Mon audace alimentaire de la semaine dernière a frappé côté fruits : on me proposait des kumquat, petit fruit d'une teinte orangée de bon aloi que je n'avais jamais goûté.
Comme visiblement mes aventures culinaires vous font beaucoup marrer, et que, gonflé par mes succès, mon courage ne connaît plus de limites, je me suis dit que ça valait le coup d'essayer.
Voilà qui aura ajouté encore à ma culture gastronomique, mais qui n'ira pas enrichir nos menus !
Le petit fruit est tout mignon, certes; et son goût n'est pas mauvais.
Rien d'extraordinaire, mais c'est acidulé, ça se rapproche de la mandarine ou du pamplemousse, donc pas de quoi fouetter un chat,
- ni dans un sens (ça ne justifie PAS tous ses travers, dont je vais vous donner la liste),
- ni dans l'autre (il n'ajoute pas auxdits travers, celui d'avoir, en plus, mauvais goût. Encore heureux !)
Tous ses travers, me direz-vous ?
Enfin, surtout un.
Le kumqat est un fruit relou à manger.
Voilà.
Tenez-vous le pour dit.
C'est un peu court, jeune homme ?
Quelques détails supplémentaires, bande de Saint Thomas !
- le kumquat est un tout petit fruit, donc le travail demandé pour chaque fruit ne "rapporte" que peu de chair à manger
- il faut laver le fruit, bon ça encore on survit (je ne sais plus pourquoi il faut le faire puisqu'on ne mange pas l'écorce, mais il faut; et puis zut, ceci est un billet à charge donc interdiction de me contredire)
- le couper en deux, jusque là, c''est encore dans mes cordes
- tout de suite après, en revanche, on commence à réaliser qu'on s'est peut-être bien fait avoir : les deux moitiés sont remplies de pépins ! Plutôt gros, donc hors de question de faire autre chose que les retirer. Allez, à la chasse aux pépins. L'avantage de la taille réduite du fruit, et de la taille fort respectable du pépin, c'est qu'au moins cela épargne d'avoir à les chercher, ils se voient comme le nez (enfin, 6 ou 7 nez, facile) au milieu du visage.
- Passée cette étape d'épépinage, la Gwen est en droit d'être un peu perplexe : reste-t-il quoi que ce soit à manger dans le fruit ? En effet, à ce stade on voit surtout les alvéoles qui structurent la chair du kumquat (un peu comme dans un demi-pamplemousse), alvéoles qui, une fois les pépins retirés, ont l'air assez... vides.
- On plonge une cuiller (il en faut une vraiment petite ! sinon elle ne rentre pas vraiment bien dans le demi-fruit, vu la taille réduite de celui-ci), on appuie fooooort, on tourne (comme pour un kiwi), et au prix d'efforts surhumains on en sort une quantité ridicule de chair + alvéoles (et honnêtement, on a l'impression qu'il y a surtout l'alvéole, point de chair), quantité gobée instantanément par le Bébou ou la Bébounette qui s'impatientent à côté.
- Oui, nourrir DEUX enfants, seule avec des kumquat, c'est comprendre ce que vit une maman hirondelle chez qui une femelle coucou distraite aura déposé DEUX de ses œufs de morfale.
- Et on recommence.
- Cerise sur le gâteau : ptet pas beaucoup de chair dans ces machins, mais une belle quantité de jus pour compenser : au bout de deux fruits à peine on en a les avant-bras qui ruissellent, un vrai plaisir.
KUMQUAT GO HOME.
(alors, là, voyez-vous, j'avoue que j'attends avec une certaine curiosité celle d'entre vous, qui, forcément, va se ramener comme une fleur en mode "rho mais non le kumquat c'est super bon super simple il suffit de".
Je n'ai même pas encore trouvé le courage de terminer le sachet, je lui en envoie le reliquat en colissimo, direct !)
Je n'ai même pas encore trouvé le courage de terminer le sachet, je lui en envoie le reliquat en colissimo, direct !)
[edit, dernière minute avant impression ! Au moment-même de publier ce billet, une rapide recherche internet visant à vérifier l'orthographe du mot kumquat - j''étais en train d'omettre le "u" - me permet de réaliser que j'avais zappé un léger détail dans mes lectures : la peau se mange. Donc toutes mes manipulations de petites cuillers, là, pfffrt, c'était pour des prunes.
Ah.
Mouais.
Mouais.
Vais-je pour autant renoncer à ma diatribe ? Non !
Mais je vais quand même aller m'attaquer à la fin du paquet voir ce que ça donne.
Ceci dit, cela ne fait que rajouter un point à la liste des torts de ce fichu fruit : il a l'esprit de contradiction, le bougre!]
Ah.
Mouais.
Mouais.
Vais-je pour autant renoncer à ma diatribe ? Non !
Mais je vais quand même aller m'attaquer à la fin du paquet voir ce que ça donne.
Ceci dit, cela ne fait que rajouter un point à la liste des torts de ce fichu fruit : il a l'esprit de contradiction, le bougre!]
