samedi 9 avril 2016

Allemand : on avance ! Mais comment ? - Forwärts ! Aber wie ?

Nous continuons sur notre lancée et les heures passées en voiture avec le Bébou durant notre weekend de Pâques nous ont permis de réaliser que celui-ci maîtrise à présent parfaitement la trentaine de mots que nous avons introduits depuis le début de l'année.

Pour vous donner une idée
Milch - lait
Butter - beurre
Brot - pain
Honig - miel
Birne - poire
Banane - banane (oui oui je sais, mais c'est la prononciation, légèrement différente notamment du fait de l'accent tonique, qui compte, là !)
Apfel - pomme
mot dont la similarité dans la consonance est régulièrement remarquée avec
Löffel - cuiller
Gabel - fourchette
Messer - couteau
Teller - assiette
Becher - timbale
Tasse - tasse (même remarque que pour la banane, eh, bananes...)
Schachtel - boîte
Tisch - table
Stuhl - chaise
Laufrad - draisienne
ja - oui
nein - non
danke - merci
Gute Nacht - bonne nuit
Schuh - chaussure
Socke - chaussette
Schaf - mouton
Ziege - chèvre

Cette prise de conscience nous incite à en proposer de nouveaux, et nous sommes épatés de la rapidité avec laquelle le Bébou s'est effectivement emparé des quelques nouveaux mots proposés !
Période sensible, très clairement... et là encore, c'est nous pauvres adultes qui sommes à la traîne de notre enfant.

En parallèle, je m'interroge : pour le moment nous introduisons des mots "séparés", ceux-ci ne sont inclus dans leur contexte que lorsque nous lisons ceux des livres du Bébou qui sont en allemand. Nous lisons alors le texte en allemand, et commentons les dessins avec lui en mêlant les deux langues.

Si cela a permis un début d'initiation, une introduction, une mise en contact avec la langue (et avec le principe même d'une autre langue), il semble bien que cette manière de procéder ne soit pas optimale pour une véritable appropriation de la langue.


Plusieurs pistes à l'étude :
  • surfer sur l'intérêt du Bébou pour les livres audios en lui en proposant quelques-uns en allemand. Je suis allée faire du repérage sur le catalogue en ligne de nos bibliothèques et il y aurait quelques candidats à tester. A voir ensuite comment je m'y prends pour "accompagner", je suis dubitative sur le grand intérêt qu'il y aurait à le laisser seul devant... mais peut-être me trompe-je? (à noter: nous possédons et faisons déjà écouter au Bébou de simples CDs de chansons en allemand, l'intérêt des livres audios serait ici de lier les sons à des visuels connus)
  • faire une exception au 0 écran au profit de tout petits films en allemand, que nous regarderions et commenterions ensemble. Je suis en train de me constituer une playlist Youtube que je vous partagerai quand nous l'aurons vraiment testée.
  • la méthode Gouin : je m'intéresse à cette méthode préconisée par Charlotte Mason et découverte ici 
    • Mais elle est peu connue en France, je ressens donc le besoin d'approfondir en prenant le temps d'aller chercher dans la blogosphère anglosaxonne des réponses ou pistes de réponses aux milliards de questions que je me pose et notamment la première d'entre elles : 
    • Est-elle adaptée à un damoiseau aussi jeune que le Bébou ? Ou comment puis-je l'adapter intelligemment ? 
    • De votre côté, peut-être avez vous de l'expérience avec cette méthode ? Dites-moi toooout !!!


Par ailleurs nous avons récemment mis à la main sur deux des bouquins de Suzanne Rotraut Berner : le livre de la nuit et le livre de l'été (rebaptisé, fort logiquement, livre du jour par le Bébou...)

Je mets à profit l'absence de texte et les commente en allemand comme en français, en prenant le soin, comme le préconise Gouin, de décrire l'image avec des phrases entières mettant les objets / personnages / actions en relief et en relation les uns avec les autres, plutôt que de me contenter de les désigner par leurs noms.



jeudi 7 avril 2016

Vie Pro + IEF... & Mode de Garde

Depuis quelques semaines tournoient dans ma tête les + et les - des différentes solutions qui s'offrent à moi pour la garde des Bébous, si je pars du principe que je m'embarque sur deux jours de travail par semaine en présentiel.

J'avais déjà dressé ici un comparatif des plus et des moins de 3 modes de garde, en général.

Ici je voudrais faire un zoom sur ce que ça donne dans un contexte d'IEF.

Il s'agit là d'une comparaison plus binaire entre garde à domicile (que ce soit en direct ou par le biais d'un organisme) et assistante maternelle (bien que les commentaires détaillés et bien utiles de Margaux sur la crèche parentale constituent une ouverture intéressante... et que par ailleurs certaines structures proches de chez nous offrent un accueil de type centre aéré - mais à la réflexion il reste difficile pour moi de nous projeter sur une structure collective, notamment pour la Bébounette, si jeune, donc je n'ai pas davantage creusé; si vous le faites, venez donc en parler en commentaire !)
En conséquence de quoi je ne mentionne que les "Bons Points" de chacune des deux solutions, lesquels Bons Points se comprennent automatiquement relativement à l'autre solution.

Assistante maternelle
  • socialisation facilitée, "incluse", puisque les journées passées chez elle impliquent de cotoyer de près les autres enfants qu'elle accueille, si elle accueille d'autres enfants (ce n'est pas le cas de la nôtre)
  • ouverture en dehors du foyer en leur donnant / conservant des habitudes ailleurs
  • domicile familial qui reste vide donc dispo pour : télétravail, repos exceptionnel, recevoir mon amant des copines pour un café, méga opération rangement, ou bricolage salissant,... enfin bref n'importe quoi.

Garde à domicile
  • gain de temps puisque pas de trajets
  • moins de stress les matins puisque pas besoin de presser les enfants pour les faire petit-déjeuner, habiller, charger dans la voiture, et les soirs pour l'opération inverse
  • logistique allégée : pas de sacs à préparer, pas de risque d'oubli à la maison
  • charges ménagères allégées
    • on peut légitimement demander que la cuisine et les pièces de vie des enfants soient rangées,
    • on peut aussi convenir (ce serait mon intention) qu'un certain nombre de tâches ménagères soient prises en charge : en ce qui me concerne je me vois demander 
      • l'étendage d'une lessive quotidienne ainsi que le pliage / rangement de la lessive sèche de la veille, 
      • l'épluchage de légumes / fruits en vue du dîner, 
      • et une fois par semaine le nettoyage sérieux de la cuisine 
      • je ne souhaite pas forcément demander plus car sur deux jours c'est déjà suffisant, ma priorité serait plutot qu'elle s'occupe de, sorte et fasse des choses avec, les enfants.
    • Déjà sympa dans toutes les situations, je me dis que ce gain de temps doit être d'autant plus précieux dans un contexte d'IEF: cela permet de se libérer du temps les jours off, temps disponible 
      • soit pour l'IEF et/ou sa préparation (mon angoisse!), 
      • soit pour profiter plus tranquillement des enfants, 
      • soit pour me détendre, moi
  • plus de facilité pour demander à la garde à domicile de faire des activités spécifiques avec les enfants, les emmener dans des lieux particuliers (l'assistante maternelle dispose à ce niveau-là de davantage d'indépendance), voire les emmener à des activités "extra-scolaires"
  • l'environnement de l'enfant est celui qu'on a construit pour lui, 
    • chouette appart
    • et surtout il a donc à disposition toutes ses richesses tout au long de la journée: si il veut choper un plateau montessori, il peut, voire davantage selon la capacité de la personne retenue à l'accompagner (je fantasme sur le fait de trouver quelqu'un branchée montessori / pédagogies alternatives - oui oui on a le droit de rêver, zut!)
  • si on a besoin de temps tranquille à la maison on peut aussi y rester et envoyer la garde à domicile au parc ou équivalent avec les enfants; mais ce sera sur un temps forcément plus court !

Hum, dit comme ça, il y a tout de même une nette différence de longueur dans les listes (spécial dédicace A.!)
On y retrouve d'ailleurs de nombreux points très appréciés à l'âge d'or de Papazofoyer...

Le critère financier pourrait toutefois, ou non, faire rebasculer la balance. 
En effet, à l'année longue, l'avantage de l'assistante maternelle sur la garde à domicile par le biais d'un organisme est substantiel (mais inexistant si on compare avec une garde à domicile en emploi direct).
Mais dans notre cas, où le 50% ferait suite à un 80%, cet avantage est clairement nuancé (en tous cas pour 2016) puisque nous avons théoriquement déjà épuisé notre réduction d'impôt assistante maternelle pour l'année alors que celui pour la garde à domicile est intact.

Bien entendu, le poids de l'un ou l'autre critère évolue aussi selon la place que prend l'activité professionnelle : plus la durée pendant laquelle les enfants sont confiés est longue, plus certains points peuvent se révéler cruciaux... d'autant que rester patiente et bienveillante sur une plage horaire de 3-4h ne requiert pas la même conviction que lorsqu'on doit gérer 10h de suite (et ça, en tant que mamans nous sommes bien placées pour le dire....). Je serais plus détendue à cet égard pondèrerais certaines choses différemment si finalement ma piste 50% capotait et que je n'envisageais plus que quelques demi-journées par ci par là à intervenir dans des écoles.

Le dernier point qui me faisait hésiter était le fait que nous connaissons notre assistante maternelle, ses points forts et ses faiblesses, ce qui représente une sécurité. Et qu'elle connaît nos enfants, nos enfants la connaissent, bref j'hésitais à prendre l'initiative d'une rupture affective.

Du fait de ce dernier point, et dans la mesure où il n'était tout simplement pas certain que notre assistante maternelle accepterait de continuer avec nous puisque cette diminution du nombre d'heures impacte évidemment ses revenus à elle, j'avais décidé de laisser les choses suivre leurs cours et d'observer ce que ça donnait, avant de prendre une décision.

Je parle au passé, car effectivement cette semaine les choses se sont dénouées toutes seules.
Le couple d'amis avec qui nous aurions pu "partager" notre assistante maternelle a finalement opté pour une autre solution. En conséquence de quoi, plutôt que de chercher une hypothétique famille susceptible d'avoir des besoins se conciliant avec les nôtres (parce qu'en plus j'ai besoin de jours précis dans la semaine), celle-ci nous a informés qu'elle préfèrerait redémarrer avec une nouvelle famille à la rentrée.
Si donc mon CDD est bien prolongé à 50% à dater du 1er juin, nous irons jusq'aux congés d'été avec notre assistante maternelle, et passerons en garde à domicile au retour des vacances. (hé, je réalise que du coup ça me permettra un mini comparatif des deux expériences ... même si le bilan sera faussé par la brièveté de la période ass mat + IEF, et par le fait que ce seront davantage des semaines de transition / mise en route vers l'IEF, plutôt que des semaines "types")

Il ne reste plus qu'à ... trouver la bonne personne.
(nan nan ça ne m'angoisse pas du tout... qui va s'occuper de mes béééébéééés ???
 je serais ravie que vous veniez me raconter vos expériences de garde à domicile; et notamment ce que vous demandez, jusqu'à quel point vous détaillez vos attentes ou laissez de la liberté...)

Dans la mesure où les deux solutions sont financièrement viables pour nous, je pense chercher à la fois par moi-même et par un organisme, afin de multiplier mes chances de tomber sur une personne qui m'emballe.
Avec un organisme, le’aspect « easy tout compris » m’attire, le fait de ne pas avoir à négocier les congés, la possibilité de tomber sur quelqu’un qui a déjà une longue liste de références, etc. 
En revanche je me pose la question de la souplesse :
  • en emploi direct, ce serait sans doute plus facile de moduler si de temps en temps j’ai par exemple besoin d'une demi-journée supplémentaire, « comme ça ». 
  • A plus long terme au contraire, si je pars du principe que 2017-2018 me verra réduire le nombre d’heures de manière substantielle, il est difficile d’anticiper quelle solution m’assure les meilleures chances de « garder » la personne / éviter d’en changer. J’imagine que le fait d’être employée par un organisme peut faciliter pour la personne le fait de rester avec moi car l’organisme peut lui trouver d’autres familles pour compléter…ou pas ?

Bref, encore du pain et des réflexions sur la planche !
Je vous raconterai !


mercredi 6 avril 2016

Petits bonheurs de grippe

Le Bébou a donc la grippe.
La version relou avec programme complet, fièvre de cheval, toux, morve, appétit de moineau et répercussions intestinales glamour.

Ce n'est pas, en soi, l'occasion de grandes réjouissances, ni le gage d'une félicité absolue.

Cependant j'apprécie
  • les journées courtes, que je me permets de terminer dès 16h30 (!) pour filer récupérer la Bébounette, bien sûr, mais surtout un Bébou tout patraque et collant comme un chewing-gum. 
  • et la soirée qui s'ensuit, pour son rythme plus détendu, puisque le temps nous manque moins.
  • et la "2ème soirée", celle qui commence quand les enfants sont couchés, ce qui se produit moins tard plus tôt que d'habitude, et dont je profite davantage puisque mon état de fatigue n'est pas encore aussi avancé (même si, horaires fous de Monsieur obligent, je la passe surtout à blogger. M'enfin au moins vous aurez de quoi lire)
  • les dîners en tête-à-tête avec la Bébounette: F. étant hors de combat très tôt, je le couche avant de faire manger sa soeur... 
    • je redécouvre à quel point c'est plus simple de n'avoir qu'un bébé à faire manger. Je n'ai qu'à plonger mes yeux dans ceux, écarquillés, de la miss et nous échangeons des sourires à nous décrocher les oreilles. Ca roule tout seul...
    • j'en ai profité pour, enfin, lui faire inaugurer la chaise haute. Le transat va pouvoir filer à la cave!
  • les confcall de boulot avec un Bébou blotti contre moi : pour offrir une journée plus reposante à mon malade, j'ai opté pour du télétravail aujourd'hui. 
    • Alors même que l'option "télétravail + Bébou normal" serait inenvisageable, la journée télétravail + Bébou malade s'est très honorablement déroulée (bon, je complèterai peut-être de quelques mails ce soir). F. est tellement apathique que se pelotonner contre moi sur le canapé, pendant que je pianote sur l'ordi, a été sa manière de passer le plus clair de la journée, moments de calme à peine interrompus par la lecture ponctuelle de quelques livres, tandis que la Bébounette faisait des cercles autour de nous sur le sol. 
    • Bosser avec ses enfants tout contre soi, ça c'est encore un moment précieux d'équilibre vie pro/vie perso ;-)



Mais aujourd'hui le soleil brille, le printemps est là et nous attend, et j'ai hâte de pouvoir enfin ressortir tout mon petit monde.
Vendredi, espérons !

mardi 5 avril 2016

Être une femme et OSER vouloir ! (2/2)

Regarder en face la réalité qui se cache derrière les idées reçues nous empêchant d'afficher notre volonté, comme j'ai incité ma manager à le faire, permet (dans tous les sens du terme, puisqu'il s'agit aussi de s'autoriser...) d'aller chercher un poste qui nous épanouisse vraiment.


Ces idées reçues sont aussi à combattre dans le cas de l'équilibre vie pro / vie privée


Là aussi, il est essentiel de montrer ce qu'on fait, d'être claire sur ce qu'on veut, et d'être confiante sur sa capacité à gérer quelque chose d'un peu différent.

Dans ma maturation personnelle sur ce plan, un moment fondateur est une conversation avec mon ancienne chef, du temps de mon job adoré en Normandie.
Un brin de contexte : elle savait déjà que nous quittions la région, et devait par ailleurs travailler sur une réorganisation de l'équipe, redéfinition des postes, machin. Elle avait notamment construit deux supers postes à méga responsabilités, qu'elle proposait donc à deux de mes collègues. Quand j'en avais discuté avec Monsieur Bout, celui-ci m'avait dit (il culpabilisait de nous entrainer à l'autre bout de la France) "oh punaise, en plus je suis sûr que, si nous étions restés, un de ces deux postes aurait été pour toi".

Cela me turlupinait alors j'avais tout bonnement abordé le sujet avec ma chef en lui demandant si c'était vraiment le cas.
Chef : "Ah mais carrément"
Gwen : - Oui mais, quand même, ce sont des gros postes, auraient-ils été compatibles avec un 80%?"
Chef : - Sûrement pas"
Gwen: -..... ??? Ben c'est sans regrets alors, jamais je n'aurais pu le prendre puisque il est inimaginable pour moi de repasser sur un temps plein."

La réponse de ma chef me résonne encore aux oreilles car c'est elle qui a décoincé beaucoup de choses dans ma petite tête :
"oui mais justement, comme il a toujours été clair pour moi que tu n'accepterais jamais un temps plein, et que vu ce que tu apportes j'aurais tenu à te garder dans l'équipe, si tu étais restée j'aurais construit mon organisation autrement, ça aurait valu la peine de faire du sur-mesure"

Première chose :
Cette phrase m'avait une nouvelle fois montré l'importance d'être claire avec soi-même et avec les autres sur ses priorités.
Dans un monde où je ne partais pas, que se serait-il passé si je n'avais pas plusieurs fois parlé de mon ambition de réduire mon temps de travail et signalé la priorité absolue que je donnais, dans mes choix pro, à mon 80%?
  • Ma chef aurait construit son organisation "normalement", c'est-à-dire en se basant sur la base lambda de postes à temps plein, en se disant que face à une proposition aussi intéressante, je serais sûrement prête à revoir mon organisation personnelle.
  • Et ce n'est qu'une fois que son organisation aurait été claire, claire dans sa tête mais aussi validée à différents niveaux donc d'autant moins susceptible d'être révisée, que pouf, elle m'aurait présenté une proposition déjà toute faite
  • J'aurais eu mon mot à dire, un maigre mot : "oui", ou "non". 
Ma "discrétion" aurait ainsi empêché la prise en compte de ma contrainte principale dans la réflexion en amont.

Deuxième chose : Mon travail vaudrait la peine de faire du sur-mesure.
De sortir des schémas classiques, de se montrer souple.
C'est à ce moment précisément que j'ai réalisé que j'avais des choses "à vendre" qui pouvaient donner l'envie à des gens de faire l'effort de me donner ce que je voulais. Du win-win était envisageable.
Et c'est à ce moment-là qu'une idée reçue bien installée chez moi, à savoir "un poste à 50% mais dont le contenu reste intéressant = impossible" , a pris un gros, gros, gros coup dans l'aile.
Eh ben si, c'est possible.


Alors oui bien sûr, hein, je vous rassure
Tout cela ne vous concerne pas, vous, c'est juste que je suis une déesse intersidérale sur le plan pro  
(sur les autres plans aussi, soit dit en passant).

Ou pas ?

Très honnêtement, et là encore c'est la RH qui vous parle, il est urgent de regarder votre travail sans fausse modestie.
L'expérience que vous avez acquise vaut quelque chose :
  • confiance de clients (internes ou externe), 
  • connaissance des rouages de l'entreprise, des produits, du marché, 
  • maîtrise des techniques et des processus, 
  • certitude de votre fiabilité, 
  • appréciation de votre caractère / relationnel ... et encore de nombreux points. En fait cet aspect à lui tout seul mériterait un article spécifique donc ... il l'aura! Na.

Pour le moment, retenez simplement que vous aussi, même si vous ne le réalisez pas encore, vous avez dans votre jeu un certain nombre d'atouts qui peuvent vous permettre d'obtenir un équilibre plus proche de vos souhaits. Encore faut-il que vous preniez la peine de mettre en valeur tous ces points-là, bien entendu... ;-) en vous "vantant".
C'est donc grâce à ma chef que j'ai osé négocier âprement mon 80% dans mon job actuel, en annonçant clairement la couleur : "je fais des supers choses à 80% et c'est ça ou rien".
Et, oui, plus vous aurez accumulé de l'expérience avant d'être au stade où vous proposez ce genre de marché, plus vous aurez de cartes en main. Ce qui peut rendre les choses un peu plus compliquées pour les très jeunes mamans. Plus compliquées... pas perdues d'avance !


Car ça marche


Le fameux mercredi matin dont je vous parlais en première partie, lors de l'entretien pour mon futur/potentiel/probable 50%, j’ai ainsi moi-même refait l’expérience d'à quel point prendre le contrepied de ces fichues idées reçues pouvait porter du fruit. J'y suis arrivée avec
  • un objectif défini : 
    • 50%, sur deux jours (mardi et jeudi) + 10% de télétravail, 
    • Continuer à m’occuper des gens que je gère actuellement, 
  • des exigences réfléchies et assumées
    • ce n’est pas un CDI que je veux, 
    • c’est pour maximum un an encore, et si ils ne prolongent que de 6 mois, il ne pourra y avoir de seconde prolongation car je me serai engagée ailleurs pour la suite ; 
    • réévaluation du salaire pour que cela reste rentable pour moi malgré les frais de garde.
  • un argumentaire clair sur ce que je leur apporte
    • accompagnement en profondeur sur des conflits compliqués - explication des choses déjà mises en place pour gérer les situations
    • coaching des managers - présentation power point d’une petite formation de mon cru sous la main 
    • gestion de problèmes de performance - énumération des quelques cas traités 

Clair, net et précis.
A l’heure où parfois je doute qu’il soit raisonnable de continuer, même à 50%, où je me dis que franchement ça va être fatigant de concilier IEF et vie pro, avoir identifié précisément les conditions auxquelles cela vaut tout de même le coup me donne une grande liberté, et une non moins grande force de conviction.

Car les réactions que je récolte, quand j’explique mes attentes, quelles sont-elles ? 
« tu sais ce que tu veux, c’est chouette »
« ah bah au moins c’est clair »
« on voit que tu as bien réfléchi à tout, c’est bien construit » ;
 et mon interlocutrice : « j’ai bien compris votre projet, et je pense avoir tous les éléments pour le défendre ».


Alors oui, osons vouloir, osons demander...

Concernant ma manager de mercredi, eh bien figurez-vous qu'en plus de lui programmer un RDV avec moi pour parler orientation et stratégie, j’ai profité des thèmes abordés ensemble pour lui conseiller la lecture de Filliozat, justement. (Monsieur Bout: "tu devrais avoir des pourcentages") Elle a énormément accroché à ce que je lui en ai dit et nous nous sommes promis d’en reparler quand elle aurait lu « Au cœur des émotions de l’enfant ».

Juste fin pour une conversation que nous avions commencée par 5 minutes de bavardage sur les couches lavables !

(et c’est dans des moments comme celui- là que j’ai vraiment, vraiment envie de continuer à bosser avec ces gens-là…)



lundi 4 avril 2016

Point - progression en mars 2016

Mois de mars encore bien rapide et dense (je projette, du reste, de venir pleurer sur mon sort d'épouse délaissée dans un article spécifique). Mais enfin, je commence à prendre l'habitude de
  1. faire confiance à l'informel / me détacher du formel pour observer le Bébou s'emparer de son quotidien pour apprendre
  2. voir le Bébou, une fois satisfaits, d'une part son intérêt pour 1000 choses imprévues mais chouettes aussi (j'en ai encore en stock à vous décrire), d'autre part son besoin de s'ébattre à l'extérieur, s'emparer lui-même d'un plateau montessori déjà en stock, ou d'une quelconque autre activité plutôt formelle, pour s'y adonner quelques secondes ou plus longtemps...
 Je continue donc à me détendre et à observer...

Le Bébou

La poussée la plus impressionnante est au niveau du langage :
  • en l'espace de ces quelques semaines il s'est vraiment mis à bien parler
    • longues phrases compliquées, parfaitement structurées, avec accords des temps et des adjectifs 
    • ainsi que beaucoup de soin apporté au choix du mot juste 
      • emploi fréquent du mot "pardon" quand il se corrige... ;-) 
      • et apparition de la question "comment s'appelle ça ?"
    • Progrès non linéaires, bien entendu, et qui n'empêchent donc pas la cohabitation avec des phrases "bébé" de deux mots
  • dans le prolongement, son intérêt pour la lecture ne se dément pas; il commençait à réciter des bouts de phrase de livres, mars l'a maintenant vu "lire" des livres en entier sans oublier un mot, ni l'intonation. Évidemment, sur des livres contenant relativement peu de texte, tel celui-ci, une trouvaille très mignonne rapportée de la bibliothèque

  • Par ailleurs, les premiers jeux phonologiques sur la reconnaissance des sons de début de mots commencent finalement à prendre. Même si les confusions restent fréquentes, le Bébou marque à présent un intérêt pour le sujet. A poursuivre !
  • Dans la même catégorie, son intérêt pour la musique perdure. Nous avons emprunté un livre-CD sensibilisant aux instruments à cordes à la bibliothèque, lequel est venu rejoindre et concurrencer le Livre des Sons que je vous avais présenté ici. Et voici que les mots "contrebasse", "violoncelle", "harpe", ... viennent à présent enrichir le vocbulaire du Bébou.

L'autonomisation suit son cours :
  • F. appréciait déjà beaucoup le cadre d'habillage de fermeture éclair de jupe offert par sa marraine (bise!), et a profité d'une fois où je lui enfilais un gilet rarement porté pour s'attaquer à cette fermeture éclair... et finir par réussir ! Il a réédité plusieurs fois l'exercice depuis, je dois penser à lui réenfiler ledit gilet prochainement. Cette fermeture là est visiblement plus gratifiante que celles auxquelles il a généralement accès, c'est-à-dire celles de ses manteaux, qui lui résistent davantage.
  • L'enfilage des bottes a également été un acquis spontané du mois; Durant une semaine celles-ci ont été enfilées dès les chaussures retirées au retour au bercail, et ôtées uniquement pour se coucher ;-)

Par ailleurs, de nets progrès sont à signaler dans les puzzles, il réussit maintenant des puzzles de ce style (c'était un de mes préférés gamine, j'adôôre le voir jouer avec)



La Bébounette n'a quant à elle pas été en reste. Elle pète le feu cette demoiselle, et joue les serpillières parcourt des kilomètres d'un bout à l'autre de l'appartement

La deuxième quinzaine de mars a été une succession de conquêtes motrices :

  • premier quatre-pattes le 18 mars; elle continue à privilégier le ramping mais a tout de même régulièrement recours à ce nouveau mode de déplacement pour couvrir de courtes distances
  • Elle s'est mise à genoux, bien dressée, le 20 mars
  • et puis, la voyant vouloir rééditer l'expérience le lendemain 21, j'ai saisi l'appareil pour immortaliser cet instant et voici que sous le feu des caméras, mademoiselle a décidé tant qu'à faire de se mettre debout pour la première fois, exploit réédité trois jours plus tard en s'appuyant sur un tabouret de son frère















A ces énormes progrès moteurs sont venus s'ajouter des progrès langagiers, non seulement elle bavasse, mais alors bavasse, mais en plus de cela il semble à présent indéniable qu'elle dit "maman".... sniiiiif.


Plus que HUIT semaines jusqu'à la fin de mon CDD...

dimanche 3 avril 2016

Moments de liberté d'une mère indigne

Du jamais-vu ce weekend : j'ai passé 24h 
  • seule, sans mari ni enfants; 
  • 24h de fille célib, 
  • sans contrainte, sea sex and sun ou presque !
Enterrement de vie de jeune fille d'une copine normande prévu à Paris ce samedi, 
  • l'aller-retour en TGV étant plus facile à goupiller sur 24h je partais donc dès vendredi soir pour une soirée pyjama chez une autre amie.
  • Monsieur Bout prenait la relève, fort de son expérience de Papazofoyer confirmé.

Tranquille.
Easy !


Hormis deux-trois petits couacs, oh, si légers, presque une bêtise

1. Vache consciencieuse, j'avais laissé du lait congelé pour la Bébounette, et quitté le domicile familial munie de mon tire-lait, afin de stimuler la lactation aux horaires idoine. 
Coup de fil de Monsieur à 6h45 du matin : "où est cette fichue tétine ?"
5 min de conversation embrumée sur fond de Bébounette affamée plus tard, je réalise que la tétine est.... avec moi. J'avais repris la sacoche du tire-lait telle que je l'avais préparée pour notre weekend de Pâques, elle contenait donc encore l'unique biberon dont nous disposons chez nous (le deuxième est chez la nounou. Puisque les tétines acceptées par la Bébounette sont celles du tire-lait, fournies en deux exemplaires, point)
For-mi-dable. 
En papa "allaitant" ayant de la bouteille, Monsieur Bout en conclut tout seul qu'il devra donc se débrouiller avec un mix de tasse et pipette (avec la généreuse participation de nos sponsors Doliprane & Gaviscon) et raccroche, passablement irrité.
Je me rendors, le corps bleui par les coups distribués par ma voisine de lit n'ayant apprécié ni la longueur de la conversation, ni son caractère matutinal.

2. Un maigre quart d'heure plus tard, mon vibreur me sort à nouveau du sommeil épais dans lequel j'avais replongé aussi sec. Bébounette refuse de boire le lait enfin décongelé et tiédi, et Monsieur Bout, rompu à toutes les ficelles de l'allaitement, a rapidement identifié la cause en goûtant le lait : par un insondable mystère, mes pots Avent ont failli, mon or blanc a pris un goût immonde de plastique!
Argh ! Faute de mieux, je suggère à Monsieur Bout de tenter un ou deux autres des pots de lait actuellement stockés dans le congélateur, en espérant que ce soit un cas isolé. Ce sera le cas.
Je me rendors sous les coups de ma voisine (pour ma défense : non je ne pouvais pas me lever téléphoner ailleurs, je dormais contre le mur donc j'aurais du la découvrir et la piétiner. Nul doute qu'elle aurait aussi apprécié), mais une interrogation demeure : pourquoi ce souci de goût ? Mes pots sont-ils trop vieux ? (un avis ou une expérience sur la question ?)   
Ma confiance dans les stocks que j'ai accumulés s'en trouve fortement entamée... 
Qui sait si l'un ou l'autre ne me réservera pas la même désagréable surprise ? 
On ne peut plus être sûrs de rien ma bonne dame!

3.  Par ailleurs il me faut mentionner que 
  • jeudi soir, F. avait vomi. Deux fois. Mais la nuit avait été calme et Monsieur Bout se sentait d'attaque pour gérer. 
  • vendredi matin, il avait récidivé au moment précis où nous devions partir chercher notre 2ème voiture toute neuve. Vendredi = une chouette journée, partagée équitablement entre ma serpillière et ma machine à laver, une Bébounette en grande demande d'interaction et un Bébou totalement apathique. Monsieur Bout se sentait toujours capable de gérer, après tout ce n'était probablement qu'une petite indigestion causée par les excès alimentaires de notre weekend de Pâques.
  • au moment de mon départ vendredi soir, nous ne retrouvions nulle part notre thermomètre. Monsieur Bout trouvait son fils chaud mais bon moi j'ai toujours les mains froides alors...
Moralité, cette nuit-là ledit fils réveilla son père tous les quarts d'heure pendant que je profitais allègrement de ma soirée pyjamas, et cela se finit chez SOS Médecins samedi matin (notre pédiatre est juif, les enfants sont donc priés de se déclarer malades avant vendredi 13h): 39.5°C de fièvre, grippe. (j'étais aussi partie avec la carte vitale, d'ailleurs)


Ceci dit, moi j'ai passé 24h formidables en compagnie d'une série de nanas très sympathiques, j'ai brunché comme une morfale et eu droit à la première manucure de ma vie.
Bref, après ça je me sens même capable d'affronter la BébougrippéWeek qui m'attend. Je n'avais pas réalisé à quel point ça pouvait faire du bien, le Sea Sex & Sun.

Mais aussi, je réalise un nouvel avantage de notre époque Papazofoyer : la confiance que j'avais dans l'expertise de Monsieur Bout m'a autorisée à profiter tout de même de ces 24h, et ladite expertise m'a également permis de retrouver un Bébou un peu moins mal en point, une Bébounette visiblement pas non plus morte de faim, et... un appartement rangé, en plus.
Si si !

(edit : [je complète après réflexion] par ailleurs, après des semaines de présence très parcimonieuse de Monsieur Bout auprès de ses enfants, cette journée "en tête à tête" semble avoir été un bon moment de paternité et de rapprochement malgré les contraintes sanitaires)

vendredi 1 avril 2016

Être une femme et OSER vouloir ! (1/2)

J'ai la chance d'exercer un métier tel que mon quotidien pro et mes réflexions perso se télescopent et s'enrichissent mutuellement, 
Nouvel exemple mercredi dernier, avec deux RDV successifs montrant deux facettes d'une même problématique, et que je traiterai en deux parties because le sujet m'inspire mais que je n'oserais vous infliger une trop longue tartine (du coup ça vient chambouler mon programme de publication bloguesque mais bon tant pis, vous ne perdrez rien pour attendre).

  • En fin de matinée, entretien avec une des nombreeeeeuses personnes impliquées dans le circuit décisionnel pouvant aboutir à la prolongation, à 50%, de mon CDD actuel. Basée en Suisse, cette personne voulait profiter de son déplacement pour me rencontrer et comprendre mes projets ainsi que l'intérêt de ce que je propose, et récolter les arguments susceptibles de convaincre "plus haut".
  • En tout début d'après-midi, RDV avec une des managers dont je m'occupe. 
    • Objet premier de ce RDV initialement sensé durer une demi-heure : traiter une question urgente concernant les augmentations salariales dans son équipe. 
    • Le sujet une fois traité, c'est finalement une bonne heure que nous avons passée à parler de ses souhaits d'évolution à elle, de sa volonté de changer de poste.


Vouloir: quelle entreprise difficile !


La découverte d'Isabelle Filliozat nous a beaucoup apporté, à Monsieur Bout et à moi. Aussi bien comme parents de nos enfants que comme enfants de nos parents, individus, conjoints, salariés...
Un point qui nous a beaucoup marqués est la manière dont elle lie le respect des émotions de l'enfant et le développement de la capacité de celui-ci à vouloir, c'est-à-dire aussi bien à identifier ce qu'il veut qu'à savoir puis oser l'exprimer. 
Muscler, chez nos enfants, la capacité à vouloir, à faire des choix, est un point auquel nous sommes ainsi devenus très attentifs.
En lisant Filliozat, nous avions par exemple immédiatement fait le lien avec notre toute première sortie au resto (sortez les violons! Moment snif! Nostalgie! Nous étions jeunes et beaux! ou pas...) et mon effarement quant au temps qu'il avait fallu à mon "petit copain" encore bien neuf pour choisir son menu... mais aussi ses moult hésitations sur de nombreux sujets, pas toujours aussi triviaux qu'un plat de resto.

Et cela nous a ainsi amenés à remettre en cause le fameux "on ne dit pas 'je veux', on dit 'j'aimerais' " qui avait pourtant été un leitmotiv dans nos éducations respectives.
Là encore, lire Isabelle Filliozat nous a permis de remettre cela en cause sereinement, en réalisant que cette phrase s'était tout simplement transmise de génération en génération à des époques où les ressources / connaissances en psychologie en général, et en psychologie de l'enfant en particulier, ne permettaient pas de percevoir les effets pernicieux d'une interdiction de vouloir....

Aujourd'hui, quand nous entendons F. dire "je veux", nous nous sourions d'un air béat entendu... ce qui ne signifie pas que nous lui donnons ce qu'il veut ou pense vouloir ! (ni que nous acceptons qu'il nous parle mal). Il s'agit là d'autoriser à vouloir, pas de permettre d'obtenir...


Être une femme, être une pro, et s'autoriser à vouloir : mission impossible ?


Cela fait un  bout de temps que mes propres expériences pro me font m'intéresser aux problématiques de plafond de verre et plus généralement aux évolutions de carrière des femmes dans le monde de l'entreprise (pour parler de ce que je connais - mais de nombreux mécanismes se retrouvent également dans d'autres environnements).

La conversation de mercredi, avec cette manager que j’apprécie énormément, a permis de passer en revue quelques unes des principales idées reçues qui bloquent l’évolution des femmes en entreprise.


Idée reçue n°1 
Pour être reconnue, perçue comme performante, il suffit de bien faire son travail.

Eh bien non. 
On dit couramment aujourd’hui que 3 éléments comptent dans la performance au niveau pro : 
  • le savoir
  • le savoir-faire
  • le savoir-être. 
Mais pour la perception de cette performance il faut impérativement rajouter un 4ème élément : le faire-savoir

Or pour beaucoup de personnes, et surtout les femmes, le faire-savoir constitue un sport non pratiqué, car perçu comme "bas". Elles ont l’impression
  • au mieux, de perdre du temps (= en voler à l'entreprise et/ou d'en voler à leur famille qui attend leur retour du taf)
  • mais surtout, de « se vanter » (oooh, une expression directement issue des cours de récréation / du monde de l’enfant, comme c’est bizarre que ce soit si ancré ensuite à l’âge adulte !!!) quand elles parlent de ce qu’elles ont accompli. 
Elles préfèrent passer du temps à faire, à être efficaces, qu’à parler de ce qu’elles font.  

Mais le bien le plus rare dans le monde du travail est le temps. Et partant, le temps pour observer ce que vous faites, comment vous le faites, etc. 
Il en résulte que si vous voulez que votre manager, ou celui dont vous aimeriez qu’il vous propose un poste dans son équipe, ou votre RH préféré, ou toute personne placée à un endroit tel qu’elle serait susceptible d’avoir son mot à dire dans l’attribution d’un poste pouvant vous intéresser, sache comme vous travaillez bien, vous ne pouvez pas partir du principe qu’ils auront vu comme vous travaillez bien. Ils ont d’autres chats à fouetter. 
C’est à vous de leur faire savoir ce que vous valez
  • en le leur disant, 
  • en venant raconter d’une phrase le chouette résultat obtenu, 
  • en parlant de ce gros projet sur lequel vous avez déjà joué un gros rôle (« je »,  pas de « on » !), 
  • en les mettant en copie d’un mail…


Idée reçue n°2 
Si je travaille bien, on pensera à moi si un poste pouvant me convenir est à pourvoir

Re-non. Cf plus haut, dans les entreprises on n'a pas forcément le temps de penser à vous... 
Donc quand il y a un poste à pourvoir, on fonctionne très souvent avec des œillères. Les noms évoqués sont ceux qui nous viennent comme ça, sur un coin de table. C’est une RH qui vous le dit. 
Oh bien sûr, selon les organisations, les moments, la maturité des managers et des RH, on fait parfois bien/mieux les choses. Mais là-dessus je répondrai la même chose que ce que je dis quand on me demande des conseils pour un entretien de recrutement : vous ne pouvez pas compter sur la compétence des gens pour repérer que vous êtes le/la meilleur(e), vous ne devez compter que sur vous et ce que vous dites.
 « ne jamais prendre les gens pour des cons, ne jamais oublier qu’ils le sont… » (c) Les Inconnus

Si donc vous voulez que votre nom vienne à l’esprit distrait des gens qui vont dresser la fameuse short-list, vous n’avez qu’une seule solution : le leur souffler / le leur avoir soufflé (ou plutôt : crié), avoir dit clairement que cela vous intéressait.


Idée reçue n°3 
Si je travaille bien, on viendra me chercher

Encore non !
Précisément parce que l'enthousiasme pour faire les choses est le moteur le plus efficace, dans l’appréciation de l’adéquation entre les gens et les postes, figure en bonne position la motivation : il est reconnu que l’envie d’occuper un poste est un élément essentiel à la réussite dans ce poste (et d’autant plus, mais j’y reviendrai plus bas, que ce poste nécessite d’apprendre des choses et que comme le détaille si bien le chouette article que je viens tout juste de lire et d’apprécier, pour apprendre, il faut avoir envie)


Alors vous allez me dire « mais voyons, c’est évident que j’en ai envie de ce poste ». Bah non. Rien n'est évident dans ce bas monde. 

Il existe environ 1001 raisons pour lesquelles vous pourriez ne pas avoir envie de ce nouveau poste. Quelques unes pêle-mêle : 
  • Plein de gens sont ravis tant qu’ils restent proches du terrain, et dépérissent une fois promus au niveau au-dessus (on parle souvent de principe de Peter et de seuil d’incompétence, mais il existe aussi le seuil de démotivation ! Quand on aime faire soi-même, on peut avoir du mal à se retrouver réduit à faire faire). 
  • Le niveau au-dessus peut impliquer une charge de travail accrue, des déplacements, des horaires rallongés. En particulier dans le cas d'une femme on aura facilement le réflexe protecteur de se dire « elle tient à préserver son équilibre pro/ perso et je le respecte », ce qui est une intention louable en soi mais se traduit quand même, à l’arrivée, par le fait qu’on décide de votre vie à votre place au lieu de vous mettre en position de faire vos propres choix.
  • Le niveau au-dessus peut impliquer une exposition accrue, des conflits, des trucs potentiellement un peu stressants et si vous n’avez pas manifesté que vous avez envie de vous confronter à ses emm-bêtements, comment devinerait-on qu’en fait vous y voyez autant de challenges motivants ? 
Faute de temps, on va au plus facile, or il est plus facile de penser à des gens dont on sait déjà qu’ils sont intéressés, que d’aller sonder autour de soi au risque de se prendre des râteaux à la « bah non ce n’est pas DU TOUT ce que je cherche ». En conséquence de quoi on pense et on va en priorité vers les gens qui ont levé le doigt. Toujours. Voilà, c'est dit.
D’autant que le fait qu’ils aient levé le doigt est invariablement (sauf organisation / chef vraiment pourri ou si cela fait juste 6 mois que vous avez pris votre poste, auquel cas on va plutôt y voir de l’impatience…) interprété de manière positive : prise d’initiative, prise en main de son destin, « elle en veut »,  (eh, vous avez remarqué ? subitement ça devient positif de vouloir….ooooh comme c’est bizarre. Et ce n’est pas fini !)

On n'est pas dans un bal de la bonne société où les filles restent sagement sur le bord, les yeux baissés, en train d'attendre qu'on veuille bien les inviter à danser. Niet ! 
L'époque où on vous disait "on ne réclame pas!" voire "puisque tu as réclamé, tu ne l'auras pas" est derrière vous. Ou en tous cas, il ne tient qu'à vous qu'elle le soit. RÉCLAMEZ, zut !!



Idée reçue n°4 
On viendra me chercher pour me proposer un chouette truc

Alors si, parfois, des chefs bien intentionnés (ou bien embêtés car ne sachant comment pourvoir un poste) vont venir vers vous et vous proposer quelque chose.
Le souci est alors que très souvent, la proposition ne correspondra pas à vos attentes. Comment le pourrait-elle quand vous n’avez jamais exprimé (clairement) lesdites attentes ? (voire que vous vous êtes autocensurée mais ça aussi j’y reviens plus bas). Ils auront projeté sur vous leurs propres attentes, déduit des choses à l’aide de 2-3 observations lacunaires et se seront surtout auto-persuadés que leur proposition vous convient.
Ne pas avoir anticipé en affichant clairement vos désirs (« je voudrais évoluer vers » , « je vise un poste de »), c’est comme, dans un couple, attendre de votre conjoint qu’il devine votre besoin plutôt que de le lui exprimer : une situation aussi fréquente que stérile.

Et cela vous expose, parce que vous êtes bonne fille, à accepter des choses qui au fond ne correspondent pas à vos souhaits. Mais "c'est tellement gentil d'avoir pensé à moi"...

Et pourtant, si vous êtes claire sur ce que vous voulez et ne voulez pas, la réaction est généralement positive : « elle sait ce qu’elle veut » (oh tiens donc, il est donc bien vu de vouloir, encore !). Pire, parfois, après vous avoir entendue, vos interlocuteurs vont revoir leur proposition et l'adapter à vos souhaits. Truc de ouf, j'vous dis!


Idée reçue n°5 
Si je demande un poste que je ne maîtrise pas déjà à au moins 90% (voire 120%), je me survends, ce n’est pas honnête

Celle-là est un grand, grand classique et constitue un des obstacles principaux à la progression des femmes : elle correspond à l’autocensure dont je vous parlais déjà quelques paragraphes plus haut. 
Je parle en règle générale, bien sûr il y a toujours des exceptions : la grande différence entre un homme et une femme, c’est que si on leur propose un poste pour lequel il ont 70% des compétences, et donc 30% encore à acquérir, 
  • l’homme va dire « banco », en se disant qu’il sera capable d’apprendre ensuite. 
  • La femme va dire « oh merci, mais je dois encore développer ça, ça et ça, donc pour cette fois non mais revenez me proposer ce poste dans 2 ans et là j’en serai capable » (+ moult remerciements, je suis touchée, je suis flattée, vraiment merci, merci merci). 
J’en ai vu des dizaines d’exemples, le tout dernier remonte à tout juste quelques semaines. 

C’est du reste l'une des raisons pour lesquelles les grandes boîtes, dont la mienne, développent les initiatives du style « réseaux de femmes » : pour que celles qui sont déjà passées par là puissent encourager leurs cadettes à oser et à foncer. C’est donc ce que j’ai proposé au manager de mon épisode d'il y a quelques semaines, et qui était bien embêté par ce refus puisque cela l'empêchait de positionner sur le poste la personne la plus qualifiée à ces yeux:  mettre sa pouliche en contact avec une femme plus haut placée qui saurait lui parler et lui donner confiance dans ses capacités à faire suffisamment bien le job.

Et au fond, vous savez, quand on parle d’être une mère « suffisamment bonne », c’est pareil : est-ce qu’on attend d’être un bon parent pour faire un gosse ? Non, on se lance et on apprend tous les jours. Ce n’est pas parfait, mais ça tient la route. Ben là c’est pareil, et encore, regardons les choses en face : dans la vie pro l’enjeu est, tout bien pesé, bien moindre!

Comme je le disais mercredi à ma petite manager, quand on « se vend » en entretien, on vend non seulement ce qu’on sait faire / a déjà fait, mais aussi tout ce qu’on est capable d’apprendre à faire. On vend ce qu’on est mais aussi et surtout ce qu’on est capable de devenir.
On ne devient malhonnête qu’à partir du moment où on vend quelque chose qu’on n’est pas capable de devenir… Et comme la volonté joue une rôle important dans notre capacité à apprendre donc à devenir, si on veut vraiment ce qu’on demande, il y a de fortes chances qu’on se montre ensuite capable de le gérer.


Idée reçue n°6 
Si j'arrête d'être une petite fille sage, je serai forcément comme les hommes que j'observe autour de moi: un gros con écrasant tout le monde

Figurez-vous que là je cite mot pour mot ma petite manager (et quand je dis petit… la manager en question a quand même fêté ses 40 ans récemment, on n’en est plus à la timidité / réserve de la jeunesse)

Alors oui, on a souvent attiré l’attention de la petite fille sage sur l’atrocité des autres comportements, pour mieux lui faire comprendre l’importance de rester sage, serviable et disponible (et souriante ; et douce ; et « j’aimerais s’il vous plaît si ce n’est pas trop vous déranger quand vous aurez le temps mais vraiment ce n’est pas grave merci »). On a ainsi diabolisé le fait de vouloir, le fait de demander, et du coup, rendu sa perception sélective : la petite fille ne repère désormais que la manière de s’imposer et d’écraser des membres de son entourage.

Elle ne voit pas qu’il y a une 3ème voie : celle qui consiste à
  • identifier ses besoins et ses envies, 
  • être lucide sur ses forces et ses faiblesses, 
  • et communiquer un projet solide et argumenté autour de soi, dont son entourage saura facilement se souvenir et s’emparer en temps utile. 
Habituée à ne pas oser vouloir...
  • elle peine déjà à identifier ce qu’elle veut, 
  • elle peine à oser l’exprimer (ou alors c'est quand elle n'en peut plus, et ça finit en éclats de voix ou en larmes ce qui n'est pas propice à la crédibilité du message), 
  • elle peine à aborder elle-même le sujet sans attendre qu’on lui ait posé la question… 
  • Elle peine à se croire capable de ce qu’elle veut, 
  • et elle peine à se croire capable de l’obtenir 
  • puisqu’elle peine à mettre en valeur ses atouts personnels pour convaincre son auditoire (« j’ai l’impression de ne savoir rien faire »…)


Je viens d'évoquer ces idées reçues du point de vue d'une femme qui souhaiterait un poste plus intéressant, sous-entendu : avec davantage de responsabilités.
Mais tout ceci s'applique également à d'autres types de postes "plus intéressants": et notamment ceux qui vous intéresseront car correspondant davantage à vos souhaits d'équilibre vie pro / vie familiale... Au hasard, un poste similaire à celui que vous occupez, mais à 50%, par exemple... hum ? Ca vous dit quelque chose ?
Ce sera l'objet de la seconde partie de ce billet - soon to come ! - here