PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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dimanche 11 novembre 2018

Bloguiversaire n°3 : and ze ouinerz are ...

J'ai réussi ! J'ai réussi ! J'ai REUSSI à procéder au tirage au sort !
Pour Mag ;-)
En planifiant le concours j'avais oublié un détail : c'est que ce weekend nous n'étions pas parents de 2 mais de 5 enfants. Ce qui a évidemment un léger impact sur l'organisation / le déroulé dudit weekend, et, par exemple, sur la masse de temps libre à notre disposition.

A cœur vaillant, rien d'impossible ! J'ai procédé au tirage au sort pendant un petit moment tranquille dans l'aire de jeux d'intérieur où nous avons passé la journée du samedi, accompagnés de notre marmaille.
Cette improvisation a permis un tirage au sort en mode ultra ZD : faute d'avoir emporté quoi que ce soit en anticipation, je me suis retrouvée à réutiliser des tickets de CB égarés dans mon Bullet Journal pour fabriquer mes petits papiers. CLAP CLAP. (où est mon Prix Nobel)






TADADADADADAAAAAAM

Bon, déjà, le suspense était à son comble pour les lots numéro 1 et 2....
étant donné qu'on se retrouvait dans un cas qui n'était pas sans présenter de vagues similitudes avec les élections organisées dans certains endroits du globe et/ou à certains moments de notre Histoire : un seul candidat ;-)

Ce qui nous donne donc, à la surprise générale
  • Lot 1 "Les petites filles modèles" = Lina
  • Lot 2 "Oui-Oui" X 2 = Vanou

Pour les feutres Posca, j'ai du sacrifier l'équivalent d'un ticket de CB et demie (!) pour noter les noms des aspirantes gagnantes. Un lot presque aussi disputé qu'un titre de Miss France ! Je le comprends bien, hein, ces feutres, même glissés dans des mains aussi douées que les miennes, permettent de produire des trucs vachement sympas.

Il n'y a cependant qu'une seule gagnante, et je sollicite le fair-play des autres participantes : mesdames, abstenez-vous de cribler la poupée vaudou à l'effigie de la gagnante de (trop de) épingles…

  • Lot 3 "feutres Posca" = Cannelle 

Les cadeaux Jemako proposés par Evelyne en ont également tenté plus d'une.
Qui va donc pouvoir voleter dans sa maison, arborant fièrement son trophée ?

  • Lot 4 "chiffon vaisselle" = Larissa
  • Lot 5 "petit chiffon pro" = Claire-Emmanuelle
  • Lot 6 "chiffon duo jaune" = Isabelle 
Quant aux autres, hein, vous avez encore quinze jours pour craquer sur le code promo créé à notre/votre intention par Evelyne…


Merci en tous cas à toutes pour votre contribution à ce concours et à ce blog, visiblement vous vous marrez à lire mes billets (et vous avez particulièrement apprécié celui sur les Sims ; peut-être devrais-je réfléchir à un parallèle pourri à faire avec le seul autre jeu PC que j'aie pratiqué intensément : Age of Empires ? Ou pas. Mais bon, je trouverai de toute manière d'autres parallèles pourris à faire, n'ayons crainte), et moi, je me réjouis toujours de vous lire en retour !
Dans l'année qui vient, nous parlerons donc, sans surprise, de parentalité positive, d'IEF, de ratés, d'amoooour, de vie pro, de bouffe (toujours, avec moi), et de mille autres choses, et puis, surtout, je vous détaillerai à loisir les plans que je fais et ensuite, je vous raconterai comment tout se passe différemment.
Je compte bien continuer à vous solliciter de temps à autre, et notamment, dans pas longtemps, je vous demanderai de m'aider dans les affres existentielles dans lesquelles je suis en ce moment plongée (Tindiiiiiiiin. Tension insoutenable)

Je laisse aux heureuses gagnantes le soin de m'envoyer bien vite leur adresse postale ainsi qu'une bouteille du champagne qu'elles auront, nul doute, sabré en réalisant qu'elles s'étaient si subitement rapprochées du milliard ce soir, et je vous embrasse bien cordialement, veuillez agréer, Madame, reMadame, l'expression de mon sentiment le plus cher, avec mes salutations les plus respectueuses et bien à vous !


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lundi 5 novembre 2018

Être une mauvaise mère

Un petit billet que je veux vous écrire depuis longtemps.
Je m'adresse aux presque 3 milliards de mauvaises mères (passées, présentes ou à venir) que compte notre planète, et aussi, car c'est le même topo, aux presque 3 milliards de mauvais pères.




1. Je suis une mauvaise mère aux yeux des autres


Etre parent nous expose à de nombreuses remarques de notre entourage. Proche ou lointain d'ailleurs! Du jour où l'on devient parent, c'est comme si nous tombions dans le domaine public : 
  • le ventre de la femme enceinte devient accessible à toutes les mains, 
  • notre nombre d'enfants, leur cadence de production, etc, suscitent tant d'opinions qu'on en viendrait presque à en faire un sujet de référendum, 
  • et alors, que dire des comportements de notre progéniture, et de nos manières de gérer ceux-ci! 
Tout le monde y va de son grain de sel, commente, et sait très bien pointer ce que nous faisons/ferions soi-disant de "mal".
J'en parlais récemment en courrier des lecteurs : si on pouvait récupérer 1€ à chaque fois qu'on a une remarque sur l'éducation que nous donnons à nos enfants, ce serait probablement bien plus rémunérateur que les allocations familiales (surtout qu'en plus, les remarques on y a droit dès le premier enfant, voire même avant…)


Ces remarques sont vraiment un des aspects les plus chouettes de la vie de parent (saurez-vous trouver l'ironie dans cette phrase ?)
Elles réussissent à combiner
  • effet dévastateur sur la confiance en soi, en son enfant, en ses orientations éducatives : sentiment de mauvaise-mèritude et d'échec
  • avec un investissement minime : un jugement qui se fait sur la foi d'une observation invariablement très limitée
= sur la base d'un échantillon d'une situation, d'un comportement, on va catégoriser le style d'éducation, et évaluer la personne qui le dispense.

Et voilà comment on se retrouve mauvaise mère aux yeux d'un autre.

Pourtant c'est oublier que
  • aucun comportement de notre enfant ne peut faire de nous une mauvaise mère : nos enfants ne sont pas téléguidés bon sang ! Gros mots, tapes, refus de coopérer, colères ? Tout cela peut arriver, sans être produit par notre éducation.
  • si notre réaction à nous, face à ce comportement, peut être, euh… "pas top", il s'agit de prendre en compte deux aspects
    • distinguer quelle serait la bonne manière d'agir en théorie n'est pas toujours facile : il faut connaître la théorie !
      • l'immense majorité des parents a à cœur le bien de ses enfants; c'est pour cela notamment que j'ai du mal avec le terme "éducation bienveillante" et que je préfère "parentalité positive" : 99,9% des parents sont remplis d'intentions bienveillantes
      • là où ça pêche ce n'est pas dans le fait de vouloir le bien, mais dans le manque d'informations sur les manières d'y contribuer
        • concernant les besoins des enfants : nan un écran ne remplace pas le besoin de dialogue ; oui un enfant de 2 ans qui tape a besoin qu'on lui montre comment rentrer en contact autrement
        • concernant les impacts de la manière de communiquer avec nos enfants
    • et, une fois qu'on a les informations, eh bien, c'est que le passage de la théorie à la pratique n'est pas facile
      • pas d'écran ? Oui mais franchement quand on est crevés…. Et paf, hop, on voit un enfant de 3 ans sur un écran 10 minutes, et on fronce les sourcils… ("aaaah ces parents démissionnaires qui utilisent la télé comme babysitter !") Mais ces 10 minutes dont nous sommes témoins sont elles représentatives des XXX minutes du mois qui se passent en dehors de notre vue ?
      • Bien communiquer ? Ne pas humilier, ne pas généraliser, ne pas menacer ? Pareil : fatigué, sous stress, on peut se retrouver à ne pas réussir à employer des alternatives plus respectueuses de la relation à notre enfant; en dépit de nos meilleures intentions.

C'est quelque chose que j'annonce clairement au début des ateliers de parents que j'anime, histoire de détendre un peu tout le monde : je préviens que chez moi aussi, il y a des moments où, si on me croise dans la rue et qu'on m'entend interagir avec mes enfants, la première réaction n'est pas forcément 
"Ouh cette nana elle tient sûrement un blog dont un des thèmes principaux est la parentalité positive, sa bibliothèque est remplie d'ouvrages sur le sujet, et même, elle est animatrice Faber et Mazlish : ça se sent !" 


Alors certes, en effet, dans le cas contraire, parfois, en voyant agir un parent, il m'arrive de reconnaître une marque de fabrique, une attitude, ou en tous cas j'ai de forts soupçons: "Hum, ça sent le Faber et Mazlish". Ca me toujours fait sourire, voire c'est le prélude à une prise de contact / discussion très sympa.

Mais l'inverse n'est pas vrai:
  • quel que soit le comportement d'un enfant
  • quel que soit le comportement d'un parent
ce n'est en rien représentatif de leur éventuelle manière d'agir à d'autres moments.

Admettre cela n'a pas été facile pour moi. Car j'ai connu une époque bénie très F&M, très fluide, où je réussissais à utiliser assez fidèlement les outils, de manière assez naturelle, et donc je m'écartais assez peu, et assez peu fréquemment, de ce que je souhaitais pour mes enfants.
Youpi.
Puis vint le déménagement, et ce fut une autre histoire, avec des écarts incomparablement plus fréquents, et plus grands.


Ce fut très dur à vivre ! Ca l'est encore, car cela a laissé des traces, aussi bien chez les parents que chez les enfants.
Mais cela a aussi eu un effet collatéral non négligeable : me prendre ces épisodes en pleine figure m'a rendue beaucoup plus compréhensive et bienveillante
moins de bienveillance envers mon enfant m'a rendue plus bienveillante envers les parents


Car j'ai pu expérimenter à loisir (et j'expérimente encore régulièrement) ce qui se passe dans une mauvaise mère en pleine crise de mauvaise-méritude
C'est comme chez Jane Nelsen : un enfant qui se conduit mal est un enfant qui se sent mal ? Oui ! Eh bien : même tabac pour sa mère.

une maman en train de réagir à côté de la plaque est une maman qui se sent mal.

Elle stresse, elle est sous pression
  • une pression immédiate 'on est en retard bon sang'
  • une pression à plus long terme (que va devenir mon enfaaaant, un délinquant c'est sûûûr),
  • à quoi s'ajoute la pression du regard des autres, de notre regard

réaliser qu' "être une mauvaise mère" arrive à tout le monde (puisque cela m'arrive à moi) m'a aidée à être plus bienveillante envers les autres : ce n'est pas une mauvaise mère que j'ai en face de moi, mais une mère en difficulté
Cette douloureuse prise de conscience a influencé ma manière d'agir, aussi :
  • est-ce que ça m'aide, dans les moments où je pers les pédales, de me faire fusiller du regard ? Pas tellement.
  • Est ce que ça m'aiderait que quelqu'un vienne me dire "Vous savez, j'ai un très bon bouquin à vous prêter qui dit qu'il faut pas faire comme ça du tout" (mais je l'ai luuuuu ton bouquin bordel !)
Je m'en abstiens donc
  • en revanche, un "C'est dur, hein" complice / compatissant / empathique… 

La base de Faber et Mazlish, c'est l'accueil des sentiments, eh bien, là aussi, il s'agit de revenir aux bases : plutôt que de juger sur l'acte, accueillir les sentiments de la maman, qui en a bien besoin aussi. Une manière de faire qui, d'ailleurs, a permis, parfois, des conversations bien plus ouvertes que si j'étais arrivée en mode "Eh faut pas faire ça". 
Eh oui : l'accueil des sentiments, chez l'enfant comme chez le parent, a d'abord pour effet de faire baisser cette fichue pression dont nous parlions il y a quelques paragraphes. Et une fois que la pression est redescendue, le parent comme l'enfant regagne en capacité à mobiliser ses propres ressources pour régler son problème, y compris sa capacité à envisager de nouvelles manières de faire.



Ce cheminement m'a aidée à considérer les autres autrement, il m'aide également à me voir autrement, ce qui est très précieux.


2. Car je suis une mauvaise mère à mes propres yeux


Le truc terrible en situation de crise, c'est qu'il s'agit d'un cercle vicieux. 
Je le vois bien, quand nous filons du mauvais coton, et que j'ai le sentiment de ne rien maîtriser (ni le comportement de mon rejeton, ni mon comportement à moi) : j'ai d'autant plus de mal à rectifier ma manière d'agir que je me condamne moi-même à ce moment. Je ne fais pas ce qu'il faut, je suis MAUVAISE. 
Cette culpabilité, instantanée, est paralysante : elle ne fait qu'augmenter la pression et donc diminuer ma capacité à prendre du recul pour sortir d'une logique de rapport de forces. Ce regard négatif que je porte sur moi-même contribue donc à m'enfoncer. C'est la joie !
Or j'ai repéré un truc qui renforce encore ce si chouette phénomène de culpabilisation paralysante : en situation je me vois avec le regard que je porterais moi-même sur quelqu'un que j'observerais dans cette situation.
Exemple : si je hurle sur mon gamin, je vais avoir dans la tête de petits nains (vous savez, des cousins de ceux-là) qui vont me susurrer à l'oreille tout ce que moi-même je me suis dit la dernière fois que j'ai vu une mère beugler ainsi sur son enfant. ("Ooooooouh elle devrait paaaas faire çaaaaaaa, c'est paaaaaas biiiiieeeen")

Depuis que je suis plus indulgente avec la mauvaise-mèritude des autres mères, je suis aussi beaucoup plus indulgente avec moi-même : maintenant que j'arrive à voir, dans la mère au comportement pas top, la mère en difficulté, j'arrive à faire de même avec moi-même, et donc je réussis plus facilement à prendre soin de moi, à prendre du recul : je passe d'un "Argh je gère pas du tout bien je suis nuuuuulle" à un "Ouh là c'est difficile pour moi là, que puis-je faire pour me sentir mieux" voire même juste un "Ouh là c'est difficile pour moi, je vais limiter la casse, m'occuper un peu de moi, et demain on verra comment faire mieux".
Je m'applique donc à moi-même la réaction empathique que j'ai peu à peu apprise en point 1.

Petit ajout cependant : bien entendu, (dites-moi si votre expérience est différente mais ce serait trop beau), il est très rare, pour les mauvaises mères que nous sommes, de recevoir cette réaction empathique.
Alors, un autre truc qui m'aide à adoucir mes moments "mauvaise mère" (qu'ils soient réels : je suis en train de me comporter d'une manière en contradiction avec ce que je voudrais vraiment faire ; ou supposés : je suis en train de me comporter d'une manière en contradiction avec ce que mon interlocuteur estimerait adapté), c'est de me rappeler une réalisation qui a changé pas mal de choses pour moi. 
Quand quelqu'un fait une remarque un peu (beaucoup) accusatrice, je n'ai pas besoin de la reprendre à mon compte. Cette remarque ne me concerne pas : les gens ne me parlent pas de moi, ils me parlent d'eux. Ce qui ressemble fichtrement à une attaque de ma personne n'est en fait que l'expression détournée des peurs personnelles de mon interlocuteur. 
Je me souviens ainsi de remarques que j'avais récoltées au sujet du rythme à 3 repas par jour de mes bébés, en mode "Tu sous-nourris tes enfants"... Ce n'est que plus tard que j'ai réalisé que ça voulait juste dire "J'ai peur de ne pas nourrir assez mes enfants".

"Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous... Ah ! Incensé, qui crois que je ne suis pas toi." 
écrivait déjà Victor Hugo (préface des Contemplations).
Eh bien là, c'est dans l'autre sens.

Là encore, depuis que j'ai cette clé de compréhension, j'arrive mieux à réagir : au lieu de prendre la mouche et/ou de ruminer ce que je viens de me prendre en pleine poire, de nouveau, j'accueille et reflète les sentiments "Oui, c'est vrai qu'en tant que maman on est souvent inquiète de savoir si on nourrit assez nos enfants"... et la discussion prend alors un tour assez différent puisque mon interlocuteur se retrouve avec un espace pour parler de lui, de ce qui l'anime, sans avoir besoin de le faire en m'accusant / me dénigrant moi.
(je précise toutefois, hein, que ma capacité à prendre du recul et agir ainsi peut varier en fonction de mon humeur, mon état de fatigue, l'intérêt que je porte au maintien de bonnes relations avec mon interlocuteur, etc. Parce que parfois mon empathie est à quelques kilomètres, et mon envie d'envoyer ch***, elle : à portée de main)


Cette manière d'adouci est cependant bien précieuse, parce que j'en ai bien besoin.
En effet, non seulement je suis une mauvaise mère aux yeux de mes voisins, non seulement je suis une mauvaise mère à mes yeux à moi, mais aussi


3. Je suis une mauvaise mère aux yeux de mes enfants



Je suis un parent faillible. Je fais des boulettes, consciemment ou pas.
Pourtant, comme tout parent, je voudrais tellement, tellement pouvoir me dire que je n'aurai pas nui à mon enfant. Le web fourmille de vidéos flippantes m'alertant sur les conséquences possibles de mon comportement sur le développement émotionnel / cérébral de mon enfant, et vraiment, vraiment, je veux éviter tout çaaaaaaa.
Et ce n'est pas possible. L'infaillibilité parentale n'existe pas.
Chacun de mes enfants aura des reproches à me faire : je peux à tout moment m'efforcer de faire de mon mieux, mais je ne peux pas faire à tout moment ce qui est le mieux pour lui
Je suis limitée, je dispense et dispenserai donc toujours une éducation limitée; limitée par les informations dont je dispose, limitée par ma capacité à agir en fonction de ces informations.

Que c'est un point difficile à admettre !

En ce qui me concerne, j'ai réalisé que c'était d'autant plus difficile à admettre que l'on se débat soi-même avec des sentiments de rancœur envers nos parents. C'est pourquoi, chez moi, mettre les choses au clair dans ma tête et dans mon cœur m'aide sur ce plan là. 
Il s'agit à la fois
  • d'admettre (comme pour les histoires d'assiettes à terminer) que mes parents ont pu me blesser et que j'ai le droit de leur en vouloir pour cela, 
  • et de les regarder avec un regard bienveillant de nana-qui-elle-aussi-blesse-ses-enfants-sans-le-vouloir-donc-sait-à-quel-point-c'est-dur-d'être-(ou plutôt, de ne pas être)-le-parent-qu'on-voudrait-être.
De la même manière qu'arrêter de regarder les autres en les jugeant m'a permis de moins me juger quand je rate, arrêter de juger mes parents me permet de moins craindre le jugement de mes enfants : on peut reconnaître sa propre blessure sans pour autant condamner celui qui a blessé ni l'enfermer dans ce rôle. J'espère que ce sera une des choses que mes enfants apprendront, de moi, de la vie.


En conclusion, oui, vouloir être une bonne mère m'oblige à accepter que c'est un horizon, un chemin, mais pas un Graal que j'atteindrai.
Être parent est un travail ingrat
  • Je ne peux pas demander à la société de reconnaître mon travail.
Au contraire, celle-ci nous jugera toujours. J'en parlais tout récemment à une copine qui disait qu'elle voyait comment leurs choix éducatifs portaient du fruit au sein de leur famille, mais qu'il était horripilant de réaliser que leur famille élargie ne voyait pas cela, et les jugeait sur d'autres points : les critères de 'bonne éducation' ne sont pas les mêmes.
Espérer que la société nous reconnaisse peut même être dangereux. Non, nous n'avons pas vocation à "prouver" que nous éduquons bien. Et même : il m'est arrivé il y a quelques temps de réaliser qu'on jugeait Faber et Mazlish / leur "efficacité" à un comportement de mes enfants. J'ai flippé : nan, mes enfants sont autre chose que des échantillons-produits F&M. Ce sont des personnes avec leurs forces et leurs faiblesses, F&M m'aident à développer les premières, et à gérer les secondes, mais F. et E., du haut de leurs 5 et 3 ans, demeurent à la fois libres de leurs choix, et prisonniers de leurs émotions : chacun de leur comportement n'est pas attribuable à l'une ou l'autre approche éducative.
La phrase précédente est aussi valable, mot pour mot, pour moi leur mère : je ne suis pas une démonstration F&M ambulante, je suis moi aussi libre de mes choix (qui dans l'instant peuvent être loin de ce qui serait préconisé en parentalité positive), et prisonnière de mes émotions, donc chacun de mes comportements n'est pas attribuable à F&M.
  • Je ne dois pas non plus demander à mon enfant de me donner cette reconnaissance
Ce n'est pas à lui de venir me donner l'absolution : oui, il a le droit, et oui, il l'utilisera, ce droit, de m'en vouloir de tel ou tel comportement, erreur éducative, etc.



La seule reconnaissance que je puisse avoir en tant que parent, c'est la mienne, et, comme j'ai la chance d'élever mes enfants à deux, celle de Monsieur Bout : se regarder avec bienveillance. Un parent qui patine mais ne cesse de vouloir avancer.

Alors cher papa, chère maman, si vous éduquez à deux, allez vite dire à votre conjoint tout le bien que vous pensez des efforts qu'il fait au quotidien pour relever avec vous ce défi énorme qu'est l'éducation d'êtres humains; et demandez-lui de faire de même pour vous (au besoin, en lui faisant lire ces lignes)
Et si vous éduquez seul(e), voyez si un bon copain / copine peut le faire pour vous, sinon, dites-vous que je suis en train de vous le dire, à vous, et allez vous le dire pour moi dans un miroir.


Oui, incontestablement, on est tous une / la mauvaise mère de / pour quelqu'un.
Mais ne soyons pas notre propre mauvaise mère.

samedi 27 octobre 2018

[CONCOURS ! ] 3 ans du blog

Encore une année bloguesque qui s'écoule !
Pas mal perturbée par
  • les remous post déménagement de Strasbourg en IDF, que ce soit en général ou plus particulièrement, l'impact très fort qu'il a eu sur F. et notamment tout ce que nous avons pu découvrir sur cette fichue angoisse de séparation.
  • les nouvelles orientations pro de la Gwen, qui se sont traduites par une quantité de temps assez limitée à consacrée au blog.

Du coup, division par 2 du nombre de billets produits, mes actions s'effondrent : 76 billets seulement cette année ! Ah ma bonne dame !
Meuh non voyons, c'est parce que je fais encore plus dans la qualité…

Heureusement, 
  • cela n'a pas empêché de nombreuses personnes de venir se perdre par ici, certains par des chemins balisés, d'autres par des chemins de traverse, et d'autres encore, par des voies assez mystérieuses : (récemment, dans la série des mots-clés tapés pour arriver au blog, j'ai eu la surprise de constater plusieurs connexions arrivant suite à la recherche "compétences dame pipi". J'avoue être restée perplexe.
  • L'année n'a pas non plus été exempte de rencontres bloguesques, et ces passages du virtuel vers la vraie vie me remplissent toujours de joie. Autre source de joie, Coralie, du blog les 6 doigts de la main, que j'avais rencontrée il y a plus d'un an mais avec qui "se voir en vrai" était très légèrement compliqué par sa localisation de l'autre côté du globe, est rentrée d'expatriation cet été et s'est installée en région parisienne. Nous avons réussi à nous voir deux fois depuis qu'elle a ouvert ses cartons, et ne comptons pas en rester là.
  • Et puis au fil de cette année bloguesque, j'ai quand même réussi à pondre les billets promis de longue date sur le couple, je vous ai offert un faire-part de naissance un tout petit peu fourbe, fait marrer sur le recrutement de ma mamie-au-pair, trembler face au suspense de la scolarisation-ou-pas de F., bref, franchement : Netflix peut aller se rhabiller.

Ce qui est sûr, c'est que même si j'y passe moins de temps, hélas, je suis toujours ravie de tenir ce blog et de vous y rencontrer, et donc que je rempile joyeusement pour une 4ème année.
J'espère qu'il en va de même pour vous ;-)

Voilà pour cette courte rétrospective… maintenant, héhé, place au traditionnel 

concours !!!

J'ai réfléchi un peu à ce que je pouvais vous proposer, et puis, j'ai envoyé un petit message à Evelyne (vous savez, une vile tentatrice)

Et donc

je suis en mesure de vous proposer 6 lots à gagner



1. bouquin vintage, 1 : Les petites filles modèles de la Comtesse de Ségur, achat d'occaz en double




2. bouquins vintages, 2 : deux Oui Oui, même origine que le lot numéro 1. A noter que l'un des deux aura besoin d'un petit bout de scotch pour maintenir certains feuillets tentés par l'indépendance.




3. une boîte de feutres Posca neufs, correspondant à ceci : ces feutres extra, permettant de peindre un certain nombre de surfaces / matières et qui m'ont permis, à moi (et mes deux mains gauches) de colorer de manière tout à fait esthétique notre alphabet mobile mais aussi des pinces à linge par exemple. Suite à une erreur, j'ai reçu deux fois une commande. Plutôt que de les revendre, je serai ravie de vous en faire bénéficier !

Et ensuite, les cadeaux proposés par Evelyne, grande prêtresse de ces produits Jemako grâce auxquels je tremble moins devant le ménage de ma maison.

Cette année, elle se propose de faire découvrir, au fidèle public de ce blog

4. un chiffon à vaisselle : un machin qu'elle-même m'a fait découvrir l'an dernier et qui vaut son pesant de cacahuètes. Sa capacité d'absorption impressionnante, y compris pour textures graisseuses, en fait le compliment idéal de mon rond vert adoré. 







5. un petit chiffon pro : de longue date un de mes grands potes, que ce soit pour faire la poussière à sec, pour laver ma salle de bains ou un miroir, ou encore essuyer une vitre.









6. un chiffon duo jaune pour la poussière. Alors, celui-là, je n'ai pas testé, je n'ai que son pote vert, le chiffon duo nettoyant, que j'apprécie beaucoup dans les endroits susceptibles de recevoir beaucoup (trop) de liquide (comprendre : une SDB dans laquelle deux enfants prennent leur bain, par exemple…), mais bon, hein, ça n'a pas l'air mal non plus comme concept ;-)




A quoi se rajoute, comme l'an dernier, la possibilité, en exclusivité sur le blog, de profiter de bons de réduction sur les produits vendus sur son site, par le biais de 3 codes réduction, que je vais de ce pas aller insérer dans le billet que j'avais déjà, il y a fort longtemps, consacré à ma découverte du fabuleux petit monde de Jemako. (punaise, c'est MOI qui écris en ces termes de produits de MENAGE. Il y a vraiment de quoi faire rigoler)


Bon, mais pour participer et avoir ainsi la chance de devenir milliardaire ou presque ?!

Il vous suffira de commenter ce billet (directement ici, ou sur Facebook)
  • 1. en couinant : "je particiiiiiipe" (en signant d'un nom, hein, au besoin celui de votre chat, car je ne peux pas tirer 3 "Anonyme" au sort...)
  • 2. en précisant pour quel cadeau
  • 3. et, cette année, j'aimerais bien que vous me racontiez un truc de votre vie en rapport avec le blog : une anecdote dans lequel il joue un rôle, un truc qu'il a changé, ou un moment de solitude qu'il vous a offert… Ben oui, si en plus vous pouvez nous faire un peu rigoler, hein, faut pas hésiter…
  • 4. : Possibilité de gagner une chance supplémentaire :  

    • Tagger une personne susceptible d'être intéressée par ce blog (= faire une bonne action puisque vous lui permettrez de connaître enfin la lumière) ou partager l'un ou l'autre de vos articles préférés, vous octroiera le droit à une 2ème participation dans le concours (c'est-à-dire que je mettrai votre nom deux fois dans l'urne. Truc de fou!!). 
    • Si la munificence des prix proposés vous éblouit et que vous hésitez entre 2 lots, vous avez le droit de préciser que vous souhaitez utiliser votre 1ère chance pour l'un, et votre 2ème chance pour l'autre. 

Allez, participations ouvertes jusqu'au… euh… j'anime des ateliers les 7 et 8 novembre alors je m'en occuperai le 9 ! Donc vous avez jusqu'au vendredi 9 novembre, 20h ;-)

Le concours étant ainsi dignement lancé, je vais pouvoir, moi, aller me coucher finir de cracher mes poumons - fichue angine. Je répondrai, un jour, aux commentaires trèèèès inspirants sur mon dernier billet.

lundi 22 octobre 2018

Astuce nuit tranquille malgré toux / rhume : OIGNON je t'aime

Est-ce le climat pour le moins changeant, et déroutant, de ces derniers temps ? 
Ou un effet "béni" des débuts tardifs de F. à l'école, qui le confrontent, en décalé, aux impacts sanitaires de la vie en collectivité ?(comprendre : contagion, comprendre : rapporter des trucs à la maison et partager généreusement avec tout le monde)
Il n'empêche que F. a débuté la semaine avec une conjonctivite (sa toute première), et l'a continuée avec une bonne grosse toux / rhume. (en tapant j'ai failli oublier le "e"... mais ça je sais que je n'ai pas le droit…)

Bref, après avoir débuté ma semaine par de glorieux moments de mise de gouttes (et sans que ma manière de m'y prendre ne puisse être franchement estampillée F&M... Amis-parents qui avez le sentiment de vous muer en tortionnaires, je suis avec vous !), celle-ci s'est poursuivie par une nuit pourrie de la mort-qui-tue, inclusive F. atterrissant dans notre lit (déserté fort à propos par Monsieur Bout, en déplacement -il choisit bien ses jours l'animal) pour me tousser dans l'oreille à intervalles rapprochés (rejoint par E. qui, elle, ne semblait pas tellement dérangée par ces quintes de toux ; mais s'est mise à les reproduire le lendemain).

Bref, à 7h du mat le lendemain de cette merveilleuse nuit, l'œil éteint, la chevelure allumée, avant même de sauter me traîner dans ma douche je tapai "remèdes naturels toux enfant" sur mon téléphone.
Et c'est ainsi que le soir, perdue pour perdue, je déposai un oignon coupé en deux à côté de mon fiston.

Alors ?
Résultat aussi fulgurant que, l'an dernier à la même époque, avec les célèbres fleurs de Bach ?

J'avoue y avoir pensé. Mais bon, pour le prix d'un demi-oignon, je pouvais m'autoriser le test.
Et d'ailleurs non.
J'en ai eu la confirmation par notre mamie au pair dont c'était la dernière nuit chez nous, et dont la chambre, située au même étage que les Bébous, la met aux premières loges pour apprécier ce genre de phénomène. Sans savoir ce que j'avais fait, elle m'a d'elle-même dit : "début de nuit difficile, puis vers minuit ça s'est calmé".
Ben tiens, j'avais coupé mon oignon une fois rentrée des ateliers que j'animais. Tout concordait, Mister Watson !

J'ai réédité l'expérience les nuits suivantes et je chante la vie, je danse la vie, je ne suis qu'amour !
  • les substances dégagées par l'oignon frais (antihistaminiques, et anti-inflammatoires) contribuent bel et bien au dégagement des voies respiratoires, les effets sont réellement perceptibles et ont permis des nuits calmes pour tout le monde, quand les quintes de toux / nez bouchés du coucher auguraient du contraire.
  • et j'ai bien l'impression qu'ils vont de mieux en mieux, du coup, sans autre traitement que ces fameux oignons et des tisanes de thym avec du miel (et  j'ai fait inhaler de la vapeur à F. une fois, et j'ai déposé dans sa chambre, 2 fois, un bol rempli d'eau bouillante, histoire d'humidifier l'atmosphère)
  • Pour tout vous dire, je suis à deux doigts de m'infliger le même traitement, puisque bien évidemment, je bénéficie aussi de l'effet contagion. Mais je crains que Monsieur Bout (ou moi, mais c'est plus facile de tout mettre sur le dos du conjoint) ait du mal avec l'odeur assez forte, même si celle-ci s'évacue facilement dès qu'on aère.
Oignon en majesté, se dressant pour pourfendre Toux la Terrible et Rhume le Redoutable


Bon, concrètement, si vous n'avez jamais testé, voici 2-3 réponses aux questions que vous vous poserez peut-être puisque moi même je me les suis posées
  • où placer l'oignon  ? 
    • On nous dit sous le lit, c'est parfait pour un lit de bébé à barreaux, mais pas forcément compatible avec un lit au sol, ou un lit avec un sommier plein, etc. 
    • Qu'à cela ne tienne : sur une petite table de nuit, ou un marchepied suédois importé de la salle de bains pour l'occasion, placés tout contre le lit le plus près possible de la tête de l'enfant, ça fonctionne aussi ! (ou à même le sol, bien évidemment, si lit au sol). 
    • Seul inconvénient : ce n'est pas à l'abri de l'enfant; du coup, ça vous expose à 
      • un F. débarquant dans votre chambre à 4h du matin la nuit du premier test, et disant d'une voix aussi perplexe que pâteuse "Maman, y a de l'aïl à côté de mon lit". Il a heureusement tourné les talons et s'est recouché aussi sec, dès que j'ai expliqué "c'est de l'oignon et c'est pour t'aider à respirer".
      • une E. qui vient vous rejoindre le matin en riant "j'ai mangé l'oignon maman", son haleine laissant assez peu de doutes sur la question, du reste. (mais c'est bon pour le rhume, n'est-ce pas)
    • et j'ai placé ça dans un petit récipient : assiette en plastique idéalement, ça évite la casse; ou coupelle (le mieux étant d'éviter un contenant trop étroit / haut, qui limiterait la capacité des substances à se déployer dans la pièce / les bronches de nos petits)
  • peut-on réutiliser l'oignon une 2ème nuit ? La réponse est oui, mais dans ce cas, il faut le recouper pour que des parties fraîches soient au contact de l'air libre et libèrent leurs substances
  • peut-on manger l'oignon après ? C'est une question de choix. 
    • Un oignon resté dehors 1 à 2 nuits a probablement perdu une grande partie de ses qualités nutritives,
    • et son état de fraîcheur ne le prédestine sans doute pas à être dégusté 
      • sans cuisson : exit le kebab
      • ni avec une faible cuisson : exit la flammekueche alsacienne. 
    • En revanche dans un plat en sauce, moi, je me le suis permis. (sans être confrontée à des embarras gastriques qu'en toute mauvaise foi j'aurais, de toute manière, décidé de mettre sur le dos de la collectivité, cf. début de ce billet)


En définitive, j'avais déjà vaguement entendu parler de ce remède de grand-mère, et à plusieurs reprises. Mais il m'a fallu la douce toux de mon fils dans les oreilles toute la nuit pour me décider à tester ce machin ZD, bio, pas cher et à portée de mes mains puisque j'utilise beaucoup d'oignons en cuisine.
  • Peut-être vous gausserez-vous de moi car vous avez sauté le pas depuis longtemps. N'hésitez pas à raconter vos success stories en commentaire, qu'ils servent d'encouragements aux générations futures et oinino-sceptiques.
  • Peut-être hésitez vous aussi, et alors, peut-être n'est il pas nécessaire que vous attendiez aussi longtemps que moi. Après tout, 
"ça coûte pas cher, et ça peut rapporter gros".

mercredi 17 octobre 2018

(3) Aides matérielles à la transmission de la Foi

- AVERTISSEMENT - Ce billet contient du contenu explicite pouvant choquer : du contenu explicitement religieux, s'entend. 
Si cela n'est vraiment pas votre tasse de thé, n'hésitez pas à aller relire d'autres excellents billets pondus sur ce blog (celui sur les ratés en éducation positive par exemple ; ou alors c'est le moment de vous lancer dans Flylady, tenez ; ou de prendre du recul sur votre équilibre vie pro - vie perso) en attendant le billet de la semaine prochaine ;-)


Pour les familles concernées, y a pas à dire, transmettre une foi religieuse ce n'est pas de la tarte.
Comment transmettre connaissance et Amour de Dieu à ses tout-petits ? Comment les intégrer et leur faire découvrir une vie de Foi ? Comment, même, les empêcher de trop nuire à la nôtre ? (quand la messe devient un moment redouté…).

Pas mal de points peuvent aider, tout dépend aussi, bien évidemment, de notre sensibilité en tant que croyants, et de notre sensibilité en tant que parents. Mais au fil de ces dernières années, j'ai constaté que l'aspect purement "matériel" n'était pas à négliger : certains types de "matos", loin d'être de viles béquilles, suppôts du matérialisme, avatars du consumérisme se glissant jusque dans l'exercice d'une religion, se sont révélés être de fidèles serviteurs de la Cause : la transmission de l'Amour de Dieu
Parce que nous sommes des êtres de chair et d'esprit, et qu'à ce titre nos sens nous aident (et aident nos petits) à se tourner vers Dieu.


J'ai sélectionné 3 types de matos, très différents. Bien évidemment ce billet (et donc cette mini-liste) n'est paaaaas du tout exhaustif et n'a aucune vocation à l'être. En revanche, les commentaires seront absolument ra-vis de s'enrichir de vos expériences et astuces testées et approuvées en la matière.



1. Les livres religieux pour enfants


Ho ho, j'ai inventé l'eau tiède ! Les livres religieux pour enfants (par exemple ces références que sont ceux, aux textes simples mais porteurs, et au graphisme doux et lumineux, de Maïté Roche), des aides utiles ?!?! 
Ben ça valait bien la peine de commencer à lire ce billet.


Non, soyons plus clairs : il s'agit de l'intérêt d'avoir
  • A. uniquement ces livres là à la messe. 
Car en ce qui nous concerne, au départ, avec nos bébés nous emmenions une petite série de petits jouets et livres dont le critère essentiel de sélection était maximum d'occupation pour zéro bruit. Quand le bébé grandissait, nous zappions les jouets et nous concentrions sur les livres… quitte, parfois, à passer les 3/4 de la messe à en tourner les pages.
Et justement, quitte à y passer les 3/4 de la messe, il y a une énorme différence, pour l'enfant ET pour le parent, entre tourner les pages d'un Tchoupi, et tourner celle d'une Bible pour enfant ou assimilé.
    • L'enfant s'imprègne, mine de rien, des images et des quelques mots et explications dont nous les accompagnons. 
    • Et l'adulte nourrit nettement moins de rancœur devant ses messes saccagées, il se demande moins "à quoi bon tous ces efforts : lire Tchoupi dans les murs d'une église ce n'est pas très différent de le lire chez nous !" (hormis, c'est ça le plus drôle en plus, le fait que chez soi on n'est pas gêné si la lecture provoque chez notre chérubin de bruyants, teeeellement bruyants, gloussements de joie). Non, il y a un sens, il y a une saveur particulière à accompagner son enfant dans la découverte de ces livres. Si on pourrait souhaiter ne pas en avoir besoin, il n'empêche que tant qu'à faire, on profite quand même de cette heure pour rapprocher notre enfant de Dieu, voire, nous aussi, dialoguer, bien que différemment, avec Lui.
Donc en ce qui nous concerne, la leçon est apprise. Dorénavant, et ce sera le cas pour number 3 si number 3 il y a un jour (j'ai même repéré que certaines mamans douées de leurs mains en fabriquent en tissu…), dans le sac en tissu dit "de messe", il n'y a que des livres dits "religieux". 

Ce qui nous amène au point numéro 2 

  • B. beaucoup, beaucoup de livres religieux pour enfants.
Un seul mot clé : investissez ! 

Au départ, j'avais été assez chiche. Je cherchais "les mieux". Et puis tiens, zut, on m'offrait une Bible pour les enfants alors que j'en avais déjà une ! Même si ce n'était pas le même éditeur, à mes yeux, ça faisait doublon.
C'est le hasard qui m'a fait changer d'avis : je recherchais une ou deux références précises sur leboncoin et suis tombée sur un gros lot vendu vraiment pas cher, qui les contenait. Donc j'ai pris le lot en entier tout en pensant en donner / revendre les 3/4.

Eeeeh non. Je les ai tous gardés. Car finalement, à l'usage, il s'avère que mes enfants réussissent bien mieux à se tenir à la messe si ils ont un peu de diversité, différents livres auxquels recourir, et pas toujours les mêmes
  • pas toujours les mêmes : j'en ai profité pour mettre en place une rotation spécifique livres de messe ! pas aussi organisée que celle mise en place pour les jouets il fut un temps, mais tout de même : du sac de messe, qui contient une grosse demi-douzaine de référence, régulièrement, hop, je retire 2-3 livres et les remplace par un nombre équivalent de livres pas sortis depuis longtemps. 
    • Et j'y ai en particulier recours en anticipation d'une messe plus délicate / longue que les autres : je m'appuie sans vergogne sur l'intérêt de la nouveauté ! (et j'ai bien raison. Si je vous dis que tout récemment, mes enfants, lors d'une célébration particulière, ont réussi à passer 2h30 dans l'église en se comportant d'une manière tellement acceptable que nos voisins de banc nous ont félicités ?! Bon OK, à ce stade-là, hein, je considère que c'est une grande grâce et que je ne peux m'en attribuer le mérite, mais tout de même, je me suis trouvée très sioux d'être allée en vitesse enrichir le sac de quelques livres supplémentaires). 
    • Le lot susmentionné contenant un nombre non négligeable de livres tournant autour de la Nativité, j'ai même un assortiment "spécial période de l'Avent" 
  • ne sont pas du tout lassés par le fait de lire à peu près toujours "la même histoire" (par exemple, la Bible, ou un bout d'Evangile), sous des présentations différentes : ils terminent de lire une Bible, ils sont ravis de feuilleter la suivante ! Et au fond, cela se comprend, et a même son intérêt
    • différences de présentation matérielle : nous en avons avec rabats (très très chouette), d'autres sans, en BD, en dessin, plus ou moins détaillées
    • différences d'angles de vue : finalement, puisque de toute manière ces Bibles pour enfants ne présentent que rarement les textes d'origine, c'est une richesse que de leur présenter l'histoire de plusieurs manières ! L'accent n'est pas toujours mis sur les mêmes choses, et cela permet à leur esprit de finalement se focaliser sur l'esprit, justement, du texte / de l'histoire, et non de se figer sur une représentation perçue comme LA vérité de l'histoire.

Bref, l'intérêt de tous ces livres, c'est qu'ils fixent l'attention de nos enfants sur des sujets religieux. Qu'ils nous offrent la possibilité, en plus de leur donner déjà un début de culture religieuse, de faire des liens ensuite avec ce qui se passe. Il est d'ailleurs assez marrant de constater comment les Bébous, peu à peu, font d'eux-mêmes ces liens, en repérant peu à peu des choses qu'ils connaissent dans la célébration :
"Eh Maman, il a dit Moïse, EH MAMAN !" (chhhhuuuuuuut mais oui tu as bien entendu il a dit Moïse).
Et c'est comme ça que nous nous sommes aperçus un beau jour que F. était en mesure de réciter le Notre Père. Et quelques temps plus tard, même découverte concernant le Je vous salue Marie.
A force de les voir et de se les entendre dire et lire sous un packaging divers mais attrayant, il s'est imprégné des mots…

Et comme dit, hein, leboncoin peut permettre de fournir sa bibliothèque spi à peu de frais… J'dis ça, j'dis rien !




J'en profite pour ajouter que nous avons suivi la même logique en investissant dans des livrets de coloriage spécial messe. Là encore, c'est pour les enfants l'occasion d'avoir sous les yeux des scènes qui, par des chemins détournés, les ramènent à Dieu. Ils colorient, ils colorient, et leurs yeux enregistrent :
"je me mets à genoux comme Marie dans le dessin, maman !"


2. De petites figurines en bois pour le coin prière


depuis quelques années, c'est la mode des Peg Dolls : de toutes petites quilles en bois peintes voire parées d'éléments complémentaires (tissu, bâtons, paillettes, etc). Il en existe de très jolies.

L'an dernier, j'avais finalement succombé en investissant dans une très jolie crèche faite sur ce principe par Valérie, maman IEF. Ses personnages étaient venus s'ajouter aux "moments chouettes" à découvrir dans le Calendrier de l'Avent de l'an dernier, et avaient rencontré un vif succès.

Et puis Pâques approcha, et mon fil de discussion Facebook me mit sous les yeux la tentation ultime : des Peg Dolls ravissantes mettant en scène de manière très vivante, les principales scènes de la Passion du Christ. 
J'ai bavé dessus. 
J'ai résisté.
Jusqu'à ce qu'à la veille des Rameaux, la page FB de la Dame de Bois ne brade sa dernière "Montée vers Pâques" à qui réagirait le plus vite, en promettant une arrivée à temps pour les Jours Saints. Je ne pouvais pas passer à coté d'une bonne affaire, vous comprenez ?
J'ai bondi telle une panthère.
Scènes du Vendredi Saint : Jésus devant Ponce Pilate, avec Sainte Véronique, puis crucifié
Je n'ai pas regretté. 
  • effet de malade sur la prière familiale, que je peinais à réintroduire depuis le déménagement : 
    • effet sexy +++, ça les a captivés, et c'est à ce moment qu'ils se sont mis à la réclamer. Je ne peux qu'observer comment pouvoir diriger leurs yeux sur un support attrayant les aide à orienter leurs âmes… 
    • Un effet qui dure dans le temps : Pâques remonte déjà à plusieurs mois, la dynamique demeure ...
  • un bond dans la compréhension des histoires & mystères auxquels ces figurines se rattachent. C'est devenu subitement beaucoup plus "réel" et compréhensible pour eux : ils ont été pleins d'inquiétude pour les souffrances de Jésus portant sa croix par exemple. Pouvoir visualiser la réalité de la Résurrection aussi, avec ce tombeau vide, et Jésus en dehors du tombeau…
  • là encore, des liens qui se font ensuite : ils se sont mis à faire le lien entre l'histoire de la Passion et ses représentations dans l'église, par exemple. Cet intermédiaire a servi de pont.

Bref, succès sur toute la ligne, au point que 
  • j'ai investi dans une commande des Saint Patrons de notre petite famille (personnalisée et réalisée avec soin par Karine)
  • j'ai eu comme idée de me servir du même support pour rendre plus perceptibles les temps liturgiques au fil de l'année, en ayant l'idée de commander à Karine une série de prêtres en habits adaptés
  • j'ai complété en commandant les apôtres pour la Pentecôte. Là encore, succès fou / même bond dans la compréhension du mystère et l'intérêt qui lui a été porté. 
    • (effet bonus : les apôtres me permettront une reconstitution plus précise de la Cène, et resservent aussi à l'occasion pour l'illustration de l'un ou l'autre passage d'Evangile ; 
    • effet bonus supplémentaire : c'est le moment où le concept d'apôtres a fait mouche chez les enfants)
  • j'ai vivement louché sur les sublimes crèches proposées (oui, on en a déjà 1, mais elle est dans le salon, alors, hein, 1 dans le coin prière ce serait bien, hein ?!) Seuls les chiffres rouges ornant notre compte en banque ont pu m'en dissuader. (mais du coup, je mets en péril le vôtre hin hin hin)
  • le compte en banque devant se rétablir dans le courant de l'hiver, rien ne nous empêchera d'investir dans une petite montée vers Pâques pour la filleule de Monsieur Bout.

Bref, je trouve cette tendance au renouveau de l'art religieux absolument chouette, c'est une vraie chance pour nous parents, et j'avoue que c'est le genre de cadeaux / investissement qui me semble le plus avoir de sens : amener nos enfants à Dieu par le Beau.



3. des galettes IKEA


What ? 
Ouais, je fais moins rêver qu'avec mon point numéro 2, là.
En même temps, à 1€ la galette de tissu, c'est aussi moins dangereux pour les finances.

J'explique : pas facile de faire tenir en place les enfants à la prière. 
Chez nous, celle-ci ne se passe pas forcément à genoux, et nous avions affaire à des enfants "nomades", hésitant entre s'asseoir ici, s'asseoir là, se blottir sur les genoux de tel parent, etc. et n'hésitant pas à changer d'avis en cours de route. Tout changement choisi par l'un provoquant l'envie de l'autre et donc des réactions en chaîne.

Depuis que j'ai investi dans 4 galettes Ikea (que j'ai prises de 4 couleurs différentes; nous n'avons pas trop de débats sur qui a quelle couleur, finalement, mais je réalise après coup que c'était franchement risqué !), nous avons pu fixer nos enfants sur leurs galettes.
Chacun a son coin et y reste, sauf à décider en début de prière de venir passer l'intégralité de la prière sur les genoux d'un parent lui-même sagement assis sur sa galette à lui. Le débat étant clos, la concentration sur ce qui se passe réellement à la prière peut venir.
C'est tout bête, mais ça a bien aidé à l'établissement d'une atmosphère plus propice au recueillement.



Voilà donc pour nous, 3 manières de mettre le matériel au service du spirituel ;-)
Je suis toute ouïe concernant les vôtres !!

jeudi 11 octobre 2018

Bienveillant ou laxiste ? Le doute.

Aujourd'hui, je prends enfin le temps de répondre à une question "courrier des lecteurs" qui date d'avant les vacances mais qui nécessitait une bonne dose de réflexion / structuration de la réflexion pour en arriver à une réponse qui se tienne.


Je doute parfois (ou des personnes me font douter) de mon éducation "bienveillante" / positive / etc. et me demande si je ne vire pas au laxisme? Je sais que la frontière peut être floue par moment. En gros, je me dis que j'adapte l'environnement au maximum pour réduire les occasions de "bêtises" de la part de l'enfant et donc de se fâcher de la part des adultes, et je dis aussi souvent que "je choisis mes batailles" et que "je laisse faire tant que ce n'est ni dangereux ni irrespectueux (envers les gens ou les animaux ou les objets) ni a l'encontre des mes propres besoins". Mais du coup, cela signifie en pratique que je laisse faire beaucoup beaucoup de choses... Et je me demande si au final ce n'est pas plutôt de la flemme? et que du coup je ne fais plus trop mon devoir d’éducation?

Je pense aussi que beaucoup de choses vont venir naturellement avec l'âge. Un exemple très représentatif est le fait de devoir rester assis a table pendant le repas. Personnellement, ma fille a 2,5 ans et je ne l'oblige pas du tout a rester assise a table pendant toute la durée du repas. Je pense qu'a cet âge, le besoin de bouger est énorme, et je la laisse donc se lever, aller chercher quelque chose et revenir (ce que, soit-dit en passant, on laisserait faire a n'importe quel adulte sans problème), ou carrément aller jouer quelques minutes et revenir croquer dans sa tartine pour repartir aussitôt. Je sais que ca peut vraiment choquer des personnes ne voyant pas les choses de la même manière que moi. Mais je pense sincèrement que plus tard, ma fille se rendra bien compte qu'en société les gens ne font pas cela et je suis sure qu'elle sera capable de rester assise a table comme tout le monde. Voilà, ça c'est un exemple parmi d'autres :D

Et j'aimerais donc avoir ton avis sur ce point, si tu en as un bien sur (mais je suis assez sure que oui hihihi) et comment tu gères en pratique.




Ouh que c'est difficile
Des remarques, on s'en prend à la volée (franchement, les gens devraient devoir nous donner 1 € pour pouvoir nous faire une remarque sur notre éducation; au moins ça remplirait les caisses.)
Et dans le lot, il est parfois difficile de faire la part des choses entre ce qui est justifié (et peut donc légitimement amener le parent consciencieux que nous sommes à se remettre en cause) et ce qui relève tout simplement d'une conception très différente voire irréaliste de ce qu'est un enfant.
La conception peut être très différente 
  • en mode bien traditionnel "un enfant est fait pour être vu et non entendu" (QUI saura trouver de quel graaand classique de la littérature jeunesse cette citation est tirée ? ;-), un enfant ça doit obéir au doigt et à l’œil, un enfant ça doit faire les choses proprement ou ne pas les faire du tout, etc
  • et / ou irréaliste dans le sens que j'ai réalisé à quel point on peut oublier ce qu'on a soi-même vécu ! Quand on parle de notre propre enfance avec nos parents, on ne peut que constater que leurs souvenirs sont souvent assez déformés, et donc leur conception de ce qu'on peut attendre d'un enfant un peu tordue, parce que influencée par des souvenirs complètement idéalisés de leur propre vécu de parent / expérience avec leurs enfants. 
    • Cette capacité à oublier peut, en soi, constituer une bonne nouvelle : on dit souvent qu'on oublie les "joies" de l'accouchement, eh bien, parents désespérés, sachez qu'un jour vous aurez oublié les moments difficiles que vous passez avec vos enfants. Effacés, rayés de la mémoire ! Vous aurez probablement surtout gardé les beaux moments, et si les moments un peu noirs demeurent, ils seront floutés par le temps. Seul souci, vous deviendrez très relou avec la génération suivante puisque vous leur soutiendrez mordicus, et avec une bonne foi parfaite, que chez vous "Nan, c'était pas du tout pareil", JAMAIS vos enfants n'ont causé de telles difficultés. Ha. Ha. Ha.

A titre d'exemple, j'ai déjà entendu dire de mes enfants qu'ils étaient mal élevés car
  • ils mettaient les doigts sur les vitres (à 2 et 4 ans)
  • ils ne finissaient pas sagement leur assiette (taille adulte) sans bouger pendant un repas de 3h au restaurant
  • ils faisaient de grosses colères (OUI ! OUI ! Raccrochez-vous à ça la prochaine fois que vous aurez une colère monumentale à gérer !!! Dites-vous que dans 30 ans vous serez abasourdis des colères de jeunes enfants dont vous serez témoin, et que vous aurez totalement oublié l'intensité de celle à laquelle vous êtes en train d'assister bien malgré vous ! C'est chouette non ? Si, si, allez, ça console un peu quand même)
  • ils oubliaient régulièrement de dire merci / s'il te plaît
  • ils ne font pas systématiquement de bisous ni ne s'en laissent faire pour dire bonjour / au revoir.

Bref, ça, c'est un premier point, effectivement, et très très important : notre entourage a beau être persuadé du contraire, et ne pas se priver pour nous le faire savoir fréquemment, NON, il n'est pas qualifié pour évaluer:
  • le comportement de notre enfant
  • notre style d'éducation
  • et le rapport bien entendu direct entre l'un et l'autre (pfffrtttt. Car bien entendu, le comportement d'un enfant est toujours directement et uniquement causé par le style d'éducation de ses parents; ça se SAURAIT si d'autres facteurs pouvaient l'influencer, voyons !)
le tout, bien entendu, sur la base d'observations ponctuelles. (Mais cela fait un bout de temps que je prévois un billet de blog sur le sujet de "la mauvaise mère", et qui reprendra ces réflexions. Donc je m'arrête)

Faut-il pour autant refuser en bloc toute critique, et estimer que l'on n'a rien à changer à son mode d'éducation face au genre de critiques que tu as reçues / sombres prévisions qui les accompagnent ?

Hum. Ce serait trop simple.
Et c'est le gros souci de ta question, c'est qu'elle est excellente, parce que justement, la réponse est très très loin d'être simple. Mais demande au contraire de prendre en compte un sacré nombre de nuances.


1. Comme tu le dis si bien, la différence d'éducation peut notamment être liée au souci de prendre en compte les capacités de l'enfant, et aux informations plus ou moins actualisées que l'on peut avoir sur le sujet. 
Notre rôle d'éducateur / la manière dont notre responsabilité doit s'exprimer dépend donc beaucoup du timing, par rapport au plan de développement de l'enfant :
  • faire ranger un enfant de 6 mois qui pour le moment, en est au stade où il cherche à agripper les objets, point ? Inutile ... 
  • Quand il en arrive au stade où il vide toutes les boîtes : on lui montre qu'on les reremplit. 
  • Et dès qu'il commence à lui-même s'amuser à remplir des boîtes (pour les revider derrière), on l'encourage : on fait avec lui, et on aménage l 'activité pour que, autant que possible, l'activité se termine par l'étape "remplir" et non par une étape "vider", on attire son attention sur l'intérêt du résultat "oh, tout est dans la boîte, c'est rangé, il y a plein de place sur le sol maintenant, c'est agréable".

Et, comme tu le soulignes, c'est là où l'aménagement de l’environnement joue son rôle, et plusieurs rôles
  • limiter le risque que l'enfant fasse des choses qu'il ne doit pas faire mais qu'il ne peut absolument pas contrôler. Un enfant de 12 mois VEUT toucher au cheval en cristal, et n'est PAS CAPABLE de se restreindre. Hors de vue, le cheval en cristal!
  • limiter le nombre d'interventions nécessaires pour l'adulte : jouer notre rôle de transmetteur, c'est fatigant, on ne peut pas être partout
  • faciliter l'apprentissage de l'enfant en présentant un niveau de difficulté moindre.  
    • C'est par exemple un des effets très positifs du fait de mettre en place une rotation des jouets, limitant le nombre de jouets à disposition de l'enfant : si l'enfant n'a que 3 jouets à déranger, il n'en aura que 3 à ranger, ce sera bien plus facile à faire pour lui. 
    • C'est une logique qu'on retrouve dans la pédagogie Montessori, et dont j'ai fait l'expérience quand j'ai proposé ses premiers versés à F. : non, on ne commence pas par un pichet de lentilles ! 
      • Moins en raison de la difficulté qu'il y aurait pour le jeune enfant à verser des lentilles, que pour la difficulté qu'il y a pour lui à réparer les conséquences d'une erreur à ce niveau : demander à un bambin de ramasser 40 lentilles éparpillées partout, c'est compliqué. 
      • Alors qu'avec de grosses pâtes, il est plus facile de lui faire prendre le réflexe de ramasser les 8 grosses pâtes qui se seront étalées par terre. Sur ces pâtes il musclera une capacité à ramasser qu'il transfèrera ensuite sur le ramassage d'une quinzaine de pois chiches, et le temps qu'il en arrive aux lentilles, 
        • 1. il en renversera beaucoup moins, 
        • 2. il sera en mesure de s'attaquer aux 40 lentilles. 


Car c'est là  un point fondamental :
2. il y a une différence entre prendre en compte les capacités, les besoins et le développement de l'enfant, et laisser passer totalement au motif qu'il n'est pas capable. 

La différence se fera alors non pas au niveau de l'objectif final, mais des moyens pris, à la fois pour encourager le respect de la règle, et pour réagir quand celle-ci n'est pas respectée. Comprendre pourquoi elle n'est pas respectée ne signifie pas nécessairement laisser ce non respect se produire sans réagir.
Je crois que là dessus, le cas de l'enfant-qui-tape est très parlant. Toutes les mères d'enfant-qui-tape, vous savez, ce charmant bambin de 2 ans qui va avancer vers le bambin d'à côté et lui en coller une en pleine figure, savoooourent ces moments...
Se renseigner un peu sur le développement de l'enfant permet de relativiser l'importance de ces tapes : elles sont la plupart du temps, 
  • soit l'expression (très maladroite, hélas) d'une volonté de rentrer en contact, 
  • soit l'expression d'une frustration qui ne sait pas encore s'exprimer par les mots.

Bref, oui, l'enfant-qui-tape le fait parce qu'il n'a pas encore la capacité de faire autrement.
Du coup, 
  • on ne va pas criminaliser ce geste en en faisant le signe d'une méchanceté sans nom qui mérite un châtiment terrible sous peine de terminer en prison d'ici 15 ans au plus (et on va donc s'abstenir de prêter l'oreille à tous les commentaires alarmistes qui iront dans ce sens).
  • Mais on ne va pas pour autant laisser faire : on va protéger les éventuelles victimes, et, surtout, prendre le temps de reprendre la jeune "terreur" en lui enseignant, sans relâche, d'autres manières d'exprimer ce qui pour le moment, sort par le biais de tapes : 
"si tu veux jouer avec lui, tu peux caresser son bras / lui proposer un jouet"  
"quand tu es en colère, tu peux dire "colère !" / "je suis en colère" / secouer fort la tête"

Notons que notre intervention sera peut-être encore jugée comme du laisser-faire, du laxisme, car elle ne correspondra pas à la lecture que se fera l'observateur de la situation ("enfant violent, récidiviste, qui devrait recevoir une bonne fessée / mise au coin / gueulante - ne rayez aucune mention elles sont toutes utiles). On s'en fiche (au moins en théorie parce qu'en pratique, il est vraaaiment dur de s'en ficher)


Ce qui nous amène au point suivant :

3. un autre facteur qui vient allègrement flouter la frontière entre éducation et laxisme, c'est la nécessité d'un moment de transition, plus ou moins longue : la fameuse période d'apprentissage, le besoin d'enseignement (dont parle Jane Nelsen).
Hélas, 3 fois hélas, ce n'est pas parce qu'on a réagi une fois "de la bonne manière" face au comportement d'un enfant, qu'on lui a donné les explications nécessaires, que c'est gagné, pouf, il va agir conformément à cet enseignement.

Je prendrai l'exemple de la politesse, là-dessus. Monsieur Bout et moi-même estimons important que nos Bébous disent s'il te plaît, merci, bonjour et au revoir : des codes sociaux importants, parce qu'ils véhiculent des valeurs importantes. Gratitude dans le merci mais aussi dans le s''il te plaît (tout ne m'est pas dû), respect dans le bonjour et au revoir (je te reconnais comme personne, je remarque ta présence).
Mais justement, c'est un apprentissage, nous faisons donc attention
  • à notre réaction quand elle n'est pas respectée : nous savons que ce n'est pas encore acquis, que nos enfants sont encore petits, nous ne réagissons donc pas comme si un merci / s'il te plaît oublié représentait un affront personnel / un scandale : nous nous contentons de "réclamer" notre merci
  • aux moyens : comme le dit si bien Haïm Ginott dans Parents Épanouis, Enfants Épanouis, nous faisons attention à "civiliser nos enfants de manière civilisée" : pour réclamer notre merci, pas de menaces, pas d'humiliation, mais des phrases responsabilisantes, invitant au développement de l'empathie et de la compréhension de la valeur de ses mots 
"j'aimerais une jolie demande" ; "je t'ai donné quelque chose"



4. Ce besoin d'apprentissage,  et ce besoin de temps pour apprendre, implique encore une autre question :  est-ce le bon moment pour cet apprentissage ?
  • est-il prêt, est-ce réaliste de penser qu'il peut progresser là dessus ? Encore un point sur lequel notre appréciation sera très individuelle, et pourra susciter de l'incompréhension / du jugement ailleurs : s'informer sur les stades de développement de l'enfant a du bon, mais ne pas oublier que chaque enfant a son propre rythme, aussi…
    • "à 2 ans un enfant DEVRAIT pouvoir...". UN enfant peut-être, mais le nôtre ? La discussion avec autrui peut nous permettre d'affiner notre regard (par exemple discuter avec Clotilde de la manière dont ses filles géraient très tot leurs douches seules m'a incitée à apprendre aux Bébous à faire de même bien plus tôt que ce que j'aurais pensé possible), mais en même temps on ne doit pas perdre de vue que chaque enfant est différent.
    •  Par exemple, si je n'étais mère que de E., je serais peut-être persuadée qu'un enfant de 3 ans "normal" doit pouvoir passer 2H sur les genoux de sa maman quand celle-ci profite d'un déjeuner au resto avec ses potes, puisque c'est ce que j'ai pu faire avec elle tout récemment. Mais je suis mère de F., aussi.  Pour qui, même à 5 ans, une telle chose serait impensable.
  • Avons-nous la possibilité de l'accompagner ? Y a t il la bande passante, pour l'un comme pour l'autre ? l'enfant ne peut pas être soumis à effort constant, et nous non plus. Différer, ne signifie pas ne rien faire : on ne nie pas le chantier, on priorise. Pour le moment, je choisis de travailler sur tel point, ensuite, ce sera le moment de…

Ce côté bande passante nous ramène à un point que tu mentionnes également : 

5. Ce qui est acceptable ou pas, ce qui est le "bon moment pour" accompagner notre enfant vers un changement de comportement dépend aussi de nos propres besoins de parents. 
Car comme je l'avais évoqué dans ce sublime billet (oui, n'ayons pas peur des mots !) sur les limites du parent / le don de soi chez le parent, en éducation il ne s'agit pas, au fond, d'apprendre à nos enfants à respecter des limites abstraites, mais à accepter que tout un chacun a des limites, et à les prendre en compte dans son comportement. C'est une éducation qui ne se base plus sur la peur de l'autorité et de la sanction, mais sur l'empathie et le souci de vivre en communauté d'une manière qui respecte les besoins de chacun.
Et donc, il s'agit bel et bien de permettre cet apprentissage à notre enfant, en affirmant, graduellement, nos besoins de parents. 
Ces besoins varient selon les parents, et varient dans le temps. Et en plus, il est dur de les détecter / leur accorder l'importance qu'ils peuvent avoir.

Un exemple tout bête et assez récent chez nous. F. et E. avaient pris l'habitude de manger 2 yaourts par jour. 1 au petit déj, et 1 à l'un des deux autres repas. Et parfois, ils ne se gênaient pas pour augmenter la dose. J'ai laissé faire en  me disant que ce n'était pas bien grave.
Si ce n'est qu'en fait, ça devait bien m'énerver quelque part, entre 
  • le coût des yaourts (chez nous c'est chèvre ou brebis donc un minimum de 2x2yaourts par jour ça chiffre vite), 
  • la pression pour en racheter très régulièrement, 
  • l'énervement face à la manière dont ils avaient tendance à réclamer quand même plus, 
  • une mauvaise conscience sous-jacente parce que quand même, même si ce n'est pas du lait de vache, ingérer autant de produits laitiers animaux c'est peut-être pas optimal non plus, 

Bref.

Il y a eu des conflits autour des yaourts; dont certains pas franchement gérés en mode positif...

J'ai fini par admettre qu'en fait, si : cela m'embêtait, et que j'allais m'écouter. J'ai annoncé la règle "à partir de maintenant, c'est 1 yaourt par jour". A eux de choisir si ils le prennent au petit déj, au déj, ou au dîner, mais une fois qu'il a été pris, il a été pris. 
Cela m'a demandé de "tenir" pendant 2-3 jours, mais quel soulagement et détente sur le sujet depuis ! J'avais eu, comme tu dis, la "flemme" de m'y coller, mais après coup, je suis bien contente de l'avoir fait.




6. Par ailleurs, avoir confiance dans le développement de l'enfant c'est bien joli... mais pas trop quand même.

On a très envie, parfois, en tant que parent, de se dire que "ça viendra tout seul…". Ben… oui, beaucoup de choses vont venir seules ou presque. Mais d'autres... pas.
Je crois qu'en tant que parent il n'est pas facile de se positionner entre une posture où l'adulte superpuissant est celui qui apprend tout à l'enfant, et celle où l'enfant apprendrait et comprendrait tout, tout seul.
C'est par exemple le risque avec l'engouement Montessori : 
  • mal compris, les principes de cette pédagogie peuvent se retrouver interprétés en : "Je laisse faire mon enfant, il fera toutes ses expériences seul, et comprendra tout seul ce qui va et ne va pas". Hum, non. 
  • Typiquement, une classe Montessori c'est très normé, il y a des règles, les "expériences" que l'enfant va pouvoir faire sont calibrées, de manière à justement lui permettre de constater ensuite par lui-même ce qui va ou ne va pas, et l'adulte va lui montrer comment il doit manipuler tel ou tel matériel, avant de le laisser le prendre. 


Il ne s'agit donc pas d'adopter une attitude de non-intervention, mais bel et bien d'intervenir différemment.
Exemple: si on disait "Je laisse mon enfant mettre le souk dans la salle de bains, il constatera tout seul que quand il met de l'eau partout, c'est moins agréable". Hum, peu de chances. 
Il n'a pas les repères nécessaires pour apprécier vraiment la différence entre une salle de bains à peu près propre et rangée, et une salle de bains qui a vécu un tsunami bain enthousiaste de deux enfants qui ont voulu mélanger touts les produits et ustensiles de beauté dans la baignoire, puis vider ladite baignoire sur le carrelage. Ou alors, ce sera en glissant bien fort sur le carrelage humide, et en atterrissant aux urgences, ce qui est un prix assez fort à payer, pour toutes les parties prenantes y compris les parents.
En revanche, une manière pour l'adulte de sensibiliser l'enfant à l'intérêt d'une salle de bains à peu près propre et rangée, sera de
  • veiller lui-même à la maintenir ainsi 
  • souligner son attente, 
  • dire le risque ("sur un carrelage mouillé, on risque de glisser"), 
  • souligner l'effet sur soi "l'eau en dehors de la baignoire salit la salle de bains", 
  • et faire toucher du doigt la conséquence en invitant l'enfant à nettoyer / sécher derrière lui : toucher du doigt la vraie conséquence d'une salle de bains en bazar : ça cause du travail. 
Bref, c'est tout, sauf ne rien faire.

Je crois que ce risque à espérer que "ça viendra tout seul" est particulièrement présent dans le cadre des conventions sociales, comme la politesse susmentionnée, ou encore la tenue à table dont tu parlais. 
  • Autant on peut partir du principe que le schéma de développement pousse spontanément un enfant à vouloir marcher, parler, et le simple spectacle de notre vie au quotidien, les interactions avec nous, suffiront à donner à nos enfants les informations et l'envie nécessaire pour développer ces capacités là, 
  • autant j'ai fini par admettre que nos enfants ont besoin de nous, de notre intervention, pour décrypter les codes sociaux. Ces codes sociaux sont, pour la plupart, bien trop complexes pour que nous puissions espérer que nos enfants les comprendront et assimileront tout seuls. Ils ont besoin de nous pour les expliciter, et pour manifester leur importance. 
Et très honnêtement, j'ai suffisamment vu de grands enfants, ou d'adultes, se tenir n'importe comment à table pour penser que, non, là dessus, nous avons un rôle privilégié à jouer : interprète des exigences de la société.
C'est un point que je veux développer depuis loooongtemps sur le blog, et que j'ai pêché dans le livre de Jane Nelsen sur la Discipline Positive pour les 3-6 ans : le rôle fondamental des adultes pour guider l'enfant dans le labyrinthe que représentent la vie en société, ses codes, tout ce qui tourne autour de la relation à autrui.

Il y a plus.
7. En ce qui me concerne, ma relativement brève expérience de maman (F. n'a que 5 ans…!) m'a permis de me prendre suffisamment de baffes pour m'inciter à prendre en compte cet aspect.
En effet, j'ai eu assez d''occasions de constater qu'un des risques à trop compter sur le temps, et pas assez sur ma propre action, pour qu'un apprentissage se fasse chez mon enfant, c'est que
  • subitement ça devient urgent, on est exposé à une pression (notamment, au hasard, celles de "personnes qui me font douter" : généralement des membres de la famille proche dont le regard différent posé sur nos enfants, et la tendance à verbaliser leur pensée de manière assez peu diplomate, constitue un des charmes des retrouvailles familiales)
  • on se dit que "franchement, là il faudrait qu'il en soit capable quand même
et c'est là où sous l'effet 
    • de la pression temporelle, 
    • du doute, 
    • de l'impatience / une certaine dose de rancune ("je t'ai laissé largement assez de temps"), 
    • voire de jalousie envers notre enfant (n'oublions pas que quand un comportement de notre enfant nous énerve particulièrement, y a des chances que ce soit parce que notre enfant intérieur - = nous, petit -  se compare à notre enfant et pense "eh, mais moi on m'aurait jamais laissé faire ça, c'est pas juste !"), 
on peut en arriver à se perdre assez loin des principes de l'éducation positive au nom desquels on avait pourtant laissé du temps (trop de temps ?) au temps.
Eh oui, paf, on se retrouve subitement en plein "trop de bienveillance tue la bienveillance". Et pour couronner le tout, la culpabilité que ce dérapage provoque en nous nous pousse à faire machine arrière et à lâcher sur le fond, quand c'est la forme qui posait problème.


Moralité, oui, comme tu le dis, la réponse à cette question est compliquée.
En fait, elle suppose un travail permanent, une réévaluation constante.
Oui, jauger le besoin d'éducation de notre enfant, c'est un sacré travail car cela suppose d'être attentif
  • aux besoins de son enfant (sans cesse en évolution. Et dans le tas des besoins de l'enfant, il y a le besoin d'apprentissage...), 
  • mais aussi aux nôtres. qui en plus d'être en évolution, nous obligent souvent à fournir un sacré travail pour en être vraiment conscient, puisque c'est souvent ce qui ne nous a pas été appris dans notre propre enfance.
  • aux peurs qui nous empêchent d'affirmer ces besoins, et notamment à la peur de rentrer en conflit avec notre enfant. Or si il y a bien une chose à avoir en tête avec la parentalité positive, c'est qu'elle ne vise pas à éradiquer complètement le conflit / les crises avec notre enfant. Il y a forcément des oppositions, et ce n'est pas l'opposition qui constitue un problème, mais la manière (respectueuse ou non) dont elle est gérée. 
"Oui, tu aimerais vraiment faire autrement. Le souci c'est qu'en tant que maman, je dois veiller à ce que ."

Bref, la crise n'est donc elle-même pas du tout un signe pouvant montrer qu'on a tort ou raison.
D'ailleurs, la même crise pourra être vécue comme un signe de laxisme, par notre entourage
on voit qu'il n'est pas habitué à la frustration ! et tu lui permets de hurler comme ça ?!?!

et comme un signe qu'on a été trop autoritaire, par nous-même
oh mince j'ai été trop dur(e)

et n'être ni l'un, ni l'autre, mais juste la manifestation logique d'une frustration nécessaire mais néanmoins douloureuse.


Du coup, je crois qu'un point important pour aider à discerner, c'est de savoir s'entourer.
  • Plus on est exposé à des avis "contraires" niveau éducation, à des avis de personnes dont la conception de l'enfant et de l'éducation est franchement éloignée de la nôtre, plus il est difficile de garder le cap : ces avis nous insécurisent, et on se retrouve, soit à les suivre sans conviction, soit à se braquer sur la position opposée. Perdant ainsi le contact avec ce qu'exigerait vraiment la situation;
  • Alors que fréquenter, observer, échanger avec des personnes ayant une sensibilité proche permet d'avoir un avis, un regard autre, mais avec cette sécurité de savoir que la philosophie de base est la même. C'est ce que j'observe dans les groupes Faber et Mazlish (celui auquel j'avais participé, ceux que j'anime) : les partages autour de l'un ou l'autre problème peuvent se faire sur la base des outils vus ensemble, et donc c'est très sécurisant pour le parent.
C'est ce que tu es venue chercher ici, et du coup, il te sera plus facile de tirer tes propres conclusions, sereinement, en t'en inspirant ou en décidant que tu vois les choses autrement, si je te dis que, par exemple, chez moi, je pars du principe que les enfants doivent apprendre à rester à table (bicoz code social, convivialité, miettes par terre et doigts sales sur le canapé). Mais comme c'est encore en contradiction avec leurs capacités actuelles, j'aménage la contrainte
  • comme toi, je permets de se lever pour se rendre utile, et même, j'encourage
  • quand le besoin s'en fait sentir (fatigue), et une fois leur assiette vide (pour m'éviter trop de tâches: un point que j'ai rajouté car j'ai affaire à deux enfants de 3 et 5 ans; je faisais différemment avec un enfant de 2), ils peuvent passer de leur chaise à la mienne pour se ravitailler en câlins et en attention parentale
  • si nous sommes en société (resto, repas en famille), 
    • soit j'adapte aux us et coutumes locales (si on est dans une famille où les enfants se lèvent, mes enfants sont tout à fait capables d'entendre que là bas c'est autorisé, chez nous non), 
    • soit je gère en adaptant les règles : par exemple, pour un repas qui va durer longtemps, je permets d'aller se lever entre chaque plat. Chez mes beaux-parents cet été, j'avais défini qu'ils restaient à table jusqu'à la fin du plat de résistance, et qu'ils pouvaient ensuite jouer autour de nous sur la terrasse jusqu'au moment de revenir à table pour le dessert. Cela permettait de concilier leur besoin de mouvement avec la longueur d'un repas "de famille" et l'envie de mes beaux-parents de discuter de manière prolongée avec nous. 
    • Un point important, c'est que maintenant je prends les devants : j'énonce la règle à haute et intelligible voix devant mes enfants… et devant mes beaux-parents. Ils voient donc que je me suis clairement positionnée, que l'affaire est gérée, même si elle l'est différemment de ce que eux auraient mis en place. Et ils voient que j'occupe ma place de parent : la place de la personne qui définit les règles concernant mes enfants étant manifestement prise, il y a moins de tentation à venir l'occuper ;-)

Voilà quelques points pour discerner…. hélas, ils ne dispensent pas de ce discernement, et de ce qui va nécessairement de pair avec ce discernement : du tâtonnement, des fois où on va un peu trop dans un sens, des fois où on va un peu trop dans l'autre, bref, d'errer, et dans errer, il y a "erreur". Et ça, ce n'est pas confortable, parce qu'en tant que parent on n'a pas du tout envie de faire des erreurs. Je te rassure (ou pas), personne n'y échappe, moi la première…

Caramba.
Encore raté.


"Père, gardez vous à droite ! Père, gardez-vous à gauche !" - Parent positif luttant pour ne sombrer si dans le laxisme, ni dans l'autoritarisme, allégorie