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jeudi 14 novembre 2019

2 chouettes petits jeux de société à découvrir (et jouables en langue étrangère) !

Je profite de l'approche de Noël pour venir enfin vous pondre un petit article et faire coup double : vous inspirer pour Noël, et aborder un sujet cher à mon cœur : l'imprégnation linguistique de nos enfants, ou les stratégies les plus fourbes pour distiller savamment une langue étrangère dans leur quotidien.
Je précise que, si chez nous c'est de l'allemand qu'il s'agit, l'intégralité de l'article d'aujourd'hui s'applique pareillement à toute autre langue :
  • la logique d'imprégnation
  • les petits jeux en eux-mêmes peuvent être joués en n'importe quelle langue de notre choix puisqu'ils n'impliquent pas d'écrit. A l'adulte d'amorcer les choses en commençant à jouer dans la langue qu'il veut.

1. La logique, d'abord.

Comme depuis toujours chez nous, il s'agit de favoriser l'assimilation de la langue par le fait d'en caser des bribes le plus souvent possible. Tout est bon pour cela :
  • moments répétitifs de la vie quotidienne : les phrases simples de l'habillage, du petit-déjeuner..., sont très vite comprises, si elles sont utilisées très régulièrement, 
  • lecture d'albums simples (= d'un niveau de complexité inférieur à celui correspondant normalement à l'âge des enfants) : je vous ai notamment parlé de celui-là, et de ceux-ci
  • lecture d'imagiers : retournez donc voir cette pépite Usborne !
  • écoute de CDs
  • chez nous la Lunii est entrée également dans cette optique : nous l'avons achetée exprès, en version allemand, et il n'y a qu'un jeu d'histoires en allemand dedans, point. Ecouter ces histoires en boucle contribue également à la dynamique.
  • visionnage de courtes vidéos en allemand (le seul usage des écrans qui soit fait chez nous); la longueur et complexité (linguistique et/ou narrative) de ces petits films pouvant progresser avec l'âge et le niveau linguistique des enfants : des mini séquences de 3-4 minutes de nos débuts nous allons maintenant jusqu'à des épisodes de 25 minutes.

Un point commun à tous ces moyens : la répétitivité de phrases simples. On relit / entend / visionne souvent les mêmes histoires, on répète souvent les mêmes phrases.
C'est cela qui permet aux mots et, plus important, aux structures des phrases de s'ancrer peu à peu dans le cerveau : car si le vocabulaire est important, la possibilité d'articuler les mots entre eux est la condition pour se mettre véritablement à parler et comprendre une langue, et l'utilisation systématique de phrases très simples constitue un excellent moyen d'intégrer la manière dont une langue gère cette articulation. 
Une approche que j'avais découverte avec la pédagogie Charlotte Mason et la méthode d'apprentissage des langues associée : la méthode Gouin, et dont je ne cesse de constater le bien-fondé et l'efficacité (excellent article à lire sur le sujet sur ce blog-là)
Il s'agit en fait, par le biais de phrases du type sujet + verbe + complément, de répéter celles-ci avec de menues variations : le même verbe sera vu accompagné d'un complément puis d'un autre puis encore d'un autre. Ou alors c'est le verbe qui variera mais rien d'autre. Ou encore uniquement le sujet. On pourra enrichir le complément d'un adjectif, qui variera aussi.


Or c'est cette même logique qu'on peut poursuivre en jouant à certains jeux de société avec son enfant. Il s'agit bien, comme vous l'aurez compris, non pas de jeux conçus pour apprendre une langue, mais de jeux "normaux" qu'on jouera "en allemand", tout simplement.
Les moments de jeux peuvent en effet être également l'occasion, en mode "bénéfice collatéral" (le but premier reste bien de prendre plaisir, hein !), de répéter encore cette langue, d'autant qu'ils incitent également les enfants à manier la langue, et non seulement à l'entendre et la comprendre.

Nous avions donc très tôt pris l'habitude de jouer ainsi au très célèbre Verger de Haba : occasion rêvée 
  • d'introduire des mots simples, en nommant les couleurs et les fruits associés,
  • d'utiliser quelques petites phrases telles que "du bist dran / ich bin dran / wer ist dran" (c'est ton tour : et hop, le verbe être conjugué à 3 formes différentes), "ooooh der Rabe kommt !" (oh le corbeau arrive ) ou "wo ist der Würfel ?" (où est le dé) et toutes variantes autour de ce fichu dé ("oh nein, der Würfel ist gefallen / verschwunden / …" : oh non le dé est tombé, a disparu, etc).

Le Verger s'y prête donc très bien, et je profite de l'occasion pour vous présenter 2 petits jeux très chouettes dans l'absolu (donc intéressants sans l'aspect linguistique aussi), mais qui, en plus, se prêtent merveilleusement à un détournement linguistique si on le souhaite. 


2. Deux chouettes petits jeux découverts chez Ravensburger.


 Tempo, kleine Fische (vite, petits poissons)


  • Une variante de la Course aux Escargots : un dé avec des couleurs permet de faire avancer l'animal de même couleur (NB : biiiien évidemment, ladite course aux escargots aussi peut se jouer en n'importe quelle langue ...)
  • mais avec plusieurs "twists" intéressants : 
    • le plateau de jeu qui évolue physiquement au fur et à mesure de la partie (puisque la distance entre le bateau des pêcheurs et les poissons tend à se resserrer), 
    • et le fait que justement, au lieu de simplement faire la course entre eux, hop, les poissons se retrouvent en plus avec le risque de se faire manger. Du coup le jeu s'enrichit d'une dimension coopérative : le but est que le maximum de poissons arrivent dans la mer sans s'être faits rattraper par les pêcheurs.
    • boîte peu encombrante, plateau petit, mignon, et à construire à chaque fois (gros succès !), petits personnages en bois...


pour l'aspect linguistique, 
  • on utilisera toutes les phrases autour du dé, des couleurs, 
  • on comptera le nombre de poissons qu'il reste, ainsi que le nombre de segments de fleuve qui les séparent encore de la haute mer ou des pêcheurs, 
  • on s'exclamera volontiers qu'on a peur des pêcheurs "ich habe Angst !", et on dira "beeilt euch, kleine Fische!" (dépêchez vous, petits poissons)



Kuh and co (Vache et compagnie)

  • des images avec de 3 à 5 animaux dessus, qui peuvent être de type différents ou identiques
  • 5 dés avec sur chaque face à un des 6 types d'animaux possibles
  • on tire les dés et on a trois coups pour réussir à avoir les dés correspondants à notre image; sinon c'est au voisin de tenter sa chance.
  • Très vite accessible à un enfant, et très marrant pour l'adulte en fait (d'autant que les images sont mignonnes mais aussi souvent pleines d'humour), j'avoue que j'y joue très volontiers
  • peu encombrant également, facile à emporter partout !

sur le plan linguistique, on a 
  • le vocabulaire des 6 animaux, au singulier comme au pluriel, 
  • les chiffres jusqu'à 5, 
  • et un ensemble de phrases autour : "gibst du mir eine Karte bitte ?" "ich sehe 2 Kühe und ein Huhn", "ich brauche noch 2 Schafe" "Oh nein, mir fehlt noch ein Schwein" "ich möchte eine Katze !"(donne-moi une carte s'il te plaît … je vois … j'ai besoin de … oh non il me manque encore…. je voudrais ...); 
  • on peut également décrire "en passant" ce qu'on voit plus largement sur la carte : le chat court après le mouton, la vache saute, le cochon est assis à côté de…, sous… sur… Ces petites cartes titillent le sens de l'observation de tout le monde et permettent donc de complexifier peu à peu les échanges à leur sujet !

Cerise sur le gâteau pour terminer (parce que si on met la cerise au début, ça fait tout foirer) 

Cette manière de jouer et d'interagir avec son enfant n'exige pas de l'adulte un niveau interstellaire dans la langue qu'il veut transmettre. Un niveau de base suffit tout à fait, augmenté d'un peu de préparation si besoin (si on ne sait plus trop comment dire "vache" on va regarder rapidos sur un dictionnaire en ligne avant), et permet de faire cela très facilement… voire de s'améliorer aussi au passage, en même temps que nos enfants, par la répétition. 
Voici donc un exercice 
  • valable pour la majorité des familles désireuses d'insuffler siouxement une langue supplémentaire dans le quotidien de leurs enfants
  • et que je conseillerais vivement aux familles sur le point de s'expatrier, et dont notamment un conjoint ne maîtriserait pas trop la langue du pays de destination ! Il s'agit alors d'une excellente manière de se préparer en famille.

Je suis aussi open à des suggestions de cet ordre ! Pour nous aussi, Noël arrive… (ça c'est du scoop ^^)

lundi 28 novembre 2016

Ressources pour l'apprentissage de l'allemand chez Aurélie

Dans la continuité de mon dernier billet sur les ressources, notamment "télévisuelles", auxquelles j'ai actuellement recours afin de soutenir l'apprentissage de l'allemand chez le Bébou, voici un panorama des ressources de tous types utilisées par Aurélie, commentatrice régulière ici.

Je vais reprendre son partage, et me contenter d'ajouter mon grain de sel (dans ma police habituelle) de temps à autre.   

Alors tout d’abord j’habite en Allemagne depuis seulement 2 ans donc je ne prétends pas encore connaître les meilleures ressources, ce sont juste celles que j’ai découvertes. Ma fille est née en août 2012 et mon fils en février 2015.

Les comptines & assimilées
Ma fille de 4 ans va au Kindergarten depuis ses 2 ans et prend vraiment beaucoup de plaisir à réentendre à la maison les comptines du Kindergarten. Mes enfants entendent de l’allemand tous les jours de 9h à 14h tous les deux, ils n’ont pas besoin d’apprendre l’allemand avec moi.
 Mais si je devais faire découvrir l’allemand à des enfants, les chansons à gestes sont pour moi une entrée en matière très facile.
Pour l’avoir testé avec des petits qui apprenaient le français, les chansons à gestes permettent à l’enfant de ne pas se décourager, même s’il n’arrive pas à prononcer les mots au début, il participe en faisant les gestes, c’est ludique !
Et puis ça ancre dans la mémoire...
Nous aimons beaucoup cette collection qui regroupe de nombreux airs célèbres
  • Die 30 besten… Kinderlieder ;
  • Die 30 besten … Herbstlieder für Kinder ;
  • Die 30 besten… Weihnachst-und Winterlieder für Kinder ;
  • Die 30 besten…Oster und FrühlingLieder
  • Die 30 besten… Partylieder für Kinder ;
  • Die 30 besten Spiel- Und Bewegungslieder
Sur Amazon.de on peut écouter des extraits.

Héhé, il se trouve que nous possédons aussi un CD de cette collection : die 30 besten traditionnellen Kinderlieder et effectivement, F. apprécie beaucoup. (même si pour le moment, en ce qui nous concerne, il s'agit d'écoute passive sans aucune espèce d'exploitation : nous mettons le CD à F. et il écoute cela tout seul dans son coin, c'est notamment une manière de grappiller du temps de sommeil les matins de weekend)
Voici nos préférées, que l’on trouve aussi sans problème dans différentes versions sur Youtube :
Les chansons à gestes (les grands classiques appris au Kindergarten, à la gymnastique,..)

Hallo, hallo, schön dass du da bist https://www.youtube.com/watch?v=VgfBPDxFdm4
Meine Hände sind verschwunden ( vocabulaire des parties du corps) https://www.youtube.com/watch?v=Y5JJMWLLZ24
Aramsam (vocabulaire lentement, vite, en parlant fort,..) https://www.youtube.com/watch?v=gwA9GfYIYus
Alle Leut‘ ( vocabulaire grand, gros, petit,..) https://www.youtube.com/watch?v=8FjZ5qqOjuA
Die Räder vom Bus ( vocabulaire roues, klaxon, essuie-glace,..) https://www.youtube.com/watch?v=TtqOUxfwgdU

Pour Pâques : Stups der kleine Osterhase
Pour la fête des lanternes, fête de St Martin : Ich geh mit meiner Laterne, Laterne, Laterne,..
Pour Noel (globalement tout le CD passe en boucle été comme hiver)
  • In der Weihnachtsbäckerei
  • Nikolaus, Nikolaus
  • Lasst uns froh und munter sein

Chansons dansantes « Disco kids »
So ein schöner Tag (Fliegerlied) (avec les gestes, vocabulaire voler, sauter, nager) https://www.youtube.com/watch?v=xQ0znzXuPRc
Chuchua ( avec les gestes, vocabulaire des parties du corps) https://www.youtube.com/watch?v=8A-Vg3Hwf2M

En ce qui me concerne, je néglige scandaleusement les comptines, chansons à gestes et assimilées, que ce soit en allemand ou en français, d'ailleurs.
J'en connais assez peu (des françaises. Aucune allemande, puisque j'avais déjà 10 ans au départ de ma scolarisation en milieu allemand), donc celles-là je les chante et F. les répète avec ravissement.
Cela fait un bail que je prends la bonne résolution de travailler sur le sujet concernant les comptines françaises (regardez, je me le promettais déjà ici -je pouffe !), mail il faut bien avouer que jusqu'à présent c'était resté lettre morte. 
Mais là ... avec les suggestions prêtes à l'emploi d'Aurélie conjuguées à une disponibilité accrue d'ici quelques jours, peut-être, peut-être, peut-être.... les espoirs les plus fous sont permis!
Les livres

Alors là c’est mon gros point noir, je prends tellement de plaisir à lire en français (et c’est tellement dur en allemand pour moi), qu’il y a très peu de livres en allemand à la maison.
Bon il y a quand même quelques noms qui reviennent souvent (comme notre Tchoupi en France) : Benjamin Blümchen, Lieselotte, Conni, der kleine Drache Kokosnuss, die Maus,..
Pour ceux qui apprécient les livres du genre le livre des saisons avec plein de petits détails, c’est très courant en Allemagne, cela s’appelle des Wimmelbuch. Il suffit de taper Wimmelbuch dans Amazon.de et là on trouve de tout, la ferme, les pirates, les contes, la ville,… et parfois pour 5-6 euros seulement.

Les Wimmelbücher sont en effet très utiles pour réviser et étendre le vocabulaire. Ceux, si appréciés sur la blogosphère, de Suzanne Rotraut Berner sont allemands d'origine, et en effet à l'usage ils se montrent bien adaptés : de page en page on retrouve des choses similaires ce qui permet de revoir plusieurs fois le même mot
De mon point de vue, comme il s'agit de simples mots, même un parent au niveau pas méga top peut quand même exploiter le filon pour accompagner son enfant, en choisissant les mots qu'il maîtrise le mieux y compris au niveau prononciation, et sans avoir à gérer de la construction de phrases.

Chez nous, "en niveau 2" pourrait-on dire, je commence à me dire qu'il est temps d'en profiter aussi pour introduire quelques phrases (car franchement depuis mon dernier billet F. continue à dévorer les mots de vocabulaire, et devant cette progression je souhaiterais vraiment passer à l'étape où il les lie ensemble. Ce pour quoi il semble qu'il soit en demande, d'ailleurs, il cherche déjà à lier noms et adjectifs).

Je m'y mets tout juste, du coup, et les Wimmelbücher me semblent pouvoir être une opportunité idéale de resasser à l'envie des constructions simples / petites phrases telles que :
  • Wo ist ... (die Katze / das Flugzeug) : où est ...?
  • Was macht der Hund ? que fait le chien ?
  • Was isst ... ?   que mange .... ?
  • Et leurs réponses, propices à la fois à réviser du vocabulaire, et à introduire, notamment, des verbes d'action (à privilégier selon la méthode Gouin). 
Les vidéos
Chez nous, rien de très original, nous avons fait le choix d’acheter quelques Disney en allemand.


C'est en effet très facile et constitue une valeur sûre, "de mon temps", lors de notre expatriation en Allemagne cela avait effectivement été l'une des premières mesures parentales. Moralité, je ne connais les chansons de Pocahontas, la Belle au Bois Dormant et les 101 Dalmatiens qu'en version teutonne (ce qui nuit beaucoup à ma culture !!!)

Tout dépend cependant du rapport à la télé et de l'âge des enfants : le Bébou serait largué face à de tels déferlements d'images. Alors que, toujours de mon temps, ne pas comprendre le quart du dixième de ce que nous regardions ne nous avaient pas empêchés de visionner et revisionner à l'envie ces cassettes vidéos. (remarquez, je pense que le Bébou resterait tout de même scotché devant l'écran. Mais je ne sais pour quel bénéfice, voire à quel prix - terreurs nocturnes ? Mais bon, hein, il est le fils d'une nana qu'Aladdin a fait trembler pendant des années, et qui aujourd'hui encore ne peut regarder le moindre film avec un zeste ou même un risque de violence)
Nous avons aussi un DVD de Petersson und Findus (une série avec un vieil homme et son chat) a priori assez connu en Allemagne, je trouve que c’est plus facile à comprendre que les Disney, c’est mignon. On le trouve sur youtube.
Héhé, je ne connaissais pas, du coup je suis allée regarder : j'ai trouvé ça super mignon !
En revanche c'est d'un niveau plus complexe que les dessins animés vus par le Bébou :
  • intrigues plus complexes (épisodes plus longs),
  • voix plus typées (voix de poules, du vieil homme) ce qui déforme les mots / rend leur reconnaissance plus ardue,
C'est pourquoi j'aurais tendance à le placer après der kleine rote Traktor dans la progression.
Inclassés
Pippi Langstrumpf est très connue (Fifi brindacier) , ma fille a d’ailleurs été invitée à un anniversaire sur le thème. Mais je n’ai pas encore compris sous quelle forme il fallait découvrir cette intrépide petite fille,
  • les livres ? le livre original est bien trop complexe en allemand pour moi,
  • les adaptations pour jeunes enfants ?
  • le dessin animé ?
  • le film ?
Mais je dois creuser car tout le monde m’en dit beaucoup de bien.
Je n'ai pas encore beaucoup creusé le sujet mais j'y viendrai tôt ou tard : Fifi Brindacier est un exemple typique de living book à la Charlotte Mason, et en plus de cela, elle est instruite en famille ;-) 
Du même auteur ma fille a assisté à un spectacle : Michel aus Lönnenberg (Zozo la tornade)

Pour des plus grands scolarisés, j’ai l’impression que le support de travail LÜK est assez utilisé, il doit y avoir des ressources à trouver de ce côté-là.

Je ne connaissais pas alors je suis allée voir, au premier regard j'ai craint que ce ne soit un truc hyper électronique et compliqué mais en fait non, c'est un jeu sans un zeste d'électronique ou de bruit, et complètement autocorrectif.

En revanche ce que j'ai vu m'a au départ semblé pas mal orienté Maths et Logique, je voyais moins de choses servant à l'étude de la langue, en tous cas avant un stade de maîtrise de l'écrit.... Mais d'un autre côté, ils mettent précisément en avant l'intérêt linguistique (notamment pour l'intégration de non-allemands, justement), donc... y a quelque chose qui doit m'échapper !
(il n'empêche que je reste quand même sur mon impression qu'il s'agit là d'un système pour des enfants sachant un minimum lire, ça fonctionne avec des cahiers...)
Quoi qu'il en soit le système semble intéressant par lui-même, si un jour j'ai l'occasion je testerai le machin, car je renifle là un potentiel intéressant pour toute famille IEF, sur les aspects linguistiques ou non.
Voilà ce que j’ai en tête aujourd’hui…

Encore un grand, grand merci à toi Aurélie !
(avec qui je travaille en parallèle sur un autre article à quatre mains sur l'allemand, visant cette fois à décortiquer le fonctionnement et les attraits que peut présenter, ou non, le stylo tiptoi de Ravensburger dont elle est l'heureuse propriétaire. Soon to come ;-) )

Enfin, "soon", hein, vous commencez à être blasées : 
tout est relatif sur ce blog,
surtout la notion de temps !!

samedi 1 octobre 2016

Allemand : c'est reparti - es geht wieder los

Il n'aura pas échappé à vos yeux de lynx que, dans mes différents billets sur la structuration de notre IEF (notamment celui-ci et celui-là), je ne perdais pas un mot sur nos progrès et nos projets en allemand.

Normal : zéro total.
                      Point mort.
                                 Vide intersidéral.

Pourtant, après un premier démarrage modeste mais prometteur, en avril je m'étais targuée de vouloir passer à la vitesse supérieure : ne plus nous contenter de quelques mots lors des repas, mais diversifier, introduire plus de vocabulaire, plus de phrases, avoir recours à des livres, etc...

Raaaaaaaaté !!!
Yeux plus gros que le ventre peut-être ?
En tous cas la démarche, peut-être devenue trop lourde / ambitieuse, s'est essoufflée rapidement et l'allemand a tout simplement disparu du radar.

Plus l'énergie de rien pendant des semaines, au point que cet été il a été difficile de relancer un peu la machine pour les beaux yeux de la grand-mère. Difficultés qui se sont traduites par une certaine tension dans les relations mère-grand / petit-fils... avant que la première ne lâche du lest et que le second, en conséquence, n'accepte de témoigner un intérêt poli pour le sujet.
Quand y en a qui disent "le mieux est l'ennemi du bien", z'ont pas toujous tort.
(il n'empêche que si je tenais l'urbaniste qui a positionné cette fichue Roche Tarpéienne aussi près du Capitole... il passerait un mauvais quart d'heure !)

De retour au bercail, je n'ai pas non plus fait de l'allemand une priorité: reprise pro, démarrage de l'IEF, tout ça... j'occultais volontairement le sujet. Au point qu'une remarque innocente de Monsieur Bout, lâchée au passage (du style "ah faudrait qu'on reprenne un peu l'allemand avec F.") lui valut mes foudres... il ne s'attendait pas à une telle réaction, entièrement due à ma culpabilité latente sur le sujet.
Et puis pôf, un jour où j'avais longuement lu de l'allemand, hop, j'ai quand même lâché quelques mots, comme ça, sans prétentions, et nous avons repris.

Une reprise un peu laborieuse au départ, car nous repartions de loin :
  • non seulement la quasi-totalité du vocabulaire acquis quelques mois plus tôt était plus ou moins oubliée,
  • mais surtout l'intérêt du Bébou / la dynamique / le naturel avec lequel il réagissait à nos "et comment Oma dit ?" s'étaient complètement évanouis. 
Il a donc fallu redémarrer un peu au forceps, en insistant, accepter de "parler dans le vide", de faire les questions et les réponses pendant quelques jours.

Et puis revoir un peu la stratégie, d'abord :
  • les créneaux repas sont certes toujours (ou plutôt : à nouveau) utilisés,
  • mais c'est surtout, dans nos nouvelles routines, le créneau pot (dont Clotilde remarquait la longueur) qui constitue à présent la clé de voute du dispositif. En effet, le principe étant que la Bébounette doit rester un certain temps sur le pot (afin de maximiser ses chances de pondre quelque chose hors de la couche et d'épargner ainsi ladite chose à ses pauvres petites fesses mycosées, mais aussi de donner un peu d'air auxdites petites fesses), le créneau pot s'est mué en créneau lecture : la miss trône, je suis en tailleur à côté d'elle, le Bébou est sur mes genoux, et nous lisons.

  • Ainsi, à la désignation des objets du quotidien alimentaire, permise par l'utilisation du créneau repas, s'est ajoutée la désignation des objets rencontrés dans les livres.
    • Ce qui marche particulièrement bien, c'est la désignation en rafale d'objets présents plusieurs fois : ainsi, pour tout vous dire, le redémarrage teuton a-t-il vraiment "pris" avec un livre autour de Noël, et ma tirade "Kugel - Kugel -Kuuuuugel -Kugel -... Kuuuuugel - Kugel - ... - Kugel !" en pointant du doigt chacune des nombreuses boules de Noël ornant un sapin. F. s'est pris au jeu et s'est montré ravi de repérer toutes les "Kugel" présentes sur les différentes pages.
    • Nous avons fait pareil avec "Kerze" (bougie), "Stern" (étoile), "Schnee" (neige), "Baum" (arbre), "Tannenbaum" (sapin)...
    • Puis, sur d'autres bouquins, avec notamment "Blume" (fleur) : "Bloum, bloum, bloum ! - et encore bloum" (oui, F. oublie souvent de prononcer les "e" à la fin à des mots), "Gras" (herbe), et ainsi de suite...

Les livres positionnés à côté du pot étant plus ou moins toujours les mêmes, cela permet des répétitions fréquentes et qui ne semblent pas lasser leur public.
Ces livres sont en français, ils sont donc lus en français mais commentés/décrits en allemand. La séquence pot comporte aussi la lecture de livres "sans allemand ajouté dedans", mais abrite tout de même quelques minutes d'allemand assez intense, et qui se répètent de 1 à 3 fois par jour (selon si je bosse ou pas).
L'avantage, c'est que cela ne me demande, en soi, pas d'investissement particulier :
  • autant, pendant les repas, il m'en nécessaire de "penser" à solliciter F. sur ce point, alors que je gère autre chose,
  • autant le créneau pot est inamovible et peu exploitable autrement, donc tant qu'à faire, hop, je suis libre d'orienter ces minutes dans la direction qui nous plaît. Or, chat échaudé craint l'eau froide, après l'expérience de mon feu de paille du printemps me voici avant tout soucieuse de ménager au maximum mes efforts : l'allemand, oui, mais à moindre frais !

Nous mélangeons donc allègrement français et allemand (même si la distinction est toujours bien présente chez F., et toujours symbolisée par "Oma"); c'est probablement une hérésie pour les puristes, mais cf plus haut, j'ai déjà vu ce que cela donnait si je me montrais trop ambitieuse : mieux vaut un peu d'allemand baragouiné dans le quotidien, qui permet de garder un contact avec la langue, une familiarité, et un intérêt, que rien du tout !

Le résultat est indéniable :
F. est reparti comme en 40, Monsieur Bout et moi trouvons même que son intérêt est plus fort qu'il y a quelques mois,
  • nous l'avons vu "montrer" ses livres à sa sœur en utilisant des mots allemands pour décrire les objets dont il connaît les noms.
  • Autre signe d'intérêt, il a repris ses questions à la mode "comment dit Oma ?", certes sans, la plupart du temps, chercher à répéter / mémoriser la réponse (sauf si le mot a une sonorité vraiment marrante), mais c'est tout de même de bon augure.

Par ailleurs, c'est précisément le fait de garder cette base arrière "baragouin" stable qui rend possible l'introduction progressive (et sans me focaliser dessus, justement !) des choses plus élaborées, plus compliquées.
Plus compliquées, elles sont du coup plus ponctuelles, mais la base en question leur offre de quoi s'insérer avec facilité quand l'occasion / notre niveau d'énergie le permet.
Au lieu de devoir subitement passer du niveau 0 au niveau 3 ou 4: Babysteps, petit bout par petit bout, tout ça, quoi!

Les choses plus élaborées en question sont donc
  • la lecture de livres en allemand, que nous avons reprise;
mais que du coup j'utilise en mode plus détendu, il s'agit davantage de continuer à bercer l'oreille de F., et de lui donner des phrases entières à entendre; pour la partie vocabulaire, je me borne à appliquer à certaines illustrations du bouquin le fameux traitement "Kugel".
Dans ce cadre, dès que j'aurai ENFIN le temps de remettre le nez à la bibliothèque, j'en profiterai pour récupérer un ou deux livres, et espère aussi mettre la main sur un livre audio.

  • l'introduction de quelques séries à la Gouin
Inspirée par les détails donnés récemment sur le sujet ici, je commence, pendant les repas, à glisser quelques phrases simples à la structure toujours identique (mais sans faire répéter à F.).
    • J'ai ainsi toute une variation autour de l'action "boire" :
ich trinke Tee
du trinkst Wasser
E. trinkt Milch

    • J'hésite à faire de même avec le verbe manger: irrégulier... et homophone, sur certaines formes, avec le verbe être.

    • En revanche je commence avec
      • "möchten", en soi pas un verbe mais la forme conditionnelle de "mögen", et correspondant à notre "voudrais";
      • ainsi que ich will, du willst, (vouloir), certes irrégulier, mais de manière plus discrète!

Il s'agit là d'un tout début, je projette (mais sans me mettre la pression), de réfléchir à la création de quelques séries supplémentaires de ce genre, inspirées et liées directement à notre quotidien / au contexte dans lequel je suis facilement amenée à les utiliser (par exemple, en vous écrivant il me vient à l'esprit qu'au fond, quelque chose s'approchant de la série Gouin "j'ouvre le livre" viendrait très facilement s'insérer dans notre routine-pot-lecture). Je compte y consacrer quelques neurones lors d'un prochain créneau parc, sur mon Bullet Journal, ou d'un créneau IEF, quand il s'agira de m'occuper calmement sans perturber le jeune homme travaillant à côté de moi.


  • Par ailleurs, toujours en mode "light" / occasionnel, je verrai, si l'occasion se présente, à remettre F. devant 2-3 courts petits films YouTube.


  • Et puis je vais aussi creuser la suggestion faite par Aurélie en commentaire de mon billet-programme: j'en profite pour vous demander à vous : des avis / de l'expérience sur le stylo toitoi de Ravensburger ? et notamment : gadget inutile, ou vrai soutien (ne serait-ce que pour enrichir / intensifier encore différemment, et à moindre effort, le bain de langue) ?


Dans tous les cas, j'avoue être bien contente d'avoir enfin pris ce nouveau départ !
Et ce, d'autant plus que là, avec une Bébounette en plein apprentissage de la parole, je me dis que nos efforts sont tout bénef, puisque E. profite ainsi au passage d'un environnement favorable dont son frère n'avait pas bénéficié en son temps.
(et moi, j'AIME la facilité, les trucs qui tombent tout cuits)

samedi 9 avril 2016

Allemand : on avance ! Mais comment ? - Forwärts ! Aber wie ?

Nous continuons sur notre lancée et les heures passées en voiture avec le Bébou durant notre weekend de Pâques nous ont permis de réaliser que celui-ci maîtrise à présent parfaitement la trentaine de mots que nous avons introduits depuis le début de l'année.

Pour vous donner une idée
Milch - lait
Butter - beurre
Brot - pain
Honig - miel
Birne - poire
Banane - banane (oui oui je sais, mais c'est la prononciation, légèrement différente notamment du fait de l'accent tonique, qui compte, là !)
Apfel - pomme
mot dont la similarité dans la consonance est régulièrement remarquée avec
Löffel - cuiller
Gabel - fourchette
Messer - couteau
Teller - assiette
Becher - timbale
Tasse - tasse (même remarque que pour la banane, eh, bananes...)
Schachtel - boîte
Tisch - table
Stuhl - chaise
Laufrad - draisienne
ja - oui
nein - non
danke - merci
Gute Nacht - bonne nuit
Schuh - chaussure
Socke - chaussette
Schaf - mouton
Ziege - chèvre

Cette prise de conscience nous incite à en proposer de nouveaux, et nous sommes épatés de la rapidité avec laquelle le Bébou s'est effectivement emparé des quelques nouveaux mots proposés !
Période sensible, très clairement... et là encore, c'est nous pauvres adultes qui sommes à la traîne de notre enfant.

En parallèle, je m'interroge : pour le moment nous introduisons des mots "séparés", ceux-ci ne sont inclus dans leur contexte que lorsque nous lisons ceux des livres du Bébou qui sont en allemand. Nous lisons alors le texte en allemand, et commentons les dessins avec lui en mêlant les deux langues.

Si cela a permis un début d'initiation, une introduction, une mise en contact avec la langue (et avec le principe même d'une autre langue), il semble bien que cette manière de procéder ne soit pas optimale pour une véritable appropriation de la langue.


Plusieurs pistes à l'étude :
  • surfer sur l'intérêt du Bébou pour les livres audios en lui en proposant quelques-uns en allemand. Je suis allée faire du repérage sur le catalogue en ligne de nos bibliothèques et il y aurait quelques candidats à tester. A voir ensuite comment je m'y prends pour "accompagner", je suis dubitative sur le grand intérêt qu'il y aurait à le laisser seul devant... mais peut-être me trompe-je? (à noter: nous possédons et faisons déjà écouter au Bébou de simples CDs de chansons en allemand, l'intérêt des livres audios serait ici de lier les sons à des visuels connus)
  • faire une exception au 0 écran au profit de tout petits films en allemand, que nous regarderions et commenterions ensemble. Je suis en train de me constituer une playlist Youtube que je vous partagerai quand nous l'aurons vraiment testée.
  • la méthode Gouin : je m'intéresse à cette méthode préconisée par Charlotte Mason et découverte ici 
    • Mais elle est peu connue en France, je ressens donc le besoin d'approfondir en prenant le temps d'aller chercher dans la blogosphère anglosaxonne des réponses ou pistes de réponses aux milliards de questions que je me pose et notamment la première d'entre elles : 
    • Est-elle adaptée à un damoiseau aussi jeune que le Bébou ? Ou comment puis-je l'adapter intelligemment ? 
    • De votre côté, peut-être avez vous de l'expérience avec cette méthode ? Dites-moi toooout !!!


Par ailleurs nous avons récemment mis à la main sur deux des bouquins de Suzanne Rotraut Berner : le livre de la nuit et le livre de l'été (rebaptisé, fort logiquement, livre du jour par le Bébou...)

Je mets à profit l'absence de texte et les commente en allemand comme en français, en prenant le soin, comme le préconise Gouin, de décrire l'image avec des phrases entières mettant les objets / personnages / actions en relief et en relation les uns avec les autres, plutôt que de me contenter de les désigner par leurs noms.



lundi 8 février 2016

Point - progression en janvier 2016

Février déjà bien commencé, un petit bilan d'un mois de janvier... assez compliqué !

Force est en effet de constater qu'avec la reprise pro de Monsieur Bout, notre nouveau rythme est un peu difficile à trouver... ou à vivre, tout simplement. Par ailleurs, avec la fatigue due aux nuits difficiles, l'énergie m'a souvent manqué, aussi bien les soirs que les vendredi-samedi-dimanche, pour faire davantage que "gérer" les enfants, et proposer à F. des activités impliquant un surcroît d'organisation / rangement / nettoyage : je suis souvent allée au plus simple.

A première vue, le bilan de ce mois de janvier n'est donc guère glorieux :
  • Hormis la présentation d'un panier à trésors, je n'ai réalisé aucune des activités projetées lors du dernier point.
  • Les séances de peinture, et autres arts plastiques, que j'avais réussie à rendre assez régulières en fin d'année, ont été quasiment inexistantes.
  • F. ne s'est guère intéressé aux activités déjà présentes sur les étagères
Mais à y regarder de plus près, je constate l'importance de ne pas se focaliser sur le formel. En effet, mine de rien-mine de crayon (huhuhu...) :

F. continue à s'autonomiser :
  • le déshabillage progresse (même si parfois en lisant ce que font d'autres enfants souvent bien plus jeunes.... je me rappelle bien vite l'importance de ne pas comparer!) : il se prend maintenant systématiquement en charge pour ôter son écharpe et son manteau, commence à ôter ses chaussures... 
  • de plus en plus régulièrement, il s'empresse de vider son pot lui-même dans les toilettes
  • il s'entraine aussi à faire pipi debout tout seul juché sur un tabouret (mais je n'ai jamais réussi à l'observer, dès qu'on le regarde il change d'avis et demande à aller sur le pot) 
  • il a montré de l'intérêt pour sa petite balayette mais n'arrive pas encore à manier la pelle, il faut que je réfléchisse à une meilleure manière de le lui montrer
  • il s'est réintéressé à une activité qui avait constitué un hit de l'hiver dernier : vider la machine à ma place, ce qu'il accomplit à présent parfaitement, y compris l'étape "aller vérifier qu'aucune chaussette n'est demeurée cachée dans un coin du tambour" (un coin de tambour rond ? mpf...) 
  • sa grande passion actuelle pour l'escalade se traduit aussi par le fait qu'il a spontanément trouvé comment s'installer seul dans sa chaise haute lambda, en se servant d'une chaise pour grimper. 
Par ailleurs :
  • il s'intéresse maintenant à des puzzles plus complexes
  • sans être allée chercher des comptines et jeux de doigts comme projeté, 
    • j'ai eu plus souvent recours à mon répertoire de chansons enfantines et non seulement il adore, mais il est ravi de répéter les fins de vers : "ma maison est en ----?" "cartoon" ;
    • en revanche j'ai essayé de voir si son oreille pouvait se montrer sensible aux sons de début de mots ("au début de papa, on entend [ppp]"), mais cela ne suscite aucune espèce d'intérêt pour le moment.
  • j'ai pris davantage garde à inclure des moments de lecture dans notre quotidien (en semaine la lecture était devenue limitée à l'heure du coucher, mais je souhaitais éviter une association au moment de la séparation) et les effets ne se sont pas faits attendre : un peu délaissés ces derniers temps, ses livres ont repris de l'intérêt aux yeux de F., qui se montre maintenant très demandeur.

mais surtout, deux grandes évolutions
  • il recherche très clairement le contact d'autres enfants, et son visage s'éclaire quand, à l'approche du parc il repère que l'aire de jeu n'est pas vide, constat souligné alors par un claironnant "jouer avec d'autres z'enfants!"
  • il semble vraiment être rentré dans l'ère du jeu "imaginaire", à faire semblant de manger du sable, de m'en donner, etc. Il va jusqu'à gonfler les joues et plusieurs fois je me suis laissée prendre à lui demander ce qu'il avait avalé...

Enfin, si, comme je le disais, l'énergie m'a beaucoup manqué pour proposer des activités un peu structurées, c'est aussi que, suite à mes réflexions d'inspiration Mason, j'ai réinvesti cette énergie en étant attentive à proposer à F. un maximum de temps dehors. Que ce soit en demandant à notre assistante maternelle de veiller à le sortir vraiment tous les jours, ou moi en adaptant nos routines initiales : j'ai profité des températures anormalement douces de ces dernières semaines pour filer au parc sitôt les enfants récupérés
Nous remontons directement chez nous, posons les affaires (tant pis pour leur rangement), attrapons la draisienne, je cale la Bébounette dans le Mei-Tai, et zou, nous redescendons. Certes, il fait nuit, mais l'éclairage public permet de s'y repérer un minimum et ça ne semble de toute manière pas déranger le jeune homme qui s'en donne à cœur joie. Quant à la Bébounette, c'est un moment de la journée où elle est de toute manière bien fatiguée et pour lequel l'option "se reposer bien calée contre Maman" semble bien convenir.

Hasard ? Après plusieurs semaines de ce régime, ce weekend le Bébou a manifesté un grand intérêt pour des activités plus formelles....(et du coup j'ai des billets sur le feu, moi!), et ce matin, profitant d'un temps mort avant de filer chez la nounou, a ressorti des versés délaissés depuis longtemps.


Quant à la Bébounette, elle continue à ramper, mais se met aussi beaucoup à 4 pattes (sans savoir que faire une fois dans cette position), et de là, elle passe popotin en l'air et fait des espèces de pompes...









Quoiqu'il en soit pour février, outre la reprise des projets initialement prévus pour janvier :
  • notamment la confection des boîtes à son
  • mais aussi la présentation de la 2ème boite de couleurs si je le sens réceptif à du formel à un moment ou à un autre (il est toujours à fond dans sa période sensible, il serait judicieux d'en profiter)
Je rajoute, à titre personnel
  • efforts maximum pour se coucher tôt histoire de dégager l'énergie nécessaire pour proposer davantage....
  • rangement de mes étagères Montessori : délaissées par F., elles ont également été négligées par sa maman et ont donc besoin d'un bon rangement de manière à ce que les propositions soient facilement accessibles.




jeudi 3 décembre 2015

Hélène euh, Montessori et les/mon garçon(s)

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A l'origine du billet d'aujourd'hui, des réflexions provoquées par le très intéressant billet de Laura des petits homeschoolers, et par l'observation de la fille d'un couple d'amis venus en visite quelques jours plus tard, fille 6 mois plus jeune que notre F.

En effet, au cours du weekend la fille desdits amis s'est littéralement jetée sur notre coin Montessori et a fait et refait la plupart de ses activités, et cela a rendu assez évidente la différence d'approche entre F. et elle, me permettant alors de dresser le bilan suivant
  • Les plateaux à disposition, qui ont captivé la miss de nos amis, éveillent peu l'intérêt de F., ou alors de manière très passagère, et ce y compris les versés qui avaient pourtant connu un début de succès : ceux-ci dégénèrent à présent très rapidement en "je vide tout par terre et je pars en courant"
  • Exemple du plateau de pompons à trier par couleurs: celui-ci ayant longuement occupé la demoiselle; le Bébou s'y est du coup ré-intéressé un peu plus tard... pour lancer les pompons à travers la pièce
  • Vous avez peut-être encore en mémoire le franc succès rencontré par ma première présentation de la première boîte de couleurs; depuis j'ai persévéré et F. s'y est intéressé, il la sort parfois spontanément mais jamais pour plus longtemps qu"une unique manipulation
  • Généralement d'ailleurs, il ne répète que rarement une manipulation 

Ces observations, assorties des éléments de réflexions très intéressants apportés par Laura sur les différences de développement et de besoins qui peuvent exister entre garçons et filles, ont ainsi été sources de nombreuses interrogations :
  • quels sont les besoins de mon enfant ? 
  • est-ce que ces activités assises, calmes tiennent compte :
    • d'un besoin de mouvement peut-être plus grand chez lui ? 
    • d'une évolution plus tardive côté motricité / motricité fine ? 
Il adore pousser les poussettes, et durant le fameux weekend celle de notre petite visiteuse a ainsi rencontré un succès fou; il a par ailleurs profité d'avoir la trottinette apportée par la demoiselle à disposition tout ce weekend pour enfin apprendre à s'en servir correctement (jusqu'à présent, il s'asseyait sur celles qu'il empruntait au parc....)
Or mon principal "modèle" en termes de pédagogie Montessori étant elle-même maman de filles, mes attentes n'en seraient-elle pas biaisées ? Ne suis-je pas plus ou moins en train de "plaquer" sur mon fiston un modèle de développement qui ne lui convient pas ?


Ceci dit, la poursuite plus avant de mes réflexions, conjuguée à l'observation du Bébou, m'a permis de compléter ces premières interrogations des remarques suivantes:

il se concentre.... mais peut-être tout simplement pas là où je l'attends ?
  • il se montre très intéressé par les puzzles
    • je signale ici le grand succès des puzzles de zoologie récemment arrivés chez nous (les 3 plus faciles, les autres sont plus compliqués et honnêtement même moi j'ai du mal) : il les prend spontanément et les refait l'un après l'autre en prenant le soin de les ranger.... à l'exception du dernier, généralement, dont les pièces finissent éparpillées sur le tapis
    • et ceux là récemment reçus (une chouette marque allemande, Bino Mertens) ont été accueillis avec beaucoup d'intérêt et répétés de nombreuses fois








  • une activité qui suscite quasi toujours beaucoup d'enthousiasme, et source de concentration, sont les gommettes : tri par forme, par couleur, placées sur une ligne... tout est bon !
  • cela fait plusieurs semaines qu'un circuit de train en bois nous a été donné, celui-ci captive l'attention de F. pendant de longs moments au quotidien 
Par ailleurs :
  • il "progresse" en peinture : c'est une activité que j'ai tardé à introduire car l'aspect logistique m'intimidait; elle fait à présent régulièrement partie de mes propositions et F. y passe de plus en plus de temps; (ou plutôt, de moins en moins peu de temps); ses manipulations se font plus élaborées, plus autonomes
  • il traverse depuis peu une période dont j'avais entendu parler sur plusieurs blogs mais que je pensais avoir ratée en lui ayant enseigné le geste assez tard : le lavage de mains compulsif, ou plutôt, la répétition "pour le plaisir" de ce geste. 
  • cette semaine, il a découvert les jetons du jeu de nain jaune oublié chez nous par nos amis et a improvisé une activité de tri par couleurs, et ce pour une durée prolongée puisque la quasi totalité de la boite de 100 jetons y est passée
  • enfin, nous avons reçu ce jeu de mise en paire détail / tout et le Bébou m'a bluffée car après m'avoir observée en train d'assembler les 3 ou 4 premières paires, il à continué de lui-même en positionnant ses paires bien en dessous des miennes








Enfin, en ce moment, son énergie ne serait-elle pas également sollicitée / investie ailleurs?
  • le développement de la parole se fait à une vitesse phénoménale, son vocabulaire s'enrichit de jour en jour, les phrases gagnent quotidiennement en complexité et l'expression en précision; les articles sont de plus en plus souvent utilisés, les adverbes débarquent en force....
  • des progrès très nets se font également voir dans sa gestion des émotions : il verbalise de mieux en mieux et nous le voyons par exemple régulièrement faire le geste de taper sa peluche ou un meuble en disant "tape pas personne" (puisque quand il cherche à taper une personne, notre réaction, inspirée d'Isabelle Filliozat, est de rediriger son geste vers un objet en disant "tu es en colère, tu as le droit d'avoir envie de taper, mais tu ne tapes pas les personnes, tu peux taper les objets, ton mouton par exemple") - gestion des émotions soumise par ailleurs à rude épreuve ces dernières semaines avec mon retour au boulot à surmonter.... Mais justement, ces derniers jours nous ont montré un Bébou plus calme, plus serein, les colères se sont espacées....

Ces observations m'incitent à approfondir encore mes réflexions, et dans plusieurs directions
  • aller creuser un peu côté théorie Montessori : que dit-elle (si elle dit quelque chose) sur des besoins spécifiques garçon / fille ? Non pour enfermer F;, ou plus tard sa soeur, dans un schéma de pensée et de fonctionnement, mais pour ajouter une clé de lecture possible à la compréhension de mon enfant. Si vous connaissez une ressource particulière sur le sujet, un chapitre, etc, go go go !
  • creuser aussi davantage côté Charlotte Mason et en particulier son apport sur le besoin d'exercice physique L'article publié par Laurence aujourd'hui tombe de ce fait à pic, et du coup je pense que le facteur ne va pas tarder à m'apporter le bouquin écrit par Laura....
  • et puis tout bonnement, me recentrer sur l'observation de mon enfant et la compréhension de ses besoins / son stade de développement, en allant chercher dans l'une ou l'autre pédagogie, mais aussi dans notre quotidien, sans se focaliser sur du formel, les éléments qu'il recherche à ce moment, et non les éléments dont j'aimerais qu'il les cherchât (oui j'ai casé un imparfait du subjonctif. C'est jeudi soir, ma semaine de boulot est terminée, toutépermi - c'est LA FETE)