lundi 14 mars 2016

Analyser ses propres besoins pour trouver son Equilibre Pro

J'évoquais ici l'importance capitale, dans les choix touchant à l'équilibre vie pro / vie perso, de ne pas seulement prendre en compte "le meilleur pour l'enfant", mais aussi et avant tout les besoins propres des parents. Il s'agit de se poser les questions: 
  • De quoi ai-je besoin pour m'épanouir en tant que personne? 
  • A quoi je carbure ? 
  • Quels sont mes facteurs d’équilibre ? De déséquilibre ? 
  • Que m'apporte à cet égard le fait de travailler à l'extérieur ?



Les réponses à ces questions seront nécessairement très diverses selon les personnes, car travailler ne remplit pas du tout les mêmes fonctions selon les individus. Mais aussi, ce sont des questions à reconsidérer régulièrement car le rôle du travail évolue aussi dans le temps (rappelez-vous, nous changeons, nos besoins aussi) et notamment en fonction des expériences faites.
Ainsi, moi-même, je ne répondrais pas la même chose aujourd'hui que ce que j'aurais pu dire à ce sujet il y a 4 ans : tout simplement parce que jusqu'à il y a un peu plus de 4 ans, je n'avais jamais occupé de poste qui me convienne vraiment. L'expérience, que j'ai faite en Normandie, d'un poste particulièrement bien adapté à mes leviers de motivation, a considérablement modifié mon rapport à ma vie pro.

Par ailleurs, identifier un besoin relié à sa vie pro ne signifie pas partir du principe que tout travail comble automatiquement ce besoin, ni que seul un travail "à l'extérieur" permet de combler ledit besoin.
Au contraire, décortiquer ses besoins fondamentaux peut aussi permettre d'arriver à de nouvelles solutions, de nous rendre plus libres dans nos choix en rendant ceux-ci plus larges, parce que nous aurons identifié des ersatz, des manières alternatives de combler le besoin.

Ainsi, prendre le temps d'analyser son besoin permet en fait de nombreuses choses :
  • arbitrer, opérer un choix pro, en décidant de la place à donner à son travail dans sa vie
  • optimiser son choix de travail: 
    • puisque certains postes / entreprises combleront mieux un besoin qu'un autre poste / une autre entreprise, autant intégrer ce critère-là dans sa recherche de boulot! 
    • Cette réflexion représente aussi une opportunité de faire le point sur sa situation actuelle et d'envisager un changement... Effectivement, si notre travail ne nous épanouit pas ou pas suffisamment, mais que nous avons pour mission d'être attentive à notre besoin/épanouissement, il peut être judicieux, il est légitime, de remettre les choses à plat. 
    • Mot d'ordre :  Travaillons "utile"...;-)
  • mieux assumer son choix et ses conséquences. Avoir présentes à l'esprit les raisons de ce choix aide à relativiser quand ce n'est pas parfait
  • identifier ou construire des stratégies alternatives pour combler le besoin
  • travailler sur la source du besoin / devenir capable de s'en détacher : si ce besoin est lié à une blessure, par exemple, mettre le doigt dessus peut représenter l'opportunité d'entamer une démarche de guérison, pour m'en libérer. A l'issue de cette démarche, je pourrai reconsidérer mes choix avec une nouvelle sérénité, une plus grande solidité.
Autant d'aspects que je m'efforcerai d'aborder, à chaque fois que ce sera pertinent, dans l'analyse des différents besoins auxquels peut répondre le fait de travailler à l'extérieur.

Une série d'articles intitulée "Travailler pour...?"

Je viendrai compléter ce billet au fur et à mesure avec la liste des besoins déjà abordés, et je vous invite à faire de cette série un espace pour partager vos expériences, interrogations, difficultés et stratégies pour répondre à tel ou tel besoin.

Je vous dis à demain pour en examiner un premier : le besoin de stimulation intellectuelle!





samedi 12 mars 2016

Arrête de me saouler

"Arrête de me saouler", entends-je ce vendredi matin dans la bouche de F. (en train de faire je ne sais plus quoi...)
Interloquée, je tends l'oreille.
"Arrête de me saouler", réitère F. quelques instants plus tard. La prononciation est distincte (ah, ces progrès de langage...), il n'y pas à s'y méprendre.
Je prends le temps de la réflexion. 
  • Est-ce une expression que Monsieur Bout ou moi utilisons ? 
  • Envers lui ? 
  • Envers quelqu'un / quelque chose d'autre ? (certains appareils relous, l'ordinateur pas toujours coopératif, que sais-je...)
Notre expression n'est pas toujours des plus châtiée, mais non. Si ce n'est pas nous...?

"Arrête de me saouler", réentends-je au moment de la sieste, alors que je suis en train de changer une E., qui se tortille, avant de la coucher.
"qui c'est qui dit ça ?"
"Lili, parce que je mets les mains quand elle met la couche". 
Ah... il me revient que ce matin aussi, c'était en plein change de la Bébounette.

   Oui, Lili (il s'agit de notre assistante maternelle, vous l'aurez peut-être compris) est joyeuse, je l'ai choisie sur ce critère, globalement douce, c'était aussi un critère, et plutôt patiente, idem.
   Alors, oui, le Bébou n'est pas toujours un modèle de coopération quand il s'agit de lui enfiler ses couches de dodo.  Puisque il est propre - avec accidents en ce moment, malheureusement - depuis la naissance de sa sœur environ, mais sur ses temps d'éveil uniquement; je ne sais d'ailleurs trop comment je veux m'y prendre pour les temps de sommeil, et si je décide de prendre une initiative je sais avant tout qu'il est hors de question que je lance ce chantier avant la fin mai.
   Alors, oui, moi-même malgré tous mes efforts il m'arrive de perdre mon calme face à ses colères / refus. Nous sortons d'ailleurs d'un mois de février agité à ce niveau-là. J'ai commencé par me calmer moi, curieusement il s'est calmé lui....
Mais il n'empêche que ce n'est pas ainsi que je veux qu'elle s'adresse à mon fils.
Auprès de qui, du reste, il faudra que je réaborde le sujet à la première occasion, car au vu de l'air tout sérieux, voire même perplexe, avec lequel F. rejouait la scène, celle-ci le préoccupait visiblement; il aura probablement besoin que nous l'accompagnions pour savoir dans quelle catégorie la classer.

Ce soir, discussion avec Monsieur Bout : sa réaction résume bien le problème.
"Ouille. Et puis si elle dit ça, que dit-elle / fait-elle d'autre?" (assorti quelque minutes plus tard d'un "quand même, faut reconnaître que c'est un souci qu'on s'épargne quand l'un est au foyer..." eh oui... rha ce que ça vient simplifier ma vie et mes choix, ça! Allez, ONZE SEMAINES, ONZE)

Je suis bonne pour une petite mise au point lundi, chouette.... Initialement je pensais partir de ce que j'avais entendu, mais la discussion avec Monsieur Bout m'incite à aborder le sujet plus largement au départ : comment réagit-elle aux colères / résistances du Bébou, reclarifier nos souhaits à ce niveau, et ensuite seulement cet épisode précis. Monsieur Bout sortira très tôt de manière à pouvoir être présent, et notamment occuper le Bébou pour que je puisse discuter tranquille.


Plus profondément, cela relance mes interrogations. Je suis encore en pleins calculs et réflexions concernant le choix optimal du mode de garde si je bosse encore à 50% l'an prochain. Je penchais pour une garde à domicile, mais je n'étais pas encore vraiment décidée à faire une croix sur notre assistante maternelle
  • l'intérêt d'avoir les enfants gardés chez soi est grand, l'envers du décor c'est que 
    • si à certains moments on veut être tranquille chez soi sans enfants, c'est plus compliqué (même si cela s'arrange bien sûr pour une durée limitée de temps, on peut envoyer la personne sortir les enfants, par exemple)
    • on a quelqu'un dans son chez-soi, comme ça, toute la journée. A mon niveau ce n'est pas une question de confiance, le ménage a toujours été fait en notre absence (sauf évidemment mes périodes au foyer) et la confiance n'est pas un problème. L'intimité, si.
  • je trouvais aussi attirante la perspective de ne pas imposer une (nouvelle, pour F. . Il a déjà "perdu" sa nounou de Normandie) rupture affective aux enfants
  • et enfin, on sait ce qu'on perd, on ne sait pas ce qu'on gagne.

C'est la grande question que remue l'épisode d'aujourd'hui : trouverai-je plus, ou moins, coopératif en termes d'éducation bienveillante / communication non-violente ?

Après notre déménagement, et pendant que je m'arrondissais autour de la Bébounette, c'était au bout de quelques semaines que la dame qui fait le ménage chez nous m'avait avoué "je ne comprenais pas trop votre manière d'éduquer votre fils, je n'ai jamais vu ça. [son ça = je ne crie pas - sauf exceptions/perte de contrôle -, je le laisse toucher à beaucoup de choses, mais je le fais aussi essuyer, ramasser, etc, quand il occasionne des dégâts + utilisation d'une barrière à la porte de sa chambre quand je souhaitais qu'il puisse vaquer à ses occupations et moi aux miennes] Mais en fait, vous avez trop raison, à l'usage je vois le résultat, il est tout zen votre fils, et très autonome. J'aurais du faire comme ça avec les miens".
Ce genre de cri du cœur, fait chaud... au cœur. Mais si il faut plusieurs semaines d'observation de notre fonctionnement familial pour comprendre son intérêt, comment s'assurer cette compréhension chez une personne avec qui on aura simplement quelques entretiens ?

Mmpf...

vendredi 11 mars 2016

Chouette film : Le labyrinthe du silence


Le synopsis
1958 Un jeune procureur réalise qu'un ancien SS enseigne à des enfants alors que la loi l'interdit. De fil en aiguille, et malgré les résistances qu'il rencontre sur son chemin, il en vient à enquêter sur la réalité des camps de concentration, une réalité inconnue ou niée par la plupart des Allemands ("tout le monde avait ses camps, moi j'ai passé 2 ans en Russie"). Il mène ainsi l'instruction du Procès d'Auschwitz qui forcera les Allemands à se confronter à leur propre passé.


Ce film est constitué pour la majeure partie d'une histoire vraie, à laquelle se mêlent quelques éléments de fiction en la personne du personnage principal, qui est en fait un mélange de 3 des procureurs ayant participé à l'enquête.
Il évoque avec force et justesse les thème de la responsabilité collective et individuelle, la culpabilité, le poids de l'Histoire. Il ouvre sur une réalité méconnue : celle de l'Allemagne de l'immédiate après-guerre, et de l' "amnésie" qui y régnait, symptôme de la difficulté, pour un peuple, d'appréhender ce à quoi il avait participé.

  • Une mise en scène sobre, sans fioritures, certains diraient "prévisible", mais qui permet de laisser toute sa place au sujet et au jeu des acteurs.
  • Pas de complaisance dans les images ou les descriptions de l'horreur concentrationnaire (ce qui change agréablement de nombreux films sur le sujet). Simplement des éléments de vérité, nus, ce qu'il faut pour retranscrire l'horreur de ce que découvrent les procureurs au cours d'une instruction pas comme les autres. Ainsi l'attention reste-t-elle focalisée sur l'évolution psychologique des personnages, et de la société dans laquelle ils évoluent, au fur et à mesure qu'ils affrontent un passé resté caché.
  • Une restitution très juste du traumatisme d'un pays tout entier et de la difficulté, pour la société allemande, à concilier le souhait de reprendre une vie "normale" / construire un avenir, avec les conséquences du passé
  • A noter (car personnellement c'est le genre de chose auxquelles je suis sensible / qui m'agace...) une scène d'amour entre le héros et sa petite amie, pas trop appuyée mais superflue en soi. Celle-ci peut cependant représenter une occasion de discussion puisqu'il est perceptible que c'est la colère que la demoiselle ressent envers on propre père qui la pousse dans les bras de son amoureux.

Un film à voir "dans un second temps", à partir de l'adolescence, pour poursuivre la réflexion et affiner la compréhension de ce qu'a représenté la Shoah.


jeudi 10 mars 2016

Livres - le succès du moment : Mon Premier Livre des Sons

Je m'interrogeais sur la meilleure manière de développer la sensibilité de F. aux sons (premier pas vers l'identification des phonèmes composant les mots) quand un chouette article de Maman Poisson, encore enrichi par ses commentaires, m'a permis de découvrir un outil bien adapté!

J'ai donc investi dans

Mon premier livre des sons, des éditions Milan


Ce livre-CD est chez nous depuis 3 semaines et je suis ravie de l'investissement. Il a suscité chez F. un intérêt immédiat et qui ne se dément pas, et est écouté quasiment quotidiennement (voire pluri-quotidiennement).

Nous apprécions notamment : 
  • Les sons sont variés, reconnaissables et correspondent bien aux centres d'intérêt d'un enfant : sons du quotidien, des véhicules, d'animaux, des instruments de musique...
  • Les photos illustrant chaque son sont belles
  • Le vocabulaire employé pour présenter les différents sons est précis et de bon niveau
  • La catégorisation des sons est pertinente
  • Les petits jeux de devinettes à la fin sont très bien fichus pour mobiliser ce qui a été appris et solliciter encore davantage l'oreille en proposant de nouveaux sons.
  • Sur un plan bêtement pratique, le CD s'accroche au livre en se clipsant. C'est bien plus résistant que le rangement dans une pochette en plastique... en tous cas chez nous ce genre de pochette se désolidarise vite du livre sous l'action de petites mains pressées.

Nous avons regretté au départ que les sons ne soient pas "écoutables isolément", dans le sens que sur une même plage audio du CD figurent plusieurs sons d'affilée. Ceci dit à l'usage nous nous en passons très bien.

Nous repérons déjà de nombreux nouveaux mots dans le vocabulaire de F., directement issus de l'écoute de ce CD. 
Celui-ci est par ailleurs arrivé à pic dans une période où F., comme je le mentionnais déjà, se montre très sensible à la musique : son passage préféré, celui qu'il réclame quand il demande à ce qu'on lui fasse écouter le CD, est "les instruments de musique", et les sons associés sont véritablement très bien choisis. Désormais il repère avec fierté les instruments de musique représentés dans ses autres livres...

Enfin, dernier point appréciable : je l'avoue, nous n'avons pas de télévision mais ce CD, à nos heures de faiblesse, la remplace très efficacement
  • certains matins quand il faut habiller rapidement un Bébou peu coopératif
  • pour prendre ma douche tranquille ou grapiller une heure de sommeil en plus les matins de weekend: oui, caler F. devant ce CD fonctionne trèèèès bien 
Le tout avec bonne conscience, hé, nous ne collons pas notre enfant devant un écran...;-)

Nous avons 1000 km aller, 1000 km retour devant nous lors du weekend de Pâques, notre nouvelle acquisition sera du voyage!

mardi 8 mars 2016

Période sensible de l'ordre & Flylady : se libérer du perfectionnisme

J'ai détaillé ici les 6 premiers facteurs qui ont pavé mon chemin vers une maison ordonnée.
Voici à présent comment Flylady et sa philosophie sont venus libérer la "rangeo-Gwen"  de la prison dans laquelle elle croupissait, et pérenniser, ancrer dans mon quotidien les premiers succès rencontrés durant notre déménagement.
Au fond, les 6 premiers points m'avaient surtout permis de regarder la réalité en face : 
j'avais un problème.

Jusqu'alors mon désordre pouvait être un problème, certes, mais du point de vue des autres 
  • "range ta chambre, Gwen" [maman énervée] 
  • "j'en ai marre de vivre dans le bazar" [monsieur Bout excédé]

Mais à présent il représentait un problème de mon point de vue : je réalisais que mon désordre m'embêtait moi.
Qu'il m'épuisait, car sous couvert de ne pas me fatiguer à ranger, je me fatiguais à vivre dans le désordre et dépensais une énergie mentale monstre à
1. occulter ledit désordre,
2. gérer le stress sous-jacent lié au fait d'habiter dans un territoire non-maîtrisé dont le désordre pouvait à tout moment me sauter à la figure
  • Argh on n'a pas payé cette facture ?! 
  • Urgh je ne sais plus où est tel vêtement que je voulais absolument porter aujourd'hui ! 
  • Beurk...certains aliments ont repris une vie propre au fond du frigo et contaminé ce que j'avais prévu de manger ce soir. 
  • Flûte !! à force de contourner cet objet au lieu de le ramasser, j'ai marché dessus.
Et c'est ainsi que j'ai pu identifier et regarder en face ce qui constituait en fait l'un des obstacles me freinant pour envisager une éventuelle vie de femme au foyer :  j'avais peur de mon foyer
Peur de ma maison parce que je ne la maîtrisais pas.
Peur de me retrouver entre 4 murs, face à face avec mon bazar.
Il était bien plus facile de "fuir" mon bazar en n'étant pas à la maison pendant une partie de la semaine, et de fuir la responsabilité de ce bazar en l'attribuant à ma moindre disponibilité.


Ces 6 points, en me permettant de faire des premières expériences positives de rangement, m'ont donné envie d'autre chose que de ce que j'avais toujours connu.

Remarquez l'utilisation du mot "envie".
Car c'est tout récemment que la lecture de cet excellent article m'a permis de mettre des mots sur ce qui s'était passé chez moi: jusqu'alors toutes mes "envies d'ordre" / efforts associés avaient été liés à des pressions externes / internes en mode "il faudrait que je sois plus ordonnée", et avaient fait long feu.
Cette fois-ci.... je désirais ranger, je désirais fonctionner autrement.
Oui, une étincelle de désir était apparue. une étincelle qui me poussa à commencer enfin les pas de bébé de Flylady, c'est-à-dire le programme progressif qu'elle a construit et pour lequel j'avais toujours été trop intelligente.

Réaliser le rôle essentiel du désir m'a permis de comprendre comment Flylady avait pu fonctionner pour moi....
En effet, si j'avais commencé Flylady en voulant faire preuve de volonté, en me disant "allez, il faut que...." ça n'aurait probablement pas produit les mêmes effets.
Mais si j'ai mis 10 ans à m'y mettre, ce n'est pas un hasard, finalement. Ce sont les 10 ans qu'il m'a fallu pour avoir besoin, moi personnellement, pour moi moi moi, de changer quelque chose dans ma vie. 
A vous de voir si vous en êtes à ce stade, ou pas! Dans le cas contraire, laissez Flylady de côté. 
Peut-être y reviendrez-vous un jour, ce sera alors le bon moment.


Le programme des pas de bébés / Babysteps de Flylady est alors parfaitement adapté, parce que conçu exprès pour attiser cette étincelle de désir, la nourrir un peu tous les jours, la renforcer, la faire grandir, l'installer durablement dans notre vie.
Un effet boule de neige épatant : chaque jour est source d'une petite victoire, d'un moment "whaou / trop bien", d'une gratification supplémentaire, chaque pas est pensé pour apporter sa petite dose de plaisir, venant renforcer ainsi les circuits de motivation et associer peu à peu le rangement à une activité non plus rébarbative mais source de bien-être.
C'est un programme au sens littéral du terme : un programme qui (re)programme les circuits neuronaux associés au rangement.


Je me retrouve en effet tout à fait dans l'analyse du problème telle qu'elle est faite par Flylady.
En effet, selon Flylady, on n'est pas bordélique par bordélisme.

On est bordélique par perfectionnisme

Perfectionnisme symbolisé par la petite phrase la plus vicieuse qu'il soit
"si je fais quelque chose, ça doit être bien fait
(et autres "on ne fait pas les choses à moitié" : "soit tu fais bien les choses, soit tu ne les fais pas");
Cette idée bien ancrée vient s'associer à un manque d'organisation (comment / quand faire les choses) pour programmer notre cerveau à fuir le ménage comme la peste, dans un processus qui se renforce dans cesse.

Il est en effet intéressant de comprendre ce qui se passe dans la tête d'une soi-disant "bordélique" quand il s'agit de ranger / nettoyer.
Prenons un exemple concret : le nettoyage de la salle de bains. (si vous frémissez rien qu'à lire ces mots.... dans mes bras, sister !)
  • surévaluation systématique du temps nécessaire / pénibilité de la tâche : "ouh là tous ces cheveux, ces tâches, ce calcaire"
  • volonté de faire les choses bien : "quand je nettoierai, j'en profiterai aussi pour changer le rideau de douche et jeter les vieilles bouteilles de shampooing"
  • réévaluation à la hausse du temps nécessaire et de la complexité/difficulté de l'entreprise
  • cette rééavaluation ne rend pas la tâche plus attirante, ni plus facile à caser dans son emploi du temps => procrastination, si bien que le boulot s'accumule 
    • encore plus de bouteilles de shampooing à nettoyer, 
    • en plus y en a une qui s'est renversée dans le fond du placard et a causé une plaque collante mais aussi englué un peigne qu'il faudrait donc rincer, 
    • et depuis la dernière séance d'épilation des résidus de poils sont venus se joindre aux cheveux épars; 
    • quant à la poubelle, à force de la bourrer au lieu de la vider, le sac plastique s'est déchiré donc pour la vider il sera nécessaire de tout transvaser à la main dans un nouveau sac 
    • ... qui se reconnaît dans ce descriptif? ;-)
  • l'évaluation mentionnée en point 1 devient donc de plus en plus lourde
  • quand enfin la personne s'y met, la tâche est effectivement devenue très très très pénible à faire
  • après 2h à nettoyer cette SDB à la noix, la SDB est propre, certes, mais ce qui s'est surtout imprimé dans le cerveau, ce n'est pas la satisfaction retirée d'une SDB propre. C'est la pénibilité de ces deux heures. 
  • Il faut bien avoir en tête qu'avec un tel épisode de "binge cleaning" (je détourne l'expression tristement à la mode du binge drinking, où il s'agit d'ingérer le plus rapidement possible le max d'alcool fort pour s'écrouler au plus vite), ce qui s'ancre encore davantage dans le cerveau, c'est bel et bien l'idée que le ménage, c'est long et très très désagréable.

Pas très vendeur....
La prochaine fois que l'idée de nettoyer la salle de bains effleurera ce pauvre cerveau, celui-ci ressortira tout de suite les images-choc stockées en mémoire ce jour-là
  • la masse gluante de cheveux récupérée dans le siphon, 
  • les trucs immondes coincés derrière le pied du lavabo, 
  • les longues minutes inconfortables passées pliée en 4 à récurer le fond de la douche
  • comment on a soi-même terminé cette séance de ménage dans un tel état de saleté qu'on est allée d'office prendre une douche... sans nettoyer derrière nous, merci, on avait déjà donné.
Pas bête la guêpe le cerveau saura nous suggérer toute une série d'alternatives plus attrayantes que ces perspectives horribles.


Flylady et ses Babysteps: un cercle modeste, mais vertueux. 

L'une des devises de Flylady c'est [traduit approximativement] "du ménage fait à moitié, c'est déjà du ménage de fait"
Je vous ai déjà parlé de mes 15 minutes de cartons, eh bien c'est cela :

15 minutes sur quelque chose, ça produit déjà un effet

Un effet visible et gratifiant. 
Le souvenir qui s'ancre n'est alors pas l'effort fourni, mais le chouette résultat obtenu. Beaucoup plus incitatif à refaire 15 minutes quand l'occasion se représentera...

Les Babysteps sont donc cette succession de tout petits efforts qu'on va faire, et qui va peu à peu venir démontrer à notre cerveau 
  • qu'on peut faire les choses vite et mal, 
  • qu'en fait c'est pas si mal, 
  • qu'en fait ça fait beaucoup de bien...

Les Babysteps étant cumulatifs, ce qu'on a fait au J1 on le fait au J2, en lui rajoutant le Babystep spécifique au J2. Au J3 on fait donc 3 choses, ce qui implique que cela fait 3 jours qu'on accomplit le Babystep N°1... 

C'est de la répétition de l'expérience, jour après jour, que vient l'ancrage de l'habitude, et l'ancrage d'un vécu positif lié à cette action, dans les circuits neuronaux.


Voici donc pour la "philosophie / psychologie" Flylady, je poursuis sur des aspects plus concrets bientôt...

lundi 7 mars 2016

C'est chouette aussi - la montée du garage

Dans la série "c'est chouette aussi", l’hiver me permet d’apprécier un autre « équipement » connaissant un grand succès :

la montée du garage souterrain


Nous avons la chance de bénéficier d’une place dans le petit (donc pas trop fréquenté, hein, n’imaginez pas le Bébou batifolant dans un vaste parking soumis à une circulation permanente. Mère indigne je veux bien mais quand même) garage souterrain situé sous notre immeuble.
garage souterrain marches et pente
Admirez donc la perfection de cet équipement :
  • des marches, 
  • une pente assez forte, 
  • des voyants clignotant en haut, 
  • une porte qui s’ouvre et se ferme et avec fracas svp, 
  • un câble

Ainsi que ses moult possibilités
  • Monter et remonter les marches, 
    • à pied, 
    • à pied en poussant sa draisienne à la main, 
    • en sautant, 
    • en posant un pied sur les marches, un sur la pente,…
  • Monter et descendre la pente : 
    • à pied la plupart du temps, 
    • ou alors remonter et redescendre les tout premiers centimètres en draisienne (F. est prudent et l’angle de la pente est encore bien trop fort pour qu’il se risque à la dévaler sur sa draisienne ; ce qui me convient très très bien)
    • et enchaîner sur des grands cercles dans le parking, ou se faufiler entre les voitures garées
Ajoutez à cela
  • Sécurité : d'autant que F. a bien vite intégré que quand le voyant se met à clignoter, signe de l'arrivée d'un véhicule, il faut se positionner sur le bord. Ce qu'il fait, en choisissant une localisation d'où il peut admirer le clignotant en action, quand même, sinon ce n'est pas drôle.
  • Climat tempéré (bon c’est pas le paradis mais on ne descend pas en dessous de 8°C)
  • Et au sec !
Par les températures un peu froides que nous avons eues en janvier, certaines sorties du Bébou se sont réduites à quelques minutes dehors, suivies de longues minutes dedans…. Certes, il y a plus glamour et pour le côté contact de la nature, exercice au grand air, on repassera ; mais au moins, cela offre à F. un assez vaste terrain de jeu à l'abri des intempéries (et puis comme c'est privé et petit, on limite quand même l'effet glauque des grands parkings)

Je l'avoue, là encore accepter de passer de longues minutes (voire plus...) dans ce sous-sol me demande un effort de patience. Et ce n'est pas une mince affaire que de tenter d'écourter la séance quand nous sortons de la voiture le soir, et que, non content de porter la Bébounette, j'ai aussi dans les bras, mon sac, ma sacoche ordinateur et le sac de la nounou (+ le tire-lait jusqu'à récemment).
En revanche, et pour compenser les fois où je demande à F. d'abréger les réjouissances, je prête attention à bien le laisser en profiter quand, objectivement, hormis ma propre hâte à retrouver le charme de mon appartement, rien ne m’oblige à hâter notre retour.

Figurez-vous que pour couronner le tout, F. a récemment découvert le cagibi (situé en face de la pente) où la concierge stocke ses balais : monter et remonter pente ou marches, en trainant ou poussant un loooong balai: c'est-y pas le pied?  En se renouvelant de la sorte, la montée du garage a encore de beaux jours devant elle.

samedi 5 mars 2016

Petits Pots goûtus : associations Légume / Féculent réussies

Un des nombreux facteurs à l'origine du peu de goût de la plupart des petits pots industriels salés est la manière dont le goût des légumes est dénaturé par les féculents (à haute dose qui plus est) auxquels ils sont associés.
Tant qu'à faire mes petits pots maison, je m'efforce de ne pas tomber dans le même piège.

1er truc : je fais deux étages dans mes petits pots.
  • Le premier est composé en majorité du féculent, légèrement aromatisé par quelques grammes du légume concerné, 
  • tandis que le deuxième ne comporte quasiment plus que le légume pur 
En pratique, ça veut dire que je fais un premier round de mixer avec les ingrédients nécessaires à la constitution de l'étage "féculents", je remplis mes fond de petits pots (aux 2/5ème environ), puis je lance un deuxième round et je complète. 
Évidemment, lors du réchauffage des portions congelées je ne m'amuse pas à touiller vigoureusement ma préparation faute de quoi j'ai fait tout cela pour rien... 
Si à l'issue de l'opération il me reste du "légume pur", ça part en glaçons. Ceux-ci seront utilisés pour les soirs, puisque au dîner la dose du féculent est essentiellement assurée par le quignon de pain avec lequel je fais patienter mes fauves pendant que je prépare leurs repas.


2ème truc : je repère les mariages réussis... et les autres.
  • Exemple : j'ai testé carotte / flocons d'avoine, j'éviterai dorénavant, l'avoine rend la carotte totalement insipide.
  • La pomme de terre rend beaucoup d'aliments ternes mais ne peut par exemple rien contre le goût de la betterave. Rajoutez du saumon comme dans cette recette et.... vous pouvez même fourguer ça en verrine à des invités (testé - et c'est très très joli ! Et même moi qui n'aime pas la betterave, j'apprécie, c'est dire)
  • En revanche : l'avoine se marie parfaitement au chou-fleur. Cela tombe bien car les flocons d'avoine sont quand même une céréale bien pratique : ils gonflent en quelques minutes à la vapeur, dans un récipient avec un peu d'eau
  • La semaine dernière, quinoa-champignons a eu beaucoup de succès 
    • quinoa à la vapeur
    • champignons de paris revenus à la poêle avec
    • quelques champignons Picard issus de ce mélange
    • de l'ail et du persil
    • du beurre

Et là, tout frais de ce weekend (en photo pour vous), polenta - carotte : excellent ! 
J'ai mixé un peu de persil  + quelques carottes à la polenta (et rajouté une bonne dose d'eau pour éviter que la polenta ne rende la mixture trop mastoc) et franchement.... j'ai failli profiter du jeune âge de la Bébounette pour lui piquer le résultat. En tous cas j'ai goulûment léché la cuiller, et la miss n'en a pas laissé une miette.