PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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mardi 12 décembre 2017

Tout petit pas Zéro Déchet: le vinaigre blanc aux agrumes

Il ne vous aura pas échappé que rien ne va plus dans le fabuleux monde de la Gwen: ce petit monde a été mis sens dessus dessous par un déménagement que rien ne laissait présager il y a tout juste quelques mois, et dont l'impact avait été sous-estimé: franchement, moi j'étais persuadée que dès novembre, tout baignerait dans l'huile.
Au lieu de quoi je patauge dans la mélasse.
Bon, les choses s'améliorent quand même depuis une quinzaine de jours notamment, et j'ai bon espoir. D'ici... euh... 2022, tout ira bien.

Il n'empêche que pour le moment le bilan n'est pas brillant:
  • Pause IEF forcée: personne n'a la tête à ça, et je n'aurais absolument pas le temps de préparer grand chose. Depuis notre arrivée j'ai réussi à pondre un seul truc, mes fameux chiffres rugueux.
  • Le blog aussi est sérieusement négligé
  • J'ai préparé les enveloppes pour les heureuses gagnantes du concours, mais ne les ai pas encore postées: remarquez, ainsi je découvrirai notre Poste!
  • Je ne vous parle pas du temps en couple: réduit à peau de chagrin (et encore, plutôt vers la fin du bouquin du même nom). Du coup, hein, heureusement qu'on a eu l'expérience de la crise avant, pour nous permettre de surnager en attendant des eaux plus propices au tourterellage (néologisme s'appliquant à l'action de roucouler comme des tourterelles)
  • Le ménage / Flylady aussi ce n'est pas brillant (mot-clé: travaux en cours dans la maison), même si je dois quand même à ce fabuleux système les quelques automatismes qui évitent à notre maison de sombrer dans le chaos le plus total
  • Parentalité positive: après un creux monstrueux, je regravis péniblement la pente, en me retournant quelques ongles au passage. Je vous en parlerai à l'occasion.
  • Vie sociale: je commence à m'en reconstituer une sur place, en revanche les conversations téléphoniques que j'ai pu avoir avec mes copines de Strasbourg depuis notre départ se comptent sur les doigts d'une main, merci les couchers pourris des enfants! Être ainsi privée de contacts avec plein de gens que j'adore m'attriste profondément.
  • Mais alors, si il y a bien un domaine dans lequel j'ai l'impression d'avoir régressé, c'est le ZD! Zéro Déchet mon oeil, nos poubelles se remplissent à la vitesse de l'éclair et ça m’écœure. Je n'ai toujours pas retrouvé de bonnes habitudes de shopping, encore moins un panier bio comme celui qui faisait ma joie et venait à l'occasion vous faire rigoler, je fais au plus simple, et ça m'agace, ça me gêne aux entournures, ça me titille, ça me grrrr.

Alors quand même, hein, je veux me cramponner au positif et venir vous faire part du minuscule pas ZD que j'ai MALGRÉ TOUT réussi à faire ces dernières semaines. 
J'en tire une profonde satisfaction, et je vous souhaite de ressentir la même chose si vous m'imitez, tout simplement parce qu'on a suffisamment souvent l'occasion de ne pas être satisfait de soi pour ne pas s'autoriser, aussi, à baigner longuement dans une marinade d'autosatisfaction.

Et ça tombe bien, c'est justement un peu de marinade qu'il s'agit.

Préambule: savez-vous qu'il est possible de faire l'essentiel de son ménage au vinaigre blanc ?

En tous cas, chez moi, j'ai des pschitt du genre "Swish'n Swipe" un peu partout dans la maison, remplis d'une solution de vinaigre blanc et d'eau (50/50 ou 1/3 2/3 selon mon envie du moment), à laquelle je rajoute éventuellement une noisette de liquide vaisselle (c'est vraiment une option).
Je nettoie mes sanitaires, ma cuisine, un peu tout avec ces pschitt. 
Mes sols sont essentiellement faits à l'eau (merci Jemako) mais, quand l'envie m'en prend, je vaporise un peu de mon pschitt sur le sol avant de passer. (pour plus d'infos sur tout l'intérêt d'avoir recours au vinaigre blanc, allez donc faire un tour sur cette page fort bien faite)

Bref, chez moi ce point-là était acquis, et j'avais dit adieu aux produits ménagers du commerce depuis longtemps, faisant ainsi coup double (porte-monnaie et santé disent merci, car avec du vinaigre blanc qui coûte entre 30 et 60 centimes le litre, le calcul est vite fait! Je claque aussi quelques euros dans du bicarbonate de soude et le tour est joué, ma maison est propre - enfin... si je la nettoie)
Si chez vous ce n'est pas le cas, pour le coup c'est l'occasion d'un bien beau pas ZD!

Jusqu'à présent, dans mes pschitt je rajoutais aussi quelques gouttes d'huile essentielle, pour parfumer / couvrir l'odeur assez forte du vinaigre blanc: lavandin, menthe poivrée, citron... ça dépendait de mon humeur et de ce que j'avais en stock.

C'est cela mon petit pas ZD du jour: j'ai supprimé ces huiles essentielles, et les ai remplacées par de la récupération de déchets: depuis quelques semaines, mes pschitts sont délicieusement parfumés... parce que je fais mariner des écorces d'agrumes dans mon vinaigre blanc.

C'est simplissime:
  • on mange ses agrumes (si possible bio, hein, histoire de ne pas vaporiser des pesticides dans toute sa maison ensuite), 
  • on récupère les écorces (sans trop de blanc), 
  • on les met dans un récipient en verre 
    • en verre, tout simplement pour ne pas récupérer le mauvais du plastique: je réutilise des bouteilles de jus de fruits
    • il vaut mieux les découper en petits morceaux, tout simplement afin de s'éviter de galérer pour les sortir du récipient à la fin..., 
  • on recouvre de vinaigre blanc et on laisse mijoter cela 15 jours minimum en agitant de temps en temps la bouteille,
  • puis on filtre (avec un chinois tout bête; et c'est plus pratique si on a un entonnoir), et ensuite on peut utiliser cela pour remplir ses pschitt. 
En termes de quantités,
  • 1 orange, 
  • 1 citron et demi, 
  • 1 pamplemousse ou 
  • 2 clémentines 
suffiront pour parfumer un litre de cette mixture (mais si on en met davantage c'est bien aussi!). 

Bien entendu, on peut mélanger les agrumes entre eux, obtenant ainsi un sublime "pschitt de vinaigre blanc aux agrumes" que vous pourrez trouver au rayon ménager de vos grandes surfaces pour la coquette somme de 2 à 3€, hinhinhin.
Mais en ce qui me concerne j'aime bien séparer, comme cela selon la bouteille dont c'est le tour, j'ai la joie de sniffer du citron, de l'orange, ... bref, je me régale.

Sachez que ce vinaigre peut également s'utiliser à la place de l'assouplissant dans votre machine, et parfumer ainsi votre linge en plus de combattre le calcaire. La coloration prise du fait des écorces (oui, en plus c'est joliiiiii) ne posera pas de problème à votre linge même blanc, du fait de l'extrême dilution dans la quantité d'eau utilisée par votre machine.

Voilà du coup à quoi ressemble le haut de la hotte aspirante de notre cuisine.
Cela fait un peu cuisine de sorcière (Monsieur Bout me demande ce que je conserve dans ce formol), et puis cela permet aussi de repérer les alcoolo: ce sont ceux dont les yeux brillent quand je leur montre fièrement mes bouteilles, et qui s'enquièrent, pleins d'espoir: "oh, tu fais du rhum arrangé ?!?!". 
Que d'espoirs j'ai déçus...


Mais moi, je suis ravie!

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vendredi 8 décembre 2017

"plutôt que de vous opposer trop vite..." - Petit Bout de Lawrence COHEN, Qui veut jouer avec moi? #11

Parmi mes tout premiers pas en parentalité positive, il y avait déjà eu le constat de la nécessité de réduire drastiquement l'usage du "non".
  • en prenant davantage conscience des besoins et du mode de fonctionnement d'un enfant, j'avais réalisé que beaucoup de "non" sont absurdes / en contradiction avec ceux-ci: 
    • dire "non" à un câlin, quand l'enfant en a besoin pour se calmer lors d'une colère, par exemple. 
    • Ou refuser à un enfant de s'habiller seul ou d'aider à mettre la table, quand il cherche à tout prix à s'exercer et à s'intégrer à la vie du monde.
  • en travaillant sur le mode de communication, et notamment en lisant Faber & Mazlish, j'avais constaté qu'il existait beaucoup d'alternatives à ce fameux "non". En mettant en pratique ce que j'y ai appris, je fais chaque jour l'expérience de l'efficacité, souvent bien supérieure, de mille autres manières de faire respecter une limite.

Le petit bout de Lawrence Cohen qui nous occupe aujourd'hui est venu encore enrichir ma vision du "non", et de ses alternatives.
Car la citation du jour est:
"S'il veut se lancer dans une tâche [qui ne vous convient pas], plutôt que de vous opposer trop vite, vous pouvez lui dire 'Bonne idée!'  "

Issue du paragraphe suivant :
Lawrence COHEN, "Qui veut jouer avec moi ? - Jouer pour mieux communiquer avec nos enfants", p226.

Encore une fois, sa manière de présenter les choses m'a frappée: empêcher, interdire une action dangereuse, impossible, ou indésirable d'une manière ou d'une autre, ce serait donc nuire au développement de la responsabilité de l'enfant et de son esprit critique...? On le priverait de l'occasion de réfléchir par lui-même, d'anticiper des conséquences, voire de s'y confronter.

Et au fond, c'est logique! En tant qu'adulte, en tant que parent, nous avons à la fois l'expérience des désagréments possiblement causés par une action, et le souci de les éviter à nos enfants.
Mais peut-être cela nous pousse-t-il à être trop interventionnistes, et peut-être est-il bon que, de temps à autre, nos enfants en fassent l'expérience, au moins à travers cet imaginaire déjà si utile pour gérer leurs désirs...?

Concrètement, chez nous, il y a eu des applications proches des exemples donnés par L. Cohen, et j'ai apprécié la manière dont "rentrer dans le jeu" de F. permettait une inversion des rôles : à lui d'être la personne responsable dans notre duo. J'ai ainsi pu faire l'expérience, à la fois de la manière dont  le fait d'aller dans son sens
  • lui permettait, à lui, de sortir d'une logique d'opposition
  • et l'encourageait à anticiper et prendre des précautions utiles


Mais c'est dans un domaine un peu différent que j'ai particulièrement aimé comment rentrer dans le jeu de l'enfant pouvait l'amener à s'interroger sur l'intérêt de son comportement, et/ou percevoir les conséquences de sa propre logique si on la poussait jusqu'au bout.

Depuis la fin de l'été, et cela a connu sa phase la plus aigüe dans les semaines qui ont suivi le déménagement, F. a connu une période grossière bien marquée: "pipi caca prout" et j'en passe...

Les premières fois où, ainsi, il m'a dit que j'avais cuisiné du caca, j'ai contredit, expliqué, dit que cela ne me faisait pas plaisir après tout le temps que j'avais passé en cuisine. Résultat: nul.
Et puis j'ai pensé à ce passage et je l'ai appliqué:
- J'aime pas, c'est du caca!
- Oh ouiiii, j'ai cuisiné pleeeein de caca, ah oui vraiment c'est du caca!
- Euh... non non !
- Ah si, regarde, là j'ai fait du caca, et là c'est aussi du caca, et...
- Non non, pas du tout! C'est pas du tout du caca, c'est très bon, et j'aime beaucoup ça!

J'étais sur les fesses.
Et j'ai usé et réusé du même enthousiasme, dans des situations analogues, et à chaque fois c'est F. qui a de lui-même corrigé sa maman et tiré notre duo vers le haut.
Fondamentalement, être parent à deux, cela permet parfois de se décharger sur l'autre parent du rôle de la personne raisonnable... Mais en fait, pouvoir refiler cette position à son enfant, ça a du bon!

(évidemment, il y a des limites aux bénéfices de cette exagération: quand F. interpelle les gens à haute et intelligible voix "eh Madame qui pue des fesses!" (aaaah, ces grands moments de solitude que nous offre la maternité!), je vois bien que renchérir avec un "Oh oui, c'est une Madame qui pue, elle est PLEINE DE CACA!" pourrait, certes, permettre à mon gamin de se détourner de ce genre d'affirmations, mais poserait un gros, gros problème d'acceptabilité sociale #pourquoij'aipasfaitdespoissonsrouges)



Petits Bouts de Lawrence Cohen précédents: 
Mettre un terme à un jeu violent
Difficiles retrouvailles avec un enfant
Une bonne manière de jouer à la guerre (?) 
Une alternative aux câlins 
Déclarations enflammées 
Transformer une situation tendue en jeu 
Les enfants qui tentent de s'humilier les uns les autres 
De l'importance de l'éducation émotionnelle des  garçons 
Entraînement à la maîtrise de ses impulsions
Les aînés face aux plus faibles

mercredi 6 décembre 2017

Couple en crise #2 : des procédures de sortie de crise

Sur ce blog, j'aime bien faire des PPP: Petit Parallèle Pourri.
Et je trouve que Flylady se prête particulièrement bien à ce genre d'exercices, c'est pourquoi vous avez eu droit, notamment, à un PPP entre ce fabuleux système d'organisation et la parentalité positive.

En voici un, tout beau tout chaud, avec le sujet qui nous occupe aujourd'hui: les conflits et crises au sein du couple.

Parmi tous les concepts Flylady, existe celui de Hot Spot = point chaud. 
Le HotSpot selon Flylady est un point (quand je dis "un"... il est bien évident que dans une maison, il n'en existe pas qu'un, bien souvent!) sur lequel le bazar vient systématiquement s'accumuler: 
  • dessus du meuble de l'entrée, 
  • table de nuit, 
  • table de salle à manger, 
  • porte-manteau.... 
Les candidats ne manquent pas! 
On y laisse un papier à ranger, une pièce de puzzle ramassée à l'instant, une chaussette dépareillée, une pile, un chargeur,... 
Et ce magma informe grossit et se fait de plus en plus intimidant: comment s'y attaquer? On frémit rien qu'à l'idée d'y toucher.
Pour traiter ces fameux HotSpots, Flylady a une seule méthode. C'est l'objet de son Babystep n°6: tomber dessus à raison de 2 minutes. Ne pas se poser de question, ne pas faire de grands projets, mais appliquer ces deux minutes matin et soir, et faire confiance que lesdites deux minutes sont le début de la fin du Hotspot: il va arrêter de grandir, d'abord, et se résorber petit à petit, ensuite.

Une crise de couple, au fond, c'est pareil. 
Des soucis, des incompréhensions, des silences, des relents de disputes, des rancœurs s'accumulent. Comme un HotSpot ménager, ça grossit et ça envahit peu à peu tout l'espace, rendant la vie très inconfortable. On sent bien sa présence, mais franchement, rien qu'à l'idée d'aller déblayer ce truc monstrueux, le courage nous manque. Aaaaaucune envie d'y toucher: ça brûle! 
Alors, on évite de regarder ce machin, on s'évite tout court, d'ailleurs, par peur que le sujet (re)vienne sur le tapis. C'est le fameux "elephant in the room": l'éléphant est dans la pièce mais on ne peut pas en parler alors on ne peut plus rien faire.

Ça, c'est la version "silencieuse" du conflit.
Il y a aussi le conflit bruyant, le machin qui a explosé: chacun a sorti de belles vacheries à l'autre, les deux en ont pris pour leur grade, aucun des deux n'a les mains blanches, et chacun des deux a donc tout le loisir de ruminer dans son coin les torts / la responsabilité é-cra-sante de l'autre dans cette dispute... sans vouloir forcément regarder de trop près les siens propres.

Dans tous les cas, que le volcan couve ou qu'on vienne d'assister à une éruption du plus bel effet: le résultat est le même: comment amorcer la sortie de crise ?
On voudrait bien, mais on tergiverse. Comme en Flylady, on aurait besoin d'une bonne vieille routine à appliquer les yeux fermés, sans se poser de question.

Or c'est justement un deuxième fruit de notre première année de mariage ô combien conflictuelle: elle nous a permis d'élaborer

[Leçon n°2]

des procédures de sortie de crise



Des procédures de sortie de crise ? 
Oui, c'est-à-dire un code, un code de conduite, des gestes, des mots, des phrases clés, à utiliser pour nous aider à apaiser la crise.

En effet, le propre des conflits conjugaux est
  • le fait que comme toute crise, il est à la source d'émotions fortes
    • La force de ces émotions plonge ceux qui les ressentent dans un cercle vicieux. Blessé dans ses sentiments, il est plus difficile de prendre garde aux sentiments de l'autre, et de trouver les mots et les gestes permettant de calmer le jeu. On a du mal à ralentir le rythme, à bifurquer et à se frayer un chemin, le sang-froid manque pour éviter les écueils et saisir les opportunités
    • La possibilité de s'en remettre à un fil rouge pour s'en sortir est alors très précieuse : dès qu'on est capable de mobiliser une mini-étincelle d'énergie positive, on peut l'employer pour démarrer la procédure, et à partir de là on se met en pilote automatique, et on avance.
  • leur répétition / fréquence: la vie conjugale 
    • 1. fournit de  très nombreuses occasions de s'entraîner et d'arriver peu à peu à une procédure qui marche 
    • 2. rend ce travail très rentable puisque lesdites procédures pourront être utilisées trèèèès souvent ensuite

Ce fil rouge ne tombe pas tout cuit, mais notre première année nous a permis de le fabriquer, peu à peu.


Voici quelques exemples des codes auxquels nous avons recours / qui fonctionnent chez nous

En cas de dispute aigüe / engueulade:
  • Première étape : signaler sa disposition à déposer les armes en employant l'un ou l'autre (ou en combinant plusieurs) des signaux suivants
    • toucher la main de l'autre
    • émettre un très long "Pfffffffffffffffffffffffffffffffffff" éventuellement suivi d'un 
      • "on est bêtes hein?
      • "j'aime pas quand on se dispute comme ça", 
      • "On n'est pas dans la m***
      • ou "je t'aimeeeeeeeeeeuh" (en accentuant le "Meuh", au besoin en faisant les cornes. Notons que l'humour, dans une situation émotionnellement chargée, peut être dangereux du fait qu'il peut être mal interprété/vécu comme de l'ironie / moquerie par l'autre. Mais là en l’occurrence, il s'agit d'une blague codifiée dont le sens ne prête pas à confusion, donc la fonction "détente" de l'humour peut jouer à plein, sans risque)
    • "je crois que ça part en live, là.  On s'arrête et on recommence?"
    • "je crois qu'on a besoin d'un câlin" et / ou acte: long câlin silencieux avant de reprendre les pourparlers

  • Deuxième étape: reconnaître les mérites, les sentiments et la position de l'autre dans cette histoire
    • "j'ai conscience que c'est difficile pour toi"
    • "je vois que tu...."
    • "j'ai conscience que tu... as du mal à faire autrement / t'efforces de faire de ton mieux /..."

  • Troisième étape: repartir de son ressenti à soi
    • "En fait je me sens..."

La première étape a valeur d'un drapeau blanc, et introduit la reprise des pourparlers selon les modalités plus apaisées et plus empathiques des 2ème et 3ème étapes. Celles-ci se rapprochent des conseils donnés en Communication Non-Violente, même si à l'époque le concept nous était totalement étranger! 
Curieusement, aussi, depuis que Faber & Mazlish nous ont sensibilisés à l'accueil des sentiments de nos enfants, notre manière de gérer la deuxième étape s'est enrichie ;-)

En cas de problèmes larvés à la source d'un éloignement: là le processus est différent, dans la mesure où il peut arriver que l'autre partie "découvre" le problème, ou n'ait pas vraiment conscience de sa gravité / se soit refusée à en prendre conscience
  • "Je t'aime et je sens que [ce problème] nous éloigne, je ne veux pas de ça et j'aimerais travailler avec toi pour te retrouver"
également déclinable, quand il s'agit d'un sentiment diffus de désunion, en
  • "Je t'aime et je sens que nous nous éloignons, ça me fait peur, que pouvons-nous faire pour nous retrouver?"

Ces "procédures" nous sont personnelles, chacun peut aboutir à des procédures différentes, chez nous celles dont nous disposons sont 
  • d'abord issues de l'expérience "Ah, dans l'épisode 143 de nos disputes, machin a dit ou fait ça et ça a permis de...", 
  • améliorées ensuite par du travail conscient, un échange ciblé sur le thème de "dans des disputes de ce type, qu'es-ce qui, chez toi, chez moi, aide, rassure, calme, apaise ?", 
  • et renforcées ensuite par l'expérience, à nouveau: plus on s'en sert, plus elles nous permettent de dénouer des conflits, plus elles prennent de valeur: elles jouent alors pleinement leur rôle de phare dans la tempête, de signe rassurant que l'un envoie à l'autre pour lui faire part de son envie d'avancer ensemble. 
Le fait d'investir dans des moments de lecture à deux, comme évoqué dans mon billet précédent, constitue lui-même un autre de ces signaux: il s'agit avant tout de montrer à l'autre son désir de le rejoindre
On ne sait pas encore comment on va faire, mais déjà on pose une déclaration d'intention: je veux t'aimer donc peu importe la faiblesse de ce que je peux ressentir pour toi pile poil maintenant, je suis prêt à faire les efforts nécessaires pour aller au-delà d'une simple fluctuation, tout à fait normale, des sentiments
  • Non, je n'ai pas l'intention de déserter le navire en prétendant que c'est toi qui m'en as expulsé, 
  • ni de te demander de nous ramener en eaux plus calmes par la force de tes bras, 
  • je veux m'asseoir avec toi et ramer en duo jusqu'à ce que nous retrouvions une mer plus agréable. 
  • "Tu as du prix à mes yeux..."


Les fruits de cet outil chez nous ?
  • Nos crises durent moins longtemps
    • sachant mieux comment y mettre un terme, nous sommes plus prompts à le faire 
    • d'autant plus qu'ayant des expériences positives de sortie de crise en tête, nous avons davantage confiance dans le fait qu'il est possible de faire le premier pas sans perdre la face
  • Elles nous laissent, du coup, moins de temps pour nous blesser l'un l'autre / nous blessent moins profondément
  • Ces procédures renforcent notre confiance dans la solidité de notre couple: celui-ci n'est pas à la merci d'un passage à vide puisque nous avons de quoi le surmonter.
  • Et surtout: chaque crise résolue ainsi l'est parce que chacun de nous a choisi, à ce moment, de vouloir aimer l'autre au-delà de la difficulté. Chaque crise résolue ainsi renforce donc la confiance dans l'amour de l'autre : nous avons des procédures à disposition, certes, mais surtout nous pouvons avoir confiance dans la volonté des deux d'y avoir recours!

dimanche 3 décembre 2017

Chiffres rugueux faits-maison (si si!)

Comme vous le savez, je ne suis pas particulièrement bricoleuse. 
Je l'ai abondamment montré (que ce soit sur ce blog, et plus encore dans la vraie vie), et jamais mes manques à ce niveau n'ont été plus évidents que lorsque je me suis lancée dans la fabrication de mes lettres rugueuses. Si vous avez besoin de vous sentir très douée (=plus que moi), allez donc lire mon récit de cet échec cuisant.
C'est pourquoi, quand il s'agit de prévoir mon budget pour une IEF plutôt orientée Montessori, j'ai prévu d'acheter, et non de fabriquer, la plupart du matériel lié.

Et pourtant, me voici à vous raconter comment j'ai fait mes chiffres rugueux moi-même!
Bon, je vous dis tout de suite, c'est en revoyant mon niveau d'exigences
  • je pense nécessaire d'être plus à cheval sur de nombreux points concernant les lettres rugueuses, car celles-ci vont être longuement manipulées avant que l'enfant n'acquière les connaissances qu'elles peuvent lui apporter.
  • F. étant déjà bien avancé dans sa connaissance des chiffres, je ne vois cela que comme un matériel d'appoint, pour
    • l'aider à acquérir vraiment leur tracé
    • servir dans les activités où on met les chiffres en correspondance avec un autre matériel (escalier de perles, barres rouges et bleues)

De ce fait, je n'ai pas cherché à assurer à ce matériel une résistance à toute épreuve ni une longévité de mammouth. J'ai privilégié la simplicité et l'usage de matériaux et techniques que j'ai à disposition et que je maîtrise 
  • papier type Canson, de couleur verte, format A5 (merci Action)
  • plastifieuse (j'ai celle d'Aldi, qui comme Lidl, en propose deux fois par an. Généralement c'est avant ou juste après Noël, soyez aux aguêts)
  • tubes de colle colorée et pailletée (achetés initialement pour la confection de bouteilles de retour au calme. Merci Action également)

Mode opératoire très long et très complexe
  • 1. Plastifier mes A5. 
  • 1bis: réaliser que je n'ai pas assez de feuilles de plastifieuses en format A5 pour faire mes 10 chiffres rugueux sur ce format, donc, après mûre réflexion, me décider à passer sur du A6 et redécouper mes feuilles tout juste plastifiées. Ceci constitue une illustration de la manière dont, quoi que je fasse, il y a toujours un grain de sable qui vient se glisser dans mes projets de travaux manuels.
  • 2. Tracer les chiffres, à la main levée, avec un tube de colle à paillettes, en étalant ladite colle afin que le tracé soit large. N'ayant pas utilisé de gabarit quelconque, il peut donc exister une variation de taille entre chacun des chiffres. J'ai estimé que ce n'était pas la mort, alors que cela m'aurait davantage dérangée dans le cas des lettres.


Le résultat est raisonnablement esthétique, tout à fait opérationnel, la différence entre surface plastifiée et colle pailletée est parfaitement perceptible, et cela m'a pris 25 minutes. Tellement facile que c'est le seul truc que j'ai réussi à produire moi-même dans le bref temps d'IEF que nous avons connu entre notre déménagement et le moment où j'ai admis que la priorité n'était pas à la reprise l'IEF, mais à l'atterrissage post-déménagement.
En revanche, il faut prévoir un temps de séchage pour la colle à paillettes.

Ces machins ont plu, j'ai simplement du rappeler à F. que non, il n'était pas question de s'amuser à gratter la colle à paillettes...

vendredi 1 décembre 2017

Couple en crise #1 : gérer la patate chaude par la lecture.

Aujourd'hui, voyons ensemble le 1er outil qui nous a permis de nous en extirper.

Leçon n°1: 

Quand ça va mal, bien mal, ou tout simplement pour tout sujet trèèès délicat, lire des bouquins peut aider


Pardon?

Eh bien oui. Lors de notre première année de mariage, la toute première chose qui nous a permis de commencer à sortir de l'ornière, fut la lecture de bouquins dits "de couple".
Pour deux raisons
  • les enseignements tirés de ces lectures
    • ben oui, et même de bouquins que nous avions lus ensemble avant notre mariage ! Certaines choses - conseils, avertissements, ... - auxquelles nous n'avions pas prêté attention avant ont pris une signification nouvelle une fois que nous pataugions bien; 
    • C'est pourquoi je compte bien revenir vous parler, dans un prochain billet, des meilleurs bouquins que nous ayons lus. Car en la matière, c'est comme pour les bouquins d'éducation: il en existe des centaines, 
      • certains sont extra, 
      • d'autres sont chouettes, 
      • d'autres encore apporteront un ou deux petits trucs, 
      • et beaucoup sont à jeter (ou recycler en matériel de travaux manuels si vraiment vous voulez rester en mode ZD. Car donner ou revendre des bouquins de couple pourris, c'est criminel)
  • mais aussi et surtout, déjà, le fait de lire ensemble.


Vous trouvez cela bizarre ?
Spontanément vous vous dites que ça ne pourrait jamais coller chez vous?
Peut-être.
Mais avant de jeter l'idée, lisez donc ce qui suit.



Qui dit période délicate et / ou sujet délicat dit sujet sensible, qui fait souffrir, qui touche au plus profond des deux membres du couple, dit donc: sensibilités à vif
Ce qui signifie qu'il est difficile, pour chacun des deux, d'exprimer son point de vue d'une manière claire, apaisée, non blessante pour la partie adverse, euh, l'autre partie, pardon. 
Et en face, il s'avère tout aussi difficile pour le conjoint d'entendre ce point de vue sans se sentir accusé, remis en question, voire agressé.

D'autant qu'évidemment, très souvent, la discussion va venir à chaud, suite à un évènement ayant mis en lumière le problème:
  • la belle-mère vient d'appeler et franchement la manière dont ça s'est passé montre qu'il faudrait mettre des limites
  • y a eu un souci avec les enfants et franchement là encore j'ai pas aimé ta manière d'agir/ne pas agir
  • on vient de s'offrir un petit moment câlin à deux et c'était encore une fois décevant
  • ...[liste interminable]

Si la discussion vient à froid
  • soit que cela vienne d'une volonté de ne pas discuter à chaud, justement pour diminuer la probabilité de conflit, 
  • soit que cela vienne d'un empêchement pratique ("chut, on va pas discuter de ça devant les enfants bon sang!" / irruption d'un voisin ou du plombier), 
les esprits n'en seront pas forcément plus apaisés: souvent, au moins l'un des deux (celui qui provoque la discussion) aura ruminé le sujet dans son coin pendant ce temps, et arrivera remonté à bloc, armé de tous ses griefs, et prêt à les exposer longuement.

En tous cas, c'était comme cela chez nous. 
Nous avions essayé de parler des sujets qui fâchaient, à chaud, à froid, à tiède, avec ou sans vinaigrette. 
Ça finissait toujours mal. 
Nous nous sommes copieusement tus, aussi. Ça n'aidait pas davantage.
Une belle alternance, une belle spirale, et peu à peu nous nous enfoncions dans le conflit et désespérions d'en trouver la sortie.

Jusqu'à ce que je commence un bouquin emprunté un peu au hasard à une voisine, que je le trouve chouette, et que je propose à Monsieur Bout de le lire avec moi. 
Ce que nous fîmes, à raison d'un (court) chapitre par soir avant le coucher.
(excellente posologie que je conseille à tout un chacun en temps de crise. 
  • Quand les symptômes décroissent, 
  • en cas de mal moins aigu, 
  • ou si il s'agit plutôt d'un traitement de prévention, 
on peut tout à fait espacer les prises à raison d'un chapitre par semaine)
Concrètement: nous lisions le chapitre "dans notre tête", et faisions des pauses à intervalles réguliers pour réagir. Dans mon entourage, d'autres ont préféré lire à voix haute.


Parler, donc, c'était la cata.

En quoi lire un bouquin de couple serait différent ? 


Oh, pas grand chose, hein.
Tout juste 7 points fondamentaux.

Un bouquin de couple / sa lecture

  • 1. amène forcément le sujet à froid (au moment choisi à l'avance pour la lecture)

  • 2. amène les sujets à froid et sans que ce soit vraiment à l'initiative d'aucun des deux
      • certes, la lecture du bouquin initial a été suggérée par l'un ou par l'autre, mais ensuite, eh bien on lit de la page 1 à la page X, et c'est la bouquin qui détermine dans quel ordre vont être abordés les différents aspects du problème. 
      • En quelque sorte, l'ordre du jour est ainsi défini par quelqu'un de neutre
        • ce qui aide chacun des deux protagonistes à l'accepter, d'une part, 
        • et à aborder le sujet du jour de manière plus apaisée, moins sur la défensive, d'autre part. En effet, pas de mauvaises intentions à prêter à un bouquin! (ou alors il faut avoir un conjoint hyper machiavélique qui est allé découper et redécoller ledit bouquin afin d'en extraire les pages qui le dérangent, et de présenter les autres pages dans l'ordre qui lui convient. Plausible?)

  • 3. contient, si bouquin bien choisi, un certain nombre de points qui viennent enrichir notre vision des choses, voire même souvent proposer une troisième voix / voie quand chacun des deux voudrait entraîner l'autre dans sa voie à lui:  des manières encore différentes de faire de ce qu'on connaît, d'autres astuces, dont l'une peut s'avérer convenir aux besoins des deux.

  • 4. dit un maximum de choses de manière beaucoup plus claire et neutre que tout ce qu'on est, à ce stade avancé de déliquescence nerveuse, capable d'exprimer. 
    • Avantage collatéral non négligeable: il est ainsi à même de venir rééquilibrer un peu les choses dans le cas fort fréquent d'un couple où l'un s'exprime mieux / davantage que l'autre: le mutique a soudainement un porte-parole, et au besoin, dans un premier temps, il peut se contenter de hocher frénétiquement de la tête à chaque phrase.

  • 5. dit ces choses d'une manière beaucoup plus facile à accueillir pour la personne susceptible de se sentir remise en question par lesdites choses. 
    • Nous-mêmes nous en avons fait l'expérience: cela change beaucoup de choses quand le bouquin exprime que "telle ou telle chose peut être importante / difficile à vivre pour un membre du couple" et que le conjoint n'a plus qu'à rebondir, simplement, doucement, en disant "ah tiens, c'est vrai que... j'en avais d'ailleurs fait l'expérience à tel moment". 
    • Rieeeen à voir avec un "T'as fait ça [insérer crime passible de la pendaison]! Eh ben c'était pas du tout ce qu'il fallait faire!" plus direct.

  • 6. Favorise, justement, le vrai partage entre époux, celui le mieux à même d'être entendu: le bouquin ayant pris le rôle du donneur de conseils / leçons, ce rôle n'est plus disponible. Ça tombe bien!
    • Chacun peut donc se concentrer sur le partage de son vécu, de son ressenti, toutes choses qui favorisent l'intimité émotionnelle au sein du couple: "en fait, moi, à ce moment, j'ai pensé cela, parce que ça m'a rappelé telle chose, d'autant que figure-toi que quand j'étais petit..." et voilà comment on se met à mieux comprendre un autre parce qu'il nous fait partager ce qui l'anime.
    • Et accessoirement, c'est une excellente école / expérience: en ce qui nous concerne, cette époque de lecture intensive nous a permis de constater concrètement que c'était par le partage de ressenti et de vécu que nous parvenions le mieux à nous rejoindre, finalement. Ce qui nous a par la suite bigrement incités à faire notre maximum pour partager ce genre de choses sans attendre la crise...

  • 7. Favorise cette intimité à plus d'un titre, du reste. 
    • J'y reviendrai dans le prochain billet, mais rien que ce RDV-lecture régulier constitue déjà un signe fort d'amour, symbolise la volonté de l'autre de lutter avec (et non contre...) nous dans cette histoire, pour que les choses avancent. Et la répétition de ces "rendez-vous de travail" montre le sérieux de l'investissement, et ancre cette démarche dans le quotidien. Elle nourrit l'espoir que la solution ne se trouvera pas en un jour, mais que nous cheminons ensemble vers elle.
    • Par ailleurs, lire un bouquin, côte à côte, c'est aussi propice à l'expérimentation d'une certaine intimité physique. Et de fait, chez nous ces moments se sont peu à peu mués en moments où s'exprimait une tendresse sinon très difficile à vivre dans un quotidien très conflictuel. Lire l'un contre l'autre, frôler sa jouer de la sienne en lisant, caresser un main ou serrer une épaule, poser sa tête contre l'épaule du conjoint, ... autant de petits riens qui ont participé au rapprochement!


Bref, pour reprendre la métaphore de mon titre: la lecture d'un bouquin de couple, c'est l'occasion de s'attaquer à une patate chaude qui nous a déjà brûlés cinquante fois, quel que soit le bout par lequel on a tenté de la saisir. 
Alors comme avec la vraie patate chaude, on met tout simplement un bon gros gant de cuisine, pour toucher au machin sans se brûler: on cherche une médiation.
Dans les cas où on en ressent la nécessité, cette médiation prendra la forme d'une personne extérieure au couple type conseiller conjugal, mais 
  • plus low-cost,
  • DIY,
  • moins intimidante, 
la lecture d'un bouquin peut déjà amener très loin! 


Chez nous, les effets "décongestionnant" du remède se firent sentir au bout de quelques soirs à peine.
Au bout de quelques jours de lecture, le cercle vicieux dans lequel nous nous sentions enfermés commençait à disparaître.

(vous noterez que cette technique nous a si bien réussi que, plus tard, c'est également ainsi que nous avons procédé pour avancer ensemble sur le plan éducatif)

mercredi 29 novembre 2017

Couple: ils se marièrent et eurent beaucoup de CRISES

Monsieur Bout et moi nous sommes mariés jeunes, très jeunes.
Que c'est miiignoooon!

Est-ce que je le recommanderais à d'autres ?
Non!
Mais honnêtement: on ne se marie pas sur recommandation.

Se marier jeune a ses avantages et ses inconvénients, se marier plus tard en a d'autres, et il paraît que c'est surtout 
  • avec qui on se marie, 
  • pourquoi on se marie (pour quelles raisons), 
  • et pour quoi on se marie (dans quel but), 
qui comptent. 
L'âge du capitaine, là-dedans, ne pourra influer que sur, éventuellement, la capacité à discerner ces 3 points.

Bref, quoi qu'il en soit, nous nous sommes mariés jeunes, avant même la fin de nos études, et c'était mignon, et tout notre entourage présent ce jour-là était ravi d'être témoin de notre bonheur.

ACHTUNG! Ceci est la toute première photo où l'on voit la Gwen sur le blog. J'espère que votre dévorante curiosité est satisfaite!



Ce qui fut moins mignon, ce fut l'année qui suivit. Et évidemment, peu de gens furent témoins de nos malheurs.

Mais à vous, je vous le dis: notre première année de mariage, à Monsieur Bout et à moi, fut calamiteuse. 
Affreuse. 
Nous avons rempli des jerricans de larmes, gueulé à rendre sourd un troupeau d'éléphants, boudé/fait la gueule à qui mieux mieux, et nous sommes balancés des vacheries à faire pâlir d'envie un humoriste de boulevard.

Mais bon, ce fut une année de transition, une année d'apprentissage.
Apprentissage de la vie à deux, de la communication de couple.
Un apprentissage un peu violent, un peu hard-core, mais dont les leçons nous ont bien servi par la suite et nous servent toujours.

Alors pour vous aujourd'hui, voici 3 leçons que nous avons tirées de cette première année (grosso modo, hein) en mode Koh-Lanta du couple (et comme pour mon billet sur la compatibilité entre le fait d'être parent et ses propres limites, je vais découper ma réflexion sur plusieurs parties).


Leçon  n°...0 (ouais, je triche déjà)

ça a TOUJOURS l'air de fonctionner mieux dans le couple du voisin.


Pourquoi est-il crucial de garder cela en tête?

En ce qui nous concerne, nous en avons fait les frais à l'époque: les difficultés de nos premiers mois de mariage ont été empirées par le fait que je me disais que ce n'était pas normal, que y avait qu'à nous que ça arrivait. Un mode de pensée assez désespérant et qui laisse la porte ouverte à des doutes en mode 
"eh mais si ça se passe si mal chez nous, ne serait-ce pas qu'au départ y a une erreur de casting?"
Notons que cette illusion qu'un couple "bien construit" est un couple dans lequel tout baigne, ou presque, est abondamment nourrie par les médias de toute sortes. 
  • On nous y montre des gens marchant main dans la main sur une playlist adaptée, avec, au mieux (si les héros ne sont pas trop occupés à sauver le monde et/ou lutter contre des ennemis extérieurs au couple), une bonne grosse dispute au milieu qui est résolue à la fin, 
  • mais pas du tout l'enchainement de mini broutilles qui donne envie de massacrer son conjoint / fait de lui l'ennemi intérieur au couple. 
  • Dans la plupart des livres et des films, si ça ne va pas, si vraiment y a des trucs pas chouettes qui se passent / se disent, c'est que: c'est pas l'bon. 
En ce qui nous concerne, nous avions pourtant, dans le cadre de notre préparation au mariage, réfléchi au fait que nous pourrions être amenés à rencontrer des difficultés entre nous, et étions déterminés à les affronter, mais... pas si tôt! Oui, un passage à vide autour de 10-15 ans de mariage, OK. Mais avant, et surtout au début, ce serait cui-cui les petits oiseaux. 

Illusion, et sentiment de solitude dans notre malheur du coup, encore renforcés par le fait que, jeunes mariés, notre entourage (qui, rappelons-le, nous avait trouvés si mignons par une belle journée d'août), nous accueillait avec des "alors, les tourtereaux, toujours sur votre petit nuage?
(nooooooooooooooooooooooooooooon) 

Quand 8 mois plus tard j'ai pu avoir une grande conversation avec une amie très chère, également jeune mariée, et réaliser que chez elle aussi c'était compliqué, j'ai pu me détendre un peu.
Or, être un peu plus détendu, pour aborder des problèmes de couple, c'est précieux: ça permet de se focaliser sur les vrais problèmes sans perdre du temps à se demander ce que le destin voulait.

Depuis, j'ai toujours en tête que peu de couples étalent au grand jour leurs petites, moyennes, et grandes disputes
Ce n'est pas parce que nous débarquons chez des amis et envions l'harmonie qui règne entre eux (alors que nous n'avons arrêté de nous enguirlander qu'au moment d'appuyer sur leur sonnette), qu'eux-mêmes n'ont pas également interrompu une splendide engueulade à l'instant où le bruit de ladite sonnette a retenti (voire c'est pour cela qu'ils ont tardé à répondre à notre coup de sonnette; ce qui, à nous, nous a laissé le temps d'un dernier coup bas).

Il est donc souvent contre-productif de se lamenter en se disant qu'on aurait bien la relation qu'ont les voisins d'à côté
  • ce sont deux individus différents des deux individus qui constituent notre couple, donc forcément la relation ne peut pas être la même
  • cette relation a incontestablement ses points sombres, aucun doute à avoir là-dessus
  • Il vaut mieux ne pas perdre d'énergie à regarder par dessus la haie du voisin, mais continuer à bêcher ses propres plates-bandes
Une exception! 
Quand on s'entend suffisamment bien avec le voisin pour pouvoir vraiment discuter de points spécifiques de jardinage: "comment gères-tu tel aspect?".
  • En ayant confiance qu'il aura la simplicité de dire si il ne gère paaas duuuuu toooooout 
  • et peut-être, retirer de la conversation l'une ou l'autre astuce / point de vue différent et enrichissant, ou en tous cas une incitation à continuer à travailler l'aspect en question.

Bref, donc, c'est un peu comme en parentalité: non, il n'y a aucun enfant qui ne fait jamais de colère et aucune maman qui arrive toujours à tout bien gérer; donc le fait de patauger n'est pas un souci en soi. Ce qui fait toujours un souci de moins!

Bon, et une fois qu'on patauge bien, comment peut-on faire pour éviter de rester englués dans la boue?
Suite au prochain numéro

Conséquence accessoire de ces quelques lignes: si par hasard en lisant les billets qui vont suivre vous vous désespériez de ne pas avoir épousé Monsieur Bout / ne pas fonctionner comme ça.... 
STOP. 
D'abord Monsieur Bout est monstrueusement relou, je n'ai pas écrit de billet contenant la liste de ses défauts, tout simplement parce que déjà que j'ai tendance à écrire un peu longuement en général, là je battrais tous mes records. 
Ensuite à vous de voir ce que vous pouvez retirer de notre expérience, ce qui pourrait être transférable, ou non, dans votre microcosme conjugal à vous. Prenons une métaphore botanique: si vous êtes de type climat équatorial, ne vous désespérez pas de ne pas voir pousser de sapins chez vous! En revanche, certaines expérimentations demeurent possible et des plantes à qui on ne prédirait pas une grande espérance de vie peuvent se révéler capables, à l'usage, de coloniser un terrain pourtant jugé hostile.

dimanche 26 novembre 2017

33 activités à mettre dans un calendrier de l'Avent en mode reconnexion

L'an dernier, déjà, j'avais louché sur les calendriers de l'Avent qui invitaient à prévoir, chaque jour, sous forme de "bon", un beau moment, afin de faire de ce temps de l'Avent une période propice au rapprochement familial. Mais bon, l'an dernier, j'avais louché sur beaucoup de choses concernant l'Avent, et n'avais pas mis grand chose en place.
Cette année, de nouveau, des partages, sur Facebook notamment, sont venus me mettre l'eau à la bouche. Pour le même résultat?


Si ce n'est que cette année, le besoin de reconnexion familiale est URGENT.

Nous nous dépêtrons toujours dans les remous causés par notre récent déménagement, les enfants s'en montrent toujours très perturbés (leurs parents aussi?), et je mesure à quel point j'avais sous-estimé le temps nécessaire avant de pouvoir espérer un retour à la normale. (A ma décharge, le déménagement vers Strasbourg n'avait pas du tout eu les mêmes effets. Au même stade, à l'époque, et malgré une grossesse pas de tout repos, tout roulait tellement que j'avais déjà pu me lancer enfin dans mes premiers Babysteps de la méthode d'organisation qui m'a ainsi sauvé la vie: Flylady. C'est dire!)

De ce fait, tous mes efforts vont, en ce moment, vers la réintroduction de routines et de joie dans le quotidien. De repères joyeux. De trucs chouettes qui nous permettent à chacun de nous creuser un trou chaleureux. Bref, tout est bon pour nous procurer peu à peu la sensation agréable d'avoir retrouvé un nid douillet.


C'est pourquoi, cette année, je n'ai pas pu me contenter de baver sur les chouettes idées lues ailleurs:  
cette année, le calendrier de l'Avent en mode reconnexion n'est pas une option sympa

Oh ça non!
Il est une chance formidable, un outil précieux pour nous aider à reprendre pied dans notre quotidien.
Merci l'Avent de tomber ainsi, 2 petits mois après ce gros bouleversement qu'il nous faut digérer!

J'ai d'autant moins pu rester simplement à baver qu'un obstacle important à la réalisation concrète de mon projet s'est levé tout seul: j'ai nommé, ma légendaire habileté manuelle!
Qu'elle se manifeste
Ladite habileté manuelle aurait pu se mettre en travers de mes projets. 
Mais non!
  • Déjà, j'avais repéré que chez Action, il y avait des trucs tout prêts. 
  • Mais surtout, en déballant mes cartons il y a quelques semaines, j'avais retrouvé des machins vaguement Noëlesques donnés en vrac par ma belle-mère, et qui avaient échappé à plusieurs opérations de désencombrement. 
  • Je me suis donc souvenue d'aller regarder de ce côté, et bien m'en prit: ce n'est pas 1, mais 3 calendriers de Noël en tissu, prêts à remplir, que j'y ai dénichés! Ne me reste que l'embarras du choix.



Cette longue introduction terminée, voici 33 idées, collectées à droite et à gauche, ou issues de ma propre caboche.
33? 
Pour remplir 24 cases? 
Eh bien oui, je n'ai pas encore tout à fait choisi... (eh, il me reste 4 jours, je suis laaaaarge)


D'autant que je suis également en train de répartir ces idées en deux catégories
  • celles à faire "avec Papa", 
  • celles "faisables sans Papa". 
En effet, j'ai mis du temps à l'accepter, mais une caractéristique de la période actuelle est bel et bien le peu de présence paternelle en semaine. J'ai protesté, tempêté, résisté...  maintenant, tout le monde a surtout besoin de "faire avec". Il me faut donc travailler à l'ordre dans lequel je proposerai ces petits Bons!

Notons également qu'en plus du petit "Bon pour" quotidien dans les petites chaussettes de notre calendrier, les enfants y trouveront également, de temps en temps, 
  • peut-être des douceurs (je pense chocolat, mais aussi fruits secs!), 
  • peut-être l'un ou l'autre tout petit cadeau, notamment un ou deux bouquins un peu spi que j'ai encore en stock
  • et sûrement, à intervalles réguliers, des figurines de notre crèche flambant neuve, sortie des mains de fée de Vic!


Voici donc ces 33 idées, n'hésitez pas à piocher dedans...

1. Dîner à l'envers : on commence par le dessert, et on remonte jusqu'à l'entrée
2. Apprendre et chanter ensemble un chant de Noël (lequel, c'est encore à voir)
3. Grande promenade pour aller ramasser des pommes de pin, puis peinture desdites pommes de pin
4. Une nuit de camping familial au salon, devant la cheminée
5. Soirée crêpes. Il est possible que je m'abstienne de prévoir ce bon-ci. Tout simplement parce que ces temps-ci, les soirées crêpes sont relativement fréquentes.... il ne s'agirait pas de nous limiter à 1!!
6. Journée pyjamas, spécial dédicace à un F. qui rechigne beaucoup pour s'habiller ces temps-ci
7. Construction de la crèche
8. Décoration du sapin de Noël
9. Regarder un film de Noël en grignotant des trucs (mais quoi ? Il me faudrait un truc court, en allemand, et très mignon), éventuellement remplaçable par
10. Lecture d'un conte de Noël en grignotant
11. Visite d'un marché de Noël
12. Allumer des bougies aux fenêtres pour fêter Marie (le 8 décembre)
13. Préparer et/ou emballer de petits cadeaux
14. Regarder les albums photos ensemble. Cette idée, je me la suis notée... mais c'est plus pour mémoire / future référence. Je suis dans les choux concernant la confection d'albums photos!
15. Cuisiner des sablés 
16. Tirer un nom au sort et être son ange-gardien toute la journée: l'idée me séduit très fort, je me demande si elle convient à des enfants aussi jeunes... (des avis et expériences à partager?)
17. Manger une fondue au chocolat
18. Faire un arbre généalogique (ça aussi ça me séduit, ça aussi je ne sais si j'arriverai à le rendre possible cette année)
19. Dîner aux chandelles
20. Écrire une carte aux amis / cousins habitant loin
21. Faire un dîner-jeux: on joue en mangeant! (ZE truc interdit habituellement à la maison; soyons fous, je pourrais même imaginer inviter les doudous à table, eux qui en sont bannis!)
22. Sortie piscine
23. Préparer une carte pour les grands-parents
24. Sortie vers une chouette aire de jeux
25. Fabriquer des décorations de Noël en pâte à sel
26. Décorer la maison
27. Se faire livrer japonais, à manger devant la cheminée
28. Sortie au Quick (eh oui! Au hasard de nos virées shopping des derniers weekends, nous avons testé le Quick et sa chouette aire de jeux d'intérieur. Il y a mieux au niveau gastronomique et ZD, mais tout le monde y a passé un bon moment. Ce qui est le mot d'ordre de ce calendrier, donc...)
29. Pique-nique / Apéro dînatoire sur la table basse devant la cheminée
30. Sortie dans une ferme toute proche
31. Chocolat chaud - brioche, et chacun dit une chose positive qu'il apprécie chez chaque membre de la famille (occasion de tâter le terrain vers l'introduction des Temps d’Échange en Famille de cette chère Jane Nelsen ...? Évidemment les deux activités sont dissociables, mais je pense que chez nous, l'un pourra aider à l'autre ;-) )
32. Journée Bisous-Câlins: dès qu'on y pense, on se jette sur son voisin pour lui en faire. Je réfléchis à ce qu'on aille coller un cœur sur un support à chaque fois...
33. "Filmer" notre crèche:  faire jouer la Nativité et en faire une mini vidéo avec l'Iphone (les enfants adorent).

N'hésitez pas à piocher dedans, disais-je... et à venir me faire part des vôtres! (au besoin en rajoutant un lien vers le billet correspondant). Ben oui, j'ai encore 4 jours pour améliorer tout ça.