PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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dimanche 30 avril 2017

Une Semaine en Parentalité Positive #12

"Previously, in Desperate PositiveMums..." ;-)
Douzième épisode de notre feuilleton ! 
La semaine a été plus apaisée...

Samedi:
Au dîner, F. réclame de l'eau alors que son père est occupé à servir le plat. J'avance la main vers la carafe.
"Non, pas toi. Papa."
Grumpf.
Je suis sur le point de répliquer sèchement en mode "c'est ça ou rien" quand je réalise la différence avec la situation de jeudi dernier. Je me prends la main dans le sac : je suis sur le point de provoquer un rapport de force en voulant imposer que F. accepte de l'eau de ma part, alors ce n'est pas mon problème...  : c'est à Monsieur Bout de marquer sa limite si il ne souhaite pas devoir servir à boire à son fils.
Ce qui, visiblement, ne le gêne nullement, cela impose juste à F. d'attendre quelques instants supplémentaires le temps que Monsieur ait terminé ce qu'il faisait.


Dimanche:
Venu nuitamment me demander de l'aide pour changer son pyjama mouillé, F. a laissé un haut de pyjama surnuméraire à côté de notre lit.
Au matin, je remarque celui-ci et donne un renseignement
"Le haut de pyjama propre va dans le tiroir"
F. fait au plus simple : il ramasse le haut de pyjama et le fourre... dans le tiroir de mon bureau.
Deux secondes de réflexion puis je précise mon renseignement
"Ce n'est pas un tiroir pour les vêtements, c'est un tiroir pour les papiers."
F. ressort le pyjama et trottine en direction de sa chambre.


Lundi:
En fin de matinée, nous avons abondamment profité du soleil et du calme, tous deux de retour au parc (fin des vacances scolaires ! vive l'IEF!). De ce fait, petit décalage des horaires de déjeuner, par ricochet je suis également en retard pour le coucher de la sieste. Bébounette mise au lit, c'est au tour du Bébou.
Mais F. ne l'entend pas de cette oreille, il voudrait d'abord "faire une lettre" (petites fiches effaçables où il copie les lettres qu'il connaît déjà; je n'en ai pas encore parlé dans mes articles IEF, mais ça viendra).
Je donne un renseignement 
"il est tard", 
des perspectives 
"il faut vite dormir pour pouvoir aller au parc ensuite", 
mais F. tient mordicus à cette lettre.

Sur le point de foncer tête baissée dans un conflit, je prends le recul nécessaire pour réaliser que
  • c'est une activité toute calme, propice à une transition vers le coucher; transition dont F. a peut-être bien besoin
  • c'est une activité qui prendra 5 minutes, sans réel risque de prolongation, car généralement il se contente d'une seule fiche, cela lui suffit
Que sont ces 5 minutes d'activité calme, tous les deux, face à un conflit qui prendra bien plus de temps, ne sera certainement pas calme, et ne se justifie en soi pas car nous n'avons pas de contrainte horaire fixe non plus, c'est juste que j'ai un peu hâte d'être tranquille ?
Je m'extraie donc juste à temps du jeu de pouvoir et souris :
"Bon, nous pouvons prendre 5 minutes ensemble, ça ira quand même. Quelle lettre choisis-tu ?"
5 minutes de "f" plus tard, coucher tout calme du damoiseau, repos bien mérité de sa gente mère.


Mardi:
Après la sieste, F. file réveiller E. dans la salle de classe, et commence à faire des versés de haricots rouges... mais, assez agité, en renverse rapidement la moitié avant de se rabattre sur du coloriage de planisphère
Je décris
"il y a des haricots rouges par terre"
je répète
"il y a des haricots rouges par terre"
zéro effet.
Sans trop d'espoir, j'ai recours au rappel de la règle
"avant de sortir une nouvelle activité, on range la précédente."
Sans trop d'espoir ? 
F. ramasse tous les haricots, et sort même un autre plateau de versés pour aider E. à attendre que les haricots rouges soient à nouveau disponibles.


Mercredi:
Malade, fiévreuse depuis la veille, je suis en mode économie et autoprotection. L'occasion pour moi de signifier plus clairement mes limites.
Ainsi, à un F. qui, au moment de débarrasser son couvert après le petit-déjeuner, fait mine de quitter la cuisine en courant, petit jeu qui implique que je lui courre derrière pour la ramener à la cuisine, j'annonce
"Je ne te cours pas derrière."
Il stoppe net ses pas et vient débarrasser.


Jeudi et vendredi ?
Euh, rien noté... il faut dire qu'ayant transmis mon virus à Monsieur Bout, celui-ci était cloué à la maison, et euh... et puis jeudi les enfants étaient gardés...
Bref, amnésie.


Les choses vont mieux, j'ai l'impression.
Deux remarques que je me fais
  • l'exemple du mardi en est une illustration frappante : une partie des conflits actuels proviennent du fait que, un peu découragée / blasée, je ne fais pas toujours l'effort d'utiliser les outils appris; 
    • comme si, maintenant qu'ils ont prouvé leur utilité, je leur tenais rigueur dès qu'ils faillaient à opérer immédiatement, et préférais les snober plutôt que d'avoir à en essayer plusieurs, éventuellement. 
    • Comme si je n'acceptais plus l'échec, et préférais ne pas essayer plutôt que de le risquer. 
    • Comme si j'étais flemmarde...
  • je me demande donc si le moment n'est pas venu de ressortir l'un des deux bouquins F&M et de le relire, chapitre par chapitre. Pour relancer la machine, voire aller m'encourager à utiliser ceux des outils que j'ai encore le moins maniés. Ce qui m'en a dissuadée jusqu'à présent ? J''ai toujours mon Jane Nelsen 3-6 ans sur le feu : je l'ai terminé, j'ai commencé à le relire en vue d'approfondir ma lecture et de venir vous en parler, mais en ce moment je bloque. Donc peut-être vaudrait-il mieux contourner l'obstacle, mettre Jane Nelsen de côté, et revenir m'abreuver un peu à l'eau claire et fraîche de mes chers F&M.


A voir !


3 commentaires:

  1. J'applique depuis quelques jours le " il y a ton marche pied devant l'évier" ou autre et je dois dire que ça marche plutôt bien , je suis contente​ ^^. Merci !
    J'adore tes articles une semaine en parentalité positive.

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    1. Merci de ce retour ! et j'aime bien également lire ce qui marche chez les autres ;-)

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  2. Ah, j'adore l'anecdote du samedi ! Elle renvoie à pas mal de choses chez nous : fixer chacun ses limites, pas les fixer pour l'autre, ça me parait tellement sain.. alors qu'on a déjà du mal à entendre nos propres besoins, pourquoi perdre son énergie à se projeter dans ceux de l'autre ? Je note, et je vais partager ça avec ma moitié !

    Et je vois que le lundi est dans la lignée : sortir des jeux de pouvoir qui n'en valent pas la peine. Quelle maturité Gwen ! Ca vient, ça vient, encore une fois, je me nourris..

    Enfin, oui, en ligne avec la conclusion : chaque relecture apporte un nouveau souffle, et il est parfois bon de laisser un livre de cote, plutôt que d'y aller aux forceps !

    Merci pour cette semaine, encore une fois.

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