PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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mercredi 21 août 2019

Anniversaire F. : que d'adrénaline...

Mieux vaut tard que jamais : il est venu le moment de vous raconter l'anniversaire de F.
Sous 2 aspects :
Bon, d'abord : la fête.

Elément de contexte 1 : elle avait lieu la veille de mon décollage pour l'Asie. Timing parfait facilitant encore davantage l'organisation, dans une atmosphère de calme et de détente absolus.
Elément de contexte 2 : l'an dernier, notre première expérience d' "anniversaire avec invitation de petits copains" nous avait permis une conclusion. Un anniversaire d'enfants, c'est beaucoup mieux si on a en stock une grosse, grosse liste d'activités à proposer, car une demi-douzaine d'enfants, ça ne s'occupe pas tout seul… ou alors, d'une manière pas forcément souhaitée. Ouais, j'enfonce les portes ouvertes, sûrement, mais, bon, hein, à moi en tous cas il m'avait fallu me confronter à la réalité pour vraiment comprendre la dose d'anticipation nécessaire pour que chaque enfant passe un bel après-midi.
Elément de contexte 1 et 2 se télescopaient donc parfaitement…

Il n'empêche que je suis très très heureuse d'annoncer que cette fête était incroyablement bien organisée, timée, rythmée.



Grâce à 3 ressources
Il donnait toute une liste de petits jeux à faire : j'ai lu les premières pages, et me suis noté les idées qui m'inspiraient (et qui étaient faciles à mettre en œuvre). 
Moi qui au départ n'avais que 2 idées "à moi", je me suis retrouvée avec toute une liste bien pleine et bien moche, à partir de laquelle 
    • j'ai rapidement rassemblé les quelques ustensiles nécessaires aux petits jeux repérés, 
    • j'ai dessiné un âne sur le recto d'un A3 m'ayant servi à travailler le déroulé pédagogique de mon module de formation asiatique (réutilisation bonjour) et je l'ai plastifié, 
    • puis je me suis penchée sur cette liste et ai affublé d'un symbole les activités que j'estimais mieux adaptées à la période pré-gâteau / chasse au trésor, et un symbole différent à celles mieux adaptées à la deuxième partie. 
    • Et tout au long de l'après-midi, cette feuille, pliée en 4 dans ma poche, m'a servi d'antisèche à chaque fois qu'une activité touchait à son terme.







  • 2. Le soutien très apprécié de notre mamie-au-pair, G4, qui a l 'époque était avec nous depuis 1 mois. 
En effet, quelques jours avant, j'avais réalisé que Monsieur Bout avait un truc de prévu, pas amovible, sur ce fichu samedi après-midi. A l'idée de gérer cet anniversaire entièrement seule, j'ai failli en faire une syncope. 
Puis j'ai eu l'idée de solliciter notre G4 et j'en ai été ravie : je gérais l'animation, et elle, elle faisait tout le reste, de sa propre initiative ou sur de subtils signes de ma part (approvisionnements divers et variés en mets divers et variés, rassemblement des enfants pour une photo, consoler les victimes de drames, et même faire chanter tout le monde aux moments où je consultais mon antisèche d'un air perplexe). 
Bref, un duo de choc, sans lequel c'est en civière qu'on m'aurait amenée à l'aéroport le lendemain (cf petit point annexe que je mentionnerai plus bas dans ce billet)


  • 3. Une sacrée dose d'improvisation. 
Dès le départ, j'avais noté "chasse au trésor" sur ma petite liste d'idées. 
Et rappelons-le, j'avais bien réalisé qu'un anniversaire d'enfants, ça s'anticipe, ça se prépare. Oui mais l'Asie tout ça…
A 20 minutes de l'arrivée des petits invités, les trois mots "chasse au trésor" étaient toujours tout ce que j'avais pour la constituer. Un peu maigre !

Il n'empêche qu'à l'arrivée, les enfants ont eu droit à une super chasse au trésor du feu de Dieu, durant laquelle ils se sont donnés à fond, et qui est ce dont ils ont visiblement le plus parlé à leurs parents après. Par quel miracle ?! Ecoutez donc cette époustouflante histoire.

    • Etape 1 : H -20 minutes. Qui dit chasse au trésor dit trésor. Sur les deux sachets de friandises royalement accordés au Bébou pour égayer sa fête d'anniversaire, je prélève des sucettes et les place dans… je sais plus quoi. Je crois que j'ai déniché un machin ressemblant vaguement à un coffre. Acheté chez Action je crois…et vidé en 6-4-2 de ce qu'il contenait. = Trésor ultime : trouvé
    • Etape 2 : H-15 minutes. Je sais que 
      • a. Mon coffre susmentionné serait très difficile à cacher et pas très intéressant et puis que 
      • b. une bonne chasse au trésor propose une succession de plusieurs trucs tangibles à trouver histoire de 
        • 1. éviter de tourner court au bout de 1 minute parce qu'un enfant sera tombé par hasard sur la cachette extra qu'on avait trouvée 
        • 2. relancer sans cesse l'intérêt / éviter de lasser si au contraire on ne trouve rien pendant longtemps. 
      • Je fonce dans la salle de classe, où est entreposé tout le bazar matériel servant à la manipulation, mon œil scanne le bric à brac autour de moi mon environnement et EUREKA. Il se pose sur ma collection de bouchons de compotes Good Goût. Du jeune temps des Bébous (Snif. Tempus fugit. Et toussa) leurs compotes étaient mon alternative "goutue et saine" (et très chère mais pour cela il y a vente privée) aux compotes faites maison les jours de folie. Et à des fins d'IEF j'ai gardé une grosse quantité de leurs bouchons absolument sublimes. Avec, les Bébous ont fait du dénombrement, du tri par couleur, de l'enfilage sur de gros cordons, des mises en paires, ils ont dit "bbbb" en le posant sur la lettre rugueuse associée, et "zut" en tentant de les attraper avec une grosse pince dans des exercices de motricité fine… Bref, une affaire. 
      • Eh bien sur ma réserve de bouchons, j'en prélève 7 de 7 couleurs différentes, et je redescends comme une furie
    • Etape 3: H-10 minutes. J'erre (mais à vitesse grand V) dans nos 100 m² de jardin et y cache mes 7 bouchons en notant soigneusement l'emplacement retenu sur ma fameuse antisèche (point caaaapitaaaaal ! Sous l'effet du stress j'aurais sûrement oublié les 3/4 des cachettes sinon) 
    • Etape 4 : je fais d'autres trucs urgents et pouf H-0 : les invités débarquent ! La partie "trésor" est cochée, la partie "chasse", en revanche, est toujours inexistante. Toooout vaaaa bieeeeen.
    • Etape 5 : après quelques petits jeux d'introduction visant à attendre l'arrivée des retardataires, tous les enfants sont réunis par G4 sur la grande couverture de pique nique que j'ai étendue sur l'herbe. Je suis assise près d'eux. 6 paires d'yeux (fête = 1 enfant par année d'âge, F. compris; mais en fait 7, car E. était aussi de la partie. On s'en fout. L'important c'est que vous sentiez la pression) dévorant de curiosité me scrutent, galvanisées à l'idée de se mettre bientôt en quête d'un trésor (en fait, 8 paires d'yeux. Je crois que G4 était aussi assez curieuse de voir comment j'allais m'en tirer).
    • Etape 6 : j'inspire un grand coup puis… j'ouvre la bouche et j'invente en live. Un roi, une sale sorcière qui lui a piqué sa couronne, il a cherché partout, on a fini par retrouver la couronne mais les 7 pierres précieuses qui l'ornaient ont disparu. Du coup des chevaliers ont juré de les chercher partout. Devinez qui c'est les chevaliers ? C'est Bibi. Enfin Bibis numéros 1 à 7. Les Bibis Preux Chevaliers délirent d'enthousiasme. Les pierres précieuses n'ont qu'à bien se tenir ! Je les rappelle de justesse avant qu'ils ne se mettent à labourer mon jardin.
    • Etape 7 : Je commence par en rajouter des tonnes sur la difficulté de l'aventure, leur courage, la méchanceté de la sorcière, la beauté des pierres, etc pendant que mon cerveau mouline. Je leur dis qu'il faut commencer par je ne sais plus quelle couleur, j'en profite pour mentionner le nom de la pierre de cette couleur (so IEF, so coschooling), et… j'invente une épreuve associée. Les enfants se ruent sur l'épreuve, en sortent victorieux, en récompense de quoi je leur donne un indice, ils cherchent, et zou, une pierre de trouvée.
    • Etapes 8 et suiv : Opération réitérée 6 fois supplémentaires. Avec à chaque fois moulinage de cerveau en parallèle de la narration de l'histoire, et invention d'une épreuve ET du lien avec l'histoire en question. Par exemple, il leur faudra  traverser le précipice (très haut, très large, très dangereux, que nul n'a pu franchir, etc...) qui les sépare de la cachette d'une des pierres et pour cela…. (*moulinemoulinemouline* ) s'allonger tous par terre, les pieds de l'un touchant la tête de l'autre, pour faire une grande corde humaine d'un bout à l'autre du jardin.

Vous pensez que je vais vous fournir votre prochaine chasse au trésor en kit, là, maintenant, avec tout le kit narratif associé ?
Hein ?
Vous trépignez à l'idée de pouvoir reproduire un tel succès sous les yeux épatés de votre progéniture ?

J'en aurais été ravie.
A un toooout petit détail près.
Ces épreuves sortent tellement au dernier moment de mon cerveau en surchauffe que… elles n'y restent pas !
Eh oui, mea culpa, mea maxima culpa: je ne me souviens pas des autres épreuves inventées dans le feu de l'action.
Je sais qu'ils ont combattu un dragon mais je ne sais plus de quelle manière.
Je me demande si à un moment ils n'ont pas du faire un truc dans le genre du roi du silence pour passer devant sans le réveiller... Ah, et ils ont du faire une pyramide humaine pour atteindre une pierre située en haut d'une montagne, aussi.


Dans tous les cas : je l'avoue, hein, on peut critiquer le système français comme on veut. Il n'empêche que, ce jour-là,j'ai expérimenté à quel point mes études m'avaient bien préparée aux défis de ma vie future. L'improvisation, en live, d'exposés non faits devant une classe pleine (dont la moitié morte de rire car sachant que 
  • 1. les notes que je tiens entre mes mains ne sont pas de moi 
  • 2. je ne les ai même jamais lues 
  • 3. le voisin de banc qui me les a filées y a inclus beaucoup de références tellement personnelles qu'elles sont inutilisables sous peine de me faire repérer illico, ce que je réalise aussi en live), 
m'a en fait dotée de toutes les compétences dont j'ai eu besoin pour, ni vu ni connu, tenir une bonne demi-heure (au moins) de chasse au trésor improvisée. Que demander de plus ?
2 mois après cette prouesse, je m'applaudis toujours moi-même quand j'y pense. Joignez vous à moi !

Ch'tit bémol : la première partie de la fête s'est donc subliment bien passée. 
La 2ème, beaucoup moins. J'avais effectivement commis une erreur de taille dans le casting : inviter le meilleur copain d'école de F.. 
Ben quoi, me direz-vous ? 
Eh bien… j'avais déjà repéré que ce petit copain avait un comportement très agité, et j'avais souvent ouï dire que les 2 ensemble se montaient régulièrement le bourrichon au point de perturber la classe, mais je ne m'imaginais pas ne pas inviter ce petit garçon, quand même ! 
Comme quoi, chasse au trésor improvisée ou pas, je manque sérieusement d'imagination, parfois.

Bon, eh bien, j'ai compris une fois le petit camarade sorti du "cadre" bienfaisant de la chasse au trésor. 
Je n'ai cessé d'avoir à le recadrer, et à recadrer mon fils qui faisait n'importe quoi (y compris des trucs inédits), se calmait à mon intervention, mais repartait aussi sec à peine "récupéré". Ils partaient dans tous les sens et F. était totalement subjugué, ne jouant avec aucun de ses autres camarades présents. C'était impressionnant… et navrant
Bref, 
  • le reste de l'assemblée a bien profité de la 2ème partie, 
  • après coup, F. était aussi content, 
  • mais dans l'instant, moi, j'étais surtout très très frustrée de voir mon fils passer à côté de ce que j'avais préparé pour lui, et de devoir être sans cesse sur son dos en cette journée… et j'ai fini éreintée, juste à cause de cela, car sinon, vraiment, tout se passait merveilleusement bien.
Bilan : une fête magique d'un certain côté, mais parfois l'alchimie peut se révéler malheureuse. Ouin ouin ouin.



Parlons du cadeau, maintenant.

Toutes les idées récupérées grâce aux réactions sur le blog et sur sa page FB m'avaient réjouie ! Je comptais bien y trouver ZE machin me dispensant d'offrir une panoplie complète d'outils à mon fils. J'en avais même profité pour faire bénéficier F. d'un tuyau extra d'une valeureuse lectrice, concernant un atelier de bricolage de 2h tout près de chez nous. Je reviendrai vous en parler une autre fois mais c'était le pied.



J'ai donc longuement réfléchi, cliqué sur les liens gentiment fournis, comparé les différentes possiblités, etc. Et puis, une semaine avant la date fatidique (oui oui,rien n'était encore commandé, eh oh, on se rappelle que j'avais l'Asie à préparer, aussi ?!), le weekend a tout changé
  • samedi matin, pendant que nous tentions de grassmatiner, F.  s'est occupé très paisiblement. Il a démonté le dispositif de la porte-fenêtre de notre salle à manger, permettant d'ouvrir un battant mais de bloquer l'autre, et l'a remonté sur la fenêtre de sa chambre
  • dimanche, il a démonté la poignée de la porte de sa chambre. Courant d'air. Porte qui claque. F. enfermé. C'est MOI qui ai du empoigner un tournevis (un comble !) et démonter la poignée de la porte de sa sœur pour la remonter chez lui et pouvoir le libérer (et ensuite, hein, on remonte tout chez tout le monde).

J'ai craqué.
J'ai subitement admis que, l'IEF prenant fin chez nous pour le moment, au fond, on pourrait imaginer aménager un coin bricolage dans notre salle de classe qui va perdre un peu de son utilité.
J'ai regardé des références de boîtes à outils pour enfants avant de réaliser qu'il valait en fait tout simplement mieux investir dans de vrais outils, de dimensions les plus réduites possibles.
F. a reçu un bon correspondant (et Monsieur Bout a ensuite complété par un espèce d'établi réglable).
Puis après mon retour d'Asie, je suis allée avec lui chez Leroy Merlin choisir le matos.
Je ne sais pas combien de temps nous y avons passé car une fois le matos choisi, je me suis assise et j'ai lu un bouquin pendant que F. scrutait chaque rayon du magasin.
Par exemple, ça c'est F. au rayon salles de bains…








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jeudi 8 août 2019

"l'entente future entre les frères et soeurs dépend ..." - Petit Bout de Daniel SIEGEL, Le Cerveau de votre Enfant

Je vous ai rapidement dit tout le bien que je pensais des 3 derniers arrivés dans ma bibliothèque "parentalité positive", voici maintenant un petit billet sur l'un des nombreux points que je retiens de ces lectures. 
Histoire de les digérer par petits bouts, comme je l'avais fait avec l'excellent mais très très (trop ?) riche Qui veut jouer avec moi ?


Les conflits frères-sœurs sont un des points qui peuvent le plus facilement désespérer des parents.
Il y a 
  • leur récurrence
  • le volume sonore qui fait souffrir nos oreilles à longueur de journée
  • la violence que nos enfants sont capables de démontrer au cours de ces moments
  • l'inquiétude que nous avons quant à ce que ça pourrait préfigurer de leurs capacités relationnelles futures, en général.
  • et la déception et l'inquiétude que nous avons quant à la qualité de leurs relations fraternelles : nous avons tous en tête cette image d'une fratrie soudée
    • nous fondons littéralement devant les gestes d'entraide et les marques d'affection que nos enfants se dispensent (Rhaaa F. qui garde un bonbon d'un anniversaire pour E. !!!), 
    • mais devenons fous quand nous les voyons se jalouser, se disputer, se faire du mal. (Rhaaa F. qui….)

Du coup, j'ai beaucoup, beaucoup aimé lire cette citation dans "le Cerveau de votre enfant" de Daniel Siegel & Tina Payne

"l'entente future entre les frères et sœurs dépend de leur degré d'amusement pendant l'enfance. Peu importe que les conflits soient fréquents, du moment qu'ils soient compensés par le jeu et le rire."


issue du paragraphe suivant :
Le cerveau de votre enfant, D. Siegel, p. 246


Effectivement, déjà, dans mes observations précédentes des relations entre le Bébou et la Bébounette, j'avais retiré un enseignement semblable. Il y avait eu des périodes avec beaucoup de conflits… mais certaines contenaient, en même temps, beaucoup de complicité, d'autres non, et je percevais bien la différence. 
Quel soulagement de lire cette confirmation !
En effet, 
  • réduire les conflits n'est pas toujours dans nos possibilités : c'est leur relation à eux, entre deux êtres libres avec leurs sentiments bien à eux
  • aider à leur résolution la plus pacifique possible est possible mais prend 
    • du temps, aussi bien sur le moment: il faut être disponible et avoir l'énergie de le faire ; que dans la durée : les fruits se voient à la looooongue 
    • et des compétences : le bouquin propose d'ailleurs pas mal de choses sur ce point mais justement...
offrir des moments de plaisir et de rires partagés est nettement plus dans nos cordes, immédiatement à notre portée !


D'où mon choix de ce premier petit bout, particulièrement adapté, je trouve, à une période de vacances.
Il ne s'agit pas de claquer une somme monstrueuse dans une super activité sensée souder la fratrie à tout jamais (au risque d'être bien déçus si l'activité tourne un peu à l'aigre ne serait-ce qu'en raison de la fatigue ou de la surexcitation - je pense par exemple aux fameuses sorties en parc d'attractions) mais plutôt de parsemer le quotidien des vacances de moments de joie commune
  • bataille de pistolets à eau contre nous, bataille d'eau dans la piscine, cache-cache, batailles de guilis, 
  • bricolage, cueillette, cuisine en commun
  • observation d'animaux divers (chhhhhhuuuuuuuutttt) en commun également
  • jeux de construction, creusage de trous et châteaux de sable, jeux de rôles (marchande et compagnie : il est à combien vôt' pâté d'sable ?)
Autant de moments qu'on peut favoriser, notamment en étant présent en filigrane, voire en s'y mêlant exprès. En effet, et notamment dans la première catégorie, vous remarquerez que l'adulte prend le rôle du méchant / incite les enfants à faire front commun contre lui : c'est lui qu'on arrose, qu'on coule, qu'on chatouille / à qui on veut échapper. On retrouve ici une dimension vue dans un petit bout de Lawrence Cohen : en s'incrustant dans ce genre de jeux et en prenant résolument le rôle de la victime, du nul, du méchant, l'adulte permet aux enfants de se retrouver tranquillement ensemble de l'autre côté…

C'est l'une des raisons qui font que je serai ravie de me retrouver en période de l'Avent. 
Les chouettes moments qui font notre calendrier de l'Avent immatériel marquent visiblement mes enfants (ils attendent déjà impatiemment son arrivée, et m'en parlent régulièrement), et je vois comment ces instants partagés contribuent à la construction de souvenirs positifs communs. Un grand hit est d'ailleurs la nuit "tous ensemble sur le tapis du salon devant la cheminée allumée", et je réfléchis à introduire des traditions similaires à d'autres moments de l'année.
Nuit sous la tente dans le jardin pour fêter l'arrivée de l'été / le début des vacances d'été par exemple ?

Bref, c'est à notre portée, mais il s'agit parfois juste d'y réfléchir un peu et de, sciemment, privilégier ce qui "marche" sur ce plan-là, au détriment de ce qui ne marche pas (si toute partie de Monopoly dégénère instantanément en pugilat, on pourra considérer qu'une partie de Monopoly ne rentre pas dans la catégorie "je favorise la complicité" mais dans la catégorie "moment à risque, pouvant servir d'apprentissage mais uniquement si je suis en forme et motivé pour cela"... et ça fera l'objet d'un autre petit bout ;-) )

Et vous, quels sont vos moyens, vos habitudes, vos rituels favorisant de beaux moments de complicité entre vos enfants, au quotidien ou de manière plus exceptionnelle ?
Je prends tooooutes les suggestions ! (et à mon avis je ne serai pas la seule …)






vendredi 2 août 2019

3 raisons de se jeter sur les livres de Daniel Siegel sur le cerveau des enfants

Depuis ma dernière fiche de lecture vous chantant les louanges du très beau et très utile Développer le lien parent-enfant par le jeu d'Aletha Solter, ma table de nuit n'est pas restée vide de lectures "parentalité positive" :
Mais là je viens de dévorer 3 livres écrit par un même auteur et je suis ZOBLIGEE de venir vous en parler. Parce que si vous ne savez pas quoi lire cet été ben vous pouvez y aller.
Et si vous savez quoi lire vous pouvez éventuellement revoir vos priorités aussi. Nanméoh.


Car très honnêtement de toutes mes lectures parentalité positive c'est l'une de celles qui m'ont le plus plu. Bon OK mes Faber et Mazlish chéris conservent leur première place, mais, par exemple, je crois bien que les bouquins de Daniel pourraient détrôner Jane Nelsen de la 2ème place qu'elle occupait depuis que je l'avais découverte. C'est dire !

Les 3 bouquins en question ont pour titres
- 2. La discipline sans drame(tout un programme, hein ?!)


On peut lire ces 3 livres séparément les uns des autres et pour tout vous dire j'ai même commencé par le 3ème avant de lire le 2ème puis enfin le premier. La faute à Coralie qui m'a mis ledit numéro 3 sous le nez lors d'une journée chez elle et qui en parle notamment dans cette vidéo. A l'arrivée je conseillerais tout de même de commencer par le premier mais…
Et non il n'est pas non plus obligatoire de se taper les TROIS livres… mais il est fort probable qu'une fois que vous aurez lu le premier vous aurez aussi envie de lire les suivants (après une petite pause digestion peut-être ;-) ). Z'êtes prévenus !

Certains des apports de ces livres feront très certainement l'objet de billets supplémentaires plus détaillés mais voici, déjà, 3 bonnes raisons de faire de la place à l'un ou l'autre de ces bouquins dans votre bibliothèque (tout en y laissant encore l'espace nécessaire pour accueillir le mien cet automne, hein ! J'dis ça en passant…)


1. Un combiné sciences / éducation très clair, concret et abordable.


Ces livres ont été co-écrits par un spécialiste du cerveau et une psychologue pour enfants et ils ont énormément travaillé sur la meilleure manière d'expliquer le fonctionnement du cerveau de manière simple. Et le pari est indubitablement réussi.

J'avais beaucoup aimé le "Pour une enfance heureuse" de Catherine Gueguen mais je dois quand même reconnaître qu'il a une nette tendance à nous perdre dans ses explications scientifiques, et peut sembler aride, voire inaccessible : j'avoue que j'avais survolé certains passages ;-)
Cet écueil du "trop scientifique" est un écueil que ces 3 livres réussissent formidablement bien à éviter. Les explications sont claires, simples sans être simplistes, et l'usage de certaines métaphores / images permettent de vraiment bien comprendre et retenir. Il y a juste ce qu'il faut d'explications pour 
  • 1. trouver ça passionnant (quelle machinerie de malade ce cerveau !) 
et 
  • 2. saisir exactement ce que ça implique au niveau éducatif et donc avoir une ligne de conduite cohérente.

Car ces livres n'en restent pas à la théorie autour du cerveau et de grandes lignes directrices éducatives, mais proposent toute une série de choses très concrètes pour mettre en pratique et aider au quotidien à la maturation du cerveau.



Exemple concret :
Parmi tous les trucs chouettes lus dans le numéro 1, on nous y explique l'importance de muscler la capacité de nos enfants à traiter leurs souvenirs (en nous exposant les chouettes effets que ça a sur leur cerveau en général et leur équilibre émotionnel en particulier - ça vous donne envie ? :-)). Or pour muscler, il faut entraîner.
Hélas. Je vous avoue que pour le moment si je pouvais muscler mes abdos sans les entrainer ce serait bien chouette… ça m'éviterait E., il y a quelques jours, affirmant péremptoirement : 
"Maman, t'as un bébé dans ton ventre !
- Non ma chérie.
- Ben si il est grooooos."
Merki ma fille.

Il s'agit donc d' inciter nos enfants à raconter leur vécu. Y compris de manière anodine, en les invitant à raconter leur journée. Hélas, en lectrice assidue de Faber et Mazlish je sais bien que l'interrogatoire en mode Gestapo n'est pas toujours une excellente manière de procéder sur ce plan. (Ach, Tommach')
J'ai donc trouvé très chouette la suggestion de faire cela en mode marrant 
"Raconte moi trois trucs qui te sont arrivés aujourd'hui : deux trucs vrais et un truc inventé, je dois deviner lequel tu as inventé". 
C'est cool non ?

(Comme je m'efforce d'être honnête avec vous je vais vous avouer que la - pour le moment seule - fois où j'ai testé cette suggestion superbe sur F., ça a... foiré. J'ai vu une lueur d'intérêt s'allumer dans son regard, j'ai cru que … mais non. Ce n'était pas le bon moment. 
Et mon fils reste un être libre, zuuuuut. 
Ca ne m'empêche pas de trouver la suggestion brillante et de compter la réutiliser à un moment plus opportun. Voire en la retournant : je pourrais commencer par raconter 3 trucs dont l'un inventé, et le laisser avoir envie de faire de même.)


2. Ils mêlent du nouveau et du pas nouveau


C'est bien l'embêtant quand on commence à avoir pas mal lu de trucs en parentalité positive : au bout d'un moment certaines choses semblent juste des redites. 
Ce n'est pas d'ailleurs pas forcément une mauvaise chose : lire une même proposition / explication sous un angle différent peut permettre à celle-cide faire tilt, ou à nous de la voir sous un nouvel angle, ou de se la rappeler autrement.
Mais parfois, ce n'est pas le cas, et on a l'impression de perdre son temps.

En ce qui me concerne j'ai trouvé que ces 3 livres étaient un mélange très réussi
  • j'avais déjà été familiarisée avec certains des concepts vus, mais la manière dont ils étaient présentés m'a permis de les assimiler autrement et mieux : l'intérêt fondamental de la reconnexion émotionnelle, par exemple
  • et j'ai trouvé aussi beaucoup de choses un peu ou carrément nouvelles, ou approfondissant un aspect de manière inédite.
Ce sentiment de fournir encore davantage sa boîte à outils est vraiment chouette ! Et le dernier point n'y est pas pour rien, puisqu'il vient rajouter un outil de taille...

3. Ils sont aussi pensés pour les enfants


Ca c'est vraiment un point génial et qui est, à l'origine, ce qui m'a frappée dans le livre feuilleté chez Coralie et m'a incitée à investir. Et je n'ai pas été déçue.
  • La plupart des livres parentalité positive nous donnent des clés pour communiquer et interagir plus efficacement avec nos enfants. En nous fournissant des connaissances plus ou moins fouillées sur leur psychologie etc. Charge à nous de les utiliser, de les mettre en pratique dans notre quotidien avec nos enfants.
  • Ici, ces livres contiennent également des clés à donner aux enfants pour leur permettre une meilleure compréhension d'eux-mêmes. Et donc leur donner explicitement les moyens de mieux maîtriser cet organe si complexe qu'est leur cerveau, au lieu d'en être le jouet = ils ne sont plus seulement les personnes avec qui nous utilisons des connaissances que nous possédons nous, mais ils deviennent acteurs, se mettent à utiliser eux-mêmes ces connaissances.


Ainsi, de nombreuses notions clés sont d'abord développées à l'usage de l'adulte, mais ces explications sont suivies de quelques lignes (ou, souvent, d'une courte BD), destinées à nous permettre d'expliquer à notre enfant comment il fonctionne... Et à leur donner des stratégies, des suggestions concrètes de manières dont ils peuvent peu à peu prendre en main leur propre cerveau. 

Je trouve cela d'un bon sens stupéfiant ! Rendre ces connaissances accessibles à l'enfant renforce encore la dynamique coopérative en permettant à l'adulte et à l'enfant de tirer dans le même sens de manière parfaitement consciente. J'ai tout juste commencé à expliquer certaines choses à F. mais j'ai été ébahie de la rapidité à laquelle , suite à mes explications, lui, aussi bien que sa sœur d'ailleurs, ont accroché à mes

"ouh là, c'est ton cerveau du bas qui parle !
ou autres alertes à la

"Cerveau du bas, cerveau du bas !! Comment trouver l'escalier ?".
Lesdites explications sont vraiment très bien faites, très parlantes et j'avoue que je me réjouis de pouvoir peu à peu donner à mes enfants de telles informations : "Connais-toi toi même" ! Quelles choses précieuses à transmettre ...
E. y fait d'ailleurs déjà référence de temps en temps 
"Euh, là c'était le cerveau du baaaas" (après une dispute / échange de tapes entre les enfants) 
ou 
"C'est le cerveau du bas, ça ?". 
Je vois déjà tout l'intérêt de les outiller ainsi pour une telle prise de recul, et je sens bien que ce n'est que le début.



Raison bonus : ces livres sont très bienveillants envers les parents. 


Contrairement à certaines interprétations des avancées des neurosciences qui peuvent vite faire culpabiliser les parents en mode "aaaaah quand je fais ça je le marque à vie, je le traumatise, aaaaah !!!!", ils n'ont de cesse de souligner l'extrême plasticité du cerveau et le fait que l'important, c'est de répéter autant que possible des expériences allant dans le bon sens. Ils n'ont de cesse de souligner que des erreurs fréquentes sont normales, et consacrent du temps à expliquer la meilleure manière de les exploiter, au contraire !
Bref, tout à fait dans la lignée de mon billet sur le sujet :
Et j'aime bien quand on est d'accord avec moi. Mpf.


Moralité


Je vous les conseille vivement. Je les pense également adaptés (notamment les deux premiers) à une initiation à la parentalité positive. Simplicité d'accès + côté rassurant pour ceux qui craindraient de sombrer dans le laxisme = excellente entrée en matière !

Je les trouve si réussis que le numéro 1 va faire l'objet d'une lecture en couple sur le modèle de celle-ci : ce mélange d'informations scientifiques, pratiques, concrètes, sans culpabilisation, me semble devoir plaire beaucoup à Monsieur Bout ! (dont la description que je lui en ai faite a effectivement éveillé l'intérêt).

Je me réjouis à l'idée de
  • pouvoir redigérer plus lentement ces livres que j'ai dévorés
  • mettre en pratique peu à peu la myriade de machins intéressants repérés
  • m'aider, dans cette digestion, du blog : en vous débitant certains de ces machins en tranches mêlant la théorie lue et les effets de la mise en pratique chez nous, sur le même principe des Petits Bouts de "Qui veut jouer avec moi" qui avaient eu tant de succès il y a 2 ans. Car ces bouquins sont vraiment du genre qu'on lit, relit, et assimile progressivement.
A BIENTOT :-)

Je précise que le cerveau de l'enfant concerne les enfants de 0 à 12 ans… et qu'il existe ensuite le cerveau de l'adolescent sur le même principe ! Appétissant, hein ?!. Mais à chaque jour suffit sa peine, je ne suis pas encore directement concernée (même si j'irai tot ou tard fouiner dedans, ne serait-ce que pour le bénéfice des parents d'ados qui participent parfois à mes ateliers)


lundi 22 juillet 2019

Une idée pour une étape en Allemagne ?

Hum, sur ce blog, je vous ai dévoilé plein d'astuces vraiment chouettes en organisation. Flylady, notamment.
Je vous ai aussi avoué qu'en plus de ces astuces, j'en avais une en plus pour réussir à tout faire.
Surtout quand, franchement, ma bande passante est au moins aussi encombrée que l'A13 vers Deauville un vendredi soir de juin.

Du coup, je ne vous étonnerai pas vraaaaiment si je vous dis que, parmi les choses qui sont passées un peu à la trappe ces dernières semaines, il y a notre déclaration d'impôts, mais aussi pas mal d'aspects autour de la planification de nos vacances d'été. Bon, l'essentiel est quand même bouclé, parce que 
  • 1. une grosse partie de cette planification ne dépendait pas trop de moi (tout ce qui est en famille élargie), et 
  • 2. dans un moment de lucidité j'ai tout de même envoyé à temps le mail de réservation de notre appartement habituel à Berlin (le mot-clé étant ici "habituel" : je n'avais aucun travail de recherche à faire).

Mais il reste quand même quelques broutilles à gérer, et donc du coup, hein, je viens solliciter le blog pour pallier à mes manques.


Donc : comme l'an dernier, nous allons faire une espèce de diagonale Ile-de-France == Berlin, avec à l'aller comme au retour, des stops dans la région de Strasbourg (ah tiens d'ailleurs je n'ai pas encore identifié de logement à Strasbourg même. Oarf. Détail je vous dis), mais aussi un stop entre Strasbourg et Berlin parce que vraiment la route est longue. Même si en théorie c'est tout à fait jouable, dans les faits pas moyen de faire ce trajet sans se heurter aux jolis bouchons ornant les autoroutes allemandes. Je sais (si si. Applaudissez-moi) où nous arrêter pour le stop du trajet retour (=là où j'ai vécu enfant. En plus, pareil, je sais où réserver, et tout. Facile). Mais pour le trajet aller (autour du 6 aout en théorie) j'en profiterais bien pour découvrir autre chose.

D'où ce billet éminemment utilitaire pour vous demander si vous avez une suggestion d'un endroit où s'arrêter, qui soit
  • approximativement (mais approximativement, hein) à mi distance de Berlin et Strasbourg
  • sympa avec un petit truc à faire : genre une ruine à visiter
  • truc à faire kid-friendly, plutôt nature, pour délasser sans stress après et avant pas mal de km en voiture (= non, la visite d'un musée ne rentre pas dans cette catégorie).
  • si vous avez une adresse d'hébergement, je prends. Ferme, machin, tout m'intéresse.
  • vraiment pas besoin que ce soit une métropole : pour vous donner une idée, la ville qui nous hébergera au retour compte 12000 habitants à tout casser
  • au contraire, pas troooop méga touristique puisque je suppose que là, ce sera plié, personne ne voudra plus de nous (au départ mon plan A était qu'on passe plusieurs jours tranquille en Foret Noire mais justement, quand j'ai enfin décroché mon téléphone / mail, les quelques adresses que j'avais étaient déjà bookées)

En échange je vous promets… euh… de jolies photos (pffffrtttt; photos oui; jolies, hein…), un compte-rendu détaillé, et puis de pondre des billets moins utilitaristes et plus utiles pendant ces semaines de vacances (sur les moments de loose éducative ; sur de chouettes bouquins ; sur l'anniversaire de F. ; sur les écoles parfaites - ou pas)

La Gwen, son organisation déficiente et la famille Bout toute entière vous remerciiiiient !!!


mardi 16 juillet 2019

7 supports solides et efficaces pour apprendre à lire

Dans la vie des enfants et de leurs parents, il y a certains seuils qui nous marquent particulièrement.
Ce sont des seuils pour les enfants, mais aussi et surtout pour les parents : dans le sens que, comme me l'avait dit une bonne copine lorsque F. franchissait le deuxième :

"Quand ils passent cette étape, whouhou, c'est la fête, t'as vraiment l'impression d'un bond en avant, qu'un truc est FAIT, ouf."

Parmi ces acquisitions qui se font à un âge variable et avec plus ou moins de facilités et d'angoisses, je vois
  • le sommeil : le bébé qui fait ses nuiiiiiiits. Bon, là, ça allait, j'ai plutôt été vernie
  • la propreté
et
  • la lecture.

Il y a un avant,
il y a un après,
et au milieu, il y a un chemin.

Qu'on ait scolarisé son enfant ou qu'on l'instruise soi-même, on suit toujours un peu de près l'apprentissage de la lecture. Il porte tellement à conséquences ! Savoir lire, savoir bien lire, aimer lire… cela conditionne tant de choses.

Ici, je me retrouve avec 2 enfants en plein milieu, en simultané, puisque ça a été le gros sujet pour F. (6 ans depuis peu) ainsi que pour E. (4 ans depuis peu aussi), depuis un bout de temps, certes, mais aussi de manière très intense depuis ce printemps.
  • depuis un bout de temps, puisque c'est un apprentissage qui se prépare bien avant de fourrer une lettre sous le nez de son bambin : langage, repérage dans l'espace, phonologie,...
  • puis on arrive à l'étape où on va introduire les lettres
  • et ensuite à l'étape de la combinatoire : quand l'enfant comprend que "mmmm" + "a" ça fait "ma"... GRAAAAND MOMENT !!! Et la lecture / composition des premiers mots phonétiques constitue le premier pas vers la lecture proprement dite.
Comme ce sujet suscite toujours beaucoup d'interrogations sur les meilleures manières d'accompagner cet apprentissage afin qu'il soit solide et donne à l'enfant les bases dont il aura besoin pour la suite de sa vie de lecteur, je prends aujourd'hui le temps d'un retour structuré sur les supports que j'ai pu tester avec mes deux enfants, et dont j'ai pu apprécier leur capacité, justement, à supporter efficacement cet apprentissage.

Deux précisions
  • je me limite volontairement aux activités vraiment spécifiques à la lecture. Pour toutes les activités dites "préparatoires", il en existe d'innombrables, et vous trouverez de l'inspiration ici
  • De la même manière, même si tout ce qui touche à la lecture a forcément des incidences, de près ou de loin, sur l'écriture, là je centre mon billet sur la lecture, et non l'écriture. Mais j'avais recensé, ici, les activités utilisées pour favoriser une bonne tenue du crayon.
Donc, à quoi peut on avoir recours une fois que l'enfant manifeste un intérêt pour ces espères de hiéroglyphes qu'on trouve partout et qu'on nomme des lettres ?
(dans l'ordre chronologique où cela a été utilisé chez nous)







1. Les lettres rugueuses


Ce support Montessori est extrêmement efficace pour permettre à l'enfant de relier le son à la lettre. J'avais détaillé les avantages du coffret choisi : le coffret Montessori des lettres rugueuses de Balthazar, dans un billet spécifique et, vraiment, après plus de 2 ans d'utilisation avec 2 enfants aux profils différents, je suis toujours ravie de mon choix et je n'imaginerais pas introduire autrement les lettres.
Les lettres rugueuses permettent de cumuler ouïe, toucher, tracé, visuel dans l'apprentissage, et les petites cartes associées offrent mille possibilités de répéter et répéter l'apprentissage par une multitude d'activités, sans lassitude. (et le tout se combine aussi très bien avec les objets du quotidien, des duplos, des playmobils, etc)


Elle se sont trouvées très adaptées aussi bien aux besoins de mon fils à 3-4 ans, qu'à ceux de ma fille à même pas 3 ans. (et des activités de ce genre ont été testées par ma belle-sœur en soutien scolaire d'une demoiselle allophone de 8 ans).
Je renforcerais encore l'importance de les choisir suffisamment épaisses et suffisamment grandes, ce que ne respectent pas tous les coffrets vendus dans le commerce. Donc : vigilance !


2. L'alphabet mobile

Ce jeu de lettres, chaque lettre étant individuelle, de grande taille, a constitué la 2ème étape dans l'apprentissage en pavant le chemin vers la combinatoire. L'enfant peut apprendre à composer des mots sans être bloqué par sa capacité (ou non) à former les lettres.
Nous avions acheté le nôtre, en bois, sur Au Bois Des Lettres, et c'est un très bel objet que mes enfants ont eu plaisir à manipuler. Il n'est pas gratuit… Même si je n'ai pas regretté une seconde cet investissement, je tiens à souligner qu'il n'est pas indispensable de tuer son banquier :  l'alphabet mobile gagne en sexytude sur un support bois, mais remplit son office aussi sur un support plastique / papier plastifié. 



3. La série rose Montessori

A utiliser en lien avec l'alphabet mobile : ces séries de petites images et de petits mots phonétiques à la difficulté croissante permettent à l'enfant de progresser peu à peu en combinatoire. Il va composer "sac" "lac" "vis"... puis plus tard "parasol" "lavabo" etc. On trouve images et petits mots sur internet.
Je précise qu'après cette série rose il existe des séries bleues et vertes, plus complexes, mais … je n'y ai jamais touché, nous avons fait autrement.


4. La méthode Boscher


En soutien de l'acquisition de la combinatoire, j'ai utilisé le très vieux manuel de la méthode Boscher, un pilier de la méthode syllabique. 
Son côté ultra systématique a en effet été très utile pour aider F. à ancrer les apprentissages. Pendant un temps, nous en faisions un peu chaque soir et cela a vraiment été très utile, permettant de varier avec ce qu'il faisait en salle de classe (que ce soit en école à la maison l'an dernier, ou à l'école Montessori cette année).

J'ai apprécié
  • la double lecture en cursif et script, permettant à un enfant de l'âge de F. de répéter les choses (et donc, d'ancrer), 
  • la  douceur des dessins.
  •  Le fait qu'il y avait des maths en bas de chaque page convenait également bien pour lui qui a toujours adoré ça, il adorait arriver à ce bas de page.
En bémol :
  • les mots présentés sont parfois vraiment périmés : "capeline"... On peut souhaiter des mots qui "parlent" plus aux enfants. 
  • Idem concernant les phrases : il y a du vieux jeu, avec papa qui tape toto ...

Ce manuel, si il a plutôt bien convenu à F. pendant un bon bout de temps, a très peu servi à E., beaucoup plus rapide, et qui a très vite dépassé ce stade. Elle était déjà tellement axée sur le sens de ce qu'elle lisait que la lecture de deux lignes de syllabes avant d'en arriver à de vrais mots l'a intéressée pendant une semaine à peine avant de la frustrer plus qu'autre chose… et très vite, la lecture de simples mots sans lien entre eux à eu le même effet : j'ai jeté l'éponge quand j'ai réalisé qu'elle cherchait à lier chacun de ces mots entre eux pour que "ça veuille dire quelque chose". Elle ne vivait que pour la toute petite phrase entière qui terminait la leçon !



Ce qui m'a amenée à basculer, pour les deux, sur le support numéro 6.

Mais avant d'en arriver là, nous avions commenté à utiliser, en parallèle, un support moins académique


5. Les BD des Schtroumpfs !


Je suis une grande fan des Schtroumpfs et ceux-ci ont fait l'objet d'un certain nombre de cadeaux de fête des mères de la part de Monsieur Bout si bien que nous en possédons la majorité des albums. Or les enfants les ont découverts ce printemps et depuis nous les lisons en boucle.
Ignoble et sournoise comme à mon habitude, j'ai exploité ce grand intérêt pour, d'abord, développer la lecture des mots phonétiques : très vite, les enfants ont été investis de la mission de lire eux mêmes toutes les onomatopées
  • D'abord celles vraiment phonétiques le "PAF" de toutes les fois où le Schtroumpf à Lunettes s'en prend une, notamment, ou les TOC TOC à la porte du Grand Schtroumpf, ...etc. 
  • Plus tard le PLOUF est venu, en temps utile, aider à ancrer que O + U = OU, de la même manière que, plus tard encore, j'ai délégué la lecture des "NON".
A noter qu'aujourd'hui, après le passage par le support numéro 6, les Schtroumpfs continuent à  intervenir, par le biais d'une lecture à deux voix (ou plutôt, 3) :  je fais lire certaines bulles courtes, et je lis les autres. Plus ça va, plus la part lue par eux grossit. Huhuhu.


6. Les livres de la collection Mes premières lectures Montessori


Cette collection toute récente, que l'ont doit notamment à des mamans IEF, est fichtrement bien faite. Très progressive, elle se décompose en petits livres de différents niveaux :
  • le premier niveau contient des mots uniquement phonétiques, puis des e muets (les lettres muettes étant grisées), 
  • le deuxième niveau centre chaque livret sur une difficulté particulière, que ce soit l'introduction d'une syllabe plus complexe (par exemple "ett"), ou de premiers mots outils  (les, des, et, c'est, etc); syllabes complexes mises en valeur en rouge, et premiers mots outils surlignés en jaune. 
  • Chaque livre du troisième niveau est consacré à un graphème, et un seul : on aura un livre avec des tas de "on", un livre avec plein de mots en "an", etc (graphème mis en valeur en vert). 
  • Les livres du 4ème niveau combinent les difficultés du niveau 2 et celles du niveau 3.

Ces livres ont l'avantage de reprendre la progression Montessori type, d'une manière très alléchante pour l'enfant et très bien structurée. Les histoires sont plutôt de bonne qualité, le vocabulaire de bon niveau, et les dessins clairs viennent soutenir l'apprentissage.
Ils font partie des rares de ce type à être en écriture cursive, ce que j'apprécie vraiment. En effet vous aurez remarqué que, en ce qui me concerne, je suis restée fidèle aux conseils soulignant l'intérêt de commencer par introduire le cursif avant le script.
J'en ai vu, du reste, un des nombreux avantages avec E. ces derniers mois : là où son cerveau de même pas 4 ans voyait encore en symétrique et donc confondait encore b d p et q scripts il y a quelques mois, elle ne rencontrait pas ses difficultés (ou plutôt, en minoré, avec le q et le d parfois) en cursive et donc a pu avancer sans être bloquée par cela. Je remarque depuis quelques jours qu'elle a à présent suffisamment progressé pour se mettre tout naturellement à lire en script sans plus buter sur cette difficulté qui était pourtant systématique il y a 2 mois à peine.

Remarque : J'ai eu l'occasion de tester une autre collection similaire, mon beau-frère ayant offert à E. ce coffret. J'ai trouvé celui-ci chouette aussi. 
Je n'ai pas testé tous leurs niveaux donc j'ai du mal à faire une comparaison étayée mais avec ce niveau 3+ je remarque déjà une chose : j'ai moins de texte, par double page, qu'avec l'autre collection. Et ce à un niveau où l'enfant est déjà capable de lire davantage.
Or c'est une des subtilités très intelligentes des "premières lectures Montessori" : là où chaque page de niveau 1 contient entre 2 et 4 lignes de texte, la quantité de texte augmente avec le niveauet la fluidité de lecture du jeune lecteur. J'en remarque la pertinence avec E. qui, au stade où elle en est, ne se contente plus, depuis longtemps, de la page que je lisais avec elle chaque soir. Elle est passée à 2, puis 3, et maintenant c'est minimum un demi bouquin par soir que nous engloutissons. Alors du coup je trouve "les premières lectures Montessori" plus rentables … ;-)
Par ailleurs cette collection étant plus récente elle est pour le moment moins complète que l'autre qui contient déjà une vingtaine d'ouvrages… et doit elle même encore être complétée (il en sort plusieurs nouveaux livres par an).
Mais bon ça me va bien d'avoir les deux car certains des sons contenus dans ce 3+ (le ph, le oi, le eau) n'ont pas encore été couverts par ma collection de base.

Deuxième remarque : ma "méthode" pour gagner en fluidité de lecture pour l'un comme pour l'autre enfant a été d'introduire la lecture d'une page de ces petits livres dans le rituel du coucher. Moment facile à tenir
  • pour un enfant scolarisé (F.) Car j'ai fini par constater qu'il n'avait pas à l'école la stimulation dont il avait besoin sur ce plan-là, et donc j'ai admis qu'il fallait que je reprenne les choses en mains… mais je vous en reparlerai dans un futur billet intitulé "le mythe de l'école parfaite"
  • pour un enfant officiellement en IEF mais géré par une mère complètement débordée (E.)
cette page quotidienne a vraiment porté ses fruits !

En bonus : j'ai commencé à filmer les enfants avec mon smartphone, au départ pour envoyer cela à Monsieur Bout, à notre G1, à ma mère, voire en prévision de cet article… et je me suis aperçue qu'ils adoraient être filmés en train de lire, et pouvoir regarder la vidéo ensuite. J'ai systématisé le truc sans vergogne puisque
  • chouette effet incitatif
  • effet pédagogique intéressant : en regardant la vidéo, centrée sur les mots qu'ils lisent, ils répètent en fait ce qu'ils viennent de voir. Hin hin hin.
Ah, ce que la technologie ne permet pas…

Alors justement la technologie refuse de me permettre de rajouter quelques vidéos de démonstration dans le corps du billet donc je les ajouterai en commentaire sur le partage FB. Na. 


En tous cas ces livres se sont révélés ultra précieux pour vraiment ancrer et fluidifier. Je suis raaaavie de les avoir à disposition, et un certain nombre d'entre eux vont nous accompagner en vacances. (c'est l'avantage, hein, ils ne sont pas bien encombrants…)




C'est le pendant des lettres rugueuses, il permet d'introduire les sons complexes (A + N qui dont AN, etc) et je l'ai utilisé en complément des premières lectures Montessori de niveau 3. Même si, je l'avoue, de manière moins systématique / académique que les lettres rugueuses.
En effet
  • E. a vite montré qu'elle souhaitait avancer plus vite : du coup, hop, leçon en 3 temps puis "encore"... bon ben n'en voyons pas que 3 d'un coup alors, voyons en 5.
  • F. avançant moins vite que sa sœur j'ai d'abord voulu faire attendre E. puis j'ai fini par lâcher l'affaire et permettre à E. d'avancer à son rythme : du coup elle a appris chaque graphème avec le livre des premières lectures Montessori de niveau 3 correspondant, et F. intègre peu à peu certains graphèmes avec les schtroumpfs…

J'ai néanmoins trouvé ce coffret encore très bien fait, avec juste un ou deux regrets mineurs du style : une des images illustrant le "ou" est un "hibou". Et E. l'a tout d'abord nommé "chouette": le "ou" étant moins perceptible ainsi, elle est allée le caser… avec le "ch".



Moralité, et pour vous donner une idée de la manière dont cette progression s'est déroulée chez nous : l'avantage c'est qu'ayant deux enfants aux rythmes bien différents, j'espère que cela pourra permettre à d'autres parents de voir que c'est vraiment très personnel ;-)
  • F. n'a montré aucun intérêt pour les lettres jusqu'à peu avant ses 4 ans (2 mois avant) puis a appris la majorité des lettres rugueuses à ce moment-là; E. a été très vite intéressée par le sujet : 2 ans et quelques déjà. Elle les a apprises sur mes genoux quand son frère les révisait, et les connaissait toutes autour de son 3ème anniversaire
  • le déclic "combinatoire", F. l'a eu un an après son initiation aux lettres rugueuses, quelques semaines avant ses 5 ans, donc. Puis il y a eu une période de stagnation, et j'ai repris les choses en mains une petite année après, ce printemps. E. a eu le déclic combinatoire… euh… cet automne, je crois, vers 3 ans et 1/2. Mais j'ai été disponible de manière plus ou moins variable pour nourrir son intérêt pourtant dévorant. Elle a donc bénéficié de la reprise en mains du sujet pour son frère, au printemps.

Depuis, énormes progrès pour les deux.

Depuis quelques jours en particulier, E. lit tout ce qu'elle trouve
  • une phrase du bouquin que je lis, 
  • quelques mots que je tape sur mon ordinateur dans le cadre de mon boulot, 
  • les étiquettes de bouteille, 
  • et bien entendu, les livres qu'elle a en main : quelques bulles de Schtroumpf, quelques mots de Babar, une phrase d'un Petit Ours Brun… ou d'un prospectus. 
  • Elle empoigne volontiers ses "premières lectures Montessori" et on l'entend les lire dans sa chambre, une fois couchée. 
Ce weekend, elle a même tenté… de lire les noms des colonnes du fichier Excel de comptes que je remplissais : "A-Q, A-R, A-S, A-T, A-U... O ! Maman y a "O", là !". Gros fou rire.



F. déchiffre volontiers quelques mots par ci par là, et se laisse prendre au jeu en fonction des moments / incitations (les Schtroumpfs étant ce qu'il y a de plus sexy).

Et moi, je m'éclate à observer et accompagner.


Ah, Ah, Ah oui vraiment, 
L'apprentissage de la lecture c'est bien marrant 
(à chanter sur l'air du refrain de Cadet Rousselle - OK je sors)