Je vous avais promis des articles sur les relations frères-sœurs, et, mais seulement ensuite, de parler davantage de mon héros : Monsieur Bout (je précise que je me montre intentionnellement nunuche ;-)).
Mais voilà, ce blog n'est pas une démocratie.
Je fais la loi ici.
Et donc à peine proférées je me permets de ne pas me tenir à
mes promesses.
(un peu comme Trump au fond.
D'ailleurs c'est marrant, vous avez vu comment le monde s'est offusqué de ses promesses outrancières, et s'offusque à présent de ce qu'il pourrait trahir certaines desdites promesses en agissant de manière plus modérée ?
Manquerait plus qu'il se révèle un bon homme d'Etat, l'enflure !
je précise que ceci n'est pas un aparté pro-Trump, mais juste une remarque sarcastique d'intellectuelle -vouivouivoui- observant peinarde derrière son clavier)
Je me permets donc de publier un premier billet sur Monsieur Bout avant même d'avoir sorti une ligne sur les frères & sœurs. Et paf !
(vous avez vu cet instinct de domination. C'est un scandale)
Plus prosaïquement: c'est tout simplement que l'écriture du premier billet sur les relations frères-sœurs chez nous (eh oui, quand même, je ne vous oublie pas) a mis en évidence le fait qu'il était nécessaire d'expliquer certaines choses au préalable.
Donc, ce premier billet sur Monsieur Bout a vocation à vous expliquer qu'entre lui et son Bébou de fils, c'est l'amour fou.
En tous cas, la vie a fait qu'ils ont pu construire une relation particulièrement étroite.
- Flashbacks -
Épisode 1. Monsieur Bout petite maman
C'est avec son père que F. a passé ses trois premiers jours de vie : moi, j'étais en réanimation. Consciente, hein, passées les premières heures, mais branchée d'un peu partout, et pas en grande forme.
Le Bébou, lui, était en néonat, et
son père a été sa mère pendant les 3 premiers jours de sa vie : discussion avec le personnel médical sur les différentes options de soin possibles, premiers repas, premiers soins, premiers touts : assumés par Monsieur.
Dans la continuité des touts premiers moments dudit Bébou, qui, une fois les examens médicaux d'usage passés, s'étaient déroulés en peau à peau sur la poitrine de son père, pendant qu'on finissait de me raccommoder après ma césarienne.
Bon, ce serait à refaire, on prendrait une option de venue au monde moins rock'n roll.
Néanmoins, il est incontestable que ces circonstances ont été très favorables à l'établissement d'un lien père-fils fort.
La peur de mal faire, le sentiment de sa propre gaucherie, la force du lien mère-enfant peuvent facilement paralyser un jeune papa et le gêner pour prendre sa juste place.
Et ceci aurait pu jouer chez Monsieur Bout, d'autant plus qu'il n'avait jamais tenu de bébé dans ses bras avant le sien, alors que, moi, j'avais déjà une expérience non négligeable des bébés. J'aurais vite pu me retrouver seule compétente, seule en charge, avec Monsieur en figuration, se sentant complètement inutile et donc mal positionné pour rentrer en relation avec un nourrisson dont les seules capacités d'interaction sont au départ de recevoir des soins plus ou moins maladroits.
Là, ça ne risquait pas. Puisque j'étais hors-jeu, Monsieur Bout se retrouvait catapulté en première ligne, en mode "marche ou crève". Sans épouse pour lui faire concurrence, il était forcément un papa compétent puisqu'il n'y avait que lui à pouvoir être compétent.
Ces trois jours lui offrirent ainsi une longueur d'avance, et ce fut lui qui m'expliqua certaines choses quand j'eus enfin le droit de les rejoindre dans notre chambre familiale à la maternité.
Lui-même ressentit d'ailleurs clairement le contraste : dès mon arrivée dans la chambre, il "disparut"... aux yeux du personnel soignant. Désormais, c’était à moi et à moi seule qu'on parlait de F., de ce qui était le mieux pour lui, auprès de moi qu'on s'enquérait de ses entrées (repas) et sorties (émissions odorantes diverses). Son père était devenu transparent.
Néanmoins, c'est beaucoup avec son père aussi que F. a passé les huit premiers jours de sa vie : en effet, c'est le temps qu'il m'a fallu pour commencer à remettre le pied par terre après sa naissance, et le nombre de jours de congés que Monsieur Bout avait pris. Une petite semaine de lune de miel à 3, bien au chaud dans notre chambre d'hôpital.
J'avais certes pris le relais sur le nourrissage, mais comme je ne me levais pas, c'est à Monsieur Bout que revenaient les changes, bains et autres soins de bébé. Bébé qui avait du mal à se passer de son berceau chauffant, difficulté que Monsieur Bout était ravi de compenser par de longues séances de peau à peau.
Quelques semaines après notre sortie de l'hôpital, ce furent 4 semaines de congés d'été qui permirent de faciliter encore la formation du noyau familial et le renforcement des liens père-fils, d'autant que je me remettais encore lentement, et que du coup, là encore, Monsieur Bout venait suppléer à la proximité / aux soins que je n'étais pas toujours en mesure de donner à notre fils.
Épisode 2: Monsieur Bout, un binôme parental de choc
Ainsi favorisé, son sentiment de compétence créé si fort, si tôt, nous a ensuite grandement aidés tout au long de la première année du Bébou, d'autant que nous nous sommes attachés à l'entretenir:
- peu importaient les obligations professionnelles, nous faisions en sorte que chaque semaine, le Bébou soit couché au moins une fois par son père, de manière à ce qu'il n'en perde pas l'habitude
- rassurée par la compétence de Monsieur Bout, je m'autorisais quelques moments de liberté pendant que Monsieur était seul maître à bord
- nos grandes interrogations de parents, nous les gérions ensemble : comme aujourd'hui, c'était moi qui lisais en premier, mais ensuite, nous passions en mode "à deux" : ainsi, quand il s'agit d'espacer les tétées, puis de tester et d'adopter le rythme à 3 tétées, nous avons pris la décision ensemble: je me vois encore allongée, en train de nous relire à voix haute les paragraphes correspondants de Transmettre l'Amour :
"il dit que si y a ça - on a... si y a ça - on a... si y a aussi tel signe - on a..., ça vaut le coup de tester. Bon, on a tous les signes. On fait quoi ?
- on y va."
- à ma reprise de boulot, il y eut plus d'une soirée père-fils à la faveur d'une réunion nocturne impromptue chez la mère.
Épisode 3 : Monsieur Bout assure la relève
Début de 2ème année du Bébou très vite marqué chez moi par la conjonction de plusieurs facteurs :
- épuisement du début de grossesse de la Bébounette
- + boulot hyper prenant dont je voulais goûter chaque seconde avant de le lâcher puisque nous déménagions
- + déménagement & vente de maison
= une maman complètement HS pour le Bébou.
En revanche, un Monsieur Bout plutôt assez disponible puisqu'en préavis de démission donc avec une pression quand même moindre.
Et revoilà Monsieur Bout en première ligne, à gérer son fils le soir pendant que son épaveouse s'échoue sur le canapé. Un fils qui ne s'y trompait pas d'ailleurs, puisque durant tout cette période, c'est "Papa!" qu'il demandait quand il se faisait mal ou avait besoin de quoi que ce soit.
Épisode 4: on demande Monsieur Bout !
Puis ensuite, alors que la deuxième partie de la grossesse se déroulait, pour moi, tranquillement au chaud dans notre nouveau domicile, une première période d'essai strasbourgeoise pour Monsieur :
- quelques mois de stress intense,
- un rythme infernal,
- un papa devenu fantôme, parti avant le lever du Bébou, rentré bien après son coucher,
- et souvent absent mentalement même dans ses moments de présence physique,
mais d'autant plus demandé durant ses rares moments de présence.
Épisode 5: Monsieur Bout papa au foyer
7 mois de chômage à la maison, cela fit
5 mois à 4 à la maison, une période bien agréable à accueillir la nouvelle arrivante, même si l'incertitude liée au chômage troublait un peu l'idylle... Néanmoins, un papa bien présent, auprès de qui F. était visiblement ravi de rattraper le temps perdu.
-
Épisode 6: Monsieur Bout on and off
Depuis sa reprise, 2ème période d'essai strasbourgeoise, et boulot assez prenant, Monsieur Bout n'a pas brillé par sa présence. Quelque chose que j'étais d'autant moins disposée à tolérer que
1. je l'avais déjà vu se cramer lors de sa première période d'essai, des journées 7h-22h et 5 kg en moins en 4 mois quand on sait que le plus lourd des deux, chez nous, n'est pas toujours celui auquel on s'attendrait (et je rentre quand même - bien que franchement péniblement depuis la naissance de la Bébounette... vivement le chômage et la piscine ! - dans un 38)
2. avec les deux à gérer, les soirées sont plus euh, moins euh, enfin voilà quoi, je ne vous fais pas de dessin, l'arrivée de la cavalerie est attendue avec impatience !
Au point qu'il m'a fallu parfois y aller un peu fort pour souligner le problème.
(je me cite "puisque tu grossis à tes yeux les risques et inconvénients qu'il y a à ne pas passer une heure de plus au boulot, à moi de grossir l'enjeu, les risques et inconvénients qu'il y a à ne pas passer cette heure avec nous"; ambiance !).
Quelques semaines de guérilla mais qui ont permis de limiter un peu la casse, en nous offrant ici et là des semaines avec un Monsieur plus présent.
A l'arrivée, cela nous donne
une relation père-mère plutôt assez équilibrée, je n'ai pas le monopole de la compétence parentale et cela nous permet de partager correctement (je n'irais pas jusqu'à dire "équitablement", mais quand même) la charge mentale et physique qui y est liée
une relation père-fils très forte
et du coup, et c'est un point sur lequel je reviendrai notamment dans le billet frère/sœur : un poids déterminant du temps de présence / attention paternelle dans le comportement du Bébou.
Voilà une petite page du plus pur style 3615 Mylife, que j'aurais pu résumer, dans le futur billet frères-soeurs susmentionné, d'un succinct "pour diverses raisons, le lien entre Monsieur Bout et le Bébou est très fort"; mais j'ai voulu me montrer plus détaillée car
on peut avoir vite fait, sinon, de se sentir tout bête en mode "eh mais pourquoi chez nous c'est pas le cas ?". Voilà pourquoi. Certains facteurs, nous les avons favorisés, mais d'autres, hein, c'était pas prévu comme ça
pour ceux chez qui des choses pas prévues comme ça pourraient arriver, je trouve important de souligner que de ces choses pas prévues, et bien que cela ne les rende pas plus faciles à digérer par ailleurs, du positif peut sortir.
mêmeuh le plus noâââr nuage /
a toujours sa fraaaaangeuh d'ooooooooor