dimanche 22 avril 2018

Gestion des émotions et des conflits : Bastien et les Blipoux, le Faber et Mazlish pour les enfants !

Transmettre à nos enfants des compétences en gestion de leurs émotions et gestion des conflits, représente un sacré travail.
Surtout quand, comme moi, comme de nombreux parents, on est en fait soi-même en train de s'approprier ces mêmes compétences.

En tant que parent, on peut compter sur des livres très bien fichus, et éventuellement aussi, des ateliers de parents. Nos enfants peuvent compter sur nous (plus ou moins, selon les moments...). Mais on est également bien contents de pouvoir s'appuyer sur des lectures adaptées à leur âge. Heureusement, c'est un domaine dans lequel il commence à exister de bonnes références !

En voici une, découverte lors de ma formation d'animatrice Faber et Mazlish.

Bastien et les Blipoux


Ce n'est pas pour rien que je l'ai découvert à ce moment-là : il a été écrit par les mêmes auteures que mes très chers livres de chevet "Parler pour que les enfants écoutent...", "Parents Épanouis, ,Enfants Épanouis", et les autres livres de la série. Et précisément, dans le but d'aider nos enfants à s'approprier des manières constructives de gérer leurs émotions et les conflits qui émaillent leur quotidien.
Ici, nous suivons une journée de la vie de Bastien, un petit garçon dont la journée précédente a été parsemée de conflits désagréables à vivre : avec sa mère, avec son père et sa sœur, avec son meilleur ami. Dans la nuit, deux petits êtres bizarres arrivent pour l'aider: ces fameux Blipoux. Bastien, en retrouvant chacun de ses "opposants" de la veille, bénéficie des conseils du duo (deux avis souvent opposés) pour les résoudre.


  • Ce bouquin a énormément plu à mes enfants, je crois que j'ai bien du le lire au moins 2 ou 3 fois par jour lors de sa première semaine chez nous (il y a bientôt 3 mois) et il est régulièrement demandé depuis. Il peut convenir à des enfants dès l'âge de 3 ou 4 ans, et jusqu'à 10 ans sans souci. (E., du haut de ses pas encore 3 ans, est au taquet, mais elle est stimulée par la présence de son grand frère.)
  • L'histoire est mignonne, elle "se tient", les dessins sont tout à fait corrects bien que pas exceptionnels non plus.
  • Il est long : 68 pages. 
    • Cela permet de bien approfondir la thématique, sans raccourcis ni approximations : on voit clairement les mots et attitudes qui aident, ceux qui n'aident pas. 
    • De ce fait, je l'ai lu une première fois en entier (utile, pour permettre à chacun des conflits évoqués au chapitre 1, de trouver sa conclusion dans les chapitres suivants), mais ensuite j'ai toujours annoncé la couleur : "on lit 1 (ou 2) chapitres, les enfants!" Sinon, c'est vraiment looooong. (Mais si vous avez un trajet en train à meubler, ça peut jouer pour vous !). Du coup, c'est marrant, on voit bien aussi ce qui turlupine les enfants : F. me demande trèèèès souvent le chapitre dans lequel Bastien s'oppose à son petit copain. E., davantage celui où notre héros se dispute avec sa petite sœur...
  • On y retrouve deux grandes thématiques : 
    • les manières d'exprimer ses sentiments, notamment négatifs (ou en tous cas sources de conflits) : "Je suis fâché, je n'aime pas quand tu...", par exemple, et de formuler des demandes  : "j'aimerais", 
    • la dynamique de résolution de problèmes / recherche de solutions qui conviennent aux deux parties.
  • Il est fin : Groge, le premier Blipoux, pousse plutôt au conflit, Mori, l'autre, à la recherche de compromis, mais sans que l'on puisse étiqueter le Méchant / le Gentil. Ce n'est donc ni tout noir, ni tout blanc, il n'y a rien qui soit méchant ou gentil, mais des choses plus ou moins utiles : Groge s'entend ainsi donner raison quand il s'oppose à son confrère qui recommande de dire les choses "gentiment" : "mais il ne se sent pas gentil !". L'avantage d'avoir ces deux voix est que cela permet en outre des jeux de rôle, soit pendant un conflit (si pas trop chaud), soit en débriefing de conflit (pour analyser et en tirer des leçons plus tard) : 
"que dirait Groge sur ce coup-là tu crois ?" (là l'enfant peut se lâcher, ça lui fait du bien!), 
puis "et Mori ?
"Bon, et toi, que penserais-tu le plus utile ?"
  • Comme toujours, la traduction est canadienne, on retrouve donc quelques particularismes mignons, que, pour ma part, je corrige souvent au fil de la lecture.
  • Le niveau de langage du livre est plutôt bon, je regrette en revanche l'usage assez fréquent du "on" en lieu et place du "nous".


Deux remarques en complément :
  1. Ce livre se prête aussi particulièrement bien à des lectures collectives (bibliothèque, classe, etc). Dans le cas d'une classe, j'encouragerais vivement à procéder dès le départ par épisode. 5 chapitres, cela peut par exemple s'étaler sur une semaine de classe pour approfondir !
  2. Devant le succès du premier, Faber et Mazlish ont récidivé et sorti "Bastien et les Blipoux à l'école" : Bastien déménage et éprouve des difficultés à s'insérer dans sa nouvelle école, alors les Blipoux débarquent de nouveau pour lui filer un petit coup de main.

En conclusion, je soulignerai que ce livre est à la fois une chouette manière d'inciter nos enfants à coopérer avec nos nouveaux outils Faber et Mazlish... mais que c'est également un excellent moyen pour présenter l'approche à des parents qui ne la connaissent pas : les histoires racontées dissipent par exemple très bien la peur de "l'enfant roi", qui agit comme répulsif et dissuade de nombreux parents de creuser un peu plus. Là, on voit très bien que la maman, par exemple, respecte ses propres limites. Du coup, l'intérêt de ce mode de résolution du conflit parle également aux parents, il montre la possibilité d'une éducation respectueuse de l'enfant et du parent, et donne envie de rentrer dans cette logique-là. 
(Bref, je dis ça, je dis rien, mais si vous avez un cadeau à faire à un enfant de votre entourage... ou un cadeau de naissance et vous souhaiteriez aussi un petit quelque chose pour l'aîné...)

jeudi 19 avril 2018

(re)voir Strasbourg... et sourire

Le blog est terriblement délaissé ces temps-ci, les raisons en sont multiples, qu'elles soient liées au boulot généré par ma reprise pro, à celui lié à la reprise de l'IEF, à quelques rebondissements dans la vie pro de Monsieur Bout (soupir), mais aussi : à quelques jours de vacances !

Nous voilà de retour de quelques jours merveilleux à Strasbourg, jours "assez" occupés, puisque pêle-mêle
  • une nuit chez des amis. Courte la nuit, longues les discussions.
  • une matinée passée au Paradis des Enfants, sublime aire de jeux d'extérieur (avec au moins 7 toboggans différents, tous les types de balançoires qui existent, et le reste à l'avenant), combinée d'une rencontre d'une copine rencontrée sur un groupe Facebook, pour lui causer couches lavables en prévision de l'arrivée de son deuxième petit bout
  • déjeuner dans notre buffet japonais à volonté préféré, à côté de l'IKEA de Strasbourg. A volonté... Quand on pense qu'ils ne font pas payer la Bébounette vu son âge. Huhuhu.
  • des temps plus calmes dans un charmant petit appartement, loué par le biais de connaissances, à 10 numéros de notre ancien immeuble. L'arrivée y fut un très, très beau moment : j'avais fait de mon mieux pour que nous soyons logés dans notre ancien quartier et l'émotion manifestée par F. en retrouvant ses repères m'a confirmé l'intérêt de procéder ainsi. Il était vraiment tout chose :
- Oh, là, c'est... et là... !
- Je suis vraiment content ! Mais ça me fait vraiment bizarre.

et même cette très belle question :
- Est-ce que les souvenirs, ça s'efface ? On peut les garder toujours ?

  • une courte intervention auprès d'une colocation solidaire à destination de jeunes mamans en difficultés : 1h de discussion sur "les émotions du bébé et du jeune enfant".
  • une sortie au parc avec la famille de la filleule de Monsieur Bout
  • des retrouvailles avec une ancienne baby-sitter, pour qu'elle prenne en charge l'une ou l'autre soirée
  • un dîner au resto (la Cloche à fromage, fondue à volonté, je ne vous dis pas combien j'en ai demandé) avec les parents de la filleule de Monsieur
  • des ballades main dans la main de Monsieur Bout, à travers les rues de Strasbourg, dans la nuit tiède


  • une journée entière au Vaisseau, avec ma copine IEF L. et ses deux enfants. Retrouvailles des enfants entre eux, on ne les a plus vus sauf pour le pique-nique. Des heures de papote avec la copine L.
  • une razzia côté allemand: 4 sacs (dont deux Ikea) pleins de courses
C'est pas ma faute y avait une promo !
  • pause IEF, certes, mais des instants de lecture avec F. : j'avais ça dans mes valises ! 
 
  • des premiers "pas" de E. sur son nouveau vélo "de grande", cadeau de ses bientôt 3 ans, acheté à l'avance et d'occaz juste avant notre départ, pour profiter des allées plates de Strasbourg avant de se confronter aux pentes de notre nouveau chez-nous
  • une grande ballade à l'Orangerie, plus grand parc de Strasbourg, avec soleil, pique-nique, aire de jeux, glaces, cigognes (évidemment!), et même l'éternel petit circuit de voitures

  • un thé chez une ancienne voisine (non, pas celle-là)
  • 2h de discut sur un banc du parc avec une copine (impression curieuse de retrouver nos vieilles habitudes "Je suis installée sur un banc à tel endroit. - Je descends")
  • dîner de filles improvisé avec une copine de boulot
  • une messe dans notre ancienne paroisse (presque à l'heure !)
  • un pique-nique dans les vignes avec des potes, leurs enfants, du Crémant (et des coups de soleil)
  • un apéritif avec d'autres potes
  • un dîner en amoureux

Nan, ça va, nous ne nous sommes pas tellement ennuyés.

Bref, quelques jours merveilleux, avec un sentiment mitigé : vraiment, nous avons été très heureux à Strasbourg. Nous le sommes aussi dans notre nouveau chez-nous, mais de manière toute différente, et il n'est pas toujours facile d'admettre qu'on ne peut tout avoir.
Surtout quand les récents rebondissements de la vie pro de Monsieur Bout, certes totalement imprévisibles à l'époque, jettent une tout autre lumière sur la question du "était ce une bonne idée de déménager"... (re-soupir)
Heureusement que nous ne sommes pas revenus plus tôt ! il y a deux mois encore, quand les impacts positifs de notre déménagement (notamment sur mes perspectives à moi) étaient encore très peu évidents, cela aurait été autrement difficile à vivre.

(re)voir Strasbourg et... avoir hâte de re-re-revenir !



lundi 9 avril 2018

5 avantages de l'IEF (école à la maison) pour avoir une vie pro

WHAT ? Tu lis ça Germaine ?! Y a quelqu'un qui a fumé ! Comment être en IEF pourrait-il présenter des avantages pour mener une vie pro ??


Effectivement, si on se balade sur les groupes IEF, une question qui revient régulièrement de la part des parents (souvent, mamans), se posant la question d'instruire leurs enfants eux-mêmes, c'est le degré de compatibilité entre la disponibilité exigée par ce projet, et le fait de maintenir une activité pro (que ce soit parce que celle-ci nous plaît et contribue à notre épanouissement, ce qui est important, ou par nécessité financière, ce qui ne l'est pas moins...). D'entrée, cela semble être un défi pas évident à relever.
Et effectivement, j'ai déjà concilié une première fois les deux, et c'était assez sportif, avec un bilan assez mitigé qui m'avait laissé des doutes sur ma capacité / mon envie de rééditer l'expérience.

Cependant, ma reprise pro actuelle se fait sur de toutes nouvelles bases. Et je constate que le fait d'être en IEF complique certes certains aspects au niveau pro, mais présente aussi un certain nombre d'avantages. Je viens donc les partager avec vous, car il est bon de les avoir en tête pour orienter les choix / donner des idées en termes d'organisation.

Voici ceux que j'ai repérés :

1. la capacité à se rendre disponible à des horaires atypiques : par exemple, travailler le soir. 

  • Pour une maman qui scolarise ses enfants, travailler le soir suppose de ne pas voir ses enfants de la journée : la journée ils sont à l'école, et une fois qu'ils rentrent, on doit assez rapidement se mettre au travail, ça peut très frustrant! (et compliqué à gérer quand on pense à la course du soir entre devoirs bains dîner etc) 
  • En IEF, on a toute la journée pour profiter d'eux / les éduquer. Du coup, c'est plus facile de déléguer les dernières heures de la journée et de travailler le cœur tranquille. En bonus, cela permet éventuellement de s'épargner (ou de diminuer) le nombre d'heures de garde nécessaires car selon l'heure à laquelle on commence, le conjoint, si il a des horaires plus classiques, peut être déjà rentré, et on lui passe tout simplement le relais
En ce qui me concerne, j'ai réalisé que
  • l'IEF me permettait ainsi d'envisager sans aucun souci de me rendre disponible pour mener des entretiens de recrutement en soirée (idéalement, de chez moi, par Skype), ce qui convient justement bien car c'est fréquemment une "heure de pointe" pour un recruteur : un créneau horaire durant lequel il est le plus facile de joindre les candidats. La réaction surprise de mon interlocuteur quand j'ai mentionné que cela ne me posait aucun problème m'a ouvert les yeux :  je gagne des points ainsi!
  • De la même manière, j'ai pu démarrer l'animation de mes premiers ateliers Faber et Mazlish sans aucun état d'âme, alors que c'est en soirée qu'il est le plus facile de les proposer, pour toucher les mamans qui travaillent, et permettre aux papas de s'impliquer également. Ainsi, en mai-juin, quand à la session que je viens de lancer s'ajoutera une session supplémentaire, j'aurai jusqu'à 2 soirées par semaine de prises, mais cela ne me pose aucun souci. 
Pareillement, cela peut aussi faciliter, j'imagine, une activité dans la restauration, et bien d'autres secteurs proposant des horaires de travail à rebours du rythme scolaire.

2. une souplesse analogue au niveau de la semaine ou de l'année

  • ainsi, on peut plus facilement proposer de travailler le weekend ou le mercredi, puisqu'on a la liberté de positionner le temps passé avec les enfants (instruction et temps libre) sur les autres jours de la semaine. (le travail de weekend posera en revanche le souci du temps en couple / famille, et de la vie sociale avec son entourage, des points à creuser par ailleurs). 
Travailler le mercredi peut même être très intéressant pour un parent IEF : il peut en profiter pour faire bénéficier ses enfants d'un maximum des activités extra scolaires proposées ce jour-là. Restera éventuellement à trouver quelqu'un pour assurer les trajets, mais les exigences sont différentes : il ne s'agit pas de confier des enfants une journée entière. La possibilité d'un centre de loisirs existe également, elle présente en plus l'avantage d'être généralement peu coûteuse.
Je le constate chez moi: le mercredi constitue effectivement un des jours que je me vois le mieux proposer à des clients pour des prestations, car F. passe de toute manière cette journée au sein de l'école Montessori du coin, qui y propose une série d'activités extra-scolaires dans un environnement de qualité.
Du coup, on peut même imaginer, dans certains secteurs très féminisés, qu'une personne souhaitant travailler à temps très partiel puisse justement intéresser un employeur en lui proposant précisément de venir "boucher les trous" laissés dans le planning des équipes par des mamans prenant leur mercredis

  • Même chose concernant le rythme annuel / les vacances : l'IEF peut faciliter un rythme de travail très saisonnier. On passe l'année avec les enfants, on peut plus facilement accepter de moins les voir pendant quelques semaines, l'été par exemple. 
Là encore, on peut en profiter pour leur faire vivre des expériences différentes (temps chez les cousins, avec les grands-parents, camps de vacances, etc). Et si il s'agit plutôt d'aller jouer les moniteurs de ski pendant deux mois, rien n'empêche de planifier son année scolaire autour d'une pause de 2 mois en plein hiver.
Et encore une fois, même pour un travail plus classique, la capacité à se rendre disponible à contre-courant des rythmes habituels offre l'opportunité de séduire en se présentant comme une alternative idéale pour renflouer des effectifs clairsemés par les vacances scolaires.

3. Une plus grande fiabilité : 

L'organisation familiale n'est pas forcément perturbée par des grèves ou des absences professorales privant subitement la famille du mode garde habituel. Même les maladies des enfants peuvent ne plus représenter un problème qui serait source d'absences au boulot, si les enfants sont gardés au domicile parental pendant les absences du parent.

4. Un choix plus grand dans le mode de garde : 

Le parent IEF ayant des besoins différents de la masse, il peut sortir du lot et attirer éventuellement des personnes différentes / de meilleure qualité pour venir garder sa progéniture pendant qu'il bosse.
J'en avais bénéficié lorsque je cherchais une nounou à domicile sur Strasbourg, je l'ai de nouveau vécu depuis notre déménagement : quand tout le monde cherche quelqu'un sur l'horaire des sorties d'école, proposer des horaires différents nous distingue.
  • C'est ainsi qu'à Strasbourg, ma capacité à proposer deux journées complètes m'avait permis de récupérer une des meilleures nounous de l'agence O2 du coin. 
  • Ici, cela m'a permis d'attirer la maman autrichienne qui garde les enfants une fois par semaine : ayant elle-même des enfants scolarisés, elle est ravie de pouvoir travailler sur les heures auxquelles ses enfants sont de toute manière absents, et d'être ensuite libre d'aller les récupérer à la sortie de l'école. 
  • Et j'en ai encore eu une preuve cette semaine : suite à un commentaire laissé sur mon récent article sur notre organisation "échange chambre contre babysitting", je suis allée fouiner du côté des "grands-mères au pair", et banco ! Nous allons fonctionner ainsi dorénavant. Or la mamie autrichienne que nous accueillerons donc à partir de fin mai me l'a dit clairement : mon profil IEF lui a plu car cela signifie qu'elle ne se retrouve pas catapultée dans un rôle de chauffeur/adjudant-chef, à devoir se dépêcher le matin, et presser des enfants pour les amener à temps à l'école, ce qui est souvent une des missions dévolues par les familles à leur mamie-au-pair. Ces mamies au pair ont déjà suffisamment d'expérience et de recul pour apprécier la possibilité, offerte par notre organisation atypique, de profiter tranquillement des enfants en respectant leur rythme. Là encore, c'est un avantage que je n'avais pas du tout identifié avant que ladite mamie-au-pair ne le mentionne : 
    • là où moi je voyais une charge supplémentaire 
"oui ça veut dire que le jour de la semaine où je travaille, tu les gères de A à Z toute la journée", 
    • elle y voit un stress en moins 
"chouette on peut prendre le temps sans courir partout, c'est plus gratifiant"

Donc, ça, ce sont des aspects pratiques. Ceux que je perçois pour le moment. Peut-être viendrai-je enrichir ce billet après quelques mois d'expérience ? Si vous-mêmes avez remarqué certains points, n'hésitez pas.

Je complète ce billet d'une rapide énumération d'autres avantages de l'IEF

5. ces compétences que l'IEF nous permet de développer et qu'il peut être bon de mettre en valeur lors d'un entretien avec un employeur potentiel qui, bien évidemment, ne réalise pas forcément ce qu'implique le fait d'instruire ses enfants soi-même.
Dans les points à vendre (nombreux) citons ainsi (de manière totalement non exhaustive)
  • L'habitude de gérer des tracas administratifs: déclarations, et inspections en tout genre
  • La capacité à aller chercher l'information et s'approprier par soi-même des machins pas du tout maîtrisés : un côté autodidacte très prononcé. Le parent IEF se sera paluché les directives indigestes de l'EN, aura affronté sa peur bleue de la géométrie, et aura du se confronter à son ennemie jurée, la grammaire, jusqu'à être capable de l'expliquer à sa progéniture. Avec lui, on a quelqu'un qui a priori sait sortir des itinéraires balisés et ne va pas nous répondre
 "ah ben je savais pas faire alors j'ai pas fait..."
  • La débrouillardise et l'organisation en général: peu de familles IEF vivotent en vase clos à ne rien faire. Au contraire, l'IEF oblige à se prendre en main pour se créer son propre rythme, organiser des sorties, susciter des rencontres. Cela ne va pas sans une bonne dose de dynamisme et de volonté d'entreprendre.

Ah Germaine, j'avais pas vu les choses comme ça. Maintenant que j'y pense, ça me donne des idées. On a ptet des choses à proposer à Roger, non ?


mardi 3 avril 2018

Angoisse de séparation (ou pas) : comment trouver un psy qui respecte notre style d'éducation ?

Mes billets sur notre quête d'un accompagnement psy efficace pour F., et tout particulièrement celui sur l'approche qui "a marché", basée sur la compréhension d'une angoisse de séparation qui peut se manifester sous de multiples visages, ont généré un courrier des lecteurs assez conséquent.
Très honnêtement, je m'en suis réjouie. Non que je sois ravie que d'autres familles puissent être confrontées à des problèmes similaires aux nôtres, mais plutôt: étant persuadée que c'est le cas, je me réjouis que ces familles puissent avoir, enfin, vent d'une approche susceptible de les aider mais encore terriblement méconnue. Si mon billet peut permettre à certaines familles d'entrevoir enfin la lumière au bout du tunnel, c'est juste formidable.


Tous ces échanges ont été riches, mais l'un d'entre deux, tout particulièrement, est venu soulever des questions, et m'inciter à apporter des précisions qui, ils me semblent, pourront intéresser un public plus large que la destinataire du message. Celle-ci m'ayant autorisée à en publier les morceaux "d'intérêt général", voici donc une retranscription d'une partie de nos échanges. (2 messages aller, 2 messages retour)

Bonjour,
Je me permets de vous contacter car j'ai lu avec attention votre parcours psy avec votre petit garçon. Et vous décrivez justement ce qui m'inquiète : tomber sur la bonne personne.
[...] J'ai envoyé un e-mail à l'association MCADS pour voir s'il y avait des professionnels formés à cette méthode dans ma région. Ma crainte, c'est qu'on me dise (ou qu'on LUI dise) qu'il faut le laisser pleurer, arrêter le cododo, l'allaitement long, etc. Comme vous le dites dans votre article, à nous de prendre ou laisser les conseils qui nous conviennent ou non. Mais le suivi est-il vraiment possible avec un professionnel qui ne partage pas nos convictions d'éducation ? Comment savoir à l'avance ? Faut-lui lui faire passer un "entretien" un peu strict par téléphone ?
Je suis perdue sur la voie à suivre. Je me demande si c'est la bonne piste (on a déjà essayé tellement de choses!). Mais je vois que mon petit garçon n'est pas bien et j'ai vraiment envie de l'aider.

Je comprends bien votre inquiétude, à la fois celle de voir votre fils en train de souffrir (et accessoirement, de faire souffrir : vous, son entourage) sans savoir comment l'aider, et celle de frapper à la mauvaise porte pour l'aider, et que cela n'aide en rien, voire nuise.
Eh oui, ce n'est pas pour rien que mes articles vous ont parlé, puisque j'ai traversé les mêmes affres que vous. C'est dur! Vraiment très dur, au quotidien, de vivre avec à la fois l'angoisse du "aaah mon fils va mal" et ses manifestations concrètes (colères, opposition, etc).
C'est pourquoi j'espère vraiment de tout cœur que vous pourrez bientôt bénéficier de l'appui qui fera "mouche", car franchement, il ne se passe pas de jour en ce moment sans que je ne regarde mon fils avec ébahissement : il reste fragile, souvent on sent que c'est encore un peu tangent, parfois encore un rien suffit à le faire basculer "du côté obscur de la force", et certaines choses subsistent encore, mais... tant de choses ont changé quand même !

Au point que je constate aussi que j'avais accepté certains comportements comme "normaux" alors que finalement, leur disparition / remplacement par autre chose me fait réaliser que, non, ils étaient en fait liés à une souffrance chez F.
(un exemple tiré du passé : lors de la séance finale, la semaine dernière, j'ai réalisé que les nuits monstrueuses que nous avions connues avec F. au moment de sa sortie du lit à barreaux à 2 ans 1/2 n'étaient pas "des difficultés d'adaptation normales face à une nouvelle liberté", mais l'expression du fait qu'arraché à l'enceinte protectrice de son petit lit à barreaux, il avait revécu la brutalité et l'angoisse de l'arrachage au ventre de maman...)

Tout ça pour dire :

A mon sens, oui, il est très important de choisir avec soin un professionnel pour nous aider, et de veiller à ce que les convictions de ce professionnel ne soient pas trop éloignées des nôtres. Ne serait-ce que par souci d'efficacité ! Si le courant ne passe pas, l'enfant le sent, et si nous on se ferme à tous ses conseils, on peut aussi rater celui qui aurait pu finalement nous convenir, à la réflexion, si il avait été présenté dans un package plus attrayant.
De ce fait, je pense en effet judicieux de passer un peu de temps au téléphone avant, pour expliquer un peu, et poser quelques questions.

En revanche, je nuancerais en vous faisant part de ma propre expérience : à vous de voir si elle vous parle, ou si vous préférez finalement prendre une autre option.
Après l'expérience de la psy nullissime de Strasbourg, j'étais très méfiante, et du coup, j'ai cherché une psy qui soit à fond dans la bienveillance: j'en ai trouvé une qui avait suivi des formations Isabelle Filliozat. Elle s'est montrée très bienveillante, effectivement, mais elle n'a pas aidé F. .
A la fois, 
  • parce qu'elle n'était pas formée sur le problème spécifique de F. / la méthodologie associée, 
  • mais aussi parce qu'elle était "trop" bienveillante: trop, dans le sens que, face à des comportements inadaptés de F., elle avait tendance à plutôt conseiller de les laisser perdurer en attendant qu'il les abandonne de lui-même. Typiquement, face à son refus de se prendre en charge (45-60 minutes le matin pour le faire s'habiller seul) ou de contribuer à la maison (que de conflits pour mettre le couvert !) : elle m'a plutôt conseillé de lâcher du lest.

Celle qui nous a finalement accompagnés avec succès était, pour le coup, "moins bienveillante que moi". 
Je n'ai pas forcément souhaité suivre toutes les pistes données (combattre l'usage du doudou et du pouce par exemple : à mes yeux leur usage est très raisonné et mon expérience d'enfant qui a sucé son pouce jusque 10 ans ne me pousse pas à interdire cela à mon fiston; ou, conseil qui m'a le plus gênée : si il persistait à mouiller son lit, le remettre dans un lit à barreaux au prétexte que les draps de petits lits étant plus faciles à laver, au moins ça me ferait moins de travail).
Néanmoins, elle a du coup été à même de compenser certains de mes travers, puisque justement je tendais déjà à trop de bienveillance / ne plus savoir où placer un cadre / comment faire respecter mes limites. C'est ainsi elle qui m'a incitée à mettre le holà à la manière dont F. accaparait mon attention en cherchant à se faire aider pour s'habiller, etc. : il avait besoin que je lui signifie clairement que pour moi, il avait 4 ans 1/2, que c'était ainsi que je l'aimais le mieux, et que se transformer en bébé n'allait pas lui apporter plus d'amour. Il avait peur de grandir, il avait besoin que je lui montre que moi, je n'avais pas du tout peur de cela, mais au contraire que je souhaitais qu'il ait 4 ans 1/2.

Et moi j'ai pu suivre ses conseils, même si parfois ils me demandaient d'aller un peu à l'encontre de ma tendance naturelle, parce que
  • 1. ils n'allaient pas non plus complètement à l'encontre 
  • 2. ses conseils ne venaient de toute manière qu'en second lieuce n'était pas "évidemment qu'il refuse de grandir, vous le maternez trop". 
On a d'ABORD commencé par travailler sur le passé de F., et ensuite, une fois qu'on a eu commencé à bien déblayer certains traumatismes, on a rajouté de l'action pour le présent. (par exemple, le travail actif contre la voix de bébé n'a commencé qu'à la toute fin de la 3ème séance, qui avait été très très riche et très très émotionnelle). 
Et ça c'est vraiment vraiment un point fondamental, hein, dans cette approche : le PREMIER travail est le travail sur le passé ! Si on commence tout de suite à vous bombarder de "y a qu'à faut qu'on" au lieu de d'abord parler à votre fils de sa souffrance et de ses origines, c'est pas la bonne adresse ! (cf mon point suivant, d'ailleurs)
  • 3. je voyais qu'ils ne venaient pas d'une posture dogmatique.
Prenons l'exemple de l'allaitement : la psy très renommée de cette méthodo qui habitait à 10 minutes de chez moi, je n'en voulais pas : à un premier RDV elle avait sorti à une maman que c'était elle qui avait un problème psy pour allaiter encore son enfant à 20 mois. Une telle affirmation, lors d'un premier RDV, quand on ne connaît encore pas grand chose de la famille et de sa dynamique, montre que c'est une position de principe, anti-allaitement long. (et montre aussi une certaine propension à juger et à se positionner comme "supérieur", une propension à mon sens totalement déplacée chez un professionnel de l'accompagnement) Non merci !
Qu'en revanche, au bout de quelques séances, un psy puisse être amené à identifier et souligner que, dans ce cas précis, pour certaines raisons propres à l'histoire de la famille concernée, sur l'allaitement sont venus se greffer toute une série d'enjeux qui font que sa perduration participe à entretenir une dynamique négative, à mes yeux c'est vraiment différent !

Moralité : 
  • vous renseigner sur les expériences d'autres familles avec la personne que vous aurez identifiée : à fond. 
  • Lui parler au téléphone pour creuser un peu : OUI!
1. Pour vérifier que vous ne partez pas de bases trop différentes.
2. En revanche, mon expérience me conduirait à vous suggérer de ne pas chercher quelqu'un qui colle 100% à vos principes (un clone, quoi), mais plutôt quelqu'un qui, bien que "ancré" pas trop loin de vos positions, pencherait dans la direction contraire à votre tentation naturelle : moi, la première psy d'IDF ne pouvait pas m'aider car elle ne pouvait pas me servir de contre-balancier par rapport à ma tendance à déjà trop laisser F. "être petit", alors que la seconde a pu m'aider car elle m'a poussée un peu dans l'autre sens.
Et 3. Pour vérifier, surtout aussi, son ouverture par rapport à vos différences : quel que soit son positionnement, même si elle semble à 100% ok avec vos convictions, si elle part du principe qu'elle sait tout mieux que vous et que vous devez suivre aveuglément ses conseils, ce sera nuisible. Pour une relation équilibrée avec votre fiston, il ne faut déjà pas commencer par vous ôter votre libre-arbitre de maman ! Et alors si en plus ses suggestions sont parfois un peu loin de vos convictions, alors là, bonjour le malaise.

Je voulais aussi revenir vers vous concernant un point. La "première séance" m'inquiète un petit peu. Je n'aime pas parler de mon fils à la troisième personne quand il est à côté de moi. Plus encore s'il s'agit de faire la liste de "tous ses mauvais côtés". Et donc je m'inquiète de la première séance chez le psy qui va, j'imagine, me demander ce qui ne va pas! Pourriez-vous me dire un peu comment ça s'est passé pour vous ?

Je comprends vos inquiétudes concernant la première séance et je crois que je peux vous rassurer. Oui, évidemment, la psy vient vous demander "ce qui ne va pas". 
Et effectivement, en début de séance, elle vous demandera quelques symptômes, quels comportements montrent qu'il y a un souci, et ce sera devant les oreilles de votre fils. Ensuite, elle devrait déblayer avec vous rapidement les causes supposées que vous pourriez y voir (j'avais dit" naissance difficile, séparation de 3 jours juste derrière", sans aller dans les détails); et après, elle attaque directement, en vous demandant de raconter l'histoire de vie de votre fils (normalement, en commençant au tout début de cette histoire, c'est-à-dire au début de l'histoire commune entre ses deux parents)
Quand on aborde "les problèmes", on pourrait effectivement tout raconter en mode "mon enfant EST le problème." 
Mais non, je vous invite juste à tout simplement rester sur votre vraie raison pour aller consulter : vous n'allez pas consulter parce que votre fils ne fonctionne pas comme vous le voudriez, ni pour raconter à quelqu'un ses "fautes" et "défauts" pour qu'il les corrige. Non, ce qui vous pousse à aller consulter, ce n'est pas votre colère ou votre déception, c'est votre amour. C'est votre inquiétude POUR votre fils, parce que certains comportements vous montrent qu'il souffre. 
Chaque chose que vous serez amenée à raconter peut l'être sous l'un ou l'autre de ces deux angles. Vous pouvez raconter n'importe quoi en soulignant à quel point c'est inacceptable, ou raconter la même chose en soulignant le mal-être que vous voyez derrière.
 
D'ailleurs la réaction de la psy doit bien être orientée ainsi: la nulle de Strasbourg, elle, posait des étiquettes sur les comportements de F., quand celle qui nous a aidés soulignait que c'était une manière mal adaptée, pour l'enfant, de combler un besoin douloureux, et faisait systématiquement le lien entre les deux.
Et effectivement, autant j'étais mal à l'aise que mes échanges avec la première aient lieu devant F., autant ce n'était pas le cas là, puisqu'au fond ces échanges mêmes participaient à la thérapie, et venaient renforcer le message que nous cherchions à faire passer : "ton passé t'a donné des croyances en vertu desquelles tu as adopté des comportements qui te nuisent et que tu peux maintenant abandonner puisque nous détricotons avec toi les croyances que tu t'étais forgées."

Voilà pour ce petit complément !!

vendredi 30 mars 2018

Echange chambre contre babysitting en allemand : bilan intermédiaire et analyse (2/2)

Les enfants ont bien progressé en allemand, grâce à nos babysitters germanophones.

Petit focus maintenant sur ce qui était un des grands tests à l'aveugle de ces derniers mois : l'échange chambre contre services.

Là aussi, globalement un succès

  • des colocataires très agréables : j'ai mis beaucoup de soin à les choisir, et je ne saurais trop vous conseiller de faire de même. 
    • Échanges 
      • écrits :  très importants, ça donne aussi une idée du sérieux. J'ai ainsi récemment "boulé" un candidat potentiel qui n'était pas fichu de communiquer autrement, dès le départ, que par demi-phrases pleines de sous-entendus : au bout de plusieurs jours d'échanges, je n'avais toujours pas vraiment compris ce qu'il voulait, 
      • puis échanges par skype / téléphone, 
      • et récapitulatif écrit, ensuite, des conditions dont nous convenons ensemble.
    • Parmi les questions que j'estime importantes à poser
      • le positionnement par rapport aux enfants / question de l'autorité, 
      • la manière dont se passera le temps libre (va-t-elle passer ses journées étalée sur la canapé à pianoter sur son téléphone?). Je lui précise également que nous n'avons pas de télé.
      • mais aussi des questions plus concrètes sur le régime alimentaire suivi: j'offre la possibilité de prendre les repas avec nous, et je pense que, si les régimes alimentaires sont trop éloignés cela peut vite créer de l'agacement. Par ailleurs, je pense par exemple que vivre avec une végane ultra convaincue, au quotidien, pourrait être source de frictions: nous avons beau avoir réduit notre consommation de viande, nous consommons tout de même toujours beaucoup d'aliments d'origine animale, et je peux tout à fait comprendre qu'elle puisse avoir du mal avec cela. Et moi, j'imagine bien que ce regard critique pourrait finir par me peser également.
      • j'avais pris le soin de poser des questions sur le niveau de propreté
        • je ne voulais pas de quelqu'un de trop bordélique, et je me méfie ainsi un peu des personnes encore très fraîchement sorties de chez papa/maman : ramasser les affaires de quelqu'un derrière elle, non merci, j'ai déjà mon bazar à gérer; 
        • mais je ne voulais pas d'une grosse maniaque non plus : elle aurait été mal à l'aise chez moi (et moi je me serais sentie mal à l'aise) : même si, Flylady cahin-caha aidant, la maison est dans un état, à mes yeux, acceptable de propreté et de (dés)ordre, elle est loin d'être nickel.
 
  • elles ont beaucoup apprécié les repas : je cuisine bien, il est vrai, et la possibilité de les partager avec nous a été très largement utilisée. Je ne demandais pas de gros délais de prévenance: j'ai de toute manière tendance à cuisiner de grosses quantités, et puis, avec mes récipients en verre je suis devenue experte en gestion d'éventuels restes.
    • à noter que j'ai du réévaluer le prix demandé en échange de ces repas, car rien qu'avec du fromage, des fruits à tous les repas, etc, j'étais perdante

  • Un deal financièrement intéressant : sans conteste, c'est assez économique ! Au vu des prix de l'immobilier francilien, et du cout d'une heure de babysitting ici, c'est bien pratique pour tout le monde. 
    • Je précise que j'ai choisi d'appliquer un tarif horaire très incitatif : mon but n'est pas qu'à la fin du mois, on me doive encore des sous, mais qu'on soit content de chaque heure de babysitting que je propose, car elle permet d'alléger significativement la facture. 
    • Et nous, cela nous a permis de sortir en couple au resto, ou chez des amis, de manière régulière, et sans stress aucun sur l'heure du retour. Je me suis aussi permise de déserter le domicile familial certains des soirs où Monsieur Bout était absent : tant qu'à ne pas le voir, zou, soirée entre filles chez une copine.

  • le partage de l'espace vital : c'était un gros point d'interrogation pour nous, et l'une des raisons pour lesquelles nous étions contents de commencer "doucement"; notre première coloc ne venait que pour deux mois. Eh bien, finalement cela s'est avéré vraiment très peu pesant ! Ceci dit, je pense que deux aspects contribuent puissamment à ce constat chez nous 
    • habiter une maison aide par rapport à un appartement : toutes les pièces ne sont pas sur le même palier. Notre maison à nous étant sur 3 niveaux, on n'est pas tout le temps dans les pattes les uns des autres. Même Monsieur Bout, plus jaloux de son intimité que moi, et au départ assez réticent au projet, n'y voit finalement guère d'inconvénients !
    • nous proposons une chambre dotée de sa propre salle de bains, donc on ne partage ni les poils et cheveux épars, ni les traces de dentifrice, ni le linge laissé en boule dans un coin, et on n'a pas à piaffer parce que l'autre met 2 ans à se doucher...
    • 3ème aspect (oui, j'en avais annoncé 2. Mais je ne sais pas compter) : nous avons opté pour une vie un peu en "famille" : il ne s'agit pas que notre coloc reste cloitrée dans sa chambre, nous discutons volontiers, passons des soirées tisanes au coin du feu, etc. C'est un choix, il nous convient à nous! (et influe sur le choix de la personne)


Alors justement, le choix n'est pas évident : trouver quelqu'un qui va correspondre... et correspondre aux enfants !

Si nous, adultes, nous sommes très bien entendus avec notre première colocataire, M-A., le fit avec les enfants moyens fut très moyen, malgré le soin que j'avais pris de lui expliquer nos manières d'éduquer. 
Mais à sa décharge, 
  • M-A. est arrivée au moment où nous touchions le fond avec F.: moi non plus, extérieurement, je n'aurais pas trouvé que le comportement de F. portait vraiment crédit à nos méthodes d'éducation ! 
  • Ajoutons à cela qu'à son arrivée, les couchers se passaient toujours très mal (même si nous avons séparé les enfants juste avant son arrivée), donc cela aussi n'était pas un spectacle très encourageant. 
  • Cerise sur le gâteau : nous-mêmes, nous avons été complètement désarçonnés par la manière dont F. a réagi à son arrivée. Il la tapait, l'insultait ! Nous n'avions jamais vu cela, et nous n'avons pas su comment réagir au départ.
Bon, je vais vous épargner tout de suite l'erreur que j'avais faite, et qui avait contribué grandement à l'entrée en guerre de F. contre notre première coloc : dans les premiers temps après le déménagement, une manière (très agréable, mais bon) des enfants de s'approprier leur nouveau logement était de déclarer à tout visiteur "c'est pas ta maison", d'un ton bien péremptoire. 
Quand M-A. est arrivée, elle a eu droit au même traitement. 
Et j'ai repris "si, c'est un peu sa maison". 
ERREUR FATALE!
Je ne l'ai compris qu'en discutant avec la maman autrichienne qui les garde les mardis, puis en posant, du coup, la question à la psy que nous voyions à l'époque : ma réponse chamboulait les repères de F.
  • la maison = la famille, 
  • est-ce que cette personne faisait partie de la famille maintenant ?
  • mais alors, est-ce que le fait qu'elle restait peu longtemps signifiait qu'on pouvait appartenir à une famille puis ne plus en faire partie ? 
Si vous ajoutez là dedans les angoisses de séparation de F. (dont nous avons pris conscience peu de temps après) :  oui, évidemment, ça formait un cocktail explosif !! 
Et a donc déclenché des réactions violentes de F. : il combattait une invasion de son territoire. 
Une fois compris cela, j'ai pu faire amende honorable auprès de F. 
"Tu sais, je t'ai dit des bêtises, ce n'est PAS DU TOUT sa maison, elle a une maison ailleurs. Elle vit juste chez nous, c'est notre maison à nous" 
(et j'ai demandé à notre coloc de profiter de la première occasion pour montrer des photos de sa maison à elle aux enfants). Cela a permis une amélioration très nette des choses.

Mais bon, le mal était fait : d'une part, nous nous sommes retrouvés face à quelqu'un qui, parfois, estimait clairement mieux savoir que nous comment élever nos enfants... Et de l'autre, elle a eu un peu tendance à verser dans le rapport de forces
Du coup, les premiers temps ont été ultra compliqués, j'ai un peu regretté cet "essai".
 J'étais tendue quand ils étaient l'un en présence de l'autre car la moindre interaction pouvait partir en vrille, et l'idée de les laisser seuls... brrrr ! Heureusement, comme cela s'est ensuite détendu dès que j'ai pu dépatouiller mon erreur, F. a pu se montrer sous un jour meilleur, et M-A. aussi a fait des pas vers lui. 
Moralité, même si ce n'était pas parfait, ça a permis de les laisser quand même tranquillement.
En revanche, moi qui m'étais aussi imaginée des débuts de soirées roroses où, parfois, elle serait allègrement en train de jouer / lire avec les enfants pendant que je cuisinerais, j'ai du abandonner cet espoir, les relations n'étant jamais assez bonnes pour que, en ma présence, les choses puissent vraiment bien se passer avec elle.

Notre deuxième coloc, G., (actuellement encore chez nous) s'est trouvée être un choix un peu décalé : elle a en effet la cinquantaine... 
Quand elle m'avait contactée, j'avais commencé par avoir pas mal de réticences, mais j'ai pris le soin d'aborder de front chacun des points concernés pendant les quelques conversations téléphoniques que nous avons eues et... je ne regrette pas d'être allée au-delà de ma première réaction ! 
  • c'est très agréable d'avoir quelqu'un à la maison qui est habituée à gérer la sienne : elle voit ce qu'il y a à faire ! 
    • Quel plaisir de descendre le matin après avoir habillé les enfants, et de trouver un lave-vaisselle vidé et des fruits épluchés sur la table du petit déjeuner.
    • Ou, en plein créneau IEF, d'entendre l'aspi grignoter les miettes dans la cuisine...
  • mais surtout, G. est à la fois très fine et souple dans sa gestion des enfants, pas du tout dans l'autorité, et beaucoup dans le jeu, les rires, et le positif. Ils l'adorent.
Nous nous entendons merveilleusement bien, regrettons que sa vie familiale l'oblige à repartir comme prévu fin avril, et sommes bien d'accord pour voir comment elle pourra s'arranger pour revenir passer une période assez longue à la maison l'hiver ou le printemps prochain.

séance organisée par G. en mon absence : peinture d’œufs pour décorer la maison en vue de Pâques. Un autre avantage de ce genre d'expériences, c'est que les enfants goûtent à des activités différentes de celles proposées par maman !

la question du taux de présence

  • notre première colocataire étant en stage la journée, je trouvais que c'était vraiment un bon système pour ne pas se marcher sur les pieds : j'étais seule chez moi les jours de semaine. Du coup, c'était le babysitting du soir qu'elle prenait en charge (1 à 2 soirs / semaine). Je pense que c'est vraiment une chouette solution pour tester la cohabitation avec quelqu'un d'extérieur à la famille.
  • notre seconde colocataire n'ayant pas d'obligations particulières, nous étions parties sur un nombre d'heures plus important (elle perçoit donc de l'argent de poche), et finalement, vu comme ça se passe bien, j'apprécie !  En plus du babysitting du soir, G. assume 
    • un jour par semaine, de 11h30 à 18h : sitôt le créneau IEF terminé, elle prend le relais, part en ballade avec eux puis gère le reste de la journée, 
    • mais aussi quelques heures éparses dans la semaine : ainsi, le lundi, après le créneau d'école, là encore, elle part 1h30 à 2h avec eux pour une graaande ballade, et moi j'ai ma maison pour moi jusqu'à leur retour pour un déjeuner tardif suivi d'un bon repos puisque la ballade les a bien dépensés.
Autant vous dire que je me suis bien habituée à ce surcroît de soutien, et que je me dis que, si par hasard notre future colocataire n°3 peut elle aussi offrir une assez grande disponibilité, je ne cracherai pas dessus ! Surtout que cela serait précieux pour faciliter ma logistique de fille-un-peu-en-train-de-reprendre-une-vie-pro.

Au point que j'ai sérieusement réfléchi à sauter le pas vers une solution que j'écartais pourtant clairement l'été dernier : la jeune fille au pair. A la fois pour m'assurer un soutien plus conséquent au quotidien, mais aussi parce que, vu le temps pris par le processus de sélection, je ne serais pas mécontente de m'assurer quelqu'un pour une période plus longue. Et enfin, parce que, pour les enfants aussi, cela fait tout de même une rupture affective à chaque fois...
Mais... malgré cela, pour le moment, je n'ose pas : 
  • discuter avec des copines ayant de l'expérience de jeunes filles au pair me montre quand même que ce n'est pas évident de confier autant de responsabilités à des demoiselles plus ou moins expérimentées (entre du babysitting du soir, et la gestion d'une journée complète, il y a une différence!), une copine me parlait de 1 à 2 mois à investir avant qu'elles gèrent bien, hum, mouais, ça ne m'emballe pas...
  • et puis le cadre règlementaire assez étroit autour du statut d'au-pair ne me convient pas. Et notamment le fait que normalement on ne doit pas demander plus de 6h/ jour: ça ne correspond pas à mes besoins, en particulier celui de pouvoir confier mes enfants une journée entière si je bosse cette journée là !



Dernier point et conclusion : avoir osé ouvrir notre porte à des "étrangers" m'a permis de m'apercevoir de tout ce que cela peut nous apporter, pour des inconvénients finalement bien moindres que ceux envisagés.
A l'arrivée, je constate bien que ce mode de vie plus "en tribu" me convient bien. Là encore, finalement, se recrée un bout du fameux village : je trouve un soutien bien utile, une compagnie adulte, et notre colocataire peut compter sur une ambiance chaleureuse, des petits plats mitonnés, et de la conversation.
Du coup, il est clair et net pour nous que nous chercherons à maintenir cet arrangement le plus longtemps possible : si numéro 3 daigne pointer son nez, nous ferons notre possible pour continuer à avoir une chambre à proposer en casant 2 enfants dans la même chambre (on y croit...).


mercredi 28 mars 2018

Mode de garde en allemand & échange chambre contre services : bilan intermédiaire et analyse (1/2)

Cela va faire bientôt 6 mois que nous avons déchargé nos cartons dans notre nouveau chez-nous. (Notez que j'ai écrit "déchargé", et non "déballé"; car je confesse que je suis tout juste, enfin, en train de déballer les tout derniers)
Tant qu'à quitter Strasbourg (bouhouhou), j'avais tâché de profiter, au moins, des nouvelles possibilités offertes par le fait d'habiter en région parisienne.
C'est, globalement, quelque chose que nous avons jusqu'ici, pas mal réussi à faire à chacun des endroits où nous avons habité, et je trouve que cela aide vraiment à digérer les déménagements: nous faisons notre maximum pour, à chaque fois, profiter des avantages propres à notre région. 
Certes, ils nous manquent après, mais au moins on a le sentiment d'avoir vraiment goûté les "spécialités" régionales. Ce mode de fonctionnement nous permet d'éviter de rester dans des comparaisons / regrets stériles une fois partis, puisque nous sommes occupés à exploiter les points positifs de notre nouvelle région.

Parmi ces avantages : le gigantesque melting-pot qu'est l'Île-de-France, melting-pot dans lequel on retrouve un certain nombre de personnes d'origine germanophone, et donc, la possibilité de faire garder les enfants "en allemand".

J'ai souligné à quel point ces heures de garde sont importantes pour mon équilibre personnel, et je vous avais parlé de mes plans "garde" pour cette année, voici le moment d'un premier bilan, avec un peu d'analyse des enseignements tirés, ce qui pourra toujours servir à l'une ou l'autre d'entre vous.

Pour mémoire, nous avons eu recours à la fois à
  • des personnes venant de l'extérieur pour garder les enfants à mon domicile, 
  • et un "colocataire-babysitter" : échange de notre chambre d'amis contre des heures de babysitting.

Effets sur la l'appropriation de la langue : très positifs !! 

Je suis absolument ravie : bien entendu, les enfants ne sont pas devenus bilingues en quelques mois, mais cette exposition fréquente à l'allemand a indéniablement porté des fruits :
  • à la fois directement et indirectement, dans le sens que, l'allemand étant plus parlé dans notre quotidien, il m'a également contaminée (et Monsieur Bout également, du reste) . Parlant plus souvent allemand avec les différentes personnes, il a donc été plus facile, plus spontané, pour moi, de le parler avec mes enfants : une grosse partie des phrases des repas, ainsi que de celles des phases d'habillage / deshabillage, par exemple, se fait dorénavant en allemand.
  • La compréhension a énormément progressé, de nombreuses phrases simples du quotidien sont maintenant comprises.
  • cela a été favorisé par, et favorise en retour, la lecture d'albums en allemand. La maman autrichienne qui vient les garder le mardi, notamment, lit énormément avec eux, et du coup ils l'acceptent très bien, et se familiarisent avec cela au fur et à mesure.
  • Appropriation affective : même si F. continue parfois à prétendre qu'il ne veut pas parler allemand, et qu'il n'aime pas ça, ce discours se mêle aussi à d'autres affirmations assez fières où il explique qu'il va apprendre l'allemand aux copains de la résidence. Et dans les faits, il a très souvent recours à des mots d'allemand. Certains mots, d'ailleurs, se sont si bien ancrés émotionnellement chez lui qu'il les utilise de préférence à leur équivalent français : "on a vu le Hund aujourd'hui", "oh, le joli Luftballon !"
  • Là où ils n'employaient à l'époque, au mieux, que des mots isolés, ce sont maintenant des petits groupes de 2 ou 3 mots, voire quelques petites phrases : entendre E. chercher partout son niania (nom qu'elle a donné à son doudou) et s'exclamer en le retrouvant : "Da ist Niania !!"...
  • A noter: E. avance plus vite que F., à la fois sur le plan de sa compréhension et de son expression. Je suppose que c'est à la fois du à son plus jeune âge, au fait qu'elle n'a pas les casseroles émotionnelles de son frère, et à son intérêt de toute manière jamais démenti pour tout ce qui a trait au langage.

A noter : parler dans une langue étrangère, de manière conséquente, à un enfant qui ne comprend pas toujours très bien ce qu'on lui dit, ce n'est pas facile. C'est le cas des Bébous: pour rappel,voici ce que nous faisions jusqu'à présent pour les familiariser avec la langue.
Du coup, ce défi a été plus ou moins bien géré par les différentes personnes qui se sont occupées d'eux les derniers mois. Nos statistiques extrêmement représentatives (4 personnes) tendent à montrer que 
  • les personnes ayant plus d'expérience avec les enfants (celles en ayant déjà eu elles-mêmes) s'en sortent mieux, car elles savent déjà mieux s'adapter au niveau de communication de l'enfant en ayant recours au non-verbal pour compléter, là où les plus jeunes (étudiantes) sont encore énormément dans le verbal et se sentent donc plus facilement démunies quand elles ne peuvent pas s'appuyer dessus. 
  • Par ailleurs les premières savent aussi mieux imposer, tout en douceur, l'allemand malgré les réticences de départ de leurs jeunes interlocuteurs (s'emparer d'un livre et y aller franchement, enchaîner les mots à consonance marrante, avec grimace assortie, etc).
  • Enfin, last but not least, meilleur est le niveau d'entente entre l'adulte et l'enfant, mieux ça passe. Mais bon, là, j'enfonce des portes ouvertes.

En général, j'ai remarqué que, du coup, les "plus jeunes" avaient davantage besoin que je les encourage à employer l'allemand avec les enfants, et que je souligne qu'ils comprennent déjà une partie de ce qui leur est dit. Leur partager quelques astuces a aussi été utile pour qu'elles se sentent mieux armées pour gérer cet aspect : par exemple, de répéter les mots / bouts de phrases dits en français par l'enfant. Si l'un dit "oh, un arbre", répéter "jaaaa, da ist ein Baum !", ou réagir à un "je veux boire !" d'un "ach, du möchtest trinken ?" avant de servir le verre demandé.


En conclusion sur cet aspect : je suis ravie de m'être bougée pour "germaniser" l'environnement des enfants. Les résultats sont là et je continuerai sur ma lancée.
Je suis également bien contente de pouvoir compter sur différents relais en même temps : la garde extérieure, et l'accueil d'une personne germanophone dans notre chambre libre.
Ce dernier point fera l'objet de la 2ème partie du billet, car j'étais pleine d'interrogations à ce sujet, interrogations auxquelles nos premiers mois de tests ont apporté un certain nombre de réponses.

jeudi 22 mars 2018

IEF : continuer ou pas?

La décision de faire IEF repose souvent sur tout un ensemble de raisons
Mais entre ce qu'on imagine et ce qu'on vit, en particulier avec ce que la vie comporte d'imprévus, cela peut changer... et certains constats peuvent venir orienter, voire ébranler le projet.


Quand je me projetais dans notre futur strasbourgeois, notre école-maison me semblait avoir incontestablement de beaux jours devant elle chez nous:
  • ça allait globalement bien, F. progressait tout à fait correctement même si je trouvais qu'il était parfois difficile de le mettre / garder au travail : mais tout de même, 
  • j'appréciais globalement bien ma vie de maman IEFeuse, nous profitions énormément du rythme familial que cela permettait, et de beaucoup d'autres avantages de l'IEF 
  • mes ambitions professionnelles s'étaient pas mal tiédies et je me satisfaisais de perspectives d'activité pro très minimales 
    • principalement constituées d'interventions ponctuelles dans l'enseignement supérieur, dans un premier temps; 
    • à plus long terme (mais vraiment à plus long terme), je réfléchissais à rajouter à cela un peu d'animation d'ateliers Faber et Mazlish
    • mais bon, tout cela allait rester très minime et en aucun cas empiéter sur ma disponibilité pour l'IEF
    • et même si financièrement, nos perspectives à moyen terme pouvaient évoluer de manière moins confortable, cela pouvait rester encore compatible avec une activité aussi réduite, pour peu qu'on fasse des efforts de budget ailleurs.
  • aucune école proche ne pouvait me tenter, une fois que j'avais admis que celle de Saint-Dié était trop éloignée; l'IEF n'avait donc pas de concurrent "valable".
Du coup, bien que décidée à aborder la décision chaque année avec un œil neuf, je me voyais bien partie looongtemps en IEF (et je comptais bien que, chaque année, un Monsieur Bout encore un peu tiède à l'idée de tenir "trop longtemps" nos enfants éloignés de la "normalité", se laisserait convaincre de faire une année de plus.)


Puis vint le déménagement; et avec lui quelques effets collatéraux non-négligaables.
  • J'en avais identifié un immédiatement : la présence d'une chouette école Montessori (avec des vrais morceaux d'allemand dedans !) à proximité, me fournissait une alternative potentiellement acceptable (à 2-3 détails près : vérifier le sérieux et la bienveillance de la structure / des personnes qui la font vivre; et ... le coût, bien entendu)
  • D'autres me prirent par surprise : et notamment, le bouleversement causé par ce déménagement chez nos enfants, et notamment F.: d'abord traduit par des couchers pourris, il prit de l'ampleur et rendit le quotidien avec F. plus ou moins invivable.


Du coup, à Noël, le bilan provisoire "pour ou contre la poursuite de l'IEF" n'était pas brillant.

  • confiance dans l'avenir du projet (notamment aux yeux de Monsieur, mais pas que) un peu mise à mal
    • en effet, la première victime collatérale de ces soucis de comportement avait été notre créneau d'IEF quotidien : sitôt aménagée notre nouvelle et sublime salle de classe, celle-ci était très vite devenue le théâtre de conflits tels que j'avais préféré, prudemment, oublier pour un temps ledit créneau d'IEF, pour me focaliser sur la reconnexion.
    • A Noël, cela faisait 2 mois qu'il avait disparu, rien ne permettait d'espérer qu'une reprise pourrait avoir lieu dans de bonnes conditions, ça n'augurait rien de bon !

  • IEF, cela signifie "Instruction en Famille": il s'agit donc de lier très étroitement (ou de ne pas séparer, plutôt), certains apprentissages à la vie en famille. Pas évident, quand la vie en famille se passe mal. Or justement, avec le déménagement le comportement de F. est dévenu de plus en plus inquiétant: opposition, conflits, terreurs de séparation, mais aussi extinction quasi-totale de toute envie d'apprendre, de progresser, ou même de faire seul.
    • En parallèle, je remarquais bien qu'il était moins dans l'opposition, et plus intéressé pour manifester au moins un zeste de curiosité, en mon absence / avec d'autres personnes que moi.
    • Alors, à quoi bon continuer l'IEF si au fond, mon enfant, du fait de souffrances profondes, apprenait finalement beaucoup mieux avec quiconque d'autre que moi ? 
    • En décembre nous avons commencé à voir quelqu'un pour gérer tous ces problèmes, finalement identifiés comme en lien avec une grosse angoisse de la séparation qui avait engendré un refus de grandir chez F., et l'idée de le rescolariser l'an prochain a progressé dans ma tête : si son angoisse le conduisait à vouloir être un bébé avec moi pour mieux me garder près de lui, et donc à ne rien apprendre en ma présence, notre IEF était mal partie : sans doute valait-il mieux dissocier autant que possible les moments d'apprentissage des moments avec maman... 

  • Présence d'une alternative valable : l'école Montessori, où il allait une fois par semaine pour un cours d'allemand, m'a tentée de plus en plus : je voyais bien qu'il y était bien, et plus d'un signe m'avait rassurée sur l'approche très bienveillante (tout en sachant être guider l'enfant vers le meilleur) du personnel éducatif.

  • Alternative valable, certes, mais aussi valant... trèèèès cher : le coût est un aspect à prendre en compte, et les frais bien supérieurs à ce que coûte une IEF lambda me poussaient à espérer que la situation devienne suffisamment gérable pour que je puisse au moins attendre encore un an (l'année des fameux 6 ans) pour scolariser F. / ouvrir mon portefeuille ! 
    • mais un effet collatéral des difficultés rencontrées avec F. est que, alors que le hasard mettait sous mon nez de nouvelles possibilités professionnelles, ces difficultés m'ont donné justement très envie d'aller respirer un autre air que celui de ma maison. Ce qui permettait de financer les frais de scolarité.
    • Passer moins d'un temps conflictuel avec mes enfants, pour leur permettre d'apprendre sereinement loin de moi pendant que je faisais quelque chose d'épanouissant, et nous retrouver ensemble de manière plus brève, certes, mais plus apaisée... Une perspective à considérer.

  • Nouvelles perspectives professionnelles d'autant plus difficiles à négliger que, de nouveau, des réflexions pro du côté de Monsieur laissent augurer des changements de niveau de vie assez conséquents à moyen terme. Or, autant en Alsace nous pouvions digérer ces changements en revoyant uniquement la partie "dépenses" du budget, autant en région parisienne, avec un crédit tout frais sur le dos, il sera nécessaire de faire quelque chose pour gonfler la partie "revenus" : que la Gwen vienne compenser, au moins en partie, la diminution du chiffre figurant dans la ligne "Salaire Monsieur Bout". 


  • Et enfin, dernier point qui s'est peu à peu cristallisé : je suis toute contente, en ce moment, de consacrer beaucoup de temps à une petite reprise pro. Cette reprise pro est calibrée de manière à permettre, en parallèle, la tenue de nos créneaux IEF. Et je consacre un peu de temps aussi à la préparation de notre IEF. Mais justement, l'IEF, cela demande bien un double investissement : le temps passé avec l'enfant, mais également le temps de préparation
    • C'est là que le bat blesse : aurai-je le temps de préparer une IEF plus lourde ? En d'autres termes, que se passera-t-il quand F. aura atteint l'âge de l'instruction obligatoire, qu'une inspection nous pendra au nez, et qu'il me faudra (sauf unschooling mais ce n'est pas la voie que j'envisage) structurer et donc préparer davantage notre IEF ? 
    • Aurai-je le temps... et surtout, l'envie ? 
      • Je le vois bien en ce moment : quand je prends du temps pour avancer sur mes dossiers en cours, je vais plus spontanément vers ce qui se rapproche du pro, que de l'IEF. Ce n'est pas grave, je gère à la cool, en me disant que dans la pédagogie Charlotte Mason, de toute manière, c'est "rien de formel avant 6 ans". Donc ce que je fais c'est bien, si je ne fais rien c'est bien aussi. Argument qui fonctionne très bien... avant 6 ans. 
      • Bref, je ne suis pas sûre d'avoir envie d'investir autant de temps que ce que j'admire chez les voisines, pour concocter de jolis programmes assurant à mes enfants l'acquisition des connaissances nécessaires chaque année.


Vraiment, la décision de faire / poursuivre l'IEF, c'est un choix à tiroirs ! 
De nombreux facteurs rentrent en ligne de compte, et il faut considérer les besoins de chacune des parties prenantes
  • besoin de l'enfant,  
  • besoin du parent IEFeur, 
  • besoin aussi de l'autre parent (chez Monsieur Bout : être rassuré). 
Et il y a aussi les besoins des autres membres de la famille : quel serait l'impact, sur E., d'une scolarisation de F. ? 
  •  Elle perdrait son compagnon de jeux et d'apprentissages, au moins pendant une grosse partie de la semaine. 
  • Et en ce moment notamment, l'effet d'entraînement de la présence du plus grand est incontestable. Un exemple au parmi tant d'autres : à force d'être à proximité quand F. manie ses lettres rugueuses, E. commence à en reconnaître un certain nombre, et manifeste beaucoup d’enthousiasme pour le sujet.



Etat des réflexions chez nous :

F. allant teeeeellement mieux (et étant, du reste, encore sur une pente ascendante : les progrès continuent !!), cela se voit aussi sur les apprentissages, et je ne me pose plus la question de la scolarisation l'an prochain: ce sera IEF, et ce sera très bien : 
  • garder le rythme fort agréable que nous avons à présent réussi à prendre, 
  • garder tous les avantages de l'IEF, 
  • et garder... mes sous: j'aurai d'autres manières de me libérer du temps pour faire vivre mon bébé, ma micro-entreprise toute neuve.
La question demeure en revanche ouverte pour l'année suivante, et va me demander quelques efforts d'organisation et d'introspection : quelle part de mon énergie suis-je prête à investir pour qu'une IEF soumise à inspection se passe bien ? 
Une alternative sur laquelle je pourrai également me pencher, et qui pourrait m'éviter de jeter le bébé avec l'eau du bain, sera de passer par un CPC. Mais là encore, il y a le coût, il y a le temps passé à choisir ZE Cours Par Correspondance auquel je ferai confiance, l'énervement possible si des choses ne m'y conviennent pas / ne conviennent pas à mon enfant, voire le temps passé à "adapter", qui pourrait réduire à néant l'intérêt d'avoir recours à cette aide.

Bref, beaucoup de réflexions en cours, que j'ai voulu partager avec vous car elles illustrent bien, je pense, la complexité du choix et la diversité des réponses qu'on peut donner à cette question :
 IEF, continuer ou pas ?