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jeudi 14 novembre 2019

2 chouettes petits jeux de société à découvrir (et jouables en langue étrangère) !

Je profite de l'approche de Noël pour venir enfin vous pondre un petit article et faire coup double : vous inspirer pour Noël, et aborder un sujet cher à mon cœur : l'imprégnation linguistique de nos enfants, ou les stratégies les plus fourbes pour distiller savamment une langue étrangère dans leur quotidien.
Je précise que, si chez nous c'est de l'allemand qu'il s'agit, l'intégralité de l'article d'aujourd'hui s'applique pareillement à toute autre langue :
  • la logique d'imprégnation
  • les petits jeux en eux-mêmes peuvent être joués en n'importe quelle langue de notre choix puisqu'ils n'impliquent pas d'écrit. A l'adulte d'amorcer les choses en commençant à jouer dans la langue qu'il veut.

1. La logique, d'abord.

Comme depuis toujours chez nous, il s'agit de favoriser l'assimilation de la langue par le fait d'en caser des bribes le plus souvent possible. Tout est bon pour cela :
  • moments répétitifs de la vie quotidienne : les phrases simples de l'habillage, du petit-déjeuner..., sont très vite comprises, si elles sont utilisées très régulièrement, 
  • lecture d'albums simples (= d'un niveau de complexité inférieur à celui correspondant normalement à l'âge des enfants) : je vous ai notamment parlé de celui-là, et de ceux-ci
  • lecture d'imagiers : retournez donc voir cette pépite Usborne !
  • écoute de CDs
  • chez nous la Lunii est entrée également dans cette optique : nous l'avons achetée exprès, en version allemand, et il n'y a qu'un jeu d'histoires en allemand dedans, point. Ecouter ces histoires en boucle contribue également à la dynamique.
  • visionnage de courtes vidéos en allemand (le seul usage des écrans qui soit fait chez nous); la longueur et complexité (linguistique et/ou narrative) de ces petits films pouvant progresser avec l'âge et le niveau linguistique des enfants : des mini séquences de 3-4 minutes de nos débuts nous allons maintenant jusqu'à des épisodes de 25 minutes.

Un point commun à tous ces moyens : la répétitivité de phrases simples. On relit / entend / visionne souvent les mêmes histoires, on répète souvent les mêmes phrases.
C'est cela qui permet aux mots et, plus important, aux structures des phrases de s'ancrer peu à peu dans le cerveau : car si le vocabulaire est important, la possibilité d'articuler les mots entre eux est la condition pour se mettre véritablement à parler et comprendre une langue, et l'utilisation systématique de phrases très simples constitue un excellent moyen d'intégrer la manière dont une langue gère cette articulation. 
Une approche que j'avais découverte avec la pédagogie Charlotte Mason et la méthode d'apprentissage des langues associée : la méthode Gouin, et dont je ne cesse de constater le bien-fondé et l'efficacité (excellent article à lire sur le sujet sur ce blog-là)
Il s'agit en fait, par le biais de phrases du type sujet + verbe + complément, de répéter celles-ci avec de menues variations : le même verbe sera vu accompagné d'un complément puis d'un autre puis encore d'un autre. Ou alors c'est le verbe qui variera mais rien d'autre. Ou encore uniquement le sujet. On pourra enrichir le complément d'un adjectif, qui variera aussi.


Or c'est cette même logique qu'on peut poursuivre en jouant à certains jeux de société avec son enfant. Il s'agit bien, comme vous l'aurez compris, non pas de jeux conçus pour apprendre une langue, mais de jeux "normaux" qu'on jouera "en allemand", tout simplement.
Les moments de jeux peuvent en effet être également l'occasion, en mode "bénéfice collatéral" (le but premier reste bien de prendre plaisir, hein !), de répéter encore cette langue, d'autant qu'ils incitent également les enfants à manier la langue, et non seulement à l'entendre et la comprendre.

Nous avions donc très tôt pris l'habitude de jouer ainsi au très célèbre Verger de Haba : occasion rêvée 
  • d'introduire des mots simples, en nommant les couleurs et les fruits associés,
  • d'utiliser quelques petites phrases telles que "du bist dran / ich bin dran / wer ist dran" (c'est ton tour : et hop, le verbe être conjugué à 3 formes différentes), "ooooh der Rabe kommt !" (oh le corbeau arrive ) ou "wo ist der Würfel ?" (où est le dé) et toutes variantes autour de ce fichu dé ("oh nein, der Würfel ist gefallen / verschwunden / …" : oh non le dé est tombé, a disparu, etc).

Le Verger s'y prête donc très bien, et je profite de l'occasion pour vous présenter 2 petits jeux très chouettes dans l'absolu (donc intéressants sans l'aspect linguistique aussi), mais qui, en plus, se prêtent merveilleusement à un détournement linguistique si on le souhaite. 


2. Deux chouettes petits jeux découverts chez Ravensburger.


 Tempo, kleine Fische (vite, petits poissons)


  • Une variante de la Course aux Escargots : un dé avec des couleurs permet de faire avancer l'animal de même couleur (NB : biiiien évidemment, ladite course aux escargots aussi peut se jouer en n'importe quelle langue ...)
  • mais avec plusieurs "twists" intéressants : 
    • le plateau de jeu qui évolue physiquement au fur et à mesure de la partie (puisque la distance entre le bateau des pêcheurs et les poissons tend à se resserrer), 
    • et le fait que justement, au lieu de simplement faire la course entre eux, hop, les poissons se retrouvent en plus avec le risque de se faire manger. Du coup le jeu s'enrichit d'une dimension coopérative : le but est que le maximum de poissons arrivent dans la mer sans s'être faits rattraper par les pêcheurs.
    • boîte peu encombrante, plateau petit, mignon, et à construire à chaque fois (gros succès !), petits personnages en bois...


pour l'aspect linguistique, 
  • on utilisera toutes les phrases autour du dé, des couleurs, 
  • on comptera le nombre de poissons qu'il reste, ainsi que le nombre de segments de fleuve qui les séparent encore de la haute mer ou des pêcheurs, 
  • on s'exclamera volontiers qu'on a peur des pêcheurs "ich habe Angst !", et on dira "beeilt euch, kleine Fische!" (dépêchez vous, petits poissons)



Kuh and co (Vache et compagnie)

  • des images avec de 3 à 5 animaux dessus, qui peuvent être de type différents ou identiques
  • 5 dés avec sur chaque face à un des 6 types d'animaux possibles
  • on tire les dés et on a trois coups pour réussir à avoir les dés correspondants à notre image; sinon c'est au voisin de tenter sa chance.
  • Très vite accessible à un enfant, et très marrant pour l'adulte en fait (d'autant que les images sont mignonnes mais aussi souvent pleines d'humour), j'avoue que j'y joue très volontiers
  • peu encombrant également, facile à emporter partout !

sur le plan linguistique, on a 
  • le vocabulaire des 6 animaux, au singulier comme au pluriel, 
  • les chiffres jusqu'à 5, 
  • et un ensemble de phrases autour : "gibst du mir eine Karte bitte ?" "ich sehe 2 Kühe und ein Huhn", "ich brauche noch 2 Schafe" "Oh nein, mir fehlt noch ein Schwein" "ich möchte eine Katze !"(donne-moi une carte s'il te plaît … je vois … j'ai besoin de … oh non il me manque encore…. je voudrais ...); 
  • on peut également décrire "en passant" ce qu'on voit plus largement sur la carte : le chat court après le mouton, la vache saute, le cochon est assis à côté de…, sous… sur… Ces petites cartes titillent le sens de l'observation de tout le monde et permettent donc de complexifier peu à peu les échanges à leur sujet !

Cerise sur le gâteau pour terminer (parce que si on met la cerise au début, ça fait tout foirer) 

Cette manière de jouer et d'interagir avec son enfant n'exige pas de l'adulte un niveau interstellaire dans la langue qu'il veut transmettre. Un niveau de base suffit tout à fait, augmenté d'un peu de préparation si besoin (si on ne sait plus trop comment dire "vache" on va regarder rapidos sur un dictionnaire en ligne avant), et permet de faire cela très facilement… voire de s'améliorer aussi au passage, en même temps que nos enfants, par la répétition. 
Voici donc un exercice 
  • valable pour la majorité des familles désireuses d'insuffler siouxement une langue supplémentaire dans le quotidien de leurs enfants
  • et que je conseillerais vivement aux familles sur le point de s'expatrier, et dont notamment un conjoint ne maîtriserait pas trop la langue du pays de destination ! Il s'agit alors d'une excellente manière de se préparer en famille.

Je suis aussi open à des suggestions de cet ordre ! Pour nous aussi, Noël arrive… (ça c'est du scoop ^^)

mardi 16 juillet 2019

7 supports solides et efficaces pour apprendre à lire

Dans la vie des enfants et de leurs parents, il y a certains seuils qui nous marquent particulièrement.
Ce sont des seuils pour les enfants, mais aussi et surtout pour les parents : dans le sens que, comme me l'avait dit une bonne copine lorsque F. franchissait le deuxième :

"Quand ils passent cette étape, whouhou, c'est la fête, t'as vraiment l'impression d'un bond en avant, qu'un truc est FAIT, ouf."

Parmi ces acquisitions qui se font à un âge variable et avec plus ou moins de facilités et d'angoisses, je vois
  • le sommeil : le bébé qui fait ses nuiiiiiiits. Bon, là, ça allait, j'ai plutôt été vernie
  • la propreté
et
  • la lecture.

Il y a un avant,
il y a un après,
et au milieu, il y a un chemin.

Qu'on ait scolarisé son enfant ou qu'on l'instruise soi-même, on suit toujours un peu de près l'apprentissage de la lecture. Il porte tellement à conséquences ! Savoir lire, savoir bien lire, aimer lire… cela conditionne tant de choses.

Ici, je me retrouve avec 2 enfants en plein milieu, en simultané, puisque ça a été le gros sujet pour F. (6 ans depuis peu) ainsi que pour E. (4 ans depuis peu aussi), depuis un bout de temps, certes, mais aussi de manière très intense depuis ce printemps.
  • depuis un bout de temps, puisque c'est un apprentissage qui se prépare bien avant de fourrer une lettre sous le nez de son bambin : langage, repérage dans l'espace, phonologie,...
  • puis on arrive à l'étape où on va introduire les lettres
  • et ensuite à l'étape de la combinatoire : quand l'enfant comprend que "mmmm" + "a" ça fait "ma"... GRAAAAND MOMENT !!! Et la lecture / composition des premiers mots phonétiques constitue le premier pas vers la lecture proprement dite.
Comme ce sujet suscite toujours beaucoup d'interrogations sur les meilleures manières d'accompagner cet apprentissage afin qu'il soit solide et donne à l'enfant les bases dont il aura besoin pour la suite de sa vie de lecteur, je prends aujourd'hui le temps d'un retour structuré sur les supports que j'ai pu tester avec mes deux enfants, et dont j'ai pu apprécier leur capacité, justement, à supporter efficacement cet apprentissage.

Deux précisions
  • je me limite volontairement aux activités vraiment spécifiques à la lecture. Pour toutes les activités dites "préparatoires", il en existe d'innombrables, et vous trouverez de l'inspiration ici
  • De la même manière, même si tout ce qui touche à la lecture a forcément des incidences, de près ou de loin, sur l'écriture, là je centre mon billet sur la lecture, et non l'écriture. Mais j'avais recensé, ici, les activités utilisées pour favoriser une bonne tenue du crayon.
Donc, à quoi peut on avoir recours une fois que l'enfant manifeste un intérêt pour ces espères de hiéroglyphes qu'on trouve partout et qu'on nomme des lettres ?
(dans l'ordre chronologique où cela a été utilisé chez nous)







1. Les lettres rugueuses


Ce support Montessori est extrêmement efficace pour permettre à l'enfant de relier le son à la lettre. J'avais détaillé les avantages du coffret choisi : le coffret Montessori des lettres rugueuses de Balthazar, dans un billet spécifique et, vraiment, après plus de 2 ans d'utilisation avec 2 enfants aux profils différents, je suis toujours ravie de mon choix et je n'imaginerais pas introduire autrement les lettres.
Les lettres rugueuses permettent de cumuler ouïe, toucher, tracé, visuel dans l'apprentissage, et les petites cartes associées offrent mille possibilités de répéter et répéter l'apprentissage par une multitude d'activités, sans lassitude. (et le tout se combine aussi très bien avec les objets du quotidien, des duplos, des playmobils, etc)


Elle se sont trouvées très adaptées aussi bien aux besoins de mon fils à 3-4 ans, qu'à ceux de ma fille à même pas 3 ans. (et des activités de ce genre ont été testées par ma belle-sœur en soutien scolaire d'une demoiselle allophone de 8 ans).
Je renforcerais encore l'importance de les choisir suffisamment épaisses et suffisamment grandes, ce que ne respectent pas tous les coffrets vendus dans le commerce. Donc : vigilance !


2. L'alphabet mobile

Ce jeu de lettres, chaque lettre étant individuelle, de grande taille, a constitué la 2ème étape dans l'apprentissage en pavant le chemin vers la combinatoire. L'enfant peut apprendre à composer des mots sans être bloqué par sa capacité (ou non) à former les lettres.
Nous avions acheté le nôtre, en bois, sur Au Bois Des Lettres, et c'est un très bel objet que mes enfants ont eu plaisir à manipuler. Il n'est pas gratuit… Même si je n'ai pas regretté une seconde cet investissement, je tiens à souligner qu'il n'est pas indispensable de tuer son banquier :  l'alphabet mobile gagne en sexytude sur un support bois, mais remplit son office aussi sur un support plastique / papier plastifié. 



3. La série rose Montessori

A utiliser en lien avec l'alphabet mobile : ces séries de petites images et de petits mots phonétiques à la difficulté croissante permettent à l'enfant de progresser peu à peu en combinatoire. Il va composer "sac" "lac" "vis"... puis plus tard "parasol" "lavabo" etc. On trouve images et petits mots sur internet.
Je précise qu'après cette série rose il existe des séries bleues et vertes, plus complexes, mais … je n'y ai jamais touché, nous avons fait autrement.


4. La méthode Boscher


En soutien de l'acquisition de la combinatoire, j'ai utilisé le très vieux manuel de la méthode Boscher, un pilier de la méthode syllabique. 
Son côté ultra systématique a en effet été très utile pour aider F. à ancrer les apprentissages. Pendant un temps, nous en faisions un peu chaque soir et cela a vraiment été très utile, permettant de varier avec ce qu'il faisait en salle de classe (que ce soit en école à la maison l'an dernier, ou à l'école Montessori cette année).

J'ai apprécié
  • la double lecture en cursif et script, permettant à un enfant de l'âge de F. de répéter les choses (et donc, d'ancrer), 
  • la  douceur des dessins.
  •  Le fait qu'il y avait des maths en bas de chaque page convenait également bien pour lui qui a toujours adoré ça, il adorait arriver à ce bas de page.
En bémol :
  • les mots présentés sont parfois vraiment périmés : "capeline"... On peut souhaiter des mots qui "parlent" plus aux enfants. 
  • Idem concernant les phrases : il y a du vieux jeu, avec papa qui tape toto ...

Ce manuel, si il a plutôt bien convenu à F. pendant un bon bout de temps, a très peu servi à E., beaucoup plus rapide, et qui a très vite dépassé ce stade. Elle était déjà tellement axée sur le sens de ce qu'elle lisait que la lecture de deux lignes de syllabes avant d'en arriver à de vrais mots l'a intéressée pendant une semaine à peine avant de la frustrer plus qu'autre chose… et très vite, la lecture de simples mots sans lien entre eux à eu le même effet : j'ai jeté l'éponge quand j'ai réalisé qu'elle cherchait à lier chacun de ces mots entre eux pour que "ça veuille dire quelque chose". Elle ne vivait que pour la toute petite phrase entière qui terminait la leçon !



Ce qui m'a amenée à basculer, pour les deux, sur le support numéro 6.

Mais avant d'en arriver là, nous avions commenté à utiliser, en parallèle, un support moins académique


5. Les BD des Schtroumpfs !


Je suis une grande fan des Schtroumpfs et ceux-ci ont fait l'objet d'un certain nombre de cadeaux de fête des mères de la part de Monsieur Bout si bien que nous en possédons la majorité des albums. Or les enfants les ont découverts ce printemps et depuis nous les lisons en boucle.
Ignoble et sournoise comme à mon habitude, j'ai exploité ce grand intérêt pour, d'abord, développer la lecture des mots phonétiques : très vite, les enfants ont été investis de la mission de lire eux mêmes toutes les onomatopées
  • D'abord celles vraiment phonétiques le "PAF" de toutes les fois où le Schtroumpf à Lunettes s'en prend une, notamment, ou les TOC TOC à la porte du Grand Schtroumpf, ...etc. 
  • Plus tard le PLOUF est venu, en temps utile, aider à ancrer que O + U = OU, de la même manière que, plus tard encore, j'ai délégué la lecture des "NON".
A noter qu'aujourd'hui, après le passage par le support numéro 6, les Schtroumpfs continuent à  intervenir, par le biais d'une lecture à deux voix (ou plutôt, 3) :  je fais lire certaines bulles courtes, et je lis les autres. Plus ça va, plus la part lue par eux grossit. Huhuhu.


6. Les livres de la collection Mes premières lectures Montessori


Cette collection toute récente, que l'ont doit notamment à des mamans IEF, est fichtrement bien faite. Très progressive, elle se décompose en petits livres de différents niveaux :
  • le premier niveau contient des mots uniquement phonétiques, puis des e muets (les lettres muettes étant grisées), 
  • le deuxième niveau centre chaque livret sur une difficulté particulière, que ce soit l'introduction d'une syllabe plus complexe (par exemple "ett"), ou de premiers mots outils  (les, des, et, c'est, etc); syllabes complexes mises en valeur en rouge, et premiers mots outils surlignés en jaune. 
  • Chaque livre du troisième niveau est consacré à un graphème, et un seul : on aura un livre avec des tas de "on", un livre avec plein de mots en "an", etc (graphème mis en valeur en vert). 
  • Les livres du 4ème niveau combinent les difficultés du niveau 2 et celles du niveau 3.

Ces livres ont l'avantage de reprendre la progression Montessori type, d'une manière très alléchante pour l'enfant et très bien structurée. Les histoires sont plutôt de bonne qualité, le vocabulaire de bon niveau, et les dessins clairs viennent soutenir l'apprentissage.
Ils font partie des rares de ce type à être en écriture cursive, ce que j'apprécie vraiment. En effet vous aurez remarqué que, en ce qui me concerne, je suis restée fidèle aux conseils soulignant l'intérêt de commencer par introduire le cursif avant le script.
J'en ai vu, du reste, un des nombreux avantages avec E. ces derniers mois : là où son cerveau de même pas 4 ans voyait encore en symétrique et donc confondait encore b d p et q scripts il y a quelques mois, elle ne rencontrait pas ses difficultés (ou plutôt, en minoré, avec le q et le d parfois) en cursive et donc a pu avancer sans être bloquée par cela. Je remarque depuis quelques jours qu'elle a à présent suffisamment progressé pour se mettre tout naturellement à lire en script sans plus buter sur cette difficulté qui était pourtant systématique il y a 2 mois à peine.

Remarque : J'ai eu l'occasion de tester une autre collection similaire, mon beau-frère ayant offert à E. ce coffret. J'ai trouvé celui-ci chouette aussi. 
Je n'ai pas testé tous leurs niveaux donc j'ai du mal à faire une comparaison étayée mais avec ce niveau 3+ je remarque déjà une chose : j'ai moins de texte, par double page, qu'avec l'autre collection. Et ce à un niveau où l'enfant est déjà capable de lire davantage.
Or c'est une des subtilités très intelligentes des "premières lectures Montessori" : là où chaque page de niveau 1 contient entre 2 et 4 lignes de texte, la quantité de texte augmente avec le niveauet la fluidité de lecture du jeune lecteur. J'en remarque la pertinence avec E. qui, au stade où elle en est, ne se contente plus, depuis longtemps, de la page que je lisais avec elle chaque soir. Elle est passée à 2, puis 3, et maintenant c'est minimum un demi bouquin par soir que nous engloutissons. Alors du coup je trouve "les premières lectures Montessori" plus rentables … ;-)
Par ailleurs cette collection étant plus récente elle est pour le moment moins complète que l'autre qui contient déjà une vingtaine d'ouvrages… et doit elle même encore être complétée (il en sort plusieurs nouveaux livres par an).
Mais bon ça me va bien d'avoir les deux car certains des sons contenus dans ce 3+ (le ph, le oi, le eau) n'ont pas encore été couverts par ma collection de base.

Deuxième remarque : ma "méthode" pour gagner en fluidité de lecture pour l'un comme pour l'autre enfant a été d'introduire la lecture d'une page de ces petits livres dans le rituel du coucher. Moment facile à tenir
  • pour un enfant scolarisé (F.) Car j'ai fini par constater qu'il n'avait pas à l'école la stimulation dont il avait besoin sur ce plan-là, et donc j'ai admis qu'il fallait que je reprenne les choses en mains… mais je vous en reparlerai dans un futur billet intitulé "le mythe de l'école parfaite"
  • pour un enfant officiellement en IEF mais géré par une mère complètement débordée (E.)
cette page quotidienne a vraiment porté ses fruits !

En bonus : j'ai commencé à filmer les enfants avec mon smartphone, au départ pour envoyer cela à Monsieur Bout, à notre G1, à ma mère, voire en prévision de cet article… et je me suis aperçue qu'ils adoraient être filmés en train de lire, et pouvoir regarder la vidéo ensuite. J'ai systématisé le truc sans vergogne puisque
  • chouette effet incitatif
  • effet pédagogique intéressant : en regardant la vidéo, centrée sur les mots qu'ils lisent, ils répètent en fait ce qu'ils viennent de voir. Hin hin hin.
Ah, ce que la technologie ne permet pas…

Alors justement la technologie refuse de me permettre de rajouter quelques vidéos de démonstration dans le corps du billet donc je les ajouterai en commentaire sur le partage FB. Na. 


En tous cas ces livres se sont révélés ultra précieux pour vraiment ancrer et fluidifier. Je suis raaaavie de les avoir à disposition, et un certain nombre d'entre eux vont nous accompagner en vacances. (c'est l'avantage, hein, ils ne sont pas bien encombrants…)




C'est le pendant des lettres rugueuses, il permet d'introduire les sons complexes (A + N qui dont AN, etc) et je l'ai utilisé en complément des premières lectures Montessori de niveau 3. Même si, je l'avoue, de manière moins systématique / académique que les lettres rugueuses.
En effet
  • E. a vite montré qu'elle souhaitait avancer plus vite : du coup, hop, leçon en 3 temps puis "encore"... bon ben n'en voyons pas que 3 d'un coup alors, voyons en 5.
  • F. avançant moins vite que sa sœur j'ai d'abord voulu faire attendre E. puis j'ai fini par lâcher l'affaire et permettre à E. d'avancer à son rythme : du coup elle a appris chaque graphème avec le livre des premières lectures Montessori de niveau 3 correspondant, et F. intègre peu à peu certains graphèmes avec les schtroumpfs…

J'ai néanmoins trouvé ce coffret encore très bien fait, avec juste un ou deux regrets mineurs du style : une des images illustrant le "ou" est un "hibou". Et E. l'a tout d'abord nommé "chouette": le "ou" étant moins perceptible ainsi, elle est allée le caser… avec le "ch".



Moralité, et pour vous donner une idée de la manière dont cette progression s'est déroulée chez nous : l'avantage c'est qu'ayant deux enfants aux rythmes bien différents, j'espère que cela pourra permettre à d'autres parents de voir que c'est vraiment très personnel ;-)
  • F. n'a montré aucun intérêt pour les lettres jusqu'à peu avant ses 4 ans (2 mois avant) puis a appris la majorité des lettres rugueuses à ce moment-là; E. a été très vite intéressée par le sujet : 2 ans et quelques déjà. Elle les a apprises sur mes genoux quand son frère les révisait, et les connaissait toutes autour de son 3ème anniversaire
  • le déclic "combinatoire", F. l'a eu un an après son initiation aux lettres rugueuses, quelques semaines avant ses 5 ans, donc. Puis il y a eu une période de stagnation, et j'ai repris les choses en mains une petite année après, ce printemps. E. a eu le déclic combinatoire… euh… cet automne, je crois, vers 3 ans et 1/2. Mais j'ai été disponible de manière plus ou moins variable pour nourrir son intérêt pourtant dévorant. Elle a donc bénéficié de la reprise en mains du sujet pour son frère, au printemps.

Depuis, énormes progrès pour les deux.

Depuis quelques jours en particulier, E. lit tout ce qu'elle trouve
  • une phrase du bouquin que je lis, 
  • quelques mots que je tape sur mon ordinateur dans le cadre de mon boulot, 
  • les étiquettes de bouteille, 
  • et bien entendu, les livres qu'elle a en main : quelques bulles de Schtroumpf, quelques mots de Babar, une phrase d'un Petit Ours Brun… ou d'un prospectus. 
  • Elle empoigne volontiers ses "premières lectures Montessori" et on l'entend les lire dans sa chambre, une fois couchée. 
Ce weekend, elle a même tenté… de lire les noms des colonnes du fichier Excel de comptes que je remplissais : "A-Q, A-R, A-S, A-T, A-U... O ! Maman y a "O", là !". Gros fou rire.



F. déchiffre volontiers quelques mots par ci par là, et se laisse prendre au jeu en fonction des moments / incitations (les Schtroumpfs étant ce qu'il y a de plus sexy).

Et moi, je m'éclate à observer et accompagner.


Ah, Ah, Ah oui vraiment, 
L'apprentissage de la lecture c'est bien marrant 
(à chanter sur l'air du refrain de Cadet Rousselle - OK je sors)



lundi 9 juillet 2018

Point - progression en mai - juin 2018

Allez, c'est la fin de l'année ! Je la termine sur les rotules, les dernières semaines ayant été particulièrement éprouvantes, avec beaucoup, beaucoup de choses à gérer et mes cafouillages mamie-au-pairesques pour fluidifier le tout.

Les enfants, en plus de souffler, l'une 3 bougies, l'autre 5, ont quand même réussi à apprendre des trucs. Étonnant, non ?;-)


Concernant la Bébounette, je note surtout 
  • de longues séances avec les lettres rugueuses
    • elle en maîtrise une bonne quinzaine au minimum, et gère les associations avec les images fournies dans notre coffret
    • Elle est à fond, se concentre volontiers, et j'avoue que je me dis que les séances d'IEF juste avec elle, l'an prochain, vont être bien faciles. (Vais-je déchanter ? Je m'en fous. Peut-être même auriez-vous une expérience de Numéro-2-super-simple-à-gérer-en-IEF-jusqu'à-la-scolarisation-de-l'aînê-et-là-ce-fut-l'enfer à partager ? Grand bien vous en fasse, mais surtout, surtout : gardez-la pour vous ! Pour le moment, j'ai besoin d'avoir des illusions)
  • été = sandales = la Bébounette sait désormais faire et défaire ses boucles de chaussures (c'est bien pratique). Notons que le Bébou ne sait pas en faire autant, mais que ses boucles à lui sont un poil plus dures et plus difficiles à atteindre.
  • Pour ses 3 ans, nous lui avons acheté un vélo-de-grande pour prendre la suite de la draisienne, mais pour le moment les progrès sont discrets. C'est aussi du au fait que l'environnement est moins favorable que du temps où nous entraînions son frère : exit les longues allées plates de notre parc strasbourgeois, notre impasse privée est en pente et cela complique les choses... (à la fois pour elle, et pour moi, parce que franchement, c'est crevant)


Concernant le Bébou
  • le plus remarquable est sans conteste : d'énormes progrès en motricité fine (qui ne se sont pas produits par hasard : je vous dois un billet sur les réflexes archaïques et leur intégration)
  • du coup, nous avons un F. qui, enfin, essaie et réussit à colorier "sans dépasser", qui a plus dessiné (et non gribouilllé) en 2 mois que les 2 années précédentes, et qui, même, a fait ses premières tentatives réelles d'écriture, et ce à plusieurs reprises : plusieurs proches ont ainsi reçu du courrier de sa part, avec leurs noms écrits (parfois en mode Picasso : des lettres en plusieurs exemplaires, un peu dans tous les sens)
  • en parallèle, nous avons avancé en lecture, sur la série rose.
  • lui que j'avais déjà remarqué très sensible aux couleurs, a fait preuve aussi d'une énorme persévérance pour trier l'intégralité d'un lot de boutons dans des teintes variables, acheté chez Action il y a longtemps. C'est une activité qu'il a fait à plusieurs reprises, et, moi qui au départ n'avait sorti qu'un petit tiers du sac, j'ai du, à sa demande, mettre à disposition la totalité ! 
  • Ah, et puis, si, au niveau spi : nous avons eu la surprise de constater, au cours d'une prière familiale du soir, que F. connaissait en fait déjà par cœur la prière du Notre Père (que nous sommes pourtant très loin de dire régulièrement).
Nous avons aussi fait quelques autres machins mais je vous avouerai qu'au fur et à mesure que les semaines ont passé les créneaux IEF ont décru : entre la perspective de sa scolarisation prochaine, et mon niveau de fatigue / sollicitation encore en hausse, j'ai souvent fait l'école buissonnière...



Concernant la Gwen :
elle est à demi morte, mais tant que c'est qu'à demi, c'est bon.
Beaucoup, beaucoup de sollicitations, beaucoup de stress sur de nombreux plans, mais, tout de même, un gros soulagement : elle a "rentré" son premier client RH à la fin du mois de juin !
Évidemment, ça n'a pas allégé ses semaines, mais au moins, cela allège le poids des interrogations financières: y aura de quoi payer les vacances et le jardinier (une condition posée par Monsieur Bout à l'achat de la maison) et puis du coup, elle investit du temps dans le service à ce fameux client plutôt que dans la chasse au client, justement.
Et honnêtement, ce retour au boulot lui fait du bien ! Le seul souci est que les autres pans de sa vie refusent obstinément de prendre moins de place...


vendredi 4 mai 2018

Point - progression en Mars - Avril 2018

Le mois de mai commence, c'est l'heure du petit point bi-mensuel.

Le Bébou
va devoir trouver un autre surnom car vraiment, ce n'est plus un Bébou !
Il continue à aller mieux sur beaucoup de plans, notamment l'estime de lui-même et l'envie d'être un grand, justement.
Sa concentration et sa capacité à travailler seul se développent

Parmi les acquisitions de ces deux mois
  • l'intérêt pour les puzzles manifesté par sa sœur l'a titillé: il s'y est remis, et est capable de faire des 20 pièces quand il est dans de bonnes dispositions (mais il est quand même assez rare qu'il aille jusqu'au bout)
  • en mathématiques version Montessori, j'ai enfin pris le temps d'introduire le plateau de mille
  • et j'ai enfin sorti la 3ème boîte de couleurs. Là pour le coup il m'a impressionnée : il a l’œil ! J'hésite, pas lui.
  • Mais surtout, grande avancée : F. commence à lire ses premiers mots
    • Je le sentais très intéressé mais en même temps pas motivé pour les exercices (Montessori) que je proposais en salle de classe. Bon, il y a aussi de ma faute, je ne me suis pas occupée de lui constituer une série rose alors qu'il serait probablement intéressé: je me rattrape, j'ai enfin trouvé un fichier qui me convienne et suis sur le point de faire fonctionner ma plastifieuse.  
    • En en discutant avec une bonne copine, elle m'a conseillé de compléter par la méthode Boscher, ce que j'ai fait. Je ferai un billet plus détaillé dessus bientôt, mais nous avançons paisiblement dans le livre en question, et F. progresse en déchiffrage. L'entendre ânonner "pe ... - ti .... - teuh" : je trouve cela magique !!
  • A noter que toutes les lettres de l'alphabet ne sont pas encore acquises : j'ai introduit quelques unes de celles qui manquent encore (x, y, z, notamment) et il peine à les assimiler.
Globalement, j'ai encore beaucoup de mal à comprendre comment il / son cerveau fonctionne. Les trucs trop simples ne l'intéressent pas, mais les trucs trop compliqués lui font peur. Je crois que je devrais tester davantage de choses mais... fichue bande passante ! Je vais devoir creuser le sujet...


La Bébounette
va toujours très bien. Parmi les acquisitions notables
  • toujours un grand intérêt pour les puzzles, elle est au même stade que son frère : 20 pièces, et fait souvent preuve de davantage de persévérance
  • elle a abondamment profité des séances de phonologie et d'apprentissage des lettres dudit frère: sa conscience phonologique est à présent très développée, et c'est très fréquemment qu'elle souligne "p comme police" ou "à la fin de 'cheval' on entend comme à la fin de 'balle' ".
  • Par ailleurs, elle reconnaît déjà énormément de lettres, et j'ai l'impression qu'elle maîtrise déjà mieux les dernières venues (lesdits X Y Z) que son frérot. Pas évident à gérer... F. déteste qu'elle réponde avant lui quand il travaille sur ses lettres rugueuses !



La Gwen va bien, elle est vraiment overbookée, mais le mois d'avril a signé le démarrage effectif de l'animation de ses ateliers Faber et Mazlish
Un groupe sympa tout plein, chaque soirée est un plaisir, et je me réjouis de démarrer un 2ème groupe dans une dizaine de jours ! Par ailleurs j'ai déjà assez d'intéressés-mais-pas-dispo-en-mai-juin pour programmer des dates à l'automne.
Et puis, comme dit, je redémarre Flylady: c'est laborieux, mais vital !

Et puis, la Gwen vous embrasse et vous dit "à bientôt", parce que ce weekend c'est WEEKEND EN AMOUREUX AVEC MONSIEUR BOUT ! (mille mercis aux potes qui gardent les enfants)
youpitagada.

dimanche 22 avril 2018

Gestion des émotions et des conflits : Bastien et les Blipoux, le Faber et Mazlish pour les enfants !

Transmettre à nos enfants des compétences en gestion de leurs émotions et gestion des conflits, représente un sacré travail.
Surtout quand, comme moi, comme de nombreux parents, on est en fait soi-même en train de s'approprier ces mêmes compétences.

En tant que parent, on peut compter sur des livres très bien fichus, et éventuellement aussi, des ateliers de parents. Nos enfants peuvent compter sur nous (plus ou moins, selon les moments...). Mais on est également bien contents de pouvoir s'appuyer sur des lectures adaptées à leur âge. Heureusement, c'est un domaine dans lequel il commence à exister de bonnes références !

En voici une, découverte lors de ma formation d'animatrice Faber et Mazlish.

Bastien et les Blipoux


Ce n'est pas pour rien que je l'ai découvert à ce moment-là : il a été écrit par les mêmes auteures que mes très chers livres de chevet "Parler pour que les enfants écoutent...", "Parents Épanouis, ,Enfants Épanouis", et les autres livres de la série. Et précisément, dans le but d'aider nos enfants à s'approprier des manières constructives de gérer leurs émotions et les conflits qui émaillent leur quotidien.
Ici, nous suivons une journée de la vie de Bastien, un petit garçon dont la journée précédente a été parsemée de conflits désagréables à vivre : avec sa mère, avec son père et sa sœur, avec son meilleur ami. Dans la nuit, deux petits êtres bizarres arrivent pour l'aider: ces fameux Blipoux. Bastien, en retrouvant chacun de ses "opposants" de la veille, bénéficie des conseils du duo (deux avis souvent opposés) pour les résoudre.


  • Ce bouquin a énormément plu à mes enfants, je crois que j'ai bien du le lire au moins 2 ou 3 fois par jour lors de sa première semaine chez nous (il y a bientôt 3 mois) et il est régulièrement demandé depuis. Il peut convenir à des enfants dès l'âge de 3 ou 4 ans, et jusqu'à 10 ans sans souci. (E., du haut de ses pas encore 3 ans, est au taquet, mais elle est stimulée par la présence de son grand frère.)
  • L'histoire est mignonne, elle "se tient", les dessins sont tout à fait corrects bien que pas exceptionnels non plus.
  • Il est long : 68 pages. 
    • Cela permet de bien approfondir la thématique, sans raccourcis ni approximations : on voit clairement les mots et attitudes qui aident, ceux qui n'aident pas. 
    • De ce fait, je l'ai lu une première fois en entier (utile, pour permettre à chacun des conflits évoqués au chapitre 1, de trouver sa conclusion dans les chapitres suivants), mais ensuite j'ai toujours annoncé la couleur : "on lit 1 (ou 2) chapitres, les enfants!" Sinon, c'est vraiment looooong. (Mais si vous avez un trajet en train à meubler, ça peut jouer pour vous !). Du coup, c'est marrant, on voit bien aussi ce qui turlupine les enfants : F. me demande trèèèès souvent le chapitre dans lequel Bastien s'oppose à son petit copain. E., davantage celui où notre héros se dispute avec sa petite sœur...
  • On y retrouve deux grandes thématiques : 
    • les manières d'exprimer ses sentiments, notamment négatifs (ou en tous cas sources de conflits) : "Je suis fâché, je n'aime pas quand tu...", par exemple, et de formuler des demandes  : "j'aimerais", 
    • la dynamique de résolution de problèmes / recherche de solutions qui conviennent aux deux parties.
  • Il est fin : Groge, le premier Blipoux, pousse plutôt au conflit, Mori, l'autre, à la recherche de compromis, mais sans que l'on puisse étiqueter le Méchant / le Gentil. Ce n'est donc ni tout noir, ni tout blanc, il n'y a rien qui soit méchant ou gentil, mais des choses plus ou moins utiles : Groge s'entend ainsi donner raison quand il s'oppose à son confrère qui recommande de dire les choses "gentiment" : "mais il ne se sent pas gentil !". L'avantage d'avoir ces deux voix est que cela permet en outre des jeux de rôle, soit pendant un conflit (si pas trop chaud), soit en débriefing de conflit (pour analyser et en tirer des leçons plus tard) : 
"que dirait Groge sur ce coup-là tu crois ?" (là l'enfant peut se lâcher, ça lui fait du bien!), 
puis "et Mori ?
"Bon, et toi, que penserais-tu le plus utile ?"
  • Comme toujours, la traduction est canadienne, on retrouve donc quelques particularismes mignons, que, pour ma part, je corrige souvent au fil de la lecture.
  • Le niveau de langage du livre est plutôt bon, je regrette en revanche l'usage assez fréquent du "on" en lieu et place du "nous".


Deux remarques en complément :
  1. Ce livre se prête aussi particulièrement bien à des lectures collectives (bibliothèque, classe, etc). Dans le cas d'une classe, j'encouragerais vivement à procéder dès le départ par épisode. 5 chapitres, cela peut par exemple s'étaler sur une semaine de classe pour approfondir !
  2. Devant le succès du premier, Faber et Mazlish ont récidivé et sorti "Bastien et les Blipoux à l'école" : Bastien déménage et éprouve des difficultés à s'insérer dans sa nouvelle école, alors les Blipoux débarquent de nouveau pour lui filer un petit coup de main.

En conclusion, je soulignerai que ce livre est à la fois une chouette manière d'inciter nos enfants à coopérer avec nos nouveaux outils Faber et Mazlish... mais que c'est également un excellent moyen pour présenter l'approche à des parents qui ne la connaissent pas : les histoires racontées dissipent par exemple très bien la peur de "l'enfant roi", qui agit comme répulsif et dissuade de nombreux parents de creuser un peu plus. Là, on voit très bien que la maman, par exemple, respecte ses propres limites. Du coup, l'intérêt de ce mode de résolution du conflit parle également aux parents, il montre la possibilité d'une éducation respectueuse de l'enfant et du parent, et donne envie de rentrer dans cette logique-là. 
(Bref, je dis ça, je dis rien, mais si vous avez un cadeau à faire à un enfant de votre entourage... ou un cadeau de naissance et vous souhaiteriez aussi un petit quelque chose pour l'aîné...)

jeudi 1 mars 2018

Point - progression en Janvier - Février 2018

Héhé, voici un point (bi-mensuel toujours, c'est plus raisonnable en ce moment) plus étoffé que les derniers. En effet
  • F. va mieux, bien mieux, et à ce titre les apprentissages, qu'ils soient formels ou informels, reprennent: c'est donc pour moi un double bonheur de l'observer apprendre. 
    • Joie de le voir progresser, 
    • joie de constater ainsi que oui, il est de nouveau assez disponible émotionnellement pour apprendre.
  • nous avons ENFIN repris nos créneaux IEF (dans notre belle salle de classe) il y a quasi 3 semaines. Youpi tagada.

La Bébounette
La demoiselle a fait de gros progrès ces derniers mois sur l'autonomie en termes d'habillage :
  • mettre et ôter ses chaussons seule
  • puis enfiler culotte et bas de pyjama
  • puis ôter culotte, collants, etc seule
  • puis mettre le haut de pyjama
Bref, aujourd'hui, elle s'habille quasiment seule (même si il faut être présent), tant qu'il n'y a pas de boutons.

J'ai remarqué d'énormes progrès en graphisme également :
  • ses premiers bonshommes !! à peine quelques mois après ceux de son frère. Ils sont déjà assez élaborés (jambes recouvertes d'un pantalon, oreilles,...), même si souvent assez discrets: elle appuie assez peu avec ses crayons ! (du coup la photo que j'ai tenté de faire du premier ne donne rien. SNIF)
  • au niveau coloriage également, elle a arrêté de gribouiller un peu au hasard et s'efforce de plus en plus souvent de rester à peu près "dans les traits"

une autre grande évolution: les puzzles sont à l'honneur. 6 pièces, 9 pièces, elle s'essaie également aux 15 pièces avec beaucoup de persévérance. Ce n'est en soi pas exceptionnel, mais je suis toute impressionnée car F. a rarement été intéressé par les puzzles et ceux qu'il fait de temps à autre sont à peine plus élaborés que ceux sur lesquels sa sœur commence à loucher.









Le Bébou
va mieux, donc, depuis que nous avons pu lui apporter l'aide dont il avait si cruellement besoin.

Cela s'est manifesté sur beaucoup de points autour de l'autonomie
  • en l'espace de quelques jours début janvier, j'ai pu lui déléguer son essuyage de fesses (youpi)
  • nous avons ressorti son circuit à billes, il a commencé par vouloir attendre que son père rentre pour que ce soit lui construise... puis s'y est attaqué seul et avec brio, gérant très bien la représentation dans l'espace en 3D:  il faut anticiper, pour que la bille puisse rouler!
  • il a également repris les questions: ces derniers mois, ses questions ne concernaient quasiment plus que des points au sujet desquels il avait la réponse; sa curiosité s'était éteinte. Là, elle a repris. Sa capacité à réfléchir seul également, il tient de nouveau de longs raisonnements (plus ou moins loufoques).
  • Lui qui avait commencé à apprendre à nouer son peignoir il y a un bout de temps, mais s'était arrêté en chemin, s'est mis à le faire avec beaucoup de naturel et de ténacité.
Il y a eu quelques frémissements sur le plan de la propreté de nuit, mais hélas rien de très important. Du fait de son historique, je ne sais trop sur quel pied danser: je pourrais décider que c'est normal à son âge, mais l'impression que c'est avant tout psychologique demeure et ne me laisse pas en paix.

Côté Vie Pratique, le pliage est très in. En dehors de la salle de classe, je retrouve de plus en plus souvent des objets soigneusement pliés en 4 : couvertures de poupée, chiffons Jemako...


Sur un plan plus académique :
  • il a repris l'apprentissage des chiffres : il savait compter jusqu'à 30 depuis longtemps, et ne manifestait aucune envie d'aller au-delà. C'est du passé !
  • Qui dit reprise de l'IEF, dit reprise de nos lettres rugueuses et de notre alphabet mobile.

    • Il avait oublié certaines des lettres vues ensemble l'an dernier (le "B", notamment, avait complètement été zappé), mais après avoir eu besoin d'un peu de temps au démarrage, c'est en train de revenir. La manière qui le motive le plus, actuellement, étant de jouer à la marchande:
Bonjour Monsieur, je voudrais de quoi faire le son "bbb" !
Bonjour Monsieur, auriez-vous ce qu'il y a au début de "bébé" ?

    • Il commence également à les tracer dans la polenta.

    "oma": le petit nom de sa grand-mère allemande !
    • et surtout, ça y est, F. aborde les doux rivages de l'écriture spontanée: le déclic a eu lieu, il a compris la décomposition des mots en sons, et donc, chaque séance d'IEF ou presque, je lui propose d'écrire un mot "intéressant" (le jour où ledit déclic s'est produit, j'avais favorisé les choses par une petite mise en scène avec 3 mots très intéressants : papa, pipi - ben oui... - et mimi - son Mouton). 
Ça fait du bien !!






Quant à la Gwen, eh bien, donc, elle va bien, elle voudrait d'ailleurs venir vous écrire un billet dans ce sens, et vous a déjà touché un mot de ses nouvelles perspectives pro. Elle faber&mazlishe à qui mieux-mieux, ce n'est jamais parfait, mais bon, ça...

Mars promet d'être intéressant à de nombreux titres (et en plus normalement il va nous faire sortir de cet hiver pourri. Que demander de plus), et j'espère être à même d'alimenter ce blog correctement, car j'ai tellement de choses à vous dire...;-)



lundi 15 janvier 2018

Petit bilan des cadeaux de Noël des enfants

Noël est passé par là, je prends donc le temps de venir rapidement dresser la liste des cadeaux offerts aux enfants. Cela pourra vous inspirer pour le Noël suivant, ou pour les anniversaires prochains, ou pas.
Et dans tous les cas ça me donnera du grain à moudre pour mon "1 an après" de l'an prochain.


Des doigts très habiles de ma belle-mère, ont émergé
  • des chaussons en laine feutrée, décorés d'une paire d'yeux mobiles
Troooop mignons, ils ont eu un succès instantanés auprès des enfants. 
Plus faciles à enfiler que les chaussons à semelles de cuir dont j'orne habituellement les pieds de mes enfants, ils ont permis à la Bébounette d'apprendre enfin à les ôter et les mettre seule. Youpi.
En plus ils sont fichtrement confortables et plus chauds que des chaussons normaux (je sais de quoi je parle, j'en ai aussi reçu une paire - mais sans yeux mobiles, ce qui a scandalisé les Bébous).

  • Un beau pull pour F., une mignonne petite robe pour E. . 
Bien chauds, ET tout doux (spécial dédicace à tous ceux traumatisés par les pulls-de-grand-mère-qui-grattent)


En plus de ça, il y a eu
  • le jeu du marché Haba
Un excellent choix de mes beaux-parents, ce jeu est plutôt fait pour les petits, mais plaît également beaucoup à F. . Avantages collatéraux non négligeables : 
    • il s'avère très précieux pour "jouer à être poli", 
    • et se prête tout aussi bien à des détournements à des fins linguistiques: les mêmes petits jeux de rôle permettront de s'approprier tout un ensemble de mots et de courtes phrases dans la langue de son choix.

Des parrains marraines, on peut noter
  • une boîte de Plusplus: je louchais dessus depuis longtemps, F. y avait été confronté chez son cousin et chez Alexandra, et s'en est emparé avec intérêt



De notre part, il y avait
pour F.: 
F. absorbé ... et au chaud dans son nouveau pull
  • plusieurs lots de maisons forestières Jeujura, achetés d'occaz (Emmaüs, leboncoin)
Ayant gardé des souvenirs émus des heures passées à jouer à cela avec mes frères et sœurs, j'avais estimé que F. avait atteint le bon âge, et il m'a donné raison! Il joue énormément avec. 
Ce jeu stimule la créativité, à la fois par 
    • le fait que l'on peut inventer énormément de constructions différentes (d'où l’intérêt d'avoir investi dans plusieurs lots, ce qui décuple les possibilités), 
    • et les possibilités de détournement: F. s'en sert pour marquer des places de parking pour ses bagnoles et/ou des routes, faire des ponts entre deux tabourets ikea, transformer son mouton en peluche en paresseux cramponné à une branche, jouer du tambour sur le parquet, etc...

  • une grande boîte de beaux crayons de couleur "juste pour lui" (Faber-Castell, aquarellables)

Pour E. j'avais déniché 
  • une boîte de cubes vintage chez Emmaüs
Leur intérêt est d'avoir une face peinte, avec à chaque fois, une fenêtre, une devanture de boutique, etc. Les deux ont adoré, et, en plus de construire, E. passe de longs moments à admirer chacun des cubes.

une autre suggestion, offerte par mon parrain, et venue de Clotilde:
Destinée à notre jardin, il s'agit donc du premier investissement suite à nos interrogations et vos suggestions sur les meilleurs jouets et équipements d'extérieur pour enfants
J'étais à fond sur une cabane en bois, prête à investir quand 
1. Monsieur Bout a fait mine de tomber des nues et ne pas être tout à fait d'accord alors qu'il me semblait en avoir déjà discuté plusieurs fois avec lui. (déclenchant ainsi le fou-rire de mon beau-frère qui était, lui, au courant des moindres détails du projet)
2. j'ai fait les comptes en intégrant les nouveaux devis des travaux actuellement en cours dans la maison, et euh bon... nous verrons l'an prochain.
Destinée à notre jardin, donc, 
    • et bien adaptée à ses dimensions réduites puisque amovible à l'infini.
    • Mais surtout, comme c'est également utilisable à l'intérieur, en ce moment c'est dans notre salon que les Bébous s'éclatent!
    • Constitué de deux tunnels et de deux cabanes différentes, cela permet pas mal de combinaisons et il n'y a pas de journée qui se passe sans que les enfants ne s'amusent un bon bout de temps avec (mention spéciale pour la manière dont, les matins de weekend, ils vont jouer relativement calmement dedans pendant que nous roupillons encore un peu). 
    • C'est vite replié (enfin, non: c'est vite replié quand on fait cela correctement. Donc c'est variable, car parfois le geste à faire me vient spontanément, et en un tournemain c'est réglé. Et puis parfois ce machin me résiste obstinément et je m'énerve. Parce qu'évidemment ça n'a pas été vendu avec ne serait-ce qu'un dessin cryptique sensé expliquer la manœuvre), et ça prend très peu de place une fois replié.. 
    • Et ça se lave (ça, ce sera pour quand nous l'aurons mis dehors)
Bref, j'en suis ravie!


Rajoutez à cela quelques livres et encore un jeu, et... malgré tout, malgré le fait que le cadeau de mes propres parents étant notre séjour de cet été à Paray-le-Monial, rien n'est venu se rajouter de leur part, eh bien, ... ça fait quand même beaucoup!
J'ai beau avoir une splendide salle dédiée à notre IEF, avec de nombreux placards adaptés au stockage du matériel ludico-pédagogique... je suis rentrée bien décidée à repasser en revue notre stock de jouets pour en éliminer une partie. 

J'ai ouvert grand les placards. 


J'ai ôté une boîte.


Bon, on va dire que c'était parce que le bazar ambiant (bicoz travaux) ne constituait pas un environnement favorable au déploiement d'une fougue désencombreuse.