PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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jeudi 10 août 2017

"Une douleur que les enfants préfèrent éviter" : Difficiles retrouvailles avec un enfant - Petit Bout de Lawrence COHEN, Qui veut jouer avec moi?

Aujourd'hui, je vous livre un deuxième petit bout de l'excellent "Qui veut jouer avec moi".
Là encore, cela m'a permis de considérer certaines expériences déjà vécues sous un nouvel angle.

La citation du jour est donc:
"Rétablir le contact peut donc s'avérer émotionnellement très douloureux, une douleur que les enfants préfèrent éviter."

Issue du paragraphe suivant :
Lawrence COHEN, "Qui veut jouer avec moi ? - Jouer pour mieux communiquer avec nos enfants", p99.
Nous avons tous vécu ces moments d'absence loin de notre enfant où notre retour est salué tièdement, et nos propositions d'interaction snobées : un peu déroutant! 
On s'attendrait à avoir manqué à son enfant, mais, au lieu de nous sauter dessus avec des cris de joie et de profiter de notre présence, celui-ci s'occupe seul ou privilégie le parent qui s'est occupé de lui toute la journée. 
C'est 
  • parfois vexant : et mon comité d'accueil saluant le retour du guerrier, hein !?
  • parfois aussi confortable : quand on est crevé et pas forcément super motivé pour faire autre chose que s'affaler sur une chaise et laisser l'autre parent gérer le coucher "puisque l'enfant y tient".
En tous cas, j'ai de nombreux exemples en tête chez nous, et dans les deux sens. Ainsi, notamment durant la période de Papazofoyer de Monsieur Bout, mais aussi, auparavant, durant le début de grossesse de E. : épuisée, je m'occupais peu de F., et moins je m'occupais de lui, plus il privilégiait les soins de son père. Et je n'ai pas forcément souhaité me tracasser davantage avec cela.

Ce nouvel éclairage m'amène à reconsidérer ces épisodes : c'est une chose de se dire que l'enfant ne recherche pas notre contact car il n'en a au fond pas tellement manqué... C'en est une autre que de réaliser qu'en fait c'est pour éviter de regarder en face la douleur que le manque lui a causé !
C'est pourquoi Lawrence Cohen souligne qu'il est important de chercher à rétablir un lien profond avec l'enfant, en allant provoquer le contact, y compris avec insistance si l'enfant manifeste des réticences. Le jeu, les câlins, toutes choses permettant des contacts physiques, sont des vecteurs à privilégier. Il incite même à en rajouter au besoin, avec humour, en faisant de grandes déclarations d'amour, se jetant à ses pieds, etc.

Des pages autour de ce thème, je retiens trois points
  • l'autre parent, celui qui s'est occupé de l'enfant, est particulièrement bien placé pour aider à la recréation du lien, inciter l'enfant à se tourner vers le "revenant"
  • il ne faut pas non plus s'affoler quand ça se produit et qu'on n'a pas l'énergie de toujours aller recréer le lien immédiatement : si l'attachement est bon, le fait que le lien reste un peu superficiel pendant un petit bout de temps est vivable pour l'enfant. Mais il faudra quand même compter avec quelques manifestations d'émotions au moment de la reconnexion réelle.
  • selon la qualité du lien, le problème peut être un peu différent dans le cas des pères
    • on a moins tendance à s'insurger / s'inquiéter quand l'enfant réclame que ce soit sa mère qui le baigne, le fasse manger, le couche, que l'inverse: la mère aura davantage tendance à se plier à ces demandes, et le père à se résigner à cet état de fait (avec peut-être aussi un peu de soulagement, cf fatigue). 
    • Or cela peut contribuer à affaiblir durablement le lien entre le père et l'enfant. Vigilance, donc. (pour ma part je vais faire lire ce billet à Monsieur Bout pour que nous soyons tous les deux sensibilisés à cela).

Ça vous parle ?

4 commentaires:

  1. Il y a probablement une histoire de caractère aussi. Nous ne connaissons pas ce phénomène avec nos enfants...mais avec un de nos chats ! Tandis que tous nos chats nous faisaient la fête quand on rentrait de vacances, l'un d'eux "boudait" systématiquement. Il fallait le ré apprivoiser, lui montrer beaucoup d'intérêt et d'attention, limite s'excuser avant un retour à la normale.
    Dolto conseillait aux mères de ne pas se jeter sur leurs enfants à la sortie de l'école en les harassant de bisous et de questions et de ne pas les "dévorer". Elle conseillait de prendre l'enfant à l'école sans bisou, ni question et de laisser à l'enfant le temps de faire la transition école/ maison dans le calme.
    Concernant l'implication des pères, Dodson écrit que c'est aussi le rôle de la mère de s'assurer que le père ne se détourne pas de ses enfants, qu'il s'implique activement et affectivement. Je trouve ce point de vue intéressant. Bien sûr il ne s'agit pas de faire des reproches, mais de savoir déléguer au bon moment, créer des rapprochements via par exemple des activités à faire avec le papa (et qui lui plaise) etc

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    1. Marrant pour le chat.

      Tout à fait avec toi concernant le fait de ne pas sauter sur l'enfant qui rentre de l'école c'est du reste un conseil qu'on retrouve chez F&M.
      Je suppose que la nuance est plus quand c'est le parent qui a été absent du foyer et y retrouve l'enfant qui y et resté ou y est rentré depuis suffisamment longtemps pour que son temps de transition à lui dit déjà écoulé..?

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    2. Bonjour Gwen, j'ai fait sur mon blog un article sur la façon dont je gère les absences de mon mari auprès des enfants, en réponse à ton chouette article (pour éviter de faire une réponse fleuve !)

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    3. Merci Swanilda, j'ai lu et j'aime beaucoup !
      Monsieur Bout allant renouer avec les déplacements fréquents (mais heureusement jamais aussi longs que ceux de ton mari) dans son futur poste, je crois que j'irai m'inspirer chez toi pour m'aider à gérer.

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