PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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jeudi 31 décembre 2015

Vie pro et... allaitement (2/2)

Allaiter au boulot - suite 
(première partie ici)

tirer au boulot ?


  • La solution de base peut être l'utilisation du local adapté que toute entreprise de plus de 100 salariés (Article 1225-32 du Code du Travail) doit mettre à disposition de ses salariées (pour peu, bien entendu, que vous fassiez partie d'une entreprise de cette taille); ce local se confond très souvent avec l'infirmerie, et représente l'assurance de pouvoir tirer au calme, dans un environnement favorable et bien adapté.
  • Personnellement, travaillant sur une gigantesque usine du temps du Bébou, il m'aurait fallu au bas mot un bon quart d'heure pour rejoindre ce lieu. Et j'avais mon bureau à moi, avec des vrais murs et une vraie porte, non vitrés etc.Mon premier allaitement au boulot a donc bénéficié de conditions idéales: mon tire-lait avait sa place sur un coin de bureau, quand c'était le moment je fermais ma porte (mes collègues avaient vite compris que porte fermée = on passe un coup de fil si on a besoin de me dire quelque chose) et zou en deux temps trois mouvements j'étais branchée. Donc le bureau rien qu'à soi, c'est le must du must, et j'ai toujours pensé et dit "j'aurais jamais pu faire ça en open space"
  • et puis voilà, début novembre j'ai pris un nouveau boulot après Bébounette et en arrivant mon premier jour j'ai découvert... mon open space. Et à l'une ou l'autre amie compatissante qui me suggérait "euh, tu pourrais pas demander quand même à en avoir un, en plus vu tes fonctions c'est pas non plus déconnecté..." euh, même le directeur de l'usine est en open space alors mouiiiii ? Eh bien finalement ce n'est pas si sorcier. Ingrédients du succès : 
    1. Ne pas hésiter à réquisitionner un(e) des (nombreux heureusement, dans mon nouvel environnement) bureaux de passage / salles de réunion aux moments adéquats 
    2. Se positionner dos aux parois vitrées
    3. Communiquer sur le sujet avec les collègues les plus susceptibles de venir faire irruption dans votre tanière (je reviendrai sur le sujet un peu plus tard)
    4. C'est par sécurité, mais ça permet de se sentir plus à l'aise : privilégier encore quelques temps des hauts un peu amples susceptibles de couvrir, au moins partiellement, à la fois le dos (ne serait-ce que par confort, c'est relou les courants d'air) et éventuellement aussi la poitrine / les téterelles.

De toute manière, avec Bébou, je n'avais commencé à ressortir les petits hauts mignons bien serrés (et, vous pensez bien aussi, les robes...) qu'une fois le chapitre "j'allaite en journée" définitivement clos. En revanche ma collection de petits hauts en soie classe-et-passe-partout made in Antonelle (j'ai ce modèle en ... 5 couleurs différentes) s'est avérée parfaitement adaptée à cette période intermédiaire.


  • enfin, en désespoir de cause, reste toujours la solution ultra-glamour de tirer aux toilettes; personnellement je ne l'ai fait qu'en dépannage, je trouve cela compliqué à gérer psychologiquement sinon; en revanche ma sœurette, fréquemment en réunions dans de grandes institutions / bâtiments publics, est devenue experte dans le repérage et squattage des WC handicapés : un environnement plus spacieux, équipé d'un lavabo (lavage de mains et petite vaisselle), et aussi souvent d'une tablette bien utile pour poser son bazar.

Où stocker le lait tiré ?


Le plus simple est d'avoir à disposition un frigo dans une salle de pause proche de là où vous tirez / de votre emplacement de travail (pour éviter de perdre 10 min le soir à aller rechercher votre production). C'est ce que j'ai pu faire avec F. 
Mais à défaut, et c'est mon cas avec E., la petite glacière que j'évoquais dans la première partie de mon article peut tout à fait suffire (avec un nombre suffisant de blocs de glace) pour conserver votre lait à bonne température toute la journée.

Quand tirer durant sa journée de travail ?


Les éléments à prendre en compte : 

  • votre rythme, 
  • si votre travail suppose un aspect collectif avec des pauses prédéfinies prises tout le monde en même temps, ou au contraire prises à tour de rôle pour assurer une permanence, 
  • le nombre de fois où vous avez besoin de tirer dans la journée, 
  • le lieu où vous pouvez le faire

Personnellement mon poste suppose beaucoup de contacts et de réunions mais aussi des moments passés seule devant mon ordi. 
J'ai donc choisi de travailler en tirant (étant au forfait jours, je n'ai pas à m'encombrer de subtils calculs sur mon temps de travail effectif). Coups de fil, gestion des mails, correction de power point / excel, c'est fou le nombre de choses que je peux faire pendant ce temps, et cette organisation me permet de prendre sereinement tout le temps nécessaire si un jour la production est un peu lente / un besoin de stimulation prolongée se fait sentir. 
Visiblement cette organisation est assez rare, et a étonné le personnel médical à l'infirmerie, mais à moi elle convient parfaitement ; regrettant trèèèèès souvent de ne pas avoir le don d'ubiquité pour pouvoir bosser à fond et faire tout ce que je veux avec mes enfants, ces séances à tirer en bossant constituent LES moments où je réalise ce rêve d'ubiquité.

En revanche je prends bien soin de réserver des créneaux dans mon agenda, aux horaires qui me conviennent, plusieurs semaines à l'avance afin d'éviter qu'on ne me balance une réunion difficile à déplacer ensuite. Et ces créneaux sont assortis de leurs petits rappels 15 minutes avant (merci Outlook), car, prise dans mille tâches, je n'y penserais pas forcément toute seule...


Comment gérer les autres / quelle communication avoir ?


Réponse à minima : les gens vis-à-vis desquels c'est nécessaire.... et ensuite, à vous de voir comment vous êtes à l'aise.
Ca peut être RH et supérieur hiérarchique notamment si, comme la loi vous en donne le droit, vous allez diminuer votre temps de travail effectif pour prendre des pauses allaitement (dans le cas d'un travail au guichet, par exemple). 
Comme évoqué plus haut, étant cadre au forfait-jours je ne suis en tant que telle pas concernée par ce subtil calcul, dans un cas comme le mien il s'agit davantage d'évaluer quelles personnes sont susceptibles d'être impactées par l'aspect logistique de l'allaitement.
Mais là encore, tout dépend du contexte : 

  • du temps de F. je faisais partie d'une équipe bien constituée, avec un chef présent, des rituels d'équipe. En conséquence de quoi les personnes les plus susceptibles d'être impactée par mes projets laitiers et de les impacter à leur tour étaient mes collègues, si bien que j'avais anticipé et prévenu mon équipe, et surtout ma chef, qu'à mon retour j'ajouterais une activité à mon quotidien.
  • Cette fois-ci, je suis arrivée auprès de collègues inconnus, en électron assez libre, sans équipe constituée et avec un chef qui ne me manage que formellement. Je n'ai averti de rien, mais la première semaine j'ai expliqué au fur et à mesure des questions pourquoi je squattais un bureau de passage à horaires réguliers.

Les réactions sont souvent surprises, parfois gênées, mais le fait d'expliquer tranquillement qu'on allaite encore son bébé et qu'on tire le lait qu'il boit la journée dissipe rapidement les interrogations et, dans mon expérience, ces premières réactions sont très vite remplacées par des comportements très coopératifs. Ainsi, dans mon ancien boulot, et ce malgré un environnement à 90% masculin, le service maintenance d'à côté, dont je squattais le frigo, pensait toujours à aller me prévenir avant de fermer la salle de pause où se situait ledit frigo, pour que je puisse aller récupérer mon lait. 
Dans mon boulot actuel, il y a par exemple mon voisin d'open space, jeune célib sans enfant, qui spontanément est allé demander à un visiteur (inconnu de moi, mais qu'il connaissait) squattant "mon" bureau de passage si il voulait bien aller voir ailleurs si il y était pendant la prochaine demie-heure.

Comment entretenir le matos comme il se doit ?


Je rince téterelles et compagnie aux WC puis je fais sécher cela dans une armoire (pour éviter que ça ne soit la première chose que les gens voient en arrivant) dont je laisse la porte entrebaillée (pour sécher c'est mieux), sur un torchon que je change régulièrement. Je rapporte le tout à la maison le soir et c'est Monsieur Bout qui prend en charge la vaisselle plus approfondie. De temps en temps, un petit coup de stérilisation dans une casserole d'eau bouillante, et ça roule.

Un conseil en prime ?


On dit souvent que la reprise du boulot complique l'allaitement en diminuant la quantité de lait produite. Cela peut se vérifier du fait de différents facteurs (fatigue, moins de proximité avec bébé) mais le principal écueil à mon sens est que, prise dans l'agitation du travail, on oublie facilement la base de l'allaitement : BOIRE. Pour peu que la fontaine à eau soit un peu loin, qu'on soit sur un dossier prenant ou bloquée en réunion, hop, une demi-journée passe sans qu'on ait ingurgité la moindre goutte. 
En ce qui me concerne, je pars donc de chez moi avec ma petite bouteille d'eau (0,5L) remplie, que je vide minimum une fois par demi-journée, mais si possible deux. Et si j'ai oublié, je réagis à la sonnerie outlook précédant ma séance de tirage en vidant d'une traite la bouteille et en allant aussitôt la remplir pour la vider à nouveau dans la foulée.

Et enfin : quelle contribution de la part de monsieur ?


Car tout cela demande des efforts en logistique, et il est bien agréable d'être soutenue là où c'est possible.
En ce qui nous concerne, Monsieur Bout contribue donc à la poursuite de l'allaitement de différentes manières

  • il prépare la glacière avec tire-lait, téterelles, pots vides, blocs de glace etc le matin
  • il remplit ma bouteille d'eau 
  • il vide la glacière le soir, remise les pots au frigo, fait la vaisselle, branche le tire-lait
  • il me propose / apporte à boire régulièrement durant la soirée
Merci à lui ;-)




Voici les enseignements que je retire de mes deux expériences d'allaitement au travail. Je m'en faisais une montagne, mais finalement toute une série d'ajustements m'ont permis d'allaiter aussi longtemps que je l'ai souhaité, et j'espère que ce témoignage pourra servir à encourager / rassurer l'une ou l'autre d'entre vous.


Quant à celles qui ont elles-aussi des expériences utiles à partager, n'hésitez pas à en faire bénéficier les autres par le biais des commentaires !

2 commentaires:

  1. Coucou !
    Me voici en train de découvrir avec délices ton super blog ! Je voulais juste ajouter un lien vers mon blog-bible-fétiche sur l'allaitement et le travail : http://www.lactissima.com/a-tire-d-ailes/
    Il m'a beaucoup aidé pour plein de questions, pour les baisses de lactation ou de motivation et pour plein d'autres réflexions...
    des bises

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    1. merci Anne-Laure ! hihi, c'est l'avantage du congé mat ;-)
      ah oui lactissima j'ai dévouvert ça tard (une fois mon blog commencé je crois), mais c'est une chouette ressource ! mais à l'époque c'est toi qui m'avait prêté l'art de l'allaitement maternel, ça m'avait bien aidée déjà.
      Bises à toi !

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