PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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mercredi 4 novembre 2020

200 moments de parentalité positive : le tirage au sort !

 3 semaines quasiment sans billet de blog, pour cause de croulage sous le boulot : passage en distanciel (so COVID, dans les tendances de l'hiverde tous mes modules de formation managériale (ou en tous cas de ceux que j'ai à dérouler en ce moment), c'est hyper chaud techniquement et passionnant pédagogiquement (et vice-versa), bref PRENANT.

Du coup voici enfin le tirage au sort du concours organisé pour les 1 an du chef d'œuvre littéraire que sont les "200 moments de parentalité positive (ou pas)" !

Les conditions du tirage au sort sont à l'image de mon quotidien :

  • réalisé avec H. dans le Mei-Tai
  • réutilisation du premier papier venu : en l'occurrence, le courrier de la CAF m'informant qu'ils réouvraient mes droits au CMG (demande traitée en quelques jours ! Gasp. Alors que j'attends toujours les millions du congé maternité que me doit la Sécu)
  • dans un pot de conservation Glasslock



selon ma devise actuelle  : Marmots, Boulot, Popots.


AND THE WINNER IS ....

myfrenchplate 


qui participait sur insta !!

Bravo et merci à elle de contacter les Editions de l'Instant Présent pour leur communiquer son adresse ^^


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jeudi 15 octobre 2020

Musique !! - inspirez-moi

Etant devenue une star intersidérale de la télé-réalité (Gnin ? Vous avez raté quelque chose ?! Nan j'rigooooleuh)...

Donc, mon livre intitulé "200 moments de parentalité positive (ou pas)" paru il y a un an (et à gagner encore pendant quelques jours !) ayant plu, globalement, à ceux qui les ont eus entre les mains, j'ai été invité à une première émission de radio avant le confinement, sur une radio locale (Radio Yvelines). Le début d'une carrière éclatante, je n'en doute pas.

Car me voici invitée par une autre chaîne de radio pour une émission (en direct !!!) le 13 novembre. 

Ce sera un vendredi. Ai-je fait une boulette en acceptant une telle date ?


Cette émission durera une heure et sera entrecoupée d'intermèdes musicaux.

On m'a demandé si j'avais des suggestions, et donc, cher public, je vous sollicite : 

à quels morceaux pensez-vous, qui colleraient bien avec le sujet / l'esprit du livre ?

  • J'ai pensé à "Paroles paroles" de Dalida..., bicoz le poids des mots.
  • Mais je suis sûre que vous aurez pleeeein d'idées et de trucs à me faire découvrir !

Alors, lâchez-vous, faites- moi bénéficier de votre érudition musicale, et votre inspiration, et si vous avez les liens à partager avec, je prends volontiers !!




mardi 13 octobre 2020

Gros mots et résolution de problème

Aaaah, que la voix de nos chers enfants sait être douce à nos oreilles !
*paillettes et fleurs* 
Hélas hélas parfois, euh, ben non.

Parce que parfois, nous n'avons plus de chers enfants, mais des vils marmots, et leur voix n'a rien de doux, parce qu'elle nous sort des gros mots monstrueux, en boucle, en série, en parallèle, bref, tous les montages possibles.

J'avais évoqué ce point dans un premier chouette billet détaillant l'arsenal des outils à la disposition du parent positif et souhaitant tenter de le rester, même confronté aux GMGM (Grands Méchants Gros Mots). Des outils qui s'étaient révélés très efficaces chez nous, globalement.

Et puis, l'an dernier (oui, ce billet fait partie de ceux dont l'embryon dort en brouillon depuis un temps inavouable), mes charmants enfants à moi ont estimé que ce serait cool que maman
  • révise ses classiques
  • aille encore approfondir le sujet de manière à en faire bénéficier les foules

Pour cela, ils se sont donc spécialisés dans le GrosMotage pendant de longues semaines. 
Zizi Caca Prout et leurs valeureux confrères sont devenus notre pain quotidien, au point qu'à l'arrivée mes enfants parlaient globalement schtroumpf; mais en remplaçant schtroumpf par zizi ou zézette. 
Je vous laisse imaginer les dialogues.

J'ai tout fait, tout tenté, je me suis bien énervée aussi, et puis acculée, j'ai fini par jouer mon va-tout : la résolution de problème !
Un outil que je sor(tai)s rarement, car franchement, hein, je trouve que ça demande beaucoup beaucoup d'énergie.

Ben oui, mais comme dit dans le premier billet : aux grands / gros mots / maux, les grands remèdes.

J'ai donc pris mes mômes entre 4 yeux (enfin 6 ; voire 8 ? je ne visualise plus si Monsieur Bout était présent. Je ne crois pas, j'ai du avoir un sursaut de courage en semaine, alors qu'il était au boulot)

  1. Défini le problème et ses impacts : F. et E. disent beaucoup de gros mots. Ils trouvent ça drôle mais ça énerve beaucoup les adultes. Et parfois ça les énerve aussi l'un l'autre
  2. Proposé des solutions sans les évaluer, en les écrivant
  3. Repris toutes les solutions proposées une à une, soit pour les confirmer (tout le monde OK ?), soit pour les barrer (ça ne convient pas à quelqu'un ?), soit pour les retravailler pour qu'elles conviennent à toutes les personnes concernées
  4. Affiché le papier quelque part.


Ah oui ça a aidé !
Ca a doublement aidé, et donc ce billet contient un double outil pour régler ce genre de soucis.
Parce que, rappelons le, une résolution de problèmes a pour effets de 
  • mettre tout le monde du même côté pour résoudre ce problème, et donc responsabiliser chacun 
  • permettre aux sentiments de chacun de s'exprimer, et donc à la fois à chacun de se libérer un peu de ses sentiments, qui perdent de leur force une fois sortis du non-dit, et aux autres de prendre en compte le point de vue exprimé
mais aussi
  • décupler l'inventivité de chacun, par la puissance d'un brainstorming. 

Et en effet : c'est en pleine session que j'ai réalisé qu'un des points qui n'aidaient pas était la manière dont pouvaient être vécus les rappels à l'ordre. Même formulés de manière Faber et Mazlishienne, en décrivant le problème par exemple ("j'entends un gros mot !"), chez nous ces rappels à l'ordre étaient trop nombreux, trop lourds, ils plombaient l'ambiance, tendant aussi bien l'enfant qui les entend que l'adulte qui les formule (gnnnnniiiiiin).
Sous le coup de cette illumination subite, j'ai donc proposé le problème en live : 
"Ce n'est pas toujours facile de se rappeler d'éviter les gros mots, surtout quand on en a pris l'habitude, mais ça vous énerve et ça m'énerve quand je vous le rappelle... Comment puis-je vous le rappeler d'une manière qui soit moins énervante ?"

Et j'ai proposé quelque chose auquel je ne pensais pas l'instant d'avant : remplacer les mots par une onomatopée. Faire l'alarme : 5 BIIIP, BIIIIIP, BIIIIIP, BIIIIIP, BIIIIP. 
Bien stridents et couvrant la voix des enfants. Mais d'une manière joueuse, là où couvrir la voix des enfants par un beuglement pouvant aller jusqu'au


n'aurait évidemment pour effet que l'escalade.
Succès total !! 
  • Le petit côté décalé a bien aidé à alléger les tensions chez mes enfants, poussant moins à la résistance, et jouer les alarmes a aussi eu un effet salutaire sur moi, en mode défouloir.
  • Le fait d'avoir été convenu en résolution de problème en a fait un code commun et partagé.
Bilan : j'ai beaucoup fait l'alarme les tout premiers jours, et de moins en moins ensuite.


Ca a été un des premiers retours de la résolution de problème chez nous !
J'ai pu constater aussi que mes enfants ayant grandi, cet outil devient de plus en plus puissant et adapté à eux. Et je dois aussi avouer que l'inclusion d'E. aide énormément, car elle est au taquet sur ce genre de trucs, et du coup, entendre sa sœur rentrer dans le jeu des propositions stimule l'inventivité de son grand frère.

Cet épisode est venu me rappeler que la résolution de problèmes, c'est un peu le bazooka de la parentalité positive. 
  • Ca coûte cher, 
  • faut préparer son armement, 
  • ça ne se porte pas dans la poche ni ne se dégaine au débotté, 
  • mais alors, après... ça envoie du lourd. D'où ma très grande admiration pour tout parent se lançant dans cette aventure 
Je me souviens d'une maman du groupe FB des Moments de Parentalité Positive, venue raconter toute insécurisée la manière dont une de ses connaissances, soi-disant branchée parentalité positive, avait critiqué sa manière de conduire une telle résolution avec son fils de même pas 3 ans. 
NAN MAIS CA VA PAS NAN ???
Un parent qui se lance dans une résolution de problème avec son gosse, a fortiori son petit gosse, on ne le critique pas !!! 
On se prosterne
On se fout à plat ventre !
On lance des rameaux et son manteau sous ses pieds. 
La résolution de problème, c'est ZE voie d'avenir vers des lendemains de paix, et chaque personne s'aventurant sur ce chemin mérite d'être entourée d'une foule en délire.

D'autant que le plus beau dans tout ça, c'est que le bazooka, plus on le manie, plus on s'y habitue.
On y prend goût et...  (oh mais ça, ce sera pour un autre billet !)

vendredi 9 octobre 2020

CONCOURS ! - les "200 moments de parentalité positive (ou pas)" ont un an !

Le 18 octobre l'an dernier, naissait mon bébé. Naaan, pas le chef-d'oeuvre qui me pourrit mes nuits, l'aaaautre !

Un bouquin bien pratico-pratique sur la parentalité positive, racontant à chaque fois un moment vécu avec mes enfants, et expliquant brièvement la théorie derrière cette situation / l'outil utilisé (ou le ratage monumental).

Depuis, je roule en Lamborghini grâce aux millions de mes droits d'auteur.
Hein ? Bon ok. 
Depuis, je pourrais peut-être acheter une Lamborghini en jouet à mes gosses, j'ai pas regardé.
De toute manière, c'est difficile de caser 3 sièges auto dans une Lamborghini. Je suppose.

Donc mon bébé il est né il y a quasi un an, et un an, ça se fête !

Et c'est là où la vie n'est pas juste voyez-vous, car voulez-vous savoir comment j'ai fêté les un an de mon tout premier bébé ?
Comme ça.
Photo d'archives datant de temps pré-bloguesques



Voui voui. 
Le tout premier gâteau d'anniversaire de F. était en fait une banane.

(hop, à ce stade d'écriture du billet je ne peux que rajouter le libellé "mère indigne" à cet article de blog)
 
Alors que là, mesdames et messieurs, j'ai la joie de vous annoncer que non seulement 
  • je suis allée compiler, sur une page dédiée, tout le bien que les mass médias ont dit du bébé
  • mais en plus, les Editions de l'Instant Présent et moi-même allons vous permettre de gagner un exemplaire dudit bébé ! =(on touche le fond: merchandisation des enfants !!)

Vous avez donc la possibilité de gagner un exemplaire des 200 moments de parentalité positive (ou pas) !! 

Ca peut être pour vous, mais, si vous l'avez déjà, ça peut être aussi l'occasion de l'offrir
Car je me suis laissé dire que ce chef-d'œuvre avait constitué un cadeau très apprécié par certains, et sans vouloir vous mettre la pression... Noël approche (indicateur immanquable : les publications pro- et anti-père Noël commencent à réapparaître sur FB, de pair avec les demandes d'idée pour un enfant de X années).

Bref, pour cela, il vous faudra
  • liker la page FB du blog et celle de l'Instant Présent si vous participez sur FB
  • liker la page Instagram du blog et celle de l'Instant Présent si vous participez sur Instagram (jusque là tout est cohérent)
  • laisser un commentaire sur la publication taguant 2 autres comptes et surtout disant ce que vous espérez du bouquin (devenir un parent parfait comme moi - pffffrtttttmouhahaha / pouvoir caler votre table de nuit bancale / convertir votre voisine / le lancer à la tête de votre conjoint /... ce bouquin est multi-usage !!)

Date limite de participation au Tirage au sort = le jour des un an : le 18 octobre à minuit !!

Allleeeeez ! Et les premières participations sur chaque page seront cotées double !!

(ouais c'est injuste; mais c'est rigolo aussi, nan ?)



mercredi 7 octobre 2020

Courrier du cœur

Ce lundi, j'ai bossé de la maison, comme encore assez souvent pour le moment.

Bossé, c'est vite dit. J'ai fait quelques petites choses absolument indispensables, j'ai clôturé les comptes du mois de septembre (sur un déficit abyssal. Vous ai-je dit que je n'ai toujours pas perçu un centime de mon congé maternité ? Le déroulement des démarches et échanges avec la CPAM me rappellent mes démêlés d'il y a 4 ans avec la CAF), puis j'ai fini par admettre que me mettre au boulot allait être compliqué.

Alors à la place, j'ai écrit à notre députée au sujet des annonces Macron concernant le projet d'interdiction de l'Instruction en Famille

Je ne sais pas si ça servira à grand chose, d'autant qu'elle est LREM, mais même les députés LREM ont besoin de réaliser que la loi qu'on va leur demander de voter pose un problème qui dépasse de loin le microcosme de quelques doux illuminés, et que les arguments avancés pour la défendre ne reflètent en rien la réalité. 

J'ai été inspirée, c'est sorti très vite, tout seul. C'est sorti du cœur ... Alors j'ai ensuite copié-collé, avec quelques modifications, à destination de 2 sénateurs LR. Et enfin, j'ai pu me mettre au boulot.

Je précise que

  1. Est ce que ça sert, on ne sait pas, mais en tous cas hors de question que chaque élu ne soit pas interpelé sur le sujet
  2. J'ai cherché à donner un témoignage personnel à même de venir contrer les clichés sur l'IEF, ou, en tous cas, montrer que la réalité de l'IEF est bien plus riche et ne saurait se résumer à un type de familles, et peut être pratiqué par des gens que les destinataires de mes courriers, avec tous leurs éventuels préjugés, pourraient considérer comme "normaux". Non que je ne cautionne leurs préjugés (qu'est ce que la normalité ? être "parfaitement" intégré dans la société, est-ce signe/gage de santé mentale ? JOKER^^); mais là, je vais à l'utile, ce qui m'importe c'est que cette loi ne puisse pas passer, point.
  3. Si on envoie une lettre, celle-ci a intérêt à être personnalisée : on peut s'inspirer de ce qu'ont écrit d'autres, mais les copiés collés sont assimilés à des pétitions. Pour la pétition officielle, derrière laquelle se regroupent les principaux acteurs de l'IEF, c'est par ici !
  4. L'objet de mes courriers a été "Demande de RDV", car c'est ce que je veux, un RDV, afin de pouvoir approfondir les échanges
  5. Je n'ai pas forcément cherché à respecter toutes les formulations protocolaires. Plus j'avance et moins je suis à l'aise avec certaines conventions sur le sujet. Je suis une personne et je m'adresse à une autre personne, qui se trouve avoir le mandat de me représenter. (je crois que là-dedans, transparaît aussi tout ce que je suis en train d'ingurgiter, pour ma formation, autour de l'Analyse Transactionnelle. Relation Adulte - Adulte, toussa...)

 

Bonjour Madame

Suite aux annonces du Président de la République concernant son intention de mettre fin au droit à l'instruction en famille, je souhaiterais en discuter avec vous. 

En effet les arguments avancés témoignent d'une méconnaissance terrible de ce qu'est l'instruction en famille, des familles qui la pratiquent et des raisons pour lesquelles elles font ce choix.


Chez nous c'est mon mari qui gère l'instruction de notre fils aîné, 7 ans. Celui-ci a beaucoup de mal à gérer les interactions en groupe. Retarder sa scolarisation (il est allé à l'école à 5 ans) lui a permis de mieux gérer la transition. Il a lui même demandé à revenir en instruction en famille au bout de 2 ans d'école. J'avoue que je suis tombée de ma chaise car ça ne cadrait absolument pas avec mes projets et l'organisation personnelle et professionnelle que nous avions mise en place.

Mais, peu à l'aise en groupe, devoir gérer ces interactions 4 jours par semaine est source d'énorme stress pour notre fils, cela lui coûte émotionnellement et le rend indisponible aux apprentissages. En étant instruit à la maison, il se solidifie émotionnellement et peut progresser au niveau social en ayant des interactions plus individuelles d'une part, et en étant confronté au groupe de manière régulière (activités extra scolaires) mais à une dose "digérable" pour lui d'autre part.

Bref, pas grand chose à voir avec un quelconque radicalisme religieux, mais tout à voir avec le souhait de répondre à des besoins individuels en respectant la différence. D'ailleurs aucun des terroristes français n'est issu d'une famille ayant pratiqué l'ief. Ils sortent tous de l'école de la République et pourtant personne ne songerait à interdire celle-ci au motif qu'elle serait le terreau du terrorisme.


Je serai ravie de pouvoir en discuter davantage avec vous afin que vous puissiez être en mesure de réaliser à quel point le droit a l'instruction en famille est une richesse pour la République et n'ote rien a l'école mais au contraire la renforce en lui permettant de mieux accueillir ceux qu'elle a en son sein

Vous êtes députée, vous avez ce pouvoir et cette responsabilité de dire haut et fort votre opposition à ce projet de loi afin de permettre à des enfants de grandir dans un environnement qui les protège et réponde à leurs besoins.

Merci par avance de votre réponse, et des actions que vous pourrez entreprendre pour faire bénéficier vos collègues d'informations fiables sur la réalité de l'instruction en famille.


Bien à vous




lundi 5 octobre 2020

L'emploi du temps de la famille Bout - révélations exclusives !

Bon, suite à mon billet de rentrée, il paraît que la manière précise dont nous nous sommes organisés pourrait intéresser les foules avides de mon lectorat.

Alors, comme c'est pas dur à expliquer et que je cherche la facilité, hop, voici un petit billet rapide de derrière les fagots.

Eléments de base (qui sont ceux sur lesquels nous avons basé notre réflexion au moment de la décision de rebasculer F. en école à la maison)

  • F. doit faire IEF 4 matinées par semaine 
  • il doit avoir un créneau long et régulier sans nous en collectivité
  • E. est à l'école 4 jours par semaine de 8h30 à 16h
  • H. va chez sa nounou les mardis, et les lundis en option
  • La Gwen bosse de manière irrégulière, parfois à la maison, parfois pas
  • La Gwen veut animer des ateliers de parents Faber et Mazlish en plus
  • Monsieur Bout a besoin de 20h par semaine de travail personnel pour suivre sa licence à distance


Organisation initialement prévue lors de ladite décision

  • 4 jours par semaine, Monsieur Bout gère les enfants
    • trajet d'école d'E. , puis IEF avec F. de 9h à 12h30, puis déj. 
    • Il a ensuite 2h de travail perso de 13h45 à 15h45, 
    • il va ensuite chercher E. puis emmène les enfants au parc ou les gère jusque 18h où il rentre préparer le dîner. Il case la gestion du linge dans les temps morts, et s'occupe de H. en parallèle les jours où celui-ci est présent.
  • La Gwen ne prévoit jamais (sauf exception absolue) de bosser les mercredis : le mercredi est un jour OFF pour Monsieur Bout, qui le passe intégralement sur ses études
  • 3 soirs par semaine, Monsieur et Madame Bout font quelque chose ensemble, au choix : 
    • un truc tous les 2 à la maison (genre regarder enfin Downton Abbey, jouer, ou même, parler !),
    •  un truc tous les 2 en dehors si moyen de faire garder les enfants, 
    • ou un truc social : recevoir ou être reçus
  • Les autres soirs, chacun fait ce qu'il veut : du blog, du téléphone, de l'animation d'ateliers pour la Gwen, du travail pour sa licence pour Monsieur Bout
  • Le weekend, c'est liiiibre, on passe du temps ensemble


Petits grains de sable dans l'organisation prévue :

  • F. est plus long à bosser que ne le pensait Monsieur Bout; 

Du coup ce qui était prévu "au départ" ne colle plus car Monsieur Bout envisage de récupérer 1h certaines après-midis. Personnellement, ça m'embête, mais c'est à la personne qui prend en charge l'IEF de décider de son organisation; et il se trouve que cette fois-ci, cette personne n'est pas moi...

  • Le créneau "F. en collectivité", pressenti le mercredi au départ, tombe les lundis en fait 

Le hasard m'a mis sous le nez une possibilité, que j'ai saisie au bond, et donc j'ai monté, avec un animateur, un créneau d'activité IEF : 1 lundi sur 2, les enfants IEF du coin sont en forêt toute la journée, encadrés par des animateurs, pour des jeux, découvertes, constructions de cabanes et vélo. Je suis MEGA fière d'avoir réussi à coordonner ça et F. KIFFE.

Mais surtout

  • on a rajouté la "petite" formation suivie par la Gwen, qui l'occupe donc un certain nombre de vendredi-samedi en plus, et lui remplit ses temps morts et ses soirées de lectures passionnantes mais ô combien prenantes (mais passionnantes - mais prenantes - mais...)

et surtout surtout

  • Le rythme de H. n'est en fait pas du tout calé
Haha, après 2 bébés ayant fait leurs nuits ridiculement tôt on n'avait paaas du toooout anticipé ça. 

Donc non seulement il ne fait pas nos nuits, mais il ne fait pas nos soirées, ce qui implique que tout ce que nous avions prévu pour nos soirées est ... pas gagné. Et son rythme en journée est imprévisible encore. 

Le coup du "Monsieur Bout étudie pendant la sieste du Boubinours" : haha; 

idem celui "Gwen anime un atelier pendant que Monsieur Bout bosse ses cours et que tout le petit monde dort" : Pffffrttt pour le moment. 

Ne parlons pas des moments tranquilles à 2 : il y en a; mais de là à les prévoir...


Donc on a rebeloté : 

  • Monsieur Bout ne compte plus sur les après-midi des jeudis et vendredis (jours où il a H. à la maison à gérer) pour avancer dans ses chères études : il prévoit de gérer un peu d'école de F., et de gérer la maison avec H. en porte-bébé si besoin (ce qui est réaliste, alors qu'apprendre des machins ou rédiger des bidules avec un bébé pas très calme ne le serait clairement pas, et source de grandes frustrations chez chacun des 2 protagonistes)
  • En revanche, il a toujours ses 2h le mardi après midi, et 1 lundi après-midi sur 2 (celui où pas de sport), et il a un lundi entier sur 2 pour lui (les lundis où F. est en forêt), puisque nous mettons H. chez sa nounou à ces moments là.
  • Et du coup, le weekend, nous lui avons réservé, soit le samedi après midi, soit le dimanche après-midi (si c'est une semaine avec une Gwen qui a cours les samedis) à lui pour bosser : je gère les enfants à ce moment. L'autre après-midi c'est truc en famille.
  • Les soirs, ben, pour le moment on se répartit, en attendant des jours / nuits meilleur(e)s.

Trucs importants qui aident à la détente de part et d'autre

  • nous n'avions pas inclus, dans notre calcul, l'éventuel support qui serait apporté par la présence épisodique de nos mamies au pair (Oui, ça fait 18 mois que je dois venir vous raconter notre nouvelle organisation sur ce plan. Alors, hein, 1 ou 2 mois de plus ou de moins...). Nous nous étions dit que ce serait tout simplement du "plus" bienvenu mais que notre organisation devait tenir sans. Ce en quoi nous avons fichtrement bien fait puisqu'avec l'intensification des restrictions COVID c'est raté pour la venue de nos mamies au pair
  • même quand je suis à la maison, je suis censée être au travail donc je ne suis pas sollicitée (pour une sortie d'école par exemple); sauf pour les tétées, et si et seulement si je ne suis pas au téléphone / visio avec des clients. Grâce à cela, je suis sereine : j'ai toute ma journée devant moi et je peux avancer
  • les études de Monsieur Bout sont considérées comme du vrai boulot : ce point l'inquiétait beaucoup et cette inquiétude a été source d'un bon paquet de tensions : il avait peur d'être la variable d'ajustement, et donc le fait qu'on rebelote l'organisation pour assurer qu'il ait effectivement son comptant d'heures l'a beaucoup aidé
  • les heures d'études de Monsieur ne sont jamais positionnées entre la sortie d'école et le dîner
    • Ca crispait beaucoup les soirées, l'an dernier, quand après le retour de l'école le parent sensé s'occuper de F. et E. essayait de faire autre chose. Là, niet, on s'arrange autrement. 
    • Ces derniers jours, la tentation a été grande pour lui de quand même en profiter pour vite fait... Mais je lui suis rentrée dans le lard car j'ai trop conscience de ce que nous risquons ainsi. Et il a lui-même admis que même si c'était compliqué et tentant, il valait en effet mieux qu'il se tienne à ce qui était prévu plutôt que chercher à grapiller.
  • bêtement pratique mais ...: un tiroir de notre nouveau congélateur est rempli de trucs "faciles et rapides à cuisiner" : soit des machins TooGoodToGo, soit des plats cuisinés exprès en double et congelés. Ca permet de fluidifier, pour Monsieur Bout, la gestion des déjeuners de semaine : il a plus ou moins juste des trucs à réchauffer, donc il branche F. sur un exercice, descend de la salle de classe lancer la cuisson, remonte, et redescend pour le déjeuner.
  • Idem, là, cette semaine, j'ai refait une commande Good Goût : je vais certes tâcher de cuisiner autant que possible maison les purées du Boubinours, mais la semaine qui vient de s'écouler m'a déjà montré qu'il fallait quand même que je prévoie de quoi me délester parce que clairement, à certains moments ça risque d'être la goutte de purée qui fait déborder le vase
  • enfin, vous aurez remarqué que je n'ai prévu aucune activité "extra-scolaire" les mercredis : 
    • F. a son VTT /forêt un lundi sur 2, plus d'occasionnels évènements et sorties avec le réseau IEF ou en fonction des visites que nous avons (famille etc); il était question qu'il continue le tennis avec son ancienne école, hélas le planning de l'école a changé et ledit tennis tombe aussi les lundis d'où télescopage avec le VTT. Et finalement il ne réclame pas plus que ça.
    • quant à E., j'ai estimé que ses 4 journées d'école étaient suffisamment riches pour ne rien rajouter. Elle avait beaucoup réclamé, l'an dernier, de faire de la danse classique; mais renseignements pris, les cours dispensés pas loin ont la réputation d'être gérés "sévèrement", et comme mon objectif n'est pas qu'E. termine à l'Opéra de Paris, je ne vois pas l'intérêt de l'exposer à ce genre d'interactions.
    • ça nous permet d'avoir nos mercredis à nous, tranquilles, SANS CONDUITES, et d'en profiter pour faire des trucs ensemble (je m'efforce autant que possible que nous soyons en dehors de la maison pour que Monsieur Bout puisse étudier au calme), voir des amis, etc.




Est-ce que ça tient ?

Pour le moment, oui.

Mais pour le moment, j'ai encore assez peu souvent du boulot m'obligeant à quitter la maison, en dehors des journées de ma formation, durant lesquelles je m'absente alors 12h d'affilée. Mon rythme de travail externe va peu à peu s'intensifier dans les prochaines semaines, et ça va être très drôle.

D'autant plus drôle que pour le moment, les nuits suivant mes journées de formation, H. est pendu à moi, ce qui augure splendidement bien de l'avenir. 

On va voir c'qu'on va voir...


(comme le formulait si subtilement un tweet lu récemment : 

je n'ai pas besoin de faire du sport, je cours déjà à ma perte)

lundi 28 septembre 2020

Quand notre enfant se mure dans l'opposition...

Le groupe Facebook des "Moments de parentalité positive" grandit, c'est très chouette, les échanges s'y intensifient, c'est encore plus chouette, même si ces temps-ci j'y suis beaucoup moins présente qu'au début (c'est moins chouette), pour cause de légère surcharge de l'emploi du temps - journées qui ne font que 24h - bébé en parasitant un certain nombre ... 
Mais je garde un œil dessus et me réjouis que le groupe ait suffisamment grossi pour que les questions reçoivent la plupart du temps moult pistes de réponses intéressantes sans que je n'aie besoin de venir mettre mon grain de sel.
Récemment, y a été posée une question pas si simple nécessitant de ce fait une réponse pas si simple... et justifiant un partage plus large : je parie plein de fric à qui veut (qui veut ? Quiiii veeeeut ? Autant faire du bénèf au passage) que c'est un sujet qui parlera à de nombreux parents, donc paf, 2 en 1, je réponds et j'en fais un billet de blog (Yé souis à fond dans l'optimisacheune, questionne di sourvi).


La publication initiale

mon fils de 4 ans est de plus en plus souvent dans l'opposition, en nous parlant franchement mal. Il discute tout, n'écoute aucune explication ni quand on le prévient de ce qu'il va se passer. Je ne le comprend plus.
Mon mari répond par le rapport de force et la contrainte, mais je ne veux pas rentrer la dedans, ce n'est pas une solution d'autres moi d'autant plus que je ne serait pas longtemps plus forte que lui. 
Sauf que je ne sais plus quoi faire. J'ai l'impression de ne pas être assez ferme et de me laisser marcher dessus. Je veux qu'il me respecte, respecte les règles et les limites, mais aussi qu'il puisse s'exprimer et qu'il sache qu'il a la droit de ne pas être d'accord.
Ce matin par exemple ça s'est terminé en larmes des deux côtés, moi partant au marché sans lui parce qu'il était trop long a se préparer. Dis comme ça ça a l'air d'une conséquence logique sauf que je m'en veux parce que j'ai traîné a appliquer la conséquence et je l'ai fait sous le coup de la colère en le laissant pleurer avec son papa. Et ça partait mal dès le départ parce qu'on n'avait pas joué avant de se préparer, ou plutôt j'étais là, disponible, mais il a préféré jouer seul.

Voilà, je suis au fond du trou et je ne sais plus si je dois être stricte, sévère, et dire en gros "c'est comme ça point" ou faire autrement mais comment ?



Aaaah l'enfant qui semble se murer dans l'opposition ! 
Que d'interrogations existentielles il suscite ! 
Pourquoi, pourquoi lui, pourquoi nous, 
ô rage ô désespoir, ne me suis-je blanchie, dans les travaux parentaux, 
que pour voir en un jour fleurir tant de râteaux ? 
Qu'est-ce qui cloche ? Faut-il changer quelque chose ? 
(nan, être parent n'est pas du tout prise de tête. JA-MAIS. D'ailleurs vous avez sûrement une bonne âme auprès de vous pour vous l'assurer : "tu te poses trop de questions, élever un enfant c'est SIMPLE".)

Ce qui me plaît, moi, dans la parentalité positive, c'est l'éventail des pistes et outils possibles
Ce n'est pas comme dans les bons vieux bouquins d'éducation qui, à chaque problème, vous assènent une solution unique. Partir d'une unique interprétation psychanalysante qui se résume en "L'enfant cherche à exercer sa toute-puissance" aboutit à un unique conseil, déclinaison pratique d'un principe d'action universel "Il faut lui montrer qui est le plus fort". 
Au contraire, se mettre à chercher à comprendre le point de vue de l'enfant, ses sentiments et besoins, permet d'aboutir à une série de pistes, dans laquelle on peut piocher en fonction de ce qui fait sens pour nous, pour notre enfant, pour la situation précise.

Regardons donc ce que nous avons en stock face à cette question de l'opposition.





1. Le besoin d'affection et de connexion


Eh oui, bien souvent, nos enfants se montrent relou et se murent dans l'opposition parce qu'ils veulent notre attention. "Vouloir notre attention" n'est pas un crime, c'est un besoin légitime (ce qui ne signifie pas qu'on n'a pas le droit de ne pas déborder à toute heure d'envie de la leur donner). 
C'est le phénomène dit "des frites froides" : imaginons qu'on adore les frites par dessus tout. Si on ne nous en donne pas de bonnes croustillantes, à défaut, on s'arrange quand même pour en avoir, mêmes froides et molles. Notre attention, c'est pareil : l'enfant adore tellement ça qu'à défaut d'avoir de l'attention agréable, il fait ce qu'il peut pour en avoir un dérivé moins agréable, et quoi de plus efficace, pour attirer l'attention de son parent, qu'un bon gros conflit ?
C'est la notion de réservoir d'amour / découvert émotionnel, cruciale pour la survie de tout le monde, et que je détaille dans ce sublime billet.

Mais tout ça, tu le sais, et tu l'as justement identifié : tu précises que sur le coup il n'y avait pas eu de jeu.
Et c'est doublement rageant, car en plus, tu aurais été dispo pour jouer avec lui, mais il n'en manifestait pas l'intérêt. Autrement dit, il n'a pas jugé bon de venir se fournir en frites chaudes, et il débarque ensuite pour provoquer une ration de frites froides ! Grrrr.

3 options
  • Préventive : en ce qui me concerne, dans les moments où mon F. a été le plus opposant, j'ai réalisé que le plus possible, il était nécessaire que j'aille le chercher presque manu militari pour lui remplir son réservoir d'amour. Parce qu'effectivement, il ne savait pas forcément venir réclamer de manière constructive, donc que c'était à moi d'anticiper. C'est ce qui m'a amenée, par exemple, à systématiser pendant un temps les jeux d'attachement du type "attraper". Cerise on ze gateau : à force de remplir ainsi le réservoir, F. a appris à plus solliciter de lui-même du remplissage. Donc 1ère piste : aller provoquer le jeu quand c'est un bon créneau pour nous. On se peut se jeter sur notre enfant en lui disant "j'en peux pluussss il faut que je joue avec toi / te câline / t'attrape /..." et surjouer le tout en mode soupirant éploré, un peu dans le goût de ce billet-là.
  • Just in Time : au moment où le conflit s'annonce, tu réussis à bifurquer de justesse en réalisant que tu vas probablement perdre plus de temps dans le conflit que tu n'aurais besoin d'en investir en donnant là où il y a un besoin. Un truc qui m'aide là-dessus, quand je peux ,est de trouver le moyen de refuser ce que l'enfant demande en lui donnant ce dont il a besoin : refuser par le jeu, notamment. Une idée par rapport à ta situation aurait pu être de se saisir d'un des vêtements que ton fils tardait tant à enfiler et de lui faire couiner à quel point il avait faim et de courser l'enfant/le repas partout dans l'appartement avec un slip surexcité piaillant des "Je veux manger des petites fesses ! miam ! miam !". Tu vois le tableau ?
  • Philosophique : tu n'es pas en capacité (pas le temps, pas les ressources car ton réservoir à toi est vide, etc) de bifurquer juste avant le mur, donc hop effectivement, paf, conflit relou à vivre pour tout le monde. Bon. Ben c'est la vie. Mais la conscience que tu as de l'origine conjoncturelle du conflit peut servir : ce conflit-là est du à un problème ponctuel (pas assez joué ce matin, c'est ballot), pas à un souci d'éducation chez toi; ça peut aider à prendre du recul, puisque tu n'as pas besoin de remettre en question tous tes choix éducatifs, ni te poser mille questions existentielles, ce que nous avons déjà tellement tendance à faire et qui, même si souvent ça nous apporte beaucoup, souvent aussi, nous épuise juste.


2. Le besoin de contrôle / pouvoir

Eh oui, ça, c'est un besoin chez chacun d'entre nous, dès l'enfance : se sentir en contrôle de sa propre vie. Et pour nos enfants, hinhin ouin ouin ouin, la capacité à contrôler leur propre vie est encore très limitée, alors ça coince, ça frotte, ça grince, ça fait du conflit.

Là dessus, encore plusieurs options
  • le jeu, là encore : 
    • de nombreux jeux d'attachement permettent de donner du pouvoir à l'enfant et de lui permettre de vivre ce pouvoir de manière dérivée ; 
    • dans mon bouquin et sur le blog j'évoque aussi cette manière détournée de vivre les règles autrement
  • mais aussi la mise en œuvre d'outils de parentalité positive : donner des choix là où c'est possible, faire des résolutions de problème, décrire la situation et laisser l'enfant trouver ce qu'il peut faire, etc : tout cela contribue à donner du pouvoir à l'enfant, à développer la maîtrise de sa propre vie.
Là dessus, il y a une phrase que j'adore, qui a fait tilt quand je l'ai lue chez Faber et Mazlish, et que j'utilise volontiers quand l'un de mes enfants a fait un truc vraiment pas top "parce qu'il en avait trop envie" : 
"Je m'attends à ce que saches te dire non à toi-même"
Quelle meilleure formulation de ce à quoi nous aspirons ?!
  • Notre objectif n'est pas de fabriquer des adultes soumis à d'autres personnes (nous, puis d'autres), 
  • notre objectif n'est pas non plus d'en faire des espèces de gros rebelles égocentriques gouvernés par leurs instincts et envies, 
notre objectif est de leur permettre de développer l'auto-discipline, la capacité à dire non à certaines parties d'eux (des envies, des désirs) pour dire oui à d'autres (besoin de contribuer, de se dépasser, ...) et donc à l'Autre.

Alors, justement, cet Autre, qui est-il ?
Ben, toi, d'abord.


3. Le besoin de limites 

Ouuuuh le mot interdiiiiit.
Mais oui, un enfant dans l'opposition, ça déstabilise, parce que souvent ça vient appuyer là où ça fait mal : nos limites. Nous sentons-nous légitimes à avoir nos propres besoins, les considérons-nous véritablement comme dignes d'être respectés ? Un point faible chez nombre d'entre nous, et le passage que j'ai préféré dans la préface écrite pour les "200 moments de parentalité positive (ou pas)" par Olivier Maurel est précisément celui dans lequel il pointe cela si finement :
"Un autre héritage malheureux de l'éducation traditionnelle est le manque de confiance en soi. C'est souvent il me semble pour cette raison que certains parents, faute d'oser, quand il le faut, dire clairement non à leur enfant, les laissent adopter un mode de relation difficilement supportable dans la vie familiale"
(c'est-y-pas joliment dit ?)
C'est un aspect qui m'a fait vraiment toucher du doigt pourquoi, pour un parent positif, c'est parfois si difficile de ne pas basculer dans du laxisme / laisser-faire / épuisement.
Encore imprégné d'une logique de relation dans laquelle il y avait un gagnant et un perdant (enfant, on était le perdant), on ne veut plus d'une logique parentale dans laquelle le parent domine l'enfant. Mais du coup à ne pas vouloir dominer on se retrouve dominé, parce que le schéma d'une relation équilibrée, dans laquelle il y a de la place pour les besoins des DEUX personnes, et qui est au fond ZE principe de base de la parentalité positive, eh bien, il est très beau, mais il ne nous est vraiment pas naturel. 
Donc on retombe très facilement dans une relation inéquitable (je souligne que j'utilise le mot inéquitable et non inégalitaire: il ne s'agit pas que chacun ait ou pas la même chose, mais que chacun ait ou pas selon ses besoins), en reprenant le rôle qu'on a si bien internalisé enfant : le rôle du perdant, de celui dont les sentiments et besoins sont sans grande importance. La seule différence étant que le "dominant", lui, a changé : ce n'est plus notre parent, c'est, bien malgré lui, notre enfant.

Bien malgré lui, car ce n'est pas ce dont notre enfant a besoin. 
Les mots de Haïm Ginott (dans "Entre parent et enfant"), qui souligne que l'enfant a besoin d'être en relation avec un vrai parent, une vraie personne, avec ses besoins, ses sentiments, ses limites, m'ont énoooormément touchée. 
Je m'en souviens quand l'un de mes enfants vient "me tester" = tester que je suis bien une vraie personne, et qu'une vraie personne a bien des besoins, des sentiments, des limites. 
Car de qui dépend-il, sinon de nous, pour savoir ce qu'est qu'une vraie personne ? Pouvons-nous oser lui donner une fausse notion de ce que c'est, être une vraie personne
Je m'en souviens aussi quand mes actions sont suboptimales. Car mon enfant a besoin d'avoir affaire à une vraie personne, pas à un robot-agissant-parfaitement-à-tout-moment / manuel-du-parfait-parent-positif. Ca tombe bien, puisque je suis effectivement souvent loin de la perfection, oui merci.

Ce qui tombe bien aussi, parce que si la source du problème d'opposition est là, sa résolution représente un sacré job
  • apprendre à dire non, 
  • apprendre à dire nos besoins, (j'en parle ici
  • apprendre aussi à les dire à d'autres parce que bien souvent nos enfants trinquent aussi pour des besoins qui ne les concernent pas 
    • je craque en traitant mon enfant d'ingrat parce que je manque de reconnaissance au boulot, voire parce que j'ai effectivement trop fait pour lui en espérant que sa reconnaissance me dédommagerait de toute celle que je n'ai pas par ailleurs, 
    • je suis trop occupée / crevée pour jouer avec mon enfant parce que je me tape toutes les tâches ménagères, etc.
    • Nan regardez pas ailleurs ça nous arrive à tous. 
Fichu principe des vases communicants, qui explique pourquoi si souvent "la parentalité positive ne marche pas". La bonne nouvelle c'est que, les vases communiquant dans les 2 sens, si on prend soin de nos besoins non liés à nos enfants, notre relation à nos enfants aussi en bénéficiera.


Apprendre, donc logique d'apprentissage, donc logique d'approximation aussi parfois. 
Là, tu regrettes d'avoir "traîné à appliquer la conséquence". Eh oui, ce n'est pas optimal car du coup, à ton intention de respect de toi-même (je fais ce que j'ai à faire, j'ai le respect de mon temps) se mêle un chouilla de rétorsion. 
MAIS c'est déjà un pas. Un très beau pas ! 
Cette réalisation te permettra peut-être, dans la situation similaire suivante (puisque, hein, n'oublions pas qu'il y en aura des taaas, des situations similaires suivantes. Soupir), de prendre plus vite soin de toi et d'agir plus vite pour te protéger.
You can do it ! Et apprendre à prendre soin de toi et de nos limites, en plus de tout le bien que ça nous fait, est un excellent exemple à mettre sous les yeux de nos enfants. J'dis ça, j'dis rien.


4. Le besoin d'aide

En plus de ces 3 aspects-là, une opposition systématique dans la durée peut témoigner d'un gros truc à digérer (chez nous, angoisse de séparation liée à une naissance et des premiers jours de vie traumatisants).
Dans ce cas, aller consulter une bonne psy (je souligne le "bonne"... et c'est tout l'enjeu. Un point de repère déjà : une bonne psy ne juge pas les parents de l'enfant qu'elle est sensée aider) peut être un élément nécessaire. En particulier quand on en arrive à un point d'épuisement tel que combler le réservoir d'amour de l'enfant tout en offrant un cadre respectueux à notre enfant (c'est-à-dire en fait les 3 premiers points) nous pompe toute notre énergie... voire plus. 
Alors, partager cette charge avec un tiers, demander à un tiers de venir boucher quelques fuites dans ledit réservoir, ce n'est pas du luxe, c'est s'offrir le soulagement nécessaire pour que tout le monde puisse repartir sur une meilleure dynamique.
Parfois, d'ailleurs, le regard de cette psy servira juste à nous rassurer sur le fait que nous sommes en fait dans la catégorie 1 ou 2, et nous permettra de vivre les oppositions avec plus de sérénité : un épisode conjoncturel ou une étape normale du développement, c'est quand même beaucoup moins générateur d'angoisses pour l'avenir qu'un mal-être profond et/ou un cul-de-sac éducatif. 
Parfois ce regard pourra nous amener aussi (avec douceur, on peut le souhaiter) à se poser la question de la catégorie 3. L'occasion d'apprendre un peu plus à s'aimer et à prendre soin de soi...

Allez, bon maniement de truelle !

(ben oui, si il est dans un mur...)
mais au moins tu n'es pas seule #AmicaledesMaçons