samedi 11 juin 2022

Conférence en ligne le 15 juin !

 Au départ je voulais publier un truc drôle sur le "Bingo des parents de bébé allergique", dans la lignée de mon bingo de l'enfant en crise, mais ... semaine de fous, toussa. 

Du coup, je publie autre chose : une annonce de conférence en ligne

Pour arrêter de frustrer la partie de mon lectorat qui n'habite pas la région parisienne !!!!


Evidemment, dans mon contexte professionnel actuel, je n'avais aucune chance de réussir à dégager le temps nécessaire pour organiser ça toute seule, donc, je n'y pensais même pas. 

Mais la Providence veillait.... 

Par le biais de Claire ("LA" Claire du livre), une proposition m'est tombée toute cuite dans le bec :  venir contribuer à un sommet en ligne. 

J'ai réfléchi, j'ai posé des questions... Les autres contributions me semblant très intéressantes aussi, et en ligne avec mes convictions profondes sur le sujet, j'ai forcé mon agenda à dire que j'arriverais à mobiliser le temps nécessaire, et je m'y suis associée avec enthousiasme.


C'est pourquoi j'ai la joie de vous inviter à aller regarder sur le lien suivant pour le programme détaillé d'un chouette sommet et l'inscription (gratuite)

https://parent-mission.systeme.io/sommetconnexion-inscription

le sommet en lui-même dure du 14 au 16 juin et votre humble servante vous blablatera le mercredi 15 juin à 20h.

Dites, vous venez ? 

Profitez en pour 1. regarder si d'autres parties du programme vous parlent et 2.  partager largement !!





vendredi 20 mai 2022

Conférence à Paris le 31 mai !!

(ciel, 2 billets dans la même semaine - héhé, c'est pour l'occasion !)

Envie d'une soirée stimulante, à partager avec votre conjoint ou votre meilleur(e) pote ?

Les Editions l'Instant Présent, en partenariat avec la Labschool, organisent une conférence de votre humble servante


Le pitch : 

La parentalité positive, mythe ou réalité ?
Comment accompagner les enfants de manière respectueuse d'eux-mêmes et de leurs parents ? Etre parent, est-ce avoir le choix entre traumatiser son enfant ou se cramer soi-même ?!

Animatrice d'ateliers pour les parents et cadre en ressources humaines, Gwendoline Vessot a réalisé à quel point la parentalité positive pouvait susciter d’interrogations, voire de culpabilité. Sa priorité : encourager mais aussi décomplexer les parents.

20h30-22h le mardi 31 mai. La conférence sera suivie d'un temps d'échanges.
Evidemment je vous promets que ce sera ch***, sentencieux, et aussi efficace pour s'endormir qu'une bonne camomille.
Mais quand même, au passage, il y aura du concret, de l'information, de la réflexion et de la prise de recul. (mais surtout pas de blagues, vous savez que ce n'est pas mon genre)


Entrée libre sur réservation (places limitées), billetterie ici
Labschool, 46 rue de Montreuil, Paris 11e

Ca vous dit ? Je serais ravie de vous y retrouver ! Allez hop, venez, et partagez avec votre cousine et votre voisin susceptibles d'être intéressés ^^


lundi 16 mai 2022

"oublier les conseils invitant à éviter d'isoler l'enfant en cas de colère" - Petit Bout de "200 moments de parentalité positive (ou pas)"

La semaine passée, ce sont les ateliers de communication parents-enfants Faber et Mazlish dont j'ai réussi (en forçant mon agenda surchargé) à redémarrer un cycle au printemps, qui m'ont fourni l'objet du billet d'aujourd'hui, en m'amenant à revenir sur un extrait de mon propre bouquin : "200 moments de parentalité positive (ou pas)"

Citation : 

"Gérer sa colère de parent, c'est toute une histoire ! [...] Dans ce cadre, j'ai réalisé que je dois parfois "oublier" les conseils invitant à éviter d'isoler l'enfant en cas de colère."

issue de cet extrait 


En cause : la séance précédente avait été notamment consacrée à la colère du parent et à l'approche extraordinaire de Faber et Mazlish sur le sujet. Une approche dont la singularité et la justesse m'ont touchée au cœur, en ce qu'elle vise, non à supprimer l'expression de la colère, mais à en permettre l'expression sans dommage.

Une participante partageait son sentiment de culpabilité : quelques jours auparavant, face à la colère bruyante et prolongée de sa fille de 5 ans et des brouettes en pleine douche, elle s'était retrouvée, à un moment, à un degré de saturation tel qu'elle n'avait pu trouver d'autre solution que d'éteindre le robinet, dire à sa fille qu'elle ne pouvait plus, et quitter les lieux.

M'est revenu alors l'exemple en objet en tête, et, prise d'une inspiration subite, s'y est rajoutée une comparaison qui a beaucoup parlé au groupe, et vous parlera peut-être : oui, idéalement, un jeune enfant a besoin de notre présence pour se calmer de sa colère, et une séparation à ce moment-là peut être mal vécue. De la même manière qu'un bébé a besoin de nous pour accompagner ses pleurs, et qu'on déconseille fortement de laisser pleurer longuement un nourrisson dans son lit

Pourtant, de plus en plus, concernant ces derniers, des conseils plus nuancés se multiplient

  • on admet et on prévient les jeunes parents que des pleurs de bébés prolongés peuvent vraiment les amener au bout de leurs forces. 
  • Pour éviter d'en arriver à des bébés secoués, on invite les parents, si ils se sentent à bout, à déposer le bébé en lieu sûr dans son lit, si possible avec une phrase d'accompagnement, et à quitter la pièce au plus vite pour aller se mettre eux-mêmes en situation de recouvrer leurs moyens. 
  • Tant pis si le bébé pleure longuement seul à ce moment-là.


Eh bien, au fond, n'est-ce pas la même chose avec des colères d'enfants un peu plus grands ? 

  • Elles aussi peuvent amener les parents au bout de leurs forces, et les mettre en situation de causer du dommage à leurs enfants par leurs paroles ou par leurs actes. 
  • A ce moment-là, là aussi, il est bon que le parent puisse s'autoriser à s'extraire de la situation avant qu'elle ne lui échappe totalement, et aller d'abord "redescendre" lui, pour ensuite seulement être en mesure de revenir accompagner son enfant. 
  • Là aussi, une phrase d'accompagnement peut être utile, du style 

"Je t'aime, là c'est trop dur pour moi, je vais m'occuper de moi et je reviens".


Dans les deux cas, des injonctions au départ bien intentionnées mais vite radicalisées "ne laissez jamais pleurer votre bébé/enfant seul, ça crame son cerveau / le traumatise" empêchent souvent les parents de parer au plus urgent. 

  • Il ne s'agit pas de rester sur les vieilles méthodes et d'affirmer que, par défaut, la solution à un bébé qui pleure beaucoup ou un jeune enfant en pleine colère est de coller le premier dans son lit, le 2ème dans sa chambre. 

Cette logique du noir / blanc nuit à tout le monde.

  • Il s'agit de dire que, parfois, en cas de saturation du parent, l'utilisation ponctuelle de ce recours sera la solution la plus sûre pour tout le monde


Utilisée ponctuellement, non comme une méthode éducative (dirigée vers l'enfant), mais comme une solution de préservation (protégeant l'intégrité du parent et de l'enfant), elle ne laissera pas de traces, autres que celle d'un enseignement finalement ô combien précieux pour notre enfant : l'autorisation à se mettre à l'abri d'une situation dangereuse.

Un peu comme sur les autoroutes : par défaut on on ne roule pas sur la Bande d'Arrêt d'Urgence / elle ne va pas être notre manière standard de court-circuiter un bouchon, mais bon sang, on s'y positionne dare-dare en cas de pépin !


(et si vous avez besoin d'y avoir recours souvent, me direz-vous ? 

Que ce n'est plus ponctuel du tout ? 

Eh bien, il y a des chances que cela soit tout simplement une alerte : si on constate qu'on arrive très vite à ses limites, c'est bien possiblement le signe qu'un ou plusieurs comptes en banque émotionnels sont bloqués dans le rouge et... Spoiler : ce n'est pas en supprimant l'alerte que le problème se règlera). 

Donc 1. on sollicite la Bande d'Arrêt d'Urgence aussi souvent que nécessaire en attendant (pas trop longtemps) de 2. passer au garage reprendre les choses en profondeur.)

lundi 25 avril 2022

Le biscuit cassé et "je suis un être à la rechercheuh..." - Petit Bout d'Aletha SOLTER, Pleurs et Colères des enfants et des bébés

Chose promise, chose due : en complément du petit Bout de la dernière fois, voici sa suite, sur le fameux biscuit cassé.

"Quand un enfant éclate de colère pour une raison anodine, il est possible qu'il se libère d'une accumulation de stress"

paraphrasé de cet extrait de Pleurs et colères des enfants et des bébés, d'Aletha Solter.


Accrochez-vous.



Vous voyez le truc ? Oui ? Non ?

En fait, il y a même 2 trucs. Ou plutôt 2 niveaux.


1er niveau : Que fait-on généralement, quand un enfant hurle en pour ce qui nous semble être un rien?

  • A. on lui montre que ce n'est rien / on lui explique / on s'éneeeeerve
  • ou B. on admet que ça peut être grave pour lui, et très souvent, cela nous amène à chercher absolument à résoudre le problème par divers moyens. 

L'indicateur qu'on aura pour savoir si on a bien résolu le problème est que l'enfant arrêtera de pleeeeeureeeeer, et parfois... c'est curieux, ça ne vient pas. 


Là, tout change : si on part du principe que le vrai problème n'est pas le biscuit, on ne va pas s'embêter à le résoudre, hein ?! 

Ce qui est fou, c'est qu'en fait, j'en avais fait le constat il y a déjà très longtemps, dans ce billet : je disais déjà 

"je n'ai pas de temps à perdre à un endroit où le problème n'est pas". 

Ben c'est exactement ça :

  • parfois, la raison officielle de la colère de notre enfant n'est pas la vraie raison, et c'est ce qui explique en partie la manière frustrante dont toutes nos interventions échouent misérablement.
  • Oui, parfois, la raison de la colère de notre enfant, c'est : qu'il a besoin de faire une colère, dans le sens qu'il a besoin de décharger.

Et ce n'est pas tout 


2ème niveau :  A. Solter fait le lien avec ces moments où notre enfant demande un truc, qu'on risquerait de refuser. 

On hésite, on dit oui. Puis paf, 2 minutes après, soit ce qu'on a accepté est refusé parce que notre enfant nous demande autre chose finalement . Soit notre enfant nous fait une autre demande, souvent encore plus limite que la précédente, à laquelle on hésite encore plus à accéder et ... rebelote un peu plus tard. 

On a tous vécu ces situations où on a le sentiment 

  • que notre enfant "pousse le bouchon" toujours plus loin... 
  • Qu'il "nous cherche", nous susure une voix dans nos têtes (ou nous assène la voix d'un autre adulte). 
  • Qu'une crise plane sur nos têtes telle une épée de Damoclès. 
Et la tension monte, on hésite à tenir nos limites, parce que peut-être, hein, une petite concession supplémentaire et notre enfant ne serait que paillettes et licornes. "sur un malentendu ça pourrait marcher !" 

Alors nos limites, on les piétine un peu beaucoup, discrètement. 


Bon, eh bien, voilà : dans ces moments, il est possible que l'enfant cherche bien quelque chose. Mais ce n'est pas nous qu'il cherche, il cherche une raison de pleurer. Un déclencheur à ces pleurs de décharge dont il a bien besoin. 

Or un déclencheur très efficace, c'est une limite frustrante, alors c'est une telle limite qu'inconsciemment il va chercher avec sa demande à la noix.

A. Solter pousse même le bouchon (elle aussi ! pfff) jusqu'à émettre l'hypothèse que peut-être, le drame des enfants soi-disant trop gâtés et qui du coup geignent tout le temps, ce n'est pas de recevoir plein de trucs, c'est de ne pas recevoir le truc dont ils ont besoin : leurs pleurs étant étouffés dans l'œuf puisque on comble asap toutes leurs demandes officielles, ils sont en gros manque de ce qu'ils cherchent en fait vraiment : la possibilité de décharger. D'où accumulation de trucs non déchargés, d'où enfant geignard dit "difficile", "jamais content". 

Et paf, la boucle est bouclée, on retrouve Haim Ginott, grand gourou de Faber et Mazlish, et son 

"pour laisser entrer les sentiments agréables, il faut d'abord laisser sortir les sentiments désagréables".



Moralité :
  • ATTENTION, hein, il ne s'agit pas de balayer de la main toute demande de notre enfant en mode "c'est pas ce que tu veux, tu veux juste pleurer", mais d'avoir cette possibilité dans un coin de sa tête pour être capable de la repérer.
  • C'est quelque chose qui rend l'accueil de l'émotion encore plus absolument incontournable : si j'accueille le sentiment de mon enfant d'abord, avant d'agir, j'ouvre plus facilement la voie au besoin de décharger de mon enfant, j'évite de faire fausse route, je comble son vrai besoin, plutôt que de m'épuiser à inutilement satisfaire la demande officielle !

Je m'épargne alors une sacrée dose d'énervement puisque d'impuissant, je deviens terriblement puissant, comme parent. J'ai cette puissance de donner à mon enfant exactement ce dont il a besoin : l'espace pour décharger. A la mode du billet précédent : "Oui, tu as besoin de pleurer, vas-y, ça fait du bien de pleurer, je suis là, pleure tout ce que tu veux".

Ca m'impressionne à chaque fois, de réaliser comment du coup, 

  • je peux cesser d'être centrée sur moi "je suis une mauvaise mère, il souffre et je ne sais pas quoi faire pour le soulager" 
  • et je peux être centrée sur lui, 
    • non en mode "c'est horrible tu souffres !" 
    • ni "sale gosse capricieux, jamais content !", 
    • mais plutôt "mais oui, tu es en train d'y arriver !", dans l'accueil véritable de ce qu'il traverse, sereine dans l'encouragement. 

Bref, en mode sage-femme : qui soutient, pour accoucher d'un gros paquet qui a bien besoin de sortir. Et quand le paquet sera sorti, ce sera fini. Pas avant. 

Moui, fondamentalement, ça m'aide de réaliser que quand j'essaie de régler un problème de biscuit cassé chez mon enfant, c'est normal que ça parte en cacahuète : c'est aussi adapté que si la sage-femme nous proposait un Spasfon pour régler une bonne fois pour toutes des douleurs d'accouchement, au lieu de nous soutenir dans la mise au monde. Et c'est accueilli avec le même enthousiasme.


lundi 28 mars 2022

"Faire pleurer exprès son enfant" - Petit Bout d'Aletha SOLTER, Pleurs et Colères des enfants et des bébés

Il n'y a pas très longtemps du tout (à peine un an, eh !), je promettais en fin de billet de venir vous parler d'E. et d'une nouvelle manière que j'avais découverte, pour gérer ses "pleurnicheries".


Je profite donc de mon challenge "survie du blog par billets courts" pour venir enfin tenir cette promesse ! Vraiment, quelle idée lumineuse. 

Et, comme je suis fourbe, je pousse même le vice à couper ce que je voulais dire en deux, puisque mon propos du jour contient bel et bien 2 versants. (j'ai un blog à maintenir en vie à peu de frais rédactionnels, moi)


La citation du jour sera donc issue de Pleurs et colères des enfants et des bébés, d'Aletha Solter

"un enfant qui pleurniche cherche peut-être un prétexte pour pleurer - tel qu'un biscuit cassé. On est parfois obligé d'attendre qu'il le trouve. Vous pouvez peut-être l'aider à y parvenir en...."

*** SUSPENSE DE OUF ***

Bon en fait, la suite de la phrase, issue de cette extrait-là, fait référence à la notion de biscuit cassé, ... qui fera précisément l'objet du billet suivant. Hin hin.


Pleurs et Colères des enfants et des bébés, pp 166-167


En effet, lire Aletha Solter m'a déjà permis de vraiment vraiment réaliser que les pleurnicheries incessantes d'E., très fortes à cette époque, étaient précisément des pleurs qui ne sortaient pas. Et que j'avais donc une option mutuellement profitable pour conserver mon peu de santé mentale : aider ces %£$& de pleurs à sortir, bon sang, un peu comme on aide quelqu'un qui s'étouffe à cracher son morceau de pomme, plutôt que de s'attendre à ce qu'il daigne tousser moins fort, moins longtemps.

Et donc, hop, application pratique : voici ce qui s'est passé il y a un an, quand j'ai décidé de tester cette nouvelle approche à la sauce Gwen, sur une E. pleurnichant dans sa chambre pour.... un problème de couleur de feutre ? De mine de crayon cassée ? Je ne suis plus sûre.


Evidemment, quand on entend sa fille de 6 ans se lamenter d'un ton geignard sur ce genre de machin, et que c'est le 43ème épisode de lamentations de la journée, le 652e de la semaine, et le 3791è du mois, l'empathie et la compassion ne sont pas super dispo, là, spontanément.

Mais... je venais de lire A. Solter, je venais de tester sur H. la pertinence de ses propos concernant les pleurs des bébés, j'entrevoyais la fin de ses problèmes de sommeil, j'étais donc débordante de confiance et de gratitude... Bref : j'avais la FOI.

C'est probablement cela qui m'a donné les ressources pour m'arrêter dans ma réaction première de ras-le-bol, regarder ma fille, et formuler à voix haute une description de la situation complètement différente de ce que j'aurais pu faire spontanément :

- Oh, tu as besoin de pleurer. Viens, viens pleurer.

Et je l'ai prise dans mes bras.

  • Ses pleurs ont redoublé et elle a pleuré sur ledit crayon/feutre/whatever.
  • Puis ses pleurs se sont renforcés et .... "et puis, et puis, et puis...." elle m'a parlé d'un incident survenu à l'école dont je ne savais rien, mais qui l'avait marquée.
  • Puis ses pleurs ont continué et elle m'a dit à quel point sa cousine (du même âge, avec qui elle allait en classe dans leur petite école Montessori jusqu'à ce que ma sœur ait été mutée à l'autre bout du globe l'été précédant cet épisode) lui manquait, qu'elle était triste de ne plus jamais la voir, que c'était pas juste parce qu'avant elle la voyait tous les jours et que là elle ne savait même plus quand elles se reverraient et qu'elles auraient toutes les 2 beaucoup grandi d'ici là.

J'ai accueilli tout ça, je l'ai tenue, j'ai caressé son dos, sa tête, mais de manière très peu appuyée, sans chercher à la calmer. Au contraire, je me suis contentée d'être là et de l'encourager à pleurer 

"Pleure, vas-y, ça fait du bien".


Ca a duré.

Pis... ça c'est arrêté. Une E. toute rassérénée m'a fait un dernier câlin et a choisi un nouveau jeu. Et n'a pas "chouiné" pendant plusieurs heures.


Depuis, quand elle chouine beaucoup, ça m'énerve. Mais moins. 

Parce que je sais 

1. qu'en fait, y a des trucs accumulés, coincés, et que, même si là tout de suite maintenant je n'ai pas la ressource (temps, patience) pour accueillir / faire sortir tout ça, 

2. ma fille n'est pas "juste une chouineuse" (même si, je vous rassure, ça demeure tout de même ma toooute première réaction quand je l'entends) et 

3. et quand ce sera le moment, on pourra aller purger tout ça ensemble.


Le 1. est très important : parce que oui, nous n'avons pas toujours la ressource; pouvoir écouter jusqu'au bout, ça demande une certaine disponibilité physique, mentale et émotionnelle; et, oui, c'est admissible de ne pas l'avoir en permanence. 

Cf. Haim Ginott "On peut se montrer un peu plus gentil qu'on se sent. Mais seulement un peu plus.

Si on n'a pas la bande passante à un instant T mais qu'on oublie d'écouter et respecter nos propres sentiments et tire trop sur la corde, on risque bel et bien d'exploser au milieu de la séance, ce qui n'est bon pour personne, ... (croivez-moi, z'ai testé).

Le corollaire intéressant est que : savoir ça, ne plus voir dans les pleurnicheries de simples pleurnicheries mais réussir à détecter le besoin derrière, eh bien, quand même, ça me donne carrément plus envie d'agir ainsi (= ça alimente mes ressources, ça augmente mon niveau de "me sentir gentille"). 

Et vous ?

vendredi 18 mars 2022

La Gwen en conférence ce lundi à Vincennes !

Après avoir amorcé, avec tambour et trompettes, le retour de la Gwen sur le blog, et joint l'action au discours par un court billet, j'ai préparé un 2ème billet. Je voulais le publier la semaine suivante, fidèle à mes projets et puis...

J'ai pas pu, j'ai eu aquaponey COVID. 

Saleté ! Ca m'a bien assommée, et évidemment rien arrangé à mon emploi du temps.

Mais après quelques semaines au ralenti, me revoici, plus belle que jamais !


Du coup, la publication d'un beau billet tout frais sera pour bientôt, mais avant cela, ho ho, avant cela, je vous informe que pour les veinards (ou les pauvres, au choix) qui habitent en région parisienne

et pas que y être : lundi (21), de 11h30 à 12h30, j'y donnerai une conférence !

le sujet ? La parentalité positive (ah la surprise !)


le contenu ? Nous parlerons 

  • de la sale réputation de la parentalité positive, 
  • de comment ce n'est pourtant paaas du laxisme, 
  • de la place du parent et de ses besoins, 
  • et du développement de la responsabilité chez l'enfant.
Y aura de la place pour des questions/réponses, des échanges, et puis vous me connaissez, surtout, surtout, y aura INTERDICTION DE RIGOLER, et 100% culpabilisation garantie.

Appétissant ? Je l'espère bien, et franchement, venez faire un tour, je serai ravie de faire la connaissance de vrais gens, et en plus, dans un nouveau monde sans maaaasques ! Rien qu'à l'idée de toute une journée à papoter avec des gens connus (mes éditrices) et moins connus (vous ?), je frétille.



(c'est assez drôle parce que c'est le salon qui devait avoir lieu fin mars 2020 et n'a jamais eu lieu, il était prévu que j'y sois avec mon ventre de baleine, et puis ben... en fait H. aura 2 ans très bientôt, comme l'a constaté mon éditrice chérie avec effroi. Faille spatio-temporelle toussa...)

lundi 7 février 2022

Revenir sur les moments douloureux / effrayants - Petit Bout de Daniel SIEGEL, le Cerveau de votre enfant.

Dans mon tout dernier billet, j'avais décrété des mesures fortes (#InTheMoodForPériodeElectorale) : challenge de billets courts afin de maintenir le blog (et donc, vous !) en vie jusqu'à ce que je sois en mesure de vous réasséner des billets fleuves.

Challenge qui donc m'a poussée à me tourner vers la solution de facilité pour commencer : reprendre la série des Petits Bouts de bouquin, qu'elle est vachement chouette la série, parce qu'elle permet de lier un bout de théorie top à un bout de pratique bien parlant, un peu à l'image des 200 moments de Parentalité Positive, hasard.

Merci donc, puisque la nécessité de tenir mes promesses (#PasMoodElectoral, là) m'a ainsi incitée à me replonger en mode express dans des trucs méga cool.


Je commence par un petit Bout qui s'est révélé tellement proche d'un épisode récent chez moi que le jus de cerveau nécessaire pour en parler ne risque pas de m'assécher.

Voici donc la citation du jour, issue d'un de mes préférés : "le Cerveau de votre enfant" de Daniel Siegel & Tina Payne

"écrire et parler d'un évènement traumatisant est [...] fondamental dans le processus de guérison. [...] Pour cette même raison, il est crucial que les enfants, quel que soit leur âge, racontent leurs expériences, afin de comprendre les émotions et les évènements qui traversent leur existence."

que l'on retrouve dans cet extrait.

Le Cerveau de votre enfant, pp 82 83

En effet, je suis depuis presque 2 ans maman de 3 enfants, et si H. a été costaud à gérer au démarrage du fait de ses intolérances alimentaires et des soucis de sommeil liés, j'en suis au stade où j'apprécie fortement cette notion de 3è : je mesure à quel point que je suis plus zen et sais davantage où je vais.

Ses crises émotionnelles de petit monsieur de 21 mois ? Aucun effet sur moi : 

  • je sais à quoi elles sont dues, 
  • je ne les vois pas comme l'annonce d'un mal terrible, 
  • j'accueille les sentiments, je soulage la frustration si c'est adapté ("ah, tu voulais d'abord le t shirt puiiiis le pantalon"), 
  • j'admets qu'elle soit dure à digérer si ce n'est pas le cas ("oui, tu t'amusais dans ton bain, et maintenant c'est dur de sortir, hop" + câlin accueillant les pleurs), 
  • et je laisse ensuite passer l'orage.

Notons la différence entre cette approche et certains écrits très culpabilisants nous disant que le moindre pleur zigouille des neurones par wagons chez notre bébé / le traumatise. 

En coaching j'ai appris une série d'aphorismes assez sympas dont l'un s'applique très bien à ce dont nous parlons aujourd'hui : 

"ce qui ne s'exprime pas - s'imprime". 

C'est l'émotion douloureuse non traitée, non exprimée, qui constitue le plus grand danger. 

Le problème n'est pas l'émotion douloureuse en elle-même, le problème est son traitement. Donc, il ne s'agit pas d'éviter à nos enfants toute émotion difficile à vivre (mission impossible, et pourtant, on se retrouve bien souvent en plein dedans !), il s'agit de leur permettre de l'exprimer, de la sortir, en l'accueillant. Un aspect qu'on retrouve aussi bien chez Faber et Mazlish, que chez Aletha Solter dont je vous parlais l'an dernier dans mon billet sur le sommeil des bébés.

Et accueillir les émotions difficiles, ça peut même être revenir intentionnellement dessus, comme le souligne ce passage, et c'est à l'œuvre en ce moment avec ledit petit H. 


Regardons donc cet extrait en action 

  • Pour une raison qui nous échappe, H. semble avoir une sacrée peur des araignées. (J'avoue que ça m'étonne chez un enfant aussi jeune. Un avis docte sur la question ??).
  • Nous avons récemment eu droit à une impressionnante crise de panique lorsque qu'une grande araignée maigrichonne s'est cassé la margoulette et a atterri sur le rebord de la baignoire au moment de la douche. Notre Boubinours a été terrifié et les efforts maladroits de l'araignée pour regrimper le long d'un carrelage mural trop glissant, salués de hurlements d'angoisse.
  • Après avoir attrapé l'araignée et l'avoir fichue dehors, j'ai reraconté tout l'épisode à un H. blotti dans mes bras (description chronologique des faits et des émotions associées) : du style "l'araignée était là, et elle est tombée, et toi tu avais peur, tu n'aimais pas ça du tout, tu as pleuré, elle a essayé de regrimper, ça te faisait peur, et ensuite j'ai attrapé l'araignée, j'ai ouvert la fenêtre pour la mettre dehors, et la peur était encore là alors nous avons fait un gros câlin, et tu t'es senti rassuré"

Et les jours qui ont suivi, à chaque douche, H. a pointé le coin de la baignoire concerné. Et à chaque fois, j'ai pris le temps de reraconter ce qui s'est passé, dans les détails. Il m'écoute attentivement, souligne certains passages de ses mots de gros bébé, et je remarque que l'intensité de l'émotion de départ semble décroître à chaque fois, de la même manière que la fréquence à laquelle il exprime le besoin de revenir dessus.

Un processus qui n'est pas sans me rappeler ma propre expérience en thérapie EMDR :  revenir sur le souvenir douloureux dans un cadre rassurant désensibilise ce souvenir, c'est-à-dire le rend littéralement moins sensible, et permet son intégration. 

Revenir exprès, avec empathie et douceur, sur le vécu douloureux, ce n'est pas verser de l'huile sur le feu, c'est venir nettoyer et apaiser une plaie à vif, pour lui permettre de cicatriser sainement.


Précision : la notion d'une séparation stricte entre cerveau droit et cerveau gauche telle qu'elle est évoquée dans ce passage est à présent remise en question / serait un neuromythe. Ce qui demeure et qu'il est important de retenir, c'est que pour toute activité, et notamment la gestion des émotions, différentes zones du cerveau sont à mobiliser, et que tout ce qui aide le cerveau à mobiliser plusieurs aires simultanément va dans le bon sens.