jeudi 14 janvier 2016

Moins de présentéisme, plus de perspectives

Me voici maintenant 2 mois après mes débuts.
La stabilisation de notre situation aidant (avec le retour au taf de Monsieur Bout le spectre d'un nouveau déménagement s'éloigne), je peux réfléchir plus concrètement aux suites à donner (ou pas) à mon contrat après la fin mai.

Dans la prolongation du premier bilan dressé ici, voici donc la liste des plus et des moins de mon boulot actuel, telle que je l’ai dressée en téléphonant avec une bonne copine ce weekend : 







  • Dimension internationale : j'apprécie toujours autant. Je bosse la moitié du temps en anglais, occasionnellement en allemand, et ai parfois l'opportunité de sortir quelques mots d'italien, et avec des personnes de toutes origines
  •  Ambiance très agréable avec de chouettes collègues; et vraiment ce point me donne à penser, quand je réfléchis à peut-être m'en passer (puisque me recentrer sur des interventions dans l'enseignement supérieur impliquera de perdre cette dimension de collègues bien identifiés, avec qui on tisse une relation au quotidien....)
  • Plus largement, je perçois à présent clairement la différence de culture avec mon entreprise précédente : il rôde ici une bienveillance réelle et omniprésente.... on se dirait presque chez les Bisounours! Je n'en croyais pas mes yeux au départ, et étais plutôt sur mes gardes.... ce qui maintenant, avec le recul, me permet de réaliser à quel point je m'étais habituée à cette culture du conflit qui caractérisait l'usine où je travaillais précédemment. 
    • Là-bas, c'était un monde de cowboys, de gros bras, où tout le monde se battait pour son ranch et où l'envoi de skuds monstrueux était un sport national (quand je pense à certains mails reçus dès mes premiers jours....!)
    • Ici, c'est un monde bien élevé, posé, où l'on structure sa communication. Et pas uniquement en façade ! C'est très nouveau pour moi... et très reposant de ne pas toujours avoir à se battre ni à assurer ses arrières parce qu'on sait qu'autour de nous nombreux sont ceux qui guettent la faille. Très reposant, et ô combien plus efficace.
  • Contexte très favorable à l'une des composantes de mon job : le coaching managérial. Je me développe rapidement sur cet aspect, et apprécie d'avoir en face des managers hyper preneurs. Cela se relie au point précédent : j'ai pu tout de suite faire mon boulot car mes managers sont venus vers moi sans me « tester », sans que j’aie eu à faire de longs efforts pour gagner leur confiance
  • Mon management : pas chiant, j'ai toute l'autonomie que je souhaite, d'autant que ledit management est plus ou moins inexistant
  • Je suis plutôt bien (mieux) payée... (au téléphone ils avaient mal compris mes prétentions, quand ils ont répété en ayant l'air d'accord je n'ai pas corrigé....)




  • Le temps de trajet : une bonne demie-heure aller, idem retour. Et encore, c'est depuis que je connais les petites routes à prendre pour éviter les bouchons du retour !
  • Moins de responsabilités, j'en avais déjà parlé et cela demeure : je me retrouve à faire des choses parfois qui n’ont pas de sens, sans avoir le pouvoir pour imposer qu’il en soit autrement
  • Moins de stimulation intellectuelle, je n’apprends pas grand-chose (à part sur le point coaching managérial), à moyen terme je perdrais en compétences par rapport à ce que j’ai pu faire avant, 
  • Management plus ou moins inexistant : cela rejoint le point précédent, du coup je ne peux pas compter sur des supérieurs hiérarchiques pour me faire progresser, apprendre des choses
  • Organisation ultra-matricielle source de perte de temps
  • Ambiance très conviviale avec les collègues : oui il s'agit là d'un point négatif, jugez plutôt : il y a TOUT LE TEMPS des gâteaux, friandises qui trainent PARTOUT dans l'open space et de préférence sous mon nez. Et au moindre prétexte, un pot. Moralité, les kilos de grossesse qui me restent encore ne sont pas prêts de fondre. Alors que, durant les 10 jours de congés pris à Noël, effet « sevrage d’open-space » :  j’ai perdu 2 kg. Oui oui oui, pendant les fêtes !

Ces plus et ces moins sont autant d'éléments que je pèse et sous-pèse alors que peut-être, la possibilité de poursuivre sur un temps partiel très allégé pourrait se dessiner (ou plutôt, que je pourrais faire en sorte qu'elle se dessinât - un subjonctif, un !).

Le fait même que cette possibilité soit raisonnablement envisageable est lié à ce qui à mes yeux constitue le plus gros PLUS de ce job : pour la première fois, je fais l'expérience d'une culture à 1000 lieues du présentéisme à la française
  • en 2 mois ici je n'ai eu qu'une seule réunion positionnée après 17h, et encore, c'était pour prendre en compte 9h de décalage horaire. Quant à ladite réunion, planifiée de 17 à 18h : elle a commencé à 17h, et fini à 18h: à l'heeeeeure !!!.... oh. my. god. 
  • Bien entendu, je suis tout de même une des premières à partir, et là comme ailleurs le premier obstacle à mon équilibre, celui que je dois vaincre en priorité, c'est moi-même, ou plutôt les scrupules que je pourrais avoir. Mais au bout de deux mois de ce fonctionnement je peux dresser le constat que la seule à qui mes horaires posent du souci, c'est (parfois, quand j'ai mauvaise conscience), à moi. Je n'ai encore eu aucune remarque ou même sous-entendu dans ce sens.
  • D'autres signes vont encore dans ce sens :
    • absente les vendredis du fait de mon 80%, ma boîte mail ne déborde pas les lundis
    • rentrée de 10 jours de congés après Noël, trente mails en tout et pour tout m'attendaient dans ma boîte mail. 30 ! un numéro à DEUX chiffres, avec un petit chiffre des dizaines ! Ici, quand on est en vacances, on est en vacances.
    • et en général, il circule peu de mails après 19h.... l'envoi de mails à 1h du matin ne constitue pas une pratique usuelle, voire même un attendu, mais s'explique la plupart du temps par un décalage horaire.
C'est ainsi que je mesure comment, dans les environnements professionnels que j'avais côtoyés jusqu'à présent, la culture française de présentéisme, alliée, pour mon dernier job, aux contraintes d'une usine fonctionnant jour et nuit, 365 jours par an, étirait quasi inexorablement les journées de travail en longueur. Réunions facilement positionnées après 17 ou 18h (voire plus tard), dont les horaires n'étaient par ailleurs pas tenus, commençant dès 8h, mails envoyés à n'importe quelle heure, de chez soi, de son lieu de vacances, etc...

Bref, je suis épatée; sur ce point, je n'en crois pas mes yeux, j'observe, et suis bien contente d'avoir sous les yeux ce qui pour moi relevait de la légende, que dis-je, du mythe ! Ce rêve devenu réalité (comprendre : une entreprise où un cadre n'est pas automatiquement supposé faire des semaines de 50h et bien plus), catégorise clairement ce billet dans la série "c'est possible".

Oui, c'est possible de trouver un environnement de travail qui vous évalue autrement qu'à l'aune de votre temps de présence, et dont le fonctionnement ne sous-entend pas automatiquement une large amplitude horaire. Un environnement de travail vous laissant ainsi davantage de latitude pour établir votre équilibre entre vie pro et vie perso.

Si certaines d'entre vous ont fait l'expérience de ce genre d'environnements plus souples, ça m'intéresse! Ça donnait quoi ?

En ce qui me concerne, cette histoire de possible temps très partiel est plus que jamais une affaire à suivre, je vous tiens au courant...



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