lundi 29 mars 2021

Guérir (soi / son enfant) d'un traumatisme : la thérapie EMDR

Attention, aujourd'hui, je vais vous raconter comment nous avons pu fabriquer notre petit H. 

(c'est le moment où, affolée, vous levez les yeux de votre écran et dites à votre conjoint ou votre meilleure copine "Nan mais ça va plus du tout ce blog, ça part en rubrique sexo de bas étage !!")

Eh non, encore une fois non, foin de détails croustillants aujourd'hui. Désolée. Si vous voulez du croustillant en lisant mon blog... prenez des chips.

Il n'est pas toujours facile d'appeler un chat un chat. 
Reconnaître qu'on a été victime d'un traumatisme, hum, pas évident. 
Reconnaître qu'on a sans doute besoin de faire appel à un psy, pas évident non plus,. 
Et ce, même si le recours à des professionnels de l'aide se normalise énormément ces dernières années, ce qui est une sacrée chance pour notre génération et celles qui suivront !
Normalisation ou pas, hein, franchir le pas d'aller voir un psy n'est jamais facile, et l'un des aspects est qu'on sait quand ça commence, on sait pas trop forcément quand ça finit.

Personnellement, eh bien, tout pareil. 
Voici donc un petit témoignage / présentation de derrière les fagots, au sujet d'une approche adaptée :
  • efficace
  • libératrice
  • et BREVE
  • pour adultes et enfants.

Contexte : 

J'ai évoqué ici et les circonstances de la naissance de F. back in 2013, naissance provoquée en catastrophe par la découverte, à 8 mois de grossesse, que je faisais une prééclampsie carabinée à laquelle il était impératif de couper court immédiatement. Césarienne immédiate, naissance de F. en bon état, éclampsie de la Gwen quelques heures plus tard, réa pour la Gwen donc 3 jours de séparation d'avec F.. Puis les retrouvailles, et cui-cui les petits oiseaux.

L'année qui suivit fut particulière. J'en garde un souvenir nimbé d'une aura d'euphorie. 
Euphorie favorisée par le contexte particulier dans laquelle s'inscrivait l'arrivée de F. : la grossesse inattendue de F. nous avait subitement sortis d'un quotidien marqué par l'infertilité et un parcours d'agrément d'adoption. 
Ce quotidien, c'était 
  • voir notre voiture choisie "pour quand on aura un bébé" : vide, 
  • notre grande maison de 4 chambres : vides aussi, 
  • me perdre dans un supermarché et me retrouver au rayon puériculture, 
  • faire la queue derrière quelqu'un achetant des Blédina, 
  • entrapercevoir un ventre arrondi, 
  • entendre le babillement d'un bébé, 
  • recevoir un faire-part de naissance ou lire une annonce de grossesse sur FB 
= 100 fois par jour, un micro-truc nous rappelait que nous n'avions pas d'enfants et que nos chances d'en avoir "par nous-mêmes" étaient nulles, et 100 par jour, un micro-truc venait déclencher une douleur pas micro du tout.

La première année de F. a été l'exact inverse : je l'ai passée shootée à la dopamine. 100 fois par jour, un micro-truc 
  • ouvrir sa porte et voir un lit de bébé avec un bébé dedans ; 
  • voir son siège auto à l'arrière de notre voiture ; 
  • voir traîner une chaussette taille 18 ; 
  • acheter à mon tour des trucs au rayon puériculture ; 
  • devoir faire des abdos pour récupérer un bide amoché par la césarienne ;...
venait me rappeler ce truc de fous : j'avais UN BEBEEEEEEEE.

Je ne sais pas au juste quand cet effet dopant a commencé à s'estomper
Je ne saurais dire non plus avec précision quand j'ai commencé, de plus en plus souvent, à pleurer en évoquant les circonstances de la naissance de F. Après la naissance d'E. 2 ans plus tard ?
Toujours est-il que peu à peu, ce traumatisme, resté enfoui sous une béatitude de chaque instant au départ, a commencé à repointer le bout de son nez
Mais hors de question de m'en occuper, oh ça non. Au bout d'un moment, quand c'est devenu trop encombrant, je me suis juste mise à m'occuper du versant "F. traumatisé par sa naissance"... ça suffisait, non ?

Visiblement non, au vu de mon incapacité à ne pas fondre en larmes dès que je touchais d'un peu près au souvenir de sa naissance.

Il y avait aussi autre chose : un numéro 3, que nous souhaitions depuis un bon bout de temps, ne s'installait pas. Sans raison valable, cette fois, puisque les causes de notre infertilité initiale avaient été pulvérisées. Les quelques examens faits ne livraient aucune explication du pourquoi mes cycles restaient un peu bizarres, ni du pourquoi, même bizarres, ils refusaient de déboucher sur la moindre grossesse.
Anguille sous roche ? Baleine sous gravillon ?

Je faisais l'autruche. (on est bien, la tête dans le sable, hein ? C'est vraiment confortable le sable)
Jusqu'à ce qu'une amie, sage-femme de son état, et auprès de qui je me lamentais, ne mette les points sur les i : 
"Oh mais Gwen tu sais, moi j'ai des patientes qui après ce que tu as vécu pour F., ne réussissent plus jamais à avoir d'enfants derrière, hein. C'est traumatisant quand même une éclampsie.
- Meuh non, j'ai eu E. sans problème après F. (et tac!)
- Oui, mais, le traumatisme était-il sorti, au moment de la grossesse de E. ?"

Gloups.

Et ladite copine, de me parler d'une approche psy spécialisée autour de la gestion des traumatismes. Approche brève.

Du coup, c'est avec cette double carotte que, presque 6 ans après la naissance de F., j'ai décroché mon téléphone afin de prendre RDV chez la psychologue EMDR que je m'étais fait recommander près de chez moi
  1. pour avoir ce 3ème si espéré. J'avoue m'être demandé si j'y tenais vraiment "hein, dis, hein, en fait c'est pas trop grave si tu l'as jamais ton numéro 3 ?", me suis-je sussuré. Raté.
  2. avec l'espoir d'un truc rapide et d'un résultat tout aussi rapide.

J'ai été servie.
Téléphone décroché en mars, première évocation de la naissance de F. sans pleurer en mai, grossesse de H. démarrée fin juillet (après grosso modo 2 grosses années d'essais infructueux inexpliqués).


Alors, c'est bien joli, mais c'est quoi l'EMDR ? (non ce n'est pas le Mort de Rire)

Les initiales EMDR signifient Eye Movement Desensitization and Deprocessing c’est-à-dire désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires.
Eh ?
Des mouvements oculaires (oh punaise là j'ai les Inconnus qui remontent "non ils n'ont rien oculé"), qu'est ce que ça vient faire dans une thérapie ??

Ces mouvement oculaires sont à rapprocher de ceux que nous faisons naturellement dans notre sommeil, et qui sont associés au retraitement, par le cerveau, de nos souvenirs. Retraitement auquel notre cerveau procède consciencieusement, chaque nuit. Qui permet d'ailleurs d'éviter de crouler sous les souvenirs inutiles, et de reranger tout à sa place. 
Or le propre d'un traumatisme est justement d'échapper à ce retraitement. Au lieu de pouvoir donc être classé, le souvenir traumatique reste à l'état brut, doté de toute sa charge émotionnelle : il est (ultra)sensible. Il génère donc des émotions aussi vives que l'évènement initial, et maintient le cerveau en état d'hyperactivité.




Le principe de l'EMDR est d'aller rechercher le souvenir et l'émotion associée (par la verbalisation), puis d'enfin soumettre ce souvenir au retraitement auquel il a échappé (par le biais de tout un protocole incluant ces fameux mouvements oculaires).
  • C'est impressionnant d'efficacité, sur de nombreux soucis (traumatismes, phobies, compulsions;...). 
    • La première séance vise d'ailleurs à valider que cette approche correspondra bien à notre souci (en ce qui me concerne, ça m'avait fait bizarre d'entendre la psy conclure "Oui, vous êtes bien traumatisée, pas de doute, donc nous allons pouvoir travailler ensemble ainsi".)
    • Une excellente amie à moi a pu ainsi retravailler la perte de 2 bébés in utero, une autre un accident de voiture qui la laissait ultra tendue au volant. 
  • Le souvenir reste, mais la douleur associée devient gérable. On n'a plus besoin de dépenser une énergie psychique de malade à contenir cette émotion dans un coin de son être, et/ou à éviter de toutes nos forces toutes les situations qui la font remonter.
  • Je précise que même si je n'ai pas directement testé cet aspect, c'est une approche qui est également valable pour les enfants (y compris très jeunes, m'a-t-on dit), pour peu qu'on vérifie que le praticien en question a effectivement l'habitude de jeunes patients et est donc à même de faire les ajustements nécessaires.
  • Le plus souvent, le protocole de traitement ne comporte que 3 ou 4 séances. (En ce qui me concerne, j'ai fait plus, mais parce qu'au milieu j'ai du interrompre l'EMDR en tant que telle car c'est le moment où je frôlais le burn-out; On a donc basculé sur des séances plus standard avant de reprendre quand j'ai eu retrouvé un semblant d'équilibre)

Voici donc un peu de 3615 mylife saupoudré d'informations, bref, un témoignage visant à vous faire découvrir un chemin possible, once again.

Parce que vraiment, on vit tellement mieux quand on peut aller soigner ce qui a besoin de l'être !

(Je soupçonne du reste que l'apaisement de F. constaté à l'été 2019 n'a pas non plus été sans lien avec l'apaisement de sa mère 
- Et OUI, oui, je dis ça pour vous inciter encore davantage. 
Je sais de première main à quel point parfois la carotte doit être grosse pour nous amener à franchir le pas de porte d'un psychologue pour nous-même, alors je vous fais sciemment miroiter que ce sera la solution miracle à tous vos désespoirs éducatifs
C'est fourbe.)

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jeudi 18 mars 2021

"Le beau dessin" : un nouveau marque-page pour les 200 moments, et une gagnante !

 En juin de l'an dernier, nous avions lancé un appel à suggestions pour un rab de dessin de la part de Claire : une situation du bouquin à illustrer et transformer en un magnifique marque-page, qui sera glissé dans des commandes de livres, ou proposé sur des salons (quand... il y aura des salons).

Une actualité chargée étant passée par là, le projet a pris du retard, mais ça y eeeest, le beau gosse part à l'impression !


Le voiciiiii !


TADAM



Vous pouvez aller bien vite relire le moment correspondant (n° 143)

Mais surtout vous extasier sur la beauté du coup de crayon de Claire.


Et y a une Blandine qui va recevoir un dessin.... ;-)


Moi, j'vous dis, si ça vous donne pas très envie d'aller faire un tour sur le site des Editions de l'Instant Présent pour craquer sur l'un ou l'autre de leurs chefs d'œuvre...  

(d'ailleurs, pourquoi "ou". ET !)



lundi 15 mars 2021

10 Faits Divers d'hiver

Hiver COVID, machin, plein de choses se passent, y compris et surtout aussi chez moi. 

Voici donc quelques chiffres et faits d'hiver. 


  • 1. J'ai dégivré mon congélo. 

Pour la première fois depuis notre emménagement. Je vous laisse le soin de faire de l'archéologie dans le blog pour voir à quand remonte ledit emménagement, et de relire ce billet qui correspond donc bien à l'enseignement que vous pouvez en tirer. Hum hum. 

Mais surtout CLAP CLAP. Maintenant, ce n'est plus simplement une bouffée de froid que je me prends quand j'ouvre ledit congélo, mais une bouffée de fierté. 

Limite je m'attends à ce que mon public en délire me fasse la holà. Vous voulez bien ?


  • 2. Le Boubinours a eu sa première dent ! 

A 9 mois et quelques, je suis déboussolée. (Après 13 mois pour F. et 11 et 1/2 pour E.). Déboussolée, certes, et puis mordue, du coup. Humpf.


  • 3. 3 manifs, beaucoup de visio, et encore davantage de mails 

C'est mon activisme politique du moment sur le front de la bataille pour le maintien du droit à choisir le mode d'instruction de son enfant. Des choses ont bougé, car cela a permis de sensibiliser beaucoup d'élus à la réalité de ce qu'est l'instruction en famille, loin de l'image d'Epinal qu'ils s'en faisaient (50% islamiste radical, 50% hippie élevant des chèvres dans le Larzac), mais on est encore bien loin du compte.

L'occasion d'admirer le haut niveau de langue de bois de certains, et la manière dont on peut aussi si joliment redéfinir les mots : soumettre une liberté à autorisation, visiblement, y en a que ça ne choque pas.


  • 4. 1 dossier constitué pour une triple problématique
Celle de l'inscription d'E. dans sa future école pour la rentrée de septembre 2021, avec saut de classe / maintien de l'allemand / conservation autant que possible d'une certaine bienveillance. On croise les doigts et les orteils !


  • 5. 3 fois par semaine
C'est ma peau contre la sienne C 'est en moyenne la fréquence à laquelle Monsieur Bout et/ou moi nous sommes exclamé, tout l'hiver : ça peut plus durer, on va tous crever ! 

Ouais, nous avons du nous rendre à l'évidence : nous avons beau avoir mis en place une organisation de ouf, eh bien ça nous fait une vie de oufs. L'équilibre n'est pas encore trouvé. 

Ou plutôt si, entre nous deux, c'est parfaitement équilibré : nous sommes tous les deux complètement surchargés. Ou plutôt étions ?

Car c'est en cours de changement, cf point numéro 7.


  • 6. Plusieurs centaines d'euros, c'est le budget psy du mois de janvier pour la famille Bout

entre 

    • la Gwen pour qui avoir un suivi psy constitue désormais une obligation professionnelle : eh oui, pour être en mesure de coacher des gens, donc de leur offrir un espace pour explorer leurs problèmes et y trouver leurs solutions, y a intérêt que l'espace en question ne soit pas encombré par les propres problématiques perso du coach, donc que celui-ci ait lui-même un endroit où aller "dépolluer". Je dépollue donc à intervalles réguliers.
    • Monsieur Bout qui, au bout d'un an à la maison au contact quotidien des enfants, constate que rien ne vaut le contact des enfants, justement, pour venir appuyer là où ça fait mal. D'où nécessité d'aller soigner ce qui fait mal histoire que ça ne brouille pas le contact avec les enfants.
    • F., dont nous avons fait le bilan zébritude

L'argent fait pas le bonheur, à c'qui paraît, m'enfin heureusement qu'en ce moment nous sommes en mesure d'aménager le budget afin de sortir des sous pour notre santé mentale.


  • 7. 1 décision, conséquence des 2 points précédents 

Révision d'organisation avec notamment l'arrêt, par Monsieur Bout, de sa licence à distance. 

Il a réalisé que celle-ci (avec ses examens, son côté hyper scolaire, son programme obligé ne cadrant pas nécessairement avec les centres d'intérêts de Monsieur) apportait en fait bien plus de pression que d'épanouissement, et qu'il était maintenant prêt à se détacher de l'aspect diplôme. (je vais prendre un abonnement Interflora pour son psy. Keur sur lui)

Il poursuit donc en IEF pour lui-même ;-) : il se fait son propre programme, et s'offre enfin le plaisir d'aller bosser au parc, par exemple, bref, de se recentrer sur ce qui lui fait vraiment du bien. Ce qui, mystérieusement, fait du bien à toute la famille.


  • 8. 1 grande première : le lancement de mes premiers ateliers Faber et Mazlish en visio, en exclusivité pour les lecteurs du blog. 
J'étais assez tiède au départ mais l'accueil enthousiaste reçu par ma proposition indécente m'a permis de réaliser qu'en fait, ces ateliers n'étaient pas un pis-aller venant tenter de remplacer tant bien que mal des ateliers en présentiel, mais que, pour la plupart des participants, ils représentaient la seule et très précieuse possibilité de suivre des ateliers. Du coup, maintenant, je piaffe en attendant le démarrage du 22.


  • 9. 1 première aussi pour m'échauffer : j'avais adoré l'initiative de Coralie qui a créé son Cercle des Parents Heureux. 

Nous avions discuté de son constat que de nombreuses choses existent pour accompagner des parents plutôt débutants en parentalité positive, mais bien peu pour soutenir ceux qui ont déjà beaucoup avancé mais qui veulent continuer, approfondir, et aux besoins spécifiques desquels les propositions "débutants" ne sauraient convenir. Bref, elle a lancé ce Cercle l'an dernier si mes souvenirs sont bons, et m'a demandé d'y intervenir en guest star sur la thématique de la parentalité ludique

L'occasion pour moi d'aller repotasser un peu Lawrence Cohen et Aletha Solter pour l'étayage théorique, de réfléchir à rendre ça bien concret et un poil marrant / ludique (ben oui hein), et ensuite, une chouette heure (euh, en théorie. Il paraît que sous le feu des questions on a uuun peu dépassé) de visio avec une douzaine de nanas méga motivées pour s'approprier ce que je leur partageais. 

Des questions, des idées, des partages d'expérience, et que ça rebondisse par ci, et que ça fasse des liens par là.... Un moment hyper stimulant !


vous l'aurez remarqué.


Un jour, mon prince billet sur le sommeil viendra...

Un jour. 

Mais pas aujourd'hui, visiblement !




jeudi 4 mars 2021

Proposition indécente : téléphone rose / ateliers visio

Parmi mes multiples casquettes (nan, mes multiples capelines, c'est plus élégant), j'ai la chance d'animer depuis un bout de temps maintenant des ateliers de parentalité positive en mode Faber et Mazlish, et même si ce n'est qu'une annexe de ma vie pro bien remplie par ailleurs, c'est une annexe pleine de sens et que j'adore : accompagner des parents en leur ouvrant leur carte du monde dans une atmosphère de confiance, de soutien mutuel et de rigolade (parce que vous me connaissez, j'ai un peu du mal à faire les choses sans de vrais morceaux de rigolade dedans).
Cet automne j'étais donc repartie comme d'habitude sur une session en présentiel... vite interrompue par le confinement. Ce qui finalement n'est pas si mal tombé puisque novembre-décembre ont été horriblement pleins.
Vue la tournure des évènements, je réalise que mes chances d'animer des ateliers en présentiel cette année sont proches de zéro...

Et une gentille lectrice est venue me lancer avant Noël (j'ai dit "noooooon je meurs"), et me relancer en début de semaine pour me demander si je ne serais pas partante pour proposer une session en visio aux lecteurs du blog.

Bon, la visio, ça me saoule d'un côté... mais de l'autre c'est aussi un moyen bien précieux de se connecter avec des personnes ayant un même objectif, et puis je pratique tellement pour mes formations au management que j'ai développé une certaine capacité à rendre ça quand même bien fun et interactif.
Et en fait à la perspective de rencontrer des lecteurs / lectrices mon cœur frétille...
J'en ai parlé à Monsieur Bout (puisque c'est à lui d'assurer la logistique derrière) et il a dit OK.

Donc donc donc j'ai la joie de vous proposer une grande première !

session d'ateliers Faber et Mazlish avec moi
en visio (je dois encore choisir entre Zoom et Teams)


Renseignements pratiques

QUAND
  • 8 lundis soirs : une session d'ateliers Faber et Mazlish c'est normalement sur 7 soirs mais j'ai pris l'habitude d'insérer une session spéciale "colère du parent" entre le 3ème et le 4ème soir, un hit absolu à chaque fois, allez savoir pourquoi
  • dates prévues : 15 jours entre chaque soir sauf 2 fois (parce que faut boucler avant les vacances), démarrage (si suffisamment d'inscrits), le 22 mars, ce qui nous donne
  1. lundi 22 mars - accueil des sentiments
  2. lundi 29 mars (donc dès la semaine suivante, comme ça on est bien chauds) - développer la coopération
  3. lundi 12 avril
  4. lundi 26 avril
  5. lundi 3 mai (donc là aussi, session 4 - celle consacrée à la colère - suivie une semaine après de cette 5ème session sur l'autonomie)
  6. lundi 17 mai
  7. lundi 31 mai
  8. pour finir en beauté lundi 14 juin
  •  Horaires prévisionnels : 20h30 - 22h45 (possibilité de décaler de + ou moins 30 minutes si consensus au sein du groupe.... on n'a pas de trajets à prévoir hinhinhin)

POUR QUI ?
Je ne vais pas faire beaucoup de com dessus, et ne le proposerai qu'aux lecteurs du blog (ou à leur entourage immédiat, hein, si votre belle-sœur en rêve vous pouvez lui transmettre - elle aura juste obligation de lire l'intégralité des 500 billets du blog avant le début de la session - ou pas) ainsi qu'aux participants de ma session interrompue de l'automne
  • Pour des parents / adultes (j'ai déjà eu des grands-parents, des profs, des sages-femmes) ayant envie de gérer leur relation aux enfants sur la base respectueuse de l'enfant et de l'adulte que constitue l'approche Faber et Mazlish. 
  • Condition : avoir sous la main, de manière régulière, au moins un enfant âgé de plus de 18 mois. (pour pouvoir s'entrainer entre les sessions)
  • Qu'ils aient lu les livres ou pas
  • Seul ou en couple 
  • max 12 participants (mini 5)

QUOI ?
Des ateliers basés sur l'approche Faber et Mazlish, interactifs, où on découvre en groupe des outils par rapport au thème du soir, on s'entraine à les tester, et où on débriefe la fois suivante du résultat de nos tests "in vivo" : pour que les outils si beaux en théorie ne le restent pas, de la théorie !
Le principe étant que les expériences, questions et tests des autres participants viennent enrichir d'autant l'apprentissage de chacun.

INSCRIPTIONS : figurez-vous que l'adresse mail du blog a choisi de bugger, donc en attendant que je trouve ce qui cloche, vous pouvez me contacter en MP FB/Insta, ou sur mon adresse gmail.com : prénom.nom. 

TARIF : 
  • 220€ pour l'ensemble du cycle pour une personne seule, 260€ pour un couple 
  • + prévoir 12€ / personne pour le cahier d'exercices, indispensable au bon fonctionnement
  • (payables par virement; j'accepte aussi les lingots d'or mais c'est plus compliqué à envoyer par La Poste)
  • Arrhes de 50€ pour bloquer votre place

PRECAUTIONS 
Suivre un atelier en visio, c'est top et bien pratique, à quelques conditions toutefois : je vous invite à y réfléchir afin de vous assurer que vous serez dans de bonnes conditions pour en profiter
  • une pièce isolée phoniquement du reste de la famille et en particulier des enfants : pour pouvoir parler librement loin de leurs oreilles 
  • l'assurance de ne pas être dérangé 42 fois par un enfant au cours de nos soirées : pour pouvoir se concentrer sur nos échanges et profiter pleinement du ressourcement entre adultes (seule exception : les nourrissons au sein, pas encore doués de parole, ça se gère; il n'est pas exclu que H. soit d'ailleurs "branché" certains soirs)
  • une connexion internet suffisamment stable
  • si participation en couple, un support informatique par couple (une session zoom ou autre chacun) : indispensable pour pouvoir faire les exercices

Voili voilou, dites-moi si ça vous branche, et aussi venez poser vos questions si vous en avez avant de prendre votre décision !

(héhé, cet article est plus rapide à écrire que celui sur le sommeil...)





lundi 8 février 2021

La résistance au (ch)rangement - petit GRAND Moment de Parentalité Positive

Ce qu'il y a de bien, c'est à quel point la certification en coaching professionnel (= coaching de la vie professionnelle) que je termine en ce moment vient enrichir ma vie de parent (et inversement).

Alors, hop, en voici un exemple magnifique qui pourra vous inspirer, peut-être, vous faire rigoler, sûrement. (attention, on va parler systémie, attachez vos ceintures - et si vous ne savez pas ce que c'est, c'est totalement admissible et on s'en fiche, parce que ce n'est pas nécessaire pour comprendre et utiliser ce billet. En revanche notez-vous le mot quelque part, ça fait un Scrabble, avec un y dedans; en plus)

Le mois dernier, mes condisciples et moi avions notamment vu à quel point, quand un coaché résiste au changement, qu'il n'arrive pas à changer une habitude par exemple, il peut être très aidant de l'encourager dans cette habitude. 

Quand il cesse de résister à son problème... son problème cesse de lui résister.


Ce samedi, je passe de nouveau la journée en formation, et à la pause de midi nous revenons sur ce point.

De retour pour le dîner, j'enchaîne ensuite sur le coucher du soir, et c'est le moment du "petit moment rien que toutes les 2" avec E.

J'ai H. avec moi, et je souhaite le poser pour qu'il crapahute sur le sol pendant que je prendrai E. sur les genoux. La chambre est dans un désordre de niveau 3 (sur 5), mais je ne suis pas folle, et je demande donc juste à E. de ramasser ce qui, sur le sol de sa chambre, n'est pas compatible avec un H. en liberté : quelques livres et quelques papiers.

AAaaaaah que n'ai-je déclenché : le rangement de chambre est un sujet eeeeextrêmemnt relou avec E., depuis des mois déjà. Et effectivement, comme d'habitude

  • E. part dans de grands gémissements
  • elle dit qu'elle n'a pas envie, que c'est horrible, que noooon (ô rage ô desespoir ô maman ennemie - ça dès qu'elle lira le Cid j'y aurai droit)
  • moi mon énervement monte, je sais que si on me donnait 10€ pour chaque "dépêche toi" "allez" "tu peux le faire" "regarde il y a plus que ça" "ça prendra pas longtemps" que je vais formuler, je finirais la soirée milliardaire.
  • car elle y va littéralement à pas d'escargot (paralytique, l'escargot), et ce qui pourrait prendre 1 minute montre en main... va probablement tuer la soirée / notre moment, car là au bout de 3 minutes on en est à 2 papiers ramassés.

Scénario que je connais extrêmement bien puisqu'il se répète à chaque rangement de chambre, et que pas plus tard que mercredi dernier ledit rangement a pris 2h.

Précisions : cette chambre 

  • fait moins de 11m²
  •  ne contient qu'une quantité modérée de jouets en même temps, puisque nous opérons encore une sorte de rotation des jouets avec ce qui est stocké dans les placards de la salle de classe 
  • et au demeurant, du côté d'E. on "rotate" très peu, ses intérêts restant globalement toujours sur les mêmes choses : ses animaux Schleich, meilleur investissement ever - largement rentabilisés puisque la fascination qui avait débuté dès 12 mois ne s'est pas émoussée, dessiner, se déguiser, lire - lire -lire : je crois qu'on a fait le tour de ce à quoi E. passe son temps libre.


Bref, ce scénario de l'horreur vous dit quelque chose ?

Attendez la suite.


Devant ce scénario bien connu, donc, mon esprit tout frais imbibé de psychologie du changement fait subitement tilt : ben, en effet, là aussi ça fait des mois qu'on tente tout et n'importe quoi pour améliorer le rangement de chambre (et sans nous montrer des fanatiques, hein ! mais quand il faut faire le ménage, il faut ranger, à minima), des mois que rien ne produit d'effets durables, des mois au contraire que ça empire.

Alors observant E. en train de ramper péniblement vers un bout de papier, je réalise qu'il est temps de lâcher complètement prise. Puisque tous nos efforts pour lui faire ranger sa chambre rapidement ont échoué... que se passera-t-il si j'inverse la vapeur ? De toute façon, hein, la soirée est fichue, alors lâchons-nous.

- E., tu as raison de ranger lentement. 

E. relève la tête, interloquée. Elle chouine encore, persuadée qu'elle a mal entendu, mais ça manque déjà de conviction.

Je poursuis :

- Tu as raison. Va plus lentement.

A ce stade, E. oublie de chouiner. J'ai toute son attention. 

Je répète

- E., range plus lentement. Tu as envie d'aller lentement, il faut aller pluuuus lentement.

- Mais non, il faut ranger vite, non ? (E. ne chouine plus du tout, elle se redresse)

- Non, il faut ranger len-te-ment. Là tu vas beaucoup trop vite.

Un sourire en coin, E. ramasse un papier, guettant du coin de l'œil ma réaction.

Ah non ! J'insiste :

- Noooon, j'ai dit LENTEMENT. Ca va pas du tout, tu vas trop vite !

E. accélère

- Eh non, je fais vite, je fais vite.

- Nooooon lentement.

Les papiers ont déjà disparu (STOP STOP !), elle attaque les livres 

- Nooooon pas les livres !

- Et tu veux pas que je range mes dinosaures non plus, hein ? Bah je le fais !

- NOOOOOON pas les dinosaures, ils veulent rester en désordre.

3 minutes de ce régime là plus tard, la chambre est entièrement rangée (NB : alors que la demande initiale était beaucoup plus modeste), une E. hilare se met sur mes genoux ("tu voulais pas que je range, hein, maman ?" "noooon"), et se relève 3 minutes pus tard quand elle repère encore un truc qui traîne (je proteste vivement, elle me nargue en gloussant "Ah et encore ça"), puis encore 2 minutes après quand H. commence à vider sa caisse à animaux Schleich, pour les reranger (truc totalement insensé, hein, puisque ça équivaut à remplir d'eau une passoire).

Après l'histoire lue ensemble, elle détectera encore un truc qu'elle rangera très vite, puis filera chercher son père pour lui montrer fièrement sa chambre.


Alors, immonde manipulation, puisque j'ai juste prétendu que je ne voulais pas quelque chose alors qu'en fait je le voulais ?

Hum, à un niveau, bien sûr que je souhaitais toujours que E. range sa chambre et n'y passe pas trois plombes.

Mais à un autre niveau : plus du tout. Parce que j'avais admis que si E. se cramponnait ainsi à un comportement pourtant franchement pas optimal (puisque sa lenteur transformait une tache potentiellement extrêmement brève et assez indolore en un long moment insupportable), c'est que celui-ci correspondait au meilleur choix possible pour elle.

C'est un concept de coaching que j'ai trouvé très éclairant. Bien sûr que Mamie Germaine (et nous-mêmes parfois) est exaspérante à toujours faire un truc vraiment pas optimal alors qu'il est évident qu'il faudrait faire autrement.

Mais en fait, Mamie Germaine / chacun d'entre nous fait, à tout moment, le meilleur choix disponible parmi ceux qu'elle voit. C'est le concept de carte du monde : chacun d'entre nous a une carte des choix possibles, et c'est comme une carte de jeu vidéo : on ne voit pas tout. Moi qui ne suis pas seulement une fan de Sims, mais qui ai aussi beaucoup joué à Age of Empires (le I. Sa version pixelisée conserve un charme que ses suites plus sophistiquées n'ont jamais pu égaler à mes yeux), je vois bien : évidemment que mon villageois ne va pas pouvoir aller taper dans la mine d'or à quelques pas de lui si il ne la voit pas (le crétin !). 

Une manière d'agir quand une situation se produit et que notre manière de la traiter ne semble pas produire les résultats attendus, c'est d'élargir notre carte du monde en découvrant de nouveaux choix (ou en éclairant ceux à disposition d'une autre lumière). C'est ce qu'on fait quand on s'informe, en causant avec le voisin, en lisant un sublime article de blog ou un excellent bouquin (ce que vous êtes en train de faire, là, du coup ^^. Vous élargissez / complétez votre carte du monde. Félicitations). C'est aussi à ça qu'on travaille en coaching (non un coach ne vient pas nous dire à notre place quoi faire!). Si à la place des 2-3 choix qu'on voyait, on en a soudain 4 ou 5, il se peut très bien que finalement le meilleur choix possible pour nous ne soit plus celui qu'on privilégiait jusqu'à présent faute de mieux.

Chez E., donc, j'ai admis que pour elle, à ce moment, le meilleur choix était de résister au rangement, de ranger le plus lentement possible. Pourquoi ? Je ne peux faire que des hypothèses. Mais je peux imaginer que, peut-être, ça pourrait être en lien avec un besoin d'autonomie, d'indépendance; un besoin de d'aller à son rythme dans un quotidien où quand même, le "Dépêche-toi" est sûrement trop présent... un besoin de respect d'elle-même..

Dit comme ça, c'est tout de suite plus facile à prendre en compte, hein ? 

Ce qui ne doit pas nécessairement conduire à nous culpabiliser d'oser prétendre que notre enfant range sa chambre. Notre besoin d'ordre aussi est important, mon besoin de respect de moi-même et de mon temps me conduit par ailleurs à ne pas vouloir ranger moi-même, ce qui serait aussi un choix possible dans d'autres cartes du monde / à d'autres moments, mais pas dans la mienne à ce moment précis.

Si ce n'est qu' opposer mon besoin d'ordre et son besoin quel qu'il soit ne produit bien évidemment pas un résultat optimal, pour aucune de nous deux.

Associer ces 2 besoins, au contraire, en renforçant le choix que ma fille a trouvé : ranger plus lentement....

J'ai arrêté de pousser, E. a pu arrêter de résister. Expérimenter et trouver son rythme à elle. C'est-à-dire élargir sa carte du monde à elle au lieu de devoir adopter la mienne. Et décider que finalement aller vite, c'était sympa tout plein aussi.

Et nous avons toutes les 2 bien rigolé. 

Rangement : 1, Connexion : 100. 

Perdant : 0.

(une dynamique qui n'est du reste pas sans similitude avec ce billet sur le jet d'objets, ou cet exemple, repris dans le livre des 200 moments)

Mais bien évidemment, je ne faisais pas le lien, emberlificotée que j'étais dans mes efforts.

Si, quand on en avait vu des bribes en Master RH, j'avais su que j'écrirais un jour : 

"C'est top la systémie !".... 

je pouffe.


Terrain de jeu systémique
Terrain de jeu systémique


jeudi 4 février 2021

Le sommeil des petits Bébous

Voici un billet commencé il y a... 4 ans (je pouffe)


Le but de ce billet est d'analyser un peu ce qui peut aider un bébé à dormir

Sujet épineux, polémique, même ! Alors je précise tout de suite qu'il s'agit de MON expérience avec MES bébés à moi. D'où il s'ensuit

  • Que ce billet retrace un cheminement pas parfait (je ne suis pas parfaite ! Oh my God ! J'ai fait des grosses bourdes trucs pas optimaux avec mes enfants ! Et j'en ferai d'autres)
    • Le but n'est pas de dire "faites les mêmes erreurs que moi" 
    • le but n'est même pas de dire "ne faites surtout pas les mêmes erreurs que moi", 
    • le but est juste de témoigner d'un chemin possible.
  • Que ce billet ne doit SURTOUT PAS viser à culpabiliser, à dire que faire autrement signifie être une mauvaise mère, ni même à dire à quel point je suis une mère excellente. Ce billet est comme le reste du blog : c'est un retour d'expérience, qui peut ouvrir des perspectives à une lectrice, et ne pas parler du tout à son voisin. 

Il peut inciter à se poser des questions, et le truc cool dans une vraie question, c'est qu'on a le choix de la réponse. 

Donc si ce billet vous incite à vous poser la question de "Et si je testais tel truc qu'a l'air de bien fonctionner chez Gwen ?", c'est cool ! A une seule condition : que vous vous autorisiez à répondre à cette question par OUI... ou par NON. Voire aussi par NON à un moment, et OUI à un autre moment, ou l'inverse, parce que dans la vie, bien peu de questions méritent qu'on ne change jamais de réponse à leur sujet.

Voilà, c'était la petite précaution oratoire.


Pour mémoire, avec nos deux premiers, nous avons été des vernis du sommeil bébéesque

  • F. a fait ses nuits à 6 semaines (alors qu'il était né prématuré d'un mois); 
  • E. a fait sa première nuit à 4 jours de vie (j'ai frôlé l'engorgement, merci), et à 15 jours faisait déjà 1 nuit sur 2 ou 1 nuit sur 3.

Nous pensions qu'il en serait de même avec un numéro 3.

Spoiler : ben non.


Alors, qu'est-ce qui aide un bébé à acquérir le sommeil ?

Rien que cette question sent le soufre.

Car oui, je sais que le sommeil de bébé est un sujet qui divise

  • qu'il existe énormément de points de vue sur le sujet, et que parfois, prétendre vouloir dormir, pour un parent, est taxé de VEO par d'autres parents. (VEO = Violences Educatives Ordinaires pour les intimes; un terme avec lequel je prends certaines distances, puisque du constat extrêmement éclairant et juste du "un tas de choses sont faites aux enfants qui sont socialement complètement acceptées, mais en fait violentes", j'observe et déplore que s'opère souvent une bascule vers le "tout ce que l'adulte fait dans le but de veiller sur lui-même et qui est contraire à la volonté, supposée ou avérée, de l'enfant" )
  • Que la seule réponse donnée à un parent épuisé est parfois "Oh mais le sommeil ne s'acquiert que vers 6 ans" - Débrouille-toi avec ça. 
Je vous le dis tout de suite : je ne suis pas de cette école. Et je le suis encore moins après avoir fait l'expérience de numéro trois et donc du bébé qui ne dort pas. On ne peut pas forcer un bébé à dormir / à dormir seul, en revanche, on peut le favoriser si on le souhaite. L'accent étant sur le "si on le souhaite".

Et franchement, si on le souhaite, ça vaut le coup, ce n'est pas une ignoble manipulation de notre bébé ni le faire aller contre sa nature, mais quelque chose qui peut être bénéfique à tout le monde. J'y reviendrai.


Enseignement numéro 1 :  un tout jeune bébé a une super capacité à dormir selon ses propres besoins, pour peu que rien ne l'en empêche. 

Pour peu....

C'est en tous cas ce qui s'est vérifié pour chacun de mes enfants.

Le premier point à gérer, là dessus, c'est d'assurer le bien-être physique de notre bébé. Sacré paire de manches, puisque ces petits êtres ont le culot de naître sans jauge visible (ce ne sont pas des Siiiiiims) ni écran de bord high-tech signalant un réservoir vide ou une couche pleine. Ils n'ont que leurs pleurs pour communiquer, et ces pleurs ont le don de nous mettre facilement dans tous nos états, brouillant potentiellement encore davantage notre capacité à comprendre notre bébé et ses besoins.

Chez mes bébés à moi, comme chez pas mal d'autres bébés, l'ennemi numéro 1 : les douleurs gastriques de tous ordres. Chez nous, il a fallu donc veiller à 

  • éviter des repas trop rapprochés 
J'en parle dans ce billet sur les bébés à 3 tétées par jour, mais effectivement F. comme E. se sont avérés totalement imperméables à ce qui est généralement présenté sous le nom d'allaitement à la demande. Des tétées trop rapprochées les faisaient hurler de douleur (et se jeter sur le sein pour se soulager, alimentant ainsi un cercle vicieux parfait), pour cause d'estomacs ayant besoin de temps entre chaque repas. Par ailleurs les micro-repas ne leur remplissaient qu'à moitié le bide et renforçaient du coup ce cercle vicieux

Nous avons mis du temps pour le comprendre pour F. mis nous avons décidé de tester, "juste 24h" ce que ça donnerait si nous respections un délai de minimum 3h entre chaque tétée (en continuant à répondre à ses pleurs, hein, mais autrement qu'avec le sein : câlin, promenade, portage, bain,...), tout en le stimulant un peu si il venait à s'endormir au milieu de ce repas (hop, change au milieu, ou guilis sur les pieds). Alors, la radicalité du changement observé sur ces 24h ne nous a pas laissé beaucoup de doutes sur le fait que nous avions mis le doigt sur son vrai besoin, même si celui-ci ne cadrait pas avec la littérature que nous avions lue sur le sujet. Nous avons choisi d'écouter notre fils.

Nous avons suivi le même principe pour E.

Dans les 2 cas, nous avons constaté un effet merveilleux : dès que l'estomac n'était plus perturbé par des tétées trop rapprochées, non seulement la dose de pleurs journalière baissait énormément, mais les tétées s'allongeaient, se faisaient plus nourricières, et donc notre bébé espaçait de lui-même encore davantage ses repas : de 3h entre chaque on passait assez vite à 4, voire plus. Or la capacité à espacer des repas aide bien évidemment puissamment à la capacité à dormir longuement sans interruption. Merci et cœur sur elle.


  • détecter des douleurs pas normales et agir promptement pour y remédier. 

Dans le cas de nos 3 enfants, nous avons eu droit à un RGO (reflux gastro-œsophagien). Quel bonheur ! Le RGO est bien évidemment l'ennemi absolu du bien-être de l'enfant, et donc du sommeil de toute la famille. 

Un bébé RGO a notamment cela de fabuleux qu'on peut en confondre certains symptômes avec ses besoins affectifs de nourrisson tout fraichement éclos : évidemment qu'un bébé tout frais adore dormir au contact de ses parents, et que ça lui est bénéfique. Mais un bébé RGO ne va dormir quasiment que comme ça, en position plutôt verticale, souvent en écharpe, et va se réveiller dès qu'on aura voulu le déposer dans son lit, puisque les acides digestifs seront venus chatouiller son œsophage sitôt remis en position horizontale. Le top. (d'ailleurs quand je vois sur certains groupes FB des mamans parler de leur bébé "BABI", bébé à besoins intenses, je me demande, à la lecture de ce qu'elles décrivent, si sous cette appellation ne se cache pas en fait un bébé qui souffre de maux non détectés. En tous cas ça ressemble).

Nous avons observé ce schéma fooormidaaable pour chacun des 3 Bébous. 

    • Pour F., nous étions novices, nous avons donc mis au moins 15 jours à comprendre le truc. Heureusement notre médecin nous a écoutés, orientés, et nous sommes devenus potes avec le Gaviscon. 
    • E. a bénéficié de sa place de numéro 2 : 48h d'observation des mêmes symptômes m'ont permis de débarquer direct chez le pédiatre en sachant ce que je voulais. 
    • Pour H., même problème, même action, j'étais toute fière en mode "héhé, je gère".

Si ce n'est que : pas du tout. Les sources de douleur d'un nourrisson sont de diverses natures, et pour H., nous avons pu explorer le monde merveilleux de l'intolérance aux protéines de lait de vache. Un autre niveau de douleur physique, et de complexité des solutions pour la soulager.


La leçon que je tire en tous cas de ces 3 maternités c'est que c'est une chance de pouvoir compter sur un entourage et un corps médical informés et à l'écoute

Que de jeunes parents de mon entourage entendent leurs plaintes balayées d'un "Oh mais c'est normal un bébé ça pleure beaucoup", que ce soit en mode vieille école "C'est pour te manipuler / ne le gâte pas / laisse le pleurer ça lui fera les poumons", ou dans sa version plus moderne "C'est normal un bébé ça doit rester collé à son parent H24 pour bien se développer". 

Chacune de ces 2 attitudes peut alors empêcher le parent de percevoir que non, ce n'est pas normal, qu'il y a un problème, et du coup, c'est parti pour des mois de galère avant que finalement, un test de Gaviscon ou d'autre chose n'aboutisse subitement à un bébé apaisé et qui dooooort. 

A noter : les "vieux" du corps médical sous-estiment très souvent les possibilités du RGO, tout simplement parce que celui-ci était moins répandu "dans leur jeune temps" : du temps où on faisait dormir les bébés sur le ventre. C'est une des raisons pour lesquelles un bébé RGO dormira souvent bien mieux sur le ventre...


2. un bébé peut apprendre assez naturellement à dormir dans son lit, si on l'accompagne


Le cododo, parfois, c'est la vie. 

Révélation / Scandale : j'ai failli tuer la nana qui a déboulé dans ma chambre d'hôpital, ma 2è nuit avec H, juste après 2h du matin, alors que ledit minuscule H m'avait tenue éveillée de ses pleurs depuis 22h, tétouillant sans arrêt (ben oui, il avait une montée de lait à stimuler, hein, et il prenait les choses au sérieux), et que du coup c'est finalement en le couchant à côté de moi sur notre lit d'hôpital que nous venions EEEEENFFFFFIIIIIIIN de trouver le sommeil tous les 2. 

"Ah mais non madame ce n'est pas autorisé c'est beaucoup trop dangereux !". Graou. (je l'ai repris dans mon lit dès qu'elle a eu le dos tourné. Nanméoh)

Le cododo, parfois, c'est la vie, mais parfois, ça ne nous correspond pas, ou plus, ou ça nuit à la qualité de notre sommeil à nous, ou à celui du bébé. 

Idem le portage. Qu'est ce que c'est précieux pour satisfaire le besoin de contact de notre bébé tout en faisant fonctionner la maisonnée en même temps ! Mais devoir systématiquement endormir et/ou faire dormir son bébé en écharpe devient vite lourd (au sens propre comme au figuré). 

Avec mes bébés en tous cas, j'ai expérimenté que m'efforcer de les faire dormir, chaque fois que possible, dans leur lit, avait un effet de malade : ils s'habituaient à leur lit comme à un endroit sûr, connu, où on peut dormir tranquillement. Il ne s'agit pas de prétendre qu'on va donner des mauvaises habitudes à son bébé en dormant avec lui au tout début, en l'endormant en écharpe, ou en le faisant plus tard quand c'est nécessaire. Mais en ce qui me concerne j'ai trouvé que veiller à ce que bébé dorme régulièrement dans son lit permettait cet apprivoisement bien utile sur le long terme. Pour E., par exemple, nous avons veillé à la coucher toujours dans son berceau le soir, tout en étant parfaitement open à la reprendre avec nous en cours de nuit si c'était nécessaire.

Apprivoiser son lit en dormant la majorité du temps dedans, c'est ce que F. et E. ont pu faire et c'était cool. 

C'est ce que H. faisait jusqu'à ce que son intolérance se déclare et que le poser devienne impossible pendant une longue période, suffisante pour qu'il désaprenne et ait perdu cette habitude une fois la douleur soulagée.


3. Un bébé peut apprendre à dormir de longs moments, pour peu qu'on respecte son rythme

Les cycles du sommeil d'un bébé sont différents de ceux d'un adulte, et un bébé a besoin d'apprendre à s'endormir mais aussi à enchainer les cycles de sommeil : rester endormi, ou en tous cas qu'un micro-réveil ne vienne pas signaler un vrai réveil.

Là- dessus j'ai trouvé que si l'écharpe et la poussette pouvaient être de vrais copains pour pouvoir faire un max de trucs avec le bébé, faire un max de trucs avec le jeune bébé pouvait être bien agréable et facile sur le coup, mais synonyme d'un bon gros tirage de balle dans le pied pour l'avenir. 

Pour F., puis pour E. j'ai préféré, les 3 premières mois, m'arranger autant que possible pour ne pas avoir  à interrompre leur sommeil, et, si possible, pour que ce sommeil ait lieu chez nous. Ca m'a notamment amenée à refuser de partir en vacances avec eux. Ainsi, l'été qui a suivi chacune de ces deux naissances, nous avons eu un discours clairs vis-à-vis de nos familles : nous ne ferions pas les plusieurs centaines de km qui nous séparent d'eux , mais resterions chez nous, en mode "nous intégrons le nouvel arrivant au calme", car

  • au niveau respect du rythme du bébé, un long trajet, c'est la mort
  • être "chez les autres" ne permet pas cette même attention à ce rythme : c'est par exemple assez délicat de décaler au dernier moment le déjeuner de toute une maisonnée si bébé manifeste soudain l'envie de manger (et qu'il se laisserait distraire si la tétée avait lieu en public), ou de décider au dernier moment que là c'est le bon moment pour lui pour une sortie, pas avant, pas après.

Pour F., comme pour E., nous n'avons assoupli cette discipline qu'une fois leurs 3 mois passés : à 3 mois, ils faisaient leurs nuits, avaient acquis un rythme stable de sommeil et de tétées. Du coup, à la fois, ils toléraient mieux de petites entorses, mais surtout, comme c'était prévisible, c'était plus facile de prévoir plein de trucs mais de manière compatible avec un rythme identifié et stable.

Procéder ainsi pour E. a été facilité par le fait que F. avait à peine 2 ans à sa naissance : un rythme calme de bébé n'était pas encore trop en décalage avec ses besoins de bambin (il faisait encore de grosses siestes par exemple), et, Monsieur Bout étant au chômage à cette époque, nous pouvions au besoin nous séparer pour que l'un aille au parc avec le grand frère pendant que l'autre veillerait sur le sommeil de la petite sœur.


Bref, vraiment, pour F et E., faire attention à ces 3 points avait vraiment été la clé, et avait permis à tout le monde de passer des premiers mois agréables : nous avons pu les observer 

  • réguler peu à peu leur sommeil, 
  • allonger d'eux-mêmes leur plages de dodo sans que nous ayons à intervenir pour cela, 
  • et profiter de l'énergie de ce sommeil réparateur pour se montrer pleins de vie et sereins dans leurs plages d'éveil. 
Nous, parents, reposés à la fois par des nuits plutôt vite bonnes, et par un rythme de journée prévisible, étions à même de bien rester à l'écoute des besoins de nos nourrissons : nous remplissions à fond leurs réservoirs d'amour sur leurs temps d'éveil, et ça permettait un sommeil serein pour tout le monde. Top.

C'est pourquoi... nous n'avons pas suivi tout ceci pour H. : 

  • non seulement nous nous sommes pris l'intolérance aux protéines de lait de vache qui a pulvérisé le point 1, 
  • mais la fatigue et les pleurs liés au point 1 nous ont compliqué la prise en compte du point 2, 
  • et en plus, nous avons complètement zigouillé le point 3 : parents de 2 enfants plus grands, le rythme de bébé est passé un peu derrière pas mal de choses : 
    • les horaires d'école, de sorties, obligeant à trimballer un bébé à droite à gauche; 
    • idem nous n'avons pas souhaité nous/les priver de plein de choses pendant les vacances, et donc, en termes de "rester à la maison", haha, nous sommes partis QUATRE fois durant les 2 mois d'été, vu plein de gens, avec des ruptures de rythme perpétuelles, et avec un max de km ne permettant pas toujours de réaliser les tétées au moment le plus opportun pour H, ni de le câliner autant qu'il aurait fallu. 
    • Hasard, coïncidence ? H., qui manifestait, juste avant le premier de ces départs, de très fortes velléités de faire ses nuits (il en avait même fait 2 complètes, d'affilée, début juillet, espoir espoir), s'est promptement ravisé.

Ouin ouin ouin.


Ce qui nous amène, justement (Admirez la transition !!!), à un 4ème point crucial : la gestion des pleurs.

(vous avez vu le lien, hein. J'ai dit "ouin ouin". A ce niveau de subtilité je m'attends à ce que vous vous prosterniez. Au moins. C'est drôle hein).  

Sur le point de la gestion des pleurs, nous avons pas mal tâtonné.


Nous étions clairs dès le début sur le fait que les pleurs de bébé n'étaient pas d'immondes tentatives pour dominer le monde / manipuler le parent, et signes d'un tempérament dominateur qui nous en ferait voir de belles à l'adolescence si nous ne montrions pas tout de suite qui était le plus fort.

Nous avions lu, et vite vérifié, que certains pleurs peuvent être mal interprétés : typiquement, les pleurs d'un bébé qu'on vient de déposer dans son berceau ne signifient pas forcément qu'il faut à tout prix l'en sortir. 

Ce sont bien souvent des pleurs de transition, "eh, ça change, c'est bizarre", vite remplacés par un soupir de contentement, et un sommeil détendu et réparateur. Ayant assez tôt repéré qu'en réalité parfois nous intervenions trop vite auprès de F., et qu'en fait attendre 1 minute ou 2 lui permettait de terminer tranquillement de s'ajuster à la nouvelle situation, sans lui demander de ressources qu'il n'avait pas, mais justement en lui laissant le temps de les mobiliser, hop, ça ça a été simple, passé les premiers couacs. (je crois que c'est une fois où j'étais bloquée aux WC - confidence glamour bonjour - qui m'a permis de constater vraiment par moi-même que le bébé sur lequel je voulais me jeter pour le sauver de son berceau avait en fait juste besoin d'un délai de 2 minutes pour s'endormir)

Là où nous avons plus tâtonné, c'est sur la gestion des pleurs du soir 

  • Au départ nous avions lu qqch sur le fait qu'ils étaient des décharges émotionnelles.  
Mais du coup, nous avions interprété ça comme le fait que nous n'y pouvions rien : nous croyions donc bien faire en laissant F. pleurer dans son berceau quand c'était l'heure des pleurs du soir (là où, sinon, le reste du temps nous intervenions), et en venant juste régulièrement lui prodiguer quelques caresses. Avec le recul, c'est quelque chose que nous avons beaucoup regretté, car ca n'a probablement pas aidé à la stabilisation affective d'un F. ayant quand même vécu des tout premiers jours sur Terre difficiles, difficulté qui expliquait probablement au moins en partie la vigueur de ces pleurs du soir.

  • Pour E., nous avions déjà un peu évolué : la laisser pleurer longuement à ce moment nous gênait déjà plus.
En même temps, les premiers jours de pleurs du soir, nous avions constaté que si nous calmions ces pleurs en la mettant directement dans le Mei Tai dès leur démarrage vers 18h,  c'était ultra efficace... stop immédiat... si ce n'est que ces mêmes pleurs revenaient alors à 1h du matin, en mode incalmable, et en plus, évidemment à une heure où nous étions beaucoup moins d'attaque pour les gérer (et les voisins, potentiellement moins indulgents). 

Nous avons donc trouvé une solution intermédiaire : lors des pleurs de 18h, la déposer dans son lit pendant 10 minutes, en venant régulièrement la voir, puis au bout de ces 10 minutes de pleurs, hop, Mei Tai. Visiblement ces 10 minutes lui permettaient la décharge dont elle avait besoin, et assuraient une soirée/nuit paisible. Nous n'étions pas encore complètement certains de nous, mais c'était une solution qui fonctionnait faute de mieux, et que nous n'avons pas eue à appliquer fréquemment, E. ayant une période de pleurs du soirs beaucoup plus courte et beaucoup moins systématique que son frère.


Pour H., nous avons commencé tranquillement... Nous avons vite appris à identifier ses petits pleurs d'endormissement et à ne pas venir perturber le process qu'ils signalaient, et les premières semaines ont été cools.

Puis l'intolérance aux PLV s'est manifestée, et avec elle les pleurs ont pris une toute autre dimension. Et nous, ça a été la cata : nous sommes bien logiquement devenus ultra sensibles au moindre pleur puisque celui-ci était potentiellement le signe d'une souffrance physique vicieuse que nous ne savions trop comment combattre. Au pire du pire, H. a ainsi passé 36h d'affilée dans nos bras / le Mei Tai (heureusement que nous étions 2 parents à la maison, à pouvoir nous relayer !). Ayant identifié que la meilleure manière de l'endormir était de faire du step dans l'escalier, nous n'avons plus tenté de l'endormir autrement, puisque ça fonctionnait si bien, et sommes devenus des adeptes de step. (Vraiment top, en combinaison avec l'éviction des PLV, pour retrouver la ligne après la grossesse...cf ce billet si drôle)

Les premiers mois, ça ne nous posait pas trop de problèmes. D'autant qu'une fois l'intolérance aux PLV à peu près sous contrôle, nous observions tout de même quelques progrès dans la manière dont H. gérait son sommeil : des plages de sommeil qui s'allongeaient, par exemple. Seulement 1 réveil par nuit... Nous pouvions voir le processus d'apprentissage du sommeil se faire...

Sauf que nos différents déplacements de l'été sabordaient le truc, et qu'une réintroduction trop précoce des PLV conseillée par la première allergo vue (C'est bizarre mais figurez-vous que j'ai changé d'allergo ensuite) n'a pas aidé non plus.

Et du coup... autour des 4 mois, ces progrès ont disparu et la situation a peu à peu empiré : de plus en plus de temps nécessaire pour endormir bébé, un sommeil de plus en plus fragile (que de réveils sitôt déposé), des nuits de plus en plus hâchées,... avec un cercle vicieux puisque moins H. dormait dans son berceau moins il y dormait : pour Monsieur Bout par exemple, il était plus simple de gérer l'IEF de F., ou ses propres études, avec un bébé endormi contre lui dans le Mei-Tai, que de se risquer à aller le déposer et à le voir se réveiller.


Moralité : 

  • un bébé de plus en plus grognon : que de fois on voyait qu'il était fatigué, mais ne savait comment trouver le sommeil / avait dormi trop peu longtemps avant qu'un micro-réveil ne sonne la fin prématurée d'une pause régénératrice.
  • des parents de plus en plus fatigués et grognons
  • des grands frères et sœurs trouvant ça vraiment pesant (y compris nos exclamations "chuuttttttt bon sang il dooooooort / dormaaaaait") d'autant que les parents fatigués n'étaient évidemment pas au mieux de leur forme pour passer du temps de qualité avec eux, ni ... pour puiser dans la caisse à outils du parent positif.


Une nuit, vers 6 mois, j'ai soudain réalisé que je n'étais plus prête à allaiter H. la nuit

Et quelques jours plus tard, j'ai investi dans le bouquin "Pleurs et colères des enfants et des bébés" d'Aletha Solter (yes, celle qui a aussi écrit l'excellent "Développer le lien parent-enfant par le jeu", dont je vous ai dit le plus grand bien).


Mais ces 2 points, je vous les raconterai ... dans un autre billet, celui-là est déjà largement assez long.

(ouais c'est moche)

mardi 26 janvier 2021

J'ai testé pour vous : la box de vêtements Lookiero

Vous noterez l'hypocrisie du titre : genre c'est pour vous que j'ai testé. 

Je me suis immolée pour vous permettre de découvrir le chemin vers le Style et donc, un peu, la Véritude.

En réalité : 

  • point 1: j'avais pris plus de 30 kg pendant la grossesse de H., et j'avais eu largement le temps, quand je les trimballais péniblement d'un point A à un point B (pas trop loin le point B pitiéééé), de me demander si ils repartiraient un jour, tous.
  • point 2 : H. étant intolérant aux protéines de lait de vache passant dans mon lait, il a réussi le tour de force de me mettre au régime. J'ai fait 3 mois complets sans beurre avant d'avoir droit de le réintroduire ; et pour le moment le fromage et tous les autres produits laitiers ne figurent, dans mon alimentation, qu'à l'état de fantasme. Ce qui est assez efficace niveau dégommage de calories.


C'est donc pour célébrer la récupération de mon corps (de rêve. On ne rit pas !) que j'ai succombé au mal absolu. 

Après 2-3 ans à ne m'être acheté que très peu de vêtements, et quasiment aucun vêtement neuf (j'ai fait dans le seconde main / vide dressing des copines), j'ai acheté du neuf, pas français, bref : le mal, je vous dis! 

Ce billet n'est donc pas un billet ZD, c'est un billet de la nana qui se réapproprie son corps et qui a eu envie d'un petit relooking, de se voir autrement, d'un rafraichissement de sa garde-robe, et ce d'une manière compatible avec le fait que les virées shopping ne font absolument plus partie de son quotidien, ni même de ses souhaits.

Quand j'ai commencé à redescendre dans les tailles de pantalon portées (42 grossesse ultra distendu ; 40 grossesse ; 40 pas grossesse ; 38 pas grossesse tout détendu), j'ai commencé à loucher sur les pubs que Facebook me mettait honteusement sous le nez, et quand 

  • 1. notre compte bancaire s'est enfin rempli suite au racket de la Sécu + au paiement de certains clients et 
  • 2. j'ai enfin enfilé un 38 pas grossesse pas détendu, entendu 4 "ah mais t'as vachement perdu c'est fou" en 24h, et réalisé que c'était le seul pantalon de cette catégorie qu'il me restait, 

j'ai cliqué sur une pub Lookiero. (pourquoi eux et pas une autre ? car ils ne sont pas les seuls à proposer ce système. Ben un peu au pif et beaucoup parce que eux ça fait un bail qu'ils le font, et qu'une copine avait déjà testé donc j'avais plutôt confiance)


Le principe de Lookiero

  • on s'inscrit et on remplit un profil très détaillé sur notre morphologie, notre style, ce qu'on aime, ce qu'on veut (ou ne veut pas), y compris le contexte (fringues pour le boulot, pour la maison, pour des occasions...). Pour les aider à nous cerner niveau budget, on doit notamment choisir entre 3 fourchettes de prix pour répondre à la question "combien mettez vous généralement pour une robe".
  • une personal shopper (trop la clâââsssss) lit tout ça et nous envoie 5 pièces correspondant généralement à 2 tenues dans un charmant carton
  • on essaie chez soi, et on renvoie ce qui ne nous plaît pas dans l'enveloppe prépayée contenue dans notre colis. Ce qu'on garde est alors débité de notre carte bancaire. Si on garde tout, on a moins 25% sur la totalité de la box, ce qui est assez incitatif.
  • c'est sans abonnement : on peut dire "envoyez moi une box tous les 1-2-3 mois" mais ce n'est pas obligatoire, et on peut changer d'avis à tout moment (parce qu'en fait ça ne joue pas sur les tarifs, il n'y pas de ristourne du style "si vous vous engagez pour 3 colis, -30%")


Mon expérience 

(je précise que ce billet n'est pas sponsorisé ou quoi que ce soit)

J'ai succombé début décembre

  • J'ai adoré remplir mon profil, ça a aussi contribué à me mettre dans une humeur "fille", ludique. Je ne dirais pas "vamp", mais en tous cas j'étais en mode "je prends soin de moi" et ça faisait du bien!
  • Ensuite, j'ai adoré attendre mon colis, je me suis sentie comme une gamine attendant le Père Noël, le suspense était à son comble.

On est livré chez soi et donc en rentrant d'un RDV pro mon colis m'attendait (j'avais eu le SMS comme quoi il arrivait ce jour là donc autant dire que je piaffais), il était boooo et bien emballé.

Le contenu : ca m'a déstabilisée

  • un jean très skinny; je n'en avais jamais porté. 
    • J'ai commencé par être pas contente, et Monsieur Bout était perturbé / pas super enthousiaste car chamboulé dans ses habitudes. Puis en me reregardant dans le miroir j'ai observé à quel point on voyait bien que mes kg de grossesse étaient partis en vacances sans moi, et ... 
    • ben en fait depuis qu'il est là je ne porte quasiment plus que lui. Il était parfaitement taillé pour moi (alors que j'ai souvent du mal à trouver des pantalons adaptés à ma morphologie), hyper confortable, m'a valu un paquet de compliments, et je ne l'aurais jamais, jamais essayé dans un magasin. Ou reposé direct.
  • un petit pull vert pâle : impeccable ! Celui-ci était à fond dans mes goûts, pas une seconde d'hésitation
  • un chemisier à motifs : différent de ce que j'aurais acheté, idem réaction un peu interloquée, puis ... oui ben il allait très bien avec le jean franchement ! 
    • Puis j'ai réalisé qu'il était en 100% viscose ce qui ne respectait pas ce que j'avais mentionné clairement dans mon profil : je ne voulais que des matières naturelles, surtout en haut. Cette non-prise en compte m'a un peu frustrée, mais bon, en même temps, ça m'a permis d'être raisonnable. 
    • Par ailleurs voir cette chemise m'a rappelé que j'en avais une d'un style un peu voisin quelque part (récup d'une copine), et je suis allée la rechercher au fin fond de mon placard, là où toute seule je n'aurais pas pensé à la conjuguer avec mon nouveau jean. Héhé.
  • une jupe à volants, un peu bohème, mi-mollet. Très à la mode mais je n'ai pas aimé du tout. Bon, ils avaient pris en compte le fait que j'avais spécifié que je ne voulais pas de jupe trop courte, mais à l'arrivée, j'ai trouvé que celle-ci faisait très mémé sur moi. Ratééééé
  • un gilet fin gris. Joli et doux. Mais en le mettant j'ai réalisé que j'avais déjà assez de gilets dans ces coloris / styles, donc j'ai un peu hésité avant de choisir d'être raisonnable.

J'ai donc gardé 2 vêtements sur 5, ce qui m'a coûté environ 80€, et renvoyé le reste. 

Renvoi hyper facile.  On met les vêtements dans l'enveloppe pré-affranchie et on dépose ça dans un Relais. 

Quand on renvoie, on doit remplir (en ligne) un petit questionnaire de retour sur chaque article pour dire ce qui nous a plu ou pas dedans... (ce qui va aider à aiguiller notre personal shopper en cas de nouvelle commande).

Et du coup, ma réaction à réception plus l'écriture du feedback de renvoi m'ont permis de réaliser avec plus de clarté ce dont j'avais envie.

Alors, hop...

Dès la fin décembre, j'ai relancé une commande.

  • Là encore, effet "lettre au père noël", puis "attente du père noël" très agréable
  • et là encore, arrivée du colis : déstabilisant.

Sur le coup, j'ai été même franchement déçue; dans ma 2ème demande j'avais réaffirmé mon aversion systématique pour les matières non naturelles en haut, et ça a été écouté cette fois, mais aussi très explicitement demandé "de la couleur pour mettre du peps dans ma garde robe" et j'ai eu

  • un jean skinny vert.... mais vert très foncé. Pour la couleur on repassera.
  • un pantalon bleu marine ample plutôt élégant; lui m'a perturbée. J'ai hésité. Il répondait aussi à un des desiderata annexes exprimé pour cette 2eme commande : "qqch avec une ceinture" et c'est par le biais d'un essayage What's App avec une copine que je l'ai finalement apprivoisé. Et mis derechef pour un RDV pro.
  • un petit haut blanc avec empiècements de dentelle : lui répondait à une demande explicite de ma part; je me suis rappelée que j'avais adoré un "haut avec dentelle" essayé qq part il y a... 3 ou 4 ans (mais BEAUCOUP trop cher) et donc je me suis dit que j'allais missionner Lookiero pour me trouver qqch de ce style. Ils ont donc très bien répondu à la demande, si ce n'est qu'à l'arrivée ce qu'ils m'ont trouvé ne m'a pas plu plus que ça. En tous cas pas au point de le payer.
  • un pull vert kaki : argh. Idem, bonjour la couleur... et la forme était confortable mais un peu ample... Raté pour le côté "je me réapproprie mon corps / je me sens séduisante".
  • un gilet court à grosse maille bleue. Forme très à la mode mais Monsieur Bout et moi avons eu le même verdict impitoyable : on dirait un gilet de mémé.

En synthèse 

  • L'aspect logistique, père noël, etc, est super bien géré, fluide, et très agréable
  • c'est peu risqué car pas d'obligation d'achat. A savoir : 
    • les frais de Personal Shopper sont de 10€, ils sont déduits des achats, ce qui signifie que dès qu'on garde un article du colis, hop, ils disparaissent. Mais que si on prend 0 article car rien ne nous plaît, les 10 € sont pour notre pomme. 
    • Sauf, justement, lors du premier achat car il y a toujours un code promo "spécial première commande" qui permet de faire sauter ces 10 euros là.
  • il est important de prendre le temps de spécifier ses souhaits... tout en sachant que parfois on se demande si c'est écouté..., et ça, ça peut être franchement frustrant !
  • La qualité est OK, il y a de tout niveau provenance : des marques connues et d'autres non, des pantalons en coton équitable bio, et des machins produits en Chine;
  • L'aspect vraiment chouette à mes yeux : ça peut vraiment permettre de découvrir des nouveaux trucs, tranquillement chez soi, qu'on a donc plus le temps d'apprivoiser que dans une cabine d'essayage. 
    • On a 5 jours pour faire son choix, donc par exemple j''ai essayé 3 fois certains articles de ma 2ème commande avant de me décider : le soir en la recevant, le lendemain matin à la lumière du jour, et le jour suivant. Ca évite à la fois de se décider à la va-vite pour un vêtement qu'on va regretter derrière, ou de rejeter à la va-vite aussi quelque chose d'un peu inhabituel
    • il faut compter avec l'effet de surprise : on n'est pas forcément ravie au déballage ! (et on a le droit de le rester après d'ailleurs) Le jean skinny de la première commande et le pantalon ample de la 2ème sont clairement des machins qui m'ont interloquée au départ ... et je suis ravie de les avoir à présent!


Tout ça pour dire qu'à l'arrivée, je ne suis pas "over enthousiaste" du concept, mais quand même plutôt contente, car j'ai pu me faire plaisir et découvrir de nouvelles choses d'une manière à ma portée de fille surbookée avec des mômes, un boulot, et l'envie de quand même se voir sous un jour différent.

Bon, voilà, j'attends qu'ils aient réceptionné mon retour du 2ème colis pour lancer la commande d'un 3ème (oups).

Car dans la série "ils écoutent pas toujours ce qu'on leur dit", le 2ème colis ne contenait hélas aucune jupe et j'aimerais bien explorer ça. Et puis comme j'ai bien réinsisté sur l'histoire des couleurs dans mon feedback de retour, je suis curieuse de voir ce qu'ils vont pouvoir me pondre ...

Bref, y a pas de hasard : je suis un peu accro au concept, et je peux faire le rapprochement avec ma passion pour TooGoodToGo : j'ai bien peur de beaucoup aimer les surprises.

Par ailleurs je vous avoue que je lorgne aussi sur certains de leurs concurrents. Je testerais bien "La Malle Française" par exemple, mais la gamme de prix est supérieure... Des retours parmi vous, peut-être ? ;-)