PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

vendredi 18 août 2017

Être parent et donner... ses limites (concilier don de soi et respect de ses limites, 2/3)

Dans la première partie du billet nous avons vu qu'en tant que parent nous nous retrouvons à faire de la satisfaction des besoins de notre enfant notre priorité, mais qu'il nous faut déjà nuancer cela puisque nous avons aussi pour mission de veiller à ne pas crever en route quand même. Un parent en état de fonctionnement constitue incontestablement un besoin de l'enfant.
Et puis j'ai évoqué le fait que peu à peu, il nous faut ajuster notre comportement en fonction de l'évolution des besoins de l'enfant.

Poursuivons sur ce point.

En effet, si on reprend ce que je listais comme évolutions des besoins de l'enfant, on retrouve le fait qu'au départ les besoins primaires de l'enfant ont besoin d'une satisfaction la plus rapide possible.
Mais ensuite... l'enfant a besoin d'autre chose que cela.

3. L'enfant se met à avoir besoin d'apprendre plein d'autres choses.

Il a besoin d'apprendre à attendre...
Pas pour le plaisir, pas pour ce bon vieux truc parfois transmis par les générations précédentes et qui sent bon le rapport de force "ça lui fera les pieds, il doit apprendre qu'il n'est pas le roi".
Non, il doit apprendre à attendre, il a besoin de faire l'expérience de l'attente, pour
  • pouvoir se rassurer sur le fait qu'attendre ne le tue pas, 
  • développer une sécurité dans le fait que différer une satisfaction ne le met pas en danger, 
  • développer une conscience de sa propre solidité et résistance
  • en fin de compte : développer son autonomie (je serais presque tentée de dire : au sens quasi mécanique du terme, comme l'autonomie d'une batterie de téléphone portable...).
Cela ne veut pas dire que je vais "m'amuser" à le faire attendre, dans une dynamique qui ressemblerait curieusement à un jeu de pouvoir ("je viendrai quand JE l'aurai décidé, ce n'est pas un marmot qui va me dicter ma vie").
Cela signifie qu'à certains moments, et de plus en plus, je me permettrai de le faire attendre pour satisfaire d'abord un autre besoin. 
 Je terminerai ma phrase avant de lui répondre, je terminerai une discussion avec ma voisine de banc avant d'aller le pousser sur la balançoire, je prendrai ma douche avant de lui lire une histoire, je finirai de lire ma page avant de me jeter sur le tapis pour une partie de ce qu'il voudra.

De la même manière : il a besoin d'apprendre à dormir.
Je dois toujours un billet sur le sommeil, mais pour moi les deux parties ont besoin de dormir. 
Certes, dans les premiers temps notamment, des besoins de l'enfant peuvent venir limiter le sommeil nocturne desdites deux parties: manger, être changé, être câliné. Mais un autre besoin de l'enfant est de pouvoir se sentir en sécurité dans son sommeil; et à mes yeux un besoin à moyen terme est de se sentir autonome dans son sommeil, de percevoir son lit comme un lieu rassurant.
En ce qui me concerne, c'est l'importance que j'accordais à ce besoin de sécurité à moyen terme qui a fait que j'ai préféré sacrifier d'autres choses (mon planning de la journée, ma liberté d'action : entre poussette et écharpe, c'est pourtant facile d'emmener un nourrisson partout) pour permettre à mes tout jeunes nourrissons de dormir autant que possible dans leur berceau en journée durant leurs premières semaines de vie.
Mon objectif était qu'ils puissent au maximum se familiariser avec et qu'ils s'y sentent ensuite en sécurité pour quelque chose d'un peu plus angoissant : le sommeil de nuit.
Ces quelques lignes ne se veulent PAS une condamnation du cododo. Mais doivent plutôt venir souligner que si le besoin du parent est autre / d'y mettre un terme, ce n'est pas forcément contradictoire avec les besoins de son enfant... et notamment ses besoins d'apprentissage et de prise de confiance.
Par ailleurs je ne pense pas qu'on puisse clamer avoir trouvé ZE manière, seule bonne, seule acceptable, pour accompagner son enfant vers l'autonomie vers le sommeil...ne serait-ce que parce que ces sales mioches se mêlent de ne pas tous fonctionner exactement pareil!! Les affreux. C'est un complot j'vous dis.

Ce besoin d'autonomie se retrouve partout,  et on retrouve la phrase célèbre de Haïm Ginott:
"l'amour d'un parent se mesure à ce qu'il est prêt à ne pas faire pour son enfant".
Habiller mon enfant, lui débarrasser ses affaires, lui gérer son linge... C'est l'aider, c'est se donner, mais en fait ?
Est-ce que je ne l'aiderais pas davantage en acceptant de ne pas me sentir utile directement, mais en lui donnant l'occasion de développer ses compétences, de les mettre à l'épreuve, de renforcer sa confiance dans ses capacités à s'assumer lui-même ?
On retrouve là le dicton sur donner un poisson, ou apprendre à pêcher...


4. Il a également besoin d'apprendre à vivre en société

c'est-à-dire
  • apprendre à prendre en compte autrui, ainsi que les limites d'autrui
  • et apprendre à signifier à autrui ses limites à lui.
Et là-dessus, le premier autrui auquel il se confronte, qui est-ce, si ce n'est nous, ses parents?

Quand je faisais mes premiers pas en parentalité positive, que je cherchais mon chemin, et tâtonnais un peu partout, j'avais été un peu décontenancée par certains arguments rencontrés. Ceux-ci disaient que point n'était besoin, pour le parent, de rajouter des limites à l'enfant, il en rencontrerait suffisamment dans le vaste monde. 
Une argumentation que j'entends tout à fait, elle prend en quelque sort le contrepied de l'argument que j'adooore "ah ben autant qu'il soit confronté à la violence tôt, le monde est violent dehors." (on peut remplacer violence par injustice ou d'autres chouettes réalités).
  • J'ai trouvé l'argument intéressant. J'ai piétiné mes limites.
  • Puis, démoralisée, je me suis dit que l'argument était débile. J'ai posé des limites et cherché à les faire respecter tant bien que mal. Plutôt mal que bien, du reste.
Et puis chemin faisant, peu à peu a émergé chez moi l'idée que l'argument était juste, mais qu'en fait... il fallait l'appliquer dans les deux sens :

point n'est besoin de rajouter artificiellement des limites à l'enfant,
mais
il ne faut pas non plus en ôter qui existent.
Et celles qui existent, qu'on peut être tenté de nier, ce sont justement elles : nos limites à nous, parents.

J'en suis donc arrivée à la conclusion que je n'avais pas à poser de limites "comme ça". 
J'avais à exprimer et tâcher de faire respecter MES limites (ou me faire l'interprète des limites des autres / de la société, en mode "quand on crie dans le train, cela fait mal aux oreilles des autres passagers").
Que par ce biais, je répondais bien mieux au double besoin mentionné en début de paragraphe
  • apprendre à prendre en compte autrui : je commence par lui apprendre à prendre en compte mes limites à moi, qu'il a à disposition quotidiennement pour s'entraîner
  • apprendre à signifier ses limites à autrui... comme tout enfant apprend : je lui mets sous le nez un modèle à imiter.
J'ai fini par développer la conviction suivante : 
il n'y a pas de meilleure manière pour lui d'apprendre à signifier ses limites d'une manière constructive, que de me voir le faire au quotidien, notamment vis-à-vis de lui.
(Mais pas que, du reste : tenez d'ailleurs, il y a quelques jours un déménageur venu faire un devis a été témoin de la dernière agression de ma voisine chérie. Il a été estomaqué et m'a dit  "je ne sais pas comment vous faites pour rester aussi calme". Sur le coup j'ai bredouillé un truc vague, mais après coup, j'ai réalisé que le fait que ces altercations aient lieu sous les yeux de mes enfants joue probablement un rôle important : j'en tire une sacrée motivation à rester à la fois ferme et constructive, car je ne veux pas que mon attitude leur délivre un message qui soit "devant l'agression, on s'aplatit", et pas non plus "si désaccord, agresse!".)

Et j'ai également admis qu'il serait risqué d'attendre que mon enfant soit confronté, par la société extérieure, à des limites, en comptant que cette confrontation brute suffirait pour lui enseigner qu'autrui avait une limite, et de quelle manière la signifier... : 
  • déjà que moi, la mère, malgré tout l'amour que je porte à mon enfant et tous les réflexes que j'essaie d'acquérir, il m'est parfois difficile (c'est peu dire) de lui exprimer mes limites de manière constructive et non-violente, 
  • je ne vois pas comment le reste de la société, qui n'a pas ce même amour pour mon enfant, ni forcément les mêmes principes de communication, pourrait faire cela correctement. Ni avec la même progressivité. Ça m'inquiète plutôt, même.
A moi, donc, d'être le premier professeur de mon enfant, sur ce point aussi.


Besoin d'apprendre l'autonomie, besoin d'apprendre à vivre en société... Il existe encore une 3ème grande catégorie de besoin, qui est capitale, et que je n'ai découverte qu'avec Jane Nelsen:

5. L'enfant a besoin d'appartenir au collectif, il a besoin de se sentir utile.

Lui exprimer mes limites, mes besoins,  ne pas tout lui donner, c'est lui donner quelque chose de très précieux : l'occasion de se sentir utile, de voir la manière dont il peut contribuer au collectif (dont moi parent je fais partie. Le premier collectif, c'est la famille). Je ne suis pas une réalité inamovible, intouchable, sur lequel son comportement n'a aucune prise. Il peut faire des choses pour moi. Il a ce pouvoir!
Inversement, ne pas lui exprimer mes limites, me sacrifier en permanence, piétiner allègrement mes besoins, c'est lui livrer une toute autre image de lui-même que cette image de quelqu'un d'utile et bénéfique au collectif...
Et ici je vais citer Haïm Ginott tel que ses paroles sont rapportées dans "Parents Épanouis, Enfants Épanouis" (le fameux chapitre 11), et à tour de bras...
 "Le plaisir d'un enfant ne devrait pas se prendre au prix de la souffrance d'un des parents. Le prix à payer est trop important pour tout le monde. Les parents paient de leur santé et de leur bonne intention, et l'enfant paie d'une autre façon."
"Quand nos enfants nous voient souffrir pour eux, ils se sentent automatiquement responsables. Notre souffrance leur apporte peur et culpabilité."
"Et savez-vous quelle émotion on ressent, à la fin de compte, envers les gens qui nous font sentir coupables ? C'est de la haine. En permettant la culpabilité, on invite la haine."

C'est fort, n'est-ce pas ?
Cela ne veut pas dire "ne plus rien faire pour mon enfant à moins d'en crever d'envie"...  mais là encore, je citerai Haïm Ginott :
"on peut se montrer un peu plus gentil qu'on se sent, mais pas beaucoup plus".

6. L'enfant a donc besoin que nous nous donnions... mais avec discernement.

Concrètement, cela signifie peut-être, me montrer un peu plus prudente : vais-je en vouloir à mon enfant ? Quel prix va-t-il payer pour ce "don"?

Or fondamentalement, même si je suis prête à donner, j'identifie deux grands risques d'en vouloir à mon enfant

- quand j'estime qu'il devrait être capable de se comporter autrement. 
Humm, ça, cela me fait facilement grincer des dents.

Ceci dit c'est un terrain glissant ! Mais ô combien intéressant et exigeant.
Car en fait cela suppose de

  • se documenter sur les capacités d'un enfant, son développement, d'une part, 
Car bien entendu, si je pars du principe qu'un enfant de 1 mois DOIT être capable de faire ses nuits, un enfant de 2 ans de ranger systématiquement derrière lui, et un de 3 ans de m'exprimer son mécontentement par des alexandrins, y a de petits risques d'incompréhensions...
Plus sérieusement: je suis très, très heureuse de vivre au 21ème siècle où l'on peut avoir accès à des connaissances (et non des idéologies) concernant l'enfant, cela me permet de donner avec beaucoup plus de sérénité.
En effet, par exemple, mes lectures m'ont sensibilisée au besoin, pour l'enfant, de la répétition pour apprendre, et sur le fait qu'un schéma d'apprentissage comporte nécessairement des phases de régression. J'accepte donc mieux les erreurs, et de réexpliquer, plutôt que de m'énerver et lui en vouloir parce que "il DEVRAIT savoir faire comme il faut ! Je lui ai montré 100 fois / hier encore il l'a fait correctement".

Inversement, quand je me suis intéressée à Montessori j'ai découvert qu'un enfant pouvait déjà être impliqué très tôt dans le nettoyage et le rangement de son environnement. Sans cette découverte je n'aurais pas encouragé F. de la même manière, ni ne l'aurait mis en situation de développer cette compétence.

  • et, d'autre part, passer du temps avec lui à 
    • 1. l'observer pour savoir à quel stade LUI est, indépendamment des "standards", 
    • 2. "enseigner" à la Jane Nelsen, pour améliorer lesdites capacités.
Par exemple, depuis des mois je mets un point d'honneur à ne plus tirer la chasse derrière F. une fois que je lui ai essuyé les fesses (enfin, ça m'échappe parfois, hein! Mais j'évite). Je lui rappelle de le faire (en mode F&M: description de problème, question de curiosité, un seul mot,... les moyens ne manquent pas et tout y passe) et je m'abstiens également de frotter les WC si il reste des traces. Je me contente de décrire le problème, et je le regarde pendant qu'il met un siècle à nettoyer ce que j'aurais réglé en deux secondes.
Mais ce don (car c'en est un! J'ai d'autres chats à fouetter, moi) est judicieusement placé : il rend F. plus capable, l'intègre davantage dans la communauté de vie qu'est notre famille, ne lui donne pas une image des autres comme étant là pour nettoyer derrière lui, et ne me donne pas cette impression, à moi.
Bref, je vois bien qu'en gardant à l'esprit que je comble ainsi un besoin d'apprentissage chez mon enfant, il m'est bien plus facile de ne pas lui en vouloir des efforts que je fais pour lui. Alors que si je devais à chaque fois me coltiner de belles traces de freinage, je crois que tôt ou tard, le ressentiment s'installerait.

- quand j'ai donné au mauvais endroit, donc en pure perte. Je n'ai pas donné, j'ai perdu.
En effet,  nos enfants auront toujours laaargement assez de vrais besoins pour qu'être parent ne soit pas une sinécure, mais un don. Alors autant ne pas s'épuiser à répondre à des désirs confondus avec des besoins. Quelle frustration sinon ! et on bascule vite dans des  ressentis / accusations d'ingratitude.

2 exemples chez moi.

Sortir le soir constitue souvent un cas de conscience pour les jeunes parents. En ce qui me concerne, je suis partie des postulats suivants.
  • l'enfant a besoin de la présence d'une figure d'attachement notamment les premiers mois de sa vie : 
    • néanmoins, ce besoin peut-être comblé de plusieurs manières : lui donner d'autres figures d'attachement, le prendre avec nous (pour un dîner, au resto ou chez les potes; mais j'ai même une bonne copine qui m'avait soufflée en me disant qu'elle était allée avec son nouveau-né au cinéma, en écharpe.) ; 
    • si allaitement, cela peut compliquer. Mais j'avais la chance qu'ils ont fait très tôt leurs nuits, donc une fois la tétée de 20h passée, j'étais tranquille; par ailleurs je me suis toujours très bien entendue avec mon tire-lait.
  • Ensuite il a envie que nous restions avec lui, mais non plus besoin.
  • Or, outre notre envie à nous de passer du temps en couple, et le besoin de notre couple de moments d'intimité à intervalles pas trop éloignés pour subsister,  j'estime que pouvoir compter sur un couple parental solide constitue également un besoin de l'enfant, celà lui apporte sécurité et stabilité. 
    • Comme de nombreux besoins, il ne s'agit pas d'un besoin vital au sens premier du terme: beaucoup d'enfants grandissent sans un couple parental solide, de même que beaucoup d'enfants grandissent avec une déficience dans l'un ou l'autre de leurs autres besoins, car les circonstances ne le permettent pas. Quand on ne peut pas, on ne peut pas... 
    • Je pars néanmoins du principe que travailler à la solidité de notre couple n'est pas un besoin égoïste, puisque cette solidité bénéficie à notre enfant. Ensuite, il y a manière et manière de faire: 
      • personnellement, je ne me verrais pas me barrer 3 semaines en amoureux 1 mois après l'accouchement, au motif que nous aurions besoin de nous retrouver... 
      • mais notre besoin de nous retrouver peut, selon les moments, être comblé au moins en partie, par des moments en amoureux à la maison, puis des moments en amoureux à l'extérieur.
A ce sujet, j'ai noté aussi une évolution dans mon cheminement : j'ai eu du mal à laisser F., notamment le premier soir où nous sommes sortis, beaucoup moins à laisser E. . Je la sentais mieux attachée (circonstances de naissance trèèès différentes, gestion des pleurs différente également), mais aussi : je la laissais avec un repère stable : F..
Aujourd'hui encore, du reste, je préfère laisser les deux ensemble que séparément, pour cette raison également.

Mais en réfléchissant à la question du besoin derrière la demande, un autre exemple m'est venu, issu de mes propres souvenirs d'enfance : à l'âge de 11 ans, j'ai demandé à faire du piano.
J'étais la première de la fratrie à demander à jouer d'un instrument de musique (nous ne tiendrons pas compte de la fameuse flûte à bec du collège, que du reste à l'époque aucun de nous ne pratiquait puisque nous habitions en Allemagne, loin de tout collège français), et mes parents ont longuement réfléchi. Ils m'ont demandé de réfléchir, m'ont sensibilisée au fait que cela avait un coût important au moment où leurs moyens financiers diminuaient et où la famille venait encore de s'agrandir.  J'ai insisté, persévéré dans ma demande, ils ont accepté.
Mais... qu'y avait-il au fond derrière cette demande?
Il y avait beaucoup de choses, et notamment
  • le souci de la n°3 d'une grande fratrie de se différencier un peu de ses frères et sœurs, 
  • une conception un peu romantique de la musique (eh, oh, le nombre de princesses qui séduisent leur prince en s'égosillant dans la forêt par leurs talents musicaux)
  • le fait que j'aimais (et j'aime toujours beaucoup) particulièrement écouter du piano (je n'avais pas de lecteur CD à moi...)
  • ...
La somme investie dans la réponse à ma demande fut-elle judicieusement placée, ou aurait-on pu trouver d'autres moyens plus adaptés ?
Je n'ai d'ailleurs fait du piano que durant 3 ans, ayant assez vite perdu mon intérêt... notamment à partir du moment où ma sœur cadette s'y est mise elle aussi, et a, par dessus le marché, rapidement démontré des capacités supérieures aux miennes. Et j'ai arrêté avec une certaine culpabilité.

Moralité, me voici doublement prudente face à un besoin de mon enfant: la demande que j'entends constitue-t-elle bien le besoin? Ou dois-je me garder d'y répondre en l'état, et réfléchir au besoin qui se cache derrière, et qui peut d'ailleurs être plus compliqué à combler que la demande initiale ?
Ce qui aurait été probablement le cas de cette demande de piano, et qui est également le cas dans l'exemple pris par Haim Ginott dans ce fameux chapitre 11 de "Parents Épanouis...": celui d'un garçon qui demande un chien... quand il a besoin d'un ami.

Bien entendu, tous ces points ne signifient pas qu'il n'y aucun risque de devenir un parent égoïste...

Ceci dit j'ai remarqué que les points suivants m'aidaient également  dans mon discernement

- me poser la question : Qu'est ce que ça apporte vs. qu'est ce que ça ôte?
Par exemple  : habiller mon enfant de 4 ans une fois de temps en temps le matin, ça lui apporte avant tout des câlins dont il peut avoir fort besoin ce matin-là. Mais si c'est systématique, ça lui ôte de l'autonomie...
Je l'ai entendue plus d'une fois dans la bouche de F., cette fameuse question "pourquoi c'est toi qui fais ?". Généralement, elle ne m'est pas posée dans le premier cas de figure...
- creuser l'origine de mes propres besoins /  attentes  /  émotions.
Cette situation qui m'use, de quoi est-elle faite ? En détricotant, parfois je m'aperçois que je mésinterprète, non seulement les besoins de mon enfant, mais peut-être aussi les miens, voire que je mélange allègrement les deux.
ZE exemple pourri mais vécu : mon enfant a-t-il absolument besoin de moi ce soir, ou ai-je plutôt le souci d'éviter un moment à deux avec un conjoint avec lequel les relations sont plus tendues? Joker.

- évaluer les moyens à ma disposition pour faire respecter ma limite.
Lesquels sont en accord avec mes convictions profondes, mes vrais objectifs concernant ma vie et l'éducation de mes enfants? Cela suppose
  • de consacrer du temps à enrichir ma caisse à outils éducative : parce que dire "j'ai pas moyen de" peut être une réponse un peu rapide... ou tout simplement provisoire: parfois le moyen existe, il attend juste d'être découvert, au hasard d'un échange, d'une lecture, d'une observation.
  • et de consacrer du temps à passer en revue ladite caisse à outils afin d'identifier ce qui serait susceptible d'aider mon enfant et moi-même à sortir d'une situation difficile. (la fameuse pause éducation de Coralie!)
Si pour faire respecter un de mes besoins je me retrouve à me détourner de ces objectifs, c'est un signal d'alarme.
  • Soit c'est que je suis déjà carrément dans le rouge concernant mon besoin, ce qui me fait perdre en capacité d'enseignement, disponibilité d'esprit, recul, etc
  • soit c'est que à ce stade, le besoin de mon enfant qui est en conflit avec le mien est encore tellement important pour lui qu'il n'existe pas de "bonne manière" de l'amener à s'en détacher au moins un peu, et c'est à moi de patienter, trouver une autre voie. 
Et ça peut être les deux à la fois, sinon c'est pas drôle...


Bref, identifier ses besoins, reconnaître ses limites, ne pas les piétiner, mais les communiquer à son enfant à mesure qu'il est capable d'apprendre à les prendre en compte, et cela avec progressivité et ménagements... c'est au fond un sacré projet !
Et en ce qui me concerne, je ne vis pas duuuuu tout cela comme la voie de la facilité  [soupir].


Voici pour le versant "séculier" de ma réflexion sur ce passionnant sujet... je la terminerai avec un volet traitant plus précisément de l'aspect spirituel.

24 commentaires:

  1. Et le pire dans tout ça, c'est que c'est à recommencer pour chaque enfant... ils n'ont pas tous les mêmes besoins aux mêmes ages, les mêmes capacités d'apprentissage (pour la séparation, le sommeil) et nos propres besoins/capacités d'éducation changent aussi.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. yep ! vraaaaiment pas la voie de la facilité!
      (et nos vacances tranquilles aux seychelles alors, on se les fait quand ;-) ?)

      Supprimer
    2. j'ai pensé TRES FORT à cet article hier soir, impossible de coucher S, à 23h il était en train de faire le zouave sur notre lit pendant que je lisais (et que j'étais fatiguée)....

      Supprimer
    3. Hmmmmmmmmm...
      Une solution alternative que je n'ai pas mentionnée est de penser aussi TRÈS FORT à des représailles lointaines : ses années d'adolescence durant lesquelles tu viendras le réveiller AUX AURORES les matins de weekend.
      (Comment ? C'est pas plus simple à gérer à l'adolescence ? chuuuuuttttt)

      Supprimer
  2. Encore très juste ce billet ! (Même si je suis biiiien plus bohème que toi concernant l'allaitement et le sommeil !)
    La remarque de Clotilde (très réaliste) m'amène à peut-être te couper l'herbe sous les pieds pour le prochain billet... Jean-Paul II disait que la paternite et la maternité responsable était d'avoir le nombre d'enfants qu'on est capable de bien les élever. Là nos limites personnelles (et conjuguales) sont très importantes à discerner.
    Servane

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. haha concernant l'allaitement et le sommeil... Pour le coup c'est un exemple typique de ce qu'écrit clotilde: la situation a fait que !
      F. et moi n'arrivions tout bonnement pas à cododoter, ça le gênait, ça me gênait, on dormait beaucoup mieux séparés... et j'en ai vu les avantages pour son apprentissage du sommeil. Du coup je m'en suis inspirée pour E., tout en m'adaptant : avec elle, nous arrivions à dormir ensemble, donc, si elle commençait toujours ses nuits dans son berceau, elle les finissait avec nous régulièrement, si (puisque) besoin était.
      Idem l'allaitement : j'ai allaité assez longtemps, mais avec leur rythme à 3 tétées par jour, ça ne tirait pas trop sur mes limites ;-)

      Excellente remarque concernant la paternité responsable ! C'était un point que je n'avais pas inclus dans ma réflexion, et que je vais probablement rajouter dans ma troisième partie... reste à voir comment je vais structurer celle-ci, pour le moment elle n'a ni queue ni tête.

      Supprimer
  3. Pour avoir vécu dans quatre continents, je me rend compte à quel point ces limites ne nous appartiennent pas. Dans certains pays d'Asie, il est inimaginable de laisser un enfant pleurer seul dans son lit. De même aux USA, il est impensable de gronder son enfant. Si l'enfant fait une colère au parc, il faut attendre patiemment qu'il se calme, en gardant le sourire.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah mais tout à fait ! Nos limites nous sont aussi transmises... on peut les remettre en cause, mais pas tout...
      J'avoue qu'en revanche la pression sociale obligeant à garder le sourire, ça me fait frémir. Si il y a bien quelque chose qui m'a marquée chez Haim Ginott, c'est le droit du parent, au même titre que l'enfant, à ses émotions. Comme l'enfant, il est prié d'apprendre à les exprimer de manière acceptable, mais sourire quand tu bous, c'est autre chose.

      Supprimer
  4. Très bel article. Je m'y retrouve car j'ai eu parfois l'impression de disparaître derrière les besoins de mes enfants (dont un atypique donc très compliqué et demandant du temps ) et la culpabilité de poser des limites engendrée par un refus qui peut être parfois purement protestataire. Prendre du recul et analyser prend aussi du temps donc merci pour cet article complet.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Ludivine. Oui trouver la juste place n'est pas facile, entre un bout de la société qui nous dira qu'il faut nous IMPOSER, et un autre bout qui souligne tellement les besoins des enfants qu'il en oublie les besoins des parents. Une partie du livre "Parents Epanouis" s'intitule du reste "les parents sont des personnes", une vérité si simple qu'on l'oublie parfois!

      Supprimer
  5. Que c'est compliqué ! je rencontre des difficultés sur plusieurs points.

    - d'abord le moment calme pendant lequel la petite soeur fait la sieste. C'est un moment où je me dis qu'il faut que j'en profite pour passer du temps à faire quelque chose juste avec le grand frère (qui est extrêmement demandeur). Sauf que c'est un moment où j'ai un coup de pompe et où du coup je me force à faire quelque chose avec lui. Je lui explique parfois que j'ai besoin de dormir un peu et que je ferai quelque chose avec lui après. Seulement du coup je me trouve frustrée car je n'ai pas de moment pour moi (à part dormir un peu)avant le réveil de la petite soeur. Et si je fais quelque chose pour moi je culpabilise de n'avoir pas passer du temps qu'avec lui.
    En fait je me rends compte que j'ai rarement du temps pour moi (sauf au boulot), je n'arrive pas vraiment à trouver un équilibre.

    - les couchers... 5 ans et demi que c'est la galère. Allaitement long, cododo... je pensais qu'en répondant ainsi à ses besoins ça se ferait tout seul... Que nenni ! Il est très anxieux. Pendant une séance de résolution de conflit, il a exprimé sa peur des cauchemars, sa peur de rester tout seul et le fait que personne ne s'occupait de lui quand il était seul. On a essayé de trouver ensemble des choses qui pourraient le rassurer. Mais c'est toujours la galère... je pense qu'une part de son anxiété vient du fait que je n'arrive pas à trouver un équilibre et que du coup je suis moi-même anxieuse. Je suis aussi très hésitante : je ne sais jamais si ce que je tente de faire est la bonne solution ! Et je me retrouve déprimée car ce que je tente de mettre en place ne fonctionne pas. Sans parler des tensions avec le papa qui ne prend absolument pas part aux solutions bienveillantes que j'essaye de trouver et pour qui mes "méthodes ne fonctionnent pas" (ce qui me décourage atrocement). et qui voudrait donc appliquer ses "méthodes" à lui plus classiques... Je pense aussi qu'une partie du problème vient du fait, à mon sens, qu'il ne passe pas assez de temps avec son papa. Mais je ne peux pas forcer le papa à passer du temps avec son fils ! Du coup je me sens impuissante sur ce point...


    RépondreSupprimer
  6. oh là là, mon commentaire était trop long !! Voici la suite...

    - le rangement !! tout lui parait insurmontable, même ramasser quelque chose qu'il a fait tomber. Si j'insiste (après avoir épuisé mon stock d'habiletés), il s'en va en courant... Je fais quoi ? je le poursuis et le ramène de force ??? quand cela me met fortement en colère, cela arrive. Mais comme je n'aime pas ça, du coup c'est souvent moi qui fait. Ce que le papa trouve intolérable et qui du coup introduit un max de tensions. Il y a quand même un peu de progrès. Notamment le soir où j'ai instauré une séance de 5 minutes de rangement tous ensemble et où il participe. j'ai aussi commandé des sabliers car j'ai vu que c'était assez efficace chez son cousin. Un des problèmes, toujours à mon sens c'est que le papa n'est pas d'accord avec mes "méthodes", du coup tous les petits progrès que malgrè tout je vois, sont de suite balayés par ses réactions agressives et frontales. Je ne veux pas faire porter le chapeau au papa (qui en plus vit ces situations de conflits assez mal) mais je pense que nos désaccords perpetuels n'arrangent pas les choses. Ainsi que mes difficultés personnelles.

    Bref, je suis désolée du roman, et en plus ça déborde du cadre de l'article... Je suis assez triste et désemparée de ces situations. Je vois sa grande sensibilité et je pense qu'il a besoin de beaucoup de soutient et aussi qu'on lui fasse confiance mais je ne vois pas comment nous pouvons l'aider en étant perpétuellement en conflit le concernant son papa et moi.
    En fait, en écrivant tout ça, je comprends de façon plus évidente d'où peuvent venir ses réactions violentes : les tensions entre son papa et moi et le fait que je ne suis pas bien dans mes baskets. J'ai commencé un travail sur moi, on verra bien.
    Je n'arrive à parler de ses difficultés à personne (même à ma psy pour le moment !), du coup je crois que je me suis jetée dans cet espace que tu nous offres ;) et que mon commentaire est totalement hors sujet...

    Merci à toi !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonsoir et bienvenue ici
      Je suis contente que ce billet serve: si il permet déjà de commencer à regarder en face ses propres besoins sans les nier / se forcer à prétendre qu'ils n'ont pas grande importance car "l'important c'est les enfants" c'est déjà chouette !
      Donc voilà, ton commentaire n'est pas un "hors sujet" ;-)
      Ensuite, sujet par sujet...

      - temps calme / sieste: je comprends ton envie d'un moment à toi en plus d'un moment où tu récupères du sommeil : si les couchers sont difficiles ce n'est pas le soir que tu peux profiter de tels moments, pourtant vitaux !
      Je n'ai toujours pas eu le temps d'écrire le billet projeté sur le "temps dédié " à la Jane Nelsen chez nous mais si tu veux tu peux aller regarder ce que j'ai écrit de théorie sur le sujet dans mes 3 billets Jane Nelsen et compléter en allant regarder sur le blog des 6doigts de la main (dans ma blogroll à droite) = que dirais-tu de systématiser un tel moment ailleurs dans la journée. Que ton fils puisse compter sur ce rdv a un autre moment ? Alors oui il y a la petite soeur: je ne sais pas quel âge elle a et je sais que l'usage du parc est facilement honni (y a aussi un billet là dessus quelque part dans le blog) mais à mes yeux c'est typiquement un objectif qui justifie largement 1/4h quotidien de parc... (ou de la laisser éveillée dans son lit si elle accepte, le matin ou après une autre plage dodo)

      - le rangement : hum je pense que tu es sur la bonne voie. Là aussi je veux venir en parler depuis longtemps mais chez nous les progrès faits sur ce point reposent en grande partie sur la mise en place d'une routine à ce sujet et à laquelle je ne me permets aucune exception. Meme si je suis fatiguée et que j'aimerais m'en dispenser "pour une fois" je m'y colle pour que le repère ne perde rien de sa force pour F.
      Ma suggestion complémentaire sera d'avoir recours aux enchaînements logiques quand c'est possible : c'est une fois que la cuisine est nettoyée qu'on peut faire des choses intéressantes du style raconter une histoire. Ça a pris du temps les toutes premières fois, et de la patience car point besoin de se laisser emporter dans de longs argumentaires, c'est l'inertie qui compte... mais ensuite F à compris que les choses se font dans un ordre et que on nettoie avant de passer à la suite

      Supprimer
    2. - coucher : aie aie
      Et du coup
      - le papa : ouille ouille

      Je crois que tu as bien mis le doigt dessus : c'est probablement là que le bat blesse.
      La parentalité positive c'est déjà bien fatigant, devoir intégrer une telle masse de comportements "inhabituels" demande une dose d'énergie phénoménale et celle-ci manque quand on l'emploie à ramer à contre-courant de son coéquipier.
      5 ans et quelques de couchers difficiles... peut-être Auriez vous déjà besoin de vous retrouver en tant que couple avant de parler de votre vie de Parents? Serait-il envisageable d'aller vers le papa avec ce projet là "j'ai envie de passer du temps à deux avec toi à rigoler nous détendre nous retrouver, quelles stratégies pouvons-nous mettre en place dans nos circonstances actuelles?"

      Et ensuite: revoir avec lui ses ambitions de papa. C'est quoi pour lui les objectifs d'une éducation ? Chez nous, nous avons eu la chance que Monsieur Bout a lui meme expérimenté que ce qui avait fait de lui un enfant sage le desservait terriblement en tant qu'adulte. C'est en partant de ses difficultés d'adulte et en mettant le doigt sur les aspects de son enfance qui en étaient à la racine qu'il a pu commencer à prendre de la distance avec les dogmes éducatifs traditionnels et réaliser, comme le dit haim ginott, que parfois il y a contradiction entre les méthodes qui produisent un enfant sage et celles qui produisent un adulte responsable et bien dans ses pompes. Une piste envisageable chez vous ?

      Le chemin est difficile mais honnêtement c'est quand même la force de notre 21eme siècle : y'a des moyens pour ne pas marcher toute seule.
      Alors je te dis à bientôt, n'hésite pas, nous sommes tous dans le même bateau

      Supprimer
  7. Merci beaucoup pour ta réponse !
    Pour le papa j'ai le sentiment qu'il fait quand même un petit blocage sur cette réflexion de parentalité. Ce qui est important pour lui c'est que nos enfants soient "bien élevés" et s'il est parfois d'accord avec moi en théorie, c'est cette peur que ce ne soit pas le cas qui domine. J'ai l'impression que c'est difficile d'en discuter et qu'il y a beaucoup de tabous... et puis je ne peux pas lui passer mes livres car il fait aussi un blocage sur la lecture...
    Et justement ce qui m'émerveille à la lecture te tes billets c'est cette capacités que vous avez à discuter et à avancer ensemble avec ton mari !
    Merci vraiment pour ton soutient et ton aide. Et vraiment bravo pour toutes tes reflexions.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Aaaah l'envie d'enfants bien élevés... elle nous guette toujours celle là...!
      Quand nous avons quitté les beaux-parents après quelques jours passés chez eux, Monsieur a commencé le trajet en disant qu'il fallait qu'on mette plus de limites. Le regard d'autrui et en particulier des enfants pèsent très lourd et nous contamine vite / fait perdre de vue nos objectifs à nous pour les remplacer par "ce qu'ils devraient être ". Heureusement que j'avais 9h de route devant moi pour prendre du recul avec lui sur le comportement de ses parents et leurs attentes. Il a fini par conclure qu'il vaudrait mieux limiter des contacts qui nous assèchent plus qu'autre chose.

      Mais oui, ce sont des sujets compliqués à aborder et je mesure la chance que nous avons eue de vivre une première année de mariage vraiment pourrie à l'époque. Pour survivre nous avons été obligés d'apprendre à communiquer sur des sujets douloureux et cette capacité nous sert aujourd'hui car elle permet de telles conversations : nous nous sentons libres de regarder nos enfances ensemble et cela nous aide à déterminer ensuite quel genre d'enfance nous souhaitons pour nos rejetons à nous.
      Bon mais cette première année de mariage et les enseignements que nous en avons tiré, ça aussi c'est un billet que je veux écrire depuis longtemps...

      Mais cela me ramène à un point que je trouve au fond de plus en plus essentiel : en t'écrivant je réalise que ce que j'écris dans le corps du billet sur l'importance d'investir dans la solidité du couple parental s'enrichit d'une dimension supplémentaire. Plus le couple développe son intimité, plus il est capable de prendre ensemble de bonnes orientations pour ses enfants. Ça vaut le coup d'investir en restaus ou balades la main dans la main.
      Bon beaucoup de blabla je ne sais pas si tout ça te parle ! Mais déjà dans ce couple parental y a un parent qui cherche... tes enfants en ont de la chance car qui cherche, trouvera... voire contamine 😊
      Bonne soirée !

      Supprimer
  8. Oui je pense que tu as complètement raison sur l'importance d'investir dans la solidité du couple et je pense vraiment que c'est ce qui nous manque. il va falloir chercher des solutions de ce côté là ! Du coup, ton billet sur ce sujet m'intéresse :)
    Merci encore

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour !
      Je me permets de me rajouter à votre conversation, pour ajouter mon grain de sel parce que nous avons eu, nous aussi des passages vraiment difficiles qui ressemblent aux vôtres.

      Comme dit Gwen, ce qui m'a aidé et qui fait qu'aujourd'hui on souffle un peu, c'est de traiter tous les problèmes petit bout par petit bout.

      Par exemple, je me retrouvais face à des repas compliqués, des couchers difficiles, des disputes de couple et toute une longue liste de sujets d'emportement. Du coup, on a eu une bonne période de repas "coquillettes-croque-monsieur-oeufs à la coque" uniquement, tant pis pour les légumes ou l'équilibre, histoire d'avoir au moins des repas calmes. Je n'ai pas du tout insisté sur le fait que les menus changeaient et quand tout s'est apaisé, et qu'on avait oublié les repas-batailles, j'ai varié prudemment. D'avoir un problème de moins, et de se dire que la concession n'allait durer qu'un temps, cela soulage bien. Par exemple, pour les siestes, pour le moment, elles te sont nécessaires, mais cela ne veut pas dire que ce sera le cas pendant toute leur enfance ..

      Je trouve que si tu arrives déjà à faire une liste de vos difficultés, c'est énorme, et ça aide beaucoup à à aller pas à pas. Installer une routine de rangement par exemple et ne s'occuper que de cela pour le moment..

      Enfin pour le papa. Pendant un moment, je n'ai plus parlé de mes idées débordantes mais j'ai essayé de les appliquer de mon mieux. Petit à petit, certaines phrases ou façons de faire particulièrement efficaces ont fini par rentrer dans sa boîte à outils à lui aussi (demander à l'enfant de réparer sa bêtise plutôt que de le gronder longtemps et de tout réparer soit-même par exemple, mais je ne pense pas que mon mari ai la moindre idée de l'origine de cette façon de faire). Je me suis aussi aperçue que certaines habiletés pouvaient s'appliquer à nous, à notre façon de communiquer en couple : mieux dire mes sentiments, ne pas trop parler mais agir, proposer des choix, etc

      Enfin voilà pour ma petite expérience. Je vous laisse c'est la fin de la sieste des enfants ;)

      Supprimer
    2. Anonyme (;-)), tu m'encourages à l'écrire, vraiment, il commence à me brûler les doigts, c'est bon signe ;-)

      Anne laure merci pour ces compléments! je te rejoins à fond sur le fait de ne pas vouloir être partout au m$me moment (d'ailleurs j'en parle dans mon billet du jour, tiens!), et j'ai pensé à toi ce matin, quand F. enfilant ses bottes les a vidées de leur sable au milieu de l'entrée...
      J'ai réussi à adapter ma réaction et hop, il a tout géré seul et il est parti en laissant une entrée propre (enfin, aussi propre que possible dans un contexte de chaos pré-déménagement...)
      des bises!

      Supprimer
    3. Merci beaucoup Anne-Laure. Je vais suivre ces conseils et traiter une difficulté à la fois. C'est vrai que je me laisse souvent envahir par une grande angoisse paralysante face à TOUT ce que je n'arrive pas à faire... Et bravo à toi pour l'intelligence avec laquelle tu travailles tes difficultés !

      Supprimer
    4. Je crois que c'est une angoisse partagée par beaucoup... peut-être parce que de nos jours on est noyées sous un flot d'informations énorme, et donc confrontées à des tas d'injonctions alors que nos journées, elles, ne font toujours que 24h?
      Chez moi, c'est tout particulièrement du point de vue de l'IEF / activités avec les enfants que je dois souvent me rappeler que TANT PIS pour tout ce que je n'arrive pas à faire avec eux.

      Supprimer
  9. Et suspendre le temps5 septembre 2017 à 16:05

    Coucou

    WARNING: commentaire fleuve!!!

    Tellement de choses a dire sur ce billet que je n’avais pas encore pris le temps de rediger mon commentaire �� Bref, j’essaie de ne pas etre trop brouillon dans la redaction de ce message ��

    1) Apprendre a attendre : je suis tout a fait d’accord. Au fur et a mesure que ma fille grandit, je me rends compte que je ne devrais plus accourir a la seconde pour certaines choses (je pense par exemple au fait de manger sans devoir m’interrompre toutes les 5 secondes pour lui donner la becquee alors qu’elle arrive tres bien a manger seule), et donc quand je me rends compte d’une telle situation, je commence a m’adapter et du coup elle doit bien s’adapter elle aussi. Et, bien evidemment, comme toi, pas question de rentrer dans un jeu de pouvoir malsain, de la faire poireauter juste pour « montrer qui decide » !!
    2) Haha, hate de lire ton futur billet sur le sommeil ! Surtout depuis que mademoiselle est continente et que du coup la question de lit de grand se pose si j’ai bien compris ?! Sinon, moi j’avoue que j’ai bien profite et profite encore de la liberte d’action que permet l’endormissement en porte-bebe (porte-bambin maintenant) et la poussette : ma fille fait rarement ses siestes dans son lit le week-end. Je ne sais pas si c’est une bonne chose ou pas… Elle ne commence a faire ses nuits que depuis peu (elle a 22 mois), y a-t-il un lien ? A mon avis on ne le saura jamais �� Bon, en plus, jusqu’à ses 8 mois on était en cododo et depuis qu’elle dort dans sa chambre, sur un grand matelas au sol, je l’y rejoins si necessaire en cours de nuit (oui j’allaite encore ��).
    3) Aaaaah, la phrase de Haim Ginott qui me fait tiquer ! Je le trouve tres dur en fait, sur ce coup-la : quel parent n’est pas prêt a tout pour aider son enfant ? Apres, j’entends bien, et je suis d’accord : favoriser au maximum l’autonomie de l’enfant pour qu’il se sente en confiance, etc. Mais je prefere de loin la phrase tournee dans l’autre sens : ne pas aider son enfant quand il sait faire seul. Parce que bon, quand meme, l’enfant a besoin qu’on fasse des choses pour lui. Bref, peut-etre ai-je mal compris la citation ??
    4) Moi je suis 100% en phase avec la phrase « point besoin de rajouter des limites (sous entendu artificielles), il en rencontrera dans le vaste monde », et pour moi c’est loin d’etre incompatible avec les besoins et limites du parent. En effet, le parent FAIT partie du vaste monde, et donc les limites du parents ne sont pas des limites rajoutees. Du coup d’apres moi, ta conclusion est 100% en ligne avec la phrase de depart, en tout cas moi je l’avais toujours interpretee de cette manière �� Ah, et cette reflexion que certaines personnes ont concernant la violence du « vrai » monde et le fait d’y etre confronte le plus tot possible, c’est vraiment une reflexion qui me herisse !!! C’est comme si, sous pretexte qu’un jour l’enfant risque de se blesser tres fort (genre jambe cassee), on le pincait/frappait/etc. tous les jours pour qu’il s’habitue a la douleur : ca n’a pas de sens !!! Et pour moi, etre bien dans ses baskets, se sentir aime et avoir confiance en soi, ce sont les meilleures armes pour affronter cette violence du monde !
    5) Vivement le demenagement et a bas la voisine !! ��
    6) Hihi, tu m’as fait bien rire avec les capacites des enfants (exprimer son mecontentement en alexandrins !)
    7) A propos de Jane Nelsen : j’ai ENFIN fini son livre (sur les 0-3 ans), youhouuu ! Par contre, je ne sais pas toi, mais autant j’ai aime les premiers chapitres, autant quand elle commence a aborder les repas, le sommeil, etc. (desolee je n’ai plus le livre sous les yeux, je ne me rappelle plus des numeros ni des titres des chapitres) j’ai vraiment juste survole (surtout que j’ai fait du cododo tres longtemps et encore partiellement maintenant et que je ne me retrouve pas dans ce qu’elle dit).

    Bref, article mega interessant comme d’hab ! Et effectivement, la parentalite est un long cheminement, et a mon avis qui ne finit jamais vraiment ��

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Et suspendre le temps5 septembre 2017 à 16:05

      Oh zut, tous mes smileys se sont transformes en losanges noirs :s

      Supprimer
    2. Merci pour ce gros commentaire ESLT !

      2) hâte de l'écrire ce fichu billet ;-) Et excellente question sur le lit de grand. J'ai hésité, d'autant qu'elle alterne entre couches sèches ou mouillées, donc j'ai essayé une ou deux siestes sans, une nuit sans aussi, mais paf, changements de draps, et idem, un soir je l'ai couchée en dehors de son lit à barreaux...
      Elle s'est relevée, une fois, deux fois, et là j'ai réalisé qu'en soi ce n'était pas un souci, je savais (Jane Nelsen mode) éventuellement comment gérer, mais qu'en fait... ce n'était pas le bon moment pour moi, j'étais prête à la sortir du lit à barreaux si c'était en mode "les doigts dans le nez", mais je n'étais pas prête à gérer une transition pas totalement fluide. Déménagement oblige! Donc retour illico dans le lit à barreaux, et nous verrons une fois installés ;-)

      3) oui oui il ne s'agit pas de laisser son enfant patauger face à une difficulté trop grande pour lui! Mais éventuellement, de le laisser se confronter un peu à l'obstacle et arriver seul à sa solution. Je me souviens l'avoir expérimenté quand F.a commencé à utiliser son "grand véco" (= à pédales, sans petites roues): c'était compliqué à caser dans l'ascenseur! J'ai fait mine d'être très absorbée et je l'ai laissé manoeuvrer seul cette grosse bête, et y arriver. (alors que franchement, c'EST compliqué)
      Or, que de fois on vole au secours de l'enfant non pas parce qu'il ne sait pas du tout faire, mais parce que ce sera difficile, long, pour lui d'y arriver. Vois-tu la distinction ?

      4) à fond d'accord avec toi ! Mais justement, je ne sais pas si tu partages mon constat, mais dans le milieu de l'éducation positive, j'ai l'impression que parfois, le fait que les limites du parent font partie de la réalité et qu'elles ne doivent pas être gommées, est oublié.

      7) Jane Nelsen : je n'ai pas avancé d'un pouce depuis que j'ai fini le 3-6 et affectivement, je me demande si sur certains points je nne risque pas d'être en désaccord avec elle. A voir... quand ça se calmera un petit peu chez moi! (et que j'aurai fini de digérer Lawrence Cohen)

      Contente de cheminer avec toi !! ;-)

      Supprimer

Venez enrichir ce blog (et ma réflexion ainsi que celle des autres lecteurs) de vos commentaires et expériences...