mardi 14 mars 2017

Le raté du panier bio : ces fichus kumquat

Mon audace alimentaire de la semaine dernière a frappé côté fruits : on me proposait des kumquat, petit fruit d'une teinte orangée de bon aloi que je n'avais jamais goûté.
Comme visiblement mes aventures culinaires vous font beaucoup marrer, et que, gonflé par mes succès, mon courage ne connaît plus de limites, je me suis dit que ça valait le coup d'essayer.

Voilà qui aura ajouté encore à ma culture gastronomique, mais qui n'ira pas enrichir nos menus !
Le petit fruit est tout mignon, certes; et son goût n'est pas mauvais. 
Rien d'extraordinaire, mais c'est acidulé, ça se rapproche de la mandarine ou du pamplemousse, donc pas de quoi fouetter un chat, 
  • ni dans un sens (ça ne justifie PAS tous ses travers, dont je vais vous donner la liste), 
  • ni dans l'autre (il n'ajoute pas auxdits travers, celui d'avoir, en plus, mauvais goût. Encore heureux !)

Tous ses travers, me direz-vous ?

Enfin, surtout un.

Le kumqat est un fruit relou à manger.
Voilà.
Tenez-vous le pour dit.

C'est un peu court, jeune homme ?

Quelques détails supplémentaires, bande de Saint Thomas !
  • le kumquat est un tout petit fruit, donc le travail demandé pour chaque fruit ne "rapporte" que peu de chair à manger
  • il faut laver le fruit, bon ça encore on survit (je ne sais plus pourquoi il faut le faire puisqu'on ne mange pas l'écorce, mais il faut; et puis zut, ceci est un billet à charge donc interdiction de me contredire)
  • le couper en deux, jusque là, c''est encore dans mes cordes
  • tout de suite après, en revanche, on commence à réaliser qu'on s'est peut-être bien fait avoir : les deux moitiés sont remplies de pépins ! Plutôt gros, donc hors de question de faire autre chose que les retirer. Allez, à la chasse aux pépins. L'avantage de la taille réduite du fruit, et de la taille fort respectable du pépin, c'est qu'au moins cela épargne d'avoir à les chercher, ils se voient comme le nez (enfin, 6 ou 7 nez, facile) au milieu du visage.
  • Passée cette étape d'épépinage, la Gwen est en droit d'être un peu perplexe : reste-t-il quoi que ce soit à manger dans le fruit ? En effet, à ce stade on voit surtout les alvéoles qui structurent la chair du kumquat (un peu comme dans un demi-pamplemousse), alvéoles qui, une fois les pépins retirés, ont l'air assez... vides.
    • On plonge une cuiller (il en faut une vraiment petite ! sinon elle ne rentre pas vraiment bien dans le demi-fruit, vu la taille réduite de celui-ci), on appuie fooooort, on tourne (comme pour un kiwi), et au prix d'efforts surhumains on en sort une quantité ridicule de chair + alvéoles (et honnêtement, on a l'impression qu'il y a surtout l'alvéole, point de chair), quantité gobée instantanément par le Bébou ou la Bébounette qui s'impatientent à côté.
    • Oui, nourrir DEUX enfants, seule avec des kumquat, c'est comprendre ce que vit une maman hirondelle chez qui une femelle coucou distraite aura déposé DEUX de ses œufs de morfale.
    • Et on recommence.
  • Cerise sur le gâteau : ptet pas beaucoup de chair dans ces machins, mais une belle quantité de jus pour compenser : au bout de deux fruits à peine on en a les avant-bras qui ruissellent, un vrai plaisir.

KUMQUAT GO HOME.

(alors, là, voyez-vous, j'avoue que j'attends avec une certaine curiosité celle d'entre vous, qui, forcément, va se ramener comme une fleur en mode "rho mais non le kumquat c'est super bon super simple il suffit de". 
Je n'ai même pas encore trouvé le courage de terminer le sachet, je lui en envoie le reliquat en colissimo, direct !)


[edit, dernière minute avant impression ! Au moment-même de publier ce billet, une rapide recherche internet visant à vérifier l'orthographe du mot kumquat - j''étais en train d'omettre le "u" - me permet de réaliser que j'avais zappé un léger détail dans mes lectures : la peau se mange. Donc toutes mes manipulations de petites cuillers, là, pfffrt, c'était pour des prunes.
Ah. 
Mouais. 
Mouais. 
Vais-je pour autant renoncer à ma diatribe ? Non ! 
Mais je vais quand même aller m'attaquer à la fin du paquet voir ce que ça donne. 
Ceci dit, cela ne fait que rajouter un point à la liste des torts de ce fichu fruit : il a l'esprit de contradiction, le bougre!]

dimanche 12 mars 2017

Une Semaine en Parentalité Positive #5

"Et ça continue, encore et encore
C'est que le début, d'accord, d'accord"
Fraaanciiiiiiiiiiis !!!!!

Bon, faut dire que l'idée lumineuse qui m'a traversé l'esprit en vous écrivant la semaine dernière, à savoir d'avoir recours à mon Bullet Journal chéri pour y consigner directement à très chaud les épisodes pouvant venir enrichir cette chronique, s'est révélée extrêmement efficace. 
Et cela me permet même de faire coup double : j'ancre en écrivant sur le coup, et le sillon s'approfondit encore davantage le soir quand je transforme mes notes de BJ en bout de billet de blog.

Samedi:
F. ne se montre guère coopératif pour le brossage de ses dents.
Parmi ses nombreux sujets de doléances du jour figure son tube de dentifrice en fin de vie, il en réclame un nouveau (que 1. je n'ai pas en stock, 2. ils serait hors de question d'entamer avant que l'autre n'ait totalement succombé).
Je souligne qu'en effet le tube est bientôt terminé, et j'enchaîne en lui demandant de quelle couleur le prochain pourrait être (l'actuel, goût chimique orange, a un bouchon orange).
" Bleu !
- Et il serait à quoi ? 
À la myrtille !
- Ah oui, un dentifrice bleu à la myrtille ?! Trop bien !"
Et voilà, comme souvent, une fois l'imaginaire mis en marche, on ne s'arrête plus. 
F. enchérit donc:
"Et ensuite y aurait un jaune, à la banane....
- Oh !
Et après, un rose !
- Ah oui, un rose ! Il serait à la fraise ou à la framboise ?
A la ... fraise ! Puis un vert, au...kiwi !
- Avec ou sans pépins ?
Saaaans...!!!" pouffe F.
Je peux vous dire que les dents ont été longuement brossées.

Dimanche:
Sortie mensuelle au musée, suivie d'un brunch-déjeuner au café du Musée d'Art Moderne & Contemporain.
Au moment du dessert, nous nous servons abondamment; après quoi F. est encore motivé pour un dernier macaron. 
Monsieur Bout l'envoie le chercher seul, demande qui en veut d'autre, et explicite sa mission
"Il nous en faut un pour toi, un pour moi, donc tu en rapportes deux. Deux macarons, F." 
puis le laisse partir avec son assiette.
Tout imbu de son rôle et de la confiance et l'autonomie qui lui sont données, F. revient avec deux macarons, pas un de plus, sert son père, et engloutit le sien.

Lundi:
I.
F. asticote sa sœur ; je le reprends plusieurs fois en mode 
"Les petites sœurs ne sont pas faites pour être tapées"
Puis à un moment, à l'instant même où F. s'apprête à repartir à l'attaque, je me contente d'un
"Fais lui un câlin, F."
F. interrompt son geste brusque et entoure sa sœur de ses bras.

II.
Au moment d'ôter son pull, F se plaint, comme souvent à cette étape :
"J'y arrive paaaas.
- Oh, moi je me souviens de la dernière fois, où tu y es arrivé alors que tu ne pensais pas y arriver..."
Petit sourire, il s'y met. Tempête ensuite car tout de même, ce fichu pull résiste à ses efforts; mais j'encourage d'une description :
"Oh, je vois une petite main qui est sur le point de faire passer le coude hors de la manche!".
Hydre terrassée Pull vaincu, sourire fier de mon blondinet.

Mardi:
I. 
Au petit déj, F. se sert de sucre en poudre pour son porridge. Il rencontre des difficultés pour atteindre le sucre avec sa petite cuiller car le pot est déjà bien vidé. Hop, petit renseignement :
"je crois que ça fonctionne mieux quand on penche, cela rapproche le sucre de l'ouverture."

II.
Petit déj, toujours, F. cherche à ce que j'étale son beurre sur sa cracotte :
"J'y arrive pas"
Je donne des renseignements, puis reformule sa demande :
"Le manche du couteau est là. Ah, tu le sais, et tu sais le faire, mais tu veux que j'étale pour toi cette fois ? OK"
Je lui beurre sa cracotte, suite à quoi il proteste car le résultat n'est pas conforme à ses exigences.
"La manière dont je le fais ne te plaît pas; à toi de le faire alors."

III.
Le soir, coucher difficile pour une fois (cela fait des semaines que les choses se passent bien à ce niveau, youpi tagada); F. se relève et vient rôder autour de nous plusieurs fois, je m'énerve, je délègue à Monsieur Bout, mais le Bébou revient toujours... 
Je finis par perdre patience et lui annoncer d'un ton revanchard qu'il sera trop fatigué pour aller à l'éveil musical le lendemain, grrr, ce qui a bien entendu tout à fait l'effet espéré : le Bébou se met à hurler dans sa chambre, ambiance !
Son père finit par y retourner, le fait redescendre à coups de guilis, et là, paf : 
"j'ai envie de faire caca" (il porte toujours des couches la nuit, depuis Noël, le deal étant que si besoin de grosse commission, il vient nous demander pour qu'on la lui ôte et la remette derrière).
C'était donc ça qui le gênait ! Je me sens d'autant plus fine.
L'écoute, l'écoute, un long apprentissage...

Mercredi:
I.
S'étant rendu aux WC encore chaussé de ses bottes pleines de terre, F. en a répandu dans l'entrée; je lui demande donc de sortir l'aspirateur, il en aspire une partie, je termine (en en profitant pour déborder un peu), puis lui demande de ranger l'aspirateur dans le placard.
Il s'y attelle puis s'énerve un peu devant la difficulté (c'est relou, un aspi à ranger!), et m'interpelle pour me demander de l'aide. 
Je me dirige vers lui pour l'aider... et remarque trop tard qu'en fait il avait continué seul dans l'intervalle et était sur le point d'y parvenir. Mon intervention vient donc interrompre cela...

II. 
Deuxième sortie de la journée, F. enfile ses bottes mais peine à le faire, il rouspète, je me dirige vers lui pour l'aider, et son péremptoire "tout seul !" me rappelle une nouvelle fois l'importance d'accueillir les sentiments des enfants face à la difficulté, tout en leur laissant le temps de la surmonter...

Jeudi:
I.
En allant réveiller sa sœur (qui dort toujours dans la salle de classe pour le moment), F. fait le zouave, ce qui aboutit notamment à la chute d'une pochette plastique sur le sol. 
Je décris le problème :
"Il y a une pochette plastique entre la table et le radiateur.
- Je peux pas l'attraper..."
Je donne un renseignement:
"En bougeant la table, tu pourras l'atteindre"
F. n'en fait rien.
Je ne dis ni ne fais rien de plus, me penche vers la Bébounette, gazouille avec elle, la sors de sa turbulette, la câline.
Au moment de quitter la pièce avec E. dans les bras, direction le petit-déjeuner, je précise d'un ton neutre :
"Avant de partir, il y a la feuille à ramasser"
Et hop.
Enseigner la responsabilité, une entreprise de longue haleine / qui demande un peu d'obstination !

II.
Au moment du dîner, je suis déjà un peu à cran 
  • les enfants ont pris un bain en trempant la salle de bains malgré le "l'eau reste dans la baignoire" qui avait si bien fait effet la veille; 
  • j'ai voulu dans le même temps passer l'aspirateur, ranger les courses et préparer des épinards frais, bref, trop voulu en faire, 
  • et au moment de passer à table ils ont joué avec le contenu du placard sous l'évier, dont une bouteille de vinaigre blanc qui s'est ouverte en répandant une partie de son contenu sur le sol de la cuisine, d'où passage de serpillère impromptu dans un timing qui n'a évidemment pas amélioré mon humeur
F. est relou!  Critique le plat, frappe la table avec sa cuiller, ne veut pas mettre de bavoir, et je ne sais plus quel autre crime... 
Et E. me tape sur les nerfs à dévorer la partie féculent de son assiette sans toucher aux épinards qu'elle adore pourtant, et à réclamer très bruyamment du rab desdits féculents.
Mes réactions au comportement de F. sont au départ encore dans la lignée F&M, puis commencent à se faire plus crispées. Et voilà qu'en voulant taper sa timbale contre la table (grrr), F. la renverse, bien pleine ! (re grrrr).

Là c'est Monsieur Bout qui (bel exemple de contagion émotionnelle) s'énerve sur son fils, lui assène un "tu as renversé toute ta timbale, tu vas nettoyer" en lieu et place d'un "oh, de l'eau sur la table, voici le rond vert", récolte un "NON" bien senti, veut le forcer, et paf, toute la tension accumulée part dans une colère en bonne et due forme. Éruption pour laquelle je suis consciente de notre part de responsabilité. Mais bonjour les cris dans la cuisine !
"Tu es en colère, mais crier c'est hors de la cuisine. Tu as besoin d'aller te calmer, veux-tu que je t'accompagne dans ta chambre ?"
Refus & cris.
Je sors F. de la cuisine et, une fois dans un coin plus sombre de l'entrée, le prends dans mes bras pendant qu'il hurle. Je reflète ses sentiments, lui caresse la tête, le dos, en le maintenant, puis fais virer ma manière de le maintenir en mode guilis. 
Que je les aime celles-là ! Ça finit en câlin.
Nous revenons à la cuisine, et je décris
"Oh, tiens, c'est encore mouillé"
F. attrape le rond vert, fin de l'histoire.

Vendredi:
F. s'est amusé, comme souvent, à placer le doudou de sa sœur hors de portée des petits bras de celle-ci. 
E. geint.
Description du problème avec option traduction des sentiments:
"Ah, il y a un problème, cela rend E. triste de ne pas réussir à attraper son lapin. Comment faisons-nous ?"
F. se met sur la pointe des pieds, redescend le lapin et le jette à sa sœur.


Hotline ouverte, comme à l'accoutumée !

vendredi 10 mars 2017

Géographie pour le Bébou, round n°1

Cela fait plusieurs semaines que le Bébou a fait ses premiers pas dans le monde merveilleux de la géographie, et je suis assez épatée de l'enthousiasme avec lequel il y évolue.
Je précise d'ailleurs que j'avais fait les premières présentations en mode "test": n'ayant perçu aucun signe manifeste, je n'avais aucune assurance de tomber là sur une période sensible. C'est une expérience dont je tire la leçon, pour l'avenir, que si certaines périodes sensibles sont inratables, d'autres peuvent passer inaperçues, ou être détectées / révélées (provoquées ?) par une proposition au petit bonheur la chance.

Voici donc un court billet retraçant ce que nous avons fait jusqu'à présent, et répertoriant les ressources qui nous ont été utiles.

Méthodologie retenue : Montessori

Matériel : 

  • Globes rugueux et de couleur
  • Puzzle du planisphère 
Achetés chez Absorbent Minds.
Je suis très satisfaite des globes.
En revanche concernant le puzzle du planisphère je trouve la forme de l'Europe, notamment, pas très réussie : aplatie, elle est plus difficilement reconnaissable. Par ailleurs en pleine écriture de ce billet (z'ont mal choisi leur timing !), le bouton de préhension du petit bout d'Asie qui se retrouve sur la partie gauche du planisphère s'est désolidarisé dudit petit bout d'Asie. Relou ! Et compliqué à recoller, en plus.
A noter, chez Absorbent Minds j'ai pris, pour tous les puzzles de géographie, la version petit format.

J'ai complété ensuite en pillant allègrement les ressources mises à disposition par deux chouettes blogueuses, Aurore des Montessouris, et une autre Gwen (gage de qualité, évidemment!) des Crapouillotages.
  • cartes de nomenclature des continents, une version couleurs Montessori, une version photo satellite & cartes de nomenclature des océans : chez Gwen 
  • coloriage du planisphère, dans un autre de ses billets  
  • coloriages des continents: chez Aurore 
  • drapeaux des continents: même billet !
C'est ultra précieux, un grand, grand merci à elles !!


Tout cela, chez nous, a donné la progression suivante:

  • 1. Présentation du globe rugueux 
    • Pour mes présentations de matériel Montessori, je m'inspire généralement des explications des sites albummontessori et lasemainemontessori; en l'occurrence, c'est chez le premier que je suis allée chercher.
    • J'ai enrichi en m'inspirant largement des suggestions brillantes lues chez Aurore: F. s'est notamment montré très intéressé par le fait de faire voyager un poisson (imaginaire car je n'en avais pas, mais notre doigt a très bien fait le poisson) d'un bout à l'autre du globe, et moi j'ai admiré la minutie avec laquelle il passait les détroits et contournait les îles.

  • 2. Présentation du globe de couleur
    • Plusieurs leçons à trois temps pour introduire les noms des 7 continents, et un F. ravi de découvrir l'Europe !
    • Il a ensuite fait de lui-même le lien entre globe rugueux et globe des continents, en cherchant à reconnaître sur le premier les formes du second.

  • 3. Présentation du puzzle des continents : gros succès ! Là encore, de lui-même il fait très souvent le lien entre puzzle et globe, en cherchant sur le globe le continent qu'il était en train de placer.
 
  • 4. Introduction  des cartes de nomenclature version couleurs Montessori. Au départ F. s'est monté assez réticent à les utiliser; j'ai pu débloquer les choses en le faisant sous forme de jeu et en me collant à la tâche (je lui montre une carte, il trouve le continent et le nomme, puis on inverse : il me montre une carte, je cherche le continent et le nomme).

  • 5. Coloriage du planisphère : gros succès ! 
    • F. n'est pas un amoureux du coloriage, et s'en lasse assez vite, mais à chaque séance il sort le coloriage en cours et l'avance un peu. Cette activité a vraiment contribué à sa maîtrise des termes.
    • Une fois son premier planisphère terminé, il m'a surprise en voulant de lui-même le découper : ses premiers découpages en rond, et franchement bien réussis ! Cela pour aller ensuite le coller sur notre porte d'entrée... et en commencer d'office un deuxième.
 
  • 6. Introduction des cartes de nomenclature photos. Là aussi, F. les a refusées pendant plusieurs séances, j'ai laissé couler, puis j'ai repris en commençant par celle de l'Afrique (continent qu'il apprécie particulièrement), et en lui faisant remarquer les différences de couleur visibles. Il était en effet tout étonné que ce continent "vert" (en code couleur Montessori), ne le soit pas entièrement sur la photo ! La notion de désert l'a visiblement frappé, et nous avons ensuite passé en revue chacun des autres continents pour en expliquer les différences de couleur. Depuis, nous jouons à les mettre en paire avec celles des couleurs Montessori.

Voilà où j'en suis pour le moment, il me reste les petits drapeaux à utiliser (et à fabriquer... je n'ai pas encore trouvé la pâte pour les pieds !), les coloriages des continents (je pense aussi les utiliser en poinçonnage comme suggéré par leur créatrice), et les cartes de nomenclature des océans à introduire. Concernant ces dernières, je ne sais trop comment faire, pour un enfant non-lecteur...

Inspirée par la manière dont la comptine trouvée pour les jours de la semaine a favorisé leur apprentissage pour F. (et pour E. ! elle la chante volontiers et utilise volontiers certains des noms... à tort et à travers bien entendu, mais que c'est chou), j'ai fouiné sur le web, à la recherche de quelque chose d'analogue qui reprendrait les noms des continents.
Et j'ai trouvé celle-ci : 
Sur le dos d'une antilope
Je fais le tour de l'Afrique
Sur le dos d'une bourrique
Je fais le tour de l'Europe
À dos de yack qui galope
Le tour de l'immense Asie
Sur le dos d'un poisson-scie
Le tour de l'Océanie.
Sur la vigogne au poil doux
Le tour des deux Amérique
Dans ta poche, ô kangourou,
Je traverse l'Australie.
Très mignonne, j'adhère à fond au fait de faire correspondre un animal à chaque continent, mais.. pourquoi, pourquoi, POURQUOI faire une erreur monumentale dedans ? Parmi les 6 continents énumérés, on se retrouve avec l'Australie et l'Océanie (les deux Amériques sont évoquées ensemble).
Scrogneugneu.
Du coup, pas de comptine. Mais zut !

F. est en tous cas passionné par ce thème, malgré quelques écueils sur le chemin : ainsi, il a pu se montrer réticent à 
  • faire les choses correctement (ex: colorier le coloriage en respectant le code couleur - alors que maintenant quand il voit un planisphère ailleurs, il s'insurge de ce que ledit code couleur n'est pas respecté...), 
  • prendre la peine de nommer les continents 
    • j'ai eu recours à la ruse en faisant intentionnellement des erreurs... 
    • et par ailleurs, j'ai abondamment commenté ce qu'il faisait en nommant moi-même les continents qu'il manipulait, de telle manière qu'il se familiarise ainsi encore davantage avec les noms, car j'avais bien identifié que plus il craignait de se tromper, plus il rechignait à en prendre le risque : l'Europe était ainsi le nom qu'il sortait le plus volontiers, alors qu'il bloquait totalement sur l'Asie.
  • s'intéresser à un nouveau matériel (les cartes),
mais cela n'empêche pas que presque chacune de nos séances IEF, depuis 5 ou 6 semaines, le voit se diriger en tout premier vers le matériel de géographie, et y passer un bon quart d'heure à minima. Tout récemment, c'est la totalité de la séance (une heure), qui y a été consacrée.
Encore quelques progrès de prononciation à faire pour maîtriser certains noms complexes ("Arémique du Nord, Arémique du Sud" ;-)... et Antarctique qu'il a prononcé parfaitement du premier coup, mais qui l'intimide à présent...

Le Bébou louche à présent sur une carte de l'Europe imprimée au dos d'un classeur de son père, et a retenu très vite le nom et l'emplacement du pays d'où provenaient nos derniers visiteurs... Là encore, il va falloir que je gère le timing, je trouve assez compliqué de savoir à quel rythme présenter de nouvelles choses, entre les fois où je suis trop lente et le laisse sombrer dans l'ennui, et les fois où du coup nous ne profitons pas assez d'une chose avant de passer à la suivante...

L'IEF, tout un apprentissage ;-)


mercredi 8 mars 2017

HELP ! Qui s'y connaît en insectes ?

Aujourd'hui, un rapide petit billet pour solliciter vos lumières.

De ma première expédition chez Action, j'avais rapporté, parmi mille autres trésors, une boîte contenant des petites silhouettes de différents insectes (4 de chaque type) en feutre.

Mon idée de base était de lier ces représentations à des images / photos des "vrais" insectes correspondant, voire de créer un mini-jeu où le Bébou serait invité à placer les figurines en feutre en reproduisant des modèles de placement où figurent lesdites images / photos.

Hé, quand même, hein, c'est chouette comme idée, non ?
Oui, mais c'est bien joli, je m'aperçois que je ne suis pas capable d'identifier avec certitude la totalité de mes petites figurines.

Alors, un coup de main ?

De gauche à droite, puis de haut en bas, je verrais
1. ??
2. scarabée
3. libellule
4. coccinelle
5. abeille
6. araignée (qui n'est pas un insecte, alors j'hésite à la garder, ou à profiter de l'occasion pour montrer la différence : pas d'antennes, corps en deux parties, 8 pattes ; mais bon passons)
7. 8. et 9.: pour moi, c'est papillon, papillon et papillon, ce qui m'embête un peu. Ceci dit, même parfaitement ignare, j repère tout de même des différences entre les 3 silhouettes, mais je suis parfaitement incapable de savoir si cela est du à la fantaisie du mec qui a pondu ces silhouettes, ou si ce sont des signes pointant, de manière évidente pour un esprit éclairé (= pas moi), vers différentes espèces / types de papillons ?

Bref, profitez-en, venez étaler votre science en commentaire, ma gratitude éternelle vous sera acquise.

Sinon, je verrai ce que je ferai de ce machin, les possibilités ne manquent pas, ne serait-ce qu'en utilisant les insectes que je connais, et au pire une activité de tri simple pour la Bébounette (pas tout en même temps), et de tri avec une pince à épiler pour le Bébou.

Mais j'étais méga fière de mon idée première donc sauvez-la ;-)

En vous remerkiant !

lundi 6 mars 2017

Point - progression en février 2017

Février : quel mois vite passé !
Peu de jours, et qui rallongent, le temps file... et ça y est la semaine dernière nous avons pu constater que les cigognes sont de retour. Moi, cette odeur de printemps, j'aime ;-)


 

le Bébou en a bien profité.

Sur un plan plutôt "scolaire", il est toujours à fond sur la géographie, et mon billet correspondant est presque prêt ! Si si. 
Tellement à fond qu'il repère maintenant tous les planisphères qui passent sous ses yeux, et les commente avec enthousiasme (d'ailleurs : je souhaiterais en afficher un dans notre couloir. Si j'avais eu celui de Médecins du Monde sous la main je l'aurais réutilisé d'office, qu'avez-vous de similaire à me conseiller ?)

Il est également toujours très intéressé par les chiffres, comme l'a montré, du reste, son comportement vis-à-vis du très beau fichier d'activités pêché chez Crapaud Chameau : le voir procéder était très révélateur de ses centres d'intérêt  : 
  • enthousiasme pour ce qui touchait aux chiffres, au dénombrement ainsi qu'aux formes géométriques, aux tracés de chemin et au découpage ; 
  • snobage dédaigneux des pages touchant aux lettres et au coloriage...
 

















 
En vie sensorielle, j'ai introduit les barres rouges, qui ont connu un certain succès : pour le coup ce n'était pas trop tard, il n'a pas su faire bon du premier coup et s'y est donc davantage intéressé qu'à la tour rose / escalier marron.

Et sur la fin du mois j'ai enfin pris le temps de fabriquer des exercices autour d'algorithmes, qui l'ont passionné, il a tout englouti en l'espace de quelques séances, il m'en faut donc de nouveaux, et des plus complexes...







Sur le plan de l'autonomisation, agir en mode Jane Nelsen porte des fruits
  • il fait désormais son lit sans aide, et plutôt bien
  • il a fait d'énormes progrès pour s'habiller et se déshabiller, ne reste que l'enfilage de pulls / T shirt à maîtriser, il sait à présent ôter ses nouvelles chaussures bien qu'elles soient un peu compliquées, les enfiler cela reste à voir
cadre d'habillage... revisité.



Enfin, le Bébou traverse visiblement une période où le fait d'être grand / petit le préoccupe vraiment.
Il sait faire / ne sait pas faire, demande des couverts et une assiette "de grands" à un repas, une "de bébé" au repas suivant, parle bébé puis parle grand, évoque souvent les "quand je serai grand", affirme avec force "qu'il a grandi", et que "quand il était petit, il...", et se passionne aussi pour les bébés dans le ventre. Une question récurrente est d'ailleurs l'utilité du nombril, il se ne lasse pas de rerépéter ou s'entendre rerépéter les explications...



Côté Bébounette

Langage, toujours !
  • Au point que je n'ai plus trop de problème à la changer depuis quelques jours : elle était trop occupée à apprendre "genoux", "cuisses", "mollets"; maintenant que c'est maîtrisé, elle est ravie de pratiquer pendant les séances de change, et nous ajoutons "coudes", "épaules", "poignets", et "auriculaire" (oui c'est celui-là qu'elle a retenu. Elle va connaître le nom des doigts avant son frère...)
  • des mots longs et complexes commencent à être prononcés correctement : son propre prénom (4 syllabes), ou des mots tels que "balançoire", par exemple
  • Et... les premiers mots d'allemand ont fait leur apparition : Milch, Ja ! (prononcé avec enthousiasme à chaque fois qu'elle dit quelque chose en allemand, en miroir de notre propre réaction délirante), Löffel
  • le tout, avec de plus en plus de phrases à minimum 3 mots, et des verbes conjugués, des pronoms personnels, etc ; parmi ces phrases, la question "et ça, c'est quoi ?" occupe bien évidemment une place de choix...

L'autonomisation se poursuit
si elle régresserait presque côté se nourrir seule, parce que subitement davantage intéressée par patouiller dans son assiette que se nourrir avec la cuiller (ce qu'elle faisait si sérieusement auparavant), en revanche elle a systématisé le fait de mettre elle-même son manteau et ses bottes, et je m'efforce de le lui faire faire le plus souvent possible (= quand pas complètement en retard).

Elle enfile aussi ses chaussettes... sur ses mains ;-).

Motricité fine: ce mois-ci, la Bébounette a découvert les gommettes : elle adore, est capable d'en faire pendant de longs moments, les décolle déjà toute seule de leur plaquette (ce que j'avais du faire pendant longtemps pour le Bébou, en son temps), et nous avons eu la surprise de constater que d'elle-même, elle les positionnait soigneusement sur des lignes si certaines étaient tracées.


Quant à la Gwen

eh bien elle va toujours très bien !
Flylady, ménage, Bullet Journal, machin, ça roule, elle prévoit des billets pour vous en parler m'enfin vous savez c'que c'est ma bonn' dame, le temps s'en va, le temps s'en va,...
J'ai encore pu faire un tas de trucs pour moi, pour les enfants, utiles, agréables, bref, ça boume.
Et vous le suivez, côté parentalité positive, ça avance à son petit rythme, le mois de février a certes été émaillé de quelques épisodes plus compliqués, mais cette impression d'un vrai mieux demeure et c'est très porteur.
J'ai enfin reçu, et commencé à lire, le Jane Nelsen pour les 3-6 ans, ça m'occupe...

Un peu de frustration bicoz côté blog, j'ai pu écrire pas mal mais moins que je ne souhaiterais, prix à payer pour la joie d'avoir de la visite.
Mes visiteurs sont partis, les prochains ne débarqueront pas tout de suite, j'espère donc pouvoir me rattraper un peu !

samedi 4 mars 2017

Une Semaine en Parentalité Positive #4

Quatrième édition de cette Semaine de la parentalité positive.
Je crois que je ne suis pas prête d'arrêter ces billets (enfin, bon, sauf si vous faites une pétition sur change.org), car ce que j'y raconte + le fait de le raconter = oui, ça s'ancre, et ma sérénité grandit avec le temps (avec toujours des hauts et des bas, hein, mais le niveau moyen de la courbe est plus haut, si vous voyez ce que je veux dire).

En revanche cela me demande plus de travail qu'au départ ... Eh oui, je réalise que, justement, comme ces réflexes s'ancrent peu à peu, eh bien, de plus en plus de situations se règlent comme ça, hop, sans me demander trop de cogitation, et il m'est alors plus difficile de m'en rappeler le soir. Que de fois cette semaine me suis-je dit le matin "ah, je tiens mon petit récit pour le blog", pour ne plus réussir à retrouver de quoi il s'agissait, une fois le soir venu ? 
Hum, en écrivant cela, je me dis que peut-être sur ce plan-là je pourrais demander à mon Bullet Journal de m'aider, en deux-trois mots-clés rapidement notés... à voir !

Samedi :
Pas évident d'identifier une situation à vous raconter, car c'était une journée particulière, à la fois du fait que les enfants étaient maladous, d'où lâchage de lest, et du fait que nonobstant cela, nous l'avons passée dehors à mille sorties, donc un peu hors du cadre.
Néanmoins, ces sorties sont justement une bonne occasion de favoriser l'autonomie .
En forêt, F. remarque les bruits différents, et s'extasie avec nous sur le calme et le silence.
Pourquoi y a du silence dans la forêt, et pas chez nous ?
- Eh bien, qu'y a-t-il chez nous qui fait du bruit ?
... Les personnes... les voitures... les tramways, les policiers, les chiens !

Dimanche : 
Bonne grosse crise en pleine messe (nous avons souhaité qu'il cesse de faire des bruits de moteur, je crois...), c'est Monsieur Bout qui file au fond de l'église avec un F. hors de lui (nous ne voulons pas sortir puisque pour le coup cela risquerait d'inciter F. à être bruyant afin de sortir).
Ses cris résonnent pendant un moment ... puis se taisent brusquement.
Monsieur Bout me le dira fièrement à la sortie : il a eu recours aux guilis, avec effet immédiat. La fin de la messe se passera calmement.
Bon, je vous l'avoue, j'en ai marre de ces crises en pleine messe, donc je pense que d'ici très peu je vais tenter la résolution de problèmes.


Lundi:
I.
Face à un F. me manquant de respect (ton désagréable, gestes violents), j'exprime mes sentiments avec vigueur :
Je n'aime pas qu'on me parle comme ça / Je n'aime pas qu'on me tape
Réactions
S'il te plaît maman, ... /  Pardon

II.
Au parc, à un F. pas disposé à partir
"Je sors E. de la balançoire et je commence à avancer avec elle, tu nous rejoins dès que tu es prêt"
Il était avec nous 2 mètres après que nous ayons franchi le portillon.


Mardi:
Passage à la pharmacie (ben oui avec leur pseudo-incubation de varicelle qui n'en était pas une [soupir], nos stocks de Doliprane ont souffert), petit passage en revue des règles avant : 
Que faisons-nous à la pharmacie ? 
- On dit bonjour, on touche pas, on dit au revoir

Comportement impeccable en pharmacie (inclusive je cafte ma sœur : "Maman, E. elle touche les boîtes !")

Valorisation à la sortie : 
"c'était très agréable de venir dans la pharmacie avec toi, tu as pensé à dire bonjour, tu as garé ta draisienne avec soin près de la porte, tes mains sont restées loin des objets, et tu as dit au revoir"

Réaction de F. "la prochaine fois, je crierai !"
(???! euh... due à sa déception que, contrairement à la dernière fois, aucune sucette ne lui ait été proposée par le pharmacien ?)


Mercredi:
Je m'interpose quand F. s'amuse à rouler / rentrer dans sa sœur avec sa draisienne
J'énonce la règle, lui donne le choix puis passe à l'action (fatiguée, j'aurais peut être pu trouver d'autres voies avant celle-là...) : je prends la draisienne.
Énorme colère, à laquelle je réagis par peu de mots ; je me contente, de temps en temps, de rappeler mon amour et d'affirmer ma confiance dans le fait qu'il fera un meilleur choix la prochaine fois.

Une fois de retour de la maison, et l'objet de la discorde (la fameuse draisienne) hors de portée puisque laissée sur le palier, nous enchaînons sans transition sur une colère n°2 : pas encore calmé de la première, F. m'enjoint en hurlant de l'aider avec sa fichue fermeture éclair. (le "fichu" est de moi, hein, cette %@# déraille maintenant systématiquement, comment voulez-vous encourager l'autonomie de l'enfant avec ça, je vous le demande)
"Je n'aime pas qu'on me parle sur ce ton. Fais-moi une belle demande."
 Grosse colère, j'essaierai les guilis mais F. est déjà trop "parti", il a visiblement besoin de décharger jusqu'au bout.
Idem, le contact physique (le contenir dans mes bras) ne portera pas forcément de fruit (en tous cas immédiat).
Je me borne au silence et à quelques rares mots redisant la règle ou mon amour, et mettant en mots ses sentiments.

Puis, quand j'ai l'impression que la colère baisse un peu en intensité / conviction, mais que F. est pris dans un cercle vicieux dont il ne sait plus sortir, quelques mots pour refléter ses sentiments : 
"C'est difficile de sortir de la colère, on se sent mal et on n'arrive plus à s'arrêter, moi aussi quand j'étais une petite fille..."
Avec une référence au livre "Grosse colère", emprunté il y a quelques temps à la bibliothèque :
"C'est difficile une fois que le gros monstre rouge est sorti, de le faire re-rentrer dans la boîte."
Il me dit non...
Mais j'enchaîne en l'informant aussi que, une fois le repas fini (oui, dans l'intervalle j'ai préparé le déjeuner et sa sœur et moi en sommes déjà à la moitié), son assiette à lui aussi sera débarrassée.
Les deux combinés : il s'apaise, se met à rire et finit par faire une belle demande.

Dans cet épisode, au-delà du résultat en tant que tel, c'est mon vécu qui est important : 
  • je me suis demandée si le jeu en valait la chandelle, si nous étions piégés dans un rapport de force stérile, et les réponses à ces questions m'ont ensuite permis de vivre cela avec une certaine sérénité. 
  • Je "tenais" parce qu'il s'agissait là de l'apprentissage du respect, nous étions à fond sur une application de cette maxime si précieuse de Haïm Ginott : "tous les sentiments sont acceptables, tous les actes ne le sont pas". Il s'agissait donc d'un temps d'enseignement important, qui valait qu'on investisse ces moments pas très agréables dedans.
  • Je n'étais mue ni par de l'animosité, ni par l'envie de vaincre, mais par la volonté de lui permettre de prendre en compte autrui.
Et j'ai vraiment ressenti comment cette conviction profonde que j'avais, ce recentrage sur mon objectif éducatif me permettait une gestion assez sereine et détachée (toutes choses égales par ailleurs, hein) : j'étais plus sûre de mon positionnement.

Jeudi :
En route pour le parc plus éloigné de chez nous: rappel des règles avant (c'est lui qui se gère tout du long, il ne demande pas à aller dans la poussette ou être porté).
F. réplique
"Non, je ne roulerai pas au retour.
- Ah, dans ce cas nous ne pouvons pas y aller, tu le sais.
- Je ne voudrai pas rouler, je marcherai"

Trajet impec, à mi-retour il dit juste
"Je suis fatigué"
Puis, quelques instants plus tard
"Je voudrais voir Mimi" (son mouton)
Il le répète plusieurs fois alors je l'aide en accueillant ses sentiments avec une dose d'imaginaire;
Et qu'est-ce que Mimi fera ? Il te grignotera ? (oui, sachez-le, une activité de prédilection de la sale bête laineuse - nom de code de l'animal - est le grignotage de personnes)
Et il se blottira dans tes bras ? Et tu lui feras des guilis?
Deux minutes de conversation sur le bonheur de retrouver Mimi plus tard, F. roulait toujours et le trajet se termina un peu plus tard sans encombre aucune...

Vendredi :
En route pour le Vaisseau, F. voudrait le mobile de voyage accroché devant son siège auto; mais E.le réclame; je suis sur le point d'imposer une manière de faire quand je change d'avis
Oh, je vois deux enfants qui voudraient le même mobile, comment faisons-nous pour résoudre le problème ?
- J'ai le mobile à l'aller. Et au retour
Hum, ce n'est pas juste , E. aussi voudrait le mobile.
- J'ai le mobile et tu fixes le lapin (rétroviseur pour enfant, dans le style de celui là, mais incomparablement plus sexy puisqu'en forme de lapin. Un truc que je trouve du reste bien utile pour les longs voyages avec jeunes enfants) pour E.
Je n'ai pas le temps de fixer le lapin maintenant, nous sommes en retard pour le Vaisseau.
- J'ai le lapin à l'aller, E. l'a au retour mais tu me fixeras le lapin (NB : dont il ne voulait plus du tout ces dernières semaines d'où le fait qu'il ait atterri dans le coffre...)

Suite au prochain numéro mes agneaux, et d'ici là, la Hotline est ouverte en commentaires ;-)

mercredi 1 mars 2017

Ateliers Faber & Mazlish : le vécu de Monsieur

Participer aux ateliers Faber & Mazlish, c'est bien, y participer à deux, c'est pas mal du tout non plus.

Monsieur Bout ayant été de la partie, je l'ai soumis à un interrogatoire serré interviewé pour vos beaux yeux, interview auquel je rajouterai quelques compléments de ma part sur le sujet (parce que je ne suis pas fichue de me taire).

Je décline toute responsabilité pour les blagues foireuses, retransmises telles quelles.
C'est pas moi, c'est LUI !


Que pensais-tu au départ du fait de suivre ces ateliers, pour quelle raison y es-tu allé ?
Parce que ma femme m'a dit "Viens, quitte tout ce que tu possèdes et suis-moi".

Je me disais qu'il s'agissait de prendre du temps pour travailler la pratique. Et franchement, le temps, j'en manque.
J'avais commencé à lire "Parents Épanouis, Enfants Épanouis" avec toi, mais même si je percevais l'intérêt du fond, ça ne m'avait pas emballé sur la forme, j'étais plutôt neutre.
Et tu avais l'air plutôt sûre de toi donc voilà, j'ai suivi.


Qu'en as-tu pensé ?
C'était vraiment une expérience positive, cela permet de rendre concret, pratique, une théorie qui n'était pas forcément accessible dans le livre. Et surtout, c'était plus rentable que de lire un livre en terme de temps consacré : on avait l'essence de la théorie mais en plus de ça les partages pour faire progresser.
Et puis la partie neurosciences n'est pas dans le bouquin et c'est super intéressant, elle aide à comprendre un peu plus car faire le lien renforce vraiment Faber & Mazlish. Pour moi de nouveaux bouquins F&M gagneraient à rajouter une partie faisant le lien avec les neurosciences car ça ne fait que confirmer et souligner l'importance des habiletés.
D'autant que, si on reste sur un recueil d'expériences, il est toujours possible de relativiser les choses. Or c'est peut-être une vision masculine des choses, mais je préfère les choses un peu démontrées, pas juste vécues.
Je le vois bien, tu es plus ouverte aux expériences, à ce qu'on te dit, moi j'ai plus de mal, ça doit rentrer dans mon système de pensée.


Qu'as-tu préféré ?
Les biscuits !
Mais sinon ?
  • les exposés théoriques clairs,
  • le fait que du coup on pouvait poser des questions (c'est plus dur avec un livre),
  • l'échange qui faisait avancer
  • les exercices pratiques qui permettaient d'ancrer la chose

Qu'as-tu moins aimé ?
  • le fait que ce soit le soir, c'était compliqué, parfois j'aurais pu être plus attentif
  • j'aurais parfois aimé qu'on creuse un peu plus la théorie : je n'ai pas envie d'ouvrir un livre pour la lire, mais une fois qu'on m'en parlait, j'aurais bien aimé qu'on voie, pour chaque habileté, le fondement neuro-scientifique qu'on pouvait trouver (par exemple : que se passe-t-il dans un cerveau d'enfant quand on punit / ne punit pas ?)
  • et j'étais moins à l'aise avec les jeux de rôle, c'est mon caractère: ça ne m'apportait pas grand chose alors que déjà, en tant qu'introverti, ça ne me plaît pas : 
    • donc là je me retrouvais à me forcer à faire un truc que je n'aimais pas, pour un résultat minime puisque pas différent des conclusions auxquelles mon empathie naturelle m'aurait mené de toute manière. 
    • Mais c'est peut-être dépendant du niveau d'empathie de chacun, chez moi c'est développé donc pas besoin, peut-être que ça apporte davantage à d'autres.
  • Parfois la pédagogie n'est pas super subtile : mauvaise réponse, mauvaise réponse, mauvaise réponse, boooonne réponse, notamment le truc sur l'engueulade (on se met dans la peau de quelqu'un qui s'est fait passer un savon injustifié par son chef et s'en plaint à l'un de ses amis) : je n'avais pas répondu de la manière attendue... et on peut toujours me dire que c'était parce que j'ai été conditionné et tout mais...: sur ce point j'ai regretté un manque de fondement neuroscientifique : en général, je trouve que F&M peut être trop sur le ressenti, et gagnerait à développer le premier aspect.

Quel est le point qui t'a le plus impressionné ?
L'intérêt de délirer avec ton enfant pour lui donner ce qu'il désire par l'imaginaire : ton désir pour se satisfaire n'a pas besoin de la réalité, c'est la logique du fantasme, j'ai trouvé top cette application concrète d'une vérité philosophique!


Quel est le point qui t'a le plus apporté ?
Non seulement le fait d' "avoir le droit" d'exprimer sa colère mais surtout qu'on nous fournisse des habiletés pour le faire "je ne suis pas content avec ça, j'attends de toi que, tu peux réparer en, j'ai confiance que..." : cela me permet de le faire, alors que je n'osais vraiment pas.

Le point sur l'autonomie m'a aussi bien sensibilisé sur le fait que c'est important à développer, je ne le percevais pas forcément avant.

Et même si cela nous concerne moins pour F. pour le moment, j'ai beaucoup aimé la partie sur les rôles : j'ai pu relire ma propre enfance, me souvenir exactement du sentiment de blocage ressenti quand mon père m'a dit que je n'avais pas la bosse des maths, et que je retrouvais devant chaque exercice compliqué. Cela illustre la puissance de la parole du parent. (On comprend mieux le poids donné, dans la Bible, à des épisodes où le père maudit son fils : c'est grave à plus d'un titre!)


L'outil récupéré pendant les ateliers qui t'est le plus utile ?
Difficile à identifier car certaines habiletés sont déjà ancrées et on ne s'aperçoit plus qu'on les utilise...
Je dirais l'écoute des sentiments en général, et les guilis en particulier : avant je faisais parfois des choses dans cette direction par intuition, maintenant je comprends que F. a besoin de décharger.


Que dirais-tu à un papa hésitant ? 
"N'y allez pas, y a pas d'bière!"
Si son hésitation concerne
  • le temps  : c'est de l’investissement en temps, mais ce n'est pas du temps perdu : c'est nettement plus rentable que la  lecture d'un livre puisque dans le cas d'un livre tu restes avec tes questions: donc ce n'est pas un coût mais un investissement, surtout que tu gagnes du temps ensuite dans la gestion des conflits...
  • l'efficacité: évidemment que c'est pas mathématique, ni du 100%, mais ça donne des réflexes utiles et en ce qui nous concerne, 1. nous avons l'impression que ça se passe mieux pour F., et 2. nous ça nous rassure aussi dans notre rôle; et ça ça n'a pas de prix...

Je complèterais en comparant ça à la pratique d'un sport: on a toujours intérêt à échanger et s'informer sur les bonnes pratiques pour s'améliorer. C'est une saine curiosité, il existe des choses pas innées du tout à acquérir!
Et au final tu ouvres aussi des portes sur la relation à l'autre (pas seulement à l'enfant) et sur soi-même.



Voilà pour le témoignage de Monsieur...



Considérations diverses de Madame
Prise de notes acharnée !!

Effectivement, j'avais dû lourdement insister pour que nous inscrivions ces ateliers dans nos agendas déjà assez chargés, mais j'ai été payée de ma peine dès le premier atelier.

J'en ai vu sortir un Monsieur Bout absolument ravi, me disant "ah ben ça c'est moins aride que tes bouquins", il a adoré creuser, pris plein de notes, et s'est réjoui d'avoir le sentiment de comprendre.

D'ailleurs un signe n'a pas trompé : lui qui avait dit OK en prévenant qu'il devrait probablement manquer un des ateliers pour cause de réunion de boulot... s'est finalement arrangé pour faire avancer ladite réunion de manière à ne rien rater !



Concernant les effets des ateliers sur lui, je l'ai rapidement senti plus à l'aise dans son positionnement, plus heureux, voire même plus présent du coup (car la tentation de la fuite est toujours là quand on se sent incompétent; or à présent il sait quel rôle jouer, et est donc plus motivé pour le jouer à plein).
Ce positionnement plus clair s'est notamment manifesté pendant nos vacances de Noël, et, je crois, a contribué à ce que, chez ses parents, notre séjour se passe bien mieux que celui de l'été, c'est-à-dire quasiment sans interférence "éducative" de ses parents. 
En effet, cet été, ces interférences avaient été favorisées, je pense, par le fait que la gestion par Monsieur, de certains comportements du Bébou n'était ni assurée, ni cohérente, voire parfois absente. Cette fois-ci, certes cette gestion n'était pas nécessairement celle qu'ils auraient attendu, mais ils percevaient que le problème était traité, et avec une cohérence, bien que différente de la leur.


Enfin, pour notre couple, cette participation conjointe a été aussi été bénéfique, en permettant de réduire / éliminer le décalage qu'il y avait parfois entre lui et moi: nous évitions autant que possible l'écueil du "Madame a une telle longueur d'avance sur Monsieur en terme de réflexion qu'elle n'arrête pas de lui faire remarquer ses boulettes éducatives ce qui échauffe les oreilles de Monsieur et ne l'encourage pas à s'y mettre",  mais sans toujours y parvenir. 
A présent, ce décalage n'existe quasiment plus (un peu, parce que moi je continue mes lectures avec Jane Nelsen, mais un seuil est atteint), Monsieur Bout se sent compétent, et le fait d'avoir suivi cela ensemble, travaillé les exercices de concert, entendu les mêmes informations, fait qu'à présent, nous sommes sur un pied d'égalité pour faire remarquer brièvement à l'autre "ouh là, pas top là", ou nous faire une suggestion rapide (on pourra donc entendre brailler d'un bout à l'autre de l'appart "compliment descriptif, compliment descriptif !!" quand l'un remarque une occasion à ne pas manquer par l'autre...) et que ces remarques réciproques sont vécues de manière positive, nous plaçant dans une dynamique d'entraide pour avancer. 
Du coup, au quotidien c'est assez motivant et sympa de nous raconter mutuellement nos petites réussites du jour !


Enfin, plus généralement, cette expérience m'aura permis de réaliser que, si le bouquin Faber & Mazlish que je conseillais à tous en première lecture était le "Parent Épanoui, Enfant Épanoui", et qu'ainsi c'était celui que nous avions lu en couple, ce n'était peut-être pas la meilleure porte d'entrée pour tout un chacun. "PE, EE" était ce qu'il me fallait à moi au moment où je l'ai lu : j'avais besoin d'un projet, d'une histoire correspondant à ce que je voulais vivre. 
Mais pour beaucoup, et probablement la gent masculine notamment, "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent" pourrait bien constituer une meilleure première approche : plus concret, plus structuré, "moins de blabla gnangnan" (pour ne pas citer à nouveau Monsieur Bout). 
Du reste, au moment des vacances de Noël j'en ai eu la confirmation par mon beau-frère, qui avait entamé "PE, EE", mais a été ravi de switcher sur le "Parler pour que.." que je lui ai prêté. Il n'en décollait plus...