Affichage des articles dont le libellé est recruter une nounou. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est recruter une nounou. Afficher tous les articles

lundi 6 janvier 2020

Astuces Parentalité Positive pour les grands parents / entourage / nounou

(NB : ce billet était sensé paraître avant ou au tout début des congés de Noël. Mais j'étais crevée / à la bourre et Monsieur Bout ayant honteusement oublié de charger ma malette ordinateur dans la voiture - je cafte !! - je n'ai pas pu le finaliser si bien qu'il il paraît après, et ce décalage est visible dans quelques formulations. 
J'ose espérer qu'il sera tout de même utile, ne serait-ce qu'en "relecture des vacances passées et tirage de leçons" pour les vacances suivantes. Pour notre part, la manière dont les vacances de Noël se sont déroulées, chez l'un comme l'autre set de grands-parents, est venue confirmer le contenu de ce billet).


Tout parent cherchant à cheminer en parentalité positive fait l'expérience que ce n'est pas facile. Apprendre de nouvelles manières de se positionner, de parler… Cela prend du temps et de l'énergie ! Les automatismes reviennent vite, en particulier en situation de stress ou de fatigue.
A l'usage pourtant, les choses deviennent plus faciles (NOTA : j'ai dit "plus faciles"; PAS "faciles" tout court. Nuance ! Tout ce qui vend de la "parentalité facile" cherche juste à vendre. Elever des, êtres humains, Haïm Ginott nous le rappelle, ne saurait être facile. Elever des êtres humains, bon sang, c'est un truc de fous !), et c'est d'ailleurs le constat que les participants de mon groupe Faber et Mazlish actuel faisaient lors de la séance dernière (après déjà 2 mois à se voir tous les 15 jours) :
 "Ah c'est marrant, là, on voit que… ça rentre. Là où y a quelques semaines j'étais en mode 'euh nan faut pas que je dise ça' mais rien ne me venait en plein milieu du truc, maintenant, je vois que je commence à avoir mes automatismes, je sais souvent comme gérer. Et c'est tellement plus calme à la maison."

Mais comme nous disions, hein, fatigue et stress compliquent quand même les choses.
Et ça tombe bien, Noël arrive.
Noël, ses joies, ses bons repas, ses retrouvailles.
Ses moments en famille.
Ses nombreux moments en famille !
Dans une famille pas toujours hyper calée en parentalité positive.
D'où double problème
  • plus difficile, pour nous, d'agir en parent positif quand on a le stress de se sentir observé d'un œil parfois très critique (pas toujours hein ! Parfois c'est juste un œil observateur / interloqué... mais parfois en face c'est un oeil persuadé que "c'est pas comme ça qu'il faudrait faire" et ça criiiispe)
  • difficile, pour nous, d'entendre et observer les adultes de notre famille interagir avec nos enfants d'une manière dont on mesure maintenant les effets négatifs. Encore plus dur, si en plus les vacances impliquent de confier nos enfants à ces membres de notre famille.

Sacré sujet, hein ? Ce n'est pas un hasard si, systématiquement, dans tous les groupes Faber et Mazlish que j'ai acccompagnés, cette question a pointé son nez. Généralement en 2ème moitié de parcours, quand justement les participants commencent à voir une telle différence avec "avant" que la contradiction avec la manière dont leurs parents / frères et sœurs / nounous agissent avec leur progéniture devient à la fois flagrante et insupportable.
Comment qu'on fait ?


Alors, hop, juste avant Noël, quelques éléments de survie en mode kit de survie spécial Fêtes (à ranger à côté du bingo de la crise).
  1. Une prise de recul globale
  2. Un cadre général
  3. Des éléments de discours concrets, en mode "7 recommandations à donner à son entourage pour soigner leur relation avec notre progéniture".

Je précise que ces éléments sont tirés notamment de l'expérience glanée avec nos propres parents, avec nos nounous / babysitters / mamies au pair, et les adultes auxquels nous avons pu être amenés à confier nos enfants, ainsi que de certains échanges avec d'autres parents sur ce même thème.
Ils ne sont ni exhaustifs ni infaillibles ni quoi que ce soit, mais constituent des pistes de réflexion, à explorer, et à retenir, adapter ou à écarter en fonction de ce qui est pertinent chez vous.

Par ailleurs, si votre vécu à vous vous a permis d'identifier des manières fructueuses de communiquer et d'interagir avec votre entourage, les commentaires à ce billet sont graaaaaand ouverts à votre partage d'expérience, et les yeux du lectorat de ce blog écarquillés et avides de vous lire (moi itou, au demeurant).


1. Prenons un peu de recul sur le sujet.


Oui, il peut être compliqué pour les grands-parents de nos enfants, mais également éventuellement leurs nounous, leurs oncles et tantes, d'admettre (= nous laisser faire sans critiquer / intervenir contre) voire d'adapter leur comportement à notre manière de faire. Ca, nous sommes nombreux à le constater.
Evidemment, parfois ça se passe très bien d'emblée, chacun trouve sa place et c'est fluide, et ce billet est inutile. Mais souvent aussi ce n'est pas le cas, et en ce qui nous concerne, effectivemnt, tout ne s'est pas passé comme au pays des Bisounours.
La contradiction est vite arrivée, le conflit vite installé, car les différences constatées viennent remettre en question les pratiques de notre interlocuteur, et ont vite fait de placer celui-ci sur la défensive. Il se sent accusé.
A tort… ou à raison ?

Car … dans les moments où nous tâchons d'expliquer à nos parents, en particulier, le pourquoi de nos "méthodes bizarres", que se passe-t-il ? Quelle est notre intention ?
Est-elle de revoir le passé avec nos parents, de pouvoir crever l'abcès, les entendre dire que sur certains points ils ont eu tort, reconnaître qu'ils nous ont blessés ?
Très souvent nous le souhaitons très fort. Nos réflexions éducatives ont bien mis en évidence les blessures qu'ont provoqué certaines méthodes éducatives chez nous. Nous avons soif de réparation, soif que nos blessures soient entendues, reconnues.
Cela se produira peut-être. Ou pas. Ou dans très très longtemps. (sur ce point je ne peux que vous conseiller vivement la lecture de l'excellent "Je t'en veux, je t'aime" d'I. Filliozat. Ce livre m'a beaucoup aidée à cheminer et prendre du recul sur mon passé d'enfant, pour le regarder en vérité et mieux gérer ma relation à mes parents dans le présent).


Il est important d'avoir en tête que cet enjeu peut venir polluer énormément les échanges autour des petits-enfants : il peut donc être bon de se recentrer sur notre objectif, d'abord.

Voulons-nous 
  • donner des clés à nos parents pour communiquer avec nos enfants, 
ou 
  • leur dire comment ils auraient du communiquer avec nous, leurs enfants ?


Paaas la même chose. Et s'accrocher à un objectif peut totalement empêcher d'atteindre l'autre.

Ainsi en a t-il été chez nous avec un des 2 sets de grands-parents : les choses ont été crispées et sont allées en se crispant toujours plus tant que l'enjeu, perçu de part et d'autre, a été "le passé", 
C'est quand la grand-mère a pris du recul et a su dire "Ce qui compte pour moi c'est la relation à mon petit-fils. Je veux soigner la relation à mon petit-fils" que les choses ont pu changer.
Etant témoin maintenant de ce que ce changement a apporté, puisqu'il nous a permis peu à peu de nous mettre à coopérer ensemble pour une belle relation au petit-fils plutôt que de nous déchirer implicitement sur ce que fut la relation à leurs enfants, je pense qu'il est bon de prendre le temps d'y réfléchir.
Oui, il y a beaucoup à gagner à se focaliser, d'abord, si c'est possible, sur la relation envers les petits-enfants. A éviter de faire de celle-ci le bouc émissaire du passé.
Evidemment ce n'est pas toujours possible; 
  • il faut que les deux parties acceptent de se focaliser dessus, 
  • il faut aussi que la relation parent-enfant ne soit pas tellement pourrie qu'elle empêche cela de se faire. 
Parfois d'ailleurs il faut du temps avant que cela soit possible, il y a un chemin à faire pour les deux parties, qui pourra même passer par des périodes de plus grande distance.

Concrètement, cela se traduit cependant par une attention à porter dans la manière dont on va formuler les choses.
  • Certains interlocuteurs vont se montrer très sensibles aux informations d'ordre général qu'on va pouvoir leur apporter sur le cerveau de l'enfant, sa construction psychologique et émotionnelle, et être preneurs de ses infos, qui pourront constituer la base de discussions très constructives… Ils trouveront dans ces informations à la fois la nourriture dont ils ont besoin, et l'explication / la justification du passé dont ils ont tout autant besoin. Réaliser qu'ils n'avaient pas ses informations "de leur temps", et donc qu'ils ont agi de leur mieux, avec les informations très lacunaires qu'ils avaient à disposition, suffira à apaiser leur culpabilité et celle-ci / le désir de se justifier ne viendra donc pas polluer les échanges.

  • Mais dans de nombreux autres cas l'approche "scientifique" sera extrêmement contre-productive. L'impression sera alors qu'on prétend "leur apprendre à éduquer les enfants". Dans ce cas-là, bas les pattes ! Au lieu de formuler ses explications d'un ton général, scientifique "Un enfant fonctionne comme ci ou comme ça", c'est la personnalisation qui devra prévaloir : 
"NotreEnfant fonctionne comme ça". 
    • Dans de telles situations, dire "l'enfant" nous fait perdre de l'audimat car la généralisation sent la leçon / le reproche, décuple l'effet de culpabilisation, elle est entendue comme un "c'est comme ça que j'aurais du faire", et nuit ainsi à la réception du message. Il s'agira alors d'éviter la généralisation. 
    • Au contraire, on tâchera de se focaliser sur le fait de donner le mode d'emploi pour faire avec son enfant à soi / ses enfants ; on ne prétend pas apprendre à quiconque comment éduquer des enfants (terrain glissant !!), on explique ce qui est le plus efficace dans les interactions avec les nôtres, pour lesquels effectivement nos qualifications / légitimité à parler est indiscutable.
Même observation avec une nounou. Elle peut être très intéressée par le sujet et ouverte à une approche de type 1. Mais au premier signe que ce n'est pas le cas, on bascule sur l'approche 2 : on parle du fonctionnement de notre enfant, et on évoque NOS souhaits de parents : 
"Pour nous il est important que les choses se passent comme ci et comme ça".

2. Posons un cadre général


Là encore, un peu de recul à prendre : 
  • aucune personne ne va se comporter exactement comme nous avec notre enfant. Aucune personne ne va appliquer parfaitement nos préceptes éducatifs (d'ailleurs, pas même nous. Nous aussi, nous faisons parfois le contraire de ce que nous souhaitons). 
  • Et il y a une limite à ce que nous pouvons demander, comme efforts d'adaptation, à notre entourage.
Doooonc ça nous oblige quand même à nous détendre un peu : oui, tout ne sera pas optimal dans les interactions, mais ce n'est
  • 1. Ni indispensable 
  • 2. Ni possible : nous ne pouvons laisser une liste de 135 préceptes à suivre à la lettre.

On peut être ferme sur des choses qu'on considère comme essentielles à ce qu'on veut transmettre à notre enfant, et lâcher du lest par ailleurs. Respecter un subtil équilibre est souvent la clé !

Deux exemples pour commencer : la nourriture, la télé.

Chez nous, par exemple,
  • absolument pas de chocolat / bonbon / équivalent avant 1 an, 
  • quasiment rien avant 2 ans, 
  • de manière exceptionnelle avant 3 ans, 
  • et vraiment sans excès ensuite. 
  • Et hors de question de forcer à finir une assiette / priver de dessert si tout n'est pas fini, etc. (pour un billet approfondi sur le sujet c'est ici). 
Chez les grands-parents, nous défendons bec et ongles l'interdit absolu de chocolat/bonbon avant 1 an, le minimum avant 2 ans, ainsi que l'absence de finitude d'assiette : c'est du non-négociable et gare à qui a prétendu vouloir fourguer une cuiller de chantilly à mon bébé de 9 mois (intolérant au lactose de surcroît…). 
En revanche, 
  • quand nous allons chez les grands-parents, ils ont droit à plus de sucreries qu'à la maison. Ca, je me détends, c'est du rôle des grands-parents. Ceux-ci ont d'ailleurs d'eux-mêmes modéré leur approche après une journée de Noël où les enfants se sont tellement gavés de sucre qu'ils étaient 1. surexcités 2. incapables d'avaler grand chose aux repas (donc d'autant plus surexcités au moment du repas… youpi) : nous avons laissé les grands-parents faire l'expérience du fait que "trop de sucre tue le sucre" et d'eux-mêmes ils ont adapté leur organisation par la suite. Non, laisser un énorme panier de papillottes et des fameux Lebkuchen = pains d'épices à l'allemande à disposition toute la journée n'est pas une bonne idée finalement.
  • Et inversement lesdits grands-parents se sont détendus avec E., ont mieux accepté de ne pouvoir la gaver précocement de sucre, parce qu'ils voyaient que ça n'avait qu'un temps et qu'ensuite ils pouvaient "un peu gâter" l'enfant une fois celui-ci devenu plus grand. (je compte que cet effet soit encore plus marqué pour numéro 3, et jouir d'une paix royale sur ce sujet; et je crois que y a de bonnes chances, car eux-mêmes ont remarqué que ça donnait des enfants mangeant de tout ou presque, et se régalant en particulier de fruits).
Les enfants les voient peu, je décide de me montrer coulante. 
J'étais en revanche plus stricte avec les nounous, puisque pour le coup la fréquence de la garde pouvait vraiment fragiliser l'équilibre alimentaire dans la durée, mais je laissais quand même un peu de souplesse
  • par exemple aucune bouteille de ketchup n'a jamais franchi le seuil de notre maison (sauf une récupérée en TooGoodToGo une fois, je crois… mais qui a mystérieusement disparu avant même que les enfants l'aient repérée, pour réapparaitre chez des voisins tout contents), mais la nounou en rajoutait parfois dans leurs assiettes chez elle. 
  • De la même manière, je me souviens que, dans mon enfance, les jours où nous étions gardés par une babysitter n'étaient pas les jours où ma mère mettait des légumes peu sexys au menu. Au point que, quand nous voyions des raviolis en boîte (oui c'était avant que ma mère se mette au tout bio tout maison) en train de gratiner au four, le signal était clair et nous demandions "on est gardés ce soir ?" ;-)
Idem pour la télé : le non-négociable pour nous = pas de télé allumée en fond, pas d'images inquiétantes pour les enfants (= exit le journal de 20h pendant le dîner), pas de télé tout petit.
  • Chez nous, pas de télé tout court avant 3 ans, et à dose homéopathique ensuite. 
  • Chez mes beaux-parents, quelques petits dessins animés ont pu être vus un peu avant 3 ans, et en un peu plus haute dose qu'à la maison ensuite. 
C'est l'affaire de quelques jours par an, ça ne met pas en l'air notre éducation. En revanche il est clair que la dose reste limitée, la télé ne sert pas de babysitter (= si ils prennent les enfants c'est pour s'en occuper) et donc nous incitons aussi à partir en promenade, jouer, etc ; et les programmes sont choisis avec soin.
Idem avec nos babysitters : la directive est claire: pas d'écran, nous considérons que pour les quelques heures où elles les ont à garder, elles peuvent faire l'effort d'occuper les enfants autrement. Toute petite exception pour quelques petits films en allemand avec nos mamies au pair, quand elles les gardent pour une longue durée : ils ont alors droit à ce à quoi ils auraient droit avec nous.

Concernant ces points, vous aurez remarqué (et vous avez probablement fait l'expérience) qu'il est plus facile de lâcher du lest si les écarts sont peu fréquents. C'est un point à prendre en compte dans la fréquence des visites / gardes etc. Si certaines choses primordiales ne sont pas respectées, prendre de la distance est justifiée. Si l'envie de garder l'enfant plus souvent est exprimée, ça peut être l'occasion  de revenir sur un ou deux points en disant "tel truc, quand c'est exceptionnel, est ok, mais si ce doit être plus fréquent il faudrait en rediscuter".


De la même manière, notre expérience est qu'en parentalité positive, il est bon de distinguer entre ce qui est absolument primordial, et le reste. 


En ce qui nous concerne, nous avons donc pris le temps de passer en revue les points principaux, en essayant de vraiment distinguer ceux primordiaux des autres.

Nous sommes donc clairs sur 4 choses en particulier :

  • 1. Pas de punition ni de récompense
Le discours étant :  car nous souhaitons qu'il apprenne à faire les choses pour elles-mêmes et non par peur ou par appât d'un bénéfice annexe. (et non "c'est très mauvais pour le cerveau de l'enfant etc etc", sauf si personne prête à l'approche n°1 cf plus haut). 
En phrases outils pour les aider à intégrer cette démarche, nous leur donnons par exemple le 
"dès que nous aurons…., nous pourrons…". 
Ou le 
"Ah zut, il s'est passé ça, cela nous empêche de… / gêne pour…" 
ou en prévention 
"Attention, faire telle chose risque de nous empêcher de…."


  • 2. En particulier, pas de violence physique: aucune forme de tape n'est acceptable. 
Là dessus, idem, nous évitons de justifier ça en mode "traumatisme" mais nous restons sur l'explication la plus claire et nette pour nous 
"Nous souhaitons transmettre à nos enfants des modes constructifs de gérer leurs conflits, et notamment leur montrer que taper n'est pas une manière acceptable de résoudre les conflits. Nous ne voulons pas véhiculer le message que taper, c'est quelque chose qu'on peut faire une fois qu'on est le plus fort. Ni que 'je peux la taper, elle est de ma famille' "
(= phrase-titre d'un bouquin tout récemment publié chez les Editions de l'Instant Présent, citation d'une petite fille se justifiant des coups qu'elle donnait à sa sœur. Très parlant, hein ?)

  • 3. Et pour un tout petit en particulier : éviter autant que possible de crier. 
Sur le cas du tout-petit, c'est parfois la seule fois où je me permets un argument scientifique :
"Le cerveau de l'enfant se fige et n'absorbe pas l'information."

(vous aurez remarqué que j'axe alors sur l'efficacité de l'interaction, non sur un jugement de valeur)
Pour un plus grand, je personnalise

"Crier le braque. Pas besoin de parler avec des fleurs dans la voix quand quelque chose ne va pas, mais il entend mieux le message si il est dit d'une voix ferme mais pas trop sèche. Parfois l'humour est même la meilleure manière de l'atteindre : c'est la serviette qui veut manger, la manche n'aime pas ça !"

  • 4. Enfin, pas d'obligation aux bisous. 
Respect du corps de l'enfant, apprentissage du consentement, etc. On n'impose pas de bisous aux enfants, mais cela ne signifie pas qu'on renonce à transmettre la notion de politesse et de respect : ils peuvent dire bonjour, au revoir ou merci d'une autre manière.
Ce qui a été parfois difficile à admettre par notre famille ne pose aujourd'hui plus guère de problème. Les membres de nos familles voient bien que le niveau de confiance des enfants grandissant, les choses se font beaucoup plus spontanément. Ce qui a aidé, a aussi été de leur donner des clés pour améliorer la confiance des enfants / favoriser les rapprochements : une fois que l'enfant est là depuis plus de quelques heures, proposer des guilis, jouer à attraper, etc.


Ca, donc, ce sont nos priorités à nous, bien évidemment, elles sont à discuter et adapter en couple pour être en mesure de tenir un discours clair sur la question.

Une fois qu'on a fixé ce cadre, ce "attention, ça c'est négociable, ça ça ne l'est pas", il y a un troisième niveau, le fameux "je ne peux pas vous dicter mot à mot votre manière de faire avec mes enfants, mais voici quelques petites choses qui pourraient vous permettre que ça se passe mieux avec eux"



3. Leur fournir une mini boite à outils facile à appréhender pour gérer leurs relations.


Pourquoi tant de gens refusent-ils d'emblée la parentalité positive ? 
Les raisons en sont nombreuses, mais une des raisons principales est qu'ils ont l'impression que c'est une parentalité laxiste, dans lequel le parent "laisse tout faire".
Il est donc important de pouvoir rassurer l'entourage sur
1. La philosophie, nos attentes :  non, on n'attend pas d'eux de "tout laisser faire"
2. Les moyens à leur portée : pour ne pas se laisser déborder, ils emploient des moyens éducatifs de contrôle, les seuls qu'ils connaissent. Ils ne pourront s'en départir que si on leur fournit des alternatives concrètes. "ne pas" faire n'est possible pour personne. Pour "ne pas" menacer / humilier / crier / punir / taper, il faut avoir autre chose en stock.

 A nous donc d'équiper notre entourage. 

Mais de nouveau, si nous, convaincus du sujet, et en mode "je pratique 24h/24" (ou presque, ou j'essaye, ou je rêve d'y arriver), nous pouvons passer un maximum de temps à assimiler un maximum d'outils, avec notre entourage nous devons nous montrer moins ambitieux / exigeants. Il s'agit de sélectionner quelques conseils, formulés toujours en mode "avec Bidule ça fonctionne mieux quand". N'oublions pas que le but est de leur donner des outils leur permettant de bien vivre leur relation à nos enfants, aidant cette relation à fleurir.

Voici quelques suggestions utilisées chez nous, pour vous aider / inspirer, et encore une fois, à adapter en fonction de vos priorités, des besoins de vos enfants et de ceux de votre entourage. Dans cette liste, on privilégie les outils les plus simples et les plus efficaces possibles.

Pour vous donner une idée, cette liste est fortement inspirée d'une conversation téléphonique soigneusement préparée, en amont d'une grande première l'été dernier : un séjour de 48h de F., seul, chez celui des couples de grands-parents qui ne l'avaient jusqu'à présent jamais accueilli seul sans nous. (Remarque : ce genre de conversation se prépare idéalement en couple - si couple il y a. Elle a souvent de bien meilleures chances de bien se dérouler si ensuite elle a lieu entre le conjoint "qui est l'enfant" et ses parents) 
Elle reprend également certains des conseils donnés à nos mamies au pair, et notamment ceux listés lors de notre premier fiasco, que je vous avais raconté si drôlement à l'époque
Car bien entendu, si de nouveau cette suite de billet est positionnée par rapport aux grands-parents, elle peut également servir vis-à-vis d'autres adultes.

Je soulignerai enfin que, de mon expérience toujours, confier l'enfant au minimum quelques heures et ne pas être là est souvent beaucoup plus facile pour tout le monde (une fois qu'on a posé le cadre et donné des outils. Ca ne peut pas bien se passer si vous avez l'impression que dès le moment où vous aurez tourné le dos on s'ingéniera à faire le contraire de ce qui vous tient à cœur). 
  • On ne s'énerve pas sur tout ce qui n'est pas encore fait parfaitement, 
  • la relation enfant-grand-parent se construit sans notre interférence, 
  • et surtout il n'y a pas de "double référent" rendant facilement le comportement de l'enfant plus compliqué. 
Nous avons pu expérimenter comment prévoir, durant des vacances, des journées ou demi journées durant lesquelles les grands parents partent avec un ou plusieurs petits-enfants en excursion (une fois que l'enfant a atteint un âge suffisant, bien sûr. Faire sauter sa sieste à un enfant de 18 mois pour cela risquerait de se montrer complètement contreproductif), bénéficie à tout le monde . Y compris, d'ailleurs, aux parents qui peuvent en profiter pour se reposer un chouilla, voire, folie, soigner un peu leur jauge de couple de Sims.

  • 1. Avant de lister des recommandations autour de la communication avec l'enfant, il peut être très profitable de consacrer du temps à lister ce que l'enfant aime faire : les activités qui assurent aux grands-parents de pouvoir faire grandir la relation. 
Ca rassure les grands-parents de pouvoir se positionner "à coup sûr" sur quelque chose qui sera vécu positivement, et évite les frustrations ressenties de part et d'autre quand ils sont allés à tâtons proposer un truc qui fait un flop monumental. Nous avions ainsi souligné que F. adorait la piscine, le bricolage, qu'il se réjouissait à l'idée de s'occuper des chiens, que toute visite impliquant un côté technique (chantier, etc) aurait des chances de l'intéresser, etc.

Ensuite, passons aux petits trucs spécifiques.
Attention, de nouveau, à la formulation
comme vu au point 1: autant que possible on formule en 
"NotreEnfant écoute mieux quand on lui dit comme ça…"
et non en 

"Faut pas faire comme ça ça traumatise les enfants, c'est mauvais mauvais MAUVAIS" [voix de Golum en option]

Donner autant que possible un exemple concret directement lié à des situations familières chez les grands-parents. Si les grands-parents ont des chiens et ont besoin de faire respecter certaines règles par rapport à ces chiens, il est bon de leur donner un ou deux exemples qui s'y rapportent, histoire de leur filer des outils tout prêts à l'emploi. Si ils prévoient une sortie dans un endroit où il a foule, idem, etc. 
Sans leur donner une liste de 300 phrases à utiliser pour parer à toutes les éventualités, il peut donc être judicieux de profiter des exemples pour leur mâcher le travail autant que possible. Ils apprendront à broder / improviser dans un second temps….


  • 2. Importance du contact physique pour se canaliser, se rassurer 
Le faire en jouant au départ, par des batailles de coussin, des jeux d'attrape, proposer de prendre sur les genoux, passer une main dans les cheveux, etc.

  • 3. En cas de gros chagrin, grosse tristesse
Dire ce qu'il se passe l'aide à l'apprivoiser : 

"Tu es triste car Maman est partie, tu aimerais qu'elle soit là. Tu as hâte de lui faire un câlin. Même quand elle n'est pas là elle t'aime fort."


  • 3. Utiliser des formulations impersonnelles pour remplacer les ordres, et éviter les "ne pas"
"ne prends pas le mouton en promenade" devient "le mouton reste à la maison" ; 
"range tes chaussures" : "les chaussures vont près du porte manteau"
idem en cas de maladresse, oubli : 
"tu as renversé ! Eponge" braque NotreEnfant là où "oh, de l'eau sur la table. L'éponge est sur l'évier" donne à NotreEnfant l'envie de résoudre le problème.
"ramasse" => "il y a des papiers par terre".

  • 4. Nommer le besoin et proposer une alternative : permet de canaliser l'énergie / la curiosité vers des choses non gênantes
Ne tape pas sur la lampe : "tu as envie de taper, tu peux taper sur le coussin"
ne saute pas sur le canapé : "sauter, c'est sur le pouf" (vieux machin rempli de billes de polystyrene raplapla)

  • 5. offrir un choix fermé entre deux alternatives qui nous conviennent
donne moi la main : "Tu me donnes la main droite ou la main gauche ?"
va au bain : "le bain : avec la baleine bleue ou le dauphin orange ?"


  • 6. donner de la visibilité 
Il est difficile pour NotreEnfant de s'interrompre, quand il se concentre. Cela aide de le prévenir : "dans 5 minutes on y va". On peut rajouter des éléments de choix : "on y va maintenant ou dans 5 minutes ?"
Au grand-parent ne sachant comment proposer une activité à un enfant absorbé dans une autre, là aussi, cet outil est utile. Car il permet au grand parent de trouver un juste milieu entre ce qui est souvent son habitude (je détermine minute par minute ce qui est fait par qui et quand) et sa peur de ne plus rien maîtriser. La simple phrase 

"J'aimerais faire ça avec toi, tu me dis quand tu es prêt" 
pulvérise le dilemme car elle évite de placer NotreEnfant dans une situation où il doit choisir entre 2 choses qu'il aime. Elle lui laisse le temps de terminer l'une, ou en tous cas le temps de la transition, pour enchainer sur l'autre.

  • 7. Gérer le besoin de comprendre
expliquer les choses / contraintes mais d'une phrase. (beaucoup de personnes pensent à tort qu' "expliquer à l'enfant" est égal à le bassiner d'une longue tirade). 
"Les voitures roulent vite très près du trottoir; pour rester en sécurité, on tient la main"



Enfin, dernière astuce trèèèès importante. 
  • 8. La plupart d'entre nous n'ont jamais appris à exprimer leur désaccord et leurs limites d'une manière non blessante. Or il est crucial de rassurer les personnes qui interagissent avec nos enfants sur le fait que, oui, il leur est possible de marquer leurs limites.
On peut donc dire qu'il est important d'éviter t'es méchant / c'est pas gentil / c'est méchant : car NotreEnfant y réagit mal et prend les choses au pied de la lettre. 
Pour le responsabiliser, nous préférons avoir recours à l'expression de l'effet : 
Je n'aime pas qu'on me parle ainsi 
Ca me blesse quand….  
Quand tu… ça fait mal.  
Quand tu… ca me fait du travail.  
Quand quelqu'un… cela fait ça.



Voili voilou… J'espère que ces quelques billes pourront venir vous être utiles d'une manière ou d'une autre. Offrir d'autres référents que nous-mêmes à nos enfants leur bénéficie grandement (confiance dans le monde, enrichissement par d'autres expériences, adaptabilité, …), et nous bénéficie aussi énormément (un relaaaaai), et pouvoir le faire en étant en paix et en confiance est un trésor. 
Petit-enfant TRAUMATISE par la tyrolienne installée dans le jardin grand-parental
Parents BIEN EMBETES d'avoir même du temps pour une bonne partie de jeu de société avec les frangins en plein milieu de journée

Parfois cette paix et cette confiance sont là d'emblée, et quelle chance c'est alors ! Parfois elles sont à construire dans le temps, c'est laborieux, mais ça vaut le coup.

Bon, j'aurais aussi pu consacrer un peu de temps à passer en revue les craintes souvent exprimées vis à vis de la parentalité positive (type "ça leur apprend pas la frustration") , et comment on peut y réagir... mais en fait il y en aurait pour un article entier. Donc, un jour, il y aura un article entier.

lundi 10 décembre 2018

Mamie au pair : un système en or ? (ou pas) 4 leçons d'automne

Depuis un an maintenant, nous faisons reposer une partie de la logistique familiale sur l'accueil, chez nous, d'une personne germanophone en échange du gîte et du couvert, voire plus si affinités.
Nos premières expériences s'étaient fort bien passées, et nous avaient amenés à privilégier un système assez nouveau mais fichtrement attirant : les mamies au pair.


Qu'est ce qu'une mamie au pair ?
Une dame d'un certain âge, forcément (globalement à partir de la cinquantaine et on trouve encore des personnes septuagénaires depuis longtemps)
  • qui va généralement être en retraite, ou en tous cas être libérées de ses obligations professionnelles : par exemple, ex-maman au foyer dont les enfants ont quitté le foyer
  • souvent célibataire (veuve, divorcée, etc), mais pas toujours : il y a aussi souvent des accords entre conjoints pour permettre à Madame d'aller, pendant quelques mois de l'année, assouvir une soif de voyages et d'aventures que Monsieur ne partage pas
  • libérée, également, de ses obligations familiales : enfants grands ayant quitté le foyer, pas encore de petits-enfants, ou des petits-enfants habitant loin donc qu'elle ne voit que peu, ou encore des petits-enfants déjà grands donc qui ne tiennent plus forcément à aller déjeuner une fois par semaine chez mamie
  • encore en forme, et ayant envie de découvrir le monde et de se sentir utile
  • n'ayant pas envie de découvrir le monde sous la forme d'un circuit de 8 jours d'autocar avec d'autres seniors, mais de s'imprégner de la culture, de s'intégrer dans un pays, de goûter à la vie là-bas (l'aspect financier joue également un rôle, notamment dans le cas de destinations lointaines)

Le principe est donc de venir habiter dans une famille, et en l'échange d'un soutien, notamment dans la garde des enfants, d'y être nourrie, logée, voire un peu rémunérée; et, également, entourée.

Chouette système.

Suite à notre première expérience absolument merveilleuse, une valeureuse commentatrice de ce blog avait attiré mon attention sur l'existence de sites Internet spécialisés dans la mise en relation de "grannies au pair" avec des familles désireuses d'en accueillir. Une sorte de Meetic du 3ème type ...
Whouhou ! Je me jetai tete baissée dans l'aventure.
Hélas, notre premier accueil par le biais de ce site tourna court, je vous invite à aller rigoler un peu à mes dépens en lisant la manière dont j'avais raté, en beauté, la sélection.

Ayant tiré un certain nombre de leçons de cet épisode malheureux, je repartis à la charge, en vue d'accueillir quelqu'un de la fin aout à la fin novembre (notre G1 revenant début décembre - oui, elle est chez nous en ce moment, la vie est beeeeeelle), bien décidée à mieux faire.
Je pris mon temps, je discutai longuement éducation (notamment en envoyant un article de blog - non, pas du mien - résumant à mon sens vraiment bien les points qui nous tenaient le plus à cœur ; ce qui déclencha une discussion approfondie et très intéressante).
Bref, vraiment, j'avais fait gaffe. J'étais très confiante. Avec cette G3, ça ne pouvait que bien se passer, j'avais pris toutes mes précautions !

Les 2-3 premiers jours furent effectivement idylliques. 
Je planais sur mon petit nuage, je me sentais la maman la plus sioux du monde (je pré-rédigeais déjà dans ma tête le billet à la gloire du système dont j'allais vous régaler - un peu comme celui au sujet des Fleurs de Bach, vous vous rappelez?).
Ah, là, là, franchement, quelle belle organisation.
Et puis…. la situation partit en vrille : subitement, F. prit G3 grippe et partit à l'attaque en mode "guerre totale" (insultes, cris, colères, bêtises de fous : genre à étaler de la crème solaire sur les vitres, un truc jamais vu chez nous).
Au bout de 2 jours à les garder, elle disait qu'elle n'était pas venue pour ça et parlait déjà de repartir.

AAAAaaarggggghhh
J'étais d'autant plus embêtée que, comme je considérais que ça ne pouvait pas être lié à elle personnellement, cela voulait dire que c'était du à F. / incompatibilité entre le fait d'accueillir quelqu'un et F. Je la voyais faire des efforts pour rentrer en contact avec F. et se prendre des râteaux répétés, c'était la joie.
Du coup, la solution que je trouvai en urgence, pour à la fois ne pas lâcher l'affaire, et ne pas me retrouver d'un coup sans possibilité de travailler, fut de limiter les missions de G3 à la garde d'E., en attendant qu'on ait trouvé ce qui n'allait pas avec F. Solution provisoire qui dura…. 8 semaines.
8 semaines ultra stressantes puisque F. se comportait de manière très hostile avec elle, même en notre présence, et que de mon côté je devais jongler entre mille solutions pour faire garder F. après l'école les jours où mon activité pro m'empêchait d'aller l'y chercher.

Ambiance !
Au fur et à mesure, la vie en commun fut de plus en plus difficile à vivre pour tout le monde
  • évidemment, pour elle,  puisqu'elle se prenait l'animosité de F. en pleine face, qui ne ratait pas une occasion de lui balancer une petite phrase désagréable. Et elle ne manquait pas une occasion de souligner à quel point c'était difficile.
  • niveau de stress maximal pour moi, je me sentais une mère nulle, une maitresse de maison nulle (bicoz quelques remarques de sa part tombaient de temps en temps), au point de ne plus me sentir chez moi / fuir mon chez moi, d'autant que j'étais tout le temps en train d'essayer d'éviter aux deux protagonistes de se confronter l'un à l'autre
  • situation bien évidemment très difficile à vivre par F., sur le dos duquel nous étions constamment. Les tensions dues à nos efforts pour empêcher ses comportements agressifs envers G3 pourrissaient notre relation entière.

J'ai mis, beaucoup, beaucoup de temps à revoir ma manière de considérer les choses. Il m'a vraiment fallu une série de petites choses concomitantes pour commencer à me dire que, peut-être, la situation n'était pas tout à fait telle que je la percevais.
Bref, que je me trouvais face à une situation où il existait une différence non négligeable entre le discours (et même, je pense, ce que G3 elle-même pensait penser), et le comportement
  • différence entre la simplicité affichée ("je ne suis pas compliquée, tout me va") concernant les repas, et les réactions face à ce qui atterrissait sur la table, et notamment une réticence très claire à manger ce qui venait de TooGoodToGo. (du coup, je n'osais plus trop toogoodtogoter !)
  • différence entre la serviabilité des premiers jours (elle avait repassé les chemises de Monsieur !) et les remarques insistantes du style "la poubelle est pleine"... sans jamais la vider.
  • différence entre la volonté de communiquer simplement et la manière dont cela avait finalement lieu. 
    • Ainsi elle qui au départ s'était proposée pour cuisiner le dîner les soirs des jours où je bossais (ah, quel bonheur de rentrer pour trouver tout cela tout prêt !), et ce d'une manière qui m'avait donné l'impression que c'était plutôt quelque chose qui lui plaisait…
    • visiblement ce n'était pas le cas. En effet, un beau soir où c'est Monsieur Bout qui rentrait avant moi et où je lui avais annoncé "le repas sera prêt", il est arrivé dans une cuisine vide, avec une G3 assise dans le salon lui disant "en fait, je trouve ça trop de faire à manger 2 fois par semaine, je ne l'ai pas fait". Se retrouver mis ainsi devant le fait accompli, à 19h passées… nous avons apprécié.
  • Différence entre l'intérêt affiché pour les enfants et la disposition à les gérer réellement : quand il s'agissait de contribuer à leur hygiène (ne serait-ce que doucher une E. après qu'elle se soit fait pipi dessus durant une journée de garde), aider à s'habiller ou donner la becquée à une petite ne mangeant rien car fatiguée… Je pense qu'elle avait vraiment sous-estimé cela / surestimé son envie / sa capacité à s'adapter aux besoins de petits enfants. Et que ce décalage, auquel j'ai longtemps été aveugle, mon F. très sensible l'a, lui, très vite perçu.
  • Différence entre les positions éducatives discutées et les réactions réelles face à des comportements inadaptés : inaction / absence d'intervention sur le coup d'un côté, criminalisation après coup ("ouh, aujourd'hui E. a dit un gros mot à la ludothèque, ça part mal !") de l'autre. 
    • Une différence dont je n'ai probablement perçu qu'une partie, mais qui m'a été confirmée après coup par le personnel de la ludothèque et ce qu'on a pu m'y raconter. 
    • Une chose dont je me dis maintenant qu'elle aurait du me mettre la puce à l'oreille est que les choses étaient devenues compliquées dès la toute première fois où G3 s'en était occupée seule, le temps d'une balade. 
    • Pendant longtemps, j'ai exclu l'hypothèse que ce soit une réaction inadaptée de sa part qui ait pu inciter F. à la classer dans la case "ennemi à abattre". Maintenant, je n'en suis plus si sûre.

Très honnêtement, je pourrais continuer comme ça longtemps mais
1. Je ne suis pas ici pour faire son procès
2. Ca tombe bien, car je suis toujours perplexe quant à ce qui s'est réellement passé
Dans tous les cas, il ne s'agissait pas de mauvaises intentions de sa part mais, je suppose, d'une combinaison explosive entre une erreur d'appréciation, par elle-même, de ce que serait une vie chez d'autres personnes avec de jeunes enfants, et le comportement de F.

Une chose est sûre : dès le départ, la situation s'est retrouvée viciée, déséquilibrée, entre une Gwen (+ Monsieur) en situation de coupable(s) essayant de lui épargner des choses inacceptables, et une G3 parée de toutes les qualités, sur fond d'épée de Damoclès de son départ planant au dessus de nos têtes.
Mais comme j'étais partie du principe que nous avions la même vision des choses... j'ai adopté la sienne : je me suis retrouvée à regarder mon fils avec ses yeux à elle, pendant de longues semaines, et ça aussi ça a été très stressant.

A l'arrivée, quand j'ai remis les choses en perspective, je me suis arrangée pour pouvoir gérer les dernières semaines avant le retour du Jedi de G1, et nous nous sommes mis d'accord sur une date de départ anticipée.
Autant vous dire qu'à ce stade, je n'étais plus très confiante sur l'avenir du système "mamie-au-pair" au sein de la famille Bout.

Pourtant, là, nous sommes début décembre et ça y est, nous avons trouvé quelqu'un qui prendra la suite de notre G1 quand celle ci repartira chez elle au milieu du printemps.
Suis-je folle ? C'est possible.
Disons qu'ayant encore tiré un certain nombre de leçons de nos malheurs, je suis disposée à voir, une dernière fois, si la prise en compte de ces points-là peut permettre une meilleure expérience.
(masochisme ? Peut-être.)
Et du coup, je vous partage le fruit de mes réflexions, ça pourra toujours vous être utile si l'aventure vous tente.

Leçon numéro 1. Tout est question de motivation(s)

C'est au fond la même chose qu'avec une jeune fille au pair. La question épineuse est : quelle est la part de l'intérêt pour le contact avec les enfants dans le choix d'un départ "au pair" ?
Le risque est que ce départ soit avant tout motivé par un intérêt externe (notre G3 était boulimique de culture; sur ces jours off, elle a englouti un nombre de musées impressionnant). On se dit "ah, et puis les enfants, je sais faire, c'est mignon, ça passera tout seul" :  la contrepartie ne doit pas être trop fatigante.
Là, nos enfants se sont retrouvés à gêner G3, d'une manière qu'elle n'avait pas du tout anticipée 
  • ainsi les repas pris en commun étaient d'autant plus tendus que nous, parents étions partagés entre le souci de répondre au besoin de notre G3 d'avoir une conversation d'adulte, et celui de répondre au besoin d'attention des enfants. 
  • De la même manière, la semaine où E. a fait des cauchemars 3 jours d'affilée, G3 a clairement trouvé très horripilant de voir ses nuits entrecoupées par des pleurs (même si, bien entendu, hein, c'était moi qui me levais). Y compris allusion au fait que ce serait mieux si sa chambre n'était pas au même étage que celles des enfants (ce qui laisserait… la nôtre, vous l'avez deviné)
  • Quant aux journées que G3 passait avec E., elle les trouvait très longues, et ne manquait pas de le souligner à chaque fois. Si bien que je me sentais coupable à chaque fois que je lui annonçais le planning de la semaine qui débutait…
Donc oui, c'est un point à bien avoir en tête : évidemment qu'une au-pair ne vient pas QUE pour garder nos enfants, mais son degré d'intérêt pour passer du temps et réellement rentrer en relation avec les enfants, y compris dans leur dimension moins sympa / moins glamour (soins corporels, colères, etc), peut être très variable et jouera une part essentielle dans la réussite de son séjour.


Leçon numéro 2. Compatibilité avec les enfants : l'importance du vécu personnel

Je réalise que, selon les modèles d'enfant qu'on a à la maison, il peut être crucial de sélectionner un au-pair ayant été confronté à des modèles analogues.
Il n'y aurait eu que E. à garder, la période avec G3 aurait probablement été tout à fait correcte, et même G2 aurait pu réussir à sortir son épingle du jeu (c'est nous qui aurions succombé à son bavardage incessant, je pense).
Bref, dorénavant, je suis déterminée à sélectionner des mamans d'enfants ayant été "un peu compliqués". Car au fond, soyons honnêtes (pour une fois) : oui, si je n'avais eu qu'E. comme fille, je serais peut-être décontenancée par le comportement de F. (remarquez, en tant que mère de F. , je le suis déjà, décontenancée), et je pourrais en être choquée, adopter un regard désapprobateur et jugeant ("c'est sûrement dû à …"). C'est ce qui s'est passé avec G3.
Alors que
  • en présence de N. je sais qu'elle ne juge pas la manière dont F. mène souvent la misère à sa sœur, car elle observe les mêmes comportements entre ses filles, 
  • G1 était d'autant plus attentive aux faiblesses et sensibilités de F. qu'elle en avait rencontré d'analogues avec son propre fils.
Du coup, le fait que notre future G4 (celle qui viendra en fin de printemps prochain) en ait ch** avec sa numéro 2, adoptive, constitue également un aspect qui me rassure, une sorte de garantie… En avoir discuté avec elle et qu'elle m'ait dit "non, on le voit bien, parfois l'amour ne suffit pas, on a beau faire tout ce qu'on peut, on n'arrive pas toujours à aider son enfant", m'a fait beaucoup de bien.


Leçon numéro 3. Les limites d'une sélection à distance

Une chose est sûre : c'en est fini de la sélection au téléphone / par Skype. Dorénavant (si notre prochaine expérience s'avère concluante et permet de valider la procédure ;-) ), téléphone et Skype ne seront plus qu'un moyen de présélection. Nous ne prendrons une décision qu'après avoir rencontré la personne en chair et en os, l 'avoir accueillie à la maison sur minimum un weekend.
C'est ce qu'a proposé notre future G4, et donc ce qui m'a convaincue de retenter une dernière fois l'expérience. Et encore : au départ, quand elle est donc venue nous rendre visite sur un weekend en novembre, je l'accueillais en mode "rien à perdre", mais avec de sérieux doutes sur le résultat final (j'étais vraiment, vraiment, proche de clôturer définitivement le chapitre "mamie au pair").

Double avantage à un tel weekend de prise de contact

  • 1. Cela permet de ne pas être dans la représentation / le souci que notre famille lui plaise et qu'elle veuille rester, 
mais dans la présentation honnête de ce qui l'attend. De vivre les premiers moments non dans l'appréhension d'une crise des enfants et la crainte d'un jugement, mais avec l'aisance d'une attitude à "C'est ainsi, à toi de voir ; si cela ne correspond pas à tes attentes, c'est entendable" : au point que, durant ce weekend de novembre, G4 et moi espérions toutes les deux une colère de F. pour qu'elle puisse en prendre la mesure. Hélas, non. Nous avons échangé un regard complice à un moment qui semblait offrir une possibilité de départ en vrille, mais je l'ai bêtement géré en mode Faber&Mazlish et du coup le conflit a été tué dans l'œuf. Caramba.
Il n'empêche qu'une rencontre sur ces bases-là détend bien ! Et même si il reste toujours intéressant de parler éducation avant de se rencontrer (histoire déjà de ne pas se rencontrer pour rien), une telle discussion reste trop théorique et ne remplace pas l'observation in situ.

  • 2. Une rencontre préalable facilite aussi, je pense, l'acceptation par les enfants.
En effet, une telle rencontre permet un premier contact Granny / enfants sans qu'il soit biaisé par "et elle va s'occuper de vous". L'avenir nous dira si le fait d'avoir procédé ainsi porte réellement du fruit, mais il est même prévu une 2ème visite de la part de notre future G4 vers la fin de l'hiver. 
C'est à ce moment que nous dirons aux enfants qu'il est prévu qu'elle revienne plus longuement. Une annonce qui sera plus naturelle : "G4, que nous connaissons (qu'ils auront vue déjà 2 fois, du coup), reviendra vivre un peu plus longtemps à la maison et aider maman".
Beaucoup moins brutal que l'importation soudaine d'une parfaite inconnue. A noter : cette suggestion est venue de ladite G4, ce que j'estime être un signal supplémentaire encourageant concernant sa finesse psychologique.
Ca, c'est la chance d'habiter en région parisienne et de viser uniquement des germanophones : il est tout à fait envisageable de venir nous voir sur un weekend sans que cela n'engendre des frais inacceptables. Cela peut être bien plus difficile pour une famille expatriée à l'autre bout du monde. (sauf à profiter, peut-être, d'un passage un peu prolongé en Europe à l'occasion de congés d'été par exemple, pour organiser cette rencontre ?)


3. (oui, dans double avantage, il y a 3) Cette rencontre permet d'aborder en face à face toute une série de sujets "annexes" mais qui peuvent fortement peser sur l'agrément de la vie en commun. Et les aborder face à face permet de beaucoup mieux jauger les réactions / degré d'enthousiasme de son interlocuteur !

Alors, justement


Leçon numéro 4. Ces points "annexes" à vérifier / discuter / établir avant de se lancer

L'avantage d'avoir déjà 3 expériences derrière nous, c'est que nous avons eu l'opportunité de repérer pas mal de choses qui jouent un rôle dans le succès de l'aventure au pair. En effet, honnêtement, G3 et moi nous serions très bien entendues pour quelques jours, et d'ailleurs nous nous sommes très bien entendues pendant plusieurs jours, et même après, nos relations sont restées cordiales sur un certain nombre de points. Mais il y a une énorme différence entre bien s'entendre le temps d'un café ou de quelques jours, et passer de longues semaines à vivre ensemble.
Parce que certaines des choses qui font cette différence s'étaient naturellement mises en place avec notre G1 (et nous les retrouvons avec joie depuis une semaine !), nous les avions tenues pour acquises, et il nous a fallu notre vécu avec G2 et G3 pour réaliser que non, ce n'était pas une évidence pour tout le monde.
Moralité, j'ai profité de notre weekend avec G4 pour aborder chacun des points suivants

  • 1. Les enfants font du bruit (vraiment), ils font de grosses colères (vraiment), ils disent des gros mots.

Et j'ai eu, du reste, la chance de pouvoir observer ses réactions la fois où mes charmants enfants lui ont lancé quelques petites phrases pas sympa : voir G4 prendre cela sur le ton de l'humour, et marquer ses limites de manière assez détachée (par opposition à une G3 le prenant très personnellement), m'a permis de vérifier la capacité à garder en tête que les enfants… sont des enfants.
Vraiment, la capacité à ne pas prendre les choses personnellement … c'est quelque chose. (je me le suis encore dit cette semaine où, après une très longue journée à être gardés par G1 du lever jusqu'au coucher, et très bien passée, paf, les enfants se sont transformés en horribles Gremlins à 5 minutes du coucher. Nous sommes rentrés dix minutes plus tard et avons trouvé G1 assise dans le salon, pendant que la guerre avait lieu à l'étage : ayant constaté que toute action visant à rétablir le calme ne portait aucun fruit, elle avait choisi de se retirer de la situation plutôt que de foncer dans le rapport de forces. Probablement la meilleure solution, qui a évité, à elle, beaucoup de frustration, et qui nous a permis, à nous, de prendre sereinement le relais)

  • 2. Le fonctionnement pendant les repas.
G1 s'abstenait de trop parler pendant le dîner, et nous profitions généralement du temps suivant le coucher des enfants pour discuter tranquillement, c'est là qu'elle nous racontait sa journée. Très clairement, j'avais sous-estimé la non-négociabilité de ce point. 
En semaine, les enfants ne voient leur père qu'au moment du dîner, quasiment, et les jours où je travaille, c'est la même chose pour moi. Pour éviter qu'ils ne se sentent en rivalité avec la mamie au pair pour notre attention, voire qu'ils ne recourent à des moyens … pas top… pour se l'assurer, il est important que les conversations du repas les incluent, voire leur soient destinées en priorité, et non n'aient lieu au dessus de leurs têtes.
Au lieu d'espérer que notre granny le comprenne toute seule (ce qui avait misérablement échoué tant avec G2 qu'avec G3), j'ai clairement exprimé mes attentes à ce sujet vis-à-vis de G4 : nous serons ravis de partager de chouettes discussions avec elle, mais plutôt en dehors de la présence des enfants. L'avantage étant que, pour le coup, je peux justifier cela avec notre expérience de famille au pair aguerrie : oui, c'est un point important pour que la greffe prenne, point.

  • 3. Le fonctionnement en cas de visites d'amis / famille 
Les jours où nous recevions du monde à dîner par exemple, G1 venait souvent causer à l'apéritif, puis se faisait quelque chose dans la cuisine, ou prévoyait tout bonnement une sortie. Elle a partagé quelques repas avec nous, mais plutôt quand les "invités" étaient tout bonnement ma sœur et mon beau-frère, que nous voyons souvent.
Alors que G2 et G3 restaient systématiquement, de l'apéritif à la tisane, y compris quand il s'agissait d'amis pas vus depuis longtemps. Assez agaçant, car bien évidemment la discussion n'est alors pas la même… Là encore, du coup, j'ai exprimé nos attentes, en soulignant à la fois notre souci de l'intégrer (et donc que nous serons ravis de l'avoir avec nous pour certaines visites de ma famille, et qu'elle sera par exemple toujours bienvenue pour l'apéritif par exemple), et notre besoin d'intimité.

  • 4. Les moyens de communication 
Venant de l'étranger, nos grannies n'investissent pas dans un portable français. 
Mais G1 utilisait naturellement What's App et c'est par ce biais qu'elle me prévenait de l'heure à laquelle elle rentrait, de si elle dînerait avec nous ou pas, ou m'envoyait des nouvelles des enfants ou une photo, de temps à autre (je n'ai pas non plus besoin d'être tenue au courant en permanence). 
Ce n'était pas le cas de notre G3, par exemple, et j'ai trouvé assez pesant de ne jamais savoir où elle était (ou plutôt, si elle serait à la maison à mon retour de balade par exemple) ni de n'avoir vraiment de possibilité facile pour lui envoyer un renseignement complémentaire (les chaussettes d'E. sont à tel endroit) ou lui poser une question.
Ca fluidifie vraiment les choses / simplifie la cohabitation !

  • 5. La capacité à s'occuper et à voir du monde
La capacité à s'occuper était quelque chose dont j'avais perçu l'importance dès le départ : trop peur d'avoir en permanence quelqu'un sur mon canapé ! C'était un des points que j'ai toujours abordés avec chacune de nos Granny. Par ailleurs, je les ai toujours mises en relation avec l'une de mes supers voisines dans la même tranche d'âge, pour des excursions communes.
Mais à l'usage, je pense que ce n'est pas suffisant : je crois qu'une partie de la frustration de notre G3, et de son besoin de beaucoup d'interactions avec nous au moment des repas, venait de son isolement : elle engloutissait beaucoup de musées, mais seule la plupart du temps. Alors que notre G1, plus "connectée", profite de Facebook et d'applications dédiées pour rencontrer du monde pour des excursions, visites, cafés linguistiques.
Par ailleurs, l'intérêt porté aux enfants influe aussi sur cette variable. Ainsi, G1 interagissant beaucoup avec eux quand elle les garde, elle est contente de se retirer au calme ensuite : son besoin d'interaction est largement comblé. Ce n'était pas le cas de G3 qui, elle, au cours d'une journée de garde avait plutôt fait des stocks d'ennui, et attendait avec impatience le moment de retrouver des adultes.
Bref, la capacité à s'auto-alimenter en contacts humains est probablement quelque chose à prendre en compte / un point à aborder avec les potentielles grannies au pair.

  • 6. La chaleur humaine et la spontanéité
Difficile à vérifier au téléphone, très clairement;... et pourtant, essentiel. 
G3 était quelqu'un d'un abord agréable, elle pouvait faire preuve d'humour, mais… elle n'était au fond pas très spontanée et ses efforts de rigolade avec les enfants n'étaient pas très naturels, ce que ceux-ci ont probablement ressenti. 
D'où l'intérêt d'une rencontre permettant de voir tout de suite sur quel mode la granny interagit avec nous comme avec les enfants. Ainsi, une manière pour F. d'entrer / rétablir le contact est en ce moment de jouer à "attraper" (j'aimerais bien vous pondre un rapide billet sur le sujet, du reste), et G4 est instantanément rentrée dans le jeu, de la même manière que 24 ou 48h après son arrivée, notre G1 se roulait déjà sur le tapis avec les enfants, dans de grosses parties de chatouilles.
Cela dépend des familles, peut-être, mais en tous cas une chose est sûre : pour la nôtre ce n'est finalement pas un "plus sympa", "nice to have", mais quelque chose d'indispensable à ce que la mayonnaise prenne. Si l'adulte se prend trop au sérieux pour rentrer véritablement dans ce genre de jeux, l'intégration est compromise.
De la même manière, cette spontanéité s'est aussi retrouvée dans le fait qu'au bout de quelques heures, G4 et moi nous "chambrions" déjà gentiment. Une aisance de bon augure pour notre future cohabitation.

  • 7. Le côté bon vivant et l'alimentation
J'avais perçu très vite l'intérêt d'être un minimum sur la même longueur d'ondes côté alimentation, et nos expériences me l'ont confirmé, et ont surtout renforcé l'importance de ce point.
Par exemple, à l'usage il s'est avéré assez agaçant pour moi de voir G2 et G3 froncer le nez sur ce que je servais (l'estomac de 70 ans de G2 ayant du mal à digérer les crudités qui font une partie de notre régime alimentaire en été, par exemple; et G3 n'appréciait pas toujours mon style de cuisine / les aliments proposés : trop riche, trop ou pas assez chose). 
Je suis gourmande, j'aime cuisiner, et en fait : quand on est amené à partager de nombreux repas, la compatibilité des goûts alimentaires est à vérifier de manière plus précise. Je percevais qu'une végétarienne serait malheureuse chez nous, mais l'expérience m'a montré qu'à la longue des tensions peuvent apparaître même sans de telles différences de régimes. Quand on fait un bon gâteau et que son hôte n'en prend qu'un quart de part bicoz ce ne serait pas raisonnable, c'est beaucoup moins drôle de s'empiffrer ! Alors que voir une G1 ou une G4 dire qu'elles n'ont plus faim, puis se laisser tenter par une ou 2 portions de rab supplémentaires, c'est bien plus sympa.
A la table de gourmands comme nous, il faut d'autres gourmands !


Moralité : oui, un accueil au pair c'est plein de potentiel. 
Un fabuleux potentiel positif (soutien - j'aime bien, aussi, toutes ces chouettes conversations !, souplesse logistique, économie financière, support linguistique), mais aussi, avouons-le, un potentiel à emm*** non négligeable.
Si l'aventure vous tente, j'espère que mon expérience vous en permettra de meilleures (d'expériences).

Et bien entendu, je ne manquerai pas de vous raconter la suite de nos aventures sur ce plan-là.