lundi 27 septembre 2021

J'ai testé pour vous : la box alimentaire Hellofresh

Article pas du tout sponsorisé, mais conjugué à celui sur Lookiero, et celui sur Little Cigogne, il signale de manière assez claire à quel point, cette dernière année, j'ai eu franchement d'autres chats à fouetter que faire du shopping. Du coup, mon sens de l'aventure m'a plusieurs fois incitée à sortir de mes sentiers battus pour affronter l'inconnu, et vous faire bénéficier de découvertes phénoménales et grandes leçons de vie.

(Tant pis si ce blog se mue en succursale de Téléshopping. 

Pour tout vous dire je voulais vous pondre un billet plus orienté "éducation" cette semaine mais - peut-être parce que ce weekend nous avons géré la fête d'anniversaire en retard de F. ? -  j'ai le cerveau en compote et uniquement envie de parler bouffe. Donc je parle et j'écris bouffe)

Donc j'ai testé Hellofresh, une box alimentaire où on choisit un certain nombre de recettes pour la semaine dans une liste (qui change chaque semaine), et hop, les ingrédients nécessaires à la préparation des plats choisis nous sont livrés directement chez nous. 

Hellofresh n'est pas la seule entreprise à proposer ce genre de choses, j'ai aussi louché sur Quitoque et à vrai dire je ne sais plus exactement ce qui m'a fait tester l'un plutôt que l'autre. En tous cas je me suis lancée à l'occasion d'une promo qui réduisait substantiellement le coût des 3 premières box.


Voici donc en exclusivité : mon retour d'expérience !





  • C'est bon

Déjà, premier point essentiel : les produits sont de qualité, les recettes sont vraiment bonnes, donc à chaque fois que j'ai cuisiné un plat de la box l'intégralité de la famille s'est réjouie, ce qui est déjà un point non négligeable. Le poisson notamment est de bonne qualité, et de fraicheur irréprochable.

Après, je n'ai bien évidemment testé que quelques recettes à chaque fois, et il est indéniable que c'est à la sublime clairvoyance de mes choix (ainsi qu'à ma dextérité pour les réaliser derrière) que je dois ces bons résultats, mais quand même.


  • Ca change

Ca peut ne pas être le cas de certaines familles, mais pour moi en tous cas, un critère essentiel dans le choix des plats est que ce soit vraiment différent de ce que je fais d'habitude. C'est pourquoi, les recettes de pâtes aux champignons, hein, même pimpées avec des tomates séchées, je les ai laissées aux autres, et je suis plutôt allée tester des choses sortant plus franchement de notre ordinaire à nous.

J'en ai notamment profité pour faire plus de poisson, et j'ai découvert de nouveaux trucs genre l'orge perlé. Miam.


  • Ca change durablement

Ca je ne m'y attendais pas franchement, et c'est la meilleure surprise de cette expérience : la nouveauté n'a pas été éphémère, le temps d'un repas, mais au contraire un certain nombre de découvertes faites avec ces box se sont durablement incrustées chez nous.

Un grand merci à Monsieur Bout qui, à l'issue de la première semaine de test, m'a dit "Je fais quoi des fiches recettes ?". A ma réponse impitoyable et blasée (du plus pur style Extrêmiste Flylady pour qui "ça-pourra-toujours-servir" sent le soufre) "Ben, jette les, je doute que ça me resserve", Monsieur Bout a objecté et décidé de les ranger dans mon carnet de recettes.

Quel visionnaire, ce Monsieur Bout ! 

Car il s'avère que je suis allée repiocher dans les fiches accumulées bien souvent. Parfois, mais rarement, pour faire l'intégralité de la recette, et très régulièrement pour en piquer un bout ou un autre. Du coup, ça a effectivement enrichi mes habitudes de cuisine. A titre d'exemples, se sont installés chez nous

    • les pickles d'oignon rouge marinés, qui accompagnent si bien des plats un peu latinos. Depuis j'ai toujours des oignons rouges et des citrons verts à la maison, là où ces deux ingrédients étaient généralement absents (sauf le citron vert en période de mojitos). Parce que c'est vachement bon, et ça vous pimpe un plat très efficacement.
    • les viandes cuisinées en mode latinos : très utile pour écouler de manière très appréciée de tout le monde les tonnes de steak hachés et de blancs de poulet fournis par mes virées TGTG. C'est maintenant intégré à mon répertoire et recueille systématiquement des réactions enthousiastes
    • un accompagnement apprécié desdites viandes : du maïs grillé à la poêle. N'aimant pas franchement le maïs en boîte sous la forme à laquelle j'étais habituée (dans une salade), je n'en achetais que très rarement, et uniquement pour faire plaisir aux enfants qui adorent. La combinaison découverte avec Hellofresh a augmenté mes achats de maïs d'un sacre pourcentage (si le maïs a grimpé en flèche en Bourse vous savez maintenant pourquoi)
    • une petite salade de concombre assaisonnée différemment de mes habitudes
    • une sauce au curcuma très simple que j'utilise maintenant très facilement pour améliorer un plat de pâtes / riz fait à la va-vite (cf Gwen-très-occupée)

... et probablement encore d'autres trucs, bien que moins systématiquement réutilisés que ceux que je viens de lister.


  • C'est sympa à faire avec les enfants.

Les recettes étant bien expliquées et les ingrédients livrés tous rassemblés par recette, c'est particulièrement bien adapté à une séance cuisine en tête à tête avec un enfant. Du coup la préparation de certains plats a favorisé de beaux moments avec F. ou E., selon les jours.

(mais je casse le mythe tout de suite, hein : certains soirs mon "quiiii veut cuisiner la box avec moaaah ?" a recueilli des réactions enthousiastes. D'autres fois.... il a fait un gros bide)


  • Ca prend du temps - mais ça peut en faire gagner côté triturage de cerveau

Oui, ça prend un peu plus de temps, selon ce qu'il y a à faire, le nombre de trucs à éplucher (et selon les recettes choisies. Parmi celles proposées il y en a siglées "rapido" soit du fait de leur simplicité soit du fait que certains ingrédients soient déjà plus préparés/ coupés par exemple, comme c'est le cas sur la recette en photos), d'autant qu'évidemment comme ce sont des recettes inhabituelles pour moi, je dois prévoir le temps de vérifier régulièrement l'étape à laquelle j'en suis, plutôt que de pouvoir compter sur la rapidité permise par des automatismes

Bien évidemment, si en plus on veut profiter du point précédent, à savoir en faire un moment privilégié avec un enfant, alors cet aspect là s'en trouve décuplé.

Du coup, clairement, j'ai parfois préféré ne pas prendre de box en anticipant une semaine où je n'allais pas souhaiter du tout sortir de ma zone de confort cuisinesque.

En revanche, parfois ça fait quand même gagner du temps : celui passé à se creuser la tête d'un air perplexe en mode "j'fais quoi ce soir". De toute manière, vous l'aurez remarqué à la lecture de ce blog, j'aime bien ça, moi, cuisiner sous contrainte. Trop de choix tue le choix (eh d'ailleurs, le billet de blog que je complotais initialement pour cette semaine traitait notamment du choix en éducation. Tout se tient).


  • C'est pas super adapté aux intolérances alimentaires

C'est un des principaux points qui blessent ici. Vous l'aurez suivi, ou non, ça fait plus de 15 mois que je suis interdite de produits laitiers d'origine animale puisque Bébou number 3 y est intolérant et que je l'allaite. Ca, ça allait encore globalement : dans la vingtaine de recettes à ma dispo pour choisir les 3 repas de la semaine (c'est la taille de box que j'avais choisie), je devais éliminer certaines possibilités alléchantes, ou ajouter un ingrédient seulement une fois que je m'étais servie (parmesan, crème fraîche,...)

En revanche, j'ai commandé la 2ème box juste avant que H. ne récupère également un diagnostic d'intolérance au gluten. Bon, du coup j'ai retardé le moment de l'éviction totale chez moi à la fin de la consommation de ladite box.

Et depuis, il m'est souvent arrivé d'hésiter à re-commander puis de décider de ne pas le faire quand je voyais que dans les recettes proposées, je n'en trouvais pas 3 qui fussent à la fois compatibles avec mes contraintes (exit l'orge perlé, à peine découvert; ouiiiin) et vraiment conformes à mes attentes. 

(en revanche, ils proposent pas mal de recettes végétariennes voire véganes, pour ceux dont c'est la contrainte.)


  • Ca prend de la place dans le frigo et c'est pas ZD 

Un gros colis arrive, bien réfrigéré, et les produits de chaque recette sont regroupés tous ensemble dans un sac en papier dédié. C'est bien pratique pour retrouver ses petits, en revanche, ça prend un max de place dans le frigo. Ou alors, il faut extraire de chaque sac en papier les ingrédients n'ayant pas absolument besoin d'aller au frigo (type oignon, féculent, etc) et dans ce cas, repartir ensuite à la chasse pour reconstituer le tout à l'aide de la fiche recette.

Et c'est pas ZD car outre le carton + les sacs en papiers pas mal de choses sont emballées en plus. En revanche les quantités sont globalement bien estimées, voire un peu généreuses mais ici ça s'est traduit soit par le fait que tout le monde en a repris sans se faire prier, soit par des restes que personne non plus ne s'est fait prier pour dévorer à la première occasion.


  • L'interface de choix est un peu relou mais le SAV est plutôt sympa

Bon j'avoue ne pas avoir téléchargé l'appli donc peut-être l'appli est elle mieux fichue. Mais le site internet mobile est un peu relou à naviguer. Et surtout, c'est laborieux quand on veut "mettre en pause son abonnement". Comme il s'agit d'un abonnement, en théorie on prend une box chaque semaine et 3 repas sont automatiquement choisis pour nous, charge à nous d'aller dans l'appli jusqu'à la date butoir pour soit 1. changer le choix de recettes ou 2. "mettre l'abonnement en pause pour cette semaine" (une action qu'on peut faire pour plusieurs semaines en même temps. 4, de mémoire).

Bref, avec tout ça j'ai fait ma boulette en n'ayant pas bien validé ma fameuse mise en pause, et du coup pendant nos vacances j'ai reçu subitement un mail me confirmant une date de livraison alors que nous étions à plus de 1000 km de chez nous pour les 8 jours qui suivaient. Argh :

J'ai contacté le SAV, ça a bugué, j'ai persévéré, ça a réussi, et la solution qui m'a finalement été proposée était assez intelligente / équilibrée : ma box a été redirigée vers un don alimentaire, et son montant recrédité sur mon compte (hors les frais de livraison).


Mais clairement, ce serait plus simple de pouvoir paramétrer la mise en pause plus facilement / sur des périodes plus longues (...et probablement moins juteux commercialement, j'en conviens)


  • C'est assez cher

Le prix total d'une box varie selon le nombre de repas qu'elle contient, bien entendu, mais disons que le coût moyen par convive est supérieur à ce que j'essaie de tenir au quotidien. Ca + le côté intolérances alimentaires fait que ce n'est pas devenu quelque chose de régulier chez nous, mais que je suis contente de passer les recettes en revue de temps en temps, et, de manière très épisodique, de me laisser tenter, notamment si je peux attraper une nouvelle promo.

C'est dans la même optique que je verrai pour tester une promo Quitoque, à l'occasion !


Voilà, c'était mon moment critique culinaire. 

La prochaine fois, je vous annoncerai que j'ai été retenue pour faire partie du jury Top Chef, qui sait ?


lundi 20 septembre 2021

Chouette jouet pour bébé, bambin, et plus - J'ai testé le Busyboard

Grande première aujourd’hui : mon premier article « suite à partenariat » !

Bon, faut dire, je ne courais pas grand risque : pour tout avouer, je lorgnais déjà sur ce dont je vais vous parler bien avant la naissance de notre H. ; mais je me disais « Oh, oui, ça peut être bien aussi pour des plus grands, mais bon, pas indispensable non plus, donc ce ne serait pas raisonnable. » (or je suis quelqu’un de très raisonnable. Si si. Tout au fond de moi-même)

Et puis un matin de ce printemps, un neurone à moi s’est rallumé et j’ai réalisé que ça y était, avec H. j’avais l’alibi paaaarfait pour tester enfin. Du coup, je suis rentrée en contact avec Lauren au sujet de ses magnifiques Busyboards, car je n’avais aucun doute sur le fait que je serais ravie d’écrire un article à leur gloire. Ce que je fais aujourd’hui, après  2 mois d’utilisation trèèèès appréciée.



What is a Busyboard ?

Bon déjà, le concept, pour la maman d’un F. passionné de trucs pratiques, avait tout pour me taper dans l’œil : une planche en bois sur lequel sont fixés différents objets fascinants pour un bébé / bambin / jeune enfant. Sur le principe, ça se rapproche de la fameuse planche à verrous qui a captivé F., et charmé E. . Avec 2 différences : 

  1. Les objets en question sont bien plus variés que des systèmes de fermetures et 
  2. C’est à nous de choisir ce qu’il y a dessus (dans un menu très large), et donc de concocter à notre enfant un mix au plus près de ses intérêts.

3ème différence (ben oui, j’en annonce 2, logique !) : fabrication française par une maman qui en a fait son activité pro.

Il s’agit donc d’un support permettant de proposer à son enfant le libre accès à des objets absolument passionnants pour lui, y compris le genre de machin qu’on lui retire des mains en permanence en temps normal : une prise électrique ou une calculette.

A noter : ce genre d’équipement 

  • est inspiré de la pédagogie Montessori dans le sens qu’il propose à l’enfant des objets du quotidien, lui permettant de les manipuler autant qu’il le souhaite (dans l’esprit des cadres d’habillage, par exemple), 
  • mais s’en écarte en proposant plusieurs objets disparates, aux fonctions différentes, en même temps. 
Les puristes Montessori pourront donc être scandalisés par un tel sacrilège. Cependant, une fois aspergé d’eau bénite, le résultat est vraiment chouette, il suffit de garder à l’esprit que l’objectif visé diffère puisque la maxime montessorienne de « une seule chose à la fois » vise à la concentration et la répétition, là où le principe d'un Busyboard est "simplement" que l'enfant soit occupé longuement et de manière intelligente, et donc avec un Busyboard l’enfant pourra éventuellement être distrait de ses efforts sur la fermeture éclair par l’attrait du boulon à visser juste à côté. 

Voilà, une personne avertie en vaut 2 ! (je viens de doubler le nombre de lecteurs du blog.)

 

Comment ça se passe ?

Eh bien, c’est bien marrant, parce que le principe est donc d’avoir le choix.

Sur le site monbusyboard.com, on choisit

  • le format : 
    • lambda (carré, 40X40, 10 éléments) 
    • ou de voyage (rectangle, 20X40, 6 éléments). 
    • J’en ai reçu un de chaque pour H. sachant qu’il existe aussi un format XL, plutôt pour la collectivité / les ass mat ; ça fait rêver… et ça m’a subitement remis en mémoire une grande plaque de ce style accrochée à un mur du jardin d’enfants franco-allemand où F. allait occasionnellement lors de nos derniers temps strasbourgeois. Cette sublime planche avait grandement contribué à séduire ledit F. 
  • la couleur du support (lui-même en bois): large choix, c’est assez jouissif aussi. On peut aussi prendre l’option de faire figurer le prénom de l’enfant
  • et enfin, l’ultime plaisir : on fait sa sélection parmi les 35 éléments proposés.

Une étape que Monsieur Bout et moi-même avons réalisée ensemble avec beaucoup de plaisir.

Notre couple a survécu à des débats houleux (fallait-il privilégier l’interrupteur à bouton ou à manette, hein ? sujet capital qui divise les foules), et nous sommes également bien complétés dans l’identification des meilleures options. 

Ainsi certains objets font du bruit (boîte à musique, sonnette de vélo), et j’allais spontanément les exclure, mais c’est Monsieur Bout qui a tenu à ce que le format voyage ait une boîte à musique (« Quand je conduis, je suis prêt à TOUT, tant que y a pas de hurlements » - spoiler : il n’a pas regretté), et s’est montré ouvert à l’inclusion de la sonnette de vélo sur le format normal. De toute manière, comme j’en profitais aussi pour offrir, sur mes propres deniers cette fois, un 3ème Busyboard à destination de mon filleul, héhé, j’ai eu le champ libre pour composer celui-ci (na).

Mon conseil serait d’ailleurs de prendre le temps de visionner certaines des vidéos de la page FB par exemple : c’est l’une d’elle qui m’a révélé l’intérêt d’associer gros boulon et petite trousse à fermeture éclair : on y voyait l’enfant dévisser l’écrou et aller ranger celui-ci dans la petite trousse, pile poil aux bonnes dimensions. Ça n’a pas raté : j’ai fait la démonstration, H. a trouvé ça très intéressant, et peut maintenant passer 10 minutes à faire naviguer l’écrou de sa vis à la petite trousse et retour (et moi le même temps à fondre en l’observant #mamangaga).


Ensuite, y a pu qu’à attendre son colis (oui, y a du délai, car Lauren a un carnet de commande conséquent ; vaut mieux anticiper pour les anniversaires !) puis à aller le chercher en salivant.

 


Verdict d’utilisation au bout de 2 mois


  • C’est très efficace en termes d'occupation intelligente de l'enfant.
En ce qui nous concerne, les nôtres sont arrivés juste après l’accident à la main de Monsieur Bout alors autant vous dire que j’ai eu largement le temps de les bénir, car main de Monsieur Bout HS = incapacité totale de Monsieur Bout de gérer H. = Monopole de la Gwen sur la gestion du H . = Gwen bien contente de pouvoir occuper durablement son fiston sur quelque chose pour vaquer à ses occupations.


  • Car une chose est sûre : l’effet sur l’enfant est immédiat, durable, et s’étend à un public considérablement plus large que celui visé. 
E. et F. manipulent volontiers les Busyboards pourtant conçus pour H., et le Busyboard de voyage, emporté avec nous pendant les vacances, a également conquis mes neveux. Même effet concernant celui de mon filleul ensuite : ses 2 frères et sœurs ainsi que F. et E. ont tous passé de longs moments dessus. Je m’attendais à ce que, passé l’attrait de la nouveauté, les grands se lassent vite, mais non ! (je vous préviens, ça peut occasionner des incidents diplomatiques).



  • C’est joli tout plein, et en fait, ça fait un truc occupant bien l’enfant mais facile à ranger. 
Franchement, je ne m’attendais pas à ce constat, mais ça fait partie des jouets qu’on peut laisser dans le salon sans que ça fasse désordre. Ce qui finit par prendre son importance quand on commence à en avoir marre des duplos éparpillés partout (ce qui est clairement le cas de Monsieur Bout, et le fait que les Busyboards aient droit de cité incontestable dans le salon en dit long sur leur aspect!). 
Les finitions sont soignées, Lauren s’efforce d’assortir les coloris des différents éléments, le résultat est franchement esthétique. 
D’une certaine manière, ça m’a rappelé ce que j’écrivais (de si drôle) il y a longtemps sur l’arc-en-ciel Grimm’s : c’est presque un objet déco ! Monsieur Bout a eu la clairvoyance de suggérer de prendre le format standard dans une couleur assortie à notre salon et franchement… Monsieur Bout est un génie.

Objets déco embellissant salon (nouvellement réaménagé, rappelons-le !)


Remarques annexes

  • Le truc intéressant est aussi qu’on peut vouloir faire un Busyboard proche des intérêts actuels de l’enfant (auquel cas on va peut-être devoir succomber et en rajouter un 2ème plus tard – non parce que l’enfant se sera lassé, mais pour lui proposer aussi des trucs plus complexes – ooh zut), ou mixer des choses qui lui plairont à différents moments
Dans tous les cas, j’ai observé que pour chacun de ses 2 Busyboards (présentés de manière différée pour des raisons stratégiques #jegardedescartesdansmamanchepourleslongstrajetsenvoiture #santémentaleduparentconducteur), H. a d’abord été captivé par certains éléments, puis en a découvert d’autres, avant de finalement commencer à explorer certains plus complexes. Ainsi, ce n’est qu'au bout d'un mois qu’il s'est mis à manipuler vraiment le boulon… et je suis bluffée de la rapidité de ses progrès ! Pareil, il commence à savoir utiliser la sonnette de vélo et se montre très étonné et content de lui à chaque fois qu’il réussit à l’actionner.


  • Ce qui est drôle, par ailleurs, c’est qu’on a beau avoir mis tous nos soins dans le choix des éléments, en anticipant l’intérêt que ceux-ci vont avoir pour notre enfant (que nous connaissons mieux que quiconque, zut !), eh bien, justement, zut : nos prévisions se sont révélées assez nulles. Par exemple
    • nous avions inclus une mini-ardoise magique en pensant qu’elle serait cool mais pour plus tard. Que nenni ! H. a très très vite accroché et l’adore. Lui filer son Busyboard de voyage sur sa chaise haute en lui collant le stylet de l’ardoise magique dans la main pendant que je bâcle fignole la préparation du repas est une excellente recette pour avoir du calme (et pour le coup c’est un élément dont l’attrait exercé sur les plus grands est tel que nous avons du restreindre son utilisation par ceux-ci ; parce que sinon, la pauvre ardoise magique serait déjà morte – ben oui, c’est pas fait pour être un champ de bataille en mode « Moahdabor ! Nancémoahkifé ! »)
    • Nous étions certains que la prise électrique ferait fureur, mais pour le moment, pas tellement. En revanche, mon filleul s’est jeté dessus.
    • Et j’ai regretté de ne pas avoir mis de calculette sur les nôtres quand j’ai vu avec quelle expression de profonde satisfaction H. tapotait sur celle de mon filleul.
    • Nous avons inclus un labyrinthe à billes magnétiques et le concept est effectivement encore trop compliqué pour H. … ce qui ne l’empêche pas de s’éclater avec, en fait : il a repéré avant nous que le stylet aimanté était attiré par les vis qui maintiennent l’élément en place, et s’éclate donc à positionner le stylet à la verticale sur ces vis.


Coté coups de cœur

J’ai béniiiiii l’inspiration de Monsieur Bout concernant la boîte à musique puisque, main HS de Monsieur aidant, c’est finalement MOI qui ai assumé la totalité des trajets de la première partie des vacances, alors j’ai eu l’occasion de l’apprécier, l’effet calmant de la boite à musique ! Sachant que H. ne réussit pas encore à bien la manipuler, mais que du coup, eh, on a fait coup double sur la route : il y avait toujours un grand trop content de l’actionner pour apaiser un petit Bout.

Plus globalement, j’ai trouvé l’idée du format « voyage » vraiment lumineuse. Le format normal est génial pour la maison, mais un peu encombrant pour la voiture, nous l’avons donc laissé chez nous pendant les vacances. Le format voyage nous a accompagnés sans nous encombrer pendant un mois complet de trajets nous emmenant dans 8 endroits différents, et il a largement justifié sa présence, que ce soit par les précieux moments de calme sur la route, ou par sa capacité à occuper H. sans avoir besoin de trimballer une salle de jeux complète dans nos différents points de chute.

Enfin, mon préféré : le handspinner, franchement, quelle idée de génie ! Non seulement H. adooooore, non seulement le seul bruit du handspinner qu’on fait démarrer suffit à le détourner de pas mal de méfaits choses et à le faire accourir, mais en plus, ça a le même effet sur les grands. Tout bénef.



Moralité : en écrivant ce billet je réalise que H. étant un numéro 3, nous nous sommes montrés, depuis avant même sa naissance, trèèèès réticents à tout nouvel achat : la maison déborde déjà de matos pour enfants, au secours ! Mais ces Busyboards ont incontestablement su montrer l’intérêt de faire une exception. 
Ce que cette nouvelle rentrée vient confirmer puisqu’ils commencent déjà à aider Monsieur Bout à relever un défi de l’année : faire IEF pour F., avec un H. de 17 mois, remonté à bloc, dans les pattes…



lundi 13 septembre 2021

Non-Rentrée (des) classes, saut de classe, classements...


 Allez, c'est la rentrée partout, y compris sur le blog !


Alors, en attendant que je vienne vous raconter des tas de choses passionnantes, un petit aperçu de la manière dont l'année s'amorce


  • F. continue en IEF avec son père (CE2)
Il a bien progressé à la maison tout au long de son année de CE1, a notamment formidablement récupéré côté mathématiques, qui sont de nouveau sa matière forte là où il avait perdu toute confiance en lui. Sur le plan social et émotionnel, il a beaucoup mûri. 

Une 2ème année à la maison nous a donc semblé intéressante afin de permettre de stabiliser tout cela. Ce qui nous laisse quelques mois pour réfléchir à la meilleure solution si nous décidons effectivement de le rescolariser pour son CM1.


  • E. a terminé son école Montessori 3-6 et les interrogations concernant la meilleure solution pour elle nous ont pas mal occupés cet hiver. 
Nous avons longuement réfléchi aux différentes options pour elle, avec trois grands aspects en tête 

  1. dimension non négligeable de nos moyens financiers : avec juste moi qui fais bouillir la marmite, continuer à payer du hors-contrat / Montessori n'est pas chose facile à envisager. 
  2. souhait très fort de lui permettre de continuer à progresser en allemand : elle a fait d'énormes progrès et atteint un niveau appréciable, et même si dans le même temps elle a aussi énormément développé ses compétences en anglais, nous priorisons l'allemand sur l'anglais. (or, par exemple, l'école Montessori dans laquelle F. a fait son CP est "juste" français-anglais).
  3. grosse hésitation entre, d'une part, le constat qu'il fallait impérativement stimuler E. bicoz en bonne petite zébrette elle prenait trèèèès clairement l'habitude de la facilité, ce qui se traduisait par une attitude d'évitement systématique de l'effort ; et le souci de ne pas non plus la faire sortir du lot, voire éviter de la mettre en difficulté non plus.

Les 2 premiers points nous ont amenés à nous pencher sur la section allemande du Lycée international qui est à 15 minutes de chez nous. Du public donc gratuit (ou presque; bonjour les frais annexes !), et de l'allemand à hauteur de 2 demi-journées par semaine consacrées à faire le programme habituel d'allemand d'un écolier allemand (le programme français est concentré sur les 3 autres jours). Le tout au sein d'une structure à l'excellente réputation concernant le rapport à l'enfant.

Le 3ème point nous a incités à envisager le saut de classe mais sans trop savoir si c'était la bonne solution. Monsieur Bout en particulier était plein d'inquiétudes et de doutes à ce sujet, alors j'ai tout bonnement proposé que nous prenions RDV avec les éducatrices d'E. histoire d'avoir leur avis sur la question. Inspiration divine, puisque l'avis a eu le mérite d'être clair, et même plutôt catégorique ; "il ne faut surtout pas qu'E. fasse de CP" répété en boucle sous diverses formes tout au long de l'entretien. 

Donc nous avons sollicité une entrée directe en CE1. Qui nous a été refusée opiniâtrement jusqu'à ce que je mentionne que c'était l'éducatrice d'E. qui l'estimait nécessaire. Le directeur connaissant ladite éducatrice, en une phrase nous sommes passés de "Non non et nooooon" à "Ah bah ok pas de problème alors". Je me suis sentie comme une nana prête à enfoncer une porte qu'on lui ouvre soudain toute grande. Un test de niveau en allemand plus tard et hop, on nous a confirmé que c'était ok, avec juste un point d'alerte sur ses capacités d'écriture. (4 mois plus tard, il n'y a plus d'inquiétudes à avoir. E. écrit fichtrement bien)

E. a donc fait sa rentrée en CE1 et elle comme nous en sommes ravis. (seul hic pour moi : la masse de devoirs qu'elle ramène; heureusement qu'elle est rapide. Et doublement heureusement que c'est Monsieur Bout qui gère cet aspect). Elle semble bien s'ajuster au fonctionnement différent d'un environnement Montessori, et l'intégration en classe se passe bien.


  • H. repart sur un temps de garde réparti entre son père, 2j par semaine avec une ass mat au top, et les mercredis avec moi (mercredi étant le "jour off" de Monsieur Bout).

Il se développe vitesse grand V et nous épate notamment par sa motricité fine. Il est rentré de vacances en ne sachant plus faire de nuits complètes ni s'endormir seul (après tant d'efforts pour l'accompagner sur ce chemiiiin). Heureusement, nous avons pu mettre à profit la fin du mois d'août pour l'aider à retrouver des habitudes plus saines pour tout le monde, et je vous avoue que je kiffe doublement les moments de coucher maintenant : pouvoir le poser tranquillement, lui faire des sourires et des câlins, et s'éclipser ensuite dans la joie et la bonne humeur, ça s'apprécie d'autant plus ! (une petite voix en moi me susurre que je ne serai pas pressée de le mettre dans un lit "de grand" ; après tout le mal qu'on a eu à le faire dormir, j'ai pas hâte de remettre ce calme en question. On verra... quand il aura 8-10 ans peut-être ?). Maintenant que cet aspect est réglé, le prochain chantier est : tests de réintroduction du lait animal. Ca promet.


Mais cette rentrée s'est aussi faite dans un cadre légèrement différent.

Nos vacances nous ont donné l'occasion, à Monsieur Bout et moi, d'un double constat :

  • cela va faire 4 ans que nous sommes dans notre maison actuelle ! C'est-à-dire qu'en fait c'est l'endroit où nous avons habité le plus longtemps depuis notre mariage. Bigre. Si nous étions restés sur le même rythme que ce que nous avons connu depuis le départ, nous aurions déjà déménagé. Ca ne nous manque pas, quoique....
  • Quoique justement, notre maison nous énervait un peu, et en particulier moi. Ayant passé une année sur les chapeaux de roue, le rangement n'a pas été ma priorité, et du bazar s'est accumulé un peu partout. Bref, je ne me sentais pas super bien dans ladite maison, qui ne s'était pas vraiment adaptée, ni à nos changements de rythme pro, ni à l'arrivée d'un nouveau petit résident. Nous avons évoqué la possibilité de pousser les murs d'entreprendre des travaux mais cela nous a semblé assez peu prudent. Nous avons donc passé une partie des km des trajets du retour à réfléchir à comment faire au mieux avec ce que nous avions.

Moralité, à défaut d'un réel déménagement, nous avons tout de même joué aux déménageurs et profité de nos derniers jours avant la reprise pour ranger et réaménager la maison de fond en combles. Nous l'avons secouée, bougé des meubles, bazardé certains, investi dans d'autres, évacué des sacs et des sacs de machins et de choses, et qu'est ce que ça fait du bien ! Ce désencombrement musclé a apporté une bouffée d'air phénoménale. 

Nos discussions de trajet nous ayant aussi permis de prendre du recul sur l'utilisation des différentes pièces dans une optique d'optimisation de l'espace, nous avons notamment 

  • admis que mon mode de travail actuel nécessite un endroit adapté, et procédé enfin à l'aménagement d'un coin bureau rien que pour moi
  • recentralisé toutes les affaires de H., et H., dans un seul et même endroit.

Cette aventure m'a permis d'apprécier la force de frappe phénoménale de Monsieur Bout sur ce plan; il a réalisé au bas mot les 2/3 du travail (aussi bien de réflexion que de rangement / déménagement), et c'est venu encore alléger ma charge mentale en me montrant que je ne suis plus la personne sur qui doit reposer la responsabilité du désencombrement.

Pour le moment, je suis encore surprise à chaque fois que je franchis la porte de notre maison, le salon étant une des pièces qui a le plus bénéficié de nos efforts; mon cerveau, pas encore habitué à la nouvelle disposition, marque à chaque fois un bref temps d'arrêt (où suis-je ?) avant de réajuster ses repères.


En ce qui me concerne, ma rentrée boulotesque s'est merveilleusement bien passée, et je compte bien être un peu plus présente sur le blog cette année. Pour les semaines à venir, je vous promets un article publicitaire (si si) sur un jouet trop cool, je vous parlerai bouffe, aussi, éducation, toujours, et puis, ... ben on verra bien !

Photo de la partie berlinoise de nos vacances et qui n'a pas grand chose à voir avec le schmilblick hormis montrer que nos enfants sont en de bonnes main. ou pas !


jeudi 15 juillet 2021

Jeu de mains...

La fin de l'année semblait un peu trop facile à négocier, entre boulot à fond pour la Gwen depuis sa certification de coaching (ben oui, j'avais décalé des trucs pour "quand ce sera plus calme une fois la formation terminée" arf arf), fins d'années scolaires des deux grands Bouts, menues maladies du plus petit Bout, préparatifs pour l'année prochaine, préparatifs de vacances, bref.
Du coup, ce weekend Monsieur Bout a décidé de vider un lave-vaisselle et de terminer cette activité, anodine en apparence, par un bain de sang. Avec la complicité d'un verre Ikea (ouais, ça dénonce un max ici).

Suture d'un tendon, d'un nerf et d'une artère. 
A la main droite, of course !

Voilà de quoi corser les prochaines semaines  
(capacité de Monsieur Bout à conduire : 0 ; à gérer un bébé de 15 mois : 0, dès qu'il s'agit de le porter ; à charger ou décharger une voiture pour un départ en vacances : 0; ce modèle de Papa au foyer est-il encore intéressant ? Je pose la question)

Comme le lui a dit le chirurgien : "Quelle idée de vider un lave-vaisselle. Laissez donc cette activité aux femmes".

Ou pas.



lundi 21 juin 2021

Sommeil des bébés - 2 : accompagner le bébé qui n'a pas appris à dormir

Premier truc à retenir, de mon premier billet sur le sommeil, c'est qu'un bébé qui ne dort pas a de fortes chances d'avoir de bonnes raisons pour cela. Des douleurs, par exemple, et chez moi on a testé plutôt les aspects gastriques. Mais ça peut avoir aussi d'autres origines (une copine a réalisé après des mois que sa fille avait en fait une hanche bloquée.)

Et quand je dis un bébé, je précise que ce n'est pas juste le petit bébé qui est concerné, car ces douleurs gastriques sont plus ou moins facilement identifiables. Ainsi, j'ai mentionné dans mon premier billet le RGO et l'intolérance aux protéines de lait de vache de notre petit H. 

  • Eh bien, figurez-vous qu'au bout d'un an nous avons réalisé qu'il est en fait aussi intolérant au gluten (youpi !) Une intolérance qui était au départ moins flagrante que celle aux PLV, mais qui nous a quand même valu, par exemple, des pleurs quasi non stop de 2 à 5h la veille du diagnostic officiel (après une purée contenant du boulgour. Evidemment je n'ai fait le lien qu'après.)
  • Entre 2 et 5h du matin j'ai eu le temps de bieeen penser à un couple d'amis à nous dont le numéro 3 s'est réveillé quasi toutes les nuits jusqu'à l'âge de 3 ans ; ils ont tenté mille choses, sont même allés voir une psychologue spécialisée en angoisse de séparation, avant de... réaliser que c'était le gluten le problème. Disparition du gluten, disparition des réveils. 


Bon, maintenant qu'on a dit ça, nous voici donc avec un bébé du type de H., qui a eu d'excellentes raisons pour ne pas réussir à dormir durant les premiers mois de sa vie, et qui donc a raté le processus naturel qui permet à de nombreux bébés d'apprendre peu à peu à dormir sereinement.


Que fait-on de ce bébé, une fois que le "ça va venir tout seul" semble compromis ?

Encore une fois, je sais qu'il est à la mode, dans les milieux bienveillants, de rester sur un "ça va venir tout seul" mais étalé sur un laps de temps beaucoup plus laaaaarge. Idéalement assorti d'un témoignage 

"à 3 ans il s'est mis à s'endormir seul / elle a fait ses nuits à 4 ans et depuis c'est une excellente dormeuse / il a 5 ans et maintenant il ne nous réveille plus qu'une nuit sur 2, on constate une vraie évolution c'est top".

OK. 

Ou pas. 

Parce que ça veut dire des années pendant lesquels les parents n'ont pas leur content de sommeil. 

Pas juste quelques mois inévitables. Des années. Et accessoirement, des années pendant lesquels le bébé concerné

  • n'a probablement pas son content de sommeil non plus
  • est géré par des parents n'ayant pas leur content de sommeil, ce qui a inévitablement des conséquences sur leur niveau d'entrain, de patience, etc.


En ce qui nous concerne, en tous cas, le constat que j'ai fait peu avant les 6 mois était sans appel :

  • H. était fatigué. Il était capable de montrer beaucoup d'entrain mais se montrait aussi très souvent grognon. Pas seulement pour cause de souffrances gastriques, mais surtout parce qu'il était fatigué. Les fois où, par exemple, il s'endormait brièvement, pour se réveiller 30 minutes plus tard, le manque de sommeil était souvent palpable : il restait fébrile, grognait, n'avait au fond qu'une envie, dormir, mais c'était une envie que nous étions impuissants à satisfaire
  • Monsieur Bout et moi étions épuisés. Et encore ! Nous avions des circonstances aidantes
    • Un Monsieur Bout au foyer
    • le COVID 19 c'est-à-dire une Gwen travaillant pour l'essentiel de son temps en télétravail, permettant de décaler les débuts de journée pour récupérer du sommeil entre 6 et 9h du matin.
    • Malgré tout, nos pensées tournaient autour du sommeil de H., et les couchers éveillaient chez nous impuissance et angoisse.
  • Et cerise sur le gâteau, la fratrie faisait aussi les frais de ces soucis de sommeil
    • A la fois parce que le manque de patience et d'entrain des parents avaient évidemment un impact sur la Faber & Mazlishitude de nos interactions, ou même plus prosaïquement sur notre capacité à préférer une grande ballade à une sieste. 
    • Mais aussi parce que du coup le sommeil de H. et tout ce qui pouvait le favoriser / gêner était devenu un sujet bien trop central et pesant beaucoup trop lourdement sur leurs épaules "chuuuuuut les enfants bon sang !". Quand une dispute éclatait entre les 2 c'était bien moins la dispute qui m'embêtait qu'une envie de meurtre liée aux couinements perçants qu'E. pousse en cas de conflit fraternel.


Il était temps de faire quelque chose, pour nous, pour H., pour notre famille.

J'ai donc sorti ma CB et acheté un camion citerne de sommeil en promo.

Ah non

Un bouquin dont j'avais déjà entendu parler, d'un auteur que j'avais déjà apprécié sur un autre sujet

Aletha Solter, Pleurs et Colères des bébés et des enfants.


Cette lecture m'a fait un bien immense sur plusieurs points, et notamment un absolument essentiel.

Il m'a permis de boucler la boucle sur mon positionnement de parent par rapport aux émotions difficiles de nos enfants, et à leur expression favorite : les pleurs.

Une boucle déjà évoquée en commentaire de ce billet-là sur les crises des enfants, ... mais j'avais urgemment besoin de clarifier cela, je ne vais pas dire "une bonne fois pour toutes", mais, bref, d'arriver à un nouvel âge réminiscent sur le sujet.

Je vous incite vivement à lire le bouquin, mais déjà : ce qui moi m'a frappée, c'est vraiment la nécessité de réhabiliter les pleurs comme quelque chose de normal, de sain

en restant loin 

  • du traditionnel : ça lui fera les poumons, il doit apprendre la frustration, voire "il veut te manipuler" et "si tu cèdes à ses pleurs, il saura qu'il peut t'avoir comme ça" : ou comment mettre du rapport de forces dans la relation à un être à peine éclos.
  • de l'actuel : les pleurs sont quelque chose de terrible, si un bébé pleure il grille ses neurones, et la compétence et le dévouement du parent se mesurent à sa capacité à prévenir ou stopper les pleurs de son enfant. D'où double peine en cas de pleurs persistants : 
    • non seulement on a un bébé qui nous hurle dans les oreilles, 
    • mais en plus ces pleurs sont la marque que nous sommes de mauvais parents. 
A noter l'expression très souvent utilisée "soulager les pleurs" : que de choses sont implicitement véhiculées par cette expression. Les pleurs seraient donc une douleur, à arrêter au plus vite ....

En lisant Aletha Solter, j'ai découvert une manière différente de voir les pleurs. Les pleurs comme quelque chose de positif : un vecteur de décharge émotionnelle essentiel. Essentiel au sens de bénéfique. 

Dans son bouquin elle fait la comparaison avec les autres fluides émis par le corps : ils ont tous une mission d'évacuation et les bloquer exposerait à un empoisonnement. Il semble que ce soit la même chose pour les pleurs; j'ai été frappée de lire que la composition chimique des larmes n'est ainsi pas la même si ce sont des larmes d'irritation physique (au secours, des oignons), ou des larmes de tristesse : on ne trouve des hormones de stress que dans les secondes, et donc sans ces larmes, les hormones de stress resteraient bien gentiment à l'intérieur. Ainsi, une hypothèse formulée pour expliquer la différence de longévité entre femmes et hommes et le fait que ces derniers, notamment, ont le cœur plus fragile, pourrait être que les femmes pleurent davantage, donc évacuent plus efficacement ce qui, sinon, peut continuer à empoisonner à l'intérieur.

Elle souligne à quel point on peut taper à côté de la plaque en voulant à tout prix apaiser les pleurs d'un bébé, et que ceux-ci ont besoin de sortir, mais qu'il y a une différence énorme entre laisser pleurer un bébé longuement, seul, et accompagner les pleurs d'un bébé.


Impressionnée par ce point de vue, j'ai donc changé mon approche 

Au lieu de calmer bébé en le berçant, en marchant avec lui dans les bras ou le porte-bébé, j'ai fait l'expérience de le prendre dans mes bras, de m'asseoir, et de le regarder dans les yeux en lui disant "pleure". Puis je l'ai tenu dans mes bras longuement, sans chercher à calmer ses pleurs, mais en lui caressant la tête de temps en temps, et en l'encourageant à sortir ce qu'il avait à sortir. Je me suis d'ailleurs vite retrouvée à formuler des phrases d'accueil des sentiments du plus pur style Faber et Mazlish... et j'ai été frappée de la cohérence entre les 2 approches : les émotions de chacun, tout-petit ou plus grand, ont avant tout besoin de pouvoir s'exprimer et rencontrer l'acceptation

Une fois qu'on a pu s'assurer qu'un besoin physique n'était pas à l'origine des pleurs d'un bébé, alors on peut admettre l'origine émotionnelle de ceux-ci et leur offrir la voie de sortie dont ils ont besoin. 

Comme annoncé par A. Solter, les pleurs ont duré longtemps.... longtemps.... puis H. s'est endormi dans mes bras, sans avoir été bercé, et tout détendu. Contrairement à ce qui était devenu quasiment systématique à ce moment, il n'a pas bronché quand je l'ai déposé, et a dormi bien plus longtemps que les fois précédentes.

Autre effet impressionnant : l'effet sur nous les parents. Je l'ai senti instantanément, et Monsieur Bout l'a formulé aussi. 

"C'est fou, maintenant que tu m'as dit qu'en fait il avait besoin de pleurer et que notre rôle n'était pas de le calmer, ses pleurs me stressent beaucoup moins". 

Ce qui, du coup, rend nettement plus disponible pour les accueillir.


2ème étape 

Les nuits étaient très hâchées, et souvent à partir de 2 ou 3h du matin H. réclamait toutes les heures ou heures et demies. Tétouillait et se rendormait. Il passait d'ailleurs souvent la 2ème partie de la nuit dans notre lit, du coup, et c'était de pire en pire, puisque ma proximité, l'odeur du lait, favorisaient les réveils. Sortir son berceau de notre chambre avait un peu réduit la casse en évitant que nos bruits ne le réveillent et réciproquement, mais...

Clairement, je sentais qu'il devenait de plus en plus dépendant de la tétée pour s'endormir et se rendormir, et en même temps, étant crevée, c'était bien pratique pout moi de pouvoir compter là-dessus... même si cela signifiait plusieurs réveils nocturnes et/ou un sommeil de piètre qualité.

C'est plus ou moins simultanément avec la lecture d'A. Solter que, soudain, en pleine nuit, j'ai réalisé que ça y était : le changement, c'était maintenant. Non, clairement, H. n'avait plus besoin de manger la nuit; il avait besoin de réassurance, mais pas de manger. Et moi je n'étais plus prête à l'allaiter la nuit.  Le bénéfice que je trouvais à le rassurer ainsi (rendormissement assez rapide) était soudain devenu moins grand que les inconvénients (interruptions fréquentes et dépendance) : j'étais donc prête à lui apporter cette réassurance autrement que par la tétée, même si au départ c'était moins confortable pour moi que de dégainer le sein. (déclic qui s'est vraiment fait d'un coup. La veille, je voyais les choses différemment. Et c'est OK comme ça.) 

Pour faciliter la transition pour lui comme pour moi, j'ai donc défini une fenêtre "sans tétée" : les réveils entre minuit et 6h du matin seraient accueillis autrement qu'avec le sein.

  • J'ai donc béééééniiiii le fait d'habiter dans une maison, sans voisins gênés par les pleurs, puisque du coup, cette nuit-là, à 2h du matin, j'ai accepté d'accueillir les pleurs de nuit de H. à la mode Aletha Solter : je me suis assise dans l'escalier de notre étage, et hop, session de pleurs pour lui (pour ceux qui se posent la question : ni F. ni E. n'ont rien capté; quant à Monsieur Bout, il a même fini par se rendormir, crevé). Longue session. Et 5h de sommeil d'affilée derrière.
  • Le lendemain, idem.
  • Le surlendemain... dodo non stop de minuit à 5h30 du matin.

Bon, je vous rassure, ça n'a pas été définitif, mais clairement, des embryons de nuits complètes ont pu commencer à apparaître, puis devenir de plus en plus fréquents, à partir de ce moment-là.

Concernant cette étape-là, je dirais que le point clé, c'est notre sentiment de maman. Si on doute, si on n'est pas vraiment prête à arrêter d'allaiter la nuit, il vaut mieux s'écouter. Car comment envoyer un message clair à son enfant si les choses ne sont en fait pas déjà claires pour nous ? Dans ce cas, autant nous laisser le temps nécessaire pour les clarifier. D'où l'inutilité totale du "décide que tu ne l'allaites plus la nuit" plein de bonnes intentions de notre entourage. 

La conviction que c'est une bonne décision à un instant T ne peut venir que de nous, de notre for interne, pas nous être imposée de l'extérieur. Elle peut être facilitée par une discussion ouverte avec quelqu'un dans l'écoute et le soutien, mais en définitive, c'est nous qui pouvons savoir. Une telle discussion ne saurait avoir pour intérêt que de permettre à ce que nous savons déjà au fond de nous d'émerger, pas de nous l'inculquer parce-que-c'est-mieux-comme-ça. Pour l'une, ce sentiment viendra à 5 ou 6 mois (c'était l'âge de H. à cette étape). Pour une autre, à un tout autre moment. L'important, c'est d'écouter ce qui se passe en nous, ce qui se passe avec notre bébé, pas ce que les voisins prétendent qu'ils devraient se passer, que ce soit dans un sens ("allaiter la nuit à un an, c'est totalement superflu") ou dans l'autre ("sevrer son enfant la nuit, c'est lui imposer un truc terrible").

3ème étape. (H. avait 8-9 mois)

J'ai aussi admis que le fait de ne pas s'endormir dans son lit en journée nuisait à la capacité de H. à s'y rendormir en cas de micro-réveil. 

 Nous l'avions conditionné à s'endormir d'une certaine manière notamment en journée (dans le porte-bébé, et notamment en faisant du step dans les escaliers), et effectivement, passé les premiers mois où un nourrisson ne prend pas de mauvaises habitudes en soi, là, H. avait passé le cap et était devenu dépendant des manières de s'endormir auxquelles nous l'avions accoutumé. A moi de l'accompagner pour en intégrer d'autres, plus propices à son repos et aux nôtres.




Le truc drôle, c'est que pour cette étape c'est une lecture sur un blog suggéré (pour un autre thème) par une lectrice de blog qui m'a permis de prendre du recul sur ce point-là. C'est en anglais, ça diffère très clairement, sur certains points, de ce qui est considéré comme indiscutable par certaines écoles, et ... ça m'a beaucoup aidée à me former, moi, ma propre opinion en confrontant ces différents postulats avec ce que j'observais de notre situation.

J'ai donc commencé par l'emmener dans la chambre où nous avions déplacé son berceau (chambre habituellement dédiée à l'accueil de nos mamies-au-pair, mais le COVID nous privant de cette ressource autant profiter de cet espace, qui est donc, en ce moment, à la fois l'endroit où dort H., et mon espace de travail à la maison), et entrepris de le familiariser avec son lit.

J'ai

  • parlé avec lui et expliqué ce que j'allais faire
  • repéré les moments où il était fatigué (frottage d'yeux. Moments angoissants jusqu'à présent puisque c'était le moment où nous repérions qu'il était fatigué tout en étant conscients qu'il avait peu de chances de trouver le sommeil dont il avait besoin)
  • câliné H, en l'emportant vers son berceau, en le lui montrant, en prenant le temps de tirer les rideaux avec lui dans les bras, et en lui expliquant qu'il allait s'y reposer en sécurité
  • posé H. dans son berceau, assis la Gwen à côté, tenu la main de H. en le regardant dans les yeux

Je suis restée présente avec lui pendant qu'il déchargeait... et j'ai vu se répéter, en plus court, le schéma des pleurs "à la Aletha Solter".

Dès le lendemain, nous repérions déjà une différence : endormissement (toujours en ma présence) plus rapide, et H. plus zen et plus vif le reste du temps.

48h après, j'ai eu la joie de voir H., au moment où j'allais le coucher pour sa sieste de l'après-midi, tendre les bras vers son berceau en mode "je sais ce que je vais y faire et j'en ai bien envie". Premier endormissement sans aucun pleur, en quelques minutes de ma présence.

(je précise que, passées les toutes premières fois, ma présence s'est faite plus "distraite" : j'avais mon téléphone ou un bouquin dans une main, l'autre restant dans la mimine de H.)

L'amélioration s'est poursuivie assez rapidement : la plupart du temps, H. couinait pendant à peine 1 minute, ma main dans la sienne, et paf, 5 minutes après, j'étais dehors. Et du coup, s'étant endormi dans son berceau, il réussissait à y enchaîner un 2ème cycle de sommeil, là où jusqu'à présent les siestes entamées et suivies d'une dépose ultra délicate dans le berceau ne duraient (siiii le transfert avait réussi) que les 45 minutes d'un cycle de sommeil.

Au bout de 15 jours environ, que dalle : pleurs qui duraient... et j'ai réalisé qu'en fait, ça y était, H. était arrivé à un stade où il avait suffisamment apprivoisé son berceau et l'endormissement pour que ma présence devienne subitement plus un perturbateur qu'une aide. 

J'ai donc de nouveau expliqué ce que j'allais faire, et la fois suivante, je l'ai déposé, caressé, et me suis esquivée. Et là aussi, pleurs courts, pleurs de transition et non de détresse, et dodo.

Il y a parfois eu des rechutes (notamment lié à un gros rhume), des retours en arrière, et surtout, la dernière étape, pour nous, ce qui a permis la stabilisation définitive, a été... cette découverte que non seulement H. était intolérant aux protéines de lait de vache, mais qu'il avait aussi des soucis avec le gluten. Depuis l'éviction totale du gluten de son alimentation et de la mienne, le sommeil est complètement stabilisé. 


Noel, noël !!

En conclusion, j'en retiens que vraiment, au niveau du sommeil comme sur de nombreux thèmes éducatifs, il est délicat de trouver sa voie entre les poncifs de l'éducation traditionnelle, et les recommandations actuelles. On peut avoir l'impression d'un choix fermé entre deux positions à l'opposé l'une de l'autre, comme c'est le cas en éducation où le choix nous est souvent présenté de manière binaire "laxisme ou éducation traditionnelle" / "éducation à la schlague ou priorité absolue aux besoins / demandes de l'enfant". Et pourtant, il existe une multitude de voies intermédiaires et différentes, qui dépendront de nous, de notre environnement et... de notre bébé, cet être unique, unique jusque dans ses besoins. 

Non, on n'a pas juste le choix entre "Je laisse pleurer mon nourrisson comme ça il apprend à dormir" et "il ne s'endort qu'avec, grâce et par moi jusque l'âge de 4 ans". 

Un nourrisson a avant tout besoin de notre proximité, un bébé plus âgé a toujours besoin de proximité mais celle-ci peut prendre des formes différentes d'autant que ledit bébé développe aussi un besoin de diversifier ses sources de sécurité, par exemple. 

Le but de ce témoignage n'est donc pas de dire "faites comme ci, pas comme ça". Mais, encore une fois, d'élargir la carte du monde, en augmentant le nombre de possibilités dans lesquelles vous pouvez envisager de taper, voire vous autoriser à construire la vôtre en prenant un morceau là, un morceau ici, sans vous sentir obligés de coller totalement à un schéma unique et présenté comme la seule voie possible. Parce que, oui, encore et toujours, flûte, il n'y pas de package obligatoire!


Petit teasing bonus : depuis la lecture d'Aletha Solter, je gère aussi différemment les pleurs / chouinements d'E. ! Mais, bon hein, comme d'hab, je vais vous promettre ça pour un autre billet qui paraîtra dans 107 ans. (ou un peu avant, parce que ça devrait quand même être plus court à écrire que ce pavé-ci)


mardi 18 mai 2021

Trouble de l'attention chez l'adulte HPI : stratégies de gestion

La question du haut potentiel intellectuel est longtemps restée assez absente de ce blog, hormis dans les commentaires de certains lecteurs plus perspicaces que la Gwen. L'observation de nos enfants a fait qu'elle (la question, pas la Gwen) a peu à peu gagné du terrain, notamment avec ce billet spécial "Astuces Parentalité positive pour zèbres", et tout récemment j'ai mentionné en passant que nous nous étions lancés dans une démarche de tests pour mieux comprendre F. 

Tests très intéressants qui ont permis de mettre des mots sur les contradictions que nous remarquions chez F., et qui se faisaient d'autant plus visibles avec le retour dudit F. en école à la maison et donc son observation quotidienne en situation d'apprentissage. TDA avec suspicion HP : 2 acronymes signifiant haut potentiel et trouble de l'attention. Le TDA de F. faisant baisser certains scores de telle manière qu'il est officiellement difficile de conclure formellement au HP. Ce qui au fond nous est assez égal car ça nous a surtout été utile pour mieux comprendre notre fiston, adapter nos attentes et surtout adapter nos manières de les communiquer / le soutien fourni à F. pour qu'il puisse y répondre.

Etant d'un naturel fourbe, j'ai non seulement profité de cette démarche pour acquérir des clés de compréhension et d'action avec notre aîné, mais je me suis aussi siouxement servi de cet aîné comme ballon d'essai : ce passage de tests pour lui m'a permis de me familiariser avec la démarche, de tâter un peu le terrain avec la psy... avant de me jeter également à l'eau, et de les passer à mon tour, ces fichus tests. Encouragée que j'étais par mon propre développement de coach professionnel (Hasard / pas de hasard, le HP est une particularité que j'ai tendance à retrouver chez mes clients... et qu'il devenait donc urgent d'éclaircir chez moi pour que mes propres interrogations sur le sujet ne viennent pas polluer mon écoute / la qualité de mon accompagnement).

Je suis donc allée passer ces tests pour valider l'aspect HP. Autant dire que je ne m'attendais pas à ce qui est finalement ressorti (même si une observation faite pendant les tests eux-mêmes m'avait posé brièvement question).

Un verdict assez proche de celui de mon fils : HP avec suspicion de TDA car score très hétérogène avec plus de 40 points d'écart entre les dimensions non impactées par l'attention et celles qui le sont.

Moment de sidération. La découverte du TDA a totalement occulté chez moi la confirmation du HP.

Puis j'ai interrogé la psy : "Mais euh, je dois faire quoi pour gérer du coup ?"

Sa réponse a été très éclairante et elle est à l'origine de ce billet :

"Madame, très visiblement, vu ce que vous avez été capable de faire déjà dans votre vie, vous savez déjà le gérer. Ce dont vous avez besoin maintenant, c'est de réfléchir à ce que vous avez mis en place pour gérer votre TDA, rendre cela conscient, le systématiser, l'étendre peut-être ou l'adapter à des pans de votre vie pour lesquels cela pourrait être pertinent, maintenant que vous disposez de cette clé de lecture."

Ah ben oui. 

Je me suis attelée à la tâche, et j'ai donc passé les dernières semaines à plusieurs dans ma tête (enfin, je suis toujours nombreuse dans ma tête, mais là, encore plus) : la Gwen a observé la Gwen TDA à l'œuvre.

Et, tant qu'à répertorier les stratégies de gestion que j'ai observées chez moi, je me suis dit que j'allais les partager avec vous, des fois qu'elles puissent aussi servir à d'autres qu'à moi : car prendre conscience de nos mécanismes de réussite / schématiser le chemin qui peut nous y mener, c'est déjà la moitié du chemin de fait !

Bien évidemment, ces stratégies me sont personnelles, elles pourront

  • tout à fait convenir à quelqu'un qui n'est pas HP / TDA
  • tout à fait ne pas convenir à quelqu'un qui l'est.

Mais si ce partage peut vous permettre de tester quelque chose de nouveau ou de réaliser l'intérêt de quelque chose que vous faites déjà, ou même de reconsidérer / adapter un truc qui ne marchait pas mais qui en fait pourrait marcher si vous changiez un paramètre, ce billet aura rempli son objectif.





Ben oui ! J'ai tout de suite réalisé à quel point Flylady, ce fameux sysètme de gestion de maison, c'est vraiment un truc de TDA ! Diminuer l'effort de mise en route par l'établissement de routines, utiliser un minuteur pour tronçonner la difficulté et faciliter la concentration sur un laps de temps court et déterminé, c'est tellement, tellement en ligne avec un fonctionnement de TDA ! J'ai subitement compris pourquoi Flylady a à ce point fonctionné chez moi

Ce qui m'a permis de faire la constatation suivante : savoir qu'on a dans ses bagages un TDA, et identifier une stratégie qui fonctionne pour le gérer, c'est réaliser que cette stratégie n'est pas une gentille option qu'on peut négliger à loisir. Il devient crucial d'investir l'énergie nécessaire pour emprunter ce chemin, puisqu'on sait dorénavant que sinon, on est sûr de dérailler.

Si je veux gérer ma maison au quotidien, je suis maintenant consciente que pour moi, Flylady ne va pas relever du nice-to-have dont je peux tout à fait me passer, mais du must-have. Réaliser cela m'a permis aussi de regarder les choses en face : en ce moment, ça tombe bien, je ne gère pas grand chose à la maison puisque Monsieur Bout est aux commandes du foyer. L'essentiel de mon énergie est focalisé sur la sphère professionnelle, ainsi que sur la finalisation de ma certification au coaching (ce qui explique d'ailleurs ma rareté sur le blog : ces temps-ci, le gros de mes capacités rédactionnelles est requis par la pondaison de mon mémoire de certification). 

Donc, la prise de conscience des raisons pour lesquelles la gestion de ma maison peut se révéler si coûteuse en énergie me permet de faire preuve de réalisme et de me dire que oui, je veux reprendre Flylady (histoire de quand même soutenir un peu plus mon cher mari / gérer plus efficacement ce qui est encore dans mon domaine de responsabilités), mais que je vais attendre cette fameuse certification et ensuite réallouer l'énergie redevenue disponible.

D'autant que, le hasard faisant bien les choses, d'ici là j'aurai reçu les 2 toooout nouveaux bouquins de Flylady dont la traduction est en train de sortir aux Editions de l'Instant Présent. Je trouve que ça tombe sacrément bien, surtout que l'un des 2 bouquins est consacré aux Babysteps, que c'est la première fois que ces Babysteps sont sous une autre forme qu'une série de pages web, et qu'un livre dédié au sujet, qu'on a sous la main à tout moment (sans avoir besoin d'allumer un écran source de distractions) me semble être une format trèèèès intéressant pour accompagner une (re)montée en puissance / (re)prise de bonnes habitudes. Miam miam miam.


  • 2ème truc cousin de Flylady : le pomodoro

J'en avais parlé il y a... 5 ans sur le blog (oui, j'avoue que maintenant je vois tous mes billets "organisation" et Flylady sous un nouveau jour) : la technique du pomodoro m'avait beaucoup aidée à mieux gérer des tâches professionnelles peu motivantes. Cette technique repose de nouveau sur l'usage d'un minuteur, et en effet, allouer à des tâches une durée précise permet de faciliter à la fois la mise en route, et la tenue de route derrière : faire la course avec son minuteur, ça peut apporter précisément le zeste de stimulation qui manque !


  • 3ème truc : Le Bullet Journal !!

Avoir des to-do list concrètes, par jour, avec la gratification de cocher mes petites cases, des pense-bêtes tous au même endroit, condensés avec son agenda, mais qu'eeeeest-ce que c'est bien fichu pour un TDA. Depuis 5 ans que j'utilise mon Bullet Journal avec des pauses, je comprends maintenant le pourquoi de la différence abyssale d'efficacité qu'il y a entre les périodes où je l'utilise vraiment, et les périodes où il part à vau-l'eau (et ma capacité à faire les choses, avec).

Alors, oui, de nouveau, utiliser mon Bullet Journal me demande un effort de discipline qu'il m'est parfois difficile de fournir. Mais je sais maintenant à quel point cet effort initial est fondamental, et quel effet levier il me permet d'obtenir : petit effort, gros résultat. Pas de petit effort, Berezina.

Autant vous dire que maintenant, quand une journée commence ou avance mal, je sais qu'un des moyens de la rerouter est de prendre mon Bullet Journal. Or avoir ainsi des réflexes pour gérer les sorties de route, c'est précisément un besoin absolu du TDA. Puisque par définition, le TDA est sûr d'être confronté à mille sorties de routes dans sa journée.

Je précise que j'ai réalisé que chez moi, l'aspect "papier" du Bullet Journal est un facteur essentiel de son efficacité. Pour au moins 3 raisons

    • le fait d'écrire me centre 
    • le plaisir physique de remplir mes petites cases quand j'ai fait un truc : oui, je ne me contente pas de les cocher, je les colorie entièrement. J'ai remarqué que ça augmentait la satisfaction que j'en tirais, alors je fais feu de tout bois !
    • gérer mes to-do list en utilisant des appli fort bien faites comme cela m'a été suggéré impliquerait l'usage d'un appareil électronique. Avec le risque énorme de dispersion qui y est lié : j'y vais pour regarder mes listes et oh un papillon euh un mail / message. En ce qui me concerne, il est très bon que ce qui vise à me recentrer sur ce que j'ai à faire soit bien distinct de mon téléphone et de son infini potentiel de décentrage.


  • 4ème truc : orienter ma vie professionnelle de manière à ce qu'elle contienne un maximum de trucs qui 1. me plaisent 2. ont du sens

Suite aux résultats des tests je me suis retrouvé dans un film en mode "je repasse toute ma vie en revue" (option "au moment où je passe sous un camion" heureusement désactivée). J'ai mieux compris certains moments hyper difficiles notamment en début de carrière, où j'avais eu le sentiment d'être nulle car je n'arrivais pas à faire ce que j'avais à faire, qui était pourtant siiiii simple. Au point de penser un temps que j'étais "pas faite pour bosser". 

Heureusement que j'ai eu la chance (en fait) de ne pas tomber enceinte à ce moment et d'avoir l'occasion de faire l'expérience d'un poste me plaisant beaucoup. J'ai pu alors constater la différence monstrueuse de performance de la Gwen entre boulot qui lui plaît et boulot qui ne lui plaît pas. 

Je comprends beaucoup mieux maintenant les raisons de cette différence. 

    • Toute personne humaine est, dans la durée, beaucoup plus efficace dans ce qui lui plaît que dans ce qui ne lui plait pas. C'est d'ailleurs un des points qui fait à mes yeux le sens de mon boulot de RH : l'intérêt de l'entreprise et l'intérêt de l'humain se retrouvent très alignés. 
    • Chez le HP, la nécessité d'avoir du sens est exacerbée ; 
    • chez le TDA, la difficulté attentionnelle est exacerbée en cas de manque de sens / intérêt. 

Tout cela combiné... ça fait de l'aspect "intérêt du job" la variable la plus puissante de mon efficacité au travail. De nouveau, veiller à l'intérêt n'est pas une option, mais une priorité absolue.


  • 5ème truc : bosser à mon compte, sur des missions extrêmement diversifiées

Je réalise du coup, 3 bonnes années après m'être mise à mon compte, une des raisons pour lesquelles ça me convient si bien : 

    • bosser pour moi a beaucoup plus de sens 
J'évoquais d'ailleurs dans mon billet sur ma vie de micro-entrepreneuse à quel point c'est différent de faire de gros horaires "pour la princesse" ou de pouvoir observer une corrélation directe entre la charge de travail que j'assume et la somme d'argent qui atterrit sur mon compte en banque. Bosser pour moi, pour ma famille, pour notre liberté de choix (que Monsieur Bout puisse rester à la maison, par exemple), c'est très motivant ! Donc, ça m'aide à rester concentrée. 

D'autant que n'ayant pas d'horaires de travail, si je suis ultra productive et que je mets moins de temps que prévu à accoucher du travail prévu, c'est à moi que ça bénéficie !


    • à mon compte, j'ai la liberté de prendre des missions ultra diversifiées, d'utiliser toute la palette de mes compétences, là où un poste RH en entreprise me cantonnerait forcément davantage.

J'ai des clients très variés, de toutes tailles et tous secteurs, qui font appel à moi pour des missions d'une grande variété, et pour lesquels je suis amenée à endosser des rôles très divers. Aucune mission n'est identique à la précédente (ce qui n'est pas en soi obligatoirement le cas, elles pourraient être très similaires et c'est le cas de beaucoup de mes homologues mais... hasard ? Coïncidence ? Pas chez moi) Du coup, je passe mon temps à élargir mes compétences, affiner, améliorer, utiliser chez un client ce que j'ai développé chez un autre en le modifiant, le perfectionnant, et souvent beaucoup, innover, créer quelque chose à partir de pas grand chose. Stimulation intellectuelle permanente, ennui zéro

Ce n'est d'ailleurs pas non plus un hasard si j'ai dégouliné d'enthousiasme tout le long de cette année passée à me former au coaching professionel. Me retrouver à présent, en tant que coach, avec une obligation déontologique de formation continue ? Miam ! Je suis déjà en train de loucher sur ce que je vais faire l'an prochain (même si j'ai évidemment promis à Monsieur Bout que promis-promis-promis je prends une formation beaucoup plus light que celle effectuée cette année, bien entendu!)


    • Et toutes ces missions ont énormément d'utilité

Là où dans un grand groupe on peut se retrouver à faire des trucs qui ne servent pas à grand chose, des "bullshit présentations" ou des process-à-la-c**, ce n'est pas mon cas : 

1. mes clients me paient, cher ; je leur facture mon temps ; ils ont donc un tout autre respect pour ce temps dont chaque minute leur est précieuse ... au sens propre du terme ^^. Ils attendent donc de moi un retour sur investissement, bref, que je fasse des trucs qui leur soient directement utiles 

2.. des clients peuvent avoir des sous à perdre mais je ne prends pas le genre de missions où on attend  des trucs convenus et du power point à gogo. 

J'ai donc toujours l'aiguillon de savoir que tout ce que je fais est véritablement utile, a du sens. Et ça, c'est précieux pour garder mon TDA sous contrôle.


  • 6ème stratégie : choisir mes missions d'indépendantes avec soin

En tant qu'indépendante, les missions sur lesquelles je peux me positionner sont très variées, disais-je. Et leur niveau d'intérêt aussi. Régulièrement, il m'arrive d'en décliner parce qu'elles ne me semblent pas assez intéressantes (notamment si elles contiennent une partie administrative un peu conséquente). Jusque là, régulièrement aussi, je me demandais si je ne faisais pas un peu ma princesse. Si la personne qui me proposait la mission insistait un peu, je pouvais me retrouver tentée d'accepter.

Maintenant, je n'ai plus de scrupules. J'ai enfin pleinement conscience de mon fonctionnement, du pourquoi du comment des missions pas intéressantes pourraient se transformer en sables mouvants engloutissant toute mon énergie, et je suis donc bien déterminée à les refuser avec la meilleure conscience du monde : je ne fais pas ma princesse, je préserve ma capacité à faire bien, voire très bien, les choses.

Et ce n'est pas un hasard si, plus je refuse de missions pas en ligne avec mon fonctionnement, plus des missions en ligne avec ledit fonctionnement se présentent à moi, et plus la manière dont je les gère renforce ensuite cette dynamique ô combien positive.


  • Astuce n°7 : gérer les coups de mou / tâches rébarbatives par le biais de la double tâche.

Choisir des trucs sympas, c'est top, mais ça ne suffit pas : tout truc sympa comporte sa part de rébarbatif, et je n'arrive pas à m'y mettre, ou n'arrive pas à rester concentrée. J'avance pas, je m'enlise, je souffre, c'est l'horreur.

La première fois que cela m'est arrivé, post-débriefing avec la psy, c'était un vendredi après-midi, j'avais un document à envoyer absolument à un client avant 18h, et... ça voulait pas. Ca voulait vraiment pas.

Et il s'est passé un ensemble de choses intéressantes

I. j'ai identifié le truc assez vite, au lieu de perdre un temps et une énergie mentale fous à combattre frontalement le phénomène d'évitement qui était en train de se produire. Au lieu de me dire que "c'était pas compliqué, j'avais qu' à m'y mettre bon sang, et j'allais le faire dans 5 minutes d'ailleurs", j'ai admis que c'était compliqué, et mal parti

II. au lieu de le combattre frontalement, donc, j'ai cherché à comment le siouxer. Et je me suis rappelé un vieux souvenir datant des mon Master RH. A l'époque, un des cours était tellement inintéressant que je le suivais en ... jouant au Tetris. 20% de mon cerveau restait ainsi disponible pour écouter le cours, qui n'en méritait pas davantage.

C'est ce qu'on appelle la double tâche, et qui se retrouve dans la version je repasse en regardant une série télé, je fais la vaisselle en écoutant un pod cast, je fais le ménage au téléphone, etc : distraire une partie du cerveau d'une tâche rébarbative en lui adjoignant en simultané la gratification d'une tâche plaisante mais ne nécessitant pas toute la bande passante. Certes, dans l'absolu, on peut être moins efficace sur la tâche relou que si on lui consacrait la totalité de sa bande passante et c'est souvent ce qui nous dissuade d'y avoir recours : "Nan faut que je me concentre dessus comme ça ça passera vite".

Ha ha ha : argument aussi théorique que fallacieux, puisque justement, on se trouve dans une situation où dans les faits on n'arrive pas à lui consacrer de la bande passante, à cette %£$§ tâche. Le principe est donc que efficacité de double tâche 

  • < efficacité théorique sans double tache 
  • mais > (et de loin) efficacité réelle sans double tâche.

Alors, vaut-il mieux beaucoup d'efficacité théorique, ou un peu d'efficacité réelle ? Je crois que la question, elle est vite répondue.

III. En ce qui me concerne, j'ai donc ouvert un onglet Youtube, trouvé une playlist années 80 un peu gnangnan, et de fil en aiguille j'ai pondu mon document avec Leonard Cohen en fond.

Autant vous dire que quand quelques jours plus tard je me suis retrouvée dans un cas de figure similaire, je n'ai pas perdu beaucoup de temps avant de rouvrir un onglet Youtube. En commençant par cette chanson (tapez-paaaas !) puis en réalisant en 10s que, non, fallait pas pousser, pas moyen de bosser le moins du monde avec ça en fond. J'ai remplacé par Pierre Bachelet. Je précise que selon les moments (et notamment, la langue dans laquelle je travaille), la langue de ce que j'écoute aura une influence : parfois il vaut mieux éviter l'anglais /le français, ou l'inverse.

Autant vous dire également que depuis que j'ai le diag, 

  • mon efficacité travaillesque a connu une hausse notable.
  • mon niveau de stress ce faisant, une baisse considérable

mon TDA n'est plus une bête sournoise tapie quelque part, qui ne dit pas son nom, et dont l'existence masquée est susceptible à tout moment de venir me pourrir la vie. Il est identifié, et je suis outillée pour l'affronter, ou peux m'outiller pour le faire


  • Astuce numéro 8 : bouffer du chocolat

elle est bien comme astuce, hein ?

Mais oui : j'ai réalisé qu'en fait, m'appâter et me motiver avec du chocolat, eh bien, ça faut aussi partie de mes stratégies. C'est plus ou moins bénéfique et recommandable selon les moments, mais l'avoir en tête me permet d'en optimiser l'utilisation :

    • prendre un carreau mais uniquement au moment de m'y mettre, pas 5 minutes avant. Commencer par passer aux toilettes, donc. 
    • Me fixer un petit objectif - au besoin en mode minuteur - et y lier mon prochain carreau, 
    • ou en tout cas... me goinfrer en parfaite bonne conscience, ce qui n'a pas de prix !

Constat intéressant : depuis le diag, mes fringales de chocolat / ma consommation ont en fait considérablement décru. Je suspecte un lien avec la quasi disparition des moments de désespoir-parce-que-c'est-terrible-j'arrive-pas-à-m'y-mettre.

A coup de 2€ la tablette de bon chocolat, au bout de combien de temps les frais de bilan psychologique HP seront-ils ainsi amortis? (si vous voulez complexifier le problème vous pouvez mettre une virgule au prix de la tablette. Ne me remerciez pas)


  • Astuce numéro 9 : dormir suffisamment

Haha, elle est bien bonne celle-là. 

N'empêche que j'ai réalisé que quelques efforts supplémentaires dans ce sens pouvaient se justifier particulièrement, parce que clairement, une Gwen fatiguée, c'est un boulevard ouvert à son TDA pour y faire n'importe quoi.

Concrètement, ça veut dire que depuis le diagnostic

    • je culpabilise moins de grappiller le sommeil que je peux le matin, quand je peux. Au lieu de me dire que je devrais me lever plus tôt pour faire plus de choses / commencer plus tôt. J'ai même osé décaler un RDV impliquant 2h de TGV, en préférant rentrer après le dîner que partir à l'aube.
    • j'ai fait plus d'efforts pour me coucher à une heure décente le soir. C'est pas gagné, hein, mais c'est toujours un pas dans le bon sens, alors on m'applaudit !!


  • Astuce numéro 10 : prendre des notes en entretien

Ca, c'est un truc que je fais depuis toujours, depuis ma formation de recruteuse : en entretien de recrutement, je note quasiment tout, charge à moi d'analyser cette masse d'informations après coup pour en tirer les conclusions dont j'ai besoin.

C'est un mode de fonctionnement que j'ai repris et gardé dans mes activités de conseil: en entretien clientèle, par exemple, ou dans des entretiens de diagnostic avec différents salariés d'une entreprise, je vais prendre beaucoup de notes.

En coaching... j'ai hésité, car ce n'est pas la pratique. Si ce n'est qu'avec le diagnostic TDA j'ai réalisé que cette prise de notes était loin d'être une option pour moi : c'est vraiment une béquille trèèèès importante pour m'aider à me concentrer sur ce qui se passe. Me concentrer dans l'instant, et l'exploiter en différé : car si je n'ai pas noté, je ne me souviens plus de grand chose, moi, derrière. Donc maintenant je scribe en parfaite bonne conscience, là où au départ je m'étais fait de sacrés nœuds au cerveau quant à l'impact supposé d'une prise de notes excessive sur ma capacité d'écoute. 

Ben en fait, ma capacité d'écoute, sans prise de notes, elle peut vite disparaître, donc...

Donc au lieu de lutter contre mon besoin de prendre des notes, je 1. l'admets, 2. l'exploite. C'est fou, par exemple, ce que ça peut faire avancer quelqu'un, quand on est en mesure de lui refléter mot pour mot ce qu'il a dit 1, 10 minutes, ou 2 séances plus tôt.


  • Astuce numéro 11 : du découpage de saucisson

pour gérer les trucs que j'ai à faire, j'ai besoin d'une récompense immédiate ou rapide. Donc, je soigne mes to-do list / mes objectifs. Je découpe ce que j'ai à faire en petites tranches. Chacune d'entre elles me procurera la satisfaction du devoir accompli. 

Si je n'arrive pas à faire quelque chose... eh bien, c'est comme le fameux morceau de steak qu'on n'arrive pas à mâcher car trop gros :je le redécoupe en plus petit.


  • Astuce numéro 12 : faire ce dont j'ai envie

Là aussi, la diversité de mes missions, côté boulot, est une chance : si j'ai du mal à me mettre au boulot sur une tâche précise, il peut être indiqué de me mettre au boulot sur autre chose... et hop, une fois que j'ai pris de l'élan, j'aborde ce que je n'arrivais pas à entamer d'entrée de jeu : j'avance en crabe.

Plus généralement, je constate que souvent, répondre à une sollicitation quand elle se présente, à une envie quand elle est là, est une stratégie bien plus rentable que de décider que "ce n'est pas la priorité", car je risque sinon de devoir mobiliser bien davantage d'énergie pour me remotiver à faire cette même chose un peu plus tard.

Typiquement, cela fait des semaines que je dois écrire la deuxième partie de mon billet sur le sommeil des bébés. Je sais que certaines l'attendent avec impatience depuis trop longtemps, et je m'en excuse bien platement, mais elle est compliquée à écrire, cette partie, c'est laaaaboooorieux, franchement, pfff, dans un contexte d'écriture de mémoire par ailleurs, j'en ai pas super envie. Alors, parfois, hop, j'avance par petits morceaux. 

En revanche, j'avais surtout bien envie d'écrire ce billet sur les stratégies TDA/HP, parce que son sujet est au cœur de mes préoccupations actuelles, et qu'écrire ce billet contribue à faire avancer mes réflexions. Alors plutôt que de me fouetter pour "pondre d'abord le billet sommeil depuis le temps que je le promets", j'ai utilisé mon énergie toute disponible pour écrire le magnifique billet que vous avez sous les yeux.


En conclusion, autant j'ai longuement tergiversé avant d'aller faire ces tests, autant je suis très soulagée d'avoir fini par me jeter à l'eau. Bon, je n'y ai pas trouvé ce que j'allais y chercher, puisque comme chez Ikea je venais prendre une identification HP simple et je suis repartie avec tout autre chose que ce que j'avais prévu.

Mais ce que ce billet illustre, ce sont les différents fruits de cette prise de conscience:

  1. arrêter de foncer dans le mur en prétendant qu'il ne devrait pas être là. A la place, j'accepte la présence du mur et je compose avec : je passe dessus, dessous, je le contourne, je le recouvre / l'amortis. 
  2. Je comprends que toutes ces stratégies ne sont pas "une option" ; j'occis le "on ne devrait pas en avoir besoin"
  3. une libération. Libération de la charge mentale et de la culpabilité : plus de jugement moral à porter sur soi. Accepter un machin du type TDA, ce n'est pas équivalent à de la complaisance :"je suis comme ça, j'y peux rien, je ne fais plus rien", se défausser "c'est pas ma faute à moaaaah", c'est avoir l'esprit serein pour aménager ses exigences et orienter ses efforts sur les aménagements nécessaires plutôt que sur une injonction à la "tu devrais réussir à"
  4. une meilleure compréhension de mon fils, maintenant que j'arrive à repérer chez lui des choses auxquelles j'étais aveugle chez moi
  5. une meilleure appréhension de mon côté HP : c'était d'autant plus difficile à admettre chez moi que parfois je me sentais trop bête de ne pas réussir sur certaines tâches; je comprends à présent la difficulté qu'elles représentent pour moi. 
  6. un apaisement.
  7. une relecture de ma vie...
(et accessoirement, Monsieur Bout comprend mieux nos niveaux si diamétralement opposés de rangement...)