lundi 4 mai 2020

Le "découvert affectif" : gérer celui de son enfant, gérer celui du parent

Je suis fière de moi car après avoir été au bout de ma vie durant mes dernières semaines de grossesse (heureusement un peu abrégée par H., dans sa grande magnanimité), j'ai enfin réussi à me mettre à jour dans les comptes de la famille Bout.
Mais ce n'est pas de notre situation financière florissante (pfffrrrrrt) que je veux venir vous parler. A la place, j'avais déjà commencé à rassembler  mes ultimes forces, et j'ai utilisé une partie de mes forces retrouvées, pour vous pondre un billet qui va rester dans le thème puisque qu'il tournera quand même autour des finances, banque, règne du grand capital, toussa.
Enfin presque.
Nous allons donc parler d'une notion cruciale au quotidien : la gestion du découvert.
Mais non : pas le découvert lié à notre compte bancaire, susceptible de précipiter notre foyer dans des tourments financiers sans nom.
Nous allons parler du découvert affectif… qui, lui aussi, dès qu'on le néglige, nous pourrit alors la vie, et nécessite une vigilance de tous les instants, car des décisions pleines de bonne volonté mais hélas malavisées ont vite fait de nous amener à taper dedans.


Vigilance, oui, d'autant que le problème du découvert affectif, c'est qu'il peut toucher chacun des membres de la famille, simultanément.
  • un parent à découvert affectivement va se retrouver, très fréquemment, du côté obscur de la Force. Il va 
    • s'énerver sur son conjoint, 
    • hurler sur ses enfants, 
    • claquer des portes, 
    • laisser tomber des assiettes 
    • (ou même, selon la profondeur du découvert et la durée pendant laquelle celui-ci perdure, dans un ordre différent : s'énerver sur les portes, hurler sur ses assiettes, claquer ses enfants, laisser tomber son conjoint)
  • un enfant à découvert affectivement va agir de manière relou, fatigante, agaçante, énervante, s'opposer, se manifester, bref, montrer qu'un Sans-Dents (ou Avec Peu de Dents) à défaut de pouvoir rétablir son équilibre financier/affectif, peut au moins avoir un pouvoir de nuisance de ouf en enfilant un Gilet Jaune taille 3, 6 ou 10 ans.

1. Parlons d'abord du découvert du parent.

Le découvert du parent, donc, c'est le parent qui a donné, beaucoup donné, qui s'est fatigué, et qui finit par tourner à vide.
Et la maxime de gestion du "bon père de famille", tiens justement, nous pouvons l'emprunter à Haïm Ginott
"On peut se montrer un peu plus gentil qu'on se sent, mais pas beaucoup plus"
Qu'eeeest-ce qu'on peut l'oublier souvent, en tant que parent, cette maxime !
  • On va accepter de lire 2 histoires supplémentaires là où déjà, la première nous avait coûté un bel effort.
  • On va proposer d'aller au parc / de faire un pique nique / une sortie alors qu'au fond, vraiment, on ne rêve que d'une chose : rester à la maisooooon.
  • On va se lancer dans la confection d'un gâteau alors que le stock de Pom'potes nous chuchote "viens, viens, je suffirai pour le goûter et tu pourras passer une demi-heure dans le canapé et non dans la cuisine", on va rentrer du boulot et se lancer dans une fournée de crèmes brûlées maison parce que "c'est quand même meilleur pour la santé et le goût", même si c'est pas bon pour notre niveau de fatigue.
  • On va proposer une activité peinture (= 10 minutes de préparation, 5 minutes de peinture, 15 minutes de nettoyage + lessive + stress pour prévenir ou retirer les tâches sur le mur) alors que l'activité "jouez dans un coin avec vos poupées" aurait pu fonctionner aussi.
  • On va écouter longuement le monologue du petit / les fausses notes du grand alors que nos oreilles en bourdonnent et que nos boules Quiès ont atteint un niveau de sexytude tel que Marylin Monroe a l'air d'une morue à côté.

Là-dessus, 
  • une seule chose à avoir en tête : à moooort la culpabilité / la conception dangereusement perfectionniste du rôle du bon parent qui nous pousse à faire des trucs "parce que c'est ce que fait un bon parent", 
  • et un apprentissage à faire à la place : la détection et le respect de ses besoins / limites personnelles (personnelles = qui nous sont propres à nous, individus, et qui donc sont légitimement différentes du parent d'à côté; et encore plus différentes, au hasard, du parent-vu-sur-instagram.)
Parce que être attentif à ses limites, c'est essentiel, histoire de faire gaffe à ne pas se mettre soi-même dans le rouge
C'est un point sur lequel le chapitre sur la culpabilité du parent, chez le formidable "Parents Epanouis Enfants Epanouis" de Faber et Mazlish, peut constituer un excellent manuel financier de bonne gestion, dont je ne saurais trop recommander la lecture, relecture, rerelecture. 
Une lecture qui peut véritablement permettre de redresser durablement ses finances, comme me l'a encore montré cet hiver l'exemple de certaines participantes à mes derniers ateliers Faber et Mazlish.
"J'ai refusé d'aller au parc et leur ai proposé de jouer dans le jardin SANS MOI à la place. Du coup je ne leur ai pas crié dessus de la soirée ensuite."
Eh oui; car si on est soi-même à découvert, on n'a PLUS RIEN à filer à son enfant

Donc le bon parent n'est pas celui qui donne sans compter, le bon parent est celui qui compte de manière à pouvoir donner ! De la même manière qu'on va faire gaffe à ne pas acheter des trucs pour notre enfant sous peine de ne plus pouvoir lui offrir un toit, on ne va pas s'épuiser à trop faire pour lui sous peine de ne plus pouvoir lui donner l'essentiel : l'amour et l'équilibre.
Ainsi, personnellement : 
  • j'ai remarqué qu'il valait mieux pour moi partir sur un rituel du coucher assez court (exemple : un seul livre; et si choix d'un livre à rallonge, dire "quelles pages choisis-tu ?"), comme ça, si besoin est, je suis capable de consentir à une histoire supplémentaire, ou disponible pour une prolongation de 5 minutes-de-conversation-bicoz-soudaine-question-existentielle : je me suis en quelque sorte gardé quelque chose en réserve, j'ai économisé, et donc, si mon enfant manifeste un besoin, j'ai mon économie à dispo, au lieu d'avoir déjà donné le maximum (voire plus) de que j'étais vraiment prête à donner et donc de me retrouver soudain en situation de blocage-ras-le-bol-découvert-ça-va-pas-la-tête-je-meurs.
  • de la même manière, avec Monsieur Bout nous avons avancé l'horaire du diner depuis plusieurs mois déjà. Ainsi, même si l'enchainement diner pré-coucher coucher dure, celui-ci a lieu à un moment où nous sommes encore assez en forme, et il peut prendre du temps sans faire démarrer notre soirée d'adultes à une heure indue (= une heure où nous sommes HS et ne pouvons plus en profiter). Tout le monde est plus zen ainsi...
A noter aussi que la notion de découvert dépend aussi de la légitimité du besoin de l'enfant / de la compréhension qu'on en a : c'est pourquoi s'informer sur le développement de l'enfant est siiii utile ! 
Si on vit dans un monde où on est persuadé qu'un bébé "normal" doit forcément faire ses nuits à 3 mois, et qu'un enfant de 1 an devrait avoir la capacité à se rappeler qu'on ne touche pas au vase de grand-mère puisqu'on le lui a répété 32 fois, ET à respecter cet interdit plutôt que de suivre l'impulsion qui le pousse quand même vers cet objet fascinant… le découvert se creuse beaucoup plus vite puisque
  •  à l'impact objectif de son comportement 
    • nuits interrompues ; 
    • répétitions incessantes ; 
  • s'ajoute l'impact subjectif, autrement plus lourd 
    • "mais pourquoooaaaah il fait ça / il va JAMAIS dormir / je m'en occupe peut-être maaaaal!" ou 
    • " au secours je foire son éducation, c'est DEJA un rebelle / il me défie / il ne saura jamais se maîtriser qu'est ce que ça va être plus tard ?!?!"
Inversement, si on croit qu'un enfant a besoin d'être occupé / stimulé le plus possible on va avoir tendance à taper inutilement dans nos ressources alors qu'une meilleure information sur l'intérêt du jeu libre dans le développement de l'enfant nous permettrait de le laisser jouer dans son coin sans se sentir mauvais parent.

Donc faire gaffe pour donner
  • pas trop
  • et en sachant pourquoi on le fait

2. Car d'un autre côté, on doit gérer un 2ème compte en banque 
(voire un 3ème, 4eme, 5ème, etc, selon le nombre de petits Livrets Jeune que la Vie nous a donné d'ouvrir)

Or, si dans mes souvenirs il n'y a pas possibilité de se retrouver à découvert avec un Livret Jeune lambda, nos livrets Jeune à nous (ceux qui bavent, font des miettes, crient, courent partout) ont bel et bien cette fonctionnalité là. 
Et chez eux le découvert menace même en permanence. Et se traduit par des crises économiques monstrueuses.

Car un enfant à découvert devient, très, très compliqué à gérer. [inclure ici le souvenir des 3 dernières crises de votre enfant - ça parle tout seul]
Il en découle une règle quasiment absolue : faire l'effort de combler / prévenir le découvert de l'enfant sera quasi tout le temps la priorité la plus rentable à se donner
En effet un enfant à découvert fait des crises, s'oppose, refuse de faire, ou de faire seul, et ce qui pourrait prendre 1 minute avec lui peut subitement prendre 1h (option hurlements probable). Donc plutôt que de perdre 1h dans la crise, autant investir 10 minutes dans sa prévention en prenant l'initiative d'un remplissage de réservoir affectif. Aucun investissement ne sera plus rentable !

C'est particulièrement vrai aux moments charnières.
Par exemple, les retrouvailles du soir après une journée de crèche / école pour lui, de boulot (pro ou familial) pour nous. Que de fois on est en mode "utile", à vouloir enchaîner sur la routine du soir, déjà bien chargée ! Rangement, cuisine, bains, éventuels devoirs, repas, coucher… 
Inclure, AVANT cette routine, 10 minutes de reconnexion sous quelque forme que ce soit, en commençant, le plus tôt possible après le franchissement de la porte, par des jeux sur le tapis / bataille de coussins et autres jeux d'attachement / petit jeu de société / lecture de livre / whatever est pourtant, pourtant, bien souvent la meilleure assurance anti-soirée-de-la-mort qui soit. Et le court-circuitage de cette étape se paie souvent très cher.
Je me souviens ainsi avoir vécu des deux côtés (= en tant que parent recevant des amis, et en tant qu'amie reçue par des parents) le piège de "ce soir on a du monde donc j'ai un chronomètre en tête et en rentrant du boulot je me dépêche de tout faire pour coucher les enfants le plus vite possible histoire d'être dispo pour mes amis"... et m'être ainsi retrouvée en pleine "soirée sabotée par des interruptions incessantes d'enfants pas du tout dispo à rester sagement dans leur lit".
Du coup maintenant, j'ai très souvent le réflexe, face à une situation systématiquement compliquée, de réfléchir à sa résolution sous cet angle
  • les matins sont compliqués ? Hum, ne serait-ce pas un problème de réservoir affectif
Ce fut le cas à Strasbourg, au moment où je bossais. Les matins devinrent d'un coup plus fluides quand les enfants eurent l'assurance de 5 minutes de lecture sur mes genoux, sur le banc de l'entrée, juste avant le départ au boulot / chez la nounou.

  • E. met 3 plombes à s'habiller ou ne sait soudainement plus manger seule à quasiment 5 ans ? 
Ho ho… (sur ce dernier point je reviendrai en parler dans un prochain billet sur la gestion des aînés dans le cadre de l'arrivée d'un nouveau bébé).


Bon OK, c'est top tout ça, on a compris qu'il fallait avoir l'œil sur son découvert, sur celui de son enfant, et agir de manière à protéger / combler les réservoirs.
Très beau en théorie, hein…?

Mais dans la pratique...

3. COMMENT qu'on fait quand les 2 découverts sont en concurrence ??
Hein, comment bon sang ?!

C'est là où avoir conscience de la problématique aide.

  • prioriser le découvert de son enfant 
Autant que possible, il peut être bon de s'attacher à fournir les 10 minutes nécessaires à un comblement d'urgence du découvert le plus vite possible. Dans le cas contraire, le comportement de notre enfant risque de taper encore plus dans le nôtre, de découvert. 
Situation sans issue.
Si on peut, donc, on y va en apnée, en sachant bien / en prévoyant bien qu'on va s'occuper de notre découvert le plus tôt possible après.

  • Déléguer le remplissage de découvert. 
Selon les situations, le conjoint peut être quasiment aussi bien placé que nous pour, au moins sur le moment, pallier au découvert d'un enfant pendant que nous-mêmes nous gérons le nôtre. 
Si ce n'est pas le cas, une opération financière très très rentable sera d'investir dans le resserrement des liens entre ledit conjoint et l'enfant, en mettant le conjoint aussi souvent que possible en première ligne. 
C'est bon pour tout le monde, alors qu'être "la seule personne au monde capable d'apporter du réconfort à son enfant", c'est lourd, trop lourd. 
Je le vois en ce moment même avec notre minuscule H. Quand celui-ci a besoin de réconfort (et qu'il ne s'agit pas de réconfort lacté ;-) ) à chaque fois que c'est possible c'est d'abord Monsieur Bout qui s'y colle en première instance. 
    • H. apprend ainsi à puiser du réconfort dans les bras de son papa, 
    • ledit papa prend confiance dans sa capacité à réconforter son fils tout neuf, 
    • et moi, ça me repose et me rend mieux capable d'apporter le réconfort nécessaire en l'absence de Monsieur Bout et/ou quand le désarroi de H. est tel que les bras de papa n'y peuvent plus rien. 
    • Et en plus voir Monsieur Bout câliner H. me fait fondre / remplit mon réservoir émotionnel à moi.

  • Mettre en place des trucs pour s'aider soi-même : en s'organisant pour pouvoir être dispo pour cela. 
Si on sait par exemple que les soirs sont difficiles quand on rentre, et qu'on est écartelée entre la gestion de la maison, la préparation du repas, la fatigue de la journée et les besoins affectifs des enfants ; on peut 
    • attribuer le ménage à quelqu'un d'autre : conjoint, enfants, femme de ménage
    • se faciliter la vie en cuisine : les pâtes, les dîners sandwichs-crudités, les diners yaourts-céréales, les plats préparés (paaas bien ! mais tellement aidants parfois ! donc bien !), les plats cuisinés en double quantité le weekend et qu'on décongèle en semaine…, 
    • décider que les bains ce n'est qu'un jour sur 2, 
    • rester 5 minutes de plus dans sa voiture pour se ressourcer en lisant quelques pages d'un roman / faisant une courte méditation-prière / quoi que ce soit de ressourçant avant de monter retrouver son petit monde 
      • NB: plusieurs papas de mes ateliers Faber et Mazlish se sont mis à faire cela afin de pouvoir, ensuite, assumer pleinement leur rôle quand des petits gremlins leur sautent dessus dès la porte franchie le soir ; 
      • et Soline du chouette blog "s'éveiller et s'épanouir de manière raisonnée" a sorti tout récemment un court bouquin sur la notion de recharge rapide… que j'avoue n'avoir pas encore lu (Syndrome de la PAL qui déborde) mais dont j'ai, en revanche, lu beaucoup de bien et qui est susceptible d'aider à identifier des manières réalistes de se recharger au quotidien.  "Être mère sans s'oublier" : un titre qui en dit long... 
...bref :  diminuer ce qui creuse notre découvert toujours au même moment, et mettre en place une stratégie préventive.

Dans tous les cas, faire les choses en conscience : choisir consciemment d'investir 10 minutes dans le découvert de l'enfant, ou 10 minutes dans le sien, ou choisir consciemment de ne pas voir les moutons de poussière bêlant librement dans les recoins du salon, voire gambadant en plein milieu de la salle à manger, c'est s'envoyer à soi-même un message très important : "je suis maître de mon destin, et ma priorité du moment est celle-ci, et point une autre", plutôt que d'avoir le sentiment d'être balloté d'un truc à un autre sans avoir le choix ni pouvoir rien faire "bien".

Ca, c'est du curatif, dans l'instant.
Mais le découvert, ça se gère aussi en préventif :

  • Avoir respecté son découvert les fois d'avant 
Quand on en arrive à ces situations de coexistence simultanée entre les 2 découverts, il est beaucoup plus facile d'accepter une prolongation du dépassement du sien (le temps de faire les 10 minutes pour celui de notre enfant) si on ne passe pas déjà le plus clair de son temps dans le rouge. 
Si, dans les jours ou les heures qui ont précédé, on a veillé à se préserver, à s'économiser : pour que le découvert ne soit pas un mode de vie, un état chronique (et c'est si vite arrivé pour un parent de se retrouver avec un découvert chronique ! J'y reviendrai prochainement dans un billet intitulé 'sortir du trou d'air éducatif'). Là encore, c'est comme avec notre banquier : il sera beaucoup plus indulgent avec un dépassement de découvert si celui-ci est exceptionnel...

  • Inclure dans le quotidien, des moments qui rechargent les comptes en banque des deux parties. 
Prendre le temps de longs câlins (on dit qu'il faut 20 secondes) "sans raison", le matin, le soir, dans la journée. Ca fait du bien à notre enfant mais en fait ça nous en fait aussi ! 
C'est d'ailleurs une des raisons qui font que, moins on s'occupe de son enfant (surtout petit), plus on peut avoir l'impression qu'il nous est étranger (je l'avais constaté après ma reprise boulot post-naissance de F.) : si on passe en dessous d'une certaine dose de contact affectif, l'ocytocine produite par l'interaction l'est tout simplement en quantité insuffisante et du coup, hop, sentiment d'éloignement. 
Quelque chose qui joue également dans l'attachement papa / bébé, d'ailleurs. Monsieur Bout a constaté à plusieurs reprises le même phénomène de déconnexion. Autant trop voir ses enfants peut aussi créer un sentiment de ras le bol (on puise trop dans ses ressources), autant ne pas les voir assez (ou n'interagir avec eux que pour de l' "utile" et non de l'affectif) favorise l'établissement d'un sentiment de distance, de…. les anglo-saxons ont le mot "estrangement" : l'autre nous devient un peu étranger, et on n'a d'autant moins envie de s'en occuper. Cercle vicieux.
Prendre le temps de sniffer son bébé (cette bonne odeur de brioche). 
Prendre le temps d'une activité qui plait à son enfant mais nous plaît également vraiment à nous : on a ressorti les Jeujura la dernière semaine avant la naissance et ça a été pour moi l'occasion de vérifier une nouvelle fois à quel point ce que j'écrivais ici est vrai. J'arrive beaucoup mieux à m'investir dans ce genre de jeux donc hop, pas de scrupules, je les privilégie !

Prendre le temps… car c'est vraiment cela le nœud du problème ! 
Que de fois on est tellement pris par le quotidien qu'on enchaîne des trucs "utiles" sans réaliser qu'on oublie l'essentiel et qu'on va en fait se le prendre en pleine figure. Parce que notre découvert affectif ou celui de notre enfant sait très bien nous empêcher de faire nos trucs utiles, une fois qu'il est creusé, hein. Le temps qu'on a voulu gagner en allant vite, on le perd 2 fois en gestion de crise.

Sur ce point, d'ailleurs, inclure du ludique, du fun, dans le quotidien, constitue également une manière de le "détourner" pour remplir les réservoirs affectifs de tout le monde. Ne pas s'égosiller sur "metteeeeeez vos pyjamas bordeeeel" mais se transformer en monstre qui va vouloir manger des petites fesses non pyjamatées fait rigoler tout le monde, y compris le parent. (cf. ce bouquin-là)
Et le rire, ça recharge. CHECK.

  • Nourrir notre réservoir au quotidien 
Prendre l'habitude de prévoir, dans nos journées, de petits moments pour nous, en mode opération Pièces Jaunes à notre bénéfice. Même 5 minutes. Mais 5 minutes efficaces. Au besoin en notant une liste d'idées de ces choses efficaces (comme ce qui est d'ailleurs suggéré dans le Babystep n°29 chez Flylady. Hasard ? Coïncidence ?), car souvent en tant que parent on peut arriver au constat "Euh... je ne sais plus ce qui me ressource. Ca ou ci étaient des choses que j'appréciais avant d'avoir des enfants, mais… ce n'est plus tellement valable maintenant.". 
Se reconnecter à soi demande souvent un effort certain de réflexion, au départ… sur qui est ce soi, au delà d'être un parent ...

  • Nourrir notre réservoir par des placements long terme 
Par exemple, une chose qui impacte énormément notre découvert affectif est justement la manière dont nos enfants peuvent phagocyter notre temps en couple. Temps en couple pourtant indispensable au remplissage de notre réservoir d'amour à nous bon sang ! Donc, prendre les devants et soigner le couple de manière proactive, contre vents et marées, constitue une des meilleures assurances bancaires qui soient. Cf. mon inimitable billet sur les Sims.
Il est beaaaaucoup plus facile (= moins coûteux) de prendre le temps de l'histoire supplémentaire nécessaire au remplissage de réservoir d'un enfant quand le faire ne s'accompagne pas de l'arrière-pensée "et voilààààà ENCORE une soirée vampirisée par les enfants ! Le temps que j'aie terminé ni conjoint ni moi ne serons en état de vraiment nous tourner l'un vers l'autre". 
Investir, sur ce plan, va donc des grosses choses (des sorties en couple) à des choses au quotidien : un bambin hurle dans sa chambre, réclamant une histoire supplémentaire ? On peut retarder de 30s le moment de l'y rejoindre, et enlacer son conjoint pendant ces 30 secondes-là. (franchement, regardons les choses en face : une fois qu'on a de jeunes enfants, qu'on a vite tendance à passer nos journées à courir sans prendre le temps d'un seul contact tendre prolongé avec notre conjoint ! Et pourtant, est-ce qu'on s'amuserait à rouler des centaines de km sans passer à la station service ? Certes la situation ne nous permet pas un plein complet dans l'instant mais … on peut intercaler un en-cas)

Si pas de conjoint (ou en complément du conjoint), s'autoriser et s'organiser pour une soirée détente avec une excellente amie (une à qui parler fait du bien, une avec qui on peut rigoler, hein, on choisit bien !) sera également un placement long terme à privilégier. Sans culpabilité, mais avec la détermination de l'investisseur avisé qui a à cœur de prendre les mesures nécessaires à la bonne santé financière de toute la famille.

Un tel temps passé sans nos enfants leur offre des parents disponibles émotionnellement. Quel formidable cadeau à leur faire ! Et quelle illusion ce serait de prétendre pouvoir être disponible émotionnellement alors qu'on n'a rien qui remplisse nos stocks à nous.


Maintenant qu'on a dit ça… ce serait-y pas chouette de regarder l'état de son compte bancaire personnel ? Les entrées / sorties ?
  • Alors, quels sont les retraits pas raisonnables que vous faites sur votre compte ? Qu'est-ce qui vous coûte cher ?
  • Qu'allez-vous donc rayer de votre budget émotionnel, en les considérant non plus comme des obligations / offres souscrites avec engagement, mais comme du superflu venant alourdir les finances émotionnelles de la famille ?
  •  Dans quoi allez-vous pouvoir utilement investir, quelles ressources sont à mobiliser ?


Dernière remarque : les finances émotionnelles, c'est (encore une fois, des fois que le subtil parallèle fait dans ce billet vous ait échappé ^^) comme les finances soussoutesques : ça évolue sans cesse
On peut décider que notre situation actuelle nécessite tel ou tel choix financier (exemple : renoncer à des repas très élaborés pour gagner du temps, ou privilégier des repas moins équilibrés pour s'épargner une zone de conflit) sans renoncer pour toujours. C'est quelque chose dont on doit se passer pour le moment, pas ad vitam aeternam. Parce qu'un budget, ça s'actualise, et les décisions prises à un moment peuvent être pertinentes pour ce moment puis reconsidérées à un autre, quand les besoins et les ressources changent.

mardi 28 avril 2020

Sortie précoce (de la maternité ! en boîte c'est autre chose) après la naissance : avantages et inconvénients

2 semaines que le Bébounet est parmi nous… !
Tout se passe bien, même si sa 2ème semaine de vie a été marquée par l'apparition d'un RGO (reflux gastro oesophagien pour les intimes) ce qui a compliqué un peu sa vie, et la nôtre par ricochet (et du coup, terrible, a décalé la parution de ce billet : taper à l'ordi avec un nourrisson couché sur soi c'est pas très facile…)


Pour toute naissance, et en particulier celle d'un numéro-pas-1, se pose la question du temps à passer à la maternité. En période de COVID, la question se pose d'autant plus que de nombreux hôpitaux, même ceux habituellement frileux vis-à-vis des sorties précoces, en viennent à les favoriser pour limiter les risques de contamination à l'hôpital et/ou décharger des services parfois d'autant plus pleins qu'on y a réduit le nombre de lits afin d'augmenter ceux consacrés au virus.

En ce qui me concerne :
  • Bébou : 16 jours d'hôpital mais c'était du à des complications (césarienne + éclampsie). Suite à quoi j'ai annoncé "je me barrerai dès que possible pour les suivants : avec le Bébou, j'ai fait mon content de jours d'hospitalisation pour tous mes enfants à venir."
  • Bébounette : sortie au bout d'à peine 30h. Après avoir accouché un lundi tôt le matin, le mardi en début d'après-midi je me glissais dans mon lit à moi, et se mettait en place un dispositif d'HAD (hospitalisation à domicile) avec la sage-femme libérale avec qui j'avais fait mes cours de prépa à l'accouchement
  • ce Bébounet : je me projetais sur quelque chose d'analogue à la naissance de la Bébounette et puis finalement, pas du tout : je suis restée 3 jours pleins.

Voici donc une brève analyse, vue de ma fenêtre, qui pourra venir alimenter les réflexions de mamans-en-dernière-phase-hippopotamesque.
Je précise que cela n'est valable que pour une naissance s'étant à peu près bien passée. Je ne conseillerais à personne de hâter sa sortie après une césarienne : on n'en sort vraiment pas dans le même état et les quelques jours supplémentaires d'hospitalisation ne sont pas du luxe.



Avantages d'une sortie précoce
  • Pouvoir retrouver très vite les aînés
C'est notamment valable en période de confinement qui signifie interdiction de visites par la fratrie. Dans tous les cas, limiter la durée de la séparation peut être particulièrement pertinent si les aînés sont encore très jeunes. 
Par ailleurs pour la naissance d'E., privilégier une sortie rapide m'avait permis de faire le choix que F. ne vienne pas me voir à la maternité, suite à une remarque de ma maman pointant du doigt que du haut de ses 23 mois il risquait d'être plutôt perturbé par le fait de me voir dans un environnement aussi étranger que celui de l'hôpital, et de mal vivre aussi le fait de devoir en repartir en m'y laissant. Il a donc découvert sa sœur au lendemain de sa naissance, tranquillement, à la maison : en se levant de sa sieste il a pu venir me faire un gros câlin de retrouvailles dans mon lit et faire connaissance de son petit bout de sœur.
Une sortie précoce permet donc d'être rapidement là pour remplir le réservoir d'amour des enfants. Même alitée, on peut lire une histoire, faire des câlins, un petit jeu de société, admirer des dessins ou mener des conversations existentielles sur la vie et les mœurs des pyrrhocores.

  • Profiter de la présence du papa 
Particulièrement en cette période de COVID où de nombreuses maternités interdisent aux papas l'accès aux suites de couches (heureusement, ce n'était pas le cas de l'hôpital où H. est né), une sortie précoce peut permettre au papa de davantage profiter des premiers instants de bébé, et faciliter la mise en place du lien papa-bébé
C'est en particulier le cas quand COVID et/ou l'organisation logistique avec les aînés ne permettent pas au papa de dormir à la maternité. (alors qu'au contraire lors de la naissance du Bébou, Monsieur Bout avait passé les 8 premières nuits à la maternité, où il avait un vrai lit, ce qui nous avait valu une belle lune de miel à 3, une fois que j'étais sortie de réanimation)

  • Avoir son rythme à soi 
Aaaaah, ne pas être dérangée par mille visites du personnel médical ni par le service du petit déjeuner à 7h30 alors qu'on venait enfin de s'endormir après une nuit pas très tranquille...

  • Pouvoir gérer son bébé comme on veut 
"il faut le réveiller - naaaaan touchez pas il DORT BON SANG" ou "pas de cododo c'est dangereux Madame"... Ca peut être assez agaçant (surtout quand on vous sort la dernière phrase à 2h30 du matin lors de votre 2ème nuit d'hôpital, quand vous venez enfin de vous endormir, bébé et vous, après qu'il ait tétouillé non stop pendant 3h...)

  • Manger mieux et à l'heure qu'on veut
Il faut reconnaître que la bouffe d'hôpital c'est rarement du 4 étoiles (même si franchement j'ai trouvé que cette fois-ci c'était correct), et dans tous les cas ça ne vaut jamais les petits trucs délicieux qu'on peut avoir à la maison… Le premier matin après la naissance de H. j'ai soupiré et rêvé d'un bon gros croissant. I had a dream...
Ceci dit le 3ème matin ils avaient enregistré tout seuls que mon plateau de petit déjeuner devait contenir 2 pains et non 1 seul... Puisque j'avais réclamé du pain en rab les 2 matins précédents. 
Manger ce qu'on veut donc, et manger à l'heure qu'on veut c'est chouette aussi. Ca évite le plateau qui refroidit parce que servi pile poil au moment où bébé tète, à un stade où l'art de la tétée n'est pas encore maîtrisé donc où manger en étant mangée donnant le sein n'est pas encore une option vraiment viable.

  • Pouvoir gérer son corps comme on veut
Si on est pudique, y a moyen de ne pas toujours être à l'aise avec le fait d'avoir les seins (voire un peu tout le reste aussi) à l'air alors que des demi-douzaines d'inconnues débarquent sans crier gare (là moi ça va : j'ai décidé qu'en post-partum je ne suis pas pudique).



Avantages d'un séjour pas raccourci


  • En tout premier lieu à mes yeux : pas de tentation de trop en faire
Gérer une lessive, substituer la lecture d'une histoire à une sieste pourtant loin d'être superflue, ou encore faire du rangement parce qu'on n'a pas eu le temps de terminer celui-ci avant la naissance,... etc : qu'elles sont nombreuses les sollicitations qui peuvent insidieusement amener une jeune accouchée à négliger ses besoins !
A l'hôpital on est loin de chez soi donc on se retrouve plus facilement en position de laisser tomber la gestion de la maison, de la famille, et la charge mentale associée pour se concentrer sur l'essentiel : son repos à soi et le soin de mini-bébé.

  • La lune de miel avec bébé, justement. 
72h à manger son bébé des yeux ;-)
Ca je l'ai vraiment expérimenté cette fois.
Avoir quelques jours juuuuste avec H., à faire sa connaissance avant de retrouver F. et E., ce fut vraiment appréciable. Un peu comme si mon cœur était content de faire la transition vers la taille supérieure en commençant d'abord par se focaliser sur le nouvel être à aimer
Quelques jours précieux à pouvoir pleinement prolonger la fusion de la grossesse, à apprivoiser la fin de celle-ci ensemble, sans se retrouver un peu déchirée entre ce besoin de fusion et les besoins affectifs du reste de la fratrie. 
J'ai d'ailleurs tellement apprécié cet aspect qu'au moment de sortir j'étais à la fois triste et inquiète de voir cette première page se tourner. Allais-je réussir à aimer assez tout le monde à la fois ? (bon il semble qu'aimer oui ; montrer à chacun suffisamment d'amour … j'y travaille).

  • Mise en place de l'allaitement sans interférences du quotidien, des enfants etc 
C'est un numéro-pas-1 donc on constate généralement qu'on y arrive mieux et plus rapidement, qu'on sait déjà un peu faire, mais quand même : chaque enfant est différent, et autant je garde le souvenir d'une Bébounette née avec le logiciel "téter" parfaitement opérationnel dès les premiers instants, autant ça n'a pas été le cas de ce Bébounet-là. 
Du coup; quand les premières tétées sont encore chaotiques, pouvoir les gérer loin du regard à la fois enthousiaste et inquisiteur des aînés ("pourquoi il tête pas, là, maman ?") simplifie les choses. On peut se concentrer dessus et y consacrer tout le temps nécessaire sans pression à la "en plus j'ai promis une histoire pendant la tétée". 
Du coup j'ai apprécié que ces 3 jours d'hospitalisation m'aient permis de ne rentrer chez moi qu'une fois la montée de lait déjà pas mal amorcée, et le Bébounet ayant passé sa première étoile (ouais la tétée c'est comme le ski. J'vous assure. Hormis qu'à la place du chamois d'or c'est une vache).

  • Le lit multi positions. 
Nan mais c'est vrai c'est bien pratique, ça. 
Tiens d'ailleurs le COVID aura du coup privé F. d'une opportunité en or d'explorer toutes les fonctionnalités dudit lit. Décidément que d'opportunités perdues à cause de ce fichu virus !

  • Pas de gestion logistique du post partum 
Genre je m'en fiche si je tâche les draps, ce ne sera pas à moi de les nettoyer. Idem pour les fuites de lait...
Ca aussi c'est de la charge mentale en moins ! Ca rend le vécu des désagréments physiques du post-partum un peu moins lourd...



A propos désagréments physiques....

  • traverser les tranchées bien au chaud 
Aaaah, ces chouettes contractions de remise en place de l'utérus ! Dont on nous dit bien qu'elles sont pires à chaque accouchement successif. 
Eh bien j'avoue que j'étais bien contente d'être à l'hôpital pendant le gros du truc : 
    • je pouvais gérer la douleur sans interférence avec les enfants, c'est-à-dire à la fois:
      • faire mes petits exercices de respiration - plus durs à faire quand on est interrompue par des "mais tu fais quoi maman ?" et autre tentatives de creuser le sujet "Ah t'as mal mais pourquoi t'as mal maman ?" ; 
      • et ne pas culpabiliser parce que la douleur me rend d'une humeur de dogue et donc ne me prédisposerait pas à répondre aux questions susmentionnées avec des paillettes et des fleurs dans la voix ("PAAAARSKEUH !")
    • je pouvais bénéficier du soutien du corps médical pour l'atténuer. Autant je ne prends quasi jamais d'anti-douleurs en temps normal, autant pour la gestion du post-partum j'y ai recours sans complexe. Doliprane I love you. En temps normal on peut alterner avec de l'ibuprofène, mais en période de COVID on se retrouve privée de cette aide complémentaire bicoz Ibuprofène + COVID = pas cœur … Si bien que j'ai été bieeen contente d'avoir la possibilité de réclamer une ampoule de Jesaisplustropquoimaisçasoulageol ou autre Trucquiréduitlasouffrancine à 4h du matin une nuit.
mais aussi

  • Accès sans peine à des RDV médicaux 
Point paaarticulièrement valable en période de confinement et d'accès réduit voire inexistant à tout plein de professionnels susceptibles de nous être utiles ! 
Moi qui me suis pourrie les dernières semaines de grossesse avec un bassin bloqué alors qu'impossible de voir un ostéopathe pour me remettre d'aplomb, j'ai eu des étoiles dans les yeux quand on m'a dit qu'une ostéo passait s'occuper des patientes de la maternité en ayant besoin l'après-midi de mon jour de sortie. 
J'ai donc vooolontiers retardé de quelques heures ladite sortie afin de bénéficier de ses bons soins et m'épargner quelques semaines de gêne supplémentaires.


A l'arrivée, un élément essentiel dans la décision, et/ou à aménager quelle que soit la décision : les capacités qu'on a à se reposer une fois rentrée à la maison  = qui est à la maison pour faire le taf ?
  • Pour E., j'avais ma mère à la maison, je savais donc pouvoir ne rien faire tant qu'elle serait là. 
  • Pour ce bébé3, le plan initial était que notre mamie-au-pair G1 soit avec nous durant les 6 semaines autour de la naissance. 
Confinement et compagnie ont fait misérablement foirer ce plan. 
Mais en retardant le début des missions d'indépendant de Monsieur Bout, ils ont permis à celui-ci d'être 100% dispo (et allégé la charge logistique sur certains points : pas de trajets d'école à gérer, c'est toujours ça…). 
Du coup, quand les vols de notre G1 ont été définitivement annulés, Monsieur Bout et moi avons pris le temps d'une bonne discussion tous les 2, afin de définir notre plan de bataille fin de grossesse - accouchement - post partum. 
Et notamment, j'ai insisté sur le fait qu'il était essentiel qu'à ma sortie, je puisse passer un max de temps au lit les premiers temps et en particulier la première semaine. 
Ce n'est pas du luxe, mais véritablement un point à prendre en compte dans la gestion de la sortie : trop en faire (même si on se sent d'attaque) après une naissance, ça se paye très cher les semaines / mois suivants
J'avoue que sur ce point-là, je suis particulièrement vernie : Monsieur Bout étant au foyer depuis 6 mois bientôt, il a eu le temps de développer sa capacité à assumer 100% de la gestion des enfants et de la maison, et de devenir parfaitement opérationnel. Ne lui manquait plus que la prise en charge de la cuisine et… il s'en sort merveilleusement bien, en plus ! (et limite il fait des trucs tellement sains que j'hésite à reprendre le chemin des fourneaux; je crois que mes chances de rerentrer un jour dans mes vêtements sont bien meilleures si c'est lui qui me nourrit…)

Par ailleurs, un autre ingrédient important est la sage-femme qui assurera le suivi post-partum à domicile : l'avoir déjà identifiée améliore à la fois les chances de pouvoir bénéficier d'une sortie précoce (en particulier en période de COVID), et,si on a pu même commencer un suivi avec elle avant (pour de la prépa à la naissance par exemple), ça facilite aussi le retour à la maison serein puisqu'on a un interlocuteur médical pour petits et gros maux, petites et grosses questions du post partum.

Moralité : les modalités de sortie d'E. et H. ont finalement été bien différentes… les circonstances aussi, et à l'arrivée c'était ce qu'il fallait à chaque fois !
Si votre expérience vous a permis de repérer d'autres critères important à prendre en compte dans une telle décision, n'hésitez pas….

vendredi 17 avril 2020

Confinement : la Gwen en cuisine

Étant au top des tendances, la Gwen ne pouvait faire autrement que d'elle aussi aller dans le vent du "confiné in" et donc de s'amuser en cuisine.
D'autant que bon c'est quand même une activité qu'elle aime, dont une grande partie est faisable assise, et qui ne l'oublions pas produit (normalement) des TBAM (trucs bons à manger). Quelque chose qui plaît beaucoup à la morfaloGwen.
En plus elle avait commandé 20 kilos d'oranges et 10 de citrons ce qui bien entendu a un tout petit peu orienté ses efforts culinaires.

Au lieu donc de faire du pain comme tout le monde (elle aurait bien voulu en fait... Mais pas moyen de mettre la main sur de la levure de boulanger. Étonnant)
La Gwen a donc produit...
d'abord, hein, les toutes premières confitures de sa vie !

  • Confiture d'oranges
Trop bon (sachant que je n'aime pas la confiture d'oranges habituellement). J'ai fait selon cette recette 

et n'ai bien entendu lu les commentaires incitant à mettre moins de liquide qu'après... 

Mais a part le fait qu'elle est un toooout petit peu liquide elle est réussie. Bilan (j'ai fait par petites quantités bicoz 1. plus compatible avec ma capacité d'efforts /d'épluchage 2. Plus prudent pour un essai) : 1 bon kilo je pense.

  • Marmelade de citrons. 
Selon cette recette.

J'en ai fait 2 fois en rajoutant du sucre la 2ème. 
Délicieusement acide, gros succès tant chez Monsieur Bout que chez les enfants. Les 2 productions cumulées : 1,5 kg je pense.



  • Lemon curd : la fameuse crème au citron à l'anglaise. 
Une tuerie faite selon la recette de ma maman. Production : 1 kilo et quelques. Il faut que j'en refasse : ça disparaît trop vite y en a déjà plus depuis 8 jours. Pire que le Nutella ce machin.




En complément

  • Des meringues pour utiliser les blancs 'd'œufs produits par la recette précédente
Cette recette était dite pour les nuls, ben en tous cas elle fonctionne à merveille pour les Gwen. J'ai fait 2 plaques (avec 6 blancs d'œufs) et la totalité a disparu en moins de 24h...



  • Des cakes au citron
J'ai repris cette recette mais après un premier test j'ai recommencé (à la grande joie de Monsieur Bout) et augmenté la proportion de citrons : je fais avec le zeste d'1 citron mais le jus de 3. 


Nouveautés auxquelles sont venues d'ajouter 2-3 bricoles dont mes premières soupes de fanes de radis (depuis le temps que je voulais tester cette recette ZD par excellence ! ben pas déçue), et puis bien entendu j'ai du apprendre à stériliser mes pots de confiture.



Bref : je n'ai pas chômé, j'avais encore une fournée de lemon curd de prévue du coup pour dimanche ou lundi.
Mais dimanche j'ai annoncé la sortie d'un billet de blog...




Et puis j'ai changé d'avis et pouf, après quelques préparatifs dans la nuit, lundi à l'aube monsieur Bout et moi nous sommes lancés dans 12h de cuisine
Au vu des circonstances l'équipe de cuisine était habillée avec un soin particulier porté aux conditions d'hygiène et certaines étapes ont du être gérées en solo mais Monsieur Bout a tout de même pu être présent pour l'essentiel et les équipes d'aide cuistots étaient au top.

Si bien qu'à l'issue d'un lundi de Pâques passé en cuisine nous avons mis en pot 2,995 kg de Bébounet. 

Notre petit H. tout neuf aura donc mis fin à son confinement avec 15 jours d'avance, il est délicieux et a fait le régal de sa maman en attendant de pouvoir faire la connaissance du Bébou et de la Bébounette, ce jeudi !
(eh oui. Après avoir écrit des billets de blog faisant croire à une naissance mais contenant des annonces d'édition d'un livre, de création d'entreprise etc, là la fourboGwen cache une annonce de naissance dans des recettes de cuisine. Ce blog est rempli de chausse-trappes. FUYEZ - en restant chez vous)

Pour ceux qui se posent la question : non je n'avais pas terminé le rangement entamé 10 jours plus tôt. Enormément avancé, mais… pas du tout terminé, non. J'avais dit au bébé de naître cette semaine, une fois le weekend de Pâques passé. Il a eu pitié de sa maman-au-bout-de-sa-vie et oublié que le weekend de Pâques ça comprend aussi le lundi. 

vendredi 3 avril 2020

Opération : Prépa de l'arrivée de BB3 - J1 !

Comme raconté en introduction de mon dernier billet, bébé est sensé se pointer ce mois-ci, et c'est très simple : RIEN n'est prêt.
Formidable illustration de mon superbe article-révélation sur "comment j'arrive à tout faire", que je vous invite à aller lire ou relire si vous étouffez, en ce moment, sous le poids de la culpabilité et de la comparaison 
(les temps actuels y étant particulièrement propices puisque bien évidemment vous êtes le seul parent à ne pas réussir à combiner école à la maison faisant faire des progrès époustouflants aux enfants, + activités hyper enrichissantes par ailleurs dans une surface restreinte + faire son pain soi-même + logement au top niveau propreté bien que plein à craquer + plein de temps ressourçant en famille + plein de temps et de proximité permettant une intimité retrouvée avec son conjoint; le seul parent, je vous dis ! Ou...pas)

Niveau d'énergie au plus bas oblige, j'ai passé 2 semaines à cocher ma to-do list administrative et médicale. 
Et aujourd'hui, tadaaaam, je me suis lancée dans les 12 travaux d'Hercule euh, l'aménagement de l'endroit qui va accueillir bébé et/ou ses affaires pendant au moins les premiers temps. 
Oui nos plans sont très flous. 
Bébé dormira dans notre chambre au début, mais combien de temps, ça dépendra de ses besoins, plus tard il faudra bien qu'il rejoigne une chambre d'enfants, laquelle, on ne sait pas, mais dans tous les cas, durant un temps de transition plus ou moins long il est prévu de réutiliser un bout de notre ancienne salle de classe (située fort à propos au même niveau que la chambre parentale) pour héberger son matos et éventuellement son berceau une fois que celui-ci n'aura plus besoin d'être à demeure dans notre chambre à nous.

Ce qui implique donc de faire un toooout petit peu d'ordre et d'aménagements dans ladite salle de classe, laquelle, depuis la fin officielle de l'IEF chez nous (ou plutôt sa suspension : je pars du principe que 1. je reprendrai du service, au moins 1 an, pour BB3, et 2. si besoin était, nous y retournerions), s'est muée en 
  • lingerie (et il est prévu que le linge continue d'y sécher) - 
  • mini atelier bricolage de F. (et ça aussi ça va rester je pense) - 
  • salle de classe abandonnée mais réutilisée sous forme de salle de jeux parfois - 
  • coin à bazar.
La 4ème fonction étant particulièrement bien représentée.

Quelques photos valant mieux qu'un long discours, hein, en ce moment la salle de classe ça donne ça.








= Pas la chambre de bébé instagrammable.

Donc voilà, c'est l'occasion de procéder, pour moi, de la seule manière qui soit : en mode Flylady, avec mon copain le minuteur. J'ai fait 15 minutes aujourd'hui, et je continuerai à coups de 15 minutes (éventuellement en commun avec Monsieur Bout selon ses obligations à lui) quotidiennes (voire 2 sessions certains jours de grande forme ??? Nous verrons ! Le tout est de tenir la distance).

Vraiment, hein, convenons-en. La vue est décourageante. 
Mais je suis DEJA passée par là, j'ai suffisamment expérimenté le pouvoir des 15 minutes, y compris dans des circonstances assez proches (grossesse + déménagement à l'époque) pour savoir que peu à peu je vais grignoter ce bazar ; déjà mes premières quinze minutes, en plus d'aboutir à dégager et nettoyer 2 bouts d'étagère, m'ont permis de commencer à concevoir des bribes d''organisation cible ; bref, je suis pleine d'espoir.
(bien évidemment, ceci implique, toutefois, que bébé ne soit pas trop pressé non plus. Parce que, le pouvoir des 15 minutes a quand même besoin de quelques jours pour opérer des résultats importants. Si bébé se pointe ce weekend il n'y pourra rien. A moins que je ne mette un minuteur et n'accouche également en 15 minutes, pour m'y remettre ensuite, fraîche comme une rose ? #jaifumé.)

Allez, j'ai pris ces photos AVANT pour m'encourager, histoire de pouvoir vous régaler de photos PENDANT et APRES, je viendrai donc de temps en temps poster un rapide point de situation, véritable monument à la gloire de ces fameuses 15 minutes.
On y croit !!!!!

lundi 30 mars 2020

3 phrases utiles pour encourager notre enfant quand il rate / peine

Aujourd'hui, petit billet rapide en mode "courrier des lecteurs".

Car vous aurez remarqué que j'ai bien négligé le blog ces dernières semaines.
J'en profite donc pour vous dire que je suis toujours vivante, mais cette grossesse est compliquée, éprouvante, et ces dernières semaines, j'ai consacré mon énergie à
  • mes derniers jours de boulot (ayant reculé mon départ en congé maternité, ce que j'ai regretté point de vue fatigue, mais dont je me suis bénie point de vue finances, car bon, hein, disons-le, la combinaison passage tout frais de Monsieur Bout en indépendant / coronavirus et la crise économique qu'on nous annonce derrière, ben, euh, tout stock fait n'est plus à faire)
  • mes enfants, ou plutôt leur remplissage de réservoir affectif (le reste, et notamment la logistique, et tout particulièrement la gestion école à la maison de F., étant dévolu à Monsieur Bout)
  • et, depuis que j'ai terminé le boulot, cochage laborieux, chaque jour, de l'un ou l'autre point figurant sur ma to-do list administrativo-médicale : moult RDV, envois et paiement de factures, etc.
  • Tout ça sur fond de douleurs (ouiiiiiinnn plus moyen d'avoir accès à un osthéo), de pics de tension angoissants, de "pas sûr que les papas aient le droit d'être là à l'accouchement" et de "je vais mourir pourquoi j'ai une maison sur 3 niveaux moi".

Eh oui, 
douleurs de partout, remontées acides de la mort, envie terrible d'être une sorcière dans le monde de Harry Potter quand je fais tomber un truc par terre (un bête "Accio bout de haricot" serait siiiii simple), chevilles de tatie Germaine, 10 minutes pour m'habiller le matin, 10 pour me déshabiller le soir, insomnies….
= Je suis l'emblème de la grossesse épanouie, au point que cela fait des semaines que Monsieur Bout répète environ 5 fois par jour que "c'est le DERNIER, hein".
Par ailleurs cet enfant 
  • n'a toujours pas de prénom, 
  • son coin est au degré 0 de préparation, 
  • l'endroit où nous pensons le caser pour les premiers temps est dans un bazar sans nom, 
  • ses habits… ben y en a quelques uns de lavés juste parce que ce sont ceux que j'ai prêtés à ma sœur pour ma nièce toute neuve (coeur cœur) âgée de 1 mois, les autres n'en parlons pas, 
  • ses couches aussi doivent être lavées parce que, quand même, ça fait un bail que mes adorables XS n'ont pas servi (cœur cœur aussi. J'avoue que les retrouvailles imminentes avec mes mini couches lavables me réjouissent).
Dans un mois max il est avec nous : tout baigne !

Voilà, ça c'était le petit bilan / news.

Mais en cette période de confinement, il y a de chouettes moments aussi. 
Et notamment, de jolis échanges puisque c'est l'occasion pour pas mal de gens d'avancer dans la lecture de leur pile à lire, et du coup, parfois, quand ils sont dedans, de mes 200 moments de parentalité positive.


Ce qui me permet donc le billet d'aujourd'hui : une maman en pleine lecture m'ayant contactée pour me partager une interrogation suite à la lecture d'un des 200 moments, et je me suis dit que notre échangé intéresserait un plus large public.
Etant en mode "Flylady / pas de perfectionnisme / mal fait vaut mieux que non fait" ce billet n'a aucune, mais alors aucune prétention à l'exhaustivité sur la question; d'autant que certains autres outils liés à cette problématique sont illustrés dans d'autres extraits du livre et que donc nous n'avons pas eu besoin de revenir dessus avec mon interlocutrice.

Mais voici :

La question
Il y a une histoire de vélo dans un ascenseur où vous vous contentez de dire "tu es en train d'y arriver" Que ce serait-il passé si il n'avait pas réussi ? A quel moment faut-il décider d'intervenir et avec quel mot ?  
Souvent je dis à mon fils ce genre de phrase mais au final il n'arrive quand même pas ce qu'il entreprend et si je n'agis pas vite il finit par s'énerver.. Alors je sais bien gérer la crise de frustration/peine qui suit c'est pas le souci, mais je voudrais savoir quel est le bon moment pour venir aider pour éviter le drame et quel mot employer pour que l'enfant ne le ressente pas comme un échec.


Ma réponse


Ah question intéressante ! Alors je dirais (mais c'est mon point de vue à moi)
  • 1.  déjà, garder en tête que si drame ce n'est pas la catastrophe en soi (même si c'est relou)! 
Accueillir le sentiment de frustration permet à l'enfant d'en tirer quelque chose pour l'avenir 
"Aaah c'est vraiment énervant de voir que malgré tous tes efforts ça n'a pas fonctionné CETTE FOIS" (le "cette fois" est clé). 
Avec éventuellement une question de curiosité en plus : 
"à ton avis qu'est ce qui bloquait ?"


  • 2. en préventif : accueil des sentiments + choix
"Ah ça t'énerve vraiment. Veux tu continuer à essayer ou est-ce-que pour cette fois tu aimerais de l'aide ?"


On peut rajouter la notion D'ENTRAÎNEMENT (continuer de t'entraîner) que je trouve très très utile dans la gestion des échecs et erreurs de nos enfants : ils ne ratent pas juste, ils sont en train d'apprendre et donc s'entraînent pour réussir (à faire leurs lacets mais aussi à respecter les règles de sécurité ou à se tenir calme dans un lieu qui le demande)

  • 3. et du coup pour aider l'enfant à ne pas s'énerver, décrire la situation sous l'angle de l'entraînement aide aussi souvent je trouve : 
Quand il s'agite, dire "Ah dis donc tu t'entraînes fort à xxxx, tu essayes différentes solutions / tu fais travailler tes muscles,.. et du coup tu es en train d'apprendre"



Et la réponse de ma lectrice du jour contient des éléments d'analyse supplémentaires tout à fait intéressants / potentiellement utiles


  • Alors, accueillir la frustration par les phrases type "je comprends c'est agaçant que malgré tous les effort ça ne fonctionne pas" ça c'est OK. En général j'ajoutais "tu y arriveras la prochaine fois"... "Ça n'a pas fonctionné cette fois" est bien plus pertinent car ma phrase peut sous entendre qu'il y aura d'autres échecs et être démoralisant avant même que la situation ne se produise. 
  • Très bonne idée de laisser le choix "continuer ou être aider".. Moi je me contentais d'un : "tu veux de l'aide", ce qui indirectement lui retire l'option de continuer à essayer.
  • Et le coup de l'entraînement c'est top parce qu'en plus ça valorise.. "Tu t'entraines fort".



En espérant que ça vous inspire ! Notamment en cette période où tout parent se retrouve confronté au découragement de ses enfants face à ses travaux scolaires, au hasard...
Je vous dis à bientôt… (l'espoir fait vivre - mais il va bientôt sortir ce bébé, hein, hein, hein. Siiiii dites moi qu'il sortiraaaaa)

Ah et je précise suite à questions que si vous êtes frustrés de ne pas trouver les 200 moments ni bien entendu chez votre libraire, ni sur amazon (ce qui est logique puisque amazon ne livre plus les trucs non prioritaires, et mon livre ne se mange pas; moralité le stock qu'ils ont reste tranquille chez eux - en espérant que des souris ne vont pas estimer qu'en fait si, il se mange), et que vous n'êtes pas en état d'attendre pour sauter sur votre libraire après le confinement, non seulement l'Instant présent est ok pour vous l'envoyer si c'est urgent, mais la fnac en a, à date, encore quelques uns à livrer...