Affichage des articles dont le libellé est galvaudage montessori. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est galvaudage montessori. Afficher tous les articles

lundi 7 octobre 2019

Le mythe de l'école parfaite

Quels que soient les choix qu'on fait, en tant que parent, concernant nos enfants, on a toujours en tête une longue liste de choses très importantes, et le mythe de la perfection se dandine sous nos yeux.
Leur instruction n'y fait pas exception, bieeeen au contraire.
En plus, ça a souvent l'air parfait chez les autres...
  • Si on choisit l'école, on aimerait "une bonne école". 
Les critères de la bonne école vont varier, et dans la balance va peser la réalité : proximité géographique, possibilités financières, et puis, aussi, tout simplement, l'offre : y a t il une école correspondant à mes attentes dans le coin ? A-t-elle des places ou aurait-il fallu que j'inscrive mes enfants sur liste d'attente dès que j'ai rencontré leur père/mère ?

Chez nous, pour rappel, 

Nous avons fait nos choix avec beeeeaucoup de soin, et j'étais assez optimiste aux débuts scolaires de F. : une école 
  • Montessori, 
  • existant depuis plusieurs années, 
  • avec du personnel formé, 
  • testée sur les mercredis matins (et toute la semaine par ma nièce qui y va également), 
  • franco-allemande + anglais, 
  • proposant des ateliers Faber et Mazlish 
ça cochait pas mal de cases !

Ca n'a pas empêché la première année scolaire de F. de se révéler compliquée. Fort compliquée.
Parce que, eh oui, l'école parfaite, c'est un mythe. 
Et le mythe, ça se heurte à un certain nombre de réalités.

Regardons un peu ces réalités qui peuvent venir sérieusement écorner le mythe.


1. Les aspects pédagogiques : Montessori et/est la perfection ?


Un premier écueil, dans une école alternative, peut être le manque de formation sérieuse aux pédagogies employées. Faire attention aux exigences dans le recrutement du personnel enseignant est donc un premier point. 
Mais… ce n'est pas suffisant.

  • L'éducateur peut avoir été globalement bien formé, et faire un bon job avec la plupart de ses petits élèves… mais se retrouver un peu démuni face à certains élèves aux profils plus spécifiques. 
Est-ce un défaut de compétence de l'éducateur ? (accusation personnelle !) 
Est-ce la pédagogie Montessori qui peut être adaptée à certains enfants et moins à d'autres ? (hérésie !) 
Est-ce un peu des deux, avec un éducateur manquant de ressources pour adapter sa posture pédagogique à un profil plus particulier ? 
Difficile à dire, mais le constat reste : pour certains enfants, la mayonnaise ne prend pas.

  • L'éducateur peut avoir reçu une formation tout ce qu'il y a de plus sérieuse… mais ne pas respecter les principes de base de la pédagogie / oublier de s'en servir. 
L'an dernier, j'ai ainsi eu la surprise de voir F. débarquer avec des devoirs, autour du printemps, impliquant l'apprentissage de nombreux mots outils complexes et pas du tout indispensables dans l'immédiat (du style "pendant"), quand il ne déchiffrait encore que très laborieusement des phrases constituées de mots phonétiques. 
Et son premier devoir de lecture avait beau être issu d'une méthode présentée comme "syllabique", la première phrase était tout de même un truc du genre "voici le nounours". Pour un enfant n'ayant vu, ni le son "oi", ni le son "ou", ni le fait que "c" devant "i" fait "ssss".... 
De nombreux éléments du même acabit m'ont ainsi conduite à reprendre à mon compte l'apprentissage de la lecture avec F., quand j'ai constaté en avril qu'il en était à peu près resté au point où l'IEF et moi l'avions laissé en septembre… et que du coup, cerise sur le gâteau, E. l'avait rattrapé.

  • Enfin, le respect de ladite pédagogie peut également être compromis par les parents eux-mêmes. 
Montessori, à ce niveau, est clairement victime de son succès. J'ai été impressionnée de constater à quel point nombre de parents scolarisent leurs enfants en milieu Montessori sans avoir connaissance des principes pédagogiques auxquels ils sont pourtant censés adhérer : libre choix des activités, par exemple. 
Non, Montessori est trop souvent associé à "du bon niveau", on pense Steve Jobs, et on se retrouve…. à réclamer des devoirs à l'éducateur, par exemple, quand ceci est normalement contraire à la pédagogie. 
C'est là l'écueil d'une école Montessori, donc Hors Contrat (et de toute autre école alternative financée de la même manière) : les parents paient, ils ont donc, de facto, facilement une plus grosse influence (ou en tous cas, estiment légitime d'en avoir… ce qui se comprend aussi !), mais du coup, garder la cohérence du projet éducatif face à des parents aux attentes à la fois très diverses entre eux, et éventuellement à des km de la philosophie initiale de l'école : c'est compliqué !
Je l'ai vu dans la première école de F., et je l'ai retrouvé dans sa nouvelle école, à une différence près : son nouvel éducateur était tout soulagé quand je lui ai dit que, moi, je ne souhaitais pas que F. ait des devoirs.
(bon, après, je suis revenue un peu dessus : quand Monsieur Bout a protesté car lui et F. avaient pris plaisir ensemble à faire les quelques lignes d'écriture proposées ^^ - et PAF pour tes convictions la Gwen-. Un petit moment de qualité tous les deux, en fait ! Nous avons donc convenu ensemble qu'il en donnait un peu, et que ceux ci seraient faits si le temps et l'envie étaient au RDV).



2. Le rapport à l'enfant, par essence imparfait, et parfois plus


Il y a la "méthode Montessori", mais au-delà d'un ensemble de procédés pédagogiques, celle-ci sous-tend une certaine posture de la part de l'enseignant, un rapport à l'enfant qui, oh, ça tombe bien pour moi, est parfaitement en ligne avec la parentalité positive en général, et l'approche Faber et Mazlish en particulier.
Malheureusement, si Maria Montessori elle-même, dans ses écrits, met en garde contre le danger à dissocier les deux (outils pédagogiques et rapport bienveillant à l'enfant), dans les faits, il n'est pas rare que cette dissociation se produise. Car cette posture est tout de même sacrément plus compliquée à appréhender que les outils pédagogiques ! C'est très tentant de privilégier ces derniers et d'oublier un peu le gloubi-boulga philosophique autour.
Chez nous, indiscutablement, c'est ce qui s'est produit avec l'éducatrice francophone qui a suivi F. pendant la majeure partie de sa première année d'école. J'ai mis longtemps à le réaliser car le discours extérieur semblait en ligne… mais peu à peu des éléments contraires se sont accumulés et l'accompagnement d'une sortie scolaire, en mai, et l'observation "en direct" pendant toute une journée ont achevé de m'ouvrir les yeux, et m'ont permis de mieux comprendre certaines choses. Gloups.

Au delà des convictions concernant le rapport à l'enfant, il y a aussi la réalité : un enseignant, c'est comme un parent. Ca peut être convaincu d'un tas de bonnes choses, avoir lu, s'etre formé… N'empêche que, hein, parfois, la mise en pratique c'est dur ! Et des dérives peuvent facilement s'installer…. d'autant plus facilement qu'on gère une collectivité de petits élèves : j'imagine volontiers que parfois, une fois qu'on a employé une méthode pas top avec l'un, la logique de cohérence nous pousse à persévérer dans cette voie avec les autres au mépris de la petite voix intérieure qui nous dit "euh, là, c'était ptet pas top non ?".
Être un enseignant bienveillant, dans la durée, ch'est vachement dur. Le parent positif parfait n'existe pas (vous vous rappelez ?), l'enseignant bienveillant parfait non plus, et ça c'est important de le garder en tête quand on scolarise son enfant ! 

C'est précisément un point qui m'a éééénormement rassurée dans le projet pédagogique de la nouvelle école de F. : les enseignants ont été formés à la Discipline Positive (Jane Nelsen, dont je pense presque autant de bien que de Faber et Mazlish ^^) avant la rentrée mais en plus de cela, les classes vont bénéficier d'un accompagnement (proche de celui donné par Coralie à des classes proches de chez elle). Un accompagnement dans la durée pour mettre en place des outils de DP dans la classe… mais aussi, du coup, offrir du soutien sur cette voie aux enseignants. Cette démarche permet donc d'ancrer, d"approfondir les choses, et de bénéficier d'un œil extérieur pour rectifier quelques mauvaises habitudes de gestion de classe et identifier des mécanismes aux effets un peu pervers. Cela n'empêche donc pas quelques dérapages (comme pour un parent), mais évite à ceux-ci de perdurer dans le temps. 
J'y vois un intérêt ENORME (a priori, hein et d'après ce que m'en a raconté Coralie; les séances proprement dites vont commencer après la Toussaint), et quand j'ai appris cela je chantonnais toute seule après.


3. Une école, c'est une organisation / une petite entreprise … avec les imperfections du système


On l'a déjà vu, une école Hors Contrat a, même si elle s'efforce de ne pas trop en tenir compte, des clients.
Mais surtout, c'est une organisation humaine, avec des vraies personnes dedans, qu'il faut 1. recruter puis 2. manager (= dire ce qui va mais aussi ce qui ne va pas, et inviter à corriger). Ce qui ouvre la voie à des erreurs de recrutement et des problèmes de management. D'autant plus vite arrivés que, la plupart du temps, les personnes qui ont créé l'école ne sont outillées ni pour recruter, ni pour manager, puisque ce sont souvent eux-mêmes des enseignants.
Et ça, clairement, ça s'est vu pour F. l'an dernier : son éducatrice francophone venait d'être recrutée, et… c'était une grosse erreur de recrutement, de l'avis unanime de tous les parents avec qui j'ai pu en discuter plus tard. Et pour la directrice, difficile de manager une personne quand celle-ci se révèle parfois très loin de ses attentes. La fermeture pure et simple de la classe 6-9 aura finalement permis de régler le problème sans trop de vagues… mais au bout d'un an.


4. Une école, c'est rempli de petits élèves imparfaits aussi


Eh oui, c'est fou, hein, mais dans une école, il y a d'autres enfants que les nôtres. Et ils se côtoient ! (le scoop) Alors, dans une école Montessori, ou dite alternative en général, on peut espérer des styles d'éducation un minimum proches. 
On peut. 
Ou pas. 
Une très grande diversité demeure. 
Et puis style éducatif ou pas, certains enfants sont plus ou moins bien dans leurs baskets. F. ne l'était pas encore énormément. 
Et il s'est trouvé un petit copain qui ne l'était Pas.Du.Tout. 
J'en ai beaucoup entendu parler (par F.; par les éducatrices le soir) mais je n'ai réalisé l'ampleur du phénomène qu'en fin d'année, lors du goûter d'anniversaire de F.. J'ai alors été confrontée au pouvoir d'attraction phénoménal qu'exerçait ce petit copain sur F., et notamment sa capacité à l'entraîner dans une bêtise / transgression toutes les 5 minutes. Et c'est là où j'ai pris conscience de pourquoi je récupérais un petit garçon tendu comme une corde de violon le soir : il avait passé sa journée en mode sale gosse, incapable de faire grand chose de constructif. Jour après jour.
L'influence des petits camarades pèse lourd ! Et c'est totalement imprévisible.


5. Les aspects matériels sont plus ou moins proches de la perfection aussi


Dans une école, il y a aussi les locaux, le matériel, qui comptent énormément. Et ce n'est pas toujours évident de faire au mieux avec les contraintes locales ! En IDF, trouver un local correct à des prix corrects (huhuhu… pour l'IDF) c'est … une gageure !
Ceux de la nouvelle école de F. sont hyyyyper chouettes, avec l'espace vert (vraiment VERT : pas de béton, mais de l'herbe au sol, et des clôtures constituées de haies et de barrières en bois) qui manquait cruellement à son école précédente. 
Si E., cette année, se satisfait très bien de la sortie au parc qui constitue la récréation de midi dans l'ancienne école de son frère, je veux bien croire que F. y souffrait bien davantage qu'elle du manque de mouvement. Ca a été d'ailleurs sa première remarque suite à sa rentrée dans sa nouvelle école : 
"on a eu deux récrés à midi ! avant le repas ET après le repas" (dixit un F. rayonnant). 
Et quand je viens le chercher à16h30, c'est en train de jouer dehors que je le trouve, et ça aussi, ça lui fait du bien. (et ils ont des tables pour manger dehors ! et il les utilisent vraiment ! et ils ont un petit coin qu'ils cultivent en permaculture, et, et, et….!)
Mais encore une fois : tout est une question de possibilités… et dépendra aussi de l'enfant aussi : pour E. dont le besoin de mouvement a toujours été très inférieur à son frère, ça n'a pas du tout le même impact.



Moralité : 

La première année scolaire de F. avait été très compliquée, malgré toutes les précautions prises au départ. Je venais le chercher en me demandant ce qu'on allait encore me remonter comme problème et surtout en sachant que j'allais récupérer un enfant complètement à cran. Le bonheur ! 
Pendant l'été (que je dois encore vous raconter), nous avions vu F. se détendre peu à peu, et le changement était si évident ue je dois avouer que nous redoutions la rentrée. Avoir identifié certains des points posant problème (la combinaison, malheureuse au possible, entre un petit camarade perturbé et une éducatrice vraiment pas aidante) nous permettait d'avoir l'espoir que ça se passerait mieux dans un contexte différent, mais, quand même, j'étais déterminée à être vigilante et la détente observée pendant les deux mois d'été m'incitait à garder dans un coin de ma tête la possibilité d'un éventuel retour en IEF, si de nouveau, l'école s'avérait être plus nuisible que profitable à l'équilibre émotionnel de F.
Pour E., nous l'avions inscrite sans inquiétude dans la première école d'E. Nous savions avec quelles éducatrices elle allait tomber, et nous savions aussi qu'elle ne fonctionne pas comme F., et que tout roulerait. Et tout roule.

Mais là où je chante la vie, je danse la vie, c'est qu'en fait, pour F., non seulement le retour à l'école n'a pas ruiné toutes les améliorations observées durant l'été, mais les a amplifiées. F. est merveilleusement bien à l'école. F. va… de mieux en mieux, et même, j'oserais presque le dire : F. va bien (de l'avis, également, de la psy qui le suit depuis l'automne dernier, et avec qui nous discutons, du coup, fin de thérapie). 
Moi qui m'étais lamentée l'automne dernier sur le "pourquoaaaa" de la fermeture de la classe 6-9 de son ancienne école, je vois à quel point tout était en fait pour le mieux.
F. est lui même très conscient de la différence. Dès sa 2ème semaine, j'ai eu le droit au dialogue suivant
"Maman, pourquoi dans cette école je suis plus jamais puni ?
- hum, pourquoi à ton avis ?
- ben, parce que dans cette école je suis sage"

  • F. est "sage", et le soir ce sont des compliments que j'entends à son sujet
  • F. aime aller là bas, et ça se voit au fait que les soirs où il a du y rester à la garderie, il s'est réjoui (voire il réclame la garderie, maintenant), là où tout soir passé à la garderie était une demi-catastrophe l'an dernier
  • F. s'implique, et le soir il se met peu à peu à nous raconter ce qu'il a fait, ce qui était inexistant l'an dernier
  • F. apprend, et ce déblocage de son intelligence, la manière dont, équilibré émotionnellement, il peut s'ouvrir aux apprentissages, transparaît à travers mille petites choses au quotidien, les questions qu'il pose, les conversations qu'il mène, et la manière aussi, dont il s'ouvre à des choses nouvelles (les cours de tennis qu'il a eu la possibilité de faire en périscolaire le mardi soir, par exemple)
  • F. va bien, et franchement, à la maison, ça change beaucoup de choses...



Une école parfaite ou presque ?

Hum, hormis le mail reçu ce matin.


6. L'école, un milieu instable


Tout change...

La qualité d'une école dépend de nombreux facteurs et notamment des éducateurs. Or, une école hors contrat est particulièrement vulnérable aux changements sur ce plan (mais vous aurez pu remarquer que cette instabilité est également observable sur pas mal d'autres points : le bail des locaux peut ne pas être renouvelé, des élèves arrivent d'autres partent, etc).

Nous n'avons qu'à nous féliciter des deux éducateurs recrutés pour la classe de F. Ils ont tous les deux su créer une connexion affective avec F. et nous apprécions leur approche. 
Hélas, il semble que le binôme ait connu des difficultés à fonctionner ensemble, si bien que l'éducatrice anglophone démissionne. Aaaaaargh. 
J'avoue qu'en lisant le mail l'annonçant je me suis dit que quand même, hein, charité bien ordonnée commençant par soi-même, une bonne petite résolution de problèmes entre eux…? Hein, dites, hein ?

Ouuuuiiiiiiin, ne venez pas bousculer ma petite bubulle rorose !!

Bon, dans l'immédiat, la personne remplaçant le départ présente la plupart des garanties qui vont bien, et notamment celle d'être également très appréciée de F., ce qui limitera l'impact affectif pour lui.

Mais il est vrai que ce nouveau rebondissement est venu me rappeler la précarité de ce genre d'équilibres…. et je sais qu'au moins une famille avait changé ses enfants d'école pour y suivre l'éducatrice qui s'en va, j'imagine que pour eux, par exemple, le choc doit être dur. (et je m'interroge : est-ce que ça va aussi se traduire par des départs d'élèves ?).

Bref, oui, vraiment, la perfection c'est pas gagné.

jeudi 31 mars 2016

Pourquoi ce choix de l'IEF ?

Vous m'auriez dit il y a 3 ans que je ne scolariserais pas mes enfants, vous m'auriez bien fait rigoler.
Preuve de l'absence de préméditation, l'un des nombreux points ayant contribué au choix de feu notre maison-en-Normandie était la proximité immédiate (2 minutes à pied, à travers un espace vert... snif) avec une petite école maternelle/ primaire sympa.

Et puis je n'ai jamais vraiment remis en cause ma scolarité. Après tout, avec mon parcours scolaire sans anicroche, mon bac obtenu très honorablement, mes études effectuées sans détour et ayant débouché sur un emploi en lien avec elles, je représente probablement ce qu'on appellerait un produit réussi du système scolaire. 
Jusqu'à récemment je ne m'étais donc jamais mêlée d'analyser d'un peu plus près la manière dont ladite scolarité s'était passée, voire de me demander si certains points pas franchement positifs quand même auraient vraiment été inévitables. Après tout "je n'en suis pas morte"...


Mais voilà, "il ne faut jamais dire jamais", gnagnagna...
Après une longue maturation la décision est ferme depuis maintenant quelques semaines : 
pas d'école pour F. à 3 ans
Jusqu'à quand ? Mystère et boule de gomme.
Voici en tous cas les raisons de notre choix d'IEF.

choix IEF


Bon, je vais tout de suite cafter : la première coupable de ma situation actuelle est Clotilde.

1. Par elle j'ai commencé à m'intéresser à Montessori, et du coup, une fois la pertinence de cette pédagogie confirmée par l'observation du Bébou,  l'IEF a d'abord représenté une manière de faire bénéficier nos enfants de cette pédagogie
  • une manière dans l'absolu, faute d'écoles Montessori dans le coin 
  • une manière abordable, au vu du coût de telles écoles
  • une manière fiable : nous avons vite réalisé que pouvant s'intituler "école Montessori" à peu près n'importe quoi, le sigle ne constituait pas une garantie de l'attitude qui serait adoptée par les enseignants, et partant, du "montessorisme" de l'enseignement dispensé.


2. Deuxième aspect : approfondir ma connaissance de la philosophie Montessori, et notamment réaliser l'importance d'un environnement adapté à l'enfant pour lui permettre de développer son autonomie, m'a sensibilisée à la nécessité de laisser du temps à l'enfant pour exercer ladite autonomie. Cette possibilité de laisser F. vivre à son rythme, de lui permettre de s'habiller seul en 10 minutes au lieu de devoir le faire moi-même en 1 minute pour être à l'heure, constitue un point vraiment important dans notre choix de nous affranchir de l'école et de ses contraintes horaires.


3. 3ème point : Monsieur Bout et moi-même ne sommes pas toujours à l'aise avec les idéologies diffusées à travers les programmes de l'EN, la perspective d'échapper à ces influences occultes ne nous déplaisait pas.

Voici donc les 3 points qui, au départ, m'ont incitée à creuser un peu le sujet, depuis notre arrivée en Alsace, réflexion intensifiée ensuite avec la création de ce blog.


Le truc dra-ma-tique c'est que, si en creusant le sujet ces 3 points se sont vérifiés, ils sont à présent loin d'être les seuls facteurs, ni même les plus importants, dans notre décision
Plus je creuse, plus je m'intéresse à l'IEF, plus l'IEF m'intéresse.... 
Oscooouurs !!!



A ces trois premiers points se dont donc, au fur et à mesure de mes/nos lectures & réflexions, rajoutées plusieurs autres motivations.


4. Avec la découverte d'Isabelle Filliozat et nos premiers efforts pour accompagner le Bébou dans la gestion de ses émotions, est peu à peu née l'envie de continuer cet accompagnement et non de laisser des cours de récréation lui mettre sous les yeux un "modèle" de gestion des tensions, des colères, des conflits, aux antipodes de ce que nous cherchons à lui transmettre. 
Cela nous rend d'autant plus motivés pour passer au moins la maternelle en IEF, de manière à ce que des modes de résolution des conflits soient intégrés avant une éventuelle confrontation à la collectivité et aux charmes de celle-ci.
Par ailleurs, dans le prolongement de Filliozat, nous nous sommes intéressés à la communication non-violente, et cela nous a permis de reconsidérer certains souvenirs d'école (instituteurs secs ou cassants, cahiers déchirés ou jetés à travers la classe,...). Nous nous efforçons de ne pas crier sur nos enfants, un point auquel nous prêtons attention dans le choix de nos modes de garde actuels, ce n'est pas pour que l’Éducation Nationale le fasse "à notre place"...


5. Si Montessori a été notre chemin initial vers l'IEF, creuser ce chemin, notamment par le biais de blogs, m'a amenée à découvrir d'autres pédagogies alternatives (Steiner, Reggio, et surtout Charlotte Mason), et j'apprécie la liberté offerte par l'IEF de faire à sa sauce, de mêler les éléments de certaines pédagogies avec d'autres, le formel et l'informel, en fonction de ses affinités particulières et de ce qui semble pertinent pour l'un ou l'autre enfant.

Plus généralement, autant je n'aurais auparavant jamais remis en cause le principe d'un programme pour tous, autant j'ai maintenant très envie de pouvoir adapter les rythmes et les thèmes d'apprentissage à mes enfants, à leurs besoins ainsi qu'à leurs intérêts.


6. Mes différentes lectures m'ont aussi permis de réaliser à quel point la relation à la société, aux parents, à la fratrie, peut être différente et enrichie grâce à un quotidien IEF :
  • une communication plus fluide, plus apaisée, entre parents & enfants, 
  • moins de compétition et plus de partage entre les frères et sœurs. L'observation lue je ne sais plus où, comme quoi les enfants ne sont plus en compétition pour l'attention des parents le soir après l'école, ni en train de décharger les uns sur les autres les tensions accumulées dans la journée, a vraiment fait "tilt" chez moi
  • une meilleure intégration avec les différents membres de la société du fait 
    • de la participation aux activités du quotidien, permettant l'établissement de relations avec des représentants de toutes les tranches d'âge, non seulement de la leur
    • ainsi que des visites / excursions permises par le moindre temps "scolaire" nécessité par l'IEF. Ce dernier point constitue, pour le coup, une motivation forte à nous investir dans l'IEF de manière durable, c'est-à-dire bien au delà de la maternelle voire du primaire. Mais we'll cross the bridge...

7. Et enfin : l'"envie" : j'adore les bébés mais en ce moment je découvre la richesse des interactions permises par les énormes progrès langagiers de F., et je trouve cette période particulièrement passionnante ! Chaque jour me permet de l'observer apprendre
Participer à ce processus d'apprentissage, l'accompagner, le nourrir.... tout cela me semble très gratifiant. Bon, ok, dit comme ça, ça fait froid. Dit autrement, ça donne : je kiffe ! Assister à ses "premières fois", le voir s'emparer d'un mot, d'une idée, relier deux concepts entre eux...oui, ça me rend GAGA.
Et je me sentirais frustrée à l'idée de devoir sous-traiter à d'autres personnes l'essentiel de ces échanges pour me retrouver, moi, confinée à la gestion des aspects logistiques de sa vie.


C'est en définitive cette envie qui constitue le critère de base dans notre choix : nous estimons primordial que F. et plus tard E. aient la chance d'être accompagnés dans leurs apprentissages par quelqu'un qui ait vraiment envie de les accompagner. 
Puisque (et tant que) c'est mon cas, l'IEF nous assure cette motivation de l' "enseignant", bien mieux que l'EN dont nous connaissons suffisamment de membres pour mesurer à quel point de nombreux professeurs sont fatigués, désabusés, démotivés par les exigences ubuesques d'un système auquel ils ne s'identifient plus guère (je pense - entre autres ! - à une récente conversation, ô combien instructive, sur les exigences de "renotation" des copies de bac quand la moyenne obtenue est trop basse...).

Mais nous restons ouverts au fait que, peut-être, cela ne me conviendra pas ou à un moment, plus, auquel cas une école, choisie avec soin, offrira alors de meilleures garanties à cet égard qu'une maman excédée car n'écoutant pas son besoin.

jeudi 29 octobre 2015

Vendons avec Montessori....

"Montessori influence la tech"
 joli titre d'un tout aussi joli petit article paru dans Le Point du 22 octobre 2015, lisible ici, et que ma charmante voisine du dessus, avec qui j'avais évoqué mon intérêt pour le sujet, a découpé et m'a fièrement apporté tout à l'heure.

Article effectivement très représentatif.
Représentatif de la manière dont 
  1. Montessori est mis à toutes les sauces, chacun piochant une idée qui l'attire et n'allant pas plus loin, surtout pas jusqu'au point de comprendre la cohérence qu'il peut y avoir derrière des slogans accrocheurs (absence de notes, l'enfant découvre par lui-même, liberté de l'enfant), et surtout comment cette cohérence est nécessaire à la solidité de l'ensemble. (à l'occasion j'irai rechercher les quelques phrases trèèèès lucides de l"esprit absorbant de l'enfant sur le sujet)
  2. Montessori a "produit" des héros des temps modernes (l'article commence par citer les pontes de la nouvelle économie 2.0 - Amazon, Google, Wikipedia, etc passés par des écoles Montessori), donc Montessori est hype, donc Montessori fait vendre, et donc il est de bon ton d'estampiller Montessori tout matériel destiné aux chères têtes blondes de parents évidemment plus tentés d'assurer à leur progéniture des destins à la Steve Jobs qu'un abonnement au long cours au Pôle Emploi.

Et voilà comment on vend du "jouet-robot" dont on précise bien qu'il est "modulable", héhé, (et en effet, curieuse j'ai fouillé un peu et il présenterait la caractéristique de pouvoir s'adapter sur des Lego. Ouf, la bonne conscience est sauve) mais aussi et surtout "entièrement programmable par un enfant de 5 ans".
Idem les "chiffres en bois" (en bois ! donc on a tout bon !) qui forcément seront beaucoup plus efficaces et "ludiques" sur des tablettes avec "algorithme maison"....

Tout cela me rappelle tellement bien les raisons pour lesquelles, la première fois que quelqu'un de mon entourage s'est vraiment intéressé à Montessori, j'étais assez incrédule.... avec un tel niveau de récupération (tout - et son contraire - se réclamant de Montessori) comment saisir l'intérêt et la spécificité de ce que ce nom si galvaudé recouvre?