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lundi 2 septembre 2024

Rentrées et retours

Et voilà un grand jour de plus !

Chez les Bouts, la rentrée prend différentes formes :

  • Rentrée sereine pour H. : 2ème année dans une école Montessori qu'il connaît, que nous connaissons, dont nous sommes très contents.
  • Rentrée sereine aussi pour E. : dernière rentrée de primaire, CM2 à dimension franco-allemande dans une école primaire dont nous sommes ravis.
  • Graaande rentrée pour F. : le collège ! Ca, j'avoue, ça m'impressionne bien. F. intègre un collège dont nous sommes a priori contents après moult péripéties dans la jungle des admissions en collèges privés (gratitude infinie à Monsieur Bout pour le temps investi en constitution d'une série de dossiers), donc c'est plutôt rassurant, mais, le collège n'étant un souvenir glorieux ni pour son père, ni pour sa mère, aucun des 2 parents n'en mène large. Une fois cela dit: la rentrée des 6èmes s'y fait en décalé, mardi matin, alors,... suspense !! 
  • Rentrée pour Monsieur Bout : en plus de gérer les rentrées de ses enfants, 
    • il a sa rentrée d'étudiant, où il poursuit, en 3ème année, l'un des 2 Diplômes Universitaires qu'il suit depuis 2 ans, et met le 2ème en pause pour en démarrer un autre qui lui semblait plus appétissant actuellement. 
    • Il a déjà fait sa rentrée de salarié à temps partiel pour le plus grand soulagement de son honorable épouse, bien heureuse de ne pas devoir démarrer son année par de l'administratif, ni d'avoir du se le palucher sur ses vacances.
  • Rentrée pro de Madame Bout, votre servante : bien effectuée. Plein de choses passionnantes au programme. L'objectif pro de l'an dernier était "Travailler moins pour gagner plus". Je pensais en avoir pour 2 ans de développement encore, mais finalement je fais le constat que le gagner plus est quasiment atteint. Place au "Travailler moins pour gagner à peu près autant" ! Depuis 4 ans que j'ai pris la responsabilité de nourrir notre famille, je suis très heureuse de ce que je fais, certes, et en même temps, j'ai aussi très envie de retrouver au moins un chouilla de ma vie d'avant : plus de temps pour mes enfants ! Plus de temps aussi pour moi, soyons fous ^^


Mais cette année commence aussi un peu différemment pour moi, parce qu'elle a fini un peu différemment, avec des nouveautés qui ont, par ailleurs, aussi permis au blog de renaître, sinon de ses cendres, au moins de braises maigrichonnes et assez refroidies. Nouveautés, pas que ! Retours, donc, du blog, mais aussi, à certains basiques, revisités. Notre amie l'organisation Flylady, par exemple, mais sous un nouveau jour. Retour, aussi, de notre mamie au pair autrichienne G5, qui arrivera en cours de journée !

Aussi termine-je ce billet par

  • cet extrait d'un livre qui vaut son pesant de cacahuètes, et qui est en grande partie responsable desdites nouveautés, et de la sérénité avec laquelle j'aborde cette nouvelle année. Je vous en dis plus bientôt, car cet extrait n'est que le début du bouquin, et la suite est ... de l'or en barres.



  • le lien vers un subliiiiime billet de votre humble servante, qui, à l'époque déjà, commençait à faire le même constat. Retour des routines, ouiiiiii !
  • un teasing sur les prochains billets, tout prêts, tout chauds ! Rentrée du blog à fond les ballons.


A bientôt !

lundi 16 mai 2022

"oublier les conseils invitant à éviter d'isoler l'enfant en cas de colère" - Petit Bout de "200 moments de parentalité positive (ou pas)"

La semaine passée, ce sont les ateliers de communication parents-enfants Faber et Mazlish dont j'ai réussi (en forçant mon agenda surchargé) à redémarrer un cycle au printemps, qui m'ont fourni l'objet du billet d'aujourd'hui, en m'amenant à revenir sur un extrait de mon propre bouquin : "200 moments de parentalité positive (ou pas)"

Citation : 

"Gérer sa colère de parent, c'est toute une histoire ! [...] Dans ce cadre, j'ai réalisé que je dois parfois "oublier" les conseils invitant à éviter d'isoler l'enfant en cas de colère."

issue de cet extrait 


En cause : la séance précédente avait été notamment consacrée à la colère du parent et à l'approche extraordinaire de Faber et Mazlish sur le sujet. Une approche dont la singularité et la justesse m'ont touchée au cœur, en ce qu'elle vise, non à supprimer l'expression de la colère, mais à en permettre l'expression sans dommage.

Une participante partageait son sentiment de culpabilité : quelques jours auparavant, face à la colère bruyante et prolongée de sa fille de 5 ans et des brouettes en pleine douche, elle s'était retrouvée, à un moment, à un degré de saturation tel qu'elle n'avait pu trouver d'autre solution que d'éteindre le robinet, dire à sa fille qu'elle ne pouvait plus, et quitter les lieux.

M'est revenu alors l'exemple en objet en tête, et, prise d'une inspiration subite, s'y est rajoutée une comparaison qui a beaucoup parlé au groupe, et vous parlera peut-être : oui, idéalement, un jeune enfant a besoin de notre présence pour se calmer de sa colère, et une séparation à ce moment-là peut être mal vécue. De la même manière qu'un bébé a besoin de nous pour accompagner ses pleurs, et qu'on déconseille fortement de laisser pleurer longuement un nourrisson dans son lit

Pourtant, de plus en plus, concernant ces derniers, des conseils plus nuancés se multiplient

  • on admet et on prévient les jeunes parents que des pleurs de bébés prolongés peuvent vraiment les amener au bout de leurs forces. 
  • Pour éviter d'en arriver à des bébés secoués, on invite les parents, si ils se sentent à bout, à déposer le bébé en lieu sûr dans son lit, si possible avec une phrase d'accompagnement, et à quitter la pièce au plus vite pour aller se mettre eux-mêmes en situation de recouvrer leurs moyens. 
  • Tant pis si le bébé pleure longuement seul à ce moment-là.


Eh bien, au fond, n'est-ce pas la même chose avec des colères d'enfants un peu plus grands ? 

  • Elles aussi peuvent amener les parents au bout de leurs forces, et les mettre en situation de causer du dommage à leurs enfants par leurs paroles ou par leurs actes. 
  • A ce moment-là, là aussi, il est bon que le parent puisse s'autoriser à s'extraire de la situation avant qu'elle ne lui échappe totalement, et aller d'abord "redescendre" lui, pour ensuite seulement être en mesure de revenir accompagner son enfant. 
  • Là aussi, une phrase d'accompagnement peut être utile, du style 

"Je t'aime, là c'est trop dur pour moi, je vais m'occuper de moi et je reviens".


Dans les deux cas, des injonctions au départ bien intentionnées mais vite radicalisées "ne laissez jamais pleurer votre bébé/enfant seul, ça crame son cerveau / le traumatise" empêchent souvent les parents de parer au plus urgent. 

  • Il ne s'agit pas de rester sur les vieilles méthodes et d'affirmer que, par défaut, la solution à un bébé qui pleure beaucoup ou un jeune enfant en pleine colère est de coller le premier dans son lit, le 2ème dans sa chambre. 

Cette logique du noir / blanc nuit à tout le monde.

  • Il s'agit de dire que, parfois, en cas de saturation du parent, l'utilisation ponctuelle de ce recours sera la solution la plus sûre pour tout le monde


Utilisée ponctuellement, non comme une méthode éducative (dirigée vers l'enfant), mais comme une solution de préservation (protégeant l'intégrité du parent et de l'enfant), elle ne laissera pas de traces, autres que celle d'un enseignement finalement ô combien précieux pour notre enfant : l'autorisation à se mettre à l'abri d'une situation dangereuse.

Un peu comme sur les autoroutes : par défaut on on ne roule pas sur la Bande d'Arrêt d'Urgence / elle ne va pas être notre manière standard de court-circuiter un bouchon, mais bon sang, on s'y positionne dare-dare en cas de pépin !


(et si vous avez besoin d'y avoir recours souvent, me direz-vous ? 

Que ce n'est plus ponctuel du tout ? 

Eh bien, il y a des chances que cela soit tout simplement une alerte : si on constate qu'on arrive très vite à ses limites, c'est bien possiblement le signe qu'un ou plusieurs comptes en banque émotionnels sont bloqués dans le rouge et... Spoiler : ce n'est pas en supprimant l'alerte que le problème se règlera). 

Donc 1. on sollicite la Bande d'Arrêt d'Urgence aussi souvent que nécessaire en attendant (pas trop longtemps) de 2. passer au garage reprendre les choses en profondeur.)

lundi 25 avril 2022

Le biscuit cassé et "je suis un être à la rechercheuh..." - Petit Bout d'Aletha SOLTER, Pleurs et Colères des enfants et des bébés

Chose promise, chose due : en complément du petit Bout de la dernière fois, voici sa suite, sur le fameux biscuit cassé.

"Quand un enfant éclate de colère pour une raison anodine, il est possible qu'il se libère d'une accumulation de stress"

paraphrasé de cet extrait de Pleurs et colères des enfants et des bébés, d'Aletha Solter.


Accrochez-vous.



Vous voyez le truc ? Oui ? Non ?

En fait, il y a même 2 trucs. Ou plutôt 2 niveaux.


1er niveau : Que fait-on généralement, quand un enfant hurle en pour ce qui nous semble être un rien?

  • A. on lui montre que ce n'est rien / on lui explique / on s'éneeeeerve
  • ou B. on admet que ça peut être grave pour lui, et très souvent, cela nous amène à chercher absolument à résoudre le problème par divers moyens. 

L'indicateur qu'on aura pour savoir si on a bien résolu le problème est que l'enfant arrêtera de pleeeeeureeeeer, et parfois... c'est curieux, ça ne vient pas. 


Là, tout change : si on part du principe que le vrai problème n'est pas le biscuit, on ne va pas s'embêter à le résoudre, hein ?! 

Ce qui est fou, c'est qu'en fait, j'en avais fait le constat il y a déjà très longtemps, dans ce billet : je disais déjà 

"je n'ai pas de temps à perdre à un endroit où le problème n'est pas". 

Ben c'est exactement ça :

  • parfois, la raison officielle de la colère de notre enfant n'est pas la vraie raison, et c'est ce qui explique en partie la manière frustrante dont toutes nos interventions échouent misérablement.
  • Oui, parfois, la raison de la colère de notre enfant, c'est : qu'il a besoin de faire une colère, dans le sens qu'il a besoin de décharger.

Et ce n'est pas tout 


2ème niveau :  A. Solter fait le lien avec ces moments où notre enfant demande un truc, qu'on risquerait de refuser. 

On hésite, on dit oui. Puis paf, 2 minutes après, soit ce qu'on a accepté est refusé parce que notre enfant nous demande autre chose finalement . Soit notre enfant nous fait une autre demande, souvent encore plus limite que la précédente, à laquelle on hésite encore plus à accéder et ... rebelote un peu plus tard. 

On a tous vécu ces situations où on a le sentiment 

  • que notre enfant "pousse le bouchon" toujours plus loin... 
  • Qu'il "nous cherche", nous susure une voix dans nos têtes (ou nous assène la voix d'un autre adulte). 
  • Qu'une crise plane sur nos têtes telle une épée de Damoclès. 
Et la tension monte, on hésite à tenir nos limites, parce que peut-être, hein, une petite concession supplémentaire et notre enfant ne serait que paillettes et licornes. "sur un malentendu ça pourrait marcher !" 

Alors nos limites, on les piétine un peu beaucoup, discrètement. 


Bon, eh bien, voilà : dans ces moments, il est possible que l'enfant cherche bien quelque chose. Mais ce n'est pas nous qu'il cherche, il cherche une raison de pleurer. Un déclencheur à ces pleurs de décharge dont il a bien besoin. 

Or un déclencheur très efficace, c'est une limite frustrante, alors c'est une telle limite qu'inconsciemment il va chercher avec sa demande à la noix.

A. Solter pousse même le bouchon (elle aussi ! pfff) jusqu'à émettre l'hypothèse que peut-être, le drame des enfants soi-disant trop gâtés et qui du coup geignent tout le temps, ce n'est pas de recevoir plein de trucs, c'est de ne pas recevoir le truc dont ils ont besoin : leurs pleurs étant étouffés dans l'œuf puisque on comble asap toutes leurs demandes officielles, ils sont en gros manque de ce qu'ils cherchent en fait vraiment : la possibilité de décharger. D'où accumulation de trucs non déchargés, d'où enfant geignard dit "difficile", "jamais content". 

Et paf, la boucle est bouclée, on retrouve Haim Ginott, grand gourou de Faber et Mazlish, et son 

"pour laisser entrer les sentiments agréables, il faut d'abord laisser sortir les sentiments désagréables".



Moralité :
  • ATTENTION, hein, il ne s'agit pas de balayer de la main toute demande de notre enfant en mode "c'est pas ce que tu veux, tu veux juste pleurer", mais d'avoir cette possibilité dans un coin de sa tête pour être capable de la repérer.
  • C'est quelque chose qui rend l'accueil de l'émotion encore plus absolument incontournable : si j'accueille le sentiment de mon enfant d'abord, avant d'agir, j'ouvre plus facilement la voie au besoin de décharger de mon enfant, j'évite de faire fausse route, je comble son vrai besoin, plutôt que de m'épuiser à inutilement satisfaire la demande officielle !

Je m'épargne alors une sacrée dose d'énervement puisque d'impuissant, je deviens terriblement puissant, comme parent. J'ai cette puissance de donner à mon enfant exactement ce dont il a besoin : l'espace pour décharger. A la mode du billet précédent : "Oui, tu as besoin de pleurer, vas-y, ça fait du bien de pleurer, je suis là, pleure tout ce que tu veux".

Ca m'impressionne à chaque fois, de réaliser comment du coup, 

  • je peux cesser d'être centrée sur moi "je suis une mauvaise mère, il souffre et je ne sais pas quoi faire pour le soulager" 
  • et je peux être centrée sur lui, 
    • non en mode "c'est horrible tu souffres !" 
    • ni "sale gosse capricieux, jamais content !", 
    • mais plutôt "mais oui, tu es en train d'y arriver !", dans l'accueil véritable de ce qu'il traverse, sereine dans l'encouragement. 

Bref, en mode sage-femme : qui soutient, pour accoucher d'un gros paquet qui a bien besoin de sortir. Et quand le paquet sera sorti, ce sera fini. Pas avant. 

Moui, fondamentalement, ça m'aide de réaliser que quand j'essaie de régler un problème de biscuit cassé chez mon enfant, c'est normal que ça parte en cacahuète : c'est aussi adapté que si la sage-femme nous proposait un Spasfon pour régler une bonne fois pour toutes des douleurs d'accouchement, au lieu de nous soutenir dans la mise au monde. Et c'est accueilli avec le même enthousiasme.


lundi 28 mars 2022

"Faire pleurer exprès son enfant" - Petit Bout d'Aletha SOLTER, Pleurs et Colères des enfants et des bébés

Il n'y a pas très longtemps du tout (à peine un an, eh !), je promettais en fin de billet de venir vous parler d'E. et d'une nouvelle manière que j'avais découverte, pour gérer ses "pleurnicheries".


Je profite donc de mon challenge "survie du blog par billets courts" pour venir enfin tenir cette promesse ! Vraiment, quelle idée lumineuse. 

Et, comme je suis fourbe, je pousse même le vice à couper ce que je voulais dire en deux, puisque mon propos du jour contient bel et bien 2 versants. (j'ai un blog à maintenir en vie à peu de frais rédactionnels, moi)


La citation du jour sera donc issue de Pleurs et colères des enfants et des bébés, d'Aletha Solter

"un enfant qui pleurniche cherche peut-être un prétexte pour pleurer - tel qu'un biscuit cassé. On est parfois obligé d'attendre qu'il le trouve. Vous pouvez peut-être l'aider à y parvenir en...."

*** SUSPENSE DE OUF ***

Bon en fait, la suite de la phrase, issue de cette extrait-là, fait référence à la notion de biscuit cassé, ... qui fera précisément l'objet du billet suivant. Hin hin.


Pleurs et Colères des enfants et des bébés, pp 166-167


En effet, lire Aletha Solter m'a déjà permis de vraiment vraiment réaliser que les pleurnicheries incessantes d'E., très fortes à cette époque, étaient précisément des pleurs qui ne sortaient pas. Et que j'avais donc une option mutuellement profitable pour conserver mon peu de santé mentale : aider ces %£$& de pleurs à sortir, bon sang, un peu comme on aide quelqu'un qui s'étouffe à cracher son morceau de pomme, plutôt que de s'attendre à ce qu'il daigne tousser moins fort, moins longtemps.

Et donc, hop, application pratique : voici ce qui s'est passé il y a un an, quand j'ai décidé de tester cette nouvelle approche à la sauce Gwen, sur une E. pleurnichant dans sa chambre pour.... un problème de couleur de feutre ? De mine de crayon cassée ? Je ne suis plus sûre.


Evidemment, quand on entend sa fille de 6 ans se lamenter d'un ton geignard sur ce genre de machin, et que c'est le 43ème épisode de lamentations de la journée, le 652e de la semaine, et le 3791è du mois, l'empathie et la compassion ne sont pas super dispo, là, spontanément.

Mais... je venais de lire A. Solter, je venais de tester sur H. la pertinence de ses propos concernant les pleurs des bébés, j'entrevoyais la fin de ses problèmes de sommeil, j'étais donc débordante de confiance et de gratitude... Bref : j'avais la FOI.

C'est probablement cela qui m'a donné les ressources pour m'arrêter dans ma réaction première de ras-le-bol, regarder ma fille, et formuler à voix haute une description de la situation complètement différente de ce que j'aurais pu faire spontanément :

- Oh, tu as besoin de pleurer. Viens, viens pleurer.

Et je l'ai prise dans mes bras.

  • Ses pleurs ont redoublé et elle a pleuré sur ledit crayon/feutre/whatever.
  • Puis ses pleurs se sont renforcés et .... "et puis, et puis, et puis...." elle m'a parlé d'un incident survenu à l'école dont je ne savais rien, mais qui l'avait marquée.
  • Puis ses pleurs ont continué et elle m'a dit à quel point sa cousine (du même âge, avec qui elle allait en classe dans leur petite école Montessori jusqu'à ce que ma sœur ait été mutée à l'autre bout du globe l'été précédant cet épisode) lui manquait, qu'elle était triste de ne plus jamais la voir, que c'était pas juste parce qu'avant elle la voyait tous les jours et que là elle ne savait même plus quand elles se reverraient et qu'elles auraient toutes les 2 beaucoup grandi d'ici là.

J'ai accueilli tout ça, je l'ai tenue, j'ai caressé son dos, sa tête, mais de manière très peu appuyée, sans chercher à la calmer. Au contraire, je me suis contentée d'être là et de l'encourager à pleurer 

"Pleure, vas-y, ça fait du bien".


Ca a duré.

Pis... ça c'est arrêté. Une E. toute rassérénée m'a fait un dernier câlin et a choisi un nouveau jeu. Et n'a pas "chouiné" pendant plusieurs heures.


Depuis, quand elle chouine beaucoup, ça m'énerve. Mais moins. 

Parce que je sais 

1. qu'en fait, y a des trucs accumulés, coincés, et que, même si là tout de suite maintenant je n'ai pas la ressource (temps, patience) pour accueillir / faire sortir tout ça, 

2. ma fille n'est pas "juste une chouineuse" (même si, je vous rassure, ça demeure tout de même ma toooute première réaction quand je l'entends) et 

3. et quand ce sera le moment, on pourra aller purger tout ça ensemble.


Le 1. est très important : parce que oui, nous n'avons pas toujours la ressource; pouvoir écouter jusqu'au bout, ça demande une certaine disponibilité physique, mentale et émotionnelle; et, oui, c'est admissible de ne pas l'avoir en permanence. 

Cf. Haim Ginott "On peut se montrer un peu plus gentil qu'on se sent. Mais seulement un peu plus.

Si on n'a pas la bande passante à un instant T mais qu'on oublie d'écouter et respecter nos propres sentiments et tire trop sur la corde, on risque bel et bien d'exploser au milieu de la séance, ce qui n'est bon pour personne, ... (croivez-moi, z'ai testé).

Le corollaire intéressant est que : savoir ça, ne plus voir dans les pleurnicheries de simples pleurnicheries mais réussir à détecter le besoin derrière, eh bien, quand même, ça me donne carrément plus envie d'agir ainsi (= ça alimente mes ressources, ça augmente mon niveau de "me sentir gentille"). 

Et vous ?

lundi 7 février 2022

Revenir sur les moments douloureux / effrayants - Petit Bout de Daniel SIEGEL, le Cerveau de votre enfant.

Dans mon tout dernier billet, j'avais décrété des mesures fortes (#InTheMoodForPériodeElectorale) : challenge de billets courts afin de maintenir le blog (et donc, vous !) en vie jusqu'à ce que je sois en mesure de vous réasséner des billets fleuves.

Challenge qui donc m'a poussée à me tourner vers la solution de facilité pour commencer : reprendre la série des Petits Bouts de bouquin, qu'elle est vachement chouette la série, parce qu'elle permet de lier un bout de théorie top à un bout de pratique bien parlant, un peu à l'image des 200 moments de Parentalité Positive, hasard.

Merci donc, puisque la nécessité de tenir mes promesses (#PasMoodElectoral, là) m'a ainsi incitée à me replonger en mode express dans des trucs méga cool.


Je commence par un petit Bout qui s'est révélé tellement proche d'un épisode récent chez moi que le jus de cerveau nécessaire pour en parler ne risque pas de m'assécher.

Voici donc la citation du jour, issue d'un de mes préférés : "le Cerveau de votre enfant" de Daniel Siegel & Tina Payne

"écrire et parler d'un évènement traumatisant est [...] fondamental dans le processus de guérison. [...] Pour cette même raison, il est crucial que les enfants, quel que soit leur âge, racontent leurs expériences, afin de comprendre les émotions et les évènements qui traversent leur existence."

que l'on retrouve dans cet extrait.

Le Cerveau de votre enfant, pp 82 83

En effet, je suis depuis presque 2 ans maman de 3 enfants, et si H. a été costaud à gérer au démarrage du fait de ses intolérances alimentaires et des soucis de sommeil liés, j'en suis au stade où j'apprécie fortement cette notion de 3è : je mesure à quel point que je suis plus zen et sais davantage où je vais.

Ses crises émotionnelles de petit monsieur de 21 mois ? Aucun effet sur moi : 

  • je sais à quoi elles sont dues, 
  • je ne les vois pas comme l'annonce d'un mal terrible, 
  • j'accueille les sentiments, je soulage la frustration si c'est adapté ("ah, tu voulais d'abord le t shirt puiiiis le pantalon"), 
  • j'admets qu'elle soit dure à digérer si ce n'est pas le cas ("oui, tu t'amusais dans ton bain, et maintenant c'est dur de sortir, hop" + câlin accueillant les pleurs), 
  • et je laisse ensuite passer l'orage.

Notons la différence entre cette approche et certains écrits très culpabilisants nous disant que le moindre pleur zigouille des neurones par wagons chez notre bébé / le traumatise. 

En coaching j'ai appris une série d'aphorismes assez sympas dont l'un s'applique très bien à ce dont nous parlons aujourd'hui : 

"ce qui ne s'exprime pas - s'imprime". 

C'est l'émotion douloureuse non traitée, non exprimée, qui constitue le plus grand danger. 

Le problème n'est pas l'émotion douloureuse en elle-même, le problème est son traitement. Donc, il ne s'agit pas d'éviter à nos enfants toute émotion difficile à vivre (mission impossible, et pourtant, on se retrouve bien souvent en plein dedans !), il s'agit de leur permettre de l'exprimer, de la sortir, en l'accueillant. Un aspect qu'on retrouve aussi bien chez Faber et Mazlish, que chez Aletha Solter dont je vous parlais l'an dernier dans mon billet sur le sommeil des bébés.

Et accueillir les émotions difficiles, ça peut même être revenir intentionnellement dessus, comme le souligne ce passage, et c'est à l'œuvre en ce moment avec ledit petit H. 


Regardons donc cet extrait en action 

  • Pour une raison qui nous échappe, H. semble avoir une sacrée peur des araignées. (J'avoue que ça m'étonne chez un enfant aussi jeune. Un avis docte sur la question ??).
  • Nous avons récemment eu droit à une impressionnante crise de panique lorsque qu'une grande araignée maigrichonne s'est cassé la margoulette et a atterri sur le rebord de la baignoire au moment de la douche. Notre Boubinours a été terrifié et les efforts maladroits de l'araignée pour regrimper le long d'un carrelage mural trop glissant, salués de hurlements d'angoisse.
  • Après avoir attrapé l'araignée et l'avoir fichue dehors, j'ai reraconté tout l'épisode à un H. blotti dans mes bras (description chronologique des faits et des émotions associées) : du style "l'araignée était là, et elle est tombée, et toi tu avais peur, tu n'aimais pas ça du tout, tu as pleuré, elle a essayé de regrimper, ça te faisait peur, et ensuite j'ai attrapé l'araignée, j'ai ouvert la fenêtre pour la mettre dehors, et la peur était encore là alors nous avons fait un gros câlin, et tu t'es senti rassuré"

Et les jours qui ont suivi, à chaque douche, H. a pointé le coin de la baignoire concerné. Et à chaque fois, j'ai pris le temps de reraconter ce qui s'est passé, dans les détails. Il m'écoute attentivement, souligne certains passages de ses mots de gros bébé, et je remarque que l'intensité de l'émotion de départ semble décroître à chaque fois, de la même manière que la fréquence à laquelle il exprime le besoin de revenir dessus.

Un processus qui n'est pas sans me rappeler ma propre expérience en thérapie EMDR :  revenir sur le souvenir douloureux dans un cadre rassurant désensibilise ce souvenir, c'est-à-dire le rend littéralement moins sensible, et permet son intégration. 

Revenir exprès, avec empathie et douceur, sur le vécu douloureux, ce n'est pas verser de l'huile sur le feu, c'est venir nettoyer et apaiser une plaie à vif, pour lui permettre de cicatriser sainement.


Précision : la notion d'une séparation stricte entre cerveau droit et cerveau gauche telle qu'elle est évoquée dans ce passage est à présent remise en question / serait un neuromythe. Ce qui demeure et qu'il est important de retenir, c'est que pour toute activité, et notamment la gestion des émotions, différentes zones du cerveau sont à mobiliser, et que tout ce qui aide le cerveau à mobiliser plusieurs aires simultanément va dans le bon sens.


lundi 27 janvier 2020

De l'intérêt qu'il y a à ne PAS apprendre à nos enfants à dire "je suis triste"... - Petit Bout de Daniel SIEGEL, le Cerveau de votre enfant.

Ah là là ma bonne dame, l'éducation des enfants a bien changé !

Oh que oui. 
Et parmi les points qui distinguent les mantra éducatifs d'il y a 30 ans et ceux d'aujourd'hui… j'ai nommé … 
Tadaaaam : l'accent mis sur l'expression et la gestion des émotions !

Ou plutôt, les efforts à faire pour son apprentissage. D'où pléthore de publications sur le sujet, et j'y ai moi-même consacré à la fois un tas d'efforts, un tas de temps à lire des trucs, et de très jolies pages dans mes "200 moments de parentalité positive (ou pas)".
(d'ailleurs, dans les aspects "ou pas", la gestion des émotions figure en bonne place : ben oui, hein, comme tout parent, c'est notamment quand j'échoue à gérer mes propres émotions que je me retrouve à des kilomètres de ce que j'aimerais faire au niveau éducatif. D'où culpabilité - à ce propos, avez-vous lu le sublime article que Coralie vient de publier sur ce sujet si sensible de la culpabilité parentale ?)

Si cet aspect était totalement occulté auparavant, on en mesure aujourd'hui l'importance.
Et l'enjeu est d'autant plus important que, dans cette affaire, le parent se retrouve souvent à apprendre en même temps que son enfant, puisqu'il se rend compte, justement, des grosses lacunes qui le pénalisent sur ce plan.

Bref, pas évident.

Du coup, on tâtonne, on fait de son mieux, pour avancer soi-même et faire avancer son enfant.
Et c'est précisément un de ces tâtonnements que ce Petit Bout du sublime "le Cerveau de votre enfant" de Daniel Siegel (dont je vous chantais les louanges cet été) est venu pointer.

Jugez plutôt

"Le Cerveau de votre enfant", D. SIEGEL, p.188


Vous voyez le truc ? Là, l'auteur parle des enfants, mais ça s'applique bien entendu à tout un chacun… y compris, au hasard, au parent voulant bien faire qui s'échine à inclure, dans son vocabulaire, des phrases permettant à son enfant de mettre des mots sur ce qu'il ressent. 
Or, personnellement en tous cas, la subtiiiiiile différence entre "je suis triste" et "je me sens triste" me passait bien au-dessus, et j'utilisais allègrement les formulations en "je suis".
Et pourtant, quand on réalise la nuance de signification, quand on réalise que, eh oui, pour un enfant, le côté éphémère d'une émotion ne va pas du tout de soi, bien au contraire, ben on se dit "bon sang mais c'est bien sûr". 
Veiller à utiliser des formulations mettant en évidence qu'ils ne sont pas leur tristesse du moment, qu'ils ne sont pas leur désir si intense du moment, qu'ils survivront biiien au dela de ces sentiments très très désagréables mais fugaces, eh, c'est quand même quelque chose.
Bref, je me sens très heureuse d'avoir pu faire cette découverte, j'ai bien veillé à l'appliquer au quotidien, et, si j'ai pu me sentir dépitée de ne pas avoir mis le doigt dessus toute seule, je me sens bien soulagée que ce soit le cas maintenant, et que ça puisse l'être pour vous, ô mon vénérable lectorat, ou en tous cas la partie de mon vénérable lectorat à qui elle aussi cette nuance échappait, à dater d'aujourd'hui.

Je l'ai stockée juste à côté de la phrase tirée de l'excellent "Cessez d'être gentil, soyez vrai" : pour le moment. (pour le moment, je n'ai pas la possibilité de / je choisis de privilégier / je ne sais pas encore /…) : des petits mots qui maintiennent dans une dynamique au lieu de nous figer dans un constat.

jeudi 28 novembre 2019

Développer l'empathie... ou l'égoïsme ? Petit Bout de "Aimer nos enfants inconditionnellement", d'Alfie Kohn

(bon, mon billet sur le lien supposé entre crise des enfants et la qualité de l'éducation que nous leur donnons n'est pas tout à fait finalisé… Mais j'ai un truc tout frais à vous raconter donc hop, petit billet de blog de circonstance, en mode "petit bout de livre" mêlé à un "moment de parentalité positive").

Cela fait quelques semaines que j'avance dans la lecture d' "Aimer vos enfants inconditionnellement", d'Alfie Kohn, offert par mon gentil éditeur (parce que je papillotte si joliment des cils). Je viendrai vous en dire plus dans un billet global, mais tout à l'heure, il s'est passé quelque chose qui m'a fortement fait penser au passage suivant.

Aimer nos enfants inconditionnellement, Alfie Kohn, pp. 93 et 94




Lire ces paragraphes, et toute la réflexion développée autour de l'empathie, m'avait bien fait réfléchir.
Ca fait belle lurette qu'en adepte de Faber et Mazlish, l'absurdité du recours aux punitions m'était évidente : la punition divertit l'enfant de ce qui s'est passé en le focalisant sur ses sentiments d'indignité, de rancœur, etc.
En parallèle, j'ai trouvé utile que F. et E. perçoivent les conséquences réelles de leurs actes : 
  • quand on renverse, on a besoin de nettoyer, 
  • quand on met du temps à se préparer, on peut avoir moins de temps pour la sortie projetée, par exemple. 
Et quand ils m'asticotent, je peux avoir moins envie de faire plaisir.

Mais justement, sur ce dernier point, ces paragraphes m'ont permis de prendre du recul et de me dire "Attention, quand j'exprime les choses comme ça, je peux les conduire à focaliser leur attention sur l'inconvénient qu'il y a pour eux-mêmes dans le fait de m'embêter, et à négliger le souci de ce que je ressens, moi."
Cette lecture m'a donc permis de repérer un truc : sans vouloir complètement renoncer à l'expression de mes envies ou pas de faire tel ou tel truc pour eux, j'ai réalisé à quel point je dois être prudente : en fait je risque, de moi-même, de leur présenter l'impact "maman n'a pas envie de jouer avec moi" comme étant bien plus important que l'impact "maman est embêtée". Je risque donc bel et bien, en cherchant à renforcer l'effet de mes paroles, de renforcer … des tendances égoïstes, au détriment du développement de leur empathie. Arf. Bien embêtant, hein ?



Et voici que cet après-midi...

F. asticote E. alors que je me suis posée hippopotamesquement sur le canapé après une sortie.
J'arrive dans la cuisine et exprime mon mécontentement : 
"Le goûter c'est pour tout le monde ! Quand j'entends qu'on fait exprès d'embêter sa sœur en l'empêchant de prendre une tartine, ça m'agace vraiment ! "
F. continue à tourner autour de la table de la cuisine en tenant bien haut la tartine visée par sa sœur, mais ralentit pour se renseigner
"Et du coup ça fait quoi ?"

Tentation. 
J'ai bien envie de lui donner à sentir que mon agacement n'est pas une bonne chose, je pourrais dire que "ça ne me donne pas envie de ..."; mais je repense à ce passage ; je repense au fait qu'en plus je ne le pense pas, ce truc, là, à ce moment; qu'il n'y a pas de question d'envie ou de pas envie réelle ou supposée. 
Alors je me recentre et je prononce la phrase suivante.
Notons qu'à l'instant où je prononce ces mots, je le fais tout en me sentant à demi-bête / un peu "à poil": je suis clairement en train d'abandonner tout moyen de pression.
"Eh bien ça m'énerve vraiment de voir cela."
"Ah ok. Alors je vais m'arrêter."
Réponse de F.,  formulée sur un ton posé, en déposant les armes la tartine sur la table. Et F. s'arrête, se détourne de sa sœur. Et entame une conversation tranquille sur un autre sujet 2 minutes plus tard.


Nota:  j'ai failli diminuer la portée de ce que je disais par un "c'est tout" : j'aurais ainsi déprécié toute seule la valeur de mes propres sentiments / l'intérêt que F. était susceptible de leur porter. Mais je ne l'ai pas fait ! J'ai laissé F. parfaitement libre du degré d'importance qu'il voulait y attacher, sans le minorer, ni au contraire l'intensifier en mode "et c'est grave ça". APPLAUSE.

jeudi 17 octobre 2019

Touchée ! Prise en flag par Flylady : Petit Bout d' "Entretiens avec mon évier"

Flylady, rappelons-le, a révolutionné ma maison et m'a ouvert la voie hors du bordélisme dans lequel j'étais irrémédiablement (semblait-il) empêtrée.
Ca fait des années que j'ai découvert ce système… des années (mais moins...hum hum) que je m'y suis mise pour la première fois et que j'ai vu ma maison changer… mais je n'avais jamais lu le livre associé ! Ayant découvert le concept par le site internet dédié (et ensuite moi-même écrit d'excellents articles sur le sujet), je n'avais jamais pris le temps de regarder de ce côté. 
Jusqu'à ce que les Editions l'Instant Présent me l'offrent à l'occasion de la sortie de mon bouquin à moi.
Que je l'ouvre. 
Et que je me dise "gloups" en lisant cet extrait d'Entretiens avec mon évier, de Marla Cirley, la vraie, l'unique, Flylady.

Je retrouve dans ce bouquin un effet présent sur le site : déjà quand elle parlait du perfectionnisme à l'époque j'avais eu l'impression qu'elle parlait pour moi.
La lecture du bouquin est encore plus flippante sur ce point. 
Très souvent je me retourne en mode 
"Euh t'es chez moi là ? COMMENT tu sais tout ça ??! "
Cette histoire d'essence m'a tuée. 
BIEN ENTENDU non non tomber en panne sèche... ne m'est pas arrivé UNE SEULE FOIS ! (mais plusieurs  #oups)

Bref. 
Mardi j'ai fait le plein alors que la réserve affichait encore plus de 50km. 
  • Je n'ai pas stressé. 
  • Je n'ai pas eu la tentation de ne faire qu'un demi-plein puisque-dejà-trop-à-la-bourre-pour-mon-RDV-suivant. 
  • Je n'avais pas fait les derniers km en mode "40 km h et je maudis chaque feu qui me bouffe potentiellement mes derniers cl au démarrage." 
  • Je n'avais pas contracté les abdos (que je n'ai plus en ce moment) ni serré les fesses (que j'ai en surplus pour le coup) tout le long de l'interminable trajet jusqu'à la pompe, à l'affût d'un toussottement de moteur. 
  • Je me suis même aperçue que faire bêtement le plein sur le trajet du retour après avoir déposé F. à l'école c'était facile puisque pompe directement sur le chemin. Sans doute trop facile ?
C'était bon. 
C'était beau.

C'est vraiment le problème avec Flylady. Ça fait vivre des petits moments différents et après on n'a plus du tout envie de se retrouver englué(e) dans nos tracas habituels de bordélique.

Je ne m'attendais pas à trouver autant dans ce livre après avoir potassé longuement le site internet... Et je vous en reparlerai.

lundi 23 septembre 2019

ENCORE de la lecture, au secours ! - Petits Bouts de "Dehors les enfants", A. Hanscom

Me voici fraîchement de retour du Festival de l'Ecole de la Vie.
Bien qu'il ait du être écourté pour des raisons de météo, j'ai adoré ce que j'ai pu en vivre et j'espère bien revenir !
J'en rapporte
  • de chouettes souvenirs sur le stand des éditions de l'Instant Présent, à vanter les mérites de mes 200 moments de parentalité positive ("Avez vous remarqué ce livre ? Il est très chouette puisque c'est moi qui l'ai écrit."), et vanter les mérites des autres livres (et aussi fouiner sur les étalages d'autres éditeurs). Je crois que j'aime bien ça, en fait.
  • de super rencontres, avec des parents de toute sorte (y compris des fous qui ont succombé à l'argumentaire susmentionné), des blogueuses, d'autres animatrices Faber et Mazlish, etc
  • de bons moments avec Coralie, qui m'avait entraînée dans cette aventure, en mode weekend entre filles : une fois le festival annulé, nous avons remplacé le temps que nous aurions du y passer par autant d'heures à bavasser (et boire du thé, et manger, et bruncher. Et dormir un peu, quand même)

Mais voici encore un weekend placé sous le signe de la lecture, avec
  • mon liiiiivre à moi ! Son Bon A Tirer était dans les valises de Victorine, mon éditrice de choc, et donc j'ai pu le tenir dans les mains pour la première fois…. tenir son bébé dans les mains… et puis devoir le laisser et lui dire : passe un peu à la presse on se revoit dans 4 semaines pour ta vraie sortie #pasunbébénormal. C'était un grand moment !
  • mais aussi plusieurs livres édités par l'Instant Présent… ce qui vous vaudra probablement, en temps et en heure, autant de chroniques, si ils me plaisent autant qu'anticipé. Hihihi.
  • Le feuilletage de livres apportés par Coralie, qu'elle avait empruntés à la bibliothèque près de chez elle (ben oui, la pauvre, elle craignait de manquer !).

Et notamment d'UN livre, qui fait l'objet de ce billet, en réalité !
Parce qu'à cause d'elle, j'ai feuilleté




Nonchalamment.
Comme ça.
Et en fait je me suis prise une demi-claque et j'ai aussi été aussi furieusement prise de l'envie de dévorer tout le bouquin sur place (mais comme j'avais déjà mangé je vais plutôt chercher à me le procurer).
Je vous le dis tout de suite, je ne sais pas encore si ce bouquin vaut l'achat (chez moi, vaut l'achat le bouquin que je voudrai sûrement relire et refeuilleter plusieurs fois).
Ce que je sais en revanche, c'est qu'il vaut trèèèèès probablement une lecture.Et si 2, on se rapproche de l'achat. Ouille.
Parce que je m'attendais à lire ça tranquille en mode "elle va me dire que les écrans c'est pas top et qu'il faut sortir tous les jours, cool, je sais déjà tout ça, je fais, je fais, je suis du côté clair de la Force", mais qu'en fait ce bouquin décortique très finement les apports des différents jeux d'extérieur sur le développement de nos enfants, sur chacun de leurs sens, sur leurs capacités… C'est fouillé, précis, aisément compréhensible, passionnant… et ça nous en bouche un coin.

Si bien qu'en l'espace d'une vingtaine de minutes, j'ai quand meme retenu les points suivants :
  • que le ministère de la santé américain recommande 60 minutes de jeux dehors pour qu'un enfant reste en bonne santé. Mais qu'en fait c'est un minimum et pour un développement optimal il faudrait non pas 1h mais 3. Et là j'ai un peu pleuré l'arrêt, pour le moment, de l'IEF chez nous. C'est quand même neeeettement plus facile de caser 3h dehors dans un planning d'enfant instruit à la maison que dans une journée d'enfant scolarisé à l'extérieur. Bouhouhou.
  • que les aires de jeux d'intérieur en fait c'est pas hyper top; avec notamment un fort risque de surstimulation, ne serait-ce qu'en raison du niveau sonore et des couleurs vives. Non, cette surexcitation qu'on y constate n'est pas compensée par les bénéfices moteurs. C'est donc un bien moins bon plan que ce que j'aurais pensé
  • qu'en alternatives par temps moche elle cite (entre autres car je ne les ai pas toutes retenues) les musées, les aquarium, la piscine. Moralité je viens de promettre à F. qu'on irait mercredi. J'ai ptet été entraînée par mon enthousiasme, là. NE LISEZ PAS JE VOUS DIS ! C'est dangereux.
  • à quel point nos aires de jeux hyper sécurisées nuisent vraiment au développement des enfants. Et du coup la manière dont elle décortique ce qui compose et fait la valeur (ou non) d'une aire de jeux m'a vraiment confirmée dans ma certitude de la supériorité absolue des aires de jeux allemandes sur lesquelles les toboggans sont plus hauts, les chaînes de balançoires plus longues, les éléments davantage en bois et en métal… et dans lesquelles on trouve encore des tourniquets. Et a encore plus mis en valeur, à mes yeux l'intérêt de passer chaque année une période outre-Rhin (encore cette année; mais je n'ai rien raconté de notre été. Ca aussi c'est en attente)
  • que la raréfaction des balançoires est un drame, et l'absence totale de celles-ci dans les aires de jeux entourant notre maison, une calamité. Bref, j'en tire la conclusion qu'il faut que je cause avec mon père de la manière dont nous pourrions nous y prendre pour réussir à caser un truc dans le genre quelque part chez nous. Je n'ai aucune idée d'où, mais peut-être lui aura-t-il une illumination.

Et bien évidemment, mon côté cheap, radin, flemmard s'est agité en lisant ce passage :
Tourner sur soi est une des meilleures activités possibles menant vers une conscience corporelle accrue
Issu de l'extrait suivant 

"Dehors les enfants", A. Hanson, pp 142-143




Et si je commençais par me mettre à jouer à tourner avec les enfants ?
Vous savez que moi, les "quick win" / petits changements à gros effets j'adore ça : que ce soit en m'astreignant à juste 10 minutes de temps particulier avec un enfant, ou à 2 malheureuses minutes de rangement par ci par là.

Bref, ce bouquin a l'air d'une mine d'or, un peu bousculante, un peu flippante (quand elle lie directement l'hyperactivité à la réduction globale du mouvement chez les enfants), mais comme je n'ai pas forcément toutes mes tasses dans l'armoire (expression allemande équivalente au "il lui manque une case" français), je vais vite m'efforcer de me faire bousculer encore un peu.

Et vous ?

Butin du Festival. Ca promet, hein ?




jeudi 8 août 2019

"l'entente future entre les frères et soeurs dépend ..." - Petit Bout de Daniel SIEGEL, Le Cerveau de votre Enfant

Je vous ai rapidement dit tout le bien que je pensais des 3 derniers arrivés dans ma bibliothèque "parentalité positive", voici maintenant un petit billet sur l'un des nombreux points que je retiens de ces lectures. 
Histoire de les digérer par petits bouts, comme je l'avais fait avec l'excellent mais très très (trop ?) riche Qui veut jouer avec moi ?


Les conflits frères-sœurs sont un des points qui peuvent le plus facilement désespérer des parents.
Il y a 
  • leur récurrence
  • le volume sonore qui fait souffrir nos oreilles à longueur de journée
  • la violence que nos enfants sont capables de démontrer au cours de ces moments
  • l'inquiétude que nous avons quant à ce que ça pourrait préfigurer de leurs capacités relationnelles futures, en général.
  • et la déception et l'inquiétude que nous avons quant à la qualité de leurs relations fraternelles : nous avons tous en tête cette image d'une fratrie soudée
    • nous fondons littéralement devant les gestes d'entraide et les marques d'affection que nos enfants se dispensent (Rhaaa F. qui garde un bonbon d'un anniversaire pour E. !!!), 
    • mais devenons fous quand nous les voyons se jalouser, se disputer, se faire du mal. (Rhaaa F. qui….)

Du coup, j'ai beaucoup, beaucoup aimé lire cette citation dans "le Cerveau de votre enfant" de Daniel Siegel & Tina Payne

"l'entente future entre les frères et sœurs dépend de leur degré d'amusement pendant l'enfance. Peu importe que les conflits soient fréquents, du moment qu'ils soient compensés par le jeu et le rire."


issue du paragraphe suivant :
Le cerveau de votre enfant, D. Siegel, p. 246


Effectivement, déjà, dans mes observations précédentes des relations entre le Bébou et la Bébounette, j'avais retiré un enseignement semblable. Il y avait eu des périodes avec beaucoup de conflits… mais certaines contenaient, en même temps, beaucoup de complicité, d'autres non, et je percevais bien la différence. 
Quel soulagement de lire cette confirmation !
En effet, 
  • réduire les conflits n'est pas toujours dans nos possibilités : c'est leur relation à eux, entre deux êtres libres avec leurs sentiments bien à eux
  • aider à leur résolution la plus pacifique possible est possible mais prend 
    • du temps, aussi bien sur le moment: il faut être disponible et avoir l'énergie de le faire ; que dans la durée : les fruits se voient à la looooongue 
    • et des compétences : le bouquin propose d'ailleurs pas mal de choses sur ce point mais justement...
offrir des moments de plaisir et de rires partagés est nettement plus dans nos cordes, immédiatement à notre portée !


D'où mon choix de ce premier petit bout, particulièrement adapté, je trouve, à une période de vacances.
Il ne s'agit pas de claquer une somme monstrueuse dans une super activité sensée souder la fratrie à tout jamais (au risque d'être bien déçus si l'activité tourne un peu à l'aigre ne serait-ce qu'en raison de la fatigue ou de la surexcitation - je pense par exemple aux fameuses sorties en parc d'attractions) mais plutôt de parsemer le quotidien des vacances de moments de joie commune
  • bataille de pistolets à eau contre nous, bataille d'eau dans la piscine, cache-cache, batailles de guilis, 
  • bricolage, cueillette, cuisine en commun
  • observation d'animaux divers (chhhhhhuuuuuuuutttt) en commun également
  • jeux de construction, creusage de trous et châteaux de sable, jeux de rôles (marchande et compagnie : il est à combien vôt' pâté d'sable ?)
Autant de moments qu'on peut favoriser, notamment en étant présent en filigrane, voire en s'y mêlant exprès. En effet, et notamment dans la première catégorie, vous remarquerez que l'adulte prend le rôle du méchant / incite les enfants à faire front commun contre lui : c'est lui qu'on arrose, qu'on coule, qu'on chatouille / à qui on veut échapper. On retrouve ici une dimension vue dans un petit bout de Lawrence Cohen : en s'incrustant dans ce genre de jeux et en prenant résolument le rôle de la victime, du nul, du méchant, l'adulte permet aux enfants de se retrouver tranquillement ensemble de l'autre côté…

C'est l'une des raisons qui font que je serai ravie de me retrouver en période de l'Avent. 
Les chouettes moments qui font notre calendrier de l'Avent immatériel marquent visiblement mes enfants (ils attendent déjà impatiemment son arrivée, et m'en parlent régulièrement), et je vois comment ces instants partagés contribuent à la construction de souvenirs positifs communs. Un grand hit est d'ailleurs la nuit "tous ensemble sur le tapis du salon devant la cheminée allumée", et je réfléchis à introduire des traditions similaires à d'autres moments de l'année.
Nuit sous la tente dans le jardin pour fêter l'arrivée de l'été / le début des vacances d'été par exemple ?

Bref, c'est à notre portée, mais il s'agit parfois juste d'y réfléchir un peu et de, sciemment, privilégier ce qui "marche" sur ce plan-là, au détriment de ce qui ne marche pas (si toute partie de Monopoly dégénère instantanément en pugilat, on pourra considérer qu'une partie de Monopoly ne rentre pas dans la catégorie "je favorise la complicité" mais dans la catégorie "moment à risque, pouvant servir d'apprentissage mais uniquement si je suis en forme et motivé pour cela"... et ça fera l'objet d'un autre petit bout ;-) )

Et vous, quels sont vos moyens, vos habitudes, vos rituels favorisant de beaux moments de complicité entre vos enfants, au quotidien ou de manière plus exceptionnelle ?
Je prends tooooutes les suggestions ! (et à mon avis je ne serai pas la seule …)






lundi 7 janvier 2019

7 raisons de passer du temps à attraper son enfant

Si l’année qui vient de se terminer a été assez compliquée avec F., balloté par les remous du déménagement, le stress professionnel du papa, la reprise pro de la maman, et nos aventures mamie-au-pairesques, un constat s’impose doucement mais sûrement, à présent : 

"ça va mieux"
[disait l'autre…]

Moins de crises, des crises moins fortes et moins longues, moins d’opposition, plus de maturité, une meilleure maîtrise de lui-même, une curiosité revenue, et, surtout, plus de joie et d’enthousiasme.

Ce qui, bien entendu, n’est pas pour nous déplaire.

Les raisons de ce mieux sont multiples, mais incontestablement, au quotidien, un simple « jeu » contribue énormément, à la fois au mieux observé sur le long terme, et à l’ambiance / au comportement de F. dans l’immédiat.


Tous les jours, nous (Moi ; Monsieur Bout quand il est là ; notre mamie au pair adorée, G1, quand elle s’occupe de lui ; et nous n’hésitons pas inciter les visiteurs occasionnels, si le contexte s’y prête, à rentrer eux aussi dans ce jeu-là) passons de longues minutes, voire plus, à jouer à « attraper » avec F..

Cela semble dérisoire ?

Certainement.

Il s’agit néanmoins d’un jeu « d’attachement » évoqué par Aletha Solter dans le livre que j'avais tant apprécié, et dont la richesse, inlassablement expérimentée, ne cesse de nous impressionner.



Jouer à attraper, c’est

  • 1. Bien entendu, donner à un enfant l’occasion de se défouler physiquement (trèèès précieux, nous en conviendrons). 
Profitant du fait que nous habitons en maison (bye bye voisine du dessous. 15 mois après le déménagement, je chante toujours « libérée, délivrée » - elle aussi, peut-être…), nous pratiquons ce jeu aussi bien dedans qu’à l’extérieur
  • nous limitant au périmètre du salon  
  • ou nous poursuivant dans toute la maison (bonjour les escaliers),  
  • quelques minutes dans notre rue privée (très pratique quand il s’agit de mettre le nez dehors par mauvais temps, mais de réduire ce temps au minimum tout en maximisant la dépense physique associée),  
  • ou bien plus longtemps lors d’une sortie au parc. 

Un tel défouloir physique est très précieux, car une énergie qui ne sait comment s’employer a tendance à s’employer d’une manière…euh… un peu embêtante. Qui n’en a pas fait l’expérience douloureuse au cours de journées froides et humides ?

  • 2. Mettre en scène, de manière détournée, la complexité de notre relation affective
Je t’aime donc je veux t’attraper, tu me plais, tu es « intéressant », je souhaite être en contact avec toi, tu as peur, tu ne veux pas, puis tu te laisses apprivoiser / attraper… toi aussi tu m’aimes et tu veux m’attraper. 
Le contenu symbolique de ce jeu est énorme et trèèèès adapté à un petit garçon en forte insécurité affective : vouloir l’attraper, c’est lui dire « je t’aime » sous une forme qu’il comprend et accepte, qui s’impose à lui et passe outre tous ses mécanismes de défense. 
C’est lui permettre de nous dire ce même "je t’aime" d’une manière moins « dangereuse » pour lui, plus détournée. (ce qui, peu à peu, l’amène à nous le dire plus facilement, directement, à d’autres moments)


  • 3.S’offrir l’occasion d’un maximum de contacts physiques afin de favoriser le renforcement de l’attachement 
Attraper F. est propice à le prendre dans les bras goulûment, à le couvrir de bisous en vociférant « haha, je t’ai eu », à le porter éventuellement sur quelques mètres. Toutes expressions d’affection physique détournées qui, de ce fait, passent là encore outre les défenses de F. 

A ces contacts physiques j’ajoute aussi les contacts « visuels » : jouer à attraper constitue un merveilleux prétexte à câliner son enfant, mais aussi à le regarder dans les yeux : quand on s’arrête pour reprendre son souffle ou se lamenter d’avoir raté son enfant, on s’observe, on se jauge, on se sourit… encore une forme de contact pas évidente pour un enfant insécure affectivement, mais qui, justement, rapproche les parties en présence et solidifie l’attachement.


  • 4. Offrir à l’enfant des occasions de se sentir puissant
Une dimension à laquelle la lecture de L. Cohen avait déjà commencé à me sensibiliser, et que la lecture et la pratique d’Aletha Solter m’a permis d’encore approfondir. 
En 
    • A. Permettant à mon fils de choisir le jeu (comme dans le cas du temps particulier) 
    • B. Lui permettant de définir les règles du même jeu (là tu as le droit d’aller ! Pas là ! Ici c’est la maison, pas le droit de m’attraper ! Nan ça c’est interdit !) et 
    • C. Echouant bruyamment, et fréquemment, à l’attraper, 
je lui permets d’être en position de pouvoir. Cette inversion des rôles permet d’évacuer, de manière on ne peut plus inoffensive et positive, la pression et la frustration engendrées par la vie d’un petit garçon souvent soumis au pouvoir des autres en général et de sa tendre mère en particulier.

  • 5. Un jeu tout-terrain et compatible avec le regard des autres 
Où que nous soyons ou presque (oui, bon, ok : un musée de la porcelaine n’est peut-être pas l’endroit idéal), il y a moyen d’y avoir recours rapidement. Il rencontre généralement le regard indulgent de l’entourage. 
Et il est compatible avec la gestion d’autres enfants : ainsi, lors de sorties je poursuis souvent F. en tenant E. par la main (ce qui, bien entendu, me rend encore plus pataude). E. est ravie, elle aussi remplit son réservoir au passage, et c’est un moment où je me retrouve, dans les faits, à passer un moment en tête à tête simultanément avec mes 2 enfants. Le don d’ubiquité, réinventé pour vous Messieurs Dames !
A noter : d'"attraper", nous glissons à présent, régulièrement, vers des jeux de cache-cache. Le ratio temps consacré / remplissage de réservoir affectif est moins fort mais on y retrouve tout de même beaucoup d'aspects positifs et c'est une variante sympa tout plein.


  • 6. Un outil à la fois préventif et curatif
Nous y jouons tous les jours, pour remplir le réservoir de F. et le rassurer / décrisper par avance. C’est, par exemple, un jeu que je m’efforce d’amorcer le plus rapidement après avoir récupéré F. à la sortie de l’école. Une excellente manière de se reconnecter après la journée… et je vois la différence les jours où je néglige de le faire ! 
Mais nous y avons aussi recours en début de crise : quand la crise commence, que F. commence à accumuler les transgressions, se jeter sur lui en grognant « Aaaaah mais ce n’est plus possible çaaaaa, il va falloir que je t’attrape !! » constitue une manière très efficace de résoudre une situation avant qu’elle n’explose : nous assurons le respect de la limite tout en venant vite traiter la transgression à la racine. 
Très efficace, mais … cela nous demande, à nous, d’en reconnaître la nécessité assez tôt pour que 
1. F. soit encore accessible 
2. Nous soyons nous-mêmes encore assez maîtres de nous-mêmes pour être en mesure de rentrer dans un jeu plutôt que de rentrer dans un rapport de forces…

Par ailleurs, au quotidien, cela constitue une excellente variante pour mettre du fun dans l’exécution de telle ou telle directive pas fun : « C’est le moment d’aller se mettre en pyjama, je vais vous attraper dans l’escalieeeeer ! » et hop les deux réfractaires se retrouvent en chemin vers leurs pyjamas, avec un câlin en prime. Et moi, je ne me suis pas égosillée pour rien (ou si je l’ai fait auparavant, eh bien au moins c’est fini).

  • 7. Quelque chose qui agit sur le court terme comme sur le long terme 
Oui, F. aura tendance à mieux se comporter les jours où nous aurons pris garde de passer du temps à ce jeu, et inversement. Mais aussi, peu à peu, F. s’est mis à réclamer ce jeu de lui-même, ou à solliciter plus directement des marques d’affection. 
Ces marques d’affection qu’il goûte de manière indirecte dans les moments de jeu, il apprend peu à peu à reconnaître le besoin qu’il en a, et ose peu à peu l’exprimer directement, au lieu de passer par une transgression / une crise.
Peu à peu, il s'apaise...



Ah, Ah, Ah oui, vraiment, Cadet Rousselle est bon enfant quel outil précieux !!

Mon usage intensif de cette forme d’interaction a, par ailleurs, un effet incroyable : mon beau-frère ne s’est pas privé de s’exclamer bruyamment en me voyant courir… ce qui, il est vrai, n’arrive / n’arrivait jamais sinon.
J’hésite déjà à courir pour attraper un train, alors ….

Mais que ne ferait-on pas par amour ?


(ce serait cool si cela avait un effet sur la balance. 
Une 8ème raison? 
A vérifier. #monenfantmonentraîneursportif)