PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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lundi 22 janvier 2018

NON, un bac S n'ouvre pas toutes les portes [scrogneugneu]

Un billet autour d'un thème un peu différent aujourd'hui, que j'écris avec ma double casquette de maman, mais surtout de RH.

En haut lieu on est en train de nous pondre une réforme du bac
J'avoue que je ne me suis pas du tout préoccupée de son contenu. Mes enfants en sont encore loin, ça aura le temps de changer 10 fois d'ici là...

En revanche il me semble que dans les semaines et mois à venir
  • pas mal de lycéens vont devoir choisir une voie dans le futur ancien système
  • et pas mal de parents, les accompagner dans leur choix.

Parmi les lycéens en ce moment assis sur les bancs d'une Seconde Générale, un très grand nombre va se diriger vers un Bac dit "Scientifique", le fameux Bac S. 
Un sésame précieux, paraît-il, et dont un très grand nombre de parents tient à munir son enfant.



Et c'est ainsi que se retrouvent chaque année en S des milliers d'élèves qui n'ont strictement rien à y faire, ou, en tous cas, seraient bien mieux ailleurs.


Je tiens à préciser que ce que je dis ici est issu de mon expérience de recruteuse et de gestionnaire de carrière : des parcours professionnels, j'en ai eu un gros paquet sous les yeux!
  • Dites-vous qu'une semaine normale de recrutement c'était plus de 15 entretiens sans compter les entretiens téléphoniques de présélection.
  • Ne parlons pas des milliers de CV parcourus.
  • A quoi s'ajoute le temps passé à conseiller / orienter / préparer des étudiants à des entretiens de recrutement : bicoz c'est ce que font les recruteurs des grandes boîtes, bicoz "image employeur", machin.
  • A quoi s'ajoutent également les dizaines de personnes avec qui j'ai par ailleurs discuté de leur parcours professionnel. Parce que quand on est RH, c'est le genre de thème au sujet duquel les personnes qu'on rencontre dans la vie privée viennent vite se confier.
  • Et enfin, quand on gère la carrière des gens, on discute de leurs choix passés et de leurs motivations pour l'avenir. Et croyez-moi, parfois ça décoiffe.
  • Idem quand on gère des séparations ! C'est le joli mot RH qui recouvre licenciements et ruptures conventionnelles; et par extension, la démission. Même si cette dernière se digère plus qu'elle ne se gère: on ne fait pas grand chose hormis éventuellement se fendre d'un entretien "pour comprendre" quand on est désespéré de perdre cette personne.

Le moins que je peux en dire, c'est que ces entretiens, conversations, etc m'ont parfois sérieusement bousculée dans ma vision de la vie en général, et de ce qu'est un "bon choix professionnel", en particulier.
Rien de tel pour remettre certaines choses à leurs places.
Certaines choses, et, par exemple, le fameux bac S. 

Celui qui est sensé ouvrir toutes les portes.
Cassons le mythe. En 5 points.




  • 1. Ça ouvre toutes les portes? INUTILE !
Il s'agit juste d'ouvrir celles par lesquelles on voudra passer
Donc, plutôt que de faire un bac S "au cas où", on peut se contenter de se poser la question des filières pour lesquelles un bac S est indispensable. Et elles sont très peu nombreuses ! 
    • Ingénieur, 
    • médecin, 
    • vétérinaire
Pour tout le reste, il y a MasterCard d'autres chemins possibles. 
Même une fac de maths est faisable sans ce soi-disant sésame! L'enseignement des maths est très différent en fac et au lycée, et la plupart des notions sont reprises de zéro.

Or beaucoup, beaucoup de lycéens, même ne sachant pas forcément ce qu'ils veulent "devenir plus tard", sont déjà en mesure de se positionner très clairement, par la négative, quand on leur demande si l'une de ces trois voies les tente. 
Donc, si ils sont sûrs de ne jamais vouloir pousser ces trois portes là, pourquoi s'embêter à les garder ouvertes à tout prix ??


  • 2. Ça ouvre toutes les portes ? FAUX ! 
Un bac S moyen ouvre de moins jolies portes qu'un bon bac d'une autre série : avec un bac S obtenu de justesse, et grâce à de bonnes notes dans les matières littéraires, on ne fait pas rêver grand monde.


  • 3. C'est peut-être deux années un peu compliquées à passer, mais le résultat en vaut la peine ? NON !  
Une filière S suivie sans intérêt est bien plus préjudiciable qu'une autre filière suivie avec enthousiasme.

En ce moment, vous savez, on commence parfois à regarder un peu plus ce qu'on met dans nos assiettes, on regarde l'étiquette de composition des produits (genre la vidéo sur les Nesquick et assimilés qui a récemment fait le buzz), et on s'interroge sur l'effet des composants sur notre santé et celle de nos enfants.

Faisons pareil avec le bac S, l'exercice est intéressant.
Un élève de Terminale S absorbe
    • 6h de Maths par semaine, 
    • 5h de Physique Chimie, 
    • 3h30 de SVT (=biologie revisitée), 
    • auxquelles s'ajoutent 2h supplémentaires de l'une de ces trois matières (la fameuse spécialité). 
Cela représente de sacrées doses!

Alors, avaler cela alors qu'on n'y trouve pas grand intérêt ? Quel dommage!

La première et la terminale, ce sont deux années d'adolescence, deux années pendant lesquelles la personnalité se construit, la vision du monde change. Quel dommage que tant d'ados les passent à travailler sans aucune motivation. 

Alors, oui, dans la vraie vie, il faut savoir aussi bosser sur des points qui ne nous intéressent pas. Mais voulons-nous vraiment enseigner à nos enfants que travailler, c'est consacrer son énergie à des choses qui ne leur inspirent aucune espèce d'intérêt ?
 En orientation professionnelle, on conseille souvent aux personnes de veiller au respect de la règle des 80/20: 80% du poste occupé doit leur plaire; en dessous de 70%, on est à risque. Est-il bon d'entraîner nos enfants à agir au mépris de cette règle ?

Parmi les résultats, on observe alors plutôt
    • un certain dégoût du travail, et la perte du contact avec leur motivation. 
    • une perte de confiance en soi : à force de bosser moyennement sur des sujets qu'on ne maîtrise qu'à moitié, pour obtenir des notes médiocres, l'image de soi en prend un coup : je suis nul, ou pas très bon; je suis paresseux... 
    • une dégradation de leur perception de l'apprentissage : quelque chose de rébarbatif, douloureux, qui ne m'apporte pas grand chose. Et donc l'assoupissement de la curiosité naturelle
3615mylife: J'ai eu la chance de faire une expérience toute autre: en seconde, j'avais d'excellentes notes dans les matières scientifiques. En réunion parents-profs, ma prof de maths a donc tout naturellement tenu à assurer à mon père "oh, elle sera très bien en S". 
Ce à quoi mon père a répondu en souriant finement "je ne crois pas que ce soit ce qu'elle ait prévu". 
J'ai choisi la filière L et j'ai dégouliné d'enthousiasme pendant deux ans. 
Cet enthousiasme, au delà du "bon" bac qu'il m'a permis d'obtenir, a également été très précieux dans ma construction personnelle, ma capacité à me faire confiance dans mes choix plus tard, etc.


  • 4. Il / elle n'est pas non plus "que" littéraire, il est bon en bio ? C'est NORMAL / très fréquent - chez les littéraires...
La biologie / SVT, telle qu'elle est enseignée en France dans l'enseignement secondaire, obéit à une démarche bien plus littéraire (comprendre un texte, expliciter un raisonnement par des mots) que scientifique. 
Le fait d'être "plutôt bon" en bio, et d' "aimer assez ça", ne justifie en rien, à lui seul (c'est-à-dire décorrélé d'un choix pro mûrement réfléchi, ex: vétérinaire) le fait de s'enquiller les heures de Maths et de Physique qu'implique une filière S.


  • 5. Last but not least: Ça ouvre toutes les portes ? DANGEREUX !
A force de tenir ouvertes des portes qui ne nous intéressent pas, on risque davantage de finir par les franchir
Que d'ingénieurs j'ai croisés, qui étaient bons élèves donc sont allés en S, étaient bons en S alors ont fait une prépa, et puis ben, que fait-on en sortant de prépa ? 
On devient ingénieur. 
C'est chouette, ça fait bien dans les salons, ça gagne correctement sa vie, et ça trouve du boulot.

Et ça s'emm*** comme un rat mort, aussi. (non que tous les ingénieurs s'ennuient, hein! Mais ceux qui en fait auraient été bien mieux ailleurs, si ils avaient pu prendre le temps de développer un projet qui leur corresponde, plutôt que d'avancer sur des rails bien huilés ?)

Et du coup, cela donne des gens qui
    • à 25 ans, refusent d'utiliser leur diplôme tout frais, et
      • reprennent des études à zéro. Ce qui est génial! Et parfois c'est nécessaire parce qu'entre-temps ces années de "détour" ont pu permettre de mûrir un vrai projet; mais pour d'autres ça peut aussi être du gâchis, et un début de galère parce que toutes les familles n'ont pas les moyens nécessaire pour supporter leur progéniture pendant deux cursus d'études. 
      • ou vivotent d'expédients, se refusant à emprunter la voie toute tracée dont ils ont enfin réalisé qu'elle ne leur convient pas, mais sans réussir à retrouver le ressort nécessaire pour identifier une voie qui les enthousiasme.
    • entre 25 et 35 ans, vont de job en job sans y rester longtemps, vite lassés
    • continuent à suivre les rails: prennent un premier job, un second, gravissent peu à peu les échelons et peu à peu, oublient qu'on pourrait aussi bosser avec enthousiasme. Pour un certain nombre d'entre eux, oh oui, cela va finir par leur ouvrir une porte : celle du bureau d'un RH
      • dans le cadre d'un licenciement, parce que quand on fait un boulot qui ne nous plaît pas, on peut avoir tendance à le faire moins bien, voire à traiter avec beaucoup de désinvolture des sujets très sérieux.
      • dans le cadre d'un burn-out, parce qu'une manière d'oublier que ce qu'on fait ne nous remplit pas, c'est aussi de se surinvestir dedans. A défaut d'avoir la satisfaction de faire ce que l'on aime, on recherche la satisfaction de le "faire bien", à tout prix! On ne sait pas s'écouter, alors on crame.
      • dans le cadre d'une dépression / arrêt maladie longue durée du aux milles symptômes par lequel le corps exprime que l'esprit ne veut pas
      • pour une demande de rupture conventionnelle / reconversion, autrement plus difficile à mettre en œuvre une fois qu'on a fondé une famille et / ou signé un crédit sur 25 ans.
Dans tous les cas, cela leur aura plus ou moins longtemps fermé la seule porte qui compte vraiment : celle de leur épanouissement professionnel, c'est à dire de l'expérience, que je souhaite à chacun, 
  • de faire quelque chose qui nous plaît,
  • de savoir qu'on le fait bien
  • et de savoir qu'on est ainsi utile aux autres

Bref, je vous assure qu'aider un jeune à choisir, au lycée, d'étudier plutôt les matières qui l'intéressent vraiment au stade où il en est, c'est lui donner toutes les cartes en main pour une orientation réussie. Cela lui permettra peu à peu d'affiner ses préférences, de découvrir certaines facettes d'une matière, de s'intéresser aux métiers qui s'y rapportent, bref, d'avancer peu à peu vers un projet professionnel solide.



Alors certes, il est parfois angoissant d'orienter un jeune qui "ne sait pas encore quoi faire",  
et on aurait envie qu'il conserve très longtemps un éventail très large d'options possibles.
Mais gardons à l'esprit que 
  • très souvent ces mêmes jeunes savent déjà très bien ce qu'ils ne veulent pas faire!
  • pour de très nombreux lycéens, un bac ES ou L permettra de garder de nombreuses options ouvertes
  • pour beaucoup de plutôt bons élèves, une prépa (éco ou lettres) permettra de prolonger cette ouverture pendant deux ans après le bac
  • il existe de plus en plus de passerelles permettant de commencer une formation puis de bifurquer vers une autre en ne "perdant" pas d'année (ou, au moins, en conservant le bénéfice d'une partie du temps déjà consacré aux études); idem avec le développement des doubles-diplômes, etc.
  • une année d'études n'est pas "perdue", si elle a permis de mûrir une orientation professionnelle plus juste; alors que bien souvent, le changement de filière (de S à L ou ES) en cours de première / terminale se heurte à bien davantage d'obstacles, 
    • que ce soit en raison des programmes, avec le bac qui plane au dessus des têtes
    • ou tout simplement, de l'intégration dans la classe, qui pèse bien plus lourd à cet âge que quelques années plus tard, 
    • ou du sentiment d'échec du jeune qui voit tout le monde "passer son bac" et a le sentiment de rester à la traîne.
ET SURTOUT
  • en tant que parent, on a d'autres moyens, bien plus efficaces d'aider son enfant à pousser la bonne porte: 
    • le mettre en contact avec un maximum de gens pour causer de leur métier, parcours, et élargir ainsi au maximum sa vision des options à sa disposition
    • l'inciter à faire de petits jobs pour se confronter déjà un peu aux responsabilités du monde du travail
    • le pousser à se chercher des mini-stages d'observation pour dissocier vision rêvée et réalité
Si il y a une bonne raison de décrocher son carnet d'adresses et d'embêter voisins, amis, famille plus ou moins éloignée, commerçants et artisans du coin, c'est celle-là! Permettre à son enfant de découvrir une porte qui lui convienne.

Les autres portes, fermons-les gaiement. Ça ne fait que des courants d'air.

Pour les parents qui ont poussé leurs enfants en S: eh ben c'est comme ça. 
Rien n'est perdu! 
Vous pouvez toujours rouvrir le dialogue, vos yeux et vos oreilles (et surtout votre carnet d'adresses), 
et vous montrer vigilants à aider votre enfant à éviter les écueils susmentionnés.

23 commentaires:

  1. Bon, et bien je te rejoins tout à fait! Et je suis bien heureuse moi de ne pas avoir cédé aux lamentations quand après des soucis de santé en première qui m'avaient fait louper un bon trimestre de cours on m'a proposé de passer en littéraire pour ma terminale (ou alors de redoubler pour pouvoir rester dans cette sacro-sainte voie scientifique): j'ai eu mon bac avec mention très bien et je me suis éclatée cette année-là... Après je tempère un peu... Passer par une terminale littéraire ne ferme pas beaucoup de portes en théorie mais les passerelles d'un domaine à un autre, si elles existent, ne sont pas simples à emprunter... En tout cas, elles ne l'étaient pas "de mon temps" (waouh, je viens de prendre un coup de vieux!!) et comme je n'avais pas un projet clair en tête et que l'orientation et les conseils ont été quasi inexistants... Moi, je fais pas partie de ces littéraires qui ne sont pas retombés sur leur pattes quand ils ont réalisés qu'ils n'avaient pas envie d'être profs...
    En revanche, mon fils aîné, qui est en première littéraire avec un projet clair en tête a eu confirmation lors du salon étudiant qu'il avait toutes ses chances d'être retenu dans l'école de dessin animé qui l’intéresse s'il bossait et qu'il réussissait à convaincre lors de l'entretien d'admission, que la filière littéraire n'était pas un handicap... Ce qui confirme ce que tu dis concernant notre rôle à jouer pour les inciter et les aider à s'informer, observer autour d'eux, rencontrer des gens dont le métier les intéresse...

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    1. Ah ah oui Marie en effet tu nous livres deux belles illustrations !
      C'est génial pour ton fils, et pour toi, oui, en effet, le mirage "prof" peut parfois piéger d'autant qu'il ne pousse pas à s'ouvrir à d'autres voies possibles et aux choix à faire pour les emprunter.
      D'où comme tu le soulignes l'importance des rencontres car beaucoup de passerelles sont tout simplement inconnues. Et c'est hélas rarement sur les "professionnels de l'orientation" que l'on peut compter pour une information fiable, actuelle et exhaustive

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  2. Tiens, ça me fait penser à qqun que je connais :-D
    Bon en même temps, j'avais une grande horreur de la philo et pas emballée par le français tel qu'enseigné au lycée.. ça n'existe pas, le bac 100% histoire ?!

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    1. Quiiii dooooonc ???? :D

      Oui en effet, le choix d'une filière ne signifie de toutes manières pas qu'on va aimer tout ce qu'elle contient.
      Ceci dit, peut être aurais tu aimé la philo si elle t'avait été enseignée différemment ? Les profs de philo dévolus aux S ne sont pas toujours les meilleurs ;-)
      Et concernant le français "tel qu'il est enseigné" je te rejoins à fond! Et c'est là où je suis doublement contente d'avoir fait L parce que, là où en première je l'abordais encore d'une manière tres scolaire et pas sexy du tout, ce sont les cours de Lettres de Terminale L, avec un prof extraordinaire, qui ont permis de transformer mon amour de la lecture en amour de la littérature. La manière de faire était vraiment différente et à préfiguré ce que j'ai retrouvé en hypokhâgne par la suite

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    2. Ah et: peut être aurais tu été bien en ES, où histoire et maths pèsent lourd?

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  3. Formidable article qui mérite d'être lu, relu et appris par cœur !
    Je voulais faire un bac Arts Appliqués et me spécialiser dans l'infographie, horreur pour ma famille qui n'a rien voulu entendre (ah berk, un bac techno, ah berk les trucs d'artistes c'est pour finir SDF). Du coup, j'ai ramé de job en job pour finalement prendre des cours en ligne à 30 piges et faire ce que je voulais au départ (on m'a toujours dit que quand j'ai une idée quelque part...).
    Et merci pour les tranches de rigolades !

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    1. Rho tu me fais rougir 😊
      Aaaah là là c'est tellement fréquent ce genre d'histoires et ça m'énerve !! Quel gâchis.
      Bravo de t'être accrochée ! Car ce n'est pas évident d'oser quand même aller retrouver ce qui nous fait vibrer

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  4. Tout à fait d'accord ! :) Et tu sais quoi ? Moi aussi, on a voulu m'orienter vers un bac C (ce n'était pas encore S à l'époque ;)), j'ai bifurqué où je voulais, c'est-à-dire en A1 (équivalent bac L option maths).
    Ta remarque concernant la préparation pourrait cependant tout aussi bien concerner les bacs L. Encore plus de bachotage que moi en Bac A ! Pour commencer, elles ont dû apprendre par coeur (pas à la virgule, mais tout de même) deux ouvrages l'année de terminale. Utile, tu crois ?

    Et petite remarque du prof de L aujourd'hui : "apprendre se fait dans la souffrance". Elle l'a regardé, interloquée, ce n'est pas son expérience. ;)

    Ce qui est inquiétant, c'est qu'aujourd'hui le site postbac a été remplacé par une plateforme Parcoursup qui promet plus de choix encore par les professeurs :( Dans quelques temps, on réalisera que c'est une belle hérésie, combien de temps faudra-t-il ? Combien de jeunes démotivés y seront sacrifiés ? :(

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    1. Hihihi, ce club est énorme !!!

      "Par la souffrance".... iiiiiiiiiiih ça me hérisse !
      C'est les mêmes qui donnent des claques aux enfants pour les endurcir?

      Postbac : si je comprends bien ce que tu écris cela signifie que les professeurs peuvent peser sur le choix d'une voie post bac ?! C'est la double peine ! Ils pèsent déjà par les notes qu'ils attribuent...

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    2. Oui, maintenant ce sera le topo... Conseil de classe, avis des enseignants... Il semble que l'avis final appartiendrait au jeune, enfin bref c'est facile d'influencer durablement et comme l'avis du conseil compterait... A voir, la génération testeuse, c'est depuis cette année !

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    3. Ah oui en effet... ça a l'air tordu / de pouvoir facilement déboucher sur des trucs tordus, en effet. L'expérience le dira!

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  5. Merci pour ce message très pertinent ! Je me permets de l'élargir en précisant qu'il n'est pas non plus indispensable de faire un bac général pour avoir un bon boulot derrière. Mon filleul, passionné de technique mais pas trop scolaire, a enfin trouvé la motivation en filière STI, après quoi il pourra faire un IUT, puis... une école d'ingénieur :-)

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    1. Merci Babiole
      Je te rejoins à 5000%!!
      Je n'ai pas voulu aborder cette thématique là car le billet ferait alors deux mètres de long mais.... ah ça oui ! Au début je faisais du recrutement de cadres. Alors cela a commencé à me faire réfléchir sur ce fameux bac s. Puis j'ai changé de boîte et pris en charge le recrutement des OETAM (ouvriers employés techniciens agents de maîtrise). Au Bout de quelques semaines je me demandais presque pourquoi je m'étais embêtée à faire un bac +5.
      Ce job m'a permis de rencontrer tellement de gens tres peu diplômés ET fichtrement bien dans leur job, compétents, passionnés, gagnant honorablement voire très (très) bien leur vie, aux compétences recherchées, et pour couronner le tout: avec un équilibre vie pro / vie perso bieeen supérieur à celui du cadre lambda
      Ptet qu'un jour je ferai le billet correspondant, tiens. Parce que là aussi c'est un tel gâchis tous ces jeunes qui se fanent sur les bancs d'une filière générale quand ils pourraient fleurir (et porter du fruit!) ailleurs !
      Et effectivement pour certains le fait de passer d'abord par la pratique leur permet ensuite d'arriver au même niveau mais par un chemin qui leur correspond (et non par la douleur cf le commentaire d'isa lise plus haut...)
      Bon je m'arrête sinon ce commentaire va devenir ledit billet...

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  6. Il y a matière à débat. Je rejoins les différents avis. Les études ouvrent le champ des possibles mais il y a d’autres paramètres à prendre en compte.

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  7. Ralala eh oui le fameux bac S, on en entend parler au lycée. Je suis bien d'accord avec toi lorsque tu dis que un bac S moyen ouvre moins de portes qu'un autre bac bon. J'ai fait L pour ma part et au lycée on était toujours considérés comme la fillière facile à obtenir "Alors que nous en S on a maths coeff X" Mais finalement j'ai un bon nombre de copines ayant fait S qui n'ont pas réussi leurs études, moi et mon bac L on est désormais en bac +5, sans problèmes ;)

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  8. Pour ma part j'ai fait un bac S motivé par le fait que c'était le plus facile. Bachotage ++, pas trop de réflexion (globalement ce que j'ai retenu de mes cours de littérature en première ou de Science éco en seconde, ou même de bio les 3 années c'est qu'il faut recaser les mots clés du prof et surtout suivre le raisonnement du prof :() et choisi en terminale de m'orienter vers une école paramédicale pour le concours duquel le bac S préparait +++ (kiné, ergo, orthophoniste, psychomotricienne). Il était en effet plus facile d'apprendre comment on fait un résumé à la sauce des concours que de faire seule le programme de physique/bio...
    Pour moi le bac S ouvrait vraiment toutes les portes. Parce que le bac d'abord :)

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    1. Haha ! Pas faux. Ceci dit, ma propre sœur s'est bien fait préciser ce qui était indispensable pour ses concours à elle (infirmière), et est ensuite allée s'éclater en L avant de réussir lesdits concours en bachotant un peu les deux trois machins qui lui manquaient ;-)

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  9. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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    1. "Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog... PAS DOUÉ", oublie de préciser Blogger.
      Voici donc ce qu'écrivait Little Pucette (avec toutes les excuses de l'administrateur pas doué!)

      Merci de nous ouvrir un peu les yeux. Quand on est face à ce choix, et qu'on te dit "le bac S ouvrent toutes les portes", tu en viens quand même à réfléchir, même si tu sais que ce n'est pas pour toi. Et ce n'est pas facile pour un jeune de "tenir tête" à ses parents, ses professeurs, qui pensent mieux savoir que lui ce qui est le mieux. Et comme tu le précises, aller dans une mauvaise filière peut avoir de sérieuses conséquences sur l'image que le jeune à de lui.
      Merci de remettre les choses à leur place.
      Bonne journée :)

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    2. C'est exactement ça Little Pucette! Dur dur de résister à la pression. Il ne s'agit pas de dissuader tout le monde de faire S, mais bien d'inviter à plus de discernement histoire d'éviter du gâchis.

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  10. Arf que tout cela me parle. Je ne suis pas pressée d'être au stade de l'orientation de mes gars. Je me rends compte que quoique fasse les parents (présents / absents dans l'orientation, ce n'est vraiment pas facile pour le jeune...) (bon moi je me suis éclatée en bac S mais un peu plantée dans mon choix d'études sup...=)

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    1. Oui l'orientation est un sacré dossier!
      Et moi, par exemple, je pense que je serai assez zen si ils choisissent des fonctions "pas très diplômées", un travail manuel, tout ça : mes rencontres m'ont permis de voir à la fois à quel point les gens pouvaient s'y épanouir, bien se nourrir, et évoluer si ils le souhaitaient.
      Mais alors, si mes gosses ont le malheur d'avoir la fibre artistique et de vouloir en faire leur gagne-pain... ouuuuuh là ça risque de demander une dose de lâcher-prise que je n'ai peut-être pas en stocks!
      Bref, espérons qu'ils chantent, dansent, dessinent, etc comme des pieds, afin de m'épargner de telles épreuves

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