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samedi 12 décembre 2015

Apprendre à signifier ses limites

Aujourd'hui, un article à chaud suite à une matinée de boulot passée à.... apprendre certaines bases de communication non-violente à une Bac+8 totalement désemparée face à l'attitude de ses collègues. 

Un moment où je réalise la chance que j'ai d'avoir un job dans lequel les bouquins que je lis le soir pour mes enfants (en ce moment c'est "pour une enfance heureuse" de Catherine Gueguen qui me tient éveillée, et je vous promets un voire probablement plusieurs billets sur cet ouvrage qui m'impressionne à chaque page), se répercutent immédiatement sur mes compétences pro / mon efficacité au boulot. Et où ce que je vis au boulot vient alimenter et enrichir ma compréhension de ce que je vis et lis à la maison.

Je vous préviens donc, cet article à chaud sera peut-être un peu vide de références précises, mais si j'ai l'occasion et le courage je viendrai compléter avec quelques sources, dans un second temps.

Durant cette discussion de boulot, je me suis retrouvée en train de clarifier un raisonnement que jusque là je n'avais jamais vraiment formulé. 
Ce qui est classique chez moi, je suis du type qui réfléchis en parlant et non qui réfléchis avant de parler. 
Ce qui rend l'alimentation de ce blog d'autant plus intéressante pour moi puisque écrire un article me permet de réfléchir / approfondir une réflexion qui reste confuse tant que je ne l'ai pas exprimée.
 
Je ne parlerai pas aujourd'hui de l'intérêt de poser des limites à l'enfant, mais aborderai les questions suivantes :
  • pourquoi est-il important de réagir face à un comportement injuste, de marquer son désaccord ?
  • pourquoi "passer" sur des "broutilles" est-il dangereux ?
  • pourquoi le faire de façon répétée ouvre-t-il la porte à ce que des comportements abusifs s'installent voire soient repris par l'ensemble d'un groupe ?

Le cerveau de l'homme est logique, fondamentalement logique. Certes il n'est pas que logique, loin de là, mais néanmoins l'établissement de rapports logiques entre différents faits constitue une de ses activités préférées. Et cela de manière automatique et inconsciente.

Prenons la situation, très simple, suivante :
- Comportement méprisant de A vis-à-vis de B : "tu es nul"
La réaction logique d'un B pas nul serait de rétablir la vérité: "cette appréciation est injustifiée et insultante".
Si B décide de passer outre, pour toutes les meilleures raisons du monde (A n'est pas dans son assiette aujourd'hui / B est au-dessus de cela, ce n'est pas si grave / B a autre chose à faire, B craint le conflit), il crée une situation illogique.
-- Le cerveau de A se retrouve ainsi confronté à une situation illogique : quelqu'un de pas nul accepte d'être présenté comme nul.
--- Or puisque ledit cerveau de A est un cerveau humain au fonctionnement normal, il n'aime pas ce qui est illogique, et passe son temps à faire tourner ses neurones pour établir ou rétablir des rapports de logique. Le raisonnement inconscient qu'il va donc tenir dans cette situation sera le suivant: si B accepte d'être traité de nul, c'est que quelque part cette appréciation est fondée. Quelque soit la conscience de la valeur de B que ce cerveau ait par ailleurs, l'absence de réaction de B aura commencé à ancrer le contraire dans son inconscient.
---- A s'en trouvera ainsi conforté dans son comportement vis-à-vis de B, et incité à le répéter.
----- Quant à leur entourage qui aura observé cette situation, des reconstructions similaires se seront opérées dans leurs cerveaux, et la répétition de situations analogues inscrira peu à peu dans leur inconscient qu'il est légitime et juste de se comporter ainsi avec B.

Ce même mécanisme est celui qui rend les personnes particulièrement cultivées, intelligentes, etc, particulièrement vulnérables à des situations de harcèlement de la part de leur hiérarchie par exemple : confrontées à des réactions incohérentes (critiques injustifiées d'un travail excellent, d'un comportement adapté, etc), leur cerveau logique les amène 1. à se remettre eux-mêmes en cause, et/ou 2. à construire en permanence des explications logiques à ce comportement, ce qui les empêche de reconnaître la perversité de la situation.
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De l'intérêt, pour toute personne y compris un enfant, d'apprendre à connaître et marquer ses limites, à les communiquer de manière appropriée, à exiger leur respect.
De l'intérêt, pour moi maman, d'être vigilante à montrer l'exemple à mon enfant, en étant à l'écoute de mes propres limites comme des siennes.

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