NB : ce billet a été écrit pour l'essentiel en décembre 2024; pas publié car je voulais le fignoler, perfectionnisme machin.
Au vu de la conjoncture actuelle, je me dis qu'il n'est pas stupide de le ressortir + je l'assortis, avec 16 mois de recul de plus, de quelques remarques supplémentaires en conclusion du billet.
J'avais sous-entendu que pas mal d'éléments ont contribué à rendre le début d'année 2024 particulièrement chargé chez nous. Pas des moindres : j'ai crashé notre véhicule familial mi-janvier, lors de l'épisode de froid / neige qui s'est abattu sur la région parisienne. Une rue en pente, une plaque de verglas au milieu du carrefour... j'avais beau rouler au pas, ca n'a pas suffi : notre charriotte est allée défoncer les grilles protégeant le trottoir d'en face, en arrachant une au passage.
Nous avons eu beaucoup de chance (= nous, car les 2 aînés étaient avec moi. Je m'étais chargée de les amener à l'école pour soulager un peu Monsieur Bout qui sortait de 8 jours de grippe monstrueuse aux relents de Covid, et avait du gérer la fin de cette vicieuse petite chose de concert avec mon absence pendant plus de 48h pour cause de séminaire au Luxembourg) : aucun dommage pour nous. Notre fidèle carrosse familial, en revanche...
Le pauvre ne payait pas de mine. Avec ses 12 ans et 227 000 km au compteur, sans compter ses nombreuses rayures très fashion bien que pas d'origine, le verdict "économiquement irréparable" était évident aux yeux de tous ceux de notre entourage s'y connaissant un minimum en bagnole. (Ah, ah, ah. Savez-vous qui nous avons récupéré, réparée, 8 mois après les faits ?)
Bref, avec notre fidèle titine dans les choux, et à ce qu'il semblait, pour toujours, nous avons du nous pencher raaaaapidement sur la question de son remplacement. Car nous sommes possesseurs d'un autre véhicule, mais
- faire rentrer l'intégralité des Bouts dans notre Twingo, ça ressemble un peu trop à la blague où il faut caser 4 éléphants dans une 2CV.
- Et les jours où Monsieur et Madame ont vraiment besoin de chacun une voiture (Monsieur, pour tous les trajets d'école puisque aucun des 3 n'est scolarisé près de chez nous, trop facile sinon ; Madame, les jours où elle a des RDV clients pas à Paris mais dans le reste de la région parisienne), c'est encore plus drôle.
Nous avions déjà réfléchi à passer à l'électrique pour notre véhicule secondaire, mais il était évident à nos yeux, malgré un lobbying acharné de la part d'un de mes frères, qu'avoir pour véhicule familial une voiture électrique serait ingérable. Les informations, floues, contradictoires, anxiogènes qui nous parvenaient nous semblaient promettre des trajets compliqués, coûteux, un quotidien complexe à gérer, pour un gain écologique controversé... Bref, nous étions looooin d'être convaincus, ou plutôt, si : convaincus, mais dans l'autre sens.
Jusqu'à ce que Titine sur son lit de mort nous oblige à nous poser concrètement la question. Et là, à l'idée de racheter un véhicule neuf thermique, ben... ça a bloqué (oui, neuf. Seule option possible pour nous. Nous sommes tellement peu doués en voiture qu'acheter de l'occasion nous semble impossible : on se ferait refiler n'importe quoi). Comme pour le coup après nous gardons longtemps nos voitures (nous avions bien le projet de garder Titine jusqu'à sa mort, que nous pensions encore éloignée d'un certain nombre d'années), eh bien... soudain, remettre plein de sous dans du thermique pour nous accompagner pendant minimum 15 ans, ça nous a semblé brutalement anachronique.
Et donc, là où
- la veille de l'accident : nous aurions encore juré nos grands dieux que franchement, ce ne serait pas demain la veille que la Famille Bout roulerait à l'électrique dans notre gros véhicule,
- une semaine après : Monsieur Bout passait son temps sur des sites internet à comparer différents modèles, et nous exploitions le moindre creux de mon emploi du temps pro pour aller faire des essais.
(mince, encore un jamais d'explosé)
Nos critères à l'arrivée
- nous avions besoin de 3 vrais sièges à l'arrière pour les sièges auto de certains, encore, et puis, ça grandit, ça prend de plus en plus de place ces
petites bêtesBouts. - un coffre de bonne taille (nous en avions un très grand avant, nous avons un peu perdu au change, mais ça reste très très OK surtout maintenant que nous ne nous baladons plus avec poussette, seaux à couches lavables sales, lit parapluie, bref tmtc). Et Monsieur Bout a encore progressé en Tetris.
- un max d'autonomie, pour prendre en compte les loooongs trajets de nos vacances.
- fabrication européenne
La gagnante : Skoda Enyaq 85.
Et en plus, j'ai fait ma fille, je l'ai demandée (ça a été compliqué car il nous en fallait une sur stock vus les délais de fabrication incompatibles avec l'urgence) en version bleeeeeue. Un beau bleu roi. Pour la première fois, j'ai une voiture de couleur, jolie. Rho. (et accessoirement, plus facile à retrouver sur un parking quand on n'a plus qu'une très, très, trop vague idée de 'endroit où on l'a garée).
Suite à de fort cocasses péripéties, nous l'avons finalement reçue avec pas mal de retard sur le planning, et donc... 3 jours avant de partir avec pour nos vacances de Pâques. Autant dire qu'on a serré les fesses en se disant qu'on allait de suite être jetés dans le grand bain.
Nous étions motivés, mais persuadés que le passage à l'électrique allait a minima s'accompagner d'une période de transition un peu douloureuse.
Grande surprise : non. Nous espérions un bilan gloooobalement positif, et plutôt sur le moyen terme, nous ne nous attendions pas à un bilan aussi clairement positif, et si vite.
Je vous le partage, car ça peut nourrir vos réflexions, et nous avons été très, très contents de pouvoir bénéficier de retours d'expériences d'autres personnes de confiance (eh, c'était ça, le villageois auquel je faisais allusion dans ce billet) autrement plus fiables et concrètes que les informations relayées par pas mal de médias.
1. La première grande question : la charge
Relou ? Pas relou ?
Pour le quotidien, avec une borne de 7 kwh installée à la maison, c'est très, très simple : on branche le soir en 2 minutes, on débranche le matin, et zou, on est tranquille pour pas mal de jours en fonction des trajets prévus.
Je ne sais pas si j'ai déjà mentionné ici ma tendance à me retrouver au bord de la panne sèche (voire... pas qu'au bord hélas) ? Eh bien, oubliez cela bien vite, voyons, ce n'est pas du tout mon genre Problème réglé.
- Moi que la perspective de devoir passer à la station essence agace et angoisse (je ne parle pas encore au passé car il nous reste notre petite Twingo. Mais depuis l'arrivée de notre nouveau carrosse, nous l'utilisons le moins possible, donc nous en sommes au 3ème plein, ce qui a pu beaucoup plus facilement être pris en charge, en totalité, par mon valeureux mari) je chante la vie, je danse la vie, je ne suis qu'amour.
- Aller perdre 15 minutes à la station service me saoulait profondément et je procrastinais cela autant que possible voire au-delà (tenez, en écrivant cela je me dis que maintenant avec Habitica j'aurais probablement pu me mettre un max de points, hinhin),
- brancher en 2 minutes est complètement indolore (mais je me mets quand même un rappel sur Habitica pour y penser à 22h cf plus bas). En plus, au moment où la connexion se fait, un petit chuintement (style sable coulant dans un sablier) commence à se faire entendre, comme si on entendait l'électricité rentrer dans la voiture, c'est à l'arrivée aussi jouissif que les petits jingle d'Habitica : mon petit shoot de dopamine à moi.
- Je peux le faire quaaand je veux, quand j'y pense, en pyjama au besoin.
Les quelques jours entre l'arrivée de la voiture et l'installation de la borne, nous avons du la charger sur secteur, c'est carrément plus long (alors qu'avec la borne, en 1 nuit on est bons, sur simple prise secteur pour le coup une charge complète dure une bonne trentaine d'heures), donc clairement, le secteur est une bonne solution d'appoint mais les quelques centaines d'euros d'installation de borne valent largement le coup dans la durée.
2. Deuxième grande question : la charge, oui mais... durant ces fameux grands trajets?
C'était notre plus gros frein au départ : nos parents respectifs habitent dans le Sud-Ouest et en Provence, nous partons chaque année en expédition à Berlin voir les grands-parents allemands de Monsieur Bout, bref, à quasiment chaque période de vacances, notre véhicule familial avale du kilomètre, et sur des longs trajets d'un coup !
Une fois le sujet devenu vraiment d'actualité, nous nous étions renseignés, et le fait d'avoir des témoignages et, par là, accès à des moyens de calcul assez fiables nous avaient déjà suffisamment rassurés pour que nous osions faire le pas. Mais tout de même, nous étions assez persuadés que ça allait être un gros changement. Changement dont nous avions décidé de faire une opportunité : en mode habituel, nos départs en vacances se font systématiquement avec un gros temps de retard, nous conduisons ensuite de manière serrée (et stressante pour le conducteur) pour essayer de grignoter ce retard, ... bref, nous nous sommes dit que le passage à l'électrique nous obligerait à nous discipliner en nous mettant sous contrainte, contrainte que nous pensions très grosse.
Et avions, clairement, complètement surévaluée.
Notre inauguration durant les vacances de Pâques nous a déjà vite rassurés : 72h après la récupération de la voiture, notre premier trajet direction l'Île d'Oléron nous a surpris par sa fluidité. Et encore, c'est en incluant 1 ou 2 petits couacs de débutants comme
- ne pas réussir à connecter la voiture du 1er coup à la première borne de recharge...
- pour apprendre, en appelant l'assistance de la borne (réponse au bout de 4 minutes), qu'en fait notre véhicule fait partie des modèles pour lesquels il est important de démarrer la charge toutes portes fermées.
- Dès que la charge est enclenchée (soit au bout de 2 minutes max tout compris), on peut allègrement ouvrir les portes et débarquer tout le monde. Nous avons été très fiers de transmettre ce savoir à d'autres propriétaires du même modèle, confrontés sous nos yeux aguerris au même souci quelques trajets plus tard.
- avoir inclus un 2ème, court, arrêt supplémentaire par prudence en n'osant pas trop passer en dessous des 25% : comme l'a souligné mon frère, et comme nous l'avons vite constaté effectivement ensuite, au bout de quelques trajets on a une appréhension bien plus exacte de ce dont est capable la batterie, de ce que représentent les chiffres qu'elle affiche, ainsi que les prévisions du navigateur de bord (le nôtre est du genre prudent), et donc on sait optimiser le trajet / le nombre de recharges au lieu de s'arrêter pour rien "pour être bien sûrs".
Mais regardons d'un peu plus près les différentes questions que posent les grands trajets
2a. Accessibilité des bornes sur autoroute :
Dans la série fausses idées véhiculées : celle qu'il faut sortir de l'autoroute pour charger. Deux choses à ce sujet :
- si on veut prendre une borne Tesla, effectivement Tesla a fait le choix stratégique de les positionner hors autoroute, très souvent à proximité immédiate des entrées/sorties, donc cela rajoute 5 minutes. L'un de mes frères a une Tesla d'un modèle tel qu'il était vendu avec "la recharge Tesla gratuite à vie", donc pour lui, prendre ces 5 minutes supplémentaires est rentable. Mais... pas du tout besoin de bornes Tesla pour le commun des mortels. Il existe moult autres opérateurs, présents sur aires d'autoroute.
- autant
- il y a quelques années il fallait calculer juste pour trouver une aire d'autoroute équipée (d'où la fausse idée mentionnée précédemment : Tesla ayant développé son réseau en avance de phase, cette idée a en fait correspondu à une certaine réalité... avant)
- autant, la règlementation ayant changé, en France toutes les aires d'autoroute proposant de l'essence sont maintenant équipées également de bornes électriques à charge rapide.
- De ce que j'ai lu, bientôt des aires sans essence se verront également équipées (puisque l'installation de bornes électriques ne pose pas du tout les mêmes questions, de sécurité notamment, qu'une installation de bornes essence). En Allemagne aussi, aires tout à fait ok.
2b. Accessibilité réelle des bornes :
Pareil, le spectre d'infrastructures surchargées, avec (longues, pendant qu'on y est) files d'attentes pour charger sur les autoroutes, était quelque chose qui semblait très réel si nous en croyions les informations relayées par les médias, et nous étions un peu inquiets de ce que ça donnerait, en plein été notamment.
Dans les faits, nos 6 semaines de vacances d'été et les trajets associés nous ont plutôt montré l'inverse :
- les travaux d'aménagement susmentionnés ont généralement été dimensionnés laaargement par rapport à la flotte circulant actuellement, et même les stations plus "vieilles" ont été agrandies, doublant, triplant, quadruplant leur capacité d'accueil. Nous avons souvent vu des stations avec une vingtaine de bornes installées, dont rarement plus de la moitié occupées simultanément.
- J'ai été même bien rassurée lors d'une halte sur une aire énorme, absolument bondée, où nous avons, au départ, trouvé tous les éléments de l'aire surchargée :
- 7 à 8 voitures faisant la queue par pompe à essence,
- véhicules garés n'importe où, n'importe comment, à perpet, sur les bas côtés ou ailleurs,
- grands moments de courtoisie avec des gens se piquant les places de parking et s'insultant copieusement...
- et puis... vision céleste ! 24 places de recharge électrique splendidement situées à proximité immédiate de la boutique/WC/machin, et la plupart vides. Nous y avons laissé notre carrosse, et finalement, faire la queue aux WC évidemment eux aussi bondés aura duré quasiment plus longtemps que la recharge.
Sur tous nos trajets de cet été, nous avons quand même du attendre une fois pour charger :
- sur une aire alsacienne énorme mais à l'infrastructure électrique non encore agrandie / proportionnée (= 6 bornes de recharges rapides seulement, et une douzaine de places visiblement prévues pour en accueillir davantage... prochainement),
- en plein dans la bonne heure (13h et des poussières), dans le weekend de chassé-croisé de début aout.
- Cette attente n'a duré que 5 minutes pour nous, le temps qu'un des véhicules garés termine sa charge et libère une place, mais je crois que le véhicule arrivé juste après nous a, lui, du attendre une dizaine de minutes de plus puisque nous avons croisé son conducteur en regagnant notre voiture après la pause WC.
- Ceci dit, en repartant, nous avons vu que de longues files attendaient pour l'essence, donc l'attente aurait peut-être été comparable de toute manière, sauf à rouler au schnaps.
2c. Crachons un peu quand même : les bornes hors autoroute
Alors, là, pour le coup, c'est le point le moins fiable : quand on est en vacances, la charge sur d'autres bornes sur le lieu de vacances n'est pas toujours simple.
- si on vise de grands opérateurs comme Tesla ou PowerDot (de plus en plus de grandes surfaces s'équipent de bornes de celui-ci), impeccable.
- en revanche, on a testé d'autres trucs et autant c'est parfois super simple (à la Toussaint, charge sur borne municipale à Cabourg sans une rature), autant parfois
- la borne est en dérangement (Saint Emilion cet été),
- ou, après un début prometteur, mouline et finit par refuser la connexion (Toussaint toujours, pas réussi à me connecter à la borne Mac Do de Cherbourg).
Heureusement que dans les faits, on est assez peu souvent exposés à ce risque, puisque l'essentiel de la charge d'un véhicule électrique se fera
- à domicile, de manière écrasante,
- puis sur autoroute avec des systèmes bien rodés,
- qu'ensuite on peut viser les gros opérateurs comme Tesla ou PowerDot susmentionnés,
- et ensuite, en dernier recours, quelques très rares fois par an (sur 8 mois d'utilisation on a du en avoir besoin 4 ou 5 fois) on aura besoin de "risquer" quelque chose de moins assurément fiable.
2d. Temps de recharge et impact temps de trajet
Premier point à prendre en compte d'abord : le véhicule avec lequel on part.
- Les bornes d'autoroute n'ont rien à voir avec les bornes maisons, ni avec celles installées sur autoroute il y a tout juste quelques années.
- Là où une borne maison standard délivre une puissance de 7kWh, une borne sur autoroute, dite à recharge rapide, en délivre 120 à 150.
- En revanche, il existe toujours, sur autoroute, au moins une borne à faible débit (pour les véhicules plus anciens, et les hybrides, pour qui se brancher sur du haut débit n'a aucun intérêt puisqu'ils n'arrivent pas absorber plus vite). Evidemment, hein, avec un véhicule 100% électrique moderne on va choisir les bornes rapides, pas la petite faiblarde. Ceci dit, se brancher sur la borne lente est une erreur qu'on peut faire, si on est vraiment très mal informé (et je crois avoir vu un reportage où c'était typiquement ce que faisait le gars.). Mais une fois qu'on nous l'a dit, c'est pas bien compliqué d'y prendre garde.
- Les batteries actuelles n'ont plus rien à voir avec celles des véhicules vendus il y a plusieurs années : elles ont une durée d'autonomie bien supérieure, et une vitesse de recharge sans comparaison également.
- Par ailleurs, dans les véhicules actuels, il existe encore des différences significatives. Du coup, pour une famille qui comme la nôtre voyage souvent longtemps, c'est vraiment un critère à regarder et comparer de près.
- Dans les faits, donc, ça fait sensiblement moins sur autoroute, et en revanche, si on ne l'utilise que pour des trajets du quotidien, on pourra rouler davantage entre 2 recharges.
- Par exemple, comme nous n'attendons pas qu'elle soit viiiiide pour la recharger (ce qui est déconseillé, pour préserver la batterie il vaut mieux viser de la garder la plupart du temps entre 20 et 80%), nous avons cependant pu voir qu'une fois où nous avons attendu, elle a fait plus de 650 km entre 2 recharges, en n'étant employée qu'à des trajets d'école, covoiturages scouts, courses, visite-clients de Gwen, etc.
- Dans les faits, comme les temps de charge rapide suivent une courbe sans pitié (= plus la batterie est pleine, plus elle met de temps à charger 1% supplémentaire = on met à peu près autant de temps à passer de 20 à 80% qu'à passer ensuite de 80 à 100%), la recommandation classique, que nous suivons, est : on part de chez nous à 100%, on recharge sur aire d'autoroute une fois descendus à peu près à 20%, pour monter à 80% et repartir direct, puis on redescend ensuite à 20%, etc.
- Cela nous donne un arrêt toutes les 2-3h, pour autour de 20-25 minutes. A l'arrivée, ces courtes pauses sont bienvenues et participent à l'effet détente.
- Par ailleurs, ça passe d'autant mieux que
- 1. pas besoin de rester avec le véhicule pendant qu'il charge. On le branche et on se barre direct.
- 2. pas besoin de redéplacer le véhicule (sauf si on va rester plus longtemps que le temps de charge ET que toutes les places sont prises donc que ce serait pas cool pour les suivants de bloquer une place pour rien => Nous n'avons jamais été dans une situation réunissant ces 2 conditions)
- 3. On peut suivre la progression de la charge en temps réel sur son smartphone donc c'est facile d'anticiper/optimiser : quand on voit sur son téléphone qu'on n'est plus qu'à quelques minutes d'atteindre le pourcentage de charge souhaité, hop, on sonne la fin de la récré, on attend que quasiment tout le monde soit rattaché pour débrancher, et zou, repartis.
Comme des petits dessins valent mieux qu'un long discours, voici les petites notes prises sur les 2 derniers trajets de nos vacances : le plus long : Berlin - Strasbourg, puis, après 36h strasbourgeoises, Strasbourg - Yvelines. Après un été passé à nous émerveiller que ce soit tellement plus simple qu'attendu, j'ai utilisé Habitica pour prendre des notes détaillées car je souhaitais objectiver un peu cette sensation avec des données précises.
Données précises ci-dessous, donc
Comme vous le voyez, ça nous a fait 3 pauses recharges sur le trajet Berlin - Strasbourg, dont 2 utilisées pour manger, donc au cours desquelles la voiture a terminé de manger avant nous (et du coup, on en a profité pour la charger à 100% ces 2 arrêts-là). L'arrêt intermédiaire, une fois la pause pipi passée, se sera traduit par 10-15 minutes supplémentaires à marcher (nous) et courir partout (les jeunes Bouts).
Autres constats :
- nous pensions devoir rouler à un rythme de mémère pour ne pas vider la batterie trop vite, et en fait même pas. Même plus : F. voulait profiter des autoroutes allemandes et de leurs sections sans limitations de vitesse, et les fois où de toute manière on prévoyait de s'arrêter bientôt on se permettait des pointes de vitesse dans ce sens et... c'était parfait.
- Je précise que la voiture était pleine à craquer et que nous avons utilisé la clim sans vergogne (là où pareil, certaines lectures nous avaient laissé croire que procéder ainsi transformerait notre véhicule en bête assoiffée
de sangd'électricité)
Ca fait donc un impact temps total étonnamment minime, alors même que nous étions partis de Berlin avec une batterie partiellement chargée seulement (bicoz les bornes à côté de notre hôtel berlinois étaient très chères, beaucoup plus que ce que nous savions pouvoir trouver sur l'autoroute).
Alors justement, passons au point important suivant :
3. les sous !!
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| Article pseudo informatif |
Là, j'étais dans ma voiture, après notre dernière recharge avant l'arrivée à la maison et... je venais de faire le calcul du "carburant" de l'été. Pour vous donner une idée,
- alors que pour un été standard en sans-plomb je budgétais grosso modo 900 à 1000€ de carburant,
- cet été nos recharges électriques nous ont coûté environ 400€ au total; et je précise que c'est
- sans avoir eu recours à des recharges "à l'œil" chez des amis / membres de la famille, qui viendraient quelque peu fausser le calcul : même chez mes beaux-parents par exemple, nous avons préféré aller charger à la station du Super U du coin.
- en n'ayant pas pu toujours optimiser : ce montant de 400€ inclut un chargement au prix de l'or à Berlin, et quelques chargements sur zone commerciale pas donnée dans nos différents lieux de vacances de cet été.
Donc, je venais de faire mes petits calculs, et paf, je tombe sur cet article... je tique, je m'interroge, je n'arrive pas à réconcilier mon vécu avec ce que je lis. Jusqu'à ce que j'avance dans ma lecture et que j'en arrive à cette fameuse "consommation moyenne de 25 kWh / 100 km".
- 25 kWh aux cent km, ça ne m'aurait jamais fait ciller avant. J'y aurais cru. Qu'est-ce-que vous voulez que j'aille chercher des noises, moi, j'y connais rien, si ils le disent, c'est que c'est vrai, c'est pas bien compliqué à avoir comme donnée, non ?
- Mais justement... c'est plus dur d'y croire quand c'est tellement facile à avoir comme donnée que j'ai les données de ma propre bagnole sous les yeux, qui montrent que même après 6 semaines à faire essentiellement de l'autoroute, donc à rouler vite, et en plus avoir fait de looooongues périodes de pointe à 160 km/h voire plus sur autoroute allemande (=périodes très gourmandes en énergie), on avoisine tout juste les 17 kWh / 100 km de moyenne.
- Ah bah oui. EVIDEMMENT. Si on veut arriver à un résultat faux, en fait, c'est facile : il suffit de faire le calcul avec des chiffres erronés. La data de m***, y a que ça de vrai.
Entendons-nous bien : il est complètement possible de se débrouiller de manière à ce que les km roulés à l'électricité coûtent aussi cher que des km sans-plomb. En tous cas quand on prend l'autoroute (pour des trajets quotidiens et donc en chargeant à la maison, je crois que là ça demande un effort de volonté vraiment hors du commun, cf plus bas).
- Aucun souci ! C'est d'ailleurs la réflexion qu'on s'est faite avec Monsieur Bout quand on a vu le prix de la recharge dans la borne rapide à 1 min à pied de notre hôtel berlinois (89 centimes du kWh). Si nous avions payé ce genre de tarifs durant toutes nos vacances, effectivement, la note globale n'aurait pas du tout eu la même tête. Et d'ailleurs, je suppose que ce seuil est plus vite atteint en Allemagne qu'en France, puisque le prix de l'électricité est, de base, plus élevé là-bas. Donc oui, en s'y prenant mal, sans la moindre information, c'est tout à fait possible, il n'y même pas besoin de truquer les chiffres de la consommation .
- Mais avec un minimum d'intelligence et un minimum d'informations, non. Je dis un minimum parce que, là aussi, nous nous attendions à devoir ruser comme des chacals pour limiter les coûts = charge mentale. (oui, on occulte trop souvent la charge mentale des chacals - et non, on dit pas des chacaux). A l'arrivée, c'est pourtant assez vite vu. En regardant les différents opérateurs au réseau suffisamment développé pour proposer de nombreux points de recharge rapide sur autoroute, nous avons vu que l'opérateur Ionity se distinguait par
- des tarifs déjà pas déconnants
- un système d'abonnement permettant de bénéficier d'une réduction substantielle dudit tarif : on peut passer à 33 centimes du kwH (sacrée différence avec les 89 susmentionnés, n'est ce pas ! Notons cependant que la différence de tarif de l'électricité entre France et Allemagne est se répercute aussi sur les bornes Ionity : c'est en France qu'on peut descendre à 0,33, en Allemagne, l'abonnement ne permet de descendre qu'à 0,39.)
- et un système fonctionnant au mois : on peut donc s'abonner pour les mois où on prévoit de gros trajets, et se désabonner le reste de l'année.
Pas bien compliqué...
Sur l'aspect charge mentale, d'ailleurs,
- oui ça demande de planifier ses pauses recharges avec un peu plus de soin (surtout si on a justement pris un abonnement avec un opérateur précis),
- mais là aussi, l'effet charge mentale est bien moindre que craint :
- le navigateur de bord est assez performant (même si celui de notre Skoda l'est tout de même un poil moins que celui d'une Tesla, ou que celui de la toute nouvelle Renault Scénic que Monsieur Bout a eu l'occasion de tester cet été), donc il permet de planifier au fil de l'eau,
- et par ailleurs il existe des applis très pointues sur le sujet, que nous utilisons en complément / avant de monter en voiture.
C'est, du reste, un peu la même chose avec les mythes courants sur les temps de recharge : puisque passer de 80 à 100% dure aussi longtemps que de passer de 20 à 80%, si on veut tuer les stats, c'est très simple
- on néglige la recommandation de ne charger, sur autoroute, que de 20 à 80% si on n'a pas de raison de rester plus longtemps (évidemment qu'on va au delà si on prend le temps d'un repas assez long par exemple; ou si on a un bébé à allaiter + changer; dans ce cas, on rentabilise l'arrêt).
- On fait l'inverse : on attend scrupuleusement que la bagnole soit à 100% pour repartir, et hop, Mesdames et Messieurs, voici comment on double son temps de recharge, sans trucage!
Donc, ça, c'est l'aspect financier "grands trajets".
Concernant l'aspect financier quotidien, c'est très impressionnant.
Sur les conseils de mon frérot, Monsieur Bout est allé regarder de plus près le tarif Tempo d'EDF et nous y avons basculé. Ce tarif différencie entre jours rouges, blancs et bleus, et heures creuses / heures pleines.
- Le principe est de ne charger qu'en heures creuses autant que possible (ça tombe bien, en branchant une batterie à 20% au début des heures creuses à 22h, elle est chargée pour la fin des heures creuses à 6h; zut alors) et en tous cas pas en heures pleines rouges (le tarif heures creuses jour rouge n'est pas un problème)
- A 0,1296€ du kWh, un chargement de la voiture en heures creuses jour bleu nous donne un coût, au 100 km, de X euros. Là où nous en avions pour ... . Autant vous dire que notre Twingo essence ne sort quasiment plus (nous avons fait 3 pleins avec elle depuis le printemps), car le calcul est vite fait, et les conclusions vite tirées.
- Ca demande un peu d'anticipation en hiver (période durant laquelle sont positionnés ces fameux jours rouges) ; sortis de l'hiver... la différence devient moins palpable donc les quelques fois où on est allés se coucher sans brancher alors que ça aurait été nécessaire, on l'a fait au lever. Un chargement en heures pleines Jour bleu, avec un prix du kWh à 0.1609€, donne alors un coût du 100 km dans les.
- Evidemment, hein, si on cherchait absolument à se ruiner, on pourrait s'amuser à se précipiter pour brancher notre véhicule en heures pleines jours rouges. A 0.7562€ le kWh, ca nous ferait du X au 100 km. Hélas, comme il n'y a que 22 jours rouges dans l'année, on est quand même OBLIGES de faire des économies le reste du temps. Quoique, non, rassurons-nous : si on voulait se compliquer la vie ET se pourrir le budget, on pourrait encore s'amuser à ne se brancher qu'en dehors de chez soi.
Côté entretien, la voiture est neuve, donc nous manquons évidemment de recul, mais ce qui est sûr c'est que
- l'électronique peut revenir cher, c'est une crainte commune... à tempérer avec le constat que maintenant, tous les véhicules thermiques sont eux aussi bardés d'électronique hélas
- en revanche, adieu les changements et entretiens de moult éléments mécaniques !
- petit truc sympa supplémentaire : nous changerons beeeaucoup moins souvent les plaquettes de frein, puisqu'en électrique on apprend vite à profiter du frein régénératif : dès qu'on arrête d'accélérer, la batterie récupère de l'énergie (ce qui freine le véhicule), c'est donc très incitatif à utiliser cela au mieux, en anticipant, ce qui favorise une conduite beaucoup plus souple (on y est d'autant plus incité que sur le tableau de bord, une petite barre grandit quand on est en mode "récupération d'énergie". On a vite fait de tout faire pour la faire apparaître le plus souvent possible). Du coup, on freine très peu. Le plus sympa là dessus a été cet été : en redescendant une petite montagne après une excursion Luge d'été, nous avons
- utilisé les freins deux fois sur toute la descente, pour les 2 virages les plus serrés de toutes les épingles à cheveux que comportait le trajet. c'est très reposant de ne pas avoir s'arcbouter sur la pédale de frein durant toute une descente
- fini en bas avec une batterie à 31% alors que nous étions partis à 25%. C'était la première fois que nous faisions de la montagne avec notre nouveau carrosse, et donc que nous pouvions vraiment VOIR, numériquement, l'effet de ce fameux frein régénératif. (accessoirement, c'était la folie dans
le studiol'habitacle: F. était au taquet, mais pas que lui, et tout le monde guettait et saluait à grands cris chaque % de plus affiché par la batterie. On s'amuse de peu !)
4. Longévité de la bagnole / batterie
Ca aussi, c'est une crainte bien attisée par les médias : la batterie perdrait très vite en capacité, et au bout de quelques années à peine, demanderait des arrêts de plus en plus fréquent.
Là encore, nous manquons bien évidemment de recul, en tant que famille Bout tout récemment équipée. En revanche, de la data existe. Et comme dit, j'ai la chance d'avoir un de mes frérots qui a basculé à l'électrique bien avant moi. Pire : il y a quelques années, il a remplacé sa première Tesla, achetée neuve, par une Tesla achetée d'occasion. Il roule donc avec un modèle de 2016, et pour rouler, il roule ! Il vit en Suisse, son épouse est d'origine bretonne, et son job l'amène beaucoup sur les routes. Il estime la perte de batterie, après 8 ans de bons et loyaux services, et plus de 200 0000 km, à inférieure à 10%.
- l'aspect économique : les tarifs électriques ont un peu augmenté depuis, mais euh, hein, je vous avoue, en ce moment précis, avec le contexte géopolitico-économique que nous savons, nous apprécions particulièrement de passer devant des stations services sans avoir à jamais nous y arrêter.
- les pleins sur autoroute :
- l'an dernier nous avons testé les grands départs en ski Là, pour la première fois, nous nous sommes tapé plein d'attente (1h30) : stations saturées ;
- cet été nous avons failli revivre la même en arrivant sur une station équipée de 4 bornes, avec SEIZE véhicules en attente. Si ce n'est que... nous ne sommes plus des novices [Gwen bombe le torse]: nous avons su dégainer l'appli Chargemap, repérer une station Mac Do nécessitant un détour de 10-15 minutes (laaaargement préférable à l'éternité d'attente), et hop, partis. En plus, j'ai pu y prendre un churros en attendant.
- Clairement, depuis, plus aucun souci : nous avons choisir les aires avec soin et/ou rebondir instantanément en cas de mauvaise surprise. Mais c'est probablement là où la courbe d'apprentissage peut se faire sentir désagréablement au départ.
- Le confort de conduite, en revanche, reste inégalé. Monsieur Bout comme moi-même trouvons petits et grands trajets beaucoup moins fatigants.
- Un autre aspect à prendre en compte : la connectique. La question de passer à l'électrique s'est posée pour mes parents. Nous avons plutôt cherché à les y inciter... jusqu'à une conversation avec ma môman qui a justement souligné deux points :
- ni elle ni mon papa ne sont des pro de la technologie : c'est nous (consortium de leurs enfants) qui les avons équipés de leur premier téléphone portable puis quelques années plus tard, de leur unique smartphone. Mon père ne sait toujours pas s'en servir à part pour passer des appels. Or beaucoup des fonctionnalités d'un véhicule électrique se gèrent par smartphone : connecter et payer une recharge sur une borne publique, suivre à distance le degré de chargement du véhicule, repérer une borne à proximité (se fait aussi sur le véhicule mais le téléphone est bien pratique). Autant de choses qui rendent les voyages si faciles ? Hum... faciles, oui, pour 95% de le population. Source additionnelle de stress pour eux.
- Comme mon honorable maman est la moins nulle des 2 sur le sujet, ce serait entièrement retombé sur elle. Et paf, prends-toi une couche de charge mentale supplémentaire.
- Moralité, ils sont repartis sur du thermique, et ça se comprend clairement
- le recul de 2 ans complets d'utilisation : nous qui avions pris ce premier modèle en leasing, par précaution (test de l'électrique + test du modèle = nous voulions voir à l'usage si notre compréhension de notre besoin théorique se révèlerait juste en pratique), nous avons signé pour acheter sa jumelle (pas moyen d'acheter celle que nous avons, hélas), que nous récupèrerons donc à la fin de l'été. Conquis.



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