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lundi 29 janvier 2024

La parentalité est un escape game géant

Lors d'une galette des rois chez des amis (galette de... l'an dernier - je n'ai aucun retard de publication !) une discussion avec une autre maman sur l'épineux sujet des intolérances alimentaires a fait tilt.

Avec ladite maman, nous nous sommes dit qu'au fond, avoir des enfants, c'était comme rentrer dans un escape game géant (et très, très, très long) : 

  • une mission : les éduquer du mieux possible pour en faire des adultes bien dans leurs pompes et respectueux des pieds des autres.
  • et pour cela: ils n'ont de cesse de nous poser un TAS d'énigmes. Sans cesse. Et de nous pousser à creuser des trucs impensables.


Car pour résoudre ces énigmes, eh bien, comme dans tout escape game qui se respecte, on doit mobiliser des ressources, et notre rapidité à les résoudre dépend notamment des villageois qu'on va rencontrer (ou pas), et des informations qu'on va récolter grâce à eux. 

Je pense par exemple, pour ma partie d'escape game personnelle, à l'énigme des 

  • rythmes de tétées : j'ai eu la chance qu'une amie chérie m'ait fait découvrir un livre dans lequel un pédiatre parlait de la possibilité qu'un tout jeune bébé n'ait besoin que de 3 tétées par jour. Qu'aurais-je fait sans cette ouverture supplémentaire ?
  • intolérances alimentaires : ah là là, que de villageois m'ont permis d'apprendre à 1. repérer 2. traiter le souci et 3. adapter le quotidien du mieux possible

  • éclampsie : 
    • être germanophone m'a permis d'être membre d'un forum de nanas supers... et hop, forum qui s'est trouvé receler quelques parts des informations très utiles quand il a fallu éviter une récidive lors de ma 2ème grossesse. 
    • J'ai moi-même été une villageoise utile pour d'autres femmes dans cette situation.
    • Traumatisme lié à l'éclampsie : c'est une autre amie, sage-femme de son état, qui m'a poussée à l'intéresser à une thérapie EMDR après des années à clopiner avec le traumatisme
    • Et l'an dernier, je regrette très profondément de n'avoir pu "villageoiser" que trop tard pour un couple de notre entourage, en n'apprenant leur grossesse que quand celle-ci était déjà trop en train de tourner au vinaigre pour qu'il soit encore possible d'éviter la perte de leur trop petit bébé.


Car oui, certaines ressoures tombent à pic, et d'autres viennent parfois un peu ou très tard et, comme l'a formulé la maman de ladite galette des rois lorsque je lui ai filé une information qu'elle n'avait pas : 

"Ah punaise, c'était donc ça.... on aurait galéré moins longtemps si seulement on avait su".

Typiquement, j'ai croisé Faber et Mazlish plutôt assez tôt (F. avait tout juste 3 ans quand une amie m'a tendu leurs bouquins), mais j'aurais bien aimé les croiser avant de croiser Isabelle Filliozat, puisque à l'arrivée, l'approche ô combien équilibrée des relations parents - enfants présentée par Faber et Mazlish nous correspond bien mieux que l'approche Filliozat. 

C'est d'ailleurs un constat que je fais régulièrement dans mes interventions sur la parentalité positive, avec des parents tout étonnés et soulagés de constater qu'on peut "faire de la parentalité positive" sans adhérer à Filliozat, et que cette voie-là offre la possibilité de concilier ce qui leur semblait inconciliable : respect d'eux-mêmes et respect de leurs enfants.


Et comme dans tout bon jeu, il y a des personnages qui interviennent ponctuellement, et vont nous donner UNE info à UN moment, info décisive, avant de s'évanouir dans les méandres du jeu, et d'autres qui vont être un peu notre père Fourras: on ira les voir régulièrement quand on a besoin d'une clé supplémentaire.


Là, ces derniers jours, une péripétie inattendue nous a amenés à solliciter très fortement un autre villageois /Père Fourras : un de mes frères, pour nous retrouver à faire un choix que nous n'avions pas forcément prévu et qui va nous emmener sur un chemin inconnu et aventureeeeux (suspense ! dès que c'est confirmé à 100% - on est à 99 - je vous raconte. Je vous préviens tout de suite que ce n'est pas tout à fait aussi excitant qu'un bébé, un livre ou un déménagement, mais je crois qu'on va bien rigoler quand même en apprenant à nous adapter. Et que nos déboires et découvertes donneront peut-être des billets savoureux.).


Sur cet élément de teasing terrible, je termine en dédicaçant ce court billet (eh, vous avez vu !?) à la lectrice qui m'a envoyé un mail la semaine dernière, mail dont le contenu m'a remis en mémoire l'ébauche de billet que j'avais faite l'an dernier, puisqu'elle venait me dire à quel point j'avais été une villageoise utile pour sa partie d'escape game à elle, notamment pour l'énigme "organisation", en lui apportant l'indice "Flylady", et l'énigme "éducation", avec ces très chers F&M.


Et vous alors, [mode "Gamers Anonymes ON"], 

  • c'est quoi les villageois qui vous ont servi ?
  • sur quels sujets avez-vous joué / jouez-vous le rôle du Père Fourras ? (barbe incluse bien entendu - je suis persuadée que ça vous va à raviiiiir)


lundi 25 septembre 2023

Gwen : une folie de plus

J'abuse.

J'abuse j'abuse j'abuse.

J'abuse grave.

NON SEULEMENT je me suis permis de négliger honteusement ce blog pendant une demi-éternité. (Oui, je suis comme Chuck Norris : je sais compter jusqu'à l'infini; de ce fait, le diviser par deux ne me pose aucun souci)

MAIS EN PLUS je pousse le bouchon au point de faire du premier billet post-retrouvailles émues un billet complètement débile, traitant d'un sujet qui n'avait rien à faire sur le blog (et qui n'y faisait rien, d'ailleurs) jusqu'à ce que je me mêle d'en parler l'an dernier.

J'ai nommé LE SPORT !

Tadaaaaam

Si si, j'vous assure, j'ai écrit sur le sujet l'an dernier, c'était de la folie, un vrai RDV des NSA. (Non Sportifs Anonymes).

Et puis plusieurs d'entre vous ont bien rigolé je crois.


Bref, rions encore.

Car figurez-vous qu'après un peu plus d'un an...

  • non seulement je continue mes séances de sport et tout et tout. 
C'est vraiment rentré dans ma routine. Il y a des hauts et des bas, mais même en période basse, l'habitude reste. Que quelques minutes si je suis crevée / pressée / ... mais... l'habitude reste, elle reste, elle reeeeeste et c'est absolument inouï. 

Accessoirement, certaines de mes petites robes d'été avaient une tronche différente sur moi cet été par rapport à l'an dernier, et je l'ai constaté avec beaucoup de satisfaction. (D'aucuns diraient : de complaisance. Mais la bave du crapaud etc)

  • mais en plus... pas plus tard que ce jeudi soir dernier...

J'ai fait des folies de mon corps.


J'ai suivi ... :

A. un inconnu dans la rue ? Ouuuh là ce blog part vraiment en cacahuète.

B. une licorne, et suis partie pour un monde plein de surprises et de merveilles ? Hum, le monde est déjà plein de surprises et de merveilles.

C. Leonardo DiCarpaccio sur Insta ? Chuttt, on n'est pas obligés de tout déballer non plus.

D. ma première séance d'Aqua Gym.


Ben oui, moi, la non-sportive invétérée, et qui vous avais expliqué en long en large et en travers à quel point 

  • la pratique d'un sport en collectif c'était NO WAY et que je ne m'étais mise au sport que parce que j'avais découvert une manière de faire ça discrétos, loin du regard des autres dans le secret de ma chambre, 
  • le fait de devoir me rendre quelque part, me préparer, machin, était déjà trop fatigant pour moi et que donc faire du sport c'était devenu possible uniquement en le faisant à domicile, avec un temps de trajet entre mon lit et mon tapis estimé à 0,5s,

je suis allée, volontairement, m'inscrire dans un cours, avec d'autres personnes, ayant lieu forcément pas chez moi (ma piscine n'est pas terminée hélas. Pas vraiment commencée, non plus), avec des horaires et l'obligation de me changer (puisque l'aquagym toute habillée c'est drôle mais pas longtemps).


Ce n'est évidemment pas ma faute, hein, rappelez-vous, déclencheur externe de motivation !

= fin juillet, des nanas de ma connaissance et que j'apprécie m'en ont parlé par hasard, m'ont dit que c'était chouette, qu'elles étaient plusieurs à s'y retrouver les jeudis soir à 20h45, dans la piscine à 7 minutes à pied de chez moi, que la prof était chouette, motivante, et pas chiante (sur les mouvements / le rythme / l'assiduité etc. Bref pas le modèle adjudant-chef), et m'ont sournoisement interrogée : 

"Eh mais t'as pas envie de nous rejoindre ?".

Normalement j'aurais du partir en courant.

Sauf que, pour le moment en tous cas, je n'aime toujours pas courir.

Et surtout : ma dernière réticence a explosé quand elles m'ont dit... qu'il y avait un absentéisme de malade, qu'on commençait l'année à 20 mais qu'au bout d'un mois il y avait maxi 5 à 10 nanas présentes simultanément : car je commençais déjà à invoquer mes déplacements pour dire que ça ne valait pas la peine.

Rho punaise ! Un petit rappel Flylady auquel je ne m'attendais pas : eh oui, encore une fois, le perfectionnisme = le meilleur obstacle à l'action. Je vous avoue que ça m'a fait très bizarre de me retrouver à remettre en cause, une fois de plus, un discours entendu dès ma plus tendre enfance 

"Tu t'engages, c'est pas facultatif, si tu t'inscris faut le faire sérieusement". 

J'ai réalisé qu'en fait, oui, j'allais effectivement le faire sérieusement, à ma manière : sérieusement, c'est-à-dire, à la dose faisable pour moi, compatible avec ma vie et mes contraintes; plutôt que ne pas le faire car cherchant à me conformer à des standards irréalistes pour moi. Cette activité était là pour moi, et donc, il s'agissait de la suivre au rythme qui était bon pour moi.

C'est du reste l'avantage d'une activité comme l'aquagym : c'est très différent d'une chorale ou un cours de danse, où

  • il y a une véritable dynamique de groupe ainsi qu'une progression, 
  • où donc louper une séance nous fait manquer une étape de ladite progression si bien qu'on patauge la fois d'après en essayant de rattraper (alors qu'en aquagym de toute manière on patauge tout le temps sans quoi que ce soit à rattraper...)
  • par notre absence on nuit à l'avancée du groupe, 

là, rien de tout ça. A chaque séance, on est juste là pour bouger, imiter vaguement les mouvements montrés par la coach, sans devoir produire un résultat quelconque à la fin.

Et j'ai donc réalisé que, oui, 2 séances d'aquagym par mois (c'est le rythme qui m'attend réalistement jusqu'à novembre en tous cas, si je regarde les engagements que j'ai déjà pris) vaudraient toujours mieux que "0 car je peux pas faire les 4 donc non".

Whouhou ! prise de conscience libératrice.

D'autant que, oui, si je comptais sur cette activité pour cocher la case "activité physique", bon, en effet, ce serait assez peu (mais déjà mieux que rien, eh !). Mais là, comme c'est juste un truc en plus de ce que je fais déjà, je ne vais me priver de la cerise sur le gâteau sous prétexte que la quantité de cerises est limitée !


J'ai donc 

  • hésité un peu, 
  • puis négocié avec Monsieur Bout (ça allait lui faire des soirées en plus à gérer seul, venant se rajouter à mes déplacements et aux fois où j'ai des séances de coaching en toute fin de journée; et encore, je n'ai encore rien planifié côté ateliers Faber&Mazlish). La négociation a abouti aux conditions suivantes :
    • on dîne tôt pour que le dîner soit terminé et le coucher des enfants bien amorcé quand je quitte le domicile
    • si y a un souci sur un soir, je suis vraiment ok pour annuler ma séance

et me suis inscrite.

Et c'est ainsi que donc, jeudi soir, j'ai fait une folie de plus : ma première séance d'AquaGym, avec un certain nombre de constats : 

  • ça bouge énormément ! J'ai béni mes un an de sport parce que sans eux, je ne sais pas si j'aurais 1. tenu la distance 2. apprécié la promenade. 
  • pas de souci avec le regard des autres 1. C'est un gros avantage d'une activité dans l'eau en fait : on est à moitié caché de toute manière !
  • pas de souci avec le regard des autres 2. Personne ne se met la pression et c'est cool : je faisais les mouvements n'importe comment parfois (surtout que moi la coordination hum hum) mais... j'étais pas la seule
  • J'avais peur de la température de l'eau mais en fait une fois qu'on bouge, on a bien chaud. Et en fait, moi qui déteste transpirer (ça passe quand je suis toute seule mais je déteste me sentir toute transpirante en société), j'ai réalisé qu'une activité en collectif dans l'eau est idéale sur ce plan !
  • Je me suis bien amusée et c'était super sympa en musique
  • Le côté collectif / entraînement avec coach + groupe m'a poussée à aller plus loin que je ne l'aurais fait sinon: je n'aurais pas fait 1h toute seule...

Enfin, last but not least, j'ai aussi réalisé l'intérêt d'inclure une telle activité dans mon quotidien bien rempli : elle vient rajouter un élément en fait franchement absent, et qui manquait. Voici une activité où je vais retrouver des gens, des adultes, de manière régulière, sans pression aucune sur moi. Car j'ai réalisé que du fait de mon activité pro

  • d'indépendante : même si je fais partie d'un réseau, je n'ai pas de routines où je retrouve des collègues. J'ai mon groupe de supervision tous les mois, mais c'est différent. D'ailleurs, en me rendant à cette fameuse séance, j'ai plus eu l'impression d'une rentrée scolaire, avec cette interrogation autour d'un nouveau collectif dans lequel s'intégrer, qu'avec ma reprise post-vacances
  • et coach : j'ai un boulot relationnel par essence, et donc je rencontre du monde, mes clients, régulièrement, idem quand j'anime un groupe Faber et Mazlish... et c'est avec plaisir ! Mais je suis toujours un minimum en tension pour cela : je suis là pour un objectif particulier, pour eux, ce n'est pas une rencontre symétrique. Ce sont des moments que j'apprécie énormément mais qui me demandent une sacrée concentration, bref, eh, c'est un relationnel motivant et fatigant.

Là, me voici avec un RDV régulier, pour retrouver des copines sans avoir à organiser quoi que ce soit, et sans avoir à fournir quoi que ce soit : personne n'attend rien de moi... et c'est bien agréable de temps en temps ^^.


Ma première "activité extra-scolaire" depuis des luuuuustres !!


Et vous alors, que vont venir nourrir vos choix d'activités cette année ? 


(bien évidemment, à ce rythme de progression inouï, mon prochain billet "sportif" vous fera inévitablement part de ma participation - en tant qu'athlète - aux JO)

lundi 12 décembre 2022

Parentalité positive = manipulation ?

Décidément, la parentalité positive ne manque pas de détracteurs

  • d'un côté, elle est vue comme une espèce de lubie laxiste / tout laisser faire à son enfant
  • d'un autre côté, elle est parfois présentée comme une hypocrisie manipulatrice. Parce que vouloir amener notre enfant à faire quelque chose qu'il n'avait pas prévu au départ, ce serait mal, contraire à sa liberté, bref, une immonde manipulation, l'exercice d'un pouvoir déguisé.

Ennemi classique sur ce plan-là, la fameuse technique du faux-choix =  contourner la résistance de l'enfant à enfiler un pantalon, par un choix subtil du style "Tu veux mettre le pantalon rouge ou le pantalon gris ?". Cette astuce occupe une place de ... choix (huhuhu) dans les articles / formations éducation aux titres accrocheurs du style "se faire obéir sans crier", et ce n'est pas un hasard.


Prenons donc cette fameuse "technique" en exemple de ce que peut être, ou pas, notre rôle de parent.

Cette fameuse technique du faux-choix illustre déjà très bien ce que je développais dans mon sublime billet sur l'arnaque qu'est la parentalité positive

  • Oui, la parentalité positive, réduite à un ensemble de techniques destinées à amener nos enfants à faire ce que nous voulons qu'ils fassent, est vouée à l'échec.
  • Et oui, si on voit la parentalité positive comme une mouvance d'éducation qui vise à amener nos enfants à faire ce que nous voulons, mais de manière douce, nous ne sommes pas sortis de l'auberge, puisque nous nous heurterons fatalement au fait que
    • nos enfants s'obstinent quand même souvent à ne pas faire ce que nous voulons, sales rebelles, et ne manqueront pas de nous montrer assez vite qu'ils ne seront pas dupes plus longtemps de nos petits subterfuges
    • nous-mêmes nous n'arrivons pas à parvenir à nos fins en maintenant en permanence une bulle de douceur, de paillettes et de pets de licornes dans nos interactions avec notre charmante progéniture. Ooooouuuuuhhhh, paaas bieeeen.


Du coup, je vous le dis tout net, chez moi, je me suis définitivement séparée de ces 2 attentes

  • non, mes enfants ne feront pas exactement ce que je veux qu'ils fassent et je ne mesure pas ma compétence parentale à ma capacité à leur faire faire des trucs
  • non, mon action parentale et notamment le développement de la responsabilité de mes enfants ne se fera pas toujours dans la joie et la bonne humeur, et donc ma compétence parentale n'est pas immédiatement à nier si hélas le ton de voix, soit de la Gwen, soit de sa progéniture, s'élève. Et pourquoi "soit", d'ailleurs. C'est pas forcément du "ou", hein, disons-le, ça peut être du "et". Sur ce plan-là je me dis que notre petit H., du fait de sa position de 3ème en arrière-garde, eh bien, euh, il développe son accoutumance au bruit. Cf ce que je disais sur le thème de la contribution de ma progéniture aux tâches ménagères, par exemple.


Oui, un de mes buts premiers est de faire de mes enfants des êtres libres. Mais libres de quoi ? Libres de toute contrainte ? Hum, c'est mort. La vie est pleine de contraintes. Si je m'efforce de prétendre qu'il en est autrement

  1. Je vais m'épuiser à gommer toutes les contraintes existant, et c'est l'amer constat que font tant de parents pleins de bonne volonté. Le souci de rendre leurs enfants heureux en les libérant d'un maximum de contraintes les conduit à ployer sous le poids des contraintes qu'ils endossent, eux, de ce fait. Et tant de parents pleins de bonnes intentions, mais hélas biberonnés à une version biaisée de la parentalité positive, crament / se dégoutent du truc en s'évertuant à cela.
  2. Je vais faire grandir mon enfant dans un mensonge gigantesque : n'ayant connu de la vie qu'une version très édulcorée, la confrontation à la réalité risque d'être costaud.
Attention, il ne s'agit pas de reprendre ici l'argument qui est souvent donné par les détracteurs de la parentalité positive en mode 

"Le monde est méchant, autant qu'il y soit confronté direct"

  • Le monde n'est par essence ni méchant, ni gentil, il est ce que les hommes qui l'habitent en font, au quotidien, à chaque instant : il peut être l'un ou l'autre selon les actes que chacun de nous pose. Il n'est donc pas de notre responsabilité d'apprendre à nos enfants à composer avec la méchanceté, mais de notre responsabilité d'apprendre à nos enfants à agir de manière à ce que ce monde soit, au quotidien, un peu meilleur du fait de notre action.  
  • En revanche, oui, le monde est par essence plein de contraintes, et nécessite des efforts pour la gérer: par essence on ne peut y faire ce qu'on veut. C'est pourquoi, apprendre à composer avec ça, avec la contrainte, est sacrément utile, et gommer la contrainte, c'est empêcher nos enfants de faire cet apprentissage.

Et comme je l'écrivais il y a déjà très longtemps sur le fait de "tout donner" à son enfant, les contraintes les plus importantes que toute personne doit intégrer, sont celles liées aux limites personnelles des personnes qui l'environnent. Apprendre à respecter ces limites ( = celles de ses voisins), apprendre à respecter ses limites (les siennes), apprendre à les exprimer respectueusement. 


Donc, si notre boulot devient d'apprendre à notre enfant à gérer la contrainte,... ça change pas mal de choses en éducation.

  • On peut rester sur une vision traditionnelle de l'éducation : paf, contrainte, vas-y, hop, ça fait mal, ben c'est comme ça et te plains pas. Voire je t'en rajoute pour que tu t'y entraines
Là, personnellement, je fais tout de suite le lien avec mes billets récents sur le miracle qui m'a fait me mettre au sport

    • Si on m'avait balancé direct plein de sport dans la figure (ou plutôt : avant, toute ma vie, quand on m'a contrainte d'office à une bonne dose de sport...), ça n'aurait jamais fonctionné. 
    • Mais les contraintes liées au sport ont été aménagées, adoucies, le niveau d'exigence a monté très progressivement, j'ai "déguisé" la contrainte, introduit des éléments fun, je me suis musclée, ma volonté s'est musclée, et de "couch potato" invétérée, comme disent les anglo-saxons (pomme de terre de canapé pour les non-anglophones; métaphore éloquente n'est-ce pas ? ^^) je suis maintenant en lice pour les JO. (si si, jvouzassur).


Eh bien la contrainte, c'est pareil. Comparons-la à un mur. 

Le mur est là, on ne le nie pas, mais apprendre à quelqu'un à le gérer, ce n'est pas forcément le prendre par les épaules et lui cogner la tête dedans en mode "eh, oui, tu vois, y a un mur, c'est dur, c'est froid, c'est comme ça habitue-toi, et maintenant, escalade-le à la force de tes poignets. Et plus vite que ça !".

Ce mur, je peux 

  • l'aménager : par exemple, poser une échelle, ou même, construire un escalier qui y est adossé, et gravir peu à peu chaque marche, une à la fois, 
  • le contourner : arriver au même objectif mais par un autre chemin; y compris creuser en dessous
  • l'amortir : plus facile de passer au-dessus d'un mur sur lequel il y a un coussin, plutôt que m'érafler à ses arêtes tranchantes ; 
  • Le décorer : ça peut être plus fun à grimper, et même me filer des repères sympas (par exemple mettre de mini cibles là où je devrais poser mes mains). Dans tous les cas mon mur en Technicolor m'effraiera moins.
  • je peux muscler les poignets et les chevilles de mon enfant par de petits exercices avant de l'envoyer escalader 2 mètres de mur...;

Et en faisant tout cela, je peux montrer à l'enfant ce que je suis en train de faire, c'est-à-dire lui permettre de développer ses propres stratégies de gestion de la contrainte. 

C'est d'ailleurs avec cela qu'il coopère ! 

Un exemple très parlant est ce que je vous racontais sur ce qui a permis qu'E. range enfiiiiiiin sa chambre. 

En disant à E. que je ne voulais PAS qu'elle range sa chambre, l'ai-je manipulée de manière immonde ? Non, j'ai analysé la composition du mur et repéré que celui-ci était composé d'au moins 2 trucs : 

  • la pénibilité de la tâche de rangement, 
  • et l'embêtement lié au fait de devoir obéir, c'est-à-dire, un besoin d'autonomie. 
J'ai donc adouci le mur en ôtant, du rangement de chambre, l'élément "j'obéis donc je m'assieds sur mon besoin d'autonomie". Au contraire, ranger sa chambre est devenu une manière d'affirmer son autonomie, puisque ça se fait "contre" ma demande.

E. l'a très bien repéré, et s'en rend encore régulièrement complice en venant me solliciter, les fois où ranger sa chambre lui semble vraiment trop relou : "eh, Maman, tu ne veux pas que je range ma chambre, n'est-ce pas ?". Elle a admis l'existence de la contrainte, constate que franchement elle a du mal à s'y confronter, a repéré une ressource qui lui facilite la tâche, et vient donc la mobiliser. Elle s'auto-manipule. 

Ce processus de repérage des ressources qui nous aident à gérer une contrainte est exactement le principe du billet que j'ai moi-même écrit sur mes stratégies de gestion de mon trouble de l'attention. Je m'automanipule parfois à mettre de la musique sur une tâche rébarbative. Bravo moi !


Avec cela, oui, le pouvoir est toujours présent dans la relation. Tant mieux !

Car contrairement à ce qu'on peut craindre, ce n'est pas un problème . Le pouvoir n'est pas un problème, le pouvoir n'est pas à jeter ! Le pouvoir est là, le pouvoir est une ressource. Le tout est de savoir ce qu'on en fait.

Et là, on passe 

  • d'un pouvoir sur... : j'utilise les ressources à ma disposition pour te faire faire quelque chose qui m'est profitable
  • à un pouvoir pour... : j'utilise les ressources à ma disposition pour t'amener à avancer dans une direction qui t'est profitable.

(c'est une distinction qui est la racine du coaching, et qui fait qu'en cours de coaching pro, je vais parfois être assez confrontante sur certains aspects, mais après avoir défini avec mes clients les objectifs qu'ils souhaitent atteindre pour ce coaching : j'ai ainsi l'autorisation d'utiliser mon pouvoir pour les aider à avancer vers les objectifs qui sont les leurs... 

Par exemple, cette semaine, je vais probablement aller mettre le nez d'un de mes clients dans le fait qu'il n'a pas communiqué sur un point important vis-à-vis de son chef - ce que je sais car j'ai reçu un mail dudit chef me posant une question sur ce point. Mail que j'ai laissé sans réponse puisque ce n'est pas à moi de communiquer sur le sujet. - or c'est un peu embêtant, pour quelqu'un en position de leadership et dont un objectif de coaching est de gagner en impact au sein de son entreprise, de négliger une ressource essentielle pour avoir de l'impact : la relation à son chef...) 


Pour terminer, reprenons l'exemple du faux choix : 

  • si le vrai besoin de l'enfant qui pique une crise quand on lui dit d'enfiler le pantalon déjà préparé à son intention, est la liberté, le pouvoir, le faux choix vient y répondre parfaitement : il va pouvoir décider de quelque chose, exercer un pouvoir dans un cadre compatible avec sa santé, l'état des lessives, etc.
  • si le vrai besoin est effectivement de ne pas porter de pantalon (nous avions le cas récemment en piqûre de rappel d'ateliers de parents Faber et Mazlish)... le faux choix n'y fera rien. Ce sera très frustrant pour nous, mais aussi l'occasion de faire un pas de plus et de s'interroger sur ce qui se passe. Car c'est quoi, un besoin de ne pas porter de pantalon ? 
    • Besoin de confort ? (on a plus de liberté de mouvement en short... on peut alors privilégier l'achat de pantalons dans des matières souples pour la mauvaise saison) 
    • Besoin d'attention ? (on va enfiler le pantalon sur les genoux du parent... et coupler habillage et câlin).
    • Besoin de s'individualiser ? (Là, c'est en ateliers "Frères et sœurs sans rivalité" que nous avons été amenés, pas plus tard que la semaine dernière, à parler de la manière dont les enfants peuvent s'emparer de leur garde-robe comme d'un moyen de différenciation du grand frère / grande sœur)


Et voici comment on se retrouve, nous-mêmes, avec toute une série de ressources à utiliser pour le bien de tous, c'est à dire pour réconcilier les différents besoins en présence : 

  • respecter notre besoin de parent : assurer la sécurité / santé de notre enfant ; respecter certains codes vestimentaires pour certains lieux ; ...
  • respecter le besoin court-terme de l'enfant, en l'ayant bien identifié ! puisqu'il est souvent caché derrière une demande véhémente mais trompeuse, 
  • et respecter un autre besoin, long-terme, de l'enfant : grandir et apprendre à se gérer dans un monde fait en partie de contraintes.


C'est un peu comme le bon et le mauvais chasseur chez les Inconnus, au fond
Il y a la bonne et la mauvaise manipulation
  • la mauvaise manipulation, c'est : "faire/dire ce truc te fait agir dans ce sens, donc je l'utilise"
  • la bonne manipulation, c'est : "faire/dire ce truc te fait agir dans ce sens, donc je l'utilise"... parce que c'est important pour toi aussi de savoir agir dans ce sens... et si ce truc ne "marche" pas, je prendrai cette information pour comprendre ce dont tu as vraiment besoin / le truc important pour toi mais que je n'ai pas perçu dans cette situation.

La mauvaise manipulation reste en surface, la bonne nous oblige à nous confronter à la personne qu'est notre enfant, à la comprendre, à la découvrir, à respecter son mode de fonctionnement et ses besoins.

Et... à faire le même job vis-à-vis de nous. Ouais. C'est vraiment l'arnaque car c'est fa-ti-gant tout ça.

Car la mauvaise nous met non seulement à distance de notre enfant mais aussi de nous-même: parfois, on est tellement occupés à vouloir imposer sa volonté qu'on a même oublié "pourquoi" on veut ça, voire on ne réalise même pas que ce qui "veut", ce n'est pas nous, mais la petite voix de notre mère qui nous a dit qu'un enfant bien élevé, ça [insérer comportement souhaité]).

La bonne, elle, nous incite à nous reconnecter à notre enfant et à nous-même et à être ensuite créatifs dans la manière de gérer la difficulté / d'atteindre nos objectifs profonds (et non à les lâcher, ce qui serait le coup avec du laxisme).


lundi 7 novembre 2022

"Les enfants c'est QUE DU BONHEUR" - Ou pas.

Mon emploi du temps croule / a croulé, de la même manière que l'année dernière, et j'ai du prendre des mesures de rationalisation parce que pas moyen que je refasse un année comme celle qui est derrière moi.
A l'arrivée, même si le presque cramage n'est pas agréable, c'est positif, puisque ça m'oblige à me poser, et me permet un recentrage express en accélérant une évolution que je pensais possible seulement à moyen terme : travailler moins (pour gagner plus, spécial dédicace Sarko).

Dans le cadre de ce recentrage, j'ai squizzé différentes activités, selon
  • un premier critère absolu : leur niveau d'intérêt pour moi : "Ai-je méga envie de faire ça ?" / "A quel point cela me nourrit-il?"; je pourrais appeler ça la rentabilité énergétique ^^. Mes centres d'intérêt ayant évolué sur mes quelques années de BusinessGwen, il est temps pour moi d'adapter mon activité, et de dire adieu à ce qui m'a plu un temps, mais ne me correspond plus tant que ça maintenant.
  • et un 2ème critère relatif : la rentabilité financière. Je dis "relatif" car j'ai inclus, dans mes plans, un peu de place pour du "peu rémunérateur mais haut niveau d'intérêt". Place que j'ai décidé de consacrer exclusivement à l'animation d'ateliers de parents Faber et Mazlish cette année : j'ai donc, par exemple, arrêté de donner les cours de RH que je donnais depuis quelques années.

Je m'apprête donc à démarrer un cycle "Frères et Sœurs sans rivalité", et j'ai également pu déjà animer une première soirée Piqûre de Rappel en octobre. 
Pour mémoire, le principe de ces soirées est de réunir des parents des différents groupes ayant suivi les ateliers "Parler pour que les enfants apprennent" au fil des ans avec moi, et d'aborder avec eux leurs questions, leurs problèmes actuels, en mode requinquage / approfondissement / rafraichissement de mémoire / reprise de réflexes voire même souvent aussi raccrochage de wagons.

Super soirée, supers échanges et c'est l'un de ces échanges qui suscite l'article du jour.
La soirée regroupant par hasard deux mamans de jumeaux, dont l'une bien occupée avec sa paire de jumeaux en bas âge, la maman en question a été  rassurée d'entendre que ce serait plus facile après. Jusqu'à ce que la maman de jumeaux plus âgés lui dise 
"Oui, maintenant, c'est que du bonheur".
Là, elle a tiqué. 
Moi aussi.
Nous avons donc passé quelques instants à dézinguer cette phrase, qui fait bien évidemment partie des "phrases à la con" de la parentalité.

Nan, les enfants, c'est pas que du bonheur
Jamais. 
Et dire cela, c'est faux, archifaux, et surtout archinuisible, car comme l'ont si bien exprimé d'autres participants à cette soirée 
"Je me suis toujours demandé ce qui clochait chez moi, puisque franchement, non, jamais j'ai trouvé qu'avoir mes enfants n'était que du bonheur".
Petit Bout par Petit Bout détruisant le mythe - Allégorie



Eh bien oui.
Entendons-nous bien : nos enfants peuvent être la source de moments de bonheur inouïs et différents de tout autre forme de bonheur. 
  • Les voir endormis le soir, complètement abandonnés (et ENDORMIS, en plus !). On peut être pris d'une vague d'amour tellement folle, tellement forte, qu'on les en réveillerait presque pour les embrasser et les noyer de mots d'amour (complètement absurde évidemment après tout le mal qu'on a eu à les endormir), 
  • sniffer leurs cheveux, 
  • écouter leurs mots d'enfant, 
  • entendre leurs je t'aime, 
  • les regarder lire,... 
  • Plus grands, partager un jeu de société, un bon film, un puzzle...
Mais à aucun moment les enfants ne sont que ça. 
Disons-le clairement : avoir des enfants ne se fait pas par confort. Si on regarde d'un angle purement rationnel, il est complètement irrationnel et contreproductif d'avoir des gosses
  • on pulvérise son propre confort, 
  • on remplace sa liberté par une série de contraintes, 
  • on dynamite son sommeil, 
  • on divise par 10 ou 100 son temps libre, 
  • par 4 son revenu disponible. 
Sur le plan psychologique, les enfants sont, essentiellement, la source d'un certain nombre de questions inconfortables, d'angoisses, de frustrations, de découvertes pas super agréables sur soi-même, de prises de tête avec son conjoint, et d'une fatigue de ouf. 
Les enfants n'ont pas vocation à nous propulser sur une mer de nuages roses et AUCUN parent ne vit sur cette mer (ou alors, il en fume de la bonne). 

Alors oui, à certains moments les éléments de la première catégorie tendent à justifier et nous faire oublier quasi entièrement les éléments de la deuxième, si bien qu'on en viendrait à dire "Ces difficultés ne sont rien en regard". 
Oui ! 
Et NOOOOOON. 
Ce n'est pas rien du tout, et c'est même tout quand on est en plein dedans, c'est énorme, c'est épuisant.
Et une phrase comme "c'est que du bonheur"
  • nie nos sentiments, 
  • alourdit le sentiment de difficulté, 
  • et lui rajoute en plus celui angoissant de notre inadéquation, puisque comme exprimé durant cette soirée, visiblement, nous, si on trouve pas que c'est que du bonheur, c'est, au mieux, qu'on fait qqch de travers, ou, au pire, qu'on est soi-même tordu. 

Cette ambivalence de sentiments est à la racine de la parentalité. Or, comme le dit Haim Ginott, ce sont les sentiments ambivalents qui ont presque le plus besoin d'être accueillis comme tels. Car "si quelqu'un comprend mes sentiments confus, peut-être ne le sont-ils pas tant que ça". 
Je le mesure encore ces jours-ci, au téléphone avec celle de mes sœurs qui vient d'accoucher de son tout premier bébé et qui se retrouve embarquée dans cette ambivalence de malade, et les montages russes émotionnelles associées, en mode "Notre toute petite fille est tellement géniaaaaale on l'aime on l'aime on l'aime c'est fooooou / Au secours on va mourir on a dormi qu'1h30 cette nuit et allaiter ça fait maaaaal".

Ce dont a besoin ma sœurette d'amour, ce n'est pas d'un "Un bébé, c'est que du bonheur", ni même d'un "Après, ce sera que du bonheur" (publicité mensongère bonsoaââr), c'est d'écoute, d'accueil, de.... de quoi au juste ?
Tenez, si ça vous parle, je veux bien entendre vos témoignages des phrases qui vous ont le plus aidé(e)s dans vos premières galères semaines de parents.

Du côté de notre soirée, nous avons tous convenu de rattraper très vite cette phrase si par ailleurs elle venait à nous échapper ;-)


lundi 10 octobre 2022

Anatomie d'un miracle ! Comment la Gwen s'est mise au SPORT.

Maintenant que j'ai dévoilé ce scoop monstrueux de ma conversion au SPORT, décortiquons un peu cet étrange phénomène : qu'est-ce qui, dans mon cas, a permis cette révolution sidérante ?

Sidérante ah ça oui. Imaginez ma pauvre sœur qui m'appelle un matin courant août, me demande si je suis dispo pour parler et s'entend répondre 

"euh ben en fait j'allais attaquer ma séance de sport alors ça te dérange pas de me rappeler dans une heure ?"

Elle a cru qu'elle allait avaler son téléphone (ce qui n'est pas un régime alimentaire conseillé, même en temps de grossesse. Ma nièce en construction n'aurait pas apprécié).

Heureusement, la tendance à la miniaturisation de la téléphonie ayant cessé, ladite sœurette a échappé à une fin tragique, même si il lui a fallu quelques échanges pour s'assurer que, quand même j'étais pas en train de lui raconter une bonne grosse blagueublague.

Je dis dans mon cas, car, évidemment, l'intérêt de cette analyse est de pouvoir éventuellement vous inspirer en mode "ah oui tiens cet élément pourrait aussi jouer chez moi", ou au contraire vous révéler un levier d'action tout différent chez vous "Ah mais non, moi c'est exactement l'inverse qu'il me faut !"

Bref, sortons les tubes à essai et analysons, repérons les ingrédients de ce succès phénomènal

1. des séquences d'exercices courts

Au delà de la brièveté des séquences en elle-même, sur laquelle je reviendrai, la brièveté de chaque exercice pris individuellement est le premier point qui m'a aidée. Lesdits exercices étaient courts : au tout début, on ne me faisait faire le même mouvement que pendant 20, 25, 30 secondes à tout casser; et ensuite temps de pause variable (20 à 30 secondes généralement). 

Méga court. Pour une nana qui ne veut pas faire de sport et a en plus un TDA, c'est parfait : la contrainte est tooooute petite, franchement, je peux bien bouger mes jambes pendant 25 petites secondes, ça va être vite fini ! La carotte est toute proche, c'est top, allez, je n'ai pas le temps de me lasser que hop c'est fait.


2. des séquences d'exercices variés selon un ordre variable

Magie magie, l'appli me proposait ensuite le mouvement suivant, différent. Là encore, génial, pas de lassitude, et un côté "surprise" qui va très bien avec mon TDA ainsi que mon déclencheur externe, et dont la dimension ludique n'est pas sans rappeler ce qui est à l'origine de ma longue passion pour TooGoodToGo. (les enchainements variant chaque jour c'est  un peu Noël tous les jours)


3. des séquences d'exercices brèves

Nous y voilà. Dans la série "il me faut une carotte tout de suite sinon rien", j'ai été servie puisque cette appli m'a permis de me délester définitivement de cette injonction à la 

"pour vraiment faire une différence il faudrait faire beaucoup de sport, y consacrer beaucoup de temps" 

qui n'avait pas son pareil pour m'inciter à rester dans mon canapé. 

Elle m'a fait découvrir le principe de plus en plus connu (mais bien évidemment pas par moi, eh, je m'en fiche du sport !) du HIIT : high intensity interval training. Fonctionnement qui dit que si tu fais de courts exercices mais à fond de chez méga fond, tu brûles en fait plus de calories et fais plus travailler tes muscles que si tu y vas doucement, en mode endurance.  (avec en prime ce qu'on appelle l' "after burn effect" - ouais c'est fou ce que je m'y connais maintenant ! sooo savante - : le corps continue à cramer plusieurs heures après l'effort. Le petit chou)

  • Or, l'endurance, pour une flemmasse dans mon genre (et le TDA y contribue peut-être ?), c'est juste antisexy au possible : une longue durée d'un truc désagréable, pour un résultat visible à la longue uniquement, après moult répétitions. BEURK. 
  • Là, subitement, on me dit qu'en quelques minutes d'exercice au max de mes capacités, j'obtiens plus qu'avec une période beaucoup plus longue d'endurance. Ho hoooo ! Ca devient subitement plus jouable, à la fois 
    • psychologiquement : allez on s'y met, ce sera bientôt finiiiii !
    • et logistiquement : considérablement plus facile à caser même pour une Gwen overbookée.

Bien évidemment, une fois que j'ai découvert cet intéressant concept, je me suis retrouvée à creuser le sujet (pour vérifier l'aspect scientifique de la chose parce qu'honnêtement, ça me semblait un peu trop beau pour être vrai. Mais Dieu existe, mes amis, et Il est allé jusqu'à rendre ce genre de miracles possibles) et Monsieur Bout était mort de rire de me voir passer un temps fou à lire des trucs sur le sport. 

14 ans de mariage pour en arriver à ce genre de renversements, tss tss, on n'est plus sûrs de rien.


4. une montée en puissance très (très très) progressive

Oh que oui, oh que oui, oh que oui. 

Je me suis fait attraper avec 4 minutes d'exercices, et j'ai bien vu l'intérêt du truc : j'ai terminé ces 4 minutes en ayant un peu chaud, en ayant l'impression du devoir accompli, et surtout : en n'étant pas dégoutée. Pas de sensation désagréable. Pas de sensation désagréable associée au sport... ouuuuh c'était une grande nouveauté ça ! 

Et j'ai bien perçu que c'était le fond du truc: vu mon passif énorme avec le sport, il allait falloir veiller au grain pour qu'une éventuelle remise en selle ne soit pas compromise par le retour de l'énorme bagage psychologique que traîne le sport chez moi depuis ... hum, 25 ans (car j'ai 25 ans. Vouivouivoui. Jevouzassur)

Remarquez, je ne me lui suis pas dit tout de suite, eh, car je ne voyais pas si loin après ma première séance de sport. Non, tout ce que je remarquais, c'est que la perspective de rouvrir l'appli le lendemain matin ne suscitait chez moi aucun sentiment négatif, voire même un chouilla d'envie. Curieux.

Le lendemain, hop, appli rouverte, j'ai eu droit à 5 ou 6 minutes, certains mouvements étant une reprise de la veille, d'autres apportant de la nouveauté. Cool. J'ai fini contente. Et du coup, j'ai eu envie (et j'ai suivi ladite envie) de rouvrir l'appli plus tard dans la journée ! J'en ai utilisé une autre fonctionnalité, proposant une courte séquence complètement aléatoire, de 2 minutes (4 mouvements, 20s de mouvement, 10s de pause)... j'avais envie de la faire, en fait, juste 2 minutes. Donc j'ai fait juste 2 minutes, pas plus, pour rester sur ce truc positif.

Et le lendemain matin, hop, quand mon appli m'a fixé une durée d'exercices identique à la veille, ben, je l'ai faite, pis franchement, j'avais encore de l'énergie à revendre après, alors j'ai enchaîné sur juuuuuste une autre de ces petites séquences aléatoires de 2 minutes. Pas plus. Je suis restée sur cet arrière-goût positif et c'est lui qui m'a poussée (lui; l'envie, pas la culpabilité) à rouvrir l'appli en fin d'après-midi et là, hop, une première séquence de 2 minutes, pis bon, ben zou, une autre. Mais pas plus.

Et c'est ainsi que j'ai augmenté peu à peu les doses. Avec une très grande prudence pour ne pas compromettre cette dynamique, mais au contraire la nourrir juste ce qu'il fallait, j'ai écouté ce que mon corps et ma motivation me disaient et de fil en aiguille fait évoluer ma dose de sport quotidienne. En gardant toujours ZE boussole à l'esprit : comment je me sens ? A un moment, par exemple, j'ai eu le sentiment que j'allais faire mon créneau du midi par devoir et pas par envie. Je ne l'ai pas fait.

Ah ben oui parce que : le fait d'avoir réparti, au départ, sur différents moments dans la journée m'a aussi permis de monter en puissance tout en diluant l'effort. Il y a eu 

  • le créneau du matin (le plus important), 
  • le créneau de fin de journée (entre 18H et 20h selon le déroulé de ma journée), 
  • il y en a même souvent eu un 3ème: j'ai eu une phase où je faisais aussi qqch avant le déjeuner - complètement chtarbée la Gwen je vous dis. Et c'est ce créneau là qu'à certains moments je me suis tout à fait autorisée à zapper quand je sentais que c'était la pression et la culpabilité qui risquaient de prendre le relais de l'envie. Bas les pattes ! 

Cet aspect "trèèès grande prudence et progressivité dans le dosage" est resté valable très longtemps (et le reste encore, mais dans une mesure différente). Alors même que je me suis retrouvée finalement assez vite à faire des sessions d'une durée dépassant les 20 ou même 30 minutes, les propositions, par des applis concurrentes, de séances de cette durée ne m'ont pas attirée du tout : ça m'effrayait. 

  • Terminer à 30 minutes en rajoutant un petit truc par ci, un autre par là, oh et puis tiens, faisons encore ceci pendant que j'y suis, en fonction de mon envie OUI, 
  • m'imposer d'entrée de jeu la CONTRAINTE de 20 minutes d'exercices : OSCOURS !

Bon d'ailleurs, ça n'aura peut être pas échappé à certaines mais : tout ceci ressemble bigrement à certains principes Flylady ! y aller par Babysteps, faire juste quelques instants, ne pas être en mode perfectionniste-1h-de-sport-sinon-rien (ah ben rien alors merci), mais 

"2 minutes de sport faites, c'est toujours 2 minutes de faites pour ton corps".


5. une montée avec des résultats vite visibles

Alors, non, pas niveau poids; ayant enchaîné sur les vacances, je ne suis pas montée sur la balance pendant les 3 premières semaines, et tant mieux du reste parce que quand je suis remontée dessus j'avais pris du poids. Était-ce "pour de vrai" ou juste qu'en fait j'avais démarré à un poids en fait plus élevé que celui que j'avais avoué à l'appli ? Je n'en sais rien. C'est du reste (j'ai pu le constater plus tard) quelque chose d'assez fréquent : avant de déstocker le gras, un corps nouvellement soumis à des exercices pare au plus pressé : construire du muscle. 

Mais... mais ça faisait 3 semaines que je faisais de l'exercice, les hormones du bien-être liées au sport avaient déjà fait irruption, et surtout, je sentais déjà une différence : pas encore sur ma silhouette, mais sur mon tonus

  • Certains des exercices que je n'arrivais pas à faire correctement au début ne me posaient déjà plus les mêmes problèmes. 
  • Tel mouvement (au hasard, la planche) que je n'arrivais pas à tenir 20s au départ, pouvait m'être assigné en 40s sans que je ne cille. 
  • Même me baisser pour empoigner une marmite au fond d'un placard de cuisine se faisait avec plus de souplesse, ou m'étirer pour attraper un bocal rangé en hauteur. 
J'étais en train de me réapproprier mon corps. 
Ca faisait un bien fou. Je n'étais pas prête de lâcher ça.

(bon, depuis la balance a commencé à coopérer; lentement mais sûrement)


Outre ces 5 points là, voyons maintenant d'autres points qui ont tous un point commun : faciliter le schmilblick / faire sauter des obstacles au fait de s'y mettre / d'y rester.


6. Une appli qu'elle est trop gentille parce qu'elle me mâche le travail 

Elle me dit quoi faire, et elle me montre comment. 

Ça, c'est typiquement un truc de fonctionnement en déclencheur externe de motivation tel que je vous en parlais le mois dernier

Prenons l'exemple de Monsieur Bout, déclencheur interne ++, dont la fréquentation assidue m'a longtemps convaincue que c'était la manière "normale" de fonctionner (ce qui en soi n'est pas complètement faux dans le sens que statistiquement, ce mode de fonctionnement est davantage répandu que son alternative). Quand Monsieur Bout a réfléchi à se mettre au sport, il s'est d'abord longuement renseigné sur les disciplines à privilégier, l'équipement et la fréquence, la durée, la progression, et a fait recherches et regardé des vidéos pour se constituer sa routine d'exercices triés sur le volet, avec les démonstrations associées.

Pas de ça chez moi, voyons ! Si j'avais du travailler en amont à me constituer un programme d'entraînement assorti des modes d'emploi correspondants, je n'aurais jamais démarré. Cette appli a donc eu l'intelligence de tout faire pour moi.

  • Non seulement elle affiche une succession de petits exercices, 
  • mais une silhouette en brassière rose gigote à côté du nom abscons de chaque exercice (jumping jack ? eh ? Si j'avais du googliser ce que c'était, cela aurait déjà utilisé mon étincelle de motivation) et me montre comment faire. 
  • En cliquant sur ladite silhouette, hop, j'ai droit à quelques lignes d'explications. 
  • Et si vraiment j'ai envie d'en savoir davantage, je peux cliquer sur l'onglet d'à côté qui me dirige sur une courte vidéo d'un coach sportif faisant la démonstration expliquée dudit mouvement. 
Tout à portée de main, sur un plateau, sans me fouler le plus petit ongle. 


Prêt à l'emploi, du coup, hop ; le peu d'énergie et de motivation que j'ai au départ, je peux les mettre dans le fait de faire mes exercices, pas dans le fait de me préparer à les faire... 

  • Au départ, faisant avec le peu de stocks disponible (d'énergie et de motivation, si vous suivez), je me suis donc contentée d'imiter la silhouette gigotante, en allant parfois, en cas de doute, compléter de la lecture des quelques lignes. 
  • Après quelques jours, mon intérêt grandissant, je suis de plus en plus souvent allée regarder les vidéos pour améliorer mon placement (et parfois constater qu'en fait j'avais rien compris au mouvement huhuhu). 
  • Et ensuite, comme dit à la fin du point 3, je me suis même retrouvée à moi-même faire des recherches supplémentaires. Impensables au démarrage, elles ont été passionnantes ensuite.


7. l'utilisation d'un minuteur

Ce point-là est à relier au précédent, mais il a sa place toute à lui.

J'ai mis du temps à repérer son importance et le rôle décisif qu'il a joué dès le départ pourtant : Non seulement l'appli me dit quoi faire, précisément. Mais elle me dit 

  • quand démarrer (avec une voix automatique mal traduite qui me dit "prête à i-grec aller ? Commencez", ce qui est venu enrichir notre répertoire de plaisanteries pourries puisque à présent Monsieur Bout me sort volontiers cette phrase quand nous devons partir quelque part ou que je dois me mettre au taf), 
  • et surtout quand m'arrêter. 

C'est à dire que je ne compte pas les mouvements, je ne pense à RIEN, j'écoute ce que dit mon appli, je la regarde, et c'est tout.

Je n'avais même pas réalisé l'impact du machin avant d'être confrontée au contraire durant ma montée en puissance : le truc drôle une fois que j'ai eu téléchargé cette fameuse appli, c'est que évidemment l'algorithme de FB m'a sauté dessus comme David Douillet sur un sandwich aux rillettes (si quelqu'un qui a été en hypokhâgne avec moi lit ces lignes, il/elle aura la réf^^). Subitement mon fil d'actualité a été envahi de propositions similaires, de machins pour régimes, de vidéos d'influenceurs sportifs / alimentation. 

Ce qui a fait la joie de mon déclencheur externe. 

  • J'ai téléchargé d'autres applis, et les ai toutes virées après avoir fait le tour du propriétaire car jamais elles ne m'ont semblé valoir celle que j'avais. 
  • Je suis aussi tombée sur un "challenge gratuit 7 jours squats". Ce machin m'a intriguée car clairement, les squats (ce mouvement où on se met accroupi et on se relève, pour la partie de mon public dont la culture sportive équivaut à la mienne il y a 3 mois), c'était compliqué pour moi: les fois où mon appli m'en proposait j'avais vraiment (vraiment) du mal, pas seulement pour cause de cuisses et fessiers en chamallow, mais aussi par manque de technique. Du coup la perspective de les pratiquer de manière intensive pendant un temps restreint m'a semblé intéressante, pour vraiment "apprendre" à les faire correctement. Je me suis donc lancée dans ce challenge (au bout de 3-4 semaines) en rajoutant, pendant la semaine qu'il a duré, les vidéos correspondantes après avoir fait ma petite séquence du matin avec mon appli. 

Moralité

  • j'ai fini la semaine avec 180 squats
  • j'ai marché en canard une partie de ladite semaine (courbatures de feu bonjourrrrr)
  • mais surtout j'ai fini la semaine en maîtrisant à fond le mouvement, objectif atteint ! Au point que je me suis concoctée mon propre challenge pour la semaine suivante : appliquer la même logique à un autre exercice que j'avais beaucoup de mal à faire sans me casser la figure (sens de l'équilibre très développé) : les fentes
  • et au passage, j'ai constaté en direct que ... compter ces crétins de squats me saoulait en fait PLUS que les faire. Eh ouais. Avec un double effet pourri
    • fatigue : mes muscles et mon cerveau sont sollicités, alors que si je ne compte pas, je peux mettre toute mon énergie dans les muscles
    • démotivation : un peu comme si mon cerveau restait en veille pour compter et donc dispo pour me dire "nan mais t'en as pas marre ? C'est encore loooooin ? (plus pur style enfants sur long trajet de vacances) Rhô c'est chiant, hein, t'es fatiguée, hein ! Et si tu t'arrêtais ?" 

Constatant ce phénomène époustouflant, j'ai arrêté de compter dès la 2ème vidéo : à la place je faisais mes squats en même temps que le gars sur la vidéo, et prolongeais d'un ou deux mouvement chacune de ses série pour prendre en compte la différence de rythme entre lui et moi. (oui, donc, si vous voulez chipoter, j'ai fait approximativement 180 squats le dernier jour. Car clairement, ma seule chance de réussir à faire à peu près 180 squats, c'était de NE PAS chercher à en faire EXACTEMENT 180).


Et à l'arrivée, là encore, on retrouve un truc de Flylady qui fonctionne vachement bien pour moi : me coller un minuteur et me mettre à ce que je veux faire sans me poser de question, en sachant que paf, bientôt ça va s'arrêter, en m'ôtant la charge mentale liée à la décision sur le quaaand je vais m'arrêter. Extraordinaire.


8. Un positionnement stratégique dans la journée, permettant de surcroît une tenue hyper adaptée

J'ai commencé ma 1ère séance de sport le matin; et hormis la période assez courte où j'ai en plus fait une (petite) séance à d'autres moments dans la journée, c'est resté le matin. Le matin, direct au lever.

IDEAL pour moi

  • 0 charge mentale pour décider de m'y mettre : c'est une routine, je me lève, je m'y colle, à aucun moment mon cerveau n'a à se dire "il va falloir t'y mettre Gwen" : le cerveau n'a même pas eu le temps de vraiment s'allumer ! (et de trouver plein de raisons de remettre à demain...)
  • mais surtout : parmi tooous les trucs que je détestais dans le sport, il y avait la nécessité de se mettre en tenue, et la sensation bien collante après, quand tu finis en sueur. Ben là, c'est réglé : 
    • pas de tenue de sport : je fais ça en sous-vêtements, au saut du lit; 
    • pas de Gwen en sueur : je prends ma douche le matin, donc, après ma séance. 
Du coup, j'ai même reculé le moment de ma douche : l'intensité des séances me fait transpirer un bout de temps après leur fin, donc, pour éviter de sortir encore transpirante de ma courte douche (super utile), j'enfile un tshirt, je petit-dejeûne, puis je file sous la douche une fois que ma température est retournée à la normale. Le pied.

L'avantage d'avoir commencé mon aventure sportive avec les vacances d'été, c'est que j'ai pu commencer par positionner mes séances le matin sans que cela ne signifie directement avoir à avancer mon réveil (sinon, soyons honnêtes: ça n'aurait pas tenu 2 jours cette affaire). 

Et puis... hein, quand la rentrée est arrivée, j'étais déjà laaaargement assez accro à mes séances du matin, y compris à leur effet boostant sur la journée, pour être arrivée suffisamment à maturation ; le bénéfice que j'en tirais, la motivation que j'avais à continuer avaient suffisamment grandi pour rendre psychologiquement OK le fait de mettre mon réveil plus tôt pour faire du sport (complètement toc toc la Gwen). 

  • J'ai un peu grincé des dents le premier matin je crois. Puis ça n'a plus fait débat. 
  • La seule chose que je fais à ce niveau, c'est, puisque mon programme actuel contient 4 jours plus forts et 3 plus light dont 1 quasi sans rien (repos des muscles permettant leur régénération, toussa), positionner dans la mesure du possible les jours light sur les matins les plus matinaux. (cette phrase n'a ni queue ni tête; si vous les trouvez, rapportez-les moi)


Et la cerise sur le gâteau ? Depuis des années, j'essaye en vain de respecter la fameuse Decent Hour. Des années, je vous dis ! ....  eh bien, 10 jours après la rentrée, je me suis mise à me coucher 1 à 3h plus tôt que d'hab. Ce nouveau rythme: lever plus tôt + exercice, a fait en quelques jours ce que je n'ai pas su faire en X années, en m'expédiant au lit, titubante sous l'effet de l'alcool, parfois à des horaires de dingues comme 22h30, ce qui ne m'arrive normalement qu'enceinte. (et accessoirement, je me lève aussi beaucoup plus facilement, et avec plus d'entrain, les weekends - ce qui, ne m'arrive pas enceinte, ça, c'est étrange)


9. Pas de baskets

Rha, l'avantage de faire les choses chez soi, à l'intérieur, c'est, 

  • outre le temps de trajet réduit à néant (important pour moi, ça aussi ! 0 temps de perdu, tout à portée de main, déclic minimal), 
  • et l'impact météo réduit à zéro également :
  • la possibilité de faire ça pieds nus
Dont j'ai abondamment usé au démarrage, et qui a grandement facilité les choses. C'est sympa, le sport, pieds nus. Et puis c'était une sensation inédite pour moi, donc probablement que ça rappelait moins de mauvais souvenirs, et donc a contribué à me permettre de me créer de nouveaux souvenirs plus positifs.

Jusqu'à ce que mes chevilles ne s'en plaignent... et là j'ai demandé à tonton Internet ce qu'il en pensait, et il a dit que tous les mouvements impliquant des sauts, c'était pas top à faire pieds nus. J'aurais bien prétendu que tonton Internet mentait, mais mes chevilles soutenaient sa théorie débile ! 

Alors j'ai fait sauter les mouvements comportant des sauts (huhu!) et continué ma montée en puissance jusqu'à ce que, de retour de vacances, une excursion chez Décathlon ne me rende propriétaire d'une paire de baskets. Ma première paire de baskets depuis l'âge de mes 17 ans. Depuis, je les mets juste pour les séances impliquant des sauts, et les balance dès la phase intensive de ladite séance passée, parce que quand même, faut pas pousser.



10. Faire du sport toute seule

Rha que oui ! 

Toooute seule en tête à tête avec moi-même ! A mon rythme à moi ! Sans le regard des autres ! 

Loin du traumatisme social des cours d'EPS d'antan, je peux 

  • souffler, 
  • faire mon mouvement n'importe comment, 
  • peiner à garder mon équilibre (voire me vautrer), 
  • avoir un rythme pitoyable, une amplitude de mouvement de mémé
Je m'en balance, y a que moi qui le sais, je n'ai pas à me comparer avec la voisine hyper tonique, et si mon gras ballote quand je bouge, y a que moi qui le vois. (bon, et accessoirement Monsieur Bout si il passe par là, mais alors Monsieur Bout pose un regard plein d'admiration et de soutien sur sa Gwen, donc ça passe; et mes enfants rigolent, mais ça, hein, je suis habituée depuis longtemps à leur effet booster d'estime de soi).

J'ai même eu l'occasion de partager une séance avec ma plus jeune sœur à son passage à la maison, bon, ben une séance comme ça c'était sympa, mais .... j'ai réalisé après coup que je ne tenais pas plus que ça à ce qu'il y en ait d'autres, et pourtant, ce n'est pas son regard qui me pose problème, là. Je pense qu'il s'agit encore d'une histoire de cerveau. Je le débranche vraiment à ces moments, ou plutôt je le focalise sur les mouvements, et tout le reste, y compris une autre présence, constitue une distraction et me complique en fait la tâche. Monomaniaque, peut-être...


11. Mais entourée

Ben oui. Quand même, avoir du soutien, c'est précieux. 

Au départ, c'est mon appli qui me l'a fourni : en me disant quoi faire, chaque jour, mais aussi : en m'applaudissant (avec sifflets et paillettes !) à chaque fois que je termine une série d'exercices. C'est très con ? Certes, mais ça fonctionne pour moi.

Depuis le début du mois de septembre, je suis montée en difficulté : j'ai souscrit à un programme de vidéos très bien fichues, me fixant 4 séances de 18 minutes de HIIT par semaine, avec inscription au groupe Facebook du programme incluse. Du coup, mon fil de discussion est envahi de nanas qui postent leurs petits succès et grandes interrogations, ça me maintient en condition, et moi aussi j'y vais de mon petit commentaire ou de ma petite publication. L'ambiance y est excellente, et je constate que ça me booste. 

Je souligne que ce programme me convient super bien maintenant, alors qu'il n'aurait jamais pu fonctionner pour moi au démarrage (18 minutes d'un coup ! ça va pas !?). Les exercices sont très rythmés, ils me poussent au max tout en me permettant une marge de manœuvre (différents niveaux de difficulté sont montrés pour un même mouvement. Parce que, si vous vous attendez à ce que je fasse des pompes sur les pointes de pied, vous n'êtes pas couchés !), ils sollicitent les différentes parties du corps de manière équilibrée, respectent le périnée (pas d'abdos traditionnels), et les petites blagues pourries des coachs me font marrer.


12. utilisation de la technologie

Eh oui, à l'arrivée, c'est une pub de téléphone qui m'a menée à une appli qui aura fini par me mener à d'autres pubs FB qui m'auront menée au challenge 7 jours.... qui n'est pas ce qui m'a menée au programme de vidéos finalement acheté bicoz je n'ai pas accroché avec le fond de ce que proposait le Youtubeur du challenge : les conseils alimentation ressemblaient trop à du régime pour moi ! Là où, sur le groupe de mes vidéos, les gens qui postent des assiettes trop peu remplies se font rappeler à l'ordre rapidement : on n'est pas là pour se priver mais pour apprendre à manger mieux.

Et depuis quelques jours, j'ai même rajouté une appli qui compte mes pas (créée par la même boîte qui fait mon appli d'exercices; décidément, j'accroche bien avec eux, car c'est leur version qui m'a plu parmi les 3 applis de comptage de pas que j'ai téléchargées simultanément pour comparer et choisir). 

C'est crétin mais je constate que, chez moi, la gamification (fait de rendre ludique) marche hyper bien, et donc je me retrouve à être contente d'avoir oublié un truc à l'étage parce que ça va me permettre de me rapprocher de mon objectif quotidien de 7000 pas. En plus cette appli prévoit plein de moments pour me féliciter : par exemple, dans 2 km, j'aurai fait l'équivalent de 42 km depuis mes débuts sur l'appli, donc je décrocherai un badge "Marathon" sous les applaudissements et les sifflets. Et ça fait plaisir, oui, Môssieur Astérix, farpaitement !

(si à ce stade vous vous demandez pourquoi vous lisez le blog d'une nana aussi crétine, votre interrogation est légitime et je ne peux vous en vouloir)


En conclusion

  • si vous souhaitez regarder de plus près, l'appli que j'ai prise s'appelle Perte de poids pour femme, d'une entreprise nommée LEAP (en tous cas sur le PlayStore des non-Apple; sur celui des Apple ça ressemble avec une ou deux variations), elle propose un programme de 30 jours gratuits (si elle vous propose de payer, vous revenez en arrière, et en fait elle se calme et vous laisse l'accès gratos)


  • et les vidéos auxquelles j'ai succombé sont celles de Move Your Fit, mais, encore une fois, je vous invite à ne peut-être pas commencer direct avec elles car la marche peut être un peu haute. Leur chaîne YouTube contient un max de vidéos gratuites plus courtes qui peuvent donner un bon aperçu voire permettre également une montée en puissance plus progressive.

Et surtout : ma mise au sport, c'est en fait de la pure reprogrammation de mon cerveau : remplacer toutes les connexions entre "sport" et "beurk" "culpabilité" "contrainte" par d'autres connexions, avec "plaisir", "fierté", "liberté", "fun", "réussite". C'était pas prévu, mais franchement, ça me va bien.

lundi 8 novembre 2021

10 réflexions autour de la participation des enfants aux tâches ménagères

La participation des enfants aux tâches ménagères est un sacré sujet, qui peut diviser les foules (qui bien entendu lisent mon blog), ou à plus modeste échelle, les familles (qui font pareil). Comme un certain nombre de sujets éducatifs, notre recul sur le sujet est rendu compliqué par notre vécu d'enfant (que ce soit dans la reproduction automatique du vécu, ou le souhait de l'éviter à tout prix), et notre fatigue de parent (parce que la maison ne s'autoentretient pas, le linge ne va pas tout seul dans la machine sur ses petites pattes, et les assiettes ont le front de ne pas se laver d'elles-mêmes, mais que tout ça nécessite de l'huile de coude, et le bidon d'huile de coude ça coûte cher).

Voici donc quelques réflexions & partages d'expériences sur le sujet, histoire de peut-être faciliter cette prise de recul et aider à trouver quelque chose de pertinent pour sa famille à soi.


1. La participation des enfants aux tâches ménagères leur est utile et précieuse

Ca, c'est un point essentiel qui m'a bien aidée à prendre du recul et regarder le sujet d'une manière apaisée. Certes, confier des tâches ménagères à nos enfants peut bien nous arranger en tant que parent (ou pas, cf point numéro 3), mais surtout, c'est très important pour nos enfants, et c'est en lisant Jane Nelsen ainsi que Faber & Mazlish que j'en ai pris conscience 
  • ils développent des compétences essentielles pour leur future vie d'adulte
    • la perspective de quitter papa-maman est tout de même plus facile à envisager quand on a une idée concrète de comment gérer un certain nombre de tâches. 
    • C'est d'autant plus important pour nos garçons, si nous voulons les équiper pour une éventuelle vie de couple où ils seront en mesure de porter leur part du fonctionnement du foyer. (c'est la nana qui a épousé un gars ne sachant au départ pas se faire cuire des pâtes qui vous parle). A nous de ne pas fabriquer des incompétents pouvant nourrir la tentation de devenir des incompétents stratégiques ("Aaaah ben faut que tu fasses je sais pas faire / tu fais ça tellement mieux que moaaah")
    • Je suppose que c'est la même chose pour nos filles et les tâches de la maison traditionnellement plus masculines (type bricolage). Seulement, je ne peux pas en parler parce que ni Monsieur Bout ni moi-même ne sommes vraiment équipés pour transmettre des tas de compétences manuelles à E. . Celles que détient et développe F., il ne les doit vraiment qu'à son enthousiasme aussi époustouflant qu'inépuisable pour le sujet. Il n'empêche qu'en écrivant ces lignes je me dis que maintenant que c'est moi qui assume la tonte du gazon à la maison (enfin, de nos quelques m² de pseudo herbe, plutôt), je pourrais impliquer E. dedans à un moment. Quand ses épaules atteindront la hauteur nécessaire pour pousser la tondeuse...
  • cela nourrit des besoins importants pour eux 
    • l'estime de soi : c'est bien joli de faire des compliments à nos enfants, mais l'estime de soi s'enracine en particulier dans l'expérience, faite et renouvelée, de nos capacités. Et donc, permettre à nos enfants de faire l'expérience de leur capacité à faire, à se prendre en charge, plutôt que de leur dépendance à notre égard pour toutes les petites et grandes choses de la vie, c'est une brique essentielle dans leur construction de leur estime d'eux. 
    • le besoin de contribuer / se sentir utile. Ca aussi c'est quelque chose d'essentiel chez l'être humain, petit ou grand : contribuer au fonctionnement de la communauté, y avoir sa place de membre utile.

2. La participation des enfants peut se faire dès le plus jeune âge, et gagne à être favorisée dès le plus jeune âge.

J'y suis à nouveau confrontée en ce moment avec H. qui a fêté ses 18 mois. Quelle application, quelle fierté il met dans le fait de nettoyer sa chaise haute après le repas, d'aller remettre ses chaussures à leur place, ou d'aller replacer un livre ou un jouet sur l'étagère adaptée ! Pour lui, cela contribue à lui donner un début de sentiment de maîtrise de son environnement, c'est donc un facteur de sécurisation. Pour nous adultes, c'est un premier pas sur un long chemin, qui prépare les pas suivants.
En atelier Faber & Mazlish, le moment où chaque parent s'interroge sur les choses qu'il fait à la place de son enfant et qu'il pourrait dorénavant lui confier (au besoin en procédant par étapes) est toujours riche en découvertes. Parce que c'est aussi une occasion, pour le parent, de voir son enfant d'un nouvel œil !


3. La participation des enfants est relou

Eh oui, après les 2 premiers points cuicui les petits oiseaux, revenons sur terre. 
Ce n'est pas un hasard si la participation des enfants aux tâches ménagères relève plus souvent du vœu pieux que de la réalité des familles : celle-ci est vraiment relou à mettre en place et surtout à tenir dans la durée. 
Les enfants ne font pas toujours bien les choses, ils ne les font pas toujours, on a souvent tendance à faire à leur place parce que rien qu'à penser à l'énergie qu'il va falloir déployer pour leur apprendre, leur rappeler, contrôler que c'est fait, rectifier ce qui ne va pas, entendre leurs jérémiades et devoir se justifier face à leurs "mais pourquoi c'est moi et pas Frangin(e)" .....aaaah-aaaah-aaaargh [râle d'un parent agonisant, allongé sur le sol de sa cuisine, achevé par son 37ème rappel que le couvert a besoin d'être mis]

Ce qui est très logique car espérer que nos enfants vont être ravis d'avoir à vider le lave vaisselle au quotidien est utopique. Qui ici se lève en se disant "youpi, aujourd'hui je vais vider un lave vaisselle, trop trop hâte" ?

Ménage en famille chez les Bout - document d'archives

4. La participation des enfants n'est pas automatique

A relier au point 3. 
C'est un sujet dont nous avons abondamment discuté avec Monsieur Bout il y a quelques mois. 
Celui-ci était très frustré de devoir sans cesse répéter certaines choses, et une partie de sa frustration venait du fait qu'il partait du principe que ça n'aurait pas du être nécessaire. Comme dit Epictète (oui, nous avons de la culture ici), et comme souvent, c'est moins la situation qui nous pose problème que l'idée que nous nous en faisons. Si nous considérons que nos enfants devraient normalement y penser tout seuls, et le faire en chantonnant, alors c'est très grave qu'ils ne le fassent pas, et chaque rappel que nous faisons est mal vécu puisque il est le signe de notre échec parental et de l'avenir sombre qui se dessine pour nos enfants, irresponsables et feignants.
J'ai gagné en zenitude sur le sujet en lisant Jane Nelsen qui rappelle que toute sa vie de mère, elle a du remettre le sujet sur la table, revoir l'organisation avec eux, et achève avec un truc en mode "Certaines choses ne seront véritablement acquises qu'une fois que les enfants auront quitté le foyer familial, voire, seront devenus eux-mêmes parents". Et puis, hein, disons-le : personnellement, quand je vois le chemin que j'ai suivi en termes d'acquisition de compétences en rangement, je vois très très bien ce qu'elle veut dire.
Donc oui, devoir investir de l'énergie pour que nos enfants fassent les choses est normal, une gestion des tâches ménagères en mode automatique-paillettes-zéro conflits et cœur sur tout le monde en permanence n'est pas réaliste. Du coup, pas besoin de perdre de l'énergie et du moral à se désespérer que cela ne soit pas le cas. 

Devoir consacrer du temps à faire faire plutôt qu'à faire soi-même est donc quelque chose de normal et surtout d'indispensable, un investissement rentable à long terme, pas quelque chose qui se fait à fonds perdus.


5. ....Mais on peut mettre des choses en place pour limiter l'investissement en énergie nécessaire

Yep, ce ne sera jamais automatique et complètement fluide, mais il existe quand même des manières de faire pour alléger notre boulot de rappel. La mise en place de routines, et/ou leur formalisation visuelle par le biais de listes à cocher, par exemple, sont autant de moyens qui permettent de réduire. 
Un simple "Où en es-tu de ta liste ?" est souvent préférable au 37ème rappel que y a un couvert à mettre : il responsabilise l'enfant, diminue le poids des ordres pour lui, et le volume de salive utilisée, pour le parent.
Idem, les choses qui nous semblent si simples pour nous ne le sont pas pour nos enfants. Donc prendre le temps de montrer, de faire avec, de détailler étape par étape, pour arriver à une autonomie graduelle, constitue un investissement coûteux sur le moment mais rentable à long terme.


6. Tout (enfin, beaucoup) est dans le choix des mots

Trèèèès important ça. 
  • Il y a ce qu'on apprend en Faber et Mazlish : une description de problème, un rappel en un mot, porteront toujours plus de fruit (à la fois sur le problème en lui-même, mais bien entendu aussi et surtout dans la relation à l'enfant, et dans sa relation à lui-même et aux tâches concernées) qu'un ordre bien sec, un reproche, ou une culpabilisation plus ou moins subtile.
  • Il y a ce qu'on apprend aussi, sur le côté humour : "la table est toute nuuuuuuuuuue".
  • Il y a ce qu'on apprend en Faber et Mazlish aussi, sur la valorisation des tâches : non, ce que nous demandons à nos enfants n'est pas "facile", "pas grand chose". C'est une contribution appréciée, révélatrice de compétences réelles, permise par des efforts dont on ne va surtout pas minimiser l'importance.
Et perso, j'ai remarqué que mes enfants préfèrent dire qu'ils ont "fait tel plat avec moi" plutôt que "aidé Maman à faire tel plat".

Il y a aussi d'autres choses. Par exemple, la manière dont on évoque / justifie ces tâches.
  • Parfois, si on s'écoute, on peut s'entendre parler de "ma maison" qui est en bazar ? Ou de "notre maison"... Nos enfants sont-ils des invités dans la maison des adultes, ou des personnes qui y habitent et donc participent logiquement à son fonctionnement ? 
  • Très souvent, aussi, on va formuler ce qu'on ne veut pas : "J'en ai maaaarre de vivre dans un salon en bordel". (toute ressemblance avec des phrases réellement prononcées dans la famille Bout serait vraiment fortuite); il est beaucoup, beaucoup plus mobilisateur de formuler ce qu'on veut. L'être humain, et ce dès tout petit, réussit bien mieux à s'engager pour une représentation positive, parce que "j'ai envie d'un beau salon en ordre !", que pour éviter du négatif.
  • Croisement des deux : on pourra préférer, à "je ne suis pas la bonne, m !", un "dans une maison, tout le monde participe !"

7. L'aménagement de l'environnement est un aspect essentiel (stratégie & champ de bataille, toussa)

Au fond, ceci est une implication pratique du fait que notre maison est notre maison, et non "ma maison" : il s'agit de regarder ladite maison, et son aménagement, non seulement avec nos yeux, mais avec ceux de nos enfants; y compris en se mettant à leur hauteur, par exemple.

Pêle-mêle, chez nous, ça veut dire
  • positionner le nécessaire à couvert à des emplacements atteignables
  • charger le lave vaisselle d'une manière qui leur permette de le vider sans risquer de se faire embrocher par les couteaux de cuisine
  • ranger différemment leurs vêtements de ce que nous aurions fait spontanément. 
    • Ca, il m'a fallu un certain nombre de fois à m'énerver sur le placard d'E. avant de réaliser que mon mode spontané de rangement de ses vêtements ne lui correspondait pas, et que donc si je voulais qu'elle range correctement ses vêtements / soit en mesure de se servir sans pulvériser "mon" ordre, eh bien... j'allais devoir faire autrement que ce que j'aurais fait sinon. 
    • Idem sur la technique de pliage. Si je veux des piles qui se tiennent, j'ai intérêt à lui apprendre une technique de pliage qui lui convienne vraiment, et à l'adopter moi-même.
  • fixer les patères de leur chambre à une hauteur ridicule pour moi
  • investir dans des panières si ils rangent mieux dans des panières, des boîtes si ils préfèrent des boîtes...
  • et même, au besoin, craquer pour l'objet sexy (E. a une poubelle La Reine des Neiges #honte)
  • positionner l'aspirateur à un endroit atteignable pour eux, pas seulement pratique pour nous ; idem la balayette
  • réfléchir au positionnement du panier à linge sale : plus proche il est de leurs chambres, meilleures sont nos chances d'y voir atterrir leurs vêtements. Un point bonus si il est sur le trajet entre la sdb et leurs chambres.
  • investir dans 2 paniers à linge sale : un pour le foncé, un pour le clair. Ca permet de leur confier l'étape du tri. Et vous savez quoi ? Au départ, on en avait un vert et un bleu. Tout a changé quand j'ai remplacé le bleu par un blanc. En tous cas, je me suis rapidement économisé l'équivalent du Lac Léman en volume de salive : les "ça va où le linge clair Maman déjà ?" ont rapidement décru, par la magie d'une réponse en mode exercice à trou "le linge foncé dans le bac foncé, le linge clair dans le bac.... ?" . (mais, oui, il a fallu investir un peu de temps dans la définition et la démonstration par l'exemple de ce qui est clair, et de ce qui est foncé - polos à rayures marine et blanches, vous finirez en Enfer)
  • jouer les Flylady et réaliser que nos enfants, au moins autant que nous, feront plus facilement les choses si tout le nécessaire est sous leur nez
    • Par exemple, j'ai admis qu'il était vain d'espérer qu'E. et F. se brossent les dents sans mettre du dentifrice dans le lavabo ni asperger copieusement le miroir de la salle de bain. J'ai également mesuré l'agacement que cela me procurait (enfin, j'ai pas pu, j'avais pas de mètre assez long). J'ai donc positionné un rond vert et un petit chiffon bleu Jemako qsur le plan de travail de la sdb où ils se lavent les dents, et j'ai souligné qu'après chaque lavage de dents, hop, petit coup de rond vert sur et autour du lavabo, et zou, petit coup de chiffon sur les éclaboussures du miroir. Bien évidemment, ce n'est pas parfaitement fait, bien évidemment, j'ai régulièrement besoin d'opérer un rappel ("E., y a un petit rond vert qui n'a pas travaillé !!"), mais ça évite la sédimentation de couches successives de dentifrice, et celle, parallèle, de couches successives de ras-le-bol. 
    • Idem, depuis qu'une serpillière est à demeure à côté de la baignoire, pour usage immédiat en cas de sdb-piscine, les bains débordent moins, et mon énervement itou.

8. Moins ils participent,... moins ils participent

Ah, ça, ça a été un constat impitoyable de la fin de l'année scolaire. 
Pressé, Monsieur Bout avait pris de plus en plus l'habitude de mettre le couvert lui-même, en faisant la cuisine. De reranger les chaussures éparpillées dans l'entrée, plutôt que de s'embêter à faire redescendre leurs propriétaires de leurs chambres. De débarrasser l'assiette ou le bol oublié sur la table de la cuisine, plutôt que d'inviter la personne concernée à rectifier son oubli. (Et Madame dans tout ça, me diront ceux qui suivent ? oh ben Madame, elle était déjà bien trop occupée pour perdre le peu de temps qu'elle passait avec ses enfants à gérer des sujets aussi triviaux)

Et au fond, hein, pourquoi pas ? Après tout, si il s'agit d'apprendre à nos enfants à rendre service, il est bon aussi que nous le leur apprenions en leur rendant service, n'est-ce-pas ?
Ben... pas forcément. Nous avons en effet constaté, pour notre part, que du coup
  • les enfants perdaient l'habitude de considérer ces tâches comme une contribution normale, (et non le boulot des parents que ceux-ci essaient fourbement de leur refourguer) et du fait de cette déresponsabilisation, perdaient donc à la fois 
    • l'automatisme : oublis de plus en plus fréquents
    • et la disponibilité : râleries X100 quand on osait leur demander de le faire, délais entre la demande et l'exécution X1000
  • les parents perdaient beaucoup d'énergie à faire des choses que leurs enfants auraient pu faire, au détriment de choses pour lesquelles leurs enfants avaient vraiment besoin d'eux 
    • = moindre disponibilité (y compris mentale / affective, au vu de la rancœur accumulée) pour leur rendre vraiment service. (que ce soit pour un "moment particulier", ou pour recoller un jouet cassé, aider à préparer un cadeau pour un petit copain, etc). 
    • Ce qui illustre un des intérêts fondamentaux à confier suffisamment de tâches ménagères à nos enfants : "tout faire pour eux", c'est s'exposer à pourrir dangereusement le climat familial (sur fond d'autopiétinage de ses limites, rancœur et culpabilisation) à long terme, bien davantage, au fond, que va ne le pourrir la répétition de certaines demandes à court terme (pour peu qu'on apprenne à formuler lesdites demandes d'une manière respectueuse cf point 6). Bicoz tout faire pour eux, c'est imprudemment vider notre réservoir et se rendre ainsi incapable de remplir le leur (vous savez, cette histoire de découvert).

En conséquence de quoi, nous avons opéré un virage à 180°C pendant l'été. Nous avons employé notre temps à reréclamer tout le support précédemment attendu, augmenté de nouvelles choses.
Nous n'avons pas juste réintroduit la routine du couvert, nous avons rajouté le vidage du lave-vaisselle, par exemple.
Rouspèteries pendant une semaine, puis hop, c'était intégré. Le taux de conflictualité lié au sujet a été divisé par 50.
Autant vous dire que Monsieur et Madame y font vachement plus attention, maintenant !


9. Participer, (si) ça a de chouettes conséquences

Cf le point 6 : si nous voulons développer l'implication de nos enfants à la maison, leur motivation à faire les choses, il est bon qu'ils perçoivent les conséquences de leurs efforts.

  • Parfois, cela se fera sur le mode négatif. 
    • Constater qu'on ne peut pas mettre la jolie robe qu'on voulait à un anniversaire, parce que celle-ci est restée tâchée, chiffonnée dans un coin, au lieu d'être mise au sale. 
    • Ne pas avoir la cuiller préférée parce que c'est son frangin qui a mis le couvert seul et que donc il se l'est légitimement appropriée. 
    • Ne pas pouvoir inviter un petit voisin à jouer à la maison parce que la règle est que on invite quelqu'un dans une chambre rangée. 
    • Me voir m'arrêter de cuisiner parce que personne ne vient mettre le couvert et que donc je n'ai pas envie de faire les choses seule. 
Mais à long terme, nos enfants tireront surtout profit de ce qui leur permettra de voir le sens des tâches ménagères, le bénéfice réel à les accomplir / y participer (ce qui est du reste assez intéressant dans le développement de leurs capacités à assumer ses tâches sans nous, dans leur future vie d'adulte). Pour cela, on peut prendre le temps 
  • d'admirer longuement, en décrivant, la chambre rangée. 
  • De remercier pour la table mise. 
  • De s'exclamer "quel salon agréable !" après que tous les duplo aient regagné leur boîte. 
  • De regarder avec intérêt la pelouse domestiquée par la tondeuse (maniée avec passion par F.)
Et surtout, un gros intérêt à prendre sa part dans le travail de la maison, c'est que ça libère du temps à tout le monde. Il s'agit donc de transformer le temps pas passé à ranger tout seul en temps passé en famille. 
Là dessus, le plus beau exemple m'a été fourni en ateliers Faber et Mazlish, par un maman solo de 4 ados. Suite à notre séance, elle a expliqué à ses enfants que leur maison à tous devait fonctionner, et qu'elle aimerait passer plus de temps avec eux. Quelques soirs plus tard, elle a eu la surprise de rentrer un soir dans un appartement rangé et aspiré de fond en comble, avec le dîner déjà préparé, et ses ados l'attendant pour lui sauter dessus "bon, eh bien ce soir on fait quoi de beau ensemble puisqu'on est dispo tous les 5 ?"
Bref, ça me demande un effort conscient souvent, mais autant que possible, je me bouge les fesses : "cool, le couvert est déjà mis, ça veut dire qu'on n'a plus rien à faire alors qu'il y a encore 5 minutes avant le repas : pendant que ça finit de cuire, on peut faire une partie de 1000 bornes"


10. La résolution de problèmes spécial tâchés ménagères (ou pas)

On peut goupiller pas mal de ces points pour en faire un sujet de discussion familiale.
On choisira les mots avec soin, pour souligner l'intérêt de partager la charge "pour que nous ayons du temps ensemble, et que la maison fonctionne bien, il est important que tout le monde participe. Qu'y a-t-il à faire dans notre maison ? Que peut faire chacun ? De quoi a-t-il besoin pour cela ?".

J'ai mis "ou pas", parce que le mieux étant l'ennemi du bien, c'est précisément dans l'attente d'une discussion de ce genre que nous avons laissé les choses aller à vau-l'eau l'an dernier. Et finalement, c'est une décision unilatérale qui nous a permis d'en sortir ;-)

Ceci dit, l'écriture de ce billet, et quelques discussions avec les enfants, ont fait que nous avons prévu d'en reparler avec eux dans les prochains jours. Nous sentons que eux comme nous sommes prêts pour rebattre un certain nombre de cartes / transférer certaines tâches supplémentaires (préparation d'un repas simple par semaine, étendage d'une lessive,...)
Affaire à suivre !