lundi 8 février 2021

La résistance au (ch)rangement - petit GRAND Moment de Parentalité Positive

Ce qu'il y a de bien, c'est à quel point la certification en coaching professionnel (= coaching de la vie professionnelle) que je termine en ce moment vient enrichir ma vie de parent (et inversement).

Alors, hop, en voici un exemple magnifique qui pourra vous inspirer, peut-être, vous faire rigoler, sûrement. (attention, on va parler systémie, attachez vos ceintures - et si vous ne savez pas ce que c'est, c'est totalement admissible et on s'en fiche, parce que ce n'est pas nécessaire pour comprendre et utiliser ce billet. En revanche notez-vous le mot quelque part, ça fait un Scrabble, avec un y dedans; en plus)

Le mois dernier, mes condisciples et moi avions notamment vu à quel point, quand un coaché résiste au changement, qu'il n'arrive pas à changer une habitude par exemple, il peut être très aidant de l'encourager dans cette habitude. 

Quand il cesse de résister à son problème... son problème cesse de lui résister.


Ce samedi, je passe de nouveau la journée en formation, et à la pause de midi nous revenons sur ce point.

De retour pour le dîner, j'enchaîne ensuite sur le coucher du soir, et c'est le moment du "petit moment rien que toutes les 2" avec E.

J'ai H. avec moi, et je souhaite le poser pour qu'il crapahute sur le sol pendant que je prendrai E. sur les genoux. La chambre est dans un désordre de niveau 3 (sur 5), mais je ne suis pas folle, et je demande donc juste à E. de ramasser ce qui, sur le sol de sa chambre, n'est pas compatible avec un H. en liberté : quelques livres et quelques papiers.

AAaaaaah que n'ai-je déclenché : le rangement de chambre est un sujet eeeeextrêmemnt relou avec E., depuis des mois déjà. Et effectivement, comme d'habitude

  • E. part dans de grands gémissements
  • elle dit qu'elle n'a pas envie, que c'est horrible, que noooon (ô rage ô desespoir ô maman ennemie - ça dès qu'elle lira le Cid j'y aurai droit)
  • moi mon énervement monte, je sais que si on me donnait 10€ pour chaque "dépêche toi" "allez" "tu peux le faire" "regarde il y a plus que ça" "ça prendra pas longtemps" que je vais formuler, je finirais la soirée milliardaire.
  • car elle y va littéralement à pas d'escargot (paralytique, l'escargot), et ce qui pourrait prendre 1 minute montre en main... va probablement tuer la soirée / notre moment, car là au bout de 3 minutes on en est à 2 papiers ramassés.

Scénario que je connais extrêmement bien puisqu'il se répète à chaque rangement de chambre, et que pas plus tard que mercredi dernier ledit rangement a pris 2h.

Précisions : cette chambre 

  • fait moins de 11m²
  •  ne contient qu'une quantité modérée de jouets en même temps, puisque nous opérons encore une sorte de rotation des jouets avec ce qui est stocké dans les placards de la salle de classe 
  • et au demeurant, du côté d'E. on "rotate" très peu, ses intérêts restant globalement toujours sur les mêmes choses : ses animaux Schleich, meilleur investissement ever - largement rentabilisés puisque la fascination qui avait débuté dès 12 mois ne s'est pas émoussée, dessiner, se déguiser, lire - lire -lire : je crois qu'on a fait le tour de ce à quoi E. passe son temps libre.


Bref, ce scénario de l'horreur vous dit quelque chose ?

Attendez la suite.


Devant ce scénario bien connu, donc, mon esprit tout frais imbibé de psychologie du changement fait subitement tilt : ben, en effet, là aussi ça fait des mois qu'on tente tout et n'importe quoi pour améliorer le rangement de chambre (et sans nous montrer des fanatiques, hein ! mais quand il faut faire le ménage, il faut ranger, à minima), des mois que rien ne produit d'effets durables, des mois au contraire que ça empire.

Alors observant E. en train de ramper péniblement vers un bout de papier, je réalise qu'il est temps de lâcher complètement prise. Puisque tous nos efforts pour lui faire ranger sa chambre rapidement ont échoué... que se passera-t-il si j'inverse la vapeur ? De toute façon, hein, la soirée est fichue, alors lâchons-nous.

- E., tu as raison de ranger lentement. 

E. relève la tête, interloquée. Elle chouine encore, persuadée qu'elle a mal entendu, mais ça manque déjà de conviction.

Je poursuis :

- Tu as raison. Va plus lentement.

A ce stade, E. oublie de chouiner. J'ai toute son attention. 

Je répète

- E., range plus lentement. Tu as envie d'aller lentement, il faut aller pluuuus lentement.

- Mais non, il faut ranger vite, non ? (E. ne chouine plus du tout, elle se redresse)

- Non, il faut ranger len-te-ment. Là tu vas beaucoup trop vite.

Un sourire en coin, E. ramasse un papier, guettant du coin de l'œil ma réaction.

Ah non ! J'insiste :

- Noooon, j'ai dit LENTEMENT. Ca va pas du tout, tu vas trop vite !

E. accélère

- Eh non, je fais vite, je fais vite.

- Nooooon lentement.

Les papiers ont déjà disparu (STOP STOP !), elle attaque les livres 

- Nooooon pas les livres !

- Et tu veux pas que je range mes dinosaures non plus, hein ? Bah je le fais !

- NOOOOOON pas les dinosaures, ils veulent rester en désordre.

3 minutes de ce régime là plus tard, la chambre est entièrement rangée (NB : alors que la demande initiale était beaucoup plus modeste), une E. hilare se met sur mes genoux ("tu voulais pas que je range, hein, maman ?" "noooon"), et se relève 3 minutes pus tard quand elle repère encore un truc qui traîne (je proteste vivement, elle me nargue en gloussant "Ah et encore ça"), puis encore 2 minutes après quand H. commence à vider sa caisse à animaux Schleich, pour les reranger (truc totalement insensé, hein, puisque ça équivaut à remplir d'eau une passoire).

Après l'histoire lue ensemble, elle détectera encore un truc qu'elle rangera très vite, puis filera chercher son père pour lui montrer fièrement sa chambre.


Alors, immonde manipulation, puisque j'ai juste prétendu que je ne voulais pas quelque chose alors qu'en fait je le voulais ?

Hum, à un niveau, bien sûr que je souhaitais toujours que E. range sa chambre et n'y passe pas trois plombes.

Mais à un autre niveau : plus du tout. Parce que j'avais admis que si E. se cramponnait ainsi à un comportement pourtant franchement pas optimal (puisque sa lenteur transformait une tache potentiellement extrêmement brève et assez indolore en un long moment insupportable), c'est que celui-ci correspondait au meilleur choix possible pour elle.

C'est un concept de coaching que j'ai trouvé très éclairant. Bien sûr que Mamie Germaine (et nous-mêmes parfois) est exaspérante à toujours faire un truc vraiment pas optimal alors qu'il est évident qu'il faudrait faire autrement.

Mais en fait, Mamie Germaine / chacun d'entre nous fait, à tout moment, le meilleur choix disponible parmi ceux qu'elle voit. C'est le concept de carte du monde : chacun d'entre nous a une carte des choix possibles, et c'est comme une carte de jeu vidéo : on ne voit pas tout. Moi qui ne suis pas seulement une fan de Sims, mais qui ai aussi beaucoup joué à Age of Empires (le I. Sa version pixelisée conserve un charme que ses suites plus sophistiquées n'ont jamais pu égaler à mes yeux), je vois bien : évidemment que mon villageois ne va pas pouvoir aller taper dans la mine d'or à quelques pas de lui si il ne la voit pas (le crétin !). 

Une manière d'agir quand une situation se produit et que notre manière de la traiter ne semble pas produire les résultats attendus, c'est d'élargir notre carte du monde en découvrant de nouveaux choix (ou en éclairant ceux à disposition d'une autre lumière). C'est ce qu'on fait quand on s'informe, en causant avec le voisin, en lisant un sublime article de blog ou un excellent bouquin (ce que vous êtes en train de faire, là, du coup ^^. Vous élargissez / complétez votre carte du monde. Félicitations). C'est aussi à ça qu'on travaille en coaching (non un coach ne vient pas nous dire à notre place quoi faire!). Si à la place des 2-3 choix qu'on voyait, on en a soudain 4 ou 5, il se peut très bien que finalement le meilleur choix possible pour nous ne soit plus celui qu'on privilégiait jusqu'à présent faute de mieux.

Chez E., donc, j'ai admis que pour elle, à ce moment, le meilleur choix était de résister au rangement, de ranger le plus lentement possible. Pourquoi ? Je ne peux faire que des hypothèses. Mais je peux imaginer que, peut-être, ça pourrait être en lien avec un besoin d'autonomie, d'indépendance; un besoin de d'aller à son rythme dans un quotidien où quand même, le "Dépêche-toi" est sûrement trop présent... un besoin de respect d'elle-même..

Dit comme ça, c'est tout de suite plus facile à prendre en compte, hein ? 

Ce qui ne doit pas nécessairement conduire à nous culpabiliser d'oser prétendre que notre enfant range sa chambre. Notre besoin d'ordre aussi est important, mon besoin de respect de moi-même et de mon temps me conduit par ailleurs à ne pas vouloir ranger moi-même, ce qui serait aussi un choix possible dans d'autres cartes du monde / à d'autres moments, mais pas dans la mienne à ce moment précis.

Si ce n'est qu' opposer mon besoin d'ordre et son besoin quel qu'il soit ne produit bien évidemment pas un résultat optimal, pour aucune de nous deux.

Associer ces 2 besoins, au contraire, en renforçant le choix que ma fille a trouvé : ranger plus lentement....

J'ai arrêté de pousser, E. a pu arrêter de résister. Expérimenter et trouver son rythme à elle. C'est-à-dire élargir sa carte du monde à elle au lieu de devoir adopter la mienne. Et décider que finalement aller vite, c'était sympa tout plein aussi.

Et nous avons toutes les 2 bien rigolé. 

Rangement : 1, Connexion : 100. 

Perdant : 0.

(une dynamique qui n'est du reste pas sans similitude avec ce billet sur le jet d'objets, ou cet exemple, repris dans le livre des 200 moments)

Mais bien évidemment, je ne faisais pas le lien, emberlificotée que j'étais dans mes efforts.

Si, quand on en avait vu des bribes en Master RH, j'avais su que j'écrirais un jour : 

"C'est top la systémie !".... 

je pouffe.


Terrain de jeu systémique
Terrain de jeu systémique


jeudi 4 février 2021

Le sommeil des petits Bébous

Voici un billet commencé il y a... 4 ans (je pouffe)


Le but de ce billet est d'analyser un peu ce qui peut aider un bébé à dormir

Sujet épineux, polémique, même ! Alors je précise tout de suite qu'il s'agit de MON expérience avec MES bébés à moi. D'où il s'ensuit

  • Que ce billet retrace un cheminement pas parfait (je ne suis pas parfaite ! Oh my God ! J'ai fait des grosses bourdes trucs pas optimaux avec mes enfants ! Et j'en ferai d'autres)
    • Le but n'est pas de dire "faites les mêmes erreurs que moi" 
    • le but n'est même pas de dire "ne faites surtout pas les mêmes erreurs que moi", 
    • le but est juste de témoigner d'un chemin possible.
  • Que ce billet ne doit SURTOUT PAS viser à culpabiliser, à dire que faire autrement signifie être une mauvaise mère, ni même à dire à quel point je suis une mère excellente. Ce billet est comme le reste du blog : c'est un retour d'expérience, qui peut ouvrir des perspectives à une lectrice, et ne pas parler du tout à son voisin. 

Il peut inciter à se poser des questions, et le truc cool dans une vraie question, c'est qu'on a le choix de la réponse. 

Donc si ce billet vous incite à vous poser la question de "Et si je testais tel truc qu'a l'air de bien fonctionner chez Gwen ?", c'est cool ! A une seule condition : que vous vous autorisiez à répondre à cette question par OUI... ou par NON. Voire aussi par NON à un moment, et OUI à un autre moment, ou l'inverse, parce que dans la vie, bien peu de questions méritent qu'on ne change jamais de réponse à leur sujet.

Voilà, c'était la petite précaution oratoire.


Pour mémoire, avec nos deux premiers, nous avons été des vernis du sommeil bébéesque

  • F. a fait ses nuits à 6 semaines (alors qu'il était né prématuré d'un mois); 
  • E. a fait sa première nuit à 4 jours de vie (j'ai frôlé l'engorgement, merci), et à 15 jours faisait déjà 1 nuit sur 2 ou 1 nuit sur 3.

Nous pensions qu'il en serait de même avec un numéro 3.

Spoiler : ben non.


Alors, qu'est-ce qui aide un bébé à acquérir le sommeil ?

Rien que cette question sent le soufre.

Car oui, je sais que le sommeil de bébé est un sujet qui divise

  • qu'il existe énormément de points de vue sur le sujet, et que parfois, prétendre vouloir dormir, pour un parent, est taxé de VEO par d'autres parents. (VEO = Violences Educatives Ordinaires pour les intimes; un terme avec lequel je prends certaines distances, puisque du constat extrêmement éclairant et juste du "un tas de choses sont faites aux enfants qui sont socialement complètement acceptées, mais en fait violentes", j'observe et déplore que s'opère souvent une bascule vers le "tout ce que l'adulte fait dans le but de veiller sur lui-même et qui est contraire à la volonté, supposée ou avérée, de l'enfant" )
  • Que la seule réponse donnée à un parent épuisé est parfois "Oh mais le sommeil ne s'acquiert que vers 6 ans" - Débrouille-toi avec ça. 
Je vous le dis tout de suite : je ne suis pas de cette école. Et je le suis encore moins après avoir fait l'expérience de numéro trois et donc du bébé qui ne dort pas. On ne peut pas forcer un bébé à dormir / à dormir seul, en revanche, on peut le favoriser si on le souhaite. L'accent étant sur le "si on le souhaite".

Et franchement, si on le souhaite, ça vaut le coup, ce n'est pas une ignoble manipulation de notre bébé ni le faire aller contre sa nature, mais quelque chose qui peut être bénéfique à tout le monde. J'y reviendrai.


Enseignement numéro 1 :  un tout jeune bébé a une super capacité à dormir selon ses propres besoins, pour peu que rien ne l'en empêche. 

Pour peu....

C'est en tous cas ce qui s'est vérifié pour chacun de mes enfants.

Le premier point à gérer, là dessus, c'est d'assurer le bien-être physique de notre bébé. Sacré paire de manches, puisque ces petits êtres ont le culot de naître sans jauge visible (ce ne sont pas des Siiiiiims) ni écran de bord high-tech signalant un réservoir vide ou une couche pleine. Ils n'ont que leurs pleurs pour communiquer, et ces pleurs ont le don de nous mettre facilement dans tous nos états, brouillant potentiellement encore davantage notre capacité à comprendre notre bébé et ses besoins.

Chez mes bébés à moi, comme chez pas mal d'autres bébés, l'ennemi numéro 1 : les douleurs gastriques de tous ordres. Chez nous, il a fallu donc veiller à 

  • éviter des repas trop rapprochés 
J'en parle dans ce billet sur les bébés à 3 tétées par jour, mais effectivement F. comme E. se sont avérés totalement imperméables à ce qui est généralement présenté sous le nom d'allaitement à la demande. Des tétées trop rapprochées les faisaient hurler de douleur (et se jeter sur le sein pour se soulager, alimentant ainsi un cercle vicieux parfait), pour cause d'estomacs ayant besoin de temps entre chaque repas. Par ailleurs les micro-repas ne leur remplissaient qu'à moitié le bide et renforçaient du coup ce cercle vicieux

Nous avons mis du temps pour le comprendre pour F. mis nous avons décidé de tester, "juste 24h" ce que ça donnerait si nous respections un délai de minimum 3h entre chaque tétée (en continuant à répondre à ses pleurs, hein, mais autrement qu'avec le sein : câlin, promenade, portage, bain,...), tout en le stimulant un peu si il venait à s'endormir au milieu de ce repas (hop, change au milieu, ou guilis sur les pieds). Alors, la radicalité du changement observé sur ces 24h ne nous a pas laissé beaucoup de doutes sur le fait que nous avions mis le doigt sur son vrai besoin, même si celui-ci ne cadrait pas avec la littérature que nous avions lue sur le sujet. Nous avons choisi d'écouter notre fils.

Nous avons suivi le même principe pour E.

Dans les 2 cas, nous avons constaté un effet merveilleux : dès que l'estomac n'était plus perturbé par des tétées trop rapprochées, non seulement la dose de pleurs journalière baissait énormément, mais les tétées s'allongeaient, se faisaient plus nourricières, et donc notre bébé espaçait de lui-même encore davantage ses repas : de 3h entre chaque on passait assez vite à 4, voire plus. Or la capacité à espacer des repas aide bien évidemment puissamment à la capacité à dormir longuement sans interruption. Merci et cœur sur elle.


  • détecter des douleurs pas normales et agir promptement pour y remédier. 

Dans le cas de nos 3 enfants, nous avons eu droit à un RGO (reflux gastro-œsophagien). Quel bonheur ! Le RGO est bien évidemment l'ennemi absolu du bien-être de l'enfant, et donc du sommeil de toute la famille. 

Un bébé RGO a notamment cela de fabuleux qu'on peut en confondre certains symptômes avec ses besoins affectifs de nourrisson tout fraichement éclos : évidemment qu'un bébé tout frais adore dormir au contact de ses parents, et que ça lui est bénéfique. Mais un bébé RGO ne va dormir quasiment que comme ça, en position plutôt verticale, souvent en écharpe, et va se réveiller dès qu'on aura voulu le déposer dans son lit, puisque les acides digestifs seront venus chatouiller son œsophage sitôt remis en position horizontale. Le top. (d'ailleurs quand je vois sur certains groupes FB des mamans parler de leur bébé "BABI", bébé à besoins intenses, je me demande, à la lecture de ce qu'elles décrivent, si sous cette appellation ne se cache pas en fait un bébé qui souffre de maux non détectés. En tous cas ça ressemble).

Nous avons observé ce schéma fooormidaaable pour chacun des 3 Bébous. 

    • Pour F., nous étions novices, nous avons donc mis au moins 15 jours à comprendre le truc. Heureusement notre médecin nous a écoutés, orientés, et nous sommes devenus potes avec le Gaviscon. 
    • E. a bénéficié de sa place de numéro 2 : 48h d'observation des mêmes symptômes m'ont permis de débarquer direct chez le pédiatre en sachant ce que je voulais. 
    • Pour H., même problème, même action, j'étais toute fière en mode "héhé, je gère".

Si ce n'est que : pas du tout. Les sources de douleur d'un nourrisson sont de diverses natures, et pour H., nous avons pu explorer le monde merveilleux de l'intolérance aux protéines de lait de vache. Un autre niveau de douleur physique, et de complexité des solutions pour la soulager.


La leçon que je tire en tous cas de ces 3 maternités c'est que c'est une chance de pouvoir compter sur un entourage et un corps médical informés et à l'écoute

Que de jeunes parents de mon entourage entendent leurs plaintes balayées d'un "Oh mais c'est normal un bébé ça pleure beaucoup", que ce soit en mode vieille école "C'est pour te manipuler / ne le gâte pas / laisse le pleurer ça lui fera les poumons", ou dans sa version plus moderne "C'est normal un bébé ça doit rester collé à son parent H24 pour bien se développer". 

Chacune de ces 2 attitudes peut alors empêcher le parent de percevoir que non, ce n'est pas normal, qu'il y a un problème, et du coup, c'est parti pour des mois de galère avant que finalement, un test de Gaviscon ou d'autre chose n'aboutisse subitement à un bébé apaisé et qui dooooort. 

A noter : les "vieux" du corps médical sous-estiment très souvent les possibilités du RGO, tout simplement parce que celui-ci était moins répandu "dans leur jeune temps" : du temps où on faisait dormir les bébés sur le ventre. C'est une des raisons pour lesquelles un bébé RGO dormira souvent bien mieux sur le ventre...


2. un bébé peut apprendre assez naturellement à dormir dans son lit, si on l'accompagne


Le cododo, parfois, c'est la vie. 

Révélation / Scandale : j'ai failli tuer la nana qui a déboulé dans ma chambre d'hôpital, ma 2è nuit avec H, juste après 2h du matin, alors que ledit minuscule H m'avait tenue éveillée de ses pleurs depuis 22h, tétouillant sans arrêt (ben oui, il avait une montée de lait à stimuler, hein, et il prenait les choses au sérieux), et que du coup c'est finalement en le couchant à côté de moi sur notre lit d'hôpital que nous venions EEEEENFFFFFIIIIIIIN de trouver le sommeil tous les 2. 

"Ah mais non madame ce n'est pas autorisé c'est beaucoup trop dangereux !". Graou. (je l'ai repris dans mon lit dès qu'elle a eu le dos tourné. Nanméoh)

Le cododo, parfois, c'est la vie, mais parfois, ça ne nous correspond pas, ou plus, ou ça nuit à la qualité de notre sommeil à nous, ou à celui du bébé. 

Idem le portage. Qu'est ce que c'est précieux pour satisfaire le besoin de contact de notre bébé tout en faisant fonctionner la maisonnée en même temps ! Mais devoir systématiquement endormir et/ou faire dormir son bébé en écharpe devient vite lourd (au sens propre comme au figuré). 

Avec mes bébés en tous cas, j'ai expérimenté que m'efforcer de les faire dormir, chaque fois que possible, dans leur lit, avait un effet de malade : ils s'habituaient à leur lit comme à un endroit sûr, connu, où on peut dormir tranquillement. Il ne s'agit pas de prétendre qu'on va donner des mauvaises habitudes à son bébé en dormant avec lui au tout début, en l'endormant en écharpe, ou en le faisant plus tard quand c'est nécessaire. Mais en ce qui me concerne j'ai trouvé que veiller à ce que bébé dorme régulièrement dans son lit permettait cet apprivoisement bien utile sur le long terme. Pour E., par exemple, nous avons veillé à la coucher toujours dans son berceau le soir, tout en étant parfaitement open à la reprendre avec nous en cours de nuit si c'était nécessaire.

Apprivoiser son lit en dormant la majorité du temps dedans, c'est ce que F. et E. ont pu faire et c'était cool. 

C'est ce que H. faisait jusqu'à ce que son intolérance se déclare et que le poser devienne impossible pendant une longue période, suffisante pour qu'il désaprenne et ait perdu cette habitude une fois la douleur soulagée.


3. Un bébé peut apprendre à dormir de longs moments, pour peu qu'on respecte son rythme

Les cycles du sommeil d'un bébé sont différents de ceux d'un adulte, et un bébé a besoin d'apprendre à s'endormir mais aussi à enchainer les cycles de sommeil : rester endormi, ou en tous cas qu'un micro-réveil ne vienne pas signaler un vrai réveil.

Là- dessus j'ai trouvé que si l'écharpe et la poussette pouvaient être de vrais copains pour pouvoir faire un max de trucs avec le bébé, faire un max de trucs avec le jeune bébé pouvait être bien agréable et facile sur le coup, mais synonyme d'un bon gros tirage de balle dans le pied pour l'avenir. 

Pour F., puis pour E. j'ai préféré, les 3 premières mois, m'arranger autant que possible pour ne pas avoir  à interrompre leur sommeil, et, si possible, pour que ce sommeil ait lieu chez nous. Ca m'a notamment amenée à refuser de partir en vacances avec eux. Ainsi, l'été qui a suivi chacune de ces deux naissances, nous avons eu un discours clairs vis-à-vis de nos familles : nous ne ferions pas les plusieurs centaines de km qui nous séparent d'eux , mais resterions chez nous, en mode "nous intégrons le nouvel arrivant au calme", car

  • au niveau respect du rythme du bébé, un long trajet, c'est la mort
  • être "chez les autres" ne permet pas cette même attention à ce rythme : c'est par exemple assez délicat de décaler au dernier moment le déjeuner de toute une maisonnée si bébé manifeste soudain l'envie de manger (et qu'il se laisserait distraire si la tétée avait lieu en public), ou de décider au dernier moment que là c'est le bon moment pour lui pour une sortie, pas avant, pas après.

Pour F., comme pour E., nous n'avons assoupli cette discipline qu'une fois leurs 3 mois passés : à 3 mois, ils faisaient leurs nuits, avaient acquis un rythme stable de sommeil et de tétées. Du coup, à la fois, ils toléraient mieux de petites entorses, mais surtout, comme c'était prévisible, c'était plus facile de prévoir plein de trucs mais de manière compatible avec un rythme identifié et stable.

Procéder ainsi pour E. a été facilité par le fait que F. avait à peine 2 ans à sa naissance : un rythme calme de bébé n'était pas encore trop en décalage avec ses besoins de bambin (il faisait encore de grosses siestes par exemple), et, Monsieur Bout étant au chômage à cette époque, nous pouvions au besoin nous séparer pour que l'un aille au parc avec le grand frère pendant que l'autre veillerait sur le sommeil de la petite sœur.


Bref, vraiment, pour F et E., faire attention à ces 3 points avait vraiment été la clé, et avait permis à tout le monde de passer des premiers mois agréables : nous avons pu les observer 

  • réguler peu à peu leur sommeil, 
  • allonger d'eux-mêmes leur plages de dodo sans que nous ayons à intervenir pour cela, 
  • et profiter de l'énergie de ce sommeil réparateur pour se montrer pleins de vie et sereins dans leurs plages d'éveil. 
Nous, parents, reposés à la fois par des nuits plutôt vite bonnes, et par un rythme de journée prévisible, étions à même de bien rester à l'écoute des besoins de nos nourrissons : nous remplissions à fond leurs réservoirs d'amour sur leurs temps d'éveil, et ça permettait un sommeil serein pour tout le monde. Top.

C'est pourquoi... nous n'avons pas suivi tout ceci pour H. : 

  • non seulement nous nous sommes pris l'intolérance aux protéines de lait de vache qui a pulvérisé le point 1, 
  • mais la fatigue et les pleurs liés au point 1 nous ont compliqué la prise en compte du point 2, 
  • et en plus, nous avons complètement zigouillé le point 3 : parents de 2 enfants plus grands, le rythme de bébé est passé un peu derrière pas mal de choses : 
    • les horaires d'école, de sorties, obligeant à trimballer un bébé à droite à gauche; 
    • idem nous n'avons pas souhaité nous/les priver de plein de choses pendant les vacances, et donc, en termes de "rester à la maison", haha, nous sommes partis QUATRE fois durant les 2 mois d'été, vu plein de gens, avec des ruptures de rythme perpétuelles, et avec un max de km ne permettant pas toujours de réaliser les tétées au moment le plus opportun pour H, ni de le câliner autant qu'il aurait fallu. 
    • Hasard, coïncidence ? H., qui manifestait, juste avant le premier de ces départs, de très fortes velléités de faire ses nuits (il en avait même fait 2 complètes, d'affilée, début juillet, espoir espoir), s'est promptement ravisé.

Ouin ouin ouin.


Ce qui nous amène, justement (Admirez la transition !!!), à un 4ème point crucial : la gestion des pleurs.

(vous avez vu le lien, hein. J'ai dit "ouin ouin". A ce niveau de subtilité je m'attends à ce que vous vous prosterniez. Au moins. C'est drôle hein).  

Sur le point de la gestion des pleurs, nous avons pas mal tâtonné.


Nous étions clairs dès le début sur le fait que les pleurs de bébé n'étaient pas d'immondes tentatives pour dominer le monde / manipuler le parent, et signes d'un tempérament dominateur qui nous en ferait voir de belles à l'adolescence si nous ne montrions pas tout de suite qui était le plus fort.

Nous avions lu, et vite vérifié, que certains pleurs peuvent être mal interprétés : typiquement, les pleurs d'un bébé qu'on vient de déposer dans son berceau ne signifient pas forcément qu'il faut à tout prix l'en sortir. 

Ce sont bien souvent des pleurs de transition, "eh, ça change, c'est bizarre", vite remplacés par un soupir de contentement, et un sommeil détendu et réparateur. Ayant assez tôt repéré qu'en réalité parfois nous intervenions trop vite auprès de F., et qu'en fait attendre 1 minute ou 2 lui permettait de terminer tranquillement de s'ajuster à la nouvelle situation, sans lui demander de ressources qu'il n'avait pas, mais justement en lui laissant le temps de les mobiliser, hop, ça ça a été simple, passé les premiers couacs. (je crois que c'est une fois où j'étais bloquée aux WC - confidence glamour bonjour - qui m'a permis de constater vraiment par moi-même que le bébé sur lequel je voulais me jeter pour le sauver de son berceau avait en fait juste besoin d'un délai de 2 minutes pour s'endormir)

Là où nous avons plus tâtonné, c'est sur la gestion des pleurs du soir 

  • Au départ nous avions lu qqch sur le fait qu'ils étaient des décharges émotionnelles.  
Mais du coup, nous avions interprété ça comme le fait que nous n'y pouvions rien : nous croyions donc bien faire en laissant F. pleurer dans son berceau quand c'était l'heure des pleurs du soir (là où, sinon, le reste du temps nous intervenions), et en venant juste régulièrement lui prodiguer quelques caresses. Avec le recul, c'est quelque chose que nous avons beaucoup regretté, car ca n'a probablement pas aidé à la stabilisation affective d'un F. ayant quand même vécu des tout premiers jours sur Terre difficiles, difficulté qui expliquait probablement au moins en partie la vigueur de ces pleurs du soir.

  • Pour E., nous avions déjà un peu évolué : la laisser pleurer longuement à ce moment nous gênait déjà plus.
En même temps, les premiers jours de pleurs du soir, nous avions constaté que si nous calmions ces pleurs en la mettant directement dans le Mei Tai dès leur démarrage vers 18h,  c'était ultra efficace... stop immédiat... si ce n'est que ces mêmes pleurs revenaient alors à 1h du matin, en mode incalmable, et en plus, évidemment à une heure où nous étions beaucoup moins d'attaque pour les gérer (et les voisins, potentiellement moins indulgents). 

Nous avons donc trouvé une solution intermédiaire : lors des pleurs de 18h, la déposer dans son lit pendant 10 minutes, en venant régulièrement la voir, puis au bout de ces 10 minutes de pleurs, hop, Mei Tai. Visiblement ces 10 minutes lui permettaient la décharge dont elle avait besoin, et assuraient une soirée/nuit paisible. Nous n'étions pas encore complètement certains de nous, mais c'était une solution qui fonctionnait faute de mieux, et que nous n'avons pas eue à appliquer fréquemment, E. ayant une période de pleurs du soirs beaucoup plus courte et beaucoup moins systématique que son frère.


Pour H., nous avons commencé tranquillement... Nous avons vite appris à identifier ses petits pleurs d'endormissement et à ne pas venir perturber le process qu'ils signalaient, et les premières semaines ont été cools.

Puis l'intolérance aux PLV s'est manifestée, et avec elle les pleurs ont pris une toute autre dimension. Et nous, ça a été la cata : nous sommes bien logiquement devenus ultra sensibles au moindre pleur puisque celui-ci était potentiellement le signe d'une souffrance physique vicieuse que nous ne savions trop comment combattre. Au pire du pire, H. a ainsi passé 36h d'affilée dans nos bras / le Mei Tai (heureusement que nous étions 2 parents à la maison, à pouvoir nous relayer !). Ayant identifié que la meilleure manière de l'endormir était de faire du step dans l'escalier, nous n'avons plus tenté de l'endormir autrement, puisque ça fonctionnait si bien, et sommes devenus des adeptes de step. (Vraiment top, en combinaison avec l'éviction des PLV, pour retrouver la ligne après la grossesse...cf ce billet si drôle)

Les premiers mois, ça ne nous posait pas trop de problèmes. D'autant qu'une fois l'intolérance aux PLV à peu près sous contrôle, nous observions tout de même quelques progrès dans la manière dont H. gérait son sommeil : des plages de sommeil qui s'allongeaient, par exemple. Seulement 1 réveil par nuit... Nous pouvions voir le processus d'apprentissage du sommeil se faire...

Sauf que nos différents déplacements de l'été sabordaient le truc, et qu'une réintroduction trop précoce des PLV conseillée par la première allergo vue (C'est bizarre mais figurez-vous que j'ai changé d'allergo ensuite) n'a pas aidé non plus.

Et du coup... autour des 4 mois, ces progrès ont disparu et la situation a peu à peu empiré : de plus en plus de temps nécessaire pour endormir bébé, un sommeil de plus en plus fragile (que de réveils sitôt déposé), des nuits de plus en plus hâchées,... avec un cercle vicieux puisque moins H. dormait dans son berceau moins il y dormait : pour Monsieur Bout par exemple, il était plus simple de gérer l'IEF de F., ou ses propres études, avec un bébé endormi contre lui dans le Mei-Tai, que de se risquer à aller le déposer et à le voir se réveiller.


Moralité : 

  • un bébé de plus en plus grognon : que de fois on voyait qu'il était fatigué, mais ne savait comment trouver le sommeil / avait dormi trop peu longtemps avant qu'un micro-réveil ne sonne la fin prématurée d'une pause régénératrice.
  • des parents de plus en plus fatigués et grognons
  • des grands frères et sœurs trouvant ça vraiment pesant (y compris nos exclamations "chuuttttttt bon sang il dooooooort / dormaaaaait") d'autant que les parents fatigués n'étaient évidemment pas au mieux de leur forme pour passer du temps de qualité avec eux, ni ... pour puiser dans la caisse à outils du parent positif.


Une nuit, vers 6 mois, j'ai soudain réalisé que je n'étais plus prête à allaiter H. la nuit

Et quelques jours plus tard, j'ai investi dans le bouquin "Pleurs et colères des enfants et des bébés" d'Aletha Solter (yes, celle qui a aussi écrit l'excellent "Développer le lien parent-enfant par le jeu", dont je vous ai dit le plus grand bien).


Mais ces 2 points, je vous les raconterai ... dans un autre billet, celui-là est déjà largement assez long.

(ouais c'est moche)

mardi 26 janvier 2021

J'ai testé pour vous : la box de vêtements Lookiero

Vous noterez l'hypocrisie du titre : genre c'est pour vous que j'ai testé. 

Je me suis immolée pour vous permettre de découvrir le chemin vers le Style et donc, un peu, la Véritude.

En réalité : 

  • point 1: j'avais pris plus de 30 kg pendant la grossesse de H., et j'avais eu largement le temps, quand je les trimballais péniblement d'un point A à un point B (pas trop loin le point B pitiéééé), de me demander si ils repartiraient un jour, tous.
  • point 2 : H. étant intolérant aux protéines de lait de vache passant dans mon lait, il a réussi le tour de force de me mettre au régime. J'ai fait 3 mois complets sans beurre avant d'avoir droit de le réintroduire ; et pour le moment le fromage et tous les autres produits laitiers ne figurent, dans mon alimentation, qu'à l'état de fantasme. Ce qui est assez efficace niveau dégommage de calories.


C'est donc pour célébrer la récupération de mon corps (de rêve. On ne rit pas !) que j'ai succombé au mal absolu. 

Après 2-3 ans à ne m'être acheté que très peu de vêtements, et quasiment aucun vêtement neuf (j'ai fait dans le seconde main / vide dressing des copines), j'ai acheté du neuf, pas français, bref : le mal, je vous dis! 

Ce billet n'est donc pas un billet ZD, c'est un billet de la nana qui se réapproprie son corps et qui a eu envie d'un petit relooking, de se voir autrement, d'un rafraichissement de sa garde-robe, et ce d'une manière compatible avec le fait que les virées shopping ne font absolument plus partie de son quotidien, ni même de ses souhaits.

Quand j'ai commencé à redescendre dans les tailles de pantalon portées (42 grossesse ultra distendu ; 40 grossesse ; 40 pas grossesse ; 38 pas grossesse tout détendu), j'ai commencé à loucher sur les pubs que Facebook me mettait honteusement sous le nez, et quand 

  • 1. notre compte bancaire s'est enfin rempli suite au racket de la Sécu + au paiement de certains clients et 
  • 2. j'ai enfin enfilé un 38 pas grossesse pas détendu, entendu 4 "ah mais t'as vachement perdu c'est fou" en 24h, et réalisé que c'était le seul pantalon de cette catégorie qu'il me restait, 

j'ai cliqué sur une pub Lookiero. (pourquoi eux et pas une autre ? car ils ne sont pas les seuls à proposer ce système. Ben un peu au pif et beaucoup parce que eux ça fait un bail qu'ils le font, et qu'une copine avait déjà testé donc j'avais plutôt confiance)


Le principe de Lookiero

  • on s'inscrit et on remplit un profil très détaillé sur notre morphologie, notre style, ce qu'on aime, ce qu'on veut (ou ne veut pas), y compris le contexte (fringues pour le boulot, pour la maison, pour des occasions...). Pour les aider à nous cerner niveau budget, on doit notamment choisir entre 3 fourchettes de prix pour répondre à la question "combien mettez vous généralement pour une robe".
  • une personal shopper (trop la clâââsssss) lit tout ça et nous envoie 5 pièces correspondant généralement à 2 tenues dans un charmant carton
  • on essaie chez soi, et on renvoie ce qui ne nous plaît pas dans l'enveloppe prépayée contenue dans notre colis. Ce qu'on garde est alors débité de notre carte bancaire. Si on garde tout, on a moins 25% sur la totalité de la box, ce qui est assez incitatif.
  • c'est sans abonnement : on peut dire "envoyez moi une box tous les 1-2-3 mois" mais ce n'est pas obligatoire, et on peut changer d'avis à tout moment (parce qu'en fait ça ne joue pas sur les tarifs, il n'y pas de ristourne du style "si vous vous engagez pour 3 colis, -30%")


Mon expérience 

(je précise que ce billet n'est pas sponsorisé ou quoi que ce soit)

J'ai succombé début décembre

  • J'ai adoré remplir mon profil, ça a aussi contribué à me mettre dans une humeur "fille", ludique. Je ne dirais pas "vamp", mais en tous cas j'étais en mode "je prends soin de moi" et ça faisait du bien!
  • Ensuite, j'ai adoré attendre mon colis, je me suis sentie comme une gamine attendant le Père Noël, le suspense était à son comble.

On est livré chez soi et donc en rentrant d'un RDV pro mon colis m'attendait (j'avais eu le SMS comme quoi il arrivait ce jour là donc autant dire que je piaffais), il était boooo et bien emballé.

Le contenu : ca m'a déstabilisée

  • un jean très skinny; je n'en avais jamais porté. 
    • J'ai commencé par être pas contente, et Monsieur Bout était perturbé / pas super enthousiaste car chamboulé dans ses habitudes. Puis en me reregardant dans le miroir j'ai observé à quel point on voyait bien que mes kg de grossesse étaient partis en vacances sans moi, et ... 
    • ben en fait depuis qu'il est là je ne porte quasiment plus que lui. Il était parfaitement taillé pour moi (alors que j'ai souvent du mal à trouver des pantalons adaptés à ma morphologie), hyper confortable, m'a valu un paquet de compliments, et je ne l'aurais jamais, jamais essayé dans un magasin. Ou reposé direct.
  • un petit pull vert pâle : impeccable ! Celui-ci était à fond dans mes goûts, pas une seconde d'hésitation
  • un chemisier à motifs : différent de ce que j'aurais acheté, idem réaction un peu interloquée, puis ... oui ben il allait très bien avec le jean franchement ! 
    • Puis j'ai réalisé qu'il était en 100% viscose ce qui ne respectait pas ce que j'avais mentionné clairement dans mon profil : je ne voulais que des matières naturelles, surtout en haut. Cette non-prise en compte m'a un peu frustrée, mais bon, en même temps, ça m'a permis d'être raisonnable. 
    • Par ailleurs voir cette chemise m'a rappelé que j'en avais une d'un style un peu voisin quelque part (récup d'une copine), et je suis allée la rechercher au fin fond de mon placard, là où toute seule je n'aurais pas pensé à la conjuguer avec mon nouveau jean. Héhé.
  • une jupe à volants, un peu bohème, mi-mollet. Très à la mode mais je n'ai pas aimé du tout. Bon, ils avaient pris en compte le fait que j'avais spécifié que je ne voulais pas de jupe trop courte, mais à l'arrivée, j'ai trouvé que celle-ci faisait très mémé sur moi. Ratééééé
  • un gilet fin gris. Joli et doux. Mais en le mettant j'ai réalisé que j'avais déjà assez de gilets dans ces coloris / styles, donc j'ai un peu hésité avant de choisir d'être raisonnable.

J'ai donc gardé 2 vêtements sur 5, ce qui m'a coûté environ 80€, et renvoyé le reste. 

Renvoi hyper facile.  On met les vêtements dans l'enveloppe pré-affranchie et on dépose ça dans un Relais. 

Quand on renvoie, on doit remplir (en ligne) un petit questionnaire de retour sur chaque article pour dire ce qui nous a plu ou pas dedans... (ce qui va aider à aiguiller notre personal shopper en cas de nouvelle commande).

Et du coup, ma réaction à réception plus l'écriture du feedback de renvoi m'ont permis de réaliser avec plus de clarté ce dont j'avais envie.

Alors, hop...

Dès la fin décembre, j'ai relancé une commande.

  • Là encore, effet "lettre au père noël", puis "attente du père noël" très agréable
  • et là encore, arrivée du colis : déstabilisant.

Sur le coup, j'ai été même franchement déçue; dans ma 2ème demande j'avais réaffirmé mon aversion systématique pour les matières non naturelles en haut, et ça a été écouté cette fois, mais aussi très explicitement demandé "de la couleur pour mettre du peps dans ma garde robe" et j'ai eu

  • un jean skinny vert.... mais vert très foncé. Pour la couleur on repassera.
  • un pantalon bleu marine ample plutôt élégant; lui m'a perturbée. J'ai hésité. Il répondait aussi à un des desiderata annexes exprimé pour cette 2eme commande : "qqch avec une ceinture" et c'est par le biais d'un essayage What's App avec une copine que je l'ai finalement apprivoisé. Et mis derechef pour un RDV pro.
  • un petit haut blanc avec empiècements de dentelle : lui répondait à une demande explicite de ma part; je me suis rappelée que j'avais adoré un "haut avec dentelle" essayé qq part il y a... 3 ou 4 ans (mais BEAUCOUP trop cher) et donc je me suis dit que j'allais missionner Lookiero pour me trouver qqch de ce style. Ils ont donc très bien répondu à la demande, si ce n'est qu'à l'arrivée ce qu'ils m'ont trouvé ne m'a pas plu plus que ça. En tous cas pas au point de le payer.
  • un pull vert kaki : argh. Idem, bonjour la couleur... et la forme était confortable mais un peu ample... Raté pour le côté "je me réapproprie mon corps / je me sens séduisante".
  • un gilet court à grosse maille bleue. Forme très à la mode mais Monsieur Bout et moi avons eu le même verdict impitoyable : on dirait un gilet de mémé.

En synthèse 

  • L'aspect logistique, père noël, etc, est super bien géré, fluide, et très agréable
  • c'est peu risqué car pas d'obligation d'achat. A savoir : 
    • les frais de Personal Shopper sont de 10€, ils sont déduits des achats, ce qui signifie que dès qu'on garde un article du colis, hop, ils disparaissent. Mais que si on prend 0 article car rien ne nous plaît, les 10 € sont pour notre pomme. 
    • Sauf, justement, lors du premier achat car il y a toujours un code promo "spécial première commande" qui permet de faire sauter ces 10 euros là.
  • il est important de prendre le temps de spécifier ses souhaits... tout en sachant que parfois on se demande si c'est écouté..., et ça, ça peut être franchement frustrant !
  • La qualité est OK, il y a de tout niveau provenance : des marques connues et d'autres non, des pantalons en coton équitable bio, et des machins produits en Chine;
  • L'aspect vraiment chouette à mes yeux : ça peut vraiment permettre de découvrir des nouveaux trucs, tranquillement chez soi, qu'on a donc plus le temps d'apprivoiser que dans une cabine d'essayage. 
    • On a 5 jours pour faire son choix, donc par exemple j''ai essayé 3 fois certains articles de ma 2ème commande avant de me décider : le soir en la recevant, le lendemain matin à la lumière du jour, et le jour suivant. Ca évite à la fois de se décider à la va-vite pour un vêtement qu'on va regretter derrière, ou de rejeter à la va-vite aussi quelque chose d'un peu inhabituel
    • il faut compter avec l'effet de surprise : on n'est pas forcément ravie au déballage ! (et on a le droit de le rester après d'ailleurs) Le jean skinny de la première commande et le pantalon ample de la 2ème sont clairement des machins qui m'ont interloquée au départ ... et je suis ravie de les avoir à présent!


Tout ça pour dire qu'à l'arrivée, je ne suis pas "over enthousiaste" du concept, mais quand même plutôt contente, car j'ai pu me faire plaisir et découvrir de nouvelles choses d'une manière à ma portée de fille surbookée avec des mômes, un boulot, et l'envie de quand même se voir sous un jour différent.

Bon, voilà, j'attends qu'ils aient réceptionné mon retour du 2ème colis pour lancer la commande d'un 3ème (oups).

Car dans la série "ils écoutent pas toujours ce qu'on leur dit", le 2ème colis ne contenait hélas aucune jupe et j'aimerais bien explorer ça. Et puis comme j'ai bien réinsisté sur l'histoire des couleurs dans mon feedback de retour, je suis curieuse de voir ce qu'ils vont pouvoir me pondre ...

Bref, y a pas de hasard : je suis un peu accro au concept, et je peux faire le rapprochement avec ma passion pour TooGoodToGo : j'ai bien peur de beaucoup aimer les surprises.

Par ailleurs je vous avoue que je lorgne aussi sur certains de leurs concurrents. Je testerais bien "La Malle Française" par exemple, mais la gamme de prix est supérieure... Des retours parmi vous, peut-être ? ;-)

jeudi 21 janvier 2021

Maman & Micro-entrepreneuse : l'idéal pour la conciliation vie pro / vie perso ?! (ou paaaaaaas)

Ce blog est fouillis.
Ce blog recouvre un max de thèmes puisqu'il sert d'exutoire à pas mal de questions qui saturent mon cerveau.
Et donc, parmi les graaands sujets de ce blog, il y a, il y a eu, il y aura toujours : comment qu'on concilie, quand on est maman (parent), le fait d'avoir des enfants, de s'en occuper (parce que c'est vrai que je pourrais les sous-traiter H24 et jet-setter à travers le monde. Mais je n'ai pas choisi cette option - et cette option ne m'a pas choisie non plus, comme ça tombe bien), mais aussi d'avoir la vie pro qu'on souhaite ?

Je souligne "la vie pro qu'on souhaite" : il ne s'agit pas d'avoir la vie pro que les gens estiment qu'on devrait avoir et/ou souhaiter, mais bel et bien celle qui nous épanouit, qui cadre le mieux avec nos souhaits. Souhaits pas toujours évidents à discerner, d'où ma réflexion sur les différents besoins que peut couvrir une activité pro; d'où il s'ensuit qu'avoir "la vie pro qu'on souhaite" peut signifier : avoir zéro vie pro, si zéro est la quantité qui nous convient, à tel ou tel moment de notre vie.

Bref. Ma manière de concilier vie pro et vie perso a évolué dans le temps et sur le blog. Depuis que je suis maman, j'ai été 
  • pro à 80% avec un enfant et un mari à 100%, 
  • à la maison pour cause de congé maladie /grossesse prolongé, 
  • de nouveau pro à 80% avec 2 enfants et un mari au chômage, 
  • pro à 80% avec 2 enfants en bas âge et un mari à 120% (la mort), 
  • pro à 50% ,
  • maman à 100% bicoz chômage… 
  • puis j'ai créé ma micro entreprise.

Bientôt 3 ans après, voici un petit bilan des + et des -

Commençons par les PLUS

1. Le point essentiel pour moi : la capacité à mener de front charge de boulot et enfants. 
Etre à son compte permet souvent bien plus de souplesse (selon son secteur d'activité) et c'est le cas pour moi.
  • je peux moduler mon temps de travail et gérer mes contraintes perso sans devoir rendre compte à qui que ce soit. Mes clients n'ont pas besoin que je me justifie (en tous cas, c'est à moi de ne pas le faire) : si je ne suis pas dispo pour eux, peu importe que ce soit parce que je bosse pour un autre client, ou que je gère ma famille. Donc ce n'est pas retraduit en termes de "elle n'est pas impliquée" comme c'est trop souvent le cas dans le monde salarié.
  • Je peux m'organiser à ma guise pour être dispo pour mes enfants quand ils sont dispo pour moi, et caser du boulot à des endroits qui ne me "coûtent" pas de temps-enfants : 
    • retravailler le soir, 
    • profiter de 20 minutes de calme pour finaliser un mail, 
    • avancer sur un dossier ou caser une conférence téléphonique sur les 40 minutes qui s'écoulent entre le moment où on a déposé l'aîné à son RDV psy et le moment où on doit l'y récupérer, 
    • gérer de front un appel pro pas trop prenant et la cuisson de ses confitures.
Etre à son compte permet donc de faire effectivement beaucoup, beaucoup de choses...mais ça peut avoir un prix : l'épuisement. Nous en reparlerons.


2. Ratio temps de travail / fric très positif pour ma part. 
Et notamment le fait que, si je bosse plus, je gagne plus (pour peu que je sache bien border mes contrats - ce qui est une autre histoire et invite à se poser la question de la juste valeur de son travail, de la juste valeur de l'argent, en se débarrassant au passage d'éventuelles inhibitions). 
Ca me change de mon ancienne vie de cadre au forfait jours et donc aux horaires extensibles sans autre contrepartie financière qu'une éventuelle augmentation ou une royale petite prime...

Reprendre mon PC le soir pour finaliser un truc se vit quand même différemment quand c'est quelque chose qui se traduira par des espèces sonnantes et trébuchantes. 

Je l'ai particulièrement ressenti il y a 18 mois, quand je suis partie 1 semaine en Asie animer des ateliers de communication multiculturelle. J'ai bossé comme une tarée avant et pendant, mais après, ça a été un weekend en amoureux à nous vautrer dans le luxe d'un Spa 4 étoiles, et, vraiment, j'ai énormément apprécié ce lien direct entre investissement et récompense, et ce weekend en avait une saveur particulière.
De la même manière, j'ai bossé comme une tarée en novembre et décembre, et du coup, même si janvier est plus calme et qu'une partie de moi est tentée de dire "euh, faudrait remplir un peu plus quand même", je suis aussi capable de me dire "pas la peine, tu as encaissé largement au dessus du budget prévisionnel le mois dernier, détends-toi et profite un peu".
Idem la gestion des mails : quel cadre (et beaucoup de non-cadres) ne souffre pas du syndrome de la boite-mail-qui-dégueule avec ses 574 mails non lus ? Je vais vous faire fantasmer : je n'ai pour ainsi dire plus de mails pro non-lus. Parce qu'autant, en entreprise, l'envoi et la mise en copie de mails semblent relever du sport national, autant, quand on est indépendant, les clients nous spamment avec beaucoup, beaucoup plus de discernement puisqu'ils savent bien que le temps que nous passons à lire leur prose n'est pas gratos (pour peu, encore une fois qu'on ait été claire sur le sujet)

3. Capacité à maximiser l'intérêt du temps passé au travail 
Quand j'anime des formations sur la gestion de la motivation, je souligne qu'on a tous, dans nos boulots, une part de choses qu'on n'aime pas. L'important est de respecter un certain ratio : 
  • 80/20 est qqch de sain, 
  • au delà de 70/30 on risque l'épuisement, voire à long terme le burn out, puisque trop de nos ressources vont dans des choses qui ne nous ressourcent pas, justement. 
Très clairement, depuis que je suis indépendante, l'intérêt de mon job a été dopé; je l'aimais à la base, mais je n'avais pas anticipé le constat indéniable que je fais maintenant. En tant qu'indépendante, j'ai la liberté de mes missions, de mes clients, et, du coup le sens de ce que je fais n'a cessé d'augmenter. Si bien qu'à présent j'évaluerais mon ratio à 90/10 voire même 95/5... Je n'ai plus ou moins gardé de mon job que les aspects qui ont le plus de sens pour moi. C'est ... KIFFANT.

4. Capacité, bis : être indépendante me permet également de répartir mon temps de manière à inclure une activité pro annexe pleine de sens
Si 95% de mon chiffre d'affaires repose sur mon activité RH, et que c'est là dessus que je compte pour nourrir la famille, ma micro entreprise me permet également d'"abriter" les ateliers et conférences Faber et Mazlish que j'anime, et c'est particulièrement réjouissant. 
Avec un bémol : le temps passé à Faber & Mazlisher étant très substantiellement moins rémunérateur que le temps passé à RHer, je peux libérer du temps RH (faire moins) pour Faber et Mazlisher, mais pas trop non plus sinon, pas de beurre dans les épinards (remarquez, en ce moment, IPLV de Mister H. aidant, j'ai moins droit au beurre, alors on s'en fout?), voire pas d'épinards du tout maintenant que nous avons complètement revu l'équilibre budgétaire de notre famille et que celui-ci repose sur moi, moi, et remoi.

5. Capacité du coup à développer encore cet intérêt ! 
Je suis libre du choix de mes clients, et ne manquant jamais de business, je peux me permettre de refuser ce qui ne me va pas, et privilégier ce qui m'intéresse davantage, que ce soit en terme de missions (thématiques), ou de clients : je n'ai plus à bosser avec des gens relous, à supporter des réunions récurrentes avec quelqu'un de mal embouché, à faire avec le despotisme de gens toxiques. 
  • Si je ne "sens pas" mon prospect, je ne le transforme pas en client, c'est tout. 
  • Un client me plaît ? Que ce soit un grand groupe ou une petite start-up, c'est à moi de voir avec lui dans quelle mesure nous pouvons encore élargir notre collaboration. 
A moi cependant de faire gaffe et de choisir avec soin.... Il m'est déjà arrivé de m'être maudite d'avoir accepté telle ou telle mission ;-) Mais c'est une leçon très formatrice. Et comme il s'agit de missions, l'embêtement est d'assez courte durée, et la leçon, elle, pour le long terme.
Dans tous les cas c'est ainsi que peu à peu, la partie formation managériale et/ou multiculturelle de mon activité s'est développée, puis la partie coaching pro. Des thématiques qui me font baver d'enthousiasme. Or comme on est toujours meilleur dans ce qui nous transporte, le cercle vertueux fait que mon efficacité au boulot augmente aussi, donc plus de clients dans ces domaines, donc plus de succès, donc ....etc. 
Autre aspect : moi qui aime la diversité, je suis servie. Je ne suis pas limitée par une définition de poste, je vais faire un peu de généraliste là, un peu de formation ici, de l'outplacement, ... uniquement ce que j'aime, mais tout ce que j'aime, sans avoir à choisir. Du coup je reste compétente dans tous ces domaines, et ce que j'apprends dans l'un enrichit ce que je fais dans l'autre.

TOP du top, hein ?


Avec quelques MOINS néanmoins.

1. En grand un, cette fameuse charge mentale 
Etre maman et à son compte, c'est
  • gérer les enfants, les repas, les courses, les habits (changer de taille de saison, approvisionner, laver, ranger), 
  • mais aussi leur garde : que d'énergie dévouée à bricoler une solution en fonction de son planning en constante évolution ! Les mamies au pair ont pu aider sur ce plan-là... sauf quand les relations délicates avec elles venaient encore alourdir la charge mentale. (mais celles avec qui c'était fluide, c'était le pied !!).
  • Et parfois, incompréhension du conjoint quand on le sollicite en dernier recours bicoz foirage des plans A B C et D et nécessité absolue de caser les enfants. (ça, ça a été très dur à gérer du temps où Monsieur Bout avait encore une vie pro, et la source de tensions aigües... et donc d'un surcroît de charge mentale)
cf le point suivant.

A cela s'ajoute un planning en constante évolution donc aucune routine sur laquelle se reposer
Idem sur le mercredi : conduites diverses, RDV, passer du temps avec les enfants, Shiva bonjour !
Et en tant qu'indépendante, en couple avec quelqu'un de non-indépendant, on est la personne qui reste dispo pour les histoires de plombier, gère les livraisons de bois de chauffage, les factures, les RDV médecins ou les interactions ultra fun avec la Sécu.

2. Une activité indépendante est souvent "invisible", moins vue par l'extérieur. 
Ca n'est pas considéré pareil, puisque sans horaires officiels. 
Et en particulier, c'est souvent moins réalisé par l'autre partie du couple : on est à la maison, non ? 
Ou on rentre avant le conjoint donc c'est tout comme. 
Le fait que peut-être l'heure qui a précédé son retour à lui a pu être consacrée en priorité à la gestion des enfants (logistique : douche, préparation du repas par exemple; et affective : câlins, jeux) et non à la gestion de la maison (ranger la maison, faire ranger les chambres …) échappe facilement à son attention (avec parfois la petite remarque qui fait plaisir merci).

3. Travailler en indépendant, c'est gérer son planning soi-même, mais aussi ses incertitudes de planning et de charge 
En ce qui me concerne, en tous cas, ma visibilité sur mon business est réduite, ma charge fluctue, et je ne sais jamais trop quelle tête auront les semaines et mois à venir. 
On a le stress d'être en sous-charge alors on se démène pour dégoter des affaires et puis pouf, tous les prospects se transforment simultanément en clients et on se voit mal les refuser. L'affaire part sur tant de jours et pouf, elle enfle. Ou inversement, on se croit full, puis pouf, un projet est divisé par 2, un autre est annulé, un 3ème est reculé.
Bon personnellement, à l'arrivée, cette dynamique chez moi cause plutôt une surcharge qu'une sous-charge: hormis mon tout début de business, puis mon tout début de retour en congé maternité, j'ai passé mon temps à me dire que "c'était la mort le planning mais d'ici quelques semaines ce serait le bout du tunnel"; tunnel magique se prolongeant à chaque fois que je m'approchais de sa fin. (c'est pas pour rien que ce billet de blog est le premier depuis aussi longtemps)

4. Et lié à ça, il y a aussi l'incertitude financière / trésorerie
  • Vais-je rapporter assez ? (même si dans les faits j'ai toujours trop de business, je ne suis jamais sûre que ce sera toujours le cas, eh) 
  • Quand vais-je être payée ? Un point que j'avais totalement sous-estimé à mes débuts, mais que j'ai vite réalisé quand mon premier client m'a réglée plus de 3 mois après le début de prestation. 
Autant dire que pour pouvoir gérer cet aspect là, il faut 
1. des nerfs d'acier ou 
2. ne pas être dépendant de ce revenu pour payer les factures immédiates ou 
3. s'en être rendu moins dépendant en constituant un très gros matelas financier immédiatement disponible (ce qui est typiquement ce à quoi nous travaillons maintenant que nous n'avons plus le salaire de Monsieur Bout pour tabler sur le point 2).
Faute de tout ça, bonjour à un surcroît de charge mentale quand le compte en banque s'orne de jolis chiffres rouges.

A ces aspects standard de la vie micro-entreprise se sont rajoutés chez moi d'autres éléments
  • l'écriture d'un bouquin n'a pas amélioré le truc pendant mes premiers moments d'indépendante.
  • la charge mentale des interrogations existentielles du mari sur sa vie pro
  • le poids des finances liées avec les perspectives qui se dessinaient d'une rupture de cette vie pro
  • plus les inquiétudes autour du bien-être de l'aîné (y compris, serrer les fesses en allant chercher son fils à l'école car on sait qu'on risque de se prendre des retours négatifs après l'école, et qu'on ne sait pas dans quel état on va retrouver un fiston; proba : survolté)

Bref, tout ça, ça m'a menée pas loin du burn-out il y a 18 mois.
Heureusement, nous avons pu réajuster peu à peu pas mal d'aspects, le premier étant que Monsieur Bout prenne conscience de tous les aspects cachés de l'activité, le second étant que je baisse mon propre niveau d'exigence.
Ce qui est drôle d'ailleurs, c'est que ça m'a rappelé le début de fatigue connu quand j'étais à 50 % : le piège du 50%, le piège de l'indépendante, c'est qu'on a tendance à se coller et à nous coller les exigences de la "femme active professionnellement" ET de la "maman au foyer" : bosser ET avoir une vie sociale ET faire de la bonne cuisine ET...et.et.
C'est pourquoi si ce billet devait avoir un titre alternatif, ce serait : Maman & micro-entrepreneuse... le dangereux mythe de l'ubiquité.




Mon bilan reste donc positif : hors de question pour moi, à l'heure actuelle, de repasser dans le salariat. Mais j'ai mesuré certains des points potentiellement dangereux, et je me suis dit que ce retour d'expérience pourrait servir à d'autres. Si vous avez des partages complémentaires à apporter, ce sera avec joie !

Aujourd'hui, c'est encore un autre rythme que nous avons : car clairement, être maman et micro-entrepreneuse, c'est une tout autre manche avec un mari au foyer

Mais ça ne se traduit pas par beaucoup de temps libre non plus, comme vous aurez pu le constater au délai indécent qui s'est écoulé sans le moindre billet sur le blog. 
Je suis cependant pleine de bonnes résolutions (et surtout d'une furieuse envie de vous blablater), avec notamment, en théorie, un billet sur le sommeil des bébés et un autre orienté... fashion, à sortir bientôt 
(Ouais : je suis une fashion victim. 
Je vais me réinventer en blogueuse mode. 
Comptez-dessus. 
OU PAS.)


dimanche 6 décembre 2020

BLOKUS : une valeur sûre avec les enfants - et les adultes !

(Petit billet rapide suite à ce mois de novembre de la mort qui tue - j'ai d'autres trucs plus costauds en préparation et je vous promets notamment un billet sur le sommeil des petits Bébous !!)

Jouer avec chacun de nos enfants, c'est important, moment de qualité, machin, et dans ce billet (ainsi que dans l'annexe correspondante dans les "200 moments de parentalité positive (ou pas)" ) j'analyse la manière dont on peut remplir le plus efficacement possible le réservoir affectif de notre enfant ainsi.

Jouer avec notre enfant, parfois, c'est aussi franchement saoulant. On a tellement d'autres choses à faire, et ce n'est pas évident de s'enthousiasmer pour l'activité qui plaira à notre bambin.

De plus en plus, du fait de mes réflexions sur mon propre découvert affectif, je privilégie vraiment les activités qui leur plaisent ET  me plaisent : tout le monde y est gagnant !

En voici donc une, découverte par hasard.

Un triiiiiste hasard, puisqu'il est lié au subit déménagement de Coralie, blogueuse des 6 doigts de la main, amie depuis plusieurs années, et à proximité géographique depuis 2. Proximité géographique brutalement interrompue, snif.

Mais du coup déménagement express = tri = Coralie qui prend des photos de ce dont elle sépare et nous spamme notre What'sApp, à moi et à une autre copine, en mode "prenez ou ça part". Et voilà comment le jeu Blokus nous a été proposé. 

C'est un espèce de Tétris revisité, avec des pièces aux formes biscornues qu'il s'agit de caser en respectant des règles simples mais très contraignantes au bout d'un moment (gnagnagna)

On peut y jouer à 2, 3 ou 4 joueurs, il paraît même qu'on peut y jouer tout seul mais je n'ai pas encore demandé à Tonton Internet de me dire comment.

J'ai failli ne pas le prendre (je ne le connaissais pas et il ne me semblait pas plus sexy que ça), mais la réaction de la copine "Ah il est génial mais on l'a déjà" m'a mis la puce à l'oreille.


Et ben qu'est ce que je suis contente !

  • ce jeu ME PLAIT. Au point que j'aimerais bien y jouer aussi avec Monsieur Bout, quand je passerai mes soirées à faire autre chose que bosser (Dreams... are my realityyyyyy)
  • une partie ne dure qu'une grosse vingtaine de minutes, ce qui est assez adapté aux soirs où je décide de faire un moment particulier du coucher version longue (au hasard, pour compenser le fait que j'aie bossé quasi sans interruption pendant toute la journée, et que donc hormis quelques sourires et bisous dans la chambre qui me sert de bureau, les enfants n'auront pour tout moment avec moi que ledit coucher). Version longue, mais pas trop longue. Impeccable
  • ce jeu leur plaît beaucoup, tant à F qu'à E., alors même que F. est au départ moins fana de tout ce qui est jeu de société.
  • je pensais les règles peut-être un peu compliquées pour eux (7 et 5 ans)  mais en fait ils s'y sont hyper vite mis. Chaque enfant développe ensuite son style : F. cherche à bloquer à mort, E. est plus attirée par le fait d'envahir tout le territoire. C'est du coup très stimulant pour moi d'alterner entre ces deux partenaires. (F. est une sacrée peau d'vache, quand même !)
  • et donc pour compléter : ce jeu présente tellement de possibilités différentes que personne ne s'en lasse (en tous cas chez nous !)

Voili voilou, si vous croisez son chemin et qu'il semble perdu, vous pouvez le recueillir et lui offrir une place au chaud sous votre sapin de Noël ;-)

dimanche 29 novembre 2020

Mes millions !!!

EXCLUSIF ! Le billet qui vous dévoile tout sur les millions liés à mes droits d'auteur.

(Ou pas)


Tout simplement d'abord, parce que si je me réjouis du succès des 200 moments de parentalité positive et vous invite à vous réjouir avec moi, je suis au regret de devoir décevoir ceux et celles qui pensent qu'écrire un livre rend riche, ou même, "rapporte". 

Une petite blague suffira pour éclairer ce point et démolir à jamais vos illusions éventuelles (je décline toute responsabilité pour les ravages psychologiques que je suis sur le point de provoquer).

  • Quand j'écrivais mon œuvre, Monsieur Bout me poussait au boulot en disant "au travail la Gwen, pour qu'on puisse s'offrir un manoir en Ecosse".
  • Quand le manuscrit a été finalisé et que j'ai commencé à échanger avec des maisons d'édition sur le sujet, ... la blague a évolué : l'objectif est resté "s'offrir un manoir en Ecosse"... ajouté d'une petite précision "en Playmobil". C'est bien aussi.

Eh oui, telle est la situation des auteurs / de la chaîne du livre en France, l'auteur ne perçoit le plus souvent qu'une toute petite part du prix du bouquin et encore je ne me plains aucunement, car avec les Editions de l'Instant Présent et leur manière très éthique d'envisager les choses, je suis déjà plutôt bien lotie. Mais pour devenir riche à millions avec mes bouquins, il faudrait que j'écrive un truc traduit en plein de langues, racontant les histoires d'un garçon scolarisé dans un internat où on lui apprend des trucs chelous, ou encore le roadtrip de bons copains soucieux de faire du tri sélectif avec un bijou de famille. Mais il paraît que ça a déjà été fait. 

Donc, n'achetez pas mon livre pour me "soutenir financièrement" (Sic.). Et, non, le choix que Monsieur Bout quitte son job n'a pas été facilité par la perspective de cette manne financière (re-sic); pour tout vous dire il n'y a même pas de ligne "droits d'auteur" de prévue dans mon sublime fichier Excel de budget. Si vous achetez mon bouquin, ceux que vous soutenez financièrement, ce sont les Editions de l'Instant Présent, et votre libraire chéri, et c'est déjà très bien ! Et vous contribuez ainsi à ce que le contenu de ce bouquin se répande, et c'est un peu ce pour quoi j'ai passé du temps à l'écrire (et non pour la Lamborghini. Dans laquelle caser 3 sièges auto peut s'avérer compliqué)

Surtout que, sans vouloir vous énerver, il n'empêche que depuis 2 jours je suis riche, riche, riche, et riche de VOTRE argent. (dit comme ça c'est vraiment vraiment énervant en fait, hein !? Niark niark)


Riche parce que enfin, vendredi, j'ai perçu (avec SI PEU de retard) mon congé maternité !!!! (ben oui, c'est votre argent ! Et aussi le mien, un peu celui de tout le monde non ?)

6 mois d'indemnités journalières qui tombent d'un coup, ça fait du bien.

Evidemment, ces 6 mois ne sont pas tombés sans efforts

  • Non seulement il a fallu faire un môme pour cela (argh), 
  • non seulement il a fallu exercer une activité pro avant, 
  • MAIS il a surtout fallu marquer la CPAM à la culotte pour obtenir mes sous.


  1. Bon, au départ, je partais mal : j'avais tardé à envoyer mon dossier (Cf. mon secret pour réussir à tout faire).
  2. Ensuite, le COVID épisode 1 est passé par là, ce qui n'a bien évidemment pas accéléré la vitesse de traitement des dossiers par la CPAM.
  3. Puis, suite à relance, celle-ci a fini par me dire qu'en fait le papier de mon arrêt maternité n'était pas le bon : celui que ma gynéco avait rempli contenait exactement les mêmes informations que le formulaire qu'ils souhaitaient que je remplisse, évidemment, mais ce n'était pas LE BON formulaire. (c'est à ce stade que j'ai commencé à me dire que j'allais avoir de quoi vous faire un billet dans le genre de celui écrit naguère sur mes démêlés CAF/Pôle Emploi. Les vieux de la vieille se souviendront, les autres... peuvent toujours aller rigoler un coup.)
  4. Donc redélai pour solliciter mon hôpital pour que ma gynéco fasse le nouveau papier (= demander, attendre, ne voir rien arriver, relancer, apprendre que ma première demande n'a jamais été transmise, obtenir enfin le papier - avoir écouté l'intégrale des 4 saisons de Vivaldi en temps d'attente au secrétariat) 
  5. puis calme plat.... longtemps.... puis durant l'été, début de relance par la Gwen : on m'informe qu'au vu des délais actuels mon dossier sera traité début septembre (2020; ça aurait pu être 2022, eh, j'ai du pot)
  6. Je scrute mon compte en  banque et mon compte ameli début septembre (Sœur Anne, Sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?). Quelques jours après la date annoncée, hop, ameli est plus que jamais mon ami, je re-relance. Joie ! On m'informe que l'argent me sera réglé "dans les prochains jours".

Ce qui est approximativement ce qu'on me dira à chaque fois qu'à intervalles de 10 jours je relancerai. Avec toujours le même flou artistique sur la définition exacte du "prochains jours"

Bref, j'ai eu mes IJ vendredi.

Depuis deux jours, c'est la fête, je fais / Monsieur Bout fait tout ce que nous attendions de pouvoir faire

  • rembourser les quelques milliers d'euros empruntés à une copine pour combler un découvert abyssal
  • payer les frais de scolarité d'E.
  • payer l'avance sur travaux pour la copro
  • régler la facture d'eau
  • prendre RDV chez une psy pour enfin faire tester F.

Et surtout : arrêter de regarder notre compte tous les matins avec le fol espoir que la prédiction de la Fée Cpam se soit enfin réalisée dans la nuit.

Je vous l'avoue, ça a quand même été mon réflexe samedi matin au réveil. Et puis d'un coup hop, j'ai réalisé que non, pas besoin, tout allait bien. Ce petit pic d'adrénaline et de suspens du matin va me manquer, en fait !


(voilà, c'était un billet rapidos de circonstance, le premier après un looong silence du au fait que les dernières semaines ont été invivables professionnellement; pas de grande littérature ni de profonde réflexion pour ce coup-là, mais je vous promets de faire mieux bientôt puisque le rythme va peu à peu se normaliser. Youpi.)