raison y es-tu allé ?
Parce que ma femme m'a dit "Viens, quitte tout ce que tu possèdes et suis-moi".

Je me disais qu'il s'agissait de prendre du temps pour travailler la pratique. Et franchement, le temps, j'en manque.
J'avais commencé à lire "Parents Épanouis, Enfants Épanouis" avec toi, mais même si je percevais l'intérêt du fond, ça ne m'avait pas emballé sur la forme, j'étais plutôt neutre.
Et tu avais l'air plutôt sûre de toi donc voilà, j'ai suivi.


Qu'en as-tu pensé ?
C'était vraiment une expérience positive, cela permet de rendre concret, pratique, une théorie qui n'était pas forcément accessible dans le livre. Et surtout, c'était plus rentable que de lire un livre en terme de temps consacré : on avait l'essence de la théorie mais en plus de ça les partages pour faire progresser.
Et puis la partie neurosciences n'est pas dans le bouquin et c'est super intéressant, elle aide à comprendre un peu plus car faire le lien renforce vraiment Faber & Mazlish. Pour moi de nouveaux bouquins F&M gagneraient à rajouter une partie faisant le lien avec les neurosciences car ça ne fait que confirmer et souligner l'importance des habiletés.
D'autant que, si on reste sur un recueil d'expériences, il est toujours possible de relativiser les choses. Or c'est peut-être une vision masculine des choses, mais je préfère les choses un peu démontrées, pas juste vécues.
Je le vois bien, tu es plus ouverte aux expériences, à ce qu'on te dit, moi j'ai plus de mal, ça doit rentrer dans mon système de pensée.


Qu'as-tu préféré ?
Les biscuits !
Mais sinon ?
  • les exposés théoriques clairs,
  • le fait que du coup on pouvait poser des questions (c'est plus dur avec un livre),
  • l'échange qui faisait avancer
  • les exercices pratiques qui permettaient d'ancrer la chose

Qu'as-tu moins aimé ?
  • le fait que ce soit le soir, c'était compliqué, parfois j'aurais pu être plus attentif
  • j'aurais parfois aimé qu'on creuse un peu plus la théorie : je n'ai pas envie d'ouvrir un livre pour la lire, mais une fois qu'on m'en parlait, j'aurais bien aimé qu'on voie, pour chaque habileté, le fondement neuro-scientifique qu'on pouvait trouver (par exemple : que se passe-t-il dans un cerveau d'enfant quand on punit / ne punit pas ?)
  • et j'étais moins à l'aise avec les jeux de rôle, c'est mon caractère: ça ne m'apportait pas grand chose alors que déjà, en tant qu'introverti, ça ne me plaît pas : 
    • donc là je me retrouvais à me forcer à faire un truc que je n'aimais pas, pour un résultat minime puisque pas différent des conclusions auxquelles mon empathie naturelle m'aurait mené de toute manière. 
    • Mais c'est peut-être dépendant du niveau d'empathie de chacun, chez moi c'est développé donc pas besoin, peut-être que ça apporte davantage à d'autres.
  • Parfois la pédagogie n'est pas super subtile : mauvaise réponse, mauvaise réponse, mauvaise réponse, boooonne réponse, notamment le truc sur l'engueulade (on se met dans la peau de quelqu'un qui s'est fait passer un savon injustifié par son chef et s'en plaint à l'un de ses amis) : je n'avais pas répondu de la manière attendue... et on peut toujours me dire que c'était parce que j'ai été conditionné et tout mais...: sur ce point j'ai regretté un manque de fondement neuroscientifique : en général, je trouve que F&M peut être trop sur le ressenti, et gagnerait à développer le premier aspect.

Quel est le point qui t'a le plus impressionné ?
L'intérêt de délirer avec ton enfant pour lui donner ce qu'il désire par l'imaginaire : ton désir pour se satisfaire n'a pas besoin de la réalité, c'est la logique du fantasme, j'ai trouvé top cette application concrète d'une vérité philosophique!


Quel est le point qui t'a le plus apporté ?
Non seulement le fait d' "avoir le droit" d'exprimer sa colère mais surtout qu'on nous fournisse des habiletés pour le faire "je ne suis pas content avec ça, j'attends de toi que, tu peux réparer en, j'ai confiance que..." : cela me permet de le faire, alors que je n'osais vraiment pas.

Le point sur l'autonomie m'a aussi bien sensibilisé sur le fait que c'est important à développer, je ne le percevais pas forcément avant.

Et même si cela nous concerne moins pour F. pour le moment, j'ai beaucoup aimé la partie sur les rôles : j'ai pu relire ma propre enfance, me souvenir exactement du sentiment de blocage ressenti quand mon père m'a dit que je n'avais pas la bosse des maths, et que je retrouvais devant chaque exercice compliqué. Cela illustre la puissance de la parole du parent. (On comprend mieux le poids donné, dans la Bible, à des épisodes où le père maudit son fils : c'est grave à plus d'un titre!)


L'outil récupéré pendant les ateliers qui t'est le plus utile ?
Difficile à identifier car certaines habiletés sont déjà ancrées et on ne s'aperçoit plus qu'on les utilise...
Je dirais l'écoute des sentiments en général, et les guilis en particulier : avant je faisais parfois des choses dans cette direction par intuition, maintenant je comprends que F. a besoin de décharger.


Que dirais-tu à un papa hésitant ? 
"N'y allez pas, y a pas d'bière!"
Si son hésitation concerne
  • le temps  : c'est de l’investissement en temps, mais ce n'est pas du temps perdu : c'est nettement plus rentable que la  lecture d'un livre puisque dans le cas d'un livre tu restes avec tes questions: donc ce n'est pas un coût mais un investissement, surtout que tu gagnes du temps ensuite dans la gestion des conflits...
  • l'efficacité: évidemment que c'est pas mathématique, ni du 100%, mais ça donne des réflexes utiles et en ce qui nous concerne, 1. nous avons l'impression que ça se passe mieux pour F., et 2. nous ça nous rassure aussi dans notre rôle; et ça ça n'a pas de prix...

Je complèterais en comparant ça à la pratique d'un sport: on a toujours intérêt à échanger et s'informer sur les bonnes pratiques pour s'améliorer. C'est une saine curiosité, il existe des choses pas innées du tout à acquérir!
Et au final tu ouvres aussi des portes sur la relation à l'autre (pas seulement à l'enfant) et sur soi-même.



Voilà pour le témoignage de Monsieur...



Considérations diverses de Madame
Prise de notes acharnée !!

Effectivement, j'avais dû lourdement insister pour que nous inscrivions ces ateliers dans nos agendas déjà assez chargés, mais j'ai été payée de ma peine dès le premier atelier.

J'en ai vu sortir un Monsieur Bout absolument ravi, me disant "ah ben ça c'est moins aride que tes bouquins", il a adoré creuser, pris plein de notes, et s'est réjoui d'avoir le sentiment de comprendre.

D'ailleurs un signe n'a pas trompé : lui qui avait dit OK en prévenant qu'il devrait probablement manquer un des ateliers pour cause de réunion de boulot... s'est finalement arrangé pour faire avancer ladite réunion de manière à ne rien rater !



Concernant les effets des ateliers sur lui, je l'ai rapidement senti plus à l'aise dans son positionnement, plus heureux, voire même plus présent du coup (car la tentation de la fuite est toujours là quand on se sent incompétent; or à présent il sait quel rôle jouer, et est donc plus motivé pour le jouer à plein).
Ce positionnement plus clair s'est notamment manifesté pendant nos vacances de Noël, et, je crois, a contribué à ce que, chez ses parents, notre séjour se passe bien mieux que celui de l'été, c'est-à-dire quasiment sans interférence "éducative" de ses parents. 
En effet, cet été, ces interférences avaient été favorisées, je pense, par le fait que la gestion par Monsieur, de certains comportements du Bébou n'était ni assurée, ni cohérente, voire parfois absente. Cette fois-ci, certes cette gestion n'était pas nécessairement celle qu'ils auraient attendu, mais ils percevaient que le problème était traité, et avec une cohérence, bien que différente de la leur.


Enfin, pour notre couple, cette participation conjointe a été aussi été bénéfique, en permettant de réduire / éliminer le décalage qu'il y avait parfois entre lui et moi: nous évitions autant que possible l'écueil du "Madame a une telle longueur d'avance sur Monsieur en terme de réflexion qu'elle n'arrête pas de lui faire remarquer ses boulettes éducatives ce qui échauffe les oreilles de Monsieur et ne l'encourage pas à s'y mettre",  mais sans toujours y parvenir. 
A présent, ce décalage n'existe quasiment plus (un peu, parce que moi je continue mes lectures avec Jane Nelsen, mais un seuil est atteint), Monsieur Bout se sent compétent, et le fait d'avoir suivi cela ensemble, travaillé les exercices de concert, entendu les mêmes informations, fait qu'à présent, nous sommes sur un pied d'égalité pour faire remarquer brièvement à l'autre "ouh là, pas top là", ou nous faire une suggestion rapide (on pourra donc entendre brailler d'un bout à l'autre de l'appart "compliment descriptif, compliment descriptif !!" quand l'un remarque une occasion à ne pas manquer par l'autre...) et que ces remarques réciproques sont vécues de manière positive, nous plaçant dans une dynamique d'entraide pour avancer. 
Du coup, au quotidien c'est assez motivant et sympa de nous raconter mutuellement nos petites réussites du jour !


Enfin, plus généralement, cette expérience m'aura permis de réaliser que, si le bouquin Faber & Mazlish que je conseillais à tous en première lecture était le "Parent Épanoui, Enfant Épanoui", et qu'ainsi c'était celui que nous avions lu en couple, ce n'était peut-être pas la meilleure porte d'entrée pour tout un chacun. "PE, EE" était ce qu'il me fallait à moi au moment où je l'ai lu : j'avais besoin d'un projet, d'une histoire correspondant à ce que je voulais vivre. 
Mais pour beaucoup, et probablement la gent masculine notamment, "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent" pourrait bien constituer une meilleure première approche : plus concret, plus structuré, "moins de blabla gnangnan" (pour ne pas citer à nouveau Monsieur Bout). 
Du reste, au moment des vacances de Noël j'en ai eu la confirmation par mon beau-frère, qui avait entamé "PE, EE", mais a été ravi de switcher sur le "Parler pour que.." que je lui ai prêté. Il n'en décollait plus...

3 commentaires:

  1. Très très bien cet avis de Mr Bout ! J'essaye de persuader en effet Mr D. de lire en entier "Parler..." et de nous inscrire pour un atelier, mais pour le moment il n'en a pas l'air vraiment convaincu. Avoir le ressenti d'un Mâle et les choses positives qu'il en retire est juste super intéressant... Et pour moi, cela confirme ce que je touche du doigt en ce moment sur le décalage entre les deux, et les hésitations de Mr D. auxquelles un stage pourrait faire du bien.
    Bref, merci ! Amélie

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  2. Et suspendre le temps3 mars 2017 à 12:27

    Tout pareil qu'Amelie!!
    C'etait une super idee que de nous donner les impressions de monsieur Bout, je pense que ca va parler a mon mari!
    C'est interessant de voir la facon dont monsieur Bout a apprehende ces ateliers, ainsi que le fait que le decalage entre vous soit dorenavant considerablement reduit et que vous puissiez maintenant vous entraider au quotidien.
    En effet, chez nous aussi, c'est moi qui lis et me documente enormement sur le sujet. J'envoie parfois des liens a mon homme, mais pas trop (a sa demande) sinon ca le decouragerait et il ne lirait plus rien. Parfois le soir je lui lis certains passages de mes bouquins, et il a accepte qu'on lise ensemble "Parler pour..." de F&M (mais pas tout de suite puisque je compte finalement d'abord lire le Jane Nelsen ;)).
    En tout cas, j'ai bon espoir que cet article m'aide a le convaincre des bienfaits de ces ateliers!!!

    Apres, tu parles des disparites entre les differents ateliers, suivant les personnes qui y participent mais aussi suivant les animateurs. Pour le premier points, on n'y peut rien, mais pour le second, comment on pourrait s'assurer de participer a de "bons" ateliers? Pour nous ce serait soit en Belgique (Bruxelles) soit a Londres. Y a-t-il des classements ou referencements pour s'aider a trouver les "meilleurs" ateliers? Est-ce que les animateurs sont obliges d'avoir suivi une formnation ou bien c'est ouvert a n'importe qui?

    Merci encore et bon week-end :)

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  3. Merci de ces retours !
    Ayant eu suffisamment de mal à pousser Monsieur Bout à m'accompagner, je serai ravie que mon billet vous aide dans cette laborieuse entreprise ;-)

    Sur le décalage : oui, c'est vraiment un point compliqué à gérer. Et là, voyez-vous, plusieurs semaines après la fin des ateliers, je remarque que ce décalage persiste aussi du fait d'une simple raison : étant toute la journée (ou presque) avec les enfants, je pratique davantage... donc ça s'ancre plus vite et mieux.
    Mais là encore, le fait d'avoir fait les ateliers atténue énormément le problème : justement parce que ces semaines ont constitué un moment où Monsieur Bout a pratiqué de manière intensive, d'où le niveau de base acquis, qui permet que nous nous comprenions.
    (ce matin Monsieur a agi de manière complètement anti-F&M sur un truc que j'étais déjà en train de gérer... mais il l'a très vite perçu et a réparé du mieux qu'il a pu, sans avoir besoin de moi pour cela)

    ESLT / tes questions
    Alors : non, pas d'obligation de formation, justement parce que F&M tenaient à ce que ce soit accessibles à un max de personnes : ils prévoient même le cas où un groupe de parents motivés s'autoforme, en faisant "tourner" le rôle d'animation à chaque séance. Je crois que des formations existent (l'assoc par laquelle nous sommes passés en avait fait une), mais rien d'obligatoire ou de totalement standardisé.
    Pas de classement non plus, à ma connaissance.
    Donc je dirais juste : le bouche à oreille ! Alexandra du blog Nawel Zélie & co connaissait bien l'assoc et les filles qui animaient, donc je conseillerais de se renseigner à droite à gauche, déjà. En posant des questions précises parce que ce qu'un couple peut avoir trouvé "géniaaaal!" peut ne pas t'emballer du tout, toi; et inversement.
    Par ailleurs, souvent les assoc / personnes qui organisent ces ateliers proposent aussi des conférences sur les mêmes sujets, qui permettent de toucher un public plus large, voire de le sensibiliser à ces sujets afin de l'amener à se former davantage ensuite. Je suppose qu'assister à une de ces conférences peut être un bon moyen de prendre la température...

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