PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

jeudi 8 août 2019

"l'entente future entre les frères et soeurs dépend ..." - Petit Bout de Daniel SIEGEL, Le Cerveau de votre Enfant

Je vous ai rapidement dit tout le bien que je pensais des 3 derniers arrivés dans ma bibliothèque "parentalité positive", voici maintenant un petit billet sur l'un des nombreux points que je retiens de ces lectures. 
Histoire de les digérer par petits bouts, comme je l'avais fait avec l'excellent mais très très (trop ?) riche Qui veut jouer avec moi ?


Les conflits frères-sœurs sont un des points qui peuvent le plus facilement désespérer des parents.
Il y a 
  • leur récurrence
  • le volume sonore qui fait souffrir nos oreilles à longueur de journée
  • la violence que nos enfants sont capables de démontrer au cours de ces moments
  • l'inquiétude que nous avons quant à ce que ça pourrait préfigurer de leurs capacités relationnelles futures, en général.
  • et la déception et l'inquiétude que nous avons quant à la qualité de leurs relations fraternelles : nous avons tous en tête cette image d'une fratrie soudée
    • nous fondons littéralement devant les gestes d'entraide et les marques d'affection que nos enfants se dispensent (Rhaaa F. qui garde un bonbon d'un anniversaire pour E. !!!), 
    • mais devenons fous quand nous les voyons se jalouser, se disputer, se faire du mal. (Rhaaa F. qui….)

Du coup, j'ai beaucoup, beaucoup aimé lire cette citation dans "le Cerveau de votre enfant" de Daniel Siegel & Tina Payne

"l'entente future entre les frères et sœurs dépend de leur degré d'amusement pendant l'enfance. Peu importe que les conflits soient fréquents, du moment qu'ils soient compensés par le jeu et le rire."


issue du paragraphe suivant :
Le cerveau de votre enfant, D. Siegel, p. 246


Effectivement, déjà, dans mes observations précédentes des relations entre le Bébou et la Bébounette, j'avais retiré un enseignement semblable. Il y avait eu des périodes avec beaucoup de conflits… mais certaines contenaient, en même temps, beaucoup de complicité, d'autres non, et je percevais bien la différence. 
Quel soulagement de lire cette confirmation !
En effet, 
  • réduire les conflits n'est pas toujours dans nos possibilités : c'est leur relation à eux, entre deux êtres libres avec leurs sentiments bien à eux
  • aider à leur résolution la plus pacifique possible est possible mais prend 
    • du temps, aussi bien sur le moment: il faut être disponible et avoir l'énergie de le faire ; que dans la durée : les fruits se voient à la looooongue 
    • et des compétences : le bouquin propose d'ailleurs pas mal de choses sur ce point mais justement...
offrir des moments de plaisir et de rires partagés est nettement plus dans nos cordes, immédiatement à notre portée !


D'où mon choix de ce premier petit bout, particulièrement adapté, je trouve, à une période de vacances.
Il ne s'agit pas de claquer une somme monstrueuse dans une super activité sensée souder la fratrie à tout jamais (au risque d'être bien déçus si l'activité tourne un peu à l'aigre ne serait-ce qu'en raison de la fatigue ou de la surexcitation - je pense par exemple aux fameuses sorties en parc d'attractions) mais plutôt de parsemer le quotidien des vacances de moments de joie commune
  • bataille de pistolets à eau contre nous, bataille d'eau dans la piscine, cache-cache, batailles de guilis, 
  • bricolage, cueillette, cuisine en commun
  • observation d'animaux divers (chhhhhhuuuuuuuutttt) en commun également
  • jeux de construction, creusage de trous et châteaux de sable, jeux de rôles (marchande et compagnie : il est à combien vôt' pâté d'sable ?)
Autant de moments qu'on peut favoriser, notamment en étant présent en filigrane, voire en s'y mêlant exprès. En effet, et notamment dans la première catégorie, vous remarquerez que l'adulte prend le rôle du méchant / incite les enfants à faire front commun contre lui : c'est lui qu'on arrose, qu'on coule, qu'on chatouille / à qui on veut échapper. On retrouve ici une dimension vue dans un petit bout de Lawrence Cohen : en s'incrustant dans ce genre de jeux et en prenant résolument le rôle de la victime, du nul, du méchant, l'adulte permet aux enfants de se retrouver tranquillement ensemble de l'autre côté…

C'est l'une des raisons qui font que je serai ravie de me retrouver en période de l'Avent. 
Les chouettes moments qui font notre calendrier de l'Avent immatériel marquent visiblement mes enfants (ils attendent déjà impatiemment son arrivée, et m'en parlent régulièrement), et je vois comment ces instants partagés contribuent à la construction de souvenirs positifs communs. Un grand hit est d'ailleurs la nuit "tous ensemble sur le tapis du salon devant la cheminée allumée", et je réfléchis à introduire des traditions similaires à d'autres moments de l'année.
Nuit sous la tente dans le jardin pour fêter l'arrivée de l'été / le début des vacances d'été par exemple ?

Bref, c'est à notre portée, mais il s'agit parfois juste d'y réfléchir un peu et de, sciemment, privilégier ce qui "marche" sur ce plan-là, au détriment de ce qui ne marche pas (si toute partie de Monopoly dégénère instantanément en pugilat, on pourra considérer qu'une partie de Monopoly ne rentre pas dans la catégorie "je favorise la complicité" mais dans la catégorie "moment à risque, pouvant servir d'apprentissage mais uniquement si je suis en forme et motivé pour cela"... et ça fera l'objet d'un autre petit bout ;-) )

Et vous, quels sont vos moyens, vos habitudes, vos rituels favorisant de beaux moments de complicité entre vos enfants, au quotidien ou de manière plus exceptionnelle ?
Je prends tooooutes les suggestions ! (et à mon avis je ne serai pas la seule …)






11 commentaires:

  1. Comme j’en suis toujours à la page 10 de mon bouquin de 900 pages, je préfère venir par ici lire ton blog lol Je suis bien d’accord avec toi, le jeu est la clé de tout :) Je dirai aussi que pour favoriser des relations « apaisées », il est indispensable de favoriser aussi des moments à deux parent-un seul enfant et en cas de conflit, juger s’il est utile d’intervenir ou pas pour soit les aider à trouver une solution ou du moins les aider à s’écouter dans le premier cas, soit leur laisser une chance de trouver une solution par eux-mêmes (et il faut dire que parfois ils nous surprennent !).

    RépondreSupprimer
  2. On peut aussi les laisser faire des « bêtises » (sous contrôle hein ! Elle est pas folle la guêpe lol). Par ex, dessiner sur les fenêtres (un jour où on veut les laver) ou mettre la maison sens dessus dessous, faire des cabanes avec le linge (un jour de grand ménage), etc, etc. Bizarrement, ils ne sont jamais aussi complices que dans ces moment-là lol

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Haha j'avoue : j'ai pouffé en lisant le début de ton premier commentaire
      Mais ouiii les bêtises ! Source inépuisable de complicité ! (pour peu qu on réussisse à ne pas réagir en "c'est qui qui a eu l'idée" auquel cas on encourageait leur belle complicité à s'évaporer dans les miasmes de la délation---métaphore lyrique du soir offerte)
      D'ailleurs tu me rappelles que c'est pour cela que nous avions au départ souhaité caler les deux mômes dans la même chambre : nous nous disions q'un peu de chahut valait bien la complicité engendrée. Ce qui fut vrai. Jusqu'à ce que cela ne le soit plus et qu'un instinct de conservation primaire nous pousse à les séparer pour sauver nos soirées, notre couple, notre santé mentale.

      Bref bref il n'empeche que c'est cool parce que
      - en te lisant je me dis que la prochaine lessive de draps je l'accompagnerai bien d'un "venez faire des cabanes dans le salon"
      - en te lisant et du coup en rerereflechissant à tout ça une autre idée m'est venue (ce qui est un des chouettes points quand on tient un blog). Une inspiration. Un coup de pouce pour mettre en place un truc qui attend depuis longtemps... Et dont je viendrai vous parler sur le blog, si je le mets vraiment en œuvre. (#suspense😁)

      Supprimer
    2. « #suspense » ... t’as déjà envisagé une carrière dans le cinéma ou le polar ? lol

      Supprimer
    3. 😇😇😇😇😇
      Bb3 (le vrai- je ne perds pas espoir) s'appellera Alfred...

      Supprimer
  3. C'est un point que l'ief peut favoriser. Ici les enfants jouent beaucoup, beaucoup ensemble même si les conflits peuvent être violents.
    On en revient à la même chose que pour le couple: vivre et partager des choses ensemble.
    Pour la proposition de raconter la journée, ce peut être lors de la prière en famille avec un temps de relecture : pour quoi voudrais tu remercier le Seigneur ? Quel bon souvenir souhaites tu partager ?

    Bises
    Servane

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Carrément pour l'ief! Je l'avais vraiment perçu et c'est un point dont je déplore la disparition😪. On avait vachement plus de temps pour faire des trucs simples-ou-pas-mais-sympas...avant.

      Supprimer
  4. Merci pour ce retour. Mes enfants se disputent assez peu et ils ont, je pense, de beaux moments de complicités surtout dans le jardin où ils s'inventent des tas d'histoires. Je pense que des balades en forêt sont aussi des moments propices à développer la complicité car les enfants e montrent mutuellement les "trésors" qu'ils ont trouvés.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah mais oui très juste ! Hum… je vais profiter de notre retour de vacances pour inclure quelques balades dans la foret d'à côté… Merci !

      Supprimer
  5. Je ne suis absolument pas proche de mon frère. Il n est même pas le parrain de ma fille et ne le sera pas pour mon fils. Pour le moment, bébé 2 n est pas encore arrivé donc on a encore quelques jours/semaines pour "souffler".
    Ce qui nous a détruit et surtout le rapport grande soeur/petit frère. Je devais montrer l exemple mais si je disais quoique ce soit, on me disait que ce n était pas mon rôle... l obligation sans pouvoir et mon frère en profitait bien avec "ses coups en douce". Avec ma fille, je ne veux pas la.mettre de côté car elle est plus grande ou debrouillarde, j ai 2 enfants que j aimerais différemment et j en ai conscience (exit le "je vous aime pareille", tout le monde est différent). On verra dans le temps ce que ça donne :D

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Aaargh oui j'imagine comment ce genre de choses a pu peser énormément sur votre relation ! C'est un des (très très nombreux) trucs que j'ai beaucoup aimés quand j'ai lu "freres et sœurs sans rivalité" : j'ai pu mettre des mots ou réanalyser tout ce qui avait pesé sur la construction des relations avec mes propres frères et sœurs; ca m'a meme permis de prendre du recul et d'améliorer certaines interactions en comprenant mieux ce qui se jouait / d'où ça sortait.
      Et effectivement ne pas chercher à "aimer pareil" c'est très libérateur pour tout le monde! bonne fin de grossesse ;-)

      Supprimer

Venez enrichir ce blog (et ma réflexion ainsi que celle des autres lecteurs) de vos commentaires et expériences...