lundi 13 avril 2026

Les Bouts en charriotte électrique : Crash et Crash-Test

NB : ce billet a été écrit pour l'essentiel en décembre 2024; pas publié car je voulais le fignoler, perfectionnisme machin.

Au vu de la conjoncture actuelle, je me dis qu'il n'est pas stupide de le ressortir + je l'assortis, avec 16 mois de recul de plus, de quelques remarques supplémentaires en conclusion du billet.


J'avais sous-entendu que pas mal d'éléments ont contribué à rendre le début d'année 2024 particulièrement chargé chez nous. Pas des moindres : j'ai crashé notre véhicule familial mi-janvier, lors de l'épisode de froid / neige qui s'est abattu sur la région parisienne. Une rue en pente, une plaque de verglas au milieu du carrefour... j'avais beau rouler au pas, ca n'a pas suffi : notre charriotte est allée défoncer les grilles protégeant le trottoir d'en face, en arrachant une au passage.

Nous avons eu beaucoup de chance (= nous, car les 2 aînés étaient avec moi. Je m'étais chargée de les amener à l'école pour soulager un peu Monsieur Bout qui sortait de 8 jours de grippe monstrueuse aux relents de Covid, et avait du gérer la fin de cette vicieuse petite chose de concert avec mon absence pendant plus de 48h pour cause de séminaire au Luxembourg) : aucun dommage pour nous. Notre fidèle carrosse familial, en revanche...

Le pauvre ne payait pas de mine. Avec ses 12 ans et 227 000 km au compteur, sans compter ses nombreuses rayures très fashion bien que pas d'origine, le verdict "économiquement irréparable" était évident aux yeux de tous ceux de notre entourage s'y connaissant un minimum en bagnole. (Ah, ah, ah. Savez-vous qui nous avons récupéré, réparée, 8 mois après les faits ?)

Bref, avec notre fidèle titine dans les choux, et à ce qu'il semblait, pour toujours, nous avons du nous pencher raaaaapidement sur la question de son remplacement. Car nous sommes possesseurs d'un autre véhicule, mais 

  • faire rentrer l'intégralité des Bouts dans notre Twingo, ça ressemble un peu trop à la blague où il faut caser 4 éléphants dans une 2CV. 
  • Et les jours où Monsieur et Madame ont vraiment besoin de chacun une voiture (Monsieur, pour tous les trajets d'école puisque aucun des 3 n'est scolarisé près de chez nous, trop facile sinon ; Madame, les jours où elle a des RDV clients pas à Paris mais dans le reste de la région parisienne), c'est encore plus drôle.

Nous avions déjà réfléchi à passer à l'électrique pour notre véhicule secondaire, mais il était évident à nos yeux, malgré un lobbying acharné de la part d'un de mes frères, qu'avoir pour véhicule familial une voiture électrique serait ingérable. Les informations, floues, contradictoires, anxiogènes qui nous parvenaient nous semblaient promettre des trajets compliqués, coûteux, un quotidien complexe à gérer, pour un gain écologique controversé... Bref, nous étions looooin d'être convaincus, ou plutôt, si :  convaincus, mais dans l'autre sens.

Jusqu'à ce que Titine sur son lit de mort nous oblige à nous poser concrètement la question. Et là, à l'idée de racheter un véhicule neuf thermique, ben... ça a bloqué (oui, neuf. Seule option possible pour nous. Nous sommes tellement peu doués en voiture qu'acheter de l'occasion nous semble impossible : on se ferait refiler n'importe quoi). Comme pour le coup après nous gardons longtemps nos voitures (nous avions bien le projet de garder Titine jusqu'à sa mort, que nous pensions encore éloignée d'un certain nombre d'années), eh bien... soudain, remettre plein de sous dans du thermique pour nous accompagner pendant minimum 15 ans, ça nous a semblé brutalement anachronique.

Et donc, là où 

  • la veille de l'accident : nous aurions encore juré nos grands dieux que franchement, ce ne serait pas demain la veille que la Famille Bout roulerait à l'électrique dans notre gros véhicule, 
  • une semaine après : Monsieur Bout passait son temps sur des sites internet à comparer différents modèles, et nous exploitions le moindre creux de mon emploi du temps pro pour aller faire des essais.

(mince, encore un jamais d'explosé)


Nos critères à l'arrivée

  • nous avions besoin de 3 vrais sièges à l'arrière pour les sièges auto de certains, encore, et puis, ça grandit, ça prend de plus en plus de place ces petites bêtes Bouts.
  • un coffre de bonne taille (nous en avions un très grand avant, nous avons un peu perdu au change, mais ça reste très très OK surtout maintenant que nous ne nous baladons plus avec poussette, seaux à couches lavables sales, lit parapluie, bref tmtc). Et Monsieur Bout a encore progressé en Tetris.
  • un max d'autonomie, pour prendre en compte les loooongs trajets de nos vacances.
  • fabrication européenne 

La gagnante : Skoda Enyaq 85.

Et en plus, j'ai fait ma fille, je l'ai demandée (ça a été compliqué car il nous en fallait une sur stock vus les délais de fabrication incompatibles avec l'urgence) en version bleeeeeue. Un beau bleu roi. Pour la première fois, j'ai une voiture de couleur, jolie. Rho. (et accessoirement, plus facile à retrouver sur un parking quand on n'a plus qu'une très, très, trop vague idée de 'endroit où on l'a garée).

Suite à de fort cocasses péripéties, nous l'avons finalement reçue avec pas mal de retard sur le planning, et donc... 3 jours avant de partir avec pour nos vacances de Pâques. Autant dire qu'on a serré les fesses en se disant qu'on allait de suite être jetés dans le grand bain.

Nous étions motivés, mais persuadés que le passage à l'électrique allait a minima s'accompagner d'une période de transition un peu douloureuse.

Grande surprise : non. Nous espérions un bilan gloooobalement positif, et plutôt sur le moyen terme, nous ne nous attendions pas à un bilan aussi clairement positif, et si vite.


Je vous le partage, car ça peut nourrir vos réflexions, et nous avons été très, très contents de pouvoir bénéficier de retours d'expériences d'autres personnes de confiance (eh, c'était ça, le villageois auquel je faisais allusion dans ce billet) autrement plus fiables et concrètes que les informations relayées par pas mal de médias.


1. La première grande question : la charge 

Relou ? Pas relou ?

Pour le quotidien, avec une borne de 7 kwh installée à la maison, c'est très, très simple : on branche le soir en 2 minutes, on débranche le matin, et zou, on est tranquille pour pas mal de jours en fonction des trajets prévus. 

Je ne sais pas si j'ai déjà mentionné ici ma tendance à me retrouver au bord de la panne sèche (voire... pas qu'au bord hélas) ? Eh bien, oubliez cela bien vite, voyons, ce n'est pas du tout mon genre Problème réglé. 

  • Moi que la perspective de devoir passer à la station essence agace et angoisse (je ne parle pas encore au passé car il nous reste notre petite Twingo. Mais depuis l'arrivée de notre nouveau carrosse, nous l'utilisons le moins possible, donc nous en sommes au 3ème plein, ce qui a pu beaucoup plus facilement être pris en charge, en totalité, par mon valeureux mari) je chante la vie, je danse la vie, je ne suis qu'amour
  • Aller perdre 15 minutes à la station service me saoulait profondément et je procrastinais cela autant que possible voire au-delà (tenez, en écrivant cela je me dis que maintenant avec Habitica j'aurais probablement pu me mettre un max de points, hinhin), 
  • brancher en 2 minutes est complètement indolore (mais je me mets quand même un rappel sur Habitica pour y penser à 22h cf plus bas). En plus, au moment où la connexion se fait, un petit chuintement (style sable coulant dans un sablier) commence à se faire entendre, comme si on entendait l'électricité rentrer dans la voiture, c'est à l'arrivée aussi jouissif que les petits jingle d'Habitica : mon petit shoot de dopamine à moi. 
  • Je peux le faire quaaand je veux, quand j'y pense, en pyjama au besoin.
J'avoue que je ne m'attendais pas à cette simplification du quotidien, mais qu'eeeest-ce que c'est bon de ne plus serrer les dents pour arriver à la maison puis glisser à Monsieur Bout, la bouche en cœur "Ah oui, euh, peut-être qu'il faudrait faire le plein....". Moi qui pensais signer pour une augmentation de charge mentale... j'ai vu au contraire une source de charge mentale s'évanouir sans crier gare, et j'ai A-DO-RE; plusieurs mois après, ça m'éclate toujours autant.

Les quelques jours entre l'arrivée de la voiture et l'installation de la borne, nous avons du la charger sur secteur, c'est carrément plus long (alors qu'avec la borne, en 1 nuit on est bons, sur simple prise secteur pour le coup une charge complète dure une bonne trentaine d'heures), donc clairement, le secteur est une bonne solution d'appoint mais les quelques centaines d'euros d'installation de borne valent largement le coup dans la durée.


2. Deuxième grande question : la charge, oui mais... durant ces fameux grands trajets?


C'était notre plus gros frein au départ : nos parents respectifs habitent dans le Sud-Ouest et en Provence, nous partons chaque année en expédition à Berlin voir les grands-parents allemands de Monsieur Bout, bref, à quasiment chaque période de vacances, notre véhicule familial avale du kilomètre, et sur des longs trajets d'un coup !

Une fois le sujet devenu vraiment d'actualité, nous nous étions renseignés, et le fait d'avoir des témoignages et, par là, accès à des moyens de calcul assez fiables nous avaient déjà suffisamment rassurés pour que nous osions faire le pas. Mais tout de même, nous étions assez persuadés que ça allait être un gros changement. Changement dont nous avions décidé de faire une opportunité : en mode habituel, nos départs en vacances se font systématiquement avec un gros temps de retard, nous conduisons ensuite de manière serrée (et stressante pour le conducteur) pour essayer de grignoter ce retard, ... bref, nous nous sommes dit que le passage à l'électrique nous obligerait à nous discipliner en nous mettant sous contrainte, contrainte que nous pensions très grosse.

Et avions, clairement, complètement surévaluée.

Notre inauguration durant les vacances de Pâques nous a déjà vite rassurés : 72h après la récupération de la voiture, notre premier trajet direction l'Île d'Oléron nous a surpris par sa fluidité. Et encore, c'est en incluant 1 ou 2 petits couacs de débutants comme 

  • ne pas réussir à connecter la voiture du 1er coup à la première borne de recharge... 
    • pour apprendre, en appelant l'assistance de la borne (réponse au bout de 4 minutes), qu'en fait notre véhicule fait partie des modèles pour lesquels il est important de démarrer la charge toutes portes fermées. 
    • Dès que la charge est enclenchée (soit au bout de 2 minutes max tout compris), on peut allègrement ouvrir les portes et débarquer tout le monde. Nous avons été très fiers de transmettre ce savoir à d'autres propriétaires du même modèle, confrontés sous nos yeux aguerris au même souci quelques trajets plus tard.
  • avoir inclus un 2ème, court, arrêt supplémentaire par prudence en n'osant pas trop passer en dessous des 25% : comme l'a souligné mon frère, et comme nous l'avons vite constaté effectivement ensuite, au bout de quelques trajets on a une appréhension bien plus exacte de ce dont est capable la batterie, de ce que représentent les chiffres qu'elle affiche, ainsi que les prévisions du navigateur de bord (le nôtre est du genre prudent), et donc on sait optimiser le trajet / le nombre de recharges au lieu de s'arrêter pour rien "pour être bien sûrs".

Mais regardons d'un peu plus près les différentes questions que posent les grands trajets

2a. Accessibilité des bornes sur autoroute : 

Dans la série fausses idées véhiculées : celle qu'il faut sortir de l'autoroute pour charger. Deux choses à ce sujet :

  • si on veut prendre une borne Tesla, effectivement Tesla a fait le choix stratégique de les positionner hors autoroute, très souvent à proximité immédiate des entrées/sorties, donc cela rajoute 5 minutes. L'un de mes frères a une Tesla d'un modèle tel qu'il était vendu avec "la recharge Tesla gratuite à vie", donc pour lui, prendre ces 5 minutes supplémentaires est rentable. Mais... pas du tout besoin de bornes Tesla pour le commun des mortels. Il existe moult autres opérateurs, présents sur aires d'autoroute.
  • autant 
    • il y a quelques années il fallait calculer juste pour trouver une aire d'autoroute équipée (d'où la fausse idée mentionnée précédemment : Tesla ayant développé son réseau en avance de phase, cette idée a en fait correspondu à une certaine réalité... avant)
    • autant, la règlementation ayant changé, en France toutes les aires d'autoroute proposant de l'essence sont maintenant équipées également de bornes électriques à charge rapide
    • De ce que j'ai lu, bientôt des aires sans essence se verront également équipées (puisque l'installation de bornes électriques ne pose pas du tout les mêmes questions, de sécurité notamment, qu'une installation de bornes essence). En Allemagne aussi, aires tout à fait ok.


2b. Accessibilité réelle des bornes : 

Pareil, le spectre d'infrastructures surchargées, avec (longues, pendant qu'on y est) files d'attentes pour charger sur les autoroutes, était quelque chose qui semblait très réel si nous en croyions les informations relayées par les médias, et nous étions un peu inquiets de ce que ça donnerait, en plein été notamment.

Dans les faits, nos 6 semaines de vacances d'été et les trajets associés nous ont plutôt montré l'inverse

  • les travaux d'aménagement susmentionnés ont généralement été dimensionnés laaargement par rapport à la flotte circulant actuellement, et même les stations plus "vieilles" ont été agrandies, doublant, triplant, quadruplant leur capacité d'accueil. Nous avons souvent vu des stations avec une vingtaine de bornes installées, dont rarement plus de la moitié occupées simultanément.
  • J'ai été même bien rassurée lors d'une halte sur une aire énorme, absolument bondée, où nous avons, au départ, trouvé tous les éléments de l'aire surchargée
    • 7 à 8 voitures faisant la queue par pompe à essence, 
    • véhicules garés n'importe où, n'importe comment, à perpet, sur les bas côtés ou ailleurs, 
    • grands moments de courtoisie avec des gens se piquant les places de parking et s'insultant copieusement... 
    • et puis... vision céleste ! 24 places de recharge électrique splendidement situées à proximité immédiate de la boutique/WC/machin, et la plupart vides. Nous y avons laissé notre carrosse, et finalement, faire la queue aux WC évidemment eux aussi bondés aura duré quasiment plus longtemps que la recharge.

Sur tous nos trajets de cet été, nous avons quand même du attendre une fois pour charger : 

  • sur une aire alsacienne énorme mais à l'infrastructure électrique non encore agrandie / proportionnée (= 6 bornes de recharges rapides seulement, et une douzaine de places visiblement prévues pour en accueillir davantage... prochainement), 
  • en plein dans la bonne heure (13h et des poussières), dans le weekend de chassé-croisé de début aout. 
  • Cette attente n'a duré que 5 minutes pour nous, le temps qu'un des véhicules garés termine sa charge et libère une place, mais je crois que le véhicule arrivé juste après nous a, lui, du attendre une dizaine de minutes de plus puisque nous avons croisé son conducteur en regagnant notre voiture après la pause WC. 
  • Ceci dit, en repartant, nous avons vu que de longues files attendaient pour l'essence, donc l'attente aurait peut-être été comparable de toute manière, sauf à rouler au schnaps.

2c. Crachons un peu quand même : les bornes hors autoroute 

Alors, là, pour le coup, c'est le point le moins fiable : quand on est en vacances, la charge sur d'autres bornes sur le lieu de vacances n'est pas toujours simple. 

  • si on vise de grands opérateurs comme Tesla ou PowerDot (de plus en plus de grandes surfaces s'équipent de bornes de celui-ci), impeccable. 
  • en revanche, on a testé d'autres trucs et autant c'est parfois super simple (à la Toussaint, charge sur borne municipale à Cabourg sans une rature), autant parfois 

    • la borne est en dérangement (Saint Emilion cet été), 
    • ou, après un début prometteur, mouline et finit par refuser la connexion (Toussaint toujours, pas réussi à me connecter à la borne Mac Do de Cherbourg). 
Ces quelques couacs sont assez frustrants ! Heureusement, le maillage de bornes est tel que ça ne présente pas de risque de "panne" car la plus proche borne fonctionnelle va l'être (proche), mais le combiné "aller à la borne 1 - tenter de se brancher - rater - tenter de résoudre le problème - abandonner et repérer la borne suivante -  y aller" peut représenter une perte de temps assez agaçante. 

Heureusement que dans les faits, on est assez peu souvent exposés à ce risque, puisque l'essentiel de la charge d'un véhicule électrique se fera 

  • à domicile, de manière écrasante, 
  • puis sur autoroute avec des systèmes bien rodés, 
  • qu'ensuite on peut viser les gros opérateurs comme Tesla ou PowerDot susmentionnés, 
  • et ensuite, en dernier recours, quelques très rares fois par an (sur 8 mois d'utilisation on a du en avoir besoin 4 ou 5 fois) on aura besoin de "risquer" quelque chose de moins assurément fiable.

2d. Temps de recharge et impact temps de trajet

Premier point à prendre en compte d'abord : le véhicule avec lequel on part. 

  • Les bornes d'autoroute n'ont rien à voir avec les bornes maisons, ni avec celles installées sur autoroute il y a tout juste quelques années
    • Là où une borne maison standard délivre une puissance de 7kWh, une borne sur autoroute, dite à recharge rapide, en délivre 120 à 150. 
    • En revanche, il existe toujours, sur autoroute, au moins une borne à faible débit (pour les véhicules plus anciens, et les hybrides, pour qui se brancher sur du haut débit n'a aucun intérêt puisqu'ils n'arrivent pas absorber plus vite). Evidemment, hein, avec un véhicule 100% électrique moderne on va choisir les bornes rapides, pas la petite faiblarde. Ceci dit, se brancher sur la borne lente est une erreur qu'on peut faire, si on est vraiment très mal informé (et je crois avoir vu un reportage où c'était typiquement ce que faisait le gars.). Mais une fois qu'on nous l'a dit, c'est pas bien compliqué d'y prendre garde.
    • Les batteries actuelles n'ont plus rien à voir avec celles des véhicules vendus il y a plusieurs années : elles ont une durée d'autonomie bien supérieure, et une vitesse de recharge sans comparaison également. 
    • Par ailleurs, dans les véhicules actuels, il existe encore des différences significatives. Du coup, pour une famille qui comme la nôtre voyage souvent longtemps, c'est vraiment un critère à regarder et comparer de près. 
C'est un des points, par exemple, qui a fait triompher notre Skoda par rapport à la Tesla équivalente : notre Skoda arbore fièrement une autonomie de 576 km WLP. Ce terme très savant veut dire que c'est une autonomie mixte en laboratoire. 

  • Dans les faits, donc, ça fait sensiblement moins sur autoroute, et en revanche, si on ne l'utilise que pour des trajets du quotidien, on pourra rouler davantage entre 2 recharges. 
  • Par exemple, comme nous n'attendons pas qu'elle soit viiiiide pour la recharger (ce qui est déconseillé, pour préserver la batterie il vaut mieux viser de la garder la plupart du temps entre 20 et 80%), nous avons cependant pu voir qu'une fois où nous avons attendu, elle a fait plus de 650 km entre 2 recharges, en n'étant employée qu'à des trajets d'école, covoiturages scouts, courses, visite-clients de Gwen, etc.


Mais sur autoroute, disions-nous ? Concrètement, 576 km WLP, ça fait facilement 400 km d'autonomie sur autoroute, voire plus si on vide totalement la batterie. 

  • Dans les faits, comme les temps de charge rapide suivent une courbe sans pitié (= plus la batterie est pleine, plus elle met de temps à charger 1% supplémentaire = on met à peu près autant de temps à passer de 20 à 80% qu'à passer ensuite de 80 à 100%), la recommandation classique, que nous suivons, est : on part de chez nous à 100%, on recharge sur aire d'autoroute une fois descendus à peu près à 20%, pour monter à 80% et repartir direct, puis on redescend ensuite à 20%, etc. 
  • Cela nous donne un arrêt toutes les 2-3h, pour autour de 20-25 minutes. A l'arrivée, ces courtes pauses sont bienvenues et participent à l'effet détente. 
  • Par ailleurs, ça passe d'autant mieux que 
    • 1. pas besoin de rester avec le véhicule pendant qu'il charge. On le branche et on se barre direct.  
    • 2. pas besoin de redéplacer le véhicule (sauf si on va rester plus longtemps que le temps de charge ET que toutes les places sont prises donc que ce serait pas cool pour les suivants de bloquer une place pour rien => Nous n'avons jamais été dans une situation réunissant ces 2 conditions) 
    • 3. On peut suivre la progression de la charge en temps réel sur son smartphone donc c'est facile d'anticiper/optimiser : quand on voit sur son téléphone qu'on n'est plus qu'à quelques minutes d'atteindre le pourcentage de charge souhaité, hop, on sonne la fin de la récré, on attend que quasiment tout le monde soit rattaché pour débrancher, et zou, repartis.

Comme des petits dessins valent mieux qu'un long discours, voici les petites notes prises sur les 2 derniers trajets de nos vacances : le plus long : Berlin - Strasbourg, puis, après 36h strasbourgeoises, Strasbourg - Yvelines. Après un été passé à nous émerveiller que ce soit tellement plus simple qu'attendu, j'ai utilisé Habitica pour prendre des notes détaillées car je souhaitais objectiver un peu cette sensation avec des données précises.

Données précises ci-dessous, donc

Comme vous le voyez, ça nous a fait 3 pauses recharges sur le trajet Berlin - Strasbourg, dont 2 utilisées pour manger, donc au cours desquelles la voiture a terminé de manger avant nous (et du coup, on en a profité pour la charger à 100% ces 2 arrêts-là). L'arrêt intermédiaire, une fois la pause pipi passée, se sera traduit par 10-15 minutes supplémentaires à marcher (nous) et courir partout (les jeunes Bouts).


Strasbourg - Yvelines













Autres constats : 

  • nous pensions devoir rouler à un rythme de mémère pour ne pas vider la batterie trop vite, et en fait même pas. Même plus : F. voulait profiter des autoroutes allemandes et de leurs sections sans limitations de vitesse, et les fois où de toute manière on prévoyait de s'arrêter bientôt on se permettait des pointes de vitesse dans ce sens et... c'était parfait.
  • Je précise que la voiture était pleine à craquer et que nous avons utilisé la clim sans vergogne (là où pareil, certaines lectures nous avaient laissé croire que procéder ainsi transformerait notre véhicule en bête assoiffée de sang d'électricité)

Ca fait donc un impact temps total étonnamment minime, alors même que nous étions partis de Berlin avec une batterie partiellement chargée seulement (bicoz les bornes à côté de notre hôtel berlinois étaient très chères, beaucoup plus que ce que nous savions pouvoir trouver sur l'autoroute).


Alors justement, passons au point important suivant :


3. les sous !!

Article pseudo informatif
C'est quand j'ai lu ce genre de truc, justement bien installée dans notre voiture, que j'ai réalisé, de manière flagrante, pourquoi nous avions autant hésité avant de passer à l'électrique : les informations relayées par les médias grand public sont POURRIES, pourrissimes, même, mais... comment le savoir quand on n'a pas le nez dedans? 

Là, j'étais dans ma voiture, après notre dernière recharge avant l'arrivée à la maison et... je venais de faire le calcul du "carburant" de l'été. Pour vous donner une idée, 

  • alors que pour un été standard en sans-plomb je budgétais grosso modo 900 à 1000€ de carburant, 
  • cet été nos recharges électriques nous ont coûté environ 400€ au total; et je précise que c'est 
    • sans avoir eu recours à des recharges "à l'œil" chez des amis / membres de la famille, qui viendraient quelque peu fausser le calcul : même chez mes beaux-parents par exemple, nous avons préféré aller charger à la station du Super U du coin. 
    • en n'ayant pas pu toujours optimiser : ce montant de 400€ inclut un chargement au prix de l'or à Berlin, et quelques chargements sur zone commerciale pas donnée dans nos différents lieux de vacances de cet été.

Donc, je venais de faire mes petits calculs, et paf, je tombe sur cet article... je tique, je m'interroge, je n'arrive pas à réconcilier mon vécu avec ce que je lis. Jusqu'à ce que j'avance dans ma lecture et que j'en arrive à cette fameuse "consommation moyenne de 25 kWh / 100 km".  

  • 25 kWh aux cent km, ça ne m'aurait jamais fait ciller avant. J'y aurais cru. Qu'est-ce-que vous voulez que j'aille chercher des noises, moi, j'y connais rien, si ils le disent, c'est que c'est vrai, c'est pas bien compliqué à avoir comme donnée, non ? 
  • Mais justement... c'est plus dur d'y croire quand c'est tellement facile à avoir comme donnée que j'ai les données de ma propre bagnole sous les yeux, qui montrent que même après 6 semaines à faire essentiellement de l'autoroute, donc à rouler vite, et en plus avoir fait de looooongues périodes de pointe à 160 km/h voire plus sur autoroute allemande (=périodes très gourmandes en énergie), on avoisine tout juste les 17 kWh / 100 km de moyenne. 
  • Ah bah oui. EVIDEMMENT. Si on veut arriver à un résultat faux, en fait, c'est facile : il suffit de faire le calcul avec des chiffres erronés. La data de m***, y a que ça de vrai.

Entendons-nous bien : il est complètement possible de se débrouiller de manière à ce que les km roulés à l'électricité coûtent aussi cher que des km sans-plomb. En tous cas quand on prend l'autoroute (pour des trajets quotidiens et donc en chargeant à la maison, je crois que là ça demande un effort de volonté vraiment hors du commun, cf plus bas). 

  • Aucun souci ! C'est d'ailleurs la réflexion qu'on s'est faite avec Monsieur Bout quand on a vu le prix de la recharge dans la borne rapide à 1 min à pied de notre hôtel berlinois (89 centimes du kWh). Si nous avions payé ce genre de tarifs durant toutes nos vacances, effectivement, la note globale n'aurait pas du tout eu la même tête. Et d'ailleurs, je suppose que ce seuil est plus vite atteint en Allemagne qu'en France, puisque le prix de l'électricité est, de base, plus élevé là-bas. Donc oui, en s'y prenant mal, sans la moindre information, c'est tout à fait possible, il n'y même pas besoin de truquer les chiffres de la consommation . 
  • Mais avec un minimum d'intelligence et un minimum d'informations, non. Je dis un minimum parce que, là aussi, nous nous attendions à devoir ruser comme des chacals pour limiter les coûts = charge mentale. (oui, on occulte trop souvent la charge mentale des chacals - et non, on dit pas des chacaux). A l'arrivée, c'est pourtant assez vite vu. En regardant les différents opérateurs au réseau suffisamment développé pour proposer de nombreux points de recharge rapide sur autoroute, nous avons vu que l'opérateur Ionity se distinguait par
    • des tarifs déjà pas déconnants
    • un système d'abonnement permettant de bénéficier d'une réduction substantielle dudit tarif : on peut passer à 33 centimes du kwH (sacrée différence avec les 89 susmentionnés, n'est ce pas ! Notons cependant que la différence de tarif de l'électricité entre France et Allemagne est se répercute aussi sur les bornes Ionity : c'est en France qu'on peut descendre à 0,33, en Allemagne, l'abonnement ne permet de descendre qu'à 0,39.)
    • et un système fonctionnant au mois : on peut donc s'abonner pour les mois où on prévoit de gros trajets, et se désabonner le reste de l'année.

Pas bien compliqué...

Sur l'aspect charge mentale, d'ailleurs, 

  • oui ça demande de planifier ses pauses recharges avec un peu plus de soin (surtout si on a justement pris un abonnement avec un opérateur précis), 
  • mais là aussi, l'effet charge mentale est bien moindre que craint : 
    • le navigateur de bord est assez performant (même si celui de notre Skoda l'est tout de même un poil moins que celui d'une Tesla, ou que celui de la toute nouvelle Renault Scénic que Monsieur Bout a eu l'occasion de tester cet été), donc il permet de planifier au fil de l'eau, 
    • et par ailleurs il existe des applis très pointues sur le sujet, que nous utilisons en complément / avant de monter en voiture.

C'est, du reste, un peu la même chose avec les mythes courants sur les temps de recharge : puisque passer de 80 à 100% dure aussi longtemps que de passer de 20 à 80%, si on veut tuer les stats, c'est très simple

  • on néglige la recommandation de ne charger, sur autoroute, que de 20 à 80% si on n'a pas de raison de rester plus longtemps (évidemment qu'on va au delà si on prend le temps d'un repas assez long par exemple; ou si on a un bébé à allaiter + changer; dans ce cas, on rentabilise l'arrêt).
  • On fait l'inverse : on attend scrupuleusement que la bagnole soit à 100% pour repartir, et hop, Mesdames et Messieurs, voici comment on double son temps de recharge, sans trucage! 

Donc, ça, c'est l'aspect financier "grands trajets". 

Concernant l'aspect financier quotidien, c'est très impressionnant. 

Sur les conseils de mon frérot, Monsieur Bout est allé regarder de plus près le tarif Tempo d'EDF et nous y avons basculé. Ce tarif différencie entre jours rouges, blancs et bleus, et heures creuses / heures pleines. 

  • Le principe est de ne charger qu'en heures creuses autant que possible (ça tombe bien, en branchant une batterie à 20% au début des heures creuses à 22h, elle est chargée pour la fin des heures creuses à 6h; zut alors) et en tous cas pas en heures pleines rouges (le tarif heures creuses jour rouge n'est pas un problème)
  • A 0,1296€ du kWh, un chargement de la voiture en heures creuses jour bleu nous donne un coût, au 100 km, de X euros. Là où nous en avions pour ... . Autant vous dire que notre Twingo essence ne sort quasiment plus (nous avons fait 3 pleins avec elle depuis le printemps), car le calcul est vite fait, et les conclusions vite tirées. 
  • Ca demande un peu d'anticipation en hiver (période durant laquelle sont positionnés ces fameux jours rouges) ; sortis de l'hiver... la différence devient moins palpable donc les quelques fois où on est allés se coucher sans brancher alors que ça aurait été nécessaire, on l'a fait au lever. Un chargement en heures pleines Jour bleu, avec un prix du kWh à 0.1609€, donne alors un coût du 100 km dans les.
  • Evidemment, hein, si on cherchait absolument à se ruiner, on pourrait s'amuser à se précipiter pour brancher notre véhicule en heures pleines jours rouges. A 0.7562€ le kWh, ca nous ferait du X au 100 km. Hélas, comme il n'y a que 22 jours rouges dans l'année, on est quand même OBLIGES de faire des économies le reste du temps. Quoique, non, rassurons-nous : si on voulait se compliquer la vie ET se pourrir le budget, on pourrait encore s'amuser à ne se brancher qu'en dehors de chez soi.

Côté entretien, la voiture est neuve, donc nous manquons évidemment de recul, mais ce qui est sûr c'est que

  • l'électronique peut revenir cher, c'est une crainte commune... à tempérer avec le constat que maintenant, tous les véhicules thermiques sont eux aussi bardés d'électronique hélas
  • en revanche, adieu les changements et entretiens de moult éléments mécaniques !
  • petit truc sympa supplémentaire : nous changerons beeeaucoup moins souvent les plaquettes de frein, puisqu'en électrique on apprend vite à profiter du frein régénératif : dès qu'on arrête d'accélérer, la batterie récupère de l'énergie (ce qui freine le véhicule), c'est donc très incitatif à utiliser cela au mieux, en anticipant, ce qui favorise une conduite beaucoup plus souple (on y est d'autant plus incité que sur le tableau de bord, une petite barre grandit quand on est en mode "récupération d'énergie". On a vite fait de tout faire pour la faire apparaître le plus souvent possible). Du coup, on freine très peu. Le plus sympa là dessus a été cet été : en redescendant une petite montagne après une excursion Luge d'été, nous avons
    • utilisé les freins deux fois sur toute la descente, pour les 2 virages les plus serrés de toutes les épingles à cheveux que comportait le trajet. c'est très reposant de ne pas avoir s'arcbouter sur la pédale de frein durant toute une descente
    • fini en bas avec une batterie à 31% alors que nous étions partis à 25%. C'était la première fois que nous faisions de la montagne avec notre nouveau carrosse, et donc que nous pouvions vraiment VOIR, numériquement, l'effet de ce fameux frein régénératif. (accessoirement, c'était la folie dans le studio l'habitacle: F. était au taquet, mais pas que lui, et tout le monde guettait et saluait à grands cris chaque % de plus affiché par la batterie. On s'amuse de peu !)


4. Longévité de la bagnole / batterie


Ca aussi, c'est une crainte bien attisée par les médias : la batterie perdrait très vite en capacité, et au bout de quelques années à peine, demanderait des arrêts de plus en plus fréquent.

Là encore, nous manquons bien évidemment de recul, en tant que famille Bout tout récemment équipée. En revanche, de la data existe. Et comme dit, j'ai la chance d'avoir un de mes frérots qui a basculé à l'électrique bien avant moi. Pire : il y a quelques années, il a remplacé sa première Tesla, achetée neuve, par une Tesla achetée d'occasion. Il roule donc avec un modèle de 2016, et pour rouler, il roule ! Il vit en Suisse, son épouse est d'origine bretonne, et son job l'amène beaucoup sur les routes. Il estime la perte de batterie, après 8 ans de bons et loyaux services, et plus de 200 0000 km, à inférieure à 10%.



Voili voilou pour ce premier bilan. Il ne s'agit pas de pousser tout le monde à passer à l'électrique, simplement de donner quelques informations utiles pour faciliter la prise de décision, sur la base de faits, et non de reportages à charge. Les véhicules électriques n'ont pas un bilan carbone parfait, loin de là, et il s'agit notamment d'être sûrs de rouler beaucoup avec : on estime que que le bilan carbone devient plus favorable qu'un véhicule thermique après 100 000 km ! Pour nous, c'est clairement vite atteint, ce n'est pas le cas de toutes les familles.


Ajout avril 2026 :
  • l'aspect économique : les tarifs électriques ont un peu augmenté depuis, mais euh, hein, je vous avoue, en ce moment précis, avec le contexte géopolitico-économique que nous savons, nous apprécions particulièrement de passer devant des stations services sans avoir à jamais nous y arrêter.
  • les pleins sur autoroute
    • l'an dernier nous avons testé les grands départs en ski Là, pour la première fois, nous nous sommes tapé plein d'attente (1h30) : stations saturées ; 
    • cet été nous avons failli revivre la même en arrivant sur une station équipée de 4 bornes, avec SEIZE véhicules en attente. Si ce n'est que... nous ne sommes plus des novices [Gwen bombe le torse]: nous avons su dégainer l'appli Chargemap, repérer une station Mac Do nécessitant un détour de 10-15 minutes (laaaargement préférable à l'éternité d'attente), et hop, partis. En plus, j'ai pu y prendre un churros en attendant
    • Clairement, depuis, plus aucun souci : nous avons choisir les aires avec soin et/ou rebondir instantanément en cas de mauvaise surprise. Mais c'est probablement là où la courbe d'apprentissage peut se faire sentir désagréablement au départ.
  • Le confort de conduite, en revanche, reste inégalé. Monsieur Bout comme moi-même trouvons petits et grands trajets beaucoup moins fatigants. 
  • Un autre aspect à prendre en compte : la connectique. La question de passer à l'électrique s'est posée pour mes parents. Nous avons plutôt cherché à les y inciter... jusqu'à une conversation avec ma môman qui a justement souligné deux points : 
    • ni elle ni mon papa ne sont des pro de la technologie : c'est nous (consortium de leurs enfants) qui les avons équipés de leur premier téléphone portable puis quelques années plus tard, de leur unique smartphone. Mon père ne sait toujours pas s'en servir à part pour passer des appels. Or beaucoup des fonctionnalités d'un véhicule électrique se gèrent par smartphone : connecter et payer une recharge sur une borne publique, suivre à distance le degré de chargement du véhicule, repérer une borne à proximité (se fait aussi sur le véhicule mais le téléphone est bien pratique). Autant de choses qui rendent les voyages si faciles ? Hum... faciles, oui, pour 95% de le population. Source additionnelle de stress pour eux. 
    • Comme mon honorable maman est la moins nulle des 2 sur le sujet, ce serait entièrement retombé sur elle. Et paf, prends-toi une couche de charge mentale supplémentaire.
    • Moralité, ils sont repartis sur du thermique, et ça se comprend clairement
  • le recul de 2 ans complets d'utilisation : nous qui avions pris ce premier modèle en leasing, par précaution (test de l'électrique + test du modèle = nous voulions voir à l'usage si notre compréhension de notre besoin théorique se révèlerait juste en pratique), nous avons signé pour acheter sa jumelle (pas moyen d'acheter celle que nous avons, hélas), que nous récupèrerons donc à la fin de l'été. Conquis.

Si vous avez des questions, allez-y allègrement, c'est avec joie que nous jouerons les villageois !



Blogger Widgets

lundi 6 avril 2026

Retour en cuisine

Lundi, joie de la Résurrection.

Occasion de ressusciter aussi le blog.

Et ce n'est pas un hasard si je le ressuscite, ou du moins le ranime, avec un sujet central chez moi : la BOUFFE.

Aïe, peut-être certains lecteurs avaient-ils fait le parallèle avec ce billet-ci, traitant des évènements d'un autre lundi de Pâques, et espéré qu'il s'agissait encore d'une fourberie. Mais non. Pas de 4ème chez les Bout.  Je l'avoue tout de go : ce n'est pas faute d'en avoir envie. Mais... mais... 6 ans après la naissance de notre numéro 3, je suis bien installée au poste de pourvoyeuse aux besoins financiers de la famille. Monsieur Bout, lui, gère admirablement bien les aspects maisonesques-enfantins, mais n'est toujours pas capable de tomber enceint. Une grossesse chez la Gwen, c'est une mise hors de combat quasi totale et durable, donc, et plus personne ne mange. Ce qui, cf. le début de ce message, est un argument-massue.


Ce blog a souffert de pas mal de choses, et notamment d'un quotidien bien chargé, tant sur le plan des plannings (ça bosse dur chez la Gwen, parfois très dur, et mes gosses passent quand même avant le blog), qu'à plusieurs reprises, sur le plan émotionnel.

Là je sors d'une phase compliquée, mais j'en sors, et un symptôme très clair est que je recommence à faire des trucs marrants en cuisine.

Phénomène facilité par un élément déclencheur : la découverte sur Instagram de itscoldtrain, un influenceur dont les vidéos parodient des vidéos de recettes d'influenceurs/ influenceuses, vidéos qui 

  1. Me font marrer
  2. Me donnent envie de cuisiner la recette
  3. Me parlent bien car une partie de sa drôlitude réside dans la manière dont il se rebelle contre la recette initiale et s'en affranchit en le revendiquant : il est aussi incapable que votre humble servante de suivre une recette à la lettre.

Ce qui fait que moi, je m'inspire de ses vidéos en lui, en ne suivant encore pas à la lettre ce qu'il fait.


Sur les quinze derniers jours, j'ai donc testé des recettes de 

  • Mugcake : une grande première chez moi : n'ayant pas de micro-ondes, je n'avais jamais creusé cette piste de gateaux individuels faits dans une tasse; mais sa vidéo m'a poussée à demander à Google. Et Google a dit que ça se faisait très bien au vitaliseur, bien que demandant considérablement plus de temps de cuisson. Ce que mon vitaliseur a confirmé. J'ai donc fait 2 versions sucrées et 1 salée. Réussites et succès notamment auprès des enfants.
  • Wraps à la carotte : j'aime beaucoup (et les enfants aussi) faire des machins à la mexicaine (héritage de nos jours Hello Fresh); cette recette permet d'augmenter la partie fibres/légumes et diminuer la partie glucides (et trucider le gluten au passage)
  • Espèce de One Pot Pasta au four (ouais, titre qui en jette grave)

et là : des espèces d'esquimaux protéinés

Car, oui, la Gwen sportive est toujours là; elle a connu de sérieux ralentissements de mi-décembre à fin février, mais ça aussi c'est reparti comme en 40. Elle fait donc de la muscu - puisqu'il paraît qu'à l'approche des 40 - 25 ans, c'est l'activité sportive à privilégier (bicoz fonte musculaire toussa), et la muscu, ça demande de veiller à ses apports en protéines. Donc la Gwen veille.


La recette suppose une utilisation de beurre de cacahuètes. Hic : je n'aime pas le goût de la cacahuète. Pas grave, cf "je ne suis de toute manière pas la recette".

Quand je me suis lancée, je prévoyais d'utiliser donc de la purée d'amandes complètes à la place. Re-Hic : je n'avais plus qu'un vieux fond tout sec de purée d'amandes complètes.

Donc je me suis rabattue sur de la purée de sésame complète. Adoucie de miel et de vanille. C'était bon mais encore un peu trop amer, même si ça a eu un succès, celui-ci était en deçà de mes attentes, je retenterai avec des proportions différentes.

Mais lors de mon passage suivant au magasin bio, hop, pour refaire mon stock de purée d'amandes complètes, je suis tombée sur de la purée de pistaches.

Donc cette version de la recette = avec purée de pistaches. Absolument dégueu !

  • 90g de crème de pistache bio entière machin
  • 200 g de skyr (de chèvre, pour ce qui nous concerne)
  • 1 càs de graines de chia délayées dans un peu d'eau 10 minutes avant (pour qu'elles aient le temps de gonfler) : ça c'est un ajout Gwenesque pour faire encore plus style healthy
  • quelques pistaches concassées 
  • un peu d'arôme vanille

On mélange le tout, on prend un support plat pouvant passer au congélateur, recouvert de papier cuisson, et 

  • on dispose dessus des petites boules pâteuses de la taille qu'on souhaite; je prétends que je suis raisonnable donc j'en fais des petites. 
  • On pique dedans (à l'horizontale, histoire de limiter l'encombrement) des bâtonnets de glaces / bâtonnets de brochettes coupés en 2 / cure-dents (notamment pour la version petite boule) 
  • et hop, au congélateur mini 2h, plus longtemps si boules plus grosses, ça doit bien prendre.
Commentaire de Monsieur Bout à ce stade :
"Oh, de la glace à la morve ?!" - J'ai épousé un poète😍
Vous noterez que sur cette version j'ai utilisé du papier alu : pénurie de papier cuisson


Dernière étape : 

  • on fait fondre du chocolat bien noir (du pâtissier 70% par exemple; évidemment ça fonctionne aussi avec du chocolat blanc, qui se marie en outre fort bien avec la pistache, et on fermera un oeil sur le côté moins healthy de cette version), 
  • et on trempe les machins congelés dedans; 
  • ça repart au congel aussi sec, mais c'est presque pour la forme : le chocolat fige quasi instantanément, c'est assez satisfaisant à observer hihihi.
  • La première fois que j'ai testé (sur la version sésame) c'était la dèche de chocolat, mais j'avais de quoi en faire moi-même et c'était presque encore mieux bicoz encore plus noâââr.


Et hop, des petits esquimaux sans matos, sans additifs, sans ingrédient folklo, et de la taille qu'on souhaite. Une fois bien congelés, ça se mange (oui oui c'est le principe) ou en attendant ça se regroupe dans un plat en verre type mes vieux Glasslock histoire de pas envahir trop d'espace congélateuresque.

Vous noterez qu'il ne reste déjà plus grand chose :
le défi est de réussir à prendre la photo AVANT qu'on ait tout boulotté 
"petites portions pour ne pas trop manger d'un coup" mon œil


Voilà voilà.

C'était le retour de la Gwen en cuisine et sur le blog.

Dans les prochains jours, je viendrai poster

  • une autre recette : du pain protéiné, ultra rapide, sans gluten machin, aussi inaugurée toute récemment, et que Monsieur Bout apprécie fortement (mes enfants aussi du reste; mais ma cible principale pour le sans gluten maintenant, c'est Monsieur Bout - ben oui, une fois qu'on a sorti notre H. d'affaire, on y replonge avec son père)
  • et d'autres articles sur d'autres sujets, restés dans les brouillons tout ce temps.

Contente de vous retrouver !!

mardi 6 mai 2025

Consécration absolue - la parentalité rentable.

Il n'en fallait pas moins pour exhumer ce blog après quelques mois de négligence. 
(en plus, j'ai écrit des trucs ! mais pas au point de les publier. Bref)

Mais là, là, vraiment, les évènements de cette fin de vacances de Pâques requéraient un billet de blog, au profit des membres de mon lectorat qui me suivent depuis longtemps, principalement.
Et qui donc, par exemple, auront lu, voire même commenté, ce billet de 2019.

Très chers parents, le billet d'aujourd'hui est pour vous. Même si je l'enverrais bien à ma voisine, vous savez, celle-là (oui, bientôt 8 ans après, je pense encore à elle, parfois), qui m'avait prédit qu'à 15 ans mon fils finirait en maison de correction. 

Alors entendons-nous bien : le temps passant à la même vitesse chez moi que chez vous, F. n'a pas encore atteint l'âge de 15 ans. Nous fêterons ses 12 ans dans un gros mois. Dans l'absolu, la maison de correction a donc encore ses chances.

Mais, mais, mais, franchement, on a tous besoin en tant que parent de réaliser à certains moments que ça valait le coup d'investir autant d'efforts dans l'éducation de ses enfants.

Eh bien, chez nous, ça y est.
Il y a une douzaine de jours, nous avons profité de nos derniers jours de vacances pour faire une virée chez Ikea, et sommes rentrés avec 3 meubles (2 pour la chambre de F., 1 pour la chambre des 2 plus jeunes).
Dés le soir, 1 meuble et demi était fait. 
Le lendemain, tout était fini. 
Sans que Monsieur Bout ni moi n'ayons donné un seul coup de marteau !

F. a tout monté tout seul (y compris un meuble avec tiroirs). Du début jusqu'à la fin. En mode 
"Euh, je peux monter un meuble ? - OK..... 
C'est fait, je peux monter le suivant ? - OK..."


La Liberté vissant le peuple

 

Pour nous qui haïssons le bricolage, c'est, oui, vraiment, une consécration
Contre toute attente, nous avons fait pousser un bricoleur, et ça y est, nos efforts éducatifs ont atteint un premier seuil de rentabilité : les nuits difficiles  ? (pas nombreuses nous avions été vernis) Les crises? (nombreuses, elles) Le temps passé ? L'argent utilisé pour le nourrir (punaise qu'est-ce qu'il mange maintenant !?), l'habiller ? RENTABILISE : de la gnognotte si cela peut nous épargner du bricolage.

Et du coup, pour le moment, notre fiston ne se destine pas à la maison de correction, mais trouve que monteur de meubles chez Ikea ça pourrait être sympa.
Il fera ce qu'il voudra, mais une chose est sûre : il devient trèèèès facile d'envisager des virées Ikea maintenant qu'on sait que ça ne veut plus dire se farcir le bricolage derrière.
La quille.

(alors, oui, normalement c'est d'une sculpture dentelée sur chêne centenaire réalisée avec une fourchette et un cure-dents que F. aurait du s'acquitter, ça aurait fait tellement mieux sur les réseaux. 
Meuble Ikea, c'est peu glamour, pas exigeant, machin. 
Hypothèse 1 : Nous n'avions pas de chêne centenaire sous la main.
Hypothèse 2 : Monsieur Bout et moi avons le bonheur facile.
Vous tirerez vos propres conclusions.)

HABEMUS BRICOLAM !

lundi 2 décembre 2024

Rotation des Jouets : le retour

Il y a de cela fort, fort longtemps, j'avais eu recours, pour mon tout jeune F., (E. était alors un tout jeune bébé et H. encore bien loin) au système de la rotation des jouets. Comprendre : 

  • ne pas laisser l'intégralité des jouets correspondant peu ou prou à sa tranche d'âge / ses capacités du moment à sa disposition, mais les répartir en petits lots et en disposer un seul à la fois dans sa chambre. 
  • Renouveler (sortir un nouveau lot, rentrer l'ancien) à courts intervalles (selon la taille du lot, tous les jours, toutes les semaines,...)

Objectifs de la démarche :

  • faciliter le rangement
  • renouveler l'intérêt des jouets.

J'avais énormément apprécié le résultat.

Nous voici quasiment dix ans après... et D'Artagnan la Rotation des Jouets fait son retour.

Depuis 3 ans, H. et E. partagent la même chambre. Ils forment un duo superbe, jouent des heures ensemble, s'emmènent mutuellement dans des univers passionnants, et... partagent également une passion commune pour le non-rangement

Alors, pour information : l'astuce exposée dans ce sublime billet s'avère toujours très régulièrement utile, mais, tout de même, elle ne suffit pas forcément toute seule. D'autant que, si E. l'a adoptée comme une manière efficace d'affronter l'épreuve du rangement, H. y est beaucoup moins sensible. Si bien qu'à l'arrivée, quand E. s'en sert pour coopérer, c'est elle qui se retrouve à tout ranger, et ce n'est pas très juste.

A la fin de l'été, j'ai donc fait le constat

  1. besoin de faciliter le rangement ? Check : parce que franchement, devoir ranger simultanément playmobils, duplo, animaux Schleich, livres, ... même moi cette perspective m'effrayait.
  2. besoin de renouveler l'intérêt pour les jouets ? Recheck, certains ne sortaient plus guère
  3. à cela se rajoutait l'effet "3ème enfant" : au bout de 3 enfants, même en essayant d'adopter une démarche rationnelle quant à l'acquisition de jeux et jouets, le constat était sans appel : notre maison débordait de jouets. cf point numéro 1 du coup.

Avec un tel diagnostic, il s'agissait de ressortir un bon vieux remède.

J'ai donc profité des derniers jours d'aout pour faire deux choses

  • un grand tri des jouets qui n'étaient plus de l'âge de H.. Emotionnellement pas évidente, cette étape, puisqu'elle vient me confronter à la forte probabilité que H. soit notre dernier enfant. 3 tas ont vu le jour : 
    • un moyen proposé à des membres de ma famille, 
    • un gros donné à l'extérieur,
    • un petit tas avec ceux auxquels nous sommes tellement attachés que nous tenons à les garder. 4ème folie ou petits-enfants, la raison d'être de ce petit tas reste floue. Mais la raison n'a rien à voir dans le schmilblick.
  • une répartition des jouets restant en lots, pour réintroduire la rotation des jouets dans un milieu qui en avait très besoin.

Dans cette répartition, j'ai distingué 2 catégories d'abord

  • "les grands jouets encombrants" / construction : Duplo, Chalets JeuJura, Playmobils, Cubes, circuit de train en bois, etc
  • et les petits jouets type puzzle, jeux de bricolage / filage etc,...

Concernant la 2nde catégorie, celle des petits jouets, j'ai

  • pris 4 grandes caisses, IKEA, transparentes, à couvercles transparents
  • réparti la catégorie en 4 lots à peu près équivalents (pouf, un grand puzzle à support en bois dans la caisse numéro 1, un du même style dans la 2, tiens, un qui ressemble un peu dans la 3... et hop, si je mets ici un jeu de bricolage en bois, alors là un jeu de vissage en plastique, etc.)
  • numéroté les 4 caisses
  • écrit le contenu de chacune sur une feuille plastifiée puis patafixée sous le couvercle de la boîte correspondante de telle manière qu'on puisse la lire à travers ledit couvercle
  • empilé les 4 caisses dans un coin de l'ancienne salle de classe, au 2ème étage. Celle-ci sert de stock de jouets et livres pour enfants, petite salle d'activité (nous y avons disposé ce que nous avons gardé de matériel Montessori après l'arrêt de l'Instruction en Famille), bureau pour Monsieur Bout.

Et rangé, dans certains placards de ladite salle, les "grands jouets encombrants" de la catégorie 1.


Puis j'ai dégainé Habitica et rajouté une Daily qui, tous les dimanches, me propose d'opérer une rotation. Tous les dimanches, donc, je 

  • remplace une des 4 caisses par une autre (et je note dans Habitica les numéros des caisses sorties comme ça je sais lesquelles sont passées, et à qui le tour),
  • sors également un "grand jouet encombrant" pour en rentrer un autre. 
  • dispose le tout dans la partie du coin salon qui fait office de salle de jeux au quotidien, avec la mise en valeur de l'un d'entre eux sur un petit guéridon suédois.
  • (ou alors, après consultation des troupes, je ne fais rien, laisse la rotation en place et coche allègrement la première case. paf)


J'avoue qu'en cours de process, j'ai hésité quelques minutes : serait-ce nuire terriblement à la créativité de mes enfants que d'adopter une organisation qui, de facto, empêche que les Duplo soient de sortie en même temps que les playmobils? (et donc que les playmobils aillent habiter dans une maison Duplo, par exemple ! #crisedulogement) J'ai assez vite tranché en estimant qu'il était plus dangereux pour tout le monde de nuire à notre santé mentale, à Monsieur Bout et à moi, que de nuire à la créativité de nos enfants. Au pilori la Gwen !


A noter que sont restés hors rotation les jouets stationnés dans leur chambre :

  • les animaux Schleich. Eux ne passent pas une journée sans être utilisés, en toute saison. Il serait absurdissime d'en sevrer le duo E+H.
  • la caisse de déguisements
  • la dinette
  • les poupées et les 2 Barbies que E. a fini par recevoir à une fête d'anniversaire.


Et que dans le salon, restent également toujours à disposition

  • le fameux toboggan à boules qui ne démérite pas après plus de 8 ans de présence chez nous
  • des petits jeux de société rangés dans un meuble (type mille bornes, petits chevaux, batawaf, etc)


Résultats des courses 

  • Redécouverte en pleine action : attrimaths négligés
    depuis de longs mois, subitement passionnants !
    rho oui oui oui le rangement est tellement simplifié, notre salon est à la fois moins encombré en état rangé, et moins dérangé dans tous les cas.
  • l'effet redécouverte joue de nouveau à plein, c'est régulièrement Noël à peu de frais.
  • et l'organisation telle que nous l'avons conçue est, à l'usage, assez légère en "coûts de fonctionnement" pour la maintenir. Surtout avec des enfants capables de réclamer l'arrivée de la prochaine rotation : ils servent de déclencheurs, et de déclencheurs aidants, c'est-à-dire qui contribuent au process en rangeant, portant, montant, descendant des caisses. (donc Déclencheurs et Facilitateurs; et c'est eux qui fournissent l'Envie. Diablement #atomichabits tout ça, héhéhé).

D'autant que j'ai siouxement positionné le jour de changement de rotation sur le jour de ménage : double bénéfice

  • les enfants sont paaaarticulièrement motivés à ranger le salon avant le ménage puisque ils savent qu'une fois tous les jouets de la rotation retournés dans leurs caisses, de nouvelles caisses apparaîtront
  • ça facilite encore le ménage : on remonte les caisses en haut avant, on redescend les nouvelles après.

3 mois que c'est en place, 3 mois que je m'applaudis. Joignez-vous à moi (pour m'applaudir, a minima. Pour faire une rotation des jouets chez vous, si cela vous inspire !)







lundi 11 novembre 2024

Habitica X Faber et Mazlish : le crossover !

Peut-être avez-vous lu mes derniers billets sur Habitica, l'appli de productivité qui me dope/préserve ma santé mentale depuis 5 mois. Si ce n'est pas le cas, courez-y vite! 

Accessoirement, je viens de tester l'efficacité en période adverse : elle m'a bien aidée à limiter les sorties de route / reprendre du poil de la bête durant ces semaines d'entorse et de vacances, circonstances pourtant parfaites pour chambouler les bonnes habitudes et perdre tout rythme.

Aujourd'hui, voici la mise en œuvre d'une idée qui m'était venue en vous écrivant lesdits billets : utiliser le système de challenges collectifs existant sur l'appli pour à la fois


J'ai donc créé un challenge sur Habitica. Si cela vous fait envie, voici le lien.

https://habitica.com/challenges/f2ab8f33-ec6e-4840-969a-212af767f89e

Pour rappel

  • Habitica est une appli (smartphone, ordi) gratuit, vous pouvez y filer profiter du challenge sans rien débourser
  • Une fois que vous cliquez sur "rejoindre le challenge", les tâches correspondantes viennent rejoindre votre liste de tâches et y resteront tout le long de votre participation au challenge : venant donc servir de déclencheur idéal (cf loi 1 de Atomic Habits), au quotidien, pour vous inciter à agir, par petites touches, dans le sens qui vous tient à cœur

par ailleurs

  • ce challenge sera structuré de la même manière que des ateliers Faber et Mazlish : en 7 parties, chacune correspondant à un chapitre du bouquin phare "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent".
  • Je lancerai un challenge (= 1 partie) tous les 15 jours environ (ce sera plus espacé autour de Noël) : on est donc partis pour 3 gros mois ensemble.
  • Je le publie à chaque fois en mode bilingue : anglais et français.
  • ça démarre le 16 novembre, il est bien évidemment possible de s'y rajouter en cours de route.
  • y a moyen de bien se marrer je pense.

Au plaisir de peut-être vous y retrouver !





lundi 7 octobre 2024

Atomic Habits - une bombe de bouquin

Dans les rayons de librairie "développement personnel", c'est comme dans les rayons éducation

  • les bouquins ne manquent pas
  • 90 % peuvent être de la bonne grosse daube
  • un certain nombre peuvent être aidants sur au moins quelques points, mais leur intérêt est à peser au ratio du nombre de pages à lire.
  • et certains (le mien, par exemple !) sont extraordinaires.

Selon quels critères ?

Voici les miens :

  • apporter un angle de vue vraiment aidant
  • solide sur le plan théorique
  • mais surtout assimilable sur le plan pratique : avec des pistes concrètes, facilitant autant que possible la mise en œuvre 
  • et adaptable : un discours nuancé, sans injonctions, sans culpabilisation, prenant en compte et incitant à l'adaptation aux besoins et modes de fonctionnement personnels
  • et surtout, découlant de tout ça : un effet important sur ma vie. Des lectures qui créent un changement. Je me mets à agir différemment. Et cette différence apporte quelque chose de significatif, un mieux palpable, durable.

En éducation, les livres qui ont eu cet effet là chez moi sont clairement en tout premier lieu ces chers Faber & Mazlish. Je ne m'en suis jamais remise et ne cherche d'ailleurs pas franchement à me soigner. Je vous ai aussi livré d'autres pépites, comme celle-ci, celles-ci, celle-là ou encore celle-ci.


En développement personnel, eh bien, aujourd'hui j'en ai un fameux à vous présenter, qui coche laaargement les critères susmentionnés, et m'a tant apporté ces derniers mois que si vous n'en récupérez ne serait-ce que 10% des bénéfices que j'en ai tirés, ben, franchement... ce sera déjà significatif. Et puis, surtout, pas de raison que vous restiez limité(e)s à ces 10% : la mécanique est implacable, vous aurez faim, envie et capacité pour plus ! D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que j'ai entamé ma 4ème lecture : je soupçonne que je suis moi-même looooin d'avoir encore tout tiré de ce livre. Quel dommage.

Il s'agit du livre 

"Atomic Habits" de James Clear, 

dont le titre français "Un rien peut tout changer" fait penser à un roman de Guillaume Musso, mais... non.

Comme tout bouquin américain de développement personnel, ce bouquin commence évidemment par un 3615mylife de l'auteur, expliquant comme il est passé d'une situation effectivement pas très enviable à bien mieux. OK. Mais derrière... on a quelque chose qui en vaut la peine.

James Clear s'ingénie en fait à repérer des leviers permettant de prendre les habitudes qu'on souhaite prendre, et perdre celles qui nous embêtent. Par petites touches. Petit bout par petit bout ! Mince alors. Parce que, comme il le souligne, si tous les jours on avance d'un tout petit pas, le temps travaille avec nous. Si tous les jours on recule d'un mini pas, le temps travaille contre nous. Donc chaque petite habitude compte, dans un sens, ou dans l'autre.

Il décompose admirablement bien la mécanique, sous forme de 4 lois claires et utilisables. Et non content de livrer ces 4 lois assez intéressantes en elles-mêmes, avec chaque chapitre il détaille celles-ci de manière bien concrète, de manière à alimenter une réflexion personnelle ... et de l'action : 

"Eh, mais, ça, je pourrais l'appliquer de telle manière à tel aspect que j'aimerais renforcer dans ma vie!"
.

J'en ai trouvé des résumés sur le web au départ (comme celui-ci par exemple) et rien que leur lecture a causé beaucoup de tilts chez moi. Puis la lecture du bouquin, parce qu'il est vraiment pétri de trucs intéressants et non un bouquin "je monte en mayonnaise 2-3 idées intéressantes puis je délaye la sauce sur 250 pages", a causé un nombre encore plus important de tilts, au point que, comme dit, j'en suis à ma 4ème lecture, ce qui est vraiment gênant, puisqu'à chaque lecture, je change encore un point ici, un point là, dans ma vie. 


Alors, zou, je vous emmène dans ma lecture : points clés du bouquin illustrés par des exemples de mises en œuvre chez moi.


James Cleare détaille le fonctionnement de l'action, à traves une boucle composée de 4 éléments, et associe une loi à chaque élément.

En gros, le cycle de l'action comporte 4 éléments :

  1. Déclencheur / Signal: exemple, je vois une gaufrette autrichienne (Mannerschnitte. Au secours, ma maison en est pleine, car notre mamie au pair G5 chérie est revenue passer le mois de septembre chez nous)
  2. Désir : oh mais j'ai bien envie d'un truc sucré croustillant moi
  3. Réponse : je m'empare de la gaufrette
  4. Récompense : hum cette bonne sensation de sucré


Et pour activer les 4 éléments et favoriser un comportement (ou l'inhiber, hinhinhin), on a donc 4 lois :

  1. - Make it Obvious : le rendre évident / flagrant = poster le Déclencheur
  2. - Make it Attractive : le rendre attirant = créer / attiser le Désir
  3. - Make it Easy : le rendre facile = faciliter la Réponse
  4. - Make it Rewarding : le rendre gratifiant = assurer / augmenter la Récompense


Regardons chaque loi de plus près : 

Que dit-elle ? 

Que peut-on en faire ? 

Qu'est ce que le On-Gwen en a fait jusque là ?


1. Make it Obvious : poster des Déclencheurs.

Si on a des bonbons sous la main, on réfléchit même pas que hop, on se retrouve avec un bonbon dans la main. Inversement, si ce sont des pommes qu'on a mises en évidence sur la table de la cuisine ou à portée de main dans la pièce où l'on se tient / un lieu de passage, c'est bien plus souvent une pomme qu'on va avoir à la main. Le bonbon, la pomme, est un déclencheur. 

Il s'agit de poster ceux qui vont dans le sens de ce que nous voulons.

AtomicHabits décline cette loi en plusieurs options, parmi lesquelles

  • l'aménagement ciblé de l'environnement 

(oh, c'est curieux, un truc typique Faber et Mazlish... eh ben oui, ça marche merveilleusement bien pour guider la volonté d'un enfant dans le bon sens, même effet sur la volonté d'un adulte !)

On pense plus facilement à faire du sport si on a sous les yeux son matos de sport, plus facilement à envoyer des cartes d'anniversaire si on a un stock de cartes dans son champ de vision, etc. 

    • Par exemple, depuis que j'ai mes vieilles cartes de visite à portée de main / sous les yeux pour laisser des petits mots aux enfants avant de partir en déplacement pro... ben... j'en écris plus souvent.
    • Pour mieux manger, hop, avoir des crudités faciles à attraper qui me sautent presque dans les bras dès que j'ouvre le frigo. 
    • Et... ne pas acheter de chocolat. Si pas de chocolat dans la maison, c'est plus dur de craquer. (du coup, justement, quand j'ai vu G5 revenir chez nous avec un panier énorme de Mannerschnitten, je me suis dit ouille en même temps que miam)

James Clear souligne que la discipline et la volonté sont en stock limité, donc, pour les économiser, il vaut avant tout mieux se prévoir un environnement pauvre en tentations et riches en incitations passives à aller dans le bon sens. Une approche à la fois déculpabilisante et très pragmatique (du coup, curieusement, efficace !) que j'avais déjà évoquée dans mon billet Smartphone/TDA.

  • Le positionnement précis et réfléchi de l'action dans le temps, voire dans l'espace 

Notre ami James mentionne des études qui ont montré une différence énorme (facteur 3) entre par exemple un groupe qui aurait pour objectif de faire du sport 3 fois par semaine, et un autre groupe avec le même objectif, mais à qui on aurait en plus dit de décider à l'avance du positionnement de ces 3 séances dans la semaine, et de les caler dans leur agenda. 

    • Et effectivement, depuis qu'Habitica m'a incitée à le faire, j'ai par exemple positionné 5 minutes d'épilation sur 2 matins précis, et du coup, au lieu d'avoir à me demander chaque matin si, hein, ptet que faudrait, oh bah non, oh bah si, ...c'est déjà décidé, je ne me pose pas de question, je fais bêtement ce que j'ai dit que je faisais, quand ça apparaît dans mes Dailies.

Il est donc recommandé d'utiliser l'agenda pour qu'il joue ce rôle de déclencheur qui nous épargne d'avoir à réfléchir "Qu'est ce que je fais maintenant". C'est la force des routines dont je soulignais déjà l'effet "économie d'énergie mentale" il y a plusieurs années.

    • Trèèèès utile : je programme mes séances de sport  dans mon agenda pro Outlook (a minima le dimanche pour la semaine à venir; souvent plus), pas besoin de réfléchir, pouf, je sais ce que je fais quand.

Des post-it de rappel à certains endroits peuvent jouer le même rôle.

Et niveau espace déterminé, même chose : notre banc à chaussures accueille beaucoup plus souvent les chaussures des enfants (= celles-ci sont donc moins en vrac par terre) depuis que... j'ai mis une étiquette mentionnant le nom d'un enfant sur 3 portions dédiées dudit banc. Ce sont pourtant les mêmes chaussures, le même banc, les mêmes enfants. 3 étiquettes font la différence.



2. Make it Attractive : il s'agit de rendre quelque chose Attirant : créer ou attiser le Désir

Là aussi, plusieurs options (eh oui, ce billet ne sera pas exhaustif : il y a beaucoup trop de bonnes choses dans ce bouquin pour que je les énumère toutes... ce sont 250 pages bien employées !)

  • Bien s'entourer 

On est, par exemple, naturellement porté à imiter notre entourage, et c'est par exemple plus difficile de s'arrêter de fumer si on continue à traîner avec la même bande de potes tous fumeurs invétérés.

    • Bon, eh bien, je ne fais pas ça pour ça, mais à l'arrivée, je fais un constat similaire. Il se trouve que je bosse de plus en plus souvent en binôme, avec quasi toujours la même binôme : une nana extra avec qui on fait de super choses. Or ça tombe bien à plus d'un titre:
      •  non seulement nous sommes hyper efficaces et nous tirons vers le haut sur le plan purement professionnel, 
      • mais en plus nous avons une influence positive l'une sur l'autre ne serait-ce que parce que nous cherchons toutes les 2 à mener une vie un tant soi peu saine, tout en rigolant. Donc, quand nous passons une journée ensemble pour préparer une intervention commune, cette journée va dans le bon sens : 
        • nous mangeons bien et sainement, 
        • nous prenons le temps d'aller marcher après le déjeuner, 
        • et nous n'arrêtons pas de rigoler de la journée, le tout contribuant à rendre ces journées merveilleusement productives.


  • Mettre en place ce qu'il appelle temptation bundling : un package de tentations

Il s'agit de lier 2 choses que l'on veut faire, avec idéalement au moins l'une agréable. L'attrait des 2 se conjugue : 

    • c'est en fait...ce que j'avais fait en liant marche et petit moment des enfants
    • Fondamentalement, c'est aussi un des effets bénéfiques d'aller à la messe à pied : je fais d'une pierre 2 coups (marche + messe) donc ça augmente ma motivation pour les 2.
Et à la 2ème lecture je crois, je me suis posé la question de comment appliquer cela à une habitude à laquelle je travaillais depuis fin mai - début juin : enchaîner 3 x 1 minute de planche, chaque matin. (c'est pas pour me vanter mais vous verriez mes abdos maintenant !) 

C'est loooooong, une minute de planche ! Jusqu'à ce que je me pose la question de comment rendre cette minute plus agréable. 

    • 1ère idée : trouver des vidéos Youtube qui durent une minute, comme ça, hop, je dois tenir le temps de la vidéo. Ca aidait bien, mais les vidéos que j'avais trouvées étaient certes marrantes, mais d'un intérêt limité à la longue.
    • Au bout de quelques jours, j'ai donc perfectionné le truc : toujours sur Youtube j'ai découvert des conférences très intéressantes sur la dopamine, le sommeil, les habitudes, bref, différents thèmes dont je suis friande actuellement, en anglais de surcroît donc hop, bénéfice additionnel au passage. Et maintenant, du coup, c'est mon feuilleton du matin, je reprends la conf à l'endroit où je me suis arrêtée la veille, je lance mon minuteur, et je les écoute par tranches d'environ 5 petites minutes par jour (en incluant les pauses entre mes 3 planches). Si bien que... 

      • je sens moins la minute de planche passer / elle me semble moins longue
      • je me retrouve à avoir hâte de faire ma planche puisque j'ai hâte d'entendre la suite.


  • Rendre le truc plus attirant, ça peut aussi se faire avec du matériel 

C'est à ça que peut servir la tenue de sport sympa par exemple. 

    • Et sur le plan professionnel, c'est aussi à cela que contribue un luxe que je m'offre : j'ai un cahier par client de coaching, sur lequel je vais prendre les notes de chaque séance le concernant, et ce sont des cahiers Moleskine. J'aime beaucoup leur aspect, la sensation d'écriture dessus, et donc ça contribue à l'agrément de mon boulot. C'est précieux !


3. Make it Easy : rendre l'action Facile

Aaaah, rendre facile, punaise ! C'est tellement clé !

  • Il s'agit par exemple de diminuer la complexité d'un truc, ce qu'il appelle la "friction" 

Tout ce qui est obstacle et complique. Par exemple, si pour ranger ses chaussures, on a 4, 5, 6 étapes à accomplir, il y a bien plus de chances qu'elles restent en vrac dans l'entrée, que si il n'y en a que 2. 

Ce que Monsieur Bout a récemment intégré me concernant : là où jusqu'à présent mes chaussures à moi se rangeaient toutes dans le cagibi sous l'escalier = 

  1. saisir chaussures, 
  2. ouvrir porte du cagibi, 
  3. allumer lumière du cagibi, 
  4. aller au fond du cagibi, 
  5. poser chaussures, 
  6. ressortir du cagibi 
  7. [éteindre la lumière ou oublier]
il a profité de notre grand rangement de rentrée pour m'aménager un petit coin sur le banc à chaussures de notre entrée (jusque là squatté entièrement par les chaussures des enfants), pour y déposer les 2 ou 3 paires que je mets le plus souvent. Les autres restent hébergées dans le cagibi, mais comme je les mets moins souvent, l'effet "A quoi bon les ranger je vais les remettre dans 10 min / 2h / dès demain matin" est beaucoup moins fort ; et moins fréquent en volume, de toute manière. Cette redisposition transforme donc l'action en : 

  1. saisir chaussures
  2. poser sur le banc. 
Ca, j'arrive à faire.

  • Du coup, l'aménagement de l'environnement revêt pour cette loi aussi beaucoup d'importance : 

pour faire du sport, il vaut mieux que le matos de sport soit à portée de main. 

    • Je prépare mes vêtements de sport la veille au soir. 

Si je veux manger des légumes, il y a des chances que ce soit plus facile si j'en achète des faciles à préparer que des options qui demandent des plombes d'épluchage. 

    • Et pour choisir plus facilement de grignoter des crudités que du saucisson, ça m'aide d'avoir pris l'habitude de découper un gros légume comme un chou rouge par exemple. Emincés à l'avance dans un de mes fidèles pots Glasslock (oui, ils sont toujours là ! Ils résistent ! Enfin, la plupart, car certains se sont quand même fracassés sur le sol au fil des ans), les morceaux de chou rouge me demandent 0 effort quand je cherche quelque chose à grignoter en cuisinant. 

Ce qui nous amène à une autre manière de faciliter les choses : 


  • Pré-bloquer le machin / dissocier le moment de la décision du moment de l'action, ou encore couper la difficulté en 2. 


En effet, m'habiller le matin cumule : je dois non seulement me secouer pour sortir de mon pyjama douillet et m'habiller, mais, avant cela, surmonter l'obstacle du Terrible "Keeeeskejmééééé". 2 épreuves d'un coup ! Argh ! Quelle force surhumaine, quel mental d'acier ça demande ! C'est plus facile de rassembler l'énergie pour combattre le Keskejmé sans la perspective d'en plus devoir m'habiller derrière (et en plus sans être pressée), donc le soir ; et puis le matin, de m'habiller sans avoir à me poser de questions.

    • J'ai également découvert comme utiliser ce découpage / dissociation du moment Décision du moment Action, avec mon appli de blocage StayFocused
  1. avoir la discipline de ne pas perdre du temps sur mon téléphone les matins ? Difficile  !
  2. Lancer un blocage de mon téléphone pour la prochaine heure, dès mon lever ? Moins difficile, mais il faut avoir suffisamment de volonté tout de suite, là, direct. Pas gagné.
  3. Créer plusieurs paramétrages limitant la plupart des appli (combinées, en plus) à 6 minutes / heures pendant les 2 heures suivant mon horaire de lever ? Hum; intéressant... mais selon les moments, je ne vais pas me lever à la même heure, donc il faudrait adapter...
  4. Choisir la plage horaire de blocage au moment où je règle mon réveil càd détermine mon horaire de lever du lendemain, et donc en cohérence avec elle, la veille au soir ? Oh oh, bien plus efficace! Ca va être à la fois adapté à l'enjeu du moment, mais pré-déterminé à un moment où j'ai encore de la volonté, puisque c'est pour "plus tard". Dans les faits, j'ai des paramétrages fixes, déterminés pour la semaine (plage 6h-8h les lundi mardi jeudi vendredi, plage 7h-9h les mercredis, plage 8h-10h les samedis dimanche), mais tous les soirs j'ai Habitica qui me rappelle de me poser la question et d'aller modifier si nécessaire, afin de prendre en compte une éventuelle déviation de planning (par exemple un jour férié, un tgv m'obligeant à me lever aux aurores, ou une réunion parents-profs tôt le samedi matin)


    • Idem, quand grâce à tout ça j'ai pu reprendre l'habitude de lire le soir avant de me coucher, au lieu de scroller, c'était bien chouette. 
Si ce n'est que.. j'ai autant de mal à me mettre des barrières face à un bon livre que face à un téléphone (enfin, presque. Sans la lumière bleue du téléphone, je peux finir par m'endormir la tête sur mon bouquin. Ce n'est pas idéal non plus même si ça limite la casse). AtomicHabits m'a poussée à me poser la question de comment, comme il le dit, "pré-verrouiller" la décision. Eh bien, je contrôle beaucoup mieux le phénomène du "encore un chapitre" depuis que, avant de me mettre à lire, je choisis  où je vais m'arrêter et y positionne mon marque-page. Je lis puis paf, je tombe sur le signal de m'arrêter. Ce n'est pas parfait mais efficace dans 90% des cas quand même. (vous aurez remarqué comment cette astuce combine subtilement la loi numéro 1 et la loi numéro 3 : je décide à l'avance le moment de l'arrêt ET dispose le signal qui y correspond).


Ah, mais surtout, n'oublions pas l'essentiel : rendre facile, ça passe aussi par le découpage de l'habitude en micro-habitudes

Poussé au max, c'est ce que James Clear appelle la Règle des Deux Minutes : avoir une version ras-des-pâquerettes / dégradée, et commencer par elle, de toute habitude. 

2 minutes, si vous suivez ce blog depuis de longues années, ça vous dit forcément quelque chose. Le minuteur des 2 minutes anti HotSpot de Flylady ! Mais oui ! En lisant AtomicHabits, j'ai compris encore plus clairement de nombreux ressorts du l'efficacité du système Flylady : Flylady est un système éminément atomique (comme l'expliquent les 2 définitions d'atomique présentes en début du bouquin: atomique, c'est à la fois tout petit... et avec un effet énorme). Et effectivement, faire commencer du rangement par juste 2 minutes, ça, je peux en témoigner, c'est diablement efficace sur quelqu'un qui déteeeeste ça.

    • J'ai réintroduit la lecture de bouquins pro sous la forme de "2 pages minimum" tous les soirs. 
Du coup, c'est comme ça que j'ai lu AtomicHabits plusieurs fois, et d'autres bouquins très utiles encore.


    • Et ça m'a bien fait rigoler de réaliser que ma mise au sportil y a un peu plus de 2 ans maintenant, a en fait incarné le plus pur style MakeItEasy! 
Comme Monsieur Jourdain, à ce moment, j'ai fait de la prose du AtomicHabits sans le savoir. J'ai commencé par quelque chose de tellement facile que je m'y tenais : 

      • 4 minutes de sport, seulement.
      • Chez moi = pas de friction pour aller quelque part
      • Au lever du lit en sous-vêtements = pas de friction habillage. 

Et d'ailleurs, vous savez, mes projets d'aquagym de la rentrée dernière ? Ben raté; j'ai réussi à y aller un certain nombre de fois au départ, j'aimais bien mais .... trop difficile à caser dans mon quotidien, trop de friction : y aller, à un horaire pas méga pratique, alors que j'étais souvent en déplacement, devoir me changer, devoir affronter le frooooid pendant les mois d'hiver. BEAUCOUP trop de friction.

En revanche... lire AtomicHabits m'a incitée à inclure un nouveau point dans les Habitudes de mon appli de productivité Habitica : Enfiler tenue de Sport. Ben oui. J'ai des points rien que pour avoir enfilé ma tenue de sport. Tout simplement parce qu'une fois que c'est fait, la probabilité pour que j'enchaine sur une séance de sport est de quasi 100%. Donc je fais ce que James Clear dit et que je reformule ainsi : bétonner le premier maillon de la chaîne. Une fois le premier maillon passé, le reste suit.

James Clear lie d'ailleurs cette notion de version dégradée à 2 autres mantra intéressants.

  • Le 1er : don't put up a 0. Ne fais pas zéro. 

En gros, même quand on a déjà upgradé son habitude à davantage, eh bien, les jours compliqués, on évite de lâcher, on fait juste le minimum, voire même moins que le minimum : une ébauche de l'habitude

    • Les jours où je ne peux pas faire mes séances habituelles de sport qui durent 15 minutes minimum maintenant, eh bien, je fais 2 minutes. Ou juste 10 squats. Ou 5, ou 3, on s'en fout : évidemment que ça ne va pas me muscler les cuisses. Oh non, ça muscle tout autre chose = le cerveau. Car l'intérêt est que ca renforce / maintient le câblage neuronal de l'habitude.
    • Idem les jours où je suis trop à la bourre pour faire mes 3 x 1 minutes de planche en plus de ma séance de sport (ou que j'ai trop la flemme); j'en fais juste 1. Ou même que 30 secondes. 
    • Si je suis trop fatiguée pour lire un chapitre entier de livre avec E.... on lit une page. 
    • Si j'ai la flemme de lire une page des sublimes bouquins d'apprentissage de lecture avec H... on lit un mot. 
    • J'ai du mal à faire un truc pour le boulot ? Allez, j'en fais un minuscule morceau.

2 options possibles

    • Soit je ne fais que ça, et hop, c'est bon, j'ai au moins 
      • 1. grignoté le truc 
      • 2. maintenu le câblage neuronal.
    • Soit avoir commencé, amorcé le machin, me permet de surfer dessus : c'est beaucoup plus facile, pour un cerveau, de continuer sur le circuit habituel, que de démarrer, et donc, hop, en ayant découpé la difficulté ainsi (mettre le paquet sur le démarrage - faire passer l'effort complet en second plan), je me retrouve finalement souvent avec ce qu'il faut d'énergie et de discipline pour continuer sur ma lancée.

Dans tous les cas, je suis gagnante.

C'est d'ailleurs ce que j'avais en fait appliqué, 8 mois après ma mise au sport :j'avais eu un gros coup de fatigue pendant les vacances de février (d'autant que les endroits où nous étions étaient peu favorables à mes séances de sport). Mais au lieu de tout lâcher, j'avais juste lâché mes vidéos, repris mon appli, et fait, pendant 10 à 15 jours, des mini séances, de 2 à 10 minutes par jour, toutes douces. Ca avait permis de garder tout le fruit du câblage neuronal de l'habitude, puis une remontée en puissance très fluide une fois mon énergie récupérée. Un point vraiment important : quand la motivation n'est pas là, utiliser la discipline pour maintenir l'habitude, au besoin à son niveau minimum.

Là, à quelques heures de la publication de ce sublime billet, je viens de me tordre superbement la cheville. Je ne sais pas quelle tête elle aura demain (pour le moment : elle est MOCHE), mais ce qui est sûr,  c'est que si elle ne me permet pas de faire la séance initialement prévue demain, je remplacerai celle-ci par une séance au tapis, sans appui sur les chevilles. (et je ferai mon challenge planche sur les genoux. Na !) (je vous avoue être très, très vexée par cette trahison chevillière)


Cette loi du Make It Easy, je l'ai d'ailleurs appliquée également pour faciliter la tenue des habitudes liées à des minuteurs : les 2 minutes de rangement de Hot Spot, les 5 minutes de rangement, mais aussi les 25 minutes de Pomodoro. 

    • J'ai admis que les minuteurs physiques que j'utilisais il y a plusieurs années ne sont plus pertinents =1. ils ont largement succombé à force de "soins" par mes enfants, 2. dans ma maison sur 3 étages, le survivant n'est par définition jamais à l'endroit où j'en aurais besoin. Si je dois commencer par aller le chercher / le retrouver, paf, déjà trop de friction.
    • J'ai également constaté que régler mon minuteur de téléphone à chaque fois constituait en soi une étape, donc un truc susceptible de rajouter de la friction.
    • Donc, j'ai pré-réglé des minuteurs dans la fonction Minuteur de mon téléphone, en leur donnant les petits noms adaptés. Je gagne quelques précieuses secondes pour les lancer, et surtout, plus que le temps réel économisé, je m'épargne l'effort mental associé. Et ça, ça aide !


Ce même principe du découpage en truc facile est d'ailleurs ce qui a permis au blog de ressusciter : décider que je n'allais pas me fixer un objectif de publier un article; mais juste une habitude de 5 minutes de blog / jour.

Cela se conjugue d'ailleurs avec un autre aspect souligné par notre ami James : la vitesse de prise d'une habitude a moins à voir avec le nombre de jours passés à la tenir qu'avec le nombre de fois où on l'a mobilisée : si on mobilise un comportement plus d'une fois par jour, ou au moins 1 fois par jour, il se "solidifie" plus rapidement qu'un comportement qu'on ne mobilise qu'une fois tous les 3 ou 6 jours.

Là aussi, j'ai réalisé après coup que cet aspect "Nombre de répétitions" avait aussi aidé à ma mise au sport : au départ je faisais 2 à 3 mini séances de 2 à 5 minutes pendant les vacances. En faisant cela, j'ai en fait appris à démarrer une séance de sport, à m'y mettre. Une fois le démarrage maîtrisé, la suite s'enchaîne avec vachement plus de facilité. La tentation d'arrêter une séance une fois qu'on est dedans est significativement moins forte que celle de ne juste pas se bouger.


  • 2ème mantra intéressant du coup : Never miss twice. Ne jamais louper 2 fois (d'affilée). 

Ca, c'est très utile pour venir limiter les effets de la culpabilité, vous savez, quand on n'a pas tenu son habitude. James Clear part du principe que rater une fois, c'est pas grave. Mais qu'il est important de ne pas sauter 2 fois d'affilée (toujours une histoire de câblage neuronal). Donc si hier on n'a pas fait X, on priorise le fait de le faire le jour suivant. 

    • Du coup, par exemple, quand les matins je suis un peu à la bourre, si un matin j'ai fait sauter mon créneau Planche, et que le lendemain, je suis tentée de faire pareil, tututut ! Je priorise la planche, éventuellement en faisant sauter mon créneau HotSpot (qui sera priorisé le lendemain, du coup). 
Cet aspect assez équilibré, moins "absolu", me semble être un gage de longévité assez sympa. Et je conjugue volontiers les 2 mantras entre eux : si je n'ai pas fait de créneau planche en J1, et que j'ai quand même du mal à l'inclure en J2, eh bien, au pire, en J2, j'en fais une version dégradée.


Parmi les autres leviers mentionnés par l'ami James pour Make it Easy, il mentionne des achats one shot : un investissement une fois, un retour sur investissement répété. C'est un de ces achats que le Challenge Sommeil suivi sur Habitica m'a poussée à faire : acheter des lunettes anti-lumière bleue pour diminuer l'impact du regardage de téléphone le soir, sur le sommeil / sa qualité. Je les mets après le dîner, elles me font un look d'enfer (Monsieur Bout rigole, mais je lui en ai pris une paire aussi donc on a tous les 2 des tronches de Télétubbies), et ont permis d'améliorer la qualité de mon sommeil.


Evidemment, du coup, si on veut perdre une habitude, eh bien, il s'agit d'AUGMENTER la friction. Rendre l'habitude plus compliquée. Mettre la télécommande dans une autre pièce par exemple, si on a une télé qui prend trop de place dans notre journée. Ou alors... devoir demander un mot de passe à son mari pour pouvoir déverrouiller l'accès à son appli de verrouillage de tél.


4. Make it Satisfying : rendre le machin Gratifiant, augmenter / assurer / rapprocher la Récompense.

Aaaaah celle-là est puissante aussi. 

AtomicHabits souligne que le problème de la plupart des bonnes habitudes, c'est qu'elles sont un poil désagréables dans le présent, et contiennent leur récompense dans le futur. Alors que les mauvaises, elles, ont leur récompenses immédiates, et leurs désagréments dans l'avenir. Si je m'empiffre de Manner, j'ai le plaisir immédiat. L'effet sur ma santé et/ou ma capacité à rentrer dans mon pantalon vient en différé. Et notre cerveau est ainsi câblé qu'il privilégie énoooormément l'immédiat sur le long terme. C'est bien ce qui pêche dans nos comportements vis-à-vis des enjeux environnementaux.

Du coup, pour assurer qu'on va répéter un comportement, il est bon d'agir sur la récompense, pour que celle-ci se rapproche, qu'on en touche ne serait-ce qu'un échantillon dès qu'on fait l'action souhaitée, afin de boucler la boucle d'apprentissage du cerveau en mode "Ah, c'est cool ça, je vais refaire".

Un truc que nous avons a mis en place par exemple avec Monsieur Bout, sur le plan de nos finances : nous avons le souhait, à pas trop long terme, de passer dans une maison plus grande. Ce qui suppose de faire des économies. Ce qui n'est pas très gratifiant, n'est-ce pas : y a rien de gratifiant à ne pas dépenser.

    • Pour cela, nous avons déjà agi sur la loi 3, en programmant des virements automatiques vers des comptes bloqués. 
    • Mais nous avons aussi pris l'habitude de virer de l'argent sur un livret A spécifiquement dédié à cela, pour toute dépense non faite : nous sommes au resto, hésitons à prendre un dessert ? Hop, si nous hésitons, la satisfaction peut être en fait plus grande à économiser la somme qu'à savourer ce que ce prix nous apporterait. Sauf que dans l'instant, un tout petit peu de plaisir de mousse au chocolat même sur un ventre déjà bien plein > ne rien faire. Donc, nous rééquilibrons en faisant quelque chose de palpable : nous virons les 9€ de mousse au chocolat non commandée, et donc, là où il y a peu de récompense à ne pas commander, ne pas manger, il y en a à virer immédiatement l'argent sur un compte dont le chiffre grossit instantanément sous nos yeux.

Monsieur Bout, qui aimerait lui-même se remettre au sport, réfléchit actuellement à aussi virer de l'argent pour toute petite séance de sport faite;: ce serait rendre palpable l'investissement qu'il fait pour sa santé. (il n'est pas encore passé à l'action parce que lui, c'est déclencheur de motivation interne, et avec Monsieur Bout nous avons un modèle de déclencheur avec une looooooongue mèche d'allumage).

Dans les récompenses, James Clear inclut pas mal d'autres options... Il souligne notamment l'intérêt d'un 

  • système de suivi / tracking : le fameux cochage de liste, par exemple.

Cocher les habitudes, suivre, c'est associer un geste palpable à l'action, avoir un résultat visible immédiat, même si ce n'est qu'une case noircie. Une habitude tenue pendant une semaine, c'est une jolie série de cases ininterrompues. C'était déjà quelque chose qui contribuait au succès du Bullet Journal, à l'époque.

Et c'est cette partie du bouquin qui m'a précipitée tout droit dans les bras de l'appli de productivité qui a fait l'objet des 2 derniers billets. Au moment où j'ai découvert AtomicHabits, j'utilisais depuis peu une appli initialement destinée à un autre usage, mais que j'avais commencé à détourner pour suivre les nouvelles habitudes alimentaires que je cherchais à prendre suite à une autre chouette lecture (oui. Vous avez bien compris : avec ce billet que vous avez sous les yeux, qui clôt le teasing sur un bouquin, je commence à l'instant un nouveau teasing pour un autre bouquin. Quelle traîtresse !). Or j'avais constaté que ça m'aidait bien et... j'avais commencé à utiliser/détourner une autre fonctionnalité pour, justement, reprendre l'habitude des 2 minutes de rangement de HotSpot. Je constatais que suivre cela sur l'appli m'aidait bien à m'y tenir. 

La lecture d'AtomicHabits est venue mettre des mots sur ce que j'étais en train de vivre, et du coup, m'est venue la question à 1000 dollars : 

"Si cette appli, pas désignée pour au départ, me permet déjà d'avoir des résultats appréciables, ... quels effets aurait une appli faite exprès pour ?" 

=> Gwen va dans son PlayStore, y tape "habit tracker", télécharge les 3 ou 4 applis qui lui semblent les plus appétissantes, les teste, en supprime certaines direct, en garde d'autres quelques jours, et dans le tas, tombe sous le charme d'Habitica qui demeure seule, et grande, gagnante.


Habitica, punaise, eh bien, chez moi, ça soutient chacune des 4 règles

  • comme les choses sont notées, ça les rend OBVIOUS : chaque coup d'oeil dans l'appli m'expose aux Déclencheurs que j'y ai soigneusement placés (et en plus, je peux même faire des rappels qui m'envoient une notif)
  • ça rend ATTRACTIVE, car c'est joli, ludique
  • ça soutient énormément le côté FACILITER, puisque ça se prête merveilleusement bien au découpage de gros trucs en petits machins : 
    • je veux lire plus ? J'ai à la fois un truc qui m'incite à lire au moins 2 pages de bouquin pro avant de me coucher, et un autre truc qui découpe la lecture par tranche de 5 minutes. J'ai découpé l'épilation ainsi aussi, et ... à peu près tout en fait. 
    • Je ne fais que 5 minutes de blog, je coche déjà une fois. J'en fais plus ? Je coche 2, 3, 4... fois.
  • Et évidemment, c'est méga, méga efficace sur le plan RECOMPENSE, pour assortir, à tous ces trucs de long terme, une récompense immédiate. 
    • J'ai des points à chaque fois que je fais l'effort de parler allemand à H., par exemple. 
    • Et dans un commentaire, une lectrice vient de réaliser le potentiel qu'il y a à, enfin, être récompensée pour tous les efforts invisibles qu'elle fait dans la journée : faire l'effort de coller un enfant en plein apprentissage de la propreté sur le pot par exemple. 


Bref, autant vous dire que mon avenir n'a qu'à bien se tenir, car me voici bien armée : dans une main, les principes de réflexion avec Atomic Habits, dans l'autre, une appli qui se révèle souvent être un outil très adapté à la mise en musique de la réflexion enclenchée avec le bouquin.

Un espèce de cercle vertueux MONSTRUEUX, je rebondis de l'un à l'autre, et je vous quitte en vous chantant : "Aller plus haaaaaaut, aller plus hauhauhauhaaaaaaut".

(remerciez moi pas pour le Ohrwurm, c'est cadeau !)